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Sommet d’Ankara : l’OTAN patauge dans ses contradictions

11. Juli 2026 um 23:09

D’un sommet à l’autre, l’OTAN ressemble à ce navire dont les machines sont usées, mais qui s’entête à prendre la mer malgré les vents contraires et les vagues scélérates. Le sommet d’Ankara, tenu les 7 et 8 juillet, a pris la forme d’un rituel où l’unité était absente, et les contradictions qui minent la structure atlantiste flagrantes.

Commençons par les contradictions qui ont émaillé le discours du président américain Donald Trump. Il a critiqué avec virulence les membres européens qui « rechignent toujours à débourser 5% de leur budget pour la Défense comme promis » ; il a déversé son fiel sur l’Espagne, qualifiée de « partenaire désastreux au sein de l’OTAN » ; il a remis à l’ordre du jour la question de « la souveraineté américaine sur le Groenland » face au Premier ministre danois et ses pairs européens médusés. Tout cela ne l’a pas empêché d’exprimer, en guise de conclusion, sa « certitude que l’unité et l’amour règnent dans cette réunion » !

Au-delà de ces élucubrations trumpiennes auxquelles alliés et ennemis se sont habitués, les véritables contradictions qui minent l’Alliance atlantique ont trait aux deux foyers de tension les plus dangereux dans le Golfe et en Ukraine.

Alors que les pays européens poussent vers une solution diplomatique et appellent à la désescalade, le jour même du sommet, les Etats-Unis ont repris leurs bombardements contre des cibles iraniennes, et Trump a informé le sommet que le mémorandum d’entente américano-iranien était « caduc », a qualifié toute nouvelle négociation de « perte de temps », et a traité les dirigeants iraniens de « racaille »…

Mais quand la question ukrainienne est abordée, les positions changent du tout au tout. Là, l’Europe s’oppose à toute solution diplomatique, pousse vers la continuation de la guerre et coupe dans ses budgets sociaux et les besoins urgents de ses populations pour réunir les milliards d’euros permettant à l’Ukraine de rester en guerre. Quant à l’Amérique, le principal pilier de l’OTAN, elle s’est désengagée financièrement de la guerre d’Ukraine, au grand dam des Européens qui ont vainement tenté de faire changer d’avis les décideurs à Washington.

La déclaration finale du sommet d’Ankara prévoit « une aide militaire de 82 milliards de dollars pour l’Ukraine en 2026 et 2027. » Cette somme proviendra exclusivement des alliés européens et du Canada. Washington ne participera pas d’un seul dollar, mais « autorise l’Ukraine à fabriquer elle-même des missiles Patriot sous licence pour se défendre »…

Commentateurs et observateurs se posent des questions sur le sérieux de cette autorisation. Si les Etats-Unis eux-mêmes n’arrivent pas à produire suffisamment de missiles Patriot pour leurs propres guerres, si Le japon, qui a eu depuis des années cette autorisation, n’a pas encore produit un seul missile, comment l’Ukraine, un pays en ruines, peut-il fabriquer des missiles si sophistiqués ?!

Quoi qu’il en soit, les Européens auraient souhaité avoir dans la déclaration finale une contribution américaine sonnante et trébuchante plutôt qu’une autorisation de fabrication sous licence pour un pays à genoux.

Une commentatrice américaine, Medea Benjamin, a mis le doigt sur la plaie : « A l’heure où le changement climatique tue déjà des personnes et met les gouvernements à rude épreuve, pourquoi la priorité politique absolue est-elle d’augmenter considérablement les budgets militaires au lieu d’investir dans la lutte contre les menaces auxquelles les populations sont confrontées aujourd’hui ? »

Une question pertinente quand on sait le désintérêt des élites gouvernantes de nombre de pays européens pour les besoins intenses des couches vulnérables de leurs populations et leur obsession pathologique de déstabiliser la Russie.

Mais la principale contradiction dans laquelle patauge l’OTAN depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie réside dans la fiction répétée noir sur blanc à chaque sommet et à chaque déclaration finale : « l’Alliance atlantique est une organisation défensive ».

C’est pour se défendre que l’OTAN a bombardé nuit et jour deux mois et demi durant la Serbie ; c’est pour se défendre qu’elle a guerroyé en Afghanistan, en Irak et en Syrie ; c’est pour se défendre que cette Alliance militaire s’est déchainée contre la Libye, plongeant ce pays dans une anarchie qui dure depuis 2011 ; c’est pour se défendre enfin que l’Otan s’est livré méthodiquement à l’encerclement progressif et à la provocation continue de la Russie avec la ferme détermination de déstabiliser ce pays et le désintégrer…

Une relique du passé lointain de la guerre froide, l’OTAN aurait dû être dissoute il y a un tiers de siècle. Si au lieu de George Bush Senior, l’Amérique avait eu un vrai chef d’Etat, sage, intelligent et rationnel, l’Otan aurait été dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie, et le monde aurait fait l’économie de nombreuses guerres inutiles et des dizaines de millions de vies humaines auraient été épargnées. Mais comme disent les Français, avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

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Street Food : Un bon vieux plat tunisien

11. Juli 2026 um 10:14

Figure incontournable du marché Lafayette, Samir Troudi a tenu pendant des décennies, une échoppe héritée de son père, au cœur d’un des quartiers les plus vivants de la capitale.

Six jours sur sept, il y a proposé des classiques de la street food tunisienne. Entre casse-croûte tradition, plat tunisien et kaftagi, Samir Troudi a toujours mis à l’honneur, la continuité.

Veillant à la fraîcheur des produits, à leur agencement et aux saveurs qui se conjuguent, Samir a tout d’un chef d’orchestre qui offre aussi bnadeq et kefta pour souligner son ancrage dans le fait-maison.

Choisissant lui-même olives, câpres et salaisons, ses plats tunisiens sont un bouquet de couleurs pour ne pas dire des œuvres d’art éphémère.

Lui, veille au grain, a un mot pour chacun et, parfois, se laisse aller à une conversation où il laisse éclore sa connaissance des coutumes, sa passion pour son métier et aussi sa foi profonde.

Dans l’esprit du Tunis d’antan et de toujours, tôt le matin, il met l’ouvrage sur le métier et, peut-être sans le savoir, contribue à la sauvegarde d’un patrimoine culinaire pluriel.

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Snapshot : Rue piétonne mais voie défoncée, pavés disjoints et luisante de crasse

11. Juli 2026 um 10:07

La rue de Marseille est officiellement seule artère piétonne de la capitale. Le trafic automobile ne passe pas mais les mobylettes s’en donnent à cœur joie.

De plus, malgré la présence d’un hôtel et de plusieurs restaurants, le mobilier urbain est dans un état discutable alors que certains pavés sont disjoints.

Pire encore, à certains niveaux, la voie est défoncée. Enfin, les pavés sont luisants de crasse et auraient grand besoin d’un nettoyage en bonne et due forme.

N’est-il pas temps de remettre de la propreté dans cette rue supposée être une vitrine ?

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Le paradoxe de Heidelberg : pour une économie tunisienne attractive et non plus seulement incubatrice

11. Juli 2026 um 06:00

La nouvelle est tombée comme un symbole : Yasmine Yaakoubi, lauréate nationale du baccalauréat 2026 avec la moyenne historique de 20,01, s’apprête à s’envoler pour l’Allemagne afin d’y poursuivre ses études d’ingénierie à la prestigieuse Université de Heidelberg.

Derrière la fierté légitime de voir l’école républicaine tunisienne produire de tels esprits d’élite, se cache le grand paradoxe de notre modèle national. Nous excellons dans la production de notre « Software » humain, mais nous manquons cruellement du « Hardware » institutionnel et économique pour l’exploiter et le retenir.

 

De l’État incubateur à l’État draineur : le chaînon manquant

La trajectoire de cette brillante étudiante résume à elle seule le défi macroéconomique de la Tunisie moderne. Notre pays finance à grands frais la formation d’ingénieurs, de médecins, de financiers et de juristes de premier plan, pour ensuite observer leur départ immédiat vers les économies occidentales. En réalité, la Tunisie se comporte comme un incubateur gratuit pour le compte de puissances économiques qui n’ont plus qu’à cueillir des talents déjà opérationnels.

Ce constat impose une rupture doctrinale. La fuite des cerveaux n’est pas une fatalité culturelle, c’est le résultat mécanique d’un déficit d’attractivité de notre marché intérieur. Si nos talents s’exilent, ce n’est pas uniquement pour des raisons de rémunération financière ; c’est d’abord parce que notre modèle managérial national, fortement bureaucratique et hiérarchisé, offre trop peu de défis technologiques et d’espaces d’autonomie à la hauteur de leurs ambitions.

 

Moderniser la gouvernance pour capter l’intelligence

Pour inverser cette tendance, la Tunisie doit urgemment adapter ses structures aux réalités du XXIe siècle. Cela passe par deux chantiers prioritaires :

  • Le saut managérial des institutions publiques : nos grandes structures, notamment dans le secteur bancaire, industriel et administratif, doivent abandonner les grilles de gestion rigides héritées du siècle dernier. L’introduction de critères de performance objectifs, de l’automatisation des processus et de l’intelligence artificielle doit précisément servir à assainir nos environnements de travail de toute subjectivité pour y réintroduire la culture du mérite.
  • La création de pôles d’excellence technologique souverains : on ne retient pas un ingénieur de haut niveau avec des promesses de carrière linéaires. Il faut créer, sur le sol national, des projets industriels et numériques d’envergure — qu’il s’agisse de la transition énergétique, de la souveraineté des données ou de la numérisation de l’État — capables de rivaliser en termes de stimulation intellectuelle avec ce que Heidelberg ou la Silicon Valley peuvent offrir.

Piloter la diaspora : la circularité des compétences

Soyons réalistes : dans une économie globalisée, nous ne pourrons pas empêcher tous les départs, et le parcours international de nos élites reste une richesse. Mais si le départ est inévitable, l’absence de retour, elle, est une erreur de pilotage stratégique.

La Tunisie doit inventer un modèle de « circularité des compétences ». Cela implique de structurer juridiquement et fiscalement le statut de notre diaspora d’influence. Comment ? En créant des passerelles d’ingénierie inversée, permettant à nos cadres expatriés de diriger des projets nationaux à distance, d’auditer nos systèmes, de siéger dans nos comités de régulation ou d’investir de manière simplifiée dans des start-ups tunisiennes.

 

Choisir notre place dans la chaîne de valeur mondiale

Le succès de notre lauréate nationale confirme que le génie tunisien est intact. Notre système éducatif continue de concevoir un logiciel de très haute performance. La question cruciale qui se pose désormais aux décideurs économiques et politiques est simple : la Tunisie continuera-t-elle à n’être que la pépinière des autres, ou décidera-t-elle enfin de moderniser ses structures pour devenir le principal bénéficiaire de sa propre intelligence ?

La souveraineté numérique et économique de la Tunisie de demain ne se jouera pas dans l’importation de technologies clés en main, mais dans notre capacité à offrir à nos propres enfants un cadre national où leur génie peut s’exprimer, s’épanouir et transformer la réalité du pays.

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Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Coup de poker menteur de Téhéran, le quitte ou double ?

10. Juli 2026 um 11:07

Les échanges de frappes entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran prouvent que le cessez-le-feu ne tient plus qu’à un fil. Chronologie d’un regain de tension qui risque à nouveau d’embraser la région.

 

Nouvelle montée de fièvre au Moyen-Orient. Les États-Unis et l’Iran se sont engagés dans une inquiétante escalade militaire, la plus grave depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin. Cette brusque détérioration ravive le spectre d’une reprise totale de la guerre entre les deux belligérants ; sachant que la reprise des hostilités intervient alors que l’Iran organise depuis samedi dernier des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, le 28 février dernier.

« Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux. En ce qui me concerne, discuter avec eux est une pure perte de temps », a déclaré Donald Trump, mercredi 8 juillet, depuis la capitale turque, lors d’une conférence de presse depuis Ankara, capitale de la Turquie, en marge de sa participation au sommet de l’Otan. Ajoutant dans son langage habituel de charretier que les responsables iraniens « sont des ordures, […] des gens malades ». Toutefois, il a laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec Téhéran en précisant que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s’ils le souhaitaient. Mais « ils doivent revenir vers moi ».

 

Lire aussi : Iran–États-Unis : le cessez-le-feu vole en éclats, Trump relance l’escalade militaire

Cercle infernal

Ces propos outranciers dans la bouche de l’imprévisible président américain traduisent son exaspération croissante face aux attaques des Gardiens de la révolution iranienne, mardi 7 juillet, contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a riposté par « des frappes puissantes », ayant touché « plus de 80 cibles » en Iran, dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne ».

En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit. L’agence de presse Mehr a également signalé une série d’explosions d’origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, située au large de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90 % du brut iranien.

En représailles et dans un scénario répétitif, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé par des tirs de missiles et drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, et abattu un drone MQ-9, selon la télévision d’État.

Pourtant, faut-il le rappeler, Washington et Téhéran ont fini par trouver un terrain d’entente le mois dernier et ont repris depuis leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit.

Un coup de poker « nécessaire »

Mais comment expliquer cette dangereuse spirale d’escalade qui risque de raviver le spectre d’une guerre ouverte au Moyen-Orient alors que les deux pays semblaient s’engager, malgré la fragilité du processus, sur la voie d’un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la perspective d’une paix durable ? Autrement dit, pourquoi Téhéran a-t-il pris le risque d’attaquer des navires commerciaux, quitte à mettre en péril le cessez-le-feu conclu dans la douleur avec le « Grand Satan » ?

C’était un coup de poker nécessaire, expliquent les analystes politiques. « Téhéran fait savoir qu’il n’entend pas lâcher le levier stratégique que constitue le détroit », abonde à juste titre The New York Times. L’explication est simple : le stratégique détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions. Or, en dépit de l’opposition des États-Unis qui exige le libre accès à ce passage vital pour l’économie mondiale, Téhéran menace désormais les navires qui emprunteraient une autre voie que l’unique corridor qu’il a autorisé le long de ses côtes.

En effet, le régime des mollahs s’est découvert un nouvel atout stratégique : la capacité de paralyser quasi totalement le trafic maritime dans cette voie navigable pendant la guerre confère à l’Iran son plus grand avantage stratégique ; alors que la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires a poussé les États-Unis à conclure un accord.

Téhéran a ainsi entre les mains un redoutable levier de pression qu’il utilise habilement aussi bien dans les négociations avec Washington qu’en cas de reprise des hostilités. Et ce, d’autant que, la semaine dernière, Oman et l’Organisation maritime internationale des Nations unies (OMI) ont mis en place un nouvel itinéraire maritime empruntant exclusivement les eaux territoriales omanaises. Une initiative susceptible d’affaiblir le principal instrument de pression de Téhéran, dont toute la stratégie repose sur une idée simple : demeurer le seul acteur capable de contrôler, ou de menacer, la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Reste à élucider un mystère. Qui trace dans l’ombre les grandes lignes de la politique étrangère de la République islamique ? Les faucons du régime qui cherchent à exercer un contrôle durable sur le détroit d’Ormuz devenu un levier essentiel dans la confrontation avec l’Occident ? Ou les modérés qui souhaitent par pragmatisme un accord de paix permanent avec les Etats-Unis afin de lever les sanctions internationales et d’apporter un soulagement économique dont le pays a désespérément besoin ?

A moins que ce soit le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, l’Imam caché, le véritable maître du jeu dans ce bras de fer asymétrique opposant l’Iran à l’Amérique de Trump.

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Coup de poker menteur de Téhéran, le quitte ou double ? 

10. Juli 2026 um 11:06

Les échanges de frappes entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran prouvent que cessez-le-feu ne tient plus qu’à un fil. Chronologie d’un regain de tension qui risque à nouveau d’embraser la région.

Nouvelle montée de fièvre au Moyen-Orient. Les États-Unis et l’Iran se sont engagés dans une inquiétante escalade militaire, la plus grave depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin.

Cette brusque détérioration ravive le spectre d’une reprise totale de la guerre entre les deux belligérants. Sachant que la reprise des hostilités intervient alors que l’Iran organise depuis samedi dernier des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines.

« Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux. En ce qui me concerne, discuter avec eux est une pure perte de temps », a déclaré Donald Trump mercredi 8 juin depuis la capitale turque, lors d’une conférence de presse depuis Ankara, capitale de la Turquie. Et ce, en marge de sa participation au sommet de l’Otan. Ajoutant dans son langage habituel de charretier  que les responsables iraniens « sont des ordures, […] des gens malades  ». Toutefois, il a laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec Téhéran en précisant que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s’ils le souhaitaient. Mais « ils doivent revenir vers moi ».

Cercle infernal

Ces propos outranciers dans la bouche de l’imprévisible président américain traduisent son exaspération croissante face aux attaques des Gardiens de la révolution iranienne mardi 7 juillet contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a riposté par « des frappes puissantes », ayant touché « plus de 80 cibles » en Iran, dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne ».

En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit. L’agence de presse Mehr a également signalé une série d’explosions d’origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, située au large de l’île de Kharg. Il s’agit du principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90 % du brut iranien.

En représailles, et dans un scénario répétitif, les Gardiens de la Révolution ont ensuite annoncé avoir frappé par des tirs de missiles et drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. De même qu’ils affirment avoir abattu un drone MQ-9, selon la télévision d’État.

Pourtant, faut-il le rappeler, Washington et Téhéran ont fini par trouver un terrain d’entente le mois dernier et ont repris depuis leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit.

Un coup de poker « nécessaire »

Mais comment expliquer cette dangereuse spirale d’escalade qui risque de raviver le spectre d’une guerre ouverte au Moyen-Orient alors que les deux pays semblaient s’engager, malgré la fragilité du processus, sur la voie d’un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la perspective d’une paix durable ? Autrement dit, pourquoi Téhéran a-t-il pris le risque d’attaquer ces navires commerciaux quitte à mettre en péril le cessez-le-feu conclu dans la douleur avec le « Grand Satan » ?

C’était un coup de poker nécessaire, expliquent les analystes politiques. « Téhéran fait savoir qu’il n’entend pas lâcher le levier stratégique que constitue le détroit », abonde à juste titre The New York Times.

L’explication est simple : le stratégique détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions. Or, en dépit de l’opposition des États-Unis qui exige le libre accès à ce passage vital pour l’économie mondiale, Téhéran menace désormais les navires qui emprunteraient une autre voie que l’unique corridor qu’il a autorisé le long de ses côtes.

En effet, le régime des mollahs s’est découvert un nouvel atout stratégique : la capacité à paralyser quasi totalement le trafic maritime dans cette voie navigable pendant la guerre confère à l’Iran son plus grand avantage stratégique. Et ce, alors que la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires a poussé les États-Unis à conclure un accord.

Téhéran a ainsi entre les mains un redoutable levier de pression qu’il utilise habilement aussi bien dans les négociations avec Washington qu’en cas de reprise des hostilités.

D’autant que, la semaine dernière, Oman et l’Organisation maritime internationale des Nations unies ont mis en place un nouvel itinéraire maritime empruntant exclusivement les eaux territoriales omanaises. Une initiative susceptible d’affaiblir le principal instrument de pression de Téhéran, dont toute la stratégie repose sur une idée simple : demeurer le seul acteur capable de contrôler, ou de menacer, la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Reste à élucider un mystère. Qui trace dans l’ombre les grandes lignes de la politique étrangère de la République islamique ? Les faucons du régime qui cherchent à exercer un contrôle durable sur le détroit d’Ormuz devenu un levier essentiel dans la confrontation avec l’Occident ? Où les modérés qui souhaitent par pragmatisme un accord de paix permanent avec les Etats-Unis afin de lever les sanctions internationales et d’apporter un soulagement économique dont le pays a désespérément besoin ?

A moins que ce soit le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khaminei, l’Imam caché, le véritable maître du jeu dans ce bras de fer asymétrique opposant l’Iran à l’Amérique de Trump.

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De Sidi Bou Said à Gammarth : Quand la vogue des piscines menace la stabilité des sols

10. Juli 2026 um 11:03

De manière empirique, nombreux sont ceux qui vont vers une conclusion qui tient en une question : Est-ce la nouvelle profusion de piscines qui menace d’effritement certaines collines réputées fragiles ?

Le fait est que les piscines se multiplient un peu partout et qu’elles deviennent plus nombreuses sur la corniche de la Marsa et les hauteurs de Gammarth. Avec le risque à terme d’entraîner des glissements de terrain qui fussent-ils minuscules, ont un impact certain pour l’environnement.

Existe-t-il une évaluation des risques de ce type ? Disposons-nous d’un inventaire exhaustif de ces piscines ? Les procédures pour installer une piscine sont-elles suffisamment encadrées ? Et enfin, est-il logique que les piscines soient toujours plus nombreuses à flancs de coteaux et de collines ?

Autant de questions qui devraient trouver des réponses auprès des autorités compétentes à l’heure où une évaluation est devenue nécessaire.

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Le message de Santina Bertuglia : « Sono una Tunisina »

10. Juli 2026 um 10:36

Les grands-parents de Santina Bertuglia sont arrivés en Tunisie au début du vingtième siècle. Luciano Bertuglia et son épouse Domenica Monaco sont venus de Mazara del Vallo, avec leur fille aînée Maria.

Le couple aura trois autres filles : Pierina, Vicina et Antonieta, la mère de Santina qui elle, est née pendant la Deuxième guerre mondiale, alors que la Campagne de Tunisie battait son plein.

Mariée avec Mohamed Chargui, Antonieta a vécu à la Kasbah pendant une dizaine d’années puis la famille a déménagé pour habiter à Montplaisir. C’est dans ce quartier que sont nés Ferid, Noureddine et Leïla, les frères et la sœur de Santina. Quatre autres enfants naîtront à Mazara del Vallo : Luciano, Hanna, Patrizia et Mariouma.

Santina qui réside aujourd’hui à Trieste, n’a pas eu une vie facile. « Je me suis toujours relevée » confesse-t-elle en se souvenant qu’elle n’a pas étudié et a toujours eu la force de se consacrer à la famille.

Santina est cuisinière. Elle a appris ce métier auprès des sœurs inspirées par le chemin de foi d’Émilie de Vialar. Elle a longtemps travaillé dans une école et aussi comme bénévole dans des colonies de vacances.

En 1962, Santina épouse un Italien et le suit à Trieste où ses frères et sœurs l’ont accompagnée. Âgée alors d’une vingtaine d’années, elle fera sa vie dans cette ville lointaine tout en gardant dans son cœur la Tunisie, son pays natal.

Aujourd’hui, Santina passe le temps en tricotant pour les migrants. « J’étais comme eux, j’ai eu faim et soif comme eux » dit-elle en ajoutant « Sono una Tunisina ». Entre Mazara del Vallo dont elle porte une étincelle et Trieste où elle vit désormais, Santina Bertuglia n’oublie jamais Tunis, ville de son cœur et repère inébranlable.

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Snapshot : Après les palmiers, la mort lente des cactus

10. Juli 2026 um 10:19

C’est un parasite insidieux qui, à l’image du charançon rouge pour les palmiers, s’attaque aux cactus où qu’il soient.

À vue d’œil, partout où ils se trouvent, les cactus se recouvrent d’une gelée blanchâtre et peu à peu dépérissent. Ce sont des insectes nommés cochenilles qui pondent leurs œufs sur les cactus et d’autres plantes.

Pour l’heure, que de plantes ravagées en attendant une campagne salvatrice !

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De l’Inde à la Tunisie : Magdalene et l’école des sœurs de Menzel Bourguiba

09. Juli 2026 um 11:14

Sœur Magdalene est directrice d’école à Menzel Bourguiba et se dévoue totalement à son travail d’éducatrice. L’école des sœurs qu’elle dirige peut se prévaloir d’une longue tradition inaugurée en 1902.

En cette époque lointaine, la congrégation de l’Institut du Saint-Cœur de Marie avait fondé cette école à Ferryville, une cité alors en pleine expansion autour de l’arsenal maritime. Venues de Rodez en France, cinq religieuses catholiques allaient donner une impulsion décisive à la construction de l’actuelle école de Menzel Bourguiba qui fut dédiée à Sainte-Agnès.

En août 1985, les sœurs salésiennes de Don Bosco ont pris la suite de la congrégation fondatrice et, depuis, elles animent l’établissement de la rue Ibn Abi Dhiaf, connu sous le nom de l’École des sœurs.

Magdalene Synnah est née en Inde à Megalaya, dans une région proche des hauteurs de l’Himalaya. Après des études à Shillong et Madras, elle se rend à Rome pour parfaire son parcours universitaire. Quelque chose dans les limbes, la prédestinait-elle à sa mission en Tunisie ?

Le fait est que, forte de sa vocation et son attachement à son pays d’adoption, sœur Magdalene est pleinement enracinée à Menzel Bourguiba. Avec une âme de militante, le soutien de sa congrégation et l’accueil hospitalier de toute la région, Magdalene investit ses efforts inlassables pour l’éducation des jeunes élèves.

Discipline, rigueur dans les apprentissages et joie du partage sont les valeurs cardinales qu’elle inculque aux jeunes pousses qui lui sont confiées. En dialogue permanent avec les éducateurs et les parents, en harmonie avec les enseignements de Don Bosco, Magdalene se fait un devoir d’évaluer son action au quotidien.

En attendant la prochaine rentrée, elle veille déjà aux préparatifs et, sans répit, se consacre à sa mission avec pour probable devise, l’écho du « Ut tensio sic vis » des Latins qui n’oubliaient jamais que, selon cet adage, les résultats obtenus sont le fruit des efforts investis. D’ailleurs, cette sagesse millénaire ne se confond-elle pas avec les valeurs aussi bien indiennes que tunisiennes ?

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Snapshot – Tunis : Des bananes et des raisins bio au centre-ville

09. Juli 2026 um 10:39

Non loin du Belvédère, la place Jeanne d’Arc est réputée pour son jardin public, ses immeubles de style et son église catholique. Cette place pourrait désormais être connue pour abriter un jardin bio au cœur de la ville.

En effet, dans l’enceinte de l’ambassade de la République Tchèque, un jardin bio donne l’exemple et aussi ses premiers fruits. Des raisins viennent d’être récoltés et le tour des bananes, des citrons et des mandarines ne devrait pas tarder.

Une louable initiative de l’ambassade tchèque dont le Street Art ornant la façade est une autre de ses originalités. À qui l’initiative pour donner des couleurs bio à nos jardins urbains ?

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STRATÉGIE – INFLUENCE : de la compétence à l’influence, le capital humain, « Software » de la souveraineté tunisienne

08. Juli 2026 um 17:54

L’élection simultanée de trois magistrats tunisiens au sein de trois juridictions internationales distinctes a été saluée, à juste titre, comme un succès pour notre diplomatie. Pourtant, réduire cet événement à une simple fierté corporatiste ou à une réussite protocolaire serait une erreur de lecture stratégique.

Dans un monde interconnecté où la puissance ne se mesure plus seulement au « Hardware » (ressources énergétiques, poids démographique, puissance militaire), cette triple consécration rappelle une vérité fondamentale : le capital humain hautement qualifié est le véritable « Software » de la souveraineté tunisienne.

 

La guerre invisible des normes et de la doctrine

Nous vivons une époque où les États ne s’affrontent plus uniquement sur des terrains physiques, mais à travers la production de normes, de standards technologiques, de cadres juridiques et de doctrines financières. C’est ce que les analystes nomment le soft-power institutionnel. Être assis à la table où se tranchent les litiges internationaux ou se dessinent les régulations de demain n’est pas un luxe d’apparat ; c’est une nécessité impérieuse pour un pays comme la Tunisie.

La présence de nos experts au plus haut niveau international offre à notre pays un avantage invisible mais décisif : une capacité d’écoute, de compréhension avancée et d’assimilation des grilles de lecture mondiales avant que celles-ci ne nous soient imposées sous forme de contraintes exogènes.

Le « Label Tunisie », forgé historiquement sur l’excellence de son école républicaine, de ses ingénieurs, de ses financiers et de ses juristes, reste notre valeur refuge sur l’échiquier mondial. Mais une compétence reconnue n’est qu’un potentiel ; elle ne devient une force que lorsqu’elle est transformée en stratégie d’influence.

 

Au-delà du prestige : structurer une « Diplomatie des compétences »

Pour que ces succès individuels deviennent des leviers collectifs, la Tunisie doit dépasser la politique des opportunités ponctuelles pour bâtir une véritable diplomatie des compétences. Cela implique une approche méthodique en trois étapes :

  • La cartographie et le ciblage : Identifier de manière prospective les instances internationales clés (tribunaux arbitraux, commissions de régulation de l’IA, comités de normalisation énergétique) où les intérêts de la Tunisie de demain vont se jouer.
  • Le portage institutionnel : Soutenir activement, par l’appareil d’État, la candidature de nos hauts cadres (publics comme privés) à ces postes stratégiques. Placer un ingénieur à l’UIT (Union internationale des télécommunications) ou un cadre financier dans les structures nationales et internationales du secteur bancaire ne la cède en rien à l’importance de nommer un ambassadeur.
  • Le retour d’expérience : Créer des passerelles d’échange pour que l’expertise acquise par nos élites à l’international vienne innerver, moderniser et relever le niveau de performance de notre administration publique en Tunisie.

 

Le paradoxe du capital humain : le retenir pour mieux l’exporter

Cette projection internationale réussie met toutefois en lumière le grand paradoxe tunisien. Comment pouvons-nous ambitionner de rayonner à l’extérieur par nos compétences alors que nos structures publiques nationales peinent à les retenir, à les valoriser et à leur offrir des cadres incitatifs ?

La fuite des cerveaux – qu’elle concerne nos ingénieurs informaticiens, nos médecins ou nos cadres financiers – est souvent vécue comme une hémorragie passive. La diplomatie des compétences propose une inversion de paradigme : transformer cette émigration subie en une diaspora d’influence organisée. Mais pour que ce modèle soit durable, il faut impérativement réformer la gouvernance de nos propres institutions, moderniser leurs grilles managériales et offrir à nos talents des défis à la hauteur de leur potentiel, ici même, en Tunisie.

 

L’influence permanente, pas l’événementiel

La souveraineté d’une nation au XXIe siècle ne se décrète pas ; elle se construit chaque jour par sa capacité à peser sur le cours des idées et des règles. L’élection de nos magistrats prouve que la Tunisie a la matière grise pour concevoir, structurer et diriger.

Alors que le pays trace ses grandes orientations de développement, nous devons nous rappeler que l’investissement dans l’intelligence, la numérisation des processus et la formation d’une élite technocratique de premier plan ne sont pas des postes de dépenses optionnels. Ce sont nos meilleures armes de négociation internationale.

La Tunisie n’a peut-être pas les moyens de dicter sa loi par le poids de son économie de marché, mais elle a le devoir de s’imposer par la force de sa doctrine et la brillance de ses cadres. C’est cela, l’un des fondements essentiels de la souveraineté à l’ère moderne.

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Quand la FIFA se plie aux désidératas de M. Trump ! 

08. Juli 2026 um 10:25

Décidément, sous l’ère Trump, la politique chevauche allégrement la planète du sport roi. Le président américain a reconnu avoir appelé le patron de la FIFA pour exiger un réexamen du carton rouge infligé à l’attaquant vedette de l’équipe américaine, Folarin Balogun. Sidérant.

 

Incompréhensible, injustifiable, honteuse, choquante. La presse internationale n’a pas eu de mots assez durs pour décrire la décision encore jamais vue dans l’histoire de la Coupe du monde et qui a été prise par la FIFA de réintégrer l’attaquant américain Folarin Balogun expulsé lors de la rencontre ayant opposé la sélection américaine à la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Et ce, suite au coup de fil scandaleux du président américain Donald Trump au président de la FIFA Gianni Infantino pour annuler le carton rouge du joueur fautif.

Stupéfait par cette ingérence sans précédent, Josep Blatter, l’ex-dirigeant suisse qui a présidé la FIFA de 1998 à 2015, date à laquelle il a fini par être poussé à la démission par une cascade d’affaires, a rappelé dans un message posté sur X que « Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants ».

Entourloupette juridique

Rembobinage des faits. Lors de la rencontre de la sélection américaine contre la Bosnie-Herzégovine mercredi dernier comptant pour le 16e de finale de la Coupe du Monde, l’arbitre brésilien décida-après visionnage de l’action à la vidéo (VAR)-d’expulser l’attaquant américain Folarin Balogun pour avoir asséné une violente semelle sur la jambe du défenseur Tarik Muharemovic, écrasant son tendon d’Achille. Ainsi, le joueur fautif écopa d’un carton rouge direct pour un geste jugé dangereux, bien que les avis divergent sur son intentionnalité. Or selon l’article 10.5 du règlement de la FIFA, le carton rouge signifie la suspension automatique d’un match sans possibilité d’appel.

Coup de théâtre : la FIFZ dépoussière un vieux texte de son arsenal juridique de ses tiroirs. A savoir l’article 27 du Code disciplinaire qui permet à l’instance judiciaire de « suspendre totalement ou partiellement l’exécution d’une sanction disciplinaire ».

Traduction : le joueur américain expulsé est suspendu, mais autorisé à jouer lundi pour le huitième de finale de la Coupe du monde de football contre la Belgique. Admirez l’entourloupette judiciaire que les responsables de la FIFA auront tirée de leurs chapeaux !

Ingérence

Comment cette entorse criarde au règlement de la FIFA a-t-elle été possible ? Comment expliquer « ce revirement soudain, sans précédent dans l’histoire moderne de la Coupe du monde, alors que le tournoi battait son plein » et qui « a immédiatement déclenché une polémique sur l’ingérence politique et l’intégrité sportive », s’interroge la presse américaine ?

C’est que, entre temps, Donald Trump, a appelé Gianni Infantino pour exiger le réexamen de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, l’arme offensive numéro 1 du pays organisateur. Ironie de l’histoire : le joueur qu’il a défendu est un citoyen américain en vertu du droit du sol, un principe constitutionnel qu’a contesté en vain le président des États-Unis jusqu’à la Cour suprême.

Comme les désirs du Prince sont des ordres et contre toute attente, la FIFA a annoncé, dimanche, revenir sur la suspension du meilleur buteur de la sélection américaine avec trois buts au compteur dans ce Mondial.

« Merci à la FIFA d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice », a un peu plus tard posté le locataire de la Maison Blanche sur son réseau Truth Social.

« Tout ce que j’ai fait, c’est de demander une révision parce que je ne pensais pas que c’était une faute […] Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision » a-t-il ajouté.

Pour rappel, Donald Trump et son ami Gianni Infantino ont tous deux reconnu avoir discuté du carton rouge infligé à un joueur américain, mais ont démenti, bien entendu, que l’annulation de la suspension résultait de pressions politiques.

Le caniche de Trump

« Gianni Infantino a passé près d’une décennie à courtiser Trump, qui le qualifie d’ « ami » et l’a régulièrement reçu dans le Bureau ovale », note le Wall Street Journal.

« M. Infantino s’efforce depuis des années de s’attirer les faveurs de M. Trump », abonde le New York Times, qui rappelle que, « l’année dernière, la FIFA a créé et décerné à M. Trump le Prix de la paix de la FIFA, alors que le président américain menait une campagne publique – qui s’est soldée par un échec – pour remporter le prix Nobel de la paix ».

« La non-suspension de l’attaquant américain n’a pas fini de faire parler .Depuis que le foot est foot, la FIFA prétend vendre de l’équité. En levant la suspension du meilleur buteur de l’US Soccer Team à la veille d’un huitième de finale contre la Belgique, la très peu vénérable institution vient de mettre son impartialité en solde », titrait le quotidien bruxellois, Le Soir.

No comment.

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Tribune – Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, pays les plus industrialisés d’Afrique de l’Ouest

08. Juli 2026 um 09:07

Selon le dernier classement de la Banque africaine de développement, le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont les pays les plus industrialisés de l’espace CEDEAO et les seuls représentants de l’Afrique de l’Ouest au sein du top 10 africain. Ils devancent nettement le Nigeria et le Ghana, et dépassent également tous les pays d’Afrique de l’Est continentale. Cette performance résulte d’un environnement plus favorable aux affaires, à l’investissement et à l’industrialisation.

 

Dans son dernier rapport sur l’industrialisation en Afrique, publié le 24 mai et intitulé « Indice d’industrialisation en Afrique, 2025 », la Banque africaine de développement (BAD) place le Sénégal et la Côte d’Ivoire aux huitième et dixième places, respectivement, du classement continental avec des scores de 0,6368 et 0,6173 point. 

Ces deux pays sont les seuls représentants de l’Afrique de l’Ouest parmi les dix pays les plus industrialisés du continent. Ils devancent ainsi nettement le Nigeria et le Ghana, qui occupent les troisième et quatrième positions au niveau régional, respectivement, mais se classent 14e et 18e au niveau continental. Par ailleurs, ils devancent également l’ensemble des pays d’Afrique de l’Est, hors États insulaires, en se positionnant devant le Kenya (11e), pays le plus industrialisé de la région, et loin devant la Tanzanie (23e), l’Éthiopie (31e) ou encore le Rwanda (32e). 

Le Nigeria et le Ghana sont suivis par le Bénin et le Togo, deux autres pays membres de l’UEMOA, et classés 24e et 25e sur le plan continental (soit à peu près au même niveau que la Tanzanie, et également devant l’Éthiopie). Non membres de la CEDEAO, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso suivent aux 34e, 35e et 36e places continentales. Ils précèdent le Cap-Vert (37e) et le Niger (40e), qui a lui aussi récemment quitté la CEDEAO. 

Les cinq dernières places ouest-africaines sont donc occupées par la Guinée (41e), le Liberia (42e), la Sierra Leone (45e), la Gambie (50e) et la Guinée-Bissau (51e). Aucun pays francophone ne figure donc parmi les quatre pays les moins industrialisés de la CEDEAO et d’Afrique de l’Ouest. 

Au niveau continental, l’Afrique du Nord demeure la région la plus industrialisée (avec quatre représentants dans le top 10, dont trois francophones), devant l’Afrique australe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et enfin l’Afrique de l’Est. Cette dernière concentre, à elle seule, cinq des dix pays les moins industrialisés du continent, comme le Soudan du Sud, pays produisant une assez importante quantité de pétrole et classé 53e et avant-dernier du classement (juste devant Sao Tomé-et-Principe, minuscule État insulaire lusophone d’Afrique centrale). 

L’Afrique de l’Est demeure d’ailleurs également la partie la plus pauvre du continent, dont elle continue à afficher les niveaux de PIB par habitant les plus faibles. À titre d’exemple, seul deux pays d’Afrique de l’Est continentale dépassent la barre des 1 500 dollars par habitant (Djibouti et le Kenya), contre non moins de six d’Afrique de l’Ouest continentale (dont cinq pays francophones). Ce qui rend d’autant plus remarquable le fait que l’Afrique de l’Ouest francophone soit régulièrement l’espace le plus dynamique du continent, avec un taux de croissance annuel de 5,6 % sur la période de 12 années 2014-2025, contre seulement 4,1% pour l’Afrique de l’Est anglophone, moins développée. 

Enfin, le classement démontre également la présence de trois pays non francophones d’Afrique de l’Ouest parmi les dix pays les moins industrialisés du continent, à savoir la Sierra Leone (45e), la Gambie (50e) et la Guinée-Bissau (51e). La Gambie se retrouve donc une nouvelle fois aux toutes dernières places du classement continental, soit très loin derrière le Sénégal qui fait, au contraire, régulièrement partie des cinq premiers en Afrique subsaharienne. La question de la viabilité de ce petit pays anglophone extrêmement pauvre, et dont le territoire enclavé constitue la plus grande anomalie territoriale du continent, peut donc être légitimement posée. 

 

Un environnement plus favorable aux affaires et à l’investissement industriel 

La supériorité industrielle du Sénégal et de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest, ainsi que par rapport aux pays d’Afrique de l’Est, résulte d’un environnement globalement plus favorable aux affaires et aux investissements, notamment industriels. Les différentes politiques économiques et monétaires suivies au cours des dernières années ont permis de faciliter considérablement les procédures relatives à la création d’entreprise et à l’investissement, tout en maîtrisant l’inflation et en accordant une attention particulière à la transformation locale des matières premières, notamment à travers la multiplication des zones industrielles. 

À titre d’exemple, le Sénégal et la Côte d’Ivoire font également partie des dix pays africains les plus performants en matière de climat des affaires, selon le dernier classement annuel publié par la Banque mondiale, en décembre 2025. Ils font d’ailleurs partie des quatre pays ouest-africains francophones figurant au sein du top 10, avec le Bénin et le Togo. Quant à la maîtrise de l’inflation, le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont connu un taux annuel d’environ 2 % seulement sur la période de douze années allant de 2014 à 2025 (2,2 et 2,1 % respectivement), contre non moins de 17,2 % et 16,6 % pour le Ghana et le Nigeria, qui ont également subi de très importantes dépréciations de leur monnaie. 

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire et le Sénégal se distinguent en matière de lutte contre la corruption. En effet, et selon le dernier classement annuel publié par Transparency International et faisant référence en la matière, le Sénégal est le pays le moins touché par la corruption en Afrique de l’Ouest continentale (65e au niveau mondial), devant le Bénin (70e) et la Côte d’Ivoire (76e). De leur côté, le Ghana affiche également un bon score en se classant au même niveau que la Côte d’Ivoire (76e également), alors que le Nigeria se positionne très loin derrière, à la 142e place mondiale (tout comme le Kenya, 130e). 

Les différentes politiques et réformes menées par le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont donc permis d’instaurer un environnement globalement plus favorable au développement économique. Une réalité qui s’est notamment traduite par le fait que ces deux pays aient réalisé un taux de croissance annuel de 6,3 % et 5,5 %, respectivement, sur la période 2014-2025, contre 4,3 % pour le Ghana et seulement 1,9 % pour le Nigeria. 

C.rst l’occasion de rappeler que l’Afrique francophone subsaharienne est globalement la partie la plus dynamique du continent, dont elle a réalisé en 2025 le niveau de croissance économique le plus élevé pour la douzième année consécutive, affichant ainsi une progression annuelle de 4,1 % sur la période 2014-2025, contre seulement 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Dans le même temps, elle a enregistré un taux d’inflation annuel de seulement 4,2 % (et même de 2,3 % en zone CFA), contre non moins de 19,8 %. 

Parallèlement, l’Afrique francophone, Maghreb inclus, est globalement la partie la plus industrialisée du continent, avec notamment six pays francophones parmi les dix pays les plus industrialisés selon le dernier classement de la BAD. Un classement dominé par le Maroc francophone, et où un seul pays francophone se trouve parmi les six pays les moins bien classés. 

Toutefois, si de grandes avancées ont été réalisées, le chemin est encore long afin de rattraper le retard économique et industriel du continent sur le reste du monde. Aujourd’hui, et selon la BAD, l’Afrique ne serait à l’origine que de 2 % de la production mondiale de produits manufacturés et de 1,4 % des exportations en la matière. Cependant, la mise en œuvre progressive de la zone de libre-échange continentale (ZLECAf) devrait contribuer à accélérer l’industrialisation du continent.

Par ailleurs, l’augmentation considérable des coûts de production asiatiques au cours des dernières années est de nature à augmenter grandement la compétitivité et l’attractivité de l’Afrique en tant que fournisseur de produits manufacturés, notamment vers l’énorme marché européen. 

Une évolution qui offrira donc très prochainement de grandes opportunités au continent, comme on le voit déjà avec le Bénin, qui commence à concurrencer la Chine et le Bangladesh dans le domaine du textile. Les pays africains devront donc poursuivre leurs efforts en matière de bonne gouvernance, d’amélioration du climat des affaires, de développement des infrastructures et des compétences humaines afin d’être en mesure de saisir les nombreuses et gigantesques opportunités qui se présenteront.

 

Ilyes Zouari  

Président du CERMF (Cercle d’étude et de réflexion sur le monde francophone)

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Les négociateurs iraniens ciblés par le Mossad ?

06. Juli 2026 um 09:40

En pleines négociations sur un accord de paix avec Téhéran, l’administration américaine aurait empêché Israël de cibler deux des principaux négociateurs iraniens. Elle aurait même prévenu discrètement les autorités iraniennes du risque d’une tentative d’assassinat.

 

Jusqu’où ira le gouvernement Netanyahou pour faire dérailler le train des négociations actuelles entre Washington et Téhéran ? Selon des sources concordantes citées par le New York Times et confirmées par le Washington Post, le renseignement américain aurait suspecté Israël de chercher à éliminer deux hauts responsables iraniens au moment où Washington menait au printemps dernier des négociations sensibles avec Téhéran en vue d’un accord de paix provisoire. Il s’agissait du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, ainsi que du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le média newyorkais rapporte également que l’influent président du Parlement a été visé à plusieurs reprises. Il a d’ailleurs survécu à une frappe israélienne visant une réunion secrète de hauts responsables gouvernementaux dans un bunker sous une montagne, pendant le conflit de cette année, après avoir déjà échappé à une attaque lors de la guerre des douze jours de juin 2025.

D’après les sources du New York Times, Washington craignait qu’une attaque contre les négociateurs iraniens, directement impliqués dans les négociations diplomatiques, ne fasse échouer les délicates discussions engagées à partir d’avril en vue d’un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l’Iran et de raviver les hostilités. Et ce, d’autant plus qu’Israël avait fait de l’élimination de dirigeants iraniens un pilier central de sa stratégie depuis le début du conflit déclenché le 28 février par une frappe ayant tué le Guide suprême Ali Khamenei et plusieurs autres dirigeants.

Le Wall Street Journal (WSL) avait d’ailleurs déjà révélé en mars que Ghalibaf et Araghtchi figuraient sur une liste de cibles israélienne avant d’en être temporairement retirés au moment de l’ouverture des discussions avec Téhéran.

D’ailleurs, en avril dernier, à l’occasion d’un déplacement de Mohammad Bagher Ghalibaf à Islamabad pour rencontrer le vice-président américain JD Vance, les autorités iraniennes avaient demandé, par l’intermédiaire du Pakistan et du Qatar, des garanties de sécurité, craignant une tentative d’assassinat destinée à torpiller les négociations. C’est pour ces raisons, rapporte le New York times, que des chasseurs pakistanais auraient escorté l’avion transportant la délégation iranienne jusqu’au Pakistan puis lors du vol retour. Toujours selon la même source, une alerte faisant état d’une menace israélienne a conduit l’appareil à se poser en urgence à Mashhad, avant que la délégation ne rejoigne Téhéran par la route.

L’assassinat, une politique de d’Etat hébreu

Faut-il rappeler à cet égard que le Mossad avait dès les premiers mois de la guerre contre l’Iran ciblé plusieurs hauts responsables iraniens, y compris des personnalités considérées à Washington comme des interlocuteurs potentiels, telles qu’Ali Larijani, responsable de la sécurité nationale, ou encore l’ancien ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi, tués dans des frappes israéliennes alors qu’ils participaient aux échanges avec les États-Unis.

Or, pour éviter que l’imprévisible Premier ministre israélien ne passe à l’action derrière son dos, l’administration Trump serait même allée jusqu’à solliciter plusieurs pays de la région afin qu’ils avertissent discrètement les autorités iraniennes d’un risque d’opération israélienne visant leurs principaux négociateurs. Mais, comme Washington et Téhéran n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980, cet avertissement aurait été transmis par des intermédiaires régionaux plutôt que directement.

Pourtant, et en dépit de ces menaces, les négociations se sont poursuivies : les hauts responsables iraniens participaient à des réunions au Qatar à la fin du mois de mai, puis en Suisse en juin, où ils ont rencontré J.D. Vance et la délégation américaine. Ces discussions, organisées à Islamabad avec une médiation partielle du vice-président américain, ont débouché sur l’accord-cadre conclu le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à leur guerre. Les deux pays observent désormais un cessez-le-feu de 60 jours, censé permettre aux négociations d’aboutir à un accord définitif.

Divergences

Cela étant, pour certains observateurs, la décision américaine d’avertir Téhéran de ces risques d’assassinat est une nouvelle illustration de la divergence croissante entre les objectifs de guerre de Washington et d’Israël.

Israël et les États-Unis ont mené ensemble des frappes sur l’Iran depuis le 28 février 2026, dans l’objectif annoncé de faire chuter le régime. L’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi qu’un grand nombre de personnalités du régime des ayatollahs avaient été assassinés par l’aviation israélienne dès le premier jour, et durant les jours qui ont suivi. Mais à mesure que le temps passait, et qu’il devenait clair que le régime de la République islamique n’était pas sur le point de tomber, les divergences entre les deux alliés n’ont fait que grandir. Alors que les États-Unis décrétaient un cessez-le-feu après quelque 40 jours de guerre, les signes d’un mécontentement israélien se multipliaient. La méfiance a grandi entre les Américains et Israéliens, tant et si bien que les seconds ont été écartés des pourparlers engagés avec l’Iran depuis mars.

« Cela illustre la divergence des objectifs de guerre entre les États-Unis et Israël, ainsi que la volonté fondamentale du Premier ministre israélien de torpiller toute négociation que les États-Unis pourraient conclure », a déclaré David Miller, ancien responsable du département d’État, ayant occupé le poste de conseiller pour des administrations républicaines et démocrates. Reste à savoir si Netanyahou peut prendre le risque d’aller jusqu’au bout d’une aventure à haut risque, quitte à braquer son terrible allié américain.

Reste à savoir si le boucher de Gaza est réellement prêt à pousser cette stratégie jusqu’à son terme, au risque d’une confrontation ouverte avec son plus puissant et redoutable allié, les États-Unis de Trump.

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Tribune – LF 2027 et Plan de développement : le choc de relance de l’UGTT face au goulot d’étranglement bancaire public

06. Juli 2026 um 09:20

Alors que les commissions parlementaires se mobilisent autour des axes stratégiques du Plan de développement national 2026-2030, une nouvelle contribution vient bousculer le calendrier macroéconomique. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a officiellement soumis au ministère des Finances dix propositions de rupture pour le projet de loi de finances 2027. L’organisation syndicale y rejette fermement la logique d’austérité et met sur la table un véritable choc de relance : injecter 8 milliards de dinars dans l’investissement public (soit 10 % du budget de l’État) et créer un fonds national dédié à la restructuration industrielle de nos grands fleurons (Tunisair, Compagnie des phosphates de Gafsa).

Cette initiative de la centrale syndicale a le mérite de déplacer le débat du terrain strictement revendicatif vers celui de la pure doctrine budgétaire. Cependant, elle se heurte de plein fouet à une réalité systémique immuable : à quoi bon décréter des enveloppes de relance historiques si les canaux de transmission financiers de l’État demeurent obstrués ?
Le véritable enjeu de la Loi de finances 2027 ne résidera pas dans le vote de ces milliards, mais dans la capacité d’absorption opérationnelle de nos banques publiques.

Les propositions de l’UGTT pour 2027 : entre pertinence doctrinale et paradoxe de financement

L’analyse détaillée de la copie syndicale révèle un changement de paradigme salutaire, mais également d’importantes zones de friction macroéconomique.
Une rupture doctrinale louable : L’UGTT propose de passer d’une logique passive de financement des déficits d’exploitation à une stratégie offensive de financement des investissements de mise à niveau. Pour la CPG ou Tunisair, cette réorientation vers un modèle d’État actionnaire-stratège est techniquement pertinente. Elle s’accompagne d’une volonté de protéger le pouvoir d’achat par une refonte progressive de l’IRPP (élargissement à 9 tranches et exonération jusqu’à 7 000 DT).
Le paradoxe des sources de financement : c’est ici que l’équation se corse. L’organisation préconise un investissement massif de 8 milliards de dinars tout en exigeant, à juste titre, de limiter le recours aux avances de la Banque centrale au seul financement productif et d’instaurer un meilleur équilibre entre emprunts intérieurs et extérieurs. Dans un contexte de tarissement des ressources extérieures, exiger une telle relance sans assécher les liquidités du marché local relève de l’acrobatie budgétaire.

Le chaînon manquant : le trilemme de la capacité d’absorption

Au-delà de l’arbitrage comptable, la critique objective de cette trajectoire économique repose sur la notion de capacité d’absorption. L’histoire économique récente de la Tunisie démontre que le blocage est rarement lié à l’absence de stratégies, mais à l’incapacité des instruments de l’État à délivrer. Injecter 8 milliards de dinars dans une tuyauterie financière grippée par ce que l’on qualifie de « trilemme de l’exécution » — ce conflit permanent entre logique de performance, conformité administrative frileuse et impératifs sociaux — est une illusion comptable.
Cette paralysie repose sur trois réalités techniques incontournables. A savoir :
1. Des systèmes d’information imperméables aux flux de masse
 
Les banques publiques, qui devront orchestrer ces plans de restructuration et fluidifier les crédits d’investissement, opèrent encore avec des infrastructures informatiques fragmentées. Comment piloter les risques en temps réel ou automatiser l’octroi de financements industriels complexes si les circuits de données internes demeurent opaques ? Sans une transformation digitale profonde du back-office, injecter des liquidités massives ne fera que saturer des organisations déjà lentes, transformant la relance en inertie administrative.
2. Le coût économique de la lenteur décisionnelle
L’UGTT fustige l’approche d’austérité de la circulaire de la Présidence du gouvernement. Mais l’austérité la plus lourde est celle du temps. Lorsque le traitement d’un dossier de financement structurant s’étire sur plusieurs mois en raison d’une dilution des responsabilités et de la peur du risque juridique des décideurs, la relance s’éteint d’elle-même. Un plan budgétaire annuel (LF 2027) exige une agilité et une vitesse d’exécution que nos structures bancaires, bridées par des contrôles d’un autre âge, ne peuvent pas offrir aujourd’hui.
3. La fuite des cerveaux technologiques, angle mort des réformes
La restructuration des entreprises publiques et la modernisation des banques requièrent des compétences de pointe (ingénieurs cloud, data scientists, experts en cybersécurité). Or, les grilles salariales rigides du secteur public accélèrent la fuite massive de ces talents vers le privé ou l’international. Aucune relance à forte valeur ajoutée technologique ne pourra se faire avec des organisations en déficit de capital humain qualifié.

Arbitrage républicain : le rôle pivot du Parlement

Face à cette confrontation entre la prudence budgétaire du gouvernement et le volontarisme de l’UGTT, le Parlement ne doit pas se cantonner à un rôle de chambre d’enregistrement ou d’arbitre de compromis mous. Les députés ont l’obligation républicaine de conditionner l’approbation des enveloppes de la Loi de finances 2027 et du Plan à des audits de performance rigoureux imposés aux directions des banques publiques.
Les commissions parlementaires doivent exiger des indicateurs quantifiables : quel est le délai moyen garanti pour le déblocage des fonds d’investissement ? Quels sont les plans concrets de modernisation des systèmes d’information pour absorber ces flux ? Quels dispositifs spécifiques sont déployés pour retenir les compétences technologiques indispensables à l’exécution de ces projets ?
Voter une loi de finances ou un plan quinquennal sans auditer la viabilité opérationnelle des institutions chargées de les financer revient à acter une déconnexion totale entre la décision politique et la réalité économique. Pour que la relance ait lieu, il est temps de substituer à la diplomatie administrative la culture de l’arbitrage, de la clarté et de la responsabilité.
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Note : Les analyses et propos contenus dans cette tribune expriment uniquement les opinions personnelles de l’auteur et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité ou refléter la position officielle d’une institution publique ou privée.

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Taxées, sollicitées, détestées : le drôle de destin des banques en Tunisie

01. Juli 2026 um 16:00

Les banques sont probablement les seules entreprises que l’on peut détester le matin, insulter à midi et supplier le soir. Elles constituent ce personnage incontournable de notre économie auquel on reproche absolument tout, mais dont personne ne semble réellement pouvoir se passer. Elles sont cupides, elles prennent trop de commissions, elles prêtent trop cher, elles...

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Tribune – Réseaux sociaux : Macron et Tedros sonnent l’alerte pour les enfants

01. Juli 2026 um 14:11

Le président français, Emmanuel Macron, et le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, signent, mercredi 1er juillet 2026, une tribune conjointe dans The Project Syndicate sur les risques liés aux réseaux sociaux.

Voici les principaux messages de cette tribune :

A quelques jours du sommet « AI for Good » qui s’ouvrira à Genève le 6 juillet, cette tribune témoigne du consensus scientifique croissant sur les risques importants que font peser les réseaux sociaux sur la santé des enfants, et du besoin d’encadrer ces plateformes pour en tirer le meilleur. Elle est aussi un appel, fondé sur la science, aux gouvernements et acteurs de la société civile du monde entier pour mieux protéger les enfants des risques liés à l’usage des réseaux sociaux.

Le constat : la science au cœur des politiques publiques 

La combinaison des données scientifiques, parlementaires et associatives converge. Les réseaux sociaux ont un impact important sur la santé et le développement du cerveau des enfants. Il en résulte que :

  • Les enfants de 6 à 17 ans passent en moyenne 4 h11 min par jour sur un écran. Avec une augmentation sensible (+40 %) du temps d’écran des jeunes en 10 ans (entre 2006 et 2016).
  • Les performances cognitives en compréhension et mémorisation sont fortement impactées.
  • Mécanisme biologique : la suractivation du circuit dopaminergique crée des boucles de dépendance. Ce qui réduit la tolérance à l’ennui et la capacité d’analyse réflexive.
  • Par ailleurs, la surexposition aux écrans conduit à une diminution du temps de sommeil des enfants. A laquelle s’ajoutent une hausse de l’obésité et une multiplication des risques sur la santé mentale, encouragée par les spirales algorithmiques.

Face à ce constat, une action déterminante et collective est nécessaire pour maximiser les bénéfices liés à la technologie, mais aussi prévenir et empêcher les risques graves posés par les réseaux sociaux sur la santé des jeunes.

Les gouvernements reconnaissent de plus en plus que la protection des enfants sur Internet est un impératif de santé publique

En France, l’Assemblée nationale en janvier puis le Sénat en mars ont adopté la PPL « majorité numérique » pour interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. De plus, la France mobilise  une « coalition de volontaires » au niveau européen pour la mise en place d’une majorité numérique. Résultat : la commission elle-même souhaite désormais mettre en place une interdiction généralisée dans toute l’UE.

En outre, des règlementations similaires sont engagées partout dans le monde : Australie, Indonésie, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Canada, etc.

Cet encadrement, nous devons le faire ensemble – les gouvernements, les sociétés civiles, les jeunes eux-mêmes et ceux qui les entourent au quotidien (parents, professeurs et éducateurs, etc.), les industriels, les institutions de santé publique – le tout avec l’appui de la recherche scientifique, soutenue notamment par l’OMS pour aider les gouvernements à avoir une compréhension claire et fondée sur les données de l’impact des plateformes numériques sur la santé des jeunes.

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De Madame Claude à Monsieur Epstein

01. Juli 2026 um 12:20

L’amour mène le monde, même s’il change de décor, de costumes, de technologie. Certains de ses mécanismes demeurent étonnamment constants depuis Guy Breton qui a rédigé une dizaine de tomes sur les histoires d’amour d’Histoire de France… Et au vingtième siècle entre le Paris feutré de Madame Claude des années 60 et les jets privés de Jeffrey Epstein 50 ans plus tard, il existe un fil invisible : bien des secrets d’État ont été arrachés dans des alcôves que l’on habite quelques heures et où l’on joue souvent à confesse…

Madame Claude (1923-2015) fut la plus célèbre proxénète de luxe de France. Dans les années 1960 et 1970, elle dirigea à Paris un vaste réseau de prostitution haut de gamme fréquenté par des hommes politiques, diplomates, hommes d’affaires et célébrités internationales.

Son organisation regroupait plusieurs centaines de jeunes femmes, les « Claudettes », sélectionnées pour leur élégance, leur discrétion et leur aisance dans les milieux mondains. Plusieurs témoignages ont évoqué l’utilisation – occasionnelle ? – de certaines Claudettes comme sources d’information – les premières databed – auprès de personnalités étrangères de passage à Paris.

À l’époque de Madame Claude, les relations sentimentales et sexuelles s’inscrivaient encore majoritairement dans le cadre traditionnel du couple hétérosexuel.

Au cours des décennies qui suivirent

Dans les années 1970 et 1980, alors que le modèle de Madame Claude décline en France, des structures comparables continuent d’exister dans plusieurs capitales. Les années 1980 et 1990 voient apparaître de nouvelles figures comme Heidi Fleiss, la célèbre « Hollywood Madam », qui transpose à Los Angeles les mécanismes de la prostitution de luxe.

Et Internet arriva …

Dans les années 1990 et 2000, l’essor d’Internet bouleverse profondément ces réseaux. Dans ce domaine bien spécifique, les carnets d’adresses sont devenus des « databaises » auxquelles on accède par des mots de « passe »… (désolé les jeux de mots je ne pouvais pas les laisser passer !)…

Depuis, l’anonymat offert par les technologies numériques et la professionnalisation de certains intermédiaires ont ouvert progressivement la voie à des pratiques beaucoup plus opaques et controversées qui auraient fait perdre le Nord au vénéré KAMA SUTRA : la libération sexuelle, le développement des mariages homosexuels, la modification des modèles relationnels, et le pire, c’est que la tranche d’âge s’élargit vers le bas… Ainsi, les « Claudettes » sont devenues des « web-Claude et Claudettes voire Claudinettes » opérant aussi dans l’espace numérique. Même l’IA s’en est mêlée : nous dialoguons aujourd’hui avec un « Chat » et un « Claude ». Les amateurs de calembours y verront peut-être une malicieuse coïncidence.

L’histoire a montré que « the bedroom » a souvent constitué une extension discrète du champ de bataille politique. Des services secrets aux polices politiques de divers régimes, la collecte d’informations liées à la vie sexuelle de personnalités influentes a fréquemment servi d’instrument de pression, de recrutement ou de chantage. Les techniques varient – séduction, enregistrements clandestins, constitution de dossiers compromettants -, mais l’objectif demeure le même : transformer l’intimité en levier de pouvoir.

Epstein et son monde

C’est à la lumière de ces précédents historiques que certains observateurs analysent aujourd’hui les mécanismes révélés par l’affaire Epstein qui secoue le monde.

Voilà ce que dit l’ordinateur sur ce célèbre monsieur :

  • Il est né en 1953 à Brooklyn (New York) et commence comme enseignant ! Il devient opaquement très riche à la fin des années 1970 et acquiert l’ile Little Saint James en 1998 ; zone touristique haut de gamme où vit une population locale aux moyens limités. Epstein la transforme en résidence privée ultra-sécurisée destinée à recevoir ses invités. Toujours très opaquement, des sommes considérables sont dépensées pour réunir des hommes politiques de différentes origines, des magnats de la finance, universitaires, mannequins et célébrités de plusieurs continents, etc. Faut-il rappeler que parmi eux il y aurait, semble-t-il, J.L., l’IMAm de l’IMA … La liste est impressionnante et on se demande si avec des moyens d’origine on ne peut plus opaque, plus d’une « databaise », Jeffrey Epstein aurait-il cherché à bâtir un véritable « Sex Google » où les secrets les plus intimes de ceux qui dirigent le monde devenaient un levier d’influence.

Et comme ce SEXGOOGLE commençait à déborder de toutes parts, il a fini, le pauvre, par être arrêté à son retour de Paris pour trafic sexuel, le 6 juillet 2019, et retrouvé mort dans sa cellule le 10 août 2019, soit seulement 35 jours plus tard… Aurait-il été suicidé et par qui ? Pourquoi même décédé il continue de sévir et inquiète des années après ?

Et ce n’est qu’une partie de ce que révèlent les documents publiés à ce jour. Est-ce que l’objectif était moins financier que relationnel : accumuler de l’influence, des réseaux et des informations sur les élites qu’il filmait et pour le compte de qui ? Si la présence d’un nom dans ces documents ne constitue en rien une preuve d’implication criminelle, elle illustre l’extraordinaire capacité d’Epstein à graviter au sein des élites politiques, économiques et médiatiques mondiales.

Certains observateurs ont avancé l’hypothèse que le système Epstein a été créé dans des objectifs bien clairs :

  • Assurer d’une manière organisée la collecte d’informations compromettantes sur des personnalités influentes en utilisant toutes natures de leurs déviations sexuelles pour les utiliser au moment opportun ?
  • Mais créé par qui ?
  • Et pourquoi maintenant ?
  • Ces informations ont-elles servi à modifier le contenu des décisions que prennent les dirigeants de cette planète ?
  • Ont-elles une relation avec le drame du Moyen-Orient et la guerre contre l’Ira ?

Beaucoup incombent la responsabilité au Mossad dont on a vanté l’efficacité et qui a beaucoup perdu depuis qu’il n’a vu en Iran que des burkas et des barbus … Bof ! Ce serait lui donner une importance qu’il n’a plus. Parole de drone !

 

Wait and see …

Ibtissem

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Tribune – Cybersécurité en Tunisie : l’heure de la performance opérationnelle

30. Juni 2026 um 09:10

La Tunisie dispose aujourd’hui d’un cadre stratégique et institutionnel en matière de cybersécurité. La stratégie nationale 2020-2025 a posé les jalons. Le décret-loi de 2023 a structuré la gouvernance. L’Agence nationale de cybersécurité existe et fonctionne. Mais un cadre n’est pas une capacité. Et une agence n’est pas une performance. L’heure n’est plus à la planification – elle est à l’exécution mesurable.

Du texte aux actes : le vrai test commence maintenant

Il est devenu courant, dans les cercles spécialisés, de saluer les avancées institutionnelles de la Tunisie en matière de cybersécurité. Et elles sont réelles. La stratégie nationale 2020-2025 a défini des axes clairs : protection des systèmes d’information, renforcement de la résilience nationale, développement des compétences, amélioration de la gouvernance. Le décret-loi n°2023-17 a consacré la création d’une agence dédiée, dotée d’un mandat élargi couvrant l’audit, la coordination interinstitutionnelle, la réponse aux incidents et la protection des infrastructures critiques. Ce travail de structuration mérite d’être reconnu. Mais la cybersécurité ne se gouverne pas par décret. Elle se prouve par la performance.

Ce que les textes ne disent pas

Un dispositif de cybersécurité mature ne se mesure pas à la solidité de son cadre normatif. Il se mesure à sa capacité opérationnelle effective : la vitesse de détection d’une intrusion, le délai de réponse à un incident, le niveau de couverture réelle des infrastructures critiques, la qualité de la coordination interinstitutionnelle sous pression.
Or sur ces indicateurs essentiels, la Tunisie ne publie pas de données consolidées. Pas de tableaux de bord publics. Pas de rapports d’activité opérationnelle accessibles. Pas de métriques sur les délais de traitement des incidents ou le taux de couverture des systèmes sensibles. À titre de comparaison, l’ANSSI française publie annuellement un panorama de la cybermenace avec des données opérationnelles précises – un référentiel de transparence que les économies émergentes qui aspirent à la crédibilité numérique ont tout intérêt à adopter.
Cette opacité n’est pas anodine. Elle empêche toute évaluation sérieuse de la maturité réelle du dispositif. Et elle prive les acteurs économiques – investisseurs, opérateurs, partenaires internationaux – des signaux de confiance dont ils ont besoin. Un système qu’on ne mesure pas est un système qu’on ne pilote pas.

La digitalisation accélère. La menace aussi.

Le contexte aggrave l’urgence. La numérisation de l’administration et de l’économie tunisienne progresse. Les services publics migrent vers le digital. Les transactions financières se dématérialisent. Les infrastructures critiques s’interconnectent. Chaque pas vers le numérique est un pas vers une surface d’attaque plus large.
Le secteur bancaire en est l’illustration la plus éloquente. Première cible des cyberattaques à l’échelle mondiale, il concentre des données sensibles, des flux financiers en temps réel et une exigence de continuité absolue. En Tunisie, la numérisation bancaire progresse – mais la maturité cyber des établissements, publics comme privés, reste inégale et peu documentée. Une attaque réussie contre un acteur bancaire systémique ne serait pas un incident technique. Ce serait un choc de confiance à l’échelle de l’économie nationale.
Dans ce contexte élargi – banques, énergie, santé, administration – la cybersécurité n’est plus une fonction support. C’est un levier de performance publique et un facteur de compétitivité économique. La confiance des usagers dans les services numériques, la crédibilité de la Tunisie auprès des investisseurs étrangers, la résilience de l’économie face aux chocs numériques – tout cela dépend directement de la capacité opérationnelle du dispositif national. Or cette capacité reste, à ce jour, peu documentée et peu évaluée publiquement.

Trois chantiers qui ne peuvent plus attendre

Le passage d’une logique de planification à une logique de performance suppose des choix concrets et mesurables. Le premier chantier est celui de la transparence opérationnelle. L’Agence nationale de cybersécurité devrait publier annuellement des indicateurs clés : nombre d’incidents traités, délais moyens de réponse, taux de couverture des infrastructures critiques, résultats des exercices de simulation. Sans cette transparence, il est impossible de distinguer la progression réelle de l’effet d’annonce.
Le deuxième chantier est celui des SOC sectoriels. La surveillance du cyberespace national ne peut reposer sur un dispositif centralisé unique. Le secteur bancaire, en particulier, ne peut se permettre une cybersécurité de second rang : la donnée financière est souveraine, la continuité de service est non négociable et le risque systémique en cas de défaillance est immédiat. Aux côtés des secteurs énergétique et de santé, il doit disposer de centres opérationnels de sécurité dédiés, interconnectés et capables de réagir en temps réel.
Le troisième chantier est celui du capital humain. La cybersécurité est une compétence rare, coûteuse et volatile. Former des experts ne suffit pas si les conditions de rétention ne suivent pas. La fuite des compétences vers des marchés mieux rémunérés reste l’un des angles morts les plus dangereux du dispositif tunisien. Ce chantier est aussi un levier d’attraction : des projets cyber ambitieux, adossés à des outils de pilotage modernes comme l’IMIB (Indice de Maturité de l’Intelligence Bancaire ) constituent précisément le cadre qui retient et valorise les talents au lieu de les exporter.

Ce que la maturité exige vraiment

La fenêtre d’opportunité dont dispose aujourd’hui la Tunisie pour consolider son dispositif de cybersécurité est réelle, mais elle a une durée de vie limitée. Il appartient désormais aux instances de gouvernance – autorités de régulation, directions générales des établissements publics, tutelles sectorielles – de prendre les décisions structurelles nécessaires pendant que les conditions politiques et institutionnelles le permettent encore.
La prochaine étape n’est pas une nouvelle stratégie. Ce n’est pas un nouveau texte législatif. C’est la démonstration (chiffrée, documentée, publique) que le dispositif en place est capable de détecter, de répondre et de protéger dans des délais acceptables face à des menaces réelles.
Dans un monde où les cyberattaques ne préviennent pas, la maturité d’un système de cybersécurité ne se proclame pas.
Elle se prouve.
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Les opinions exprimées dans cette tribune reflètent une analyse économique et technique personnelle et n’engagent que leur auteur. 

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