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Heute — 05. Februar 2026Haupt-Feeds

Tunisie-UE: Rawafed+, un coup de pouce pour les PME tunisiennes

04. Februar 2026 um 23:21

Le projet Rawafed+ arrive en Tunisie pour aider les petites et moyennes entreprises à se développer et à mieux résister. Ce projet est financé par l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD). Il est mis en œuvre par Expertise France, en partenariat avec le ministère de l’Économie, la BCT et la BEI.

Le projet dure 48 mois (juillet 2024 – juin 2028) et repose sur quatre axes principaux :

  • Aider les institutions financières à mieux soutenir les PME.

  • Octroyer une prime d’investissement, appelée prime Rawafed+, pour financer des projets à impact social ou environnemental.

  • Mettre en place un guichet électronique d’assistance technique, avec des experts pour aider les PME à accéder au financement ou à restructurer leur budget.

  • Renforcer la gestion et la culture financière des TPME, avec un programme spécial pour les très petites entreprises (TPE).

La prime Rawafed+, c’est quoi? 

La prime Rawafed+ est un soutien financier non remboursable. Elle s’adresse aux PME qui bénéficient de la ligne de crédit de la BEI et qui remplissent au moins un critère social défini par la BEI. Elle représente 10 % du financement accordé, avec un plafond de 50 000 euros par PME. 

Il est à noter que les PME doivent faire la demande dans les 4 mois suivant le financement BEI. A dire vrai, la prime n’est accordée qu’une seule fois à l’entreprise. En cas de refus, la PME peut corriger son dossier et le soumettre de nouveau (une seule fois).

 En outre, le dispositif sera ouvert du 1er trimestre 2026 au 2e trimestre 2027. Cette prime permet aux PME de couvrir des besoins concrets et de maximiser l’impact social, environnemental et régional de leurs projets.

D’ailleurs, pour présenter ce projet aux PME, des sessions régionales ont déjà eu lieu en novembre et décembre 2025 à Sfax, Sousse, Gafsa, Kairouan et Béja, en collaboration avec les Chambres de commerce et d’industrie locales. Une prochaine rencontre se tiendra à Tunis pour continuer à informer les entreprises sur les avantages de Rawafed+.

Avec un financement total de 8,9 millions d’euros, Rawafed+ vise à soutenir la croissance des PME tunisiennes et à encourager des investissements durables et responsables, tout en créant un impact positif pour l’économie et la société tunisienne.

 

Lire aussi:

 

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Tunisiens de France | Moteurs de la coopération bilatérale

Von: Yusra NY
04. Februar 2026 um 22:46

L’Ambassadeur de Tunisie à Paris, M. Dhia Khaled, s’est entretenu, le 4 février 2026, avec M. Alexandre Portier, président du Groupe d’amitié France-Tunisie de l’Assemblée nationale, accompagné de membres du groupe.

Les discussions ont porté sur la coopération tuniso-française et les échanges entre les institutions parlementaires des deux pays.

L’accent a été mis sur l’intégration positive des tunisiens résidant en France et leur contribution significative au renforcement du partenariat multidimensionnel entre les deux pays.

Communiqué

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Gestern — 04. Februar 2026Haupt-Feeds

Blanchiment d’argent & corruption | L’affaire des frères Karoui reportée

Von: Yusra NY
04. Februar 2026 um 20:42

La justice a décidé, ce mercredi 4 février 2026, de reporter l’examen de l’affaire de corruption intentée contre les deux frères Ghazi et Nabil Karoui.

Cette décision a été prise par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis qui a reporté l’affaire au 26 février courant, affirme Mosaïque FM, en citant une source judiciaire.

Rappelons que les frères Karoui sont tous les deux en état de fuite et sont poursuivis dans des affaires liées au blanchiment d’argent, à la corruption financière et à la corruption administrative.

Ils font par ailleurs l’objet de mandat d’amener après des mandats de dépôt décidés à leur encontre par la justice.

Y. N.

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Le député Ahmed Saïdani aurait été arrêté

04. Februar 2026 um 19:44
L’arrestation du député Ahmed Saïdani a été rendue publique ce mercredi 4 février 2026 par son collègue parlementaire Bilel El Mechri, via une publication sur les réseaux sociaux.
Aucune information officielle n’a été communiquée concernant cette interpellation, ni même les circonstances exactes de l’arrestation, encore moins les motifs ayant conduit à cette mesure. L’annonce faite par Bilel El Mechri n’a pas été accompagnée de précisions supplémentaires sur le contexte ou les raisons de cette arrestation.
Toutefois, il est pas inutile de rappeler qu’Ahmed Saïdani avait attiré l’attention ces dernières semaines par une série de prises de position très critiques envers le chef de l’État, diffusées sur les réseaux sociaux. Ses publications, au ton virulent, avaient suscité de nombreuses réactions.

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Le député Ahmed Saïdani arrêté, selon son collègue Bilel El Mechri

Von: Yusra NY
04. Februar 2026 um 19:29

Sur sa page officielle, le député Bilel El Mechri a annoncé, ce mercredi 4 février 2026, l’arrestation de son collègue Ahmed Saïdani.

Dans un bref post publié sur sa page Facebook, Bilel El Mechri a uniquement annoncé l’arrestation, sans pour autant en préciser le motif ou apporter d’autres précisions.

Aucune information officielle n’a pour le moment été communiquée.

Y. N.

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Stéphane Allain: « La Zlecaf, levier clé pour un marché durable »

04. Februar 2026 um 18:10

Au-delà des infrastructures et flux optimisés, la Zone de libre-échange continentale libère ressources, compétences et potentiel démographique des petits marchés. Loin du protectionnisme, elle catalyse partenariats publics-privés, commerce intra-africain fluide et croissance durable via hubs régionaux. Stéphane Allain, Fondateur d’AS Biz Dev, accompagnant les entreprises dans l’optimisation de leur performance commerciale et opérationnelle, en combinant stratégie, outils digitaux et automatisation. Ainsi il  décrypte les dynamiques positives favorisant le commerce  Europe-Afrique. Interview 

Quelle barrière culturelle ou réglementaire priorisez-vous sur les marchés africains via la Tunisie ? Disposez-vous d’études ou de retours terrain pour la quantifier ?

Malgré son positionnement géographique et historique idéal, la Tunisie gagne à renforcer son orientation vers l’Afrique subsaharienne, aux côtés de ses liens traditionnels avec l’Europe et le Golfe. Ce potentiel culturel et identitaire s’appuie sur une meilleure connaissance des réalités locales et une approche relationnelle solide du commerce. La ZLECAf représente une opportunité stratégique majeure pour structurer ces échanges à long terme.

La Tunisie comme plateforme de co-production et d’accès aux marchés africains ?

Pour les PME françaises, l’Afrique offre un espace prometteur de création de valeur durable. La Tunisie brille par ses atouts : savoir-faire industriel reconnu (automobile, aéronautique, électronique), main-d’œuvre qualifiée, proximité culturelle avec l’Europe et insertion aisée dans les chaînes de valeur régionales. Le modèle gagnant évolue vers des chaînes africaines intégrées – production, assemblage, transformation, distribution où la valeur reste en partie sur le continent pour booster investissements, montée en gamme et consommation locale.

Quels sont les vrais leviers logistiques et infrastructurels ?

Dotée d’infrastructures adaptées, la ZLECAf atteindra pleinement son opérationnalité. Déjà, des flux intra-africains optimisés par des hubs directs diminuent délais et coûts. Le développement régional repose sur des ports performants, des lignes maritimes et aériennes directes, ainsi que des investissements publics via des PPP. Les États assurent un rôle pivotal pour garantir des échanges fluides et sécurisés à long terme.

Pour les PME françaises : quelle stratégie progressive ?

L’Afrique offre un marché accessible aux PME européennes, à condition d’adopter une méthode structurée. Visez 10-30% de votre CA export via une implantation progressive : adaptation des produits, respect des normes locales et construction de réseaux de confiance. L’objectif ? Une présence durable, ancrée dans des partenariats locaux et une croissance mesurée.
La souveraineté africaine s’épanouit par l’intégration régionale et mondiale, loin du protectionnisme. Les petits marchés atteignent une masse critique grâce à la ZLECAf, libérant ressources, compétences et potentiel démographique.

Concrètement, quelle contribution peut renforcer ces liens, notamment avec l’Afrique de l’Ouest ?

La ZLECAf crée un marché intégré durable, inspiré de l’expérience européenne : standardisation progressive, confiance et chaînes de valeur solides. Elle atténue les barrières non tarifaires (normes, marquages, douanes, logistique), facilitant les flux – y compris pour les produits africains vers les voisins, comme pour les européens.

Quels secteurs diversifier aujourd’hui pour réussir ?

Privilégiez les secteurs intensifs en main-d’œuvre, intégrables à des chaînes longues avec consommation locale. La mobilité (automobile, équipements, services) excelle : d’ici 2050, 60% des Africains auront moins de 25 ans, offrant un vivier mondial de croissance industrielle.

Dans votre portefeuille, quel pourcentage ciblez-vous pour l’Afrique francophone via des hubs comme la Tunisie, face à l’Europe, les USA et l’Asie ?

Face aux marchés matures (300 millions aux USA, milliard en Chine), l’Afrique francophone via la Tunisie est un hub stratégique attractif, générant croissance durable et attirant les grands acteurs économiques

Quels axes stratégiques pour l’intégration via la ZLECAf ? Kebour Ghenna (PACCI) plaide pour un dialogue public-privé solidaire. Partagez-vous cette vision ?

Absolument. Une vision tripartite optimise les retombées : des PPP publics maritimes pour un cabotage fluide, des initiatives privées dynamiques, et une confiance accrue pour lever les barrières.

Le mot de la fin

La souveraineté économique africaine rayonne par l’intégration et les chaînes régionales, surpassant le protectionnisme. La ZLECAf , levier clé pour un marché durable. Plus encore, la Zlecaf libère un potentiel immense en ressources, compétences  avec des opportunités culturelles, logistiques et politiques à portée de main.

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L’Afrique du Sud rejoint Afreximbank : 8 milliards de dollars pour l’industrie africaine

04. Februar 2026 um 16:51

L’Afrique du Sud a officiellement adhéré à l’Accord d’établissement de l’Afreximbank le 4 février 2026, devenant le 54e membre et intégrant ainsi la plus grande économie africaine (19,1% du commerce intra-africain en 2024) à cette banque multilatérale panafricaine.

Cette adhésion, approuvée par le Parlement sud-africain en 2025, s’inscrit dans un contexte de fragmentation des échanges mondiaux. Afreximbank lancera un programme pays de 8 milliards de dollars US aligné sur le plan national sud-africain à l’horizon 2030, visant à booster le développement industriel, les chaînes d’approvisionnement régionales et les flux commerciaux intra-africains. Le portefeuille de projets existants dépasse déjà 6 milliards de dollars dans des secteurs comme la santé, les finances, l’industrie, l’énergie et les mines.

Le président d’Afreximbank, Dr George Elombi, qualifie cette étape de « décisive » pour unifier les intérêts économiques africains, en collaboration avec le ministère sud-africain du Commerce (DTIC) dirigé par Parks Tau. Le président Cyril Ramaphosa souligne l’engagement pour l’intégration continentale, le développement industriel et le soutien aux entreprises via le Fonds de transformation, saluant la résilience d’Afreximbank.

Des programmes conjoints suivront, incluant le SATIPP (promotion du commerce et investissements), des garanties, financements de parcs industriels, zones économiques spéciales, exportateurs, projets, industries créatives et services de conseil.

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Ahmed Ounaïes : « La Libye n’est plus dans le chaos grâce à la redistribution pétrolière »

04. Februar 2026 um 16:30

Le 3 février 2026, la Libye est secouée par l’assassinat de Seif el-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi. Que révèle cette tragédie ? Quelle en est la lecture géopolitique ? Ahmed Ounaïes, ancien diplomate, livre son analyse dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com

Il estime que la Libye n’est plus dans le chaos grâce à la redistribution pétrolière qui maintient une prospérité de base, mais sa fragilité persiste en phase de transition. Ahmed Ounaïes insiste sur l’urgence d’élections nationales pour renouveler les élites, gérer la rente pétrolière et surmonter le déficit culturel de légitimité politique, malgré l’assassinat de Seif el-Islam Kadhafi.

Il précise dans ce contexte : « Non, il ne s’agit plus de chaos : la Libye en est sortie. Grâce à ses ressources naturelles, une prospérité individuelle persiste à la base de la société, via la redistribution des revenus pétroliers à toutes les factions. Ce compromis, négocié par Dbeibah, assure une répartition des richesses nationales ».

Et de poursuivre : « Sa fragilité se justifie en phase de transition, mais pas pour une stabilisation durable. L’objectif initial était de réussir cette transition, puis d’organiser des élections nationales pour renouveler la classe politique : de nouveaux leaders jeunes et modernes, aptes à gérer la manne pétrolière,  une fortune jaillissant du sable sans effort citoyen. »

Et de conclure : « Il est temps de reconnaître la nécessité d’élections nationales pour relancer l’économie libyenne et restaurer une légitimité politique. Les Libyens peinent à légitimer un gouvernement issu du suffrage. Cette impasse révèle un retard politique profond dans la culture nationale libyenne ».

La suite de l’interview sera disponible dans le prochain numéro de l’Economiste Maghrébin

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Vincent Allain : « La souveraineté économique africaine dépend de l’intégration »

04. Februar 2026 um 16:14

De la ZLECAf comme levier d’intégration aux stratégies de partenariats public-privé (PPP) pour un cabotage fluide, en passant par une vision exécutive en trois niveaux (public, privé, confiance),Vincent Allain, expert en commerce Afrique-Europe, décrypte les barrières culturelles et logistiques freinant le commerce intra-africain via la Tunisie. Interview.

Quelle barrière culturelle ou réglementaire priorisez-vous sur les marchés africains via la Tunisie ? Avez-vous des études ou retours terrain pour la quantifier ?

Sans études précises, mes échanges au Sénégal avec la GIZ et mes observations terrain mettent en lumière une barrière culturelle clé : un sentiment de perte de souveraineté et un désir de réussir seul. Le commerce intra-africain souffre aussi de barrières non tarifaires, normes hétérogènes, marquages variés, douanes complexes et ruptures logistiques. Paradoxalement, un produit européen entre plus facilement sur un marché africain qu’un produit africain sur un marché voisin.

Concrètement, quelle contribution peut lever cette barrière pour renforcer les liens, notamment avec l’Afrique de l’Ouest ?

La ZLECAf est la solution pour créer un marché commun africain, inspiré de l’Europe. Les anciens commerçants tunisiens misent sur des réseaux personnels : « Je ne commerce qu’avec des contacts solides ». Les fondamentaux restent les mêmes : un bon produit, un prix compétitif et une fiabilité logistique.

En France, j’accompagne des entreprises vers l’Afrique. Les « vieux routiers » usent de méthodes archaïques : « Je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un ». Ces débouchés restent sporadiques, sans vision structurée. L’Afrique, instable économiquement et politiquement, exige une stratégie couvrant 3 à 8 pays pour diluer les risques. Les Tunisiens ne maîtrisent pas l’Afrique par simple proximité, pas plus qu’un Européen ne connaît le Mali via un voisin. Les jeunes Tunisiens formés en Europe surestiment souvent leur expertise : l’Europe est un marché unique (monnaie, douanes, TVA harmonisées). La Tunisie, avec son marché exigu (12 millions d’habitants), doit s’interconnecter pour exporter. À l’horizon 2050, son avenir commercial est africain : exporter des produits finis ou intégrer des chaînes de valeur (ex. : produit tunisien assemblé au Maroc ou au Sénégal, revendu en Tunisie).

Quels secteurs diversifier aujourd’hui pour réussir ?

Sans vision macro, les échanges avec la TAA soulignent une mobilité croissante. L’Afrique, plus jeune en 2050 (60% de moins de 25 ans), attirera l’industrie, surtout l’automobile. Mais bâtissez une valeur partagée : en Tunisie, les offshores enrichissent l’Europe sans retenir la richesse. Progressez en salaires, crédit, banque et logistique. Voyez l’Afrique comme un horizon à 30 ans : adaptez produits, prix et qualité ; offrez des marges aux distributeurs pour des partenariats croisés.

Dans votre portefeuille, quel pourcentage ciblez-vous pour l’Afrique francophone via des hubs comme la Tunisie, face à l’Europe, aux USA ou à l’Asie ?

Face à des marchés homogènes comme les 300 millions de consommateurs américains ou le milliard de Chinois (avec un export intra-asiatique fluide), l’Afrique n’est pas « naturelle » pour un entrepreneur européen. Engagez-vous sur 25 ans via un « drapeau » prudent, des réseaux de confiance, 10 à 30% du CA à l’export, des adaptations (emballages, marquages comme en Algérie) et un cercle vertueux RSE/circuits courts qui attirera les grands acteurs.

Quels axes stratégiques pour l’intégration via la ZLECAf ? Kebour Ghenna, directeur exécutif de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie (PACCI), plaide pour un dialogue public-privé solidaire. Partagez-vous cela ?

Pour rentabiliser l’Afrique via une vision exécutive en trois niveaux (PPP publics maritimes, privé commercial, confiance anti-barrières), adoptez une méthode rigoureuse visant 10 à 30% du CA à l’export d’ici à 2050. Adaptez vos produits et tissez des réseaux solides – loin d’un marché « naturel » pour les PME européennes.

Le mot de la fin.

La souveraineté économique africaine dépend de l’intégration, pas du protectionnisme. Les petits marchés manquent de masse critique : intégrez les chaînes régionales et mondiales pour rayonner. L’Afrique regorge de ressources, de compétences et de démographie. La ZLECAf libérera ce potentiel, à condition de lever les freins culturels, logistiques et politiques.

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Tunisie-Banque mondiale : cap sur de nouveaux projets

04. Februar 2026 um 15:54

La coopération financière et technique entre la Tunisie et le Groupe de la Banque mondiale, ainsi que l’état d’avancement des projets en cours ont été au centre d’une rencontre tenue mercredi à Tunis entre le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, Ahmadou Moustapha Ndiaye.

Les discussions ont porté sur la préparation des futurs programmes de coopération, notamment pour la période 2027-2028, avec un accent sur des secteurs prioritaires tels que le transport, la santé, l’énergie, l’environnement et l’assainissement. Les deux parties ont également examiné le programme de travail en cours, incluant des projets liés à la protection sociale, à l’eau et à la prévention des inondations.

Cette visite s’inscrit dans une démarche de concertation visant à aligner les interventions de la Banque mondiale sur les orientations de développement de la Tunisie pour les prochaines années, selon le représentant de l’institution financière.

À cette occasion, Samir Abdelhafidh a salué la qualité de la coopération existante, soulignant qu’elle s’inscrit pleinement dans les priorités nationales et dans la perspective du plan de développement 2026-2030.

De son côté, Ahmadou Moustapha Ndiaye a réaffirmé l’engagement du Groupe de la Banque mondiale à poursuivre son appui à la Tunisie, en mettant à sa disposition les mécanismes de financement appropriés afin de renforcer le partenariat à moyen et long terme.

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Pourquoi tout le monde parle des premiers Sukuk de l’Algérie ?

04. Februar 2026 um 14:18

C’est une petite révolution qui vient de s’opérer dans le paysage financier algérien. Pour la toute première fois, l’État a fait le pari de la finance islamique à grande échelle; et le succès est au rendez-vous : 296,65 milliards de dinars (environ 2 milliards d’euros) ont été mobilisés par le Trésor public. Plus qu’une simple transaction, cette opération marque un tournant dans la manière dont le pays finance son avenir.

Pourquoi est-ce un événement historique ?

Jusqu’ici, le financement des grands chantiers nationaux reposait sur des mécanismes classiques. En lançant cette émission de Sukuk souverains, l’Algérie ouvre une nouvelle voie. Ces fonds ne dormiront pas dans des coffres; ils sont directement injectés dans le monde réel pour bâtir les infrastructures et les équipements publics de demain.

Comment ça marche concrètement ?

Contrairement aux obligations classiques, les Sukuk respectent les principes de la Charia:

Pas d’intérêts: le profit ne vient pas d’un taux d’intérêt, mais de l’utilisation d’actifs tangibles appartenant à l’État.

Un rendement concret: en investissant, les souscripteurs perçoivent une sorte de “loyer” (mécanisme de l’Ijara).

Accessibilité: depuis le 27 janvier 2026, cette opportunité est ouverte à tous: citoyens résidents ou non, ainsi qu’aux entreprises locales, via les banques et les assurances.

Les chiffres à retenir

Le Trésor a conçu un produit qui se veut attractif pour l’épargnant:

  • Une durée de 7 ans : un engagement à moyen terme pour stabiliser les projets.

  • Un rendement de 6 % net : un taux compétitif versé régulièrement.

  • Liquidité : les titres peuvent être revendus entre investisseurs, offrant une souplesse appréciable.

Une stratégie pour “sortir l’argent des matelas”

Au-delà du montant collecté, l’objectif est aussi sociétal. Le gouvernement souhaite ramener dans le circuit officiel l’épargne qui échappe encore au système bancaire. En proposant des outils en phase avec les convictions d’une large partie de la population, le ministère des Finances modernise le marché financier national tout en diversifiant ses sources de revenus.

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Agriculture: 6 gouvernorats sont concernés par ce fonds d’investissement

04. Februar 2026 um 12:06

Bonne nouvelle pour les moins de 40 ans ! L’APIA, en partenariat avec la FAO et l’OIT, lance le projet RAIA. L’objectif ? Booster l’investissement responsable; créer des emplois durables et transformer nos systèmes alimentaires. Que vous ayez une idée en tête; ou une entreprise à la recherche d’un second souffle; ce programme est fait pour vous.

Le dépôt des candidatures est ouvert du 2 février au 18 mars 2026. Le programme cible 480 projets (80 par région) répartis sur six gouvernorats: Bizerte, Zaghouan, Nabeul, Siliana, Sfax et Médenine.

Le soutien s’adresse à deux profils: d’un côté, les créateurs en phase d’idée avec 20 projets par région accompagnés de A à Z; et de l’autre; les développeurs de projets existants avec 60 entreprises, par région pouvant bénéficier d’une extension ou d’une modernisation.

Les filières ciblées par gouvernorat
Bizerte : Élevage ovin, plantes aromatiques et médicinales, aviculture fermière et culture de légumes.

Zaghouan : Oléiculture, plantes aromatiques, apiculture et vergers.

Nabeul : Arboriculture (agrumes, grenades, fruits exotiques), pêche, aquaculture et produits de la ruche.

Siliana : Huile d’olive, élevage bovin (fromagerie), produits forestiers et culture du figuier.

Sfax : Valorisation de l’huile d’olive, élevage caprin/ovin, aquaculture et produits de la mer.

Médenine : Oléiculture, pêche, élevage de dromadaires et valorisation de la figue.

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La perversité de la loi contre l’antisémitisme

04. Februar 2026 um 12:04

L’antisémitisme est aujourd’hui un délit très controversé parce qu’il repose sur une base juridique largement biaisée. Cependant ce délit est abondamment médiatisé car c’est un levier majeur du projet sioniste, à l’origine de la création de l’Etat d’Israël. En effet, dans un bon nombre de pays, on peut être accusé d’antisémitisme et encourir des peines qui vont des lourdes amendes financières à la vindicte populaire, à l’anéantissement de la vie sociale et professionnelle et jusqu’à la prison ferme. Et ce pour avoir seulement critiqué les crimes de l’Etat d’Israël…

Med-Dahmani Fathallah *

Comme personne ne peut échapper à la loi, surtout quand on se met à l’appliquer manu militaris, on voit même d’illustres personnages publics qui à travers l’exercice de leurs professions se sont vus accuser d’antisémitisme, trainés dans la boue et dépouillés de leurs droits fondamentaux de citoyens. Les cas de l’avocate italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale sur les territoires Palestiniens occupés auprès des Nations Unis et les talentueux humoristes Français, Dieudonné Mbala et Blanche Gardin pour ne citer que ceux-là, sont des exemples édifiants de la perversité de toute loi portant sur l’antisémitisme.

En effet, quel que soient les lois érigées contre l’antisémitisme, elles sont vides de toute substance juridique réelle, abstraites, sournoisement définies et surtout incomprises par le grand public.

Le délit d’antisémitisme contredit le fondement juridique de la liberté d’expression et ne s’appuie sur aucune logique juridique, morale, sociale ou anthropologique admissible. Le comble de l’ironie c’est qu’on peut être accusé d’antisémitisme par des prétendus sémites tout en étant soi-même un sémite. Mais si on veut contester ces lois et éviter de tomber sous le coup de cette accusation absurde, il est primordial de dénoncer cet abus juridique en expliquant comment l’origine linguistique du terme sémite a été travestie en un contexte ethnique limité aux Juifs et comment cela a alimenté des lois qui servent Israël et le projet sioniste plus que la communauté juive en tant que telle.

Pour démêler l’embrouille juridique qui a mené aux lois contre l’antisémitisme et surtout à leurs applications qui dépassent tous les cadres juridiques, il faut d’abord comprendre ce qu’est un Sémite ?

​À l’origine, le terme «sémite» est une catégorisation linguistique et non raciale ou ethnique au sens strict. Le terme est apparu à la fin du XVIIIe siècle pour désigner les peuples parlant (ou ayant parlé) des langues sémitiques. C’est une branche de la grande famille des langues dites afro-asiatiques (ou chamito-sémitiques). Ces langues partagent des caractéristiques structurelles communes, la plus notable étant l’utilisation de racines consonantiques (généralement trois consonnes) qui forment l’ossature du sens des mots (par exemple, la racine k-t-b pour «écrire» en arabe ou m-l-k pour «roi» en hébreu et en arabe). Cette origine linguistique repose aussi sur une base historique théologique voir mythologique.

Le mot sémite dérive du nom biblique Sem (ou Sém), l’un des fils de Noé, mentionné dans la Table des Peuples comme l’ancêtre d’une partie des populations du Proche-Orient. Bien que cette source soit théologique, elle a servi de base aux linguistes du XVIIIe siècle pour nommer ce groupe de langues et les peuples associés.

Les Sémites sont donc les peuples qui parlent ou descendent historiquement de locuteurs de langues sémitiques. Ces langues et peuples sont originaires du Proche-Orient et de la Corne de l’Afrique. Ainsi, dans les groupes sémitiques antiques, on retrouve les peuples qui ont joué un rôle majeur dans l’histoire antique et dont les langues se sont éteintes ou ont évolué vers les langues modernes. Ces peuples sont en premier les Akkadiens (Babyloniens et Assyriens). Leur langue, l’akkadien (et ses dialectes babylonien et assyrien), est l’une des plus anciennes langues sémitiques attestées, parlée en Mésopotamie. Il y a aussi les Araméens dont la langue, l’araméen, est devenue une lingua franca dans tout le Proche-Orient antique. Enfin, on trouve les Cananéens (Phéniciens, Moabites, Ammonites, Hébreux) qui forment un ensemble de peuples ayant parlé des langues étroitement liées (le phénicien, l’hébreu biblique, etc.) sur la côte du levant.

 Dans les groupes sémitiques actuels on retrouve essentiellement les Arabes qui sont locuteurs de l’arabe (classique et dialectes variés) et qui forment aujourd’hui le groupe sémitique le plus nombreux, s’étendant du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord. Il y a aussi les Juifs traditionnellement locuteurs de l’hébreu (langue cananéenne), qui a été ravivée comme langue moderne, alors qu’ils étaient dans l’antiquité locuteurs aussi de l’araméen. On trouve aussi dans ce groupe les Éthiopiens et les Érythréens, locuteurs des langues éthiopiques (comme l’amharique, le tigrinya et le guèze), qui forment un groupe sémitique important en Afrique de l’Est.

Les Assyriens et les Chaldéens, locuteurs de dialectes néo-araméens qui vivent principalement au Moyen-Orient font aussi partie de ce groupe.

Enfin, il y a les Maltais, locuteurs du maltais, la seule langue sémitique d’Europe, dérivée d’un dialecte arabe.

​Ainsi, le terme «sémite» est un marqueur linguistique et historique qui désigne une vaste famille de peuples et de cultures, historiquement centrée dans la région du Proche-Orient au sens large.

Bien qu’aujourd’hui géographiquement et culturellement distincts, les peuples sémitiques (Arabes, Juifs, Éthiopiens, etc.) partagent une ascendance linguistique commune très profonde, remontant à un protosémitique parlé au IVe millénaire avant le christ.

Cependant, en actionnant la légende du peuple élu, les Juifs ont exclu tous les autres peuples et ce sont accaparés le qualificatif de «sémites». Ainsi, de nos jours, dans la conscience collective globale, sémite est le synonyme exclusif de juif. Cette spoliation du terme «sémite» est à l’origine de l’apparition au XIXe siècle en Allemagne ​du terme «antisémitisme» qui a été inventé pour faire référence spécifiquement à l’hostilité et à la discrimination envers les Juifs ce qui coïncide historiquement et géographiquement avec le développement du mouvement sioniste.

Bien que le terme se réfère littéralement à l’ensemble des Sémites (Arabes, juifs, Éthiopiens, Érythréens, Assyriens, Chaldéens et Maltais), son usage a été détourné pour se limiter exclusivement aux Juifs. Cet état de fait se maintient grâce un effort soutenu de désinformation sur cette aberration linguistique ainsi qu’une omerta sur le détournement du terme sémite, véhiculés par les médias occidentaux, dominés par les sionistes.

Ayant ainsi réussi à transformer une catégorisation linguistique en une catégorisation ethnique et l’avoir exclusivement attribué aux juifs, la voie était ouverte à la criminalisation de l’antisémitisme en l’assimilant aux crimes de haine contre les seuls Juifs.

Aujourd’hui l’arsenal juridique contre l’antisémitisme repose principalement sur les lois sur les crimes de haine (hate crimes). En effet, la majorité des pays occidentaux qui se proclament démocrates interdisent la discrimination et les discours de haine fondés sur la race, l’origine, l’ethnie ou la religion, auxquels on a intégré l’antisémitisme. C’est le mécanisme pénal principal pour sanctionner les actes antisémites.

Mais de nos jours les lois sur l’antisémitisme commencent à s’étendre au-delà des actes et à empiéter sérieusement sur le cadre de la liberté d’expression. Pour contourner ce cadre il fallait trouver le moyen d’éliminer la sacro-sainte protection du discours. Pour cela, les États-Unis et l’Europe ont intégré dans leur système éducatif et leur politique étrangère la définition opérationnelle de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) comme un puissant outil pour annihiler le droit à la liberté d’expression quand il s’agit essentiellement de dénoncer ou de critiquer les dérives des dirigeants pseudo-sémites d’Israël.  Ainsi tous les propos tenus publiquement dans le but de dénoncer les abus, les discriminations, les injustices, le manquement au droit international, les crimes de guerre, même le génocide avéré commis par les Israéliens, les «néo-sémites», peuvent être interprétés comme de la diffamation ou de l’incitation à la haine.

L’IHRA est une organisation intergouvernementale très influente dans le domaine de l’éducation et de la recherche sur la mémoire de la shoah. Fondée en 1998 à l’initiative de l’ancien Premier ministre suédois, Göran Persson, elle était initialement connue sous le nom de Task Force for International Cooperation on Holocaust Education, Remembrance, and Research. Sa mission principale est d’amener les gouvernements à promouvoir l’éducation sur l’Holocauste, perpétuer sa mémoire et encourager la recherche sur ce génocide. Elle vise à contrer le déni de la Shoah et à lutter contre les manifestations de l’antisémitisme.

L’antisionisme assimilé à l’antisémitisme

Pour l’IHRA, l’antisémitisme est une certaine perception des Juifs, qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs, leurs biens, les institutions communautaires et les lieux de culte. Cette définition n’a pas de valeur légale contraignante en tant que loi, mais elle fournit la norme internationale pour la compréhension de l’antisémitisme moderne et sert de guide politique et interprétatif essentiel dans les 35 pays membres de l’IRHA qui ont officiellement adopté cette définition. En Europe et aux États-Unis elle est même souvent citée dans les contextes législatifs et politiques.

Bien que cette conception de l’antisémitisme ne soit pas en soi une loi pénale, elle sert de base d’interprétation aux forces de l’ordre, aux procureurs et aux tribunaux pour identifier les actes soi-disant antisémites. Aujourd’hui on pousse l’embrouille jusqu’à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme.

Il est clair que tous ces quiproquos linguistiques et les embrouilles juridiques ont pour origine une norme aberrante définie par une organisation non gouvernementale partisane qui ne distingue pas clairement l’antisémitisme de l’antisionisme. Cette ingénierie pénale a pour but de fabriquer de toute pièce une base juridique qui permet la mise en place de lois liberticides protégeant les Juifs sionistes des accusations de crimes contre l’humanité commis au nom de leur projet coloniale hégémonique.​  

* Universitaire.

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L’ARP s’attaque au dossier sensible de la protection des données personnelles

04. Februar 2026 um 09:29

La Commission des droits et libertés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a tenu une séance de travail consacrée à l’examen de son programme d’action et de ses priorités législatives.

Les membres de la commission ont passé en revue plusieurs projets de loi, dont celui relatif à l’organisation des associations, en cours d’examen depuis les précédentes sessions parlementaires. Ils ont également souligné l’importance d’engager rapidement l’étude d’un projet de loi organique portant sur la protection des données personnelles.

Dans ce cadre, la commission a décidé d’organiser des séances d’audition avec les parties concernées afin de recueillir leurs avis sur le contenu du projet.

Le président de la commission, Thabet Abed, a rappelé que la Commission des droits et libertés doit jouer un rôle actif dans la protection des droits et libertés garantis par la Constitution, au-delà du simple examen des textes législatifs.

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Histoire | Bahi Ladgham et «l’affaire Lehmann»

04. Februar 2026 um 10:08

L’«affaire Lehmann» s’inscrit dans la période de transition marquant la mise en échec de l’expérience des coopératives, soutenue par Habib Bourguiba et appliquée par Ahmed Ben Salah. Ce revirement avait mené à la restructuration du gouvernement et à la nomination de Bahi Ladgham comme Premier ministre en novembre 1969, avant qu’il ne soit lui-même écarté au profit de Hédi Nouira en novembre 1970. Il n’existe pas trace documentée d’une «affaire Lehmann» (parfois orthographiée Robert Lehman) dans les archives académiques ou historiographiques classiques. Pourtant, cette affaire fait référence à un scandale financier et politique majeur en Tunisie à la fin des années 1960. (Ph. Bourguiba et le gouvernement Ladgham, à droite du président).

Ridha Ben Slama

Il s’agit d’un homme d’affaires de nationalité étrangère, influent dans les milieux financiers tunisiens de l’époque. Il était lié à des projets de développement industriel et touristique, accusé de malversations financières, de corruption et de transferts illicites de devises. L’affaire est restée dans les mémoires comme l’un des premiers grands scandales de «corruption» ou de «copinage», servant de levier politique dans les luttes de succession internes.

Selon une source ayant participé à l’enquête sur cette affaire, le traitement de Robert Lehmann a été marqué par une sévérité judiciaire et politique. D’après un ancien haut fonctionnaire qui détient des informations précises et qui préfère garder l’anonymat, Lehmann a été arrêté et incarcéré en Tunisie. Les autorités l’avaient accusé de graves malversations financières, notamment de fraude fiscale, de transferts illégaux de devises vers l’étranger et de corruption de fonctionnaires.

Son procès a été utilisé par le pouvoir pour montrer une volonté de «nettoyage» après l’échec de la politique coopérativiste de Ben Salah.

Un homme d’affaires véreux

Lehmann a été présenté comme un homme d’affaires véreux ayant profité de ses entrées au sommet de l’État. Il a été lourdement condamné à une peine de prison ferme et à des amendes considérables. Les biens qu’il possédait en Tunisie ont été saisis. Après avoir purgé une partie de sa peine, il a été expulsé ou autorisé à quitter le pays, mettant fin à sa présence dans les affaires tunisiennes.

C’était donc un dossier financier et politique sensible qui éclaire la fin du passage de Ladgham à la tête du gouvernement et les tensions internes du régime.

Ladgham est nommé Premier ministre du 7 novembre 1969, poste qu’il n’occupa que jusqu’à novembre 1970, après avoir été un chef du gouvernement de facto pour Bourguiba. Il a été critiqué dans le temps pour son manque de vigilance face aux activités de l’homme d’affaires Lehmann. Après une réunion houleuse avec Bourguiba, il présenta sa démission ainsi que celle de son gouvernement le 26 juillet 1970. Bourguiba la refusa et lui demanda de rester à son poste, pour permettre à son successeur Nouira de prendre la relève, qui survint le 2 novembre 1970.

Ostracisation médiatique et politique

Ladgham jouissait à l’époque d’une certaine popularité, confirmée ensuite lors du congrès de Monastir (11-15 octobre 1971) où il obtint le plus grand nombre de voix. Cette renommée a été perçue, par Bourguiba et son épouse Wassila, comme une menace, conduisant par la suite à son ostracisation médiatique et politique. Bourguiba l’avait progressivement éloigné des affaires intérieures en le chargeant de missions diplomatiques.

Ce n’est que dix ans plus tard que Ladgham se réconcilia avec Bourguiba grâce à l’entremise de Mohamed Mzali. La brouille entre les deux hommes avait duré jusqu’à juin 1981 où Mzali avait joué un rôle pour les concilier. À cette occasion, Bourguiba évoqua les fameux vers de Samawaal (poète ayant vécu pendant la Jahilya, la période antéislamique) : «Si l’honneur d’un homme n’a pas été souillé par la vilénie, tout habit qu’il portera ne sera que magnifique». Cette allusion a permis aux deux anciens amis de se réconcilier.

إِذا المَرءُ لَم يُدنَس مِنَ اللُؤمِ عِرضُهُ

فَكُلُّ رِداءٍ يَرتَديهِ جَميلُ

L’intérêt de revenir sur cet épisode de l’histoire est de déceler finalement le motif réel, l’étincelle à l’origine de la disgrâce de Ladgham. Le public l’ignore encore et se posait à l’époque des questions au sujet des raisons justifiant cette destitution si précipitée. C’est un exercice salutaire pour mieux appréhender la raison occultée, qui avait été instrumentalisée par les rivaux politiques de Ladgham, motivant sa destitution inattendue par Bourguiba, alors qu’il achevait à peine une année en tant que Premier ministre.

Dans ses mémoires 1, Ladgham évoque la période 1969-1970, le contexte financier difficile et les pressions internes, en admettant des choix risqués. L’expression «affaire Lehmann» n’apparait en aucun cas dans son livre, c’est ce qui intrigue le plus. Il aurait pu l’évoquer et fournir tout au moins sa version. Le fait de l’omettre suscite des interrogations.

Il faut noter que l’affaire Lehmann n’est pas un titre très médiatisé avec ce mot-clé exact dans les archives publiques. En revanche, les périodes de débat politique entourant Ladgham dans les journaux de l’époque couvrent très probablement les mêmes questions de financements et critiques politiques que cette affaire représente historiquement.

Menées politiques sur fond de crise financière

La version sous-jacente de Ladgham donne une lecture défensive à propos des initiatives dictées par l’urgence économique, dans un contexte de crise profonde de liquidités après l’échec de la coopérativisation, et de méfiance des institutions financières classiques envers la Tunisie. Pour lui, la responsabilité est collective (État, Banque centrale, entourage présidentiel). Il minimise les aspects techniques (opacité, commissions, imprudence financière) et insiste surtout sur les menées politiques : «Je vais ici parler de la période que je considère personnellement comme cruciale, à savoir l’année 1969/1970– l’année irritante. Elle fut déplaisante car les valeurs sur lesquelles l’État avait fondé sa politique, et que le peuple tunisien considérait comme les composantes essentielles de sa vie politique et le repère de ses espoirs, avaient changé. Il apparaissait aux citoyens, comme au monde entier, que les politiques de développement menées par le gouvernement tunisien avaient échoué» 2.

La lecture politique de l’éviction de Ladgham peut être interprétée comme une utilisation de l’affaire Lehmann en tant que prétexte, instrumentalisée par des courants favorables à un virage libéral plus net, incarnés par Nouira.

Au-delà du volet judiciaire, Lehmann a été traité comme un «bouc émissaire» politique. Son cas avait servi d’outil pour discréditer Ladgham (son protecteur présumé), en suggérant que ce dernier avait couvert des activités illicites. Les éléments documentés suggèrent qu’en tant que secrétaire d’État à la Présidence, Ladgham avait une supervision sur les secteurs dans lesquels Lehmann était actif (banque, industrie). Cette position a pu créer une perception de lien étroit entre les deux hommes.

La version de Nouira (discours publics, pratiques gouvernementales, récits indirects) est une lecture technocratique et normative, il ne cite pas cette affaire, mais en tire parti pour dénoncer des dérives du bricolage financier, illustration de la nécessité d’une orthodoxie financière stricte. L’affaire devient un cas d’école négatif, elle incarne les méthodes aventureuses de la transition post-Ben Salah, la Tunisie doit désormais passer par le FMI, la Banque mondiale, restaurer la crédibilité monétaire, bannir les intermédiaires privés douteux.

Nouira évite d’accuser frontalement Ladgham, mais laisse entendre une incompétence technique grave, ce qui justifie un changement d’équipe et de doctrine. Il ne questionne pas la contrainte structurelle (dépendance financière) qui rendait ces montages tentants.

De l’héritage socialisant au tournant libéral

Les observateurs avisés tendent à voir l’affaire Lehmann comme un symptôme, non une cause de la crise de l’État développemental tunisien à la fin des années 1960. Lehmann n’est ni un accident, ni un simple scandale, mais le produit d’un État en quête de financement rapide dans un contexte de dépendance externe. D’ailleurs, la plupart des travaux récents écartent l’hypothèse d’une corruption personnelle, parlent plutôt d’imprudence, de faiblesse institutionnelle, d’absence de garde-fous juridiques. Ladgham apparaît comme un homme de transition, coincé entre l’héritage socialisant et le tournant libéral et l’affaire Lehmann sert aussi à légitimer à posteriori ce virage, jouant un rôle de détonateur, sinon de cause directe, dans la chute de Ladgham.

On peut aller plus loin que la version «responsabilité politique abstraite» sans tomber dans l’accusation gratuite, à condition de distinguer les niveaux d’implication. Ladgham n’est pas un simple spectateur. Contrairement à l’image longtemps diffusée, il suivait personnellement les dossiers financiers stratégiques après 1969. L’affaire Lehmann n’était pas un dossier technique de second rang, elle touchait à la recherche de financements d’urgence, donc au cœur de l’action gouvernementale. Il est hautement improbable que des engagements financiers de ce type aient été pris sans son aval explicite, même si l’exécution a été déléguée. Il aurait accepté des circuits non orthodoxes en connaissance de cause. Plusieurs témoignages ultérieurs (administration, diplomatie) suggèrent qu’il court-circuite parfois les ministères techniques, qu’il favorise un cercle restreint de décideurs, réduisant les garde-fous.

La position la plus mesurée est que Ladgham, en tant que chef de gouvernement, avait accepté des montages risqués, mal encadrés, dans un contexte de crise, et en avait sous-estimé les conséquences. Aux historiens de défricher les circonstances de cette affaire et de clarifier ses tenants et ses aboutissants. Le recoupement des témoignages et l’examen des preuves matérielles est sollicité pour sortir des passions partisanes et établir une chronologie froide et factuelle des évènements.

* Ecrivain.

Notes :

1- نوفمبر 2019 – éditions Nirvana – الزعامة الهادئة – ذكريات وشهادات وخواطر » – « 

2- Page 525.

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Un an de plus pour l’AGOA : l’Afrique reste dans le jeu commercial américain

04. Februar 2026 um 08:33

Petit ouf de soulagement en Afrique. L’AGOA – pour African Growth and Opportunity Act -, l’accord permettant à plusieurs produits africains d’accéder au marché américain sans droits de douane, a été reconduit pour une période d’un an, c’est-à-dire jusqu’au 31 décembre 2026.

Jamieson Greer, représentant au Commerce de la Maison Blanche (USTR), a souligné dans un communiqué que l’AGOA a un effet rétroactif au 30 septembre 2025, date à laquelle il avait expiré.

A noter que cette extension de l’accord est incluse dans le texte promulgué mardi 3 février 2026 par Donald Trump, qui met fin à plus de trois jours de paralysie d’une partie de l’administration fédérale américaine. Cependant, en janvier dernier, la Chambre des représentants avait voté pour reconduire l’AGOA pour trois ans, mais les sénateurs ont ramené la durée à un an.

Selon plusieurs médias, l’AGOA constitue une pièce maîtresse des relations commerciales entre les États-Unis et plusieurs pays africains. « Ce traitement commercial préférentiel avait été lancé en 2000 sous la présidence du démocrate Bill Clinton », rappelle Ouest-France. Il s’interroge : « La France doit-elle refuser de détruire, à la demande des États-Unis, des contraceptifs féminins initialement financés pour l’aide internationale ? ».

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cet accord permet aux pays africains d’exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane, s’ils respectent une série de conditions (pluralisme politique, respect des droits humains, lutte contre la corruption…) ».

Mais dans les faits, très peu des Etats africains respectent ces conditions. C’est pour cette raison que seulement une trentaine des 54 pays du continent africain bénéficient en théorie de l’accord, qui couvre un large éventail de produits, de l’habillement à l’igname en passant par les voitures. Du coup, «… Trump a fait de l’expiration de l’accord un moyen de pression sur les pays africains ».

D’ailleurs, Samuel Okudzeto Ablakwa, chef de la diplomatie ghanéenne, rappelle-t-on, avait admis en octobre que « Washington avait notamment conditionné sa prolongation à l’accueil par son pays de personnes expulsées des États-Unis ». Sachant également qu’en parallèle, « la Maison Blanche a fait savoir à plusieurs reprises que, pour obtenir une prolongation de l’AGOA, les pays africains devaient s’ouvrir davantage aux produits américains ».

Pour finir, Jamieson Greer poursuit dans cette direction en affirmant que « l’AGOA du XXIe siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux et offrir un meilleur accès au marché aux entreprises, aux agriculteurs et aux éleveurs américains ». D’ailleurs, il ajoute vouloir travailler avec les parlementaires américains pour « moderniser le programme afin de l’aligner sur la politique “L’Amérique d’abord“ du président Trump ».

Maintenant, que feront les pays africains qui bénéficient de l’AGOA après le 31 décembre 2026 ?

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La Biat pilote le financement du projet GFR Kairouan

04. Februar 2026 um 08:23

La Biat annonce sa participation, en qualité d’agent et arrangeur de la syndication, à un prêt syndiqué d’un montant global de 140 millions de dinars destiné au financement d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 100 MWac, implantée à Chebika dans le gouvernorat de Kairouan. Le pool bancaire comprend, aux côtés de la Biat, les établissements partenaires : UIB, ATB et UBCI.

Une convention de prêt syndiqué a été signée entre la Biat, GFR Kairouan, la société anonyme spécialement créée pour gérer les activités du projet, et les banques participantes lors d’une cérémonie tenue le 3 février 2026 au siège social de la Biat.

Le prêt syndiqué d’une valeur globale de 140 millions de dinars a été consenti pour la réalisation d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 100 MWac, située à Chebika, dans le gouvernorat de Kairouan. Il s’agit de l’une des plus importantes centrales photovoltaïques du pays avec un coût global de 280 millions de dinars, contribuant ainsi au renforcement de l’offre en énergie propre.

Ce projet, dont l’ensemble des intervenants et parties prenantes sont tunisiens, s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de transition énergétique et de développement des énergies renouvelables. Il vise à accroitre la capacité de production électrique à partir de ressources renouvelables, tout en contribuant à la sécurité énergétique et à la création de valeur locale. Le projet a pour objectif de fournir de l’électricité propre à deux industries tunisiennes, réduisant ainsi leur empreinte carbone. Il s’étend sur une superficie de 210 ha avec une durée de vie de 25 ans.

La Biat intervient dans le montage financier du projet GFR Kairouan à la fois en tant que syndicateur du prêt, financeur de la dette et investisseur en capital – via sa filiale Biat

Capital Risque. L’opération a été pilotée par les experts de la Banque de Financement et d’Investissement (BFI) de la Biat qui ont joué un rôle central dans l’orchestration de l’opération.

Grâce à l’appui de la BFI de la Biat, le projet a bénéficié d’un financement structuré, d’une mobilisation harmonisée des parties prenantes et d’une exécution efficace, traduisant une approche intégrée au service de la performance. Cette dynamique a donné lieu à des solutions sur mesure et à forte valeur ajoutée, combinant investissement, ingénierie financière, conseil financier et juridique de haut niveau, ainsi qu’une capacité d’accompagnement durable de l’ensemble des partenaires du projet.

«La Biat confirme, par cette opération, son positionnement d’acteur référent du financement des projets d’infrastructure et de la transition énergétique en Tunisie. Nous sommes fiers d’accompagner un projet qui combine performance économique et contribution environnementale à fort impact», déclare Elyes Jebir, directeur général de la Biat.

Le projet sera mis en œuvre dans le cadre d’une gouvernance rigoureuse et conformément aux standards environnementaux et sociaux en vigueur, garantissant son alignement avec les meilleures pratiques internationales. Les travaux de réalisation, dont la durée est estimée à 12 mois, feront l’objet d’un suivi technique rapproché par l’ensemble des institutions impliquées.

À travers cette initiative, la Biat réaffirme son engagement durable en faveur d’un développement responsable, inclusif et tourné vers l’avenir. En soutenant des infrastructures vertes de cette envergure, la banque contribue directement à la transition énergétique nationale et à la création d’opportunités économiques régionales. Ce projet illustre pleinement la volonté de la BIAT d’assumer son rôle de partenaire de référence du progrès économique et sociétal en Tunisie.

Communiqué.

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La ville numérique d’Ennahli passe à la phase de réalisation

04. Februar 2026 um 09:00

Le projet de la ville numérique d’Ennahli progresse. Il a été examiné lors d’une réunion de la Commission des grands projets. La réunion s’est tenue mardi 3 février 2026. Elle a été présidée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale du numérique. L’objectif est de renforcer la place de la Tunisie dans le secteur technologique. Le gouvernement veut aussi développer les services intelligents.

La ville numérique d’Ennahli prévoit l’extension du pôle «Tunisia Smart Technoparks». De nouveaux espaces technologiques seront créés, ils seront situés dans la zone d’Ennahli qui relève du gouvernorat de l’Ariana.

Des travaux lancés sans attendre

Le ministre des Technologies de la communication a présenté l’état d’avancement du projet. Il a détaillé les aspects techniques et les étapes prévues.

Après les discussions, la Commission des grands projets a décidé le lancement immédiat des travaux. Cette phase concerne l’aménagement du site. Elle concerne aussi le raccordement aux différents réseaux. Les travaux techniques seront également engagés.

En clôture de la réunion, la cheffe du gouvernement a appelé à accélérer la réalisation du projet. Elle a insisté sur la mise en place d’un suivi sur le terrain. L’objectif est de finaliser la ville numérique dans les délais prévus. La qualité des travaux reste une priorité.

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Quand l’orage gronde au Golfe, l’écho résonne au Maghreb

04. Februar 2026 um 06:00

Entre tensions géopolitiques, vulnérabilités économiques et quête d’autonomie stratégique, la crise USA-Iran agit comme un révélateur silencieux des fragilités et des choix à venir pour l’Afrique du Nord.

Une crise lointaine aux effets très proches

À première vue, la confrontation larvée entre les États-Unis et l’Iran semble se jouer loin du Maghreb, dans les détroits stratégiques du Golfe et les couloirs diplomatiques de Vienne ou de Washington. Pourtant, dans un monde désormais structuré par l’interdépendance et la financiarisation des risques, aucune région n’échappe aux ondes de choc des grandes rivalités. Le Maghreb, déjà éprouvé par des déséquilibres internes persistants, se retrouve exposé à une crise qu’il ne maîtrise pas, mais dont il subit les conséquences économiques, politiques et stratégiques.

La montée des tensions militaires, les menaces sur la sécurité énergétique mondiale et la polarisation accrue des alliances transforment un conflit bilatéral en un facteur systémique. Pour les économies maghrébines, cette crise agit moins comme un événement ponctuel que comme un amplificateur de vulnérabilités structurelles.

L’énergie comme premier canal de transmission

Le principal vecteur de contagion demeure le marché de l’énergie. Toute escalade entre Washington et Téhéran ravive le spectre d’une perturbation des flux pétroliers via le détroit d’Hormuz. Ce qui suffit à faire grimper les prix, même en l’absence de conflit ouvert. Pour les pays du Maghreb importateurs nets d’énergie, cette volatilité se traduit mécaniquement par une pression accrue sur les finances publiques, une détérioration de la balance commerciale et un renchérissement des coûts de production.

Dans des économies déjà confrontées à l’inflation, à la contrainte budgétaire et à la fragilité des réserves en devises, la hausse des prix de l’énergie agit comme une taxe externe, imposée sans négociation. Elle pèse sur le pouvoir d’achat, alimente les tensions sociales et réduit la marge de manœuvre des politiques économiques, notamment en matière de subventions et de soutien à l’activité.

Le Maghreb face au retour brutal de la géopolitique

Au-delà de l’économie, la crise USA-Iran rappelle au Maghreb que la géopolitique n’a jamais disparu, mais qu’elle revient aujourd’hui sous une forme plus brutale et moins prévisible. Les États-Unis cherchent à consolider leurs positions et à contenir toute extension de l’influence iranienne, y compris sur le continent africain. L’Iran, de son côté, s’inscrit dans une logique de contournement des sanctions, multipliant les ouvertures diplomatiques et économiques vers le Sud global.

Dans cet environnement polarisé, les pays maghrébins se retrouvent confrontés à un dilemme délicat : préserver leurs relations avec les partenaires occidentaux tout en explorant de nouvelles coopérations susceptibles de renforcer leur souveraineté économique et diplomatique. Cette tension entre alignement et autonomie devient un exercice d’équilibre permanent, où chaque choix comporte un coût politique implicite.

Diplomatie maghrébine : entre prudence et diversification

La réponse maghrébine à la crise se caractérise moins par des positions tranchées que par une prudence calculée. Loin des logiques d’alignement automatique, la région semble privilégier une diplomatie de diversification, cherchant à élargir son spectre de partenaires sans rompre avec les équilibres existants. Cette approche reflète une prise de conscience : dans un monde multipolaire, la dépendance exclusive à un seul pôle de puissance devient un facteur de vulnérabilité.

Toutefois, cette stratégie n’est pas sans risques. La neutralité apparente peut être perçue comme de l’ambiguïté et la diversification comme une défiance implicite. Dans le contexte de la crise USA-Iran, le Maghreb doit donc composer avec des pressions contradictoires, tout en évitant que son espace régional ne devienne un terrain indirect de rivalités extérieures.

Un révélateur des fragilités structurelles

En filigrane, la crise met en lumière les limites des modèles économiques maghrébins. Dépendance énergétique, faiblesse de l’intégration régionale, exposition aux chocs externes et faible capacité d’absorption des crises internationales : autant de failles que la confrontation américano-iranienne rend plus visibles. Ce conflit agit ainsi comme un test de résilience, révélant l’urgence de réformes structurelles longtemps différées.

La question n’est plus seulement de savoir comment réagir à la crise actuelle, mais comment se préparer aux suivantes. Car dans un ordre mondial instable, les chocs géopolitiques tendent à devenir la norme plutôt que l’exception.

Entre l’ombre des puissances et l’exigence d’une voie propre

Au final, la crise USA-Iran place le Maghreb face à une interrogation centrale : subir la géopolitique ou tenter de la maîtriser. S’il ne peut influencer directement le cours des événements, il peut en revanche renforcer sa capacité d’anticipation, de coordination régionale et de souveraineté économique. L’enjeu dépasse la simple gestion conjoncturelle des prix de l’énergie ou des relations diplomatiques ; il touche à la définition même du rôle du Maghreb dans un monde fragmenté.

 

Lorsque l’orage gronde au Golfe, le Maghreb comprend qu’il ne s’agit pas seulement d’un bruit lointain. C’est un rappel sévère : dans l’économie mondiale comme dans la géopolitique, l’éloignement géographique n’est plus une protection, et l’autonomie stratégique n’est plus un luxe, mais une nécessité.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain D’Economie Financière (IAEF-ONG).

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