L’Office national des fourrages fixe les prix mais aussi les modalités de vente du maïs fourrage conditionné dans des sacs, commercialisé à partir de ses centres de M’saken (Sousse), Sidi Bouzid et Sfax, au profit des différents opérateurs du secteur de la production animale.
Le prix de vente public du maïs fourrage entier conditionné dans des sacs de 50 kg a été fixé à 880 dinars la tonne, soit 44 dinars le sac. Celui du maïs fourrage concassé et raffiné, conditionné dans des sacs de 50 kg est de 920 dinars la tonne, soit 46 dinars le sac, a indiqué l’Office dans un communiqué.
Ces nouveaux tarifs, entrés en vigueur depuis le vendredi 10 avril courant, concernent les éleveurs de volaille et de ruminants, les sociétés coopératives, les groupements de développement agricole, ainsi que les centres de collecte de lait et les fabricants et distributeurs d’aliments pour bétail agréés, conformément aux cahiers des charges en vigueur.
Le ministre de l’Agriculture, Ezzedine Ben Cheikh, a réaffirmé la volonté de la Tunisie de consolider son partenariat avec la FAO, notamment en matière de sécurité alimentaire et de gestion de l’eau, lors d’un entretien avec Nabil Assaf, nouveau représentant de l’organisation en Tunisie.
La rencontre a permis d’examiner les perspectives de coopération afin de répondre aux priorités nationales, notamment l’agriculture durable, la gestion efficiente des ressources hydriques et le soutien aux systèmes de production, dans l’objectif de renforcer la souveraineté alimentaire.
Le ministre a appelé à intensifier les actions communes dans la recherche, l’innovation, l’adoption de technologies modernes et la formation des acteurs du secteur.
De son côté, Nabil Assaf a réaffirmé l’engagement de la FAO à soutenir les programmes agricoles et ruraux de la Tunisie, saluant la qualité du partenariat existant et sa contribution au développement agricole durable.
Le renforcement du partenariat entre la FAO et la Tunisie dans les domaines de la sécurité alimentaire et de la sécurité de l’approvisionnement en eau ont été au centre de la rencontre, le 8 avril 2026, à Tunis, entre le ministre de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, et Nabil Assaf, nouveau coordinateur sous-régional pour l’Afrique du Nord et Représentant de la FAO en Tunisie.
Tout en soulignant la solidité des relations de coopération qui unissent la Tunisie à la FAO, cette rencontre a permis un premier échange sur les priorités de la coopération entre la FAO et la Tunisie et examiner les perspectives de son développement afin de répondre aux besoins nationaux dans les domaines de l’agriculture durable, de la gestion rationnelle des ressources en eau et du soutien aux systèmes de production, dans le but de renforcer la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire.
Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre et de consolider leur collaboration, en cohérence avec les priorités nationales et les cadres stratégiques de l’Organisation.
Le ministre Ben Cheikh a salué le rôle important que joue la FAO dans l’accompagnement de la Tunisie dans la mise en œuvre de ses programmes de développement, notamment dans les domaines liés à l’économie de l’eau, à l’adaptation au changement climatique et au renforcement de la résilience des systèmes agricoles, soulignant la volonté du ministère d’approfondir encore cette coopération afin d’en garantir l’efficacité et la durabilité.
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’intensifier la coopération dans les domaines de la recherche et de l’innovation, de l’adoption des technologies modernes et du développement des systèmes de production, ainsi que de renforcer les programmes de formation et de renforcement des capacités au profit des différents acteurs du secteur.
M. Assaf a réitéré l’engagement de la FAO à accompagner les efforts du gouvernement tunisien dans la mise en œuvre de ses programmes de développement agricole et rural et exprimé sa fierté d’assumer ses fonctions en Tunisie, saluant le niveau du partenariat existant et réaffirmant l’engagement de l’Organisation à continuer de soutenir les efforts de l’État tunisien en faveur d’un développement agricole durable.
La Tunisie a décidé de modifier la fabrication du pain subventionné, un aliment de base consommé chaque jour par la majorité des citoyens. Début avril 2026, un nouvel arrêté conjoint entre le ministère de l’Agriculture et le ministère du Commerce, publié au Journal officiel, officialise cette réforme.
Jusqu’à présent, la farine utilisée pour le pain était extraite du blé à hauteur de 78 %. Cela signifie que 22 % du grain restait inutilisé, entraînant un gaspillage et un pain moins riche en fibres. Désormais, le taux d’extraction passe à 85 %, ce qui permet d’utiliser une plus grande partie du grain. La farine devient ainsi plus complète et riche en fibres, et le pain sera légèrement plus foncé tout en restant meilleur pour la santé. Le prix pour les consommateurs reste inchangé.
Le texte de l’arrêté précise également:
Le semoule issu du blé dur sera extrait à 70%;
La farine pour pain raffiné et pâtisseries sera extraite à 71%, avec un taux de cendres ne dépassant pas 0,55%.
Cette réforme aura aussi un impact sur la gestion des ressources céréalières du pays et contribuera à réduire les importations de blé tendre.
Jusqu’ici, plusieurs types de farine circulaient sur le marché à des prix différents. Certaines boulangeries détournaient la farine subventionnée pour fabriquer des pains spéciaux ou des pâtisseries, ce qui entraînait des pertes importantes.
Avec la nouvelle réglementation, la farine destinée au pain subventionné sera plus foncée, ce qui facilitera le contrôle et limitera les détournements. L’Office des Céréales pourra également ajuster les taux d’extraction selon les besoins des moulins et des usines de semoule.
C’est officiel, depuis hier, le prix de référence de l’huile d’olive est administré de nouveau, fixé à 10 dinars le litre cette saison. Moins que 3 euros le litre, un prix en deçà des coûts de production moyens. Un prix cassé favorisant l’exportation en vrac et en masse. Un cadeau pour les exportateurs, un drame pour les agriculteurs et les investisseurs dans le secteur. La colère sociale monte et pas pour rien. La Tunisie ne dispose pas de tribunal de Commerce, pour éventuellement recevoir les plaintes légitimes des producteurs. Un procès, pour spoliation des ruraux par les urbains…
L’Etat contre ses paysans ?
Chaque saison oléicole en Tunisie commence par le même rituel. Le ministère du Commerce, le ministère de l’Agriculture, l’ONH (Office National de l’Huile) et le CEPEX montent sur scène, chiffres à la main, sourire jaune mais satisfait et enrobé de discours démagogique. Annonçant, d’une seule voix, que « les productions d’huile d’olive sont en hausse », que « la Tunisie confirme son rang mondial », mais que « les prix de cet or vert sont divisés par deux ».
Rideau tombé et applaudissements nourris des intermédiaires, banques et autres intrus dans la filière. Les médias reproduisent les discours, sans comprendre et sans expliquer les vrais enjeux, les perdants et les gagnants.
Sur le terrain, le producteur regarde ses bidons et barils partir à des prix cassés qui insultent son travail et volent son produit, par ce mécanisme d’administration indue des prix. Mais ça, ce n’est pas dans le communiqué des ministères et organes officiels. Ils s’en balancent.
L’État tunisien ne ment probablement pas : c’est les fonctionnaires incompétents qui trichent par omission. Ils parlent toujours de volumes, jamais de valeur. De tonnes, jamais de prix. De classement mondial, jamais de revenus pour ceux qui produisent réellement l’huile.
L’olive et l’huile d’olives deviennent des chiffres abstraits, utiles pour les rapports et les discours, inutiles pour la reproduction des fermes oléicoles et et les oliviers comment tels.
Langue de bois pressée à froid
L’Office National de l’Huile se présente comme régulateur. En réalité, il agit comme un agent d’écoulement rapide. Quand les prix chutent, on n’entend jamais un discours sur la protection du producteur ou la limitation de la vente en vrac. On entend plutôt des formules recyclées :
« Il faut s’adapter aux conditions du marché international »
« La conjoncture mondiale est difficile »
« L’Espagne influence les prix »
Traduction : l’État abdique, mais avec hypocrisie bureautique, élégance technocratique, qui fait au final saigner les producteurs, et ruinent l’espoir des investisseurs.
Le ministère du Commerce parle de compétitivité, comme si vendre moins cher que tout le monde était une stratégie et non un aveu d’échec.
Le ministère de l’Agriculture, lui, invoque la tradition, la qualité, le terroir… tout ce qu’il refuse ensuite de défendre concrètement par une politique de marque, de conditionnement et de prix plancher.
Quant au CEPEX, il exporte. Peu importe quoi. Peu importe comment. Peu importe sous quel nom. L’essentiel, c’est que ça sorte du territoire et que les tableaux Excel soient verts.
L’huile d’olive tunisienne devient un simple flux logistique. Un liquide qui coule, qui fuit et qui tâche, mais dans l’intérêt des intermédiaires, pas des producteurs.
Les élites parlent, les médias radotent et les producteurs encaissent les pertes et les déceptions.
Les économistes universitaires restent à l’écart, ils ne veulent pas toucher à un sujet explosif, qui dévoilera leurs incompréhensions des enjeux. Probablement, leur incapacité des politiques d’administration des prix, et régulations des marchés de la Tunisie profonde de Sidi Bouzid à Zarzis, en passant par Kairoaun ou Akkouda.
Dans les salons climatisés des hôtels étoilés et des conférences des diplomates, on entend toujours les mêmes phrases, le même refrain prononcés par les mêmes profils :
« On ne peut pas aller contre le marché »
« Il faut être réaliste »
« L’État ne peut pas tout faire »
Curieusement, ces élites trouvent toujours le réalisme quand il s’agit de baisser les prix, jamais quand il s’agit de construire une stratégie nationale ambitieuse. Elles savent expliquer pourquoi on ne peut pas protéger le producteur, mais jamais pourquoi l’Italie peut vendre notre huile trois fois plus cher que nous.
Le syndicat des agriculteurs parle des deux coins de la même bouche, chacun dit son discours. Supposément au nom des agriculteurs, mais reste souvent coincé entre communication institutionnelle forcément en langue de bois , double discours et impuissance réelle.
Le producteur, lui, n’a ni micro ni plateau télé. Il a juste ses olives, ses dettes et un État qui lui demande de comprendre et de redoubler d’effort dans l’intérêt des politiciens en place. Les larmes pour pleurer et la prière pour se oublier.
Un État qui vend vite, ses caisses étant vides
La vérité est brutale : l’État tunisien traite l’huile d’olive comme un produit éternellement en crise, pas comme un pilier stratégique. Les envolées lyriques de certains journalistes engraissés par la publicité mensongère ne changent rien à la réalité.
L’huile d’olive tunisienne est simplement bradée, probablement pour combler un trou budgétaire urgent, des revenus en devises, mais pas pour construire une richesse durable. Le court terme l’emporte sur le moyen terme.
On la brade comme quand on liquide tout ce qu’on n’a pas eu le courage de défendre. On la brade, parce que l’Etat n’a pas investi dans les infrastructures de stockage, les technologies de traçabilité, ou l’innovation de produit.
Pas de marque nationale forte. Pas de mesure pour contrôler la qualité et vérifier la traçabilité. Pas de politique sérieuse contre la domination du vrac. Pas de protection réelle des prix à la production.
Mais beaucoup de discours. Beaucoup de conférences. Beaucoup de “succès”. Les médias du sérail applaudissent les gagnants et oublient les producteurs de la Tunisie profonde. Eux, les journalistes préfèrent les réceptions des ambassades aux investigations de terrains et sondages des producteurs et acteurs de la filière oleicole.
Mais, ce faisant l’Etat transfère volontairement les surplus des producteurs, vers celui des intermédiaires et autres rentiers liés aux marchés de l’exportation.
L’incompétence extra vierge
Le bradage de l’huile d’olive tunisienne n’est ni une fatalité ni un accident. C’est le résultat d’un choix institutionnel répété, maquillé par des mots creux et des chiffres flatteurs. L’État tunisien ne manque ni d’experts ni de rapports. Il manque de volonté politique et de respect pour ce qu’il possède.
Un État qui vend son meilleur produit comme un surplus ne mérite pas de parler de souveraineté économique. Un État qui célèbre les volumes mais ignore les prix ne protège rien, il administre le déclin.
Les ministères de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, ainsi que du Commerce et du Développement des exportations, ont annoncé, mardi 23 décembre 2025, l’instauration d’un prix de référence mobile pour l’huile d’olive au niveau des moulins. Ce prix est fixé à 10 dinars le kilogramme pour la campagne agricole 2025–2026.
Objectif : soutenir le secteur et les producteurs
Selon le communiqué conjoint, cette mesure vise à encadrer le marché de l’huile d’olive et à garantir le bon déroulement du processus de récolte et de transformation des olives. Elle cherche également à préserver l’équilibre de la filière et à protéger les intérêts de tous les acteurs, en particulier les petits producteurs.
A l’occasion de la « Semaine du Plan national d’adaptation », le ministère de l’Agriculture a révélé de nouvelles données climatiques particulièrement préoccupantes pour l’avenir du pays.
Mohamed Chamseddine Harrabi, président de la commission sectorielle des changements climatiques au ministère, a livré un diagnostic sévère : sans accélération des mesures d’adaptation, la Tunisie pourrait faire face, avant 2050, à des bouleversements majeurs affectant l’agriculture, les ressources hydriques et la sécurité alimentaire, a-t-il dit dans une déclaration accordée à Mosaique fm.
Des projections thermiques et hydriques inquiétantes
Selon Harrabi, les modèles climatiques internationaux prévoient pour la Tunisie une hausse des températures d’environ 2°C à l’horizon 2050, soit plusieurs décennies avant l’augmentation globale attendue en 2100.
Cette accélération locale du réchauffement serait accompagnée d’une diminution marquée des précipitations, estimée entre -14 et -22 mm, impactant directement les zones irriguées et les principales filières stratégiques, notamment les céréales et l’oléiculture.
Le responsable alerte également sur la montée du niveau marin, qui pourrait menacer près de 50% des ressources hydriques côtières, accentuant la salinisation, la pression sur les nappes phréatiques et la vulnérabilité des terres agricoles situées près du littoral.
Cinq années d’études pour bâtir un plan national d’adaptation
Depuis 2020, le ministère travaille sur une série d’études scientifiques destinées à mesurer l’impact du changement climatique sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Les premiers résultats, jugés « alarmants », ont conduit à l’élaboration d’un Plan national d’adaptation financé par le Fonds vert pour le climat et mis en œuvre avec l’appui technique de la FAO.
Ce plan a déjà permis de renforcer la résilience des systèmes agricoles, de stimuler l’investissement dans les filières vulnérables, et de soutenir les agriculteurs des zones rurales les plus exposées.
Un secteur agricole à la croisée des chemins
Pour Mekki Abderrahmane, responsable des terres et de l’eau au bureau sous-régional de la FAO à Tunis, cette semaine d’événements marque la clôture du projet dédié au développement de la stratégie d’adaptation.
Financé durant trois ans par le Fonds vert pour le climat, le programme débouche aujourd’hui sur une vision nationale renouvelée, harmonisée avec les contributions déterminées au niveau national (NDC) et les objectifs du Plan de développement 2026–2030.
Selon lui, cette stratégie permettra au ministère de bâtir une agriculture plus résiliente, capable d’absorber les chocs climatiques tout en maintenant un niveau acceptable de sécurité alimentaire.
Les experts réunis lors de la « Semaine du Plan national d’adaptation » ont souligné l’urgence de renforcer les infrastructures hydrauliques, de développer des techniques agricoles adaptées à la sécheresse, d’orienter davantage de financements vers les systèmes alimentaires, et d’améliorer la gouvernance du secteur.
Le Parlement a adopté aujourd’hui un article additionnel, le numéro 135 du projet de loi de finances 2026, autorisant les agriculteurs à importer et utiliser des drones destinés aux usages agricoles. Le texte, approuvé par 60 voix contre 29 et 14 abstentions, ouvre la voie à une modernisation progressive des pratiques agricoles en Tunisie.
Selon les discussions tenues en commission et en plénière, l’objectif de cette disposition est d’intégrer davantage les technologies de précision dans l’exploitation des terres, notamment pour la surveillance des parcelles, l’optimisation de l’irrigation et l’amélioration des opérations de traitement phytosanitaire. Plusieurs députés favorables ont souligné que la Tunisie accuse un retard notable dans l’adoption de ces outils alors qu’ils sont devenus courants dans de nombreux pays méditerranéens.
Un pas important ?
Les opposants au texte ont toutefois exprimé des réserves, évoquant l’absence d’un cadre réglementaire clair encadrant l’utilisation aérienne de ces appareils, le risque d’abus ou de détournement, ainsi que la nécessité de former les exploitants et de prévenir les incidents liés à un usage non maîtrisé. D’autres députés ont appelé à renforcer la coordination entre les ministères concernés, notamment l’Agriculture, les Transports et la Défense, pour éviter tout vide juridique.
L’adoption de ce dispositif marque une étape importante dans la transformation numérique du secteur agricole. Le gouvernement devra désormais préciser les modalités techniques, les conditions d’importation et les règles d’exploitation afin de garantir un déploiement sécurisé, utile et adapté aux réalités du monde rural.
Le ministre de l’Agriculture a confirmé, lors d’une plénière conjointe ARP-CRD, une baisse significative du cheptel bovin. Sécheresse, coûts des fourrages et pressions structurelles fragilisent l’ensemble de la filière, poussant l’État à activer de nouvelles mesures pour stabiliser le secteur.
Un diagnostic inquiétant dévoilé au Parlement
Devant les députés et les représentants des régions, Ezzedine Ben Cheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydriques et de la Pêche, a tiré la sonnette d’alarme : la Tunisie a perdu près de 20% de son cheptel bovin. Une contraction sévère, attribuée à la succession de saisons de sécheresse, à la pénurie d’eau et à la flambée mondiale des prix des fourrages.
Face à ce recul, le ministre a assuré que le département a enclenché une série de mesures destinées à rééquilibrer la filière et soutenir les petits éleveurs, décrits comme “le maillon le plus fragile” d’une chaîne soumise à de fortes tensions.
Des mesures pour sauver une filière sous pression
Pour répondre à la crise, plusieurs décisions structurantes sont mises en avant :
Création d’un Office national de fourrage pour mieux maîtriser les ressources hydriques destinées à l’élevage.
Fixation des prix des matières premières de fourrage importées, via le ministère du Commerce, afin de réduire les coûts supportés par les éleveurs.
Renforcement de la santé animale et amélioration des dispositifs de protection du bétail.
Aucune rupture dans la distribution d’orge subventionné, a tenu à préciser Ben Cheikh, démentant toute perturbation sur ce segment sensible.
Le ministre a également rappelé que la crise climatique s’est doublée d’une pression économique, transformant l’accès à l’alimentation animale en fardeau pour de nombreux éleveurs.
Le président de la République, Kais Saïed, a réaffirmé son engagement total en faveur du secteur agricole, dénonçant à la fois les manœuvres spéculatives d’intermédiaires et la lourdeur bureaucratique qui freine les producteurs. Deux réunions successives tenues jeudi au palais de Carthage ont permis au chef de l’État de dresser un constat sévère sur la situation du secteur et d’appeler à des mesures immédiates pour protéger les agriculteurs tunisiens.
Appel à lever les obstacles et à simplifier les démarches
Lors d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur Khaled Nouri et la ministre des Finances Mechket Slama Khaldi, Kais Saïed a déploré la persistance de procédures administratives jugées obsolètes et contraignantes pour les agriculteurs. Il a notamment cité l’obligation de présenter des documents datés de plus de dix ans ou de s’acquitter de taxes jugées injustifiées.
Le président a insisté sur la nécessité de simplifier en urgence les démarches liées au transport, à la commercialisation et au stockage des produits agricoles, estimant que ces lourdeurs constituent un frein majeur à la productivité et à la compétitivité du secteur.
Des pratiques spéculatives « inacceptables »
Dans un autre entretien, tenu avec le secrétaire d’État chargé des eaux Hamadi Hbeib, le directeur général de l’Office national de l’huile (ONH) Moez Ben Amor, et le directeur général par intérim du Groupement interprofessionnel des dattes et des fruits Helmi Kalaï, le président Saïed a fustigé la baisse « délibérée » des prix d’achat des dattes imposée par certains intermédiaires.
Cette manipulation, selon lui, a conduit de nombreux producteurs à renoncer à leur récolte, notamment dans les régions de Jemna et de Blida. Il a précisé que ces pratiques ne concernent pas uniquement la filière dattière, mais s’étendent à d’autres productions telles que l’huile d’olive, les agrumes et divers fruits, mettant en péril la stabilité du secteur agricole national.
« Zéro tolérance » contre les lobbies et les fauteurs de troubles
Le chef de l’État a dénoncé les agissements de réseaux d’intérêts cherchant à semer la discorde et à manipuler les marchés agricoles. Il a promis une tolérance zéro face à ces pratiques spéculatives et de monopole, assurant que l’État mobilisera tous les moyens nécessaires pour protéger les producteurs et garantir la transparence du marché.
Kais Saïed a également pointé du doigt des « forces rétrogrades » tentant d’éroder la confiance entre les citoyens et l’administration en diffusant de fausses informations et en prétendant agir selon les instructions des autorités. « Ce n’est qu’un leurre », a-t-il martelé, rappelant que la politique de l’État consiste à accompagner les petits agriculteurs dans toutes les étapes – de la production à la vente.
Enfin, le président a exhorté les responsables administratifs à assumer pleinement leurs devoirs, appelant ceux qui ont failli à leurs obligations à se rétracter, tout en saluant « les jeunes patriotes prêts à poursuivre la bataille de libération nationale ».
La Tunisie et l’Italie ont lancé officiellement, lundi, le projet TANIT, une initiative stratégique dédiée à la valorisation des eaux usées traitées. Inscrit dans le cadre du programme italien « Mattei pour l’Afrique », ce projet vise à renforcer la résilience hydrique et agricole du pays tout en soutenant la transition vers une économie plus durable.
Pour une gestion durable de l’eau
La cérémonie de lancement s’est tenue à Tunis, en présence du Secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques, Hamadi Habaieb, et d’une délégation italienne de haut niveau représentant l’ambassade d’Italie, l’Agence italienne pour la coopération au développement, le Fonds des dépôts et consignations italien et l’Institut agronomique méditerranéen de Bari.
Le projet TANIT s’articule autour de trois axes principaux :
Le traitement et la réutilisation des eaux usées à des fins agricoles.
Le soutien à la recherche et à l’innovation dans le domaine de la gestion hydrique.
La formation des acteurs agricoles pour une utilisation efficiente des ressources.
Un champ d’action national étendu
Selon Hamadi Habaieb, cette coopération « revêt une importance stratégique dans un contexte de stress hydrique croissant ». Le responsable a souligné que le projet permettra de mieux valoriser les ressources non conventionnelles et de soutenir les efforts nationaux pour une agriculture durable et résiliente.
Le projet concernera plusieurs stations d’épuration situées à El Attar, Melliane, Sfax, Enfidha et Agareb. Les eaux traitées du Grand Tunis seront réutilisées pour l’irrigation agricole sur une superficie totale de 11.500 hectares, répartie entre les gouvernorats de Tunis, Zaghouan, Sousse et Sfax. Les exploitations concernées se trouvent notamment dans les domaines publics agricoles de Bouargoub, Borj El Amri, El Khair, Semenja, Enfidha et Chaâl.
De son côté, la délégation italienne a réaffirmé l’engagement de Rome à accompagner la Tunisie dans ses projets de développement durable, tout en annonçant le renforcement du programme de coopération bilatérale 2025–2027. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de maintenir une coordination technique étroite pour assurer la réussite du projet TANIT.
Eau, agriculture et formation au cœur des échanges
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du partenariat stratégique entre Tunis et Rome, renforcé par la visite de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni à Tunis le 31 juillet 2025, où elle avait été reçue par le président Kaïs Saïed.
Cette visite visait à accélérer la mise en œuvre du Plan Mattei pour l’Afrique, tout en approfondissant la coopération dans les domaines migratoire, énergétique et agricole.
Les échanges entre les deux gouvernements ont notamment porté sur le projet TANIT et sur la création prochaine d’un centre régional de formation agricole, deux actions phares de la coopération tuniso-italienne. Ces initiatives traduisent la volonté commune d’inscrire le développement dans une approche durable et inclusive, centrée sur la sécurité hydrique et alimentaire.
Une ferme de la région de Hanna, dans la délégation de El-Jedida (gouvernorat de Manouba), a accueilli le lancement officiel du projet pilote « Préservation de l’eau » basé sur l’intelligence artificielle, les systèmes d’information géographique et la télédétection. Ce programme s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale PRIMA, dédiée aux pays euro-méditerranéens, avec un financement annuel de 45 000 euros, sur un budget global de 2,6 millions d’euros alloué aux différents pays partenaires.
Le projet, initié et dirigé par la chercheuse universitaire Salwa Saidi, vise à comparer l’application de méthodes innovantes de suivi et d’analyse des ressources hydriques dans deux zones pilotes : Manouba au nord et Gabès au sud. L’objectif est d’évaluer l’impact des changements climatiques entre ces deux régions contrastées et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales.
Concrètement, l’expérimentation repose sur l’installation d’équipements de pointe dans des puits artésiens afin de mesurer en temps réel plusieurs paramètres de l’eau, notamment la salinité. Ces données, traitées à l’aide de l’intelligence artificielle et des systèmes d’information géographique, seront mises à la disposition des agriculteurs pour améliorer la gestion de l’irrigation et réduire les effets négatifs sur les sols et la production agricole.
Un projet au service des agriculteurs
L’expérience, soutenue par le ministère de l’Agriculture, l’administration générale des eaux et l’Université de Tunis El Manar, devrait être élargie à un plus grand nombre d’exploitants agricoles. Elle concerne en particulier des zones où les rendements de l’eau d’irrigation sont en baisse, où la salinité progresse et où les sols argileux (souvent engorgés) compliquent la production.
Pour Jamel Jaouadi, expert en pédologie et membre de l’équipe technique à la délégation régionale de développement agricole de Manouba, ce projet s’inscrit dans une stratégie de lutte contre la salinisation, la baisse des précipitations et le risque accru d’inondations. Il souligne également la dimension collaborative et scientifique de l’initiative, qui mobilise chercheurs, institutions publiques et partenaires socio-économiques pour renforcer la résilience de l’agriculture et contribuer à la sécurité alimentaire.