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La carte énergétique se déplace du Moyen-Orient aux Amériques !

26. August 2026 um 08:23

Le pétrole de l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud est en train de concurrencer sérieusement celui du Moyen-Orient et ce n’est pas uniquement lié au contexte géopolitique relatif à la guerre d’Iran. Le président américain Donald Trump a toujours soutenu aussi bien la multiplication des plateformes de forage que la production effrénée du gaz de schiste. C’est un nouveau paysage énergétique qui émerge et presque entièrement sous l’influence de Washington. Aujourd’hui, le fameux slogan de Trump lors de sa campagne présidentielle «Drill baby, drill!» (Fore chérie, fore!) est en train de se matérialiser. (La carte pétrolière mondiale bascule davantage vers le Texas et le reste des Amériques. Photographe : Daniel Acker/Bloomberg).

Imed Bahri

Selon une enquête de Bloomberg préparée par Javier Blas, la carte mondiale du pétrole se déplace de plus en plus vers le Texas et le reste des Amériques. Pendant quelques semaines en 2026, les Amériques ont produit près de la moitié du pétrole mondial. Ce fut un moment exceptionnel, même s’il fut de courte durée. 

Il s’agissait en partie d’une anomalie statistique due aux circonstances exceptionnelles créées par la guerre d’Iran qui a paralysé une grande partie du secteur énergétique du Golfe mais c’était aussi un indicateur concret d’une forte augmentation de la production, déplaçant le centre de gravité du marché pétrolier mondial du Moyen-Orient.

L’augmentation de la production et le réalignement qui l’accompagne devraient se poursuivre jusqu’en 2027, voire bien au-delà, contrebalançant significativement la pression à la hausse sur les prix du pétrole résultant d’une guerre prolongée.

Jusqu’à présent, plusieurs facteurs ont contribué à maintenir les prix du pétrole à un niveau relativement bas par rapport au mois de mars. La mise à disposition des réserves stratégiques y contribue, tout comme les oléoducs qui contournent les goulets d’étranglement offshore.

La Chine a également drastiquement réduit ses importations, libérant ainsi davantage de barils pour d’autres acheteurs.

Boom pétrolier sur le continent américain

De plus, le volume de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz reste supérieur à ce que l’on croit (ce n’est pas une fermeture totale comme au mois de mars lorsque la guerre battait son plein). 

Toutefois, le boom pétrolier sur le continent américain constitue un autre facteur important.

Si la révolution du gaz de schiste américain est l’un des événements géoéconomiques les plus sous-estimés de ces 25 dernières années, la forte augmentation de la production pétrolière dans le reste des Amériques, notamment au Brésil et au Canada, passe bien inaperçue.

Cette augmentation est d’autant plus remarquable compte tenu de l’effondrement de la production dans deux des principaux pays producteurs historiques de la région : le Venezuela, en raison d’une mauvaise gestion politique, et le Mexique, pour des raisons géologiques.

42 millions de barils par jour

Les Amériques produisent actuellement environ 39,5 millions de barils par jour de pétrole brut et autres liquides pétroliers.

De plus, le continent produit environ 2,5 millions de barils par jour d’éthanol et de biodiesel, des quantités généralement comptabilisées dans la production pétrolière totale.

Cela porte le total à 42 millions de barils par jour, plus que toute autre région du monde, y compris le Moyen-Orient.

L’hymne national américain proclame les États-Unis «terre de la liberté et patrie des braves» mais le boom énergétique est devenu si massif qu’on pourrait affirmer que le continent se transforme en une terre de magnats du pétrole et un foyer de richesse pétrolière.

En temps normal, les Amériques représentent environ 40% de la production mondiale totale de pétrole.

En quelques semaines seulement, en mars, ce chiffre a bondi à un peu plus de 45% après que l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Irak, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont été contraints de fermer leurs puits de pétrole suite à la fermeture du détroit d’Ormuz.

C’est une manne inestimable pour un continent où de nombreux pays sont préoccupés depuis des décennies par le problème de leur dépendance au pétrole étranger.

En 2000, les Amériques ne représentaient qu’environ 26% de la production mondiale, et ce, avant même la chute spectaculaire de la production au Venezuela et au Mexique.

La croissance est tout aussi importante que le volume. Toutefois, le volume de production n’est pas le seul indicateur important. Son taux de croissance l’est tout autant.

Les Amériques produisent actuellement environ 1,6 million de barils par jour de plus qu’il y a un an, soit suffisamment pour couvrir environ le double de la croissance annuelle habituelle de la demande mondiale.

Cette croissance dépasse les prévisions de la plupart des analystes il y a quelques mois à peine. Par rapport à il y a deux ans, le continent produit désormais 3,2 millions de barils supplémentaires par jour.

Cinq pays sont à l’origine de la majeure partie de cette augmentation: Les États-Unis, le Canada, le Brésil, le Guyana et l’Argentine. Un sixième pays, le Venezuela, rejoint cette tendance cette année.

Désormais, cette hausse va s’accélérer, les entreprises passant d’une stratégie de «production stagnante» à une croissance à un chiffre.

En mai, dernier mois pour lequel des données sont disponibles, les États-Unis ont produit environ 13,7 millions de barils par jour de pétrole brut, 8 millions de barils par jour d’autres liquides pétroliers et environ 1,5 million de barils par jour de biocarburants.

Le pétrole brut est de loin le composant le plus important, et sa production devrait bientôt atteindre 14 millions de barils par jour et continuer d’augmenter tant que les prix du pétrole resteront supérieurs à 70 dollars le baril.

La production d’autres liquides et de biocarburants devrait également augmenter.

La hausse des prix relance les plateformes de forage

Les prix du pétrole étant restés plus élevés que prévu il y a quelques mois, le nombre de plateformes de forage actives a atteint son plus haut niveau en un an.

Le nombre d’équipes chargées de la préparation des puits et de leur mise en production a également atteint un niveau record en 16 mois.

Outre les gains d’efficacité et l’augmentation des forages et des complétions de puits, un autre facteur crucial apparaîtra au second semestre à savoir la reprise des prix du gaz naturel dans le bassin permien.

Lorsque les compagnies pétrolières produisant du gaz de schiste forent dans le Permien, qui s’étend de l’ouest du Texas au sud-est du Nouveau-Mexique, elles produisent généralement du gaz naturel en même temps que du pétrole.

La production de ce «gaz associé» a plus que triplé depuis 2018, dépassant la demande intérieure et la capacité des pipelines.

Pendant des mois, ces compagnies payaient les consommateurs pour qu’ils absorbent leur gaz.

Avec tous les gazoducs disponibles saturés, le prix du gaz au hub de Waha, dans le bassin permien, a chuté à un niveau record de -10 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu) fin avril.

Il s’agissait du point le plus bas enregistré en 132 jours de prix négatifs entre février et juin.

Les gazoducs changent la donne

Cependant, le prix du gaz à Waha a depuis remonté à environ 2 dollars par MMBtu grâce à la mise en service de nouvelles capacités de transport de gaz.

Parmi ces nouvelles capacités figurent l’extension du gazoduc Gulf Coast Express, développé par Kinder Morgan, et la mise en service du nouveau gazoduc Hugh Brinson d’Energy Transfer.

Le gazoduc Blackcomb, développé par un consortium dirigé par Whitewater, devrait également être mis en service plus tard cette année.

Face à la hausse des prix du gaz, les compagnies pétrolières produisant du gaz de schiste ont pu augmenter leur production, soit en forant de nouveaux puits, soit en remettant en service des puits qui avaient été fermés ou dont la production avait été réduite en raison des prix négatifs du gaz.

Permian Resources a informé ses investisseurs en début de mois qu’elle avait dû réduire la production de certains de ses puits au cours du deuxième trimestre mais la situation a depuis évolué.

«Lorsque les prix du gisement de Waha se sont améliorés fin juin, nous avons remis en service tous les puits dont la production avait été réduite, sans aucun problème opérationnel», a déclaré Will Hickey, co-PDG de l’entreprise. Et cette tendance se confirme chez de nombreuses autres sociétés.

Le Brésil, le Guyana et l’Argentine battent des records

Ce boom ne se limite pas aux États-Unis. Le Brésil, le Guyana et l’Argentine ont chacun enregistré leurs niveaux de production les plus élevés jamais atteints le mois dernier.

Le Canada est également en voie d’enregistrer sa production annuelle la plus élevée cette année.

D’ici fin 2027, le Brésil et le Canada réunis produiront plus de pétrole que l’Arabie saoudite. Le Guyana produira autant de pétrole brut que la Libye.

Une étude de JPMorgan met en lumière un facteur clé expliquant la poursuite de ce boom : les nouveaux projets pétroliers offshore au Brésil et au Guyana généreront des rendements sur de nombreuses années, ce qui les rendra relativement moins sensibles aux fluctuations à court terme des prix du pétrole.

Les barils supplémentaires produits au Canada et en Argentine proviennent de producteurs à bas coûts qui devraient continuer d’investir même si les prix baissent l’an prochain.

La carte mondiale du pétrole a été redessinée

La carte mondiale du pétrole a changé bien plus qu’on ne le pense. Les troubles au Moyen-Orient vont entraîner un afflux accru de capitaux vers les projets énergétiques des Amériques, ce qui stimulera la production et déplacera davantage le centre de gravité de l’industrie pétrolière mondiale vers l’ouest.

C’est un nouveau paysage pétrolier qui émerge et presque entièrement sous l’influence de Washington. Le «drill baby, drill !» cher à Donald Trump est passé d’un slogan de campagne à une réalité factuelle. Et pas seulement aux Etats-Unis.

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Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

24. August 2026 um 08:59

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

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Les Talibans veulent ouvrir un nouveau chapitre avec les États-Unis !

18. August 2026 um 08:01

Cinq ans après le retrait américain et leur retour au pouvoir, les Talibans souhaitent le retour de Washington en Afghanistan mais sous une forme radicalement différente : une présence diplomatique et des investissements économiques mais sans présence militaire. De leur côté, les Américains restent très prudents car même si Donald Trump n’est pas très regardant sur les droits humains, l’oppression des femmes par le sulfureux mouvement islamiste est telle que sauter le pas et ouvrir une nouvelle page avec les Talibans est loin de soulever l’enthousiasme de l’administration américaine. (Photo: Amir Khan Muttaqi).

Imed Bahri

Selon le New York Times, ce changement est clairement perceptible dans les déclarations du ministre afghan des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi qui a appelé les États-Unis à rouvrir leur ambassade à Kaboul et à maintenir une présence diplomatique dans son pays ainsi qu’à investir dans les minerais et les infrastructures notamment les barrages et les routes. 

Muttaqi présente cette invitation comme le début d’un «nouveau chapitre» dans les relations bilatérales, fondé sur le respect mutuel et la coopération plutôt que sur la guerre et le conflit.

Le NYT associe cette initiative à une tentative plus large des Talibans de sortir de l’isolement international dans lequel ils sont depuis leur retour au pouvoir en 2021. Ils ont intensifié leurs efforts diplomatiques et économiques en renforçant leurs relations avec la Russie et les pays d’Asie centrale, en concluant des accords commerciaux, en s’ouvrant aux États du Golfe et en coopérant avec plusieurs pays européens sur la question du rapatriement des migrants afghans.

Obstacles majeurs à Washington

Les Talibans considèrent le rétablissement d’une forme de relation avec Washington s’il se concrétise comme un grand succès diplomatique. Ils souhaitent que ceci ait lieu tant que le président Trump est encore au pouvoir car il accorde une grande importance aux deals et aux intérêts commerciaux et économiques.

Par conséquent, le mouvement tente de se présenter aux États-Unis comme une autorité capable d’imposer la sécurité et la stabilité et de créer un environnement propice aux investissements étrangers, bien que cette ambition se heurte à d’importants obstacles à Washington.

En effet, l’administration américaine ne semble pas actuellement disposée à normaliser ses relations avec les Talibans. De fait, elle a pris des mesures ces derniers temps qui ont creusé le fossé entre les deux camps.

Par ailleurs, les États-Unis conditionnent tout engagement avec les Talibans à la lutte contre le terrorisme et au respect des droits humains, alors même que le mouvement continue d’imposer de fortes restrictions aux femmes et aux filles dans le domaine de l’éducation.

Washington a également rejeté plusieurs revendications formulées précédemment par les Talibans, tandis que le mouvement n’a pas répondu aux demandes du président Trump, notamment le retour du contrôle américain sur la base aérienne de Bagram, la restitution des armes américaines laissées en Afghanistan après le retrait et le cas d’un citoyen américain qui, selon Washington, est détenu par les Talibans ce que ces derniers démentent.

À l’inverse, les Talibans tentent de convaincre Washington que le retour des Américains n’implique pas le retour des forces militaires. Muttaqi, selon le NYT, affirme que les Afghans n’acceptent pas une présence militaire étrangère sur leur territoire, compte tenu de la longue expérience historique du pays en matière d’interventions étrangères. C’est pourquoi les Talibans privilégient une approche fondée sur a représentation diplomatique, l’investissement et le commerce plutôt que sur des bases militaires.

Ressources minérales vitales

L’offre des Talibans met l’accent notamment sur les richesses minières de l’Afghanistan.  Le pays possède d’importantes réserves inexploitées de lithium, de cuivre et de minerai de fer, ainsi que des terres rares.

Certaines personnalités américaines interrogées par le NYT estiment que cette question pourrait constituer un point d’entrée concret pour relancer le dialogue entre Washington et Kaboul, d’autant plus que l’administration Trump a tendance à privilégier les intérêts économiques et les accords commerciaux.

Le journal américain rappelle l’expérience passée des États-Unis soulignant qu’ils ont dépensé près d’un milliard de dollars entre 2004 et 2021 pour tenter de développer le secteur extractif afghan, sans obtenir de résultats tangibles.

Actuellement, le gouvernement taliban a déjà commencé à signer des accords d’investissement minier avec des entreprises internationales, ce qui témoigne de sa volonté d’exploiter les ressources naturelles du pays afin d’attirer des capitaux étrangers.

Le NYT rappelle aussi que les pays européens ont commencé à dialoguer avec les Talibans notamment sur la question de l’immigration et de l’expulsion des demandeurs d’asile afghans déboutés ou des criminels de droit commun condamnés.

Les rencontres qui ont eu lieu entre diplomates afghans et européens sont le signe d’un assouplissement progressif de la distance politique qui avait caractérisé les premières années du retour au pouvoir des talibans.

Toutefois, cette ouverture ne constitue pas une reconnaissance internationale formelle du gouvernement taliban. Les pays européens ne reconnaissent toujours pas ce gouvernement comme l’autorité légitime en Afghanistan et les Talibans demeurent exclus des principales institutions internationales.

Par ailleurs, le chef du mouvement Haibatullah Akhundzada fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité liés à la politique du mouvement à l’égard des femmes et des filles.

À Washington même, des voix se sont élevées pour réclamer une réévaluation de la politique d’isolement total des Talibans. D’anciens diplomates et chercheurs américains affirment que la poursuite du boycott pourrait nuire aux intérêts américains, notamment compte tenu de l’influence croissante de la Chine et de la Russie en Afghanistan.

Washington moins enthousiaste à l’idée d’un retour

Ces observateurs estiment qu’une présence diplomatique américaine à Kaboul offrirait à Washington une plus grande marge de manœuvre pour influencer l’évolution de la situation en Afghanistan, défendre ses intérêts économiques, renforcer ses relations avec les États d’Asie centrale et contrebalancer l’influence de la Chine et de la Russie.

Le chercheur Hassan Abbas résume l’essence du dilemme en affirmant que les Talibans n’ont pas encore fait assez pour modifier la position de la communauté internationale à leur égard et que toute véritable ouverture nécessite un changement dans certaines de leurs politiques, ce que le mouvement ne semble pas prêt à proposer pour le moment.

Alors qu’il y a quelques années, la question portait sur le retrait militaire américain d’Afghanistan, elle porte aujourd’hui sur un éventuel retour des États-Unis dans le pays, non pas en tant que force militaire mais en tant que puissance diplomatique et économique, un retour que les talibans semblent souhaiter ardemment tandis que Washington hésite encore à en payer le prix politique et sécuritaire. 

Il faut rappeler que depuis leur retour au pouvoir, les talibans n’ont montré aucun signe d’évolution sur les questions sociétales et particulièrement la condition des femmes. Depuis 2021, ils imposent aux femmes et aux filles en Afghanistan une exclusion systématique de la vie publique et des discriminations extrêmes que l’ONU qualifie « d’apartheid de genre ». Privées d’éducation secondaire et supérieure, d’accès à la plupart des emplois et de liberté de mouvement sans tuteur masculin, les Afghanes subissent une répression totale renforcée par de nouvelles lois punitives. Dans ce contexte où les talibans ne font aucun effort sur la question des droits des femmes, l’ouverture d’un nouveau chapitre entre Washington et Kaboul demeure suspendue. 

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Trump exfiltré dans un conteneur pour échapper à une vague menace iranienne

17. August 2026 um 08:03

L’incident s’est produit à la fin du sommet de l’Otan, le 8 juillet dernier. Donald Trump, averti d’une prétendue menace d’attaque de la part de l’Iran, s’est retrouvé mêlé à une opération rocambolesque d’évasion au cours de laquelle il s’était fait couvrir de ridicule qui, on le sait, ne tue pas. (Photo : Trump exfiltré dans un conteneur de restauration se la joue James Bond 007).

Habib Glenza, à Lodz.

La première information rapportée par la presse américaine était que Trump avait troqué le Boeing 747-8 récemment rénové, un cadeau du Qatar, contre l’ancien Air Force One pour rentrer du sommet de l’Otan en Turquie.

Les journalistes ont trouvé étrange que Trump ait décidé à la hâte de changer son Boeing 747-8 Air Force One flambant neuf, d’une valeur de 400 millions de dollars, dont la modernisation, selon The Independent, a coûté environ 1 milliard de dollars supplémentaires.

Au départ, on pensait que le changement d’avion de Trump était dû à des failles de sécurité du nouvel Air Force One. Paradoxalement, l’ancien Air Force One était considéré comme plus sûr. Du moins, c’est ce que l’on croyait.

Sur Truth Social, Donald Trump avait alors affirmé que l’ancien et le nouveau Air Force One feraient un arrêt imprévu à la base de la Royal Air Force de Mildenhall, au Royaume-Uni, afin que les soldats de la base puissent visiter le nouvel appareil.

«Tout le monde est très enthousiaste, et nous pensions qu’ils devaient être les premiers à le voir. Par nostalgie, nous allons faire voler l’ancien Air Force One de Turquie à Mildenhall, un court voyage qui en vaut vraiment la peine afin que nos grands héros militaires aient l’occasion d’apprécier notre magnifique nouvel appareil au sein de la flotte de l’Armée de l’air», écrivait Trump à l’époque dans son style fanfaron habituel.

Les explications concernant ce changement d’avion semblaient pour le moins extravagantes. La vérité allait bientôt être révélée par la presse américaine.

A cause d’une soi-disant menace iranienne

L’échange d’avions est intervenu dans un contexte de nouvelles attaques américaines contre l’Iran, un aspect clé de l’histoire qui a pris une importance accrue lorsque des informations ont indiqué qu’une menace contre le président était la raison apparente de ce changement soudain d’appareil.

Des rapports ultérieurs, publiés en juillet, ont ajouté une autre pièce au puzzle lorsque des responsables ont déclaré que le passage à l’ancien Air Force One était intervenu alors que les États-Unis avaient détecté un complot crédible de groupes soutenus par l’Iran visant à tirer un missile sur l’avion, comme l’a rapporté le New York Times.

Cette révélation a apporté un nouvel éclairage à l’affaire, des informations antérieures ayant indiqué que le Boeing 747-8 fourni par le Qatar, récemment modernisé pour servir de nouvel avion présidentiel Air Force One, ne disposerait pas de certains systèmes avancés de défense antimissile équipant l’ancien appareil présidentiel bleu clair.

Selon le New York Times, une fois la menace détectée, les services secrets américains ont demandé à Trump de changer d’avion.

Le 11 août, le Washington Post a révélé que Trump n’avait voyagé ni à bord du nouvel Air Force One, ni à bord de l’ancien. En réalité, une opération secrète de désinformation avait été mise en place pour protéger le président, opération qui a pu mettre en danger toutes les personnes voyageant à bord d’Air Force One, notamment les journalistes qui suivent Trump lors de ses déplacements.

L’ancien avion Air Force One utilisé comme leurre

Trump a embarqué à bord du vieil avion présidentiel Air Force One sous l’œil des caméras de télévision, mais aurait été rapidement transféré dans un C-32A de l’armée de l’air, plus petit, pour quitter la Turquie.

Mais le plus étonnant dans cette histoire est la manière dont le président a réussi à rejoindre le C-32A sans être repéré. Le président américain aurait été transporté jusqu’au C-32A dans un conteneur de restauration aéroportuaire. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, est monté à bord par un escalier extérieur, ce qui, selon le Washington Post, visait à «donner l’illusion d’un vol normal».

Trump s’est rendu au Royaume-Uni à bord du troisième avion et est remonté secrètement à bord de l’ancien Air Force One, s’adressant finalement au groupe de journalistes, qui n’avaient pas été informés de la situation et qui étaient également resté à bord de l’ancien Air Force One pendant le vol vers le Royaume-Uni.

Un responsable a déclaré au Washington Post que l’ancien Air Force One et les médias à bord servaient de leurre. Durant le vol vers le Royaume-Uni, les journalistes auraient été priés de baisser leurs stores. Interrogé à ce sujet plus tard, de retour à bord de l’ancien Air Force One, Trump a donné une réponse pour le moins surprenante, en déclarant aux journalistes qu’ils avaient dû baisser les stores car ils étaient «probablement sur un vol dangereux à cause de la racaille à laquelle nous devons faire face». Il a ajouté que sa vie était «constamment en danger» et qu’il figurait en tête de la liste noire iranienne.

Depuis, l’affaire a fait les gros titres aux États-Unis. Lorsque le Washington Post a fourni à l’administration les détails de son reportage, le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steve Cheung, a déclaré : «Comme le président l’a dit récemment, de nombreux ennemis des États-Unis le visent, et nous utilisons tous les outils à notre disposition pour faire face à ces menaces.»

Sauf que, dans toute cette affaire, où beaucoup de monde a été mené en bateau, y compris peut-être Trump lui-même, personne ne s’est avisé à vérifier si menace iranienne il y a eu réellement ce jour-là, ou si ce n’était pas une énième manipulation des services secrets… israéliens.  Ah, ces incorrigibles Américains !

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Trump et l’Iran | L’échec d’une diplomatie du bluff

08. August 2026 um 07:46

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, la stratégie américaine conduite par Donald Trump et ses conseillers   de «pression maximale» contre l’Iran s’est muée en impasse politique et militaire. Entre la réticence des alliés du Golfe, l’épuisement des stocks de missiles et l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump se retrouve pris au piège de sa propre diplomatie du bluff.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Lorsque les premiers missiles américains et israéliens ont frappé le sol iranien fin février dans le cadre de l’opération Epic Fury, Donald Trump reprenait une rhétorique qu’il affectionne : celle de la «paix par la force» théâtralisée. Sur ses réseaux sociaux, le président américain promettait au peuple iranien une «libération imminente», affirmant que le moment était venu de se libérer une fois pour toutes du joug des ayatollahs.

Les analystes les plus avertis s’interrogeaient sur la viabilité d’une telle posture : s’agissait-il d’une réelle démonstration de puissance ou des prémices d’un aveuglement stratégique ? Cinq mois plus tard, la réponse ne fait plus de doute. Le calcul trumpien reposait sur une équation simpliste issue du monde des affaires : appliquer une pression maximale par un déluge de feu pour provoquer l’effondrement immédiat du régime ou forcer une capitulation sans condition. Mais la géopolitique des crises de haute intensité ne répond pas aux règles de la négociation immobilière.

La résilience de Téhéran face à l’impuissance de la surenchère

Au lieu de provoquer le soulèvement populaire escompté ou la panique au sommet de l’État théocratique, l’attaque a déclenché un réflexe de survie institutionnel à Téhéran. La République islamique a promptement verrouillé l’appareil sécuritaire intérieur, étouffant toute contestation naissante, tout en déployant une stratégie de riposte asymétrique et régionale.

Face aux ultimatums répétés de Washington promettant «une destruction encore jamais vue dans l’histoire», Téhéran a choisi la fermeté et le harcèlement à distance. L’incapacité de Donald Trump à faire plier le régime est devenue flagrante : la surenchère verbale, dépourvue de stratégie terrestre ou de vision politique à long terme, a fini par étaler les limites du pouvoir militaire américain.

L’évolution du conflit au cours des cinq derniers mois a mis à nu la méthode Trump : une alternance permanente entre menaces apocalyptiques, reculades précipitées et décisions impulsives dictées par l’humeur du moment plutôt que par une doctrine cohérente.

La régionalisation du conflit (mars-avril) : Téhéran réplique en ciblant les infrastructures stratégiques et les bases alliées à travers le Moyen-Orient, étendant l’instabilité bien au-delà des frontières iraniennes.

Illusion du «deal» et le répit éphémère (mai-juin) : Pris de court par l’enlisement et obsédé par les indicateurs économiques, Trump décrète unilatéralement un cessez-le-feu en proclamant prématurément «victoire». Sans accord politique de fond, cette trêve n’a été qu’un mirage.

Crise navale et suspension des frappes (juillet-août) : la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz pousse la Maison-Blanche à ordonner de nouvelles frappes, avant de devoir se résoudre à les suspendre face à l’absence de résultats probants.

Le tournant saoudien et la fracture des alliés du Golfe

L’élément déclencheur du récent changement de cap à Washington ne provient pas d’une prise de conscience interne, mais d’un rappel à la réalité venu du Golfe. Subissant de plein fouet les tirs de missiles et de drones iraniens sur leurs raffineries, leurs ports et leurs aéroports, les monarchies arabes ont exprimé un ras-le-bol stratégique.

Le point de rupture a été atteint lors d’un entretien téléphonique entre Mohammed Ben Salmane et Donald Trump. Le souverain saoudien a demandé sans détour au président américain de cesser immédiatement les bombardements sur l’Iran. Le constat présenté par Riyad était sans appel : faute de succès militaire décisif et sans perspective réelle de changement de régime, poursuivre ces frappes ne faisait que transformer les pays du Golfe en cibles privilégiées, tout en resserrant les rangs de la population iranienne derrière ses dirigeants.

En Europe, la gestion de la crise par Donald Trump a fini de détruire le peu de confiance qui subsistait envers le parapluie diplomatique américain. Dès le lancement d’Epic Fury, les chancelleries européennes (Paris, Berlin, Londres) avaient mis en garde contre les risques d’une escalade incontrôlée.

Aujourd’hui, l’exaspération des dirigeants européens est totale. Face aux revirements incessants de la Maison-Blanche — qui passe en quelques jours de la menace de guerre totale à des appels du pied pour négocier —, l’Europe déplore l’absence complète de concertation et l’aventurisme d’une administration incapable de fixer un cap stratégique clair. La diplomatie européenne se retrouve contrainte de gérer les répercussions sécuritaires et migratoires d’un conflit qu’elle n’a pas voulu et qu’elle ne peut pas enrayer seule.

Limites techniques et asphyxie économique

Sur le plan interne comme international, le coût de cette diplomatie du bluff est devenu insupportable. Sur le terrain militaire comme sur le plan politique domestique, Washington se heurte à des contraintes matérielles et électorales majeures.

Comme l’a analysé Sébastien Boussois, chercheur spécialiste du monde arabe et directeur de l’Institut géopolitique européen, la marge de manœuvre du président américain s’est considérablement réduite : «Donald Trump ne veut pas forcément frapper, n’en a pas forcément les moyens. Il y avait un problème de missiles, puis il avait un problème d’intercepteurs. Et puis, il y a aussi une opinion qui, à l’approche des élections de mi-mandat, risque de commencer à se détourner du président américain».

Ce double verrou — l’épuisement des stocks d’armement de haute précision et la crainte d’un désaveu dans les urnes — paralyse l’action américaine. Parallèlement, en perturbant gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz — canal vital par lequel transite un cinquième du pétrole mondial —, le conflit a provoqué une flambée spectaculaire des cours du baril. Les consommateurs du monde entier paient aujourd’hui au prix fort à la pompe les hésitations de Washington, alimentant une inflation globale qui menace de faire basculer plusieurs économies dans la récession.

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, le bilan de Donald Trump est celui d’une impasse stratégique majeure. En pensant que des coups de bluff répétés, des ultimatums sur les réseaux sociaux et des sautes d’humeur diplomatiques tiendraient lieu de politique étrangère, le président américain a étalé les limites de son leadership.

Désormais contraint par le roi d’Arabie saoudite à suspendre ses frappes, contesté par son opinion publique, désavoué par ses alliés européens et sous la pression d’une crise économique mondiale qu’il a lui-même contribué à alimenter, Trump offre le spectacle d’une puissance paralysée. Les ultimatums non suivis d’effets ont créé l’accoutumance chez l’adversaire et la méfiance chez les alliés. L’étalage de force brute aura, in fine, mis à nu l’incapacité d’un homme à prendre les décisions justes face au temps long et complexe de la géopolitique.

* Médecin algérien basé au Canada.

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Les menaces de Trump ne font plus peur à personne !

07. August 2026 um 09:00

Pour la plupart des pays qu’ils soient alliés ou adversaires des États-Unis, les menaces et les intimidations du président américain Donald Trump ne sont plus prises au sérieux. Ils ont compris que les menaces précèdent souvent les compromis et le président américain revient fréquemment sur ses positions initiales. Désormais, la méthode Trump bat de l’aile et a fini par perdre son efficacité.

Imed Bahri

Dans une enquête publiée par le Washington Post, Steve Hendrix et Anthony Faiola constatent le déclin des effets produits par les menaces et les pressions du président Trump. De nombreux gouvernements considèrent désormais ses menaces comme faisant partie intégrante de sa stratégie de négociation et ne les appréhendent plus avec la même crainte qu’au début de son second mandat, écrivent-ils. 

Lorsque Trump s’est tenu dans la roseraie de la Maison-Blanche le 2 avril 2025, brandissant une pancarte annonçant d’importantes hausses de droits de douane, le monde a réagi comme si une alarme incendie avait été déclenchée. Les marchés se sont effondrés, des milliers de milliards de dollars ont été perdus, des délégations diplomatiques se sont précipitées à Washington et plus de 75 pays se sont empressés d’ouvrir des canaux de négociations avec l’administration américaine. Certains ont même renoncé à leurs plans de représailles, espérant un règlement rapide.

Seize mois plus tard, la situation a radicalement changé. Trump continue de proférer les mêmes menaces, qu’il s’agisse d’instrumentaliser le commerce, d’annexer le Canada, de s’emparer du Groenland, de quitter l’Otan ou de lancer des frappes dévastatrices contre l’Iran. Cependant, les réactions internationales ne sont plus ce qu’elles étaient.

Les observateurs estiment que les dirigeants mondiaux se préoccupent moins de la rhétorique de Trump après avoir constaté que ses décisions se heurtent aux décisions de la Justice américaine et à l’opposition au sein du Congrès. Ils ont également vu Téhéran ignorer ses avertissements répétés, tandis que la popularité du chef de la Maison Blanche aux États-Unis a décliné.

Lorsque Trump a annoncé une nouvelle série de droits de douane le mois dernier, invoquant cette fois des accusations de travail des enfants pour contourner les restrictions imposées par la Cour suprême à ses pouvoirs, la décision n’a pas provoqué la panique qu’elle avait suscitée auparavant.

Le gouverneur de la Banque de France a prédit que l’impact des droits de douane serait limité, tandis que le gouvernement britannique a confirmé que ses exportations ne seraient pas significativement affectées. Le ministre mexicain de l’Économie a considéré qu’il s’agissait simplement de remplacer un droit de douane par un autre. Même les marchés financiers, qui réagissaient auparavant violemment aux déclarations de Trump, n’ont quasiment pas réagi.

Selon des responsables et des analystes, Trump, qui approche de la mi-mandat, commence à perdre l’un de ses atouts politiques les plus précieux à savoir l’utilisation des réseaux sociaux pour diffuser des déclarations chocs et alarmistes puis exploiter cette inquiétude afin d’obtenir des concessions politiques ou économiques de ses adversaires comme de ses alliés.

Si la présidence lui confère toujours une tribune influente, le public, qui accueillait autrefois ses déclarations avec appréhension, n’y réagit plus de la même manière.

«Nous ne les prenons plus aussi au sérieux»

«Nous nous sommes habitués à ces annonces quotidiennes», déclare Brando Benefe, député européen et chef de la délégation pour les relations avec les États-Unis, avant d’ajouter : «Nous ne les prenons plus aussi au sérieux».

Malgré sa présence constante sur la scène politique américaine et sa mainmise sur l’agenda public, Trump n’est pas parvenu à convaincre le Sénat, à majorité républicaine, de maintenir le secret sur les dossiers Jeffrey Epstein. Il n’a pas non plus réussi à faire adopter son Save America Act et a été contraint cette semaine de faire des concessions pour relancer la nomination de Todd Blanch au poste de procureur général.

Sur le plan international, sa politique s’est heurtée à des obstacles encore plus marqués. L’Iran a refusé de céder aux pressions militaires américaines et a maintenu la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que le président russe Vladimir Poutine poursuit toujours sa guerre en Ukraine alors que Trump avait affirmé durant la campagne électorale de 2024 que s’il retourne à la Maison-Blanche, il appellerait Poutine et en 24 heures, la guerre d’Ukraine prendrait fin.

Ses nouvelles revendications concernant le Groenland ont suscité une indifférence manifeste de la part des Européens et les principales nations commerçantes ont manifesté peu d’intérêt pour ses dernières menaces tarifaires.

Il revient fréquemment sur ses positions initiales

Pour de nombreux pays, les déclarations de Trump font désormais partie intégrante de son style politique habituel. Les menaces précèdent souvent les compromis et le président américain revient fréquemment sur ses positions initiales.

C’est pourquoi le terme «Taco», abréviation de «Trump Always Chickens Out» (Trump se dégonfle toujours), a commencé à circuler dans les milieux financiers et politiques. Jeremy Shapiro, directeur du programme américain au Conseil européen des relations étrangères, affirme que cette perception se répand dans de nombreuses capitales à travers le monde.

Shapiro ajoute avoir été initialement surpris par l’efficacité des tactiques d’intimidation de Trump durant les premiers mois de son second mandat mais il estime que ce succès ne s’explique pas uniquement par la personnalité du président. Il découle du capital politique et diplomatique considérable que les États-Unis ont accumulé pendant des décennies, un capital qui s’est érodé avec le temps. Il déclare : «Les responsables commencent à comprendre que Trump se comporte parfois comme un tyran mais qu’en même temps, il est facilement déstabilisé face à une position ferme».

Les droits de douane, annoncés par Trump le 2 avril 2025 qu’il a surnommé «Liberation Day», ont perdu la majeure partie de leur impact en quelques jours, suite à l’exemption de nombreux secteurs et au report à plusieurs reprises de leur application puis dans un second temps, la Cour Suprême a fini par les invalider purement et simplement.

Par ailleurs, ses menaces d’imposer des droits de douane élevés aux pays européens au sujet du Groenland ont abouti, au Forum de Davos, à la simple annonce d’un «cadre de négociation» auquel le Danemark n’avait même pas consenti et qui n’a entraîné aucun changement concret.

La Chine contraint les Etats-Unis à reculer

À l’inverse, la Chine a choisi de ne pas céder aux menaces américaines d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100%. Elle a riposté en tirant parti de son influence sur le marché des terres rares et en suspendant les importations de soja américain, contraignant Washington à reculer. Cette expérience a incité d’autres pays à penser que résister fermement aux pressions de Trump pourrait être le meilleur moyen d’obtenir des concessions de sa part.

Au Brésil, le président Lula da Silva a ignoré les menaces de Trump d’imposer des droits de douane de 50%, mesures sur lesquelles la Maison-Blanche comptait pour contraindre le gouvernement à suspendre le procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, accusé de tentative de coup d’État armé. Le procès s’est néanmoins poursuivi et Bolsonaro a été condamné à 27 ans de prison, sans que les pressions américaines n’aient atteint leur objectif.

Le WP indique que l’exemple le plus frappant de l’inefficacité croissante de la politique des menaces est celui de l’Iran. Les États-Unis et Israël y ont lancé une vaste campagne militaire qui a entraîné la mort du Guide suprême et de plusieurs hauts responsables, sans pour autant provoquer l’effondrement du régime ni permettre à Téhéran de reprendre le contrôle du détroit d’Ormuz qui demeure un atout stratégique majeur.

Trump avait adressé une série d’avertissements aux dirigeants iraniens, exigeant la réouverture du détroit et menaçant de détruire la civilisation iranienne en cas de refus mais le détroit est resté fermé et Téhéran n’a pas cédé et ce, malgré l’ampleur de la menace militaire. Cela a incité le président américain à revoir progressivement ses objectifs, tant en ce qui concerne le renversement du régime iranien que le sort de son stock d’uranium enrichi.

Un président qui menace et bombarde, puis recule

Ronald Neumann, ancien ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, à Bahreïn et en Algérie, affirme que la leçon que Téhéran tire de cette situation est claire : le pays voit un président qui menace, puis bombarde, puis recule, ce qui, aux yeux des négociateurs iraniens, les amène à croire que Washington est la partie la plus désireuse de parvenir à un accord. Il ajoute : «Dans le monde de la négociation, quand l’autre partie sent que vous êtes pressé, elle ne voit aucune raison de faire des concessions».

Neumann va même plus loin : «Si j’allais faire mes courses dans un bazar oriental, je ne donnerais pas d’argent à Trump pour négocier à ma place».

La méthode Trump ne se limite pas à l’Iran, elle s’étend à l’Europe. Il a tenté d’entraîner ses alliés européens dans une confrontation plus large avec Téhéran, menaçant l’Espagne d’un embargo commercial après son refus de participer, faisant pression sur la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne pour qu’elles réimposent les sanctions de l’Onu contre l’Iran et laissant entendre une possible révision des engagements américains au sein de l’Otan.

Cependant, les pays européens ont refusé de s’impliquer davantage dans la guerre. Certains, comme l’Espagne et l’Italie, ont même fermé leurs bases militaires ou leur espace aérien aux opérations liées à la guerre.

Un diplomate européen affirme que la menace de Trump d’interrompre le commerce avec l’Espagne a été accueillie avec une relative indifférence cette fois-ci car de nombreux responsables estimaient que les déclarations du président américain seraient rapidement rétractées si elles ne suscitaient pas de réaction.

Néanmoins, le diplomate reconnaît que traiter avec Trump reste complexe car son comportement est imprévisible. «Il est vrai qu’il fait souvent marche arrière mais pas toujours», dit-il.

Le WP rappelle que Trump a démontré, à plusieurs reprises, sa volonté de recourir à la force militaire, contrairement aux attentes d’une partie de son électorat qui espérait une réduction des interventions étrangères.

Il a ordonné plus d’opérations militaires à l’étranger que tout autre président américain de l’ère moderne, notamment la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération des forces spéciales, le bombardement de l’Iran et des dizaines de frappes contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique.

Sur le plan intérieur, il a déployé la Garde nationale à Washington, D.C., tandis que sa politique d’immigration radicale a suscité une vive controverse après que des descentes d’agents fédéraux masqués dans des lieux de travail et des tribunaux ont entraîné des morts et des manifestations.

Cependant, la propension de Trump à recourir à la force ne suffit plus à imposer l’obéissance qu’il exigeait. Les gouvernements et les responsables politiques, tant aux États-Unis qu’à l’étranger, sont désormais mieux préparés à faire face à ses menaces ou à les ignorer purement et simplement.

Mujtaba Rahman, expert au cabinet de conseil Eurasia Group, explique que les gouvernements européens sont moins sujets à la panique et plus aptes à distinguer la rhétorique de Trump des politiques réellement mises en œuvre par son administration. Il ajoute que cette tendance ne se limite plus à l’Europe mais s’étend désormais aux pays du Golfe qui considèrent le style de négociation de Trump comme faisant partie intégrante de sa gestion habituelle des problèmes.

Le Washington Post cite en exemple l’accord annoncé par Washington et Riyad concernant le programme nucléaire civil saoudien, avant que Trump ne surprenne tout le monde avec une publication sur TruthSocial liant la mise en œuvre de cet accord à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux accords d’Abraham.

Andrew Lieber, chercheur à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, affirme que les responsables saoudiens ont été surpris et mécontents de cette condition, d’autant plus qu’ils avaient déjà annoncé l’accord par voie officielle.

Lieber estime que Riyad a acquis une expérience considérable dans ses relations avec Trump et comprend désormais que les décisions soudaines et les déclarations contradictoires font partie intégrante de son style politique habituel.

Il vaut mieux résister aux pressions que faire des concessions

Durant la première année du second mandat de Trump, les capitales européennes ont adopté une politique d’éloges et d’apaisement, la considérant comme le meilleur moyen de contenir le président américain.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue au complexe golfique de Trump en Écosse pour tenter de résoudre les différends commerciaux selon ses conditions à lui et le Royaume-Uni lui a adressé une invitation sans précédent pour effectuer une seconde visite d’État.

Un diplomate européen confirme toutefois que cette approche commence à évoluer. Les dirigeants européens continuent de flatter Trump, notamment lors de réunions à huis clos, mais ils sont de moins en moins disposés à faire les concessions qu’il exige.

«Ils savent que la flatterie a un effet sur lui, qu’il pourrait se montrer plus conciliant lors d’une seule rencontre mais cela ne signifie pas qu’ils doivent céder à ses exigences», explique-t-il. Et d’ajouter que la question du Groenland a marqué un tournant, les menaces de Trump ayant été neutralisées par une position européenne unie. La Chine et le Brésil ont également démontré qu’il est plus efficace de résister aux pressions que de faire des concessions, tandis que la capitulation de l’Europe au début de la guerre commerciale n’a fait qu’attiser les exigences américaines.

L’enquête du WP indique qu’apprendre à ignorer les menaces de Trump peut en revanche attiser sa frustration et peut rendre son comportement encore plus imprévisible, surtout si les Républicains perdent leur majorité aux élections de mi-mandat et que le président est contraint de s’appuyer davantage sur ses pouvoirs exécutifs.

Jeremy Shapiro prévient que Trump n’est pas du genre à accepter sans broncher un déclin de son influence. S’il sent son influence diminuer, il pourrait recourir à des méthodes nouvelles et plus risquées pour utiliser la puissance américaine.

En conclusion, les auteurs de l’enquête du WP estiment que le monde ne réagit plus aux menaces de Trump comme au début de son second mandat et qu’après une série d’avertissements qui se sont soldés par des reculs ou des compromis, nombre d’alliés et d’adversaires font désormais la distinction entre l’escalade verbale et les politiques concrètes, un changement qui pourrait affaiblir la capacité du président américain à utiliser ces tactiques de choc habituels pour obtenir des gains politiques et diplomatiques mais qui, à l’inverse, pourrait le pousser vers des options plus dangereuses pour restaurer son prestige et son influence.

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Donald Trump réitère la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara

03. August 2026 um 09:20
Le président américain Donald Trump a réaffirmé la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara ainsi que son soutien constant au plan d’autonomie, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI à l’occasion du 27e…

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Marokko – Schnellstraße Tiznit-Dakhla nach Donald Trump benannt

Von: maghreb
27. Juli 2026 um 20:13

PräsidentDie 1.055 Kilometer lange Verkehrsverbindung in den südlichen Provinzen trägt laut Medienberichten künftig den Namen „Präsident Donald J. Trump Highway“. US-Präsident Donald Trump dankte König Mohammed VI. auf Truth Social. Eine offizielle Bestätigung aus Rabat steht jedoch noch aus. Rabat / Washington D.C. – Marokkanischen Medienberichten zufolge ist die 1.055 Kilometer lange Schnellstraße zwischen Tiznit […]

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