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La Tunisie marque sa présence au Sommet international sur l’espace à Paris

11. September 2026 um 22:25

La Tunisie a pris part aux travaux du premier « Sommet international sur l’espace », qui s’est tenu les 9 et 10 septembre 2026 à Paris, en France.

Inauguré par le président français Emmanuel Macron, cet événement d’envergure mondiale a réuni des délégations officielles, des chercheurs et des acteurs économiques venus d’environ 90 pays et organisations internationales.

La représentation tunisienne a été assurée par l’ambassadeur de Tunisie en France, Dhia Khaled avec des échanges ayant porté sur trois axes stratégiques majeurs :

  • Relever les défis de l’économie spatiale mondiale à travers la coopération internationale ;
  • Faire progresser la science, la technologie et l’exploration spatiale dans une perspective internationale ;
  • Assurer la sécurité de l’espace par le dialogue, la défense et les partenariats.

En marge des sessions officielles, l’ambassadeur Dhia Khaled s’est entretenu avec plusieurs personnalités de premier plan, notamment Philippe Baptiste, ministre français de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, ainsi que Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Ces échanges ont par ailleurs permis de mettre en avant la stratégie spatiale nationale et rappelé l’engagement de la Tunisie dans les programmes de coopération internationale développés dans ce secteur de pointe.

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Maisons russes en Afrique : la culture comme paravent ?

11. September 2026 um 16:49

Moscou poursuit sa conquête douce du continent africain. L’agence Rossotrudnichestvo, chargée de piloter les centres culturels russes à travers le monde, a annoncé la signature de nouveaux partenariats avec des structures locales dans huit pays : la RDC, le Sénégal, le Togo, le Mali, le Kenya, Madagascar, Sao Tomé-et-Principe et la Sierra Leone. Autant de « Maisons russes » qui viendront s’ajouter aux cinq déjà ouvertes en 2024 et aux neuf antennes étatiques revendiquées sur le continent, le tout piloté par une agence pourtant sous sanctions européennes depuis quatre ans, comme le soulignent nos confrères de RFI.

Officiellement, il ne s’agit que de diplomatie culturelle : cours de langue, projections de films, pièces de théâtre, promotion des « valeurs russes ». Une façade sympathique, presque anodine. Mais peut-on vraiment croire qu’un État sous embargo occidental, engagé dans une guerre et une confrontation frontale avec l’Europe, déploie autant d’énergie et de moyens sur un continent entier simplement par amour de l’art ?

Les services de renseignement européens, eux, n’y croient pas. Ils soupçonnent depuis longtemps ces instituts d’abriter des activités bien moins culturelles : recrutement, propagande, voire espionnage. L’épisode récent de Berlin, où l’antenne locale a été fermée dans un climat de tensions croissantes avec Moscou, illustre bien que ces établissements ne sont pas perçus, y compris en Europe, comme de simples médiathèques polyglottes.

Alors à quoi servent réellement ces Maisons russes qui fleurissent de Kinshasa à Freetown ? À diffuser Tolstoï et le cinéma soviétique, ou à consolider, sous couvert de culture, des réseaux d’influence, de renseignement et potentiellement de recrutement dans des pays où la présence russe – militaire via Wagner, économique, diplomatique – ne cesse déjà de s’étendre ? La multiplication de ces centres, dans un contexte géopolitique aussi tendu, mérite pour le moins d’être regardée avec un œil plus que circonspect.

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La relance de la Tunisie doit partir des régions : l’exemple du Kef

11. September 2026 um 12:30

Agriculture, industrie, emploi des jeunes et coopération transfrontalière : les leviers d’un développement territorial plus équilibré.

 

La Tunisie ne pourra pas construire une croissance durable et inclusive en concentrant les investissements, les emplois et les services dans quelques pôles économiques. Une véritable politique de relance doit partir des territoires, prendre en compte leurs réalités propres et transformer leurs ressources en opportunités concrètes pour leurs habitants : emplois, revenus, services publics, investissements et perspectives d’avenir.

Le gouvernorat du Kef illustre particulièrement bien ce défi. La région dispose de terres agricoles importantes, de ressources hydriques et minières, d’un patrimoine historique et culturel remarquable, d’espaces naturels préservés, d’une position frontalière stratégique et d’un potentiel humain considérable. Pourtant, ces atouts ne se traduisent pas encore par une dynamique économique à la hauteur de ses potentialités.

Le problème du Kef n’est donc pas l’absence de ressources. Il réside davantage dans leur insuffisante valorisation, la fragilité du tissu industriel, la faiblesse de l’investissement privé, l’insuffisance des infrastructures et le départ d’une partie de la population active vers les grands pôles économiques. Cette situation doit être replacée dans un contexte national marqué par la nécessité de construire une croissance plus inclusive.

Au deuxième trimestre 2026, le PIB tunisien a progressé de 2,3 % sur un an et de 1,4 % par rapport au trimestre précédent. Cette amélioration demeure toutefois insuffisante si la croissance ne s’accompagne pas d’une réduction des disparités territoriales.

Au cours de la même période, le taux de chômage national s’est établi à 14,9 %, avec 622 400 personnes sans emploi. Le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a atteint 35,4 %. Tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur s’est élevé à 26,6 %. Ces données sont nationales et ne peuvent être appliquées mécaniquement au gouvernorat du Kef. Elles illustrent néanmoins l’ampleur du défi auquel sont confrontées les régions de l’intérieur.

La question centrale est donc la suivante : comment transformer les ressources du Kef en une véritable dynamique de création de valeur, d’emplois et d’attractivité territoriale ?

 

Le Kef face au défi démographique

La situation démographique du Kef constitue un véritable signal d’alerte. Selon les données régionales de l’Institut national de la statistique, la population du gouvernorat s’élevait à 237 832 habitants au 1er juillet 2024, contre 247 844 habitants en 2023. Cette évolution représente une baisse d’environ 4 % en une année.

Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec prudence, compte tenu de l’évolution des bases statistiques à la suite du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024.

L’INS a recensé 11 972 169 habitants en Tunisie en 2024. Alors que l’estimation nationale au 1er janvier 2026 atteignait 11 992 843 habitants.

Derrière ces statistiques se trouvent surtout des parcours humains. Des jeunes quittent Le Kef pour poursuivre leurs études ou chercher un emploi. Des agriculteurs réduisent leurs activités faute de financement, d’équipements ou de débouchés. Des entrepreneurs renoncent à investir en raison des difficultés foncières, administratives, financières ou logistiques.

La baisse démographique ne constitue donc pas seulement un phénomène statistique. Elle traduit également une perte progressive d’attractivité économique et sociale. Lorsqu’un territoire ne parvient plus à offrir suffisamment d’emplois, de services et de perspectives, il voit partir une partie de ses forces vives. À terme, ce phénomène affaiblit la consommation locale, réduit l’investissement, fragilise les services et accélère la perte de compétences. La priorité doit dès lors être claire : créer les conditions permettant aux habitants de rester, mais aussi à ceux qui sont partis de revenir et d’investir dans leur territoire.

 

Transformer les ressources en emplois

L’agriculture demeure l’une des principales bases économiques du Kef. Les céréales, l’élevage, l’oléiculture, les amandiers, les parcours et les ressources forestières constituent des atouts majeurs. Mais produire ne suffit plus. Le véritable enjeu consiste désormais à transformer localement une part beaucoup plus importante de cette production afin de conserver sur le territoire une plus grande partie de la valeur créée.

Le Kef ne doit plus se contenter de produire et d’expédier ses matières premières vers d’autres régions. Il doit développer des chaînes de valeur locales reliant la production, la transformation, le conditionnement, la commercialisation et, lorsque cela est possible, l’exportation.

Plusieurs filières pourraient être structurées autour de cette ambition :

  • le conditionnement et la transformation de l’huile d’olive ;
  • la production de lait, de fromages et de produits laitiers dérivés ;
  • la conservation et la surgélation des fruits et légumes ;
  • la transformation de la tomate et la fabrication de produits alimentaires ;
  • l’abattage, la transformation et le conditionnement des viandes ;
  • la fabrication d’aliments pour bétail ;
  • la valorisation des plantes aromatiques et médicinales ;
  • la transformation du bois d’olivier et des produits forestiers ;
  • la valorisation des ressources naturelles et des matériaux locaux ;
  • le recyclage et la valorisation des déchets.

L’objectif n’est évidemment pas de multiplier les projets de manière dispersée. Il s’agit au contraire de construire des écosystèmes économiques territoriaux cohérents, capables de relier producteurs, transformateurs, entreprises de services, centres de formation, structures de recherche et réseaux de commercialisation.

Une telle démarche permettrait d’améliorer les revenus des producteurs, de créer des emplois non agricoles, de favoriser l’émergence de petites et moyennes entreprises et de renforcer progressivement la base productive du gouvernorat.

La modernisation agricole doit également bénéficier aux petits exploitants. La mutualisation des équipements, le développement de sociétés de services agricoles, l’amélioration de l’accès au financement et le développement de mécanismes adaptés d’assurance agricole constituent des leviers essentiels.

Enfin, l’agriculture doit être beaucoup plus étroitement connectée à la formation professionnelle et à la recherche appliquée. Les établissements universitaires et de formation du Kef peuvent jouer un rôle déterminant dans la gestion de l’eau, l’amélioration des rendements, l’agriculture biologique, l’élevage, la transformation agroalimentaire et l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques.

Une stratégie régionale en cinq priorités

La relance du Kef doit s’inscrire dans une stratégie claire, lisible, réaliste et mesurable. Cinq priorités peuvent constituer le socle de cette stratégie.

  1. Moderniser l’agriculture

La première priorité consiste à améliorer la productivité agricole sans compromettre les ressources naturelles. Cela suppose notamment la réhabilitation des périmètres irrigués, l’entretien des pistes agricoles, une meilleure maîtrise de l’eau et une adaptation progressive des cultures aux effets du changement climatique.

L’agriculture biologique, les produits du terroir et les filières à forte valeur ajoutée peuvent également contribuer à améliorer les revenus des exploitants et à renforcer l’identité économique du territoire. L’enjeu n’est pas simplement de produire davantage, mais de produire mieux, transformer davantage et vendre mieux.

  1. Développer une industrie fondée sur les ressources locales

Le Kef a besoin d’une industrialisation adaptée à ses ressources et à sa position géographique. Les petites et moyennes unités agroalimentaires, les entreprises de transformation, les activités liées aux matériaux, au recyclage et aux services industriels peuvent constituer les bases d’un nouveau tissu productif régional.

La création annoncée d’une zone industrielle de 80 hectares à Sers représente à cet égard une opportunité importante. Sa réussite dépendra toutefois de la disponibilité effective des infrastructures nécessaires : routes, énergie, gaz naturel, télécommunications, gestion des déchets et services d’accompagnement. Une zone industrielle ne doit pas être conçue comme un simple espace foncier. Elle doit proposer aux entreprises un écosystème complet, compétitif et attractif.

  1. Investir dans les compétences

Aucune stratégie de développement régional ne peut réussir sans investissement massif dans les compétences. Les formations proposées doivent être davantage alignées sur les besoins actuels et futurs du territoire : agroalimentaire, maintenance industrielle, irrigation, élevage, logistique, commerce transfrontalier, numérique, tourisme culturel et services.

Les jeunes doivent pouvoir accéder à l’apprentissage, aux stages, aux incubateurs et pépinières d’entreprises, au financement et à un accompagnement entrepreneurial de proximité. L’entrepreneuriat ne doit cependant pas être présenté comme une simple réponse individuelle au chômage. Il doit être construit comme un véritable écosystème régional, associant formation, financement, accompagnement, innovation, réseaux professionnels et accès aux marchés.

  1. Transformer la frontière en opportunité

La proximité de l’Algérie constitue un avantage stratégique encore insuffisamment exploité. La frontière ne devrait pas être considérée uniquement comme une ligne de séparation, mais comme un espace potentiel de circulation, de coopération, d’échanges et d’investissement.

Le Kef pourrait développer davantage les plateformes d’entreposage, les services logistiques, les activités de transit ainsi que les partenariats tuniso-algériens dans l’agroalimentaire, l’artisanat, les services et le tourisme. Une coopération transfrontalière mieux structurée pourrait permettre aux entreprises locales d’élargir leurs marchés, de développer des partenariats et de mieux exploiter la position stratégique du gouvernorat.

  1. Valoriser le patrimoine et le territoire

Le Kef possède un patrimoine historique, culturel et naturel exceptionnel qui peut soutenir un modèle touristique différent du tourisme balnéaire traditionnel. Circuits historiques, randonnée, maisons d’hôtes, gastronomie, artisanat, produits du terroir, patrimoine minier et tourisme de nature peuvent constituer autant de sources de revenus pour les populations locales.

Mais un site historique ou un paysage naturel ne devient une véritable ressource économique que s’il est accessible, entretenu, signalé, sécurisé et intégré dans une offre touristique cohérente. La valorisation du patrimoine doit donc être pensée en réseau plutôt que sous forme de projets isolés.

Un tourisme fondé sur l’identité du territoire

Le développement touristique du Kef doit reposer sur une idée simple : faire du territoire lui-même un produit touristique. Cela implique de mieux articuler patrimoine, nature, artisanat, gastronomie, hébergement rural, randonnée, thermalisme et mémoire industrielle.

 

« Un village, un produit »

Le développement du concept « Un village, un produit » pourrait constituer l’un des instruments de cette stratégie. Chaque territoire pourrait progressivement construire une identité économique autour d’un ou de plusieurs produits emblématiques : artisanat, produits du terroir, huiles essentielles, plantes aromatiques et médicinales, savons naturels, miel biologique, bois d’olivier, tissage ou sculpture sur pierre.

Cette démarche pourrait s’appuyer sur les familles et les populations locales qui développent des gîtes ruraux, en intégrant à ces structures des activités artisanales, des démonstrations de savoir-faire et des espaces de commercialisation des produits locaux. La création de villages d’artisanat spécialisés permettrait également de renforcer la visibilité des productions locales et de créer de nouveaux pôles d’attraction.

Plusieurs localités pourraient jouer un rôle particulier :

Nebeur, située à proximité du barrage Mellègue, pourrait devenir un point d’appui pour la randonnée, le tourisme rural, les produits du terroir et les activités liées aux plantes aromatiques.

Sakiet Sidi Youssef, en raison de sa position frontalière et de sa proximité avec les massifs forestiers, pourrait renforcer sa vocation de carrefour commercial, artisanal et touristique entre la Tunisie et l’Algérie.

Touiref, implantée au cœur d’un espace forestier, pourrait devenir un relais majeur des circuits de randonnée et de découverte de la forêt, tout en développant des activités liées au bois, aux plantes aromatiques et à la distillation.

Kalaât Snène, porte d’accès à la Table de Jugurtha, pourrait développer une offre artisanale spécifique autour du tissage traditionnel, de la sculpture sur pierre et de la valorisation des savoir-faire locaux.

 

Préserver et valoriser la mémoire du territoire

La richesse naturelle et historique du Kef justifie également la création de nouveaux équipements culturels capables de préserver et de transmettre la mémoire du territoire. Des écomusées à Touiref et à Nebeur pourraient ainsi être envisagés afin de documenter la faune, la flore, les paysages et les savoir-faire liés aux ressources naturelles.

Ces structures pourraient également devenir des lieux de sensibilisation, de recherche et d’interprétation, tout en constituant des étapes des circuits de tourisme écologique et de randonnée.

À Djérissa, la création d’un musée d’archéologie minière à ciel ouvert permettrait de préserver la mémoire d’une activité qui a profondément marqué l’histoire économique et sociale de la région. L’inventaire des vestiges, leur documentation, leur conservation et leur intégration dans un parcours d’interprétation permettraient de transformer ce patrimoine industriel en un véritable produit culturel et touristique.

Le thermalisme : une ressource encore sous-exploitée

Le potentiel thermal du gouvernorat constitue également une opportunité de diversification touristique.

Hammam Mellègue

Situé à proximité du Kef, Hammam Mellègue dispose d’un patrimoine thermal et historique remarquable. Les vestiges d’anciens thermes témoignent de l’ancienneté de l’exploitation des eaux du site. La source, dont la température est d’environ 45 °C, bénéficie d’une fréquentation importante et d’une réputation ancienne auprès des curistes.

Le développement du site pourrait s’appuyer sur un projet intégré associant :

  • la valorisation du patrimoine thermal antique ;
  • la modernisation des infrastructures d’accueil ;
  • la création d’un établissement thermal répondant aux standards contemporains ;
  • le développement d’activités de bien-être et de remise en forme ;
  • l’intégration du site dans les circuits de tourisme thermal, culturel et naturel.

Une expertise scientifique et médicale devrait naturellement déterminer les propriétés et les indications thérapeutiques reconnues des eaux avant toute communication à caractère médical.

Hammam Bazez

Hammam Bazez constitue également une ressource susceptible d’être valorisée dans le cadre d’une stratégie de tourisme thermal et rural. Le site demeure cependant insuffisamment aménagé et nécessite, en préalable à tout investissement, une étude technique, hydrogéologique, sanitaire et environnementale permettant d’évaluer précisément le potentiel de la source. À terme, le site pourrait être intégré à une offre associant thermalisme, bien-être, tourisme rural et découverte des espaces naturels.

Valoriser le patrimoine archéologique et culturel

Le Kef dispose d’un patrimoine archéologique particulièrement riche, mais encore insuffisamment intégré dans une stratégie touristique globale.

La création de musées archéologiques au Kef et à Dahmani permettrait de mieux conserver et présenter la mémoire historique des villes et de leurs territoires.

À Dahmani, des possibilités pourraient être étudiées autour du site de Mdeina ou du site mégalithique d’Ellès, en fonction des études scientifiques et de faisabilité. Parallèlement, un effort doit être consacré à l’inventaire, à la documentation et à la mise en valeur des sites archéologiques.

Les sites déjà identifiés, notamment le site archéologique de Sidi Zin et les grottes de Sidi Mansour, pourraient progressivement être intégrés à des circuits touristiques thématiques.

La médina du Kef doit également occuper une place centrale dans cette stratégie. Sa valorisation passe par l’animation culturelle, la création de circuits thématiques, la valorisation de l’artisanat, la réhabilitation du bâti patrimonial et le développement de parcours d’interprétation.

La médina de Dahmani pourrait, elle aussi, faire l’objet d’un programme spécifique de réhabilitation et de mise en valeur. L’objectif est de passer d’un patrimoine simplement conservé à un patrimoine vivant, accessible, animé et créateur de valeur.

Les conditions de réussite : un véritable écosystème territorial

La réussite de cette stratégie suppose toutefois plusieurs mesures d’accompagnement.

Le premier chantier concerne le cadre réglementaire. Il convient d’examiner les contraintes qui limitent actuellement l’installation de gîtes ruraux et d’activités touristiques complémentaires dans les espaces agricoles ou à proximité des espaces forestiers, tout en préservant les équilibres environnementaux et fonciers.

Le deuxième chantier concerne les mécanismes d’incitation. La création et la réhabilitation de gîtes ruraux, les projets portés par les populations locales, les activités artisanales et la transformation des produits du terroir doivent pouvoir bénéficier de dispositifs d’accompagnement adaptés.

Le troisième chantier concerne les infrastructures touristiques douces, notamment les pistes pédestres et équestres permettant de relier les différents sites naturels, culturels et touristiques.

Une étude exploratoire pourrait identifier les tracés, les niveaux de difficulté, les points d’intérêt, les équipements nécessaires et les conditions de sécurisation des parcours. L’objectif est de créer progressivement un réseau territorial cohérent, dans lequel chaque site renforce l’attractivité des autres.

Commencer par les régions, revenir vers les habitants

La véritable rupture doit être à la fois institutionnelle et méthodologique.

Les politiques régionales ne doivent plus être conçues exclusivement depuis la capitale avant d’être ensuite déclinées dans les territoires. Elles doivent être élaborées avec les territoires et à partir de leurs réalités.

Agriculteurs, entreprises, municipalités, universitaires, associations, entrepreneurs et habitants doivent être associés à la définition des priorités.

Commencer par les régions signifie d’abord écouter leurs besoins réels.

Revenir vers elles signifie ensuite garantir des résultats visibles : des emplois créés, des entreprises implantées, des investissements réalisés, des services améliorés, des productions transformées localement et des jeunes accompagnés.

Pour Le Kef, cette stratégie pourrait être évaluée à partir d’indicateurs simples et régulièrement suivis :

  • nombre d’emplois créés ;
  • volume des investissements privés réalisés ;
  • nombre d’entreprises implantées ;
  • volume des produits agricoles transformés localement ;
  • nombre de jeunes formés et accompagnés ;
  • évolution des exportations régionales ;
  • amélioration des infrastructures ;
  • amélioration de la couverture numérique ;
  • fréquentation touristique ;
  • nombre de projets touristiques et artisanaux créés ;
  • évolution de l’attractivité démographique du territoire.

Ces indicateurs permettraient de passer d’une logique de projets dispersés à une véritable politique de résultats territoriaux.

Faire du Kef un laboratoire du développement régional

La relance de la Tunisie ne pourra être durable si elle laisse une partie de ses régions à l’écart.

La croissance ne doit pas être mesurée uniquement à travers l’évolution du PIB national. Elle doit également être appréciée à travers la capacité de chaque territoire à créer de la richesse, générer des emplois, retenir ses jeunes, attirer des investissements et offrir des perspectives d’avenir à ses habitants.

Le Kef possède les ressources nécessaires pour devenir un laboratoire d’une nouvelle politique régionale.

Son avenir peut s’appuyer sur cinq leviers complémentaires : la modernisation de l’agriculture, la transformation locale des ressources, une industrialisation adaptée au territoire, l’investissement dans les compétences et la valorisation de son patrimoine naturel, culturel et historique.

À ces leviers s’ajoute un avantage stratégique majeur : sa position frontalière, qui peut être transformée en espace de coopération économique avec l’Algérie.

Mais la région ne demande pas seulement de nouveaux projets. Elle a besoin d’une vision, d’une coordination, d’une gouvernance territoriale efficace et d’un engagement durable.

Le défi est donc de passer d’une politique qui consiste à apporter ponctuellement des projets aux régions à une politique qui fait des régions elles-mêmes les moteurs de leur développement.

Le Kef peut être l’un des territoires où cette nouvelle approche prend forme.

La relance de la Tunisie doit partir des régions. Et si elle doit commencer quelque part, Le Kef peut être l’un des territoires qui montrent la voie.

 

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Haythem Ayachi

Enseignant/chercheur

Institut supérieur de la comptabilité et d’administration des entreprises (ISCAE)

Université de La Manouba

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IACE | La réforme des mathématiques est une priorité de l’économie tunisienne  

11. September 2026 um 12:20

L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié, jeudi 10 septembre 2026, une note stratégique intitulée «Le capital scientifique, un levier de croissance » et en sous-titre : «Pourquoi la réforme des mathématiques doit devenir une priorité économique nationale». Première d’une série de trois publications de l’IACE consacrées aux mathématiques, cette note analyse le rôle du capital scientifique dans la capacité de la Tunisie à innover, à créer de la valeur et à renforcer sa compétitivité. Elle met en lumière les conditions nécessaires pour faire du capital scientifique un levier de croissance et de souveraineté économique.

Le recul des performances en mathématiques ne concerne pas uniquement la Tunisie. Les résultats de Pisa 2025 montrent une baisse de 22 points des scores en mathématiques dans les pays de l’OCDE entre 2015 et 2025, soit plus d’une année d’apprentissage, constate d’emblée l’étude.

Les mathématiques sont généralement abordées comme une question relevant du système éducatif. Selon la note, qui propose un changement de perspective, les mathématiques constituent également un enjeu de politique économique.

Dans une économie fondée sur la connaissance, les compétences scientifiques conditionnent la capacité d’un pays à former les talents, à soutenir l’innovation, à améliorer sa productivité et à renforcer sa compétitivité. Leur développement relève ainsi d’un investissement stratégique dans le capital humain.  

Un affaiblissement global des compétences scientifiques

L’analyse de l’IACE montre que la Tunisie est confrontée à une érosion progressive de son capital scientifique. Cette évolution ne résulte pas uniquement des performances scolaires, mais d’un affaiblissement plus global de la capacité du système à produire, renouveler et valoriser les compétences scientifiques nécessaires aux transformations économiques futures.

Or, ces compétences ne font pas encore l’objet d’un pilotage stratégique comparable aux autres déterminants de la croissance. L’absence d’indicateurs réguliers et d’un cadre de suivi dans la durée limite la capacité des décideurs à anticiper les fragilités et à orienter les politiques publiques.

Cette situation engendre un coût économique largement sous-estimé. Les insuffisances dans les apprentissages scientifiques affectent progressivement le potentiel d’innovation, de productivité et de création de valeur de l’économie nationale, tout en réduisant la capacité de la Tunisie à répondre aux besoins croissants en compétences technologiques et industrielles.

Le développement du capital scientifique exige ainsi une approche de long terme, dépassant les cycles politiques et budgétaires. Il suppose une vision stratégique, des indicateurs de suivi et une gouvernance capable d’assurer la continuité des choix publics. Au regard de ces constats, trois orientations apparaissent prioritaires :

• Mettre en place un système national de suivi des compétences scientifiques ;

• Définir une trajectoire nationale de développement du capital scientifique ;

• Renforcer la gouvernance interministérielle de cette politique.

Renforcer la qualité des compétences mobilisées par l’économie

Au-delà de la seule question des mathématiques, la note de l’IACE invite à reconnaître le capital scientifique comme une infrastructure immatérielle essentielle de la compétitivité nationale.

Ses messages clés sont les suivants :

• Les compétences mathématiques constituent un levier stratégique de compétitivité nationale : dans une économie fondée sur la connaissance, elles conditionnent la capacité à former les talents, soutenir l’innovation et renforcer durablement la productivité ;

• La Tunisie connaît une érosion progressive de son capital scientifique : Cette évolution fragilise la capacité du pays à produire les compétences nécessaires aux transformations économiques futures ;

• Le capital scientifique doit devenir un objet de pilotage stratégique : son développement exige des indicateurs réguliers, une vision de long terme et une gouvernance capable d’assurer la continuité des politiques publiques ;

• Transformer le capital éducatif en capacité productive constitue l’enjeu central : l’objectif n’est plus seulement d’accroître le nombre de diplômés, mais de renforcer la qualité des compétences mobilisées par l’économie.

Les analyses présentées dans cette note montrent que la capacité d’un pays à développer son capital scientifique constitue désormais un facteur déterminant de sa compétitivité économique.

Le défi tunisien ne réside pas uniquement dans le niveau des ressources consacrées à l’éducation. Il concerne surtout la capacité à transformer cet investissement en compétences capables de soutenir l’innovation, la productivité et la création de valeur.

Dans une économie fondée sur la connaissance, la qualité des apprentissages et la maîtrise des compétences scientifiques fondamentales deviennent des conditions essentielles du développement.

Le capital scientifique doit ainsi être considéré comme une infrastructure immatérielle stratégique. Comme toute infrastructure essentielle, il nécessite une vision de long terme, des mécanismes de suivi et une gouvernance capable d’assurer la continuité des choix publics.

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc plus seulement de renforcer l’enseignement des mathématiques. Il est de reconnaître que les compétences scientifiques fondamentales constituent un investissement dans la capacité productive future du pays. Cette reconnaissance constitue une première étape. Elle doit désormais être accompagnée d’une réflexion sur les conditions permettant de préserver et de renouveler durablement ce capital scientifique, en particulier à travers la capacité du système national à former les compétences nécessaires aux générations futures.

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Aurore Bergé trouve la théorie du « Grand remplacement »… pas si raciste

11. September 2026 um 10:00
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations a été hier très critiquée pour avoir invoqué la liberté d’expression au sujet de cette théorie complotiste.   En bref Aurore Bergé estime que le débat sur le « Grand remplacement…

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Eau potable à Sfax : un partenariat tuniso-japonais de quatre ans pour anticiper 2060

11. September 2026 um 12:20

La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) et l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA Tunisie) ont engagé un projet de coopération technique de quatre ans. Il vise à élaborer un Schéma Directeur d’Alimentation en Eau pour le gouvernorat de Sfax à l’horizon 2060.

Une nouvelle coopération technique entre la Tunisie et le Japon vient d’être lancée pour renforcer durablement les services d’eau dans le gouvernorat de Sfax. Selon un communiqué de la JICA publié jeudi 10 septembre 2026, ce projet doit aboutir à l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Alimentation en Eau à l’horizon 2060. Il est destiné à apporter une réponse pérenne aux difficultés d’approvisionnement que connaît la région.

Pour mener à bien cette mission, la JICA déploiera une équipe d’experts japonais qui accompagnera la SONEDE pendant quatre ans, à compter de l’arrivée de la première mission en Tunisie.

Au-delà du schéma directeur, le projet prévoit également l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan de Gestion de la Sécurité Sanitaire de l’Eau (PGSSE) propre au gouvernorat de Sfax. Il doit en outre permettre de renforcer les capacités de la SONEDE dans l’amélioration de l’efficacité de l’adduction et de la distribution de l’eau, avec un accent particulier sur la réduction des eaux non facturées.

Ce partenariat s’accompagnera d’un transfert de technologies et de savoir-faire japonais au profit des ingénieurs et cadres de la SONEDE, à travers l’appui direct des experts, des formations techniques et des échanges d’expériences programmés tout au long du projet. Sur le plan formel, le procès-verbal des discussions relatives à ce projet a été signé le 21 août 2026 par le PDG de la SONEDE, Abdelhamid Mnaja, et le chef de mission d’étude de planification détaillée au siège de la JICA, Masahito Miyagawa.

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Crise Sebta. Le Maroc refuse d’être un fonds de commerce préélectoral en Espagne

11. September 2026 um 11:53
Le Maroc refuse d’être un fonds de commerce préélectoral et n’admet pas davantage d’être le bouc-émissaire de règlements de compte politiciens en Espagne, a indiqué le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger…

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Bill Bazzi loue le rôle de la Tunisie dans la garantie des voies maritimes en Méditerranée  

11. September 2026 um 11:40

«Alors que la Tunisie joue un rôle de premier plan en accueillant l’exercice multilatéral Phoenix Express, nous sommes fiers d’œuvrer côte à côte avec nos hôtes tunisiens, nos alliés et nos partenaires régionaux pour garantir que les voies maritimes vitales de la Méditerranée restent sûres et ouvertes. Le partenariat entre les États-Unis et la Tunisie remonte à près de 230 ans, à notre traité historique de paix et d’amitié de 1797.»

C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, lors de l’exercice Phoenix Express 2026, accueilli par la marine tunisienne et organisé en Méditerranée méridionale avec la participation de forces navales nord-africaines, européennes et américaines.

Cet exercice de 12 jours, du 6 septembre au 18 septembre 2026,vise à renforcer la coopération et les capacités opérationnelles en matière de sécurité maritime, en mettant l’accent sur la lutte contre les activités illégales et la préservation de la liberté de navigation.

«La véritable force de Phoenix Express réside dans la combinaison de technologies maritimes de pointe et du professionnalisme exceptionnel des forces qui les mettent en œuvre», a déclaré le vice-amiral J.T. Anderson, commandant de la Sixième flotte des États-Unis et des forces navales de frappe et de soutien de l’Otan (Naval Striking and Support Forces NATO). «L’exercice renforce la détermination et la capacité des pays partenaires africains à détecter et à dissuader les activités illégales qui menacent la liberté de navigation et la libre circulation du trafic maritime», a ajouté l’officier américain.

Phoenix Express 2026 prévoit des phases opérationnelles à terre et en mer, impliquant les centres régionaux d’opérations maritimes pour le partage de données en temps réel et l’établissement d’une situation opérationnelle commune.

Le programme comprend des exercices conjoints de recherche et de sauvetage, des simulations d’abordage de navires et des démonstrations opérationnelles, visant à affiner les procédures tactiques et à renforcer la capacité collective à protéger les principales routes commerciales et à contrer les menaces régionales.

Dans le cadre de l’exercice, la Sixième flotte américaine collaborera avec les pays partenaires à l’intégration de systèmes avancés et d’outils de suivi, afin de démontrer leur utilité pour détecter et dissuader les activités illégales dans les zones économiques exclusives des pays africains.

L’exercice Phoenix Express 2026 réunit l’Algérie, la Belgique, l’Égypte, la France, la Géorgie, l’Italie, la Libye, le Maroc, la Tunisie, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Espagne et les États-Unis. Il s’inscrit dans un cycle de trois exercices maritimes régionaux dirigés par les forces navales américaines en Afrique (U.S. Naval Forces Africa), dans le cadre d’une stratégie visant à favoriser la coopération entre les forces africaines et les partenaires internationaux en matière de sécurité maritime.

I. B.

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L’UGTT accuse le pouvoir d’avoir «fermé la porte au dialogue» et menace de grève générale

11. September 2026 um 11:18

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) durcit le ton face aux autorités et envisage l’hypothèse d’une grève générale, accusant le pouvoir d’avoir aggravé la crise économique et sociale du pays et d’avoir fermé toute porte au dialogue. (Photo : Meeting devant le siège de l’UGTT en août 2025).

Cette position a été arrêtée lors de la réunion de l’instance administrative nationale de la principale centrale syndicale tunisienne, qui a examiné la situation politique et sociale ainsi que les prochaines formes de mobilisation.

Le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, a qualifié la situation du pays de «grave et critique», affirmant que «toutes les portes sont désormais fermées» et que la Tunisie est passée de l’absence de dialogue social à une «absence totale de dialogue» entre les autorités et les différentes composantes de la société.

Selon M. Selmi, toutes les formes de mobilisation restent envisageables, y compris la grève générale.

Le dirigeant syndical a appelé les structures régionales et sectorielles de l’UGTT à se préparer aux prochaines initiatives par le biais de réunions et d’activités de mobilisation sur le terrain. La centrale n’a toutefois pas annoncé, pour l’heure, de date pour une éventuelle grève. Elle a par ailleurs annoncé la préparation d’une marche nationale de protestation en collaboration avec certaines organisations de la société civile. La date sera fixée en coordination avec les partenaires de la centrale.

Cette initiative s’inscrit dans le nouveau cadre de coordination mis en place par l’UGTT avec la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats ; ces organisations, distinguées par le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour leur contribution au dialogue national ayant alors contribué à la sortie du pays de la crise, ont récemment dénoncé conjointement la détérioration de la situation politique, économique et sociale et appelé à la reprise d’un dialogue national.

I. B.

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Le président Saïed : la réforme de l’éducation est irréversible et exige de la rigueur

Von: tmps
11. September 2026 um 10:08

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, jeudi, au palais de Carthage, une réunion regroupant les ministres de l’Intérieur, des Affaires sociales, de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Le chef de l’État a affirmé que la réforme de l’éducation est engagée, tout en avertissant qu’elle exige rigueur et discernement : « Tout choix erroné ne peut être corrigé qu’après près de vingt ans », a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence de la République.

Dans l’attente de cette réforme, visant à instaurer un enseignement national accessible à tous sur un pied d’égalité, le président Saïed a appelé à une préparation sérieuse pour l’année en cours, déjà entamée dans plusieurs établissements universitaires et qui démarrera sous peu dans l’ensemble des institutions scolaires.

Il a également exigé de remédier aux insuffisances persistantes dans les espaces d’enseignement, le transport scolaire, la santé et la sécurité des élèves aux abords des établissements et sur le trajet.

Le président Saïed a par ailleurs plaidé pour la prise en charge des élèves en difficulté de mobilité dont plusieurs d’entre eux abandonnent l’école par manque de moyens de transport ou par crainte des risques du trajet, appelant à leur offrir gratuitement les fournitures scolaires et à leur garantir le droit d’accès à la cantine scolaire.

Le chef de l’État a conclu en réaffirmant la vocation rayonnante de la Tunisie, appelant à instaurer un enseignement national démocratique, sans discrimination, capable d’éradiquer toutes formes d’analphabétisme et d’aliénation culturelle.

 

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De sa prison, Mourad Zeghidi solidaire avec Ghazi Mrabet et Mohamed Yousfi

11. September 2026 um 10:08

Dans un message envoyé de la prison où il croupit depuis 2024, le journaliste Mourad Zeghidi a exprimé sa solidarité avec son avocat Ghazi Mrabet, arrêté dans la soirée du jeudi 3 septembre 2026 et poursuivi dans une vague affaire de trafic de stupéfiants et de blanchiment d’argent, et son ami le journaliste Mohamed Yousfi, arrêté le lendemain, vendredi 4 septembre, et placé en garde à vue malgré l’opération chirurgicale qu’il a subie durant sa détention. Il est poursuivi dans une affaire, tout aussi vague, de blanchiment d’argent en lien avec le financement de la plateforme médiatique Alqatiba dont il est le rédacteur en chef.

«J’exprime ma totale solidarité avec mon ami et frère, l’avocat Ghazi Mrabet, face à l’épreuve qu’il traverse.

«Ghazi est un modèle rare de loyauté, d’amitié et de soutien, notamment durant l’épreuve que j’ai moi-même vécue en 2024.

«J’exprime également mon soutien indéfectible à mon cher confrère et ami Mohamed Yousfi, l’un des journalistes les plus éminents, brillants, intègres et honnêtes de Tunisie. Je n’oublierai jamais le soutien qu’il m’a apporté et sa présence à mes côtés lors de mon arrestation.

«Que Dieu leur apporte soulagement et délivrance», a écrit Mourad Zeghidi dans ce message publié sur la page Facebook Free Mourad Zeghidi.

Rappelons que, selon le parquet de Tunis, l’avocat a été arrêté au domicile d’un client, trafiquant notoire recherché par la justice, déjà condamné par contumace à 40 ans de prison. Selon l’accusation, il aurait tenté de faciliter sa fuite et d’entraver le travail des agents de police judiciaires. Ses collègues crient son innocence en rappelant le droit des avocats de contacter leurs clients, même si ces derniers sont en fuite, sans mettre en danger leur sécurité.

I. B.  

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Jort: 8,2 MD pour équiper 12 piscines publiques en chauffe-eau solaires

11. September 2026 um 10:04

La Tunisie va consacrer 8,2 millions de dinars à l’équipement de 12 piscines publiques couvertes en systèmes solaires collectifs destinés au chauffage de l’eau. Le programme, prévu sur trois ans, a été officialisé par un arrêté conjoint daté du 17 août 2026 et publié au Jort le 21 août.

D’ailleurs, l’ANME pilotera sa mise en œuvre avec les ministères de l’Intérieur et de la Jeunesse et des Sports. Et, le financement proviendra du Fonds de transition énergétique.

Le dispositif ne se limite pas à l’installation des équipements. Il prévoit également des diagnostics énergétiques, des études de faisabilité, un suivi de la consommation et la formation des intervenants. L’objectif est de réduire la consommation énergétique des piscines publiques et de mesurer les gains obtenus.

L’intérêt économique du programme réside donc dans le suivi de la consommation après investissement. Les résultats obtenus sur ces 12 piscines permettront notamment d’évaluer la pertinence d’étendre ce type de solution à d’autres infrastructures publiques.

 

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Électricité | La Tanzanie autofinance un mégaprojet de 2,9 milliards de dollars !

11. September 2026 um 08:55

Il y a quatre ans, la Tanzanie était confrontée à une grave pénurie d’électricité, contraignant la compagnie nationale d’électricité à rationner l’approvisionnement. Certaines régions subissaient des coupures de courant quotidiennes allant jusqu’à neuf heures. Nous vivons aujourd’hui une situation comparable en Tunisie. Notre déficit énergétique dépasse 60% et nous sommes contraints d’importer, au prix fort et en devises étrangères, l’essentiel du gaz nécessaire à la production de nos besoins en électricité. Qui plus est, nous faisons face, depuis le début de l’été, à des coupures intempestives d’électricité qui ont provoqué la colère des citoyens et beaucoup nui à l’économie du pays. Pour nous, la Tanzanie, où la situation a radicalement changé en seulement quelques années, offre un exemple à méditer et, surtout, à suivre. 

Imed Bahri

En effet, la semaine dernière lorsque la présidente Samia Suluhu Hassan a inauguré officiellement une centrale hydroélectrique de grande envergure sur le fleuve Rufiji, le plus important du pays, faisant de la Tanzanie une nation excédentaire en matière de production d’électricité.

La spécificité de ce mégaprojet qui a coûté 2,9 milliards de dollars est le non recours à l’endettement extérieur pour le financer, la Tanzanie l’a intégralement autofinancé, un exploit qualifié par Bloomberg de «moment charnière pour l’Afrique». Seul hic, les conséquences environnementales.

L’analyse de l’économiste et éditorialiste de Bloomberg Mihir Sharma,, intitulée «Le barrage tanzanien marque un moment charnière pour l’autofinancement de l’Afrique», indique que le projet hydroélectrique Julius Nyerere, du nom du premier président tanzanien, a doublé la capacité de production d’électricité du pays. La production dépasse désormais la demande, ce qui signifie que les turbines du barrage ne fonctionneront qu’à 40% ou 50% de leur capacité si la Tanzanie n’investit pas davantage dans le développement de son réseau électrique et de ses interconnexions avec les pays voisins. 

Prouesse financière, problème écologique 

Un tel niveau d’abondance énergétique est un rêve même pour les pays développés, et a fortiori pour un pays comme la Tunisie.

Fait remarquable, la Tanzanie a réalisé cet exploit presque entièrement grâce à un autofinancement. Le budget de l’État a couvert ce projet de 2 115 mégawatts, ce qui en fait le plus important de ce type en Afrique après le barrage de la Renaissance éthiopienne, un ouvrage colossal et controversé.

Mihir Sharma écrit : «Pendant plus d’une décennie, nous avons craint que la baisse des financements occidentaux pour les projets d’infrastructure dans les économies émergentes ne contraigne les gouvernements asiatiques et africains à supporter des niveaux alarmants de dette envers la Chine. Or, il s’avère qu’une autre option existe: l’autofinancement, à condition de choisir avec soin les conditions et les entreprises».

L’auteur précise que l’idée de ce projet remonte à 1907, lorsque l’ingénieur colonial allemand Franz Stiegler (qui sera tué plus tard par un éléphant) proposa la construction d’un barrage sur le fleuve Rufiji mais il faudra attendre plus d’un siècle ! Le projet ne put véritablement démarrer qu’après que John Magufuli (président de 2015 à 2021), prédécesseur de l’actuelle présidente Samia Suluhu Hassan, l’eut adopté comme le projet phare de sa présidence. 

Mihir Sharma indique que ce projet aura toutefois des conséquences négatives sur l’environnement mais les deux dirigeants précédemment cités l’ont imposé et personne ne pouvait bloquer le projet étant donné le caractère autoritaire du régime. Il rappelle que les deux dirigeants ont fait l’objet d’accusations crédibles de violence politique et de persécution de leurs opposants.

L’auteur s’alarme que dans les régimes autoritaires, l’impact environnemental de tels projets est difficile à évaluer, ce qui est regrettable car ces préoccupations ne doivent pas être ignorées. Les eaux du projet inonderont entre 1,5% et 3% de la réserve de gibier de Selous, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982.

Les écologistes craignent que le projet ne perturbe les migrations et les habitats de la faune locale, notamment des éléphants et du rhinocéros noir, une espèce en danger critique d’extinction. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) affirme que l’évaluation environnementale du gouvernement tanzanien «est loin de respecter les normes internationales».

Compte tenu des nombreux écueils liés à la construction de grands barrages, la réussite de la Tanzanie dans la réalisation de ce projet demeure toutefois remarquable. Malgré les critiques de l’organisme de surveillance gouvernemental concernant la mauvaise préparation des documents contractuels, qui a engendré des retards pour le gouvernement, le projet semble avoir été mené à bien dans les limites du budget et sans difficultés majeures. Selon les autorités, son coût s’est élevé à 2,9 milliards de dollars. Il a été financé, avec un nombre limité d’autres grands projets, presque entièrement par les recettes publiques, notamment grâce à une augmentation d’environ un tiers des taxes sur les carburants.

Cela n’a pas aggravé la dette nationale ni détourné l’attention du gouvernement de ses autres priorités pendant la construction du barrage. Les dépenses d’éducation et de santé ont augmenté au même rythme que la croissance du PIB au cours des deux dernières années et le gouvernement a mis en place un système d’assurance maladie universelle et dispensé six années d’enseignement secondaire gratuit.

La Tanzanie détermine les options de mise en œuvre

La Tanzanie a pris plusieurs décisions qui ont contribué au succès du projet. Premièrement, elle a écarté la possibilité d’obtenir un financement occidental, difficile à obtenir de toute façon, les banques de développement et les agences d’aide étant devenues réticentes à financer des projets hydroélectriques dans les pays en développement suite aux campagnes menées par des militants dans les années 1990.

Deuxièmement, la Tanzanie n’a pas remplacé l’Occident par Pékin. Magufuli avait auparavant rejeté une offre chinoise de 10 milliards de dollars pour la modernisation du port de Bagamoyo, la qualifiant d’«abusive et confuse», tandis que des responsables se plaignaient d’avoir été traités «comme des écoliers» par les négociateurs chinois.

Troisièmement, la Tanzanie n’a pas accepté précipitamment la première offre reçue, émanant de l’entreprise de construction brésilienne Odebrecht SA, connue pour ses antécédents de corruption en Amérique latine et dans les Caraïbes et qui cherchait à s’implanter en Afrique. Entreprise qui d’ailleurs s’est placée sous la protection de la loi sur les faillites en 2019. Odebrecht a également proposé de réaliser le projet à un coût bien supérieur à ce qu’aura finalement coûté le projet. 

Les Tanzaniens ont quant à eux opté pour un consortium égyptien. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, présent aux côtés du président Hassan lors de la cérémonie d’inauguration, souhaitait démontrer que les vives objections de son pays au barrage de la Renaissance éthiopienne sur le Nil ne s’étendaient pas à d’autres projets. Le lac Victoria, dont la moitié est contrôlée par la Tanzanie, étant la source du Nil Blanc, il est dans l’intérêt de l’Égypte de maintenir des relations amicales avec la Tanzanie et que cette dernière conserve un potentiel hydroélectrique maximal.

Ainsi, ce projet colossal a été réalisé en deçà du budget, pour un coût de 1,37 million de dollars par mégawatt, soit un prix parmi les plus bas pour des projets similaires. Il a également été financé par les impôts africains et est resté sous le contrôle d’un consortium africain ce qui est une réussite remarquable.

La Chine participe et l’Occident est perdant

Bien entendu, une part importante des fonds est allée à la Chine. L’entreprise publique Dongfang Electric a fourni les turbines servant à la production d’électricité. Le groupe Sinohydro aurait reçu 969 millions de dollars pour la conception et la construction du barrage principal.

Toutefois, cela ne change pas grand-chose. Le coût est resté raisonnable, les conditions transparentes et le projet a largement fait appel à la main-d’œuvre locale tandis que le contrôle est resté entre les mains des autorités tanzaniennes et des maîtres d’œuvre égyptiens.

Le véritable perdant dans cette histoire, outre la faune sauvage de la réserve naturelle et les communautés de pêcheurs en aval, est le financement occidental. Les investisseurs, y compris ceux qui acheminent les fonds par le biais d’organismes multilatéraux et de la Banque mondiale, se sont montrés réticents à financer des projets de grande envergure dans les économies émergentes, en particulier les projets hydroélectriques. 

Mihir Sharma conclut: «À mesure que les pays découvrent leur capacité à mener à bien ces projets de manière indépendante, ils n’ont plus besoin de l’Occident et de ses activistes ni de la Chine et de ses diplomates».

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Risques environnementaux et sanitaires de la production de protéines à partir d’insectes

11. September 2026 um 08:41

Des habitants de la délégation de Menzel Bouzelfa (gouvernorat de Nabeul) ont contacté le département de la justice environnementale et climatique du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) pour exprimer leurs inquiétudes et leur opposition à l’installation, dans leur région, d’une unité industrielle de production de farine animale (poudre protéique) à partir d’insectes.

Les projets de production de protéines animales à partir d’insectes figurent parmi les initiatives sur lesquelles plusieurs pays à travers le monde ont misé, les considérant comme une alternative pour la production d’aliments pour animaux — notamment pour l’aquaculture — ainsi que comme des compléments alimentaires destinés à la consommation humaine, en particulier chez les sportifs.

Ces projets reposent sur l’élevage d’insectes, tels que des vers ou des mouches, nourris avec d’importantes quantités de déchets organiques, avant que les larves ne soient séchées puis broyées pour obtenir le produit fini.

Bien que ce type de projet soit présenté comme une solution durable et respectueuse de l’environnement — alliant production d’aliments pour le bétail et valorisation des déchets organiques —, il n’est pas exempt de risques et de problèmes environnementaux et sanitaires.

En effet, des rapports et des études scientifiques indiquent qu’en l’absence de normes de sécurité, de mesures préventives et d’un contrôle rigoureux, ces unités peuvent devenir une source de pollution et de nuisances olfactives, menaçant ainsi l’environnement et la santé publique.

Par ailleurs, certains pays ont signalé des cas d’échappement d’insectes depuis ces installations vers le milieu naturel, suscitant des inquiétudes quant à leur impact potentiel sur les équilibres écologiques et agricoles.

Les inquiétudes des habitants de Menzel Bouzelfa ne semblent pas isolées au regard des expériences vécues précédemment dans la région. Le projet envisagé s’inscrit dans le contexte de l’extension d’une unité industrielle similaire située dans la délégation de Grombalia, en activité depuis 2017 ; cette dernière a suscité, depuis lors, de fréquentes plaintes et mobilisations de la part des riverains, qui dénoncent les nuisances environnementales et sanitaires engendrées par ses opérations. Selon les témoignages des habitants, une partie de ces plaintes porte sur les odeurs nauséabondes émanant du processus de fermentation des déchets organiques ; ces émanations pénètrent dans les habitations et les zones résidentielles, provoquant — d’après les résidents — des difficultés respiratoires ainsi qu’une inquiétude croissante quant aux répercussions sur leur santé et leur qualité de vie.


Cette expérience soulève à nouveau de sérieuses questions quant au respect, par ces projets, des normes de protection de l’environnement et de la santé publique, ainsi que sur la capacité des mécanismes de contrôle et de suivi à garantir que les projets de valorisation des déchets et de production de protéines ne se transforment pas en nouvelles sources de pollution ni en risques environnementaux et sanitaires pour les populations.

L’emplacement de l’unité, installée à Menzel Bouzelfa il y a environ deux ans, suscite de vives inquiétudes : elle se trouve en effet au cœur d’une zone résidentielle, à quelques mètres seulement d’habitations, de l’hôpital local, de l’école primaire et d’un centre pour personnes à besoins spécifiques. Cette localisation pose un problème sérieux, tant sur le plan juridique qu’environnemental, car elle contrevient à l’arrêté du ministre de l’Industrie du 15 novembre 2005 fixant la liste des établissements dangereux, insalubres ou incommodes. Ce texte classe les unités d’élevage de vers dans la première catégorie d’établissements, lesquels doivent être éloignés des zones résidentielles et urbaines en raison des nuisances et des risques qu’ils sont susceptibles d’engendrer.

Il convient de noter que l’usine en question n’était pas initialement destinée à la production de protéines animales, mais constituait une unité de valorisation des déchets ainsi que des résidus de fruits et légumes. En 2022, elle a obtenu une autorisation pour étendre ses activités à la production de protéines animales, avec une capacité initiale estimée à 31,3 tonnes par jour, pour atteindre un pic de production d’environ 12 000 tonnes par an d’ici 2027.

Dans ce contexte, l’approbation environnementale accordée par l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) — sans la moindre objection — soulève de sérieuses interrogations.

En effet, le principe de précaution environnementale, ratifié par la Tunisie dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique de 1993, n’a pas été pris en compte, et ce, malgré les risques liés à l’implantation de l’usine au sein d’une zone résidentielle englobant des terres agricoles et des périmètres irrigués.

De son côté, l’Office national de l’assainissement (Onas) a donné son accord pour que l’usine rejette ses eaux usées industrielles dans le réseau local d’assainissement des eaux domestiques. Cette mesure ne supprime pas le risque environnemental, mais le déplace vers la question de la compatibilité des rejets de l’usine — susceptibles de contenir une forte charge de matières organiques, de polluants, voire de métaux lourds — avec le système d’assainissement et la station d’épuration.

Il convient, en particulier, de vérifier si ces eaux ont fait l’objet d’un prétraitement suffisant et si leur composition physico-chimique et bactériologique est compatible avec le fonctionnement de la station.

Compte tenu de l’ensemble des risques environnementaux potentiels liés à l’activité de l’usine d’élevage de vers à Menzel Bouzelfa, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux :

– exprime son soutien aux habitants de Menzel Bouzelfa qui s’opposent à l’implantation de cette usine dans leur ville, en raison des nombreux risques et nuisances environnementales et sanitaires associés à cette activité, et afin d’éviter que les dommages environnementaux qui en découlent ne s’étendent de Grombalia à Menzel Bouzelfa ;

– souligne que cette activité est classée comme étant à haut risque (classe 1) et qu’elle doit impérativement être éloignée des zones urbaines ; il dénonce par ailleurs l’octroi, par le ministère de l’Industrie, d’autorisations pour exercer cette activité au sein d’une zone urbaine ;

– insiste sur le fait que l’élevage d’insectes à l’échelle industrielle intensive nécessite des mesures préventives et un confinement strict des espaces de reproduction et d’alimentation des larves, afin d’éviter toute fuite d’insectes dans la nature et les catastrophes environnementales et sanitaires qui pourraient en résulter ;
– appelle les ministères de l’Environnement et de la Santé, ainsi que les diverses autorités locales et régionales, à prendre en considération les courriers d’alerte adressés par les habitants concernant la catastrophe environnementale et sanitaire. Il les exhorte également à examiner le dossier juridique ayant permis à l’usine d’obtenir son autorisation, et plus particulièrement l’étude d’impact environnemental ; celle-ci définit clairement le plan de gestion environnementale pour les divers rejets industriels, qu’il s’agisse d’odeurs, d’eaux usées, de déchets solides ou de résidus organiques ;

– enfin, le FTDES rappelle que le droit à un environnement sain et le droit à la santé sont des droits constitutionnels que l’État se doit de garantir à ses citoyens et citoyennes, en prenant toutes les mesures nécessaires pour prévenir toute atteinte à ces droits.

Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES)

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Le spleen des anciens dirigeants 

11. September 2026 um 07:41

Du jour au lendemain, le téléphone se tait et les courbettes cessent. Privés de leur pouvoir, certains anciens dirigeants ne supportent pas l’anonymat : l’amertume et les attaques personnelles deviennent alors leur seule façon d’exister encore. Cette tribune s’intéresse au basculement psychologique et politique qui peut frapper certains anciens hauts dirigeants après la perte de leurs fonctions, et à la manière dont l’amertume peut parfois supplanter la rigueur du débat public.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Du jour au lendemain, le téléphone se tait et les courbettes cessent. Privés de leur pouvoir, certains anciens dirigeants supportent difficilement l’anonymat retrouvé : la critique politique peut alors se transformer en attaques personnelles, et le besoin de rester dans la lumière prendre le pas sur la sérénité de l’analyse.

Ils avaient occupé des postes prestigieux et enviables, constamment sous les feux des projecteurs ; ils avaient côtoyé les cimes et gravité autour du sommet. Adulés, admirés, gâtés, jalousés, ces commis de l’État vivaient, de par leurs fonctions de hauts dirigeants, dans un univers particulier. Disposant de privilèges matériels hors normes — véhicules de fonction avec chauffeur, passages en salons d’honneur, voyages en première classe —, ils s’étaient habitués à une cour de subalternes prompts à applaudir la moindre de leurs interventions. Et puis le couperet tombe. Du jour au lendemain, l’agenda s’évapore, les sonneries se taisent. Démunis de leurs attributs de puissance, les voilà soudain ramenés à la réalité du commun des mortels. C’est le revers de la médaille et parfois une chute vertigineuse qui peut donner le tournis.

C’est là que le drame intime commence. Pour comprendre l’amertume que peuvent éprouver certains serviteurs déchus, il faut mesurer, avec Pierre Bourdieu, la nature particulière de ce qu’il nommait la «noblesse d’État». Lorsque la fonction confère non seulement un statut mais aussi une définition de soi, sa perte ne relève pas d’un simple changement de carrière : elle peut devenir un déclassement identitaire. La fin du privilège peut alors être vécue comme une mutilation symbolique, poussant certains anciens dignitaires à transformer leur frustration en posture de résistance intellectuelle.

Traverser le creux de la vague

L’histoire de notre région, à travers certaines mémoires vengeresses, tribunes amères ou sorties médiatiques intempestive, montre combien la frontière est parfois mince entre critique légitime et règlement de comptes. Attaquer une politique, un bilan ou une décision appartient au débat démocratique. S’en prendre à la personne de celui que l’on conteste relève d’une tout autre logique.

Cette distinction est essentielle. Un ancien dirigeant ne perd pas son droit à la parole en quittant le pouvoir. Il peut parfaitement critiquer ceux qui lui ont succédé, dénoncer les erreurs d’un système auquel il a appartenu, ou réévaluer sans complaisance les décisions qu’il avait lui-même défendues. Ce qui importe est la qualité de la démonstration. Lorsque l’argument cède la place à l’invective, le débat s’appauvrit.

Pourtant, l’Histoire nous enseigne qu’il est possible de traverser le creux de la vague avec une immense dignité. Face à ceux qui choisissent parfois la vengeance ou le ressentiment, la figure d’Ibn Khaldoun se dresse comme une leçon de dépassement de soi.

Ancien vizir et grand juge, Ibn Khaldoun a connu, six siècles avant nos élites modernes, l’ivresse des sommets et la violence de la chute. De Tunis à Fès, de Tlemcen à Grenade, il a navigué au plus près des sultans, goûté au prestige social et subi les intrigues de palais, les spoliations et même la prison.

Il avait toutes les raisons de nourrir une rancœur féroce contre ceux qui l’avaient trahi. Pourtant, c’est précisément dans les périodes de retrait qu’il va produire une œuvre qui allait traverser les siècles : la Muqaddimah.

Là où le ressentiment aurait pu l’enfermer dans le règlement de comptes, Ibn Khaldoun choisit de comprendre. Sa plume ne s’attarde pas sur les individus qui l’ont spolié ; elle cherche à dégager les mécanismes profonds de l’Histoire. Il transforme son expérience personnelle en réflexion universelle. Sa propre déchéance devient ainsi, non pas une occasion de vengeance, mais une matière à penser.

C’est peut-être là la véritable grandeur de l’ancien serviteur de l’État : parvenir à transformer l’épreuve personnelle en connaissance plutôt qu’en rancœur.

L’histoire d’Ibn al-Khatib, immense intellectuel et grand vizir de Grenade, offre un autre éclairage. Ami et rival d’Ibn Khaldoun, il connut lui aussi les retournements de fortune, l’exil, les conflits politiques et les dangers liés à la proximité du pouvoir. Sa trajectoire montre, à l’inverse, combien l’intellectuel engagé dans les luttes de pouvoir peut rester prisonnier des passions de son époque.

Entre Ibn Khaldoun et Ibn al-Khatib, la comparaison est donc moins celle de deux hommes «bons» ou «mauvais» que celle de deux rapports possibles au pouvoir perdu : le premier cherche à prendre de la hauteur par la compréhension ; le second demeure davantage pris dans les turbulences politiques qui finiront par l’emporter.

La leçon est précieuse pour nos dirigeants actuels. En acceptant de perdre le pouvoir temporel, superficiel et éphémère de la cour pour se consacrer à la science, Ibn Khaldoun a conquis une autre forme de pouvoir : celui de la pensée. Il nous rappelle que la véritable grandeur d’un serviteur public ne se mesure pas seulement à la hauteur des fonctions qu’il a occupées, mais à sa capacité à rester debout lorsque le tapis du pouvoir lui est retiré.

Le monde continue de tourner sans eux

L’exercice des hautes responsabilités publiques peut en effet créer une illusion trompeuse : celle d’une influence durable. Incapables parfois d’accepter que le monde continue de tourner sans eux, certains anciens responsables cherchent à prolonger leur présence dans l’espace public. L’agressivité sur les réseaux sociaux ou dans les colonnes de la presse peut alors devenir une manière de retrouver l’intensité de la vie publique perdue.

Face à la perte soudaine de leur pouvoir et au silence de leur antichambre, les hauts fonctionnaires et anciens ministres peuvent ainsi suivre plusieurs trajectoires :

1. l’exil littéraire : la rédaction de mémoires ou de livres de révélations pour revenir sur leur parcours, défendre leur bilan ou régler certains comptes avec leurs anciens alliés ;

2. la reconversion économique : le départ vers le secteur privé, les banques d’affaires ou le conseil, permettant de compenser la perte de l’influence politique par un nouveau statut social et professionnel ;

3. le retrait stratégique : la création de réseaux, de clubs de réflexion ou la poursuite d’une activité intellectuelle, transformant le silence politique en période de réflexion et de transmission ;

4. la nostalgie vindicative : la critique systématique et agressive du pouvoir en place, parfois accompagnée d’attaques personnelles. Privé de ses anciennes sollicitations, l’ancien dirigeant peut chercher dans la polémique une manière de retrouver une influence qu’il n’exerce plus institutionnellement.

Ces trajectoires ne sont évidemment pas exclusives et ne concernent pas tous les anciens responsables. Il serait injuste de considérer toute critique d’un ancien dirigeant comme l’expression d’une frustration. La question n’est pas de savoir s’il critique, mais comment il critique.

Confrontation d’idées ou compétition d’egos

Le phénomène apparaît avec davantage de netteté lorsque l’ancien responsable ne parvient plus à distinguer la critique d’une politique de la dévalorisation de celui qui la représente. Le débat cesse alors d’être une confrontation d’idées pour devenir une compétition d’egos.

On en trouve une illustration récente sur la scène algérienne dans la polémique suscitée par les propos de Noureddine Boukrouh au sujet de Houari Boumédiène. Lors d’une interview diffusée sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre avait employé à l’égard du défunt président des qualificatifs particulièrement sévères, dont la formule selon laquelle Boumédiène serait un «ignorant qui ne vaut pas un oignon». La polémique fut suivie d’excuses publiques de Boukrouh, qui reconnut que ses propos étaient «déplacés» et qu’ils avaient été tenus «dans un langage spontané et sous l’effet de l’émotion». Il précisa néanmoins que ceux-ci ne visaient pas, selon lui, à juger globalement le parcours de Boumédiène, mais s’inscrivaient dans un débat historique relatif à la préparation de la Charte nationale de 1976.

L’épisode illustre une frontière fondamentale. On peut contester les choix de Boumédiène, critiquer ses méthodes de gouvernement, discuter son bilan ou revisiter sans complaisance les événements de son époque. Tout cela relève du débat historique. Mais qualifier une personnalité historique d’«ignorant qui ne vaut pas un oignon» ne constitue pas en soi une démonstration historique. L’insulte peut exprimer une conviction ; elle ne la démontre pas.

La réaction à ce type de propos peut d’ailleurs reproduire exactement le même travers. Lorsque la critique répond à l’invective par une autre invective, chacun finit par abandonner le terrain des faits pour celui de la disqualification personnelle. L’histoire devient alors prétexte à querelle plutôt qu’objet de compréhension.

Cette dérive rappelle, sur un autre registre, le personnage de Jean-Baptiste Clamence dans ‘‘La Chute’’ d’Albert Camus : cet ancien avocat brillant qui, après sa propre déchéance, se transforme en «juge-pénitent», distribuant les blâmes aux autres pour continuer à exercer une forme de pouvoir moral. Chez certains anciens responsables en rupture d’influence, la condamnation systématique d’autrui peut produire un mécanisme comparable : juger les autres devient une manière de conserver symboliquement une position d’autorité.

La mécanique apparaît également sur la scène internationale. Donald Trump fournit un exemple particulièrement frappant de la difficulté à accepter une défaite politique. Après avoir perdu l’élection présidentielle de 2020 face à Joe Biden, il a refusé de reconnaître sa défaite et mené une campagne visant à contester le résultat. Le point culminant fut la journée du 6 janvier 2021, lorsque ses partisans ont attaqué le Capitole alors que le Congrès procédait à la certification de la victoire de Biden.

Ici encore, il convient de distinguer le désaccord politique du comportement qui suit la défaite. Un responsable battu conserve évidemment le droit de contester une politique et de défendre ses convictions. Mais refuser le verdict électoral et mobiliser ses partisans contre le processus institutionnel relève d’une autre logique : celle d’un pouvoir qui refuse d’accepter qu’il puisse être retiré.

On retrouve, sous des formes très différentes, la même difficulté chez certaines figures politiques qui cherchent à prolonger leur existence publique après leur marginalisation. Qu’il s’agisse des itinérances politiques d’un Manuel Valls ou des tentatives de retour médiatique d’une Liz Truss, le phénomène rappelle que quitter le pouvoir ne signifie pas nécessairement accepter de quitter la centralité politique.

Heureusement, tous ne sombrent pas dans cette dérive. Certaines personnalités réussissent une décompression saine en choisissant une rupture nette avec l’arène politique. Angela Merkel, après son départ de la chancellerie, a ainsi choisi une forme de retrait beaucoup plus discrète. D’autres se consacrent à l’écriture, à la recherche, à la transmission ou simplement à une vie privée débarrassée des contraintes de la fonction.

De même, ceux dont la valeur intellectuelle préexistait au décret de nomination peuvent retrouver sans drame le chemin des amphithéâtres, de la recherche ou de l’écriture. L’ancien responsable qui possède une existence intellectuelle indépendante de son titre supporte généralement mieux la disparition du titre lui-même.

À l’instar d’Ahmed Benbitour ou d’Abdelaziz Rahabi, certaines personnalités algériennes ont choisi de continuer à intervenir dans le débat public sans chercher nécessairement à retrouver les attributs institutionnels du pouvoir. Leur exemple rappelle qu’il existe une autre manière de rester présent : non par le bruit, mais par la réflexion.

La différence entre les deux attitudes est finalement simple. L’homme d’État qui accepte le silence peut transformer sa retraite en temps de réflexion, de transmission et de travail. Celui qui ne supporte pas la disparition des projecteurs risque, à l’inverse, de transformer chaque désaccord en affront personnel.

En quittant la pourpre pour la plume, Ibn Khaldoun nous rappelle que le pouvoir politique est éphémère, tandis que la pensée peut traverser les siècles. La véritable dignité d’un ancien responsable ne réside donc pas dans sa capacité à rester constamment visible, mais dans celle de demeurer pertinent lorsque les honneurs ont disparu.

Critiquer est un droit. Contester est une nécessité. Réécrire l’histoire pour mieux comprendre le présent est même un devoir. Mais lorsque l’argument cède la place à l’insulte, lorsque la démonstration disparaît derrière le tacle personnel, ce n’est plus la grandeur d’une pensée qui s’exprime : c’est souvent la difficulté à accepter que le monde puisse continuer sans celui qui, hier encore, en occupait le centre.

Ibn Khaldoun avait compris cette vérité essentielle : lorsque le pouvoir temporel disparaît, il reste toujours deux choix. Maudire ceux qui vous ont remplacé, ou essayer de comprendre pourquoi les choses arrivent.

Le premier choix nourrit le ressentiment. Le second peut produire une œuvre.

C’est peut-être là que se trouve la véritable différence entre avoir exercé le pouvoir et avoir laissé une trace.

* Médecin algérien, Canada

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Maître artisan de la mémoire musicale tunisienne, Ismaïl Nsir, tire sa révérence 

10. September 2026 um 15:52

Le ministère des Affaires culturelles a annoncé dans un poste FB, jeudi 10 septembre 2026, le décès d’Ismaïl Nsir, dont il « déplore avec une grande tristesse et une profonde douleur » la perte. Il s’agit d’une figure incontournable de la fabrication et de la restauration d’instruments de musique et de phonographes anciens.

Expert rattaché au Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Saïd, Ismaïl Nsir a consacré sa carrière à la sauvegarde du patrimoine sonore et artisanal de la Tunisie. À la croisée de la lutherie, de la mécanique ancienne et de la préservation historique, son savoir-faire rare faisait de lui une référence du secteur.

A cet égard, le département des Affaires culturelles assure que le « défunt était considéré comme l’un des plus grands spécialistes dans son domaine, s’étant illustré par une contribution professionnelle et artistique remarquable et exemplaire ».

Que Dieu l’accueille dans son Infinie Miséricorde!

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Afrique: TotalEnergies élargit son terrain de jeu pétrolier

10. September 2026 um 14:38

TotalEnergies accélère dans le pétrole en Angola. Le groupe français vient d’annoncer une nouvelle découverte au large du pays, son entrée dans deux nouveaux blocs d’exploration et la poursuite de ses projets sur plusieurs zones offshore. Une offensive qui s’inscrit dans un programme d’investissement de 10 milliards de dollars sur les 5 prochaines années, avec ses partenaires, selon Reuters.

La nouvelle découverte s’appelle Acacia-5. Elle a été réalisée en juin 2026 sur le Bloc 17, l’un des principaux actifs de TotalEnergies en Angola. Le groupe français en est l’opérateur avec une participation de 38%. Surtout, il ne faudra pas attendre plusieurs années avant de voir cette découverte produire ses premiers barils. TotalEnergies prévoit un démarrage dès septembre, soit seulement 3 mois après la découverte.

Cette rapidité repose sur une infrastructure déjà disponible. Acacia-5 sera raccordé au FPSO Pazflor, une plateforme flottante qui permet de produire, stocker et charger le pétrole directement en mer. L’entreprise évite ainsi de construire une nouvelle installation pour cette découverte. Le gisement doit apporter environ 6 000 barils par jour supplémentaires à la production du Bloc 17.

Cette manière de développer rapidement de petites découvertes à partir d’installations existantes est devenue particulièrement intéressante dans l’industrie pétrolière. Les projets offshore sont coûteux et nécessitent généralement d’importants investissements en infrastructures. Pouvoir utiliser des équipements déjà en place permet donc de gagner du temps et de limiter une partie des dépenses.

TotalEnergies élargit en parallèle son terrain d’exploration. Le groupe a signé avec l’Agence nationale angolaise chargée du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), pour devenir opérateur de deux nouveaux blocs, à savoir, les 17/25 et 32/21. Il y détiendra 40%, aux côtés d’ExxonMobil, également à 40%, et de Sonangol E&P, avec 20%.

Ces blocs se trouvent dans le bassin du Bas-Congo, à proximité des blocs 17 et 32 déjà exploités. Le secteur dispose de plusieurs infrastructures offshore, dont six FPSO. Cette proximité peut faciliter le raccordement de futures découvertes aux installations existantes. Autrement dit, si de nouvelles ressources sont trouvées, elles pourraient être développées plus facilement sans repartir de zéro.

Le choix de l’Angola n’est pas anodin. Le pays reste l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique. Mais comme dans plusieurs grands bassins pétroliers africains, une partie de ses champs arrive à maturité. Pour maintenir sa production, Luanda doit donc attirer de nouveaux investissements et encourager l’exploration de nouvelles ressources.

Les autorités angolaises ont d’ailleurs renforcé ces dernières années les mesures destinées à rendre l’exploration plus attractive. En juin 2026, le gouvernement a approuvé de nouvelles incitations fiscales pour certains blocs pétroliers, dont les blocs 17/25 et 32/21. L’objectif est de réduire les risques financiers pour les compagnies et de favoriser les investissements dans des zones où l’exploration peut être plus complexe. 

Pour TotalEnergies, l’Angola constitue ainsi un marché stratégique. Le groupe y est présent depuis 1953 et y emploie environ 1 500 personnes. En 2025, sa production dans le pays a atteint environ 156 000 barils équivalent pétrole par jour.

Le groupe ne mise toutefois pas uniquement sur le Bloc 17. En février 2026, TotalEnergies avait déjà conclu un accord avec l’ANPG et ExxonMobil pour prendre une participation de 35% dans quatre autres blocs d’exploration, les blocs 40, 41, 42 et 58, situés dans le bassin de Benguela.

Pour Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, cette stratégie répond à une volonté de poursuivre l’exploration en Angola et de profiter des mesures mises en place par le pays pour attirer les investissements.

Le mouvement intervient dans un contexte où l’Angola cherche à relancer son secteur pétrolier. Rappelons aussi que le pays a quitté l’OPEP en janvier 2024, après des désaccords sur les quotas de production. Le pétrole reste pourtant essentiel à son économie et aux recettes publiques.

 

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