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La retenue du dragon

24. Februar 2026 um 09:33

Les tensions sino-taïwanaises relèvent-elles d’une stratégie de pression graduelle visant à obtenir une victoire politique sans guerre ouverte, plutôt que d’un prélude inévitable à l’invasion ?

Face à cette interrogation cruciale, il convient d’analyser les logiques possibles de cette posture de retenue chinoise, qui intrique les observateurs et le grand public.

 

La dimension stratégique : la « victoire sans combat »

La pensée stratégique chinoise est souvent reliée à l’Art de la guerre de Sun Tzu, qui valorise la supériorité stratégique obtenue sans affrontement direct.

Dans cette lecture, la pression militaire (exercices autour de l’île, démonstrations navales, cyberstratégie) pourrait relever d’une stratégie de dissuasion psychologique dont l’objectif serait d’user politiquement Taïwan, d’influencer son électorat et d’envoyer un message géopolitique aux États-Unis où une invasion serait coûteuse, risquée et contraire à une approche privilégiant le long terme.

Cette vision est cohérente avec la doctrine dite de la « zone grise » : pression constante sans franchir le seuil de guerre ouverte.

 

La dissuasion américaine : un coût stratégique prohibitif

La présence militaire américaine en Asie-Pacifique, notamment via ses alliances régionales (Japon, Corée du Sud, Philippines) élève considérablement le coût d’une invasion. En effet, une opération amphibie contre Taïwan serait militairement complexe, économiquement dévastatrice, susceptible de provoquer des sanctions massives…

 

L’interdépendance économique sino-taïwanaise

La Chine continentale reste le premier partenaire commercial de Taïwan où les chaînes de valeur sont profondément intégrées. Sans le moindre doute, un conflit détruirait les flux commerciaux bilatéraux, les investissements croisés, et une part significative des exportations technologiques asiatiques.

 

Les semi-conducteurs : un verrou stratégique

Taïwan abrite Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), acteur central de la production mondiale de puces avancées. Même si NVIDIA est une entreprise américaine, ses puces avancées sont majoritairement fabriquées par TSMC.

Pour la Chine, les semi-conducteurs avancés sont essentiels à son développement en IA, et une invasion risquerait de détruire ou bloquer l’accès à ces capacités, provocant une série de sanctions occidentales sévères. Autrement dit : détruire Taïwan, c’est potentiellement se priver d’un maillon clé de la modernisation.

Le détroit de Taïwan : artère du commerce mondial

Le détroit constitue l’un des passages maritimes les plus stratégiques du monde et une guerre dans cette zone perturberait : les flux énergétiques vers le Japon et la Corée du Sud, une partie des chaînes d’approvisionnement mondiales où le commerce chinois lui-même, fortement dépendant des exportations. Dans ce scénario, la Chine, puissance commerciale globale, aurait beaucoup à perdre d’un choc systémique.

 

Les facteurs culturels et philosophiques

Certains analystes mobilisent, le taoïsme, valorisant l’équilibre et l’évitement du conflit direct, la tradition stratégique chinoise du temps long, la notion « d’unification historique » comme processus graduel plutôt que rupture brutale… Pourtant, ces arguments culturels doivent être maniés avec prudence : la géopolitique contemporaine repose d’abord sur des rapports de force.

Autres éléments dissuasifs

Entre autres, risque d’échec militaire (terrain montagneux, défense préparée), effet politique interne imprévisible, possibilité d’isolement international, coût économique massif dans un contexte de ralentissement structurel…

Mais jusqu’à quand le précepte/rituel de Sun Tzu « gagner sans combattre » pourra-t-il résister ?

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Hausse alarmante des maladies chroniques en Tunisie

24. Februar 2026 um 08:48

Un Tunisien sur quatre est aujourd’hui atteint de diabète, selon l’étude nationale sur la santé des Tunisiens âgés de plus de 15 ans, publiée par l’Institut national de la santé en 2016, a indiqué Dre Ibtissem Ben Nacef, professeure d’endocrinologie et de diabétologie à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis et membre de la Société tunisienne d’endocrinologie et de diabétologie, citée par Mosaique FM, en mettant en garde contre la hausse alarmante des maladies chroniques en Tunisie.

Les chiffres sont devenus alarmants et placent le pays face à un véritable défi sanitaire, a-t-elle souligné, en avertissant contre la propagation rapide du diabète. Et appelé à l’action, avant que les maladies chroniques, comme le diabète, ne deviennent un fardeau encore plus lourd pour les individus et pour le système de santé.

Par ailleurs, la moitié des personnes atteintes de diabète ignorent leur état, car cette «maladie silencieuse» évolue sans symptômes apparents. Pourtant, elle constitue la première cause d’insuffisance rénale et de cécité et est associé à une augmentation de la mortalité précoce.

Hypertension et obésité en hausse

Parallèlement, d’autres maladies chroniques connaissent une progression notable, notamment l’hypertension artérielle, qui touche 28,7% des Tunisiens, selon la même étude de 2016.

L’obésité constitue, également, un indicateur alarmant puisqu’elle concerne 26% des adultes et s’étend aux enfants, avec un taux de 17% à l’échelle nationale, illustrant un changement profond des modes de vie et des habitudes alimentaires.

Les causes du diabète sont multiples : hérédité, obésité, manque d’activité physique, mode de vie déséquilibré et consommation excessive d’aliments riches en sucres et en graisses.

Cette évolution s’est traduite par un recul de l’âge moyen d’apparition de la maladie, désormais autour de 40 ans, contre 45 auparavant.

Dans ce contexte, Dre Ben Nacef a insisté sur l’importance de la prévention, soulignant que la maîtrise du poids est une étape clé. Des études montrent qu’une perte de dix kilogrammes peut réduire le risque de diabète jusqu’à 30%.

Elle a aussi recommandé une activité physique régulière, ne serait-ce que 30 minutes de marche par jour, ainsi qu’un régime alimentaire équilibré, privilégiant les céréales complètes, les légumes et les protéines, tout en réduisant la consommation de sucres rapides, de pâtisseries, de boissons gazeuses et d’aliments transformés.

Un dépistage souvent tardif

Le spécialiste en nutrition et maladies métaboliques, Dr Abdelmajid Abid, a souligné, de son côté, dans une déclaration à Mosaïque FM, que les symptômes du diabète apparaissent tardivement, lorsque la maladie a déjà progressé dans l’organisme. Parmi ces signes, il a cité la soif intense et consommation excessive d’eau, la fatigue persistante, les mictions fréquentes, la prise de poids et l’accumulation de graisses, en particulier au niveau de l’abdomen.

Le praticien, qui parlait en marge d’un colloque scientifique organisé par l’Institut Pasteur, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, célébrée chaque année le 14 novembre, a recommandé de réduire la consommation du sucre, dont chaque Tunisien consomme en moyenne 36 kg par an, et de privilégier le sucre naturel contenu dans les fruits.

Le nutritionniste a aussi conseillé d’éviter les repas rapides et de pratiquer une activité physique régulière, précisant qu’une seule «baguette» nécessite deux heures de mouvement pour être brûlée.

I. B.

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Trump « étonné, intrigué, frustré » que l’Iran ne capitule pas !

23. Februar 2026 um 13:14

Trump n’en peut plus. Il est étonné, surpris, intrigué, frustré que les dirigeants iraniens, malgré l’incroyable et « belle » armada qui encercle leur pays, et en dépit des menaces de destruction de leur régime, s’entêtent à ne pas se prosterner devant lui en disant : nous capitulons M. le président…

C’est ce que le monde a compris après les étonnantes révélations de l’ami du président américain Trump, Steve Witkoff, sur Fox News dimanche 22 février.

En effet, dans une interview sur la chaîne néoconservatrice américaine, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a déclaré que « le président Trump est intrigué par le fait que l’Iran n’a pas capitulé face aux exigences américaines. Et ce, compte tenu du renforcement militaire américain au Moyen-Orient et des menaces de guerre. Je ne veux pas employer le mot frustré, car le président comprend qu’il dispose de nombreuses alternatives, mais il est intrigué. Il se demande pourquoi ils n’ont pas capitulé. Pourquoi, sous une telle pression, avec la puissance navale que nous déployons là-bas, ne sont-ils pas venus nous dire : “Nous affirmons ne pas vouloir d’arme nucléaire, voici ce que nous sommes prêts à faire” ? Pourtant, il est difficile de les amener à ce point. »

C’est ce qu’a déclaré en substance Steve Witkoff à Lara Trump, belle-fille du président américain et présentatrice à Fox News.

En conclusion de cette étrange intervention télévisée, Witkoff a cru nécessaire de répéter la ridicule rengaine que Netanyahu mâchait et remâchait depuis 1996 : « L’Iran est à une semaine de la production de l’arme nucléaire ! »

En fait, dans ce bras de fer explosif qui l’oppose à l’Iran, Trump n’est pas seulement étonné ou intrigué, mais il a peur aussi. Il est étonné que les Iraniens ne capitulent pas, parce que, dans sa carrière d’entrepreneur-milliardaire, il était habitué à se faire obéir au doigt et à l’œil par ses collaborateurs et les flagorneurs qui lui tournaient autour.

Devenu président, Trump, dans son extrême naïveté et sa profonde ignorance de la chose politique, pensait pouvoir utiliser la grande puissance militaire américaine pour imposer ses conditions aux pays du monde et faire plier ses adversaires à ses ultimatums en les encerclant par sa « belle armada. » D’où son « étonnement, son intrigue et sa frustration » (le trois termes utilisés par Witkoff) de constater que les Iraniens ne sont guère impressionnés par les unités navales surchargés de bombardiers et de missiles qui longent leurs côtes.

Mais ce que Witkoff ne nous dit pas est que Trump est habité aussi par la peur. La peur de déclencher une guerre dont il ne maîtriserait pas le déroulement, ni, encore moins, prévoirait les conséquences. Une guerre qui pourrait s’avérer désastreuse pour son armada, ses bases militaires dans la région et sa présidence. Sans parler de Tel-Aviv et Haifa que les missiles iraniens pourraient transformer en « Gaza bis».

Le président américain, qui a mené sa campagne électorale en s’en prenant à ses prédécesseurs qui ont « engagé l’Amérique dans des guerres sans fin », se trouve dans l’intolérable situation de ne vouloir ni aller en guerre avec l’Iran, ni résister aux puissantes forces de l’ombre qui le poussent à la déclencher.

C’est que Trump n’a pas peur seulement des conséquences politiques de la guerre, mais, selon le journaliste et directeur du site Gray Zone, Max Blumenthal, « il a peur pour sa vie et celle des membres de sa famille, s’il résiste aux exigences d’Israël et de son lobby. »

On ne peut pas ne pas rappeler ici le précédent de John Kennedy, qui continue, plus de six décennies après, de hanter les locataires successifs de la Maison Blanche.

Bien que la version officielle à Washington continue d’être celle du « tueur solitaire », Lee Harvey Oswald, c’est un secret de polichinelle que Kennedy a été assassiné par un complot né de la collusion entre les intérêts d’Israël et ceux du Complexe militaro-industriel américain. Le premier voulait la disparition de Kennedy de la scène parce qu’il s’opposait au programme nucléaire israélien. Le second était terrorisé à l’idée de normalisation des relations avec l’Union soviétique et la perspective de paix mondiale que Kennedy a annoncé dans son discours du 10 juin 1962, six mois avant sa mort…

Se trouvant entre deux feux, peut-être Trump, dans son for intérieur, est-il en train de se mordre les doigts de s’être présenté pour un second mandat et défait sa concurrente…

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Le « Conseil de la paix » de Trump

22. Februar 2026 um 15:19

Mise sous tutelle de Gaza, bombardements de l’Iran, velléités d’annexion du Groenland, enlèvement du président du Venezuela, soutien direct aux forces d’extrême-droite en Europe… Donald Trump ne cache pas son indifférence quant aux principes de souveraineté des Etats, de non-ingérence dans leurs affaires intérieures et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Son interventionnisme s’est doté d’un instrument multilatéral, la mal nommé « Conseil de la Paix », source de désordre et d’insécurité.

Créé à l’origine en vue de la reconstruction de Gaza, il est désormais érigé en véritable organisation internationale chargée d’assurer la paix mondiale. Placé sous l’emprise du président Trump, ce Conseil de la paix n’est pas une organisation comme les autres. En cela, elle est à l’image de la politique extérieure de son créateur.

 

Le modèle des organisations internationales

La société internationale comprend des acteurs créés par les Etats eux-mêmes : les organisations internationales. Celles-ci ne sont, pour les « réalistes », que des instruments au service des Etats eux-mêmes, des espaces où les puissances demeurent en compétition. Une telle conception instrumentale qui se distingue de celle des « libéraux », qui conçoivent les organisations internationales comme des cadres de coopérations multilatérales susceptibles de dépasser les égoïsmes nationaux pour gérer les besoins collectifs et les interdépendances.

La réalité des organisations internationales oscille entre ces deux visions : ces acteurs interétatiques tentent de concilier intérêt commun et intérêts nationaux, confrontation et concertation (voire solidarité). Ils offrent un cadre institutionnel permanent propice à l’action collective, à la circulation de l’information, au dialogue intergouvernemental, à la formation de consensus sur des sujets d’intérêt commun …, mais sans exclure ni les égoïsmes nationaux ni les stratégies de puissance.

Ces entités constitutives de l’ordre international de l’après-Seconde guerre mondiale font face à une crise de légitimité et d’efficacité, dans un contexte marqué, d’une part, par l’affirmation de puissances étatiques motivées par la remise en cause de l’ordre international, et, d’autre part, par l’affirmation de nouveaux modes d’existence et d’exercice du multilatéralisme.

Ces enjeux ne se posent pas dans les mêmes termes et avec la même acuité pour toutes les organisations internationales. Celles-ci ne forment ni un bloc monolithique ni un modèle unique. Leur profusion rivalise avec leur diversité. Si elles partagent des caractéristiques fondamentales, les organisations internationales relèvent de catégories différentes qui attestent leur hétérogénéité. S’il existe une pluralité d’organisations internationales faisant l’objet de diverses classifications (sur la base du critère de leur composition, de l’objet de leurs activités et de leurs pouvoirs ou finalités), le Conseil de la Paix détonne.

 

Le Conseil de la paix

Le « Conseil de la paix » a été imaginé par le plan de Donald Trump pour Gaza, publié en septembre 2025, avec comme but la supervision et l’application du « cessez-le-feu » et la reconstruction du territoire palestinien. Repensé en janvier 2026, le « Conseil de la paix » revêt désormais une nouvelle dimension : il ne s’agit plus d’une entité temporaire et sa mission est plus large que dans le projet initial. La question de Gaza et de la Palestine n’est plus son objet exclusif, puisque celui-ci a pour but officiellement d’« assurer une paix solide dans les régions affectées ou menacées par un conflit ». Une manière de concurrencer l’ONU (née en 1945 précisément pour assurer la paix et la sécurité internationale), qui souffre d’une relative paralysie décisionnelle et opérationnelle.

Si formellement le Conseil de la paix se présente comme une « organisation internationale », celle-ci présente un fonctionnement singulier, centralisé autour de la figure de Donald Trump, son président. Ce dernier exercera cette fonction au-delà même de son mandat de président des Etats-Unis et désignera son propre successeur. Une personnalisation prolongée par une concentration des pouvoirs au profit également de Donald Trump : seul à même de choisir les Etats membres du Conseil de la paix et les diverses personnalités internationales qui le composent, il est le seul interprète de sa “Charte“ et dispose d’un “droit de véto“ sur les propositions votées par le Conseil de la paix. Des pouvoirs exorbitants qui ne font que refléter sa vision du pouvoir, tel qu’il l’exerce aux Etats-Unis. Une vision absolutiste et autoritaire, qui vient de connaître un coup d’arrêt spectaculaire avec la décision de la Cour suprême américaine, qui a invalidé les droits de douane « réciproques » qu’avaient érigés Donald Trump. Par contraste, aucune juridiction ou contre-pouvoir n’est prévu au sein du Conseil de la paix…

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Le spectre d’une attaque imminente de l’Iran se dessine

21. Februar 2026 um 11:49

Bruits de bottes au Moyen-Orient où le Pentagone aura mis en place une imposante force de frappe navale et aérienne. Selon les médias américains, les Etats-Unis pourraient frapper l’Iran dès ce week-end.

 

Les Américains vont-ils passer à l’acte en bombardant la République islamique d’Iran dès ce week-end du 21 février 2026), peut-être dans les heures qui suivent ? Cela dépendra, précisent les médias américains, d’une prise de décision de Donald Trump si un accord sur le nucléaire n’est pas trouvé avec Téhéran dans les prochaines heures.

Ainsi, soufflant le chaud et le froid, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué mercredi 18 février que « l’Iran serait bien avisé de conclure un accord », estimant qu’il existait « de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe » contre Téhéran. Une manière de mettre la pression sur le régime des mollahs pour conclure un accord pour éviter de s’attirer les foudres de Washington ?

Renverser le régime des mollahs ?

Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains anonymes, une des options militaires contre Téhéran consisterait à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ». Pour preuve, Donald Trump n’avait-il pas estimé jeudi 12 février que « couper la tête du serpent serait la meilleure chose qui puisse arriver », ajoutant qu’il « faille  passer un accord, sinon ce sera très traumatisant » pour Téhéran.

A noter à ce propos que c’est la première fois que la Maison Blanche  évoque l’éventualité du renversement du régime des mollahs, alors que lors de la guerre des 12 jours (13 – 24 juin 2025), Washington s’était « contenté » de viser des sites nucléaires iraniens. Depuis, à la suite d’un vaste mouvement de contestation populaire déclenché en Iran et réprimé férocement dans le sang par les Gardiens de la Révolution, la donne aura sensiblement changé.

Mais que veulent les Américains au juste ? En plus d’un règlement sur le nucléaire, Washington veut y inclure le programme de missiles balistiques de Téhéran ainsi que son soutien aux groupes armés régionaux qui sont hostiles à Israël, notamment le Hezbollah, le Hamas ou encore les Houthis. Ce qui apparaît difficilement acceptable pour le régime iranien, surtout le démantèlement de ses missiles balistiques qui constituent la riposte ultime à la menace israélienne.

Démonstration de force

Et c’est pour se préparer à tous les scénarios, à l’exception d’une intervention terrestre que Donald Trump ne désire à aucun prix que l’armée américaine se tienne prête.

Ainsi, en plus des dizaines de milliers de soldats présents dans des bases militaires à travers la région, le Pentagone a déployé depuis quelques semaines une imposante armada au Moyen-Orient : treize navires de guerre, un porte-avions (le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier), neuf destroyers et trois frégates légères.

En renfort, le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, navigue actuellement dans l’océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du Golfe. Il est accompagné par trois destroyers. Sachant qu’il est rare que deux porte-avions américains qui transportent des dizaines d’avions de combat et fonctionnant avec des milliers de marins à bord, soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. Ce fut pourtant le cas en juin dernier, quand Donald Trump décida de frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens pendant la guerre de douze jours déclenchée par Israël.

Selon les experts militaires, la présence simultanée de deux porte-avions permettrait aux États-Unis de soutenir un rythme de plusieurs centaines de frappes aériennes quotidiennes durant plusieurs semaines.

A cela s’ajoute une flotte aérienne d’envergure composée d’avions de combat furtifs F-22 Raptor, d’avions de combats F-15 et F-16, et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations.

Risque d’embrasement régional

En réaction aux menaces américaines, l’Iran a annoncé mardi 17 février la fermeture partielle et temporaire par « sécurité » du détroit d’Ormuz, l’espace maritime par lequel transite un quart de la production mondiale de pétrole et pour y conduire des manœuvres navales menées par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique ; une décision sans précédent depuis les années 1980. Tandis que des manœuvres conjointes avec la Russie sont annoncées dans le golfe d’Oman.

D’autre part, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei a menacé de « couler » le porte-avions américain déployé au large de ses côtes et de frapper si besoin les bases militaires américaines, suscitant la crainte d’un embrasement généralisé.

En a-t-il réellement les moyens ? Sur le plan strictement militaire, la réponse est oui. En effet, l’Iran dispose d’un important arsenal de missiles balistiques et de drones capables d’atteindre des bases américaines en Irak, en Syrie ou dans les pays du Golfe. En janvier 2020, après l’élimination du général Qassem Soleimani par les États-Unis, Téhéran avait d’ailleurs tiré des missiles sur la base d’Aïn al-Assad en Irak, où stationnaient des troupes américaines. L’attaque avait causé des blessés mais évité des pertes massives, illustrant une capacité de frappe réelle mais calibrée.

D’autre part, Téhéran peut également s’appuyer sur son réseau d’alliés régionaux, notamment le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak ou encore les Houthis au Yémen, pour mener des attaques indirectes contre des intérêts américains. Cette stratégie asymétrique constitue l’un des principaux leviers de dissuasion de Téhéran.

Au final, en cas d’attaque américaine qui paraît imminente, les dirigeants iraniens « feront ce qu’ils peuvent pour provoquer une guerre régionale », a averti le New York Times. Question se survie.

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Tunisie 2026 : saisir l’opportunité chinoise ou la laisser passer

19. Februar 2026 um 13:50

La Tunisie se trouve à un tournant économique majeur. Le Plan 2026-2030, couplé à l’annonce officielle de la Chine, qui appliquera un traitement à tarif zéro pour les importations des 53 pays africains à compter du 1er mai 2026, pourrait transformer l’export et dynamiser les régions. Après des décennies de plans restés théoriques, il ne s’agit plus de discours, mais d’actions concrètes et rapides.

 

Sfax, Kairouan, Kébili ou Tozeur disposent d’atouts agricoles et industriels considérables. Pourtant, les besoins locaux restent trop souvent ignorés ou mal traduits en projets opérationnels. Le Plan de développement 2026-2030 mise sur une approche ascendante, associant conseils locaux et producteurs. La réussite dépendra de la capacité à transformer ces consultations en projets concrets, avec des moyens financiers et une gouvernance efficace.

 

La Chine : un marché stratégique

À compter du 1er mai 2026, l’Empire du Milieu ouvrira son marché aux produits des 53 pays africains partenaires, avec traitement à tarif zéro, comme annoncé par Xi Jinping, le président chinois, au 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Pour la Tunisie, cela représente un avantage concurrentiel immédiat pour l’huile d’olive, les dattes, les agrumes et certains produits de la mer, qui pourront entrer sur le marché chinois à des prix plus compétitifs. Cette ouverture facilite également l’accès grâce à la simplification des procédures douanières et pourrait attirer davantage d’investissements chinois dans l’agroalimentaire et la logistique.

Mais cette exonération n’est pas une transformation automatique. Pour en tirer pleinement parti, il faudra :

  • renforcer les capacités productives locales ;
  • améliorer la qualité et la valeur ajoutée des produits exportés ;
  • développer des accords commerciaux et logistiques efficaces.

Cette mesure est une complémentarité stratégique : la Tunisie peut l’exploiter tout en consolidant ses relations avec l’Europe et en structurant ses filières locales pour générer des emplois durables.

 

Croissance inclusive et compétitive

Une croissance exportatrice ne peut se faire au détriment de la qualité des emplois. La montée en gamme des produits doit aller de pair avec la montée en compétences, la sécurité de l’emploi et la protection sociale. Seule une stratégie combinant productivité et inclusion sociale est durable et crédible sur le marché international.

Le temps est compté. Les institutions, entreprises et investisseurs tunisiens doivent se coordonner immédiatement pour tirer parti de cette exonération. Dans un contexte mondial marqué par le protectionnisme croissant, cette fenêtre d’opportunité est stratégique. Elle ne restera pas disponible indéfiniment ; il est impératif de préparer les entreprises, sécuriser les chaînes logistiques et renforcer la valeur ajoutée dès maintenant.

 

Transformer le potentiel en résultats

La Tunisie a déjà connu des plans ambitieux, mais restés théoriques. Cette fois, la combinaison d’une approche ascendante et d’une ouverture stratégique vers la Chine et d’un pilier social fort peut créer une réelle opportunité de transformation économique, jamais vue auparavant. Le succès dépendra de la capacité à mettre en œuvre rapidement des projets structurants, valoriser les filières locales et attirer des investissements ciblés.

La fenêtre est ouverte : la Tunisie peut concrétiser un véritable décollage exportateur ou laisser filer une nouvelle chance historique. La différence tiendra à la capacité à transformer parole et stratégie en actions mesurables et efficaces.

 

En résumé

  • Date clé : 1er mai 2026, début du traitement à tarif zéro.
  • Produits concernés : huile d’olive, dattes, agrumes, produits de la mer.
  • Avantages : prix compétitifs, simplification des formalités, attractivité pour les investissements chinois.
  • Conditions de succès : capacités productives, qualité des produits, logistique et accords commerciaux.
  • Dimension sociale : inclusion et montée en compétences pour une croissance durable.

 

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Les analyses et propositions formulées dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Conseil de la paix : ces pays qui brillent par leur absence…

19. Februar 2026 um 11:22

Le Conseil de la paix lancé par Donald Trump devrait réunir ce jeudi à Washington les pays alliés et partenaires des États-Unis; mais sans la participation des principales grandes puissances mondiales.

Le Conseil de la paix est une initiative politique qui brouille les lignes et sème la discorde avant même son lancement.

En effet, il est conçu en amont, soi-disant pour œuvrer à la reconstruction de la bande de Gaza et à en faire « la riviera du Moyen-Orient ». Et  en aval pour instaurer une « pax americana » à la sauce Trump, avec l’ambition affichée de résoudre des conflits armés dans le monde et de redessiner l’ordre mondial à son avantage, tout en contournant l’ONU.

Ainsi, le Conseil de la paix tiendra ce jeudi 19 février à Washington sa réunion inaugurale, dans les locaux de l’Institut des États-Unis pour la paix. Lequel a été récemment rebaptisé par le département d’État « Institut Donald J. Trump pour la paix ». Bien entendu, le président américain en assure la direction, entouré d’un comité exécutif composé de son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

D’autre part, 27 États qualifiés de « membres fondateurs » feront le déplacement à Washington pour acter la naissance de cet organe controversé. Avec à la clé un ticket payant d’un milliard de dollars que chaque pays membre devra débourser pour avoir « l’honneur » d’y siéger.

A ce propos, Donald Trump, le maître des lieux, a assuré, dimanche 15 février sur son réseau Truth social, avoir rassemblé 5 milliards de dollars de promesses de dons en faveur de reconstruction à Gaza. Sachant que ce projet prévoit un financement massif pour Gaza, avec une première enveloppe de 5 milliards de dollars et l’objectif d’atteindre 70 milliards, afin de reconstruire le territoire et de soutenir une force internationale de stabilisation.

Les copains d’abord

Mais quid des « pays fondateurs » qui assisteront à la réunion inaugurale de ce fameux Conseil ? Evidemment, des dirigeants ouvertement proches de Donald Trump à l’instar du Premier ministre hongrois Viktor Orban, du président argentin Javier Milei ou encore du Premier ministre albanais Edi Rama qui a lui aussi confirmé sa présence, tout en prenant ses distances sur le plan financier. « L’Albanie a le privilège d’être un État fondateur, mais elle ne contribuera pas financièrement pour adhérer ou rester en tant que membre permanent », a-t-il déclaré dimanche dernier.

Plusieurs dirigeants asiatiques sont également attendus, notamment le président indonésien Prabowo Subianto, à la tête du pays musulman le plus peuplé du monde, le président vietnamien To Lam, ainsi que le Premier ministre cambodgien Hun Manet.

Pour ce qui est du Moyen-Orient, tous les pays arabes signataires des accords d’Abraham qui ont permis une normalisation des relations avec Israël en 2020, répondent à l’appel. Notamment l’Egypte qui sera représenté par le Premier ministre Moustafa Madbouli, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Maroc et Bahreïn. Pour sa part, l’Arabie saoudite, un poids lourd politique et financier a décliné l’invitation.

Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne devrait pas faire le déplacement. L’Etat hébreu sera toutefois représenté par son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.

Pays « observateurs »

Rappelons à cet égard, qu’à défaut d’adhérer au Conseil de la paix, plusieurs pays et organisations ont choisi d’assurer une présence en tant qu’observateurs.

Ainsi, après avoir exclu toute adhésion pour des raisons constitutionnelles, l’Italie sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Ce dernier a souligné la volonté de son pays de contribuer à la formation des forces de police à Gaza et dans les Territoires palestiniens.

La Roumanie participera également comme observatrice. La Grèce sera représentée par son vice-ministre des Affaires étrangères Harry Theoharis. La République Tchèque et Chypre feront également partie des observateurs.  L’Union européenne sera représentée par la commissaire à la Méditerranée Dubravka Suica, avec pour objectif affiché de porter la position européenne sur la situation à Gaza, sans rejoindre formellement l’instance.

Le camp du niet

Toutefois, sur la soixantaine de pays invités par Donald Trump à rejoindre le Conseil de la paix, une dizaine d’États ont ainsi explicitement refusé d’y adhérer et ne devraient pas participer à la réunion inaugurale, sauf revirement de dernière minute en tant qu’observateurs.

Ainsi, la France a fait savoir dès le 19 janvier qu’elle ne donnerait « pas de suite favorable » à ce stade. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a justifié cette position en soulignant « l’incompatibilité du Conseil avec les engagements de Paris au sein de l’ONU ».

Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également décliné l’invitation. D’autres États européens ont fait savoir qu’ils n’envisageraient une participation qu’à la condition d’une modification de la charte fondatrice.

Mais c’est le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’est montré le plus radical dans son refus de se joindre à la troupe en accusant Donald Trump de vouloir se poser en « maître » d’une « nouvelle ONU ». Le président brésilien plaide pour un Conseil strictement limité à Gaza et incluant « un siège pour la Palestine ».

Autre absence remarquée : celle du Canada. Le milliardaire républicain ayant retiré son invitation au Premier ministre Mark Carney après que ce dernier a publiquement répondu aux attaques de Donald Trump, affirmant que le Canada « n’existe pas grâce aux États-Unis ».

Enfin, la Russie a clairement indiqué qu’elle n’a pas l’intention d’assister à cette première réunion le 19 février. Idem pour la Chine qui a décliné l’invitation tout en annonçant son attachement à l’ordre international fondé sur le système onusien.

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Tunisie & IA : le pari des talents pour réinventer l’économie

18. Februar 2026 um 20:01

Dans le cadre du lancement du nouveau plan de développement économique, plaçant l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au rang de priorité stratégique, un enjeu majeur mérite une attention particulière : celui des compétences humaines nécessaires pour en tirer profit dans les faits.

L’IA est souvent présentée comme un moteur de productivité et d’innovation, capable d’améliorer la prise de décision et de stimuler les performances sectorielles. Sur le papier, cette vision est séduisante. Mais sans une stratégie claire et réaliste visant à former les responsables et cadres opérationnels, qu’ils œuvrent dans l’administration publique, les institutions financières ou les entreprises, ces ambitions risquent de rester largement théoriques.

C’est ici que se trouve la véritable transformation : l’IA doit être utilisée comme un assistant structuré, et non comme un substitut au jugement humain. Elle peut aider à analyser des volumes massifs de données, synthétiser des informations complexes et produire des livrables professionnels, mais ce potentiel ne se réalise pleinement que si les responsables et cadres opérationnels savent poser les bonnes questions, interpréter les résultats, identifier les limites et maintenir un contrôle critique constant.

Certaines voix ont souligné le risque que l’IA devienne un mot-clé sans impact concret sur la productivité ou la qualité de la décision publique. Cette prudence est légitime : les processus, les données et la culture organisationnelle tunisienne doivent encore évoluer pour accueillir ces outils de manière harmonieuse. Il ne s’agit pas de freiner l’innovation, mais de garantir une adoption responsable et progressive.

 

Il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.

 

Dans ce cadre, la formation professionnelle continue des responsables et cadres opérationnels est le pivot de la transformation. Il ne s’agit pas de former des experts techniques, mais de développer une culture professionnelle de l’IA : comprendre les outils, interpréter les résultats, exercer un contrôle critique et appliquer des usages éthiques et responsables. Seule cette approche permet de tirer parti de l’IA sans risques de décisions biaisées ou d’utilisation mécanique.

L’intégration de l’IA doit également prendre en compte les enjeux de souveraineté numérique, de sécurité et de confidentialité des données, particulièrement dans l’administration et le secteur financier. Les responsables et cadres opérationnels formés sont mieux armés pour définir des usages conformes à l’intérêt général et aux exigences réglementaires.

Enfin, il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.

L’intégration réussie de l’IA dans le plan de développement économique tunisien repose donc sur un investissement clair dans les compétences, la formation professionnelle et le discernement des responsables et cadres opérationnels. C’est cette capacité humaine, et non la technologie seule, qui permettra à l’IA de devenir un véritable levier de modernisation, au service de l’action publique, de la stabilité financière et de la compétitivité économique du pays.

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Les propos développés dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Quand la limite entre service et service devient floue!

18. Februar 2026 um 16:40

Il est à l’origine d’une des courses les plus prestigieuses de la planète, le marathon. Qui est-il et pourquoi ? 500 ans avant JC, ce soldat qui s’appelait Phidippidès avait parcouru 40 km entre MARATHON et ATHENES en courant pour transmettre une information à ses compatriotes : la victoire de l’armée grecque sur les Perses. Et il serait mort d’épuisement au bout de ce parcours.

Le pauvre. Il aurait vécu plus longtemps si son armée disposait de téléphone et ses compatriotes d’Internet. Mais chaque chose en son temps, et aujourd’hui il arrive souvent même que l’on soit informé d’un événement avant même qu’il ne se produise, l’information allant plus vite que son temps de propagation. Ce service est devenu l’information qui nous inonde d’une manière ostentatoire et exagérée. Ce qui fait que l’on n’arrive plus de séparer la graine de l’ivraie et devient de plus en plus sévices !

Tout cela ne facilite plus le travail du journaliste, censé transmettre une information sûre et fiable et vérifiée. Mais je me pose de plus en plus une série de questions relativement simples : c’est quoi une information? A quoi sert-elle? Où est-ce qu’on la trouve?

Évidement j’ai commencé à poser la question à Internet : « C’est quoi une information ». Sa réponse a été claire : «Une information est un message, une donnée ou un fait rapporté, qui apporte une connaissance nouvelle, vérifiée et fiable sur un événement ou une situation. Elle se distingue d’une opinion ou d’une rumeur par son caractère factuel, son intérêt pour le public et sa vérification par des sources. »

Il m’a même précisé que, pour être vraie il fallait qu’elle soit factuelle, fiable et vérifiée, nouvelle et pertinente et être transmise sur différents supports…

Mais le constat est permanent, cette définition semble de moins en moins appliquée, et aujourd’hui la limite entre le RIGHT et le FAKE devient difficilement définissable. Mais le pire c’est qu’elle concerne de plus en plus des phénomènes et/ou des actions d’envergures diverses qu’il serait trop long d’énumérer et pourrait générer une série d’informations plus ou moins douteuses.

Et tout ce phénomène s’est accentué avec l’apparition de ce qu’on appelle «les réseaux sociaux» qui ne ressemblent à aucun réseau relationnel, et surtout n’ont rien de social, d’une part, et, d’autre part, par l’utilisation abusive d’un appareil qui pèse moins de 250g qui n’a rien de smart mais est un concentré de technologie et qui, entre autres, stocke et déroule l’information et maintenant parle aussi à son utilisateur. Utilisateur qui devient quasiment esclave de ce smartphone qui est en train de ronger la société et ses échanges, société qui ne se parle plus mais a le nez engoncé dans ces 250g à longueur de journée, lit et écoute les informations qu’il veut bien lui distiller et auxquelles il veut bien y croire si cette information lui sied.

Ceci à l’échelle de l’individu qui ne parle plus, ne pense plus, ou ne pense que quand  son écran l’y autorise, ne réfléchit plus ou peut réfléchir quand la batterie est vide, et se noie dans ce défilé d’informations utiles et inutiles sur son écran à longueur de journée. A côté de ce micro phénomène, se développent à grande échelle des chaînes télé qui développent les news et les fake news, les habillent; les enjolivent, les justifient et même en démontrent la véracité à coup de spécialistes et d’experts et autres consultants.

Mais, chaque phénomène de cette nature finit par déclencher dans d’autres systèmes des réactions imprévues et imprévisibles, à l’image de l’Intelligence artificielle qui  collecte et structure les informations – y compris celle qu’elle contribue parfois à fabriquer – quelle que soit leur nature dans une énorme « data base » et répond aux questions posées et vous aide à en apprécier la véracité de leur contenu.

Comme exemple significatif de désinformation d’Etat et d’information erronée à grande échelle, souvent étudié en Sciences Politiques et en Communication devenu  symbole de défaillance systémique du renseignement et d’emballement médiatique marqué par des effets durables, nous avons choisi la fameuse affaire des « Armes de Destruction Massive » en Irak (2002–2003)» où l’IA nous informe sur sa consistance :

 

1/ La fausse information: En 2002–2003, les gouvernements américain et britannique ont affirmé que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive (ADM). Ces affirmations ont été largement relayées par de grands médias internationaux et présentées comme fondées sur des renseignements crédibles.

 

2/ Beaucoup de gens y ont cru après la présentation officielle devant l’ONU, et avoir subi un matraquage médiatique massif à ce sujet et sur le terrorisme islamique…

 

3/Les conséquences concrètes de ce fake

– Invasion de l’Irak en mars 2003 ayant entraîné des centaines de milliers de morts (militaires et civils).

– Instabilité régionale durable et émergence de groupes extrémistes (dont Daech plus tard).

– Dégradation de l’image internationale des États-Unis et du Royaume-Uni.

– Coût économique colossal (plusieurs milliers de milliards de dollars).

 

4/Comment la « fake news » s’est consumée

Après l’invasion, les inspections approfondies n’ont trouvé aucune arme de destruction massive active. L’Iraq Survey Group (rapport officiel de 2004) a conclu que les stocks n’existaient pas. Plusieurs enquêtes parlementaires ont révélé des erreurs majeures dans l’analyse des renseignements. Certains responsables ont reconnu publiquement que les informations étaient erronées ou exagérées. Avec le temps, le consensus international a basculé et l’argument des ADM est désormais largement considéré comme infondé. La narration initiale s’est progressivement effondrée d’elle-même, non pas par une révélation spectaculaire unique, mais par accumulation de preuves contraires.

Comme quoi, aujourd’hui on n’a besoin ni de TNT ni d’uranium pour démolir un peuple, il suffit d’une FAKENEWS bien agencée pour en faire une ADM.

 

A bon entendeur

Salut FB !

Ibtissem

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Afrique numérique en construction : la Tunisie à l’heure des choix stratégiques (2026–2030)

18. Februar 2026 um 09:35

À l’aube du lancement de son Plan de développement 2026–2030, la Tunisie se trouve à un moment décisif de son repositionnement économique et stratégique. Dans une Afrique engagée dans la construction de son marché numérique, le partenariat avec l’Algérie offre une opportunité structurante pour renforcer la souveraineté technologique, l’attractivité économique et l’intégration régionale. Cette tribune analyse les choix clés auxquels la Tunisie est aujourd’hui confrontée.

Alors que l’Afrique accélère la mise en œuvre de sa stratégie de transformation numérique, une nouvelle géographie économique et technologique est en train de se dessiner à l’échelle du continent. La construction progressive du Marché unique numérique africain, portée par les orientations de l’Union africaine, ouvre une fenêtre d’opportunité pour les pays capables de se positionner comme pôles régionaux structurants.

Pour la Tunisie, le calendrier est particulièrement significatif. Le démarrage imminent du Plan de développement 2026–2030 coïncide avec une phase d’accélération continentale où le numérique devient un levier central de croissance, de souveraineté et d’intégration économique. Dans ce contexte, le rapprochement avec l’Algérie dépasse le cadre bilatéral : il constitue un choix stratégique, susceptible de repositionner durablement la Tunisie dans l’architecture de l’Afrique numérique en construction.

Économie : le numérique comme accélérateur de valeur et d’attractivité

Pour une économie tunisienne confrontée à des impératifs de relance, de montée en gamme et d’attraction de capitaux, la transformation digitale n’est plus un luxe, mais un levier économique structurant. Elle permet de réduire les coûts de transaction, d’améliorer la productivité, de faciliter l’intégration des PME aux chaînes de valeur régionales et de fluidifier les échanges transfrontaliers.

Dans cette perspective, le Marché unique numérique africain représente une opportunité majeure, à condition qu’il repose sur des pôles régionaux crédibles, capables d’organiser l’offre, la demande et l’investissement. La coopération tuniso-algérienne, si elle est orientée vers des projets concrets – infrastructures numériques, plateformes régionales, services à valeur ajoutée – peut contribuer à positionner la Tunisie comme point d’entrée économique vers les marchés africains, tout en renforçant son attractivité pour les investisseurs internationaux.

La stratégie numérique continentale met l’accent sur l’harmonisation réglementaire, la sécurisation des échanges et la création d’un cadre de confiance transfrontalier. Pour la Tunisie, l’enjeu est clair : traduire ces orientations africaines en avantages comparatifs au service de son nouveau cycle de développement.

Stratégie : souveraineté numérique et repositionnement régional

Au-delà des considérations économiques, le numérique est désormais un enjeu de souveraineté et de projection stratégique. La maîtrise des données, la sécurité des infrastructures critiques et la résilience face aux risques cyber conditionnent l’autonomie économique et la crédibilité internationale des États.

Dans le cadre du Plan 2026–2030, la Tunisie est appelée à clarifier son positionnement géoéconomique. Le partenariat avec l’Algérie offre une opportunité rare : celle de bâtir une capacité régionale partagée, permettant de réduire la dépendance technologique externe tout en renforçant le poids du Maghreb dans l’architecture numérique africaine.

La mise en œuvre effective de la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données, la coordination des politiques publiques et la mutualisation de certaines capacités (centres de réponse aux incidents, infrastructures de données, normes communes) peuvent transformer la coopération bilatérale en outil stratégique de souveraineté collective. Pour la Tunisie, il ne s’agit pas de suivre une dynamique imposée, mais bien de co-construire un cadre régional aligné sur ses intérêts économiques, sécuritaires et industriels.

Numérique : capital humain, innovation et effet d’entraînement continental

Le principal atout de la Tunisie demeure son capital humain. Compétences numériques, ingénierie, écosystèmes de startups et capacité d’innovation constituent des ressources stratégiques à valoriser dans le prochain plan de développement. Mais cet avantage ne produira pleinement ses effets que s’il s’inscrit dans un écosystème élargi, capable d’absorber, de financer et de diffuser l’innovation à grande échelle.

La coopération avec l’Algérie, combinée à une ouverture maîtrisée vers l’Afrique subsaharienne, peut favoriser l’émergence d’un pôle numérique maghrébin, fondé sur l’interopérabilité, les normes ouvertes et le développement de solutions locales à vocation continentale. La stratégie africaine souligne l’importance de la formation, de la mobilité des talents et de la reconnaissance mutuelle des compétences : autant de chantiers que la Tunisie peut intégrer comme priorités opérationnelles de son Plan 2026–2030.

L’enjeu est d’éviter une juxtaposition d’initiatives dispersées. Ce qui est en jeu, c’est la capacité de la Tunisie à jouer un rôle d’entraînement, en structurant des projets numériques à impact, exportables et créateurs de valeur durable.

Perspective

À l’aube du Plan de développement 2026–2030, la Tunisie se trouve à un moment décisif. Le numérique peut devenir un pilier de souveraineté économique, un vecteur d’intégration régionale et un levier d’attractivité internationale. Le partenariat tuniso-algérien, s’il est inscrit dans une vision africaine cohérente, peut servir de modèle de coopération Sud-Sud, pragmatique et orienté résultats.

L’enjeu n’est plus de savoir si le Maghreb participera à la révolution numérique africaine, mais à quel niveau et avec quelle ambition. Pour la Tunisie, le choix est stratégique : rester en périphérie des dynamiques continentales ou s’affirmer comme acteur central de l’Afrique numérique en construction.

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Les analyses développées dans cette tribune sont proposées à titre de réflexion. Elles visent à nourrir le débat économique et stratégique, sans engager aucune autorité publique ou privée.

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Cloud et IA : les banques publiques, rempart de la souveraineté tunisienne

17. Februar 2026 um 16:10

À l’heure où le numérique devient un pilier de puissance et de résilience économique, la Tunisie se doit de repenser sa stratégie de souveraineté numérique. Abdelwaheb Ben Moussa explore dans cette tribune le rôle stratégique du cloud et de l’intelligence artificielle. Avec un focus sur les banques publiques comme infrastructures critiques. Il propose une approche pragmatique pour renforcer l’autonomie et la compétitivité nationale.

Souveraineté numérique : une condition de résilience

Le cloud et l’intelligence artificielle (IA) sont devenus des infrastructures critiques pour les États. Elles soutiennent les administrations, la santé, la finance, la défense et la planification économique. Sans contrôle sur ces technologies, la Tunisie risque de subir des dépendances étrangères, qu’elles soient commerciales ou géopolitiques.

Les expériences internationales offrent des leçons claires :

  • États-Unis : puissance économique par la domination des géants du cloud et de l’IA.
  • Chine : cloud fermé et IA intégrée à la stratégie nationale, souveraineté totale, mais ouverture économique limitée.
  • Europe : approche pragmatique, cloud de confiance et IA souveraine sur des niches critiques.

Ces modèles montrent que maîtriser le cloud et l’IA est aujourd’hui une condition de résilience et d’autonomie stratégique.

Les banques publiques : infrastructures critiques de l’économie tunisienne

Les banques publiques tunisiennes occupent une place centrale : elles gèrent les flux financiers, centralisent des données sensibles et soutiennent la politique monétaire. Leur vulnérabilité face à des solutions cloud étrangères pourrait compromettre la souveraineté économique.

La priorité est un cloud souverain ciblé sur les services bancaires critiques, accompagné d’une hybridation encadrée pour les services moins sensibles. Et ce, afin de sécuriser les données, tout en maintenant l’accès à l’innovation mondiale.

IA souveraine et sécurité fonctionnelle

Le couple IA–Cloud est central. Les modèles IA locaux peuvent :

  • Détecter les fraudes financières,
  • Sécuriser les transactions critiques,
  • Analyser les risques bancaires et monétaires.

Ces outils, entraînés sur des clusters nationaux sécurisés, garantissent une souveraineté fonctionnelle tout en restant compatibles avec les standards ouverts et les systèmes financiers globaux.

Gouvernance et mise en œuvre progressive

Une stratégie efficace repose sur :

  • Une feuille de route claire, priorisant les infrastructures critiques.
  • Des partenariats public-privé pour mutualiser compétences et investissements.
  • Des instances de gouvernance centralisées, coordonnant banques publiques, administrations et acteurs privés.
  • Le développement des talents numériques pour soutenir le cloud et l’IA souverains.

Cette approche pragmatique assure sécurité, résilience et intégration dans l’économie numérique mondiale.

Une souveraineté ciblée et extensible

La priorité sur les banques publiques ne ferme pas la voie à d’autres secteurs. En effet, la santé, l’énergie, l’administration peuvent être progressivement intégrées dans un écosystème numérique souverain et résilient.

Schéma stratégique intégré

Figure 1 – Stratégie Cloud & IA pour les banques publiques tunisiennes :

IA et Cloud

Légende :

  1. Cloud souverain sécurisé – Hébergement local des données financières et clusters IA.
  2. IA bancaire souveraine – Détection de fraude, analyse des flux et risques financiers.
  3. Cybersécurité avancée – Encryption, monitoring, protection des blocs financiers critiques.
  4. Interopérabilité internationale – Compatibilité avec les systèmes financiers globaux.
  5. Gouvernance et partenariats – Coordination État–banques publiques–experts, partenariats public-privé, instances centralisées.

 

Pour un débat national urgent

Le cloud et l’IA ne sont plus de simples outils technologiques : ils sont des leviers de souveraineté et de compétitivité. La Tunisie ne vise pas l’autarcie, mais une souveraineté fonctionnelle, protégeant les infrastructures critiques, encadrant les partenariats et favorisant l’innovation locale.

Le débat national est urgent : définir une stratégie cohérente et ambitieuse, centrée sur les banques publiques, et étendre progressivement la souveraineté numérique à d’autres secteurs stratégiques. La Tunisie nouvelle peut ainsi devenir résiliente, compétitive et stratégiquement autonome.

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L’analyse et les propositions présentées dans cette tribune n’engagent que l’auteur, Abdelwaheb Ben Moussa. Elles ne sauraient en aucun cas engager une autorité publique, institution ou organisation, et ont vocation à alimenter le débat et la réflexion stratégique sur la souveraineté numérique en Tunisie.

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L’Amérique en plein disfonctionnement politique et institutionnel

16. Februar 2026 um 10:24

Cela va faire près de 13 mois que Trump est à la Maison Blanche pour son second mandat, mais les changements que l’on observe depuis dans le comportement de l’empire américain sont véritablement stupéfiants.

Les Etats-Unis sont toujours une puissance militaire et économique de premier ordre, mais son fonctionnement politique et institutionnel est en train de se dégrader si dramatiquement que la première puissance ressemble désormais beaucoup plus à l’une des nombreuses dictatures du tiers monde qu’à une démocratie du « monde libre ».

A la Maison Blanche, Trump s’est entouré de flagorneurs moins intéressés à accomplir consciencieusement le devoir exigé par leur fonction qu’à plaire à leur chef. Le Congrès avec ses deux composantes, en renonçant à son rôle de contre-pouvoir, s’est transformé en une banale Chambre d’enregistrement. La Cour suprême, censée être la garante de l’inviolabilité de la Constitution, se complaît dans son rôle de « légitimation » des décisions de l’Exécutif aussi abusives soient-elles. Les présidents d’universités, les patrons des médias, les PDG des grands compagnies et même les milliardaires (à l’exemple de Bill Gates qui a exprimé son admiration devant « l’incroyable leadership de Donald Trump »), tous ceux-là rivalisent de flagornerie à qui plairait le plus au « grand patron ». Au parti républicain, le « culte de Donald Trump », scandale Epstein ou pas, fait fureur dans les rangs des adhérents…

Sur le plan extérieur, le fonctionnement politique et institutionnel des Etats-Unis est plus grave encore et plus dangereux. Depuis qu’il a entamé son second mandat, le président américain se comporte comme un empereur de la planète pour qui les pays, petits et grands, sont conviés de se plier à ses désirs et à exécuter ses volontés. Il demande au Canada de devenir le 51e Etat. Il harcèle le Danemark pour qu’il lui cède le Groenland. Il kidnappe le président légitime du Venezuela et sa femme. Il menace le Mexique et étouffe Cuba. Il bouleverse le commerce mondial en imposant arbitrairement aux uns et aux autres de nouveaux tarifs douaniers. Il désire arriver à un accord avec l’Iran, tout en exigeant que celui-ci se plie à ses conditions, c’est-à-dire la capitulation. Il se comporte vis-à-vis des institutions internationales comme un éléphant furieux dans un magasin de porcelaine, avec pour cible principale l’Organisation des Nations Unies etc. etc.

Son utilisation indécente du drame humain de Gaza pour instituer son « Conseil de la paix » s’inscrit précisément dans la tentative de son administration de mettre hors service l’ONU, le dernier bastion de ce qui n’est plus, hélas, que l’ombre du droit international.

En s’autoproclamant, dans sa folie des grandeurs, président du « Conseil de la paix » et en invitant les chefs d’Etat et de gouvernement de divers pays à y adhérer (avec le statut de membre permanent pour qui débourse …un milliard de dollars), Trump poursuit deux objectifs : satisfaire son ego démesuré d’être « le président des présidents »; tenter de mettre en veilleuse le Conseil de sécurité de l’ONU et transférer ses compétences à son « Conseil de la paix ». Tout en nourrissant l’illusion de cumuler seul les attributions des cinq membres permanents…

Son secrétaire d’Etat Marco Rubio était samedi 14 février à la Conférence de Munich sur la sécurité et, dans son discours, il s’en est pris avec virulence à l’ONU, prétendant que « contrairement aux Etats-Unis, elle n’a joué aucun rôle dans la résolution des conflits. » Une invitation implicite au monde à se détourner de l’institution internationale et de se fier aux Etats-Unis.

Un langage démagogique qui ne trompe personne. Car qui a rendu l’ONU inopérante, inefficace et paralysée sinon l’Amérique avec son usage systématique du veto, chaque fois le Conseil de sécurité se mobilise pour arrêter le militarisme colonial israélien et aider le peuple palestinien à recouvrer ses droits ?
Si le plus grave et le plus ancien foyer de tension qui maintient depuis des décennies le Moyen-Orient dans un état d’ébullition n’a pas été résolu, ce n’est pas parce que l’ONU est « incapable » de le résoudre, mais parce que les Etats-Unis s’opposent à sa résolution.
N’est-ce pas absurde, pour ne pas dire tragi-comique, que Trump, après avoir pris le relais de son prédécesseur dans le financement et l’armement des génocidaires israéliens, crée un « Conseil de la paix » sur le ruines de Gaza et sur les dizaines de milliers de cadavres des victimes du génocide ?
Une telle absurdité jette une lumière crue sur le degré de disfonctionnement politique et institutionnel ahurissant qui mine la politique étrangère américaine.

Et le peuple américain dans tout cela ? Dans sa grande majorité, il se soucie comme d’une guigne de ce que fait Trump aujourd’hui ou de ce qu’ont fait ses prédécesseurs depuis les Bush père et fils jusqu’à Obama et Biden.
Si aucun compte n’est demandé à Trump, qui est cité 38 000 fois dans le dossier de l’horrible scandale Epstein, pourquoi s’étonner de la totale impunité dont son peuple le gratifie chaque fois qu’il viole la Constitution américaine ou le droit international ?

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Afrique : le faible poids d’un grand continent

15. Februar 2026 um 06:00

Le 39e sommet de l’Union africaine (UA) s’est ouvert dans un contexte morose : le continent ne connaît toujours pas la paix. La conflictualité en Afrique est aujourd’hui caractérisée par une prolifération de groupes armés, dont certains extrémistes, violents et terroristes, avec des revendications locales et non nationales. Du Soudan à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les guerres régionales et autres crises humanitaires perdurent. Les tensions entre pays voisins (entre l’Algérie et le Maroc, entre l’Éthiopie et l’Érythrée, etc.) ne retombent pas.

 

Face à ces défis, l’UA n’a pas les moyens financiers (les Etats membres ne paient pas leurs contributions) et de volonté politique (ces mêmes Etats font prévaloir leurs stratégies et intérêts propres sur les aspirations panafricaines originelles de l’organisation). Bref, l’impuissance de l’Union africaine reflète l’éclatement du continent africain.

 

La faiblesse du poids géopolitique de l’Afrique

 

Le continent africain présente des vecteurs de puissance : sa superficie équivaut à plus de 30 millions de km², soit plus que la taille cumulée de la Chine, des Etats-Unis, de l’Inde et d’une partie de l’Europe) ; son poids démographique représente près de 1,5 milliard d’habitants, soit environ 20% de la population mondiale ; et ses richesses naturelles sont exceptionnelles. Par exemple, le continent détient un tiers des réserves mondiales de métaux ou minerais stratégiques comme le cobalt, le lithium, le cuivre ou le nickel, essentiels à la fois pour les biens de consommation de l’Europe, mais aussi pour la transition énergétique dans la lutte contre le changement climatique avec le développement par exemple des panneaux solaires et la construction de véhicules électriques.

 

Cette réalité factuelle contraste avec la faible puissance politico-diplomatique et économique de l’Afrique et des Africains sur la scène mondiale. Après une longue période coloniale, les indépendances nationales n’ont pas permis de rendre véritablement audible la voix des Etats africains. Aujourd’hui encore, les 54 pays que compte le continent sont relativement marginaux sur la scène internationale (aucun n’est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et seule l’Afrique du Sud fait partie du G20 et des BRICS) comme dans l’économie mondiale (même si certains d’entre eux occupent une position non négligeable dans des secteurs stratégiques comme les hydrocarbures : Algérie, Libye, Nigeria, etc.). Dans la hiérarchie des puissances internationales, nombre d’Etats africains se trouvent parmi les plus faibles, tandis que le continent ne connaît pas de véritable leadership (en dépit de l’affirmation de l’Afrique du Sud).

 

De plus, à défaut d’intégration continentale politique et économique, il est difficile de considérer l’Afrique comme une unité ou actrice globale, un « continent-puissance » des relations internationales parlant d’une seule voix. L’Union Africaine (UA) demeure relativement inaudible sur la scène internationale, même si elle a officiellement pris place en tant que nouveau membre du G20 (septembre 2023) et que les Etats africains tentent de s’organiser pour mieux peser (avec d’autres puissances secondaires) dans les organisations et conférences internationales (COP comprises). Certains affichent même leur volonté de rejoindre les BRICS, pour renforcer leur statut international dans un contexte de reconfiguration des équilibres mondiaux.

 

La faiblesse du poids géoéconomique de l’Afrique

 

Un déficit d’influence politique des pays africains qui traduit un déficit de puissance économique. Certes, on observe des progrès de l’intégration régionale, l’émergence de marchés intérieurs liée à la puissante poussée démographique et urbaine, à la progressive densification des infrastructures, et des prémices de diversification économique favorisés par la diffusion du numérique. Il n’empêche, l’Afrique est le continent le moins développé au monde et ne représente qu’environ 3% du PIB mondial. Avec l’échec des projets de développement post-indépendance, l’Afrique compte trente-deux des quarante-six pays les moins avancés (PMA) définis par les Nations unies, et les données du développement y sont, quels que soient les indicateurs, les plus faibles du monde. Une pauvreté qui se conjugue à des situations de plus en plus inégalitaires.

 

Un retard de développement socio-économique accru dans les pays d’Afrique subsaharienne et d’Afrique centrale, et dont les causes structurelles sont liées : au poids de l’héritage colonial (avec des cadres étatiques et institutionnels relativement fragiles), à des défaillances de la gouvernance publique (avec en particulier le fléau de la corruption au sein de l’appareil politique et administratif), à des infrastructures insuffisantes ou défaillantes, à des situations politiques instables, à des foyers de tensions et de conflits (intra-étatiques ou interétatiques) persistants ou récurrents (au Sahel, en Afrique centrale, dans la Corne de l’Afrique), à des ressources naturelles (à l’origine d’industries extractives) exportées sans transformation et donc avec une faible plus-value, à des richesses inégalement réparties et captées par une oligarchie (sur fond de corruption endémique), à une transition démographique inachevée, à l’impact du réchauffement climatique (alors que le continent contribue de façon marginale aux émissions de gaz à effet de serre), etc.

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Des jeunes Africains piégés par Moscou pour combattre en Ukraine ?

14. Februar 2026 um 10:26

Une enquête d’INPACT révèle qu’au moins 1 417 Africains ont été enrôlés de gré ou de force par l’armée russe et déployés en première ligne sur le front ukrainien.

 

Des jeunes Africains envoyés au massacre comme chair à canon ? C’est ce que révèle, mercredi 12 février 2026, une enquête titrée « Le business du désespoir » et menée par le collectif d’investigation INPACT en lien avec le programme All Eyes on Wagner (AEOW). Le rapport décrypte la stratégie délibérée de Moscou – confrontée à une pénurie d’hommes – et qui utilise depuis 2023 pour y combler des réseaux pour recruter des Africains, en ayant recours à des publicités mensongères, primes alléchantes et salaires mirobolants. Et ce, pour combattre aux côtés de l’armée russe et garnir ainsi sa ligne de front en Ukraine.

Le business de la mort

Un business bien rodé pour exploiter la misère humaine et le désespoir des miséreux : sauf que ces jeunes Africains, attirés par des  prospectus et de petites annonces renvoyés vers des sites Internet gérés par les services russes où on fait miroiter pour des emplois sous-qualifiés de serveurs, mécaniciens, charpentiers, se retrouvent dans un centre de formation militaire.

Il s’agit essentiellement de jeunes hommes entre 18 et 25 ans, n’ayant ni expérience ni formation militaire, pour la plupart originaires d’Égypte, du Cameroun, de Gambie, du Mali ou encore du Kenya, à la recherche d’un avenir meilleur et qui se trouvent enrôlés de gré ou de force au sein des troupes russes pour y être propulsés en première ligne et envoyés vers une mort certaine.

À titre d’exemple, le salaire mensuel minimum égyptien est de 128 dollars en 2024, alors que certaines campagnes russes de recrutement proposent un salaire mensuel de 2 500 dollars. Comment, pour un jeune chômeur, résister à la tentation ?

Chair à canon

Il y a « des jeunes hommes qui cherchent un meilleur avenir » et même « des recrues attirées par la possibilité de faire des études supérieures », indique Vincent Gaudio, cofondateur du collectif d’investigation INPACT, et qui parle de 1 417 combattants africains dont plus de 300 auraient été massacrés sur les champs de bataille dans le Donbass et ailleurs ; sans compter les blessés et les disparus.

« Une fois arrivés en Russie, les plus chanceux ont trois semaines de formation, mais globalement, il y a très peu d’entraînement. Ensuite, ils sont envoyés dans les unités combattantes sur la ligne de front, et notamment les plus dures de l’Ukraine. La grande majorité est engagée dans les vagues d’assauts successives qui cherchent à fragiliser la ligne de défense ukrainienne. D’autres sont enrôlés dans la milice Wagner. Donc on peut parler de chair à canon… ».

Et qui sont ces recrues d’origine africaine ? « Nous avons identifié plusieurs profils. Il y a les jeunes hommes qui cherchent un meilleur avenir, et à qui on propose des sommes assez conséquentes par rapport au niveau de vie dans leur pays. On a aussi vu qu’il y avait des recrues qui étaient attirées par la possibilité de faire des études supérieures dans des domaines très techniques : les nanotechnologies, la micromécanique, l’informatique… Nous avons pu les identifier grâce à leurs réseaux sociaux, notamment parce qu’ils étaient intégrés dans l’industrie de défense russe. Eux ne vont pas au combat. Moscou utilise leurs compétences techniques », a indiqué la même source.

« Il y a un dernier profil, qui est très marqué chez les Camerounais : des individus qui ont déjà une expérience militaire qu’ils souhaitent monétiser. Ils étaient dans les unités qui combattaient l’ISWAP ou Boko Haram, et, plutôt que de gagner 200 dollars chez eux, ont fait le choix de partir en Russie et essayer de gagner 2 000 dollars. Il y a une comparaison qui peut être faite avec le mercenariat ».

Duperie

Enfin, « il y a aussi ceux à qui on a dit “tu vas être étudiant“ ou même ceux qui étaient vraiment étudiants confrontés à des difficultés de renouvellement de visa à qui on a dit : “Ecoute, soit on t’expulse, soit tu prends un contrat avec l’armée russe“. Il y a aussi une infime partie de gens qui ont été recrutés après leur arrestation pour des délits mineurs. Le désespoir économique est un levier. La Russie a des difficultés à recruter et un besoin de maintenir le front tel qu’il est. Leur seule solution, c’est de gagner en volume. Il y a une petite part de volontaires mais les autres ne sont pas conscients qu’ils tombent dans un piège », a-t-il conclu.

« Il semble qu’il y ait un schéma consistant à attirer des gens et à les faire mourir », constate Abraham Korir Sing’Oei, numéro deux du ministère kényan des Affaires étrangères, résumant ainsi le drame vécu ces derniers mois par plusieurs ressortissants de son pays : trompés par des promesses d’emplois civils en Russie, des centaines d’hommes sont utilisés en réalité comme chair à canon pour la guerre en Ukraine. Glaçant.

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Khadija Taoufik Moalla : « La Tunisie n’a pas encore le secteur privé qu’elle mérite »

13. Februar 2026 um 16:44

Qui d’entre nous n’a pas renoncé à un café de quartier, à un magasin ou à un service parce que tout semble ‘au rabais’: accueil approximatif, qualité incertaine, absence de professionnalisme? Ce malaise n’est pas un simple caprice de consommateur, mais le symptôme d’un modèle économique fondé avant tout sur la réduction des coûts, au détriment de la qualité et de la confiance. Dans les boutiques, les services de proximité comme dans l’industrie, le même malaise s’installe : la sensation d’un pays qui se contente du ‘moins bien’ alors qu’il regorge de talents.

Par Khadija Taoufik Moalla

Comment la Tunisie s’est-elle enfermée dans un modèle ‘bas coûts, faible qualité’ et que faire pour en sortir afin de hisser son secteur privé au niveau des ambitions de sa société?

Un quotidien de ‘moins bien’ révélateur d’un modèle

Dans de nombreux commerces, restaurants, services de quartier ou unités artisanales, la qualité est perçue comme un luxe plutôt que comme un levier central de compétitivité. Les entreprises s’alignent alors sur un modèle de compression des coûts : salaires proches du SMIG, main-d’œuvre peu qualifiée, investissement minimal dans la formation, l’organisation du travail ou le contrôle qualité.

Souvent, le propriétaire est peu présent, délègue à des employés non formés, sans procédures écrites, sans indicateurs de satisfaction et sans culture d’écoute du client. La marge provient de la diminution des coûts plutôt que de la fidélisation, enfermant le système dans une offre de qualité défectueuse, avec des effets macroéconomiques visibles sur la productivité et la croissance.

Or, aujourd’hui, les services et l’industrie emploient l’essentiel de la main-d’œuvre tunisienne dans un paysage dominé par de très petites structures. En 2023, les services concentrent près de 54 % de l’emploi, l’industrie environ 33 % et l’agriculture autour de 13 %. Ce qui place au cœur de la création d’emplois un secteur privé de services et d’industrie supposé être le moteur de la montée en gamme.

Un secteur privé fragmenté et sous-productif

La quasi-totalité des entreprises tunisiennes sont des micros et des petites structures, souvent informelles ou semi-formelles, où la survie à court terme prime sur l’investissement dans la qualité, la formation ou la marque. Près de 98 % des entreprises sont des micros, petites et moyennes entreprises (MPME), mais elles ne représentent qu’environ 56 % de l’emploi total et 40 % du PIB. Ce qui traduit un tissu productif très fragmenté et peu capable de croître.

Quand ce tissu productif fonctionne en mode ‘bas coûts, faible qualité’, ce sont la productivité, l’emploi des jeunes et la capacité d’exporter qui se trouvent durablement bridés. La Tunisie n’a pas encore le secteur privé qu’elle mérite, non par manque de compétences, mais parce que son environnement, ses pratiques et ses incitations entretiennent un modèle de survie plutôt qu’un modèle d’excellence.

Des incitations publiques qui figent le ‘bas de gamme’

Pendant des décennies, les politiques d’incitation ont privilégié la quantité plutôt que la qualité : volume d’investissements, nombre d’emplois déclarés, exonérations fiscales. La dualité onshore/offshore a entretenu des marchés protégés côté onshore, avec peu de pression pour innover et investir dans la qualité et encore moins dans l’excellence.

Environ la moitié de l’économie a été soumise à des autorisations préalables et à des rentes, décourageant l’entrée de nouveaux acteurs et protégeant des modèles dépassés. Dans plusieurs secteurs de services et d’importation, la concentration de pouvoir économique, les barrières réglementaires et les prix administrés réduisent la concurrence qui, ailleurs, oblige les entreprises à améliorer leur rendement et leurs services.

Or tant que la réglementation protège des rentes plutôt qu’un véritable jeu concurrentiel, la tentation est forte pour de nombreuses entreprises de rester dans un modèle bas de gamme qui ne récompense ni l’effort, ni l’innovation, ni la créativité.

Gouvernance intuitive, management fragilisé

De nombreuses micro-entreprises et PME, souvent issues de contextes familiaux ou informels, fonctionnent avec une gestion intuitive, peu structurée et centrée sur le court terme. L’investissement, l’embauche ou l’expansion reposent davantage sur l’expérience personnelle, le mimétisme ou la sur-confiance que sur l’analyse stratégique, la planification ou le pilotage par des données fiables.

Dans les services de proximité, cette gouvernance se traduit par l’absence de procédures, de standardisation du service, de contrôle de qualité et de gestion active de la relation client. Le management des ressources humaines est affaibli par des recrutements au plus bas coût, des contrats précaires, une forte rotation du personnel et l’absence de formation continue ou de primes liées à la performance.

La confusion fréquente entre patrimoine familial et patrimoine professionnel, la faible transparence et l’absence de tableaux de bord ou d’indicateurs de qualité empêchent de construire des trajectoires de croissance solides. Cette gouvernance fragile, combinée à un sous-investissement massif dans la qualité, pèse lourdement sur la productivité globale et freine l’émergence d’entreprises de taille intermédiaire.

Compétences : le point de rupture

Malgré un capital humain relativement élevé, avec des taux de scolarisation importants et de nombreux diplômés, la Tunisie peine à transformer ces compétences en emplois productifs dans le secteur privé. Une partie significative des jeunes diplômés préfère attendre un poste public, perçu comme plus stable et mieux doté en avantages, même au prix d’une longue période de chômage.

Tant que le privé reste associé à des contrats précaires, à une absence de progression de carrière et à un management peu respectueux, il ne pourra pas attirer les talents nécessaires à l’amélioration du niveau. La formation professionnelle souffre d’un double désajustement : une offre de compétences largement déconnectée des besoins des entreprises et un système encore trop scolaire, peu pratique et peu attractif.

La priorité est de bâtir un continuum éducation-formation-emploi centré sur l’employabilité, les compétences techniques et les compétences transversales, en partenariat étroit avec le secteur privé. Les employeurs signalent un déficit de compétences de base (lecture, écriture, calcul appliqué, communication en arabe, français et anglais) et de soft skills (ponctualité, sens des responsabilités, travail en équipe, autonomie, culture de la qualité). À cela s’ajoute la nécessité de maîtriser les compétences numériques essentielles (bureautique, plateformes en ligne, sécurité numérique, e-commerce, gestion…) et de développer un véritable esprit entrepreneurial, capable d’identifier une opportunité, de bâtir un business plan et de gérer une activité.

Quatre leviers pour changer de modèle

Rendre le secteur privé tunisien réellement performant suppose une transformation articulée autour de quatre leviers : environnement des affaires, compétences, gouvernance et financement.

Sur le plan de l’environnement, il s’agit de simplifier les procédures, de réduire le nombre d’autorisations et de prix administrés, de renforcer effectivement l’Autorité de la concurrence, de revoir la dualité onshore/offshore et de limiter le périmètre des entreprises publiques afin d’ouvrir des espaces de concurrence réelle.

Sur le plan des compétences, il convient de rapprocher l’offre de formation des besoins des entreprises, notamment en management, marketing, digitalisation, gestion de la qualité et service client. Cela passe par des dispositifs d’alternance, de co-certification avec les branches professionnelles et des partenariats structurés entre établissements de formation et entreprises.

En matière de gouvernance, il faut encourager l’adoption de tableaux de bord, de comptabilité analytique, de certification qualité et de procédures formalisées dans les PME, tout en diffusant une culture de service, de mesure et d’amélioration continue. Des programmes d’accompagnement ciblés (coaching, incubateurs, dispositifs d’upgrading) peuvent aider les dirigeants à structurer leurs organisations, fidéliser leurs salariés et standardiser la qualité.

Enfin, l’accès au financement doit être réorienté vers la montée en gamme qualitative, à travers des instruments adaptés tels que le capital-risque, les quasi-fonds propres ou des lignes de crédit à long terme dédiées à la modernisation, à la certification, à la digitalisation et à l’innovation.

Les réformes déjà engagées – nouveau code de l’investissement, modernisation des lois sur les faillites et les PPP, simplification de la création d’entreprise – vont dans la bonne direction, mais doivent être accélérées et rendues plus cohérentes pour produire des effets visibles. Combiné à une meilleure gouvernance interne, ce nouveau mix d’incitations, de compétences et de financements peut faire émerger un tissu d’entreprises de taille intermédiaire fondé sur la compétence, la confiance et la création de valeur durable.

C’est à ce prix que la Tunisie pourra enfin disposer d’un secteur privé à la hauteur des ambitions de sa société et de ses talents.

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Ankara veut l’arme nucléaire : et si c’était un coup de bluff ?

12. Februar 2026 um 11:01

La Turquie cherche-t-elle à entrer dans la course à l’armement nucléaire ? En laissant planer un long silence, le ministre des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, cultive l’ambiguïté sur les intentions de son pays d’ouvrir un jour un programme de nucléaire militaire.

Le silence est parfois plus éloquent que les mots. C’est le cas du ministre des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, qui, interrogé par les journalistes mardi 10 février sur le plateau de la chaîne pro gouvernementale CNN Türk sur l’éventualité que son pays se dote de l’arme nucléaire, répondait par un silence lourd de sens, cultivant ainsi l’ambigüité sur les intentions d’Ankara de se lancer un jour dans la course à l’arme fatale.

Un silence menaçant

Un silence inquiétant qui a été largement commenté par la presse israélienne et grecque, et qui interpelle venant de la part d’un ancien chef des renseignements et d’un homme politique de premier plan considéré comme un possible successeur du président islamiste Recep Tayyip Erdogan.

Soulignons à ce propos que ces déclarations font écho à des propos plus anciens du président turc qui avait déjà contesté l’ordre nucléaire mondial; jugeant « inacceptable » que certaines puissances disposent de l’arme atomique; tandis que d’autres en soient exclues.

A noter également que lors de cette entrevue, et après avoir redit son opposition totale à une attaque américaine contre l’Iran et affirmé l’opposition de son pays à ce que l’Iran se dote de la bombe nucléaire, le chef de la diplomatie turque a déclaré que la Turquie « n’a aucun intérêt à déstabiliser l’équilibre stratégique régional » et que son pays « ne souhaite pas déclencher une compétition nucléaire ». Mais, a-t-il ajouté « si des pays du Moyen-Orient s’engageaient dans une véritable course aux armes nucléaires, la Turquie serait contrainte, à terme, d’envisager l’acquisition de l’arme nucléaire ».
Pour le chef de la diplomatie turque, les conséquences de la course à l’arme nucléaire ne se limiteraient pas à l’Iran, mettant en garde contre une réaction en chaîne dans tout le Moyen-Orient. « On ne peut pas s’attendre à ce que les pays restent les bras croisés », a-t-il lancé. Tout en décrivant un scénario dans lequel « les capacités nucléaires de l’Iran pourraient engendrer une course difficile à contenir une fois enclenchée ».

Ryad dans la course ?

A quel pays de la région faisait-il allusion ? A Israël qui ne confirme ni n’infirme officiellement la possession d’armes nucléaires, suivant une politique d’« ambiguïté stratégique ». Et ce, bien que des estimations internationales évaluent son arsenal à environ 90 ogives nucléaires, avec une capacité de matières fissiles permettant potentiellement d’en fabriquer jusqu’à 200 ?

A l’Iran qui est aujourd’hui en pleines négociations avec Washington en vue d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien ?

A moins que ce ne soit l’Arabie saoudite ?
Officiellement, la riche monarchie pétrolière avance concrètement sur un programme nucléaire civil pour diversifier son énergie (Vision 2030), incluant l’extraction d’uranium local et la construction de réacteurs, notamment à Duwaiheen.
Mais bien que Riyad soit signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui interdit la mise au point d’armes nucléaires, des responsables saoudiens ont toutefois déclaré par le passé que si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, le royaume chercherait à faire de même. Son intérêt pour l’enrichissement d’uranium sur son territoire suscite bien des préoccupations, car cette technologie peut avoir des usages civils et militaires.

Dilemme

Alors, face à cette course effrénée aux armes nucléaires qui est engagée par ses voisins, Ankara peut-elle rester les bras croisés ?

Sur le plan juridique, la Turquie est liée par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qu’elle a ratifié en tant qu’État non doté de l’arme atomique. Cet engagement lui interdit de développer ou d’acquérir des armes nucléaires. En contrepartie, Ankara peut poursuivre un programme nucléaire civil sous contrôle international.

Par ailleurs, en tant que membre de l’OTAN, la Turquie accueille déjà des armes nucléaires américaines sur la base aérienne d’Incirlik, sans toutefois n’avoir ni le contrôle ni l’autorisation d’utiliser ces armes. Bref, la Turquie bénéficie du parapluie nucléaire de l’Alliance ce qui lui assure une forme de protection stratégique sans posséder son propre arsenal.

Au final, n’est-il pas légitime de penser que les déclarations du chef de la diplomatie turque traduisent un message politique au reste du monde : l’ancien empire ottoman ne veut pas se retrouver en position d’infériorité durable vis-à vis de ses voisins et veut être reconnu comme une puissance majeure, dont les préoccupations sécuritaires doivent être prises au sérieux.

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Un Epstein en cache d’autres

11. Februar 2026 um 13:03

Jamais l’humanité n’a connu un scandale à résonnance planétaire, comme celui qu’à provoqué la publication par l’administration américaine, de plus de 3 millions, de correspondances électroniques, de photos, de vidéos, de documents, en rapport avec un seul homme, Jeffrey Epstein. Un juif newyorkais, d’origine ashkénaze, qui s’est avéré à la tête du plus grand réseau de proxénétisme pédophile, qu’ait connu la planète. Réseau aussi bien de relations financières, d’espionnage, que de la traite des blanches. Celui qui a autorisé la publication de ce « secret d’Etat » n’est autre que le Président des Etats Unis d’Amérique, Donald Trump, qui, obligé par une loi spécialement votée par le Congress, pour provoquer son « impeachment », a ouvert la boite de Pandore.

Le séisme planétaire déclenché par cet acte a déjà commencé à secouer des trônes, des gouvernements et des establishments. Il finira peut-être par atteindre Donald Trump lui-même. Souvenons-nous de l’affaire Clinton et Monica qui avait bien failli couper la tête de ce dernier pour parjure. Rien n’empêche que nous assistions peut-être à un remake, version Epstein. Mais le plus important n’est pas spécialement cet aboutissement politique.

En effet, grâce à la révolution technologique et particulièrement aux réseaux sociaux, des milliards d’hommes et de femmes suivent les péripéties de cet horrible scandale. Car la prostitution des enfants, filles ou garçons, n’est pas le propre des seuls américains. Mais elle gangrène toutes les sociétés, toutes les religions ou les croyances confondues, et toutes les classes sociales sans exception, de ces sociétés. Et particulièrement toutes les classes politiques et intellectuelles, dans des proportions insoupçonnées, notamment dans notre monde arabo-musulman. Ceci depuis le début de l’humanité.

Des têtes tombent, ce n’est qu’un début !

Déjà Bill Clinton et sa dulcinée Hilary sont appelés à témoigner de leur relation avec le criminel pédophile. Ce dernier qui avait financé la campagne électorale pour les élections sénatoriales de la marraine du printemps arabe, Hilary et particulièrement de notre révolution de la brouette, puisqu’elle était alors secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, est à tu et à toi avec son mari. Puisque, selon la presse américaine, il aurait voyagé 12 fois au moins dans le propre avion du grand pédophile. Plus que cela, Epstein a financé la fondation de madame Clinton pour les affaires humanitaires (sic… !) et l’on peut conclure qu’il est par conséquent, un des sponsors du printemps arabe. Mais pas autant que Georges Soros, certainement.

Sauf que la générosité de ce délinquant peut aussi toucher par sa grâce d’autres personnes très importantes dans le monde, comme la fille de Jack Lang, Président de l’Institut du monde arabe de Paris. Lequel est d’ailleurs financé par les Etats arabes pendant douze années consécutives, avec un salaire de 10 000 euros par mois. Avec des frais de bouches qui rivalisent avec ceux des princes des pétro-monarchies. Obligé de démissionner, puisque le parquet financier français à ouvert une enquête, les langues commencent à se délier à son propos, même de la part de ses amis. On risque là encore de découvrir une affaire scabreuse, qui fera le bonheur des facebookers.

Notons, pour notre part, que pendant longtemps, ce grand intellectuel et grand juriste fréquentait nos plages de Hammamet. Avant, qu’il ne cesse, sous Ben Ali, de profiter de notre mer, lui préférant les sables de Marrakech. Et devenant un des plus farouches pourfendeurs du régime tunisien. Les mauvaises langues disaient que la police tunisienne de l’époque avait tendance à mettre le nez dans ses affaires privées et à entraver sa liberté.

Mais un autre personnage de triste mémoire pour les Tunisiens, vient d’être touché par le scandale Epstein. Il s’agit d’Ehud Barak, ex premier ministre israélien, qui n’était autre que le chef du commando qui avait assassiné le grand leader palestinien Abu Jihad, dans sa maison de Sidi Bou Saïd. Un meurtrier et en plus un dépravé, si l’on juge sa relation intime avec Epstein, selon les photos et les emails révélés. L’on ne peut alors que croire le général Rachid Ammar, qui avait déclaré : « La Tunisie a son sable chaud et est protégée par ses saints-patrons ». On vient d’apprendre par la presse américaine, qu’Epstein a failli acheter, lors du gouvernement de la Troïka, l’avion présidentiel de Ben Ali. Et un protocole de vente a été même établi pour le récupérer à un prix très en deçà de sa valeur réelle. Encore une fois, il semblerait que les saints soient intervenus et la transaction fût arrêtée à temps. L’avion tunisien n’a donc pas été souillé par les frasques du criminel pédophile, et notre honneur est sauf.

Mais d’autres pays ont eu moins de chance, comme le Royaume-Uni, la Norvège, et peut être certaines monarchies arabes, où des têtes couronnées, princesses, princes et autres aristocrates ont été éclaboussés par le scandale du siècle. Touchons du bois jusqu’à maintenant, car l’affaire ne fait que commencer.

Le dossier Epstein n’est qu’à ses débuts. Ce scandale a le mérite de dévoiler la face cachée de ceux qui gouvernent le monde. La lutte contre la pédophile et la prostitution ne sont que des prétextes, pour un règlement de compte à l’échelle planétaire. Ses rapports avec le Mossad, ne font pas de doute et certainement la CIA. Mais tout le monde sait que tous les services secrets et d’espionnage, utilisent les mêmes méthodes et ne connaissent ni morale ni religion. Que Dieu nous en préserve.

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Djerba : Mausolée libyque, tombes puniques et vestiges antiques à redécouvrir

08. Januar 2026 um 11:29

Que reste-t-il aujourd’hui de l’histoire antique de Djerba ? Quelques sites et monuments ont gardé ces traces lointaines et témoignent d’un passé immémorial. C’est le cas de la chaussée romaine d’El Kantara, du site archéologique de Meninx, des nécropoles puniques de Souk El Gebli et des vestiges de Henchir Bourgou.

Ce dernier site, contrairement aux trois premiers cités, se trouve au nord de l’île et demeure relativement peu connu. La découverte de silex et d’œufs d’autruche permettent de relier ce site à la préhistoire. Toutefois, c’est à l’époque punique que Henchir Bourgou a connu son apogée. Un mausolée libyco-punique âgé de vingt-trois siècles est présent sur le site à l’état de vestige. Selon les archéologues, la cité antique qui se trouvait sur ce site était très vaste et reliée au port de Ghizen.

Les trois autres sites relatifs à l’Antiquité à Djerba sont concentrés au sud-est de l’île. La chaussée romaine reliait Djerba au continent : toujours utilisée, elle a connu des réaménagements récents et constitue aujourd’hui une voie d’accès importante.

Elle débouche sur le site de Meninx qui, à l’époque romaine, fut le principal centre politique et économique de l’île de Djerba. Cette cité antique était dotée d’un port et disposait de nombreux thermes et temples. Les vestiges d’un amphithéâtre témoignent de sa prospérité ancrée dans le commerce de la pourpre. Le site de Meninx est également très vaste et inclut une partie aujourd’hui recouverte par la mer.

Enfin, les nécropoles puniques de Souk El Gebli complètent ces différents sites antiques. Il s’agit d’un ensemble d’une douzaine de tombes rupestres dont les mobiliers funéraires ont disparu. Toutefois, l’état général des sépultures permet de reconstituer mentalement leur topographie. Notons que plusieurs fouilles se poursuivent et devraient à terme révéler de nombreux pans de l’Antiquité à Djerba.

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Petite histoire de la neige en Tunisie

07. Januar 2026 um 10:43

Nous reprenons cette chronique parue en janvier 2017 et consacrée à l’historique de la neige au vingtième siècle en Tunisie.

En Tunisie, la neige la plus précoce du vingtième siècle est tombée le 9 novembre 1921 sur Ain Draham, Thala et Makthar.

Les records de 1917 et 1921

C’est exactement dans les mêmes régions qu’on retrouve la trace des chutes de neige les plus tardives le 25 avril 1917.

C’est le géographe tunisien Abderrahmane Bousnina qui a étudié les archives de l’Institut de la Météorologie depuis 1901 et nous permet de poser notre regard sur ce qu’il convient bien de nommer une histoire de la neige en Tunisie.

Un phénomène observable de novembre à avril

De tous les pays du Maghreb, la Tunisie est celui où il neige le moins. En moyenne, on compte moins de dix jours de neige par an.

De plus, la date à laquelle la neige apparaît ou disparaît est des plus irrégulières. Néanmoins, la neige survient surtout en janvier et en février.

Il faut aussi noter que les jours de neige sont généralement isolés et que leur persistance est surtout observée dans la région de Ain Draham.

Il neige dans le désert

Lorsqu’elle se manifeste, la neige couvre un espace souvent limité et discontinu qui correspond aux secteurs les plus élevés du Tell Occidental.

Toutefois, durant les mois de février, suite à des vagues d’air froid, la neige a pu faire son apparition sur les marges nord du Sahara.

Ce fut le cas en 2012 à Matmata. Ce fut aussi le cas en février 1979 lorsqu’il avait neigé sur la région de Tozeur.

Ce fut également le cas en 1981, notamment le jeudi 8 janvier, lorsque des chutes de neige ont eu lieu sur toute la Tunisie. Rebelote en janvier 1982 lorsqu’il avait neigé sur le Sahel de Sousse.

Il neige souvent sur la Khroumirie et le Haut Tell

Pourquoi la neige est-elle si rare dans notre pays ? Une chose est certaine : la position géographique et la modestie du relief y sont pour beaucoup.

De fait, les altitudes qui dépassent les mille mètres sont plutôt rares en Tunisie. Et la neige s’explique d’abord par l’altitude.

En règle générale, la neige commence à couvrir les cimes les plus élevées dès le mois de novembre. En décembre, la neige devient plus fréquente alors que janvier et février sont les mois les plus neigeux. Des neiges tardives peuvent apparaître en mars et en avril sur les sommets.

La neige historique du 8 janvier 1981

Intéressons-nous maintenant aux records de persistance des jours de neige.

C’est à Ain Draham que l’on compte le nombre maximum de jours de neige successifs. Du 2 au 15 février 1956, il a neigé durant 14 jours consécutifs.

Terminons en évoquant la neige du 8 janvier 1981. Ce jour-là, la neige a recouvert pratiquement toute la Tunisie.

Un vent fort et glacial avait alors balayé le pays empêchant l’accumulation de la neige sur le sol.

Toutefois, les températures très basses avaient favorisé la persistance de la neige durant plusieurs jours.

Le fait est suffisamment rare pour être relevé : à la date du 9 janvier 1981, les températures minimales enregistrées étaient de -4° au Kef, -3° à Ain Draham, -2° à Remada et -1° à Tunis.

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