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Les USA financent un centre militaire naval tunisien à Bizerte

27. September 2026 um 12:20

Les États-Unis ont attribué à la société turque Biltek Uluslararasi Insaat Limited Sirketi un contrat de 998 000 dollars pour la troisième phase du Maritime Center of Excellence (MCOE), actuellement en construction sur la base navale tunisienne de Bizerte.

Selon l’agence Ansa, l’attribution du marché a été publiée le 22 septembre sur SAM.gov par le Department of the Navy, par l’intermédiaire du Naval Facilities Engineering Systems Command Europe Africa Central (Navfac Euracent).

L’Award Notice ou avis d’attribution, relatif au contrat N33191-26-C-0010, précise que Biltek a remporté le marché à l’issue d’une procédure concurrentielle à prix fixe.

La phase III prévoit une tour d’entraînement à la descente en rappel et aux opérations en hauteur, ainsi qu’une zone d’atterrissage pour hélicoptères. L’appel d’offres inclut également, en option, une installation pour véhicules et embarcations ainsi qu’une rampe de mise à l’eau avec ponton. Ce centre est destiné à l’entraînement des commandos et des forces spéciales navales tunisiennes et s’inscrit dans le cadre des programmes américains de renforcement des capacités des partenaires (Building Partner Capacity).

Washington et Tunis visent également à en faire un pôle régional pour des activités et des exercices multinationaux.

Biltek avait déjà été chargée, en 2024, de réaliser une première tranche du complexe, comprenant une zone d’entraînement au combat rapproché, des champs de tir, un parcours d’obstacles et des installations pour embarcations.

En juin, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, avait présenté ce projet comme l’un des moyens de renforcer la capacité opérationnelle des forces navales d’élite ainsi que le rôle de la Tunisie en tant que centre régional de formation militaire.

Ce même mois, le commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, l’amiral George Wikoff, avait visité le centre en construction à Bizerte.

I. B.

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Guerre contre l’Iran : Trump rejette le plan de Téhéran, de nouvelles frappes envisagées après les élections

27. September 2026 um 01:43

Donald Trump a rejeté la proposition iranienne visant à instaurer une trêve temporaire et à rouvrir le détroit d’Ormuz, alors que des responsables américains évoquent la possibilité d’une reprise des frappes contre l’Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Le président américain a confirmé publiquement avoir écarté le plan présenté par Téhéran. L’Iran affirme toutefois ne pas avoir encore reçu de rejet formel transmis par les médiateurs et continue de défendre une issue négociée au conflit.

La proposition iranienne prévoyait notamment un cessez-le-feu de sept jours, la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise de négociations sur le programme nucléaire. En contrepartie, Téhéran demandait notamment la levée du blocus naval américain sur ses ports et des dérogations aux sanctions touchant ses exportations pétrolières.

L’après-élections dans les calculs de Washington

Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains, Donald Trump aurait indiqué à ses collaborateurs qu’il considérait comme probable une nouvelle campagne de frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat.

Aucune décision publique n’a cependant été annoncée en ce sens. Les responsables cités précisent que la position du président américain peut encore évoluer.

Le calendrier électoral est néanmoins entré ouvertement dans le dossier. Donald Trump avait déjà déclaré le 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, qu’un accord avec l’Iran pourrait selon lui intervenir après les élections du 3 novembre. Il estimait que Téhéran attendait d’en connaître les résultats avant d’avancer dans les négociations.

Le rejet de la proposition iranienne ne signifie donc pas nécessairement la fermeture immédiate des canaux diplomatiques.

Téhéran maintient son offre

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que son pays attendait toujours une réponse américaine formelle transmise par les intermédiaires.

Malgré les déclarations publiques de Donald Trump, Téhéran continue ainsi de présenter sa proposition comme étant sur la table et affirme privilégier une solution négociée.

Un autre obstacle majeur demeure toutefois le dossier nucléaire. Un haut responsable iranien a indiqué que Téhéran n’entendait pas renoncer à ses droits nucléaires dans le cadre d’un éventuel accord, notamment concernant l’enrichissement de l’uranium.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a également affirmé que son pays restait disposé à discuter du nucléaire et d’autres dossiers avec Washington, tout en rejetant toute négociation menée sous la contrainte.

La situation reste ainsi suspendue entre deux scénarios : la poursuite des négociations indirectes autour de la proposition iranienne ou une nouvelle phase militaire après les élections américaines. Pour l’heure, si le rejet du plan par Donald Trump est public, une éventuelle reprise des frappes après le scrutin reste une hypothèse rapportée par des responsables américains et non une décision officiellement annoncée.

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USA, Russie, Ukraine : la diplomatie reprend le dessus

26. September 2026 um 08:25

Les États-Unis ont proposé une nouvelle réunion trilatérale avec la Russie et l’Ukraine afin de poursuivre les discussions sur la fin du conflit. La rencontre pourrait se tenir aux Émirats arabes unis à un niveau technique.

Une nouvelle étape diplomatique pourrait s’ouvrir dans les discussions visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Le Kremlin a indiqué vendredi 25 septembre qu’une réunion réunissant les États-Unis, la Russie et l’Ukraine pourrait avoir lieu prochainement…

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a précisé pour sa part que Washington avait proposé une rencontre au niveau technique, dans un format à trois. Les Émirats arabes unis ont été suggérés comme lieu possible…

Cette initiative intervient après plusieurs échanges entre responsables américains, russes et ukrainiens en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Selon une source citée par Reuters, l’envoyé du président russe, Kirill Dmitriev, a rencontré le 24 septembre les représentants américains Steve Witkoff et Jared Kushner, ayant porté notamment sur les perspectives de coopération économique.

Le choix d’un niveau technique permettrait de reprendre les discussions sans organiser immédiatement une rencontre entre les dirigeants des trois pays. Ce format avait déjà été évoqué par Kiev comme une première étape avant d’éventuelles discussions politiques de plus haut niveau.

Washington cherche à relancer les négociations

La proposition américaine s’inscrit dans une nouvelle séquence diplomatique engagée cette semaine à New York. Zelensky et le président américain Donald Trump se sont entretenus en marge de l’Assemblée générale de l’ONU sur les moyens de parvenir à une désescalade du conflit.

Selon Zelensky, les discussions portent également sur plusieurs mesures susceptibles de réduire les tensions, notamment autour des infrastructures énergétiques et du corridor céréalier de la mer Noire. Washington a parallèlement évoqué la possibilité d’une rencontre trilatérale, d’abord au niveau des équipes techniques…

La perspective de cette réunion ne signifie pas qu’un accord de paix soit acquis. Les positions de Moscou et de Kiev restent éloignées sur plusieurs questions fondamentales, tandis que les combats se poursuivent.

Pour Washington, l’enjeu immédiat est de remettre les trois parties autour d’une même table et d’identifier d’éventuelles mesures de désescalade. Pour Moscou, les discussions menées parallèlement par Kirill Dmitriev avec les responsables américains comportent également un volet consacré aux relations économiques.

La prochaine étape dépendra désormais de la fixation d’une date et de la composition des délégations. Une réunion technique aux Émirats constituerait néanmoins une reprise formelle du dialogue à trois entre Washington, Moscou et Kiev après plusieurs mois de négociations interrompues ou menées séparément.

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Crise en Allemagne | Arrêt du moteur économique de l’Europe

26. September 2026 um 07:52

L’Allemagne, autrefois considérée comme le moteur économique de l’Europe, fait aujourd’hui face à un effondrement structurel qui pourrait avoir des conséquences dramatiques non seulement pour l’Europe, mais pour l’économie mondiale. Ce phénomène, que certains experts appellent déjà «la fin du moteur de l’Europe», s’explique par une combinaison de crises internes, notamment une dépendance excessive à l’énergie russe, une transition ratée vers les énergies renouvelables, et une désindustrialisation rapide. Cet article explore les causes profondes de cet effondrement économique, les conséquences pour l’Union Européenne (UE), et ce que cela signifie pour le futur de l’économie mondiale.

Habib Glenza 

L’économie allemande a longtemps reposé sur trois piliers fondamentaux : l’excellence de son industrie manufacturière, l’énergie bon marché, et une croissance axée sur les exportations. Cependant, ces trois éléments, qui sont interdépendants, se trouvent aujourd’hui en crise.

L’Allemagne est célèbre pour ses produits industriels de haute qualité, notamment les automobiles, les machines-outils et les équipements électroniques. Mais aujourd’hui, les industries lourdes traversent une période difficile. Les géants allemands de l’automobile, tels que Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz, connaissent une baisse de production et une réduction des investissements.Les entreprises industrielles font face à des coûts de production de plus en plus élevés et à une concurrence accrue des fabricants chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques. 

L’Allemagne a longtemps bénéficié d’un approvisionnement en gaz russe à bas prix. Mais suite au conflit russo-ukrainien, l’Allemagne a perdu cet avantage stratégique. L’arrêt des livraisons de gaz, suite à la destruction des pipelines Nord Stream, a fait exploser les prix de l’énergie, rendant les coûts industriels insoutenables. En conséquence, de nombreuses entreprises allemandes ont déménagé leur production vers des pays où l’énergie est moins coûteuse, comme la Chine et les États-Unis. Ce phénomène de délocalisation accélère le processus de désindustrialisation.

Les conséquences de la crise économique allemande 

L’Allemagne, en tant que première économie de l’UE, a toujours été le moteur de la croissance européenne. Mais si l’Allemagne entre en récession, l’impact se fait sentir bien au-delà de ses frontières. La crise économique allemande menace de fragiliser l’ensemble du modèle économique européen. L’Allemagne est le principal partenaire commercial de nombreux pays européens. Si l’économie allemande ralentit, cela réduit la demande de biens en provenance d’autres États membres de l’UE. Par exemple, les pays du Sud, comme la France, l’Italie et l’Espagne, qui dépendent des exportations vers l’Allemagne, pourraient se retrouver confrontés à un manque de demande. Une récession allemande pourrait donc plonger l’UE dans une crise de croissance généralisée. 

La baisse de compétitivité de l’Allemagne pourrait également avoir un impact négatif sur l’euro. L’euro, étant la monnaie partagée par de nombreux pays européens, est fortement influencé par la santé économique de ses principaux acteurs, dont l’Allemagne. Une crise prolongée dans ce pays pourrait faire chuter la valeur de la monnaie européenne, augmentant les coûts pour tous les pays membres de l’ensemble.

L’industrie automobile allemande, pilier de l’économie du pays, traverse une crise sans précédent. La concurrence croissante des fabricants chinois a mis à mal les entreprises allemandes. Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont annoncé des fermetures de sites de production en Allemagne et une réduction de leurs effectifs.

Le secteur automobile allemand est également confronté à une pression supplémentaire avec la réduction de la demande en Chine. Le marché chinois, qui représentait une part importante des ventes pour ces géants allemands, connaît une évolution rapide avec la montée en puissance des fabricants locaux. En conséquence, l’exportation de véhicules allemands vers la Chine a chuté, ce qui affecte directement la rentabilité des entreprises allemandes.

Un gouvernement paralysé face à la crise

L’un des problèmes majeurs de l’Allemagne réside dans sa politique intérieure. Le pays souffre d’une paralysie politique qui empêche toute action décisive face à la crise. En attendant, le pays ne parvient pas à élaborer un plan de relance économique face aux défis colossaux ci-haut évoqués. En effet, le cadre budgétaire rigide imposé par la constitution allemande, ainsi que les règles de l’UE, limitent sévèrement la capacité du gouvernement à investir massivement dans l’infrastructure énergétique et industrielle nécessaires pour relancer l’économie. L’incapacité de prendre des mesures radicales dans cette période de crise est une des raisons pour lesquelles l’Allemagne, et avec elle l’Europe, se trouvent dans une impasse.

Un autre facteur aggravant est la crise démographique à laquelle l’Allemagne est confrontée. La population allemande vieillit rapidement, ce qui provoque une diminution de la population active. Cela représente une menace directe pour l’économie allemande, car moins de travailleurs sont disponibles pour soutenir les industries et financer les systèmes sociaux, notamment les pensions.

Si l’immigration n’est pas augmentée, cela pourrait entraîner des pénuries de main-d’œuvre et, par conséquent, une stagnation économique. Dans ce contexte, la montée de l’extrême-droite avec son discours populiste antimigrants, ne va guère faciliter la relance économique par l’injection de forces vives.

Les scénarios envisageables pour l’avenir

Alors que l’Allemagne navigue difficilement dans cette crise, plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de l’UE. 

Un premier scénario pourrait être un déclin maîtrisé où l’Allemagne, au lieu de dépendre de son industrie lourde, se réoriente vers des secteurs comme les services, la finance, ou la santé. 

Un deuxième scénario pourrait être la fragmentation de l’UE, où l’Allemagne et d’autres pays du Sud se retrouvent dans des conflits économiques et politiques. 

Enfin, un scénario plus sombre envisage une montée de l’extrémisme et du nationalisme en Allemagne, créant un environnement politique instable qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’UE.

La crise économique allemande est bien plus qu’un simple problème national. C’est un défi systémique qui touche l’ensemble de l’Europe. Si l’Allemagne ne parvient pas à surmonter cette crise, cela pourrait entraîner une période prolongée de stagnation économique pour l’UE, avec des conséquences mondiales. 

Le déclin de l’Allemagne est un avertissement pour toute l’Europe : le modèle économique mondial fondé sur des exportations bon marché, de l’énergie fiable et une compétitivité industrielle est peut-être révolu. L’avenir de l’UE dépendra de sa capacité à se réinventer face à ces défis. Et elle ne donne pas l’impression d’être sur la voie d’y parvenir. Elle se cherche encore, et tâtonne, alors que les bruits de bottes résonnent à ses frontières orientales.

Effort de guerre ou suicide programmé ?

L’implication de l’UE, notamment l’Allemagne, dans le conflit russo-ukrainien est l’une des conséquences majeures de la crise de l’industrie lourde allemande, surtout que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Otan et de l’UE. Malheureusement, la majorité des politiciens européens agissent dans le sens des intérêts du complexe militaro-industriel mondial, qui tire profit des guerres, et non de celui des populations, européennes ou autres. 

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, le soutien total de l’UE et de ses États membres à l’Ukraine s’élève à 216,3 milliards d’euros (chiffres actualisés à la mi-2026), presque le double de l’aide des Etats-Unis, estimée entre 114 et 175 milliards de dollars, selon les rapports officiels du Congrès américain et l’institut Kiel. 

Pour ne rien arranger, le Parlement allemand vient d’approuver des dépenses militaires massives de plus de 300 milliards d’euros ! Cette masse d’argent va malheureusement tomber dans l’escarcelle des industriels de l’armement, au lieu de profiter au peuples allemands et européens qui s’apprêtent à vivre des moments très difficiles. 

Pis encore : les milliards d’euros d’aide à l’Ukraine vont servir à financer l’achat d’armement américain et non européen.

Si ce n’est pas là de l’aveuglement politique, cela lui ressemble beaucoup.

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États-Unis : la Fed prépare le terrain à une nouvelle hausse des taux

25. September 2026 um 17:25

La Réserve fédérale (Fed) devra probablement relever à nouveau ses taux d’intérêt pour freiner l’inflation, qui demeure à un niveau inacceptable, affirment deux responsables de la Banque centrale.

« Ramener l’inflation à 2 % est une priorité absolue, et je soutiendrai une politique monétaire qui nous permettra d’atteindre cet objectif, tout en évaluant soigneusement les risques pour le marché du travail », a déclaré Anna Paulson, présidente de la Réserve fédérale de Philadelphie, lors d’une conférence organisée jeudi 24 septembre.

Paulson, qui dispose de droits de vote au sein du Comité fédéral de l’open market (FOMC), a qualifié l’inflation de « toujours élevée » et a noté que « si les conditions évoluent comme je le prévois, un léger resserrement supplémentaire » de la politique monétaire pourrait être justifié.

Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a lui aussi partagé ce point de vue à Londres, laissant ouverte la possibilité d’un resserrement de la politique monétaire. Faisant référence aux prévisions des responsables de la Fed publiées la semaine dernière, qui prévoyaient une nouvelle hausse des taux, il a déclaré : « Il est possible qu’une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année soit justifiée. Cela me semble une hypothèse raisonnable. »

Les déclarations de Paulson et Williams interviennent un peu plus d’une semaine après que la Fed a décidé de relever son taux directeur de 25 points de base, le portant à une fourchette de 3,75 % à 4 %, afin de freiner la forte inflation qui menace de saper la confiance du public dans la capacité de la banque centrale à ramener l’indice à son objectif de 2 %.

Après la dernière réunion de la Réserve fédérale ,Kevin Worth a déclaré que « notre priorité absolue est la stabilité des prix, un aspect essentiel de notre mandat. Force est de constater que l’inflation est trop élevée et qu’elle se maintient à ces niveaux depuis trop longtemps. »

Contrairement aux projections des responsables de la Fed, qui prévoient une nouvelle hausse des taux en 2026, les marchés à terme anticipent un cycle de hausses nettement plus long.

L’inflation au centre des préoccupations

Des responsables de la Fed, s’exprimant jeudi, ont affirmé que la banque centrale n’avait pas besoin de trouver un équilibre particulièrement difficile entre ses deux principaux objectifs, à savoir la stabilité des prix et l’emploi. Comme ils l’ont souligné, l’économie américaine reste solide, ce qui permet à la Fed de se concentrer sur la lutte contre l’inflation.

« La situation actuelle aux États-Unis indique que l’activité économique croît à un rythme soutenu et que le marché du travail se maintient proche du plein emploi. Toutefois, l’inflation reste élevée », a déclaré Beth Hammack, présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, lors de l’ouverture d’une conférence organisée par la banque régionale.

« Les perspectives d’inflation restent caractérisées par une forte incertitude, avec des risques orientés à la hausse », a-t-il noté, avertissant que « plus l’inflation élevée persiste, plus il sera difficile et coûteux de la contenir ». Hammack, qui compte parmi les plus fervents partisans des hausses de taux d’intérêt au sein de la Fed, n’a pas évoqué les perspectives de la politique monétaire lors de son discours.

Il a toutefois expliqué que le maintien prolongé de l’inflation au-dessus de 2 % limite la capacité de la banque centrale à considérer comme temporaires certains facteurs qui, dans des circonstances normales, pourraient être considérés comme transitoires.

L’inflation, calculée à partir de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), s’établissait à 3,7 % en juillet sur une base annuelle. Une part importante des pressions inflationnistes est attribuée aux effets des droits de douane imposés par l’administration du président Donald Trump sur le commerce, ainsi qu’à la forte hausse des coûts de l’énergie liée à la guerre israélo-américaine contre l’Iran.

« Lorsque l’environnement est plus vulnérable aux chocs, ou lorsque les chocs se succèdent dans une période où l’inflation est restée élevée pendant des années, le risque qu’une mentalité inflationniste s’enracine augmente », a averti Hammack.

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Diesel : Bruxelles tente d’infléchir l’intention de Washington

25. September 2026 um 14:30

Des responsables de l’UE ont averti jeudi 24 septembre que le projet américain d’interdire les exportations de diesel pendant 90 jours pourrait avoir un impact significatif sur les marchés européens…, rapporte Politico.

« L’Union européenne suit avec inquiétude les informations faisant état d’un projet américain d’interdire les exportations de diesel, y compris vers l’UE », a déclaré Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, à des journalistes en réponse à une question de Politico. « Toute perturbation risque d’avoir des répercussions négatives sur les deux parties. »

Lire aussi: L’interdiction des exportations de diesel par Washington inquiète les raffineurs

Dans ce contexte, « des contacts de haut niveau sont en cours entre l’Union européenne et l’administration américaine », tandis que l’UE attend de ses « partenaires proches qu’ils se consultent avant de prendre des mesures affectant les marchés communs », a-t-il ajouté.

Gill a refusé de donner des détails sur le contenu des discussions, mais a déclaré qu’« il y a des voix fortes — et là-bas [aux États-Unis] — qui pensent que toute interdiction proposée de ce genre serait une très mauvaise idée ».

Les importations de diesel de l’UE en provenance des États-Unis ont fortement augmenté ces derniers mois, le bloc important désormais environ 57 % de son diesel des États-Unis.

L’interdiction de 90 jours prévue, dans un contexte d’inquiétudes croissantes des agriculteurs américains face à la hausse des prix du carburant, a suscité de vives critiques de la part de l’industrie pétrolière américaine, qui a averti que cette mesure réduirait considérablement l’approvisionnement mondial. Chris Wright, secrétaire à l’Énergie de l’administration Trump, s’est également prononcé contre cette interdiction.

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Xi Jinping à la Maison Blanche : grandes pompes, maigre bilan !

25. September 2026 um 11:08

Le président américain Donald Trump a accueilli en grandes pompes à la Maison Blanche, Xi Jinping, pour un sommet fastueux, riche en symboles mais pauvre en substance.

 

« Trump et Xi ont beaucoup parlé, mais ont obtenu peu de choses, à moins de considérer comme une percée majeure l’annonce par le président chinois de l’envoi de deux pandas géants au zoo d’Atlanta », ironise le magazine américain Foreign Policy, résumant ainsi l’impression laissée par le sommet sino-américain.

Rapports de force

Washington et Pékin ont certes décidé de prolonger leur trêve commerciale jusqu’au 10 janvier – sachant que les deux superpuissances avaient décidé en octobre 2025 de mettre fin à une surenchère de droits de douanes et de mesures commerciales restrictives, qui avait secoué toute l’économie mondiale -, mais l’accord semble davantage confirmer le rapport de forces actuel qu’ouvrir une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays.

D’ailleurs, une partie de la presse américaine estime que Pékin serait même parvenu à imposer ses conditions à un Donald Trump affaibli sur deux fronts : à l’extérieur, par une guerre contre l’Iran qui s’enlise sans issue claire; et à l’intérieur, par une érosion sensible de sa cote de popularité, à quelques mois de midterms qui s’annoncent particulièrement périlleuses pour le président américain.

A part la décision de prolonger la trêve commerciale jusqu’au 10 janvier, les observateurs ne s’attendent guère au terme de cette visite à une percée sur les autres dossiers épineux, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou de l’accès aux terres rares chinoises. Pas davantage de coup d’éclat en perspective sur les sujets diplomatiques les plus sensibles, notamment le soutien militaire américain à Taïwan ou encore le rapprochement stratégique entre Pékin et Téhéran.

Faste protocolaire

Pourtant, lors de cette visite officielle de Xi Jinping aux États-Unis, du 23 au 25 septembre – la première visite du président chinois à la Maison Blanche depuis plus de dix ans et sa troisième rencontre avec Donald Trump depuis que ce dernier est revenu au pouvoir, deux autres pouvant suivre avant la fin de l’année, lors du sommet de l’APEC en Chine et du G20 en Floride -, rien n’a été épargné pour épater  « l’empereur rouge » : accueil solennel sur le tarmac, militaires en grande tenue d’apparat, fanfare, fleurs et survol de bombardiers, dîner d’État, entretien privé autour d’un thé, visite des Archives nationales… Tout a été pensé pour soigner les apparences et marquer le caractère exceptionnel de la visite. Donald Trump espère sans doute reléguer un temps au second plan ses grandes difficultés politiques, tout en satisfaisant son goût du faste protocolaire.

En effet, jeudi 24 septembre, Xi Jinping a eu droit à toute la pompe d’une visite d’État. Une nouvelle cérémonie d’accueil militaire s’est tenue à la Maison Blanche, ponctuée de salves de canon et du survol spectaculaire d’un bombardier B-2, escorté par des chasseurs F-22 Raptor. Le président chinois a ensuite été convié à un dîner de gala réunissant quelques-unes des figures les plus influentes de la tech américaine, parmi lesquelles Sam Altman, patron d’OpenAI, Jensen Huang, dirigeant de Nvidia, et Elon Musk, à la tête de Tesla et SpaceX.

Et que dire du geste protocolaire rarissime : un président américain ne se déplace presque jamais pour accueillir un dirigeant étranger à l’aéroport, d’ordinaire, les chefs d’État étrangers en visite aux États-Unis sont accueillis sur le tarmac par des responsables d’un rang inférieur et ne rencontrent le président américain qu’à leur arrivée à la Maison Blanche. Mais Donald Trump l’a fait mercredi 23 septembre pour accueillir son homologue chinois à son arrivée sur le sol américain, bousculant les usages diplomatiques. Une attention particulière envers celui qu’il présente lui-même comme un dirigeant avec lequel il entretient des « affinités particulières » là où Xi Jinping aborde leur relation avec plus de pragmatisme.

D’ailleurs, n’est-il pas curieux de constater que le milliardaire républicain semble cultiver des « affinités particulières » avec les dirigeants « à poigne » tels le leader maximo nord-coréen Kim Jong-un ou encore Vladimir Poutine, le maître du Kremlin ?

Ces sujets qui fâchent

Toutefois, Pékin et Washington restent confrontés à de multiples sujets de friction. De l’Iran à Taïwan, revendiqué par la Chine mais soutenue militairement par les États-Unis, en passant par l’accès aux minerais stratégiques chinois et la course effrénée à la suprématie dans l’intelligence artificielle, les dossiers de confrontation ne manquent pas entre les deux puissances.

Mais c’est Taïwan qui est le principal sujet de discorde. Ainsi, lors d’un entretien bilatéral jeudi avec son homologue américain, Xi Jinping a exhorté les États-Unis à s’opposer à « l’indépendance de Taïwan ». En effet, la Chine revendique Taïwan, comme faisant partie intégrante de son territoire et n’exclut pas le recours à la force pour en prendre le contrôle.

Rappelons qu’en signe d’apaisement sur ce sujet épineux, Donald Trump avait déclaré après sa visite à Pékin au printemps qu’il suspendait une commande d’armes à Taïwan d’une valeur d’environ 14 milliards de dollars, une décision qui avait suscité l’inquiétude de Taipei, et même de certains républicains proches du président. Ce geste de bonne volonté de la part de Washington serait-il le reflet d’un rapport de force qui aurait basculé en faveur de l’Empire du Milieu ?

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Quand le port en eau profonde d’Enfidha verra-t-il le jour ?  

24. September 2026 um 11:44

Ils sont forts nos ministres quand il s’agit de tirer des plans sur la comète et d’annoncer à cor et à cri des projets délirants auxquels les médias locaux accolent une foison de superlatifs. Quant à les réaliser ensuite, il ne faut tout de même pas trop leur demander à ces chers planificateurs ! Espérons qu’avec le projet du vaste pôle portuaire doté d’une zone logistique de 2 000 hectares, un hub régional entre la Méditerranée et l’Afrique, selon les termes du ministre des Transports, Rachid Amri, nous serions cette fois démentis. Quoique nous n’aimons pas nous bercer d’illusions…

C’est du fameux grand pôle portuaire en eau profonde d’Endidha, dans le gouvernorat de Sousse, dont on annonce la réalisation depuis la fin des années 1990 et qui tarde à sortir des cartons, qu’il s’agit encore une fois. Les Tunisiens s’ennuient et ils n’ont rien à se mettre sous la dent, alors on leur sort ce serpent de mer pour les faire rêver debout et oublier les pénuries quotidiennes qu’ils subissent.

M. Amri, qui parlait lors de l’ouverture à Tunis des «Seaports Days», organisées les 22 et 23 septembre 2026, en collaboration avec l’ambassade des États-Unis, a indiqué, au cas où on l’aurait oublié, que ce vaste pôle portuaire sera adossé à une zone de services logistiques de plus de 2 000 hectares et relié aux réseaux ferroviaire et autoroutier du pays. Ce ne sera pas le Port de Jebel Ali à Dubaï ou Tanger Med au Maroc, mais ça leur ressemblera un peu. Enfin on l’espère bien !

Selon les ministère des Transports, ce programme de développement des infrastructures portuaires vise à «renforcer la position de la Tunisie en tant que plateforme logistique régionale en Méditerranée et porte d’entrée vers les marchés africains.» Pas moins !

Les sept ports maritimes commerciaux tunisiens assurent actuellement environ 98 % du volume des échanges commerciaux du pays avec l’étranger, pour un trafic total de l’ordre de 30 millions de tonnes par an.

Le projet de port en eau profonde d’Enfidha, dont la réalisation a pris plus de vingt ans de retard, est présenté comme l’une des grandes infrastructures prévues dans le Plan de développement 2026-2030. Ce «hub régional entre la Méditerranée et l’Afrique» sera-t-il donc opérationnel dans quatre ans ?

Que le ministre Amri nous pardonne : nous avons appris, dans ce pays où tout semble à l’arrêt depuis 2011, à ne plus croire aux miracles ni aux coups de baguette magique. Nous ne pensons pas qu’il est capable de faire mieux que la vingtaine de ministres qui l’ont précédé au poste et qui ont tous pris la peine de présenter ce projet aux hypothétiques investisseurs étrangers, avec les résultats que l’on sait.

Espérons qu’avec nos amis Américains, qui ont des problèmes avec les détroits d’Ormuz et de Bab El Mandeb, les choses iront beaucoup plus vite !

I. B.

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La flotte secrète qui brise l’emprise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz!

24. September 2026 um 07:36

Les États du Golfe adoptent des tactiques de contrebande autrefois utilisées par Téhéran pour faire passer le pétrole via le détroit d’Ormuz. Des millions de barils transitent chaque jour par le détroit. Un pari risqué mais lucratif. Ces opérations qualifiées de « mécanisme d’adaptation » se poursuivront tant qu’un dénouement à la crise de la navigation n’est pas trouvé. Dans son enquête publiée par le journal britannique The Telegraph, Benedict Smith indique que le pétrolier Singapore Prosperity avait fait escale dans plusieurs ports saoudiens à la mi-août lors de sa traversée du Golfe. Ce navire, d’une longueur équivalente à trois terrains de football, transportait environ deux millions de barils de pétrole brut et se dirigeait vers le détroit d’Ormuz. Soudain, il a disparu ! 

Imed Bahri

Deux jours plus tard, il est réapparu sur les systèmes de suivi maritime près de Fujairah, de l’autre côté du détroit, après la remise en service apparente de son transpondeur.

Théoriquement, cette voie maritime vitale est sous contrôle iranien depuis le début de la guerre avec les États-Unis le 28 février dernier, ce qui donne à Téhéran la capacité d’asphyxier l’économie mondiale et de restreindre les approvisionnements en pétrole mais la réalité est tout autre.

Plusieurs États du Golfe ont lancé une opération secrète pour saper l’emprise de Téhéran sur le détroit que l’Iran revendique comme faisant partie intégrante de son territoire. Ces pays utilisent des «flottes clandestines» pour échapper au contrôle iranien, employant les mêmes tactiques que l’Iran utilisait auparavant pour contourner les sanctions.

Bien que le flux de carburant transitant par le détroit reste loin d’être stable, il a considérablement augmenté depuis le début de ces opérations début mai.

«L’Iran n’est pas aussi puissant qu’il le croit. À court terme, du moins, nous parvenons à gérer la situation», a déclaré Simon Henderson, directeur du programme Politique du Golfe et de l’énergie au Washington Institute.

Comment fonctionne cette opération clandestine ?

Des navires fantômes

La méthode est la suivante : les très grands pétroliers sont trop vulnérables pour naviguer dans le détroit, ce sont donc des navires plus petits, souvent utilisés comme navettes, qui prennent généralement en charge la partie la plus dangereuse du trajet.

Les navires désactivent leur système d’identification automatique (AIS) pour éviter d’être repérés lors de leur traversée de ce passage étroit, qui ne mesure que 34 kilomètres de large à son point le plus étroit.

Dans la plupart des cas, les navires ne se contentent pas de «disparaître» électroniquement, comme on appelle ce procédé, mais transitent également de nuit.

Cependant, certains semblent abandonner cette méthode, car l’augmentation du nombre de traversées rend les heures de nuit insuffisantes.

Après avoir franchi la zone dangereuse, les plus petits navires transfèrent leur cargaison –pétrole brut, produits pétroliers raffinés ou, plus rarement, gaz naturel liquéfié– sur un plus gros navire qui prend le relais pour la dernière étape du voyage.

«Il y a une certaine ironie là-dedans. C’est quasiment la même infrastructure que celle utilisée par les Iraniens pour contourner les sanctions et acheminer leur carburant sur le marché. Certaines de ces tactiques sont désormais employées par les Émirats arabes unis et d’autres États du Golfe», déclare Rachel Ziemba, chercheuse principale au Center for a New American Security.

Naturellement, l’Iran ne tolère aucun manquement à son autorité revendiquée sur cette voie maritime.

En août, les Émirats ont signalé que 15 de leurs navires avaient été attaqués par des missiles et des drones, faisant 20 blessés et un mort.

Au moins deux méthaniers ont également été attaqués en juillet, mais après avoir quitté le détroit, ils ont pu transvaser leur cargaison sur d’autres navires.

L’armée américaine semble avoir apporté son aide lorsque cela était possible, en déployant notamment des avions de chasse pour protéger les méthaniers des missiles et drones iraniens.

Cependant, si cette protection réduit le risque, elle ne peut l’éliminer totalement.

Un pari risqué mais lucratif

    Défier l’Iran et traverser le détroit d’Ormuz est un pari risqué mais, comme souvent, il est extrêmement lucratif, ce qui explique pourquoi les équipages des navires sont prêts à prendre ce risque.

    Pour compenser les coûts d’assurance élevés supportés par les acheteurs, des pays comme l’Irak et le Qatar proposent du pétrole brut à des prix fortement réduits.

    Rory Johnston, fondateur du cabinet d’études de marché Commodity Context, a déclaré : «On part du principe qu’un navire sur 12 ou 15 sera touché par un drone iranien mais on gagne suffisamment d’argent avec les autres».

    Johnston estime que les États du Golfe allait recourir plus tôt à cette pratique mais Washington n’a cessé de promettre que le conflit serait bref, que la menace iranienne ne durerait pas et qu’il se terminerait soit par une victoire militaire décisive, soit par un accord négocié, soit par des pressions économiques. Ces assurances ont retardé le recours à d’autres solutions par les pays producteurs de pétrole.

    Johnston a indiqué que lorsqu’il demandait à ses interlocuteurs pourquoi ils ne prenaient pas le risque de traverser le détroit, ils répondaient : «La Maison-Blanche n’arrête pas de nous dire que ce sera fini la semaine prochaine». Leur patience a fini par s’épuiser.

    «Ce sont les déclarations répétées de la Maison-Blanche, selon lesquelles la crise serait de courte durée, qui ont empêché l’émergence de cette volonté de prendre des risques mais aujourd’hui, je pense que plus personne ne croit la Maison-Blanche», a également déclaré Johnston.

    Selon la société d’analyse de données Kpler, entre 10 et 12 millions de barils de pétrole transitent actuellement chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ la moitié du volume qui y transitait avant la guerre.

    Cependant, ces chiffres fluctuent énormément d’un jour à l’autre.

    Le 7 septembre, selon Johnston, environ 20 millions de barils ont transité par le détroit, mais le 10 septembre, ce nombre était tombé à seulement 3 millions.

    Néanmoins, des pays comme les Émirats ont intensifié leurs opérations. Abou Dhabi affirme exporter environ deux millions de barils par jour via sa compagnie nationale Adnoc.

    Les données de Kpler montrent que les volumes de carburant transitant par le détroit ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la guerre.

    Mécanisme d’adaptation et non solution permanente

    Rachel Zimba estime que ces opérations clandestines ne constituent pas une solution à long terme mais simplement un «mécanisme d’adaptation» à la crise. Or, c’est un mécanisme que l’Iran n’a jusqu’à présent pas été en mesure d’arrêter.

    Téhéran n’est pas parvenu à endiguer l’afflux croissant de carburant à travers le détroit, alimentant les rumeurs selon lesquelles certains responsables seraient payés pour fermer les yeux sur ces opérations de contrebande.

    Simon Henderson estime que l’incapacité de l’Iran à stopper les navires pourrait expliquer en partie pourquoi ses alliés ont eu recours à des drones pour cibler l’oléoduc Est-Ouest saoudien le 10 septembre dernier.

    Actuellement, les combats directs entre les États-Unis et l’Iran ont considérablement diminué, ne laissant place qu’à des escarmouches sporadiques.

    Tant que le rapport risque-bénéfice restera favorable à l’Iran, le flux de carburant transitant par le détroit se poursuivra.

    Ce qui a commencé comme une guerre il y a environ sept mois s’est désormais transformé en un jeu de chiffres et un calcul de probabilités.

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    Fergie Chambers : L’Espagne refuse de bloquer la demande d’extradition américaine

    23. September 2026 um 17:24

    Le gouvernement espagnol a décidé de laisser la justice examiner la demande d’extradition vers les États-Unis de Fergie Chambers, homme d’affaires américain installé en Tunisie et connu notamment pour son soutien financier au Club Africain.

    Réuni mardi 22 septembre 2026, le Conseil des ministres a « autorisé la continuation » de la demande américaine. Le gouvernement avait été appelé par plusieurs formations de gauche à bloquer la procédure à ce stade, mais a choisi de transmettre le dossier à l’Audiencia Nacional.

    Cette décision ne signifie pas que l’Espagne a accepté d’extrader Chambers. La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a insisté sur son caractère procédural. La justice espagnole doit maintenant examiner la demande américaine et les arguments de la défense avant qu’une décision définitive puisse être prise.

    Arrêté à Ibiza depuis le 10 juillet

    Fergie Chambers a été arrêté le 10 juillet 2026 à Ibiza à la demande des États-Unis. Il est depuis détenu en Espagne.

    Washington lui reproche plusieurs opérations financières et réclame son extradition. En août, Webdo avait rapporté le contenu de la notice rouge d’Interpol révélée par le quotidien espagnol El País. Le document mentionnait trois chefs d’accusation : blanchiment d’argent, émeute et complot en vue de provoquer une émeute.

    Le dossier comporte également un important volet tunisien. Parmi les transactions examinées par les autorités américaines figure un transfert d’environ 7,5 millions de dollars vers la Tunisie.

    La défense de Chambers soutient que ces fonds étaient destinés au Club Africain, notamment pour régler des dettes et des salaires et financer des infrastructures. Cette version est contestée dans le cadre du dossier américain et n’a pas été établie par une décision judiciaire.

    Sumar s’oppose à la décision du gouvernement

    L’affaire divise désormais ouvertement la coalition gouvernementale espagnole.

    Les ministres de Sumar ont présenté lors du Conseil des ministres un document contenant leurs arguments juridiques en faveur de l’arrêt de la procédure. Enrique Santiago, député de Sumar et porte-parole d’Izquierda Unida, a ensuite vivement critiqué la position du PSOE.

    Podemos et le BNG ont également demandé au gouvernement espagnol de rejeter l’extradition.

    La défense de Chambers est dirigée par Baltasar Garzón, ancien juge de l’Audiencia Nacional. Après la décision du gouvernement, celui-ci a dénoncé une incohérence de l’exécutif espagnol et soutenu que son client faisait l’objet d’une persécution politique aux États-Unis en raison de son engagement en faveur de la Palestine. Il s’agit de la position de la défense, contestée par les autorités américaines.

    L’Audiencia Nacional doit désormais fixer une audience. Selon Reuters, celle-ci est attendue dans les prochaines semaines.

    Même si la justice espagnole autorise l’extradition, le dossier ne sera pas nécessairement clos : le gouvernement conservera un rôle dans la décision finale.

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    Trump vs les médias américains : un bras de fer à haut risque

    23. September 2026 um 11:10

    Donald Trump face à ses démons. En s’attaquant frontalement à plusieurs médias américains, le président américain a engagé un bras de fer explosif avec la presse, au risque de heurter l’un des piliers de la démocratie américaine.

     

    Les Pères fondateurs de l’Amérique doivent se retourner dans leurs tombes. Ces hommes, qui participèrent à la Révolution américaine, à l’indépendance des États-Unis et à la création de leurs institutions à la fin du XVIIIᵉ siècle et qui avaient fait de la liberté d’expression et de la liberté de la presse le socle de la démocratie américaine, verraient aujourd’hui leur héritage constitutionnel sérieusement malmené.

    Ainsi, le Premier amendement de la Constitution, conçu pour protéger la parole libre des citoyens contre les abus du pouvoir, se retrouve ainsi au cœur d’un bras de fer inédit entre la Maison-Blanche et une partie de la presse américaine.

    Or, en s’attaquant à des médias qu’il accuse de diffuser de « fausses informations », Donald Trump semble avoir franchi une ligne rouge constitutionnelle. Lui qui, Bible à la main, avait juré lors de son investiture de « préserver, protéger et défendre » la Constitution et les lois des États-Unis, semble désormais engagé dans un bras de fer frontal avec une partie de la presse américaine. Car le droit américain encadre strictement la possibilité pour le gouvernement de sélectionner ou d’exclure des journalistes en fonction de leurs opinions ou de leur couverture éditoriale.

    Pied de nez

    En effet, après avoir, le 19 septembre 2026, exclu de la Maison-Blanche des journalistes des chaînes de télévision CNN et MSNOW (anciennement MSNBC) ainsi que le média en ligne Politico «avec effet immédiat», les accusant de diffuser des « fake news », de la « fiction » et des « mensonges », et affirmé qu’il ne voulait plus les voir « dans son bureau », Donald Trump est passé à la vitesse supérieure. Et ce, en lançant sa propre chaîne privée, « Trump TV », une chaîne YouTube qui lui est exclusivement consacrée et disponible 24h/24 et 7j/7. Une manière pour l’imprévisible milliardaire républicain de contourner les médias traditionnels et de s’adresser directement au public.

    « D’autres médias propagateurs de fausses informations suivront », avait prévenu le président républicain. Une menace qui intervient dans un contexte politique particulièrement difficile pour Donald Trump, à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre. Sa cote de popularité s’est récemment dégradée, sur fond de mécontentement croissant face au coût de la vie et à la hausse des prix du carburant.

    La guerre en Iran, qui se prolonge depuis plusieurs mois sans issue clairement en vue, pèse également sur son bilan aux yeux d’une partie de l’opinion américaine.

    Fronde

    Mais c’était sans compter sur le sursaut de la presse américaine. Consciente que la décision de Donald Trump pourrait créer un dangereux précédent et faire jurisprudence, l’ensemble de la profession s’est rapidement mobilisé. Dans  un mouvement de solidarité inédit, les trois médias bannis de la Maison-Blanche ont ainsi reçu le soutien de leurs confrères, y compris de médias conservateurs, pourtant loin d’être systématiquement hostiles au président.

    Le front de la presse s’est même élargi aux quatre autres chaînes qui composent le « pool » présidentiel — CBS, ABC, NBC et Fox. Toutes ont décidé de suspendre leur participation à ce dispositif chargé de suivre les déplacements et activités du président américain, notamment ses voyages officiels, comme celui effectué cette semaine à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, où CNN devait initialement assurer la couverture.

    « A partir d’aujourd’hui, le pool télé ne couvrira pas les événements auxquels participera le président », a indiqué Bryan Boughton, représentant de Fox et organisateur de ce groupe de chaînes.

    Un exemple spectaculaire de ce boycott des activités présidentielles par les grandes chaînes américaines — CBS, ABC, NBC et Fox ? L’inauguration lundi 21 septembre par Donald Trump d’une gigantesque plateforme pour hélicoptères, installée à la Maison-Blanche, n’a tout simplement pas été retransmise à la télévision. De plus, sur le départ pour New York, où il devait participer à l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump s’est contenté de prononcer un bref discours. Mais faute de couverture télévisée par les grandes chaînes, les images diffusées par la Maison-Blanche elle-même, sur lesquelles on distingue à peine ses propos, ont constitué l’essentiel de la séquence constituée d’images mais sans son.

    Rappelons enfin que les trois médias interdits d’accès à la Maison-Blanche ont déposé plainte et demandent la suspension en urgence de la mesure les visant. Dans leur plainte, CNN, MS Now et Politico estiment que la décision de Donald Trump constitue une atteinte « directe au Premier amendement » de la Constitution américaine, garantissant la liberté de la presse, et une violation « flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux ».

    Reste désormais à savoir si cette mobilisation, la première d’une telle ampleur depuis le début de son second mandat marqué par des attaques répétées contre les journalistes, finira par infléchir Donald Trump. Le président américain est un téléspectateur compulsif et un grand amateur de couverture médiatique, de reportages et de clichés de presse. Privé désormais d’une partie de cette exposition médiatique, il devra surtout compter sur sa propre chaîne pour revoir en boucle ses anciens discours. Une bien maigre consolation pour cet octogénaire à l’égo surdimensionné.

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    Trump veut de la potasse, la Tunisie en a, mais tarde à l’exploiter

    23. September 2026 um 11:08

    Trump cherche de la potasse (KCI), Zarzis peut rapidement répondre présent. À une condition que l’administration centrale à Tunis saisisse l’opportunité et active rapidement les liens diplomatiques et commerciaux requis. Pour assumer ce coût d’entrée …

    Moktar Lamari *

    Donald Trump cherche de la potasse. Beaucoup de potasse, vite et moins cher. Dans sa guerre commerciale contre le Canada, le président américain a annoncé, le 21 septembre 2026, travailler à un «massive deal» avec la Biélorussie pour acheter du chlorure de potassium à un prix qu’il affirme substantiellement inférieur à celui payé aux Canadiens.

    Washington veut faire baisser le prix des engrais pour ses agriculteurs et surtout desserrer l’étau de sa dépendance canadienne. Car le paradoxe est savoureux : Trump fait la guerre commerciale à son voisin du Nord, puis découvre que son agriculture dépend massivement de ses mines de potasse.

    En 2024, le Canada a produit environ 25 millions de tonnes de potasse, soit 32,8 % de la production mondiale, et exporté environ 22,9 millions de tonnes, près de 39 % des exportations mondiales. Plus spectaculaire encore, 53 % de ces exportations canadiennes sont parties vers les États-Unis.

    L’Amérique agricole a donc beau avoir un président qui adore les droits de douane, ses cultures ne poussent pas avec des tarifs douaniers. Elles poussent avec de la potasse. Et Trump cherche une sortie. Il regarde vers la Biélorussie.

    Sur le papier, l’idée paraît simple : acheter moins cher à Minsk ce que Washington achète cher à Ottawa. Sauf qu’entre une mine bélarusse et un champ de maïs de l’Iowa, il y a désormais quelque chose qui s’appelle la géopolitique. Le Biélorussie est sous sanctions occidentales en raison notamment de son soutien à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

    Avant les sanctions, sa potasse prenait notamment le chemin de Klaipėda, en Lituanie, pour rejoindre les marchés mondiaux. Depuis la fermeture de cette voie, les exportations ont été largement réorientées vers les infrastructures et les ports russes. Le rail, les transbordements, les ports, les distances et les nouvelles contraintes financières ont donc pris une importance considérable.

    La potasse biélorusse peut être bon marché à la sortie de la mine et devenir beaucoup moins bon marché à l’arrivée aux États-Unis. Il faut payer le transport ferroviaire, le transit, la manutention, le port, le fret maritime, l’assurance et le risque géopolitique, sans oublier les contraintes liées aux sanctions.

    Autrement dit, le prix de départ n’est pas le prix rendu à l’agriculteur américain. C’est la vieille vérité commerciale que les slogans présidentiels aiment oublier.

    Zarzis peut en profiter

    Et Minsk vient justement de refroidir les enthousiasmes de Washington : Alexandre Loukachenko a indiqué que les volumes disponibles étaient limités et que la production était déjà largement engagée par des contrats existants. Trump cherche donc une montagne de potasse chez un fournisseur qui lui explique qu’il n’a peut-être pas la montagne disponible. Voilà une guerre commerciale qui commence à ressembler à une chasse au trésor sans carte.

    Pendant ce temps, quelque part près de Zarzis, une autre histoire attend depuis un siècle. La Tunisie ne possède évidemment pas les gigantesques réserves de Saskatchewan et il serait absurde de prétendre le contraire. Mais elle possède quelque chose de beaucoup plus concret qu’un slogan : une ressource potassique documentée à Sebkha El Melah.

    L’Office national des mines décrit les saumures de cette zone comme riches notamment en potassium, magnésium et brome. Un projet industriel étudié dans les années 1980 envisageait la production de chlorure et de sulfate de potassium.

    Et une étude soutenue par la Banque mondiale retenait une première capacité industrielle de 70 000 tonnes de chlorure de potassium par an. Voilà le chiffre qui devrait réveiller quelques classeurs ministériels : 70 000 tonnes par an. Attention cependant, car cette précision est essentielle : il ne s’agit pas de la production tunisienne actuelle. L’usine n’existe pas. Il s’agit d’une capacité industrielle historique projetée, qu’il faudrait réévaluer avec les technologies, les prix, les réserves et les normes environnementales de 2026. Mais 70 000 tonnes, ce n’est pas rien.

    C’est environ 0,09 % de la production mondiale actuelle. Cela ne détrônera évidemment pas le Canada, mais cela pourrait suffire à faire de Zarzis un fournisseur spécialisé sur un marché qui cherche précisément à diversifier ses sources.

    La Tunisie peut aller de l’avant rapidement

    La chimie donne elle aussi des ordres de grandeur intéressants. Les analyses historiques des saumures de Sebkha El Melah donnent une concentration moyenne de potassium de l’ordre de 7,2 à 7,7 grammes par litre, avec des valeurs pouvant atteindre environ 15,5 grammes par litre selon les prélèvements. À 7,2 grammes de potassium par litre, il faudrait théoriquement traiter de l’ordre de 5,1 millions de mètres cubes de saumure pour obtenir l’équivalent de 70 000 tonnes de KCl, avant pertes et rendement industriel.

    Ce calcul ne signifie évidemment pas que 5,1 millions de mètres cubes sont aujourd’hui disponibles industriellement. Il donne simplement l’ordre de grandeur du procédé. La question sérieuse est donc de savoir quelle quantité de saumure peut être exploitée durablement, avec quel taux de récupération du potassium, quelle consommation énergétique et quel impact environnemental. Vite une une étude de faisabilité, pas une conférence sur «l’avenir de la Tunisie» !

    Et maintenant, faisons parler les scénarios financiers, mais sans raconter d’histoires. Prenons 70 000 tonnes comme scénario prudent parce que cette capacité figure dans l’ancien projet industriel. Supposons, uniquement pour établir un ordre de grandeur, un prix de vente moyen du KCl compris entre 600 et 650 dollars américains par tonne métrique. À ce prix hypothétique, 70 000 tonnes représenteraient une valeur brute annuelle comprise entre 42 et 45,5 millions de dollars.

    Ce n’est pas un bénéfice : c’est une valeur de production avant les coûts de pompage, de concentration, de séparation, d’énergie, de personnel, d’entretien, d’amortissement, de financement, de fiscalité, de stockage, d’assurance et de transport maritime.

    Passons à un scénario intermédiaire de 100 000 tonnes par an : au même prix hypothétique, la valeur brute serait de 60 à 65 millions de dollars.

    Enfin, un scénario ambitieux de 250 000 tonnes par an donnerait une valeur brute théorique de 150 à 162,5 millions de dollars. Mais cette troisième hypothèse ne doit surtout pas être présentée comme une capacité démontrée : elle supposerait de nouvelles études géologiques, hydrologiques et industrielles, ainsi que des investissements beaucoup plus importants. Les chiffres ne sont donc pas des prévisions de revenus ; ce sont des scénarios de chiffre d’affaires brut permettant de mesurer l’ordre de grandeur économique du projet.

    La canicule, un avantage comparatif

    Et c’est ici que le soleil tunisien entre dans la danse. La concentration des saumures repose notamment sur des opérations d’évaporation et de cristallisation. Des travaux historiques avaient étudié l’utilisation de l’énergie solaire pour concentrer les saumures de Zarzis et récupérer successivement différents sels.

    Le soleil tunisien pourrait donc contribuer au procédé industriel. Pas une usine magique fonctionnant gratuitement, évidemment, mais une ressource énergétique locale susceptible d’améliorer certains coûts du processus. Le soleil qui assèche les sols pourrait ainsi contribuer à concentrer le potassium. Voilà un cas où le climat tunisien pourrait devenir un auxiliaire industriel plutôt qu’une simple rubrique météorologique.

    Et puis il y a le joker : le port de Zarzis. Il n’est pas nécessaire de construire un port au milieu du désert. En 2022, le port commercial de Zarzis a exporté environ 867 255 tonnes de sel marin et traité environ 1,183 million de tonnes de marchandises. Il possède un chenal d’accès de 8,4 kilomètres de longueur et 125 mètres de largeur et une expérience réelle du trafic de vrac. La région possède également une zone industrielle et un parc d’activités économiques.

    La chaîne industrielle est donc parfaitement lisible : Sebkha El Melah, traitement dans la zone industrielle de Zarzis, production de KCl, stockage, chargement en vrac au port, navire, marché américain. Comparons-la à la chaîne bélarusse : mine, rail, transit par la Russie, port russe, manutention, navire, États-Unis. La seconde n’est pas impossible ; elle est simplement exposée à davantage de contraintes logistiques et géopolitiques. Et c’est pourquoi le bon calcul n’est jamais le prix à la mine : c’est le prix rendu au client.

    Il faudrait donc arrêter de vendre du rêve et commencer à vendre du KCl. Une campagne moderne de caractérisation des saumures, la mesure précise des volumes renouvelables, des essais pilotes, l’évaluation du taux de récupération, le calcul énergétique, une étude environnementale indépendante, puis une unité pilote. Si les résultats sont bons, 70 000 tonnes annuelles. Puis 100 000. Puis davantage si les ressources le permettent. Pas un million de tonnes dans un communiqué de presse : des tonnes réelles dans des navires et des dollars réellement encaissés.

    La protection environnementale doit être intégrée dès le départ : surveillance des nappes, des sols, des rejets, de la biodiversité et des résidus salins. Il serait irresponsable de promettre une industrie «sans pollution» avant d’avoir étudié le procédé. Il est en revanche parfaitement légitime de viser une industrie à impacts mesurés, réduits et contrôlés.

    De Zarzis à Washington, Tunis doit bouger

    Pourquoi cette affaire mérite-t-elle l’attention ? Parce que les États-Unis cherchent précisément à diversifier leurs fournisseurs. En 2024, environ 79 % de leurs importations de potasse provenaient du Canada, contre environ 11 % de Russie et 4 % de la Biélorussie. Washington cherche donc des alternatives. La Biélorussie peut en être une, mais avec les sanctions, les contraintes géopolitiques et une logistique largement réorientée vers la Russie.

    La Tunisie pourrait en être une autre : pas une alternative au Canada, pas un nouveau géant mondial, mais une source méditerranéenne supplémentaire, politiquement et géographiquement différente, avec une ressource documentée, un port existant et une zone industrielle.

    Trump veut rendre l’Amérique moins dépendante du Canada. La Tunisie pourrait lui répondre : nous ne vous promettons pas des millions de tonnes ; nous vous proposons de tester 70 000 tonnes. Voilà une proposition commerciale, pas une supplique diplomatique.

    Et le paradoxe est magnifique. Trump cherche la potasse en Biélorussie. Loukachenko lui dit qu’il n’a peut-être pas les volumes. Minsk doit composer avec les sanctions et une logistique largement réorientée vers la Russie. Le Canada reste le géant mondial.

    Et Zarzis ? Zarzis possède une sebkha, du soleil, une industrie saline, une zone industrielle, un port, une expérience historique de production de KCl et un ancien projet industriel chiffré à 70 000 tonnes par an.

    La Tunisie ne possède peut-être pas une nouvelle Saskatchewan. Elle possède quelque chose de plus immédiatement exploitable : une question industrielle que personne n’a encore pris la peine de valoriser pleinement.

    Combien de tonnes de potassium avons-nous laissé dormir pendant que les Américains se disputent avec les Canadiens pour savoir qui leur vendra l’engrais ?

    La réponse doit être scientifique, économique et environnementale.

    Mais elle pourrait aussi être très tunisienne : des tonnes à Zarzis, des dollars à Washington et, entre les deux, un bateau qui attend.

    Il ne manque peut-être pas la potasse. Il manque surtout le réveil industriel. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie est un ministère décapité, sans ministre depuis 4 mois. Un ministère rongé par l’incompétence, mais restons optimiste pour que Kais Saied bouge et assume un leadership efficace, et avant-gardiste dans ce dossier…

    A suivre…

    Blog de l’auteur : E4T.

    * Economiste universitaire.

    NB : Le sel marin est du chlorure de sodium (NaCl), le sel de table ; la potasse est principalement du chlorure de potassium (KCl), utilisé comme engrais. À Zarzis, les saumures de Sebkha El Melah contiennent notamment sodium, potassium et magnésium : leur évaporation permet donc de récupérer différents sels. Bref : le sel n’est pas la potasse, mais les deux peuvent sortir de la même saumure.

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    Chiffre de la semaine : les Etats-Unis ont expulsé plus de 25 000 étrangers

    23. September 2026 um 09:08
    Le gouvernement US a passé des accords secrets avec 35 pays pour qu’ils accueillent des personnes n’ayant aucun lien avec eux. C’est ce que révèle une enquête journalistique mondiale. Depuis que Donald Trump est revenu à la Maison Blanche en…

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    À l’approche des midterms, Trump plus zinzin que jamais 

    23. September 2026 um 07:36

    Alors que les élections de mi-mandat (les midterms), prévues pour le mardi 3 novembre 2026, approchent à grands pas, le président américain Donald Trump ne cesse de faire des propositions déplacées et de tenir des propos inquiétants. Même si les Américains et le monde ont fini par s’accommoder à la «folie» trumpienne, cela ne veut pas dire que ses méthodes sont acceptées. La perte de confiance par les électeurs en ses capacités de dirigeant s’accélère de plus en plus mais le locataire de la Maison-Blanche qui joue gros le 3 novembre prochain n’a toujours pas décidé de mettre un frein à ses provocations et à ses déclarations étranges. 

    Imed Bahri

    Dans une analyse publiée par CNN, Aaron Blake s’est interrogé sur le comportement erratique de Trump, notamment au cours des douze derniers jours, ce qui est particulièrement frappant à l’approche des élections de mi-mandat.

    Il a proposé aux électeurs ce que même certains républicains considèrent comme de la corruption. Il a menacé (apparemment sur le ton de la plaisanterie) de retenir l’aide d’urgence à un État qui n’élirait pas un sénateur républicain. Avant le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, il a laissé entendre, sans la moindre preuve, que les démocrates complotaient pour le tuer. Il a menacé de suspendre le commerce extérieur. Il prend en otage l’avenir du Kennedy Center* si les juges ne l’autorisent pas à y apposer son nom, et affirme vouloir que l’arc de triomphe de 250 pieds qu’il projette d’ériger à l’entrée du cimetière national d’Arlington serve également de complexe militaire abritant drones et tireurs d’élite. Il refuse désormais l’accès à la Maison-Blanche à certains médias dont CNN et Politico.

    Perte de confiance des Américains en ses capacités de dirigeant

    Blake soutient que l’une des principales raisons de la baisse de popularité de Trump est la perte de confiance des Américains en ses capacités de dirigeant. De récents sondages montrent que 67% des Américains reprochent au président de ne pas réfléchir mûrement aux décisions importantes et 71% ne le trouvent pas équilibré. Plus de 7 adultes et électeurs inscrits sur 10 affirment qu’il n’a même pas de plan de guerre contre l’Iran, selon des sondages menés par Fox News et CNN. À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, Trump n’a guère agi pour apaiser ces inquiétudes.

    L’offre de Trump de verser 5 000 dollars à chaque adulte américain si les Républicains conservent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat qui s’apparente à du donnant donnant est désapprouvée par la majorité des Américains, 66% des électeurs inscrits la jugent «inappropriée».

    Sa menace, lancée sur le ton de la plaisanterie, mercredi 16 septembre 2026, de retenir l’aide d’urgence à la Caroline du Nord si cet État élit un sénateur démocrate est également déconcertante. Trump a affirmé plaisanter mais son bilan démontre clairement que son administration a discriminé les États démocrates sur ce type de questions, ce qui est loin d’être anodin.

    Son récit, à l’approche du 11 septembre, selon lequel des pompiers l’auraient porté alors qu’on craignait l’effondrement d’un immeuble, était pour le moins douteux et trompeur, comme l’a écrit Daniel Dale de CNN. Si l’histoire était exagérée, elle semblait être une tentative du président de se présenter comme un héros.

    Trump a également affirmé que la tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024 à Butler, en Pennsylvanie, était un complot ourdi par les Démocrates pour l’empêcher de se présenter à l’élection, une allégation grave si elle avait le moindre fondement or il n’existe toujours aucune preuve de l’implication des Démocrates et Trump n’a fourni aucun détail supplémentaire. En réalité, Thomas Crooks, qui a tenté de l’assassiner, était inscrit comme républicain ! Le jour même où Trump a fait ces déclarations, le directeur du FBI, Kash Patel, a témoigné qu’il n’y avait «aucune preuve que Crooks ait parlé à qui que ce soit d’autre que ses parents».

    Trump a également menacé à plusieurs reprises de paralyser une grande partie du commerce extérieur américain, notamment avec tous les pays avec lesquels les États-Unis accusent un déficit commercial, si la Réserve fédérale ne baisse pas ses taux d’intérêt.

    Si nous cessions de commercer avec tous les pays avec lesquels nous avons un déficit commercial et ils sont nombreux, ce qui est très facile à faire, nous gagnerions au moins 1500 milliards de dollars par an, a affirmé Trump mercredi 16 septembre en Caroline du Nord. Des propos complètement démagogiques.

    Vendredi, Trump a annoncé brusquement une interdiction immédiate d’accès à la Maison-Blanche pour CNN, MS Now et Politico, surprenant même certains de ses collaborateurs. Une correspondante de CNN s’est vu refuser l’entrée de la Maison-Blanche samedi matin et son accréditation de presse lui a été confisquée. Un journaliste de Politico ainsi qu’un journaliste et un photographe de MS Now se sont également vu refuser l’accès.

    Il existe d’autres exemples, moins évidents mais tout aussi inquiétants, du comportement de Trump. 

    Multiplication des comportements et des déclarations étranges

    Mardi 15 septembre, Donald Trump a laissé entendre que les juges de la Cour suprême qu’il avait nommés et dont les jugements rendus ne lui plaisent pas avaient peut-être dissimulé leurs véritables intentions, affirmant qu’ils n’étaient «pas les personnes [qu’il avait] interrogées» et qu’ils ne représentaient plus «que l’ombre d’eux-mêmes». 

    Il a également rompu avec le protocole de longue date de la politique étrangère américaine en saluant la perspective d’une réunification de l’Irlande, ce qui est une provocation à l’endroit du Royaume-Uni dont l’Irlande du Nord fait partie.

    Enfin, il a qualifié de «canular» les inquiétudes en matière de sécurité que fait peser l’intelligence artificielle alors même qu’une grande partie des Américains se préoccupent vivement de ce sujet.

    Enfin, Trump a passé une grande partie de la semaine à tenter de forcer les tribunaux à l’autoriser à donner son nom au Kennedy Center, même si cela semble illégal. Il laisse désormais ouvertement entendre qu’il pourrait laisser l’institution dépérir s’il n’obtient pas gain de cause. 

    Cela paraît loin mais durant le premier mandat de Trump, il était souvent question de son tempérament et de ses tweets mais aujourd’hui, son comportement a sans doute fini par se banaliser et par désensibiliser quelque peu les Américains.

    Aaron Blake estime que Trump a tout intérêt à cesser ce genre d’agissements avant les élections de mi-mandat car la mainmise de son parti sur le pouvoir sera en jeu et les électeurs nourrissent de réels doutes quant à sa capacité à diriger le pays. Or, pour le moment, il adopte la stratégie inverse, intensifiant ses comportements et déclarations étranges.

    * Le John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts, souvent abrégé en Kennedy Center, est un centre culturel national et une salle de spectacle, inauguré en 1971 et situé le long du Potomac, près de l’hôtel du Watergate à Washington, aux États-Unis. Il est la résidence du National Symphony Orchestra.

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    Le S&P 500 est menacé d’une chute de 7 %, selon Morgan Stanley

    22. September 2026 um 15:46

    Les actions américaines restent exposées à une possible nouvelle hausse des prix de l’énergie et à la volatilité du marché obligataire, selon les analystes de Morgan Stanley. Ils préviennent que l’indice S&P 500 pourrait chuter jusqu’à 7 % dans un tel scénario.

    L’équipe d’analystes dirigée par Michael Wilson souligne que, même si les solides résultats des entreprises américaines ont jusqu’à présent permis aux actions de résister à la hausse des rendements obligataires, les valorisations du S&P 500 ont chuté au cours des quatre derniers mois pour atteindre leur niveau le plus bas depuis mars, selon un rapport de Bloomberg publié le 21 septembre.

    « Si la correction des valorisations s’aggrave à court terme en raison d’un resserrement supplémentaire des conditions financières et/ou d’une hausse significative des prix de l’énergie, nous pensons que le S&P 500 pourrait chuter jusqu’à 7 100 avant de retrouver la dynamique du marché haussier vers la fin de l’année », a déclaré M. Wilson dans une note.

    Ce niveau représente une baisse de 7 % par rapport à la clôture de vendredi 18 septembre. M. Wilson prévoit également une escalade de la volatilité avant les élections de mi-mandat américaines de novembre. Mais il reste optimiste quant aux bénéfices des entreprises, anticipant une remontée en fin d’année vers l’objectif de 8 000 points. Une progression qui représenterait un gain de près de 5 % par rapport aux niveaux actuels.

    L’indice S&P 500 se stabilise depuis son record atteint mi-août, notamment en raison des inquiétudes liées aux perspectives d’inflation, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans oscillant autour de 5 %. Parallèlement, le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) est passé sous la barre des 100 dollars le baril, tout en restant supérieur de 43 % à son plus bas niveau de juillet. Tandis que la Réserve fédérale a relevé ses taux d’intérêt la semaine dernière pour la première fois en trois ans.

    Malgré tout, la détermination de la banque centrale à lutter contre l’inflation a maintenu l’optimisme des investisseurs. L’indice de référence n’est qu’à 2 % de son sommet, soutenu par l’un des meilleurs trimestres de résultats d’entreprises jamais enregistrés (le deuxième trimestre). Les analystes d’autres géants, comme JPMorgan Chase & Co. et Goldman Sachs Group Inc., prévoient également que les actions continueront de profiter de ces solides résultats, même si Bank of America Corp. met en garde contre un optimisme excessif des investisseurs face au ralentissement de la croissance des bénéfices.

    Michael Wilson, de Morgan Stanley, figure parmi les analystes qui se sont montrés constamment optimistes quant aux actions américaines cette année. Dans sa note, il a réitéré sa recommandation d’investir dans des valeurs de qualité à forte capitalisation, soulignant que la dynamique est particulièrement forte dans les secteurs des services et les entreprises à faible intensité capitalistique.

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    Fret, énergie, diesel : les entreprises américaines sous forte pression

    22. September 2026 um 13:27

    Les petites et moyennes entreprises américaines font face à une nouvelle vague de perturbations des chaînes d’approvisionnement, alimentée par la hausse des coûts énergétiques, du transport maritime et du diesel, ainsi que par les tensions géopolitiques.

    Selon des témoignages recueillis par CNN publiées le 21 septembre, certains dirigeants considèrent la situation actuelle comme plus difficile à gérer que celle provoquée par la pandémie de Covid-19. À l’époque, les chaînes logistiques avaient été largement bloquées. Aujourd’hui, les marchandises continuent de circuler, mais avec davantage de coûts, de retards et d’incertitudes.

    Le coût du transport s’envole

    Les entreprises doivent notamment composer avec la hausse du prix du diesel, qui a fortement augmenté depuis le mois de mars dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et des perturbations affectant les approvisionnements énergétiques.

    Le transport maritime est lui aussi soumis à de nouvelles contraintes. Les perturbations en mer Rouge contraignent de nombreux navires à contourner l’Afrique, allongeant les trajets et augmentant les besoins en carburant et en capacités de transport.

    Selon Ryan Petersen, directeur général de Flexport, cité par CNN, ces détours ont contribué à réduire d’environ 15 % la capacité mondiale de transport disponible en 2026. Les tensions dans le Golfe et les perturbations liées aux conditions météorologiques viennent également compliquer les opérations portuaires.

    Des entreprises prises entre coûts et demande

    Pour les PME, la difficulté tient également à leur capacité limitée à répercuter ces hausses sur leurs prix. Les consommateurs américains restent sensibles à l’inflation et peuvent réduire leurs achats lorsque les prix augmentent.

    L’exemple de Dilworth Coffee, entreprise basée en Caroline du Nord, illustre cette accumulation de contraintes. Après les difficultés liées aux récoltes de café au Brésil en 2024 et l’impact des droits de douane américains, l’entreprise doit désormais gérer les conséquences des perturbations maritimes et de l’augmentation des coûts logistiques.

    Son dirigeant explique que l’entreprise, qui pouvait auparavant sécuriser ses approvisionnements de café 12 à 24 mois à l’avance, ne planifie désormais que sur une période de trois à six mois. La réduction des stocks est également liée à la hausse du coût du transport et à la diminution des marges.

    Une visibilité réduite

    Cette incertitude modifie profondément la gestion des stocks. Les entreprises doivent arbitrer entre le risque de manquer de marchandises et celui d’immobiliser des liquidités dans des stocks plus importants.

    Les fluctuations des ventes deviennent également plus difficiles à prévoir. Selon le dirigeant de Dilworth Coffee cité par CNN, les variations mensuelles habituelles de l’activité, limitées auparavant à environ 5 %, peuvent désormais atteindre 20 %.

    Pour les petites entreprises disposant de moins de liquidités et d’un pouvoir de négociation inférieur à celui des grands groupes, cette volatilité constitue une contrainte supplémentaire.

    Une crise différente de celle du Covid

    La comparaison avec la pandémie doit toutefois être nuancée. En 2020-2021, les chaînes mondiales avaient été confrontées à des fermetures d’usines, des pénuries de conteneurs et une congestion exceptionnelle des ports.

    La situation actuelle est différente : les flux commerciaux ne sont pas interrompus à la même échelle, mais ils sont soumis à une succession de perturbations qui renchérissent leur coût et réduisent leur prévisibilité.

    Pour les PME, cette combinaison entre énergie chère, transport plus coûteux, délais allongés et visibilité réduite devient ainsi un problème de gestion quotidienne.

    La pression pourrait également se transmettre aux prix à la consommation si les entreprises ne sont plus en mesure d’absorber ces coûts. Elle intervient alors que l’inflation américaine demeure une préoccupation pour les ménages comme pour les autorités monétaires.

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    Washington mise sur 5 Mrds $ pour sécuriser les routes énergétiques du Golfe

    22. September 2026 um 10:13

    L’administration américaine propose de consacrer 5 milliards de dollars à un fonds destiné à reconstruire les infrastructures énergétiques endommagées au Moyen-Orient et à développer des voies d’exportation contournant le détroit d’Ormuz. Washington souhaite obtenir une contribution équivalente de huit pays du Golfe, pour porter le fonds envisagé à 10 milliards de dollars. Le projet reste toutefois en discussion.

    Selon des informations du Wall Street Journal publiées ce mardi, Washington envisage d’apporter 5 milliards de dollars à ce mécanisme et demande à huit partenaires régionaux du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït, Oman, Irak et Jordanie — de fournir une contribution équivalente. L’objectif serait de constituer un fonds de 10 milliards de dollars, baptisé Partnership for Allied Trust and Construction (PACT).

    Le fonds envisagé pourrait financer la remise en état de pipelines, raffineries et installations d’exportation de pétrole et de gaz endommagés durant le conflit. Il aurait également vocation à soutenir de nouvelles infrastructures permettant d’acheminer les hydrocarbures vers les marchés internationaux sans dépendre exclusivement du détroit d’Ormuz.

    Cette orientation répond à la vulnérabilité révélée par les perturbations du trafic maritime dans le Golfe. Les attaques contre des installations énergétiques et les interruptions de certaines infrastructures ont contribué à réduire les capacités disponibles et à renchérir le transport des hydrocarbures.

    Plusieurs producteurs du Golfe et l’Irak cherchent parallèlement à renforcer leurs itinéraires terrestres ou leurs capacités portuaires afin de diversifier leurs possibilités d’exportation.

    Réduire la dépendance à Ormuz

    L’un des principaux objectifs du projet américain serait ainsi de développer des corridors énergétiques alternatifs au détroit d’Ormuz. L’Arabie saoudite et les Émirats disposent déjà d’infrastructures permettant d’acheminer une partie de leur pétrole vers des ports qui ne dépendent pas directement du détroit. D’autres pays restent toutefois beaucoup plus exposés à cette voie maritime, notamment le Koweït et le Qatar.

    Le projet américain pourrait donc soutenir des investissements dans des oléoducs, des terminaux et des infrastructures portuaires destinés à diversifier les routes d’exportation…

    Le risque d’une nouvelle dégradation

    Le calendrier de la reconstruction constitue également une difficulté. Certains responsables régionaux cités par le Wall Street Journal estiment qu’investir massivement dans de nouvelles infrastructures avant la conclusion d’un règlement avec Téhéran pourrait exposer ces installations à de nouvelles attaques.

    Le coût de la remise en état des infrastructures énergétiques touchées par le conflit pourrait par ailleurs atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars, selon des estimations citées par le quotidien américain.

    Au-delà de la reconstruction, l’initiative américaine traduit ainsi une volonté de modifier durablement la géographie des flux énergétiques régionaux. La multiplication des routes alternatives pourrait réduire la vulnérabilité des exportations du Golfe aux perturbations du détroit d’Ormuz, sans toutefois éliminer à court terme l’importance stratégique de cette voie maritime.

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    « Il est presque minuit à l’horloge nucléaire »

    21. September 2026 um 15:03

    Des événements inquiétants ont eu lieu le week-end dernier en relation avec la guerre dans le Golfe. Toutes les ambassades américaines dans la région étaient dans un état d’alerte maximal, recommandant à leurs citoyens de rentrer chez eux.

    De leur côté, les responsables iraniens ont fait savoir qu’ils disposent d’informations sur « des préparatifs militaires américains visant à lancer une attaque massive contre l’Iran avec la complicité de pays de la région ».

    Enfin, le président américain écourta son week-end à Camp David et regagna la Maison Blanche où il a énoncé ce qu’il a appelé ses trois options : « Effacer l’Iran de la surface de la Terre ; continuer à l’étrangler économiquement ; revenir à la négociation. »

    Malin celui qui peut compter le nombre de fois où Trump a menacé de faire revenir l’Iran à l’âge de pierre ou de l’asphyxier économiquement. Quant aux négociations, il les a utilisées à deux reprises comme ruse pour accroitre l’effet de surprise de la guerre qu’il préparait avec Netanyahu en juin 2025 et février 2026.

    Pour les Iraniens, les négociations ont déjà eu lieu et abouti au Memorandum of Understanding (MoU) que Trump a signé le 17 juin à Versailles et ignoré presque aussitôt. Depuis, la position officielle iranienne reste inchangée : les négociations ont eu lieu, le MoU a été signé et il reste le seul moyen de mettre fin à la guerre.

    En d’autres termes, tant que le président américain maintient son refus d’appliquer le Mémorandum, le détroit d’Ormuz restera fermé, la région dans un état de guerre et l’économie mondiale sur la voie de la dépression.

    Sur le plan personnel, Trump est de plus en plus stressé à l’approche des élections de mi-mandat qui se tiendront dans cinq semaines. Les démocrates ont toutes les chances de les remporter. Ce qui constitue un vrai cauchemar pour Donald Trump qui y voit un gros risque de destitution par la procédure d’impeachment et un procès pour corruption, viol de la Constitution, sans parler de l’affaire Epstein.

    Sur le plan de l’Establishment, ceux qui tirent les ficelles de la politique américaine acceptent difficilement l’idée de la défaite d’une puissance nucléaire par un pays non nucléaire qui, plus est, sous sanctions étouffantes depuis un demi-siècle. Une humiliation terrifiante aux conséquences géostratégiques dévastatrices pour les Etats-Unis.

    Ces deux raisons sont évoquées par des analystes chevronnés, dont le Britannique George Galloway et l’ancien analyste de la CIA Larry Johnson, pour exprimer leurs craintes d’un recours « très probable » à l’arme nucléaire comme « le seul et unique moyen de mettre à genoux l’Iran ».

    Les analystes iraniens, dont le professeur à l’université de Téhéran, Mohammed Marandi, sont conscients du danger que des villes iraniennes pourraient subir le sort d’Hiroshima et Nagasaki. Mais, soutiennent-ils, « l’histoire millénaire, la religion et la culture politique de la nation persane interdisent au peuple iranien de se soumettre à l’injustice des forces maléfiques ».

    La résilience iranienne qui a « choqué » Trump dès les premiers jours de la guerre d’une part, et, d’autre part, la conviction de l’Establishment américain qu’une défaite de l’Iran est impossible par l’armement conventionnel, font que le monde se trouve dans la situation la plus dangereuse depuis la fin de la Seconde guerre mondiale il y a plus de huit décennies…

    A ce risque de l’impasse dans le Golfe, s’ajoute celui de l’impasse dans l’autre foyer de tension : la guerre d’Ukraine. La « patience stratégique » dont a fait preuve la Russie face aux provocations incessantes de l’OTAN s’amenuise. On reste pantois face à l’irrationalité dont font preuve les élites gouvernantes en Europe, et en particulier en Grande Bretagne, en France et en Allemagne face à une puissance détentrice de six mille têtes nucléaires.

    Ces trois pays qui continuent de verser de l’huile sur le feu, pensent-ils réellement qu’une défaite de la Russie par des armes conventionnelles l’empêchera de répondre par son arsenal nucléaire ? Sont-ils amnésiques au point d’oublier que tous les agresseurs, les provocateurs et les envahisseurs de la Russie ont été défaits sur la durée ?

    Ces deux foyers de tension font que, comme l’a dit George Galloway dans son podcast dominical : « Il est presque minuit dans l’horloge nucléaire. » Pourtant, il n’est pas au-dessus des capacités humaines de sortir de ces deux impasses. Il suffit que Trump revienne au Mémorandum qu’il a signé le 17 juin à Versailles. Il suffit aussi aux Européens de s’assoir avec la Russie à la table des négociations et de discuter d’un nouvel arrangement sécuritaire qui garantirait la paix pour tous. A commencer par la dissolution de l’OTAN, cette force génératrice de mort, de destruction et d’anarchie là où elle s’aventure.

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    Les Etats-Unis de Trump contre la Cour pénale internationale

    21. September 2026 um 11:53

    Les États-Unis de Donald Trump devraient annoncer cette semaine des sanctions visant l’ensemble de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision s’inscrit dans une offensive plus large contre cette juridiction internationale et ses juges. La raison ? Le chef du gouvernement de leur allié israélien, Benjamin Netanyahou, fait l’objet d’un mandat délivré par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au regard de sa responsabilité dans les actes commis à Gaza. Cette volonté de « punir » la CPI illustre ainsi l’entreprise de remise en cause de l’ordre international fondé sur le droit que mène de façon constante la première puissance mondiale.

     

    Le refus des États-Unis d’adhérer à la CPI

    Le principe de souveraineté des États a longtemps constitué un obstacle à la possibilité, pour des juridictions internationales, de poursuivre des individus, y compris des responsables politiques ou étatiques, accusés d’avoir commis les crimes les plus graves. Toutefois, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création du Tribunal de Nuremberg, le principe de responsabilité pénale individuelle s’est progressivement imposé. La création d’une juridiction internationale permanente, compétente de manière générale pour juger les crimes internationaux, s’est finalement concrétisée avec le Statut de Rome, traité fondateur de la « Cour pénale internationale » (CPI), signé le 17 juillet 1998 par une soixantaine d’États et entré en vigueur le 1er juillet 2002.

    Le texte affirme explicitement ce principe, d’abord en matière de compétence : « [l]a Cour est compétente à l’égard des personnes physiques en vertu du présent Statut » (art. 25, § 1), puis en matière de responsabilité pénale : « [q]uiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent Statut. » (art. 25, § 2).

    Les États-Unis ont d’abord signé le Statut de Rome en 2000, avant de retirer leur signature deux ans plus tard. Au moment où l’administration de George W. Bush engageait la « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, en 2002, elle a également fait adopter l’American Service Members’ Protection Act, une loi interdisant à toute institution américaine de coopérer avec la Cour pénale internationale. Il en résulte que les personnes présentes sur le territoire des États-Unis, qu’il s’agisse de militaires américains ou d’autres individus, échappent à la compétence de la CPI. Outre les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde et Israël ont également refusé de ratifier le Statut.

     

    Le droit américain : instrument de pression contre la CPI

    Le lawfare désigne une utilisation stratégique du droit destinée à instaurer, maintenir ou renverser un rapport de force, y compris en dehors des situations de conflit armé, afin de tenter d’imposer sa volonté à un adversaire. Si les États-Unis n’hésitent pas à recourir à cette forme d’instrumentalisation du droit, leur pratique du lawfare revêt une dimension particulièrement coercitive. Les lois extraterritoriales américaines permettent en effet de prendre des mesures contre des entreprises étrangères, y compris lorsqu’elles sont établies en dehors du territoire américain. Ces dispositifs peuvent également viser des organisations internationales et leurs agents.

    Ces sanctions individuelles s’appuient notamment sur l’Executive Order 14203, « Imposing Sanctions on the International Criminal Court », signé par le président Donald Trump le 6 février 2025. Celui-ci invoque une « urgence nationale » face aux actions qualifiées d’« illégitimes et infondées » de la CPI à l’encontre des États-Unis et de leurs proches alliés.Depuis lors, le dispositif de sanctions s’est élargi à des magistrats de la CPI, à des rapporteurs spéciaux des Nations unies, à des organisations palestiniennes de défense des droits humains ainsi qu’à des acteurs de la société civile engagés dans la documentation de possibles crimes internationaux commis à Gaza.

    Ces mesures, qui visent explicitement les personnes «directement impliquées dans le ciblage illégitime d’Israël », se sont renforcées au fur et à mesure que la CPI, certains mécanismes des Nations unies et des organisations de défense des droits humains documentaient et qualifiaient juridiquement les crimes commis à Gaza et, plus largement, dans les territoires palestiniens occupés.

    La CPI se trouve désormais confrontée à la stratégie de l’administration Trump II, qui tend à démanteler l’institution ou, à tout le moins, à en réduire la portée, notamment en exerçant des pressions sur les États qui coopèrent avec elle. Cette politique s’est également traduite par l’adoption de sanctions individuelles contre plusieurs membres de la CPI : la présidente et le substitut du procureur de la Cour, la Japonaise Tomoko Akanele et le Sénégalais Abdoulaye Seye (annonce du Trésor américain du 18 août 2026), ainsi que le juge français de la CPI, Nicolas Guillou.

    De telles décisions constituent une atteinte sans précédent à l’indépendance de la juridiction pénale internationale. Elles s’inscrivent dans une conception des relations internationales défendue par Donald Trump, selon laquelle rien ne devrait pouvoir faire obstacle à sa volonté de puissance ni à celle de son principal allié, Israël.

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    Ukraine | Poutine n’est pas isolé et joue la carte du temps long

    21. September 2026 um 11:49

     Le président russe Vladimir Poutine a intensifié son activité diplomatique ces dernières semaines à travers sa participation à une série de sommets importants pour prouver au monde qu’il maintient une présence sur la scène internationale et qu’il n’est pas le paria que l’Occident pointe du doigt mais en même temps il n’a montré aucun signe de renoncement aux objectifs de la Russie dans la guerre en Ukraine et n’est pas pressé d’y mettre fin. (Photo : Le président Vladimir Poutine et le Premier ministre Narendra Modi plantent des arbres lors du 18e sommet des BRICS au Bharat Mandapam, à New Delhi, le 12 septembre 2026. )

    Imed Bahri

    Grégoire Ross, directeur du programme Europe, Russie et Eurasie au Royal Institute of International Affairs à Londres (Chatham House), explique que l’Europe semble encline à interpréter cette activité diplomatique accrue comme un signe de désespoir de Moscou sauf que c’est une erreur d’appréciation. En réalité, la stratégie du Kremlin mêlant impassibilité diplomatique et escalade calibrée pourrait être plus solide qu’il n’y paraît. 

    Ross revient sur les entretiens menés le 5 septembre à Moscou entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le président Poutine afin de discuter des moyens de mettre fin à la guerre. Le Kremlin a qualifié les pourparlers de «très utiles» sans pour autant manifester la moindre volonté d’assouplir ses exigences. Quelques jours plus tard, il a rejeté l’offre du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre.

    Parallèlement, les attaques russes contre l’Ukraine se sont intensifiées. Le 13 septembre, un drone russe a frappé une infrastructure ferroviaire près de Yahodyn, peu après le passage d’un train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, l’ancien directeur de la CIA David Petraeus et d’autres personnalités. Cette frappe s’inscrivait dans le cadre de la plus vaste vague de drones lancée par la Russie depuis des mois.

    De nombreux responsables européens affirment que le comportement de la Russie témoigne de l’impasse dans laquelle elle se trouve en Ukraine. Selon eux, elle subit des pertes considérables et ses avancées territoriales demeurent lentes et coûteuses. En même temps, les forces ukrainiennes ont regagné du terrain. Pourtant, conclure que l’escalade russe trahit le désespoir relève davantage du vœu pieux que de la réalité. Poutine se comporte comme quelqu’un qui croit encore pouvoir compter sur le temps et conserver une marge de manœuvre. Sa diplomatie récente offre un cadre d’interprétation pertinent.

    Poutine peut encore se permettre d’ignorer les conseils amicaux

    Ross cite l’initiative très médiatisée du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev en juillet concernant la guerre en Ukraine. Assis aux côtés de Poutine à Omsk, Tokaïev a déclaré que le conflit devait être gelé et les négociations reprises mais le Kremlin a rapidement rejeté l’idée d’un cessez-le-feu.

    Le Premier ministre indien Narendra Modi est allé encore plus loin à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, le 31 août, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, lorsqu’il a déclaré publiquement à Poutine que le monde devait «passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre». En même temps, Modi s’est adressé à Poutine en l’appelant «mon ami» et a salué la solidité des relations bilatérales.

    Moins de deux semaines plus tard, lors du sommet des Brics à New Delhi, Modi et Poutine ont discuté d’un objectif d’échanges commerciaux bilatéraux de 100 milliards de dollars.

    Il ne fait guère de doute que des gouvernements comme ceux de l’Inde et du Kazakhstan souhaitent sincèrement mettre fin à la guerre mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à conditionner leurs relations avec la Russie à la fin du conflit.

    C’est cette nuance qui explique en grande partie l’assurance de Poutine. Malgré ses critiques, l’Inde continue de considérer la Russie comme un partenaire stratégique clé. De même, si le Kazakhstan a pris soin de diversifier ses relations extérieures, il a préservé des liens étroits avec Moscou. Parallèlement, la déclaration des Brics à New Delhi a critiqué les sanctions unilatérales et les restrictions commerciales, tout en évitant de s’opposer directement à la Russie au sujet de l’Ukraine.

    Ces partenariats durables pourraient apporter à Moscou des éléments dont elle a un besoin presque aussi vital que du soutien à l’effort de guerre en Ukraine à savoir une intégration économique en Asie, une légitimité diplomatique et un rôle respecté au sein de groupements internationaux influents.

    Pour Xi Jinping, Poutine demeure un acteur clé utile.

    L’importance de la Russie pour la Chine

    Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président chinois Xi Jinping a déclaré à Poutine que les fondements des relations bilatérales entre les deux pays se renforceraient.

    Les Européens qualifient souvent la Russie d’«État vassal» de la Chine, une perception qui reflète une réelle disparité économique : l’économie chinoise est environ huit fois plus importante que l’économie russe. De plus, la Russie réalise au moins 34% de son commerce international avec la Chine alors qu’elle ne représente qu’environ 4% du commerce chinois.

    Toutefois, cette vision occulte un aspect crucial du partenariat qui ne se mesure pas uniquement par les échanges commerciaux bilatéraux. Pékin a tout intérêt à maintenir Moscou suffisamment forte pour qu’elle demeure une puissance indépendante. La Russie possède un arsenal nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, d’immenses ressources énergétiques et de matières premières et une position stratégique à cheval sur l’Asie centrale et l’Arctique. Plus important encore, Moscou est prête à contester ce qui reste de l’ordre mondial dominé par les États-Unis.

    L’implication de la Chine dans l’économie de guerre russe démontre que la relation entre les deux pays est plus stable que beaucoup en Europe ne le pensent.

    À cet égard, Ross cite des documents révélés ce mois-ci par Politico indiquant qu’une entreprise publique chinoise a livré de la fibre de carbone —utilisée dans les drones d’attaque Geran— à Alabuga-Volokno, une filiale sous sanctions de Rosatom (le conglomérat nucléaire public russe). Une enquête antérieure du Robert Lansing Institute avait déjà attesté la présence de moteurs et de composants chinois dans des drones russes. L’année dernière, Reuters avait rapporté que des spécialistes chinois des drones collaboraient avec des fabricants russes

    Cela ne prouve pas que chaque transaction ait été ordonnée par Pékin ni que le soutien chinois soit sans limites. Xi n’a aucun intérêt à se retrouver otage des décisions de Poutine et Pékin continuera de calibrer très soigneusement son exposition. Cela démontre toutefois à quel point il est trompeur d’assimiler la prudence rhétorique de la Chine concernant l’Ukraine à une prise de distance vis-à-vis de la Russie.

    Pour Pékin, Moscou demeure un acteur clé et utile, dont les actions contribuent à l’émergence d’un ordre international alternatif au sein d’organisations telles que l’Organisation de coopération de Shanghai et les Brics, où l’influence des États-Unis et de l’Europe est moindre.

    Ross soutient que l’Inde ne partage peut-être pas la vision chinoise de l’ordre mondial mais qu’elle ne voit aucun intérêt à isoler la Russie. Il en va de même pour le Kazakhstan et tout autre membre des Brics. Cette ambiguïté convient parfaitement à Poutine.

    L’Europe a besoin de plus de réalisme

    Ces derniers mois, marqués par l’escalade russe contre l’Ukraine et l’Europe ainsi que par le renforcement des liens diplomatiques de la Russie avec l’Asie, devraient servir de leçon aux dirigeants européens : leur tentative de faire pression sur les gouvernements pour les amener à choisir entre la Russie et l’Occident a clairement atteint ses limites voire a échoué.

    Les relations de l’Union européenne (UE) avec l’Inde pourraient offrir un modèle plus pertinent. L’UE a en effet renforcé ses liens commerciaux avec l’Inde tout en adoptant un ton plus modéré concernant les relations entre New Delhi et Moscou.

    Ross juge cela logique car il existe un potentiel considérable pour approfondir les relations avec l’Inde et l’Asie centrale. L’Europe peut proposer des investissements, des technologies, un accès au marché unique ainsi que des partenariats dans le domaine des minerais rares. Elle peut également offrir des voies de transport réduisant la dépendance à l’égard de la Russie comme le corridor transcaspien. En adoptant une telle approche, l’Europe peut s’adapter à une nouvelle réalité et œuvrer patiemment à creuser l’écart entre la Russie et ses partenaires.

    Concernant la Chine, l’UE a déjà imposé des sanctions à un nombre croissant d’entreprises chinoises impliquées dans le contournement des sanctions et leurs activités dans l’industrie de la défense russe. La réussite de cette stratégie européenne à long terme pourrait dépendre de la volonté de l’UE d’étendre ces sanctions et de cibler des chaînes d’approvisionnement stratégiques lorsque les preuves confirmeront l’implication directe de grands fournisseurs chinois ou d’entreprises publiques chinoises.

    L’escalade russe en Ukraine montre que Poutine parie toujours sur sa capacité à tenir plus longtemps que les soutiens de l’Ukraine. Il reste convaincu que la Russie est suffisamment connectée au reste du monde pour encaisser la pression occidentale. Il estime également que sa position est renforcée par ce qu’il perçoit comme un affaiblissement des États-Unis dû à la guerre avec l’Iran. La diplomatie des sommets menée par Poutine ces derniers mois suggère que, du moins pour l’instant, il a quelques raisons d’être confiant.

    Toutefois, l’Europe n’est pas tenue d’accepter ce pari. Elle doit avant tout comprendre les dynamiques sous-jacentes à long terme et y répondre de manière appropriée. Si Poutine joue la carte du temps long, peut-être est-il temps pour l’Europe d’en faire autant.

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