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Heute — 13. April 2026Haupt-Feeds

Tunisie | Six mois de prison pour Rached Khiari

13. April 2026 um 11:57

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’ex-député à l’Assemblée des représentants du peuple Rached Khiari à six mois de prison pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux, suite à une plainte déposée à son encontre par un ancien élu, rapporte Mosaique FM.

Rappelons que l’ancien député de la coalition Al-Karama a été condamné à huit mois de prison en première instance dans le cadre de cette affaire. 

Ce dernier, qui faisait l’objet de plusieurs condamnations, avait été arrêté en août 2022 après 5 mois de cavale, avant d’être libéré en septembre de la même année, puis arrêté de nouveau pour être condamné en février 2025 un an de prison ferme pour atteinte à autrui via les réseaux sociaux. Remis en liberté en novembre 2025, après avoir purgé sa peine, il ne semble pas au bout de ses déboires judiciaires.

I. B.  

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Tunisie | 18 mois de prison pour Sonia Dahmani en appel

13. April 2026 um 11:39

La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani à 18 mois de prison, rapporte Mosaique FM. Elle était poursuivie pour des déclarations médiatiques condamnant le racisme contre les migrants subsahariens en Tunisie.

Sonia Dahmani, qui était poursuivie dans cette affaire conformément à l’article 54 de 2022, avait interjeté appel après avoir été condamnée à deux ans de prison en première instance.

Arrêtée en mai 2024, avant d’obtenir la libération conditionnelle n novembre 2025, elle a comparu en état de liberté.  

I. B.

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Enfance et numérique : Sarah El Haïry en déplacement en Tunisie

13. April 2026 um 09:34

La protection des enfants face aux risques numériques est au cœur d’un déplacement officiel en Tunisie de Sarah El Haïry, prévu les 14 et 15 avril 2026 à Tunis, dans le cadre du partenariat franco-tunisien.

La Haute-commissaire française à l’Enfance doit effectuer une visite de deux jours destinée à renforcer la coopération entre la France et la Tunisie sur les enjeux liés à la protection des mineurs en ligne. Ce déplacement intervient dans un contexte d’augmentation rapide des usages numériques chez les enfants et les adolescents, et des risques associés.

Les autorités françaises soulignent que cette visite vise à partager les expériences des deux pays, à soutenir les initiatives locales et à consolider les partenariats institutionnels, éducatifs et associatifs en faveur des droits de l’enfant.

Au programme, Sarah El Haïry doit s’entretenir avec plusieurs responsables tunisiens, notamment au sein des ministères des Technologies de la communication, de l’Éducation nationale et de la Famille et de l’Enfance. Et ce, afin d’approfondir les politiques publiques liées à la protection des mineurs sur internet.

La responsable française prévoit également de rencontrer des élèves de l’école Robert Desnos pour discuter de l’impact des réseaux sociaux, de participer à une table ronde réunissant des acteurs du numérique éducatif et des startups tunisiennes, et de visiter l’association « Health and Psychology », engagée dans la santé mentale des jeunes.

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Au cœur des camps de la mort de Hemedti Dagalo

13. April 2026 um 10:00

Alors que les yeux du monde entier sont rivés depuis fin février sur le Moyen-Orient et la guerre qui a opposé l’Iran aux États-Unis et à Israël, le génocide et les crimes de guerre que perpètrent les Forces de soutien rapide (FSR) de Hemedti Dagalo se poursuivent. Les personnes enlevées sont séquestrées dans des conteneurs maritimes métalliques, dans chaque conteneur s’entassent de 60 à 70 personnes sans ventilation ni installations sanitaires et 10 à 15 y meurent asphyxiés chaque jour. 

Imed Bahri

Un survivant des centres de détention des Forces de soutien rapide au Darfour n’aurait jamais imaginé que sa libération dépendrait de la capacité de sa famille à réunir une somme d’argent dans une course contre la mort, a indiqué Al-Quds Al-Arabi, en rapportant le récit de ce dernier, racontant, sous couvert d’anonymat, les moments de sa détention après la prise d’El Fasher en octobre dernier.

L’ancien détenu a expliqué au journal arabophone londonien que lui et un autre jeune homme avaient été emmenés et contraints de contacter leurs familles, non pas pour s’enquérir de leur bien-être, mais pour exiger une rançon immédiate sous peine d’exécution. «Ils nous battaient sans cesse en répétant: L’argent ou la mort», a-t-il raconté, en expliquant avoir survécu grâce à la somme demandée, réunie par sa famille, tandis que l’autre jeune homme qui l’accompagnait a été tué sans aucune hésitation. Il ajoute : «J’ai eu de la chance mais beaucoup d’autres ont payé et n’ont pas survécu. Tout dépend de l’humeur des gardes»

Un système de détention complexe en marge de la loi

Ce témoignage ouvre la porte à une réalité plus vaste où les récits d’anciens détenus se mêlent aux témoignages de militants des droits humains pour révéler un système de détention complexe, opérant en marge de la loi et faisant de la vie de milliers de civils au Darfour les otages de la violence et de l’extorsion. Un militant des droits humains, qui documente les exactions dans la région, affirme que le nombre de centres de détention est un nombre important et que certains sont totalement secrets, ce qui rend difficile l’obtention de chiffres précis.

Toutefois, un tableau général se dessine. À El Fasher, capitale du Darfour-Nord, on compte trois prisons principales, tandis qu’à Nyala, la prison de Degres se distingue comme un centre de détention majeur, avec d’autres sites dans les villes de Zalingei, au Darfour-Centre, et d’El Geneina, au Darfour-Ouest. Au niveau local, il signale l’existence de plus de 46 centres de détention de moindre importance, sans aucune documentation claire.

Au sein de ce réseau, les chiffres sont significatifs. À El Fasher seulement, on estime à plus de 6 000 le nombre de personnes disparues, sans aucune information sur leur sort : vivantes, mortes ou détenues. À Nyala, des estimations non officielles font état d’environ 7 000 détenus à la prison de Degres. Mais derrière ces chiffres se cachent des détails encore plus effroyables, notamment dans ce que les survivants appellent des «conteneurs de la mort». Ce sont des conteneurs maritimes métalliques utilisés pour les séquestrer et dans chaque conteneur, de 60 à 70 personnes y sont enfermées sans ventilation ni installations sanitaires.

Un survivant a décrit ces moments : «Nous suffoquions. Il n’y avait presque pas d’air, peu d’eau et presque pas de douches. Dans ces conditions, la mort était devenue quotidienne»

«Parfois, nous perdions 10 à 15 personnes par jour», a déclaré un autre témoin, ajoutant que «les détenus étaient forcés d’enterrer leurs codétenus, parfois dans des fosses communes voisines. Certains mouraient lentement à l’intérieur du conteneur, frappant à la porte jusqu’à ce que le silence se fasse».

L’asphyxie n’était pas la seule cause de décès. Les maladies se propageaient rapidement en raison du manque de soins médicaux. Le choléra, le paludisme et la malnutrition figuraient parmi les principales causes de mortalité.

Selon les estimations, plus de 60 personnes sont décédées du choléra dans les prisons d’El Fasher et 126 dans la prison de Dagris, à Nyala, des chiffres qui risquent de s’alourdir. Les maladies de peau et les ulcères sont également très répandus, évoluant en plaies profondes et entraînant de graves complications de santé.

D’après des témoignages concordants, la torture est une pratique courante dont sont victimes tous les détenus.

Une «économie parallèle» basée sur les rançons

«Il n’y a pas un seul détenu qui n’ait pas été torturé», affirme un militant des droits humains, expliquant que les méthodes employées incluent les passages à tabac, la privation de nourriture, le refus de soins médicaux et l’isolement dans des conditions suffocantes. Dans de nombreux cas, la torture est utilisée pour extorquer des aveux ou pour punir des détenus sur la base de soupçons non fondés.

De plus, les prisons sont devenues une sorte d’«économie parallèle» basée sur les rançons. Les sommes exigées varient de millions à milliards de livres soudanaises et sont souvent fixées arbitrairement. Mais même le paiement de la rançon ne garantit pas la survie car des témoignages indiquent que des détenus ont été tués après avoir reçu l’argent.

Lors de l’assaut contre El Fasher, des militants ont documenté des arrestations massives de civils en fuite. Les hommes étaient séparés des femmes et emmenés dans des zones reculées où commençaient des négociations de rançon. On estime à 255 le nombre de personnes détenues au nord-est d’El Fasher durant ces opérations. Parmi elles, au moins 33 civils ont été tués, tandis que d’autres ont subi des extorsions ou ont été exécutés, même après avoir versé des rançons.

Des témoignages indiquent que certaines de ces opérations étaient fondées sur des critères ethniques ou sur des accusations de soutien à l’armée ou à des groupes armés. Certains groupes ont été parmi les plus ciblés, faisant face à des accusations vagues et à une absence totale de procédure régulière.

Dans ce sombre tableau, une tragédie particulière se déroule pour les femmes détenues dans la prison de Korea à Nyala. Des témoignages corroborent de récents rapports sur les droits humains indiquant qu’au moins 643 femmes y sont détenues dans des conditions qualifiées d’inhumaines.

Le Centre africain d’études sur la justice et la paix a exprimé sa vive inquiétude face à cette situation, soulignant que les femmes détenues subissent des conditions de vie déplorables et font l’objet d’accusations généralisées de collaboration avec des groupes d’opposition ou d’avoir commis de crimes, sans preuves suffisantes. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où les femmes au Soudan sont touchées de manière disproportionnée par le conflit armé et subissent de multiples violences notamment des violences sexuelles, des enlèvements, des mariages forcés, des arrestations arbitraires, des procès inéquitables et des conditions de détention inhumaines.

Selon des informations documentées, la prison de Korea a rouvert ses portes en tant que centre de détention en avril 2024 après avoir été évacuée suite à l’escalade du conflit. La prison détient actuellement au moins 643 femmes, dont 200 arrêtées à Nyala, Zalingei et El Geneina, 247 transférées d’El Fasher et 196 poursuivies pour des infractions pénales, parmi lesquelles neuf femmes enceintes.

Des témoignages décrivent des conditions de vie extrêmement difficiles à l’intérieur de la prison où les repas sont limités à un par jour. L’eau est acheminée de l’extérieur dans des conditions loin de respecter les normes sanitaires minimales.

Selon certains rapports, des détenus ont été contraints de travailler au domicile de membres des Forces de soutien rapide (FSR), effectuant des tâches ménagères et de blanchisserie non rémunérés, et ne recevant parfois de la nourriture que pendant ces heures. Ce phénomène illustre un recours au travail forcé lié à la détention.

Violences sexuelles dans certains centres de détention

Le Centre africain d’études sur la justice et la paix a cité des cas individuels illustrant la nature de ces violations, notamment l’arrestation de deux femmes travaillant dans une pharmacie à Nyala en février 2026. Le propriétaire de la pharmacie a refusé de vendre des médicaments aux membres des FSR, un acte considéré comme une «collaboration avec des groupes d’opposition». Dans un autre cas, une femme a été détenue pour faire pression sur son mari, soldat des Forces armées soudanaises, et on lui a demandé de payer une rançon pour sa libération.

Malgré les graves allégations de violences sexuelles dans certains centres de détention, la documentation de ces violations reste limitée en raison de la crainte des victimes d’être stigmatisées ou de leur présence continue dans des zones dangereuses. Les groupes les plus vulnérables ne sont pas épargnés. 21 enfants, âgés de 14 à 17 ans, ont été arrêtés à El Fasher. Détenus avec des adultes, ils ont subi les mêmes formes de torture. Des militants et des bénévoles humanitaires ont également été arrêtés, notamment des personnes travaillant dans les cuisines collectives pendant le siège d’El Fasher, qui a duré près de 18 mois.

Certaines de ces personnes ont été libérées par la suite mais seulement après le versement d’importantes rançons, tandis que le sort des autres demeure inconnu et l’on craint que certaines aient été tuées. Aux abords de certains centres de détention, en particulier près de l’hôpital d’El Fasher, des charniers ont été signalés, témoignant de l’ampleur des pertes humaines. Le conflit se poursuivant et le manque de transparence persistant, ces chiffres restent sujets à des hypothèses encore plus tragiques. Malgré les appels des défenseurs des droits de l’homme et les supplications des familles, des témoignages continuent d’émerger de ces «conteneurs de la mort» où les espoirs de survie s’amenuisent et où l’odeur de mort imprègne l’air.

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Gestern — 12. April 2026Haupt-Feeds

Relance de la CEN-SAD : la Tunisie appelle à une action collective renforcée

12. April 2026 um 18:12

En marge de la réouverture du siège du Secrétariat exécutif de la CEN-SAD à Tripoli, samedi 11 avril 2026, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a insisté sur l’urgence de redynamiser l’organisation face aux défis sécuritaires, économiques et politiques qui secouent la région sahélo-saharienne.

Il a appelé les États membres à intensifier leur coopération à travers une action collective renforcée, articulée autour de quatre priorités : soutenir les processus de paix dans les pays en crise, consolider la coordination sécuritaire contre les menaces transnationales, accélérer les programmes de développement durable et promouvoir une intégration régionale plus dynamique, selon le département des Affaires étrangères.

Dans un contexte de fragilisation du multilatéralisme et de recul de l’aide internationale, le ministre a plaidé pour davantage de solidarité et d’engagement commun, tout en réaffirmant le soutien constant de la Tunisie à la CEN-SAD.

En parallèle, plusieurs rencontres bilatérales ont permis de discuter des voies concrètes de mise en œuvre de ces orientations et de renforcer la coopération avec les partenaires africains.

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Climat des affaires : appel à un consensus pour accélérer les réformes en Tunisie

11. April 2026 um 18:56

Les acteurs économiques appellent à la mise en œuvre rapide de réformes pour améliorer le climat de l’investissement en Tunisie, notamment à travers la révision du cadre législatif, la simplification des procédures et une meilleure refonte des structures publiques, afin de renforcer la confiance et relancer la création de projets.

Ces recommandations ont été formulées lors de rencontres tenues les 8 et 10 avril 2026 avec le ministre de l’Économie et de la Planification, réunissant notamment l’UTICA, la CONECT, le Conseil des chambres mixtes et des cadres ministériels.

Les participants ont insisté sur plusieurs priorités : accélérer la numérisation, faciliter l’accès au financement, alléger la fiscalité, améliorer les services logistiques, résoudre les contraintes foncières et moderniser les infrastructures et les systèmes de production, en vue de renforcer la compétitivité et soutenir le développement régional.

Le ministre a souligné l’importance de ce dialogue public-privé, rappelant le rôle central de l’investissement privé dans la croissance, l’emploi et le développement. Il a assuré que ces échanges s’inscrivent dans une démarche d’écoute visant à traduire les propositions en réformes concrètes pour renforcer l’attractivité du pays.

Les participants ont salué cette approche participative et exprimé leur volonté de poursuivre les efforts pour relancer l’investissement dans un climat de confiance.

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L’extrême droite européenne face à la guerre toxique de Trump

11. April 2026 um 09:17

Le président américain Donald Trump pensait pouvoir compter sur le soutien des dirigeants populistes de la droite radicale en Europe dans sa guerre contre l’Iran mais ceux-ci se sont rapidement retournés contre lui étant donné que cette guerre tourne au fiasco et, surtout, elle est très peu soutenue par l’opinion publique européenne. 

Imed Bahri

De larges pans de l’extrême droite européenne ont perdu leur enthousiasme pour le président américain qu’ils vénéraient autrefois, estime The Telegraph dans une enquête sur les conséquences de la guerre d’Iran sur le positionnement des partis d’extrême droite en Europe vis-à-vis de Donald Trump. Le journal britannique précise que et que les dirigeants de ces partis ont abandonné leur fascination pour le président américain qu’ils couvraient jadis d’éloges excessifs. Ils n’éprouvent certes aucune sympathie pour la République islamique d’Iran mais que le rejet massif de la guerre par l’opinion publique en Europe les place dans une situation délicate.

Impopularité de la guerre contre l’Iran

Ces partis expriment leur colère face à l’engagement de Trump dans des guerres étrangères perpétuelles car sa politique étrangère toxique pourrait les entraîner dans sa chute, compte tenu de sa popularité déclinante et de l’effritement de ses alliances.

En Grande-Bretagne, des personnalités de droite, dont Nigel Farage, chef du Parti de la réforme (Reform UK), ont pris leurs distances avec la guerre menée par Trump, laissant entendre que soutenir le président dans ce conflit pourrait s’avérer politiquement suicidaire.

Farage s’était pourtant vanté par le passé de sa proximité avec Trump.

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a surpris nombre d’observateurs lorsque son gouvernement a refusé cette semaine d’autoriser les bombardiers américains à utiliser une base aérienne en Sicile en route vers le Moyen-Orient, illustrant ainsi l’impopularité d’une guerre américano-israélienne contre l’Iran en Italie.

Meloni fut jadis l’une des plus ferventes supportrices de Trump en Europe. Aujourd’hui, elle est affaiblie politiquement après son échec lors d’un référendum sur la réforme judiciaire, un an avant les élections législatives. Elle tente désormais de prendre ses distances avec Trump qui l’avait pourtant qualifiée de «grande dirigeante»

«Ce gouvernement a été accusé à tort d’être soumis à Trump», a déclaré Deborah Bergamini, députée de Forza Italia, parti de la coalition au pouvoir, avant d’ajouter : «L’Italie n’est pas en guerre et n’a aucune intention d’entrer en guerre».

En France, malgré des relations plus tendues avec Trump, la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen n’a pas hésité à critiquer les objectifs changeants de la guerre, arguant que les frappes contre l’Iran avaient été menées «à l’aveuglette» et sans tenir compte de leur impact sur les prix du carburant.

Des sources au sein du Rassemblement national indiquent que les États-Unis semblent enlisés dans le conflit et que les interventions étrangères sont non seulement inefficaces mais risquent même de renforcer le régime iranien au lieu de l’affaiblir.

La politique extérieure de Trump inquiète

En Allemagne, les relations entre le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) et l’administration Trump se sont détériorées après une période de coopération étroite. Tino Chrupalla, figure de proue du parti, a exprimé sa «profonde déception envers le président de la guerre Trump» et a, carrément, appelé au retrait des troupes américaines d’Allemagne.

En Pologne, malgré des relations de longue date avec Trump, des signes de discorde sont apparus après que le conseiller pour la politique étrangère du président Karol Nawrocki a reproché aux États-Unis de ne pas avoir consulté leurs alliés avant de frapper l’Iran.

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán demeure l’un des plus proches alliés de Trump mais il a adopté une position plus prudente, mettant en garde contre l’envoi de troupes terrestres américaines en Iran, notamment en raison de la sensibilité des prix de l’énergie sur le marché intérieur.

Orbán dirige Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, une coalition qui comprend des partis tels que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le Rassemblement national (RN) et le Parti populaire danois (DFP), ce dernier ayant été indigné par la tentative de Trump d’annexer le Groenland.

«Trump avait promis de retirer les troupes américaines des zones de conflit et s’était vanté de ses efforts pour instaurer la paix mais cette rhétorique s’est complètement effondrée après ses menaces concernant le Groenland et ses attaques contre le Venezuela et l’Iran», a déclaré Anders Vistisen, eurodéputé danois.

En Espagne, le parti Vox et son chef Santiago Abascal avaient initialement soutenu une attaque contre l’Iran avant de se taire, signe d’un déclin de l’enthousiasme.

Cependant, tous ne se sont pas désolidarisés de Trump. Le politicien néerlandais Geert Wilders a continué de le soutenir, saluant les attaques contre l’Iran, une position qui le distingue au sein de la droite radicale européenne.

Selon le Telegraph, les analystes estiment qu’il ne s’agit pas d’une rupture définitive entre l’extrême droite européenne et Trump mais plutôt d’un test de la solidité des relations. La plupart des membres de ce courant politique se montrent réticents à l’égard de la guerre, tout en admirant la politique intérieure de Trump sans pour autant approuver ses interventions à l’étranger.

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Nouvelle convocation pour Chawki Tabib | Un 5e dossier d’instruction ouvert

Von: Yusra NY
11. April 2026 um 00:48

L’ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) Chawki Tabib vient de recevoir une convocation pour comparaître devant un juge d’instruction le mardi 14 avril 2026.

Cette nouvelle affaire s’ajoute à une liste , déplore Chawki Tabib, qui depuis son limogeage en août 2020, fait face à cinq dossiers d’instruction et des dizaines de plaintes.

Il estime par ailleurs que cette succession n’est pas fortuite mais qu’elle s’inscrit dans un contexte global qu’il dénonce fermement : « Le harcèlement judiciaire ne se limite pas aux conséquences juridiques, il vise avant tout la sphère symbolique et médiatique », affirme-t-il via un message posté dans la soirée de ce vendredi 10 avril 2026.

Malgré ce qu’il qualifie de pressions, l’ancien président de l’Inlucc réaffirme sa détermination, tout en confirmant son engagement à se présenter devant la justice mardi prochain.

« L’histoire nous a appris que la multiplication des dossiers ne signifie pas la multiplicité des crimes, mais reflète parfois une volonté acharnée de faire taire une voix », a-t-il encore ajouté.

Y. N.

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Tunis | Lotfi Mraihi à nouveau condamné à la prison ferme

Von: Yusra NY
10. April 2026 um 22:20

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a condamné, ce vendredi 10 avril 2026, le secrétaire général de l’Union populaire républicaine (UPR) Lotfi Mraihi, à la prison ferme.

Lotfi Mraihi a été condamné à une peine de six ans de prison pour des accusations de transactions frauduleuses, de blanchiment d’argent et de transferts de fonds à l’étranger qui auraient été effectués en dehors des circuits officiels.

Pour rappel, Lotfi Mraihi, ancien candidat à la présidentielle, a déjà écopé d’une peine de six mois de prison pour diffusion de fausses informations.

Y. N.

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Khaled Dabbabi : « L’UGTT face à une crise de crédibilité et à un modèle économique dépassé »

10. April 2026 um 16:34

L’UGTT dispose d’un nouveau bureau exécutif. Mais pour Khaled Dabbabi, enseignant-chercheur en droit public et en sciences politiques, interrogé par L’Économiste Maghrébin, cela ne suffit pas. Selon lui, l’UGTT se trouve aujourd’hui prise en étau entre le pouvoir politique et une économie prisonnière d’un modèle vieux de soixante ans. Dès lors, estime-t-il, la question n’est plus de savoir qui dirige l’organisation, mais ce qu’elle a encore à dire.

Khaled Dabbabi inscrit d’emblée le débat dans un contexte difficile et plus large : celui d’une économie tunisienne engluée dans une crise profonde depuis des années, voire des décennies. Pour l’enseignant-chercheur, l’enjeu central est de déterminer si l’UGTT parviendra à retrouver son rôle de contre-pouvoir et à assumer pleinement sa fonction de négociateur social et de défenseur des droits des salariés.

Il rappelle que, même avant l’installation de l’autorité actuelle, l’UGTT a toujours fait preuve de retenue sur ce qu’il considère comme une priorité absolue : la réforme structurelle du modèle économique tunisien, hérité des années 1960 et 1970, devenu inapte à répondre aux aspirations des Tunisiens ainsi qu’aux réalités économiques, sociales et géopolitiques mondiales.

Khaled Dabbabi évoque plusieurs chantiers urgents : la réforme des entreprises publiques, la modernisation du cadre juridique et législatif de l’investissement, la réforme et la numérisation de l’administration, ainsi qu’un système fiscal qu’il juge trop lourd. Il dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de « bricolage » : chaque année, un dialogue social est engagé, débouchant sur des augmentations salariales « chétives », dans un contexte d’inflation qui les dépasse largement. Autant de mesures palliatives visant à apaiser les tensions, plutôt qu’à amorcer une transformation en profondeur du système économique tunisien.

Une crise de crédibilité appelant un renouvellement en profondeur

Comme l’ensemble des corps intermédiaires, l’UGTT souffre, selon lui, d’une crise de crédibilité auprès de ses affiliés. À l’instar des partis politiques et du tissu associatif, la centrale syndicale a été fragilisée par un climat politique ayant contribué à diaboliser ces structures, accusées de clientélisme et d’un éloignement croissant des aspirations réelles des citoyens.

Pour Khaled Dabbabi, le renouvellement attendu dépasse largement le cadre organisationnel. Il ne s’agit pas seulement de tenir un congrès ou d’élire un nouveau bureau exécutif, mais de repenser simultanément le discours, la stratégie de communication et les figures qui incarnent la parole de l’organisation. Cela suppose notamment l’émergence d’une nouvelle génération de représentants, plus jeunes, porteurs d’un discours ancré dans les préoccupations concrètes des affiliés.

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Crise à l’UTAP : dissolution du conseil central et congrès extraordinaire en vue

10. April 2026 um 15:20

L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a annoncé, vendredi, la tenue d’un congrès national extraordinaire, dont la date et les modalités seront communiquées à l’issue de l’achèvement des préparatifs juridiques et structurels.

Cette annonce fait suite à la décision du bureau exécutif national de dissoudre le conseil central, conformément aux dispositions des statuts et du règlement intérieur de l’organisation. Dans son communiqué, l’Union a justifié cette démarche par la nécessité d’un nouveau départ, « rompant définitivement avec la politique d’exclusion » et ouvrant la voie à l’ensemble des agriculteurs et des pêcheurs pour participer à la définition des orientations et à la prise de décision.

L’organisation a également affirmé sa volonté de fonctionner en toute indépendance vis-à-vis de toute appartenance partisane et d’être soustraite à l’emprise des lobbies corrompus, en agissant exclusivement sous la bannière nationale. Cette initiative intervient dans un contexte où un large éventail de structures et d’adhérents de l’Union appellent à l’engagement d’un projet de réforme globale et à l’élection d’une nouvelle direction issue d’un choix libre, représentant effectivement les professionnels du secteur.

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Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  

10. April 2026 um 07:22

Alors que la Tunisie célèbre le 70e anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer l’évolution des déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers-monde à une véritable indépendance, y compris de ceux d’entre eux qui étaient réputés alliés de l’Occident comme la Tunisie, objet de cet article.

Ahmed Ben Mustapha *

La guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran depuis plus d’un mois est souvent présentée, du point de vue de la géopolitique, comme étant l’étape ultime du processus d’élimination des principales composantes de l’axe de la résistance lequel est perçu comme étant le dernier obstacle à la mise en œuvre du plan messianiste expansionniste israélo-sioniste soutenu par l’Occident en Palestine et au Proche- Orient. En réalité, elle s’inscrit dans une dynamique de reconquête et de recolonisation politique, militaire et économique du monde arabo-musulman qui a démarré avec l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.

Avec les printemps arabes, ce phénomène s’est accentué visant prioritairement la chute des régimes considérés comme étant hostiles à l’Occident et Israël ainsi que la mainmise sur leurs richesses. Mais, outre les guerres destructrices dirigées contre la Libye, le Yémen et la Syrie, les changements de régime ont également touché ceux réputés alliés de l’Occident notamment en Tunisie et en Egypte.

A l’épreuve des faits, ces changements avaient pour but de favoriser l’accession au pouvoir, en Tunisie et dans les pays ciblés, de pouvoirs d’obédience islamiste considérés comme étant plus accommodants et ouverts à la politique de normalisation des relations arabo-israéliennes.

De même ces nouveaux pouvoirs se sont révélés très coopératifs dans la reconduction des politiques d’ouverture économique, de libre échange inégal et d’insertion dans la globalisation qui servent prioritairement les intérêts occidentaux.

La finalité de cette entreprise était de préserver l’hégémonie occidentale jugée menacée par l’émergence des Brics ainsi que la résurgence des aspirations indépendantistes dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique.

Alors que la Tunisie célèbre le 70e anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer ces évolutions et les déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers monde à une véritable indépendance.

Ce premier article a pour point de départ la marginalisation croissante en Tunisie de l’indépendance qui, en tant que tournant historique, n’a pas bénéficié à mon sens de l’intérêt qu’elle mérite auprès des historiens et des économistes.

En effet, le protocole du 20 mars 1956 a été, à mon sens, le premier acte d’insertion de la Tunisie dans la mondialisation laquelle revêtait, dès le départ, une double dimension économique et diplomatique. Sa finalité première, était, du point de vue français, destinée à maintenir la Tunisie dans le giron de la France et l’Occident tant dans le domaine des orientations stratégiques économique qu’en politique étrangère. D’où l’inclusion des conventions sur l’autonomie interne en tant que partie intégrante de ce protocole qui est fondé sur le concept d’«interdépendance».

L’indépendance dans l’interdépendance

Depuis de nombreuses décennies, la fête de l’indépendance de la Tunisie, acquise en vertu du protocole du 20 mars 1956, n’est plus célébrée en tant que moment historique fondateur de l’histoire tunisienne. Cette situation remonte en vérité à l’époque de l’ex-Président Ben Ali qui a laissé cet évènement sombrer dans un quasi oubli au profit du «changement» du 7 novembre 1987, lequel s’était substitué dans le discours officiel à toutes les autres dates clés symbolisant notre lutte de libération nationale.

Il s’agit là d’une des caractéristiques de la classe politique dirigeante tunisienne qui a tendance à marginaliser ou déprécier sans distinction, toute référence aux évènements historiques précédents ainsi qu’aux acquis réalisés par ses prédécesseurs.

Dans ses mémoires, Hédi Baccouche – ancien  Premier ministre et l’un des artisans du «changement» du 7 novembre 1987 – confirme que la décision d’écarter le Président Bourguiba du pouvoir avait été prise car il n’était plus en mesure d’assumer les responsabilités inhérentes à ses fonctions en raison de sa sénilité et de son âge avancé (1). Mais il est maintenant admis que les principaux partenaires de la Tunisie, notamment les USA et l’Union européenne, ainsi que ses alliés occidentaux membres du G7 – qui ont toujours exercé une influence considérable sur les centres de pouvoir en Tunisie – avaient reçu des assurances préalables quant à la préservation de leurs intérêts ainsi que le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux dans le cadre de la continuité de l’Etat.

Rappelons que le Président Bourguiba était par conviction hostile au communisme et avait revendiqué, dès son accession au pouvoir, son attachement aux valeurs politiques et démocratiques associées aux choix économiques libéraux d’insertion dans l’économie de marché qui étaient promues par les USA et l’Occident (2).

Toutefois, il était fermement attaché à l’indépendance de décision de la Tunisie dans la détermination de sa politique étrangère ainsi que le choix de ses partenaires dans le domaine de la coopération internationale.

A cet effet, il avait introduit, la notion de coopération librement consentie entre nations souveraines dans le préambule de la constitution de 1959 au nombre des principes fondateurs de la République tunisienne.

La constitution de 1959 proclamait en effet – dans son préambule qui définissait les orientations stratégiques de la Tunisie indépendante – la volonté du peuple tunisien qui s’est libéré de la domination étrangère grâce à sa puissante cohésion et à la lutte qu’il a livrée à la tyrannie, à l’exploitation et à la régression d’«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basée sur la séparation des pouvoirs».

En politique intérieure et étrangère, la constitution réaffirme la volonté du peuple de «consolider l’unité nationale et de demeurer fidèle aux valeurs humaines qui constituent le patrimoine commun des peuples attachés à la dignité de l’homme, à la justice et à la liberté et qui œuvrent pour la paix, le progrès et la libre coopération des nations». De même, elle proclame «la volonté du peuple tunisien de demeurer fidèle aux enseignements de l’Islam, à l’unité du Grand Maghreb, à son appartenance à la famille arabe, à la coopération avec les peuples qui combattent pour la justice et la liberté».

Soulignons que la référence, dans le préambule de la constitution, à la «libre coopération des nations» revêtait une importance capitale dans la mesure où elle exprimait le rejet de la notion d’interdépendance introduite dans le protocole d’indépendance sur insistance de la France. Elle traduisait également l’attachement de la Tunisie à sa pleine souveraineté décisionnelle dans le domaine de la coopération économique internationale ainsi que dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité et de la défense. D’où son opposition à la volonté affichée par la France, soutenue par ses alliés occidentaux, de maintenir des rapports de dépendance et de domination avec ses anciennes colonies en les empêchant de varier leurs partenariats internationaux et d’acquérir les attributs d’une véritable indépendance politique, économique, diplomatique et financière.

Soulignons toutefois que le Président Bourguiba, n’aura jamais recours à une politique de rupture avec la France même dans les moments de tensions extrêmes notamment lors de la bataille de Bizerte ainsi que celle de la nationalisation des terres agricoles(3).

D’ailleurs, les USA se sont toujours déployés pour empêcher que les divergences tuniso-françaises n’affectent les orientations de la diplomatie tunisienne qui sont demeurées étroitement ancrées à l’Occident(4) .  

Hostilité occidentale à l’indépendance tunisienne

La Tunisie a accédé à l’indépendance en mars 1956 dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux pays arabes et africains qui souhaitaient bâtir des relations équilibrées, respectueuses de leur souveraineté et mutuellement bénéfiques avec les puissances coloniales et en particulier avec la France.

Il importe de rappeler la nature de ces contraintes d’ordre interne et international qui ont lourdement hypothéqué le processus de décolonisation et de construction des édifices d’un Etat national tunisien démocratique et souverain.

Au nombre de ces facteurs, la détermination des responsables français à préserver, sous des formes aménagées, le contrôle de leur empire colonial dont les ressources sont jugées nécessaires à la reconstruction(5) et au maintien de la France au rang de grande puissance dans la nouvelle reconfiguration du monde après la seconde guerre mondiale. Or la France n’avait pas les moyens de cette ambition du fait qu’elle était sortie de ce conflit, ainsi que l’Europe, défaite, sous domination américaine et économiquement sinistrée. Mais ne pouvant résister à la vague de décolonisation d’après-guerre, elle va œuvrer à maintenir sous tutelle ses anciennes colonies en ne leur concédant que des indépendances de façade à l’instar des pays d’Europe de l’Est qui ont été soumis au statut d’Etats à «souveraineté limitée» par l’URSS durant la guerre froide.(6)

Dès lors, la France va œuvrer à mettre en place un nouveau cadre de gestion de ses relations avec l’Afrique lui permettant d’exercer une sorte de tutelle politique, économique et sécuritaire sur ses colonies africaines .

J’ai évoqué cet aspect méconnu de la stratégie française d’après-guerre en ces termes : «En vérité, il est maintenant admis que les responsables français étaient, pour des raisons économiques et stratégiques, déterminés à conserver des liens étroits et indéfectibles avec leurs anciennes colonies. L’historiographie française et contemporaine nous apprend en effet, que la France, sortie dévastée, ruinée et affaiblie des deux conflits mondiaux ne pouvait réussir sa reconstruction et retrouver un statut de grande puissance sans garder le contrôle des marchés et des ressources de son empire. Ce qui a hypothéqué les aspirations à l’indépendance de ses anciennes colonies» (7).

Dans son ouvrage publié en 2015 Pierre Vermeren – professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation – révèle que la France, considérablement affaiblie par la seconde guerre mondiale avait besoin de conserver le contrôle de son empire colonial pour pouvoir se reconstruire. Je le cite «pour les autorités françaises la France, occupée, détruite et humiliée n’a aucune chance de se relever sans son empire». Il précise qu’en 1945 la France était menacée de révolution car occupée par l’armée américaine, elle était dépourvue de capitaux, de monnaie, d’armée indépendante sans compter ses infrastructures dévastées, son peuple vieillissant, et ses élites majoritairement compromises durant l’occupation. Dès lors, «l’appel à l’empire se révèle donc plus crucial encore que dans les années 1930» (8).

En somme, les responsables français de l’époque estimaient, pour des considérations stratégiques vitales, qu’un désengagement total de ses possessions coloniales, priverait la France de ressources humaines et matérielles nécessaires à sa renaissance économique et à la préservation de son statut de grande puissance au plan régional et mondial.

S’agissant de la Tunisie, cette politique va se traduire par la conclusion en juin 1955 des conventions sur l’autonomie interne qui seront à l’origine de graves dissensions au sein du mouvement national tunisien.

* Diplomate et ancien ambassadeur.

Notes :

1- Hédi Baccouche : ‘‘En toute franchise’’, Sud Editions, 2018 : «Le pays connait une grave instabilité. Le Président, du fait de sa maladie et de sa sénilité, peut prendre des décisions irréfléchies, inopportunes et imprévues, compliquer davantage la situation. La menace islamiste est réelle. Ben Ali pense devoir prendre les devants et écarter Bourguiba du pouvoir. Habib Ammar l’approuve Pour ma part, après beaucoup d’hésitation, et privilégiant la Tunisie sur le Président si grand soit- il, je me solidarise avec eux» (P. 405).

2- Michel Collon et Grégoire Lalieu : ‘‘La stratégie du chaos. Impérialisme et Islam. Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’ Action – Couleur  Livres, 2011 (P. 171 et s.)

3- Abdelaziz  Chenguir : ‘‘La politique extérieure de la Tunisie 1956-1987, L’Harmattan, 2004 (. P. 77- 91).

4- Ibid (P 51-65).

5 – Pierre Vermeren : ‘‘Le choc des décolonisations.  De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.)    

6- Sophie Guillermin-Golet : ‘‘La doctrine Brejnev, ou doctrine de la souveraineté limitée’’. Voir également l’article publié en date du 5 mai 1980 sur le site du quotidien Le Monde :‘‘La souveraineté limitée’’.

7- Ahmed Ben Mutapha : ‘‘L’histoire méconnue des négociations tuniso-européennes depuis l’indépendance’’, étude parue dans l’ouvrage collectif ‘‘Economie et relations internationales.  Histoire et mutations nouvelles’’, L’Harmattan, 2021 (P. 309).

8- Pierre Vermeren : ‘‘Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.).

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Décryptage II – Quand le détroit d’Ormuz devient le baromètre du monde

10. April 2026 um 06:16

Il est des lieux dont la géographie dépasse la simple cartographie pour s’imposer comme une ligne de fracture de l’histoire. Le détroit d’Ormuz est de ceux-là. À peine visible sur une carte, étroit passage entre deux rives tendues, il concentre pourtant une part décisive de l’équilibre énergétique mondial. Lorsqu’il vacille, ce n’est pas seulement le Golfe qui tremble, mais l’ensemble de l’architecture économique internationale. Aujourd’hui, la menace d’une fermeture prolongée dans le contexte d’une escalade entre l’Iran et les États-Unis fait ressurgir un spectre que l’on croyait relégué aux livres d’histoire : celui d’un choc pétrolier global, capable de raviver les braises d’une inflation que les banques centrales peinent déjà à maîtriser.

 

Depuis plusieurs décennies, le monde s’était habitué à une forme de fluidité énergétique, comme si les routes maritimes étaient devenues immuables, presque naturelles. Mais cette illusion se dissipe à mesure que les tensions géopolitiques s’intensifient. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du commerce mondial de pétrole, redevient un point de vulnérabilité systémique. Sa fermeture, même temporaire, agit comme une déflagration silencieuse, un choc d’offre brutal qui se propage instantanément à l’ensemble des économies dépendantes des hydrocarbures.

Dans cette configuration, le prix du baril cesse d’être un simple indicateur de marché pour devenir un thermomètre de la peur. Les projections évoquant un pétrole à 167 dollars ne relèvent plus de la fiction spéculative, mais d’un scénario crédible dans un contexte de blocage prolongé. Or, dans un monde encore profondément dépendant des énergies fossiles, une telle envolée agit comme une taxe globale, invisible mais redoutablement efficace, pesant sur les entreprises comme sur les ménages.

L’inflation américaine face au choc énergétique

C’est dans ce contexte que les travaux de la Federal Reserve Bank of Dallas (1) prennent tout leur sens. Leur analyse, rigoureuse et nuancée, met en évidence une réalité souvent mal comprise : tous les chocs inflationnistes ne se valent pas. Une flambée des prix de l’énergie, aussi spectaculaire soit-elle, ne se traduit pas nécessairement par une inflation durable.

Aux États-Unis, où l’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelle oscillait récemment autour de 2,8 %, une fermeture du détroit d’Ormuz pourrait provoquer une poussée brutale, dépassant ponctuellement les 4 %. Mais cette accélération relèverait davantage d’un effet mécanique que d’une dynamique profonde. L’énergie, en renchérissant le coût des transports et de la production, diffuse rapidement dans l’économie, mais son impact tend à s’estomper dès lors que les prix se stabilisent.

Cette distinction est essentielle. Elle renvoie à une intuition fondamentale formulée par John Maynard Keynes : un choc d’offre, aussi violent soit-il, ne devient inflationniste de manière persistante que s’il se prolonge et s’il est relayé par des mécanismes internes, notamment salariaux. En l’absence de tels relais, il demeure un phénomène transitoire, une onde de choc qui traverse l’économie sans nécessairement la transformer en profondeur.

Une inflation sous-jacente étonnamment résiliente

L’un des enseignements les plus frappants de l’étude réside dans la relative stabilité de l’inflation sous-jacente. En excluant les prix de l’énergie et de l’alimentation, cet indicateur permet de saisir la dynamique interne des prix. Or, même dans les scénarios les plus pessimistes, l’impact d’une fermeture prolongée du détroit reste limité.

Cette résilience traduit une transformation profonde des économies contemporaines. Contrairement aux années 1970, les mécanismes de diffusion de l’inflation semblent aujourd’hui mieux contenus. Les entreprises, confrontées à une concurrence accrue et à des consommateurs plus sensibles aux prix, hésitent à répercuter intégralement la hausse des coûts. De leur côté, les salariés, dans un contexte de marché du travail encore incertain, ne disposent pas toujours du pouvoir de négociation nécessaire pour exiger des hausses de salaires compensatoires.

Ainsi, le risque d’une spirale inflationniste, nourrie par une boucle prix-salaires, apparaît à ce stade limité. Ce constat constitue un élément de réassurance majeur pour la Réserve fédérale des États-Unis, dont la crédibilité repose précisément sur sa capacité à maintenir l’inflation sous contrôle.

L’ancrage des anticipations, clé de voûte de la stabilité

Au-delà des chiffres, c’est la psychologie des agents économiques qui demeure déterminante. L’histoire économique l’a montré à maintes reprises : ce ne sont pas seulement les prix actuels qui comptent, mais les anticipations que les ménages et les entreprises forment sur leur évolution future. Lorsque ces anticipations se désancrent, l’inflation devient auto-entretenue, échappant au contrôle des autorités monétaires.

Or, dans le scénario envisagé, les anticipations à long terme restent remarquablement stables. Une légère hausse à court terme est envisageable, mais elle ne semble pas de nature à remettre en cause la confiance dans la capacité de la Banque centrale à ramener l’inflation vers sa cible de 2 %. Cette stabilité constitue sans doute la principale différence avec les grandes crises inflationnistes du passé.

Elle traduit aussi le poids de la crédibilité acquise par les banques centrales au cours des dernières décennies. En ancrant les anticipations, elles ont construit un rempart invisible mais puissant contre les dérives inflationnistes. Encore faut-il que ce capital de confiance ne soit pas érodé par des chocs répétés ou mal gérés.

Une crise géopolitique aux répercussions globales

Mais réduire la question à une simple analyse macroéconomique serait une erreur. Car derrière les chiffres se joue une confrontation géopolitique dont les implications dépassent largement le cadre énergétique. Les déclarations de Donald Trump, évoquant la possibilité de frappes contre les infrastructures iraniennes, témoignent d’une montée des tensions qui pourrait transformer un incident localisé en crise régionale majeure.

Dans ce contexte, le pétrole devient une arme stratégique, un levier de pression indirect mais redoutablement efficace. La fermeture du détroit d’Ormuz ne serait pas seulement un événement économique, mais un acte politique, porteur de conséquences multiples : perturbation des chaînes d’approvisionnement, recomposition des alliances, montée des primes de risque sur les marchés financiers.

Le monde entrerait alors dans une zone d’incertitude où les repères habituels perdraient de leur pertinence. Les modèles économiques, fondés sur des hypothèses de stabilité relative, seraient mis à l’épreuve d’une réalité plus chaotique.

Les économies vulnérables en première ligne

Si les États-Unis disposent d’une certaine capacité de résilience, grâce notamment à leur production domestique d’hydrocarbures, la situation est bien différente pour de nombreux pays dépendants des importations énergétiques. L’Europe, déjà fragilisée par les tensions sur le gaz, verrait sa facture énergétique s’alourdir, avec des répercussions directes sur la croissance et le pouvoir d’achat.

Dans les économies émergentes, le choc serait encore plus brutal. Pour des pays comme la Tunisie, une flambée durable des prix du pétrole se traduirait par une dégradation rapide des équilibres macroéconomiques. Le déficit commercial se creuserait, les finances publiques seraient mises sous pression par le poids des subventions énergétiques, et l’inflation importée viendrait éroder davantage le pouvoir d’achat des ménages.

Dans un tel contexte, les marges de manœuvre des autorités économiques apparaissent limitées. Faut-il absorber le choc au prix d’un creusement du déficit budgétaire, ou le répercuter sur les consommateurs au risque d’alimenter les tensions sociales ? Ce dilemme, déjà présent, deviendrait plus aigu encore.

Entre choc transitoire et basculement durable

Au terme de cette analyse, une conclusion s’impose : le scénario d’une fermeture du détroit d’Ormuz constitue un choc sérieux, mais pas nécessairement systémique pour les économies avancées, du moins à court terme. L’impact sur l’inflation, bien que significatif, resterait en grande partie transitoire, contenu par la faiblesse de sa diffusion à l’inflation sous-jacente et par la stabilité des anticipations.

Mais cette lecture rassurante ne doit pas masquer l’essentiel. Car le véritable risque ne réside pas tant dans l’ampleur du choc initial que dans sa durée et dans son articulation avec la dynamique géopolitique. Une fermeture prolongée, couplée à une escalade militaire, pourrait transformer un épisode inflationniste temporaire en une crise plus profonde, marquée par un ralentissement économique global et une recomposition des équilibres énergétiques.

Ainsi, le détroit d’Ormuz apparaît comme un révélateur des fragilités du monde contemporain. Derrière l’apparente sophistication des marchés et des politiques monétaires, subsiste une dépendance fondamentale à des ressources et à des routes dont la stabilité n’est jamais acquise. Et lorsque ces lignes de circulation se fissurent, c’est tout l’édifice qui vacille, rappelant que l’économie, en dernière instance, demeure indissociable de la géographie et de la politique.

 

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(1) Ref : https://www.dallasfed.org/research/economics/2026/0320

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-Tunis,

Psd-Fondateur de l’Institut africain

d’économie financière (IAEF-ONG)

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Courant démocrate : Hichem Ajbouni présente les orientations économiques du parti

09. April 2026 um 13:39

À l’issue du quatrième congrès du Courant démocrate, son nouveau secrétaire général, Hichem Ajbouni, a exposé la vision économique et sociale du parti, fondée sur les principes de la social-démocratie, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 9 avril 2026 à Tunis. 

Selon lui, cette approche repose sur trois piliers complémentaires : « l’initiative privée et l’économie de marché social, le libéralisme politique et la justice sociale ». Il a tenu à préciser que le parti ne se revendique ni du libéralisme économique ni du communisme, mais d’une voie intermédiaire où l’État conserve un rôle central de régulation et d’orientation.

Hichem Ajbouni estime que les choix économiques des dernières années ont trop privilégié l’aspect social sans engager les réformes structurelles nécessaires à la création de richesse. 

Pour lui, un État social ne peut être durable que s’il s’appuie d’abord sur une économie productive capable de générer de la valeur et de l’emploi. Dans ce cadre, il plaide pour une redéfinition du rôle de l’État : celui-ci doit intervenir dans les secteurs à forte dimension sociale, comme l’éducation, la santé, le transport, l’habitat social et la couverture sociale, mais aussi dans les domaines liés à la souveraineté nationale, tels que l’énergie et les mines. 

En revanche, dans les secteurs concurrentiels, « l’État peut se limiter à un rôle de régulateur, tout en laissant davantage d’espace à l’investissement privé et au partenariat public-privé », poursuit-il.

Le nouveau secrétaire général a également défendu une réforme graduelle du système de compensation, qu’il juge coûteux, injuste et source  de gaspillage. Il propose de remplacer progressivement les subventions généralisées par des transferts monétaires directs ciblant les familles qui en ont réellement besoin. 

Cette réforme, selon lui, suppose une base de données fiable, une meilleure identification des bénéficiaires et une certaine coordination avec les pays voisins afin d’éviter les déséquilibres des prix  et le développement du commerce parallèle.

 Il a aussi évoqué la nécessité de revoir les habitudes de consommation, en particulier pour des produits de base comme le pain, le sucre ou les pâtes, dans un contexte économique très différent de celui des années 1970.

S’agissant des entreprises publiques, Hichem Ajbouni estime comme suit: « elles ne doivent pas être considérées comme intouchables. Il juge possible de privatiser certaines structures opérant dans des secteurs concurrentiels et sans impact social majeur, citant notamment les produits de consommation comme le tabac, le café ou le thé. »

Enfin, il a réagi aux  récentes restrictions sur l’importation de produits non essentiels,  annoncées par la circulaire de la BCT,  estimant qu’elles pénalisent surtout les petites et moyennes entreprises, renforcent les grandes entreprises et favorisent le marché parallèle. À ses yeux, la rareté organisée finit par faire monter les prix et creuser davantage les inégalités économiques.

 

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Le 9 avril 1938 | Quand le Destour devient Néo

09. April 2026 um 13:10

Le 9 avril 1938 marque un point de rupture dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien. Rappel de quelques faits historiques sur ce tournant décisif dans le mouvement national tunisien…

Pr Moncef Ben Slimane *

Quelques jours, avant les manifestations, le 4 avril, Slimane Ben Slimane et Youssef Rouissi sont arrêtés à Souk El Arba (actuelle Jendouba) alors qu’ils organisaient une réunion pour appeler à la désobéissance civile. Le 9 avril, les manifestations sont violemment réprimées. Des figures majeures du mouvement, comme Ali Belhouane, Habib Bourguiba ou encore Salah Ben Youssef sont arrêtées. La direction du Néo-Destour est jugée au cours du fameux procès de Guérin, de Cayla puis emprisonnée pour plusieurs années au Fort Saint-Nicolas, à Marseille. La confrontation avec le pouvoir colonial est désormais ouverte. 

Dans la Tunisie des années 1930, tous les ingrédients d’une crise majeure sont réunis. La situation économique se dégrade, frappant durement ouvriers, paysans et artisans. En parallèle, les autorités du protectorat français durcissent leur politique et multiplient les atteintes à l’identité nationale. Une compagnie de naturalisation de Tunisiens est lancée, soutenue par les oulémas de la Zitouna avec leur tête le cheikh Tahar Ben Achour.

Du réformisme à la désobéissance civile

Dans ce contexte tendu, une nouvelle génération de militants nationalistes s’impose. Portée notamment par des figures comme Ali Belhouane, elle remet en cause les méthodes jugées trop prudentes du Destour de Abdelaziz Thaâlbi et prône une action directe contre la domination coloniale.

Au sein du Néo-Destour, les débats s’intensifient. Faut-il continuer à négocier des réformes ou rompre définitivement avec toute forme de compromis ?

Mais la fracture devient politique. Une partie des dirigeants néo-destouriens rejette toute solution d’autonomie sous contrôle français et revendique l’indépendance totale. Cette position s’accompagne d’un changement de stratégie : la mobilisation populaire et la désobéissance civile remplacent progressivement les démarches réformistes.

Avril 1938 vient cristalliser cette évolution. Face à l’agitation croissante, les autorités coloniales choisissent la manière forte. Arrestations massives, manifestations réprimées dans le sang, procès politiques : la répression est brutale et systématique.

Slimane Ben Slimane et Habib Bourguiba: restituer la mémoire nationale.

Construire une mémoire nationale

C’est en cela qu’avril 1938 fait date. Non seulement parce qu’il révèle la violence du système colonial, mais parce qu’il consacre une certitude chez les nationalistes tunisiens : l’indépendance ne se négocie pas, elle s’imposera.

Et pourtant, près d’un siècle plus tard, certaines mémoires continuent d’être reléguées dans l’ombre. J’espère que la direction du Centre national de la traduction prendra le temps de lire ces lignes, elle qui refuse de traduire en langue arabe les ‘‘Souvenirs politiques’’ de Slimane Ben Slimane, au motif de «Qui c’est ce monsieur !? on ne traduit que les choses importantes pour l’histoire de la Tunisie».

Mais au-delà de cette réaction banale et classique de l’administration, une autre question demeure : celle de la mémoire. Car une nation ne se construit pas seulement par les luttes qu’elle mène, mais aussi par la manière dont elle choisit de les raconter, de les transmettre et de les reconnaître.

Construire une mémoire nationale exige une démarche rigoureuse, lucide et juste — une démarche qui ne sélectionne pas, n’efface pas, mais restitue la pluralité des engagements, des parcours et des voix qui ont façonné l’histoire de la Tunisie.

À défaut, ce ne sont pas seulement des hommes que l’on oublie, mais des pans entiers de ce qui fait la vérité d’une nation.

* Universitaire.

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L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine

09. April 2026 um 10:30

Il est des guerres qui rasent des villes. Et il en est d’autres – comme celle que les Etats-Unis et Israël viennent de livrer à l’Iran – qui rasent des hiérarchies. En quelques semaines, cette guerre a pulvérisé l’illusion la plus tenace du XXIe siècle, celle d’une Amérique encore capable de dicter seule ce qui est permis, puni ou toléré. Ce qui s’est joué n’est pas une simple bataille de plus au Moyen-Orient. C’est la fin d’une ère.

Yahya Ould Amar *

Cette guerre a certes ravagé des infrastructures, bouleversé les flux énergétiques et mis en tension tout le Moyen-Orient et l’économie à l’échelle du globe, mais elle a révélé la distribution réelle de la puissance dans cette partie du monde.

Les gagnants ne sont pas ceux que l’on désigne spontanément. Les perdants non plus. Car, dans les guerres modernes, le vainqueur n’est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui modifie à son avantage la perception du possible, du durable et du coûteux. La victoire n’y est pas seulement militaire. Elle est politique, psychologique et civilisationnelle.

Le premier gagnant

Le premier gagnant est l’Iran – même s’il a payé un prix élevé. Une puissance ne se juge pas seulement à l’étendue des destructions subies, mais à sa capacité à empêcher l’adversaire d’atteindre ses objectifs. Or les objectifs américains n’étaient pas seulement de punir l’Iran. Ils étaient principalement de le faire plier au dictat des Etats-Unis, de reprendre la maîtrise du détroit d’Ormuz, de protéger sans faille ses alliés, d’imposer à Téhéran une capitulation stratégique.

Rien de cela n’a été obtenu. Le cessez-le-feu lui-même a été suspendu à la réouverture du détroit par l’Iran – il avait toujours été ouvert gratuitement à la navigation avant les hostilités – et les discussions ont fait émerger jusqu’à l’acceptation de la question de compensations et de frais de passage pour les réparations des préjudices subis par l’Iran, signe qu’Ormuz n’est pas redevenu un espace organisé par Washington, mais un levier dont Téhéran demeure le seul vrai arbitre.

C’est là le fait majeur. L’Iran confirme qu’une puissance sous sanctions, isolée, visée depuis près d’un demi-siècle par une pression militaire, financière et diplomatique continue, peut encore faire échec à l’entreprise américaine de domination régionale. Il démontre qu’à l’âge des missiles, des drones, des capacités de déni d’accès et de la vulnérabilité des routes énergétiques, la supériorité technologique ne suffit plus à produire la soumission politique. Il suffit de tenir, de durer, d’absorber le choc et de rendre le coût de la victoire adverse supérieur à ses bénéfices. C’est une nouvelle dissuasion qui n’est pas celle des puissants. C’est celle du faible qui a compris que, à l’âge des drones et des missiles hypersoniques, tenir suffit parfois à vaincre.

Sun Tzu l’avait déjà murmuré il y a vingt-cinq siècles : «La victoire suprême est de briser la volonté de l’ennemi sans combattre». L’Iran n’a pas brisé l’Amérique, il a simplement montré qu’elle pouvait être contrainte. Et cela change tout.

La leçon dépasse l’Iran. Elle concerne tous les États qui observent le système international se transformer. La force n’y disparaît pas, elle change de rendement. Elle détruit encore, mais elle convainc moins, elle ouvre des fronts qu’elle ne referme pas.

Le second gagnant

Le second gagnant est Israël, l’initiateur de cette guerre. Vu de Jérusalem, le résultat stratégique de celle-ci est limpide. Israël n’a jamais recherché seulement des trêves. Il a recherché une architecture régionale dans laquelle son utilité sécuritaire deviendrait indispensable aux monarchies arabes et, pourquoi pas au-delà, à une partie du monde sunnite. Or les frappes iraniennes contre des sites du Golfe et l’incapacité du parapluie américain à garantir une invulnérabilité réelle produisent exactement cet effet.

Cette dynamique ne relève pas uniquement du calcul stratégique. Elle s’inscrit aussi dans une vision du monde où la menace iranienne est érigée en péril existentiel. Depuis des décennies, Benjamin Netanyahu porte cette lecture et n’a cessé d’en convaincre Washington, jusqu’à peser décisivement dans l’engagement américain. Cette vision trouve un écho puissant aux États-Unis auprès des milieux évangélistes, pour lesquels le destin d’Israël s’inscrit dans une lecture quasi prophétique de l’histoire.

Entre stratégie, croyance et projection, la guerre s’est aussi jouée dans cet espace où l’irrationalité se mêle à la conviction.

La nouveauté n’est donc pas seulement militaire, elle est psychologique. Pendant des années, les monarchies ont cru acheter la sécurité en important des armes, en finançant des partenariats occidentaux et en s’abritant sous la bannière américaine. Cette guerre leur révèle qu’on peut acheter des systèmes d’armement sophistiqués, mais on n’achète ni la décision politique de se battre jusqu’au bout pour vous, ni la certitude d’un ciel hermétique.

Entre la richesse et la sécurité, il y a un vide que les gros contrats d’armements et les investissements des recettes pétrolières des monarchies dans l’économie américaine ne comblent pas.

Israël, lui, vend moins une promesse qu’une compétence sur la défense antimissile, le renseignement, la guerre électronique, les frappes préventives, la profondeur stratégique partagée avec les monarchies. Dans le nouvel imaginaire sécuritaire de celles-ci, cela compte davantage que les déclarations solennelles de Washington.

Cette angoisse sécuritaire rencontre un vieux soubassement historique. Dans l’imaginaire politique du Golfe, la rivalité avec la puissance perse n’est jamais tout à fait dissociable de la vieille fracture entre univers chiite et monde sunnite – la guerre Iran/Irak en est un exemple.

Le premier perdant

Les États-Unis, eux, sortent de cette séquence comme le premier grand perdant. Ils ont perdu sur le terrain de la dissuasion. Une puissance dissuade lorsqu’elle persuade l’adversaire que résister est inutile. Or l’Iran a résisté. Il a encaissé, répliqué, tenu le verrou d’Ormuz et imposé la perspective d’une guerre longue, coûteuse, politiquement corrosive.

À partir de là, l’Amérique a cessé d’être une puissance qui impose pour redevenir une puissance qui menace puis négocie.

Le recours à une médiation extérieure, en l’occurrence pakistanaise, dit beaucoup. On n’est plus dans l’âge du commandement, on entre dans celui des transactions sous contrainte.

Les États-Unis ont perdu aussi sur le terrain du leadership. Cette guerre le montre avec force en rappelant la dévaluation ancienne de la parole américaine, de la rupture de tous les traités avec les nations amérindiennes aux retraits contemporains d’accords majeurs, qu’il s’agisse du traité sur les missiles antibalistiques, de l’accord nucléaire iranien, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, de l’accord de Paris ou d’autres encore.

Une puissance qui fait de l’engagement une option finit par transformer sa propre signature en instrument provisoire. Or une signature provisoire ne fonde aucun ordre international. Elle produit de la méfiance, puis de la distance, puis des stratégies de contournement. C’est ainsi que les empires cessent d’être des centres de gravité pour devenir des facteurs d’incertitude.

Aujourd’hui, l’Amérique populiste a accentué dans l’arrogance ce constat, elle ne structure plus l’ordre international, elle l’expose à l’aléa – devenant ainsi une puissance du désordre. Le leadership appartient à celui qui rétablit l’ordre et non le contraire.

Washington n’a pas seulement été incapable de rétablir à lui seul la liberté de navigation, demandant sans succès une aide des puissances alliées – on se rappelle des insultes proférées contre Macron après son refus d’envoyer la marine française dans le détroit d’Ormuz pour ne pas cautionner une guerre illégale.

Washington a dû également constater qu’au Conseil de sécurité, la volonté américaine ne suffisait plus, puisque la Russie et la Chine ont bloqué une résolution, tandis que d’autres acteurs se sont installés dans la médiation et la gestion de crise.

L’ordre international ne répond plus à une seule capitale. Il se fragmente autour de centres de décision concurrents.

À cela s’ajoute une défaite morale. Lorsqu’une grande puissance en vient à menacer l’anéantissement d’une civilisation, à banaliser l’idée de frapper des infrastructures civiles et à laisser prospérer une rhétorique d’éradication, elle détruit le socle de légitimité dont elle avait besoin pour se présenter comme gardienne d’un ordre mondial. La condamnation de ces menaces par des voix internationales de premier plan (à commencer par le Pape) a montré qu’une ligne rouge avait été franchie.

Une puissance qui prétend défendre le droit tout en parlant le langage de l’anéantissement ne fait plus peur seulement à ses ennemis. Elle inquiète le monde entier. Et ce que le monde a entendu du Président Trump, c’est la fin de l’Amérique comme référence éthique. Il ne reste plus qu’une superpuissance… imprévisible, et désormais dangereuse pour tous, y compris pour ses propres alliés.

Le second perdant

Les monarchies du Golfe, elles aussi, comptent parmi les perdants. Leur faiblesse n’est pas seulement militaire. Elle est structurelle. Elles ont découvert que des économies prospères, des infrastructures ultramodernes et des budgets de défense massifs ne suffisent pas à fabriquer une autonomie stratégique. Leurs ports, leurs installations énergétiques, leurs réseaux vitaux et jusqu’à leurs horizons urbains dépendent d’un environnement régional qu’elles ne contrôlent pas. Leur vulnérabilité n’est pas un accident de parcours. Elle tient à leur position même dans le système régional. Elles sont riches, mais exposées. Centrales pour les marchés, mais périphériques dans la décision stratégique. Redoutées pour leur influence financière, mais incapables d’imposer seules une dissuasion crédible à leurs frontières.

Les frappes ayant visé des infrastructures du Golfe (pétrolières, de dessalement d’eau de mer…)  l’ont rendu visible au grand jour. Sachant que le bombardement des installations nucléaires iraniennes par les Etats-Unis et Israël, pourra empoisonner tout le Golfe Persique avec des matériaux radioactifs. Cela mettrait instantanément hors service les usines de dessalement dans les monarchies qui fournissent 100 % de l’eau potable, même si ces usines peuvent éliminer les éléments radioactifs avec une efficacité de 90 %, mais les risques à long terme pour l’approvisionnement alimentaire (poissons) et les sédiments resteront radioactifs pendant au moins un siècle voire plus.

Les monarchies ne peuvent ni rompre avec Washington sans risque, ni continuer à s’en remettre exclusivement à lui sans naïveté. Elles ne peuvent pas davantage ignorer Israël, dès lors que la protection américaine a montré ses limites et que l’Iran s’est affirmé comme menace concrète pour leurs équilibres internes et leurs intérêts vitaux.

Ce que cette guerre installe, c’est moins une alliance sentimentale qu’une convergence de nécessité. Les monarchies du Golfe se rapprochent inexorablement d’Israël non parce qu’elles l’auraient soudainement souhaité, mais parce qu’elles ne peuvent plus penser leur sécurité comme avant.

La marge pour les monarchies est réduite, se soumettre à Israël ou à l’Iran qui était – pour sa survie – obligé de les bombarder.

Cette guerre leur a rappelé la loi implacable de l’histoire que la richesse sans puissance est une invitation au chantage. Et le chantage, Israël et l’Iran le maîtrisent à la perfection.

La fin du pouvoir d’organiser le monde

C’est pourquoi cette guerre marque un basculement. Le passage vers un ordre multipolaire est la traduction politique d’un ensemble de bouleversements déjà à l’œuvre comme la diffusion irréversible des capacités militaires de précision, la montée des puissances intermédiaires, l’érosion du leadership américain, le retour de la géographie contre les empires de projection, l’affaiblissement du monopole occidental sur les normes, la contestation croissante de la centralité du dollar, la fragmentation des chaînes logistiques.

La multipolarité ne signifie pas l’avènement d’un nouvel ordre stable. Elle signifie d’abord qu’aucune puissance ne peut plus convertir seule sa supériorité militaire en obéissance régionale durable. Elle signifie aussi que les médiations se diversifient, que les dépendances monétaires se relativisent, que les routes commerciales deviennent des instruments de négociation, et que la géographie reprend ses droits contre les empires de projection.

Aucune puissance, désormais, n’est assez forte pour organiser seule le monde. Plusieurs le sont assez pour empêcher les autres de l’organiser.

L’équilibre iranien-israélien au Moyen-Orient

Dans cette nouvelle configuration, un équilibre régional se dessine. D’un côté, l’Iran s’impose comme la puissance qui a opposé à l’hégémonie américaine une résistance suffisamment efficace pour imposer le respect de ses lignes rouges et porter à la table des discussions des exigences de non-agression, de compensation et de contrôle politique accru sur Ormuz. De l’autre, Israël consolide sa place comme pivot sécuritaire pour les monarchies du Golfe et, par extension, pour une partie du système sunnite.

Ce face-à-face n’est pas la paix. Mais c’est un équilibre. Or, dans l’histoire du Moyen-Orient, les équilibres comptent souvent davantage que les proclamations, parce que la stabilité n’y naît pas des discours, mais de l’acceptation contrainte, parfois tacite, d’un rapport de forces que nul ne peut abolir sans risquer l’embrasement général.

Paradoxalement, cet équilibre peut rouvrir l’espace d’un règlement de la question palestinienne. Non par générosité soudaine, mais par logique stratégique.

Les monarchies qui se rapprocheront davantage d’Israël auront besoin de présenter à leurs opinions publiques et au monde arabe un dividende politique, et aucun dividende n’est plus structurant que la perspective d’un règlement négocié de la question palestinienne. Car aucune architecture régionale ne sera durable si elle prétend intégrer Israël dans la sécurité du monde arabe tout en laissant en suspens la question qui structure depuis des décennies la conscience politique de la région.

Israël, de son côté, découvrira qu’une intégration régionale durable ne peut reposer sur la seule force militaire, surtout dans un environnement où la profondeur des menaces s’est élargie.

Quant à l’Iran, s’il veut convertir sa résilience en rang durable, il lui faudra montrer qu’il peut être autre chose qu’une puissance de perturbation, et que sa capacité d’empêchement peut aussi servir une stabilisation négociée.

Lorsque les rapports de force se clarifient, les guerres par procuration perdent une partie de leur utilité. Elles ne disparaissent pas par enchantement. Mais elles deviennent plus coûteuses politiquement pour des acteurs désormais contraints de composer dans un espace moins unipolaire, plus interdépendant, plus surveillé par les marchés, les opinions et les puissances rivales.

La vraie lecture de cette guerre est là. Elle ne consacre pas la toute-puissance d’un camp. Elle enterre une illusion. Celle d’une Amérique capable de punir sans limite, de protéger sans faille, de dicter les termes de l’ordre et de rester, malgré tout, le centre moral du système international. Cette illusion s’est brisée sur l’Iran. Et, dans le même mouvement, elle a rapproché Israël du cœur de la sécurité arabe.

Au terme de cette séquence, le bilan est net. L’Iran a gagné en statut et en respect. Israël a gagné en centralité stratégique. Les États-Unis ont perdu en dissuasion, en crédibilité et en autorité morale. Les monarchies du Golfe ont perdu leur dernière illusion d’invulnérabilité.

C’est ainsi que s’achèvent les cycles impériaux. Ils ne se ferment pas dans l’effacement de la puissance, mais dans son incapacité à produire de l’ordre. Les armes peuvent continuer de frapper, elles ne suffisent plus à convaincre, ni à soumettre, ni à stabiliser.

L’Amérique ne disparaît pas ; elle change de nature et glisse d’un centre organisateur vers une force de désordre qui dérègle ce qu’elle prétendait structurer. Car une puissance cesse de dominer lorsque se fissurent les garanties qui fondaient sa légitimité : la sécurité des routes maritimes, le respect du droit, la solidité de la parole donnée, la protection effective des alliés. À cet instant, elle ne façonne plus l’histoire ; elle y prend place, comme l’une de ces puissances qui ont perdu la capacité de l’organiser.

* Economiste, banquier et financier.

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9 avril : Commémoration des martyrs et legs de Ksar Hellal

09. April 2026 um 09:43

La commémoration du 9 avril, connue comme la Fête des Martyrs, revêt une importance historique et symbolique pour la Tunisie. Voici les points principaux exprimés par Foued Mouakher, dirigeant du parti destourien libre via sa page Fb.

La conférence de Ksar Hellal du 2 mars 1934 marque un virage stratégique dans le mouvement national tunisien. Un groupe de jeunes intellectuels fait scission du Vieux Destour pour fonder le Néo-Destour, imposant discipline, organisation et patience face à la répression coloniale française. Fini la spontanéité : la mobilisation de la rue devient un outil calculé, intégrant syndicats, étudiants et soutiens extérieurs. Cette maturité tactique transforme le choc répressif en « mobilisation silencieuse », liant question nationale et sociale.

Quatre ans plus tard, la tension explose. Dès janvier 1938, manifestations nationales font des morts après des arrestations de leaders. Le 8 mars à Mateur, 19 ouvriers tombent sous les balles policières lors d’un conflit syndical. Mi-mars, le parti réagit à une vague d’interpellations. Avril s’embrase : grèves au Sadiki et Zitouna (2 avril), émeutes à Oued Meliz et Souk El Arbaa (4 avril, arrestations de Salah Ben Youssef et autres),
Le 8 avril, Tunis s’embrase : deux marches massives convergent vers un « parlement tunisien », avec première participation notable des femmes. Le 9, l’arrestation d’Ali Belhouane déclenche la tempête : 22 morts, 150 blessés, plus de 2 000 arrestations dont Habib Bourguiba, sous une répression française massive.

Bilan 1938-2026 : De la répression coloniale sanglante à une commémoration sereine ce 9 avril 2026, l’héritage de notre histoire invite à aborder les défis économiques et sociaux actuels par une stratégie mesurée.

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Iran – Etats-Unis | L’improbable pari de la paix en 14 jours

09. April 2026 um 09:50

L’offre iranienne des «10 points» comme socle d’une nouvelle architecture de paix, assortie d’un moratoire de deux semaines, ne constitue pas une simple trêve technique, mais une invitation à sortir de la répétition tragique pour entrer dans une grammaire du réel. Mais la négociation d’une paix acceptable par les deux parties risque d’être longue, ardue et improbable, avec des reprises des agressions mutuelles, dont nous avons déjà eu un avant-goût hier, mercredi 8 avril 2026, avec des raids américains contre l’Iran, iraniens contre les pays du Golfe et israéliens contre le Liban.

Mahjoub Lotfi Belhedi *

Ces quatorze jours ne sont pas un délai de grâce, mais un laboratoire de la confiance, autrement dit, c’est le passage du temps destructeur (Chronos) au temps de l’opportunité saisie (Kairos) où l’Iran propose de suspendre le fracas pour laisser place au silence, un silence qui oblige les USA à écouter l’écho de leur propre politique étrangère, surtout que la guerre qu’ils ont déclenchée contre l’Iran est loin de faire l’unanimité à l’extérieur comme à l’intérieur, y compris dans le camp du président Donald Trump. 

Nous sommes donc en présence d’un test de volonté : qui, de Washington ou de Téhéran, est capable de supporter le poids de la paix qui aurait, pour l’un comme pour l’autre, un goût de défaite acceptée ou d’une victoire couteuse au goût amer ?

Un décalogue de souveraineté

Les dix points présentés par l’Iran se veulent comme les piliers d’un temple dont le toit serait la stabilité régionale. Ils ne sont pas négociables, en tout cas de son point de vue, puisqu’ils touchent à l’ontologie même de l’État iranien et du peuple perse :

– la reconnaissance mutuelle : passer du statut de «menace» à celui d’«interlocuteur légitime» ;

– le désenclavement économique : la levée des sanctions n’est plus vue comme une faveur, mais comme la réparation d’un droit naturel au commerce ;

– la sécurité globale : l’offre suggère que la sécurité de l’un ne peut plus se construire sur l’insécurité de l’autre, donc, en d’autres termes, la reconnaissance par les Etats-Unis du droit de l’Iran de disposer des outils nécessaires à sa défense.

En posant ces jalons, l’Iran place les États-Unis face à leur propre paradoxe. Si Washington refuse, il valide l’image de l’hégémon belliqueux, et s’il accepte, il admet l’échec de la guerre qu’il a menée contre l’Iran et la fin de l’unilatéralisme, un second échec s’il en est, puisque cela annoncera le début de la fin de l’Empire américain né au lendemain de la seconde guerre mondiale.

La réponse de l’Empire

La profondeur de cette offre réside dans sa capacité à transformer le rapport de force en un rapport de responsabilité où Téhéran ne demande pas la reddition, mais la cohabitation des puissances, en s’imposant lui-même comme un interlocuteur incontournable.

Cette proposition est la fondation d’un édifice où chaque pierre est un engagement vérifiable marquant la fin de la diplomatie des coulisses pour celle de la clarté solaire.

En 10 points, l’Iran cherche à dessiner une nouvelle carte où les frontières ne sont plus des lignes de front, mais des zones de contact.

In fine, lire l’offre iranienne, c’est comprendre que la paix est un acte de courage supérieur à la guerre. Ces deux semaines sont le seuil d’un monde post-sanction, post-confrontation, un appel à passer de l’ère du soupçon à celle des compromis – ou des deals, un mot cher à Donald Trump, et que le cessez-le-feu n’est pas la fin du conflit, mais plutôt le début de la vérité.

On peut toujours rêver… Mais sans se des illusions sur les intentions des uns et des autres, qui continueront de se regarder comme deux chiens de faïence, en attendant la prochaine confrontation.

* Ceo d’un cabinet spécialisé en transformation IA.

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Mohamed Ali Nafti alerte sur les chocs économiques du conflit au Moyen-Orient

09. April 2026 um 08:17

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a participé mercredi à un dialogue ministériel virtuel organisé par l’ESCWA (Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale) sur les répercussions développementales de l’escalade militaire au Moyen-Orient et dans le Golfe. Il a souligné la phase critique que traverse la région, marquée par des transformations accélérées et des crises interconnectées menaçant la sécurité régionale et internationale.

Mohamed Ali Nafti a détaillé les impacts potentiels sur les économies arabes, dont celle de la Tunisie : hausse des prix du pétrole aggravant les déséquilibres budgétaires, l’insuffisance énergétique et les coûts de subvention ; effets sur la croissance, l’inflation, la sécurité alimentaire et les chaînes d’approvisionnement, freinant les programmes de développement. La Tunisie suit ces évolutions de près et adopte des mesures préventives comme la rationalisation de la consommation énergétique, la sécurisation des approvisionnements essentiels et le soutien aux plus vulnérables pour renforcer la résilience économique.

Sur le plan arabe, il a plaidé pour passer de l’analyse à des réponses collectives concrètes, via un renforcement de la solidarité et de la coordination, en valorisant le rôle de l’ESCWA pour l’analyse, l’alerte précoce et l’appui technique. Il a appelé à mobiliser des financements régionaux et internationaux flexibles pour les pays les plus touchés.

Enfin, il a insisté sur la résolution des racines politiques et sécuritaires du conflit par le respect du droit international, le dialogue et la diplomatie, réaffirmant le refus tunisien de toute atteinte à la souveraineté arabe et son soutien aux pays du Golfe.
Le dialogue a mis l’accent sur la résilience face aux chocs, la protection des chaînes d’approvisionnement (nourriture, eau, énergie), le soutien aux populations vulnérables, une révision de la Vision arabe 2045 et des rencontres sectorielles futures.

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