L’inflation en Allemagne s’est accélérée en septembre un peu plus que prévu, en raison du choc sur les prix de l’énergie provoqué par la guerre avec l’Iran…
Plus précisément, l’inflation en Allemagne a atteint 3,3 % en rythme annuel, selon les données préliminaires publiées mercredi 30 septembre par l’Office fédéral des statistiques. Le prix de l’énergie a atteint 14,9 % en septembre, contre 10,5 % en août.
Quant à l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, elle est restée inchangée pour le troisième mois consécutif, à 2,4 %.
Les données allemandes interviennent avant la publication, vendredi 2 octobre, des chiffres de l’inflation en zone euro. Selon les économistes, l’inflation dans la zone euro devrait avoir atteint 3,6 % en septembre, contre 3,2 % le mois précédent.
Le Programme suisse de promotion des importations (SIPPO) prépare, pour l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), une étude consacrée au marché allemand. Elle doit notamment identifier les acheteurs, distributeurs, marques et donneurs d’ordre susceptibles d’offrir de nouveaux débouchés aux entreprises marocaines.
Une nouvelle étude doit permettre à l’industrie marocaine du textile et de l’habillement de mieux cibler le marché allemand. Le Programme suisse de promotion des importations prépare, pour le compte de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement, une mission consacrée à l’identification de nouvelles opportunités commerciales en Allemagne.
Annoncée le 11 septembre, cette mission s’étalera sur 45 jours et devra être menée d’ici la fin de l’année 2026. L’objectif affiché est de fournir à l’AMITH une connaissance actualisée du marché allemand et de ses principaux acteurs. L’étude couvrira notamment les acheteurs, les marques, les distributeurs et les donneurs d’ordre présents en Allemagne. Elle examinera leurs attentes concernant les produits, les volumes, les exigences de qualité et les critères de durabilité. Le dispositif sera complété par un répertoire des interlocuteurs recensés ainsi que par un calendrier des principaux salons et rendez-vous professionnels du secteur.
Cette démarche s’inscrit dans une série de contacts déjà engagés entre les acteurs marocains et leurs homologues allemands. En juin 2025, l’AMITH avait rencontré le groupe Hugo Boss à Metzingen. Un mois plus tard, l’association avait organisé à Düsseldorf une mission de rencontres commerciales avec plusieurs donneurs d’ordre de l’industrie textile allemande. En octobre 2025, une délégation du Dialogue Textil-Bekleidung (DTB), réseau allemand du textile-habillement, s’était également rendue au Maroc avec l’appui du SIPPO. Les données de Trade Map illustrent l’importance du marché allemand. En 2025, l’Union européenne a importé environ 245 milliards $ de vêtements et de produits textiles. Sur ce total, l’Allemagne représentait 53 milliards $, soit environ 22 % des importations européennes. Elle devançait la France, à 32 milliards $, l’Espagne, à 26 milliards $, et l’Italie, à 23 milliards $. Après avoir atteint 53 milliards $ en 2022, les achats allemands étaient descendus à 46 milliards $ en 2023 et en 2024. Ils sont ensuite remontés à 53 milliards $ en 2025.
Retour sur les chiffres
Dans le même temps, les importations allemandes de produits textiles et d’habillement en provenance du Maroc ont progressé. Elles sont passées de 583 millions $ en 2022 à 764 millions $ en 2025. À l’échelle de l’Union européenne, les exportations marocaines ont représenté environ 2,2 % des importations de produits textiles et d’habillement en 2025, pour une valeur de 5,3 milliards $ sur un marché de 245 milliards $.
L’Allemagne s’approvisionne également auprès de plusieurs grands fournisseurs asiatiques et régionaux. En 2025, la Chine y a exporté environ 13 milliards $ de produits textiles et d’habillement, contre 9,1 milliards $ pour le Bangladesh. La Turquie a enregistré 4,8 milliards $, suivie du Vietnam avec 2,8 milliards $, du Pakistan avec 2,5 milliards $, de l’Inde avec 2,4 milliards $ et du Cambodge avec 2,1 milliards $.
Au Maroc, la filière textile-cuir occupe par ailleurs une place importante dans l’industrie. Elle constitue le deuxième pourvoyeur d’emplois industriels après l’industrie automobile et le troisième contributeur aux exportations industrielles, derrière les industries automobile et chimique.
L’Allemagne, autrefois considérée comme le moteur économique de l’Europe, fait aujourd’hui face à un effondrement structurel qui pourrait avoir des conséquences dramatiques non seulement pour l’Europe, mais pour l’économie mondiale. Ce phénomène, que certains experts appellent déjà «la fin du moteur de l’Europe», s’explique par une combinaison de crises internes, notamment une dépendance excessive à l’énergie russe, une transition ratée vers les énergies renouvelables, et une désindustrialisation rapide. Cet article explore les causes profondes de cet effondrement économique, les conséquences pour l’Union Européenne (UE), et ce que cela signifie pour le futur de l’économie mondiale.
Habib Glenza
L’économie allemande a longtemps reposé sur trois piliers fondamentaux : l’excellence de son industrie manufacturière, l’énergie bon marché, et une croissance axée sur les exportations. Cependant, ces trois éléments, qui sont interdépendants, se trouvent aujourd’hui en crise.
L’Allemagne est célèbre pour ses produits industriels de haute qualité, notamment les automobiles, les machines-outils et les équipements électroniques. Mais aujourd’hui, les industries lourdes traversent une période difficile. Les géants allemands de l’automobile, tels que Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz, connaissent une baisse de production et une réduction des investissements.Les entreprises industrielles font face à des coûts de production de plus en plus élevés et à une concurrence accrue des fabricants chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques.
L’Allemagne a longtemps bénéficié d’un approvisionnement en gaz russe à bas prix. Mais suite au conflit russo-ukrainien, l’Allemagne a perdu cet avantage stratégique. L’arrêt des livraisons de gaz, suite à la destruction des pipelines Nord Stream, a fait exploser les prix de l’énergie, rendant les coûts industriels insoutenables. En conséquence, de nombreuses entreprises allemandes ont déménagé leur production vers des pays où l’énergie est moins coûteuse, comme la Chine et les États-Unis. Ce phénomène de délocalisation accélère le processus de désindustrialisation.
Les conséquences de la crise économique allemande
L’Allemagne, en tant que première économie de l’UE, a toujours été le moteur de la croissance européenne. Mais si l’Allemagne entre en récession, l’impact se fait sentir bien au-delà de ses frontières. La crise économique allemande menace de fragiliser l’ensemble du modèle économique européen. L’Allemagne est le principal partenaire commercial de nombreux pays européens. Si l’économie allemande ralentit, cela réduit la demande de biens en provenance d’autres États membres de l’UE. Par exemple, les pays du Sud, comme la France, l’Italie et l’Espagne, qui dépendent des exportations vers l’Allemagne, pourraient se retrouver confrontés à un manque de demande. Une récession allemande pourrait donc plonger l’UE dans une crise de croissance généralisée.
La baisse de compétitivité de l’Allemagne pourrait également avoir un impact négatif sur l’euro. L’euro, étant la monnaie partagée par de nombreux pays européens, est fortement influencé par la santé économique de ses principaux acteurs, dont l’Allemagne. Une crise prolongée dans ce pays pourrait faire chuter la valeur de la monnaie européenne, augmentant les coûts pour tous les pays membres de l’ensemble.
L’industrie automobile allemande, pilier de l’économie du pays, traverse une crise sans précédent. La concurrence croissante des fabricants chinois a mis à mal les entreprises allemandes. Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont annoncé des fermetures de sites de production en Allemagne et une réduction de leurs effectifs.
Le secteur automobile allemand est également confronté à une pression supplémentaire avec la réduction de la demande en Chine. Le marché chinois, qui représentait une part importante des ventes pour ces géants allemands, connaît une évolution rapide avec la montée en puissance des fabricants locaux. En conséquence, l’exportation de véhicules allemands vers la Chine a chuté, ce qui affecte directement la rentabilité des entreprises allemandes.
L’un des problèmes majeurs de l’Allemagne réside dans sa politique intérieure. Le pays souffre d’une paralysie politique qui empêche toute action décisive face à la crise. En attendant, le pays ne parvient pas à élaborer un plan de relance économique face aux défis colossaux ci-haut évoqués. En effet, le cadre budgétaire rigide imposé par la constitution allemande, ainsi que les règles de l’UE, limitent sévèrement la capacité du gouvernement à investir massivement dans l’infrastructure énergétique et industrielle nécessaires pour relancer l’économie. L’incapacité de prendre des mesures radicales dans cette période de crise est une des raisons pour lesquelles l’Allemagne, et avec elle l’Europe, se trouvent dans une impasse.
Un autre facteur aggravant est la crise démographique à laquelle l’Allemagne est confrontée. La population allemande vieillit rapidement, ce qui provoque une diminution de la population active. Cela représente une menace directe pour l’économie allemande, car moins de travailleurs sont disponibles pour soutenir les industries et financer les systèmes sociaux, notamment les pensions.
Si l’immigration n’est pas augmentée, cela pourrait entraîner des pénuries de main-d’œuvre et, par conséquent, une stagnation économique. Dans ce contexte, la montée de l’extrême-droite avec son discours populiste antimigrants, ne va guère faciliter la relance économique par l’injection de forces vives.
Les scénarios envisageables pour l’avenir
Alors que l’Allemagne navigue difficilement dans cette crise, plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de l’UE.
Un premier scénario pourrait être un déclin maîtrisé où l’Allemagne, au lieu de dépendre de son industrie lourde, se réoriente vers des secteurs comme les services, la finance, ou la santé.
Un deuxième scénario pourrait être la fragmentation de l’UE, où l’Allemagne et d’autres pays du Sud se retrouvent dans des conflits économiques et politiques.
Enfin, un scénario plus sombre envisage une montée de l’extrémisme et du nationalisme en Allemagne, créant un environnement politique instable qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’UE.
La crise économique allemande est bien plus qu’un simple problème national. C’est un défi systémique qui touche l’ensemble de l’Europe. Si l’Allemagne ne parvient pas à surmonter cette crise, cela pourrait entraîner une période prolongée de stagnation économique pour l’UE, avec des conséquences mondiales.
Le déclin de l’Allemagne est un avertissement pour toute l’Europe : le modèle économique mondial fondé sur des exportations bon marché, de l’énergie fiable et une compétitivité industrielle est peut-être révolu. L’avenir de l’UE dépendra de sa capacité à se réinventer face à ces défis. Et elle ne donne pas l’impression d’être sur la voie d’y parvenir. Elle se cherche encore, et tâtonne, alors que les bruits de bottes résonnent à ses frontières orientales.
L’implication de l’UE, notamment l’Allemagne, dans le conflit russo-ukrainien est l’une des conséquences majeures de la crise de l’industrie lourde allemande, surtout que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Otan et de l’UE. Malheureusement, la majorité des politiciens européens agissent dans le sens des intérêts du complexe militaro-industriel mondial, qui tire profit des guerres, et non de celui des populations, européennes ou autres.
Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, le soutien total de l’UE et de ses États membres à l’Ukraine s’élève à 216,3 milliards d’euros (chiffres actualisés à la mi-2026), presque le double de l’aide des Etats-Unis, estimée entre 114 et 175 milliards de dollars, selon les rapports officiels du Congrès américain et l’institut Kiel.
Pour ne rien arranger, le Parlement allemand vient d’approuver des dépenses militaires massives de plus de 300 milliards d’euros ! Cette masse d’argent va malheureusement tomber dans l’escarcelle des industriels de l’armement, au lieu de profiter au peuples allemands et européens qui s’apprêtent à vivre des moments très difficiles.
Pis encore : les milliards d’euros d’aide à l’Ukraine vont servir à financer l’achat d’armement américain et non européen.
Si ce n’est pas là de l’aveuglement politique, cela lui ressemble beaucoup.
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est devenue aux législatives de 2025 le premier parti d’opposition du pays. Dimanche dernier, cette formation antimigrants, russophile et pro-Trump a confirmé sa place sur l’échiquier politique du pays : elle a revendiqué une victoire historique…