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Heute — 27. Februar 2026Haupt-Feeds

Souveraineté : la Zambie dit non à un accord de santé avec les Etats-Unis

27. Februar 2026 um 11:39

La Zambie annonce la suspension d’un projet d’accord bilatéral avec les États-Unis, invoquant des clauses jugées contraires aux intérêts nationaux.

Ce partenariat, de plus de 1 milliard de dollars sur cinq ans, devait soutenir la lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme, renforcer la santé maternelle et infantile, et améliorer la préparation aux épidémies. Il impliquait également un cofinancement zambien de 340 millions de dollars.

Le projet comprenait toutefois des dispositions controversées : le financement était lié à un engagement bilatéral dans le secteur minier et au partage de données sur les pathogènes sur dix ans. Ces clauses ont suscité des inquiétudes concernant la souveraineté du pays et l’usage futur des informations collectées.

Des ONG locales et internationales ont critiqué ces conditions, estimant qu’elles privilégiaient les intérêts des entreprises minières au détriment des programmes de santé essentiels pour la population zambienne.

La Zambie n’est pas un cas isolé en Afrique. Le Zimbabwe a interrompu un accord similaire de 367 millions de dollars. Tandis que le Kenya voit l’application de son Memorandum of Understanding suspendue par la justice pour des motifs de protection des données.

Pour le président Hakainde Hichilema, cette décision reflète la volonté de renforcer l’autonomie nationale et de réduire la dépendance à l’aide étrangère. Alors que Washington conditionne de plus en plus son soutien à des objectifs stratégiques et économiques.

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Gestern — 26. Februar 2026Haupt-Feeds

Les surtaxes américaines coûtent 4,2 milliards € aux exportateurs européens

26. Februar 2026 um 13:31

Le nouveau barème tarifaire de Donald Trump soumettra environ 4,2 milliards d’euros (5 milliards de dollars) d’exportations européennes à des surtaxes supérieures à la limite de 15 % convenue dans l’accord commercial UE/États-Unis de juillet 2025.

La nouvelle politique de Trump augmenterait les droits de douane au-delà du niveau maximal autorisé sur les exportations européennes. Et notamment sur le fromage, le beurre, certains produits agricoles, ainsi que divers plastiques, textiles et produits chimiques. C’est ce qu’indiquent des personnes connaissant bien l’évaluation de ces taux par l’UE, d’après un rapport publié mercredi 25 février par Bloomberg.

A noter qu’après que la Cour suprême américaine a invalidé l’utilisation par Trump d’une loi d’urgence pour imposer ses droits de douane réciproques dans le monde entier; le président américain a annoncé un nouveau droit de douane mondial. Il serait de 10 %, qu’il a menacé de porter à 15 %, mais qu’il n’a pas encore mis en œuvre. Ce droit est imposé en sus des taux dits de « la nation la plus favorisée » et peut rester en vigueur pendant cinq mois.

A cet égard, relevons que l’accord commercial UE-États-Unis, conclu l’été dernier entre Donald Trump et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, impose un droit de douane de 15 % sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis. Tout en supprimant les droits de douane sur de nombreux produits américains entrant dans l’UE.

De son côté, le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, s’est entretenu à plusieurs reprises avec Jamieson Greer et Howard Lutnick pour évoquer les implications de l’arrêt de la Cour suprême. Selon des sources proches du dossier, la Commission et les États membres souhaitent tous deux respecter l’accord UE-États-Unis négocié l’été dernier, malgré l’incertitude actuelle.

« Il nous faudra deux ou trois mois pour nous assurer que la refonte des droits de douane est conforme à nos engagements », a déclaré M. Greer à Bloomberg TV mercredi. « Nous attendons également de l’UE et du Royaume-Uni qu’ils respectent leurs engagements », a-t-il ajouté.

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Menace de frappes contre l’Iran : le Pentagone temporise

26. Februar 2026 um 11:11

À huis clos, le Pentagone multiplie les avertissements sur les conséquences d’une intervention militaire en Iran. Alors que Washington masse ses navires, dont deux porte-avions, au Moyen-Orient.

 Croiser le fer avec la République islamique d’Iran, l’ennemi juré des Etats-Unis depuis le renversement du Shah d’Iran en 1979 et la prise d’otage dans l’ambassade étasunienne à Téhéran, ou donner une chance à la voie diplomatique ? Tel est le dilemme du président américain Donald Trump, qui fait face à la plus importante décision de son second mandat. Et ce, alors que les émissaires américains et iraniens devront se rencontrer ce jeudi 26 février à Genève, pour négocier un accord sur la base de l’« enrichissement zéro de l’uranium ». Un accord qui, selon les « desideratas » américains, serait en mesure de bloquer toute possibilité de développer une arme nucléaire.

Un discours alarmiste

« Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie. Mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme  de se doter d’une arme nucléaire ». C’est ce qu’a déclaré le président américain, mardi 23 février, lors de son discours de politique générale devant le Congrès. Tout en ajoutant que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases militaires et travaillent à concevoir des missiles  qui pourront atteindre bientôt les États-Unis ».

A qui s’adresse ce discours alarmiste à souhait qui prétend, sans preuve à l’appui, que le régime des mollahs menace l’Europe et même la sécurité des États-Unis ? Certes, il cherche à prendre à témoin « le monde libre », l’opinion publique américaine majoritairement opposée à une nouvelle guerre contre Téhéran et surtout sa base électorale MAGA. Laquelle est traditionnellement hostile aux interventions militaires extérieures, au nom du principe « America First ».

Sondage peu encourageant

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder de près un sondage SSRS/Université du Maryland, réalisé au début du mois en cours.

A la question : « Êtes-vous favorable ou opposé à une attaque des États-Unis contre l’Iran dans les circonstances actuelles » ? Seuls 21 % s’y sont déclarés favorables, 49 % opposés et 30 % ont répondu « Je ne sais pas ». Sachant que les Républicains étaient les plus favorables à une guerre (40 %); mais que 25 % des électeurs républicains s’y opposaient et 35 % ont répondu « Je ne sais pas ». Il n’y a donc pas de consensus, même au sein du parti de Trump. Par contre, seuls 6 % des Démocrates sont favorables à une attaque contre Téhéran à l’heure actuelle. Alors que 21 % des indépendants étaient favorables à une intervention.

Inquiétudes

Nul doute que ces chiffres ne constituent pas un bon point de départ pour évaluer le soutien dont bénéficierait Trump s’il décidait de passer à l’acte. D’autant plus que le Pentagone ne cache pas son inquiétude concernant une campagne militaire prolongée contre l’Iran et a fait savoir au locataire de la Maison Blanche que les plans de guerre envisagés comportaient des risques, notamment en termes de pertes humaines.

En effet, alors que les États-Unis massent ses navires, dont deux porte-avions, au Moyen-Orient, le chef d’état-major américain Dan Caine a émis des réserves sur une potentielle attaque de l’Iran. Tout en pointant, entre autres, des risques pour les soldats américains et un stock de munitions insuffisant.

Selon le Washington Post et le Wall Street Journal, le général a fait part de ses préoccupations au président Trump en privé, lors d’une réunion à la Maison-Blanche la semaine dernière.

En cause notamment : les stocks de munitions américains ont été largement consommés par le soutien militaire de Washington à Israël et à l’Ukraine. Or une guerre ouverte avec l’Iran pourrait encore épuiser davantage les réserves et compliquer la préparation d’un potentiel conflit futur avec la Chine. La preuve ? Le Pentagone a été forcé de demander 30 milliards de dollars au Congrès pour acheter des missiles et des intercepteurs face à la chute du niveau des stocks.

Autre source de préoccupation : la complexité d’une opération militaire en Iran. Car, si les États-Unis ont des bases dans la région, notamment au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis; ces pays, par peur des représailles, refusent catégoriquement qu’une offensive contre Téhéran soit lancée depuis leur territoire.

Bref, le général aurait averti que les enjeux en Iran étaient plus importants que lors de l’opération américaine récente au Venezuela. Cette dernière ayant permis de capturer l’ancien président  Nicolas Maduro. De même qu’il l’aurait prévenu que des frappes pourraient entraîner des pertes importantes pour les États-Unis et une escalade régionale plus large.

Notons enfin que Dan Caine n’a pas été le seul à émettre des réserves sur une attaque en Iran. Le vice-président J.D. Vance a également émis des doutes, craignant que les États-Unis ne s’embourbent dans un conflit complexe. Toutefois, il ne s’est pas opposé à des frappes sur le territoire iranien. De leur côté, les émissaires américains au Moyen-Orient, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont conseillé à Donald Trump de temporiser et de privilégier  une issue diplomatique.

Tout le contraire d’un certain Netanyahu, qui cherche par tous les moyens à faire pression sur les Etats-Unis en faveur d’une action militaire. Sauf que, selon une source américaine, il aurait quitté une réunion avec Trump la semaine dernière sans savoir quelle était la position exacte du président. La queue entre les pattes, il aurait ensuite demandé si ce dernier était « toujours avec nous » !

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La Havane sous tension : les États-Unis desserrent l’étau sur le pétrole vénézuélien

26. Februar 2026 um 10:20

Le Département du Trésor des États-Unis annonce une nouvelle orientation qui pourrait autoriser la revente de pétrole vénézuélien à Cuba, une mesure destinée à atténuer la grave pénurie de carburant sur l’île.

Selon les directives publiées sur le site du Trésor, Washington ouvrira une politique favorable à l’octroi de licences spécifiques permettant à des entreprises de demander l’autorisation de vendre du pétrole d’origine vénézuélienne à Cuba, à condition que ces transactions profitent directement au secteur privé.

Cette décision intervient après que les États-Unis ont pris le contrôle des exportations pétrolières du Venezuela en janvier, après la capture de son président. Ce qui a provoqué l’arrêt des livraisons historiques de pétrole vers Cuba.

Pendant plus de 25 ans, Caracas a été le principal fournisseur énergétique de La Havane via un pacte d’échange. Mais ces livraisons ont cessé, aggravant la crise énergétique à Cuba.

La nouvelle politique américaine permettra d’identifier et d’autoriser des opérations commerciales et humanitaires ciblées. Mais elle exclura strictement les transactions bénéficiant à l’armée cubaine ou à des institutions gouvernementales figurant sur la liste restreinte de Washington.

Cependant, il reste incertain que Cuba puisse financer ces importations dans un contexte où le pays lutte depuis des années pour obtenir des carburants sur le marché mondial, nécessitant souvent des garanties bancaires ou des paiements en liquide.

Dans le même temps, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est rendu dans les Caraïbes pour rencontrer des dirigeants régionaux préoccupés par la crise humanitaire à Cuba et ses répercussions possibles dans la région.

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Les dessous de l’accord d’armement russo-iranien

26. Februar 2026 um 08:57

Le Financial Times, citant des sources bien informées et se référant à des documents russes confidentiels qu’il a consultés, a révélé les détails d’un accord secret irano-russe prévoyant une commande iranienne de systèmes de défense aérienne russes d’une valeur de 545 millions de dollars en juillet de l’année dernière, quelques jours seulement après la fin de la guerre des douze jours. 

Imed Bahri

Ces révélations interviennent alors que les États-Unis déploient une force militaire considérable au Moyen-Orient, sur fond de menaces du président américain Donald Trump à l’encontre de l’Iran s’il ne conclut pas à un «bon accord» concernant son programme nucléaire.

Le journal britannique indique que l’accord signé à Moscou en décembre dernier oblige la Russie à livrer 500 lanceurs mobiles Verba et 2500 missiles 9M336 à Téhéran sur une période de trois ans.

Les négociations ont eu lieu entre Rosoboronexport (l’agence d’État russe chargée des exportations d’armement) et un représentant du ministère iranien de la Défense à Moscou.

Le journal précise que Rouhollah Katibi, un haut responsable du ministère iranien de la Défense basé à Moscou, a coordonné l’accord. Il avait auparavant contribué à la vente de centaines de missiles balistiques à courte portée Fateh-360 à la Russie, destinés à être utilisés en Ukraine.

Les États-Unis ont imposé des sanctions à Katibi en 2024, l’accusant d’agir pour le compte du ministère iranien de la Défense. Le département du Trésor américain l’a qualifié de trait d(union entre le gouvernement russe et le ministère iranien de la Défense.

Le système Verba

Le système Verba est l’un des systèmes de défense aérienne les plus avancés de la Fédération de Russie. Il s’agit d’un missile sol-air portable à guidage infrarouge, capable de cibler les missiles de croisière, les aéronefs volant à basse altitude et les drones.

Ce système permet aux forces terrestres de déployer rapidement des défenses dispersées sans dépendre d’installations radar fixes, plus vulnérables aux attaques.

Selon les termes du contrat, les livraisons sont prévues en trois phases entre 2027 et 2029.

Un ancien haut responsable américain a déclaré : «La Russie a peut-être perçu cet accord comme un moyen de rétablir ses relations avec l’Iran après son incapacité apparente à soutenir son allié lors de la guerre de douze jours contre Israël». Il a ajouté : «Ils souhaitent que l’Iran reste un partenaire. Par conséquent, même s’ils n’ont pas pu intervenir pendant la crise, ils tenteront de renouer les liens par la suite»

Le FT a cité une source proche du dossier qui a déclaré : «Il est probable qu’un petit nombre de ces systèmes aient été livrés à l’Iran dès le début». L’ambassadeur d’Iran à Moscou Kazem Jalali l’a également laissé entendre en confirmant plusieurs vols récents entre Moscou et Téhéran. 

Un avion-cargo russe Iliouchine Il-76TD a effectué au moins trois vols entre Mineralnye Vody, dans le Caucase du Nord, et la ville iranienne de Karaj au cours des dix derniers jours. Au moins un autre appareil du même type est arrivé en Iran en provenance de la même région fin décembre. L’Iran aurait également reçu jusqu’à six hélicoptères d’attaque russes Mi-28 en janvier et aurait commencé à en utiliser un à Téhéran ce mois-ci.

Le système Verba est-il suffisant ?

Ruslan Pukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies (un groupe de réflexion basé à Moscou) a expliqué que «si certaines unités étaient livrées et déployées en Iran, il est peu probable qu’elles améliorent significativement la défense globale de Téhéran en cas de nouvelle guerre contre Israël ou les États-Unis».

Cependant, M. Pukhov a souligné que ce nouveau système pourrait rendre beaucoup plus dangereuses les opérations américaines impliquant des hélicoptères et des avions volant à basse altitude, tactiques récemment utilisées pour capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro. «Si une attaque héliportée comme celle contre Maduro devait se produire, ce système pourrait s’avérer très utile aux Iraniens. Si les missiles sont confiés aux bonnes personnes au bon moment, ils peuvent causer d’importants dégâts» du côté américain, a-t-il ajouté. 

Un changement de stratégie pour Téhéran

Nicole Grajewski, professeure assistante à l’Institut d’études politiques de Paris et spécialiste des relations stratégiques irano-russes, a déclaré : «Cet accord témoigne d’un changement de stratégie pour Téhéran après la destruction de ses défenses aériennes par Israël l’an dernier».  Elle a ajouté : «Contrairement aux systèmes de défense aérienne stratégiques russes de plus grande envergure, tels que les S-300 et S-400, le Verba ne nécessite pas de formation ni d’intégration poussées et peut être déployé beaucoup plus rapidement. Aucun de ces transferts ne modifiera fondamentalement la capacité de l’Iran à rivaliser avec les forces armées les plus avancées au monde mais ils pourraient prolonger le prochain conflit».

Le FT rappelle que Téhéran a fourni à Moscou des drones et des missiles pendant la guerre russo-ukrainienne. Les deux pays ont également signé un traité visant à renforcer leurs relations bilatérales en janvier 2025 et l’Iran a cherché à acquérir deux escadrons de chasseurs Soukhoï Su-35 de pointe auprès de la Russie.

En juin 2025, la confrontation militaire la plus directe et la plus violente entre l’Iran et Israël a éclaté lorsque Tel-Aviv, avec le soutien militaire direct des États-Unis, a lancé une série de frappes aériennes ciblant trois installations nucléaires iraniennes clés.

Cette guerre a marqué un tournant radical dans le cours du conflit régional, Washington s’engageant, pour la première fois, ouvertement et immédiatement dans des opérations offensives. Cela a entraîné la destruction massive des infrastructures de défense de Téhéran et a plongé toute la région au bord d’un conflit ouvert, qui a pris fin après l’annonce par le Pentagone et l’armée israélienne du succès des «frappes chirurgicales» ayant permis de détruire les principales cibles dont des réacteurs et des installations d’enrichissement vitaux. 

L’intensification de l’activité militaire américaine durant ce mois de février s’inscrit dans la continuité des conséquences de cette guerre. Washington cherche à tirer profit de la supériorité aérienne acquise l’été dernier pour imposer de nouvelles conditions nucléaires à Téhéran, tandis que ce dernier s’efforce de reconstruire au plus vite ses systèmes de défense en concluant ces accords avec Moscou pour l’acquisition de missiles portables Verba, dans le but de créer une défense aérienne au sol capable de pallier les vulnérabilités techniques révélées par les douze jours de la précédente guerre.

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Quand un diplomate américain promeut la lecture biblique du « Grand Israël »

25. Februar 2026 um 12:58

Vague d’indignation et de colère dans les capitales arabes et musulmanes suite aux récentes déclarations de l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, selon lesquelles l’Etat hébreu aurait un droit biblique sur une vaste étendue du Moyen-Orient.

Faut-il encore une preuve des liens singuliers qui unissent une large frange des Evangéliques américains à Israël ? En effet, leur soutien à l’État hébreu ne relève pas seulement de l’alliance stratégique : il s’enracine dans une conviction idéologique profonde, celle du sionisme chrétien. Un courant théologique qui considère la création de l’État d’Israël comme l’accomplissement direct des prophéties bibliques et qui constitue politiquement un puissant lobby pro-israélien aux États-Unis, favorisant à titre d’exemple la colonisation de la Cisjordanie occupée, la Judée-Samarie (Yehuda we-Shomron en hébreu), pour s’étendre à la politique étrangère américaine au Proche-Orient.

Prophétie biblique

Dès lors, rien d’étonnant à ce que Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis à Tel-Aviv, et un ancien pasteur baptiste connu pour être l’un des chrétiens évangéliques les plus ardents en faveur d’Israël et de sa politique de colonisation, affirme qu’Israël aurait, selon la tradition biblique, un droit sur des terres s’étendant sur une large partie du Moyen-Orient. Une déclaration qui a suscité une onde de choc, de vives protestations et une vague de colère et de réprobation à travers la région.

Ainsi, citant l’Ancien Testament pour justifier les velléités expansionnistes de l’État hébreu, l’ambassadeur américain qui était interrogé vendredi 20 février par le  journaliste vedette de la droite américaine, Tucker Carlson, sur un verset de la Genèse évoquant une promesse divine faite à Abraham d’une terre s’étendant « du fleuve d’Egypte, le Nil, jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate », a souligné qu’une telle interprétation couvrirait une large partie du Moyen-Orient, incluant le Liban, la Syrie, la Jordanie ainsi que des régions d’Arabie saoudite et d’Irak.

« Je pense que c’est exact, a-t-il insisté. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient ». Tout en ajoutant sans détour : « Ce serait bien s’ils prenaient tout », en s’appuyant sur sa lecture de la Bible !

Cherchant en suite à minorer l’impact de ses propos incendiaires, le diplomate américain a expliqué, visiblement gêné, que ce sujet « n’était pas sur la table ». Car selon lui, les Israéliens « ne demandent pas de reprendre tout cela. Mais ils demandent au moins de récupérer les terres qu’ils occupent actuellement, où ils vivent maintenant, qu’ils possèdent légitimement et qui constituent un refuge sûr pour eux ». Bref, il cherchait à tout prix  à blanchir l’occupation des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, en place depuis 1967.

Face aux critiques, l’ambassadeur américain persiste et signe. Il a publié samedi dernier deux messages sur X pour préciser sa position sur d’autres sujets abordés lors de l’entretien, dont la définition du sionisme. Mais il n’est pas revenu sur ses propos concernant le contrôle par Israël de territoires du Moyen-Orient.

Des propos « dangereux et incendiaires »

Le tollé soulevé par ces déclarations que des pays du monde arabe et musulman ont qualifiées de « dangereuses et incendiaires » est immense. Ces propos interviennent dans un climat de tensions persistantes en Cisjordanie occupée. Le 15 février, pour la première fois depuis 1967, le gouvernement israélien a approuvé l’enregistrement de vastes secteurs du territoire comme « propriété de l’Etat », une décision perçue comme facilitant l’expansion des colonies et le renforcement du contrôle administratif.

D’ailleurs, le gouvernement israélien a pris la semaine dernière deux décisions d’une importance capitale. D’abord, l’annulation d’une loi datant de la période où la Cisjordanie était sous l’administration de la Jordanie avant la guerre de juin 1967, laquelle loi interdisait la vente de terres à des non-musulmans dans cette région. Ensuite, le lancement d’un processus d’enregistrement foncier qui actera un titre de propriété israélienne sur ces terres. Une première depuis l’occupation de 1967.

Rappelons à ce propos le communiqué de condamnation des propos de l’Ambassadeur américain dimanche 22 février a été signé par seize pays dont, notamment, l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie, les Emirats arabes unis, le Qatar, l’Indonésie et la Turquie; ainsi que la Ligue des Etats arabes et l’Organisation de la coopération islamique.

Ce communiqué exprime « leur ferme condamnation et leur profonde préoccupation ». Tout en affirmant leur « rejet catégorique » des propos de Mike Huckabee. Lesquels, disent-ils « constituent une menace grave pour la sécurité et la stabilité de la région ». L’Iran s’est joint au concert de critiques par la voix de son ministère des Affaires étrangères, qui a accusé le représentant américain de révéler par ses propos « la complicité active des États-Unis » dans les « guerres d’agression expansionnistes » menées par Israël contre les Palestiniens.

D’autre part, une haute responsable de l’ONU a estimé que les mesures prises par Israël équivalaient à une « annexion progressive de facto ». Alors que Tel-Aviv a annexé Jérusalem-Est et une partie du plateau syrien du Golan. Une condamnation unanime qui a été même reprise par la presse israélienne. Cette dernière a noté que les déclarations de l’ambassadeur américain ravivent « toutes les peurs » qu’inspire le sionisme dans la région.

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Iran – États-Unis : possible accord avant la reprise des pourparlers

25. Februar 2026 um 12:20

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré mardi 24 février qu’un accord « est possible ». Et ce, avant une nouvelle série de négociations avec les Etats-Unis, prévue jeudi 26 courant.

L’Iran reprendra ces pourparlers « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dès que possible », a souligné Araghtchi, dans un message publié sur la plateforme X. Il a évoqué une « occasion historique de conclure un accord sans précédent qui tienne compte de nos préoccupations et intérêts mutuels ».

A cet égard, notons que les précédentes négociations entre Téhéran et Washington avaient été interrompues en juin 2025. La cause : la guerre de 12 jours lancée par Israël contre l’Iran, dans laquelle les États-Unis se sont impliqués, en bombardant trois installations nucléaires iraniennes (à Fordow, Natanz et Ispahan).

En effet, les Occidentaux craignent que Téhéran ne se dote de la bombe atomique. Tandis que l’Iran, pour sa part, affirme vouloir développer son programme d’énergie nucléaire exclusivement à des fins civiles.

Enfin, soulignons que Trump a déployé d’importantes forces navales et aériennes au Moyen-Orient et a menacé à plusieurs reprises de frapper l’Iran en cas d’échec de la diplomatie. Mais l’Iran a averti que toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée », l’inciterait à réagir « avec force ».

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Tunisie | Une souveraineté à la croisée des chemins

25. Februar 2026 um 11:09

La Tunisie de 2026 ne peut plus se contenter de gérer sa fragilité. Elle doit utiliser son ancrage historique, sa position géographique et ses compétences mondialement reconnues pour forger un partenariat de type Plan Marshall, seul garant d’une sortie de l’orbite de tutelle et d’un retour au progrès.

Elyes Kasri *

En 2026, la Tunisie fait face à une impasse économique et budgétaire critique. L’assèchement des financements internationaux a favorisé un «tête-à-tête» inégal avec l’Algérie, matérialisé par l’accord militaire d’octobre 2025. Cette dépendance, aux allures, selon certains commentateurs algériens et tunisiens, de protectorat, pèse sur les choix socio-politiques et la stature internationale du pays. Paradoxalement, les menaces (migratoires, contrebande, instabilité) émanent principalement d’une Algérie elle-même fragilisée (dissensions internes, revendications kabyles, isolement via la résolution 2797 de l’Onu et pressions de l’administration Trump).

En Tunisie, un courant intérieur de plus en plus puissant réclame désormais un rôle actif et la récupération pacifique des territoires et ressources spoliés, refusant l’alignement sur un régime militaire voisin en difficulté et aux valeurs socio-économiques et diplomatiques divergentes de la Tunisie.

Économie : le «Plan Marshall» et l’autonomie énergétique

Pour briser ce siège économique, la Tunisie doit opérer une bascule vers la Souveraineté des Ressources.

Union Européenne : dépasser l’Accord de 1997 : le partenariat avec l’Union Européenne doit se muer en une intégration structurelle. La Tunisie gagnerait à revendiquer un accès total aux mécanismes communautaires (Fonds de cohésion, Fonds pour une transition juste, Fonds Européen pour les affaires maritimes, la Pêche et l’aquaculture, Horizon Europe, Erasmus, Garantie de la BEI) et au marché unique (services/agriculture), transformant le pays en une extension organique de l’Espace économique européen.

Rupture énergétique : accélération massive du solaire et de l’hydrogène vert. L’objectif est de substituer le gaz importé par une production nationale exportable via le câble Elmed, brisant ainsi le levier de pression algérien.

Le levier G7 : négocier un «Debt-for-Sovereignty Swap» (conversion de la dette en investissements) pour financer la modernisation industrielle et les infrastructures critiques, garantissant une indépendance financière réelle.

Sécurité et diplomatie : le rééquilibrage global:

La Tunisie doit passer du statut de «zone tampon» à celui de «pôle régional de liberté et de progrès».

Désengagement de la tutelle : actualisation des clauses de l’accord militaire de 2025. La sécurité des frontières doit reposer sur une autonomie technologique (drones, surveillance IA) fournie par des partenariats avec le G7 (USA, France, Italie) et l’Asie (Japon, Corée), et non sur une délégation de souveraineté au voisin. Le souvenir de Gafsa (janvier 1980) ne doit jamais être refoulé.

Pivot vers le Golfe et l’Asie : réengagement avec l’Arabie Saoudite, les Émirats et les autres membres du CCG pour capter des IDE massifs sans conditions politiques, et positionnement comme base de production «nearshore» pour les géants asiatiques ciblant le marché européen (Japon, Corée, Inde et Malaisie…).

Diplomatie territoriale : ouverture d’un processus de négociations pacifiques et documentées pour la restauration des droits territoriaux historiques, ouvrant la voie à une réconciliation et un apaisement durables, et cimentant la cohésion nationale autour d’un projet de grandeur retrouvée, en vue d’une relance sur des bases solides et sans rancœurs ou arrière-pensées de l’édification du Grand Maghreb.

Recommandations stratégiques pour 2026 :

Institutionnaliser la «neutralité de puissance» : se distancier des blocs régionaux en déclin pour devenir la «Suisse et Singapour de la Méditerranée».

Science, technologie et économie du savoir : lancer le plan «Souveraineté technologique, numérique et énergétique»; faire de la Tunisie une «digital sandbox» attractive pour les talents mondiaux (zones franches technologiques, universités et centres de recherche mondiaux).

Plan Marshall : activer la clause de sauvegarde G7/UE; solliciter une conférence internationale pour la résilience tunisienne, liant la stabilité sécuritaire de l’Europe à la prospérité souveraine de la Tunisie.

Une coopération multidirectionnelle non exclusive et dépourvue de tout sentimentalisme ou relent idéologique avec seul fondement les intérêts réciproques et l’apport à la renaissance et la prospérité de la Tunisie.

Face à un monde en mutation profonde, des fois violente et pleine de défis, la Tunisie est en mesure de transformer les menaces qui se profilent à l’horizon en opportunités. Tel un sphynx, la Tunisie a toujours su trouver à travers sa riche histoire plurimillénaire les ressorts de la renaissance et de la gloire.

La Tunisie de 2026 ne peut plus se contenter de gérer sa fragilité. Elle doit utiliser son ancrage historique, sa position géographique et ses compétences mondialement reconnues pour forger un partenariat de type Plan Marshall, seul garant d’une sortie de l’orbite de tutelle et d’un retour au progrès.

Une vision audacieuse avec une communication internationale bien ajustée grâce à une diplomatie rénovée et motivée seront en mesure de transformer ce rêve en réalité.

* Ancien ambassadeur.

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Du Nil à l’Euphrate | Quand la Bible devient carte géopolitique

25. Februar 2026 um 10:55

Les civilisations humaines prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété de l’Etat d’Israël, né en 1948 d’un arrangement entre puissances occidentales, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente dans le monde.

Yahya Ould Amar *

Les empires disparaissent ; les textes demeurent. Mais aucun verset d’un livre saint n’a jamais servi pour tracer une frontière reconnue par le droit des nations. Si l’on devait fonder la géopolitique contemporaine sur l’antériorité ou les promesses les plus anciennes, le monde redeviendrait instantanément ingouvernable.

Aux États-Unis, les nations amérindiennes pourraient revendiquer l’intégralité du territoire ; en Europe, les royaumes médiévaux réapparaîtraient sous forme de prétentions territoriales contemporaines ; en Méditerranée, les héritiers de Carthage, de Rome invoqueraient leurs anciens empires ; au Proche-Orient, chaque dynastie disparue redessinerait les frontières selon ses propres souvenirs, en Asie, les empires disparus revendiqueraient leurs anciennes provinces.

L’histoire humaine est une succession de conquêtes, de migrations, de métissages et de recompositions. Si chaque présence ancienne devenait un titre de propriété éternel, aucun État moderne ne survivrait.

C’est pourtant une brèche de cette nature qu’a entrouverte Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël nommé en 2025 par le président Donald Trump, lorsqu’il a affirmé dans un entretien avec Tucker Carlson que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pouvait fonder une légitimité territoriale contemporaine d’Israël sur cette partie du Moyen Orient — allant jusqu’à ajouter : «ce serait bien s’ils prenaient tout». Ce n’est pas une simple déclaration théologique. C’est un glissement conceptuel aux conséquences diplomatiques majeures. Car cet ambassadeur ne parle jamais seulement en croyant, il parle au nom de la première puissance mondiale.

Prise au sérieux, cette interprétation implique bien davantage qu’une formule symbolique. Elle suggère l’effacement de la Jordanie, du Koweït et du Liban, l’amputation de larges portions de l’Égypte — dont le Canal de Suez —, de l’Arabie saoudite incluant Médine, ainsi que de vastes territoires irakiens et syriens. Autrement dit, elle superpose un récit théologique ancien à des souverainetés contemporaines internationalement reconnues, dont certaines plongent leurs racines bien au-delà de l’époque patriarcale évoquée par la Genèse. Parler de «prendre tout» revient à envisager une refonte radicale de la carte régionale au détriment de peuples établis et d’États constitués.

Les civilisations mésopotamiennes prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente.

La Genèse n’est pas un cadastre

La Genèse est un texte fondateur des traditions abrahamiques, dont nous sommes pour la plupart les héritiers. Elle appartient au patrimoine spirituel de milliards d’êtres humains. Mais la Genèse n’est pas un cadastre. Elle n’est ni une convention frontalière ni un traité international.

Entre le Nil et l’Euphrate, bien avant qu’Abraham ne devienne figure de foi pour les monothéistes, vivaient déjà des peuples multiples — Cananéens, Amorites, Hourrites, Égyptiens, Mésopotamiens. Des cités se sont élevées, des empires ont dominé, des langues se sont croisées, des civilisations se sont succédées. Le Croissant fertile fut l’un des berceaux de l’agriculture, de l’écriture, de la ville.

L’histoire de cette région ne se résume pas à un seul récit fondateur, aussi central soit-il pour la tradition juive ; elle s’inscrit dans une continuité plurimillénaire où se sont succédé et mêlées de nombreuses civilisations.

Il serait malhonnête d’ignorer que la notion de «terre promise» occupe une place centrale dans la tradition juive et qu’elle constitue pour des millions de croyants un élément fondateur d’identité spirituelle. Mais une mémoire religieuse, aussi légitime soit-elle, ne se confond pas avec une norme juridique internationale. La foi structure des consciences ; elle ne délimite pas des souverainetés. Cela n’ôte rien à la réalité historique du lien plurimillénaire du peuple juif à cette terre, attesté par toutes les religions monothéistes et l’histoire, ni à la légitimité internationale issue du processus onusien de 1947 et de la reconnaissance de l’État d’Israël. La question n’est pas celle de l’existence d’Israël, mais celle des fondements invoqués pour redéfinir ses frontières.

Cette terre n’a jamais été l’espace exclusif d’un seul peuple. Au fil des siècles, des populations juives et arabes y ont coexisté, parfois en tension, parfois en proximité. Le droit international contemporain, notamment à travers la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1947, a d’ailleurs envisagé la création de deux États — l’un juif, l’autre arabe — reconnaissant ainsi l’existence de deux légitimités nationales sur un même territoire.

Lorsqu’on se place du point de vue du croyant, l’ordre du monde et le déploiement de son histoire ne relèvent pas du hasard ni de la seule volonté humaine, mais d’une souveraineté divine. Pour celui qui croit, la création, les nations, les événements et leurs enchaînements procèdent d’un dessein qui dépasse l’homme. Pour le croyant, l’histoire s’inscrit dans une relation à Dieu et dans une promesse qui relève de la foi. Mais précisément parce que cette conviction relève de l’adhésion spirituelle, elle ne peut être transposée mécaniquement dans l’ordre juridique international. La foi engage la conscience ; le droit engage les peuples.

Du mythe au droit

Depuis 1945, la Charte des Nations unies repose sur un principe simple qui est l’interdiction de l’acquisition territoriale par la force et la reconnaissance mutuelle des États souverains. C’est précisément pour empêcher, entre autres, la résurgence des légitimations mythologiques de l’expansion territoriale que l’ordre juridique international a été construit.

Car si la théologie devient doctrine territoriale, alors l’histoire des évolutions humaines — migrations, métissages, souverainetés construites — pourrait être suspendue au profit d’une interprétation d’un récit antique.

Le Proche-Orient n’est pas une carte biblique en attente d’accomplissement. C’est un espace habité, souverain, traversé de mémoires concurrentes et d’équilibres fragiles. L’Égypte n’est pas une métaphore ; c’est l’une des plus anciennes continuités étatiques de l’histoire humaine, structurée bien avant l’émergence du prophète Abraham dans les récits bibliques. L’Irak et la Syrie sont les héritiers des premières cités mésopotamiennes, des royaumes araméens, des civilisations assyriennes et babyloniennes, toutes antérieures aux traditions abrahamiques. La Jordanie, le Liban, le Koweït, l’Arabie saoudite — dont la ville sacrée de Médine occupe une place centrale dans l’histoire de l’islam — ne sont pas des espaces symboliques interchangeables, ce sont des États souverains, reconnus, porteurs d’identités historiques façonnées au fil des siècles.

Ce qui trouble, au fond, n’est pas qu’un homme de foi interprète un verset biblique. C’est que cette interprétation soit formulée par un diplomate représentant la première puissance mondiale. La diplomatie moderne repose sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés et sur l’équilibre fragile des puissances. Introduire dans ce langage la logique d’une promesse sacrée, c’est déplacer le débat du terrain juridique vers celui de l’absolu. Et l’absolu, en politique internationale, n’a jamais été un facteur de paix.

La théologie devient doctrine implicite

Les déclarations de l’ambassadeur américain en Israël, validant l’idée que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pourrait fonder une légitimité territoriale contemporaine, ne relèvent pas d’une simple opinion personnelle. Elles introduisent, dans le langage diplomatique d’une superpuissance, une référence théologique comme possible source de droit politique. Or depuis 1945, l’ordre international repose sur la souveraineté des États et l’intangibilité des frontières reconnues. Substituer à ce cadre juridique une lecture littérale d’un texte sacré revient à déplacer la légitimité du consensus international vers l’absolu religieux — un terrain par nature non négociable.

Une doctrine territoriale fondée sur une promesse divine transforme le désaccord politique en affrontement existentiel. Elle discrédite la posture de médiation des États-Unis, alimente les radicalités régionales et rouvre la porte à une diplomatie identitaire où les récits sacrés concurrencent le droit international. Si chaque nation revendiquait ses frontières au nom de ses écritures, l’équilibre mondial serait rapidement submergé par des absolus rivaux. L’enjeu dépasse donc la polémique, il interroge la nature même de la diplomatie contemporaine et la capacité des grandes puissances à distinguer conviction personnelle et responsabilité stratégique.

Une onde de choc régionale

Évoquer favorablement une extension territoriale israélienne «du Nil à l’Euphrate» revient, pour des millions de citoyens arabes, à suggérer l’effacement symbolique de leurs États. En Egypte où la stabilité repose sur un équilibre délicat entre souveraineté nationale et coopération sécuritaire avec Israël, une telle rhétorique ne peut qu’alimenter les discours nationalistes et fragiliser les autorités modérées. En Iraq et en Syrie, pays marqués par les guerres et recompositions territoriales, l’idée d’une légitimation religieuse de l’expansion israélienne réactive des mémoires coloniales et des peurs existentielles. Ce n’est pas seulement une provocation théologique — c’est une négation explosive de souverainetés reconnues et d’équilibres régionaux déjà fragiles.

L’Iran, qui se présente comme défenseur de la cause palestinienne pourrait instrumentaliser ces propos pour renforcer l’idée d’un affrontement civilisationnel. Les groupes armés non étatiques y trouveraient une justification supplémentaire pour radicaliser leurs bases. Même les États signataires des accords d’Abraham, engagés dans une normalisation pragmatique avec Israël, se verraient placés sous pression intérieure, comment défendre un rapprochement stratégique si la perspective d’une expansion sacrée devient audible dans le discours diplomatique américain ?

Ironie ultime, cette rhétorique pourrait également fragiliser Israël. La sécurité à long terme d’un État ne repose pas sur l’adhésion à une vision maximaliste, mais sur la reconnaissance mutuelle et la stabilité régionale. En accréditant l’idée d’un horizon territorial illimité, on complique toute solution négociée, on éloigne les compromis nécessaires et on alimente les discours de ceux qui, de part et d’autre, refusent toute coexistence. Dans une région où chaque mot peut devenir étincelle, la diplomatie devrait apaiser les braises — non souffler dessus.

L’Amérique, puissance juridique ou puissance identitaire ?

Au-delà du Moyen-Orient, cette polémique touche au cœur même du leadership américain. Depuis 1945, les États-Unis se sont présentés comme les architectes d’un ordre international fondé sur des règles, des institutions et un droit commun. Leur puissance ne reposait pas seulement sur la force militaire, mais sur une autorité normative, celle d’un pays qui défendait la stabilité des frontières et la primauté du droit. Si un discours officiel laisse désormais place à une justification territoriale d’inspiration théologique, c’est cette crédibilité qui s’écroule. Car si l’on redessine des cartes au nom d’un récit sacré ici, pourquoi d’autres puissances n’invoqueraient-elles pas ailleurs leurs empires passés, leurs dynasties ou leurs mythes fondateurs ?

L’Amérique veut-elle demeurer la puissance qui arbitre et stabilise, ou glisser vers une diplomatie identitaire où la politique étrangère épouse des convictions religieuses et culturelles particulières ?

Lorsque la diplomatie devient le prolongement d’une ferveur électorale, la frontière entre mandat démocratique et mission sacrée se trouble dangereusement.

La ligne rouge entre mythe et responsabilité

Les civilisations ont besoin de récits, mais la diplomatie est un exercice de responsabilité. Lorsque la référence du «Nil à l’Euphrate» glisse du registre spirituel vers celui de la politique étrangère, elle ne réactive pas seulement une promesse ancienne ; elle ravive des peurs actuelles, durcit les positions et fragilise des équilibres déjà instables. Le Moyen-Orient n’est pas une abstraction théologique, mais un espace peuplé, structuré par des souverainetés reconnues et par une histoire longue, complexe, faite de strates successives. Il est impossible d’ignorer la dynamique réelle des sociétés humaines.

Il ne s’agit pas d’exclure la foi de la sphère publique, mais de rappeler qu’entre conviction personnelle et parole d’État existe une frontière qui ne doit jamais être franchie. La première relève de la liberté intime ; la seconde engage la stabilité internationale. Confondre les deux, même brièvement, fragilise la primauté du droit au profit d’un récit. Entre le mythe et la responsabilité, la diplomatie doit choisir la prudence, car franchir cette ligne rouge, c’est risquer de substituer l’absolu au compromis — et sans compromis, il n’y a pas d’ordre viable.

Enfin, il existe, dans toutes les grandes traditions politiques, la tentation de relire le présent à la lumière d’un passé sacralisé. Chaque époque croit parfois retrouver dans ses textes anciens la justification de ses ambitions contemporaines.

Avant le prophète Abraham, des peuples vivaient déjà sur ces terres ; après lui, d’autres sont venus, se sont mêlés, ont bâti des villes, des cultures, des États. Les identités n’y sont pas linéaires, elles sont tissées de migrations, de conquêtes, de métissages. Prétendre figer ce mouvement au nom d’une promesse originelle revient à nier la dynamique même de l’histoire humaine.

Au fond, la question posée par cette polémique est simple et immense à la fois, la diplomatie du XXIᵉ siècle sera-t-elle guidée par la complexité du réel ou par la certitude des récits religieux ?

Entre le Nil et l’Euphrate, il n’y a pas qu’une promesse biblique. Il y a des États, des peuples, et une paix fragile.

Un monde où les promesses sacrées seraient traduites littéralement en revendications territoriales ne serait pas un monde plus spirituel, mais un monde plus instable. Les nations se construisent et se préservent par la négociation et le compromis, non par la transposition directe de leurs héritages religieux dans l’ordre juridique international.

Les mots ne déplacent pas les frontières. Mais ils peuvent embraser les peuples.

* Economiste, banquier et financier.

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Le «Grand Israël» selon l’ambassadeur américain à Tel Aviv

25. Februar 2026 um 07:45

L’ambassadeur des Etats-Unis ne représente pas Israël : il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmérKKKe en devenir.

Gideon Levy

«La Genèse 15 dit que c’est Abram – avant Abraham, c’est Abram – qui reçoit de Dieu la nouvelle que ses descendants hériteront de la terre. Et vous me direz, en tant que théologien, si je me trompe, ça va de l’Euphrate au Nil, je pense. Et ça inclurait pratiquement tout le Moyen-Orient. Ce serait le Levant. Donc Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban. Ça inclurait également une grande partie de l’Arabie saoudite et de l’Irak. … Je veux dire, je ne suis pas sûr que ça irait aussi loin. … ça inclurait beaucoup d’endroits qui sont aujourd’hui des pays. (…) Mais cette zone particulière dont nous parlons maintenant – Israël est une terre que Dieu a donnée par l’intermédiaire d’Abraham à un peuple qu’il a choisi. C’était un peuple, un lieu et un but. (…) Israël a-t-il droit à cette terre ? (…) Ce serait bien s’ils prenaient tout ça ».

Du fleuve au fleuve

Le lieu : le terminal diplomatique de l’aéroport Ben-Gourion. Le moment : au milieu de la semaine dernière. L’occasion : ce n’est pas ce que vous pourriez croire. Non, ce n’était pas une conversation entre des personnes échappées d’une unité fermée de quelque asile psychiatrique.

Il s’agissait d’une conversation entre Tucker Carlsonet l’ambassadeur états-unien en Israël, Mike Huckabee, dans le cadre de son programme d’entretiens.

Le terme «Grand Israël» est devenu trop restrictif, modeste et anachronique. Ce n’est plus de la mer au désert. Maintenant c’est du fleuve (l’Euphrate) au fleuve (le Nil). Tout ça est à nous.

Ça ne sort pas de la bouche des déjantés du Mont du Temple, ni des foldingues qui parlent de retourner à Gaza, mais de la bouche de l’ambassadeur états-unien en Israël, une personne nommée personnellement par le président Donald Trump, qui connaissait très bien les opinions lunatiques de l’ambassadeur.

La promesse de Dieu à Abraham

Il visite ce pays depuis 53 ans, a déclaré Huckabee-l’ami-d’Israël, principalement les colonies que son pays n’a jamais reconnues. Il estime que tout le Moyen-Orient appartient aux Juifs. Ciao ciao, Mohammed ben Salmane ; bye bye, Abdel Fattah Al-Sissi, allez vous chercher d’autres pays. Celui-ci est à nous, celui-là aussi, et celui-là aussi. La base juridique est solide et bien établie : c’était la promesse de Dieu à Abraham. Ainsi parla l’éminent ambassadeur en Israël.

À la liste interminable des ambassadeurs et envoyés états-uniens au Moyen-Orient qui étaient juifs et sionistes, y compris les actuels, Steve Witkoff et Jared Kushner, s’ajoute désormais un impérialiste chrétien, qui agit non seulement au nom d’Israël, mais aussi au nom du messianisme juif.

Ce n’est pas pour rien que Carlson a dit : «Cet homme ne représente pas mon pays ; il représente Israël.» Ce n’est ni l’un ni l’autre, Carlson. Cet homme ne représente pas Israël ; il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmériKKKe en devenir, dont le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment loué «l’héritage chrétien» de l’Occident quand il était à Munich.

Toute cette affaire aurait pu servir de diversion comique en marge d’événements plus importants si elle n’avait pas été centrée sur un homme choisi pour ce rôle d’ambassadeur non pas malgré ses opinions, mais précisément à cause d’elles. Meir Kahane n’aurait pas osé s’exprimer de la même manière ; Itamar Ben-Gvir se contente de beaucoup moins.

Ce type est le porte-parole de la puissance qui est en train de façonner actuellement le caractère du Moyen-Orient, peut-être pour des générations. C’est le porte-parole d’un État qui s’apprête à lancer une guerre contre l’Iran parce qu’Israël l’y exhorte, du moins selon Carlson. Ce sont là les derniers amis d’Israël dans le monde et telle est leur vision.

Peut-on ne pas devenir antisémite ?

Existe-t-il de plus grands accélérateurs de l’antisémitisme ou de plus grands instigateurs de positions anti-israéliennes que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout ça à cause d’une promesse biblique pipeau faite il y a 3 000 ans ?

Israël est le pays natal des Juifs, a déclaré Huckabee. Et qu’en est-il de sa maison en Arkansas ? À qui appartient-elle ? Pas à la tribu des Quapaw ? Ou bien Huckabee et ses semblables ont-ils une règle morale pour le monde entier et une autre pour le peuple élu ? Compte tenu de tout ça, est-il possible de ne pas devenir antisémite ?

Et enfin, que penseront les Arabes du pouvoir que représente Huckabee ? C’est la concrétisation de toutes leurs craintes primitives à l’égard du sionisme. Imaginez les Etats-Unis envoyant en Israël un ambassadeur djihadiste, qui croit en l’établissement d’un califat islamiste dans tout le Moyen-Orient. C’est là, juste à l’envers, leur ambassadeur en Israël, et il est considéré comme légitime. C’est tout sauf drôle.

Source Haaretz. Traduit par Tlaxcala

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Iran | Le régime peut-il résister à une attaque israélo-américaine ?

24. Februar 2026 um 13:25

Alors que les paris vont bon train sur la probabilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, sur l’ampleur de l’opération et sur son timing, il y a un sujet qui passe inaperçu qui est le conflit actuel en Iran entre les conservateurs et les réformateurs dans la gestion de la crise et la possibilité que la guerre puisse faire tomber le régime. C‘est le sujet d’un article du Times, qui est revenu sur ce différend opposant les deux camps.

Imed Bahri

Le journal britannique indique qu’alors que le guide suprême Ali Khamenei se cache, les conservateurs reconnaissent que les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants à leur pays mais ils pensent également pouvoir leur résister. 

«À Washington comme à Téhéran, on a l’impression qu’un conflit pourrait faciliter la diplomatie car il rendrait l’autre partie plus rationnelle lors des négociations», explique Ali Vaez, responsable du projet Iran au sein de l’International Crisis Group, avant d’ajouter : «Je trouve cela complètement absurde. Bien sûr, l’Iran serait vaincu [dans une guerre prolongée], mais certains conservateurs à Téhéran croient que le seul moyen de mettre fin à ce cycle d’agressions américaines et israéliennes est de verser le sang».

Ce point de vue n’est pas partagé par tous les dirigeants iraniens, notamment par le camp relativement pragmatique des réformateurs représentés par le président Massoud Pezeshkian. Leur priorité est d’obtenir un allègement des sanctions américaines afin de sauver l’économie iranienne chancelante et de contenir le mécontentement généralisé qui a suivi la répression violente du soulèvement populaire.

Sauvetage ou capitulation

Sanam Vakil, directrice du projet Moyen-Orient à Chatham House, déclare : «Le camp réformateur considère cet accord comme le seul moyen de sauver le régime et de consolider son influence. Les conservateurs, quant à eux, estiment que l’accord proposé équivaut à une capitulation totale. Face à l’absence de levée substantielle des sanctions de la part des États-Unis, ils y voient un prélude à des pressions accrues et à un changement de régime». Elle ajoute : «Leurs calculs reposent donc sur un pari risqué, voire une guerre, pour améliorer les termes de l’accord final. À mon avis, c’est extrêmement dangereux, et il est incompréhensible qu’ils pensent pouvoir tenir tête aux États-Unis».

Les deux camps ont une longue tradition d’erreurs d’appréciation dans les conflits. Cette situation a enlisé les États-Unis dans des conflits interminables au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et a entraîné l’Iran dans une série de guerres menées par Israël, au cours desquelles les milices supplétives de Téhéran dans la région ont été décimées et nombre de leurs généraux les plus gradés tués.

Toute guerre contre les États-Unis serait probablement bien plus destructrice que la campagne aérienne menée par Israël l’an dernier qui a gravement endommagé les installations nucléaires iraniennes et décapité son commandement militaire. L’Iran a tiré les leçons de ce conflit, en créant un nouveau conseil de défense habilité à prendre des décisions à un moment où Khamenei –qui pourrait figurer en tête d’une liste noire américaine– pourrait se cacher.

La carte du détroit d’Ormuz

Depuis des années, l’Iran renforce ses forces navales dans le but de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, et d’attaquer les navires de guerre américains avec des missiles, des vedettes suicides, des drones kamikazes (munitions rodeuses) et des sous-marins.

«Toutes les capacités développées par l’Iran visent à cibler les forces navales et les bases américaines dans la région ce qui représente un danger réel», a déclaré Vaez avant d’ajouter : «Les États-Unis en sont conscients. Si une attaque était facile à lancer, elle aurait été menée depuis des semaines».

Vaez a ajouté que les dirigeants iraniens estiment que, si les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants, ils sont mieux armés pour y résister. «Si un seul navire de guerre américain était touché par des milliers de missiles, de missiles antinavires, de drones sous-marins et de vedettes rapides, ce serait un désastre pour le président Trump. Voilà la différence», a-t-il souligné.

Toutefois, même un seul tir pour les Iraniens –bien qu’il en faille plusieurs pour endommager un navire de guerre– pourrait déclencher une offensive militaire d’une ampleur bien plus grande contre eux.

«Ils n’ont pas vraiment d’issue», estime, de son côté, Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. «Supposons qu’ils survivent à une guerre et que le régime ne s’effondre pas. Que se passera-t-il ensuite ?», s’interroge-t-il. 

L’Iran ciblerait probablement les bases américaines dans toute la région mais les États arabes, craignant d’être pris entre deux feux, ont quasiment renoncé à tenter d’endiguer le conflit.

«Nous avons baissé les bras. Les Iraniens sont irrationnels et Trump est totalement imprévisible», a déclaré une source bien informée du Golfe, sous couvert d’anonymat.

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L’UE suspend l’approbation de l’accord commercial avec les États-Unis

24. Februar 2026 um 10:42

Le Parlement européen a gelé, lundi 23 février 2026, le processus de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis suite à la décision de la Cour suprême déclarant « illégaux les droits de douane » imposés par Donald Trump.

Le président de la Commission du commerce international du Parlement européen, le social-démocrate allemand Bernd Lange, a annoncé qu’il proposerait de suspendre le processus de ratification de l’accord commercial UE-États-Unis. Les représentants des principaux groupes parlementaires européens ont confirmé leur soutien à cette proposition…

Željana Zovko, négociatrice en chef du Parti populaire européen (PPE) pour le commerce avec les États-Unis, a déclaré dans une interview accordée à Bloomberg que « nous n’avons pas d’autre choix » que de retarder le processus d’approbation afin d’obtenir des éclaircissements sur la situation.

A rappeler que les eurodéputés avaient déjà gelé le processus d’approbation, il y a quelques semaines, suite aux menaces de Trump concernant le Groenland.

De centre-droit, le PPE sera rejoint par des partis tels que les Socialistes et Démocrates et le groupe libéral Renew pour soutenir le gel du processus.

L’annonce de Trump suite à la décision de la Cour d’imposer un droit de douane mondial de 10 %, qu’il a ensuite porté à 15 %, a laissé de nombreuses questions sans réponse pour les partenaires commerciaux des États-Unis, provoquant davantage de turbulences économiques et d’incertitude quant à la politique commerciale de Washington.

L’accord conclu l’été dernier entre Donald Trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, impose des droits de douane de 15 % sur la plupart des exportations de l’UE vers les États-Unis, tout en supprimant les droits de douane sur les produits industriels américains destinés à l’Union européenne. Les États-Unis maintiendront également des droits de douane de 50 % sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance d’Europe.

Le Parlement européen avait prévu de ratifier l’accord en mars prochain.

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Droits de douane américains : Bruxelles rappelle à Washington qu’« un accord est un accord »

23. Februar 2026 um 10:43

Dans sa première réaction à la décision de la Cour suprême des États-Unis déclarant illégale l’application de certaines mesures commerciales américaines, la Commission européenne a rappelé que les engagements pris entre Bruxelles et Washington restent pleinement valables. « Un accord est un accord », souligne l’Union européenne.

Dans un communiqué publié dimanche 22 février, la Commission a demandé « une clarification complète » des mesures que l’administration américaine entend adopter à la suite de cette décision de justice, rendue dans le cadre de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux. Elle estime que le contexte actuel n’est pas favorable à la réalisation d’un commerce et d’investissements transatlantiques « équitables, équilibrés et mutuellement avantageux », tels que prévus dans la déclaration conjointe signée en août 2025.

Bruxelles a également insisté sur la nécessité de garantir aux entreprises et exportateurs européens un traitement équitable, fondé sur la prévisibilité et la sécurité juridique. La Commission européenne avertit que les produits européens devaient continuer à bénéficier du régime tarifaire le plus compétitif, sans relèvement des droits de douane au-delà du plafond global précédemment convenu.

A noter qu’une communication de haut niveau a notamment eu lieu samedi 21 février entre le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick.

L’Union européenne réaffirme, in fine, sa volonté de poursuivre les efforts de réduction des droits de douane, conformément à la déclaration commune, et de préserver un environnement commercial transatlantique stable et prévisible. Elle a également souligné qu’elle continuerait d’élargir son réseau d’accords commerciaux ambitieux à « tarif zéro » et de défendre un système commercial mondial ouvert et fondé sur des règles.

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La Tunisie face à la guerre américaine contre l’Iran

23. Februar 2026 um 10:17

L’attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran semble imminente. Une fois déclenchée, cette guerre risque d’être dévastatrice, et pas seulement pour l’Iran. C’est toute la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui risque d’en être négativement impactée à un niveau ou un autre, y compris, bien entendu la Tunisie, et pour causes…  

Latif Belhedi

En effet, cette guerre opposera deux pays amis de la Tunisie : les Etats-Unis, qui sont des partenaires historiques et de premier ordre, notamment sur les plans militaire et sécuritaire ; et l’Iran, qui est certes un partenaire de second ordre, mais auquel notre pays est lié par des affinités idéologiques et doctrinales assez fortes : appartenance au bloc islamique et soutien de principe à la Palestine.

Aussi, la guerre qui se prépare doit-elle nous interpeller et nous devons, nous aussi, nous y préparer, notamment sur le plan diplomatique. Des éléments de langage doivent être préparés pour bien marquer notre position et notre positionnement dans le nouvel ordre régional qui risque de naître de la conflagration attendue.

Cela dit, on ne voit pas la Tunisie dénoncer avec fermeté l’éventuelle attaque américaine contre l’Iran, car elle aurait du mal à assumer les conséquences politiques d’une telle position, quand bien même celle-ci serait dictée par les principes sacro-saints du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats et de l’interdiction du recours à la force pour régler les différends entre Etats (Charte de l’Onu, Art. 2§4).

Nous devons aussi nous préparer à faire face aux bouleversements économiques que cette guerre menace, et risque sérieusement aussi, de provoquer.

Pour un pays comme le nôtre, qui a du mal à gérer son déficit énergétique croissant et qui importe plus que la moitié de ses besoins en pétrole et gaz, la hausse attendue des prix du pétrole – et pas seulement – risque d’être dévastatrice pour nos finances publiques déjà en piteux état avec un très fort endettement, intérieur et extérieur, un déficit budgétaire croissant et des difficultés grandissantes à accéder au marché financier international, en raison d’une très mauvaise notation souveraine.        

L’ancien ambassadeur Elyes Kasri avait sans doute à l’esprit toutes ces problématiques en rédigeant le poste reproduit ci-dessous et qu’il a publié sur sa page Facebook. Il y appelle les responsables tunisiens à bien se préparer à «face à la tempête qui se profile à l’horizon avec une identification des menaces et des moyens susceptibles de les transformer en opportunités.»

 * * *

«L’offensive américano-israélienne contre l’Iran semble de plus en plus inévitable avec des retombées susceptibles de déborder sur d’autres zones géographiques et de ​nombreux autres secteurs à partir de sa dimension énergétique.

D’une manière ou d’une autre, les intérêts de la Tunisie pourraient être impactés et probablement menacés par ce conflit tant par ses dimensions militaires, qu’économiques et diplomatiques, directement ou à travers son voisinage déjà suffisamment volatile et prédisposé à un regain de tension et probablement d’intensification des dynamiques centripètes et sécessionnistes déjà enclenchées à différents degrés.

Devant cette accélération de l’histoire vers un dénouement incertain, l’attentisme ou la passivité ne semblent pas être une option viable.

Comme le dit le célèbre proverbe «gouverner c’est prévoir» tandis qu’une autre version dirait «ne rien prévoir, ce n’est pas gouverner, c’est courir à sa perte».

Quelle que soit la version appropriée, une analyse prospective sereine s’impose pour accentuer les facteurs de résilience face à la tempête qui se profile à l’horizon avec une identification des menaces et des moyens susceptibles de les transformer en opportunités.

En dépit de toute apparence menaçante et même cruelle, le temps n’est pas près de suspendre son vol.»

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Libye : les États-Unis plaident pour des élections crédibles 

21. Februar 2026 um 16:50

Les États-Unis ont réitéré leur soutien aux efforts de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) pour promouvoir un processus politique inclusif mené par les Libyens, en vue d’unifier les institutions du pays.

S’exprimant vendredi 20 février lors d’une réunion d’information du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la Libye, Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, a salué le rôle de la MANUL, dirigée par Hanna Tetteh.

« J’ai réaffirmé le ferme soutien des États-Unis à la représentante spéciale Tetteh et aux efforts déployés par la Mission d’appui des Nations unies en Libye pour faire progresser un processus politique mené par les Libyens, qui renforce la gouvernance et unifie les institutions économiques et de sécurité du pays », a déclaré Boulos. Ces démarches sont « essentielles pour promouvoir la sécurité, la stabilité et la prospérité du peuple libyen », a-t-il ajouté. « Les États-Unis travaillent avec les dirigeants de toute la Libye pour promouvoir une approche pratique et coordonnée face aux défis prioritaires », affirme également le conseiller de Trump.

Dans ce cadre, Massad Boulos a aussi appelé toutes les parties libyennes à collaborer de manière constructive avec la Mission de l’ONU et à prendre des mesures concrètes pour unifier les institutions, tout en créant les conditions nécessaires à l’organisation d’élections présidentielle et législatives crédibles. « Ces élections doivent permettre au peuple libyen de choisir librement ses dirigeants », a-t-il insisté.

Selon lui, des avancées dans ces domaines contribueraient à renforcer la stabilité à long terme, à consolider la sécurité régionale et à ouvrir de nouvelles perspectives de croissance économique, notamment à travers le développement de partenariats avec des entreprises américaines susceptibles de soutenir la reconstruction et la prospérité de la Libye.

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Le spectre d’une attaque imminente de l’Iran se dessine

21. Februar 2026 um 11:49

Bruits de bottes au Moyen-Orient où le Pentagone aura mis en place une imposante force de frappe navale et aérienne. Selon les médias américains, les Etats-Unis pourraient frapper l’Iran dès ce week-end.

 

Les Américains vont-ils passer à l’acte en bombardant la République islamique d’Iran dès ce week-end du 21 février 2026), peut-être dans les heures qui suivent ? Cela dépendra, précisent les médias américains, d’une prise de décision de Donald Trump si un accord sur le nucléaire n’est pas trouvé avec Téhéran dans les prochaines heures.

Ainsi, soufflant le chaud et le froid, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué mercredi 18 février que « l’Iran serait bien avisé de conclure un accord », estimant qu’il existait « de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe » contre Téhéran. Une manière de mettre la pression sur le régime des mollahs pour conclure un accord pour éviter de s’attirer les foudres de Washington ?

Renverser le régime des mollahs ?

Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains anonymes, une des options militaires contre Téhéran consisterait à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ». Pour preuve, Donald Trump n’avait-il pas estimé jeudi 12 février que « couper la tête du serpent serait la meilleure chose qui puisse arriver », ajoutant qu’il « faille  passer un accord, sinon ce sera très traumatisant » pour Téhéran.

A noter à ce propos que c’est la première fois que la Maison Blanche  évoque l’éventualité du renversement du régime des mollahs, alors que lors de la guerre des 12 jours (13 – 24 juin 2025), Washington s’était « contenté » de viser des sites nucléaires iraniens. Depuis, à la suite d’un vaste mouvement de contestation populaire déclenché en Iran et réprimé férocement dans le sang par les Gardiens de la Révolution, la donne aura sensiblement changé.

Mais que veulent les Américains au juste ? En plus d’un règlement sur le nucléaire, Washington veut y inclure le programme de missiles balistiques de Téhéran ainsi que son soutien aux groupes armés régionaux qui sont hostiles à Israël, notamment le Hezbollah, le Hamas ou encore les Houthis. Ce qui apparaît difficilement acceptable pour le régime iranien, surtout le démantèlement de ses missiles balistiques qui constituent la riposte ultime à la menace israélienne.

Démonstration de force

Et c’est pour se préparer à tous les scénarios, à l’exception d’une intervention terrestre que Donald Trump ne désire à aucun prix que l’armée américaine se tienne prête.

Ainsi, en plus des dizaines de milliers de soldats présents dans des bases militaires à travers la région, le Pentagone a déployé depuis quelques semaines une imposante armada au Moyen-Orient : treize navires de guerre, un porte-avions (le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier), neuf destroyers et trois frégates légères.

En renfort, le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, navigue actuellement dans l’océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du Golfe. Il est accompagné par trois destroyers. Sachant qu’il est rare que deux porte-avions américains qui transportent des dizaines d’avions de combat et fonctionnant avec des milliers de marins à bord, soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. Ce fut pourtant le cas en juin dernier, quand Donald Trump décida de frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens pendant la guerre de douze jours déclenchée par Israël.

Selon les experts militaires, la présence simultanée de deux porte-avions permettrait aux États-Unis de soutenir un rythme de plusieurs centaines de frappes aériennes quotidiennes durant plusieurs semaines.

A cela s’ajoute une flotte aérienne d’envergure composée d’avions de combat furtifs F-22 Raptor, d’avions de combats F-15 et F-16, et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations.

Risque d’embrasement régional

En réaction aux menaces américaines, l’Iran a annoncé mardi 17 février la fermeture partielle et temporaire par « sécurité » du détroit d’Ormuz, l’espace maritime par lequel transite un quart de la production mondiale de pétrole et pour y conduire des manœuvres navales menées par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique ; une décision sans précédent depuis les années 1980. Tandis que des manœuvres conjointes avec la Russie sont annoncées dans le golfe d’Oman.

D’autre part, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei a menacé de « couler » le porte-avions américain déployé au large de ses côtes et de frapper si besoin les bases militaires américaines, suscitant la crainte d’un embrasement généralisé.

En a-t-il réellement les moyens ? Sur le plan strictement militaire, la réponse est oui. En effet, l’Iran dispose d’un important arsenal de missiles balistiques et de drones capables d’atteindre des bases américaines en Irak, en Syrie ou dans les pays du Golfe. En janvier 2020, après l’élimination du général Qassem Soleimani par les États-Unis, Téhéran avait d’ailleurs tiré des missiles sur la base d’Aïn al-Assad en Irak, où stationnaient des troupes américaines. L’attaque avait causé des blessés mais évité des pertes massives, illustrant une capacité de frappe réelle mais calibrée.

D’autre part, Téhéran peut également s’appuyer sur son réseau d’alliés régionaux, notamment le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak ou encore les Houthis au Yémen, pour mener des attaques indirectes contre des intérêts américains. Cette stratégie asymétrique constitue l’un des principaux leviers de dissuasion de Téhéran.

Au final, en cas d’attaque américaine qui paraît imminente, les dirigeants iraniens « feront ce qu’ils peuvent pour provoquer une guerre régionale », a averti le New York Times. Question se survie.

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Etats-Unis – Iran | Les négociations sont-elles un écran de fumée ?

21. Februar 2026 um 08:45

Lorsque des porte-avions et des sous-marins nucléaires se déploient pendant que les diplomates se rencontrent, lorsque les bombardiers changent de base au rythme des communiqués officiels, il ne s’agit plus d’un simple dialogue, il s’agit d’une préparation minutieuse à une confrontation majeure. Les négociations entre Washington et Téhéran s’inscrivent dans cette logique.

Yahya Ould Amar *

Dans les crises contemporaines, la négociation n’est plus l’alternative à la guerre, elle en est souvent l’antichambre. Elle permet d’organiser la responsabilité de l’échec et de transformer une action militaire en réaction légitime. La diplomatie devient ainsi la dernière étape avant l’usage de la force, non la première vers la paix.

Les discussions en cours entre Américains et Iraniens remplissent une fonction classique consistant à gagner du temps, à tester l’adversaire, à façonner la perception internationale et, surtout, à construire la légitimité d’une action future.

La diplomatie comme instrument tactique

Washington discute tout en renforçant simultanément son dispositif militaire régional avec des déploiements navals, un repositionnement aérien, une coordination stratégique avec ses alliés, notamment Israël. Or l’histoire des crises internationales montre qu’on ne prépare pas un accord durable en augmentant parallèlement la capacité de frappe. La diplomatie devient alors un levier tactique, destiné à accroître la pression et à contraindre l’adversaire à céder et à se plier à un dictat par nature déséquilibré.

Surtout que les exigences des deux parties demeurent incompatibles. Les États-Unis réclament des limitations élargies du programme nucléaire, des restrictions balistiques à une portée maximale de 300 km et un encadrement des réseaux d’influence régionaux iraniens. Téhéran, de son côté, exige une levée substantielle des sanctions et refuse toute négociation sur son programme d’armement balistique. Ces lignes rouges rendent improbable un accord de fond à court terme.

Une guerre pensée en Israël

Si les chances d’un compromis sont faibles, pourquoi maintenir le théâtre diplomatique ? Pour Washington, afficher des discussions en cours permet de démontrer que «toutes les voies ont été explorées» avant toute escalade. Cette séquence construit une légitimité internationale précieuse, ainsi en cas d’échec, l’administration américaine pourra soutenir qu’elle n’a fait que réagir à l’intransigeance iranienne. La diplomatie devient ainsi une assurance politique, une étape nécessaire pour préparer l’opinion publique, les alliés européens et les partenaires régionaux à une confrontation.

Se joindre sans réserve aux guerres du gouvernement de Netanyahu ne renforcerait pas nécessairement les intérêts américains ; cela pourrait au contraire les fragiliser. Une guerre pensée à Jérusalem ne correspond pas toujours aux priorités stratégiques de Washington.

Du côté iranien, le maintien des négociations répond à une logique différente mais tout aussi stratégique. Il s’agit d’espérer desserrer partiellement l’étau des sanctions, de gagner du temps pour consolider les capacités internes, et d’éviter l’image d’un régime fermé à toute solution diplomatique. Les discussions servent également de canal de renseignement, chacune des parties teste l’autre, évalue ses marges de manœuvre et mesure sa tolérance au risque. En réalité, la négociation est devenue un instrument d’observation et de préparation mutuelle — non un chemin vers la paix.

Le facteur nucléaire : un prétexte ?

Officiellement, le cœur du différend reste le nucléaire. Empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique constitue l’argument central avancé par Washington pour justifier sa fermeté. Pourtant, la question dépasse largement la seule prolifération. Ce qui est en jeu, c’est l’équilibre stratégique régional. Un Iran doté d’une capacité nucléaire militaire — même latente — modifierait profondément la hiérarchie des puissances au Moyen-Orient, affaiblissant la liberté d’action américaine et celle de ses alliés. Le dossier nucléaire sert ainsi de justification visible à une préoccupation plus large de préservation d’une architecture de sécurité régionale favorable aux intérêts occidentaux.

Si le nucléaire constitue l’argument public central, il n’épuise pas les motivations réelles. La nature des cibles frappées lors de la guerre de douze jours de 2025 — bien au-delà des seules installations atomiques — suggère que l’objectif dépasse la simple non-prolifération. Il s’agit moins d’empêcher la construction d’une bombe nucléaire que de remodeler un rapport de force régional.

Mais le paradoxe est cruel. Plus la pression militaire et économique s’intensifie, plus l’incitation iranienne à rechercher une dissuasion crédible augmente. Une frappe préventive pourrait retarder le programme nucléaire sans l’éliminer ; elle pourrait surtout transformer une capacité latente en décision politique assumée d’accéder à l’arme nucléaire.

Dans cette perspective, la négociation actuelle ressemble à une tentative de gestion du calendrier stratégique afin de retarder le seuil critique, sans résoudre le dilemme fondamental. Le nucléaire n’est pas seulement le déclencheur potentiel d’une confrontation ; il est devenu l’outil rhétorique central d’un affrontement plus vaste sur la domination régionale.

Il y a encore quelques mois, les services de renseignement américains estimaient que Téhéran n’avait pas pris la décision politique de construire une arme nucléaire. Ce décalage entre évaluation stratégique et rhétorique publique mérite d’être interrogé.

En juin 2025, le président Trump déclarait solennellement à la nation : «Il y a peu de temps, l’armée américaine a mené des frappes massives et de haute précision contre les trois principales installations nucléaires du régime iranien : Fordo, Natanz et Ispahan… Notre objectif était la destruction de la capacité d’enrichissement nucléaire de l’Iran… Ce soir, je peux annoncer au monde que les frappes ont été un succès militaire spectaculaire. Les principales installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement anéanties.»

Si ces installations ont réellement été «complètement et totalement anéanties», au point d’éliminer la menace, alors invoquer aujourd’hui le nucléaire comme motif central d’une nouvelle intervention révèle une contradiction majeure. Soit la menace a été neutralisée, soit elle sert désormais d’argument commode pour justifier une escalade dont les motivations dépassent la seule non-prolifération. Ce glissement du discours suggère que le nucléaire n’est pas la cause profonde de l’escalade, mais son habillage politique.

On se souvient des accusations martelées sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, brandies comme justification morale et stratégique de l’invasion de l’Irak — des armes qui, au terme de la guerre, ne furent jamais trouvées, parce qu’elles n’avaient jamais existé.

Même les bombardements les plus massifs — y compris l’usage de munitions de très forte puissance contre des sites enterrés — ne détruisent pas une compétence nucléaire. Ils en retardent le calendrier. Les centrifugeuses peuvent être reconstruites ; le savoir-faire, lui, ne s’anéantit pas sous les décombres.

Derrière le discours officiel sur la non-prolifération se dessine une logique plus profonde, la préservation d’une asymétrie stratégique permanente fondée sur le maintien d’un monopole nucléaire israélien dans la région.

Pourquoi le moment est stratégique

Si les négociations paraissent fragiles, c’est aussi parce que le calendrier stratégique pèse lourdement sur les décisions. Du côté américain, la fenêtre d’action militaire pourrait se refermer à mesure que l’Iran consolide et disperse ses capacités nucléaires et balistiques. Plus le temps passe, plus une intervention deviendrait complexe, coûteuse et incertaine. Cette dimension temporelle crée une pression silencieuse, agir tant que la supériorité technologique et opérationnelle est perçue comme décisive.

Du côté iranien, le temps joue différemment. Chaque mois qui passe, permet d’améliorer les capacités d’enrichissement et de tester la résilience économique face aux sanctions. Les protestations internes, quant à elles, introduisent une variable politique instable – un régime fragilisé peut chercher l’apaisement ou au contraire se durcir. Les négociations actuelles s’inscrivent donc dans une course contre la montre où chacun tente de maximiser son avantage avant un possible point de bascule.

Le moment n’est pas choisi au hasard ; il est dicté par la perception d’une opportunité stratégique — ou d’un risque imminent.

Trois scénarios plausibles

Trois trajectoires se dessinent à l’horizon. La première peu probable, serait celle d’un compromis technique minimal tel qu’un gel de l’enrichissement iranien contre un allègement limité des sanctions. Un accord partiel, sans résolution des différends structurels, permettant à chacun de sauver la face. Ce scénario stabiliserait provisoirement la situation, mais il ne ferait que repousser l’affrontement stratégique sous-jacent.

La seconde hypothèse serait celle d’un échec contrôlé menant à des frappes ciblées américaines et israéliennes contre des installations nucléaires et balistiques iraniennes.

Une fois les hostilités engagées, le président américain ne serait plus seul maître du tempo. Les pressions viendraient de toutes parts, notamment de ses alliés européens, désireux de voir la guerre s’achever au plus vite tant ils en subissent les répercussions — renchérissement des importations énergétiques, perte de points de croissance économique, tensions migratoires accrues — comme d’acteurs politiques intérieurs, sceptiques quant à la possibilité d’un
résultat véritablement décisif.

L’escalade, souvent, devient moins stratégique que politique. Aussi, l’histoire des crises régionales montre qu’une action dite «limitée» peut déclencher une riposte asymétrique imprévisible tels que des attaques contre des bases américaines, des activations de proxies, des perturbations énergétiques.

Enfin, le scénario le plus préoccupant demeure celui de l’erreur de calcul. Dans un environnement saturé de méfiance, de démonstrations de force et de pression politique, un incident mal interprété pourrait faire basculer la région dans une escalade rapide. Ce n’est pas toujours l’intention qui déclenche la guerre ; c’est parfois l’accumulation de signaux mal lus.

L’histoire récente du Moyen-Orient devrait inciter à la prudence face aux promesses implicites de changement de régime. L’Irak a produit un enlisement stratégique. La Libye a engendré un chaos durable. Et l’Iran lui-même porte la mémoire d’un coup d’État soutenu de l’extérieur dont les conséquences ont façonné la révolution de 1979. Les renversements imposés créent rarement les démocraties espérées.

Une offensive extérieure provoquerait vraisemblablement un réflexe de ralliement national. Dans les moments de crise, les oppositions internes suspendent leurs divisions. L’hostilité étrangère consolide souvent ce qu’elle prétend affaiblir.

L’issue la plus probable d’une confrontation ne serait pas l’émergence d’un Iran modéré, mais le renforcement des éléments les plus durs du régime — voire une consolidation du pouvoir des structures militaires favorables à une dissuasion nucléaire assumée.

Le risque majeur : l’erreur de calcul

Le danger principal ne réside peut-être ni dans une décision assumée de faire la guerre, ni dans un plan prémédité d’escalade, mais dans une erreur de calcul. Lorsque deux puissances s’observent à travers le prisme de la méfiance, chaque geste défensif peut être interprété comme une provocation, chaque démonstration de force comme un prélude à l’attaque. Dans un contexte où les forces sont déjà déployées, où les alliés régionaux sont en alerte et où les opinions publiques sont polarisées, la marge d’interprétation se réduit dangereusement.

Une frappe présentée comme “préventive” pourrait être perçue à Téhéran comme une tentative de changement de régime. Une riposte calibrée pourrait être jugée insuffisante à Washington et entraîner une seconde vague d’attaques. L’escalade ne serait alors plus le fruit d’une stratégie réfléchie, mais celui d’un engrenage. Les négociations actuelles ne neutralisent pas ce risque, elles l’accompagnent. Car lorsque la diplomatie sert davantage à préparer l’échec qu’à prévenir la crise, elle devient le décor fragile d’un affrontement en attente de déclencheur.

Toute confrontation directe aurait un coût immédiat, pertes humaines, attaques contre des installations abritant des dizaines de milliers de militaires américains dans la région, opérations clandestines en représailles. Mais le coût stratégique serait plus durable encore, affaiblissement du droit international et renforcement des puissances révisionnistes promptes à invoquer les précédents occidentaux pour justifier leurs propres offensives.

Au fond, les négociations actuelles constituent un théâtre diplomatique nécessaire dans toute confrontation moderne, un espace où l’on parle pour mieux se positionner, où l’on négocie pour tester, où l’on dialogue pour légitimer. Mais elles ne traduisent pas une volonté politique claire de compromis durable. Elles accompagnent un rapport de force.

L’histoire des relations internationales enseigne que lorsque la diplomatie se déroule sous la protection des bombardiers, ce sont rarement les mots qui tranchent en dernier ressort. Si les discussions en cours servent avant tout à structurer la confrontation plutôt qu’à l’éviter, alors le véritable enjeu n’est pas la signature d’un accord, mais la capacité des deux puissances à maîtriser l’escalade. Car derrière l’écran de fumée diplomatique se joue une question plus vaste, celle du monopole de puissance au Moyen-Orient — et de la manière dont les grandes nations choisissent d’imposer ou de négocier leur ordre stratégique. Une nouvelle guerre offensive fournirait aux puissances révisionnistes un argument supplémentaire pour relativiser les normes de non-agression. Chaque précédent affaiblit la règle. Et dans un monde déjà fragmenté, l’érosion des principes peut produire des conséquences plus durables qu’une victoire militaire.

* Economiste, banquier et financier.

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États-Unis : le déficit commercial s’est creusé en décembre

20. Februar 2026 um 12:25

Le déficit commercial américain s’est creusé en décembre, couronnant une année tumultueuse marquée par une politique tarifaire pour le moins instable.

Les données publiées jeudi 19 février par le département du Commerce américain indiquent que le déficit commercial des biens et services a augmenté par rapport au mois de janvier pour atteindre 70,3 milliards de dollars. Tandis que sur une base annuelle, il a culminé à 901,5 milliards de dollars…

A cet égard, les données commerciales ont révélé une forte volatilité mensuelle en 2025. Les importateurs américains réagissant aux annonces successives de droits de douane du président Donald Trump. Les importations d’or et de produits pharmaceutiques ont connu une volatilité marquée, les entreprises s’empressant d’anticiper les hausses de tarifs douaniers.

En outre, l’augmentation des importations de biens en décembre s’explique notamment par une hausse des importations de composants informatiques et de véhicules. Du côté des exportations, le recul est principalement dû à une baisse des exportations d’or, a indiqué le ministère…

Trump a eu recours aux droits de douane dans le cadre de sa stratégie visant à réduire la dépendance aux produits étrangers, à encourager l’investissement national et à stimuler l’emploi dans le secteur manufacturier. Lui et son équipe économique ont critiqué les études concluant que ce sont les Américains qui ont supporté le coût de ces droits de douane.

Par ailleurs, notons que l’an dernier, les entreprises américaines ont importé pour près de 145 milliards de dollars d’ordinateurs et d’accessoires, un chiffre supérieur à celui de 2024. Cette accélération de la demande reflète les investissements considérables réalisés dans le domaine de l’intelligence artificielle.

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Partenariat tuniso-américain :vers une intégration économique bilatérale

20. Februar 2026 um 09:56

Depuis le traité de paix et d’amitié signé en 1797, l’un des premiers accords des États-Unis avec un pays musulman, les liens entre la Tunisie et les États-Unis n’ont cessé de se renforcer. Aujourd’hui, l’ambassadeur des Etats Unis en Tunisie, Bill Baazi confirme cette dynamique en annonçant la réactivation des commissions mixtes et des événements ciblés sur les composants d’avions et d’automobiles. Ouvrant par la même la voie à un partenariat bilatéral et une intégration économique prometteuse. C’est ce qu’il ressort d’une rencontre avec le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et des artisanats (UTICA), Samir Majoul, en son siège.

Le communiqué de l’UTICA mentionne que plusieurs entreprises américaines seraient intéressées par l’investissement ou l’extension de leurs activités en Tunisie. Et plus particulièrement, ce partenariat toucherait divers secteurs à haute valeur ajoutée, en tirant parti des compétences tunisiennes.

A cet effet, le président de l’UTICA, Samir Majoul, a souligné l’importance de développer des programmes d’investissement et de développement communs visant à créer de nouvelles opportunités de croissance et à renforcer la compétitivité des secteurs vitaux.

L’objectif étant de bâtir un programme d’intégration économique avec les États-Unis, basé sur la coopération et l’investissement dans divers secteurs. Et ce, tout en abordant l’impact des droits de douane sur les exportations tunisiennes vers les États-Unis de l’artisanat traditionnel, du textile, de l’huile d’olive, des dattes, des produits mécaniques et des composants industriels, en particulier les pièces d’avions et d’automobiles. Il a appelé à établir des relations commerciales plus flexibles et à renforcer les échanges pour le bénéfice mutuel des deux parties.

En outre, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération économique et commerciale entre la Tunisie et les États-Unis, à relever les défis existants et à élargir les horizons d’investissement au service des intérêts des deux pays, selon le dit-communiqué.

Ainsi, la réunion a porté particulièrement sur l’importance de renforcer ce partenariat sur le plan économique, l’exploration de nouvelles opportunités de coopération, la promotion des échanges commerciaux, l’encouragement des investissements conjoints et le soutien aux projets favorisant l’innovation et la croissance dans les deux pays. Elle a été suivie par plusieurs membres du bureau exécutif national, des représentants de secteurs économiques et la Chambre tunisienne-américaine de commerce.

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