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Emballages: les nouvelles règles européennes commencent à s’appliquer, ce que les exportateurs doivent savoir

07. September 2026 um 17:24

Depuis le 12 août 2026, les nouvelles règles européennes sur les emballages et les déchets d’emballages commencent à s’appliquer. Le changement concerne directement le marché européen, mais ses effets vont bien au-delà des frontières de l’Union. Pour les entreprises qui exportent vers l’Europe, l’emballage devient progressivement un sujet de conformité, mais aussi de coût et de compétitivité.

Le règlement européen 2025/40, connu sous le nom de PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), a été adopté en décembre 2024 et est entré en vigueur le 11 février 2025. Le 12 août 2026 correspond au début de son application générale. Toutes ses dispositions ne deviennent cependant pas obligatoires immédiatement. Le texte prévoit un calendrier progressif avec plusieurs échéances jusqu’en 2038.

Le principe est simple. L’Europe veut produire moins de déchets d’emballages et utiliser davantage de matériaux recyclables ou réutilisables. Le nouveau règlement ne s’intéresse donc plus seulement à ce qui arrive à l’emballage une fois jeté. Il intervient dès sa conception et couvre l’ensemble de son cycle de vie, de sa fabrication jusqu’à sa gestion comme déchet.

Pour les industriels, cela change beaucoup de choses. Le choix d’un emballage ne relève plus uniquement du marketing, du prix ou de la protection du produit. Sa composition, son poids, sa conception et sa capacité à être recyclé entrent désormais dans l’équation.

L’un des objectifs fixés par l’Union européenne est que les emballages commercialisés sur son marché soient recyclables de manière économiquement viable à partir de 2030. Le règlement prévoit pour cela des critères de performance et des niveaux de recyclabilité. Les exigences seront ensuite renforcées à partir de 2038.

Par ailleurs, le texte pousse également les fabricants à réduire les emballages inutiles. L’idée est d’éviter les volumes ou les couches de matériaux qui ne sont pas nécessaires à la protection ou au transport du produit. Les entreprises devront donc progressivement revoir certains formats et certaines solutions de conditionnement. En outre, le plastique constitue un autre point important. Le règlement prévoit une augmentation progressive de l’utilisation de plastique recyclé dans certains emballages et cherche à réduire le recours aux matières premières vierges. Les obligations diffèrent selon les catégories d’emballages et ne doivent donc pas être résumées à un taux unique applicable à tous les produits.

Le réemploi prend également davantage de place. Certaines catégories d’emballages seront soumises à des objectifs de réutilisation et certains secteurs devront développer des solutions permettant de remettre les contenants dans le circuit plutôt que de les utiliser une seule fois. Le nouveau cadre prévoit aussi des restrictions sur certains emballages à usage unique. Il vise notamment certains formats utilisés pour les portions individuelles ou certains produits de la restauration et de la distribution. Là encore, il ne s’agit pas d’une interdiction générale des emballages jetables, mais de mesures ciblées visant à réduire certains usages lorsqu’une alternative existe.

La composition chimique des emballages entre également dans le champ du règlement. Certaines substances sont limitées, avec des dispositions particulières pour les emballages destinés au contact alimentaire. Depuis le 12 août, des limites spécifiques s’appliquent notamment à certaines substances perfluoroalkylées, les PFAS, dans les emballages alimentaires. L’étiquetage va lui aussi évoluer. L’objectif est de permettre aux consommateurs d’identifier plus facilement la composition des emballages et de mieux les orienter vers les filières de tri. Mais cette partie du règlement arrivera progressivement. L’étiquetage harmonisé des emballages est notamment prévu à partir du 12 août 2028, sous réserve des conditions prévues par le règlement.

C’est cette progressivité qu’il faut garder en tête. Le 12 août 2026 ne signifie pas que toutes les entreprises doivent immédiatement changer leurs emballages. Certaines exigences commencent à s’appliquer dès cette date, tandis que d’autres interviendront dans les années suivantes.

Pour les exportateurs tunisiens, le sujet est particulièrement important. Une entreprise installée en Tunisie n’est pas automatiquement soumise à toutes les obligations administratives applicables aux producteurs européens. En revanche, les produits qu’elle commercialise sur le marché de l’Union devront respecter les exigences européennes qui leur sont applicables.

Cela peut concerner une grande partie de l’industrie exportatrice. Agroalimentaire, huile d’olive, conserves, boissons, cosmétiques, produits pharmaceutiques ou encore produits industriels sont concernés dès lors qu’ils sont commercialisés avec des emballages sur le marché européen. Dans la pratique, les changements peuvent toucher les fournisseurs d’emballages, les matériaux utilisés, les formats, les lignes de conditionnement ou encore les informations figurant sur les produits. Une entreprise qui travaille avec un distributeur européen peut également se voir imposer de nouvelles spécifications pour répondre aux exigences du marché.

L’impact sera aussi économique. Modifier un emballage peut nécessiter de nouveaux fournisseurs, des essais, des investissements ou une adaptation des équipements. À l’inverse, réduire le poids ou le volume d’un emballage peut permettre de diminuer la consommation de matière et certains coûts de transport. Le PPWR transforme ainsi progressivement l’emballage en un élément de compétitivité. Pour les entreprises tunisiennes présentes sur le marché européen, l’enjeu n’est pas d’attendre chaque nouvelle échéance, mais d’identifier dès maintenant les règles qui concernent leurs produits et de préparer les adaptations nécessaires.

 

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Le pari renouvelable tunisien, adossé à un acheteur exsangue

07. September 2026 um 13:00
La Tunisie veut multiplier par plus de six sa capacité renouvelable installée d’ici 2028, en s’appuyant presque exclusivement sur des investisseurs privés. Mais ces investisseurs ne vendent leur électricité qu’à un seul client possible, la STEG (Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz), dont le rapport d’évaluation de la Banque mondiale décrit lui-même la fragilité […]

Tribune Elyes Kasri — Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité

07. September 2026 um 14:44

SOUVERAINETÉ TUNISIENNE SÉQUESTRÉE : Des complicités impérialistes aux reniements postcoloniaux : autopsie doctrinale d’une asphyxie géographique et d’un chantage énergétique désamorcé

I. LE PARADOXE DU LOGICIEL POSTCOLONIAL ET LA TRAGEDIE DU REFOULEMENT DE LA MÉMOIRE NATIONALE

La géopolitique de l’Afrique du Nord contemporaine demeure prisonnière d’un des plus grands paradoxes de l’histoire du droit international public : la sacralisation de la carte coloniale par des États neufs qui ont pourtant fondé l’intégralité de leur légitimité historique sur une geste anticoloniale intransigeante.

Par une tribune parue dans le numéro 952 de son magazine, , intitulée « Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité » (Elyes Kasri), L’Économiste Maghrébin a brisé une chape de plomb mémorielle soigneusement entretenue par les appareils de propagande et les nécessités de la realpolitik.
L’article démontre avec une clarté clinique comment le principe du respect des frontières existantes au moment de l’accession à l’indépendance (uti possidetis juris), élevé au rang de dogme par l’Organisation de l’Unité Africaine lors du sommet du Caire en juillet 1964, a opéré un véritable « blanchiment diplomatique » des spoliations territoriales du XIXe.

Pour la Tunisie, ce principe n’a jamais été un gage de paix ou d’équilibre, mais le verrou juridique destiné à pérenniser une asphyxie géographique méthodique.
Entre la signature du traité du Bardo en 1881 et les arbitrages maritimes de la fin du XXe siècle, l’espace souverain de la Tunisie précoloniale a été rogné à l’Ouest par la France au profit de sa colonie de peuplement algérienne, amputé au Sud par les exigences ottomanes et balkanisé à l’Est face à la Libye par les arrangements diplomatiques de la puissance protectrice.
Face à ce bilan, l’opinion publique tunisienne souffre d’une amnésie téléguidée par les gouvernants successifs, soucieux de ne pas indisposer de puissants voisins jaloux de leur héritage colonial et n’hésitant pas à utiliser tous les moyens d’intimidation y compris la force armée, et par une rhétorique lénifiante de la « fraternité maghrébine » qui dissout les droits historiques dans l’émotion politique.
Ce corpus a pour ambition de poser les fondements d’une réappropriation mémorielle et d’un plaidoyer juridique rigoureux. Il s’adresse aux chercheurs, aux diplomates et à la conscience nationale pour démontrer que l’architecture actuelle des frontières de la Tunisie n’est pas un fait de la nature, mais le produit d’une contrainte historique abusive, ouvrant la voie à une contestation légitime des traités asymétriques hérités du siècle dernier.

II. LE PREMIER CYNISME COLONIAL : LA CONVENTION DE 1910 ET L’ASPHYXIE OCCIDENTALE PAR LA LIGNE WINCKLER

Le dépeçage territorial de la Tunisie trouve sa source dans le traitement différencié que la France coloniale imposait à ses possessions d’Afrique du Nord.
Si la Tunisie n’était qu’un protectorat, un État tiers conservant sa souveraineté nominale sous l’autorité du Bey et régi par le droit des traités internationaux, à l’inverse, l’Algérie était découpée en départements français, intégrée organiquement et définitivement au domaine de la République.

Dès lors que l’exploration géologique a laissé entrevoir les richesses minérales et caravanières du Sahara central, le choix de Paris fut dicté par une pure rationalité patrimoniale : tout territoire rattaché à l’Algérie devenait une propriété éternelle de la métropole ; tout territoire laissé à la Tunisie demeurait grevé du statut d’autonomie beylicale et susceptible d’échapper un jour au contrôle direct de la France.
Ce calcul géopolitique se matérialise lors de la Convention frontalière de Tripoli du 19 mai 1910, conclue entre la France, agissant au nom de la Tunisie, et la Sublime Porte ottomane, alors souveraine de la Libye.

Les opérations de délimitation sur le terrain furent confiées au commandant français Winckler. Sous couvert de fixer les limites des tribus nomades de la Jeffara, Winckler dévia arbitrairement la ligne de démarcation vers l’Est.
Ce tracé purement artificiel amputa la Tunisie de dizaines de milliers de kilomètres carrés de son hinterland saharien naturel, déplaçant le point de contact final vers ce qui deviendra la Borne 233.
Les portions territoriales ainsi arrachées à la Régence de Tunis furent immédiatement incorporées administrativement aux Territoires du Sud de l’Algérie française, rattachés aux Départements des Oasis. C’est ce tracé impérialiste précis qui privera plus tard la Tunisie de la pleine souveraineté sur les immenses nappes d’hydrocarbures de la région d’El Borma.

III. LE DEUXIÈME FRONT DE L’AMPUTATION : LE MARCHANDAGE ITALIEN ET LE TRAITÉ FRANCO-LIBYEN DE 1955

L’asphyxie de la frontière orientale tuniso-libyenne répond au même cynisme de la puissance protectrice, combinant balkanisation territoriale et concessions diplomatiques majeures faites sur le dos de la Tunisie. Au début du XXe siècle, la France doit composer avec les convoitises coloniales de l’Italie en Méditerranée. Pour obtenir le feu vert de Rome lors de l’établissement du protectorat français au Maroc, Paris conclut des accords diplomatiques secrets, notamment les accords Barrère-Prinzetti de 1902.

Lors de la négociation de la convention de 1910, la France s’autolimita délibérément au Sud-Est de la Tunisie, coupant les routes d’extension de la Régence vers Ghadamès et figeant le terminal côtier à Ras Jedir.
Paris offrait ainsi une frontière saharienne élargie et stabilisée à la future Libye italienne, que Rome envahit dès 1911 lors de la guerre italo-turque. Ainsi, la Tunisie beylicale se retrouvait doublement spoliée : réduite à l’Ouest pour enrichir l’Algérie française, et bloquée au Sud-Est pour satisfaire le troc franco-italien.

Le processus de dépeçage se prolongea de manière critique à la veille de l’indépendance tunisienne. En août 1955, alors que la France négocie les accords d’autonomie interne avec Tunis, elle signe secrètement à Tripoli un Traité d’amitié et de bon voisinage avec le Royaume de Libye du roi Idris.
La France, qui occupait militairement la province stratégique du Fezzan depuis 1943, cherche à tout prix à y maintenir ses bases aériennes et à obtenir des permis de recherche pétrolière pour ses compagnies.

Pour complaire à Tripoli, la diplomatie française valide une délimitation des confins sahariens et maritimes extrêmement restrictive pour la Tunisie. Paris s’abstient volontairement de faire valoir les titres juridiques historiques de la Régence de Tunis sur son plateau continental. C’est ce renoncement français majeur de 1955 qui servira de fondement technique et de piège légal lors du grand contentieux maritime des années 1980.

IV. LE CORPUS DES ENGAGEMENTS CONTRACTUELS DU GPRA ET LE CRI DU CŒUR DU BARDO

À son indépendance en 1956, la Tunisie hérite d’une frontière saharienne mutilée. Face à la guerre de libération algérienne, Habib Bourguiba fait le choix d’une solidarité maghrébine active, transformant le territoire tunisien en base arrière politique et militaire pour le Front de Libération Nationale et l’Armée de Libération Nationale.

Ce soutien de géant, payé au prix fort par le peuple tunisien lors du massacre de Sakiet Sidi Youssef le 8 février 1958, s’articule autour d’un pacte juridique clair : l’Algérie indépendante devra réparer les injustices des tracés coloniaux. L’autorité officielle représentant la révolution est alors le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. C’est avec cette entité légitime que la Tunisie signe deux accords contraignants.

– Le premier est le Procès-verbal du 6 janvier 1959 : signé secrètement à Tunis, ce document acte la reconnaissance par les dirigeants algériens du caractère arbitraire des frontières sahariennes tracées par l’armée française. Le GPRA s’y engage formellement à ouvrir des négociations de rectification territoriale dès la proclamation de l’indépendance.

– Le second document est la Déclaration Commune du 26 juillet 1961 : alors qu’à Évian, la France tente de détacher le Sahara de l’Algérie en raison de ses richesses en hydrocarbures, Bourguiba fait pression en réclamant les droits sahariens de la Tunisie. Pour obtenir l’appui vital de Tunis, le président du GPRA, Ferhat Abbas, co-signe un protocole diplomatique majeur.
La clause textuelle de cet accord est irréfutable : le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne reconnaît d’une part que le tracé actuel des frontières sahariennes résulte d’arbitrages coloniaux abusifs et d’autre part, s’engage à réviser d’un commun accord avec le Gouvernement Tunisien les revendications légitimes de ce dernier dès la proclamation de l’indépendance. Ce corpus écrit démontre de manière définitive qu’Alger avait validé l’inopposabilité des frontières coloniales à la Tunisie.

Conscient des réticences qui commençaient à poindre chez certains cadres militaires de l’ALN hébergés à Tunis, Habib Bourguiba prononce devant l’Assemblée constituante réunie au Bardo, le 5 février 1959, un discours d’une vive force dramatique. Ce texte, le plus émouvant de sa doctrine maghrébine, dénonce par avance l’ingratitude d’un voisin que la Tunisie porte à bout de bras :
« Notre peuple souffre, notre peuple saigne, et nous partageons notre pain quotidien avec nos frères algériens que nous protégeons et abritons au péril de notre propre sécurité. Sakiet Sidi Youssef en est le témoignage éternel inscrit dans le sang de nos enfants. Malgré cela, lorsque nous évoquons nos droits légitimes sur notre propre Sahara, spolié par l’administration coloniale, nous percevons une surdité douloureuse chez ceux-là mêmes que nous portons à bout de bras. Il est déchirant de constater que la fraternité des combats s’arrête là où commencent les frontières tracées par l’oppresseur. Je le dis avec une profonde tristesse : si l’Algérie indépendante venait à s’approprier les injustices territoriales de la France en nous opposant une fin de recevoir, ce ne serait pas seulement un reniement de la parole donnée, ce serait une blessure inguérissable infligée à l’âme tunisienne. La Tunisie ne demande l’aumône de personne, elle réclame la restitution de son dû, au nom de la justice et du sang versé en commun ».

V. LE PROCESSUS DE RENIEMENT GÉOPOLITIQUE ET LE DOUBLE JEU MULTILATÉRAL

L’accession de l’Algérie à la souveraineté en juillet 1962 balaie instantanément les engagements contractuels civils du GPRA. Le clan militaire d’Oujda, dirigé par Houari Boumédiène, écarte Ferhat Abbas et installe Ahmed Ben Bella à la présidence.
Face aux diplomates tunisiens qui exigent l’application des accords de 1959 et 1961, Ben Bella choisit la carte de la temporisation psychologique. L’Algérie traverse alors une crise interne majeure et fait face aux revendications territoriales du Maroc sur Tindouf.

Lors de ses tête-à-tête avec Bourguiba, Ben Bella prononce cette formule de diversion morale : « Mon frère Habib, ne nous poignardez pas dans le dos alors que l’encre de notre indépendance est encore fraîche et que nos martyrs ne sont pas tous enterrés. Laissez-nous stabiliser le pouvoir, consolider la révolution, et je vous jure que nous réglerons la question des frontières dans la fraternité, loin des tracés coloniaux ». Bourguiba cède à cette rhétorique affective, commettant l’erreur d’accorder un moratoire verbal sans garanties.

Le reniement formel s’articule lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine au Caire en juillet 1964. Ébranlée par la Guerre des Sables contre le Maroc, l’Algérie déploie son appareil diplomatique pour faire sacraliser le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.
Le cynisme doctrinal est absolu : le régime algérien, qui tire sa légitimité du combat anticolonial, s’approprie le tracé impérialiste de la Ligne Winckler de 1910 et de la Borne 233 pour exclure la Tunisie du partage.

Lorsque la Tunisie découvre le gisement géant d’El Borma en 1964, l’Algérie déploie ses forces armées pour sécuriser la majeure partie du bassin sédimentaire. Affaiblie par la santé déclinante de son leader, la Tunisie est acculée à ratifier le Traité de délimitation frontalière finale du 16 avril 1970.

Ce renoncement aux droits de la Tunisie précoloniale trouve son prolongement maritime face à la Libye. Porté devant la Cour Internationale de Justice, le différend sur la délimitation du plateau continental débouche sur l’arrêt du 24 février 1982. La Cour valide un tracé largement calqué sur les lignes de concessions techniques issues du traité de 1955, attribuant à la Libye le contrôle exclusif du champ pétrolifère de Bouri, le plus productif de la Méditerranée.

En mars 2023, le président Kaïs Saïed dénoncera publiquement cette sentence historique, rappelant que la Tunisie n’a reçu que des miettes d’un bassin d’hydrocarbures dont un partage équitable aurait suffi à assurer l’indépendance financière et la prospérité du domaine national.

VI. LE RAPPORT DE FORCE INVERSÉ : DÉCONSTRUCTION DU CHANTAGE ÉNERGÉTIQUE AUTOUR DU TRANSMED

Pour pérenniser ce statu quo frontalier asymétrique, d’aucuns agitent régulièrement le spectre de la vulnérabilité énergétique tunisienne, notamment via l’axe du gazoduc TRANSMED, reliant l’Algérie à l’Italie en traversant le territoire national.
Selon cette vulgate, la Tunisie devrait s’abstenir de toute revendication mémorielle ou territoriale sous peine de voir ses vannes coupées unilatéralement par Alger. L’analyse technique et systémique des flux démontre que cette menace est une illusion rhétorique : un chantage gazier sur le TRANSMED causerait l’effondrement immédiat du régime algérien lui-même.

Depuis la reconfiguration mondiale des approvisionnements énergétiques post-2022, le TRANSMED est devenu un actif hautement stratégique surveillé par les puissances occidentales. Le gaz transitant par le sol tunisien sécurise le tissu industriel de l’Europe du Sud. Toute tentative d’Alger d’interrompre ou de manipuler ce flux sous prétexte de pressions politiques sur Tunis provoquerait une réponse diplomatique et financière immédiate de l’Italie et de l’Union européenne, isolant définitivement l’Algérie sur la scène internationale.

De surcroît, le pipeline constitue avant tout la jugulaire économique de l’État rentier algérien. Le budget de l’Algérie est maintenu sous perfusion par l’exportation de gaz. Tarir le TRANSMED équivaudrait, pour Alger, à couper sa propre artère financière en se privant instantanément de ses flux de devises essentiels. Sans ces revenus gaziers, le pouvoir algérien se retrouverait incapable de financer la paix sociale intérieure, assurée par de coûteux programmes de subventions de première nécessité pour contenir l’insurrection populaire. Le chantage au gaz est donc inapplicable : Alger ne peut l’utiliser sans déclencher sa propre implosion intérieure. La Tunisie, pivot géographique incontournable du transit, détient un levier d’interdépendance majeur qu’elle doit apprendre à faire valoir.

VII. L’ANALYSE DOCTRINALE DES COMMIS DE L’ÉTAT TUNISIEN

La dénonciation de cette asphyxie territoriale et énergétique n’est pas une construction contemporaine ; elle a été documentée avec rigueur par les plus hauts commis de la République Tunisienne.
L’apport de l’éminent constitutionnaliste et juriste tunisien, le professeur Lazhar Bououni (1948-2017), ancien ministre de la Justice, reste fondamental pour contester la légitimité des accords frontaliers.
Dans ses recherches universitaires publiées au sein de la Revue Tunisienne de Droit, il démontre que l’Algérie a violé de manière flagrante le principe de l’estoppel en droit international public. Un État ne peut adopter une posture qui contredit ses engagements antérieurs lorsque celle-ci lèse un tiers.
L’Algérie a accepté l’aide vitale de la Tunisie sur la base de la promesse écrite de réviser les frontières en 1959-1961, pour ensuite rejeter sa propre signature en invoquant la résolution de l’OUA de 1964. Pour M. Bououni, le traité de 1970 est entaché d’un vice de consentement moral fondamental, signé sous la contrainte d’un rapport de force militaire asymétrique. Il applique la même rigueur critique à l’arrêt de la CIJ de 1982, soulignant la mauvaise foi méthodologique de la partie adverse.

Le témoignage de Driss Guiga, figure de proue de l’appareil sécuritaire de Bourguiba (1947-2026), apporte la validation factuelle de ce préjudice. Nommé ministre de l’Intérieur au lendemain de l’attaque de Gafsa en janvier 1980 — où un commando armé s’était infiltré via la frontière occidentale —, M. Guiga inspecte personnellement les confins algéro-tunisiens.
Dans ses mémoires parus en octobre 2024, il consigne un constat sans appel : le tracé imposé par Alger en 1970 a privé la Tunisie de ses défenses naturelles sahariennes, créant une frontière artificielle, vulnérable et difficile à sécuriser. Il dénonce l’usage de cette asymétrie géographique par Alger comme un levier d’influence permanent visant à brider les orientations souveraines de Tunis.

VIII. CONCLUSION : POUR UN SOUVERAINISME MESURÉ ET SCIENTIFIQUE

La réévaluation mémorielle de l’asphyxie territoriale de la Tunisie n’est ni un appel au chauvinisme acrimonieux ni une tentative de déstabilisation des équilibres maghrébins. C’est un acte de salubrité intellectuelle nécessaire.
Tant que l’opinion publique tunisienne acceptera le récit biaisé de frontières fraternelles intangibles, la Tunisie restera en position de faiblesse doctrinale structurelle, contrainte de subir les asymétries économiques et sécuritaires imposées à ses dépens.

En s’appuyant sur les archives de 1910, les engagements écrits du GPRA de 1961, l’analyse de la convention maritime de 1955 et l’interdépendance réelle du réseau TRANSMED, ce corpus démontre que les droits de la Tunisie sur son espace demeurent imprescriptibles au regard de la vérité historique. Le combat pour la souveraineté de demain commence par le refus de l’amnésie d’aujourd’hui.

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CORPUS BIBLIOGRAPHIQUE ET ARCHIVISTIQUE DE RÉFÉRENCE :
Sources Primaires et Actes Internationaux :
• Ministère des Affaires Étrangères (France), Documents diplomatiques français (1871-1914), Imprimerie Nationale, Paris. (Correspondance de 1902-1911 sur les accords territoriaux franco-italiens).
• Régence de Tunis & Empire Ottoman, Convention finale de délimitation de la frontière entre la Tunisie et la Tripolitaine, Tripoli, 19 mai 1910.
• Winckler (Commandant), Rapport topographique et cartographique sur la délimitation de la frontière méridionale de la Tunisie, Service géographique de l’Armée, Paris-Tunis, 1911.
• Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, Procès-verbal de la conférence bilatérale secrète sur les confins sahariens occidentaux, Tunis, 6 janvier 1959.
• Ministère des Affaires Étrangères (France), Traité d’amitié et de bon voisinage entre la France et la Libye, Tripoli, 10 août 1955.
• Abbas (Ferhat) et Bourguiba (Habib), Déclaration commune tuniso-algérienne sur la révision des frontières sahariennes, Tunis, 26 juillet 1961.
• Organisation de l’Unité Africaine, Résolution AHG/Res. 16(I) sur l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, Le Caire, 17-21 juillet 1964.
• Cour Internationale de Justice, Affaire du Plateau continental (Tunisie/Jamahiriya arabe libyenne), Arrêt du 24 février 1982.
• République Tunisienne, Journal Officiel de la République Tunisienne, Décret n° 70-170 du 20 mai 1970, portant ratification du traité frontalier tuniso-algérien.
Travaux Académiques et Littérature Géopolitique
• Abbas (Ferhat), Autopsie d’une guerre : L’Aurore, Éditions Albin Michel, Paris, 1980.
• Bououni (Lazhar), Le régime juridique des frontières sahariennes : Éléments pour une étude du contentieux frontalier tuniso-algérien, Revue Tunisienne de Droit, Volume XIV, n° 2, Tunis, 1982.
• Bououni (Lazhar), L’arrêt de la Cour internationale de Justice dans l’affaire du plateau continental tuniso-libyen : une lecture critique, Revue Tunisienne de Droit, Tunis, 1983.
• Despois (Jean), La Tunisie : ses régions, Éditions Armand Colin, Paris, 1961.
• Flory (Maurice), « La notion de frontière en Afrique du Nord », Annuaire de l’Afrique du Nord, Éditions du CNRS, Paris, 1965.
• Grimaud (Nicole), La politique extérieure de l’Algérie (1962-1978), Éditions Karthala, Paris, 1984.
• Guiga (Driss), Sur le chemin de Bourguiba : mémoires d’un acteur clé de l’histoire tunisienne, Éditions de L’Économiste Maghrébin, Tunis, octobre 2024.
• Kasri (Elyes), « Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité », L’Économiste Maghrébin, n° 952, août-septembre 2026 [INDEX].
• Maltese (S.), Le TRANSMED et la sécurité de l’approvisionnement gazier de l’Europe du Sud, Revue de l’Énergie, Milan/Paris, 2022.
• Martel (André), Les frontières tunisiennes (1881-1911) : Textes et cartes, Université de Tunis, 1965.
• Martel (André), « Le différend frontalier tuniso-algérien (1956-1970) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, Tome XVIII, Paris, 1971.
• Martel (André), « La frontière tuniso-libyenne : de la zone mouvante à la ligne Winckler », Annuaire de l’Afrique du Nord, Éditions du CNRS, Paris, 1966.
• Rainero (Romain H.), Les Italiens dans la Tunisie coloniale : ambitions et réalités d’une présence, Éditions Économica, Paris, 1982.

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L’ONU veut corriger la carte du monde, la Tunisie vote oui

07. September 2026 um 14:30

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, vendredi 4 septembre, une résolution en faveur de cartes représentant plus fidèlement la superficie réelle des continents. Portée par le Togo au nom des  55 États membres de l’Union africaine, “Correct the Map”,a recueilli 164 voix pour, une contre et 6 abstentions. La Tunisie a elle aussi voté en faveur du texte. Le texte encourage notamment le recours à la projection Equal Earth, conçue pour préserver les proportions de superficie entre les territoires.

Pourquoi cette résolution? Parce que la carte du monde la plus familière n’est pas aussi fidèle qu’elle en a l’air.

La projection de Mercator, développée au XVIᵉ siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator, avait été conçue principalement pour faciliter la navigation. Elle présente toutefois une déformation croissante des superficies à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Les territoires proches des pôles apparaissent ainsi beaucoup plus grands qu’ils ne le sont réellement.

Le Groenland est l’exemple le plus connu. Sur une carte de Mercator, il semble presque comparable à l’Afrique. En réalité, l’Afrique est environ 14 fois plus vaste que le Groenland.

Equal Earth propose une autre approche. Les superficies relatives sont mieux conservées. En effet, l’Afrique apparaît donc à une échelle beaucoup plus proche de sa taille réelle, tandis que les territoires septentrionaux cessent d’être visuellement surdimensionnés. La projection ne restitue toutefois pas parfaitement toutes les formes et les distances. Aucune carte plane ne peut reproduire intégralement un globe.

La résolution de l’ONU ne signifie pas pour autant que Mercator va disparaître. Elle n’interdit aucune projection et ne fait pas d’Equal Earth une carte officielle unique. Elle invite plutôt les États, les établissements éducatifs, les organisations et les acteurs du numérique à privilégier, lorsque l’objectif est de comparer les superficies, des projections qui les représentent correctement.

Derrière cette initiative africaine, l’enjeu est aussi celui de la représentation. Une carte utilisée dans les écoles, les médias ou les outils numériques contribue à construire une perception des rapports de taille entre les continents. Corriger leurs proportions ne change évidemment ni les frontières ni la superficie des pays. Mais cela permet de regarder le monde avec une autre échelle en tête.

La carte ne change donc pas le monde. Elle change simplement la façon dont nous le regardons.

A noter que le seul vote contre est venu des États-Unis. Les 6 abstentions sont celles de l’Estonie, de la Géorgie, de la Lituanie, de la Moldavie, de la Serbie et de l’Ukraine. 

En outre, d’après l’agence Anadolu, la Banque mondiale utilise déjà des projections comme Equal Earth et Winkel Tripel pour certaines de ses cartes et commence à délaisser progressivement Mercator dans ses représentations numériques. La France lui emboîte le pas : elle a annoncé vendredi l’adoption de la projection Eckert IV, jugée plus fidèle pour représenter les superficies des territoires.

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Tribune | Tunisie : Arrêt des grandes réformes depuis les années 1970

07. September 2026 um 13:02
Depuis les années 1970, il n’y a plus eu de grandes réformes en Tunisie en raison d’une classe politique préférant sa survie au progrès réel de son pays. En bref La Tunisie a connu plusieurs réformes majeures après l’indépendance, notamment…

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Cartes du monde : la France tourne la page de Mercator et redonne sa vraie place à l’Afrique

07. September 2026 um 12:46

Et si une carte pouvait changer le regard du monde sur l’Afrique ? C’est désormais chose faite. Aux dernières nouvelles, la France vient d’abandonner la projection de Mercator dans ses usages diplomatiques. Cette décision s’inscrit dans le sillage d’une résolution historique de l’Assemblée générale de l’ONU, adoptée le 4 septembre 2026 avec le parrainage français, qui appelle à “ corriger la carte” et à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents, en particulier celle de l’Afrique. Il s’agit d’un geste diplomatique à forte portée symbolique.

La question est cruciale : pourquoi Mercator ne fait plus l’unanimité ? Pour y répondre, il faut revenir à l’histoire. Héritée du XVIe siècle et conçue pour la navigation, la projection de Mercator déforme les proportions : elle réduit visuellement les régions équatoriales (Afrique, parties de l’Amérique du Sud et de l’Asie) au profit des zones polaires (Europe, Amérique du Nord). Cela signifie également que les cartes ne sont jamais neutres. Non seulement elles façonnent nos perceptions et influencent l’éducation, mais elles ont aussi des implications cognitives, économiques et politiques.

Une résolution onusienne pour rééquilibrer les récits

La résolution, soutenue par le Groupe africain, reconnaît ce biais historique et encourage les États membres à utiliser des projections plus équitables dans les manuels scolaires et les documents officiels. Elle invite également les agences de l’ONU à élaborer des lignes directrices sur les bonnes pratiques cartographiques. En appliquant ce texte, fin du Mercator dans la diplomatie française.

Au-delà de la géopolitique : une question d’identité et d’éducation

Cette décision dépasse le cadre technique. Elle touche à la manière dont les générations futures percevront la place et l’importance de l’Afrique dans le monde. Changer la carte, ce n’est pas modifier la réalité, mais enfin la révéler telle qu’elle est.

En somme, une décision cartographique qui en dit long sur la volonté de rééquilibrer, enfin, les récits du monde…

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Mohamed Yousfi : Sa garde à vue prolongée de 48 heures

07. September 2026 um 12:20

La garde à vue du journaliste Mohamed Yousfi a été prolongée de 48 heures supplémentaires, lundi 7 septembre 2026, dans le cadre de l’enquête menée par le Pôle judiciaire économique et financier. Cette décision intervient après son placement initial en garde à vue dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre. Le SNJT renouvelle de son côté sa demande de libération, en mettant notamment en avant l’état de santé du journaliste après une intervention chirurgicale urgente.

Une nouvelle prolongation de 48 heures

Mohamed Yousfi reste à la disposition des enquêteurs pour une nouvelle période de 48 heures. La décision intervient alors que l’information judiciaire ouverte à son encontre se poursuit au niveau du Pôle judiciaire économique et financier.

Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, l’enquête porte notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. Le dossier concerne également d’autres faits présumés, dont la constitution d’une entente visant à porter atteinte aux personnes et aux biens ainsi que l’obtention d’avantages provenant de flux financiers illicites par l’intermédiaire d’une association.

Ces éléments correspondent à des soupçons faisant l’objet de l’enquête et ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis. Mohamed Yousfi bénéficie de la présomption d’innocence.

Une enquête toujours en cours

Le placement en garde à vue intervient dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction à l’Unité nationale spécialisée dans les recherches en infractions financières complexes de la Garde nationale.

Le journaliste avait été auditionné dans le cadre de cette procédure avant que son placement en garde à vue ne soit décidé afin de poursuivre les investigations et l’exécution de la commission rogatoire.

La nouvelle période de 48 heures doit permettre aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations. À son terme, la justice devra déterminer la suite à donner à la procédure, selon les éléments recueillis au cours de l’enquête.

Le SNJT demande sa libération

De son côté, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé sa profonde inquiétude après la prolongation de la garde à vue.

Le syndicat renouvelle sa demande de libération du journaliste et estime que son état de santé justifie qu’il puisse poursuivre ses soins et sa convalescence dans des conditions adaptées. Le SNJT rappelle que Mohamed Yousfi a été victime d’un problème de santé dans la nuit du 4 au 5 septembre et qu’il a été transféré dans un hôpital de la capitale, où il aurait subi une intervention chirurgicale en urgence.

Le syndicat considère également que les autorités doivent garantir son intégrité physique, son accès aux soins ainsi que ses droits de défense.

Le dossier oppose ainsi, à ce stade, deux lectures distinctes qu’il convient de ne pas confondre.

Sur le plan judiciaire, la procédure porte sur les infractions mentionnées par la source judiciaire et les investigations se poursuivent.

De son côté, le SNJT estime que les poursuites sont liées à l’activité journalistique de Mohamed Yousfi et à ses prises de position.

Lire aussi :

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Amende pour le voile, une mesure du RN inconstitutionnelle ?

07. September 2026 um 12:10
Le Rassemblement national veut sanctionner le port du voile dans l’espace public par une amende. La mesure fait réagir, à droite comme à gauche. En bref Le RN veut sanctionner par une amende le port du voile dans l’espace public.…

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Tanjazz 2026 : Tanger reprend le tempo

07. September 2026 um 11:51
Du 18 au 20 septembre, le festival revient à Tanger pour sa 23e édition. Après une année d’interruption, Tanjazz retrouve le Palais des Institutions Italiennes et investit de nouveau la ville. Dee Dee Bridgewater, Rodrigo y Gabriela, Diego El Cigala…

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Le Maroc accueille plus de 14 millions de touristes à fin août 2026

07. September 2026 um 11:04
À fin août 2026, le Maroc a accueilli 14,1 millions de touristes, marquant ainsi une hausse de 4,5 % par rapport à la même période en 2025, soit environ 608 000 visiteurs supplémentaires, selon Yabiladi. Pour la première fois, les arrivées touristique du mois d’août ont dépassé les deux millions, avec une croissance de 3 […]

Royaume-Uni : des manifestants anti-immigration ont bloqué le port de Douvres

07. September 2026 um 11:32
Le port de Douvres a été bloqué samedi (5 septembre) par des manifestants britanniques anti-immigration. Le gouvernement britannique a condamné cette manifestation.   En bref Des centaines de manifestants anti-immigration ont bloqué les accès au port de Douvres le 5…

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IA | Afrique et monde arabe face au défi de l’exécution

07. September 2026 um 10:35

À Yasmine Hammamet, du 7 au 10 septembre 2026, l’Afrique et le monde arabe se retrouvent autour du AI-Forward Summit 2026, organisé par l’Organisation arabe des technologies de l’information et de la communication (Aicto), sous l’égide de la Ligue des États arabes, en collaboration avec le ministère tunisien des Technologies de la Communication. Le thème retenu — «Façonner l’avenir de l’intelligence : de la vision à la valeur» — résume à lui seul le véritable enjeu de cette nouvelle étape de la révolution numérique. Car l’Afrique et le monde arabe ne souffrent pas d’un déficit d’ambition. Ils souffrent davantage d’une dette d’exécution.

Abdelwaheb Ben Moussa *

La question n’est plus seulement de savoir s’il faut investir dans l’intelligence artificielle, développer les infrastructures numériques ou élaborer des stratégies nationales. La question décisive est désormais de savoir si ces ambitions peuvent être transformées en capacités opérationnelles, mesurables et souveraines. Autrement dit : comment passer de la vision à la valeur ?

Le cadre est déjà posé

L’Union africaine a franchi une étape importante avec l’adoption de sa stratégie continentale sur l’intelligence artificielle. De leur côté, les pays arabes multiplient les stratégies nationales, les investissements dans les infrastructures numériques, les initiatives de recherche et les programmes consacrés à l’intelligence artificielle.

Le cadre stratégique existe donc. Les priorités sont identifiées : développement des compétences, recherche et innovation, disponibilité des données, infrastructures numériques, gouvernance, coopération régionale et soutien à l’écosystème privé.

Mais une difficulté structurelle demeure. L’Afrique reste confrontée à un déficit considérable en matière de puissance de calcul, de données et de compétences spécialisées. Le monde arabe dispose, pour sa part, de capacités financières, énergétiques et infrastructurelles importantes, mais reste confronté à la nécessité de transformer ces moyens en capacités technologiques et industrielles durables.

C’est précisément dans cette complémentarité que se trouve une opportunité stratégique. L’Afrique apporte ses talents, ses marchés, ses besoins et son potentiel de croissance. Le monde arabe dispose de capitaux, d’infrastructures, d’énergie et de capacités d’investissement. Entre les deux existe un espace de coopération encore largement sous-exploité.

Deux pièges menacent aujourd’hui les stratégies africaines et arabes d’IA. Le premier est celui de la dépendance technologique. Adopter rapidement des solutions disponibles sur le marché peut permettre d’obtenir des résultats visibles à court terme. Mais une dépendance excessive aux infrastructures, aux modèles, aux plateformes et aux fournisseurs extérieurs peut progressivement réduire la capacité de décision stratégique.

Le second piège est plus subtil : l’illusion d’agilité. Multiplier les pilotes, les plateformes, les démonstrateurs et les projets expérimentaux peut donner l’impression d’une transformation rapide. Mais une succession de «proof of concept» ne constitue pas une transformation structurelle.

Le véritable indicateur n’est pas le nombre de projets IA lancés. C’est le nombre de processus effectivement transformés, de délais réellement réduits, de coûts maîtrisés, de décisions améliorées et de services rendus plus efficacement aux citoyens et aux entreprises.

La Tunisie, point d’articulation

La Tunisie n’arrive pas à cette échéance les mains vides. Elle dispose d’un capital scientifique et technique important, d’un écosystème entrepreneurial dynamique et d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle couvrant la période 2026-2030. Elle dispose également d’une expérience accumulée dans la transformation numérique de l’administration. Mais sa position géographique et son histoire lui confèrent surtout une capacité particulière : celle de faire dialoguer plusieurs espaces.

La Tunisie est africaine, arabe et méditerranéenne. Et elle est également connectée à l’Europe. Cette position peut devenir un véritable avantage géoéconomique dans la construction des chaînes de valeur numériques et technologiques de demain. Mais cela suppose de dépasser la logique de simple interface.

La Tunisie doit pouvoir devenir un nœud d’exécution, capable de connecter talents, recherche, entreprises, capitaux, marchés et infrastructures.

C’est probablement l’un des enseignements les plus importants de la période actuelle. Automatiser un mauvais processus ne le rend pas meilleur. Le numériser peut même parfois accélérer ses dysfonctionnements.

Avant d’introduire l’intelligence artificielle, il faut donc poser des questions beaucoup plus fondamentales : Pourquoi ce processus existe-t-il sous cette forme ? Quels sont ses points de blocage ? Quelles étapes peuvent être supprimées ? Quelles données sont réellement nécessaires ? Qui prend la décision ? Où se situent les doublons ? Quels contrôles sont utiles et lesquels ne produisent aucune valeur ?

La véritable révolution de l’IA ne commencera donc pas nécessairement par l’algorithme. Elle commencera souvent par la réingénierie organisationnelle.

Le prochain saut ne sera pas uniquement technologique. Il sera organisationnel.

La souveraineté commence par la donnée

Dans l’économie algorithmique, la donnée devient une infrastructure stratégique. Il ne suffit plus de disposer de grandes quantités de données. Il faut savoir les qualifier, les sécuriser, les classifier, les partager lorsque cela est pertinent et les protéger lorsqu’elles sont sensibles. Il faut également garantir leur traçabilité, leur qualité et leur interopérabilité. Cela suppose une véritable architecture de gouvernance de la donnée.

À l’échelle afro-arabe, cette question prend une dimension supplémentaire. Comment favoriser la coopération et les échanges de données sans compromettre la souveraineté des États ? Comment développer des standards compatibles ? Comment permettre la circulation de données nécessaires à la recherche et à l’innovation tout en protégeant les données sensibles ?

La réponse ne peut pas être uniquement nationale. Elle doit également être interopérable et coopérative.

La souveraineté des données devient ainsi le socle de la souveraineté algorithmique.

L’Afrique dispose de talents. Le monde arabe également. Mais former davantage d’ingénieurs, de data scientists ou de spécialistes de l’IA ne suffira pas. Le véritable enjeu consiste à transformer les compétences individuelles en capacités institutionnelles et industrielles.

Un expert isolé ne constitue pas une capacité nationale. Une capacité apparaît lorsque l’expertise est intégrée dans des équipes, des processus, des infrastructures, des projets et des mécanismes de décision capables de produire durablement des résultats. Il faut donc passer d’une logique de formation à une logique de mobilisation du capital humain.

Les administrations, les entreprises, les universités, les startups et les centres de recherche doivent pouvoir travailler ensemble autour de problèmes concrets.

À l’échelle afro-arabe, cette approche ouvre un potentiel considérable : programmes de recherche communs, mobilité des talents, plateformes technologiques partagées, financement de startups et développement de solutions adaptées aux réalités régionales.

L’objectif n’est pas seulement de produire des experts. Il est de construire des organisations capables de les retenir, de les faire coopérer et de transformer leur expertise en valeur.

Gouverner par les résultats

C’est probablement ici que se jouera la différence entre une stratégie ambitieuse et une stratégie réellement transformatrice. Les indicateurs de demain ne devraient pas seulement mesurer le nombre de plateformes développées, de conventions signées ou de projets lancés. Ils devraient mesurer les délais administratifs effectivement réduits ; les coûts réellement économisés ; les processus réorganisés ; les services améliorés ; les données rendues interopérables ; les compétences effectivement mobilisées ; les entreprises et startups intégrées aux chaînes de valeur ; et les gains de productivité réalisés.

Il ne faut donc plus compter les projets IA. Il faut compter les processus transformés.

Cette logique suppose également une gouvernance capable d’identifier rapidement les projets en retard, de réallouer les ressources lorsque cela est nécessaire et d’arrêter ceux qui ne produisent pas les résultats attendus. L’exécution devient alors elle-même un objet de gouvernance.

C’est ici que le véritable potentiel stratégique apparaît. L’objectif ne devrait pas être simplement de créer un marché afro-arabe pour les technologies développées ailleurs. Il devrait être de construire progressivement une capacité de production technologique afro-arabe.

Cela signifie investir ensemble dans les infrastructures de calcul ; développer des capacités de recherche et de développement ; créer des mécanismes de financement adaptés ; développer des standards compatibles ; favoriser la circulation des compétences ; construire des solutions adaptées aux langues, aux administrations, aux économies et aux réalités sociales de la région ; et surtout, connecter ces capacités à des marchés réels.

La coopération ne doit donc plus seulement porter sur les déclarations, les conférences ou les accords institutionnels. Elle doit produire des systèmes opérationnels communs. C’est à cette condition que la coopération afro-arabe pourra devenir un véritable levier de puissance technologique.

La souveraineté numérique ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se construit par des infrastructures maîtrisées, des données gouvernées, des compétences mobilisées, des processus réinventés et des projets effectivement exécutés.

C’est pourquoi le débat sur l’intelligence artificielle doit désormais dépasser la fascination technologique. L’enjeu n’est pas simplement de savoir quels modèles seront les plus puissants. Il est de savoir quelles nations et quels écosystèmes seront capables de transformer ces technologies en capacités d’action ; une administration qui traite plus rapidement les demandes ; une entreprise qui améliore sa productivité ; un système de santé qui exploite mieux ses données ; une université qui transforme davantage sa recherche en innovation ; une industrie qui intègre réellement l’IA dans ses chaînes de production.

C’est à ce niveau que l’intelligence artificielle cesse d’être une promesse pour devenir une infrastructure de souveraineté.

De la vision à la valeur : le véritable test

Le AI-Forward Summit 2026 de Yasmine Hammamet constitue une nouvelle étape importante dans cette réflexion. Mais le véritable test commencera après les conférences. Il commencera lorsque les déclarations d’intention se transformeront en feuilles de route, les feuilles de route en projets, les projets en systèmes et les systèmes en résultats.

L’enjeu n’est donc pas seulement de multiplier les stratégies. Il est de construire une capacité d’exécution.

L’Afrique ne manque ni de talents, ni d’idées, ni de marchés. Le monde arabe ne manque ni de capitaux, ni d’infrastructures, ni de capacités d’investissement. La question est désormais de savoir si ces atouts peuvent être transformés en une force technologique collective.

La souveraineté IA ne sera peut-être pas celle d’un pays isolé. Elle pourra aussi être celle d’écosystèmes capables de maîtriser ensemble la donnée, le calcul, le talent et l’exécution.

De Yasmine Hammamet peut ainsi émerger une ambition qui dépasse le seul cadre d’un sommet : faire de l’espace afro-arabe non pas seulement un marché de consommation des technologies conçues ailleurs, mais un espace de production, de déploiement et de création de valeur technologique.

Les nations et les régions ne seront pas seulement départagées par leurs modèles d’intelligence artificielle, leurs infrastructures de calcul ou leurs annonces. Elles le seront par leur capacité à transformer l’intelligence en puissance, et la puissance en résultats.

C’est précisément là que commence la véritable épreuve du feu de l’exécution IA.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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Algérie-Importation: Plus de 130 milliards de dollars de demandes déposées

07. September 2026 um 10:48
Le traitement des dossiers relatifs aux programmes prévisionnels d’importation pour le deuxième semestre 2026 a révélé que 3.961 opérateurs économiques employant entre zéro et cinq salariés ont introduit des demandes d’importation pour une valeur globale de 130,32 milliards de dollars, a indiqué, samedi, un communiqué du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des […]

Books & Kukkii veut promouvoir les littératures asiatiques en Tunisie

07. September 2026 um 09:59

Lancée fin 2025, Books & Kukkii se présente comme une librairie tunisienne en ligne spécialisée dans les littératures japonaise et coréenne, ainsi que, plus largement, dans la littérature asiatique. Elle propose principalement des ouvrages japonais et coréens en anglais, avec un catalogue comprenant littérature, mangas et livres pour enfants.

«Le projet est né de notre passion pour ces cultures, mais aussi de la volonté de créer une offre spécialisée tout en faisant découvrir au public tunisien des auteurs et des univers littéraires différents», explique Yassine, son fondateur. Il ajoute : «Il s’agit également d’une expérience entrepreneuriale avec les défis propres à une petite activité de commerce culturel en ligne : approvisionnement international, constitution d’un catalogue de niche et développement d’un nouveau public.»

En participant à la Foire internationale du livre de Tunis en 2026, Books & Kukkii a pu rencontrer directement les lecteurs tunisiens. La jeune entreprise ne cherche pas à brasser large : elle cherche un public précis et va à sa rencontre.

«Parce que nous nous adressons principalement à un public anglophone — beaucoup de Tunisiens lisent uniquement en anglais de nos jours —, notre site web est en anglais, et les articles de notre blog le sont également. Ces articles s’adressent avant tout à nos lecteurs tunisiens, bien sûr. Mais si des lecteurs internationaux viennent également les découvrir, cela ne peut que nous faire plaisir», explique encore Yassine, qui compte sur l’engouement du public féru de littératures asiatiques pour développer son entreprise. Souhaitons-lui bon vent !   

I. B.

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Tunisie. Khouloud Toumi : « Il est temps de passer de l’économie du diagnostic à celle des solutions »

07. September 2026 um 08:41
Khouloud Toumi est experte en économie, chercheuse universitaire et consultante internationale en stratégie, fondatrice du cabinet Global Performance Development (GPD). Seconde partie de l’entretien qu’elle accorde au Courrier de l’Atlas concernant la situation de l’économie tunisienne post pénuries estivales.   LCDL …

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Commerce intra-africain : un bond à 207 milliards $ en 2024

07. September 2026 um 07:52

Le commerce intra-africain a progressé de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars. C’est ce que révèle le rapport « L’Afrique en chiffres » publié par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank).

La vice-présidente exécutive de l’Afreximbank en charge du commerce intra-africain et du développement des exportations, Kanayo Awani, a souligné dans un article intitulé « Comment l’Afrique peut accélérer la dynamique du commerce intra-africain » qu’il existe un potentiel considérable pour accélérer la croissance du commerce intra-africain afin de libérer les investissements et de stimuler l’industrialisation, notamment la transformation et la valorisation des ressources naturelles.

Partout, a-t-elle ajouté, les entreprises sont confrontées sur le continent à une connaissance limitée des opportunités de marché. De même qu’elles disposent d’informations réglementaires peu claires ainsi que d’un accès restreint au financement du commerce. Autant de facteurs qui entravent leurs ambitions d’expansion au-delà des frontières.

Et de poursuivre que c’est dans ce contexte qu’intervient la Foire commerciale intra-africaine (IATF). A savoir : la principale plateforme commerciale et d’investissement du continent africain et l’un des moteurs d’intégration économique de l’Afrique.

Forte du succès de sa quatrième édition, qui a battu tous les records à Alger et généré 50 milliards de dollars US d’accords commerciaux et d’investissement, l’IATF 2025 continue de consolider sa position de catalyseur du commerce intra-africain.

Enfin, notons que Lagos (Nigeria) accueillera, du 5 au 11 novembre 2027, l’IATF2027, avec des objectifs de plus de 50 milliards de dollars US d’accords commerciaux et d’investissement, plus de 100 000 visiteurs et plus de 2 500 exposants.

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Ce que la double réservation dit de l’économie tunisienne

07. September 2026 um 07:32

Tout le monde a déjà vécu la scène. Une voiture réservée qui n’est pas disponible à l’heure dite. Une caution qu’on peine à récupérer, faute d’accord sur l’état du véhicule au départ. Une facture qui diffère du prix annoncé, sans explication vérifiable. On y voit un problème de sérieux individuel, une affaire de commerçant peu scrupuleux. C’est en réalité le symptôme visible d’un phénomène économique bien plus large : une part importante du tissu de petites entreprises tunisiennes fonctionne sans mémoire exploitable de sa propre activité.

Samuel Abid *

Dans une entreprise de location ou de services, l’information nécessaire existe pourtant. Qui a réservé, quand, à quel prix. Dans quel état le bien a été remis, puis rendu. Quelle somme a été déposée. Mais elle vit sur un registre manuscrit, dans un classeur de contrats imprimés, ou simplement dans la mémoire du gérant.

Tant que rien ne cloche, cela tient. Le système cède exactement au moment où le client a besoin d’une réponse précise, et c’est lui qui en supporte les conséquences : du temps perdu, une contestation à mener seul, et l’impossibilité d’établir quoi que ce soit. Face à un désaccord sans document commun, l’usager renonce le plus souvent. Non parce qu’il a tort, mais parce que la démarche lui coûte plus que l’enjeu.

Le coût pour l’entreprise ne se voit pas davantage

Du côté du dirigeant, ce désordre n’apparaît jamais comme une dépense. Il se dissout en heures passées chaque semaine à reconstituer une information qui aurait dû être immédiatement disponible, en litiges qu’une photo horodatée aurait clos, en suppléments jamais facturés faute d’avoir été constatés à temps.

Rien de cela n’entre dans une comptabilité. Vue de l’extérieur, l’entreprise paraît seulement un peu désorganisée, un état que beaucoup de dirigeants considèrent comme normal plutôt que comme une charge. C’est précisément pour cette raison que le problème n’est jamais traité : il ronge la marge sans jamais se présenter comme une ligne à arbitrer.

C’est le point que l’on manque en s’arrêtant à l’anecdote du client mécontent. Une entreprise incapable de documenter son activité est aussi incapable de la démontrer.

Elle ne connaît pas le coût réel de chacun de ses véhicules, ni ses taux d’immobilisation, ni ses recettes effectives par actif. Elle arbitre donc entre acheter, louer ou renouveler à l’intuition. Et surtout, elle ne peut présenter aucun de ces éléments à un banquier ou à un investisseur.

Le retard numérique cesse alors d’être une question de confort de gestion pour devenir un plafond de verre. Ces entreprises ne sont pas nécessairement moins performantes que d’autres : elles sont hors d’état de le prouver. Dans une économie où l’accès au financement conditionne la croissance des petites structures, c’est un handicap de compétitivité que peu de dirigeants identifient comme tel, et que les dispositifs d’appui, largement centrés sur l’administration en ligne et le paiement, ne traitent pas.

Un chantier étroit, pas une révolution

Ce qui fonctionne n’est pas la transformation numérique au sens large. Les projets ambitieux, lancés puis abandonnés faute de temps, sont d’ailleurs une bonne part de la raison pour laquelle le statu quo s’installe.

Ce qui fonctionne, c’est d’identifier le processus qui produit le plus de litiges ou consomme le plus de temps, presque toujours le calendrier de réservation et l’état des lieux du bien, et de le régler entièrement avant de toucher au reste. Le test est immédiat : si le changement ne fait pas gagner du temps ou n’évite pas une dispute dès la première semaine, ce n’était pas le bon point de départ.

La double réservation n’est donc pas un incident isolé. C’est ce que l’usager perçoit d’un déficit d’information qui coûte à l’entreprise sa capacité d’investir, et à l’économie une part de la croissance de ses petites structures.

* Fondateur de Lexio, plateforme de gestion de flotte et de location de véhicules pour PME.

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Maroc : un dispositif juridique contre les fake news électorales

07. September 2026 um 07:31
En prévision des élections législatives du 23 septembre, qui verront le renouvellement des 395 sièges de la Chambre des représentants, la lutte contre les fake news figure parmi les nouvelles dispositions du système électoral. Celles-ci criminalisent les pratiques susceptibles de…

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L’ONU a redessiné le monde. L’Afrique, elle, attend toujours l’ascenseur

06. September 2026 um 21:24

Le 4 septembre 2026, 164 pays ont levé la main pour dire une vérité que n’importe quel élève un peu curieux découvre en cinq minutes sur internet : l’Afrique est grande. Très grande. Assez grande pour avaler les États-Unis, la Chine, l’Inde, une bonne partie de l’Europe et le Japon, avec de la place pour le dessert.

Il aura fallu attendre 457 ans après Gerardus Mercator et sa boussole pour que l’Assemblée générale s’en émeuve officiellement. On appelle ça la diplomatie internationale : le temps que la vérité géométrique traverse les couloirs feutrés de New York est proportionnel, lui aussi, à une projection assez déformée.

Une seule voix contre, et on devine laquelle

Sur 164 voix pour, une seule voix s’est dressée contre ce crime de lèse-cartographie. On ne sait pas exactement qui a jugé bon de défendre bec et ongles la taille du Groenland, mais on imagine la scène : un diplomate solitaire, debout dans l’hémicycle, prêt à mourir pour l’honneur démesuré de son sous-continent glacé. Six abstentions se sont ajoutées, probablement des délégations qui n’avaient toujours pas fini de charger la carte Equal Earth* sur leur ordinateur portable.

La carte n’est pas le territoire, mais le territoire, lui, ne bouge toujours pas

Soyons honnêtes deux secondes : cette résolution n’a strictement aucune valeur contraignante. L’article 10 de la Charte de l’ONU est on ne peut plus clair, l’Assemblée générale ne fait que « recommander », ce doux mot diplomatique qui signifie en réalité « on a voté, on est content, mais personne n’est obligé de faire quoi que ce soit ». Même l’Union européenne a pris soin de préciser, dans un réflexe presque comique de prudence juridique, que tout ça ne change rien aux frontières, aux zones maritimes ni aux différends territoriaux. Autrement dit : l’Afrique aura enfin la bonne taille sur les cartes, mais gardera exactement les mêmes frontières héritées de la conférence de Berlin (de 1884-1885), les mêmes dettes, et les mêmes accords commerciaux défavorables qu’avant le vote. La carte grandit, le rapport de force, lui, ne bronche pas d’un pixel.

De la « justice cognitive » au manuel scolaire, il y a une marge… administrative

L’Union africaine parle de « justice cognitive » et de « réparation mémorielle ». De belles formules, généreuses, qu’on aimerait voir se traduire vite dans les salles de classe de Lomé à Tunis. Sauf que remplacer une carte murale coûte de l’argent, imprimer de nouveaux manuels scolaires prend des années, et convaincre Google Maps ou les manuels français, chinois ou américains de changer leur projection par défaut relève moins de la bonne volonté que du rapport de force économique. La résolution « appelle à un dialogue constructif » avec les géants du numérique. Un dialogue constructif, en langage diplomatique, ça veut souvent dire : « on demande poliment », et « on croise les doigts ».

Le vrai test, ce sera la 83e session

À sa décharge, l’ONU a déjà prévu de remettre le sujet à l’ordre du jour de sa prochaine session. C’est peut-être là que se jouera la vraie question : cette résolution est-elle le début d’un mouvement de fond qui ira jusque dans les salles de classe et les applications de smartphone, ou un symbole confortable qu’on agite une fois puis qu’on range dans le tiroir des bonnes intentions votées à l’unanimité ?

Alors, ça change quoi pour les Africains, concrètement ? À court terme : pas grand-chose. Le PIB ne bouge pas parce qu’un continent gagne quelques centimètres sur une carte scolaire. Les visas restent aussi difficiles à obtenir, les taux d’intérêt des emprunts souverains africains restent aussi punitifs, et les matières premières continuent de partir brutes pour revenir transformées, chères, et… sur une carte enfin à la bonne échelle.

À plus long terme, en revanche, il y a quelque chose d’assez politique dans le symbole : une génération d’enfants qui grandit en voyant son continent occuper toute la place qu’il mérite visuellement pourrait, à la marge, se raconter une histoire différente d’elle-même. La carte ne nourrit personne, mais elle façonne discrètement l’imaginaire, l’estime de soi collective, et parfois, avec le temps, les ambitions. Reste à savoir si Equal Earth arrivera vraiment dans les salles de classe tunisiennes et africaines, ou si elle restera, comme tant de bonnes résolutions onusiennes, une belle carte encadrée au mur d’un bureau climatisé à New York.

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*« Equal Earth » est une projection cartographique créée en 2018 par quatre chercheurs (Bojan Šavrič, Tom Patterson, Bernhard Jenny et un autre collaborateur), pensée comme une alternative moderne à Mercator.

Son principe : elle est équivalente (equal-area), ce qui veut dire qu’elle préserve les proportions réelles des surfaces des continents les unes par rapport aux autres. Concrètement, si l’Afrique est 14 fois plus grande que le Groenland dans la réalité, elle apparaîtra bien 14 fois plus grande sur la carte — contrairement à Mercator, où les deux semblent à peu près de la même taille.

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La Tunisie prend la présidence tournante du Conseil de la Ligue arabe

06. September 2026 um 19:18

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, conduira la délégation tunisienne à la 166ᵉ session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, qui se tiendra lundi 7 septembre 2026 au Caire. À cette occasion, la Tunisie exercera la présidence tournante du Conseil au niveau ministériel pour un mandat de six mois, de septembre 2026 à mars 2027.

Selon le ministère des Affaires étrangères, Tunis entend mettre cette présidence au service du dialogue, de la concertation et de la coordination entre États arabes, en cherchant à rapprocher les positions et à renforcer l’unité arabe face aux défis régionaux.

Les travaux de la session ministérielle porteront essentiellement sur l’évolution de la situation dans la région arabe, avec un accent particulier sur les Territoires palestiniens, notamment la poursuite des agressions dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, ainsi que sur d’autres dossiers arabes inscrits à l’ordre du jour. Les ministres examineront également les principaux axes de la coopération arabe dans les domaines du développement, de l’économie, du social et de la sécurité.

En marge de la session, Mohamed Ali Nafti mènera plusieurs entretiens bilatéraux avec ses homologues arabes, afin d’évoquer les relations bilatérales et les moyens de consolider la coopération entre la Tunisie et ses partenaires arabes, dans le cadre de la présidence tunisienne du Conseil.

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