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Flambée des prix du pétrole et hausse des taux d’intérêt

04. März 2026 um 13:06

Les investisseurs doivent se préparer dès maintenant à une hausse des taux d’intérêt en raison de l’escalade de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, avertit Nigel Green, le PDG du cabinet de conseil financier du groupe deVere, alors que les marchés pétroliers sont en pleine tourmente suite aux menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie de passage essentielle pour environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole brut.

Un commandant des Gardiens de la révolution iraniens a déclaré, mardi 3 mars 2026, que le détroit d’Ormuz, principal axe de transport mondial de pétrole brut, était fermé et a menacé d’incendier tout navire tentant de le franchir. Le marché n’a pas manqué de réagir : le Brent a dépassé les 87 dollars le baril après une hausse de plus de 9 % en une seule séance, tandis que le West Texas Intermediate a franchi la barre des 83 dollars, en hausse de plus de 8 %, enregistrant ainsi l’une des plus fortes progressions à court terme depuis plus d’un an.

Une inflation globale

Nigel Green déclare : «Lorsque le prix du pétrole flambe avec une telle ampleur et une telle rapidité, l’inflation ne progresse pas lentement, elle s’accélère brusquement. L’énergie est omniprésente dans toutes les chaînes d’approvisionnement. Une hausse durable du Brent vers 90 dollars modifie fondamentalement les perspectives d’inflation et oblige à revoir les anticipations de taux d’intérêt.» Il poursuit : «Les marchés s’étaient positionnés en prévision de coûts d’emprunt plus faibles, mais ce scénario est désormais remis en question. Un nouveau choc énergétique de cette ampleur réduit la marge de manœuvre pour des baisses de taux et accroît la probabilité que la politique monétaire reste restrictive plus longtemps que prévu par les investisseurs.»

Le PDG de deVere explique : «La hausse des prix du pétrole se répercute directement sur les transports, la logistique, la production alimentaire et les factures d’énergie des ménages. Cette pression se traduit rapidement par une inflation globale, puis se répercute sur l’inflation sous-jacente via les salaires et les décisions de prix des entreprises. Les banques centrales sont parfaitement conscientes de ce mécanisme de transmission.»

Les taux restent élevés

Si les anticipations d’inflation recommencent à augmenter, les autorités monétaires réagiront avec fermeté. Par conséquent, les investisseurs doivent se préparer à ce que «les taux restent élevés jusqu’en 2026, voire augmentent encore si l’inflation persiste».

Sur les marchés obligataires, «les rendements obligataires s’ajustent déjà pour refléter la baisse de confiance dans les baisses de taux à court terme. Le risque de duration s’accentue dans ce contexte», avertit Green.

Le dollar américain attire de nouveau des flux de capitaux vers les valeurs refuges. En période d’escalade géopolitique conjuguée au risque inflationniste, les capitaux se tournent vers les actifs libellés en dollars. «Nous constatons une demande accrue de bons du Trésor et d’obligations de haute qualité, les investisseurs recherchant à la fois rendement et sécurité», souligne l’expert.

À ces niveaux, le pétrole comprime également les marges des entreprises. Celles qui doivent faire face à la hausse de leurs coûts de production devront soit absorber l’impact, soit le répercuter sur les consommateurs.

«Les deux scénarios ont des conséquences sur les prévisions de résultats et la valorisation des actions», souligne le PDG de deVere, qui insiste sur le risque de prolongation du conflit. «Les marchés ne peuvent pas anticiper une résolution rapide. La perturbation de l’un des corridors énergétiques les plus critiques au monde engendre un risque structurel», ajoute-t-il. Et conclut par ce conseil : «Le positionnement des portefeuilles doit tenir compte de la possibilité que les prix élevés du pétrole persistent pendant des mois, et non des jours.»

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Pedro Sánchez, voix de la sagesse dans un Occident devenu fou

04. März 2026 um 11:03

Pedro Sánchez est aujourd’hui l’unique voix de raison dans une Europe qui a vendu son âme aux fomenteurs de guerres et de génocides israélo-américains, une Europe en perdition et qui se fait sans cesse humilier par Donald Trump et Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre socialiste espagnol est le seul à faire entendre sa différence dans une Europe «incapable» de critiquer les méthodes de ce le tandem diabolique qui sème le feu et la mort dans un Moyen-Orient à la dérive, et qui risque de déstabiliser dangereusement le monde.

Sánchez a été jusque-là le seul dirigeant européen à dénoncer l’attaque israélo-américaine en Iran, au nom du respect du droit international, en se démarquant, une nouvelle fois, de ses partenaires sur le Vieux Continent.

Qu’il s’agisse du conflit israélo-palestinien, du financement de l’Otan, du Venezuela ou, plus récemment, de l’Iran, le Premier ministre espagnol adopte régulièrement un discours très opposé à celui du président américain.

Pour Sánchez, la guerre menée par les États-Unis et Israël depuis le 28 février est «irresponsable», «illégale» et «contrevient aux règles du droit international». C’est pourquoi l’Espagne n’y contribuera pas, a-t-il expliqué, considérant que les agissements israélo-américains, «qui n’ont bénéficié ni du soutien des Nations unies ni même de celui du Congrès américain», auront des «conséquences imprévisibles pour la planète».

Suite aux menaces du président américain Donald Trump de rompre les relations commerciales avec Madrid en raison de sa position sur le conflit, M. Sánchez a déclaré, lors d’une allocution télévisée à la nation, ce mercredi 4 mars 2026 : «C’est ainsi que commencent les grandes catastrophes de l’humanité. On ne peut pas jouer avec le destin de millions de personnes.»

I. B.

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Iran | L’ultime bataille des Gardiens de la révolution

04. März 2026 um 09:07

Au lendemain de l’avènement de la révolution islamique en Iran et de son accession au pouvoir, l’ayatollah Khomeini était méfiant à l’endroit de l’armée régulière, héritière de celle du Shah. Il avait décidé de fonder une entité, composée de ses plus fidèles affidés, nommée le Corps de Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) dont la mission est d’assurer la pérennité du régime. Au fil des décennies, des guerres, des révoltes réprimées mais aussi à force que le défunt ayatollah Ali Khamenei avançait dans l’âge, le CGRI n’a cessé de gagner en puissance. Aujourd’hui, les Gardiens de la Révolution doivent faire face au feu et à la fureur de la machine de guerre israélo-américaine. C’est la survie du régime et par ricochet la leur qui est menacée. 

Imed Bahri

Dans une enquête consacrée au CGRI publiée dans le Wall Street Journal, David S. Cloud et Benoît Faucon considèrent que les frappes aériennes américaines et israéliennes ont certes tué plusieurs hauts dirigeants iraniens en seulement quelques heures dont le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, cependant, le vaste appareil sécuritaire qu’ils supervisaient pour assurer la survie du régime demeure intact. 

Le CGRI est principalement connu comme une force armée comptant quelque 200 000 membres paramilitaires. Mais il fonctionne également comme un gouvernement parallèle et une puissance économique, sa mission principale étant de défendre le régime islamique établi après la révolution de 1979 et d’étendre son influence au Moyen-Orient.

Un Etat dans l’Etat

À moins d’être vaincu ou réorienté d’une manière ou d’une autre, le CGRI conservera sa capacité à générer des revenus par des activités illicites et à soutenir des groupes interposés comme les Houthis au Yémen qui harcèlent les États-Unis et leurs alliés.

Le CGRI possède ses propres branches militaires et de renseignement, distinctes des forces armées traditionnelles, et est profondément implanté dans les secteurs économiques du pays.

La Force Al-Qods, unité clandestine, gère les relations de l’Iran avec les groupes armés mandataires de la région, tandis que d’autres composantes du CGRI sont responsables du programme de missiles et de la sécurité intérieure.

Selon des analystes et des dirigeants de l’opposition iranienne, paralyser le CGRI pourrait nécessiter des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires. Sans de telles mesures, le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les éléments les plus radicaux ayant survécu jusque-là aux frappes américaines et israéliennes vont s’appuyer sur la loyauté du CGRI dans l’espoir d’assurer la pérennité du régime.

Vers un État militaire plus fermé

Mohammed Al-Basha, fondateur de Basha Report, un cabinet de conseil en gestion des risques basé à Washington, estime que l’assassinat de Khamenei renforce les éléments les plus radicaux et militaristes du régime. «Aucune opposition organisée n’est prête à saisir cette opportunité. Le résultat le plus probable n’est pas une réforme mais une consolidation du pouvoir, nous rapprochant d’un État militaire fermé».

Samedi, le président Donald Trump a appelé les Gardiens de la révolution et la police à «s’intégrer pacifiquement» et à «collaborer» avec les citoyens iraniens opposés au gouvernement. «Nous entendons dire que nombre de membres des Gardiens de la révolution, de l’armée, des forces de sécurité et de la police ne veulent plus combattre et recherchent l’immunité», a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.

Un noyau dur d’irréductibles

Cependant, les analystes estiment qu’une rupture des Gardiens de la révolution avec 47 ans de régime islamique rigoriste et d’hostilité envers les États-Unis est le scénario le moins probable à court terme.

Il existe des pragmatiques au sein des Gardiens de la révolution mais leur attachement au fondamentalisme religieux n’en est pas moins fort que celui de Khamenei et des religieux qui ont gouverné à ses côtés. Nombre de leurs dirigeants ont été formés comme combattants lors de la sanglante guerre contre l’Irak dans les années 1980, une période qui a consolidé le rôle central des Gardiens dans le soutien au régime. Sous Khamenei, la domination idéologique s’est encore renforcée, selon les analystes.

Le système politique iranien pourrait évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Les analystes estiment difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, qui s’est alignée sur Washington depuis l’arrestation de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier.

Kasra Aarabi, directeur de la recherche sur les Gardiens de la révolution au sein de United Against Nuclear Iran, une organisation politique opposée au régime iranien, se montre tout aussi pessimiste : «Les Gardiens de la révolution constituent une force très radicale et dogmatique. L’idée qu’ils changent de camp me paraît donc peu probable»

À Téhéran, les Gardiens de la révolution supervisent des bases dans chacun des 22 arrondissements de la ville. Ces bases sont gérées par des membres du Basij, un groupe paramilitaire de volontaires qui a mené la répression gouvernementale contre les manifestants en janvier, selon un rapport d’Aarabi et de Saeid Golkar, professeur associé à l’Université du Tennessee à Chattanooga. Quelque 3 000 installations plus petites des Basij sont également disséminées dans la plupart des quartiers de Téhéran. Et il existe une infrastructure similaire à travers le pays.

Richard Fontaine qui dirige le Center for a New American Security, un groupe de réflexion basé à Washington, déclare sur les réseaux sociaux qu’il serait «extrêmement difficile de renverser le régime sans occuper le pays ni déployer de troupes au sol». Il ajoute : «Les Gardiens de la révolution et les Basij conserveront les armes, contrairement au peuple». 

Alors que les frappes américaines et israéliennes en Iran se poursuivent et s’intensifient, les forces de sécurité ont pris des mesures pour empêcher les manifestants anti-régime de descendre dans la rue, comme ils l’avaient fait en grand nombre en décembre et janvier avant la répression sanglante. La police a installé des points de contrôle dans tout Téhéran, tandis que les Basij organisaient des manifestations anti-américaines dans les universités, souvent foyers de contestation.

Stratégie de «défense mosaïque»

Les dirigeants iraniens se préparaient à une attaque contre le régime susceptible d’entraîner l’effondrement de la chaîne de commandement. En février, les Gardiens de la révolution ont annoncé leur intention de réactiver leur stratégie dite de «défense mosaïque», qui permet aux commandants de donner des ordres d’une manière indépendante à leurs unités. Cette stratégie visait spécifiquement à renforcer la résilience du pays face aux attaques extérieures.

Des responsables iraniens ont déclaré que la République islamique avait préparé quatre niveaux de relève pour chaque poste important, y compris les commandants militaires, en prévision d’une campagne militaire prolongée.

Outre Khamenei, les attaques américaines et israéliennes de samedi ont tué le commandant en chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour laissant penser que les États-Unis cherchent à affaiblir les Gardiens de la révolution. Cependant, Pakpour a été aussitôt remplacé par Ahmad Vahidi qui affiche à son compteur 47 ans au sein des CGRI qu’il a intégré à leur fondation en 1979. Vahidi a dirigé la Force Al-Qods de 1990 à 1997, il a également dirigé l’appareil de renseignement des CGRI et il a occupé les postes de ministre de la Défense et de ministre de l’Intérieur, un dur parmi les durs. 

Le WSJ rapporte que, selon les analystes, les attaques contre les installations des Gardiens de la révolution pourraient démanteler leur contrôle sur les éléments de rang inférieur et réduire leur capacité à réprimer la dissidence interne.

Dans un communiqué publié après l’annonce de la mort de Khamenei, les Gardiens de la révolution ont juré de «s’opposer fermement aux complots internes et externes et de punir ceux qui attaquent la patrie». Et des responsables politiques ont déclaré que le régime avait élaboré des plans d’urgence en prévision de la mort de Khamenei.

Des fidèles du régime affirment que les services de renseignement iraniens avaient élaboré des plans pour qu’un commandant militaire prenne le pouvoir. La transition d’un régime théocratique vers un régime plus militariste est en cours depuis des années, les Gardiens de la révolution ayant pris le contrôle d’une grande partie de l’économie, établi des groupes qui leur sont fidèles dans les universités et les institutions et infiltré l’armée régulière et le gouvernement.

Il est à signaler qu’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, appartiennent au CGRI et leur nom circule dans la course à la succession d’Ali Khamenei. 

Dans un message publié samedi sur la plateforme X, Larijani a promis que l’Iran infligerait à Israël et aux États-Unis «une leçon inoubliable». Quant à Ghalibaf, il a joué un rôle dans la coordination de la riposte militaire lors de l’attaque israélienne et américaine contre l’Iran en juin.

Cependant, Golkar, estime que l’instauration d’un régime militaire n’était pas inévitable, surtout si Larijani, Ghalibaf ou leurs successeurs étaient tués.

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Mille et une nuits à Téhéran | Shahrayar tout feu tout flammes

04. März 2026 um 07:37

Le soir venu, le ciel de l’Iran, pays des shahs, s’illumine, il est tout feu tout flamme. Une stratégie bien connue et bien rodée depuis par les forces occidentales. Frapper l’ennemi quand il s’y attend le moins. La nuit ne porte plus conseil : elle est devenue synonyme d’angoisse et augure de longues heures de prières muettes et de douâs (supplications).

Mohsen Redissi *

Les appels à la clémence d’Allah sont chaque fois interrompus par les fracas des bombes touchant les bâtiments. Des cris de douleur d’hommes et de femmes ayant perdu des proches derrière chaque déflagration. Hélas, leurs lamentations sont couvertes par les sanglots longs des blessés profondément touchés dans leur chair.

L’espace aérien iranien est traversé de part en part par de toute sorte d’objets volants reconnaissables à la traîne que chaque missile laisse derrière lui. Les naïfs les prendront pour des étoiles filantes. Du missile balistique tiré de très loin, visible que lorsqu’il entre dans l’atmosphère via une traînée de nuages en forme de cloche qu’il laisse derrière lui, au missile de croisière, le Tomahawk, aussi tranchant dans les guerres modernes que son ancêtre, la hache de guerre des amérindiens.

Tous pour Israël

Dans ce contexte de guerre céleste, il est plus facile pour les populations de passer de vie à trépas. Leur unique tort est de ne pas avoir pu voir la mort venir, tombée des cieux comme par enchantement. Une mort pas très douce, bénie par les nouveaux dieux de la guerre. Un châtiment. On se croirait en enfer. A chacun sa baraka.

La Société des Nations hostiles à l’Iran (SDN-HI) formée de superpuissances, adversaires farouches du régime des mollahs, est un soutien indéfectible publiquement, militairement et diplomatiquement, d’Israël au détriment de toute convenance, entraînant ainsi un déséquilibre dans tout le Moyen-Orient.

Cette nouvelle Société des nations considère que le règne des mollahs doit prendre fin sous prétexte que ses dirigeants sont sans indulgence aucune envers les revendications de leur peuple. Elle a décidé d’un commun accord avec l’allié et donneur d’ordre israélien d’éliminer l’éminence grise et spirituelle du régime en menant des frappes à l’intérieur de l’Iran.

Des histoires sans fin

L’histoire américaine avec l’Iran semble être une histoire sans fin. C’est le seul pays au Proche-Orient, y compris Israël et hormis le Yémen, qui ne dépend pas des dons des Américains et de leurs larges subsides, ou de leur protection militaire pour rester en place dans le cas d’un conflit avec un pays voisin.

Jadis, Shéhérazade avait inventé le conte à épisodes pour calmer les ardeurs et le penchant meurtrier de Shahrayar gardant ainsi la tête sur les épaules.

Shahrayar, personnage dominateur et manipulateur, excelle dans le maniement de la carotte et du bâton. Dans son bureau ovale, il a su doser son langage soporifique à bon escient, laissant croire que son équipe est en discussion avec les parties adverses pour trouver une solution à leurs différends, faisant planer en même temps sur leur tête le spectre d’une intervention militaire. Son épée de Damoclès est une armada de bâtiments de guerre qui ont mouillé dans les eaux territoriales en Méditerranée de l’Est et dans le golfe Persique. La forme suprême de la dissuasion.

Pendant des mois et des mois, Shéhérazade et Shahrayar se racontent des histoires dont l’entracte est l’enrichissement de l’uranium, créant ainsi un fort suspense et une tension palpable dans les déclarations de chacune des parties. Puis, les discussions reprennent aussitôt directement ou via des émissaires. Ce stratagème dure pendant plus de mille et une nuits, depuis des lustres. Le monde ne croit plus à ces histoires sans fin.

Shéhérazade multiplie les histoires et fait preuve d’ingéniosité pour garder la tête sur les épaules. Shahrayar lui fait planer le spectre d’une confrontation inéluctable qui engendrerait la désolation. L’objectif prioritaire et la finalité de Washington est de faire taire les centrifugeuses iraniennes et l’abandon du développement de missiles balistiques. D’autres exigences peuvent être mises sur la table de dissuasion.

Finalement, Shahrayar, fatigué de ce jeu macabre, a estimé qu’un changement de régime en Iran serait sa meilleure option. Il a joué son dernier coup en lançant sur l’Iran une opération militaire d’envergure avec son allié israélien «Fureur épique». Échec et mat, comble pour la civilisation du Shatranj.

* Fonctionnaire à la retraite.

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Gestern — 03. März 2026Haupt-Feeds

En pleine crise iranienne, les raffineurs chinois tirent leur épingle du jeu

03. März 2026 um 15:36

Les raffineurs de pétrole en Chine — pays qui importe plus de brut que tout autre au monde — sont bien positionnés pour absorber les perturbations causées par la montée des tensions autour de l’Iran. Les opérateurs du marché estiment que les tensions géopolitiques récentes n’auront qu’un impact limité à court terme sur leurs activités.

Cette solidité repose sur deux principaux facteurs : des achats importants de pétrole iranien et russe ces derniers mois, qui ont renforcé leurs stocks; et des réserves stratégiques constituées par l’État chinois, qui servent de tampon face aux chocs externes.

Réserves stratégiques

Car si l’approvisionnement en pétrole venait à être limité, ce qui reste aujourd’hui une hypothèse, la Chine et les États-Unis disposent de réserves pour atténuer la pression sur les prix, au moins dans une certaine mesure. Les deux pays qui consomment le plus d’hydrocarbures au monde, les États-Unis (qui sont quasiment autosuffisants mais veulent éviter une flambée des prix à la pompe) et la Chine ont pris leurs précautions face à une guerre qui semblait de plus en plus inévitable, en constituant des stocks importants.

En outre, notons que les normes historiques et les exigences de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) demandent aux Etats membres de disposer d’au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole brut et de produits raffinés dans leurs réserves stratégiques.

Grâce à ces approvisionnements abondants en brut à bas coût, les raffineurs chinois sont donc relativement protégés contre une éventuelle interruption des flux pétroliers liée au conflit en Iran.

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4e jour de guerre au Moyen-Orient  

03. März 2026 um 10:08

Au matin du quatrième jour de la guerre au Moyen-Orient, les affrontements se poursuivent ce mardi 3 mars 2026 entre les États-Unis et Israël d’un côté et l’Iran de l’autre, avec des attaques de plus en plus meurtrières. Israël, pour sa part, mène des «frappes simultanées» sur Téhéran et Beyrouth, contre des objectifs militaires iraniens et du Hezbollah. Et comme ce fut le cas cette nuit pour l’ambassade américaine à Ryad, les États-Unis ont été maintes fois visés par l’Iran ces dernières heures. (Photo : Frappe aérienne israélienne, dans la banlieue sud de Beyrouth).

Ce matin, de fortes explosions ont secoué Téhéran. Les détonations ont été entendues dans le nord de la capitale et les médias locaux ont rapporté aussi des déflagrations à Karaj, à l’ouest de Téhéran, ainsi qu’à Ispahan, au centre du pays.

Dans plusieurs communiqués, le Hezbollah affirme qu’«en réponse à l’agression criminelle israélienne qui a visé des dizaines de villes et de villages libanais, y compris la banlieue sud de Beyrouth», ses combattants ont utilisé des drones pour frapper les bases aériennes de Ramat David et de Meron en Israël. La base de Nafah, dans le Golan syrien occupé, a également été ciblée. 

L’armée israélienne a, pour sa part, affirmé ce matin que ses soldats étaient déployés en «plusieurs points» dans le sud du Liban, parallèlement à la campagne de frappes aériennes menée depuis la veille contre le Hezbollah. «Ce n’est pas une opération terrestre. C’est une mesure tactique (…) destinée à assurer la sécurité de notre peuple», assure le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée. «Nous avons positionné des soldats dans la zone frontalière à des points supplémentaires pour défendre nos civils et empêcher le Hezbollah de les attaquer», poursuit-il.

En parallèle, «le Premier ministre Benyamin Netanyahou et moi avons autorisé l’armée israélienne à avancer et prendre le contrôle de positions stratégiques supplémentaires au Liban, afin d’empêcher les attaques sur les localités israéliennes frontalières», a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz. 

Etant entendu, du point de vue des Israéliens, que la paix pour eux passe par l’occupation militaire des territoires de leurs voisins et le bombardement des populations de la région qui ne se soumettent pas à leurs diktats. 

Sur le plan politique, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, affirme que Washington n’a pas eu le choix que de s’impliquer aux côtés d’Israël dans sa guerre contre l’Iran. «Il était tout à fait clair que si l’Iran était attaqué par qui que ce soit, il riposterait et riposterait contre les États-Unis. (Or) nous savions qu’Israël allait agir», a-t-il lancé. Par conséquent, «si nous attendions que cette attaque ait lieu avant de riposter, nous aurions subi des pertes beaucoup plus importantes», confirmant la thèse que cette guerre est, d’abord, israélienne et que les Etats-Unis s’y sont laissés entraîner.

Les pays européens ont commencé à sortir de leur léthargie et à s’impliquer, eux aussi, dans le conflit, dont la France. «Lorsque ces pays doivent se défendre, (…) on répond à leurs demandes en termes de défense», affirme Alice Rufo, concernant le soutien à certains pays du Golfe, ciblés par des «attaques indiscriminées» iraniennes, attaques qui, rappelons-le, ont visé, jusque-là, des bases militaires américaines dans ces pays. Pour l’heure, précise la ministre déléguée auprès de la ministre français des Armées et des Anciens combattants, aucune décision pour un déploiement du porte-avions Charles de Gaulle dans la région n’a été prise. «Il peut se déplacer avec un très court préavis, mais c’est une décision du chef de l’État», glisse-t-elle, sur le plateau de TF1. 

En parallèle, la responsable ferme la porte à l’envoi de troupes au sol. «Nous avons des forces dans la région, cela ne veut pas dire mettre des troupes au sol pour une action offensive, puisque nous ne participons pas à l’action offensive américaine», indique Alice Rufo. 

«La France se tient prête à défendre ses partenaires (au Moyen-Orient), à leur demande, de manière proportionnée  et conformément au principe de légitime défense collective», répète Jean-Noël Barrot sur BFMTV, alors que plusieurs pays du Golfe font l’objet de frappes iraniennes. «Cela veut dire que nous avons le droit d’intervenir et que nous nous tenons prêts à le faire, nous ne nous déroberons pas», poursuit-il. 

Sur le plan diplomatique, le département d’État américain a ordonné mardi le départ de tout son personnel diplomatique «non urgent» de ses ambassades en Irak, en Jordanie et au Bahreïn.

Dans un message sur X, le département d’État a dit avoir mis à jour ses avis aux voyageurs pour Bahreïn et la Jordanie «afin de refléter l’ordre donné au personnel non urgent du gouvernement américain et aux membres de leurs familles de quitter ces pays». Dans un autre avis mis à jour pour l’Irak, le ministère dit avoir «ordonné lundi au personnel non urgent du gouvernement américain de quitter l’Irak pour des raisons de sécurité».

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé mardi avoir mené une «attaque à grande échelle» contre une base aérienne américaine à Bahreïn à l’aide de drones et de missiles.

Les forces navales des Gardiens «ont mené une attaque à grande échelle à l’aide de drones et de missiles à l’aube contre la base aérienne américaine située dans la région de Sheikh Isa, à Bahreïn», selon un communiqué cité par l’agence de presse officielle Irna, qui ajoute, sans fournir de preuve, que «20 drones et trois missiles ont atteint leurs cibles» et «détruit le principal poste de commandement de la base».

L’armée américaine a affirmé mardi avoir détruit des postes de commandement des Gardiens de la Révolution ainsi que des sites de lancement de missiles et de drones et des défenses anti-aériennes en Iran.

«Les forces américaines ont détruit les installations de commandement et de contrôle du Corps des gardiens de la révolution islamique, les capacités de défense aérienne iraniennes, les sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que les aérodromes militaires au cours d’opérations soutenues. Nous continuerons à prendre des mesures décisives contre les menaces imminentes posées par le régime iranien», a écrit le Commandement militaire central américain (Centcom) sur X.

Concernant la sécurité au détroit d’Ormuz dont transite une partie de ses besoins en énergie, la Chine, qui était, début 2025, la première destination du pétrole transitant par cette zone a, par la voix d’une porte-parole des Affaires étrangères, Mao Ning, «enjoint à toutes les parties de mettre fin immédiatement à leurs opérations militaires, d’éviter toute nouvelle escalade des tensions, de maintenir la sécurité des voies de navigation dans le détroit d’Ormuz et d’empêcher que la situation n’ait un impact plus important sur l’économie mondiale»

Dans ce même contexte, des réservoirs de carburant au port commercial de Duqm, à Oman, ont été pris pour cible par un certain nombre de drones, et un réservoir a été touché, indique l’agence de presse omanaise, en citant une source de sécurité. Les dégâts qui en ont résulté ont été maîtrisés et aucune victime n’a été recensée, a ajouté la même source. 

Le secteur aérien subit lui aussi directement les conséquences de l’embrasement du Moyen-Orient. Les opérateurs internationaux du secteur prévoient des perturbations pour les voyageurs durant plusieurs semaines au moins, certaines dessertes restant pour le moment suspendues.

Toujours sur le plan des impacts économiques du conflit, la Bourse de Séoul a clôturé mardi sur un plongeon de plus de 7 % tandis que celle de Tokyo a chuté de plus de 3 %. Dans le détail, l’indice Kospi a lâché 7,24 % à 5.791,91 points, lorsque l’indice Nikkei a abandonné 3,06 % à 56.279,05 points.

Latif Belhedi (avec agences).

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Iran | Qui succédera à l’ayatollah Ali Khamenei ?

03. März 2026 um 08:54

La question est sur toutes les lèvres : Qui va succéder à l’ayatollah Ali Khamenei et devenir le nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran ? Le poste est la clé de voûte d’un système qui repose sur la théorie du velayat-e faqih (tutelle du jurisconsulte) et c’est à l’Assemblée des Experts que va échoir la responsabilité d’élire le successeur de Khamenei qui a occupé le poste pendant presque 37 ans. 

Imed Bahri

Le quotidien londonien arabophone Al Quds al Arabi est revenu sur cette échéance importante qui intervient en pleine guerre israélo-américaine contre la République islamique et indique que les préparatifs s’accélèrent en vue de l’élection d’un successeur au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, assassiné par Israël et les États-Unis le samedi 28 février 2026 au matin. L’attaque, menée par l’aviation israélienne, a ciblé le bureau et la résidence de Khamenei, avenue Pasteur, à Téhéran, alors qu’il présidait une réunion du Conseil supérieur de la défense. Trente bombes ont été larguées sur ce lieu où se trouvait le Guide.  

Un conseil provisoire aux commandes

Afin d’éviter un vide du pouvoir, l’article 111 de la Constitution iranienne stipule qu’un conseil provisoire composé de trois membres exerce les pouvoirs du Guide suprême en cas de décès, de démission ou de destitution de ce dernier.

Le conseil provisoire actuel est composé de Massoud Pezeshkian en sa qualité de président de la République, Gholamhossein Mohseni Ejei en sa qualité de chef du pouvoir judiciaire et l’ayatollah Ali Reza Arafi, désigné par le Conseil des gardiens de la Constitution (organe iranien cumulant les fonctions de Conseil constitutionnel et de Commission électorale). 

L’urgence d’élire le Guide suprême est dictée par la nécessité de préserver la stabilité intérieure dans le pays, étant donné que le Guide suprême est la plus haute autorité politique, religieuse et militaire du pays. Il incarne vilayat-e faqih dans le système de la République islamique et est également le Commandant suprême des forces armées.

Conformément à la Constitution iranienne, l’élection du Guide suprême relève de la compétence de l’Assemblée des experts, appelée en persan «Majlis-e Khabargan-e Rahbari». Cette assemblée est composée de 88 membres, élus au suffrage universel direct, pour un mandat de huit ans. Le peuple iranien renouvelle donc son élection tous les huit ans. L’Assemblée exerce diverses fonctions dont celle d’élire le Guide suprême. Elle a également le pouvoir de contrôler l’action du Guide suprême et de le révoquer ou de le confirmer dans ses fonctions, à condition qu’il soit jugé apte à remplir ses devoirs sur les plans religieux, politique, intellectuel et physique.

Le Guide suprême est élu au scrutin secret, et le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés par les membres présents est déclaré Guide suprême. L’Assemblée des experts n’a élu le Guide suprême qu’une seule fois et ce, en juin 1989, jour du décès de l’Imam Khomeini, fondateur de la République islamique, lorsque Khamenei a été élu à ce poste.

Khamenei, alors président de la République (il l’a été de 1981 à 1989), n’était pas un candidat pressenti pour succéder à Khomeini. Cependant, Hashemi Rafsanjani (président de 1989 à 1997) a relaté une anecdote qui a bouleversé la donne. Il a déclaré que lors d’une rencontre avec Khomeini, il l’avait interrogé sur son choix de successeur, ce à quoi Khomeini aurait répondu: «Vous avez Khamenei».

Khamenei annonça son refus de briguer la succession de Khomeini mais l’Assemblée des experts l’élut Guide suprême. On peut donc affirmer que le décideur ultime concernant le successeur de Khomeini était Khomeini lui-même, conformément au souhait rapporté par Rafsanjani.

Ces dernières années, le débat s’est intensifié quant à la personne qui succédera au Guide suprême Khamenei s’il venait à disparaître, compte tenu de son âge avancé de 86 ans (il est né le 17 juillet 1939).

Ce besoin est devenu encore plus pressant suite aux menaces directes des États-Unis et d’Israël d’assassiner Khamenei surtout durant la guerre israélo-américaine contre l’Iran en juin 2025.

Spéculation sur le nom du nouveau Guide

Khamenei avait proposé plusieurs noms pour lui succéder mais ces noms sont restés secrets. Par conséquent, l’Assemblée des experts devrait avoir la tâche aisée d’élire le nouveau Guide suprême, surtout après l’assassinat de Khamenei par Israël.

Toute discussion concernant le nom du nouveau dirigeant iranien relève encore de la spéculation. Auparavant, l’ancien président Ebrahim Raissi qui avait à la fois un profil théocratique et politique était pressenti mais il a trouvé la mort dans un accident d’hélicoptère le 19 mai 2024, accident qui aurait été causé par une panne technique lors de son retour d’une brève visite en Azerbaïdjan (allié d’Israël) mais les circonstances de cette mort demeurent suspectes. 

Un autre nom qui circule est celui de Mojtaba, le fils de Khamenei. Proche de son père depuis des années, il a accès à tous les dossiers clés concernant l’Iran et ses alliés dans la région. Il entretient également des relations privilégiées avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), acteur majeur de la scène iranienne.

Le nom de l’ancien président Hassan Rouhani est également évoqué. Sous sa présidence, l’accord nucléaire de 2015 a été conclu sous l’égide de Barack Obama, dans le cadre du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne).

Le nom d’Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, a aussi été mentionné, mais ses chances sont moindres car ce n’est pas un religieux.

Parmi les autres noms qui circulent figurent Mohsen Ejei, actuel chef du pouvoir judiciaire, l’ayatollah Ali Reza Arafi, membre du Conseil de direction intérimaire et l’ayatollah Sadeq Larijani, ancien chef du pouvoir judiciaire (frère d’Ali Larijani).

D’autres noms, plus surprenants, pourraient également être évoqués, connus seulement de Khamenei et de son entourage. Toutefois, il est clair que les qualités les plus importantes que le nouveau dirigeant devra posséder, outre son rang religieux, seront sa détermination à affronter les États-Unis et Israël après qu’ils ont lancé leur deuxième guerre contre l’Iran et assassiné Khamenei.

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L’assassinat de Khamenei, un jour d’infamie qui aura des conséquences

03. März 2026 um 07:53

La guerre américaine actuelle contre l’Iran décidée sans consultation du Congrès, à l’instigation de Netanyahu, réalise d’autres objectifs que ceux proclamés par ses auteurs, en particulier l’interdiction de tout approvisionnement chinois en pétrole dans le Golfe hors de tout contrôle américain, ainsi que le renforcement de la supériorité militaire d’Israël sur les pays de la région, à même de lui permettre d’annexer sans opposition notable les territoires arabes de l’Euphrate au Nil ainsi que le dit la Bible, selon ses seuls intérêts et besoins, en s’assurant les conditions économiques adéquates à son développement au détriment des peuples de la région.

Dr Mounir Hanablia *

Les férus de la seconde guerre mondiale se souviendront du célèbre passage du discours du Président Roosevelt, qualifiant le 7 décembre 1941, date de l’attaque japonaise contre Pearl Harbour, de «jour d’infamie».

En effet des discussions avaient lieu entre des représentants des deux nations au moment où l’attaque s’était produite. Les Iraniens et les Américains s’étaient séparés à l’issue de discussions difficiles sans conclure, et pourtant ces derniers n’ont pas hésité à déclencher les hostilités, en arguant d’une «fenêtre d’opportunité»

Il y a des normes dans les relations internationales que l’on pensait définitivement établies. Depuis la paix de Westphalie de 1648, les rapports entre États obéissent à certaines règles dans le but d’éviter les conflits armés, et lorsqu’ils sont inévitables, d’atténuer les horreurs semblables à celles dont la Guerre de Trente Ans a été le théâtre.

Le droit international ignoré par les puissants

Ainsi un protocole a été établi visant à épargner l’intégrité physique des rois, afin que les réalités issues des conflits armés qui sont l’exception se traduisent par des accords perpétuant la paix. Ce ne fut pas là une nouveauté.

Si on en revient aux guerres féodales en Europe, les seigneurs et les rois, faits prisonniers, étaient épargnés puis libérés contre rançons conséquentes.

Or depuis le génocide de Gaza perpétré par l’armée israélienne utilisant les armes américaines les plus sophistiquées, ces normes que l’on qualifie depuis la création de l’Onu de droit international sont ignorées non par les instances chargées de les établir et de les contrôler, mais par les belligérants les plus puissants.

Il y a eu l’enlèvement du président vénézuélien en exercice par l’armée américaine agissant sous les ordres du président Trump.

On se souvient qu’en juin dernier à l’issue de la guerre des 12 jours menée par Israël contre l’Iran, l’armée américaine avait effectué un bombardement massif sur les installations nucléaires de Ferdaous et Natanz alors que des discussions se poursuivaient pour obtenir l’abandon du programme iranien d’enrichissement de l’uranium.

Il y a trois jours une opération militaire américaine de grande envergure a débuté par l’assassinat des plus hauts dirigeants iraniens, et particulièrement Ali Khameneï, l’autorité ultime de l’Etat dans son pays, dans un bombardement massif de son domicile où pas moins de trente bombes de grande puissance ont été utilisées. Qu’ils aient été qualifiés de «clique de voyous» par le commanditaire de leur exécution importe peu.

Un vengeur tombé de la Bible

Le fait notable est la mort de l’ancien président Ahmadinejad dans les mêmes circonstances à son domicile dans un bombardement. Il était devenu la bête noire des sionistes lorsqu’il avait appelé à la destruction de l’État d’Israël.

Ainsi et dans une guerre du XXIe siècle menée grâce à la collaboration d’Amazon, Google, Elon Musk et l’intelligence artificielle, Netanyahu s’adjugeait-il l’aura d’un vengeur tombé de la Bible. Or le droit divin ne s’accorde que peu avec les conventions de Genève protégeant les populations civiles contre les méfaits de la guerre, en particulier lorsqu’il s’agit d’usurpation de territoire et de nettoyage ethnique. Et on peut donc comprendre l’insistance du Président Trump à créer ce fameux Conseil de la Paix réservé aux milliardaires, et à liquider les instances internationales issues de l’Onu qui ont inculpé son sbire et mentor de génocide.

Dans ces conditions il paraît douteux qu’il y eût eu préalablement à cela une quelconque volonté de résoudre pacifiquement le conflit.

Il faut en effet noter que les discussions engagées pour obtenir la dénucléarisation de l’Iran avaient abouti à des concessions substantielles par ce pays. Elles auraient donc pu se poursuivre pour en obtenir davantage. Mais selon de nombreux commentateurs, la guerre avait déjà été décidée depuis le 29 janvier dernier, date de la visite effectuée par Netanyahu à Mar-a-Lago, lieu de résidence de Donald Trump.

Il faut donc convenir que tout cela n’avait été qu’une mise en scène destinée à permettre à l’armée américaine de parfaire ses préparatifs. Une fois achevés, la mise en branle de la machine de guerre devenait inévitable.

Il est inutile de rappeler toutes les péripéties qui ont jalonné le cours des relations irano-américaines, en 1953 avec le renversement de Mossadegh, ou depuis 1979, date de la révolution islamique, la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, la mort des 250 marines dans une attaque suicide à Beyrouth en 1983, en passant par le soutien américain apporté à Saddam Hussein pour envahir l’Iran durant une guerre de huit ans.

Néanmoins, lorsque ses ambitions nucléaires eurent été avérées, ce pays a été soumis à un embargo international visant à asphyxier son économie.

De fausses négociations pour préparer une vraie agression

Le Plan d’action global commun établi sur un programme nucléaire contrôlé par les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique en 2015 et avalisé par le président Obama, dont on pensait qu’il marquerait la fin du contentieux, a été dénoncé par son successeur Trump immédiatement après son élection, à l’instigation du premier ministre israélien Netanyahu. L’embargo contre l’Iran a donc été renforcé. Jusqu’à ce que l’annonce par Netanyahu du projet de normalisation politique avec l’Arabie Saoudite et du programme de corridor économique depuis les rives de l’Océan Indien jusqu’à Israël, à travers la péninsule arabique, les Emirats arabes unis et la Jordanie, constitue le facteur décisif à l’origine du 7 octobre 2023, et de l’irruption du Hamas, du Hezbollah, et des Houthis du Yémen, sur le théâtre des opérations.

Le programme envisagé ferait d’Israël la plaque tournante économique et financière du Moyen Orient au même titre que Singapour en Asie, tout en marginalisant le Canal de Suez et le détroit d’Ormuz, une perspective que nul régime politique en Iran ne peut accepter, pour ne pas dire l’un quelconque déjà soumis à un embargo sévère et ayant d’autant plus de raisons de miser sur l’énergie nucléaire.

On n’en finira pas de sitôt avec la question iranienne

La question iranienne peut donc être momentanément écrasée sous les bombes, mais elle n’en continuera pas moins à l’avenir à se poser avec acuité, même après le départ des mollahs. Il ne faut pas oublier que l’ambition du Shah d’Iran était déjà de doter son pays de la technologie nucléaire et on peut se demander si cela n’avait pas été la véritable raison pour laquelle il avait été délaissé par ses parrains américains.

D’autre part, la question de la légitimité de l’usage de la violence par les grandes puissances, en dehors des lois internationales, reste posée. Le gouvernement israélien renvoie l’origine de la guerre au 7 octobre et à la pluie de missiles qui s’est abattue sur son territoire depuis Gaza, le Sud Liban, et le Yémen.

En réalité, sa gestion génocidaire de la guerre à Gaza n’a eu dès le départ qu’un but, créer les conditions politiques et militaires adéquates nécessitant l’intervention américaine pour frapper l’Iran et abattre son régime. Or, des raisons propres, l’Amérique en avait: l’’interdiction aux Chinois de l’accès au pétrole iranien; le rétablissement de son prestige, terni par son incapacité à assurer la liberté de navigation à l’entrée de la mer Rouge, sérieusement entravée par les Houthis; le solde définitif des comptes avec ceux jugés responsables de la prise d’otage de l’ambassade en 1979, des enlèvements et des attentats de Beyrouth dans les années 80 qui constituaient pourtant des réponses à l’invasion israélienne du Liban et à la destruction de Beyrouth en 1982.

De tout ceci on peut conclure plusieurs choses. La guerre américaine actuelle décidée sans consultation du Congrès, à l’instigation de Netanyahu, réalise d’autres objectifs que ceux proclamés par ses auteurs, en particulier l’interdiction de tout approvisionnement chinois en pétrole dans le Golfe hors de tout contrôle américain, ainsi que le renforcement de la supériorité militaire d’Israël sur les pays de la région, à même de lui permettre d’annexer sans opposition notable les territoires arabes de l’Euphrate au Nil ainsi que le dit la Bible, selon ses seuls intérêts et besoins, en s’assurant les conditions économiques adéquates à son développement au détriment des peuples de la région. Que le colonialisme israélien et l’impérialisme américain aient trouvé là une occasion de plus de réaliser leurs objectifs ne peut être nié.

Cependant, les liquidations bibliques des dirigeants et des présidents risquent de ne pas s’avérer suffisantes au Moyen-Orient ou ailleurs pour dissuader les peuples de lutter pour recouvrer leurs droits nationaux et s’assurer les moyens de défendre leurs pays contre les agresseurs. Et l’intelligence artificielle est une arme à double tranchant. Si le président américain et le Premier ministre israélien forts d’une supériorité technologique qui ne peut être qu’éphémère, continuent d’assassiner ainsi leurs ennemis, il faut s’attendre à ce qu’un jour ou l’autre, ils soient eux-mêmes liquidés. Cela s’était déjà produit à Dallas en novembre 1963. L’Amérique continuera sans doute à mener des guerres d’agression. Mais si les peuples de la terre n’ont plus foi en sa parole, comment pourra-t-elle s’assurer sans s’épuiser les collaborations nécessaires à sa paix et à sa sécurité ?   

* Médecin de libre pratique.

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Tensions au Moyen-Orient : quel impact pour l’économie tunisienne ?

02. März 2026 um 12:01

Les prix du pétrole brut ont grimpé à plus de 72 dollars le baril (livraison avril 2026) dans la soirée de dimanche 1er mars 2026. Les marchés craignant que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran ne devienne incontrôlable et n’entraîne une perturbation majeure de l’approvisionnement. Le benchmark international, le Brent a bondi, se rapprochant des 80 dollars.

 

Que d’interrogations

La vague massive de frappes aériennes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran a tué le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et d’autres hauts responsables de la République islamique. La grande question est de savoir qui va gouverner le quatrième producteur de pétrole de l’OPEP.

La réaction ultime du marché pétrolier dépendra de savoir si la guerre entraîne une perturbation prolongée du trafic à travers le détroit d’Ormuz, le point de passage le plus important au monde pour le commerce mondial du pétrole. Le trafic des pétroliers à travers le détroit a déjà effectivement cessé, les compagnies maritimes prenant des mesures de précaution. Plus de 14 millions de barils par jour transitaient en moyenne par le détroit en 2025 Soit environ un tiers du total des exportations maritimes mondiales de brut. Environ les trois quarts de ces exportations sont destinées à la Chine, à l’Inde, au Japon et à la Corée du Sud.

Le président Donald Trump a déclaré que les opérations de combat se poursuivraient jusqu’à ce que tous les objectifs américains soient atteints. Au début de la semaine, il avait annoncé que l’Iran voulait négocier et qu’il avait accepté de le faire, laissant ouverte la possibilité d’une désescalade qui éviterait une perturbation importante et prolongée.

 

Vers les 100 dollars le baril ?

Le Brent pourrait atteindre 100 dollars le baril si la situation sécuritaire se dégrade au Moyen-Orient. Il est possible que le marché soit confronté à une perturbation matérielle qui enverrait les prix spot du Brent au-dessus de 120 dollars le baril, selon UBS.

La manière dont les événements vont se terminer est extrêmement incertaine à ce stade. En attendant, les marchés pétroliers devront faire face à leurs pires craintes Et il est difficile d’estimer l’effet potentiel sur les marchés.

Les exportations de pétrole iranien pourraient également s’effondrer en raison de l’incertitude quant à savoir qui est aux commandes à Téhéran, des troubles intérieurs et des grèves du travail dans ses régions pétrolifères et ses ports. A noter que l’Iran produit environ 3,3 millions de barils par jour.

 

Impact sur la Tunisie

A ce stade, et dans le cas d’un conflit de courte durée, les conséquences sur la Tunisie seront très limitées. Néanmoins, s’il se prolonge et si les prix persistent à des niveaux élevés, nous pouvons parler d’un choc externe pour les finances publiques. Alors que le prix moyen du baril retenu dans le cadre de la loi des finances 2026 s’élève à 63,3 dollars le baril de Brent, la facture énergétique de ces premiers mois de l’année est significativement plus élevée qu’attendu. Avec le prix moyen estimé, la subvention programmée représente 27 % du coût de revient pour l’Etat.

Le gaz est lourdement subventionné, à hauteur de 71 % du coût et les prix mondiaux sont montés dans les échanges depuis dimanche soir. Ce qui pourrait mettre encore de la pression sur la facture énergétique de l’année.

Le gouvernement s’attendait à une réduction de l’enveloppe consacrée aux subventions à 9 772 MDT. Une augmentation d’un dollar du prix du baril (le prix moyen tout au long de l’année) entraîne une hausse des dépenses de subvention de 164 MDT.

Pour les entreprises tunisiennes, la facture des importations sera plus coûteuse. D’ailleurs, le coût de l’assurance du transport maritime a grimpé. Selon Capital Economics, un conflit prolongé affectant l’offre du pétrole pourrait ajouter entre 60 et 70 points de base à l’inflation mondiale. Bien évidemment, nous allons les retrouver automatiquement dans notre indice des prix. La dose de prudence de la Banque centrale de Tunisie dans sa politique monétaire, jugée excessive par certains, montre aujourd’hui qu’elle a du sens.

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Guerre de choix pour Trump, guerre existentielle pour l’Iran

02. März 2026 um 11:23

Encore une fois, Trump et Netanyahu ont eu recours à la tromperie et à la mystification dans l’espoir de tirer avantage de l’effet de surprise avant de lancer leur guerre d’agression contre l’Iran. 

L’Agence Reuters rapporte que la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février était « planifiée depuis des mois et la date de lancement avait été décidée des semaines auparavant. »

D’après l’ambassadeur américain Chas Freeman, « l’attaque a été décidée le 28 janvier par Trump et Netanyahu à Washington et fixée au 20 février. Mais l’information a filtré aux Iraniens. Ce qui les a obligés à retarder l’attaque de huit jours au 28 février ».

Entre temps, et comme ce fut le cas en juin dernier, les Iraniens s’étaient laissé embobiner dans une série de fausses négociations dans le but de les convaincre que les Américains étaient intéressés plus par la diplomatie que par la guerre. En juin dernier, des négociations étaient prévues à Mascate le dimanche 15, et l’agression eut lieu le vendredi 13 juin.

Même scénario cette fois. Des négociations étaient prévues le lundi 2 mars à Vienne, et Trump et Netanyahu ont lancé leur guerre d’agression le samedi 28 février. Mais, contrairement à la guerre de juin, où les Iraniens étaient surpris et n’ont pu répondre aux agresseurs qu’après deux jours, cette fois, ils étaient préparés et ont répondu dans l’heure qui a suivi l’agression.

Evidemment, pour justifier sa guerre d’agression, Trump, dans la tradition de ses prédécesseurs, a eu recours à la propagande mensongère. Le mensonge de Trump sur « le danger nucléaire de l’Iran et la production de missiles balistiques pour atteindre le territoire américain », fait écho au mensonge de George W. Bush sur « les armes de destruction massive que possédait Saddam et les tubes géants d’aluminium qui seront transformés en missiles atteignant New York et Los Angeles. »

Les premières attaques israélo-américaines ont tué nombre de hauts responsables militaires et sécuritaires. Un missile lancé du porte-Avions Abraham Lincoln a détruit une école pour jeunes filles, tuant 165 écolières âgées de 7 à 12 ans et leurs instituteurs et institutrices…

La réaction iranienne a été dévastatrice pour les bases américaines à Bahrain, Qatar, Koweit, les Emirats et, bien sûr Tel-Aviv et d’autres villes israéliennes où les sirènes n’arrêtent pas de hurler. Difficile d’avoir une idée sur l’étendue des dégâts et du nombre des victimes en Israël où une loi punit de sept ans de prison quiconque filme des destructions et les partage sur les réseaux sociaux.

A Washington, Trump cache mal sa panique face aux réactions iraniennes contre les cibles américaines dans la région. « Dans cette guerre, il va y avoir des soldats morts et leurs familles doivent être fière d’eux, car leur mort assure la sécurité des Etats-Unis. » Une affirmation qui n’a pas manqué de semer l’anxiété et la fureur parmi une large partie de la population où les derniers sondages d’opinion montrent que « seulement un Américain sur quatre » approuve la guerre d’agression de Trump et Netanyahu contre l’Iran.

En dépit des centaines de missiles lancées sur les cibles américaines dans le Golfe, Washington continue de parler de « trois soldats morts et quelques blessés ». Une affirmation qui contraste avec les interminables colonnes de fumées, assombrissant les bases américaine observées à la télévision. Le Britannique George Galloway parle d’ « au moins 500 soldats américains morts dans les deux premiers jours ».

Quelques heures avant l’assassinat du guide Ali Khamnei, Trump s’adressa aux Iraniens en ces termes : « Je vous ai promis l’aide, la voici. Maintenant c’est à vous de vous soulever et de renverser le régime qui vous opprime pendant des années. »

Quelques heures après l’assassinat de leur guide, des millions d’Iraniens ont envahi les rues des villes iraniennes et répondu à Donald Trump par « Mort à l’Amérique ! »…

Selon un article du média israélien Ynet, après l’assassinat du guide Ali Khamenei, « le président Trump a cherché à instaurer un cessez-le-feu, proposition que l’Iran a rejetée. » La même information est confirmée par l’ambassadeur Chas Freeman et par l’Irano-Américain Trita Parsi, vice-président exécutif du ‘’Quincy Institute’’ en ces termes : « Trump a contacté l’Italie et un autre pays pour leur demander de proposer un cessez-le-feu à l’Iran et celui-ci a rejeté. »

Jusqu’au 28 février, l’Iran a toujours répondu avec « une modération excessive » aux agressions américano-israéliennes. Même pendant la guerre de juin, et bien que les missiles iraniens eussent le dessus et dévastaient Israël, Téhéran, à la grande frustration de millions à travers le monde, accepta le cessez-le-feu que Netanyahu cherchait désespérément à obtenir…

Cette fois, les choses sont très différentes. Si Trump et Netanyahu mènent une guerre de leur choix, l’Iran même une guerre pour son existence et, par conséquent, armé de ses milliers de missiles, il est déterminé d’aller jusqu’au bout. La mort du guide iranien que la paire Trump-Netanyahu a célébré un peu trop vite comme « la fin du régime des mollahs », s’avéra un élément qui renforça l’unité et la détermination des Iraniens dans la défense de leur pays, de leur souveraineté et de leur dignité.

Voici l’explication de Trita Parsi :« L’Iran comprend que nombre de responsables de la sécurité américaine étaient convaincus que la retenue dont le pays avait fait preuve par le passé était un signe de faiblesse, d’incapacité ou de refus d’affronter les États-Unis dans une guerre directe. Téhéran met maintenant tout en œuvre pour démontrer le contraire, malgré le prix exorbitant qu’il devra payer. Ironie du sort, l’assassinat de Khamenei a facilité ce changement de cap. »

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Quand l’Estonie défie la Russie !

02. März 2026 um 11:32

«Si la Russie envahit notre territoire, alors en déclenchant la résistance, nous mènerons la guerre sur le territoire russe», a déclaré le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, dans un entretien au journal The Telegraph. A-t-il vraiment mesuré ses paroles en affirmant que son pays ne serait pas une cible facile en cas d’agression russe, tout en avertissant que toute attaque conduirait à un transfert du conflit sur le territoire russe ?  

Habib Glenza

Dans une autre interview accordée à Deutsche Welle (DW), le chef de la diplomatie estonienne a balayé les craintes concernant la vulnérabilité de son pays face à une éventuelle invasion russe.

Interrogé sur le fait que l’Estonie soit souvent désignée comme une cible prioritaire en raison de sa position géographique, il a répondu : «Mais dans la vraie vie, nous augmentons considérablement nos capacités». «Je pense que l’Otan est plus forte que jamais. Nous avons déjà de nouveaux plans de défense, ce qui signifie que nous ne nous contentons pas d’attendre. Si la Russie envahit notre territoire, alors en déclenchant la résistance, nous mènerons la guerre sur le territoire russe.»

Les louvoiements de l’Europe

Margus Tsahkna rejette l’idée que l’Estonie soit le pays le plus vulnérable d’Europe. Il assure que la résistance estonienne mènerait à un déplacement de la guerre sur le sol russe. Et critique les tentatives de négociation directe avec Vladimir Poutine.  

Il exprime, cependant, et à juste titre, son inquiétude quant à la volonté politique de l’Europe de faire face à la menace russe. «Nous nous inquiétons de l’Europe, de savoir si l’Europe est prête à prendre une décision, à se lever, à devenir plus forte», a-t-il admis. Tout en qualifiant de «totalement erronée» l’hypothétique envoi d’un émissaire européen au Kremlin, auquel il prévoit un retour humiliant qui affaiblirait la position de l’Ukraine.

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs personnalités politiques européennes, dont le Premier ministre letton Evika Silina et le président estonien Alar Karis, ont récemment appelé à la nomination d’un envoyé spécial européen pour négocier avec la Russie. En décembre dernier, le président français Emmanuel Macron avait également exprimé sa conviction de la nécessité de trouver une solution pour interagir directement avec le dirigeant russe. Selon les médias, l’ancien président finlandais Sauli Niinistö serait considéré comme le favori pour ce poste.

Le potentiel militaire en place

Les déclarations du ministre des Affaires étrangères estonien font «rire et pleurer à la fois», car elle font craindre que l’Etat profond européen soit disposé à sacrifier l’Estonie, après avoir sacrifié l’Ukraine.

Ce tout petit pays de moins de 46 000 km2 dispose d’une armée de 7 700 soldats dont 1000 placés dans une base située à la frontière avec la Russie. L’Allemagne lui a récemment envoyé 44 tanks et 350 soldats comme aide militaire et c’est tout ce que peut aligner ce pays balte pour affronter la Russie, laquelle compte 17 millions de km2, 1,5 million de soldats, des milliers d’ogives nucléaires, d’avions, de tanks, de drones, de missiles, etc.! Aussi les déclarations du ministre estonien des Affaires étrangères peuvent-elles paraître insensées. Sur qui l’Estonie va-t-elle compter pour «mener la guerre sur le territoire russe» ? Apparemment sur l’Otan, l’Union européenne, les pays scandinaves (Suède, Norvège, Danemark, Islande et Finlande) et, bien entendu, les Etats-Unis. Mais ces pays sont-ils prêts à voler à son secours au risque de se trouver engagés dans une guerre qu’ils cherchent à éviter ? Si oui pourquoi ne sont-ils pas intervenus en Ukraine comme ils l’ont promis ?

Le précédent de la Pologne

Par ses déclarations, le ministre des Affaires étrangères estonien cherche en réalité à préparer ses concitoyens à une guerre que leurs voisins ukrainiens n’ont pas réussi, eux, à éviter. Ni l’Otan, ni l’Europe, ni à fortiori les Etats-Unis ne se hasarderont à entrer en guerre contre la Russie pour sauver l’Estonie au risque de déclencher une troisième guerre mondiale.

Rappelez-vous qu’en 1939, lorsque Hitler a envahi la Pologne, ce pays comptait sur ses deux alliés de taille, l’Angleterre et la France, qui n’ont pas bougé le doigt pour le défendre. La suite, on la connaît…     

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Guerre en Iran : les alliances traditionnelles mises à l’épreuve

02. März 2026 um 10:17

La guerre déclenchée contre l’Iran a révélé un effritement des solidarités diplomatiques et normatives, avec des États réagissant selon des logiques distinctes, stratégiques, juridiques ou sécuritaires. Cette imprévisibilité politique accroît les risques de déstabilisation régionale et impose à l’économie mondiale un nouveau facteur d’incertitude durable.

L’opération militaire lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran a immédiatement mis en évidence la disparité des réponses internationales. Contrairement aux guerres précédentes où des blocs géopolitiques restaient relativement cohérents, la crise actuelle montre que même les alliances traditionnelles comme l’OTAN ou les BRICS peinent à définir une position unifiée face à l’usage de la force.

La guerre en Iran révèle la fragilité du front occidental

En Europe, l’absence d’un langage diplomatique commun sur la légalité et la légitimité des frappes a mis en lumière la fragilité de la solidarité occidentale : certains États revendiquent l’importance du droit international, d’autres soulignent la nécessité de dissuader Téhéran, et d’autres encore s’abstiennent de toute critique. Cette hétérogénéité normative mine la capacité de l’Union européenne à proposer une réponse politique ou économique consolidée.

Dans le Golfe, la riposte iranienne qui a affecté des territoires sous influence américaine a transformé des pays hôtes en acteurs potentiels du conflit. L’Arabie saoudite, le Qatar et les autres pays du Conseil de coopération du golfe (CCG) ont déclaré, lors d’une réunion virtuelle dimanche 1er mars, leur volonté de défendre leurs intérêts. Ce qui modifie profondément la dynamique sécuritaire régionale et pose des questions sensibles sur la durabilité des routes maritimes, sur les investissements étrangers et sur la stabilité des marchés pétroliers.

Le paysage diplomatique global révèle également que des grandes coalitions comme les BRICS+ peinent à forger une position commune sur le conflit : alors que la Russie qualifie l’intervention de « guerre d’agression », l’Arabie saoudite, les Émirats et d’autres États du Sud adoptent des postures critiques à l’égard de Téhéran. Cette absence de consensus international rend plus incertaine la capacité des institutions globales à contenir les effets géopolitiques et économiques de cette crise…

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De Téhéran à Tel Aviv | La guerre continue de faire rage

02. März 2026 um 10:14

Alors que les raids aériens menés par Israël et les Etats-Unis se poursuivent, ce lundi 2 mars 2026, contre l’Iran, où ils ont touché 13 villes et causé 555 morts depuis samedi matin, Téhéran continue de cibler des bases militaires américaines dans les pays du Golfe et les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré lundi avoir lancé un barrage de missiles visant les villes israéliennes de Tel-Aviv et de Haïfa, mais aussi Jérusalem-Est. (Ph. De la fumée s’élève d’une zone entourant l’ambassade des États-Unis à la suite d’une frappe, à Bayan, au Koweït, le 2 mars 2026.)

«Parmi les cibles de cette dixième salve figurent une frappe ciblée contre le complexe gouvernemental du régime sioniste à Tel-Aviv, des attaques contre des centres militaires et de sécurité à Haïfa et une frappe contre Jérusalem-Est», secteur occupé et annexé par Israël, a indiqué la milice armée iranienne dans un communiqué, diffusé par la télévision d’État.

Crash d’avions de combat américains

Sur un autre plan, plusieurs avions de combats américains se sont écrasés au Koweït lundi matin mais les équipages ont survécu, a annoncé le ministère koweïtien de la Défense.

«Les autorités compétentes ont immédiatement lancé les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l’évacuation des équipages et à leur transfert vers l’hôpital», a rapporté le porte-parole du ministère, en précisant que le personnel qui était à bord était dans un état «stable». La cause de l’incident n’a pas été précisée.

A Bahreïn, l’Etat arabe le plus proche de l’Iran dirigé par une famille régnante sunnite mais habité par une population à majorité chiite, «les groupes terroristes et leurs admirateurs ont l’intention de s’en prendre aux citoyens américains à l’étranger», a prévenu l’ambassade américaine à Manam, ajoutant que «ces groupes continuent de planifier d’éventuelles attaques à Bahreïn. Les terroristes peuvent frapper sans prévenir». Aussi l’ambassade conseille-t-elle ses ressortissants de «faire preuve de prudence et de vigilance».

Le prix du pétrole flambe

Sur le plan économique,les prix du pétrole ont flambé lundi, dépassant brièvement 80 dollars le baril avant de modérer leurs gains, le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran faisant redouter des perturbations de l’offre de brut, alors que les investisseurs s’interrogent sur l’évolution de la crise.

Le Brent, référence internationale de l’or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s’afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d’année.

Suite à l’attaque de deux navires dimanche au large des Emirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à «éviter» la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage.

I. B.

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Quand le Moyen-Orient vacille, le monde financier retient son souffle

02. März 2026 um 07:50

Il est des crises qui ne se limitent pas à leur théâtre d’origine. Elles débordent, s’infiltrent, se diffusent dans les artères invisibles de la mondialisation, et transforment l’équilibre fragile sur lequel repose l’économie mondiale. L’embrasement du Moyen-Orient appartient à cette catégorie. Il ne s’agit pas seulement d’une confrontation régionale, mais d’un événement systémique, capable de reconfigurer les marchés financiers, de déstabiliser les monnaies, de redessiner les flux énergétiques et de modifier les trajectoires économiques des nations les plus éloignées du conflit.

Le Moyen-Orient, carrefour stratégique

Cette crise agit comme un révélateur brutal d’une vérité souvent occultée : l’économie mondiale demeure profondément dépendante de la stabilité géopolitique. Le Moyen-Orient, carrefour énergétique et stratégique, représente bien plus qu’un fournisseur de pétrole. Il constitue un pivot autour duquel s’articulent les anticipations des marchés, les stratégies des banques centrales et les équilibres macroéconomiques des pays importateurs d’énergie. Lorsque cette région vacille, ce n’est pas seulement l’approvisionnement énergétique qui est menacé, mais la confiance elle-même, cette matière intangible qui alimente les marchés financiers.

L’aversion au risque s’installe

Les premières réactions se manifestent toujours sur les marchés financiers, véritables baromètres de l’anxiété globale. L’aversion au risque s’installe rapidement. Les investisseurs, anticipant des turbulences prolongées, réduisent leur exposition aux actifs risqués et se replient vers les instruments les plus liquides et les plus sûrs. Ce mouvement, souvent brutal, provoque une chute des marchés actions dans les économies émergentes et un renforcement des obligations souveraines des grandes puissances. Il ne s’agit pas simplement d’un ajustement technique, mais d’un mouvement de protection face à l’inconnu.

 

Une appréciation du dollar, en apparence technique …

Dans ce contexte, le dollar américain retrouve toute sa centralité. Il s’impose comme la monnaie refuge par excellence, attirant les capitaux en quête de sécurité. Cette appréciation du dollar, en apparence technique, produit des effets profonds et asymétriques. Pour les économies émergentes, elle signifie un renchérissement immédiat du coût de leur dette extérieure, majoritairement libellée en devise américaine. Elle entraîne également une dépréciation de leurs monnaies nationales, accentuant l’inflation importée et fragilisant davantage les équilibres économiques.

Un double choc pour le Maghreb

Pour les pays du Maghreb, cette dynamique constitue une épreuve de résistance. La Tunisie et le Maroc, en tant qu’importateurs nets d’énergie, subissent un double choc : la hausse des prix du pétrole et l’appréciation du dollar. Cette combinaison agit comme un effet de ciseaux, augmentant simultanément le coût des importations et la charge de la dette extérieure. Le taux de change devient alors un indicateur critique, révélant la capacité du pays à absorber ce choc sans compromettre sa stabilité financière.

Le pétrole, au cœur de cette crise, redevient un instrument de pouvoir et un facteur d’instabilité. Les marchés énergétiques fonctionnent moins sur la réalité immédiate que sur l’anticipation du risque. La simple possibilité d’une perturbation des flux suffit à provoquer une hausse des prix. Cette prime de risque géopolitique reflète la crainte d’une rupture dans l’approvisionnement, notamment à travers les points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz ou les corridors maritimes reliant le Golfe aux marchés mondiaux.

Le risque d’erreur de politique économique élevé

Cette hausse du pétrole agit comme un choc inflationniste global. Elle renchérit le coût du transport, de la production industrielle et de l’ensemble des chaînes d’approvisionnement. L’inflation, déjà présente dans de nombreuses économies, se trouve alimentée par cette hausse des coûts énergétiques. Les banques centrales, confrontées à ce phénomène, se trouvent dans une position délicate. Elles doivent choisir entre maintenir des taux d’intérêt élevés pour contenir l’inflation ou les réduire pour soutenir la croissance. Dans les deux cas, le risque d’erreur de politique économique est élevé.

Les marchés des matières premières, au-delà du pétrole, subissent également les répercussions de la crise. Les métaux industriels, les produits agricoles et les matières premières stratégiques deviennent plus volatils. Le transport maritime, exposé aux tensions géopolitiques, voit ses coûts augmenter sous l’effet des primes d’assurance et des risques opérationnels. Cette hausse des coûts logistiques se répercute sur les prix des biens importés, accentuant l’inflation dans les économies dépendantes du commerce international.

L’or valeur refuge

L’or, dans ce contexte, retrouve sa fonction originelle de valeur refuge. Sa hausse traduit une perte de confiance dans la stabilité du système financier et monétaire. Les investisseurs, anticipant des turbulences prolongées, cherchent à protéger leur capital contre les risques extrêmes. Cette dynamique reflète une inquiétude profonde, non seulement sur l’évolution de la crise, mais sur la capacité du système économique global à absorber ses conséquences.

Ciseaux effets asymétriques

Pour le Maghreb, les effets de cette crise sont profondément asymétriques. L’Algérie, en tant qu’exportateur majeur d’hydrocarbures, bénéficie d’un afflux de recettes supplémentaires. La hausse des prix du pétrole améliore sa balance commerciale, renforce ses réserves de change et offre une marge de manœuvre budgétaire accrue. Cette amélioration, toutefois, demeure conjoncturelle. Elle ne résout pas les défis structurels liés à la diversification économique et à la dépendance aux hydrocarbures.

La Tunisie, en revanche, se trouve dans une position plus fragile. La hausse des prix énergétiques accentue le déficit commercial et exerce une pression accrue sur les réserves en devises. Cette situation complique la gestion du taux de change et limite la capacité de la politique économique à soutenir la croissance. Le maintien des subventions énergétiques, nécessaire pour préserver la stabilité sociale, alourdit la charge budgétaire et réduit les marges de manœuvre de l’État.

Le Maroc, bien que bénéficiant d’une structure économique plus diversifiée, n’échappe pas à ces tensions. La hausse des coûts énergétiques affecte sa balance commerciale et exerce une pression sur sa monnaie. Toutefois, sa stratégie de diversification énergétique, notamment à travers le développement des énergies renouvelables, lui offre une résilience relative face à ce choc.

Les marchés financiers de la région ressentent également les effets de cette instabilité. Les investisseurs internationaux, confrontés à un environnement incertain, adoptent une posture plus prudente. Les flux de capitaux se raréfient, les primes de risque augmentent et les conditions de financement se durcissent. Cette situation limite la capacité des pays à financer leurs déficits et à soutenir leurs investissements.

À court terme, les perspectives demeurent étroitement liées à l’évolution de la situation géopolitique. Une escalade prolongée pourrait entraîner une hausse durable des prix du pétrole, une inflation persistante et un durcissement des conditions financières globales. Ce scénario accentuerait la vulnérabilité des pays importateurs d’énergie du Maghreb, les contraignant à adopter des politiques d’ajustement plus strictes.

Toutefois, cette crise pourrait également agir comme un catalyseur de transformation. Elle souligne la nécessité pour les pays du Maghreb de renforcer leur souveraineté énergétique, de diversifier leurs sources de croissance et de réduire leur dépendance aux chocs externes. La transition énergétique, le développement des énergies renouvelables et la consolidation des équilibres macroéconomiques apparaissent désormais comme des impératifs stratégiques.

Car au-delà des fluctuations des marchés et des tensions géopolitiques, cette crise révèle une réalité plus profonde : dans un monde interdépendant, la stabilité économique n’est jamais acquise. Elle se construit, se protège et se renforce à travers des choix stratégiques et des transformations structurelles. Le Moyen-Orient continuera d’influencer l’économie mondiale, mais la véritable question pour le Maghreb est ailleurs : comment transformer cette vulnérabilité en opportunité, et faire de l’incertitude non plus une menace, mais un levier de résilience et de souveraineté.

 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Guerre d’Iran | Les faux calculs de Donald Trump !

02. März 2026 um 07:32

Lors de son entrée en politique il y a dix ans, le promoteur immobilier new-yorkais faisait de l’opposition aux guerres déclenchées par les présidents américains son mantra et assurait qu’il sera le président qui ne déclenchera aucune guerre. Force est de constater aujourd’hui que Donald Trump et son acolyte le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont déclenché la guerre la plus dangereuse depuis le début de ce XXIe siècle, une guerre dont personne ne peut prédire ni quand et ni comment elle va prendre fin. 

Imed Bahri

Les éditorialistes américains qui sont loin d’être des groupies du régime iranien sont très inquiets après le déclenchement de cette guerre hasardeuse par les deux apprentis sorciers américain et israélien et la contestent vivement. 

Dans son analyse dans les colonnes du Washington Post, Jason Willick a commencé par rappeler que l’invasion malavisée de l’Irak en 2003 par le président George W. Bush a bouleversé le cours de la politique américaine d’une manière que peu auraient pu prévoir. Sans cette guerre, les Démocrates n’auraient peut-être pas désigné Barack Obama, qui a fait campagne sur un programme pacifiste, comme candidat à la présidence en 2008.

Et sans cette guerre, les Républicains n’auraient peut-être pas choisi Donald Trump en 2016. Cette intervention coûteuse et prolongée a gravement fragilisé l’establishment républicain, affaiblissant ainsi la candidature de Jeb Bush (ex-gouverneur de Floride et frère de George W. Bush) à la présidence. Il y a dix ans, Trump a stupéfié le monde politique en critiquant la guerre en Irak devant un public républicain en Caroline du Sud, un État profondément conservateur, et en remportant facilement l’État.

Encore une guerre pour un changement de régime !

Après tous ces rebondissements, les États-Unis se trouvent aujourd’hui dans une situation étonnamment similaire à celle de 2003. Une fois de plus, un président républicain mène une guerre pour un changement de régime. Et une fois de plus, la cible est une dictature du Moyen-Orient hostile aux États-Unis mais pas suffisamment puissante pour dominer la région.

Une fois de plus, la raison invoquée pour cette guerre est double : empêcher l’État ciblé d’acquérir des armes de destruction massive et offrir un avenir meilleur à sa population en changeant son gouvernement.

Bush a baptisé son invasion de l’Irak «Opération Liberté irakienne». Trump a déclaré samedi au Washington Post : «Je veux simplement la liberté pour le peuple iranien»

L’important n’est pas qu’une guerre contre l’Iran en 2026 suive la même trajectoire que la guerre d’Irak. Contrairement à Bush, Trump n’a pas constitué de forces terrestres massives, le plan semble privilégier les bombardements massifs plutôt qu’une occupation physique prolongée.

Cependant, les guerres se déroulent rarement comme prévu et même un conflit plus limité peut avoir des répercussions imprévues.

Au moins, l’administration Bush a longuement défendu sa politique irakienne auprès de l’opinion publique américaine. Au moins, le Congrès a débattu et autorisé le recours à la force. Et au moins, les États-Unis ont lancé la guerre lorsque le Moyen-Orient apparaissait comme la principale source de menaces pour leur sécurité et lorsqu’ils étaient suffisamment puissants pour disposer de réserves militaires considérables.

Ce dernier point est crucial. Rares sont ceux qui considèrent aujourd’hui le Moyen-Orient, avec sa production économique relativement faible et son importance moindre pour l’approvisionnement énergétique américain, comme toujours vital pour la sécurité des États-Unis, contrairement à ce qui se passait pendant la guerre contre le terrorisme (après le 11 septembre 2001) ou la guerre froide. Les administrations Obama, Biden et Trump ont toutes insisté sur la nécessité pour les États-Unis de concentrer leur attention ailleurs.

Trump s’est-il trompé de menace… et de cible ?

Pourtant, les préparatifs de guerre contre l’Iran ont mobilisé dans la région environ un tiers de la flotte active de l’US Navy et peut-être une proportion encore plus importante de son aviation. Ceci survient au moment même où les États-Unis sont censés dissuader les menaces émanant de forces bien plus puissantes –la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie–, des forces qui ont déjà la capacité de dominer des régions du monde plus vastes et plus importantes.

En juin dernier, Trump est intervenu dans la guerre des douze jours, frappant des sites nucléaires iraniens avec des armes que seuls les États-Unis possèdent. Cela lui a permis de négocier la fin du conflit et a donné aux États-Unis un plus grand poids pour jouer un rôle de médiateur dans un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza. Cette attaque, cependant, place les États-Unis dans la position de déclencher une guerre contre l’Iran plutôt que de mettre fin à un conflit déjà en cours.

Cette attaque risque d’être peu fructueuse si les capacités nucléaires iraniennes sont la cible principale. Bien que l’administration américaine ait peut-être exagéré l’année dernière en affirmant que les sites nucléaires iraniens avaient été «complètement détruits», l’attaque conjointe israélo-américaine a indéniablement causé des dégâts importants. La plupart des rapports crédibles indiquent que l’Iran n’a guère progressé dans la reconstruction de son programme nucléaire depuis juin dernier.

Téhéran est affaibli et isolé depuis que ses alliés ont déclenché l’opération Déluge d’Al-Aqsa le 7 octobre 2023. Pour certains bellicistes, c’était une raison supplémentaire d’attaquer maintenant et de changer le régime alors qu’il est au plus bas. Mais c’est jouer avec le feu. Il n’y a pas de paix durable dans le monde, les États-Unis peuvent tout au plus espérer que leurs adversaires soient faibles et contenus. L’Iran était dans cette situation. Alors, pourquoi prendre le risque de changer les rapports de force au Moyen-Orient avec une guerre de changement de régime alors que le statu quo était acceptable ?

De hauts responsables militaires auraient mis en garde contre une possible pénurie de munitions si les États-Unis entraient en guerre contre l’Iran. Une frappe limitée contre des installations nucléaires est une chose, une campagne soutenue pour renverser le régime –ce que les États-Unis tentent actuellement– ​​en est une autre. Cela souligne les concessions que les États-Unis feraient à la Russie et à la Chine.

Une guerre intense, prolongée et couteuse en perspective

Le Pentagone dépendrait des mêmes munitions rares nécessaires pour intercepter les missiles iraniens et pour défendre les forces américaines en cas de crise en Europe de l’Est ou dans le Pacifique occidental. Même la guerre des douze jours menée par Israël contre l’Iran a considérablement réduit les stocks de défense aérienne du Pentagone et cette guerre pourrait être encore plus intense et prolongée.

L’intervention de l’administration Trump au Venezuela pour arrêter Nicolás Maduro a été un modèle d’usage limité de la force –l’incursion n’a duré que quelques heures– afin de maximiser la pression sur un régime récalcitrant. Mais cette «présence légère» a été possible précisément parce que l’administration s’est abstenue de rechercher un changement total de régime, préférant un compromis avec le numéro deux de Maduro, Delcy Rodriguez, pour qu’elle dirige le pays. Démanteler l’ensemble du système bolivarien, sans parler de l’instauration d’un nouveau, aurait exigé un investissement militaire américain bien plus important.

Si l’aventure de Trump en Iran tourne mal, il est peu probable que ce soit de la même manière que la guerre en Irak, qui a coûté la vie à des milliers d’Américains en près de neuf ans de guerre et d’occupation. Trump a tiré les leçons de ce fiasco.

Cependant, le pire scénario pourrait être un conflit qui dévasterait des régions de l’Iran sans pour autant instaurer un régime plus docile, tout en gaspillant des munitions en abondance et en mettant gravement en péril les intérêts américains dans d’autres parties du monde.

Quelles pourraient être les conséquences politiques d’un tel désastre ? La figure de droite la plus en vue à s’opposer à une guerre contre l’Iran est Tucker Carlson, célèbre journaliste et figure importante du mouvement trumpiste Maga. Cette voix influente s’est de plus en plus focalisée sur les Juifs et Israël, à un moment où le sentiment américain envers l’État hébreu s’est refroidi. Si Trump a remporté l’investiture républicaine en 2016 en partie grâce au mécontentement des électeurs républicains face à l’invasion de l’Irak par la direction du parti, il faut se méfier : une guerre ratée en Iran pourrait en réalité renforcer les chances de Carlson de prendre le contrôle du parti.

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L’Iran continue de cibler des bases US dans les pays du Golfe  

01. März 2026 um 12:04

L’Iran a multiplié les tirs de missiles ce dimanche 1er mars 2026, quelques heures après l’annonce de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient, qui ont touché plusieurs pays arabes : Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Liban, Koweït, Irak et Oman. (Ph. Doha touché par un missile iranien, ce dimanche matin 1er mars 2026).

Selon un communiqué de l’armée iranienne, relayé par la télévision d’État, ce dimanche 1er mars 2026, «les pilotes des forces aériennes de la République islamique d’Iran ont bombardé avec succès des bases américaines dans des pays du Golfe persique et dans la région du Kurdistan en Irak au cours de plusieurs phases d’opérations», en représailles aux frappes israéliennes et américaines menées contre l’Iran. De fortes explosions ont ainsi été entendues ce matin dans l’est de Riyad, capitale de l’Arabie saoudite, selon des habitants et des informations rapportées par l’AFP.

Plusieurs détonations puissantes ont été entendues, provoquant l’inquiétude des résidents. Une épaisse fumée noire a été observée s’élevant dans le ciel de la zone touchée, sans que les autorités saoudiennes ne communiquent immédiatement sur l’origine des explosions ni sur d’éventuelles victimes.

De son côté, l’armée israélienne a annoncé ce matin avoir détruit environ la moitié des stocks de missiles de Iran, depuis le début des frappes menées conjointement avec les Etats-Unis contre des cibles militaires iraniennes.

Dans un discours télévisé, le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne, a affirmé que les frappes ont permis de «détruire environ la moitié des stocks de missiles du régime iranien» et d’empêcher la production d’au moins 1 500 nouveaux missiles. Il a ajouté que l’Iran produisait récemment des dizaines de missiles sol-sol par mois, avec un objectif d’augmenter la cadence de production à plusieurs centaines par mois.

Tôt ce matin, Donald Trump avait publié ce message de menace sur son réseau social : «L’Iran vient d’annoncer qu’il allait frapper très durement aujourd’hui, plus durement qu’il ne l’a jamais fait auparavant. Il vaut mieux qu’ils ne le fassent pas, cependant, parce que si c’est le cas, nous les frapperons avec une force jamais vue jusque-là !».

En Israël, la situation reste extrêmement tendue ce matin. Un immeuble de Tel-Aviv avait été éventré hier par un missile iranien d’une charge explosive d’environ 500 kg, créant un cratère dans le sol de plusieurs mètres de diamètre. Plusieurs immeubles du quartier sont devenus méconnaissables par le souffle de l’explosion. Le bilan des frappes iraniennes sur le territoire hébreu s’élève à un mort, une femme d’une cinquantaine d’années; et plusieurs dizaines de blessés. Une nouvelle salve de missiles risque de s’abattre aussi aujourd’hui sur Israël.

I. B.

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Moyen-Orient | La Tunisie condamne toute violation du territoire d’un État

01. März 2026 um 10:42

Suite aux raids militaires israélo-américains contre l’Iran, la Tunisie a affirmé suivre avec une profonde préoccupation et une vive inquiétude la dangereuse escalade militaire dans la région et les risques potentiels d’extension du conflit et du chaos, ainsi que la grave menace que cela représente pour la paix et la sécurité régionales et internationales.

«Dans cette situation extrêmement dangereuse, la Tunisie a réaffirmé son attachement au respect du principe de souveraineté des États et a condamné toute agression contre le territoire d’un État ou toute violation de son intégrité territoriale», a indiqué un communiqué publié dimanche matin, 1er mars 2026, par le ministère des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, soulignant dans ce contexte son «rejet absolu de toute attaque contre les territoires des États arabes frères», sans nommer aucun des auteurs desdites attaques, soit Israël et les Etats-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre.

La Tunisie a exprimé sa pleine solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite, l’État du Koweït, l’État du Qatar, le Royaume de Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Royaume hachémite de Jordanie et la République d’Irak, selon le même communiqué.

«Forte de son attachement à la fraternité arabo-islamique et de son adhésion indéfectible aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends, la Tunisie a appelé toutes les parties à cesser immédiatement leurs opérations militaires, à faire preuve de retenue, à reprendre les négociations et à éviter toute nouvelle escalade afin de protéger les vies innocentes et de préserver les ressources des peuples de la région», précise le communiqué.

La Tunisie a aussi souligné la nécessité pour le Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités et de prendre toutes les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

I. B.

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La guerre en Iran fait planer une menace de choc pétrolier

01. März 2026 um 09:07

Les marchés mondiaux s’apprêtent à ouvrir lundi 2 mars 2026 dans une période de forte volatilité, suite à la confirmation par le président américain Donald Trump du lancement d’importantes opérations militaires américaines contre l’Iran. Cette annonce aggrave considérablement les tensions le long de l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. (Ph. Détroit d’Ormuz par où transite 20% du pétrole mondial).

Le Brent a clôturé la semaine près de son plus haut niveau en sept mois, à environ 73 dollars le baril, après une hausse d’environ 16 % depuis le début de l’année. Les opérateurs sur le marché de l’énergie anticipent désormais des fourchettes de prix beaucoup plus larges pour la semaine prochaine, plusieurs scénarios évoquant un baril à 80 dollars en cas de perturbation ou de menace crédible des flux d’approvisionnement.

Environ 20 % du pétrole brut échangé dans le monde et une proportion similaire de gaz naturel liquéfié transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ 13 millions de barils de pétrole par jour.

Nigel Green, fondateur et PDG du cabinet de conseil financier deVere Group, affirme que l’ampleur des risques inhérents à cette zone géographique influencera fortement la valorisation des actifs.

Les marchés de l’énergie entrent dans une phase de réajustement des prix, sous l’effet du risque opérationnel plutôt que de la spéculation.

Près d’un cinquième du flux mondial de pétrole brut transitant par un seul corridor maritime, même une faible probabilité de perturbation engendre une prime de risque structurel plus élevée. Il n’est pas nécessaire que la production de pétrole soit physiquement interrompue pour que les prix fluctuent fortement. Les coûts d’assurance, les modifications d’itinéraires de transport et la constitution de stocks de précaution suffisent à comprimer les anticipations d’offre.

Les capacités de production excédentaires restent limitées à l’échelle mondiale. Celles de l’Opep sont concentrées chez quelques producteurs du Golfe, tandis que les stocks commerciaux dans les pays de l’OCDE sont inférieurs aux moyennes de long terme. Une perturbation durable, même d’un million de barils par jour, représenterait environ 1 % de l’offre mondiale, ce qui suffirait à modifier l’équilibre d’un marché déjà préparé à une croissance modérée de la demande.

Le PDG de deVere explique que les investisseurs doivent se préparer à une transmission rapide des fluctuations entre les différentes classes d’actifs.

Les actions, les obligations, les devises et les matières premières s’ajusteront simultanément. Une hausse de 10 à 15 dollars du prix du pétrole brut exercerait une nouvelle pression à la hausse sur l’inflation globale aux États-Unis, en Europe et en Asie.

«Les banques centrales qui devaient envisager des baisses de taux plus tard cette année seront confrontées à un calcul plus complexe si le prix de l’énergie influence à nouveau les prix à la consommation et les anticipations d’inflation», explique Nigel Green.

Les rendements des bons du Trésor américain ont déjà montré leur sensibilité aux risques géopolitiques, les flux vers les valeurs refuges ayant comprimé les rendements à long terme ces derniers jours. L’or s’est raffermi, les investisseurs se protégeant contre les risques extrêmes.

Le dollar américain et le yen japonais attirent des investissements défensifs, tandis que les devises des marchés émergents à bêta élevé devraient subir une nouvelle pression à la vente si la volatilité s’accélère.

Nigel Green ajoute : «Les marchés se concentreront sur la durée et le confinement. Une campagne militaire courte et bien définie déclencherait probablement une flambée des prix du pétrole et un bref repli des marchés actions, suivi d’une stabilisation une fois les voies maritimes sécurisées.»

Un conflit de plusieurs semaines faisant peser une menace crédible sur le détroit d’Ormuz amplifierait la volatilité et maintiendrait les prix de l’énergie à un niveau élevé jusqu’au deuxième trimestre.

Les économies asiatiques sont particulièrement vulnérables. Des pays comme l’Inde, la Corée du Sud et le Japon dépendent fortement des flux énergétiques du Golfe. L’Inde, à elle seule, importe près de la moitié de son pétrole brut via le détroit d’Ormuz. La hausse des prix du pétrole creuserait les déficits des comptes courants, exercerait une pression sur les monnaies locales et compliquerait la politique monétaire dans toute la région.

«Les importateurs d’énergie en Asie subiront des pressions immédiates si le prix du pétrole brut se maintient au-dessus de 80 dollars», déclare Nigel Green.

«La faiblesse des devises, conjuguée à la hausse des coûts des carburants, resserre les conditions financières sans même une modification des taux d’intérêt. Les marchés boursiers de ces économies, notamment dans les secteurs des transports, de l’industrie manufacturière et les secteurs à forte volatilité, sont vulnérables à une réévaluation rapide des prix», ajoute-t-il.

Les prévisions de bénéfices des entreprises pourraient également évoluer. Les compagnies aériennes, les prestataires logistiques et les industriels sont particulièrement sensibles à la hausse durable des coûts des carburants. L’inflation des coûts des intrants comprimerait les marges, à moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse des prix sur les consommateurs.

Nigel Green conclut : «La semaine prochaine s’ouvre sur des marchés confrontés à de graves risques géopolitiques qui s’ajoutent à un environnement macroéconomique déjà fragile. Le pétrole, les taux d’assurance maritime, les rendements des obligations souveraines et les indices de volatilité fourniront les premiers signaux d’orientation.»

La clarté quant à l’évolution du conflit déterminera si cette prime énergétique restera circonscrite ou si elle se transformera en un défi inflationniste et de croissance plus large pour l’économie mondiale.

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Du Nil à l’Euphrate | L’Amérique, Israël et les Etats du Golfe contre l’Iran

01. März 2026 um 08:38

La guerre menée contre les pays musulmans depuis la déclaration Balfour en 1917 a connu un nouveau développement avec l’attaque aérienne américaine contre l’Iran, soutenue semble-t-il par l’aviation israélienne opérant on peut le supposer beaucoup plus dans le registre politique que véritablement militaire. (Ph. Le Proche et Moyen-Orient sur un volcan israélo-américain).

Dr Mounir Hanablia *

Sauver les apparences s’avère dans le contexte essentiel, en mettant en exergue la participation de l’Etat sioniste, désormais ouvertement accusé par de nombreux Américains de faire assumer son sale boulot à leur pays.

En effet, que peut apporter l’armée sioniste à l’armada américaine ?

Tout cela était attendu. La mise en scène a suivi un scénario comparable à ce qui s’était passé lors de la seconde guerre du Golfe en 1991. Diabolisation de la cible, menaces y compris nucléaires, puis déclenchement de l’agression au moment propice après des discussions purement formelles servant à donner le change.

L’alliance de fondamentalismes

Les ripostes iraniennes contre les bases américaines ont déjà été condamnées par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe les abritant qui les ont considérées comme attentatoires à leur souveraineté.

On peut en déduire que les États du Golfe sont partie prenante dans le conflit, et que, connaissant le Président Trump, ils en assument le coût financier.

La seule grande surprise aura été le déclenchement de la guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan un ou deux jours avant l’attaque américaine. Il s’est avéré que le régime moyenâgeux et en faillite des Talibans était capable d’envoyer des drones contre ses adversaires, et s’il est encore trop tôt pour en déterminer l’origine, l’implication de l’Inde est très probable. Il s’agirait là de l’alliance contre nature de deux fondamentalismes, le musulman et le hindou. 

Hasard ou pas, quelques jours avant, le Premier ministre indien Modi, le boucher du Gujarat, dont l’islamophobie n’est plus à démontrer, s’était en effet rendu en visite officielle en Israël. 

Si on considère que le Pakistan constitue le lieu de transit de la «Road and Belt» qui par voie terrestre relie le Xinjiang à la mer d’Oman et au port de Gwadar, le conflit pakistano-afghan s’insère alors parfaitement dans une logique visant à en interdire l’accès à la Chine.

Le Pakistan, prochain sur la liste ?

Le lien est donc désormais bien établi entre le Golfe arabo-persique et l’encerclement du colosse chinois à partir de l’Afghanistan.

L’État iranien privé de ses infrastructures essentielles et de ses voies de communications résistera-t-il ?

L’objectif clairement défini par les agresseurs est la chute du régime. Cela dépendra aussi beaucoup du peuple iranien, dont le patriotisme n’est plus à démontrer. Mais si l’Iran tombe, il est à parier que le prochain sur la liste sera le Pakistan, puissance nucléaire dont la destruction servira autant les intérêts des sionistes que des fanatiques hindous. 

Quant à la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Egypte, elles n’ont qu’à bien se tenir !  

* Médecin de libre pratique.

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