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Comportements à risque : agir en milieu scolaire

Von: tmps
11. Oktober 2026 um 10:15

La prévention des comportements à risque en milieu scolaire repose sur une approche globale associant l’école, les familles et les partenaires institutionnels pour instaurer un climat bienveillant et sécurisé. L’objectif est  d’apprendre aux élèves à identifier et à gérer leurs émotions, favoriser l’empathie, la communication non violente et la résolution pacifique des conflits, par exemple via des cours d’empathie dès l’école primaire, créer des espaces de parole et d’écoute (heures de vie de classe, forums de sensibilisation, journées dédiées) et instaurer des programmes de soutien positif pour valoriser les bons comportements et désamorcer les tensions.

C’est dans ce cadre que le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors a organisé une belle action intitulée  «Une heure de prévention» de manière simultanée et unifiée dans les différentes régions. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’approche nationale participative visant à prévenir les comportements à risque, en coordination avec les délégations régionales chargées des affaires de la femme et de la famille ainsi que divers partenaires (ministères, organismes publics et associations concernées). Cet événement offrira un espace de rencontre pour les familles et les élèves, favorisant l’écoute, l’accompagnement, le conseil et la sensibilisation, dans le but d’une prévention participative contre les phénomènes et comportements à risque.

Une heure de prévention dans nos écoles

Plusieurs élèves sont exposés à des risques qui peuvent affecter leur santé, leur bien-être et leur réussite éducative. Ces conduites à risque altèrent le bien-être physique et mental et ont des répercussions sur les relations avec autrui : isolement social, violences, conflits, marginalisation… Sur le plan académique, le parcours scolaire et les résultats peuvent être affectés. Comprendre quels sont les facteurs qui influencent les comportements à risque va permettre d’agir de façon cohérente sur un ensemble de déterminants communs. Prédisposants ou protecteurs, ces facteurs vont accroître ou au contraire prévenir la vulnérabilité des enfants ou des jeunes face à ces conduites. Il peut s’agir de caractéristiques personnelles telles que la capacité à faire face aux événements, à nouer des relations. C’est aussi l’environnement proche, comme la qualité des relations au sein de la famille ou les relations avec les pairs. C’est également l’environnement social, en particulier l’école, son mode d’organisation et les valeurs sociales qu’elle défend et véhicule. La prévention en milieu scolaire regroupe l’ensemble des mesures et actions visant à protéger les élèves et le personnel éducatif contre les risques liés à la vie scolaire. C’est dans ce cadre que des séances de prévention des comportements à risque en milieu scolaire reposent sur plusieurs axes éducatifs, partenariaux et pratiques ont été animées hier  par les enseignants et des psychologues à Tunis, Ben Arous, La Manouba, Bizerte, Siliana, Zaghouan, Béja, Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Kairouan, Sidi Bouzid, Gabès, Gafsa, Tozeur et Tataouine en vue d’apprendre aux élèves à gérer leurs émotions, à résister à la pression des pairs et à renforcer leur esprit critique tout en les sensibilisant aux dangers du numérique, des addictions, des réseaux sociaux et des cyberviolences.  L’école est le lieu par excellence d’ancrage des programmes de promotion de la santé et de prévention des conduites à risque. Ces initiatives de prévention dans nos écoles  permettent aux enfants d’acquérir des compétences favorables à la santé (développement de compétences sociales, émotionnelles et cognitives) en utilisant des méthodes interactives s’inscrivant dans la durée. Ils favorisent la création d’un environnement propice à leur mise en pratique. Ces comportements, qui sont des facteurs de protection vis-à-vis des comportements à risque, sont aussi des vecteurs de réussite à l’école. Les parents ont un rôle à jouer : sensibiliser leurs enfants  aux comportements à risque et  accompagner le développement de leurs enfants, tout en assurant leur sécurité. Il est crucial de consulter un professionnel de la santé mentale lorsqu’un adolescent affiche de manière répétée des comportements préoccupants ou dangereux si les  tentatives pour l’encourager à une conduite plus saine demeurent inefficaces. La prévention des conduites à risque peut commencer dès l’enfance par l’éducation, la communication ouverte et la promotion de comportements sains. Elle s’effectue à la maison et à l’école.

Kamel BOUAOUINA

 

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Entreprises communautaires : le gouvernement veut accélérer, mais où sont les résultats ?

11. Oktober 2026 um 10:11

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé à la Kasbah, samedi 10 octobre 2026, un conseil ministériel restreint (CMR) consacré aux entreprises communautaires. À l’ordre du jour : améliorer leur gouvernance, simplifier les procédures de création et renforcer l’encadrement et l’accompagnement.

Pour la cheffe du gouvernement, ce modèle est un choix économique national…, dont l’objectif est d’instaurer « un développement fondé sur l’initiative collective, l’emploi, la justice sociale et une meilleure répartition des richesses ». Elle y voit un moyen de valoriser les ressources locales et régionales à travers des projets durables, productifs et compétitifs, en particulier pour les jeunes. D’ailleurs, ce modèle appliqué dans plusieurs pays développés a fait ses preuves, dira Mme Zaâfrani.

Présents lors dudit CMR, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, et la secrétaire d’État chargée des Entreprises communautaires, Hasna Jiballah, ont présenté un exposé sur la gouvernance de ces structures. Les participants ont passé en revue les difficultés procédurales rencontrées et des pistes de simplification.

De ce point de vue, le conseil a fait les recommandations suivantes :

– orienter les entreprises communautaires vers de nouveaux secteurs et marchés porteurs, à forte valeur ajoutée, en phase avec le Plan de développement 2026-2030 ;

– mettre en place un dispositif intégré de formation et d’accompagnement, du lancement à l’exploitation des projets ;

– adapter les formations aux besoins techniques des entreprises et instaurer des mécanismes d’évaluation de l’impact de cet accompagnement ;

– mieux faire connaître ce modèle et sa contribution à la justice sociale.

Quid des résultats… ?

Ceci étant, le communiqué de la présidence du gouvernement ne donne aucun chiffre : ni nombre d’entreprises effectivement créées, ni emplois générés, ni richesse produite. Il évoque seulement des « expériences réussies » sans les détailler.

Plusieurs recommandations du conseil laissent aussi penser que le dispositif peine à produire les effets promis. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de simplifier davantage les procédures qui freinent la création de ces entreprises. Il est impératif de leur chercher des secteurs porteurs, comprendre par-là qu’elles n’y sont pas encore. Il faut mettre en place des mécanismes pour mesurer l’impact de l’accompagnement, ce qui signifie que cet impact n’est pas mesuré aujourd’hui. Enfin, la nécessité de « mieux faire connaître » le modèle laisse entendre que les porteurs de projets n’en sont pas encore massivement saisis.

La référence à des pays développés où ce modèle aurait fait ses preuves n’est pas davantage étayée : aucun exemple ni comparaison n’est avancé. Or la question que se posent les observateurs reste simple : ces entreprises créent-elles suffisamment d’emplois durables et de valeur ajoutée pour justifier l’importance que leur accorde l’État ? Tant que le gouvernement ne publiera pas un bilan chiffré, la promesse d’une « répartition plus équitable des richesses » risque de rester un slogan, faute de richesse créée à répartir.

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L’unité de l’État : pilier de la vision institutionnelle de Kaïs Saïed

Von: farhat
11. Oktober 2026 um 08:30

Par Ahmed NEMLAGHI

La rencontre tenue, le 8 octobre, au palais de Carthage entre le président de la République, Kaïs Saïed, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, remet au premier plan une question fondamentale, celle de l’unité de l’État et de la complémentarité de ses institutions. À travers cette réunion, le chef de l’État réaffirme une conception selon laquelle les différentes fonctions publiques doivent agir dans le cadre de leurs compétences constitutionnelles, avec pour objectif commun de répondre aux attentes des citoyens et de préserver la cohésion nationale.

Dans le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, la présidence de la République insiste sur la complémentarité des rôles entre les différentes fonctions de l’État, chacune dans le cadre des attributions que lui confère la Constitution. Cette formulation résume l’un des axes de la vision institutionnelle défendue par Kaïs Saïed : l’État doit demeurer un ensemble cohérent, capable d’agir dans l’intérêt général, sans que ses différentes composantes perdent de vue leur responsabilité envers les citoyens.

L’unité de l’État ne signifie pas nécessairement la confusion des pouvoirs ni l’effacement des compétences propres à chaque institution. Elle renvoie plutôt à la nécessité d’assurer la cohérence de l’action publique, dans le respect du cadre constitutionnel, afin que les institutions ne deviennent pas des centres d’intérêt concurrents, mais remplissent leurs missions au bénéfice de la collectivité.

La présence conjointe des responsables des deux chambres parlementaires auprès du président de la République revêt, dans ce contexte, une portée institutionnelle particulière. Elle permet d’aborder des projets liés à la situation sociale des citoyens et de souligner l’importance de la coordination entre les institutions chargées de traduire les orientations publiques en textes et en mesures concrètes.

Pour le chef de l’État, l’enjeu consiste à faire en sorte que les mécanismes institutionnels ne constituent pas un obstacle à la réponse aux besoins de la population. La cohérence entre les fonctions de l’État doit ainsi contribuer à accélérer le traitement des préoccupations sociales et à renforcer la capacité des pouvoirs publics à apporter des réponses concrètes.

Le communiqué de Carthage fait explicitement référence aux compétences fixées par la Constitution. Ce rappel est essentiel car l’unité institutionnelle ne peut durablement reposer sur la seule volonté de coopérer entre responsables. Elle nécessite des règles, une répartition des attributions et une responsabilité clairement définie.

Dans la conception défendue par Kaïs Saïed, la Constitution s’apparente au cadre de référence dans lequel chaque institution doit exercer ses missions. L’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts disposent de leurs propres fonctions, tandis que la présidence de la République exerce les compétences qui lui sont attribuées. La complémentarité suppose donc que chaque institution assume ses responsabilités sans empiéter sur celles des autres.

Cette approche accorde une place importante à la légitimité constitutionnelle des institutions. L’État ne peut fonctionner efficacement si ses organes se trouvent enfermés dans des logiques de confrontation permanente ou si leurs interventions ne débouchent pas sur des décisions suivies d’effets.

Rompre avec les logiques de division

Le président de la République a également évoqué les tentatives de division du pays et les résistances au changement. Selon les termes rapportés par le communiqué, il estime que certains acteurs demeurent attachés à des pratiques du passé et que la conscience historique du peuple tunisien constitue un rempart contre les manœuvres susceptibles d’affaiblir la cohésion nationale.

Cette déclaration s’inscrit dans un discours politique qui présente l’unité nationale comme une condition essentielle de la transformation institutionnelle et sociale. Dans cette lecture, les divergences et les conflits d’intérêt ne doivent pas compromettre la continuité de l’État ni détourner les institutions de leurs missions fondamentales.

La question mérite cependant d’être envisagée dans toute sa portée institutionnelle. L’unité nationale ne se limite pas à l’absence de désaccords. Elle dépend également de la capacité des institutions à traiter les divergences dans le respect du droit, à garantir l’égalité des citoyens et à maintenir des espaces de responsabilité et de contrôle.

Une institution forte n’est donc pas seulement une institution capable de résister aux pressions. C’est aussi une institution dont les décisions sont motivées, dont les compétences sont respectées et dont l’action peut être appréciée à l’aune de ses résultats.

La vision présidentielle met l’accent sur la nécessité de préserver l’État contre les formes de pression ou de chantage susceptibles, selon elle, de compromettre son indépendance. L’enjeu est de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, tout en veillant à ce que les mécanismes de contrôle et de responsabilité fonctionnent dans le cadre du droit.

Parmi les thèmes abordés à Carthage, la reddition des comptes occupe une place centrale. Kaïs Saïed a insisté sur sa légitimité, en prenant soin de la distinguer du règlement de comptes. Cette distinction constitue un élément important de sa conception de l’État : la responsabilité des personnes ayant exercé des fonctions publiques doit être examinée à partir de faits établis et de procédures légales, et non en fonction de considérations personnelles ou politiques.

La reddition des comptes répond à une exigence démocratique et administrative fondamentale. La gestion des ressources publiques, l’exercice de l’autorité et l’utilisation des moyens de l’État doivent pouvoir faire l’objet de vérifications. Les responsabilités doivent être déterminées lorsque des irrégularités sont établies, dans le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.

Dans le discours présidentiel, cette exigence est associée à la volonté de rompre avec les pratiques qui auraient permis à certains de bénéficier d’une protection particulière. L’affirmation selon laquelle aucune immunité ni exception ne devrait faire obstacle à l’établissement de la vérité traduit l’objectif annoncé d’une responsabilité applicable à tous.

Pour que cette orientation renforce effectivement la confiance dans les institutions, une condition demeure toutefois essentielle : la reddition des comptes doit être conduite selon des procédures impartiales, transparentes et vérifiables. La présomption d’innocence, l’indépendance de la justice et les droits de chaque personne concernée sont indissociables d’un processus crédible.

 

De la volonté politique aux mesures concrètes

Le président de la République a affirmé que les difficultés ne seraient pas surmontées par les communiqués et les déclarations, mais par des mesures concrètes et rapides. Cette affirmation met en évidence l’un des principaux défis de l’action institutionnelle : transformer les orientations politiques en décisions applicables et en résultats perceptibles.

Les citoyens évaluent l’État à travers leur expérience quotidienne. Ils attendent des réponses à leurs difficultés économiques et sociales, des services publics accessibles, une administration efficace, une législation compréhensible et des décisions exécutées dans des délais raisonnables.

La rencontre entre les trois responsables de l’État prend dès lors son sens au regard des projets sociaux évoqués dans le communiqué. La coordination institutionnelle ne peut constituer une fin en soi. Elle doit permettre de faire avancer les dossiers, de lever les blocages administratifs et de garantir que les décisions prises répondent aux besoins identifiés.

Cette exigence implique également une responsabilité dans le suivi. Les mesures annoncées doivent être accompagnées d’échéances, de mécanismes d’évaluation et d’une répartition claire des tâches entre les administrations et les institutions concernées. Sans ces instruments, le risque demeure de voir les ambitions se heurter aux lenteurs et aux difficultés de mise en œuvre.

Le discours présidentiel insiste précisément sur la nécessité de dépasser les déclarations pour entrer dans une phase d’action. La portée de cet engagement dépendra donc de la capacité des institutions à démontrer, par leurs réalisations, que la coordination annoncée améliore effectivement le fonctionnement de l’État.

Lorsque Kaïs Saïed affirme que l’État ne sera le «butin» de personne, il exprime une conception de la puissance publique fondée sur la permanence des institutions et leur indépendance à l’égard des intérêts particuliers. L’État doit, dans cette perspective, demeurer au service de la collectivité nationale et ne pas devenir l’instrument d’un groupe ou d’un réseau.

Cette conception rejoint la volonté affichée de préserver la souveraineté de la décision publique. Les politiques nationales doivent être déterminées par les besoins du pays et mises en œuvre par des institutions capables d’assumer leurs responsabilités.

Mais la solidité de l’État ne se mesure pas uniquement à sa capacité de résister aux pressions. Elle dépend aussi de la prévisibilité de ses décisions, de la stabilité de ses règles, de la qualité de son administration et de la confiance que les citoyens accordent à ses institutions.

Un État fort est également un État dont les pouvoirs sont exercés dans le respect de la Constitution, dont les décisions peuvent être contrôlées et dont les agents sont tenus de rendre compte de leur action. L’autorité publique et la responsabilité ne sont pas des principes contradictoires : elles se renforcent mutuellement lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre juridique clair.

L’unité de l’État à l’épreuve des attentes sociales

Au-delà des principes constitutionnels, la réunion du 8 octobre renvoie à une préoccupation centrale du discours présidentiel : la situation sociale des citoyens. Le communiqué rappelle que les responsables doivent s’inspirer de la conscience du peuple et partager les souffrances des citoyens en s’attachant à en éliminer les causes.

Cette exigence place la responsabilité sociale au cœur de l’action institutionnelle. Elle signifie que les institutions ne peuvent se limiter à leur fonctionnement interne ou à la production de textes. Elles doivent également prendre en compte les conséquences concrètes de leurs décisions sur les conditions de vie de la population.

La cohérence de l’État se mesure alors à sa capacité à articuler les politiques publiques, à identifier les urgences et à apporter des réponses adaptées aux réalités des différentes régions et catégories sociales.

Le rôle des institutions parlementaires est déterminant dans cette démarche, notamment à travers l’examen des textes et des préoccupations qui leur sont soumis dans le cadre de leurs attributions. La présidence de la République, le gouvernement et les autres institutions concernées doivent, chacun dans son domaine de compétence, contribuer à la mise en œuvre des orientations et au suivi de leurs effets.

Cette complémentarité ne sera pleinement effective que si elle se traduit par des résultats mesurables : amélioration des services, réduction des délais administratifs, meilleure application des lois et traitement plus efficace des difficultés sociales.

La rencontre de Carthage traduit ainsi une volonté présidentielle de placer la cohésion de l’État, le respect des compétences constitutionnelles et la reddition des comptes au cœur de l’action publique. Elle rappelle que les institutions ne peuvent répondre aux attentes de la population que si elles assument leurs missions avec sérieux et coordonnent leurs efforts dans le cadre du droit.

L’unité de l’État ne doit cependant pas rester une formule institutionnelle. Elle doit prendre corps dans le fonctionnement des administrations, la qualité des décisions, l’application effective des lois et la capacité des responsables à rendre compte de leurs résultats.

C’est là que se situe l’enjeu principal de la démarche défendue par Kaïs Saïed : faire de la cohérence institutionnelle un moyen de lutter contre les blocages, de préserver la souveraineté de la décision nationale et de répondre aux revendications sociales.

En définitive, la force de l’État ne réside ni dans la seule fermeté des déclarations ni dans l’affirmation abstraite de son unité. Elle se mesure à sa capacité à agir conformément à la Constitution, à garantir l’égalité devant la loi, à protéger les ressources publiques et à apporter des réponses concrètes aux citoyens.

 

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7e Congrès du SNJT | La presse tunisienne à la croisée des chemins

11. Oktober 2026 um 07:56

Ouvert samedi 10 octobre 2026 à Tunis, le 7e congrès électif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) se poursuit ce dimanche à un moment charnière où la profession fait face à d’importants défis liés à la liberté de la presse, à l’indépendance des médias et aux conditions difficiles d’exercice dans un contexte économique marqué par la récession.

Latif Belhedi

Ce 29e congrès de la profession doit aboutir au renouvellement du bureau exécutif pour le mandat 2026-2029, mais après avoir abordé les questions relatives à l’avenir du syndicat des journalistes et à sa capacité à accompagner les mutations du secteur, dans un contexte marqué par une accumulation de défis juridiques, professionnels, économiques et sociaux.

Le congrès se tient en présence de journalistes et de représentants de diverses organisations nationales.

Les 14 candidats en lice pour le nouveau bureau exécutif sont censés élaborer des propositions concrètes pour défendre les droits des journalistes, améliorer leurs conditions de travail et préserver l’indépendance de l’organisation ainsi que sa capacité à dialoguer et à négocier avec les autorités.

Les atteintes à la liberté de la presse au cœur des débats

La question des libertés et des garanties juridiques encadrant l’exercice du journalisme a dominé une partie des discours d’ouverture du congrès, dans un contexte marqué par l’incarcération de plusieurs professionnels du secteur, notamment quatre de ses figures les plus en vue : Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani et Mohamed Yousfi.

Le président sortant du SNJT, Zied Dabbar, a, dans ce contexte, réclamé la libération immédiate des journalistes incarcérés ainsi que l’arrêt des poursuites et des procès visant des dizaines de professionnels du secteur. Selon lui, le paysage médiatique traverse une phase critique, marquée par l’emprisonnement de certains journalistes, les poursuites judiciaires visant d’autres, et l’exil forcé de certains de leurs confrères.

La liberté de la presse ne constitue pas un privilège professionnel réservé à une catégorie spécifique, mais un droit de la société à l’information, a souligné Dabbar, ajoutant que l’indépendance des médias demeure indissociable de celle du journaliste lui-même et de la garantie de ses droits professionnels et sociaux au sein d’entreprises viables et pérennes.

L’indépendance du syndicat ne signifie pas son isolement de son environnement civil et social ; elle exige au contraire l’élargissement des partenariats avec les organisations nationales et les instances de défense des droits, afin de préserver son rôle professionnel et de renforcer sa capacité à défendre ses adhérents, a encore précisé Dabbar.

Tout en appelant à la libération de toutes les personnes détenues pour des affaires d’opinion et à l’arrêt des poursuites liées à la liberté d’expression, à la divergence d’opinions, ainsi qu’à la liberté d’association et d’action syndicale, le Bâtonnier des avocats, Boubaker Bethabet, a estimé, pour sa part, que l’espace dévolu à la presse indépendante connaît un recul qui affecte la vie démocratique dans le pays.

Loin de toute logique de rupture ou d’escalade

Une presse libre et indépendante constitue l’un des piliers de la République fondée sur le respect de la Constitution et des lois, a souligné Bethabet, en réaffirmant la solidarité du barreau tunisien avec les journalistes dans la défense de leurs droits et des garanties nécessaires à l’exercice de leur métier.

C’est dans le contexte de cette solidarité agissante que s’inscrit, selon lui, la marche nationale pour la défense des droits et des libertés, qui sera organisée par une coordination d’organisations nationales, le 17 octobre courant.

Cette action soulève à nouveau la question des relations entre les institutions officielles et les structures professionnelles ; une relation qui, par nature, n’est pas exempte de divergences d’appréciation ou de points de vue, mais qui nécessite des canaux de dialogue réguliers permettant de traiter les problématiques juridiques et professionnelles, loin de toute logique de rupture ou d’escalade.

En effet, la défense de la liberté de la presse ne s’oppose pas, par essence, au respect des institutions de l’État et de l’État de droit ; elle implique plutôt la nécessité d’offrir des garanties claires pour l’exercice du journalisme, tout en respectant la responsabilité professionnelle et la déontologie du métier.

Ce 7e congrès des journalistes se tient dans un contexte où les revendications traditionnelles des journalistes — portant sur les salaires, la stabilité de l’emploi et la couverture sociale — se conjuguent à des problématiques plus vastes liées aux mutations numériques, à l’évolution des modes de consommation de l’information et aux difficultés économiques auxquelles sont confrontées plusieurs entreprises médiatiques.

Si certains au sein de la profession soulignent la nécessité d’une direction syndicale plus présente et plus influente, réduire les défis actuels aux seules personnalités des candidats ou à leur charisme individuel ou encore à leur positionnement politique risque de masquer une problématique plus profonde : celle de la capacité de l’organisation syndicale elle-même à moderniser ses méthodes de travail et à renouveler ses mécanismes de négociation et de communication avec sa base.

En tant qu’institution élue, le syndicat ne saurait voir sa présence dépendre d’une personnalité spécifique, quels que soient le parcours syndical ou l’expérience professionnelle de celle-ci. L’un des enjeux majeurs de ce congrès réside sans doute dans la consolidation d’un syndicat qui tire sa force de ses membres, de ses structures et de ses programmes, plutôt que de la quête permanente d’une figure de référence chargée, à elle seule, de porter le poids de la défense du secteur.

Les enjeux pour le nouveau bureau exécutif

Les discours d’ouverture du congrès ne se sont pas limités aux revendications spécifiques des journalistes ; ils ont également abordé des questions sociales et civiles plus larges, témoignant ainsi de l’ancrage du syndicat au sein d’un réseau de relations unissant diverses organisations professionnelles et nationales.

Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a évoqué, lors de son intervention, la marche nationale sociale et pacifique prévue pour le 17 octobre, en soulignant que cette initiative intervient dans un contexte marqué, selon lui, par le refus du pouvoir exécutif d’ouvrir la voie à la négociation, tout en insistant sur l’importance d’unir les efforts des organisations ainsi que des structures civiles et sociales pour défendre les droits, les libertés et les revendications communes.

Selmi a précisé que cette marche se tiendra dans le cadre d’un front civil et social regroupant diverses organisations, instances et associations, en précisant qu’il ne s’agit pas d’un front politique, bien que cela n’exclue pas, selon ses dires, la participation de partis politiques aux actions programmées.

Les revendications syndicales ne se limitent plus aux seuls aspects professionnels et sectoriels, mais englobent désormais des questions d’intérêt général telles que les libertés individuelles et publiques, la liberté d’expression, de presse, d’organisation et de manifestation pacifique, ainsi que le droit à l’emploi et à une vie décente.

Ces déclarations remettent au premier plan une question qui a accompagné le syndicat à diverses étapes de son histoire : comment préserver l’indépendance de ses décisions professionnelles tout en s’inscrivant dans des alliances civiles et sociales partageant certaines de ses revendications ?

Il ne s’agit pas nécessairement de choisir entre ouverture et isolement, mais plutôt d’évaluer la capacité de la future direction à définir ses priorités et à préserver la spécificité de l’action syndicale dans le secteur de la presse, sans pour autant se couper des enjeux d’intérêt général qui affectent, directement ou indirectement, l’exercice de la profession.

Par ailleurs, le volet social demeure l’un des principaux défis qui attendent le nouveau bureau exécutif, notamment en ce qui concerne les conditions de travail au sein des établissements médiatiques publics et privés, la régularité du versement des salaires, l’amélioration de la couverture sociale et la résolution des situations de précarité de l’emploi, sans oublier l’adaptation aux mutations imposées par les médias numériques.

Le futur bureau sera également appelé à développer ses relations avec les différentes institutions et structures officielles du secteur des médias, en privilégiant le dialogue et la clarté des revendications, afin de défendre les intérêts des journalistes tout en tenant compte des difficultés économiques et organisationnelles auxquelles sont confrontées les entreprises employeuses.

Ces responsabilités ne semblent pas liées à un candidat en particulier ; elles exigent plutôt un travail collectif et un programme réalisable, capable de définir les priorités et de distinguer les revendications urgentes des réformes nécessitant un processus de négociation plus long.

En attendant le verdict des urnes ce dimanche, l’enjeu majeur de ce septième congrès réside dans la capacité du syndicat à sortir de cet événement plus soudé et mieux organisé, et à transformer les revendications en acquis concrets et durables pour les journalistes.

 (Avec Diwan).

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Les dessous de l’accord Trump-Poutine sur la livraison du diesel russe 

11. Oktober 2026 um 07:45

Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre 2026 qu’après une discussion très fructueuse avec son homologue russe, Vladimir Poutine s’était engagé à fournir plusieurs millions de tonnes de diesel pour le marché américain et mondial, sur plusieurs mois. L’accord prévoit la fourniture immédiate de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes de plus en novembre et 1 000.000 de tonnes immédiatement après.

Habib Glenza, à Lödz.

«Selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3 000 000 tonnes de diesel», a écrit l président américain sur son réseau Truth Social.

«Les prix du diesel pour les Américains et pour le monde vont baisser rapidement dans des proportions record ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité», a ajouté Trump.

Le président américain sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux États-Unis, et le Parti républicain, handicapé par le bilan économique mitigé de Trump, redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections.

Les Etats-Unis n’ont pas d’amis mais des intérêts 

L’homme d’État britannique Lord Palmerston avait dit à la Chambre des Communes en 1848 : «Nous n’avons pas d’alliés éternels, ni d’ennemi perpétuel. Seuls nos intérêts sont éternels et perpétuels». Le Général de Gaulle l’a paraphrasé en déclarant, dans les années soixante du siècle dernier, que «les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Et il avait raison dans la mesure où c’étaient les Etats-Unis qui avaient demandé aux pays européens de boycotter les hydrocarbures russes au lendemain de l’intervention militaire russe en Ukraine le 24 février 2022. Aujourd’hui, c’est le président américain qui demande aux Européens et aux Américains d’acheter le diesel russe, pour faire baisser les prix.   

La Russie étant frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, le ministère des Finances américain a, dans la foulée, précisé avoir donné une autorisation provisoire pour cette mise sur le marché. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui, a dénoncé une décision indigne et faible. «Vous savez, cela ressemble à un beau cadeau d’anniversaire pour Poutine. C’est absolument horrible», a déclaré le président ukrainien au média américain Axios, faisant allusion au 74e anniversaire du président russe. «Cela ne fait que renforcer la position de Poutine et lui donne la possibilité de mener une guerre encore plus intense», a-t-il aussi déclaré à la presse, regrettant que l’équipe ukrainienne en déplacement en Floride ait «simplement servi de façade» pour cet accord avec Moscou.

L’annonce de Trump coïncide avec la reprise des discussions en Floride entre Américains et Ukrainiens vendredi et samedi, auxquelles les Européens ont été conviés, sur une résolution du conflit avec la Russie.

«Les discussions à Miami sont constructives», déclare Witkoff

A Miami, la délégation ukrainienne a rencontré Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain qui agit en qualité de médiateur informel, en présence de représentants européens. Witkoff a évoqué sur X des «discussions constructives».

Les échanges ont notamment porté sur «des mesures à court terme liées à la préparation à l’hiver (résilience énergétique, exportations de céréales), des garanties de sécurité, ainsi que des dispositifs à plus long terme pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe», a précisé l’émissaire.

Depuis mercredi, des attaques russes ont fait environ 60 morts en Ukraine, dont au moins 30 jeudi dans une frappe qui a touché deux bus à Kramatorsk, dans l’une des attaques les plus meurtrières des dernières semaines.

Les récents bombardements russes ont aussi causé des dommages considérables au réseau électrique ukrainien, a déploré vendredi le président ukrainien. Kiev redoute la répétition du scénario de l’hiver dernier, lorsque la Russie avait pilonné les installations énergétiques du pays, plongeant des millions de foyers dans le froid et l’obscurité.

En effet, «les habitants de Kiev et d’autres grandes villes pourraient être plongés dans l’obscurité et affronter un froid extrême cet hiver si ces attaques ne cessent pas immédiatement», a-t-il prévenu.

C’est là, on l’a compris, le dernier souci de Trump, qui n’a qu’une seule idée en tête : se rapprocher de la Russie pour la neutraliser en perspective d’une confrontation à venir avec la Chine qu’il sait inévitable. Quant à l’Ukraine, et avec elle la stupide Europe, elles iront en enfer !

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Quatre dealers recherchés arrêtés à Sijoumi

10. Oktober 2026 um 20:45

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, une opération sécuritaire menée à Sijoumi a permis l’arrestation de quatre trafiquants de drogue.

Ces derniers faisaient l’objet de plusieurs mandats de recherche et sont considérés comme dangereux, a indiqué une source sécuritaire citée par Mosaïque FM, ce samedi 10 octobre 2026.

Lors de leur interpellations, les dealers étaient en possession d’une quantité de cannabis, a précisé la même source, ajoutant qu’un autre individu impliqué dans plusieurs affaires de vol a également été arrêté au cours de la même opération.

L’ensemble des suspects a été placé en garde à vue, tandis que les opérations de traque et de lutte contre le trafic de drogue se poursuivent dans la zone.

Y. N.

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Tunisie | Le SNJT tient son congrès alors que quatre journalistes sont en prison

10. Oktober 2026 um 13:03

Les travaux du congrès du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) débutent ce samedi 10 octobre 2026 dans un contexte politique et médiatique d’une extrême sensibilité, marqué au premier chef par l’incarcération de quatre journalistes — Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani et Mohamed Yousfi. Cette situation remet au premier plan la question de la liberté de la presse et des limites de l’ouverture en Tunisie, conférant au débat sur la situation de la profession des dimensions qui dépassent le cadre strictement syndical.

Fahem Boukaddous *

L’un des indicateurs permettant d’appréhender la nature des relations entre le pouvoir et la presse en Tunisie est sans doute le nombre de journalistes incarcérés simultanément. Quelles que soient les formes de restriction — des procès et poursuites judiciaires à l’interdiction d’exercer, en passant par les pressions sur les médias et les entraves à l’accès aux sources d’information — l’emprisonnement de journalistes demeure l’un des indicateurs les plus révélateurs de l’état des libertés publiques et de la nature des limites imposées à la liberté d’expression et à la critique.

Durant les années du régime de Ben Ali, la presse tunisienne a subi le poids de la censure ainsi que des pressions politiques et sécuritaires ; des journalistes ont fait l’objet de poursuites et de procès, et se sont vu interdire d’écrire ou de voyager. Malgré le caractère global de ce climat répressif, il était rare que plus de deux journalistes soient emprisonnés simultanément. Cette période a notamment été marquée par l’incarcération de Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir et Zouhair Makhlouf, outre d’autres formes de poursuites et de restrictions ; cela ne signifiait pas pour autant que les autres journalistes jouissaient d’une liberté réelle ou que le paysage médiatique était épargné par la répression.

La capacité du pouvoir à imposer l’autocensure et la peur

Le nombre limité de journalistes emprisonnés à l’époque ne témoignait pas d’une tolérance du pouvoir envers la liberté de la presse ; il s’inscrivait plutôt dans les méthodes de gestion et de contrôle de l’espace médiatique, permettant de maintenir une pression constante sans que chaque mesure restrictive ne débouche nécessairement sur une peine de prison.

En effet, la répression ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes jetées derrière les barreaux, mais aussi à la capacité du pouvoir à imposer l’autocensure et la peur, ainsi qu’à dicter ce qui peut être publié et ce qui doit être passé sous silence.

La détention simultanée de quatre journalistes soulève aujourd’hui des questions qui ne sauraient être réduites aux seuls dossiers judiciaires individuels, ni dont on peut ignorer la portée politique et professionnelle. Au-delà des spécificités juridiques propres à chaque affaire, la concomitance de ces cas — qui coïncide avec la tenue du congrès du Syndicat des journalistes — fait de la question de la liberté de la presse un test majeur pour le climat général du pays.

La particularité de l’emprisonnement d’un journaliste réside dans le fait que ses conséquences ne se limitent pas à la privation de sa liberté individuelle, mais affectent également le droit de la société à l’information. En effet, le journaliste n’exerce pas seulement un droit individuel à l’expression ; il remplit une mission d’intérêt public consistant à recueillir, vérifier et diffuser des informations, à demander des comptes aux décideurs et à mettre les faits et les opinions à la disposition des citoyens. Ainsi, lorsqu’un journaliste est emprisonné pour ses écrits ou ses propos, ou qu’il se retrouve sous la menace de poursuites dans l’exercice de ses fonctions, l’impact dépasse sa personne pour affaiblir la capacité de la société à s’informer, à débattre et à exercer un contrôle démocratique.

Sous cet angle, la défense des journalistes emprisonnés ne consiste ni à défendre des individus en particulier, ni à épouser l’ensemble de leurs positions ou opinions ; il s’agit plutôt de défendre un principe fondamental : la liberté d’expression n’est garantie que lorsqu’elle englobe également les opinions critiques et dérangeantes, et le traitement des dérives présumées ne doit pas se transformer en un moyen de réduire au silence certaines voix ou d’intimider les autres professionnels des médias.

La tenue du congrès du syndicat revêt, dans ce contexte, une importance accrue. Ce congrès ne constitue pas seulement une étape organisationnelle destinée à évaluer le bilan du bureau exécutif, à élire une nouvelle direction et à définir les priorités de l’action syndicale ; c’est aussi l’occasion de faire le point sur la réalité de la profession, sur la place des journalistes dans le paysage général et sur leur capacité à exercer leur rôle en toute indépendance, alors que s’intensifient les craintes de poursuites judiciaires et que s’amenuisent les garanties protégeant la liberté d’exercice du journalisme.

Permettre à la presse d’exercer son rôle de contrôle

Par ailleurs, l’emprisonnement de quatre journalistes place le congrès face à une responsabilité qui dépasse les revendications professionnelles et sociales — aussi importantes soient-elles — pour englober la défense du droit à la liberté et des conditions permettant à la presse d’exercer son rôle de contrôle.

En effet, la défense des salaires, des conditions de travail et de la stabilité professionnelle est indissociable de la défense de la liberté du journaliste d’écrire, de critiquer et d’enquêter ; car une profession dont les membres sont en proie à la peur et aux poursuites ne saurait remplir sa fonction sociale comme il se doit.

Dans ce contexte, l’appel à la libération de Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Hani et Mohamed Yousfi va bien au-delà d’une simple revendication syndicale ou d’un geste de solidarité. Il s’agit d’un appel à apaiser les tensions et à ouvrir de plus larges perspectives pour les libertés ; c’est aussi le signe que la résolution de la tension actuelle ne saurait passer par un durcissement des restrictions, mais plutôt par le respect des droits et libertés, la garantie de l’indépendance de la justice et l’instauration d’un environnement propice à la critique et à la diversité des opinions.

L’expérience tunisienne a démontré qu’en période de tension politique, la libération de journalistes peut être perçue comme un indicateur positif d’une possible détente. Tout comme l’arrestation de journalistes a, par le passé, témoigné de l’intransigeance du pouvoir et du rétrécissement de l’espace public, leur libération aujourd’hui pourrait constituer un message d’apaisement s’adressant non seulement au milieu médiatique, mais aussi à l’ensemble des acteurs politiques, civils et sociaux.

Toutefois, il ne faut pas confondre la libération de journalistes avec une véritable amélioration de la situation des libertés. Cette libération, bien qu’importante, ne constitue qu’une première étape ; elle doit s’accompagner de garanties empêchant de nouvelles poursuites liées à l’expression d’opinions, d’une révision des textes juridiques criminalisant le travail journalistique, et de la fin du climat d’intimidation poussant les journalistes à l’autocensure, sans oublier la mise en place de conditions assurant l’indépendance économique et professionnelle des médias.

Le véritable test ne réside pas uniquement dans le nombre de journalistes en liberté, mais dans leur capacité à travailler sans crainte, dans la disposition du pouvoir à accepter la critique et dans la capacité de la société à défendre son droit à une information indépendante et pluraliste. La liberté de la presse n’est pas un privilège que le pouvoir octroie ou retire à sa guise, mais un droit fondamental indispensable au bon fonctionnement de la vie publique.

C’est dans ce contexte que se tient le congrès du Syndicat des journalistes, avec une question qui préoccupe vivement la profession : quel avenir pour la presse tunisienne alors que quatre de ses membres sont derrière les barreaux ?

La libération de ces quatre journalistes ne suffirait peut-être pas, à elle seule, à transformer la situation ; elle constituerait toutefois un geste d’une portée politique et symbolique majeure, susceptible d’amorcer une détente et de rétablir la confiance. À l’inverse, leur maintien en détention — alors même que se tient un congrès censé réaffirmer l’engagement envers la liberté et l’indépendance de la presse — laisserait planer le doute sur la trajectoire du pays en matière de libertés.

Les journalistes d’abord : non pas qu’ils soient au-dessus des lois, mais parce que la liberté de la presse est une condition du droit de la société à l’information, et parce que leur libération pourrait ouvrir la voie à une détente plus large, touchant non seulement les médias, mais l’ensemble de la vie publique.

Traduit de l’arabe.

* Journaliste.

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Zied Dabbar : « Libérez les journalistes et mettez fin aux poursuites »

10. Oktober 2026 um 12:05

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a appelé à la libération immédiate des journalistes détenus et à l’arrêt des poursuites et des procès visant des dizaines de professionnels des médias.

Lors de l’ouverture du septième congrès du SNJT, il a dressé un constat préoccupant de la situation de la presse en Tunisie, évoquant des journalistes emprisonnés, d’autres confrontés à des condamnations judiciaires et certains contraints de quitter le pays.

Zied Dabbar a notamment demandé la libération de Mourad Zeghidi, Zied El Heni, Mohamed Youssefi et Borhen Bsaies. Il a également exprimé son soutien aux familles des journalistes détenus, soulignant les souffrances liées à l’attente et à l’incertitude.

Le président du syndicat a assuré que le SNJT continuerait à défendre ses membres, quelles que soient les circonstances. Il a également insisté sur l’importance de préserver l’indépendance du syndicat, tout en renforçant les alliances avec les organisations nationales, les syndicats et les associations de défense des droits humains.

Selon lui, la liberté de la presse constitue un droit de la société et non un privilège réservé aux journalistes. Il a rappelé que l’indépendance des médias repose notamment sur celle des journalistes, qui nécessite la garantie de leurs droits professionnels et sociaux ainsi que des conditions de travail au sein d’organisations médiatiques viables.

En conclusion, Zied Dabbar a réaffirmé la volonté du SNJT de rester un espace ouvert à la diversité des opinions et de poursuivre son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la dignité des journalistes, indépendamment des changements de direction et des échéances syndicales.

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100 000 dollars pour naviguer dans le détroit d’Ormuz

10. Oktober 2026 um 11:40

Les capitaines de pétroliers dans le golfe Persique perçoivent des rémunérations équivalant à 100 000 dollars par mois pour naviguer dans le détroit d’Ormuz, auxquelles s’ajoute une prime de risque de 50 000 dollars par traversée alors que l’Iran multiplie les attaques contre les navires.

Imed Bahri

Le Finacial Times indique, en citant trois sources proches des armateurs et des équipages, que les propriétaires de navires proposent ces sommes considérables pour inciter les marins à rester à bord, tandis que les pays du Golfe s’efforcent de maintenir le flux de pétrole brut transitant par ce détroit vital.

Les marins ordinaires dont le salaire mensuel de base avoisine généralement les 1 500 dollars ainsi que les capitaines qui perçoivent habituellement environ 15 000 dollars par mois voient leur rémunération doubler lorsqu’ils se trouvent dans le sud de la mer Rouge et dans le golfe d’Oman et leurs revenus augmentent encore davantage lors de chaque traversée du détroit d’Ormuz, les marins ordinaires perçoivent alors au moins quatre à six fois leur salaire habituel.

Quatre à six fois le salaire habituel 

Comme la plupart des traversées du détroit sont effectuées par des pétroliers assurant des rotations régulières, les marins peuvent percevoir ces tarifs élevés pendant des mois d’affilée tout en étant constamment exposés au risque d’attaques iraniennes par missiles et drones. Selon une source bien informée, les marins qui s’aventurent dans ces voyages sont désormais perçus presque comme des mercenaires ce qui reflète l’ampleur des risques liés à la navigation dans le détroit.

Les navires qui prennent le risque de traverser cette voie maritime sont confrontés à l’une des vagues d’attaques les plus violentes depuis que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont déclenché les hostilités en février.

D’après la société de sécurité maritime Vanguard, au moins 14 attaques ont eu lieu depuis le 20 septembre dont quatre ont visé des navires depuis samedi 3 octobre.

Toutefois, les prix élevés obtenus pour le pétrole brut parvenant à sortir du détroit, conjugués aux risques liés à l’impossibilité d’expédier le pétrole produit dans le Golfe, incitent les producteurs de la région à payer le prix fort pour ces traversées.

Cette semaine, les tarifs d’affrètement pour le transport de cargaisons via cette voie maritime contestée ont atteint un niveau record de 1,3 million de dollars par jour, contre environ 20 000 à 50 000 dollars par jour l’année dernière.

La navigation pour pénétrer dans le Golfe, charger le pétrole et en ressortir prend généralement environ quatre jours. Seule une poignée de navires accepte d’effectuer ce trajet, assurant la navette pour transporter le pétrole vers d’autres tankers qui attendent au large de Fujaïrah, dans le golfe d’Oman, d’où il est ensuite acheminé vers sa destination finale.

Un superpétrolier type transporte environ deux millions de barils de pétrole et compte un équipage pouvant aller jusqu’à 35 marins, placés sous les ordres du capitaine.

Pressions sur les équipage refusant de traverser le détroit

Manoj Yadav, secrétaire général du syndicat indien Forward Seamen’s Union of India, a déclaré que les armateurs proposent soit des sommes importantes aux marins, soit, dans certains cas, exercent des pressions sur les membres d’équipage refusant de traverser le détroit en les menaçant d’être remplacés et de voir les frais de leur rapatriement déduits de leur salaire.

Au total, au moins 93 navires ont été la cible d’attaques depuis le 28 février et 24 marins ont trouvé la mort, selon l’Organisation maritime internationale (OMI).

Scott Bergeron, directeur général de la compagnie de transport maritime Oldendorff Carriers, a déclaré mardi lors d’une conférence sur le transport maritime au Royaume-Uni : «La réalité est que ces navires et nos marins sont devenus des cibles. C’est une situation honteuse mais c’est aussi une nouvelle réalité qui rend la vie extrêmement difficile pour les personnes dont nous dépendons».

La plupart des navires traversent le détroit d’Ormuz de nuit en désactivant leurs systèmes de positionnement par satellite (GPS).

La marine américaine a déployé des moyens de défense aérienne pour protéger les navires traversant le détroit via un itinéraire longeant la côte omanaise.

La plateforme d’analyse maritime Windward a estimé que 13 navires avaient traversé le détroit le 4 octobre, contre 24 le même jour de la semaine précédente, une baisse consécutive à la recrudescence des attaques.

Les données de Windward indiquent qu’environ 2% des navires ayant traversé le détroit d’Ormuz au cours du troisième trimestre ont été la cible d’attaques. Avant le déclenchement du conflit, environ 135 navires traversaient le détroit chaque jour, transportant près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL).

Recrudescence des attaques contre les navires  

L’intensification des attaques la semaine dernière a fait suite à des rapports indiquant que les flux totaux de pétrole en provenance du Golfe étaient revenus à des niveaux proches de ceux enregistrés avant le conflit, selon la plateforme de données sur les matières premières Kpler.

Toutefois, Kpler a indiqué ce mardi que les flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz lui-même demeuraient inférieurs d’environ un tiers aux niveaux d’avant-guerre. Certains flux, qui transitaient auparavant par le détroit, ont été réorientés vers d’autres itinéraires, notamment des oléoducs.

Outre les coûts liés aux équipages, les propriétaires de pétroliers s’acquittent de primes d’assurance contre les risques de guerre variant de 6% à 10% de la valeur de la coque du navire pour opérer dans la région, selon des courtiers en assurance. 

Les prix du carburant marin ont également atteint de nouveaux sommets la semaine dernière, sous l’effet des inquiétudes du marché concernant les approvisionnements futurs, selon l’agence Argus, spécialisée dans le suivi des prix.

Lundi, le prix du fioul couramment utilisé par les superpétroliers à Fujaïrah —le port de ravitaillement le plus proche du Golfe— a atteint 686 dollars la tonne, soit une hausse de 67% par rapport à la même période l’an dernier, alourdissant ainsi davantage les coûts du voyage. 

La plupart des marins sont originaires de communautés défavorisées dans des pays tels que les Philippines, l’Inde et l’Indonésie ainsi que de Russie, d’Ukraine et d’Europe de l’Est. Ils sont généralement attirés par ce métier pénible en raison de salaires nettement supérieurs à ceux qu’ils pourraient percevoir dans leur pays d’origine.

Yadav a déclaré: «Les marins sont perdants sur toute la ligne. S’ils refusent, ils risquent de perdre leur emploi et s’ils acceptent, ils risquent de perdre la vie».

Parmi les entreprises faisant transiter des navires par le détroit figurent la compagnie sud-coréenne Sinokor et la société grecque Dynacom ainsi que des entreprises publiques du Moyen-Orient, notamment la Compagnie pétrolière nationale d’Abou Dabi (Adnoc) —qui dispose de sa propre division de transport maritime— et la Kotc (Kuwait Oil Tanker Company), entreprise publique koweïtienne spécialisée dans le transport maritime d’hydrocarbures.

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Navi Pillay | Nobel pour les victimes, avertissement aux puissants

10. Oktober 2026 um 10:59

En récompensant Navi Pillay, le Nobel de la paix 2026 place la défense des droits humains au centre d’un débat qui dépasse les frontières de Gaza. Ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, magistrate et figure de la lutte contre l’impunité, la juriste sud-africaine incarne une justice internationale confrontée à une contradiction persistante : les principes sont universels, mais leur application reste soumise aux rapports de force. Les puissants rechignant toujours à les appliquer.

Djamal Guettala

La distinction prend un relief particulier depuis que Navi Pillay a présidé la commission d’enquête de l’Onu qui a conclu, en septembre 2025, qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont rejeté ces conclusions et vivement attaqué la lauréate après l’annonce du prix. La controverse est devenue le prolongement d’un affrontement plus large sur la légitimité des institutions internationales à enquêter sur les actes des États.

Le rapport de la commission d’enquête des Nations unies, publié le 16 septembre 2025, estime que quatre des cinq catégories d’actes constitutifs du génocide prévues par la Convention de 1948 ont été commises à Gaza. La commission a également conclu à l’existence d’une intention de détruire les Palestiniens de Gaza, en tout ou en partie, en tant que groupe.

Ces conclusions doivent être rapportées avec précision. Elles émanent d’une commission d’enquête et ne constituent pas, à elles seules, une condamnation prononcée par un tribunal. Cette distinction juridique n’enlève rien à la gravité des constats formulés ; elle rappelle que l’établissement des faits, leur qualification et la détermination des responsabilités obéissent à des procédures distinctes.

Le droit à l’épreuve des pouvoirs

En s’en prenant à Navi Pillay, les autorités israéliennes contestent la légitimité de celle qui a dirigé ces travaux. Mais le débat ne peut se réduire à une querelle de déclarations. Il porte sur la capacité des mécanismes internationaux à recueillir des éléments, à examiner les violations présumées et à rendre publiques leurs conclusions sans céder aux pressions politiques.

Le Nobel ne tranche pas la controverse juridique autour de Gaza. Il distingue une carrière et un engagement en faveur de la paix et du droit international. Sa portée réside aussi dans le signal adressé à ceux qui considèrent que l’indépendance de la justice doit être protégée, même lorsque ses travaux dérangent.

Née en 1941 à Durban, en Afrique du Sud, Navi Pillay a grandi sous l’apartheid. Avocate, elle a défendu des opposants au régime ségrégationniste, avant de rejoindre le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Elle en a été présidente de 1999 à 2003.

Son travail dans l’affaire Jean-Paul Akayesu a marqué l’histoire du droit pénal international : le jugement rendu en 1998 a reconnu que les violences sexuelles pouvaient constituer des actes de génocide lorsqu’elles étaient commises avec l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe protégé. Cette avancée a contribué à mieux prendre en compte des crimes longtemps minimisés dans les procédures judiciaires.

Navi Pillay a ensuite dirigé le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de 2008 à 2014. Son parcours traverse ainsi plusieurs moments majeurs de la construction d’une justice internationale chargée de poursuivre les crimes les plus graves et de reconnaître les victimes.

Cette trajectoire donne au prix une dimension qui dépasse la seule actualité du Proche-Orient. Elle rappelle que la justice internationale s’est construite à travers des luttes concrètes, des enquêtes difficiles et la remise en cause de l’impunité, notamment lorsque les victimes disposent de peu de moyens pour faire entendre leur voix.

Signature:

«Aux survivants des crimes internationaux»

Navi Pillay a dédié son Nobel aux survivants des crimes internationaux et aux défenseurs de la justice internationale. Cette déclaration replace les victimes au cœur d’une actualité dominée par les réactions diplomatiques et les accusations réciproques.

La reconnaissance des victimes ne se limite pas à la compassion. Elle suppose de préserver les témoignages, d’établir les faits, de rechercher les responsabilités et de permettre aux procédures judiciaires de suivre leur cours. Les institutions internationales ne peuvent, à elles seules, garantir l’application de leurs décisions. Elles dépendent aussi de la coopération des États et de leur volonté de respecter les obligations auxquelles ils sont soumis.

Le prix attribué à Navi Pillay ne mettra pas fin aux souffrances à Gaza et ne résoudra pas le conflit israélo-palestinien. Il ne remplace ni les enquêtes ni les décisions des juridictions compétentes. Mais il donne une portée mondiale à un combat qui concerne l’ensemble des sociétés : faire en sorte que les victimes ne soient pas oubliées et que la puissance politique ou militaire ne suffise pas à écarter l’examen du droit.

La question posée par ce Nobel est finalement celle de la cohérence internationale. Les principes des droits humains peuvent-ils être défendus partout avec la même exigence ? La réponse ne dépendra pas d’une cérémonie ni d’une distinction, mais de la manière dont les États traiteront les conclusions des enquêtes, les procédures judiciaires et les droits des populations civiles.

En consacrant Navi Pillay, le comité Nobel honore une juriste dont le parcours relie la lutte contre l’apartheid, la justice pénale internationale et la défense des droits humains. La véritable portée de cet hommage se mesurera à la place accordée, au-delà des discours, aux victimes et à l’indépendance de la justice.

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Énergie : 300 MW de solaire et d’éolien attendus avant l’été 2027

10. Oktober 2026 um 10:54

La Tunisie prévoit de renforcer ses capacités de production électrique et d’accélérer ses projets renouvelables pour sécuriser l’approvisionnement face aux pics de consommation. Présenté lors d’un Conseil ministériel restreint tenu vendredi 9 octobre, le plan d’action de la STEG prévoit notamment 250 mégawatts (MW) supplémentaires grâce à l’amélioration des centrales existantes et l’intégration d’environ 300 MW d’énergies renouvelables avant l’été 2027.

Des capacités supplémentaires pour sécuriser l’approvisionnement

Le programme prévoit plusieurs interventions sur le parc électrique existant. L’installation de systèmes de refroidissement de l’air à l’entrée des turbines doit améliorer les performances des unités en service et dégager environ 250 MW de capacité supplémentaire.

La STEG prévoit également la mise en service d’une troisième turbine à gaz de 300 MW à Borj El Amri, l’installation de moteurs à gaz totalisant 200 MW et le rétablissement de la pleine capacité des centrales de Kchabta et de Mateur, estimée à environ 190 MW.

Ces opérations combinent amélioration des installations existantes et nouveaux équipements. Leur réalisation doit contribuer à répondre à la demande, particulièrement élevée durant les périodes de pointe.

Le solaire et l’éolien au programme

Le plan prévoit le raccordement d’environ 300 MW issus de projets renouvelables avant l’été 2027, auxquels s’ajouteront près de 40 MW dans le cadre du cinquième cycle du régime des autorisations.

Parmi les projets annoncés figurent l’extension du parc éolien de Sidi Daoud, avec 30 MW supplémentaires, une centrale photovoltaïque de 50 MW à Béni M’hira, équipée d’un stockage de 20 mégawattheures (MWh), et une centrale solaire de 200 MW à Tataouine, associée à un stockage de 100 MWh.

Un système central de stockage par batteries, d’une puissance de 300 MW et d’une capacité de 600 MWh, figure également dans le programme. Ces équipements doivent contribuer à mieux gérer l’équilibre entre production et consommation.

Réduire la pression aux heures de pointe

Le gouvernement prévoit aussi de réduire la demande électrique de 300 MW durant les périodes de forte consommation et d’améliorer le dispositif de délestage. La modernisation du réseau et le déploiement de compteurs intelligents font également partie des orientations annoncées.

Présidant la réunion, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a appelé à accélérer l’exécution des projets et à en assurer un suivi sur le terrain.

L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans l’objectif national de porter à 35% la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030. Les capacités annoncées restent toutefois des objectifs de réalisation : leur contribution effective dépendra du calendrier de mise en œuvre et de leur raccordement au réseau.

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La Tunisie et la Corée du Sud examinent les perspectives de coopération dans le domaine de la santé 

10. Oktober 2026 um 10:45

La Tunisie et la Corée du Sud explorent de nouvelles perspectives de coopération dans le secteur de la santé, avec un intérêt particulier pour la fabrication de vaccins, le développement des médicaments biologiques et les technologies médicales. Ces pistes ont été examinées vendredi 9 octobre 2026, lors d’une séance de travail entre le ministre de...

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Golfe du Mexique : 72 % de la production pétrolière gelée en raison de l’ouragan Isaias

10. Oktober 2026 um 10:38

Les compagnies énergétiques américaines s’orientent vers une suspension généralisée de la production de pétrole et de gaz dans le golfe du Mexique, alors que l’ouragan Isaias se dirige vers les côtes de Floride.

Plus précisément, les producteurs ont cessé vendredi 9 octobre de pomper environ 1,5 million de barils de pétrole et 1,3 milliard de pieds cubes de gaz naturel par jour, contre. Selon le Bureau américain de la sécurité et de l’application des réglementations environnementales/Administration des minéraux marins, ces quantités représentent près de 72 % de la production pétrolière et 59 % de la production de gaz naturel dans le golfe du Mexique.

Dans le même temps, les autorités ont évacué le personnel de 129 plateformes de production — un nombre correspondant à 35 % du total des 371 installations habitées de la région — ainsi que de huit foreuses flottantes à position fixe.

Le secteur offshore fédéral du golfe du Mexique produit environ 2 millions de barils de pétrole (environ 15 % de la production nationale totale des États-Unis) et une moyenne de 2,1 milliards de pieds cubes de gaz naturel par jour, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Isaias, le premier ouragan de la saison 2026 dans l’Atlantique, s’est intensifié en catégorie 3 et se déplace vers le nord-nord-est. Le Centre national des ouragans (NHC) prévoit que le phénomène devrait s’affaiblir une fois qu’il aura touché terre.

L’ouragan pourrait affecter la production pétrolière du golfe du Mexique à hauteur d’environ 7,2 millions de barils, selon le cabinet de conseil Earth Science Associates. Ce dernier a revu à la baisse ses prévisions initiales, qui tablaient sur 9 millions de barils, suite au déplacement de la trajectoire de la tempête plus à l’est.

D’après le modèle des sciences de la Terre, les entreprises les plus exposées à ce phénomène sont BP, Chevron, ENI, Murphy Oil et Shell. Shell a annoncé jeudi soir avoir terminé l’évacuation des installations d’Appomattox, Mars, Ursa, Olympus et Vito, tout en maintenant la production à l’arrêt sur les quatre dernières. De son côté, Chevron a évacué la majeure partie de son personnel du golfe du Mexique, conservant quatre plateformes opérationnelles et suspendant l’activité sur les cinq autres.

« Sur nos installations terrestres, nous continuons à mettre en œuvre les protocoles établis de préparation aux tempêtes et nous surveillons de près la trajectoire prévue de l’ouragan », a déclaré Chevron dans un communiqué vendredi.

Par ailleurs, le cabinet d’analyse Energy Aspects estime que des raffineries d’une capacité totale d’environ 500 000 barils par jour se trouvent sur la trajectoire des intempéries, notamment les installations de Pascagoula, dans le Mississippi.

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Administration tunisienne : quand le citoyen doit prendre son courage à deux mains

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 10:14

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Un document à retirer. Un dossier à déposer. Une situation à régulariser. Sur le papier, la démarche paraît simple. On rassemble ses pièces, on réserve une matinée et l’on se présente au service concerné. Pourtant, lorsque les indications restent imprécises ou que les réponses changent d’un interlocuteur à l’autre, une formalité peut prendre une place démesurée dans la journée. On était venu régler un problème. On repart parfois avec une inquiétude supplémentaire : faudra-t-il recommencer ?

C’est sous cet angle que je voudrais regarder l’administration tunisienne. Derrière les procédures, il y a ce qu’elles font vivre aux personnes. L’attente, l’incertitude, la crainte de mal comprendre, le sentiment de déranger ne figurent pas sur les formulaires. Ils accompagnent pourtant certaines démarches et peuvent peser sur la relation du citoyen avec l’État. Une administration n’est pas seulement un ensemble de bureaux. Elle est aussi une expérience humaine, renouvelée chaque fois que quelqu’un demande un renseignement ou tente de faire reconnaître un droit.

Il serait injuste d’en dresser un portrait uniformément sombre. Des agents accueillent correctement, expliquent avec patience et cherchent des solutions dans les limites de leurs fonctions. Des services accomplissent leur mission sans transformer chaque demande en parcours difficile. Mais ces réalités ne doivent pas nous empêcher d’interroger les situations où la relation se dégrade. Pourquoi une institution destinée à servir peut-elle devenir un lieu que l’on aborde avec appréhension ? Et que laisse cette appréhension dans la vie collective lorsqu’elle finit par paraître normale ?

L’incertitude fatigue davantage que l’attente

Attendre n’est pas nécessairement insupportable. On peut accepter qu’un dossier exige une vérification, qu’un service reçoive beaucoup de demandes ou qu’une décision prenne du temps. Ce qui use davantage, c’est de ne pas savoir. Ne pas savoir si l’on se trouve au bon endroit, si les pièces réunies suffiront, si quelqu’un examine réellement la demande ou si le déplacement suivant permettra enfin d’aboutir.

La différence est considérable. Un délai annoncé permet de s’organiser. Une attente sans explication oblige à rester disponible pour une issue inconnue. Le citoyen ne maîtrise plus son effort. Il peut hésiter entre patienter, revenir, téléphoner ou chercher un autre interlocuteur. Chaque tentative ajoute un peu de fatigue, sans nécessairement apporter davantage de clarté.

Cette fatigue n’a pas le même poids pour tout le monde. Une personne qui peut se déplacer facilement ne vit pas la démarche comme celle qui doit demander une autorisation d’absence, trouver un transport ou se faire accompagner. Pour un parent, une matinée perdue peut désorganiser la journée familiale. Pour quelqu’un dont les revenus dépendent du travail quotidien, le déplacement représente davantage qu’un désagrément. Le temps administratif entre ainsi dans des existences dont il ignore souvent les contraintes.

Il y a aussi ceux qui n’osent pas poser de questions. Un formulaire peut sembler évident à la personne qui le traite régulièrement et rester obscur pour celle qui le découvre. Le citoyen hésite, relit, cherche une indication. Une réponse sèche suffit parfois à le convaincre qu’il aurait dû comprendre seul. Il repart alors avec sa difficulté et, plus pénible encore, avec le sentiment d’être incapable.

On peut appliquer une règle fermement sans humilier. On peut refuser une demande tout en prenant le temps d’expliquer pourquoi. L’administration ne doit pas satisfaire toutes les attentes, mais elle devrait permettre à chacun de comprendre ce qui lui arrive. Cette exigence me paraît élémentaire. Elle engage pourtant toute une manière de considérer la personne qui se tient devant le guichet.

Derrière le guichet, quelqu’un se fatigue aussi

Le regard porté sur le citoyen ne suffit pas. Il faut regarder l’agent, lui aussi pris dans une organisation dont il ne décide pas toujours le fonctionnement. Il reçoit les demandes, entend les plaintes et doit parfois justifier un retard qu’il ne maîtrise pas. Pour le public, il représente l’institution. Dans son travail réel, il peut ne disposer que d’une marge de décision très limitée.

Cette position mérite d’être comprise. Un agent peut connaître la solution souhaitable sans avoir l’autorisation de l’appliquer. Il peut devoir expliquer une consigne peu claire, utiliser un outil défaillant ou attendre une validation avant de répondre. S’il reçoit successivement des personnes inquiètes ou irritées, la journée devient éprouvante. Le citoyen voit quelques minutes de son activité ; il n’en connaît pas nécessairement le reste.

À force, une distance peut s’installer. Répondre brièvement, éviter une discussion, se retrancher derrière la procédure deviennent des façons de tenir. Elles peuvent protéger momentanément l’agent, mais elles appauvrissent la relation. Celui qui demande une explication entend alors une fermeture là où l’autre croit simplement préserver son temps ou respecter ses instructions.

Cela n’excuse ni le mépris ni l’abus d’autorité. Comprendre un comportement ne signifie pas l’accepter. Mais réduire chaque difficulté à la mauvaise volonté d’une personne nous dispense trop facilement d’examiner l’organisation qui l’entoure. Une institution peut demander à ses agents d’être disponibles tout en les plaçant dans des conditions qui rendent cette disponibilité difficile.

Le malentendu se construit ainsi des deux côtés. Le citoyen arrive avec les démarches déjà accomplies, les déplacements et les réponses reçues. L’agent ne connaît pas cette histoire. Il voit une nouvelle demande, parfois formulée avec une impatience qu’il juge injustifiée. L’un pense devoir insister pour être entendu, l’autre se prépare à résister à une pression. La conversation commence, mais chacun se défend déjà.

Former à l’accueil peut aider. Encore faut-il écouter les difficultés des personnels, clarifier leurs responsabilités et leur donner les moyens de répondre. Le respect ne se décrète pas uniquement à l’entrée des bureaux. Il dépend aussi de la manière dont une hiérarchie traite ceux qui y travaillent.

Quand la relation personnelle remplace la règle

Face à l’incertitude, chacun cherche un appui. On demande à un proche comment procéder, on se renseigne sur les habitudes du service, on essaie de savoir à qui s’adresser. Cette entraide est souvent légitime. Elle devient préoccupante lorsque connaître quelqu’un paraît plus rassurant que connaître la procédure.

Le changement est discret, mais profond. Le citoyen ne se demande plus seulement quelles pièces fournir. Il cherche la personne capable de faire avancer les choses. Même lorsqu’aucun passe-droit n’est établi, l’impression que les relations comptent davantage que les règles peut suffire à affaiblir la confiance.

Celui qui ne possède aucun contact se sent alors moins armé. Il peut aborder la démarche avec l’idée qu’il devra attendre davantage ou insister plus longtemps. Celui qui dispose d’une relation peut finir par considérer son intervention comme une simple précaution. Pourquoi suivre un chemin incertain lorsqu’un autre semble plus sûr ? C’est précisément cette question qui devrait nous inquiéter.

Il faut distinguer l’accompagnement du favoritisme. Aider une personne âgée à comprendre un dossier, orienter un voisin vers le bon service ou expliquer une formalité relève de la solidarité. Le problème apparaît lorsque cet accompagnement semble nécessaire pour obtenir un traitement normal, ou lorsque la proximité ouvre une possibilité qui reste fermée aux autres.

Une administration doit offrir un cadre commun. Si chacun croit devoir mobiliser ses ressources personnelles pour y trouver sa place, elle risque de prolonger les inégalités au lieu de les contenir. L’assurance, le statut social, la facilité de parole deviennent alors des avantages supplémentaires.

Les agents consciencieux souffrent également de cette situation. Leur travail peut disparaître derrière une réputation générale de lenteur ou de favoritisme. Ils reçoivent une méfiance qu’ils n’ont pas forcément provoquée. Les personnes finissent, une nouvelle fois, par payer pour un fonctionnement insuffisamment lisible.

Réparer les procédures, retrouver la considération

La modernisation devrait partir d’une question très concrète : que doit savoir une personne avant de commencer sa démarche ? Une information claire sur les pièces, les étapes et les délais peut éviter des déplacements et réduire l’inquiétude. Il faut aussi que cette information reste cohérente d’un interlocuteur à l’autre. Rien ne décourage davantage qu’une consigne annulée par la suivante.

Le numérique peut améliorer les choses. Il peut permettre de suivre une demande, de transmettre un document ou d’obtenir un renseignement sans se déplacer. Mais un écran ne corrige pas automatiquement une mauvaise organisation. Un message d’erreur incompréhensible, une demande bloquée ou l’absence de réponse peuvent reproduire à distance l’impuissance ressentie devant un guichet.

Il faut donc penser l’accompagnement. Certaines personnes maîtrisent les outils numériques, d’autres hésitent ou dépendent d’un proche. La facilité offerte aux premières ne devrait pas devenir un obstacle pour les secondes. Le service public garde la responsabilité de rendre la démarche accessible.

Une réclamation devrait également pouvoir être entendue sans être reçue comme une offense. Elle peut signaler une difficulté que les responsables ne perçoivent pas depuis leur position. Encore faut-il lui donner une suite. Inviter à s’exprimer puis laisser la parole sans réponse ne restaure rien.

Je crois que la confiance se reconstruit dans ces moments modestes : une explication donnée jusqu’au bout, un délai respecté, un retard annoncé, une erreur reconnue et corrigée. Le citoyen n’attend pas nécessairement un privilège. Il veut pouvoir prévoir, comprendre et être traité avec considération.

L’administration tunisienne gagnerait à regarder cette dimension humaine comme une partie de sa mission. Une personne peut accepter une décision défavorable et repartir sans se sentir diminuée. Elle peut attendre tout en sachant que sa demande compte. C’est cette expérience qu’il faudrait rendre ordinaire. Aller demander son droit ne devrait pas exiger de préparer son courage la veille.

 

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Sur les routes : Mosquées de Kairouan et basiliques de Sbeitla

10. Oktober 2026 um 09:32

J’ai passé ces deux dernières journées à rayonner autour de Kairouan, entre Africa latine et Ifriquiya arabe, entre vestiges romains de Thysdrus, sanctuaires chrétiens de Sufetula, sépulture lybique de Dougga et lieux de mémoire islamique.

Je suis passionné par les mosquées de Kairouan. À mes yeux la majestueuse mosquée d’Okba n’a jamais caché la forêt fervente des lieux de culte qui sont disséminés dans les rues tortueuses de la médina.

Dès que je le peux, j’arpente toute la ville et ses mosquées les plus anciennes m’évoquent les premiers pas de l’Islam tunisien. Partout dans Kairouan, des oratoires aux minarets bleu ciel accueillent les fidèles et, à l’aurore, l’appel des muezzins jaillit de chaque quartier, comme au temps de Bilel.

J’ai toujours une tendresse particulière pour la mosquée Al Ansar dont les murs recouverts de henné lui valent le surnom « Al Mhennia ». La mosquée Zitouna qui à Kairouan se trouve près de Bab Djedid, m’aimante tout autant et je ne manque jamais de m’y asseoir à l’ombre d’une colonne, pour méditer. J’ai à l’esprit tant de mosquées kairouanaises qu’il m’est difficile de les compter mais aujourd’hui, c’est un ami, vivant très loin d’ici, qui habite mon cœur.

Il y a quelques jours, alors que je marchais à Sbeitla sous un soleil ardent, je ressentais la présence de Keith. J’aurais pu lui montrer ces sites archéologiques qui résument mon pays pluriel. Surtout à Sbeitla où les basiliques byzantines et leurs baptistères témoignent des siècles chrétiens.

J’aurais aussi tant aimé lui montrer les trois capitoles de Sbeitla et celui de Dougga qui, de son podium, observe les champs de blé dans la plaine. Et les mosaïques d’El Jem que j’ai passées en revue comme si son regard m’accompagnait. Et l’amphithéâtre où je lui aurais peut-être raconté les gladiateurs et le sable qu’on répandait dans l’arène avant les combats. Et la route entre steppes et éternité.

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Stress hydrique : l’expert Hussein Rhili plaide pour une refonte du modèle de production agricole

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 09:20

Face à une pression de plus en plus importante sur les ressources en eau, la Tunisie se trouve confrontée à la nécessité de revoir ses orientations agricoles. Entre raréfaction des précipitations, diminution des réserves hydriques et besoins croissants en irrigation, le modèle de production actuel soulève des interrogations quant à sa viabilité à long terme. Pour Hussein Rhili, chercheur spécialisé dans le développement et la gestion des ressources en eau, une réorganisation de la carte agricole nationale devient indispensable afin de préserver les ressources disponibles et de mieux anticiper les conséquences du changement climatique. Dans une déclaration accordée à un journal en ligne, l’expert a notamment attiré l’attention sur le poids considérable de l’agriculture dans la consommation nationale d’eau. Selon les chiffres qu’il a avancés, ce secteur absorbe à lui seul 77% des volumes d’eau mobilisés annuellement dans le pays. Une proportion particulièrement importante, d’autant que les superficies agricoles bénéficiant de l’irrigation ne représentent que 8% de l’ensemble des terres consacrées à l’activité agricole.

Cette situation illustre l’importance des besoins hydriques liés aux cultures irriguées et pose, plus largement, la question de l’adéquation entre les ressources naturelles disponibles et les orientations de la production agricole. Toutefois, Hussein Rhili précise que cette prédominance de l’agriculture dans l’utilisation de l’eau ne constitue pas une particularité tunisienne. À l’échelle internationale, les activités agricoles représentent généralement entre 70 et 80% des prélèvements hydriques. La véritable difficulté réside donc moins dans cette proportion que dans la capacité de chaque pays à adapter ses pratiques agricoles à ses propres contraintes climatiques et géographiques.

Une agriculture confrontée aux limites des ressources disponibles

En Tunisie, cette problématique prend une dimension particulière en raison de la vulnérabilité du pays face aux épisodes de sécheresse et à l’irrégularité des précipitations. La diminution des apports pluviométriques, conjuguée aux fluctuations des réserves des barrages, réduit les marges de manœuvre dans la gestion de l’eau et accentue la concurrence entre les différents usages. L’approvisionnement en eau potable, les besoins industriels et les activités agricoles reposent sur des ressources limitées, dont la disponibilité varie considérablement selon les régions et les saisons. Dans ces conditions, maintenir certaines orientations agricoles sans tenir compte de leur consommation hydrique pourrait accentuer les déséquilibres existants.

C’est précisément sur ce point que le chercheur insiste, en appelant à une transformation profonde de l’organisation de la production agricole. Il ne s’agit plus uniquement d’améliorer les techniques d’irrigation ou de rationaliser ponctuellement les quantités utilisées, mais de s’interroger sur la pertinence des cultures pratiquées, leur répartition géographique et leur compatibilité avec les ressources hydriques disponibles. Une telle réflexion suppose notamment de mieux prendre en considération les caractéristiques climatiques de chaque région, les besoins en eau des différentes productions ainsi que leur contribution à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire. L’enjeu consiste à parvenir à un équilibre entre les impératifs de production, les revenus des agriculteurs et la préservation d’une ressource naturelle devenue particulièrement précieuse.

Les exportations agricoles au cœur du débat sur l’eau

Parmi les questions soulevées par Hussein Rhili figure également celle des productions agricoles destinées aux marchés étrangers. Si les exportations constituent une source de revenus et contribuent à l’activité économique, elles impliquent aussi une consommation de ressources naturelles qui mérite d’être intégrée dans l’évaluation de leur rentabilité. Le chercheur rappelle ainsi que la commercialisation de produits agricoles à l’étranger représente indirectement un transfert des quantités d’eau nécessaires à leur production. Cette notion, connue sous le nom d’«eau virtuelle», permet de mesurer l’empreinte hydrique des produits alimentaires, depuis leur culture jusqu’à leur commercialisation. Pour illustrer ce phénomène, Hussein Rhili prend l’exemple des agrumes, en estimant qu’une orange exportée correspond à une mobilisation de huit litres d’eau. Cette estimation, avancée par l’expert, met en évidence une dimension souvent peu visible des échanges agricoles : derrière chaque produit commercialisé se trouvent des ressources hydriques utilisées au cours de sa production.

Dans un pays caractérisé par un stress hydrique structurel, cette réalité invite à examiner plus attentivement les choix de spécialisation agricole, notamment lorsque certaines cultures nécessitent des apports en eau importants. Il ne s’agit pas nécessairement de remettre en cause l’ensemble des exportations agricoles, mais plutôt d’évaluer leur intérêt économique au regard de leur coût environnemental et hydrique. La valeur ajoutée des productions, leur capacité à générer des emplois et des recettes, ainsi que leur consommation d’eau constituent autant de paramètres susceptibles d’orienter les décisions futures. Cette approche pourrait également conduire à privilégier, dans certaines régions, des cultures mieux adaptées aux conditions climatiques locales, tout en accompagnant les exploitants dans une éventuelle transition vers des systèmes de production moins exigeants en eau.

Moderniser les réseaux d’irrigation et préparer les cinq prochaines années

Au-delà de la nature des cultures, la question des infrastructures hydrauliques représente un autre défi majeur. Hussein Rhili souligne notamment les pertes enregistrées dans les réseaux destinés à l’irrigation, dont une partie souffre du vieillissement des installations. Les défaillances des conduites, les fuites et les insuffisances d’entretien peuvent entraîner un gaspillage de volumes d’eau pourtant indispensables à la production agricole. Dans un contexte de pénurie, ces pertes constituent une difficulté supplémentaire pour les exploitants comme pour les gestionnaires des ressources hydriques. La réhabilitation des infrastructures apparaît dès lors comme un levier essentiel pour améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Elle pourrait s’accompagner d’une modernisation des équipements, d’un meilleur suivi des volumes distribués et d’une généralisation progressive des techniques d’irrigation économes lorsque les conditions techniques et financières le permettent.

Cependant, l’amélioration des réseaux ne saurait, à elle seule, répondre à l’ensemble des défis auxquels l’agriculture tunisienne est confrontée. Une réflexion plus globale sur les orientations productives, les disponibilités régionales en eau et les conséquences du réchauffement climatique demeure nécessaire. Pour Hussein Rhili, les cinq prochaines années devraient ainsi constituer une période déterminante pour engager cette réorganisation. L’objectif serait de construire un modèle agricole davantage adapté aux contraintes hydriques du pays, capable de préserver les ressources tout en maintenant une activité économique essentielle pour de nombreuses régions.

Une telle évolution nécessiterait une coordination entre les politiques agricoles, hydrauliques et environnementales, mais également un accompagnement des agriculteurs, qui demeurent les premiers concernés par les changements envisagés. A terme, la question dépasse largement celle de la seule gestion de l’irrigation. Elle touche directement à la sécurité alimentaire, à la pérennité des exploitations, à l’équilibre économique des territoires ruraux et à la capacité de la Tunisie à faire face aux transformations climatiques. Dans un environnement où chaque ressource hydrique disponible revêt une importance croissante, l’avenir de l’agriculture tunisienne pourrait ainsi dépendre autant des quantités produites que de la manière dont l’eau est utilisée pour les obtenir.

Leila SELMI

 

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Exportations tunisiennes vers l’Europe : Le passeport numérique impose un nouveau défi industriel

09. Oktober 2026 um 20:27

Le passeport numérique des produits se déploie progressivement dans l’Union européenne, avec une première échéance majeure pour certaines batteries dès février 2027. Pour les industriels tunisiens de l’automobile, du textile et de l’électronique, l’enjeu est d’anticiper les obligations propres à chaque filière et de fiabiliser les données exigées par les chaînes de valeur européennes.

La transition écologique européenne ne se joue plus seulement dans les matériaux utilisés ou dans les émissions générées par les produits. Elle passe aussi par les informations que les fabricants doivent pouvoir fournir sur leur origine, leur composition, leur durabilité et leur fin de vie. Pour les entreprises tunisiennes qui travaillent avec des clients européens, cette évolution annonce un chantier industriel et numérique : organiser la traçabilité des produits et rendre les données accessibles selon des formats standardisés.

Des obligations progressives, pas une norme unique

C’est l’un des enjeux de la journée d’information consacrée au passeport numérique des produits, organisée le 7 octobre 2026 au Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET), avec notamment la Tunisian Automotive Association (TAA), le Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales (GITAS), le Cluster Mecatronic Tunisie et ELENTICA, avec le soutien de la GIZ.

Le cadre européen repose notamment sur le règlement sur l’écoconception des produits durables (ESPR), adopté en 2024. Le passeport numérique doit permettre de consulter des informations fiables sur un produit au moyen d’un identifiant et d’un support de données, comme un code lisible par machine. Son contenu et les acteurs concernés seront précisés en fonction des catégories de produits.

Le calendrier est déjà plus concret pour certaines batteries. À compter du 18 février 2027, un passeport numérique sera obligatoire pour les batteries de véhicules électriques, certaines batteries industrielles de plus de 2 kWh et celles destinées aux moyens de transport légers. Les données concernées porteront notamment sur l’identification, les caractéristiques et les informations nécessaires à l’évaluation de la durabilité et du cycle de vie.

Pour le textile, les actes européens spécifiques sont attendus en 2027. Le programme européen prévoit également des travaux sectoriels pour les pneus et l’aluminium en 2027, le mobilier en 2028 et les produits liés aux technologies de l’information et de la communication en 2029.

Les sous-traitants devront mieux maîtriser leurs données

Pour les industriels tunisiens, l’enjeu dépasse la création d’un QR code. Il faudra identifier les informations disponibles, vérifier leur fiabilité, organiser leur mise à jour et déterminer quelles données doivent être transmises aux clients ou aux autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement.

Dans l’automobile et l’électronique, cela peut concerner les composants, les matières utilisées, les informations de conformité et, selon les textes applicables, les caractéristiques environnementales. Dans le textile, la composition des fibres et la traçabilité des matières pourraient prendre une importance accrue au fil de l’adoption des règles sectorielles. Les données effectivement requises dépendront toutefois de chaque catégorie de produits et de sa réglementation.

Le passeport numérique ne signifie pas que chaque sous-traitant tunisien sera automatiquement responsable de créer celui du produit final. Les obligations juridiques s’appliquent aux opérateurs désignés par les textes européens ; les fournisseurs devront néanmoins être en mesure de communiquer les informations demandées par leurs donneurs d’ordre.

Anticiper pour préserver l’accès aux marchés

Cette évolution appelle un travail de préparation : cartographier les produits exportés, identifier les règles qui leur seront applicables, examiner les systèmes informatiques et clarifier les échanges de données avec les clients européens. Elle peut aussi nécessiter de nouvelles procédures de documentation et une coordination plus étroite entre production, qualité, achats et systèmes d’information.

L’échéance des batteries en février 2027 constitue le premier repère majeur pour les entreprises concernées. Pour les autres filières, le calendrier dépendra des textes sectoriels à venir. L’objectif n’est donc pas de déclarer toutes les exportations tunisiennes déjà soumises au passeport numérique, mais d’éviter que les entreprises découvrent trop tard les exigences correspondant à leurs produits.

Pour la Tunisie, dont plusieurs filières industrielles sont intégrées aux chaînes de valeur européennes, la traçabilité devient ainsi un enjeu de préparation commerciale autant que de transition écologique. La capacité à fournir des données exactes, structurées et vérifiables pourrait compter de plus en plus dans la relation avec les donneurs d’ordre.

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ZLECAf : la Tunisie face à l’équation africaine, paiement, logistique et transition verte

09. Oktober 2026 um 17:12

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) promet un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs. Pour la Tunisie, l’enjeu n’est plus de démontrer l’intérêt du continent, mais de lever les obstacles concrets qui empêchent encore les entreprises d’en saisir les opportunités. Paiements, coût logistique, financement et organisation de l’appui à l’export constituent aujourd’hui les principaux chantiers. À cela s’ajoute une dimension émergente : la transition énergétique et l’industrialisation verte, désormais au cœur de l’agenda continental.

La conjoncture internationale fragilisée par les tensions géopolitiques et le durcissement des règles d’accès aux marchés traditionnels pousse la Tunisie à diversifier ses débouchés. L’Afrique apparaît alors comme une évidence géographique et économique. Mais cette évidence se heurte encore à des réalités opérationnelles.

Foued Guedich, président de Taste Tunisia (Agrigold International), membre du bureau exécutif de la CONECT et ancien président de la CONECT International, identifie deux freins majeurs : la logistique et le paiement.  « Ce sont les deux leviers essentiels pour améliorer nos performances à l’export vers les marchés africains », estime-t-il.

Le problème du paiement est particulièrement parlant. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal, la Tunisie ne reconnaît pas le franc CFA dans ses transactions. L’exportateur tunisien doit donc être réglé en euros ou en dollars. Le client d’Abidjan ou de Dakar est contraint d’acheter des devises fortes pour payer une facture, alors même que l’entreprise tunisienne a besoin de francs CFA pour se déplacer, prospecter, importer ou financer ses activités sur place.

Le PAPSS, une avancée encore inachevée

Le mécanisme PAPSS, mis en place sous l’égide de la ZLECAf, vise précisément à faciliter les virements entre monnaies africaines. La Banque centrale de Tunisie l’a adopté, ce qui constitue une avancée institutionnelle importante. Mais, souligne Foued Guedich, l’adoption ne suffit pas : les banques, en tant qu’intermédiaires agréés, doivent réellement le mettre en œuvre.

Or, à ce jour, les transactions restent limitées. Les établissements bancaires peuvent y voir une réduction de certaines commissions, alors que les opérateurs économiques y voient un outil indispensable pour fluidifier leurs échanges. Le défi est donc autant réglementaire que pratique : transformer une décision de la Banque centrale en service bancaire accessible, simple et compétitif pour les PME exportatrices.

Logistique et barrières invisibles

La question logistique constitue le second verrou. Zied Jaouadi, vice-président de la Chambre des sociétés de commerce international de l’UTICA et de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie, relève que la Tunisie affiche l’un des coûts logistiques les plus élevés de la Méditerranée. Le problème ne se limite pas aux ports tunisiens : de nombreuses liaisons vers l’Afrique nécessitent deux ou trois transbordements, ce qui alourdit les délais, les coûts et les risques.

À cela s’ajoutent les barrières non tarifaires. Foued Guedich rappelle que l’accès à l’Union européenne ne se résume plus aux droits de douane : les exigences liées à l’empreinte carbone et aux normes environnementales s’appliquent dès l’entrée des conteneurs. Cette tendance protectionniste renforce l’intérêt d’une stratégie africaine, mais exige aussi des entreprises tunisiennes qu’elles montent en gamme et anticipent les nouvelles règles du commerce international.

Financement et accompagnement : le maillon manquant

Pour Zied Jaouadi, le premier défi du secteur privé reste l’accès au financement. Avec des taux d’intérêt élevés, le coût du crédit pèse particulièrement sur les PME exportatrices, souvent fragiles et peu capitalisées. Le deuxième défi est logistique. Le troisième, plus structurel, concerne la réforme des organismes d’appui à l’exportation, notamment les chambres de commerce et les centres de promotion des exportations.
Son constat est net : il faut passer d’une logique de promotion à un accompagnement de long terme du développement exportateur. Cela suppose des services plus proches des entreprises, une meilleure connaissance des marchés africains, un appui juridique et commercial, ainsi qu’un suivi après l’implantation.

La solution proposée est l’implantation directe sur place, à travers des filiales ou des comptoirs commerciaux. Ce modèle permettrait de disposer de stocks sur les marchés africains, de réduire la dépendance aux transbordements et de mieux répondre à la demande locale. Encore faut-il que le financement suive et que les entreprises pensent les flux dans les deux sens : vendre, mais aussi acheter. Cette approche permettrait d’optimiser les flux financiers et de consolider la présence tunisienne en Afrique.

La transition verte, nouveau champ de la ZLECAf

La ZLECAf ne se limite toutefois pas au commerce des marchandises. La transition énergétique occupe une place croissante dans son agenda. Cynthia Gnassingbé-Essonam, conseillère principale pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire général de la ZLECAf, souligne le lancement de l’Africa Green Industrialization Initiative (AGII).

L’objectif est de fédérer banques multilatérales, banques commerciales et investisseurs afin de financer des projets verts réellement bancables. La question dépasse la seule production d’énergies renouvelables : elle touche aux minéraux critiques, à la transformation locale et aux chaînes de valeur industrielles. L’exemple des véhicules électriques est révélateur : des pays comme la Zambie et la République démocratique du Congo, riches en cobalt, doivent pouvoir transformer leurs ressources au lieu de les exporter brutes.

Un protocole continental sur l’industrialisation et la politique commerciale est en préparation. Il devra intégrer la transition énergétique, les minéraux critiques et, à terme, un cadre harmonisé pour les énergies renouvelables.

Une opportunité à condition d’agir

La Tunisie dispose d’atouts pour devenir un acteur crédible dans cette dynamique : position géographique, savoir-faire industriel, expérience à l’export et intérêt croissant pour les marchés africains. Mais les promesses de la ZLECAf ne se concrétiseront pas par les seuls accords commerciaux.

Il faut activer le PAPSS, réduire les coûts logistiques, faciliter le financement des PME, réformer l’accompagnement à l’export et encourager les implantations directes. Il faut également préparer les entreprises aux exigences de la transition verte, via la mise en place des outils pratiques du commerce:  payer, transporter, financer et s’implanter  ne seront pas réellement opérationnels.

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Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail

09. Oktober 2026 um 16:38

Les Tunisiens souhaitant travailler aux Émirats arabes unis devront bientôt présenter un bulletin n°3 authentifié. La mesure s’applique à partir du 26 octobre 2026.

Le consulat général de Tunisie à Dubaï a annoncé jeudi que la délivrance de nouveaux visas de travail aux citoyens tunisiens aux Émirats arabes unis sera désormais subordonnée à la présentation d’un bulletin n°3. Cette exigence découle d’une décision du Conseil des ministres émirati et entrera en vigueur le 26 octobre 2026.

Le document devra être délivré par les autorités compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. La mesure vise les Tunisiens qui sollicitent de nouveaux visas de travail. Ceux qui se trouvent actuellement dans le pays avec un visa de visite et qui ont décroché un emploi disposeront d’un délai de 45 jours, à compter de l’entrée en vigueur de la décision, pour régulariser leur situation et finaliser leurs démarches.

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À 85 ans, Navi Pillay, fille d’un chauffeur de bus, remporte le Nobel de la paix 2026

09. Oktober 2026 um 16:05

Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué, vendredi 9 octobre, à la juriste sud-africaine Navanethem “Navi” Pillay, pour son engagement en faveur de la paix et du droit international, a annoncé le Comité Nobel norvégien. À 85 ans, elle est récompensée pour une carrière qui l’a menée des tribunaux sud-africains aux plus hautes instances judiciaires internationales.

Source: Université Harvard.

Née en 1941 à Durban, dans une famille d’origine tamoule indienne et fille de chauffeur de bus, Navi Pillay grandit sous l’apartheid. En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats dans la province du Natal. Elle défend notamment des militants opposés au régime ségrégationniste, avant d’être nommée, en 1995, première femme noire à siéger à la Haute Cour de cette province.

Son parcours prend ensuite une dimension internationale. En 1999, elle rejoint le Tribunal pénal international pour le Rwanda, dont elle devient présidente. Elle contribue aux travaux judiciaires qui ont marqué la reconnaissance du viol et des violences sexuelles comme crimes pouvant relever du génocide et des crimes contre l’humanité. Elle devient ensuite juge à la Cour pénale internationale, où elle exerce de 2003 à 2008.

De 2008 à 2014,  la juge occupe le poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Elle poursuit ainsi son travail sur les droits fondamentaux et la responsabilité des États et des individus. En 2019, elle est nommée juge ad hoc à la Cour internationale de Justice dans l’affaire opposant la Gambie au Myanmar, liée aux accusations de génocide contre la minorité rohingya.

En lui décernant le Nobel de la paix, le Comité Nobel met en avant sa contribution au développement du droit international et au renforcement des mécanismes judiciaires chargés de poursuivre les crimes les plus graves. Son parcours illustre celui d’une juriste qui a consacré plusieurs décennies à faire évoluer la justice, des juridictions nationales aux institutions internationales.

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