Un rassemblement est prévu demain, samedi 2 mai 2026, à 11h devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) à Tunis.
Ce sit-in est organisé par les familles des journalistes Mourad Zghidi et Zied El-Heni, ainsi que par le Syndicat national des journalistes tunisiens et le Comité national de soutien au journaliste Mourad Zghidi.
Cette mobilisation intervient à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année.
« Il s’agit d’un combat de chaque esprit libre, de toutes celles et de tous ceux qui croient en la liberté et à la dignité de ce pays… La liberté de Mourad Zghidi, Borhane Bsaies et Zied El-Heni est indissociable de celle de tous les journalistes, tout comme la liberté des journalistes est indissociable de celle de chaque citoyen », commentent les organisateurs.
L’examen de l’affaire liée à des litiges financiers et aux réglementations fiscales visant les journalistes Borhen Bssais et Mourad Zeghidi a été reporté.
La chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a en effet décidé ce mardi 28 avril 2026, de reporter l’examen de l’affaire au 12 mai prochain, indique le comité de défense des deux journalistes, en détention depuis près de deux ans, tout en dénonçant cette décision et en rappelant qu’il s’agit du 3e report.
La Cour d’appel a également rejeté la demande de libération émise par les avocats de Borhen Bssais et Mourad Zeghidi.
Dans une déclaration commune datée du 27 avril 2026, que nous traduisons ci-dessous, une centaine de militants associatifs et politiques, vingt journalistes, quinze organisations et neuf partis politiques ont apporté leur soutien au journaliste Zied El Hani, exigeant sa libération et la fin du harcèlement des médias.
Poursuivant une campagne de pressions, de harcèlement et de procès visant les journalistes et les médias indépendants, le journaliste Zied El Hani a été arrêté le vendredi 24 avril, sur la base d’une déclaration et d’une publication sur les réseaux sociaux, en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications.
Cette nouvelle arrestation intervient alors que les journalistes Mourad Zeghidi et Borhane Bsaies sont emprisonnés depuis plus de 700 jours, et que la journaliste Sonia Dahmani est jugée pour la deuxième fois pour les mêmes propos, tandis que le site web Inkyfada fait face à de graves menaces qui pourraient entraîner sa dissolution, ce qui constitue une violation flagrante de la liberté d’expression et du droit des citoyens à l’information.
Les soussignés, compte tenu de ce qui précède et de l’escalade du ciblage des journalistes et des médias indépendants :
1- Expriment leur soutien au journaliste Zied El-Hani et exigent sa libération, ainsi que celle de tous les journalistes et de toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, déclarations et écrits. Ils estiment que les mesures prises à son encontre visent à le faire taire, à étouffer la liberté d’expression et à intimider les journalistes et les personnalités influentes.
2- Ils condamnent la poursuite continue des journalistes, des blogueurs et des leaders d’opinion sur la base de décrets et de lois inconstitutionnels et non conformes aux traités et conventions internationaux ratifiés par l’État tunisien, et qui suppriment les libertés, comme le décret 54 et l’article 86 du Code des communications, tout en ignorant le décret 115, qui est le cadre juridique régissant le secteur des médias et de l’édition dans notre pays.
3- Ils expriment leur soutien au site web Inkyfada et à toutes les voix libres et aux médias indépendants qui sont pris pour cible et harcelés, et ils appellent à la fin des ingérences dans les médias et la profession de journaliste.
4- Ils expriment leur solidarité avec les instances indépendantes qui défendent la liberté de la presse, les droits des journalistes et la déontologie, notamment le Syndicat national des journalistes et le Conseil de la presse, ainsi qu’avec les médias indépendants, en particulier les médias alternatifs, et les défenseurs de la liberté d’expression, face aux campagnes d’incitation à la haine et de harcèlement dont ils sont victimes.
5- Ils soulignent que les campagnes systématiques visant le secteur des médias ont pour principal objectif de saper les dernières garanties démocratiques et les fondements de l’État de droit acquis après 2011, et d’instaurer un État où règne une opinion unique et une voix unique. En effet, la liberté d’expression et la liberté de la presse ne sont pas des privilèges accordés par les autorités, mais bien des droits fondamentaux et des piliers indispensables à la construction d’un État de droit et d’institutions solides.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens lance un appel à une participation large et visible à la journée de mobilisation prévue le 20 novembre dans l’ensemble du pays. Le mouvement, organisé à la Kasbah et dans les régions, vise à défendre la liberté de la presse, la dignité de la profession et l’application d’engagements institutionnels restés en suspens.
Le SNJT appelle journalistes, médias, organisations et société civile à se rassembler ce jeudi 20 novembre pour une journée d’action nationale.
A Tunis, le principal rassemblement se tiendra à la place du Gouvernement, à la Kasbah, tandis que des rassemblements simultanés se dérouleront devant les sièges des gouvernorats dans toutes les régions à partir de 10h30.
Le syndicat insiste sur la nécessité pour les professionnels des médias d’afficher leur unité. Il recommande de porter un brassard rouge pendant toute la journée, aussi bien lors des rassemblements que dans les rédactions et bureaux de travail.
Les revendications se multiplient
Au cœur de l’appel, le SNJT dénonce une série de blocages institutionnels jugés préjudiciables à l’exercice du métier. Parmi les priorités exprimées : accélérer la mise en place de la Commission indépendante chargée d’octroyer la carte nationale du journaliste professionnel, renouveler immédiatement les autorisations pour les médias étrangers, encore soumises à des restrictions, et lever toutes les entraves administratives ou réglementaires imposées aux correspondants internationaux.
Le syndicat exige également l’application des amendements adoptés concernant les statuts de la Radio nationale, de la Télévision tunisienne et de l’Agence TAP, en plus du décaissement des fonds dédiés à la prime de presse et à la prime de production audiovisuelle.
Le SNJT alerte aussi sur les obstacles rencontrés par les journalistes indépendants dans l’accès au statut d’auto-entrepreneur, considéré comme essentiel pour leur formalisation professionnelle.
Le syndicat réaffirme ses positions sur les dossiers les plus sensibles comme la libération des journalistes détenus, la fin des poursuites hors du cadre du décret-loi 115, garant du traitement juridique des affaires liées à la presse, ainsi que la levée immédiate des suspensions visant les plateformes Nawaat et Inkyfada.