Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 14. April 2026Haupt-Feeds

Sofiane Bouhdiba | Vers une sociologie des crashs aériens

14. April 2026 um 12:15

Le sociologue Sofiane Bouhdiba, professeur de Démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, auteur de nombreuses études sur la population et la mortalité, vient de publier un ouvrage sur un sujet assez original et inattendu ‘‘La mort vient du ciel. La mortalité des accidents aériens’’.

Aujourd’hui, l’avion est considéré comme l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde, grâce aux avancées technologiques, aux protocoles de sécurité très stricts et aux réglementations rigoureuses imposées par les autorités aéronautiques de l’ensemble des pays, sous l’égide d’organisations internationales telles que l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci).

Statistiquement, un voyageur devrait attendre 6 500 années pour finir par être victime d’un accident d’avion commercial. Pourtant, les crashs aériens frappent l’opinion publique, non pas tant par leur fréquence, qui est négligeable, mais par le fait que les pertes humaines sont massives et sont à chaque fois surmédiatisées, éclipsant des évènements bien plus tragiques, tels que des famines, des guerres, des épidémies…

C’est à la suite d’un grave incident aérien, au cours duquel son vol pour l’Afrique du Sud a évité un crash de justesse, que l’auteur a décidé de rédiger ce livre. Il nous rappelle que paradoxalement, la mort de quelques dizaines de passagers émeut davantage que le génocide de dizaines de milliers d’innocents. C’est peut-être aussi parce que nous avons tous pris l’avion au moins une fois dans notre vie, et nous avons donc bien plus de facilité à nous identifier avec la victime d’un crash, qu’avec un paysan mort de faim à l’autre bout de la terre.

Par ailleurs, chaque catastrophe aérienne soulève irrémédiablement des questions, sur la fiabilité des appareils d’abord. L’auteur démontre dans son ouvrage qu’il est toujours dangereux de monter trop haut, la tour de Babel nous le rappelle constamment. Le crash d’un avion est finalement le prix payé pour avoir défié la pesanteur, ce qui nous ramène à la tragédie d’Icare. Chaque passager, chaque hôtesse de l’air, chaque pilote, ne sont finalement que des Icare, des Dédale potentiels.

Les compétences des équipages, la maintenance technique, la qualité de l’infrastructure aéroportuaire, soulèvent également des questions souvent sans réponses, et qui débouchent systématiquement sur la recherche d’un coupable : le pilote, la compagnie aérienne, la tour de contrôle, le flamant rose qui a eu la malchance de survoler le tarmac au mauvais moment.

De fait, les causes des crashs aériens sont nombreuses : facteurs humains, techniques, environnementaux, organisationnels, parfois géopolitiques. Pour y faire face, les réponses sont de plus en plus complexes, faisant massivement appel aux nouvelles technologies, et tentent de s’adapter à un environnement de plus en plus imprévisible.

L’article Sofiane Bouhdiba | Vers une sociologie des crashs aériens est apparu en premier sur Kapitalis.

L’histoire cachée de nos ancêtres multiples

14. April 2026 um 09:35

Il y a trois cents millénaires, la Terre n’était pas le domaine exclusif d’une seule espèce humaine. Homo sapiens cohabitait avec des cousins évolutifs dont la ressemblance avec nous aurait sans doute troublé quiconque les aurait croisés : les Néandertaliens en Europe et au Proche-Orient, les Dénisoviens en Asie centrale, et peut-être d’autres formes encore mal connues. Aujourd’hui, nous sommes seuls. Mais cette solitude est-elle le résultat d’une élimination brutale, d’une extinction progressive, ou bien sommes-nous, au contraire, le produit d’un long brassage entre ces différentes humanités ? La réponse, que la génétique moderne a profondément renouvelée, est bien plus troublante — et plus belle — que ce que l’on imaginait. L’odyssée de l’espèce humaine est faite de disparitions, survivances et métissages à travers le temps.

Zouhaïr Ben Amor *

Pendant des décennies, le modèle dominant pour expliquer notre origine fut celui de la «sortie d’Afrique» pure et simple. Homo sapiens serait apparu sur le continent africain, il y a environ 300 000 ans, avant d’essaimer progressivement vers le reste du monde. À son passage, il aurait supplanté toutes les autres espèces humaines — Néandertaliens, Homo erectus, et autres — sans jamais se mélanger à elles. Ces dernières auraient alors disparu, victimes de la concurrence pour les ressources, des épidémies ou des changements climatiques. Ce récit, élégant dans sa simplicité, a longtemps fait autorité.

Un arbre généalogique touffu

Mais la paléontologie a toujours contenu des voix discordantes. Les fossiles eux-mêmes semblaient parfois hésiter entre les catégories : certains spécimens d’Europe de l’Est présentaient des traits à la fois sapiens et néandertaliens, que les chercheurs attribuaient tantôt à une variabilité naturelle, tantôt à un hypothétique métissage. Le débat restait ouvert, faute de preuves décisives. Wolpoff et ses collègues défendaient dès les années 1980 un modèle multirégional selon lequel Homo sapiens serait le résultat d’une évolution parallèle et interconnectée de plusieurs populations à travers le globe (Wolpoff et al., 1988). Cette thèse, minoritaire, allait pourtant trouver une confirmation partielle — et inattendue — grâce à une discipline que personne n’anticipait : la génétique des populations anciennes.

La révolution silencieuse de l’ADN ancien

En 2010, une équipe dirigée par Svante Pääbo publia dans la revue Science le séquençage du génome néandertalien — une prouesse technique rendue possible par l’analyse de fragments d’ADN extraits de fossiles vieux de plusieurs dizaines de millénaires. Le résultat fut stupéfiant : les humains non-africains portent entre 1 % et 4 % d’ADN néandertalien dans leur génome (Green et al., 2010). Ce n’était pas une anomalie statistique ni un artefact de laboratoire, mais bien la signature moléculaire d’unions fertiles entre Homo sapiens et Néandertaliens, survenues il y a environ 50 000 à 60 000 ans, probablement au Proche-Orient, lors des premières grandes migrations hors d’Afrique.

Deux ans plus tard, l’analyse d’une phalange découverte dans la grotte de Denisova, en Sibérie, révéla l’existence d’une espèce jusqu’alors totalement inconnue : les Dénisoviens. Génétiquement distincts des Néandertaliens et d’Homo sapiens, ils ont néanmoins laissé leur empreinte dans le génome des populations actuelles d’Asie du Sud-Est et d’Océanie, chez qui leur contribution peut atteindre 5 % (Reich et al., 2010). Les Aborigènes australiens et les Mélanésiens sont aujourd’hui les héritiers les plus documentés de ces croisements. Ces découvertes consacrèrent Svante Pääbo, qui reçut le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2022 pour l’ensemble de ses travaux fondateurs sur la paléogénomique.

Ces métissages ne relevaient pas du simple accident biologique. Certains des gènes hérités des Néandertaliens se sont maintenus dans nos génomes parce qu’ils conféraient des avantages adaptatifs réels : une meilleure résistance à certains pathogènes, une adaptation au froid ou aux UV dans des environnements nouveaux. L’évolution a donc conservé ces apports comme autant d’outils utiles, sélectionnés parce qu’ils aidaient Homo sapiens à survivre dans des territoires jadis habités par d’autres humanités.

Une extinction en demi-teinte : ni brusque ni totale

La disparition des autres espèces humaines ne ressemble ni à un génocide ni à une catastrophe naturelle soudaine. Elle s’est jouée sur des millénaires, à travers un enchevêtrement de processus dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer le résultat final. Les Néandertaliens, qui avaient dominé l’Europe pendant plus de 200 000 ans, s’éteignirent il y a environ 40 000 ans — soit plusieurs millénaires après l’arrivée des premières vagues d’Homo sapiens sur le continent. Cette cohabitation prolongée laisse penser à une compétition progressive pour les mêmes ressources alimentaires et les mêmes territoires, plutôt qu’à une confrontation violente et délibérée.

Des refuges néandertaliens semblent avoir subsisté dans des zones marginales — Gibraltar, le sud de la péninsule ibérique — bien après la disparition de l’espèce dans le reste de l’Europe, comme si les dernières populations se repliaient vers des enclaves de survie avant de s’éteindre définitivement. Homo erectus, de son côté, aurait persisté en Asie du Sud-Est jusqu’à environ 100 000 ans avant le présent, après près de deux millions d’années d’existence — une durée qui éclipse de loin notre propre histoire. Sa disparition, là encore progressive, témoigne d’un monde humain long à changer, plutôt que prompt à basculer.

En définitive, Homo sapiensn’est ni le simple vainqueur d’une guerre des espèces, ni la synthèse harmonieuse de toutes les humanités passées. Il est le produit d’une longue lignée africaine, dotée d’une plasticité culturelle et cognitive exceptionnelle, qui a absorbé en chemin de petites mais précieuses contributions génétiques d’autres humanités aujourd’hui disparues.

Comme le souligne Stringer dans ses travaux sur la diversité des hominines africains, notre espèce elle-même est née d’un brassage interne entre plusieurs populations africaines génétiquement divergentes (Stringer, 2016). L’unité que nous projetons sur le passé ne reflète pas la réalité d’un monde humain qui fut, pendant des centaines de millénaires, peuplé d’une remarquable pluralité d’êtres.

Cette histoire nous invite à repenser notre rapport à la diversité. Car si nous sommes aujourd’hui seuls représentants du genre Homo, nous portons en nous — littéralement, dans chacune de nos cellules — les traces fantômes d’autres façons d’être humain. Nous ne sommes pas la fin d’une histoire, mais son héritier le plus récent.

* Universitaire

Bibliographie

Green, R. E., et al. (2010). A draft sequence of the Neandertal genome. Science, 328(5979), 710–722.

Reich, D., et al. (2010). Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia. Nature, 468(7327), 1053–1060.

Stringer, C. (2016). The origin and evolution of Homo sapiens. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 371(1698), 20150237.

Wolpoff, M. H., Wu, X. Z., & Thorne, A. G. (1988). Modern Homo sapiens origins: A general theory of hominid evolution involving the fossil evidence from East Asia. In The Origins of Modern Humans (pp. 411–483). Alan R. Liss.

L’article L’histoire cachée de nos ancêtres multiples est apparu en premier sur Kapitalis.

Mois du Patrimoine 2026 : Le « Patrimoine et l’Architecture » à l’honneur

14. April 2026 um 09:29
Le ministère des Affaires culturelles a dévoilé l’affiche officielle de la 35e édition du Mois du Patrimoine, prévue du 18 avril au 18 mai 2026. Placée sous le slogan « Patrimoine et Architecture », cette édition mettra en lumière la richesse et la diversité des styles architecturaux du pays. L’événement, coorganisé par l’Institut National du […]

‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ | Hommage américain au cinéma français

14. April 2026 um 08:44

Le réalisateur Richard Linklater a décroché le prix de la mise en scène lors de la 51e cérémonie des César pour son film ‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ (2025), une première pour un réalisateur américain, et son œuvre a dominé la soirée en cumulant les récompenses.

Mohamed Sadok Lejri

En tant que passionné de la Nouvelle Vague, j’ai vécu un grand moment de cinéma devant l’œuvre de Richard Linklater. Ce film est une pure merveille pour les amoureux de ce mouvement cinématographique.

J’avoue avoir commencé ce long-métrage avec une certaine méfiance, redoutant d’être déçu comme je l’avais été par le navet d’Hazanavicius (‘‘𝐿𝑒 𝑅𝑒𝑑𝑜𝑢𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒’’), mais le résultat est à l’opposé : c’est un vibrant hommage qui m’a procuré un plaisir immense.

Trouble sur le plateau

Le film retrace l’avènement de la Nouvelle Vague en s’appuyant sur l’histoire de la genèse d’‘‘A bout de souffle’’. Dans le Paris de la fin des années 1950, une génération de brillants critiques officiant aux Cahiers du Cinéma aspire à passer derrière la caméra. L’éclatant triomphe des ‘‘𝑄𝑢𝑎𝑡𝑟𝑒 𝐶𝑒𝑛𝑡𝑠 𝐶𝑜𝑢𝑝𝑠’’ de François Truffaut au Festival de Cannes en 1959 agit comme un catalyseur. Jean-Luc Godard parvient alors à convaincre l’excentrique producteur Georges de Beauregard de financer son projet. Il s’entoure du jeune Jean-Paul Belmondo et de Jean Seberg, nouvelle égérie d’Otto Preminger, pour réaliser ‘‘A bout de souffle’’.

Toutefois, l’approche révolutionnaire et les méthodes iconoclastes de Jean-Luc Godard sèment le trouble sur le plateau, provoquant l’exaspération de son équipe et la fureur de son producteur.

Drôle sans forcer le trait

Le soin du casting est un régal pour les initiés. Le choix d’acteurs souvent méconnus, dont la ressemblance avec les figures marquantes de cette époque est frappante, renforce cette impression de voyage dans le temps. L’on y retrouve toute la liberté et l’audace caractéristiques de la Nouvelle Vague. Mention spéciale à Guillaume Malbeck qui incarne un Jean-Luc Godard bluffant de réalisme. En effet, son élocution, ses mimiques, sa gestuelle, la précision de ses aphorismes et de ses citations rendent le film d’autant plus délectable.

Le film parvient à être drôle sans forcer le trait, et nostalgique sans jamais sombrer dans le vague à l’âme.

En effet, l’œuvre de Linklater cultive une nostalgie sans tristesse et conjugue l’originalité personnelle avec les codes emblématiques du style godardien.

Ce long-métrage propose une création assez originale tout en respectant les marqueurs identitaires du cinéma de la Nouvelle Vague godardienne. Bref, c’est un voyage dans le temps qui parvient à retranscrire l’essence même de la Nouvelle Vague. C’est, sans conteste, la plus magnifique preuve d’amour cinématographique jamais dédiée à la Nouvelle Vague française.

Il est regrettable qu’un réalisateur américain né au Texas rappelle aux Français la splendeur de la Nouvelle Vague, quel dommage de constater que l’hommage le plus vibrant à la Nouvelle Vague vienne de Richard Linklater plutôt que d’un réalisateur français ! Malgré ce léger bémol, au-delà de ces quelques regrets, une seule chose compte : la beauté de cet œuvre qui est tout bonnement un cadeau inestimable pour tout passionné de la Nouvelle Vague.

Magnifique !

L’article ‘‘𝑁𝑜𝑢𝑣𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑉𝑎𝑔𝑢𝑒’’ | Hommage américain au cinéma français est apparu en premier sur Kapitalis.

Guerres, hégémonies et génocides | Les mémoires de l’ambassadeur Salah Bourjini

14. April 2026 um 08:03

‘‘Mémoires d’une époque de guerres, d’hégémonies et de génocides (1943/2025)’’ (Editions Nirvana, Tunis, 2026) est le titre que le Docteur Salah Bourjini, ancien ambassadeur des Nations Unies, a choisi pour l’ouvrage de mémoires où il évoque ses cinquante ans de carrière diplomatique dont environ trente ans aux Nations Unies. 

Raouf Chatty *

L’auteur ayant servi de 1981 à 2010 comme Représentant coordonnateur des Nations Unies dans un Irak en pleines guerres au Koweït post-libération, en Libye sous Kadhafi et en Algérie sous Ben Jedid, et comme directeur des Programmes pour le développement dans les pays arabes au siège du Pnud à New York, son ouvrage paraît dans  le contexte  géopolitique international très tendue, marqué par la guerre russe contre l’Ukraine, la guerre israélienne contre Gaza et la guerre américano-israélienne contre l’Iran avec leurs répercussions sur la paix et la sécurité dans le monde.  

Fort de l’expérience  qu’il avait acquis durant plusieurs années en étant aux premières loges de cette région chaude du Moyen-Orient et du Golfe, souvent instable, qui plus est à des périodes cruciales de son histoire, l’ambassadeur Bourjini nous mène dans un voyage géopolitique extrêmement mouvementé au cours duquel avait été quotidiennement sur le qui-vive et aux prises avec des situations difficiles, aussi bien dans ses contacts dans les hautes sphères aux Nations Unies à New-York qu’en accomplissant des missions dans ces pays, qui dépassaient souvent, et de loin, celles d’un ambassadeur en poste en période ordinaire.

Dans les arcanes de la politique moyen-orientale  

Sur une distance de quelques 500 pages, l’auteur en consacre environ les deux-tiers pour l’Irak, le Koweït et la Libye, décrivant avec force détails les situations dramatiques vécues dans ces pays par suite de guerres meurtrières, d’embargos économiques, de pénuries… en raison de la piètre gestion des affaires publiques par les différents gouvernements. 

A la lecture de cet ouvrage passionnant, le lecteur découvre les expériences, à la fois excitantes et frustrantes, vécues par l’auteur lors de ses immersions diplomatiques dans les méandres de la politique au Moyen-Orient, se fait une idée de ses multiples contacts avec les dirigeants de ces pays, les nombreuses contraintes auxquelles il avait fait face, parfois au risque de sa vie, en temps de guerre et sous les  bombardements, tout comme les efforts déployés par ses services pour aider ces  pays à se relever en dépit  des contextes extrêmement difficiles qu’ils ont traversés.

Le lecteur se fait également une idée de la manière dont les puissances occidentales, États-Unis en tête, traitent les gouvernements de ces pays, en bafouant souvent le droit international qu’elles appliquent à la tête du client. 

L’auteur, qui décrit de manière objective les difficultés endurées par ces pays en en identifiant les responsables, préfère souvent laisser le lecteur se faire sa propre idée sur les causes objectives des multiples drames vécues par ces pays, se gardant d’en imputer les responsabilités aux seules grandes puissances.

Il n’omet, toutefois, pas de souligner que pour ces grandes puissances, les pays du Moyen-Orient ne valent que par leurs ressources naturelles, invitant au passage ces pays à tirer un meilleur profit de leur position géopolitique pour faire entendre leurs voix dans le nouvel ordre international en cours de construction.

Du Kef à New York en passant par Tunis

Fort de son extraordinaire expérience internationale, appréciée et reconnue, l’ambassadeur Bourjini développe des réflexions pertinentes sur l’évolution de la situation politique en Tunisie au lendemain des changements survenus après le 14 janvier 2011, tenant la classe politique post-révolution, toutes tendances confondues et plus particulièrement les Islamistes, pour responsable des déboires et échecs de la Tunisie au cours des douze dernières années, notamment dans le domaine économique. 

Le diplomate consacre également plusieurs pages au drame palestinien, qualifiant de génocide les destructions massives et les souffrances inhumaines infligées par Israël aux Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, face à une communauté internationale sinon complice du moins passive et impuissante.    

Les analyses et appréciations de l’ambassadeur Bourjini sont à la fois pertinentes et équilibrées, frappées du sceau de l’honnêteté et de la sagesse. Elles font de son livre une référence pour celles et ceux, historiens, journalistes, diplomates, étudiants, qui veulent mieux connaître les arcanes de la politique étrangère des grandes puissances, le rôle des Nations Unies et les conditions d’avènement d’un nouvel ordre international dont personne ne pourra pour l’heure entrevoir clairement les contours.

Les mémoires de l’ambassadeur Bourjini consacrent également des chapitres à ses débuts dans sa ville natale le Kef à laquelle il est resté toujours attaché.

Né dans une Tunisie en lutte pour son indépendance dans une famille militant dans les rangs du Parti destourien, il s’était rapidement investi en politique en s’activant au sein de l’Uget. Muni d’une licence de mathématiques, il a pu rejoindre les États-Unis d’Amérique où il avait obtenu son doctorat en économie. Il a cependant préféré rejoindre la Tunisie où il avait été conseiller des ministres du Plan et de l’Economie du temps d’Ahmed Ben Salah et Chedly Ayari, puis directeur adjoint de la coopération multilatérale au ministère des Affaires étrangères entre 1975 et 1980, et professeur d’économie et planification à la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis. A ce titre, il était en charge de la préparation, en coopération avec les départements ministériels concernés, des dossiers de la coopération multilatérale et avait représenté la Tunisie dans des dizaines de conférences internationales. 

Cet ouvrage relate la vie et l’œuvre d’un homme d’expérience, généreux dans l’effort et dévoué aux autres, qui a toujours servi la Tunisie et les Nations-Unies, avec discrétion et efficacité, comme tour diplomate qui se respecte, ce qui lui a valu les félicitations de nombreuses personnalités internationales, qui lui ont rendu hommage et, à travers lui, à son pays et à peuple. 

* Ancien ambassadeur.

L’article Guerres, hégémonies et génocides | Les mémoires de l’ambassadeur Salah Bourjini est apparu en premier sur Kapitalis.

Gestern — 13. April 2026Haupt-Feeds

«Time line» De Mohamed Bouhjar : Mémoire sous haute surveillance

13. April 2026 um 21:53

Entre la morsure du bitume  et les vertiges de l’anticipation, Mohamed Bouhjar réalise  un court métrage «Time line» où la technologie devient le miroir de nos cicatrices. Une quête de mémoire éperdue qui refuse le spectacle pour sonder, dans un face-à-face bouleversant avec le métal, ce qu’il nous reste d’irréductiblement humain.             La Presse—Mohamed Bouhjar, auteur […]

L’article «Time line» De Mohamed Bouhjar : Mémoire sous haute surveillance est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

Clôture du 15e FIFEJ de Sousse – La Perle d’Or à « Irkalla : le rêve de Gilgamesh »

13. April 2026 um 21:00

Le jury des longs et courts métrages de fiction présidé par Selma Baccar, recommande plus de rigueur dans la différentiation des genres entre documentaire et fiction et aussi entre films de jeunes et films destinés aux adultes. La Presse — Clap de fin de la 15e édition du Festival international du film de l’enfance et […]

L’article Clôture du 15e FIFEJ de Sousse – La Perle d’Or à « Irkalla : le rêve de Gilgamesh » est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

Appel d’offres national pour l’aménagement du Palais de Marbre à Skanes Monastir

13. April 2026 um 10:04
L’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC) a lancé vendredi un appel d’offres national pour des travaux d’aménagement du Palais de Marbre à Skanes, dans le gouvernorat de Monastir. L’appel d’offres est ouvert aux entreprises agréées disposant d’un cahier des charges approuvé par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, […]

L’âme de l’opéra | Un concert international pour célébrer l’essence de l’art

Von: Yusra NY
13. April 2026 um 23:11

Le Théâtre de l’Opéra de Tunis, Cité de la Culture accueillera un concert d’exception conçu comme un retour à l’essence même de l’art lyrique, organisé par la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri.

Ce rendez-vous inédit pris pour jeudi 30 avril 2026, réunira sur scène Patrice Fontanarosa, légende vivante du violon, incarnant depuis plusieurs décennies l’excellence de l’école française sur la scène internationale, Hassen Doss, engagé dans la diffusion du répertoire lyrique et reconnu pour la générosité de son expression, Sabine Riva, dont la précision vocale et la sensibilité artistique servent avec justesse les grandes pages du répertoire et Stéphanie Fontanarosa, dont le jeu conjugue rigueur, finesse d’analyse et sens aigu du dialogue musical.

Réalisé en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision Nationale Tunisienne, ce concert est produit avec le concours de l’Ambassade de France en Tunisie, de l’Ambassade d’Autriche en Tunisie, du Consulat de Monaco ainsi que de l’Institut français de Tunisie.

Présenté au sein de la Cité de la Culture, cet événement témoigne de l’inscription de Tunis dans un espace de circulation artistique entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique.

Sa captation par la Télévision Nationale Tunisienne contribuera à prolonger son rayonnement au-delà du temps de la représentation.

Les billets ont en vente en ligne  ,: Fidèle aux valeurs de la Fondation Hasdrubal et de ses partenaires institutionnels, cet événement sera accessible gratuitement aux étudiantes et aux étudiants, sur présentation d’un justificatif de scolarité et dans la limite des places disponibles.

Communiqué

L’article L’âme de l’opéra | Un concert international pour célébrer l’essence de l’art est apparu en premier sur Kapitalis.

Jeux d’artistes – Espace Casabo : Voulez-vous jouer avec moi ?

13. April 2026 um 20:30

Rien de ce qui est création et inédit ne saurait leur être étranger. Et l’alliance de ces trois talents ne pouvait qu’être explosive. A quoi allions-nous nous attendre cette fois-ci ? La Presse— C’est l’invitation artistique et ludique que nous lançaient cette semaine Feryel Lakhdar et Rym Karoui, sous la direction de Sandra Osmani. Il faut […]

L’article Jeux d’artistes – Espace Casabo : Voulez-vous jouer avec moi ? est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

10e édition du Prix Goncourt — Choix de la Tunisie : Grande consécration

13. April 2026 um 18:30

Le verdict est tombé, sans grande surprise : l’autrice de « La nuit au cœur » de Nathacha Appanah, publié chez Gallimard, désignée favorite en 2026 par 300 lycéens tunisiens venus des 23 gouvernorats et rassemblés à Tunis. Le roman à succès est plébiscité par 91,3% des jeunes votants. Une célébration qui marque les 10 ans de ce […]

L’article 10e édition du Prix Goncourt — Choix de la Tunisie : Grande consécration est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Oumayma Ben Hamza à l’AGORA : Un éden d’avant la chute

12. April 2026 um 19:30

Au début était la rouille. Insidieuse, étale, diffractée, envahissante, incontrôlée et incontrôlable, inquiétante dans son absence de limites. Nous, commun des mortels, nous y aurions vu ….des taches d’humidité peut-être, ou un peu de salpêtre. La Presse — Qui es-tu Oumayma? Tu apparais comme une comète, timide et lumineuse à la fois, toute en ombres […]

L’article Oumayma Ben Hamza à l’AGORA : Un éden d’avant la chute est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

On nous écrit – « Les enfants rouges » de Lotfi Achour (2024) – Entre mythe et mémoire : « Les Enfants Rouges » !

12. April 2026 um 18:00

Avez-vous déjà regardé un film qui ranime une cicatrice oubliée, la faisant frémir sous votre peau comme un écho du passé ? « Les Enfants Rouges » de Lotfi Achour plonge le spectateur au cœur d’une blessure nationale. Le film s’inspire d’un drame survenu en 2015 dans les montagnes de Mghilla, dans le centre-ouest de la Tunisie, où […]

L’article On nous écrit – « Les enfants rouges » de Lotfi Achour (2024) – Entre mythe et mémoire : « Les Enfants Rouges » ! est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

Tozeur : découverte d’un site archéologique de huit salles à Degache

12. April 2026 um 16:49

Un site archéologique composé de huit salles a été découvert sur le site de Castilia, à Degache dans le gouvernorat de Tozeur, à l’issue de fouilles menées du 16 mars au 3 avril 2026, dans le cadre d’une coopération entre l’Institut national du patrimoine et l’Université de Rome. Selon le représentant de l’Institut national du […]

L’article Tozeur : découverte d’un site archéologique de huit salles à Degache est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

Tunisie – Voici les prix et les modalités de vente du maïs conditionné

12. April 2026 um 13:54

L’Office national des fourrages fixe les prix mais aussi les modalités de vente du maïs fourrage conditionné dans des sacs, commercialisé à partir de ses centres de M’saken (Sousse), Sidi Bouzid et Sfax, au profit des différents opérateurs du secteur de la production animale.

Le prix de vente public du maïs fourrage entier conditionné dans des sacs de 50 kg a été fixé à 880 dinars la tonne, soit 44 dinars le sac. Celui du maïs fourrage concassé et raffiné, conditionné dans des sacs de 50 kg est de 920 dinars la tonne, soit 46 dinars le sac, a indiqué l’Office dans un communiqué.

Ces nouveaux tarifs, entrés en vigueur depuis le vendredi 10 avril courant, concernent les éleveurs de volaille et de ruminants, les sociétés coopératives, les groupements de développement agricole, ainsi que les centres de collecte de lait et les fabricants et distributeurs d’aliments pour bétail agréés, conformément aux cahiers des charges en vigueur.

L’article Tunisie – Voici les prix et les modalités de vente du maïs conditionné est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Leïla Marouane, une voix libre de la littérature s’éteint

12. April 2026 um 10:39

La disparition de Leïla Marouane, née Leïla Mechentel, survenue à Paris le 8 avril 2026, marque la perte d’une voix singulière de la littérature francophone. Née en 1960 à Djerba, en Tunisie, dans une famille algérienne en exil, elle portera toute sa vie cette tension originelle, ce sentiment d’appartenance fragmentée qui irrigue en profondeur son œuvre.

L’auteur du « Châtiments des hypocrites » et de « La jeune fille et la mère » n’a jamais écrit pour accompagner son époque. Elle écrivait contre elle, contre ses silences, contre ses angles morts.

Journaliste à ses débuts au quotidien Horizons, elle avait très tôt compris que les mots pouvaient être autre chose qu’un simple récit : une ligne de front.

Son œuvre s’est construite dans la tension. Celle de l’exil, d’abord, imposé par la violence des années 1990 en Algérie. Celle, plus intime, d’identités fragmentées, de vies prises dans des contradictions profondes. À travers ses romans, Leïla Marouane a exploré ces failles sans jamais céder à la facilité ni au confort du consensus.

Son dernier livre, paru en mars 2025, prolonge cette démarche. En revenant sur la «décennie noire», elle n’en propose ni une mémoire figée ni un récit apaisé, mais une plongée dans ce que cette période continue de produire : du trouble, de la douleur, et une nécessité persistante de dire.

Dans un paysage littéraire souvent tenté par l’effacement, elle aura choisi la frontalité. Non comme posture, mais comme exigence.

Leïla Marouane laisse une œuvre qui dérange autant qu’elle éclaire. Une œuvre qui refuse l’oubli.

Djamal Guettala 

L’article Leïla Marouane, une voix libre de la littérature s’éteint est apparu en premier sur Kapitalis.

Le poème du dimanche | ‘‘Le cœur du monde’’ de Horia Badescu

12. April 2026 um 07:30

Né en 1943, à Aref-sur-Arges (Roumanie), Horia Badescu est poète, essayiste, journaliste, universitaire et diplomate.

Lauréat de l’Académie roumaine et de plusieurs prix littéraires, dont, le Prix européen de poésie francophone, «Léopold Sedar Senghor». Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages parus en Roumanie et dans divers pays.

Ecrit en roumain et en français. Traduite en différentes langues, sa poésie «répond à une nécessité vitale, elle ne chante pas pour séduire mais pour sauver. Elle constitue un exercice de survie.» (Jean-Max Tixier), Horia Badescu «…nous précède en nos déserts et relève les repères.»  (Luc Norin)

Tahar Bekri

Des automnes, des hivers ont passé,

chaque fois et depuis toujours illusoires

et pourtant si réels,

tel l’air du soir avant qu’il commence à neiger.

Sur l’arête des heures, sur leur fil édenté,

des paroles qui glissent au-dessus

du clavier égaré du premier instant.

Les jours cueilleront dans leurs corbeilles la fournaise,

mais restera tout entière la lumière insatiable qui coule

de l’œil céleste,

et rien de ce qui t’est destiné ne changera,

et rien ne pourra emporter ce qui doit rester

après toi :

un rai,

le murmure d’un chant

tel le susurrement amoureux de l’herbe,

une traînée de sang qui monte du cœur insatiable

du monde,

un signe pour le retour

quand l’horizon plonge dans les eaux,

et seule la sirène du bateau perpétue à jamais

la respiration éternelle

de la mer.

‘‘Celui qui reste debout’’, Editions Pétra, Paris, 2021.

(Remerciements à l’auteur)

L’article Le poème du dimanche | ‘‘Le cœur du monde’’ de Horia Badescu est apparu en premier sur Kapitalis.

Primavera musicale | Échos de la Méditerranées au Théâtre de Tunis

Von: Yusra NY
11. April 2026 um 22:25

Le Carthage Symphony Orchestra (CSO) donne rendez-vous aux mélomanes le samedi 25 avril 2026 pour une soirée exceptionnelle au Théâtre municipal de Tunis.

Sous la baguette du Maestro Hafedh Makni, ce concert placé sous le signe de l’échange méditerranéen promet un voyage sonore entre virtuosité et émotion.

L’événement accueillera un invité de marque : le pianiste italien Ludovico Troncanetti. Ce dernier interprétera le célèbre Concerto pour piano n°3 de Camille Saint-Saëns, une œuvre réputée pour sa brillance et sa complexité technique.

La soirée rendra également un vibrant hommage au patrimoine lyrique italien. Le public pourra vibrer au rythme des chefs-d’œuvre de Rossini et Verdi. Ces moments forts seront portés par la puissance du chœur et la sensibilité du violoncelliste Wassim Makni.

Organisé par l’association Musique Sans Frontières en partenariat avec l’Institut Culturel Italien de Tunis, ce concert bénéficie du soutien précieux de l’Office National du Tourisme Tunisien ainsi que de mécènes engagés pour la culture (Fondation Arts et Culture by UIB, BNA Assurances).

Y. N.

L’article Primavera musicale | Échos de la Méditerranées au Théâtre de Tunis est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌