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Les dessous de l’accord Trump-Poutine sur la livraison du diesel russe 

11. Oktober 2026 um 07:45

Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre 2026 qu’après une discussion très fructueuse avec son homologue russe, Vladimir Poutine s’était engagé à fournir plusieurs millions de tonnes de diesel pour le marché américain et mondial, sur plusieurs mois. L’accord prévoit la fourniture immédiate de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes de plus en novembre et 1 000.000 de tonnes immédiatement après.

Habib Glenza, à Lödz.

«Selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3 000 000 tonnes de diesel», a écrit l président américain sur son réseau Truth Social.

«Les prix du diesel pour les Américains et pour le monde vont baisser rapidement dans des proportions record ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité», a ajouté Trump.

Le président américain sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux États-Unis, et le Parti républicain, handicapé par le bilan économique mitigé de Trump, redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections.

Les Etats-Unis n’ont pas d’amis mais des intérêts 

L’homme d’État britannique Lord Palmerston avait dit à la Chambre des Communes en 1848 : «Nous n’avons pas d’alliés éternels, ni d’ennemi perpétuel. Seuls nos intérêts sont éternels et perpétuels». Le Général de Gaulle l’a paraphrasé en déclarant, dans les années soixante du siècle dernier, que «les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Et il avait raison dans la mesure où c’étaient les Etats-Unis qui avaient demandé aux pays européens de boycotter les hydrocarbures russes au lendemain de l’intervention militaire russe en Ukraine le 24 février 2022. Aujourd’hui, c’est le président américain qui demande aux Européens et aux Américains d’acheter le diesel russe, pour faire baisser les prix.   

La Russie étant frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, le ministère des Finances américain a, dans la foulée, précisé avoir donné une autorisation provisoire pour cette mise sur le marché. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui, a dénoncé une décision indigne et faible. «Vous savez, cela ressemble à un beau cadeau d’anniversaire pour Poutine. C’est absolument horrible», a déclaré le président ukrainien au média américain Axios, faisant allusion au 74e anniversaire du président russe. «Cela ne fait que renforcer la position de Poutine et lui donne la possibilité de mener une guerre encore plus intense», a-t-il aussi déclaré à la presse, regrettant que l’équipe ukrainienne en déplacement en Floride ait «simplement servi de façade» pour cet accord avec Moscou.

L’annonce de Trump coïncide avec la reprise des discussions en Floride entre Américains et Ukrainiens vendredi et samedi, auxquelles les Européens ont été conviés, sur une résolution du conflit avec la Russie.

«Les discussions à Miami sont constructives», déclare Witkoff

A Miami, la délégation ukrainienne a rencontré Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain qui agit en qualité de médiateur informel, en présence de représentants européens. Witkoff a évoqué sur X des «discussions constructives».

Les échanges ont notamment porté sur «des mesures à court terme liées à la préparation à l’hiver (résilience énergétique, exportations de céréales), des garanties de sécurité, ainsi que des dispositifs à plus long terme pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe», a précisé l’émissaire.

Depuis mercredi, des attaques russes ont fait environ 60 morts en Ukraine, dont au moins 30 jeudi dans une frappe qui a touché deux bus à Kramatorsk, dans l’une des attaques les plus meurtrières des dernières semaines.

Les récents bombardements russes ont aussi causé des dommages considérables au réseau électrique ukrainien, a déploré vendredi le président ukrainien. Kiev redoute la répétition du scénario de l’hiver dernier, lorsque la Russie avait pilonné les installations énergétiques du pays, plongeant des millions de foyers dans le froid et l’obscurité.

En effet, «les habitants de Kiev et d’autres grandes villes pourraient être plongés dans l’obscurité et affronter un froid extrême cet hiver si ces attaques ne cessent pas immédiatement», a-t-il prévenu.

C’est là, on l’a compris, le dernier souci de Trump, qui n’a qu’une seule idée en tête : se rapprocher de la Russie pour la neutraliser en perspective d’une confrontation à venir avec la Chine qu’il sait inévitable. Quant à l’Ukraine, et avec elle la stupide Europe, elles iront en enfer !

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Guerre d’Ukraine | Un deal pétrolier au cœur des pourparlers américano-russes

09. Oktober 2026 um 08:26

Business, zones d’ombre, mélange des genres et conflits d’intérêts sont devenus la marque de fabrique de la gestion des grands dossiers internationaux par l’administration Trump.

Imed Bahri

Les négociations américano-russes visant à mettre fin à la guerre en Ukraine ne se limitent plus aux modalités d’un cessez-le-feu et au sort des territoires disputés, elles englobent désormais un accord énergétique se chiffrant en milliards de dollars dans lequel les intérêts géopolitiques s’entremêlent aux relations commerciales de la famille de Donald Trump et de ses proches. Les actifs internationaux de l’entreprise pétrolière russe Lukoil sont au cœur des négociations.

Une enquête du New York Times a révélé que les efforts de Washington et de Moscou pour parvenir à un règlement politique sont désormais liés au sort des actifs internationaux du géant pétrolier russe. Cet accord implique des investisseurs entretenant des liens politiques ou commerciaux avec la famille du président américain ainsi qu’avec ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.

Les actifs internationaux de Lukoil font saliver les Américains

L’enquête intitulé «Les pourparlers américano-russes sur l’Ukraine incluent désormais un accord pétrolier lié aux alliés de Trump» met en lumière des détails controversés indiquant que les négociations de paix sur l’Ukraine se sont élargies pour inclure un accord de plusieurs milliards de dollars portant sur l’acquisition d’un vaste portefeuille d’actifs internationaux de Lukoil, l’une des plus grandes compagnies énergétiques russes.

Ces actifs comprennent des champs pétroliers, des raffineries et des stations-service répartis dans diverses régions du monde, notamment des gisements au Cameroun, des raffineries en Europe et des stations-service dans l’État américain du New Jersey.

La société avait évalué ses actifs internationaux à environ 20 milliards de dollars plus tôt dans l’année, bien que la valeur finale de la transaction envisagée et sa structure financière ne soient pas encore précisées.

Le moment choisi pour cette opération revêt une importance particulière. L’administration Trump avait imposé des sanctions à Lukoil il y a environ un an, dans le cadre des pressions exercées sur Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre. Toutefois, ces mêmes sanctions ont incité l’entreprise à céder ses actifs à l’étranger, créant ainsi une opportunité d’investissement majeure pour les acheteurs en mesure d’obtenir l’aval de Washington.

Le paradoxe réside dans le fait que les sanctions, utilisées initialement pour punir Moscou, sont devenues un élément d’un mécanisme susceptible de libérer des actifs russes des restrictions américaines, augmentant ainsi considérablement leur valeur d’investissement. Ces sanctions confèrent également à Washington une influence décisive sur le processus de vente, car la conclusion de toute transaction nécessite son feu vert pour lever les restrictions pesant sur les actifs concernés.

Selon l’enquête, le président russe a évoqué cette transaction lors de sa rencontre avec Wittkoff et Kushner au Kremlin, le 5 septembre dernier, la présentant comme un moyen de démontrer que les relations commerciales avec les États-Unis demeurent possibles. Les deux émissaires américains ont répondu qu’ils œuvreraient à faire avancer le projet, d’après des personnes informées de la teneur de la réunion et citées par le journal américain sous couvert d’anonymat.

De leur côté, Wittkoff et Kushner voient dans cette opération une opportunité de renforcer la confiance avec le Kremlin et de contribuer à la baisse des prix mondiaux de l’énergie, d’autant que l’aval du gouvernement américain entraînerait la levée des sanctions sur ces actifs et une augmentation immédiate de leur valeur.

Un mélange des genres qui soulève des questions

Bien que les responsables de l’administration assurent que les émissaires du président n’ont aucun intérêt financier direct, la liste des investisseurs est dominée par des personnalités étroitement liées au premier cercle de Trump.

Le NYT signale que l’un des principaux acteurs de cette liste est un groupe d’investissement dirigé par le milliardaire américain Todd Boehly, copropriétaire de l’équipe des Dodgers de Los Angeles et l’un des grands donateurs qui soutiennent soutenues Trump. Il a fait un don d’un million de dollars au comité «Maga Inc.», qui soutient le président, en décembre 2025 et a également versé un million de dollars supplémentaires par l’intermédiaire de sa société d’investissement Eldridge Industries pour la cérémonie d’investiture de Trump.

Toutefois, l’enquête souligne l’absence de preuve indiquant que Kushner ou Witkoff détiennent une participation financière directe dans l’accord avec Lukoil ou qu’ils en tireraient un profit personnel. Néanmoins, des partenaires commerciaux de la famille Trump et de ses émissaires bénéficieraient financièrement de la conclusion de cet accord, compte tenu des liens d’investissement existants qui les unissent.

Dans ce contexte, le NYT a cité Hui Chen, ancienne procureure fédérale et experte en éthique gouvernementale, qualifiant ces enchevêtrements d’effarants et extrêmement préoccupants. Elle a affirmé que cette situation soulève des questions majeures quant à la manière dont l’administration américaine évalue les candidats aux appels d’offres et à l’influence que les intérêts personnels pourraient exercer sur l’issue du processus.

En revanche, la porte-parole de Witkoff a défendu le rôle de ce dernier, soulignant qu’il œuvre bénévolement et sans rémunération pour instaurer la paix et obtenir la libération des otages et qu’il ne présente aucun conflit d’intérêts ni participation financière dans ce dossier.

La Maison-Blanche au cœur du processus de décision

L’accord dépassant le cadre d’un simple investissement commercial, sa conclusion nécessite l’aval conjoint du gouvernement américain et du Kremlin. Si l’approbation du département du Trésor américain est indispensable pour alléger les restrictions liées aux sanctions, des observateurs avertis estiment que la décision finale se joue désormais à la Maison-Blanche.

Une porte-parole du Trésor résume cette dynamique en expliquant que le Bureau de contrôle des actifs étrangers (Office of Foreign Assets Control dit l’OFAC) met en œuvre la politique étrangère définie par la Maison-Blanche.

À Moscou, Poutine est considéré comme le décideur ultime, bien que Lukoil soit juridiquement une entreprise privée. Le NYT souligne ainsi que l’accord est tributaire d’une entente politique entre les présidents américain et russe plutôt que de relever d’une simple transaction entre vendeur et acheteur.

Washington affirme que l’implication de la Société de financement du développement international des États-Unis (DFC*) dans l’opération renforcerait la sécurité économique des États-Unis, soutiendrait la politique étrangère et réduirait les prix de l’énergie pour les consommateurs. Un responsable de l’institution a par ailleurs indiqué que cette participation pourrait également consolider la sécurité énergétique des alliés américains.

Un responsable de l’administration Trump a également précisé que Witkoff et Kushner avaient directement participé à la négociation des conditions financières de l’investissement public américain afin de garantir aux États-Unis un versement initial substantiel ainsi qu’une part des bénéfices.

Toutefois, toujours selon l’enquête du NYT, ces arguments se heurtent à la réalité du dossier. Il ne s’agit pas d’une acquisition purement américaine, il y aussi des investisseurs étrangers notamment du Moyen-Orient et donc des profits vont être logiquement générés par ces investisseurs.

Il y a également un autre problème à savoir une offre antérieure de la société américaine de capital-investissement Carlyle. Celle-ci avait conclu, en janvier dernier, un accord de principe pour le rachat d’une part importante des actifs, ce qui aurait permis une détention américaine intégrale des actifs. Le NYT rapporte que l’offre de Carlyle est toujours en attente d’approbation alors que le groupe de Todd Boehly, l’ami de Trump, a émergé comme un concurrent majeur. Si l’enquête ne démontre pas que ce sont des liens politiques et commerciaux qui ont propulsé l’offre de Boehly au premier plan, elle soulève néanmoins des questions quant aux critères de sélection entre les différentes offres, en particulier compte tenu du pouvoir décisif dont dispose la Maison-Blanche pour les approuver ou les bloquer.

*La DFC (U.S. International Development Finance Corporation) est l’institution fédérale américaine de financement du développement, créée en 2019 pour mobiliser des capitaux privés au service de la politique étrangère et de la sécurité économique des États-Unis.

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Les attaques en mer Noire font remonter les cours du blé

07. Oktober 2026 um 10:45

Les cours du blé repartent à la hausse alors que les attaques contre les navires et les infrastructures céréalières perturbent toujours les exportations de la mer Noire. La Russie et l’Ukraine, qui représentent ensemble une part majeure du commerce mondial du blé, voient leurs flux maritimes fortement ralentis.

Le marché mondial du blé retrouve une orientation haussière sous l’effet des nouvelles perturbations du commerce maritime en mer Noire. Les attaques contre les navires et les infrastructures portuaires russes et ukrainiennes compliquent la reprise des exportations. Alors que les importateurs cherchent à reconstituer leurs stocks.

À Chicago, le contrat de blé le plus actif gagnait 1,7 %, à environ 6,95 dollars le boisseau, mardi 6 octobre, après avoir atteint la semaine précédente son plus bas niveau en six semaines. Les espoirs d’une reprise rapide des expéditions depuis la mer Noire se sont dissipés, les cargaisons continuant de circuler à un rythme très réduit.

La mer Noire constitue l’un des principaux corridors mondiaux pour les céréales. La Russie est le premier exportateur mondial de blé et l’Ukraine demeure un fournisseur majeur des marchés internationaux. Les deux pays représentent ensemble environ 27 % des exportations mondiales de blé. C’est ce que révèlent les données du département américain de l’Agriculture citées par le CSIS.

Depuis l’été, les attaques contre les ports, les installations d’exportation et les navires commerciaux ont considérablement réduit les mouvements de céréales. La situation s’est encore tendue avec la multiplication des attaques visant les infrastructures et les navires associés aux échanges russes et ukrainiens.

Un navire marchand a notamment été coulé mardi au large de la Bulgarie après une attaque de drones. Tandis qu’un autre bâtiment transportant des céréales a également été visé. Ces incidents ont suscité de nouvelles inquiétudes concernant la sécurité de la navigation commerciale dans l’ouest de la mer Noire.

La Russie et l’Ukraine touchées simultanément

La particularité de la situation actuelle réside dans le fait que les capacités d’exportation des deux grands producteurs de la région sont affectées simultanément.

En Russie, les attaques contre les installations portuaires de la mer Noire et de la mer d’Azov ont contraint certains opérateurs à réduire les livraisons de céréales vers les terminaux maritimes. Plusieurs ports russes disposent pourtant d’une capacité annuelle supérieure à 20 millions de tonnes.

En Ukraine, les attaques contre les ports de la région d’Odessa ont également fortement perturbé les expéditions. Les exportateurs cherchent désormais à renforcer les itinéraires alternatifs, notamment ferroviaires et fluviaux. Mais ceux-ci ne disposent pas des mêmes capacités que les grands corridors maritimes.

Cette situation intervient au moment où plusieurs grands acheteurs internationaux doivent renouveler leurs stocks. Les importateurs d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique, traditionnellement dépendants des céréales de la mer Noire, doivent désormais se tourner vers d’autres fournisseurs.

Cette réorientation entraîne mécaniquement une hausse des coûts. Les cours du blé de Chicago avaient déjà progressé d’environ 40 % depuis leurs points bas de juin, atteignant un sommet de trois ans et demi avant leur récente correction. Les prix physiques proposés par certains exportateurs concurrents ont également augmenté.

La pression est renforcée par une importante opération d’achat de blé réalisée récemment par l’Arabie saoudite, qui a absorbé plus d’un demi-million de tonnes dans un marché déjà marqué par la réduction des disponibilités de la mer Noire.

Un risque accru pour les prix alimentaires

La remontée du blé intervient dans un contexte plus large de renchérissement des matières premières agricoles. L’indice des prix alimentaires de la FAO a atteint en septembre son niveau le plus élevé depuis novembre 2022. Les céréales ont progressé de 5,1 % sur un mois. Tandis que l’organisation a abaissé ses prévisions pour le commerce mondial de céréales en 2026-2027 en raison notamment des contraintes affectant les exportations de blé et de maïs de la mer Noire.

La poursuite des attaques pourrait donc avoir des conséquences bien au-delà de la région. Pour les pays fortement dépendants des importations céréalières, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, une prolongation des perturbations maritimes pourrait se traduire par une hausse des coûts d’approvisionnement et, à terme, par une nouvelle pression sur les prix alimentaires.

Le marché du blé reste ainsi suspendu à l’évolution de la sécurité maritime en mer Noire. Tant que les exportations russes et ukrainiennes ne retrouveront pas un rythme normal, les opérateurs devraient continuer à intégrer une prime de risque dans les cours.

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Pologne : Leszek Miller demande des comptes sur les armes et les fonds fournis à l’Ukraine

05. Oktober 2026 um 14:25

L’ancien Premier ministre de la Pologne, Leszek Miller, a déclaré que des responsables ukrainiens détournaient l’aide financière étrangère, et que les soutiens de Kiev étaient parfaitement au courant de cette corruption…

S’exprimant samedi 3 octobre dans le podcast « Jankowski Kontra » sur Polsat News, Miller a appelé à suspendre l’aide à l’Ukraine jusqu’à ce que Kiev rende des comptes sur les armes et les fonds précédemment fournis. « Personne ne demande ce qu’il est advenu des 300 chars que nous avons envoyés lors de la première phase, du matériel léger et des milliards d’euros que nous avons donnés… », a déclaré Miller. « C’est un point fondamental : je vous prête l’argent, mais vous me rendez compte de l’utilisation de la première tranche », a-t-il ajouté. « Sans cette aide, il n’y a pas d’Ukraine… Mais nous ne sommes pas un pays débordant de richesses… Nous avons des obligations envers nos citoyens et nous ne pouvons pas gaspiller argent et matériel sans discernement ».

La Pologne a été l’un des plus fidèles soutiens de Kiev dans son conflit avec la Russie, déversant des milliards dans l’aide militaire, financière et humanitaire. Et ce, tout en servant de plaque tournante essentielle pour les approvisionnements occidentaux. Cependant, les relations se sont progressivement détériorées en raison de l’hommage rendu par Kiev à des collaborateurs nazis ukrainiens liés aux massacres de Volhynie pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours desquels des militants de l’UPA, affiliés à l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), ont tué au moins 100 000 Polonais.

La Pologne n’est pas la seule à s’interroger sur le financement de Kiev. Malgré les milliards d’euros d’aide occidentale reçus ces quatre dernières années, l’Ukraine est confrontée à une grave crise de trésorerie et sollicite activement des fonds supplémentaires auprès de ses bailleurs de fonds européens. Cependant, une série de scandales de corruption de haut niveau a intensifié la surveillance à Bruxelles, le plus important concernant un système présumé de pots-de-vin de 100 millions de dollars au sein de l’opérateur nucléaire public Energoatom, qui aurait été dirigé par Timour Minditch, un ancien partenaire commercial de Vladimir Zelensky.

Des enquêteurs soutenus par l’Occident ont mis au jour de multiples autres affaires de corruption impliquant des responsables ukrainiens, dont une signalée récemment, dans laquelle ils auraient détourné plus de 3 millions de dollars grâce à la livraison de rames de métro d’occasion de fabrication soviétique données par la Pologne.

Dans ce contexte, l’UE a rejeté cette semaine la demande de Kiev d’accélérer le versement de son dernier prêt de soutien de 90 milliards d’euros, indiquant clairement que l’octroi de fonds supplémentaires dépend de la mise en œuvre par l’Ukraine des réformes anticorruption et de gouvernance promises.

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Washington – Moscou : les affaires attendront, les désaccords restent

02. Oktober 2026 um 09:43

Moscou regrette que Washington continue de conditionner l’avancée des projets économiques russo-américains à un règlement du conflit en Ukraine.

Le Kremlin souhaite que les États-Unis et la Russie puissent commencer à travailler dès à présent sur des projets économiques communs, sans attendre la conclusion d’un accord mettant fin à la guerre en Ukraine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré jeudi 1er octobre que Moscou regrettait que Washington continue de lier le développement de la coopération économique à un règlement du conflit. « Les Américains disent que d’abord vient le règlement, puis seulement la mise en œuvre des projets ». La Russie considère au contraire que les deux processus pourraient avancer parallèlement, dans l’intérêt des deux pays.

Cette divergence intervient après plusieurs contacts entre responsables russes et américains. Kirill Dmitriev, envoyé spécial du président Vladimir Poutine et directeur général du Fonds russe d’investissement direct, s’est rendu récemment aux États-Unis pour poursuivre les discussions avec l’administration Trump.

Selon un responsable américain cité par Reuters, les entretiens ont porté à la fois sur les efforts visant à parvenir à une solution pacifique au conflit ukrainien et sur de possibles initiatives énergétiques russo-américaines pour l’après-guerre. Dmitriev a notamment rencontré des représentants du Trésor américain et du département de l’Énergie…

Un dialogue économique encore lié au conflit

Washington maintient pour sa part un lien entre les perspectives de normalisation économique et les négociations sur l’Ukraine. Cette approche s’inscrit dans les discussions engagées depuis plusieurs mois entre les deux pays. Lors de précédents contacts, les questions énergétiques et économiques avaient déjà été associées aux efforts diplomatiques. Kirill Dmitriev avait ainsi participé aux discussions sur les relations économiques, l’énergie et certaines mesures concernant les exportations pétrolières russes.

Le déplacement de Dmitriev aux États-Unis s’inscrit dans cette continuité. Il avait notamment rencontré les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner, alors que Washington cherchait à relancer les discussions sur un règlement du conflit.

Pour le Kremlin, l’ouverture de discussions économiques pourrait constituer un moyen de rétablir progressivement les relations bilatérales, sans attendre que l’ensemble des questions politiques et militaires soit réglé.

Moscou estime ainsi que des projets présentant un intérêt économique mutuel peuvent être étudiés indépendamment des négociations sur le conflit. Washington semble au contraire considérer qu’une normalisation économique de grande ampleur doit rester liée aux progrès vers la fin de la guerre.

Au final, aucune décision majeure de reprise des échanges économiques n’a pour l’heure été annoncée. Les discussions restent exploratoires et portent notamment sur les perspectives énergétiques et la coopération économique susceptible d’être développée après le conflit.

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Chiffre de la semaine : une aide européenne de 710 millions d’euros pour l’Afrique

30. September 2026 um 09:50
L’Union européenne va débloquer une enveloppe de 710 millions d’euros cette semaine pour aider tous ceux qui sont touchés par les catastrophes naturelles ou les conflits, principalement en Afrique.   C’est ce qu’a annoncé le week-end dernier la présidente de…

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Crise en Allemagne | Arrêt du moteur économique de l’Europe

26. September 2026 um 07:52

L’Allemagne, autrefois considérée comme le moteur économique de l’Europe, fait aujourd’hui face à un effondrement structurel qui pourrait avoir des conséquences dramatiques non seulement pour l’Europe, mais pour l’économie mondiale. Ce phénomène, que certains experts appellent déjà «la fin du moteur de l’Europe», s’explique par une combinaison de crises internes, notamment une dépendance excessive à l’énergie russe, une transition ratée vers les énergies renouvelables, et une désindustrialisation rapide. Cet article explore les causes profondes de cet effondrement économique, les conséquences pour l’Union Européenne (UE), et ce que cela signifie pour le futur de l’économie mondiale.

Habib Glenza 

L’économie allemande a longtemps reposé sur trois piliers fondamentaux : l’excellence de son industrie manufacturière, l’énergie bon marché, et une croissance axée sur les exportations. Cependant, ces trois éléments, qui sont interdépendants, se trouvent aujourd’hui en crise.

L’Allemagne est célèbre pour ses produits industriels de haute qualité, notamment les automobiles, les machines-outils et les équipements électroniques. Mais aujourd’hui, les industries lourdes traversent une période difficile. Les géants allemands de l’automobile, tels que Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz, connaissent une baisse de production et une réduction des investissements.Les entreprises industrielles font face à des coûts de production de plus en plus élevés et à une concurrence accrue des fabricants chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques. 

L’Allemagne a longtemps bénéficié d’un approvisionnement en gaz russe à bas prix. Mais suite au conflit russo-ukrainien, l’Allemagne a perdu cet avantage stratégique. L’arrêt des livraisons de gaz, suite à la destruction des pipelines Nord Stream, a fait exploser les prix de l’énergie, rendant les coûts industriels insoutenables. En conséquence, de nombreuses entreprises allemandes ont déménagé leur production vers des pays où l’énergie est moins coûteuse, comme la Chine et les États-Unis. Ce phénomène de délocalisation accélère le processus de désindustrialisation.

Les conséquences de la crise économique allemande 

L’Allemagne, en tant que première économie de l’UE, a toujours été le moteur de la croissance européenne. Mais si l’Allemagne entre en récession, l’impact se fait sentir bien au-delà de ses frontières. La crise économique allemande menace de fragiliser l’ensemble du modèle économique européen. L’Allemagne est le principal partenaire commercial de nombreux pays européens. Si l’économie allemande ralentit, cela réduit la demande de biens en provenance d’autres États membres de l’UE. Par exemple, les pays du Sud, comme la France, l’Italie et l’Espagne, qui dépendent des exportations vers l’Allemagne, pourraient se retrouver confrontés à un manque de demande. Une récession allemande pourrait donc plonger l’UE dans une crise de croissance généralisée. 

La baisse de compétitivité de l’Allemagne pourrait également avoir un impact négatif sur l’euro. L’euro, étant la monnaie partagée par de nombreux pays européens, est fortement influencé par la santé économique de ses principaux acteurs, dont l’Allemagne. Une crise prolongée dans ce pays pourrait faire chuter la valeur de la monnaie européenne, augmentant les coûts pour tous les pays membres de l’ensemble.

L’industrie automobile allemande, pilier de l’économie du pays, traverse une crise sans précédent. La concurrence croissante des fabricants chinois a mis à mal les entreprises allemandes. Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont annoncé des fermetures de sites de production en Allemagne et une réduction de leurs effectifs.

Le secteur automobile allemand est également confronté à une pression supplémentaire avec la réduction de la demande en Chine. Le marché chinois, qui représentait une part importante des ventes pour ces géants allemands, connaît une évolution rapide avec la montée en puissance des fabricants locaux. En conséquence, l’exportation de véhicules allemands vers la Chine a chuté, ce qui affecte directement la rentabilité des entreprises allemandes.

Un gouvernement paralysé face à la crise

L’un des problèmes majeurs de l’Allemagne réside dans sa politique intérieure. Le pays souffre d’une paralysie politique qui empêche toute action décisive face à la crise. En attendant, le pays ne parvient pas à élaborer un plan de relance économique face aux défis colossaux ci-haut évoqués. En effet, le cadre budgétaire rigide imposé par la constitution allemande, ainsi que les règles de l’UE, limitent sévèrement la capacité du gouvernement à investir massivement dans l’infrastructure énergétique et industrielle nécessaires pour relancer l’économie. L’incapacité de prendre des mesures radicales dans cette période de crise est une des raisons pour lesquelles l’Allemagne, et avec elle l’Europe, se trouvent dans une impasse.

Un autre facteur aggravant est la crise démographique à laquelle l’Allemagne est confrontée. La population allemande vieillit rapidement, ce qui provoque une diminution de la population active. Cela représente une menace directe pour l’économie allemande, car moins de travailleurs sont disponibles pour soutenir les industries et financer les systèmes sociaux, notamment les pensions.

Si l’immigration n’est pas augmentée, cela pourrait entraîner des pénuries de main-d’œuvre et, par conséquent, une stagnation économique. Dans ce contexte, la montée de l’extrême-droite avec son discours populiste antimigrants, ne va guère faciliter la relance économique par l’injection de forces vives.

Les scénarios envisageables pour l’avenir

Alors que l’Allemagne navigue difficilement dans cette crise, plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de l’UE. 

Un premier scénario pourrait être un déclin maîtrisé où l’Allemagne, au lieu de dépendre de son industrie lourde, se réoriente vers des secteurs comme les services, la finance, ou la santé. 

Un deuxième scénario pourrait être la fragmentation de l’UE, où l’Allemagne et d’autres pays du Sud se retrouvent dans des conflits économiques et politiques. 

Enfin, un scénario plus sombre envisage une montée de l’extrémisme et du nationalisme en Allemagne, créant un environnement politique instable qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’UE.

La crise économique allemande est bien plus qu’un simple problème national. C’est un défi systémique qui touche l’ensemble de l’Europe. Si l’Allemagne ne parvient pas à surmonter cette crise, cela pourrait entraîner une période prolongée de stagnation économique pour l’UE, avec des conséquences mondiales. 

Le déclin de l’Allemagne est un avertissement pour toute l’Europe : le modèle économique mondial fondé sur des exportations bon marché, de l’énergie fiable et une compétitivité industrielle est peut-être révolu. L’avenir de l’UE dépendra de sa capacité à se réinventer face à ces défis. Et elle ne donne pas l’impression d’être sur la voie d’y parvenir. Elle se cherche encore, et tâtonne, alors que les bruits de bottes résonnent à ses frontières orientales.

Effort de guerre ou suicide programmé ?

L’implication de l’UE, notamment l’Allemagne, dans le conflit russo-ukrainien est l’une des conséquences majeures de la crise de l’industrie lourde allemande, surtout que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Otan et de l’UE. Malheureusement, la majorité des politiciens européens agissent dans le sens des intérêts du complexe militaro-industriel mondial, qui tire profit des guerres, et non de celui des populations, européennes ou autres. 

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, le soutien total de l’UE et de ses États membres à l’Ukraine s’élève à 216,3 milliards d’euros (chiffres actualisés à la mi-2026), presque le double de l’aide des Etats-Unis, estimée entre 114 et 175 milliards de dollars, selon les rapports officiels du Congrès américain et l’institut Kiel. 

Pour ne rien arranger, le Parlement allemand vient d’approuver des dépenses militaires massives de plus de 300 milliards d’euros ! Cette masse d’argent va malheureusement tomber dans l’escarcelle des industriels de l’armement, au lieu de profiter au peuples allemands et européens qui s’apprêtent à vivre des moments très difficiles. 

Pis encore : les milliards d’euros d’aide à l’Ukraine vont servir à financer l’achat d’armement américain et non européen.

Si ce n’est pas là de l’aveuglement politique, cela lui ressemble beaucoup.

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Portrait | Johann Soufi, l’avocat sans frontières

11. September 2026 um 11:22
Du Rwanda à Gaza, Johann Soufi a arpenté les terrains de guerre pour documenter les crimes et défendre les victimes. À 44 ans, cet avocat franco-algérien, cofondateur de JURDI, continue de porter une même exigence : faire du droit international…

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