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Tunisie | Un potentiel économique freiné par la bureaucratie

05. April 2026 um 08:00

La bureaucratie n’est pas un détail de gestion. C’est le premier obstacle à l’emploi, à l’investissement et à l’avenir des jeunes. La Tunisie a du potentiel. Tout le monde le dit depuis trente ans — les institutions internationales, les économistes, les hommes politiques. Et ce potentiel, pendant ce temps, s’érode. Les jeunes diplômés partent. Les investisseurs hésitent. Les projets dorment dans des tiroirs en attendant des autorisations qui n’arrivent jamais. (Siège du gouvernement à la Kasbah: la bureaucratie contre l’économie).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le problème n’est pas le manque de ressources naturelles ni l’absence de compétences. Il est administratif. Il est structurel. Et il est évitable.

Entre 2012 et 2018, la Tunisie a perdu 46 places au classement Doing Business de la Banque mondiale. Ce n’est pas une statistique abstraite : c’est la traduction chiffrée de milliers de projets abandonnés.

Des chiffres qui ne mentent pas

Créer une entreprise en Tunisie nécessite en moyenne 9 procédures distinctes — contre moins de 5 dans la plupart des pays développés. Obtenir un permis de construction mobilise 18 démarches, contre 13 au Maroc et 9 en France. Exporter un produit tunisien vers l’Europe coûte 50 heures de démarches administratives — contre 13 heures dans les économies avancées.

Ce ne sont pas des chiffres de think tank. Ce sont des données de la Banque mondiale, confirmées par la Banque africaine de développement en 2024 et par le FMI dans ses consultations les plus récentes.

La Tunisie est aujourd’hui classée comme le pays «le plus risqué» du continent africain pour les entreprises, selon le Country Risk Atlas 2026.

Chaque procédure en trop est une raison de plus de ne pas investir. Chaque délai inutile est un emploi non créé. L’administration tunisienne, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, n’est pas neutre : elle est activement défavorable à l’activité économique.

Un potentiel réel, une économie bloquée

La Tunisie n’est pas un pays sans atouts. Son tissu industriel, son secteur agricole, sa main-d’œuvre qualifiée et sa position géographique en font un candidat naturel à une croissance soutenue. Les secteurs porteurs existent : énergies renouvelables, industrie technologique, numérique, agro-industrie.

Mais ces secteurs ne se développeront pas dans un environnement où les autorisations mettent des mois, où l’accès au foncier industriel relève du parcours d’obstacle, et où l’incertitude réglementaire décourage les investisseurs avant même qu’ils ne déposent un dossier.

La dette publique atteint 81 % du PIB en 2024. Le chômage des jeunes dépasse 30 % dans plusieurs régions de l’intérieur. La croissance économique n’a été que de 1,4 % en 2024. Ces chiffres ne sont pas le résultat d’une malchance conjoncturelle. Ils sont le résultat d’une gouvernance économique qui n’a pas rompu avec ses blocages structurels.

L’économie informelle représente entre 40 et 60 % de l’activité totale en Tunisie. C’est la mesure exacte de l’échec du cadre formel à offrir des conditions viables à ceux qui veulent entreprendre légalement.

Trois réformes concrètes, pas une de plus

Le diagnostic est posé depuis longtemps. Ce qui manque, c’est l’action. Trois réformes précises, immédiatement réalisables, permettraient de changer la donne sans attendre une hypothétique révolution administrative globale.

Première réforme : la digitalisation réelle des services aux entreprises. Pas les portails en ligne qui reproduisent les formulaires papier en PDF. Un service numérique vrai, avec des délais légaux contraignants, une traçabilité des dossiers et une obligation de réponse. La Banque mondiale a identifié ce levier comme prioritaire pour la Tunisie dans sa stratégie pays 2025. Plusieurs pays africains moins bien dotés ont déjà franchi ce pas.

Deuxième réforme : la mise en place d’un guichet unique opérationnel pour les investisseurs — avec une autorité réelle sur les administrations sectorielles. Les guichets uniques tunisiens existent sur le papier. Ils n’ont pas le pouvoir de débloquer les dossiers quand une administration sectorielle oppose un refus ou simplement n’est pas réactive.

C’est précisément ce pouvoir de coordination qui leur fait défaut.

Troisième réforme : l’instauration de délais légaux opposables pour toute décision administrative à incidence économique. Pas de réponse dans les 30 jours : accord tacite. Ce mécanisme, appliqué dans plusieurs pays méditerranéens, a prouvé son efficacité pour réduire les délais sans dégrader la qualité des décisions.

La question politique que personne ne pose

Ces réformes ne sont pas complexes sur le plan technique. Elles sont complexes sur le plan politique — parce qu’elles remettent en cause des pratiques, des positions de pouvoir et des habitudes institutionnelles solidement ancrées.

La vraie question n’est donc pas «Que faut-il faire ?». Elle est : «Qui a intérêt à ce que rien ne change ?» La réponse à cette question explique pourquoi les diagnostics se succèdent depuis quinze ans sans que les réformes suivent.

La Tunisie n’est pas condamnée à l’inertie administrative. D’autres pays, avec des points de départ similaires, ont réformé leur environnement des affaires en moins de cinq ans — le Rwanda, la Géorgie, le Maroc sur certains segments — et en ont tiré des gains de croissance mesurables.

Le potentiel de la Tunisie n’est pas une promesse d’avenir. C’est une réalité présente que l’administration empêche de se concrétiser. Changer cela, c’est possible. La question est de savoir si c’est voulu.

L’ingénierie avant les discours

Chaque grande réforme administrative commence par une décision politique claire, suivie d’un calendrier précis et d’indicateurs de résultat opposables. Pas d’un comité de réflexion de plus. Pas d’un rapport supplémentaire. Une décision, un calendrier, une obligation de résultat.

La Tunisie a aujourd’hui tous les éléments pour construire cela. Les modèles existent. Les compétences techniques sont disponibles. L’urgence est réelle — et croissante.

D’autres pays ont transformé en moins d’une décennie une administration pesante en avantage compétitif. La Tunisie peut faire de même. Mais l’histoire économique ne retient pas les pays qui avaient du potentiel — elle retient ceux qui ont eu le courage de s’en saisir.

Les rapports s’accumulent. Les diagnostics sont posés. Ce qui manque désormais, ce n’est ni l’expertise ni les modèles : c’est la décision. Et le temps presse. **

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.

** Cet article a été rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle pour la structuration du texte et la vérification de la cohérence des données. Les analyses, les choix éditoriaux et les prises de position sont ceux de l’auteur.

Sources : Banque mondiale (Doing Business, rapports pays 2024-2025) ; Banque africaine de développement (2024-2025) ; FMI (consultations Article IV) ; Country Risk Atlas 2026 ; PNUD (déclarations Abdallah Dardari, 2025).

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Administration publique : Cap sur une nouvelle génération de cadres

19. Dezember 2025 um 20:31

La réforme de la formation administrative a été au centre d’un entretien tenu au Palais du gouvernement à la Kasbah entre la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, et la directrice de l’École nationale d’administration (ENA), Khawla Abidi. La rencontre s’inscrit dans une démarche visant à refondre de manière structurelle et globale le système de formation des cadres de l’État.

Adapter la formation aux choix nationaux et aux priorités de l’État

Les échanges ont porté sur la nécessité d’aligner les programmes de formation des cadres administratifs sur les orientations nationales et les choix stratégiques de l’État. La cheffe du gouvernement a souligné l’importance de former des profils capables de s’adapter rapidement aux mutations institutionnelles et aux exigences de la gestion publique moderne.

Elle a insisté sur la nécessité de rompre avec les pratiques administratives traditionnelles jugées rigides, appelant à la formation de cadres ouverts, réactifs et orientés vers la recherche de solutions, afin d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens et de réduire les délais de traitement des dossiers.

La réforme envisagée prévoit le développement des programmes de formation initiale destinés aux cadres supérieurs et moyens, avec un accent particulier sur la préparation pratique à l’exercice des fonctions administratives au sein des différentes structures de l’État.

L’objectif est de doter les futurs responsables administratifs des compétences opérationnelles nécessaires pour assurer une gestion efficace des affaires publiques, tant au niveau central que régional et local.

Intégration des nouvelles technologies

Un autre volet majeur de la réforme concerne le renforcement de la formation continue pour l’ensemble des catégories de cadres, dans tous les ministères et institutions publiques. Cette approche vise à accompagner les évolutions technologiques, à encourager l’innovation et à favoriser le renouvellement des pratiques administratives.

La cheffe du gouvernement a appelé à une programmation coordonnée des cycles de formation, fondée sur l’usage des nouvelles technologies et assortie de mécanismes d’évaluation périodique des compétences acquises.

Sarra Zaafrani Zenzeri a demandé l’élaboration d’un plan d’action global, en cohérence avec la politique économique et sociale de l’État et le plan de développement 2026-2030. Ce plan devra inclure des cycles de formation initiale et qualifiante destinés aux administrations centrales, régionales et aux collectivités locales, afin de renforcer le suivi et la supervision des projets publics.

Engagement de l’ENA à mettre en œuvre les réformes

De son côté, la directrice de l’ENA a exprimé l’engagement de l’institution à mettre en œuvre les réformes structurelles requises, à actualiser les programmes de formation initiale et continue et à veiller à leur adéquation avec les besoins des ministères, des établissements publics et du marché de l’emploi.

Elle a également présenté un rapport relatif à la 17ᵉ session de formation intitulée « Leadership administratif et innovation publique », organisée par l’ENA dans le cadre de ses activités de renforcement des compétences.

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Kaïs Saïed sermonne les responsables et promet une gouvernance sans indulgence

25. November 2025 um 09:00

Lors d’une réunion tenue lundi 24 novembre avec la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, le Président Kaïs Saïed a recentré l’action exécutive autour de l’exemplarité, de la responsabilité et du respect strict de la Constitution.

Le chef de l’État a exigé que chaque responsable public soit à la hauteur de sa mission et conscient des attentes populaires. Il a également averti que l’État interviendra contre les abus, les privilèges injustifiés et ceux qu’il accuse d’avoir compromis le pays.

Gouverner comme un devoir, pas comme un privilège

Selon un communiqué de la Présidence de la République, Kaïs Saïed a rappelé que l’exercice du pouvoir n’est pas un statut mais une charge pesante. Il a mis en garde les responsables qui, selon lui, perçoivent leurs positions comme un aboutissement personnel plutôt qu’un engagement envers la nation.

Pour le Président, l’essentiel ne réside pas uniquement dans les textes de loi mais dans la rigueur et l’intégrité de ceux chargés de les appliquer. Il a insisté sur la nécessité de répondre aux défis économiques, sociaux et institutionnels dans l’esprit de la Constitution du 25 juillet 2022.

Mise en garde contre les abus et les anciennes connivences

Le chef de l’État a également dénoncé ceux qu’il accuse d’avoir « bradé » les intérêts du pays et tenté de le diviser, évoquant anciens adversaires devenus alliés, réunis selon lui par l’opportunisme politique.

Il a fait référence à des pratiques assimilées au « partage du butin », en allusion à certaines législations pénales, tout en affirmant que l’Histoire aurait déjà condamné ceux qu’il qualifie de traîtres. Kaïs Saïed a affirmé que l’État ne tolérera aucun abus contre les citoyens, ni aucune tentative de manœuvrer contre la cohésion nationale.

Le Président a rappelé que les responsables doivent agir en gardant à l’esprit les attentes populaires, qu’il décrit comme « légitimes » et exigeant des résultats concrets. Ce recentrage, selon lui, doit guider l’action gouvernementale au quotidien et à tous les niveaux hiérarchiques. Le message vise autant l’administration que les institutions politiques, dans un contexte où le pouvoir exécutif cherche à renforcer son contrôle décisionnel.

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Tunisie – PLF 2026 : Ouverture des recrutements dans la fonction publique

16. Oktober 2025 um 10:51

Le projet de loi de finances 2026 présenté par le gouvernement au Parlement fixe le nombre total d’agents autorisés pour l’année 2026 à 687.000, répartis entre les ministères, leurs services centraux et régionaux, ainsi que les établissements publics rattachés au budget de l’État. La distribution de ce quota se fera en fonction des missions et des besoins spécifiques de chaque administration, selon l’article 9 du PLF.

Le bureau du Parlement se réunira aujourd’hui, jeudi 16 octobre, pour examiner le projet de budget, le transmettre aux commissions compétentes, et déterminer le calendrier des séances plénières pour son débat et son adoption.

Ouverture des recrutements

Le projet de budget met également l’accent sur le soutien à l’emploi. Il prévoit l’ouverture de recrutements dans la fonction publique, en priorité pour les jeunes diplômés et ceux dont le chômage est prolongé.

Le PLF 2026 propose aussi de poursuivre la régularisation des agents contractuels, des travailleurs des crèches et des enseignants vacataires, ainsi que leur intégration dans la fonction publique, afin de consolider la stabilité des emplois publics.

Renforcement du droit au logement

Dans le cadre de l’État social, le projet consacre le droit au logement pour les travailleurs en élargissant le champ d’intervention du Fonds de promotion du logement (FOPROLOS).

L’article 22 prévoit une modification de la loi relative au fonds, permettant aux salariés de contribuer au financement de la construction de logements sociaux et à l’aménagement de terrains, réalisés par la Société immobilière de Tunisie et ses filiales, la Société nationale de promotion du logement social, et l’Agence immobilière pour le logement. Les modalités et conditions d’accès à ces dispositifs seront précisées par arrêté.

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