Normale Ansicht

Tunisie : Le 25-Juillet, entre soutien au pouvoir et colère du quotidien

26. Juli 2026 um 05:53

Le 69ᵉ anniversaire de la République a donné lieu, samedi 25 juillet 2026 à Tunis, à deux rassemblements aux messages opposés. Au-delà de cette confrontation politique, une évolution se dessine: les difficultés du quotidien — eau, électricité, pouvoir d’achat — occupent désormais une place centrale dans les revendications.

Deux rassemblements, deux visions du pays

Dans la matinée, des partisans du président Kaïs Saïed se sont retrouvés devant le Théâtre municipal de Tunis. Chants, slogans de soutien et appels à poursuivre le processus engagé depuis 2021 ont rythmé un rassemblement marqué par une ambiance davantage festive que revendicative.

En fin d’après-midi, le décor a changé. Selon l’Agence France-Presse (AFP), plus de 2 500 personnes ont défilé dans le centre de Tunis pour dénoncer la situation économique, les coupures d’eau et d’électricité, les poursuites visant plusieurs opposants ainsi que le recul des libertés publiques.

Deux rassemblements, deux lectures opposées du bilan des cinq dernières années.

Lire aussi: Coupures de plus de 24 heures : Kaïs Saïed convoque la STEG, la SONEDE et plusieurs ministres

Une contestation qui change de nature

Si les revendications liées aux libertés publiques restent présentes, les slogans entendus samedi montrent une évolution sensible.

« Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix », ont notamment scandé des manifestants.

Il y a encore quelques années, les critiques adressées au pouvoir portaient principalement sur les institutions, la Constitution ou l’organisation des pouvoirs. Désormais, les préoccupations liées au quotidien occupent une place tout aussi importante.

Les difficultés d’accès à l’eau, les délestages électriques, le coût de la vie ou encore la qualité des services publics deviennent des sujets de mobilisation politique à part entière.

Cette évolution traduit un déplacement du débat : les citoyens jugent désormais le pouvoir autant sur sa capacité à garantir les services essentiels que sur ses choix institutionnels.

L’effet des coupures et de la canicule

Ce changement intervient dans un contexte particulièrement tendu.

Depuis plusieurs semaines, la Tunisie fait face à une vague de chaleur exceptionnelle qui a entraîné une forte hausse de la consommation électrique. Pour préserver l’équilibre du réseau, la STEG a procédé à des coupures tournantes dans plusieurs régions du pays, tandis que des perturbations de l’approvisionnement en eau ont également été signalées.

Ces difficultés ont provoqué plusieurs mouvements de protestation locaux, des blocages de routes et de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, bien avant la manifestation du 25 juillet.

La crise des services publics est ainsi progressivement sortie du seul champ technique pour devenir un véritable sujet politique national, au même titre que les débats sur les institutions ou les libertés publiques.

Lire aussi: Stockage de l’électricité : La solution de la STEG coûte 20 mille dinars… qui peut se l’offrir ?

Un nouveau défi pour le pouvoir

À cinq ans du tournant du 25 juillet 2021, les deux rassemblements de samedi illustrent une réalité qui dépasse leur différence de participation.

Le débat tunisien ne se limite plus à l’opposition entre partisans et adversaires du président Kaïs Saïed. Il porte désormais aussi sur la capacité de l’État à répondre à des attentes très concrètes : assurer la continuité de l’alimentation en eau et en électricité, préserver le pouvoir d’achat, améliorer les services publics et faire face aux effets des épisodes climatiques extrêmes.

Autrement dit, si les clivages politiques demeurent, les difficultés du quotidien sont devenues l’un des principaux terrains sur lesquels sera désormais jugée l’action des pouvoirs publics.

Lire aussi:

L’article Tunisie : Le 25-Juillet, entre soutien au pouvoir et colère du quotidien est apparu en premier sur webdo.

Tunisie | 69ᵉ anniversaire de la République : L’opposition manifeste contre le pouvoir en place

25. Juli 2026 um 20:26

À l’occasion de la célébration du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République, plusieurs forces d’opposition, regroupant partis politiques et société civile, ont investi les rues de Tunis pour dénoncer la situation socio-politique en Tunisie.

Au centre-ville de Tunis, des rassemblements ont réuni des figures politiques, des militants des droits humains et des citoyens de différents bords, allant du parti islamiste Ennahdha à la gauche tunisienne, en passant par le Parti destourien libre (PDL). Ils étaient plusieurs dizaines venus exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire sans précédent ».

Dénonçant une atteinte à la liberté d’expression, une situation économique de plus en plus difficile marquée par des pénuries, des coupures d’eau et d’électricité ainsi que la montée du chômage, les manifestants ont appelé au départ du président Kaïs Saïed, au rythme du slogan phare de la révolution de 2011 : « Travail, liberté, dignité nationale ! »

Ils ont par ailleurs réclamé la libération des prisonniers politiques et d’opinion, le respect des libertés fondamentales et de l’indépendance de la justice, ainsi que la fin de l’état d’exception pour un retour à un processus démocratique pluraliste.

Du côté du pouvoir et des institutions, le ton était résolument orienté vers la stabilité et la souveraineté. À l’instar de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), qui a appelé à la cohésion nationale et à la réussite des réformes économiques, le pouvoir s’inscrit dans la continuité du processus amorcé le 25 juillet 2021.

« La République doit se renforcer par le travail, la justice sociale et la souveraineté pour répondre à la volonté du peuple », soutiennent, quant à eux, des partisans du chef de l’État, qui s’étaient rassemblés en nombre beaucoup moins important cet après-midi au cœur de Tunis. Pendant ce temps, l’opposition, toujours dans les rues de la capitale ce soir, accuse le pouvoir d’avoir « vidé la République de sa substance démocratique, faisant fi de la volonté du peuple ».

Y. N.

L’article Tunisie | 69ᵉ anniversaire de la République : L’opposition manifeste contre le pouvoir en place est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Le piège du présidentialisme

25. Juli 2026 um 08:20

De Bourguiba à Saïed, en passant par Ben Ali, la présidence est demeurée le centre de gravité de l’État tunisien – la parenthèse démocratique de 2014-2021, trop fragile pour s’enraciner, n’aura pas suffi à rompre ce schéma. Le problème n’est pas seulement la nature des dirigeants qui se sont succédé, mais l’architecture institutionnelle qui, depuis 1959, continue de produire des hommes «providentiels».

Ali Guidara *

La crise politique tunisienne, qui resurgit de décennie en décennie, ne se réduit pas à la personnalité de ses dirigeants successifs : elle trouve sa source dans un choix institutionnel vieux de plus de soixante ans, celui d’avoir fait de la présidence de la République le centre de gravité de l’État. Depuis la première Constitution tunisienne, cette architecture a produit la même mécanique : concentration du pouvoir, personnalisation du régime, et retour cyclique de la figure du «sauveur».

La Constitution de 1959 s’inspire largement de la Ve République française, promulguée un an plus tôt. Comme De Gaulle, Habib Bourguiba est persuadé qu’un exécutif fort est le meilleur rempart contre l’instabilité. Sauf que la France dispose déjà d’une tradition parlementaire ancienne, d’une administration solide, d’une justice indépendante et d’un pluralisme politique capables de contenir un exécutif puissant, malgré des failles certaines.

La Tunisie, jeune État sans ces contrepoids, ne dispose d’aucun de ces amortisseurs. En transplantant la philosophie d’une présidence forte sans les institutions censées la limiter, elle ouvre la voie à une concentration du pouvoir sans commune mesure avec le modèle dont elle s’inspirait.

Chef de l’exécutif, le président nomme et défait le gouvernement, oriente la politique nationale, concentre l’essentiel des leviers de décision. Les révisions constitutionnelles successives ne feront qu’accentuer cette domination – jusqu’à consacrer, en 1975, Bourguiba président à vie – avant de permettre, sous Zine el-Abidine Ben Ali, la consolidation d’un régime pleinement autoritaire.

La révolution de 2011 ouvre une rupture réelle. Les constituants de 2014 ne se contentent pas de chasser un homme : ils tentent de corriger l’architecture même qui avait permis des décennies de pouvoir personnalisé. Pour la première fois depuis l’indépendance, la logique des contre-pouvoirs devient un principe fondateur des institutions tunisiennes, avec un partage des rôles entre président, chef du gouvernement et Parlement.

De la parenthèse démocratique au retour du chef

Cette parenthèse démocratique demeure toutefois fragile. Rivalités institutionnelles, instabilité gouvernementale, fragmentation partisane, crise économique : les tensions s’accumulent et nourrissent une désillusion croissante.

Dans l’opinion publique, les lenteurs propres au débat démocratique sont lues comme les preuves d’un État impuissant. Face à cette fatigue, l’idée d’un président aux pouvoirs élargis regagne du terrain – portée par la nostalgie diffuse d’un commandement fort et par la conviction, ancrée depuis 1959, qu’un seul homme peut trouver les solutions là où les institutions échouent.

La Constitution imposée par Kaïs Saïed en 2022 consacre le retour d’une présidence dominante. Le Parlement et le gouvernement sont relégués au second plan ; le pays renoue avec la logique verticale de 1959.

Le texte soumis au référendum n’est d’ailleurs pas celui remis par la commission consultative que Kaïs Saïed avait lui-même chargée d’élaborer. Son président, le juriste Sadok Belaïd, s’en est publiquement désolidarisé, estimant qu’il ouvrait la voie à une dictature. Rappelons que ce référendum n’a mobilisé que 30,5 % des électeurs inscrits.

Plus qu’une rupture, cette confiscation du pouvoir présentée comme une réforme est un retour en arrière – celui d’un État organisé autour d’un chef, et non autour d’un équilibre des pouvoirs et des institutions.

Au-delà des textes, c’est toute une culture politique que façonne le présidentialisme. Un président élu au suffrage universel direct et détenteur de l’essentiel du pouvoir exécutif dispose d’un blanc-seing sans équivalent. Il cesse de représenter seulement l’État : il finit par incarner, aux yeux d’une partie de la population, la nation elle-même – une conception que les démocraties modernes ont abandonnée depuis longtemps.

Cette concentration de légitimité transforme le rapport des citoyens à la politique. Les campagnes électorales cessent de porter sur des projets de société pour se cristalliser autour de personnalités. Chaque crise – économique, sociale, institutionnelle – ravive l’espoir de voir surgir un dirigeant capable de tout résoudre par sa seule volonté. Plus les citoyens attendent tout du président, plus il paraît indispensable ; plus il paraît indispensable, plus les autres institutions perdent en crédit. Le Parlement devient un obstacle, les partis des facteurs de division, les corps intermédiaires des freins à l’action publique.

Sortir du piège : penser au-delà de l’homme providentiel

Bourguiba, Ben Ali, Saïed : trois hommes, trois époques, mais une seule architecture institutionnelle, celle qui fait de la présidence l’unique lieu d’exercice réel du pouvoir. Les hommes changent ; le mécanisme, lui, demeure. C’est là tout le piège : chercher à corriger le système en changeant seulement d’homme, c’est se condamner à répéter indéfiniment la même crise.

Rompre durablement avec ce cycle suppose d’interroger la source même d’une légitimité qui, conférée par le suffrage universel direct à une seule personne, écrase par construction toutes les autres institutions. La Constitution de 2014, malgré ses failles, reste à ce jour l’alternative la plus aboutie que la Tunisie ait connue.

Une évolution vers un véritable régime parlementaire mérite d’être sérieusement posée sur la table : un président élu par le Parlement, cantonné à des fonctions d’arbitrage, de représentation et de garantie constitutionnelle ; un gouvernement issu de la majorité parlementaire, responsable devant les représentants de la nation ; des compétences clairement réparties, chaque institution comptable de ses décisions devant les autres.

Ce ne serait pas une solution miracle. Mais l’expérience tunisienne, comme tant d’autres, le confirme : la concentration du pouvoir ne produit pas une stabilité durable, elle produit une dépendance récurrente à des figures providentielles, tôt ou tard tentées par l’abus de pouvoir et condamnées à décevoir, et elle profite, presque immanquablement, à un petit cercle de proches qui prospère à l’ombre du pouvoir et de ses abus.

L’efficacité d’un État ne se mesure pas à la puissance d’un seul homme, mais à la clarté des responsabilités et à la capacité des institutions à coopérer tout en se contrôlant mutuellement.

Le véritable défi des prochaines réformes n’est pas de trouver un meilleur président. C’est de bâtir des institutions suffisamment solides pour que la Tunisie n’ait plus jamais besoin d’un «sauveur».

 * Docteur en politiques publiques.

L’article Tunisie | Le piège du présidentialisme est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | La croissance n’obéit pas aux décrets !

25. Juli 2026 um 07:41

L’idée directrice serait simple : entre 2014-2019, la Tunisie souffrait d’instabilité gouvernementale mais conservait une certaine ouverture économique ; entre 2020 et 2026, elle a gagné un centre unique de décision politique mais perdu plusieurs moteurs de croissance. Le paradoxe est là : davantage de pouvoir exécutif n’a pas produit davantage de performance économique. (Photo: Réunion de Kaïs Saïed avec plusieurs ministres et hauts cadres de l’Etat, le 22 juillet 2026, consacrée aux coupures d’électricité et d’eau et aux incendies de forêts).

Moktar Lamari *

Le verdict des chiffres est plus sévère que celui des opposants. Durant les années précédant l’arrivée de Kaïs Saïed, la croissance demeurait faible, autour de 2 % en moyenne, mais l’économie restait insérée dans les circuits internationaux, négociait avec le Fonds monétaire international (FMI), attirait encore des investissements directs étrangers et bénéficiait d’une relative prévisibilité institutionnelle.

Depuis 2020, la pandémie explique une partie du choc initial, mais elle n’explique pas la persistance d’une croissance molle, d’un investissement privé atone, d’un chômage structurel élevé, d’une dette publique proche de 85 % du PIB et d’un financement croissant de l’État par la Banque centrale.

Le rapport de l’Economist Intelligence Unit (EIU) décrit une économie enfermée dans un cercle où déficits budgétaires, faibles investissements, chômage élevé et accès limité aux financements extérieurs se renforcent mutuellement. 

Pouvoir verticalisée, économie horizontalement figée

Le paradoxe est presque ironique. Le pouvoir s’est verticalisé ; l’économie, elle, s’est horizontalement figée. Les gouvernements de la période 2014-2019 tombaient rapidement, mais les investisseurs savaient encore où se trouvait le ministère des Finances. Depuis 2021, les gouvernements durent davantage que les certitudes économiques. La concentration des décisions n’a pas réduit l’incertitude ; elle l’a déplacée vers une seule variable : la volonté présidentielle.

L’inflation est certes redescendue autour de 5 %, mais cette amélioration repose autant sur les prix administrés, les contrôles des changes, le ralentissement de la demande et la compression des importations que sur une restauration profonde des équilibres macroéconomiques. L’EIU souligne d’ailleurs que les tensions inflationnistes demeurent sous-jacentes et pourraient réapparaître avec la monétisation des déficits publics. 

Même constat pour le déficit extérieur. Son amélioration récente constitue moins une victoire de compétitivité qu’une conséquence des restrictions sur les importations, du rebond du tourisme et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Les recettes touristiques et les remises des migrants compensent progressivement ce que l’économie productive peine à créer. Une économie qui importe moins faute de devises n’est pas nécessairement une économie qui produit davantage.

Une confiance internationale affaiblie

Le dinar, lui aussi, semble plus stable. Mais cette stabilité ressemble davantage à une perfusion qu’à une guérison. Contrôle du marché des changes, rationnement implicite des devises et intervention administrative remplacent progressivement les mécanismes d’ajustement habituels. L’EIU estime d’ailleurs que cette stabilité reste fragile tant que les réserves extérieures dépendent d’un financement extérieur limité et d’une confiance internationale affaiblie. 

Le coût le plus lourd apparaît sans doute ailleurs : dans l’investissement. Le ratio investissement/PIB demeure inférieur aux besoins de l’économie tunisienne, tandis que les investissements directs étrangers restent modestes au regard des standards historiques.

Plus inquiétant encore, l’émigration des diplômés est devenue une véritable variable d’ajustement du marché du travail. Lorsque les capitaux hésitent à entrer et que les ingénieurs choisissent de sortir, l’économie exporte progressivement ce qu’elle produit de plus coûteux : son capital humain. L’EIU souligne explicitement que les diplômés quittent de plus en plus le pays faute de perspectives. 

Incertitude sur la trajectoire macroéconomique

À cela s’ajoute un changement plus profond encore : la relation avec les institutions internationales. Depuis 2021, la Tunisie n’a plus tenu de consultation au titre de l’article IV du FMI. Le rapport souligne que cette absence prive investisseurs et créanciers d’une évaluation indépendante de la soutenabilité de la dette et nourrit l’incertitude sur la trajectoire macroéconomique. Refuser le thermomètre n’a jamais fait disparaître la fièvre. 

Le plus frappant reste finalement le contraste entre le discours et les résultats. La lutte contre les «lobbies» devait libérer l’économie ; elle a surtout accru l’attentisme. La souveraineté économique devait réduire la dépendance extérieure ; elle a renforcé la dépendance au financement domestique de la Banque centrale. La centralisation politique devait accélérer les décisions ; elle a surtout concentré les risques.

L’histoire économique retiendra peut-être moins la Constitution de 2022 que cette étrange expérience macroéconomique : remplacer la confiance des marchés par la confiance dans l’autorité, substituer l’investissement par l’administration, et espérer que la croissance finisse par obéir aux décrets. Les lois peuvent modifier l’architecture d’un régime ; elles ne modifient pas les équations de la croissance. À la fin, les investisseurs, les ménages et les entreprises votent eux aussi. Non avec des bulletins, mais avec leurs capitaux, leurs projets et, de plus en plus souvent, leurs billets d’avion.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur. E4T.

L’article Tunisie | La croissance n’obéit pas aux décrets ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Fête de la République : grâce présidentielle au profit de 2.439 détenus

Von: tmps
23. Juli 2026 um 18:16

Le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé, jeudi, une grâce présidentielle à 2 439 détenus, à l’occasion du 69e anniversaire de la Fête de la République.

Le chef de l’Etat a, en outre, donné ses instructions en vue d’accorder la libération conditionnelle à 490 autres détenus, indique la présidence de la République dans un communiqué.

L’article Fête de la République : grâce présidentielle au profit de 2.439 détenus est apparu en premier sur Le Temps News.

Tunisie | Grâce présidentielle en faveur de 2439 détenus

23. Juli 2026 um 21:34

Le chef de l’État Kaïs Saïed a accordé, ce jeudi 23 juillet 2026, une grâce présidentielle en faveur de 2439 détenus, à l’occasion du 69e anniversaire de la proclamation de la République.

C’est ce qu’annonce la présidence de la République dans un communiqué, en précisant que 490 détenus supplémentaires bénéficient d’une libération conditionnelle.

Pour rappel, cette grâce présidentielle a conduit à la libération de l’ancien député Ayachi Zammel et l’ancien président de la Fédération tunisienne de football, Wadie Jary.

Y. N.

L’article Tunisie | Grâce présidentielle en faveur de 2439 détenus est apparu en premier sur Kapitalis.

Grâce présidentielle : Wadi Jary et Ayachi Zammel parmi les détenus libérés

23. Juli 2026 um 18:33

À l’occasion du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République, le président de la République Kaïs Saïed a accordé, ce jeudi 23 juillet 2026, une grâce présidentielle spéciale à 2439 détenus. Selon des informations rapportées par Mosaïque FM, cette mesure concerne notamment Wadi Jary, ancien président de la Fédération tunisienne de football, et Ayachi Zammel, ancien candidat à l’élection présidentielle. Le chef de l’État a également ordonné la libération conditionnelle de 490 autres prisonniers, portant le total des bénéficiaires à 2929 détenus.

Wadi Jary et Ayachi Zammel sur la liste des graciés

D’après des sources bien informées citées par Mosaïque FM, les noms de Wadi Jary et Ayachi Zammel, figures médiatiques et politiques de premier plan, figureraient parmi les détenus ayant bénéficié de la grâce présidentielle annoncée à l’occasion de la fête de la République.

Avant cette mesure de clémence, Wadi Jary purgeait une peine définitive de trois ans de prison. La Cour d’appel avait confirmé sa condamnation dans une affaire liée à un contrat conclu entre la Fédération tunisienne de football et un directeur technique, tout en ramenant la peine initiale de quatre ans à trois ans.

Lire aussi : La peine de Wadii Jary réduite à trois ans de prison

De son côté, Ayachi Zammel faisait l’objet de plusieurs procédures judiciaires liées aux parrainages de l’élection présidentielle de 2024. Après les décisions d’appel et de cassation, la peine définitive restant à exécuter était de quatre ans de prison.

Une vaste mesure de clémence à l’occasion du 25 Juillet

La présidence de la République a précisé que la grâce présidentielle spéciale a bénéficié à 2439 détenus. En parallèle, 490 autres prisonniers bénéficieront d’une libération conditionnelle sur instruction du président Kaïs Saïed.

Lire aussi : Réduction de peine pour Ayachi Zammel

Ces décisions s’inscrivent dans le cadre des mesures de clémence traditionnellement annoncées lors des grandes célébrations nationales, en particulier à l’occasion de la fête de la République.

Lire aussi :

L’article Grâce présidentielle : Wadi Jary et Ayachi Zammel parmi les détenus libérés est apparu en premier sur webdo.

Kaïs Saïed accorde une grâce présidentielle à 2439 détenus et libère 490 autres

23. Juli 2026 um 18:07

À l’occasion du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République, le président de la République, Kaïs Saïed, a décidé, ce jeudi 23 juillet 2026, d’accorder une grâce présidentielle spéciale à 2439 détenus. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des traditionnelles grâces accordées lors des grandes célébrations nationales. Le chef de l’État a également ordonné la libération conditionnelle de 490 autres prisonniers.

Une grâce spéciale à l’occasion de la fête de la République

La présidence de la République a annoncé que Kaïs Saïed a signé, ce 23 juillet, un décret de grâce présidentielle spéciale bénéficiant à 2439 détenus à l’occasion de la célébration du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République tunisienne.

Cette mesure vise à permettre à un important nombre de personnes condamnées de retrouver la liberté dans le cadre des prérogatives constitutionnelles du président de la République.

490 détenus supplémentaires en liberté conditionnelle

Outre cette grâce présidentielle, le chef de l’État a donné des instructions pour que 490 détenus supplémentaires bénéficient d’une libération conditionnelle, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Au total, 2929 détenus profiteront ainsi des mesures décidées à l’occasion de cette fête nationale, entre grâce présidentielle et mise en liberté conditionnelle.

Lire aussi :

L’article Kaïs Saïed accorde une grâce présidentielle à 2439 détenus et libère 490 autres est apparu en premier sur webdo.

Saïed : l’État ne tolérera ni les coupures ni les incendies criminels

Von: tmps
23. Juli 2026 um 09:52

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, mercredi, 22 juillet, au palais de Carthage, une réunion sur les coupures prolongées d’eau, d’électricité et les incendies

Y ont été présents, les ministres de l’intérieur, de l’équipement chargé de l’industrie et de l’énergie, de l’agriculture, les PDG de la STEG et de la SONEDE, et le directeur général de la protection civile, selon un communiqué de la présidence de la République.

D’emblée, le chef de l’État a affirmé qu’il suit de près, à toute heure, la situation dans l’ensemble du pays, soulignant que les coupures d’eau et d’électricité, conjuguées aux incendies, constituent des « phénomènes hors normes ». Il a averti que l’État ne restera pas « les bras croisés » face à quiconque cherche à nuire aux citoyens et à attiser les tensions.

Sur les coupures prolongées, le président Saïed a été catégorique. Des interruptions dépassant vingt-quatre heures dans plusieurs régions sont « inacceptables ».

Il exige d’y mettre fin immédiatement, imposant deux règles non négociables : informer les citoyens à l’avance et choisir des horaires adaptés si des coupures restent inévitables.

Lors de cette réunion, Le chef de l’État a également rendu hommage aux unités de la protection civile pour leurs interventions rapides et efficaces dans la lutte contre les incendies, menées en coordination avec les structures militaires, sécuritaires et administratives compétentes.

Il a salué le dévouement sans limite dont tous ont fait preuve, animés par le sens du devoir national.

Le président de la République a conclu en réaffirmant que le peuple tunisien, fort de sa conscience, résistera à toute tentative de déstabilisation, quelle qu’en soit la source.

L’article Saïed : l’État ne tolérera ni les coupures ni les incendies criminels est apparu en premier sur Le Temps News.

Kaïs Saïed : « L’État ne restera pas les bras croisés » face aux coupures et aux incendies

23. Juli 2026 um 08:56

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé mardi 22 juillet, au palais de Carthage, une réunion consacrée à la situation des services publics essentiels, en présence de plusieurs membres du gouvernement et des responsables de la STEG, de la Sonede et de la Protection civile. Il a appelé à mettre un terme aux longues coupures d’eau et d’électricité, tout en dénonçant des « phénomènes inhabituels » liés aux interruptions de service et aux incendies.

La réunion a rassemblé le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, le ministre de l’Équipement, de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, le président-directeur général de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), Abdelhamid Menja, ainsi que le directeur général de l’Office national de la protection civile, le colonel Mohamed Rached Souissi.

En ouverture de la réunion, le chef de l’État a affirmé suivre « de près, tout au long de la journée », l’évolution de la situation dans l’ensemble du pays. Il a estimé que les coupures d’eau et d’électricité, ainsi que les incendies enregistrés ces derniers jours, constituent des « phénomènes inhabituels ». Il a assuré que l’État « ne restera pas les bras croisés » face à ceux qui chercheraient, selon lui, à porter préjudice aux citoyens et à attiser les tensions.

Kaïs Saïed est également revenu sur les interruptions des services d’eau et d’électricité ayant dépassé, dans plusieurs régions, les vingt-quatre heures. Une situation qu’il a jugée inacceptable, appelant à y mettre fin immédiatement. Il a, en outre, insisté sur la nécessité d’informer les citoyens à l’avance de toute interruption programmée et de choisir des horaires appropriés lorsque des coupures s’avèrent inévitables.

Le président de la République a, par ailleurs, salué les efforts des unités de la Protection civile, mobilisées en coordination avec les différentes structures militaires, sécuritaires et administratives pour lutter contre les incendies. Il a mis en avant la rapidité et l’efficacité des interventions ayant permis de contenir la propagation des feux, tout en rendant hommage à « l’engagement sans limite » des équipes mobilisées.

En conclusion, Kaïs Saïed a réaffirmé sa confiance dans « la conscience profonde du peuple tunisien », estimant que toutes les tentatives visant à déstabiliser le pays ou à nuire aux citoyens « se briseront » face à cette mobilisation, quelles qu’en soient l’origine ou l’ampleur.

L’article Kaïs Saïed : « L’État ne restera pas les bras croisés » face aux coupures et aux incendies est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Plan de développement 2026-2030 : souveraineté économique, restructuration de la dette et défis de la mise en œuvre

Von: tmps
23. Juli 2026 um 08:27

Par Mondher AFI

 Dans les économies en transition, la planification constitue un instrument essentiel de gouvernance. Elle permet de fixer les priorités nationales, de coordonner l’action des institutions et d’orienter les ressources vers les objectifs de développement. Toutefois, la portée d’un plan de développement dépend de plusieurs facteurs : la disponibilité des financements, la capacité administrative, la qualité de la gouvernance et l’efficacité des mécanismes de suivi et d’évaluation.

Le Président de la République, Kaïs Saïed, a réuni, le 20 juillet au palais de Carthage, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri.

Cette réunion a été consacrée à l’examen de la loi récemment promulguée portant approbation du Plan de développement 2026-2030, appelé à constituer le principal cadre stratégique de l’action publique au cours des cinq prochaines années. Les échanges ont porté sur les conditions de mise en œuvre du plan ainsi que sur les principaux défis économiques et financiers qui l’accompagnent.

La question de la dette publique a constitué l’un des principaux thèmes abordés lors de la réunion présidée par le président de la République, Kaïs Saïed. Les échanges ont porté sur l’évolution de l’endettement au cours des dernières décennies ainsi que sur son impact dans le financement des politiques publiques et du développement économique.

Selon les éléments présentés au cours de la réunion, une partie des emprunts contractés n’aurait pas produit les effets économiques et sociaux escomptés. Cette lecture distingue le volume des ressources mobilisées des résultats effectivement obtenus en matière d’investissement, d’amélioration des infrastructures ou de développement des services publics. Elle renvoie plus largement à la question de l’efficacité de l’utilisation de l’endettement comme instrument de financement de l’action publique.

Dans le même temps, il a été rappelé que la Tunisie a continué à honorer ses engagements financiers en assurant le remboursement des échéances prévues. Cette précision met en évidence deux dimensions distinctes de la politique d’endettement : d’une part, le respect des obligations contractuelles de l’État vis-à-vis de ses créanciers, d’autre part, l’évaluation de la contribution réelle des emprunts aux objectifs de développement.

Les discussions ont également porté sur l’hypothèse d’une réorientation d’une partie de la dette vers des investissements consacrés à la réhabilitation des infrastructures publiques. Cette orientation s’inscrit dans une réflexion portant sur les modalités de financement du développement et sur les instruments susceptibles d’accroître la capacité d’investissement de l’État tout en limitant les contraintes liées au poids de la dette.

Sur le plan économique, une telle démarche implique toutefois plusieurs conditions. Elle suppose l’existence de mécanismes financiers adaptés, un cadre juridique compatible avec les engagements en vigueur ainsi que, selon les situations, des négociations avec les partenaires et les créanciers concernés. Sa faisabilité dépend également des marges budgétaires disponibles, des conditions des marchés financiers et des dispositifs institutionnels permettant d’assurer le suivi des investissements financés.

Au-delà de l’orientation annoncée, la mise en œuvre d’un tel mécanisme soulève des questions relatives à la sélection des projets prioritaires, à l’évaluation de leur rentabilité économique et sociale, aux modalités de gouvernance ainsi qu’aux procédures de contrôle et de transparence. Ces éléments sont généralement considérés comme des facteurs déterminants pour apprécier la capacité d’une politique de réorientation de la dette à produire des effets durables sur le développement économique et la qualité des services publics.

 

Les conditions institutionnelles de la mise en œuvre

L’adoption d’un plan de développement constitue une première étape dans la conduite de l’action publique. Sa traduction en résultats concrets dépend toutefois de la capacité des institutions à transformer les orientations stratégiques en programmes opérationnels, dotés d’objectifs clairement définis, de ressources identifiées et d’un calendrier d’exécution réaliste.

Dans cette perspective, la réussite d’un plan national ne repose pas uniquement sur la définition des priorités. Elle suppose également l’existence d’une gouvernance fondée sur la planification, l’anticipation et l’évaluation. Les expériences internationales montrent que les stratégies de développement les plus performantes s’appuient sur une articulation permanente entre la décision politique, la programmation administrative, la gestion budgétaire et le suivi des résultats.

La mise en œuvre implique également une répartition explicite des responsabilités entre les différentes institutions de l’État. Cette clarification favorise la cohérence de l’action publique, limite les chevauchements de compétences et facilite la coordination des interventions à chaque étape du cycle des politiques publiques, depuis la conception des projets jusqu’à leur évaluation.

Par ailleurs, la réalisation des objectifs annoncés dépend de plusieurs facteurs complémentaires : la disponibilité des ressources financières, la qualité des capacités administratives, la simplification des procédures, la maîtrise des délais d’exécution et la continuité de l’action publique malgré les contraintes conjoncturelles. À ces éléments s’ajoute la nécessité de disposer de mécanismes réguliers de suivi, d’indicateurs de performance et d’évaluations périodiques permettant de mesurer les écarts entre les objectifs fixés et les résultats effectivement obtenus.

Dans cette approche, la gouvernance ne se réduit pas à une coordination entre institutions. Elle renvoie à un mode de gestion fondé sur la responsabilité, la transparence, l’allocation efficiente des ressources, la capacité d’adaptation aux évolutions économiques et l’amélioration continue des politiques publiques. C’est généralement l’articulation de ces différents facteurs qui détermine, à moyen et à long terme, la capacité d’un plan de développement à produire des effets durables sur la croissance, les infrastructures et les services publics.

Une stratégie inscrite dans la durée

Les orientations retenues pour la période 2026-2030 s’inscrivent dans une démarche de planification à moyen et à long terme, visant à donner une plus grande cohérence à l’action publique. Au-delà de la définition d’objectifs stratégiques, cette approche repose sur la transformation des priorités nationales en programmes opérationnels, accompagnés de mécanismes de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation.

Dans cette perspective, la portée d’un plan de développement ne se mesure pas uniquement à l’ambition des orientations qu’il énonce, mais à sa capacité à produire des résultats observables sur les plans économique, social et territorial. L’efficacité de la planification dépend ainsi de la traduction des projets programmés en réalisations concrètes, susceptibles de générer des effets durables sur la croissance, l’emploi, les infrastructures, les services publics et les conditions de vie de la population.

Le cadre retenu repose également sur une logique de programmation progressive. Les objectifs définis pour l’horizon 2030 sont appelés à être déclinés en étapes successives, permettant d’ajuster les interventions publiques en fonction de l’évolution de la conjoncture économique, des capacités de financement, des contraintes budgétaires et des résultats effectivement obtenus au cours de l’exécution du plan. Cette démarche traduit une conception dynamique de la planification, fondée sur l’adaptation plutôt que sur la rigidité.

Par ailleurs, la conception du plan accorde une place importante à l’identification des besoins exprimés à l’échelle des territoires afin d’intégrer les réalités locales dans la programmation nationale. Une telle approche vise à renforcer la cohérence entre les priorités nationales et les attentes des différentes régions, tout en recherchant une répartition plus équilibrée des investissements publics.

Les objectifs annoncés couvrent plusieurs dimensions complémentaires du développement. Ils portent notamment sur le renforcement du rythme de croissance, l’amélioration du niveau de revenu, la réduction des disparités sociales, la consolidation des équilibres des finances publiques, le développement des ressources propres de l’État, l’amélioration de la performance des institutions publiques, l’accélération de la transformation numérique ainsi que l’intégration progressive de l’activité économique informelle dans les circuits formels.

D’un point de vue analytique, cette approche correspond aux principes contemporains de la planification stratégique, selon lesquels la réussite d’un plan national repose moins sur l’énoncé des objectifs que sur la capacité des institutions à assurer leur exécution, à mesurer périodiquement les résultats obtenus et à adapter les politiques publiques aux évolutions du contexte économique et social.

Enjeux de mise en œuvre et points de vigilance

L’ambition affichée par le Plan de développement 2026-2030 dépasse la seule définition d’orientations stratégiques. Son principal défi réside dans sa capacité à transformer les ressources mobilisées et les projets programmés en réalisations concrètes produisant des effets mesurables sur la croissance, l’emploi, les infrastructures et la qualité des services publics. Dans cette perspective, la question centrale n’est pas uniquement celle du financement, mais celle de l’exécution des politiques publiques.

L’expérience des politiques de développement montre qu’un nombre important de projets publics connaissent des retards, des révisions ou des coûts supplémentaires en raison d’obstacles administratifs, techniques, fonciers ou procéduraux. Ces difficultés réduisent l’efficacité de l’investissement public et retardent les bénéfices attendus pour les populations. Dès lors, la réussite du nouveau plan dépendra moins de l’ampleur des engagements annoncés que de la capacité des institutions à maîtriser l’ensemble du cycle des projets, depuis leur préparation jusqu’à leur achèvement.

Dans cette logique, l’amélioration de la gouvernance des projets constitue un enjeu majeur. La programmation doit être précédée d’études de faisabilité suffisamment approfondies afin d’identifier, avant le lancement des travaux, les contraintes juridiques, financières, techniques, environnementales et foncières susceptibles d’affecter leur exécution. Une planification fondée sur l’anticipation permet généralement de réduire les interruptions de chantier, de limiter les dépassements de coûts et de mieux respecter les délais initialement prévus.

La qualité du pilotage dépend également de la mise en place d’outils permanents de suivi. Les pratiques contemporaines de gestion publique privilégient des dispositifs numériques capables de centraliser les données relatives à l’avancement physique et financier des projets, d’identifier précocement les facteurs de blocage et de fournir des indicateurs permettant une intervention rapide avant que les retards ne deviennent structurels. Cette approche favorise une gestion davantage orientée vers les résultats que vers le seul respect des procédures administratives.

L’efficacité du Plan de développement dépendra largement de la capacité à transformer les ressources financières en réalisations concrètes. Cela suppose une réforme des mécanismes de la commande publique fondée sur la rapidité, la transparence et l’évaluation rigoureuse des capacités des entreprises chargées des projets. Les financements disponibles ne garantissent pas, à eux seuls, la réussite d’une stratégie de développement, ils doivent être accompagnés d’une gouvernance efficace, d’un suivi permanent et d’une évaluation des résultats. Au final, la pertinence du plan sera mesurée par ses effets réels sur les territoires : amélioration des infrastructures, qualité des services publics, réduction des disparités régionales, soutien à l’investissement et création d’emplois. Sa crédibilité dépendra donc de sa traduction effective dans le quotidien des citoyens.

 

 

L’article Plan de développement 2026-2030 : souveraineté économique, restructuration de la dette et défis de la mise en œuvre est apparu en premier sur Le Temps News.

Tunisie | Le double abandon de la démocratie

23. Juli 2026 um 07:22

L’échec de la transition démocratique tunisienne n’est pas seulement celle d’un peuple épuisé par des institutions incapables de nourrir ses espérances. C’est aussi le fruit de son abandon systémique par les démocraties occidentales, dont le cynisme du calcul migratoire le dispute au confort d’un fatalisme culturel. (Photo : Thomas Ruud, Kais Saied, Ursula von der Leyen et Giorgia Meloni à Carthage en juin 2023).

Ali Guidara *

Il y a cinq ans, le 25 juillet 2021, lorsque le président Kaïs Saïed suspendait le Parlement, limogeait le chef du gouvernement et s’octroyait les pleins pouvoirs, la Tunisie n’a pas basculé dans la consternation. Elle a poussé un soupir de soulagement.

À l’époque, un sondage Emrhod Consulting créditait ces mesures d’un soutien massif de 87 % des Tunisiens. Ce chiffre, aujourd’hui relégué aux oubliettes de l’histoire récente, rappelle une vérité inconfortable : l’expérience démocratique amorcée en 2011 s’est d’abord effondrée de l’intérieur. Ce désamour initial ne s’est pas construit dans le vide ; il fut le produit d’une décennie d’instabilité gouvernementale, d’une corruption perçue comme endémique et des théâtres d’ombres d’un Parlement fragmenté où la posture partisane éclipsait l’urgence publique. Sur ce terreau d’une économie exsangue, la promesse démocratique a fini par s’assimiler à l’impuissance.

Un record mondial d’abstention

Le provisoire est devenu permanent. Justifié à l’origine par l’article 80 de la Constitution de 2014, le régime d’exception s’est mué en un système pérenne, en dépit d’une érosion spectaculaire de l’adhésion populaire. Le référendum constitutionnel de juillet 2022 n’a mobilisé que 27 % des inscrits ; les législatives suivantes, à peine 11 % – un record mondial d’abstention.

C’est ici que le regard bifurque vers les partenaires occidentaux de Tunis. Comment cet effritement manifeste de la légitimité populaire a-t-il pu s’accompagner d’une telle absence de position claire et ferme de leur part ? L’argument de l’ignorance ne tient pas. La révocation arbitraire de 57 magistrats en juin 2022 et l’avènement d’une Constitution hyper-présidentielle privant le législatif de sa substance ont été documentés en temps réel par les chancelleries. Ce qui a manqué à l’Occident n’est pas l’information, mais la volonté politique : les capitales européennes et Washington ont préféré s’en tenir à de rituelles expressions d’«inquiétude» diplomatique, se gardant bien d’activer le moindre levier concret – ni conditionnalité de l’aide, ni suspension de coopération.

Les derniers contre-pouvoirs tunisiens – syndicats et journalistes – ont été abandonnés à leur sort.

Alibi de l’essentialisme et réalité économique

Ce renoncement occidental s’enracine en réalité dans un préjugé tenace, presque confortable : l’idée reçue selon laquelle le monde arabe serait intrinsèquement incompatible avec le pluralisme. Pour beaucoup de décideurs à Paris, Bruxelles ou Washington, l’échec de la transition tunisienne n’a pas été perçu comme un drame à éviter, mais comme la confirmation d’une fatalité culturelle. Ce biais essentialiste a servi d’alibi parfait : si la démocratie ne peut pas s’implanter durablement dans la région, à quoi bon la défendre à bout de bras ?

Affranchi des verrous institutionnels, le pouvoir s’est pourtant heurté à la dure réalité des chiffres. Prisonnière depuis une décennie des remèdes standardisés du FMI, la Tunisie a vu son pouvoir d’achat s’effondrer. Mais lorsqu’un accord de 1,9 milliard de dollars s’est profilé en octobre 2022, Kaïs Saïed a préféré le rejeter, fustigeant les «diktats» de l’étranger. Ce refus, s’il a flatté le nationalisme d’une partie de l’opinion, a scellé le décrochage économique du pays. En érigeant la souveraineté rhétorique en absolu, le pouvoir a troqué la soutenabilité financière contre une légitimité de posture.

Cette dynamique a trouvé par ailleurs un écho favorable auprès des autocraties régionales – Égypte, Arabie saoudite, Émirats arabes unis –, ravies de voir expirer le dernier laboratoire issu du Printemps arabe. Certes, les pétrodollars promis à Tunis ne sont jamais venus, le Golfe exigeant le blanc-seing financier du FMI que Saïed refusait. Mais qu’importe : pour ces régimes, la «stabilité» d’un pouvoir fort, même impécunieux, restera toujours préférable à la contagion d’une transition démocratique réussie.

Le prisme de Lampedusa

L’Union européenne (UE), de son côté, a fini par capituler devant ses propres obsessions électorales. Aveuglée par la question migratoire, Bruxelles a cessé de voir en Tunis un phare démocratique pour n’y chercher qu’un garde-côte. Le mémorandum d’accord du 16 juillet 2023, parrainé par Ursula von der Leyen, Giorgia Meloni et Mark Rutte, a acté ce grand marchandage. Peu importaient les déclarations de Kaïs Saïed qui, quelques mois plus tôt, reprenait la rhétorique complotiste du «grand remplacement» envers les migrants subsahariens. Malgré le tollé et la condamnation d’une commission de l’Onu, l’Europe a choisi de signer.

Ce choix est une profession de foi cynique : il consacre la préférence pour un exécutif concentré plutôt que pour des institutions pluralistes, la prime au résultat immédiat plutôt qu’au processus de droit.

Pourtant, l’histoire tunisienne moderne porte en elle un avertissement gravé en 2011 : les régimes prétendument garants de la stabilité sur l’autel de la liberté sont des colosses aux pieds d’argile. Un pouvoir sans contrepoids s’effondre souvent sous le poids de ses propres contradictions. Et sa chute, dans un paysage politique méthodiquement désertifié, n’ouvrirait pas la voie à une transition ordonnée, mais à un saut dans l’inconnu – une onde de choc qui ébranlerait toute la région et traverserait inévitablement la Méditerranée.

La tragédie tunisienne n’est pas seulement celle d’un peuple épuisé par des institutions incapables de nourrir ses espérances. C’est aussi le fruit d’un abandon systémique, où le cynisme d’un calcul migratoire le dispute au confort d’un fatalisme culturel.

En cautionnant ce renoncement, les démocraties occidentales ont acté leur propre faillite morale : l’effondrement durable de leur crédibilité sur l’universalité des droits.

* Docteur en politiques publiques.

L’article Tunisie | Le double abandon de la démocratie est apparu en premier sur Kapitalis.

Coupures de plus de 24 heures : Kaïs Saïed convoque la STEG, la SONEDE et plusieurs ministres

23. Juli 2026 um 06:00

Quelques jours après avoir dénoncé les coupures répétées d’eau et d’électricité, le président de la République a réuni mercredi les dirigeants de la STEG, de la SONEDE et plusieurs ministres. Selon le communiqué de la Présidence, Kaïs Saïed a évoqué des interruptions ayant dépassé 24 heures dans plusieurs régions et a demandé d’y mettre fin immédiatement, tout en exigeant une meilleure information des citoyens.

Une réunion de crise autour des coupures et des incendies

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé mercredi après-midi, au palais de Carthage, une réunion consacrée aux perturbations des réseaux d’eau et d’électricité ainsi qu’aux incendies enregistrés ces derniers jours dans plusieurs régions du pays.

Y ont participé le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, le président-directeur général de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), Abdelhamid Menja, ainsi que le directeur général de l’Office national de la protection civile, le colonel Mohamed Rached Souissi.

Le chef de l’État a indiqué suivre « de près, tout au long de la journée et de la nuit », la situation dans l’ensemble des régions du pays.

Lire aussi: Après une semaine de coupures d’eau et d’électricité, Kaïs Saïed réclame des comptes

Kaïs Saïed : « L’État ne restera pas les bras croisés »

Selon le communiqué publié par la Présidence de la République, Kaïs Saïed a estimé que les coupures d’eau, les interruptions d’électricité ainsi que les incendies constituaient des « phénomènes anormaux ». Il a ajouté que « l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à faire subir des préjudices aux citoyens et à attiser les tensions », sans toutefois désigner de responsables ni apporter d’éléments sur l’origine de ces dysfonctionnements.

Le communiqué précise également que le chef de l’État a évoqué des coupures d’eau et d’électricité ayant dépassé 24 heures dans plusieurs régions. Jugeant cette situation inacceptable, il a demandé qu’elle prenne fin immédiatement.

Kaïs Saïed a, en outre, insisté sur la nécessité d’informer les citoyens à l’avance lorsqu’une interruption est inévitable et de choisir des horaires les moins pénalisants possible si des coupures doivent être programmées.

Ces déclarations interviennent alors que de nombreux Tunisiens ont dénoncé ces derniers jours des interruptions prolongées des services d’eau et d’électricité, parfois bien supérieures aux durées annoncées dans les communiqués des opérateurs.

Une nouvelle étape dans la gestion de la crise

Cette réunion intervient quelques jours après une première intervention du chef de l’État consacrée aux perturbations des réseaux d’eau et d’électricité.

Depuis la mi-juillet, la Tunisie est confrontée à une succession de délestages électriques liés à une demande record provoquée par les fortes chaleurs, tandis que la SONEDE a lié plusieurs perturbations de l’eau aux coupures d’électricité affectant ses installations. La référence présidentielle à des interruptions dépassant 24 heures intervient alors que la STEG expliquait jusqu’ici que les délestages relevaient d’un dispositif de coupures tournantes destiné à préserver la stabilité du réseau électrique.

Cette réunion traduit une implication plus directe de la présidence dans le suivi de la crise. En réunissant autour d’une même table les ministres concernés, les dirigeants de la STEG et de la SONEDE ainsi que les responsables de l’Office national de la protection civile, Kaïs Saïed cherche à renforcer la coordination de l’action publique face à une situation qui affecte le quotidien de nombreux Tunisiens.

Le président de la République a enfin salué les interventions des unités de la Protection civile, mobilisées ces derniers jours pour maîtriser plusieurs incendies et limiter leur propagation.

Lire aussi:

L’article Coupures de plus de 24 heures : Kaïs Saïed convoque la STEG, la SONEDE et plusieurs ministres est apparu en premier sur webdo.

Bien communiquer… ou périr

22. Juli 2026 um 12:52

Pendant plus d’une semaine, notre pays a vécu, une tension inédite, provoquée par un tsunami de fake-news, certainement dirigées par des plateformes situées à l’étranger, tournant autour de la santé du Président de la République. Elles ont donné lieu aux rumeurs les plus folles, allant jusqu’à prétendre qu’il y avait une vacance du pouvoir.

Les gens avertis et surtout les professionnels des médias tunisiens, ont dès le déclenchement de la vague d’intox, compris, qu’il s’agissait d’une campagne d’intox, visant à déstabiliser le pouvoir politique. Sauf que du côté des instances officielles, on a gardé un silence absolu. Même les porte-paroles auto-proclamés se sont subitement tus, rompant avec leurs bavardages quotidiens sur les chaînes tv et radios. Ce qui a eu pour conséquence de considérer ce silence comme une preuve de la crédibilité des informations qui circulaient. Était-ce une nouvelle stratégie de communication du côté du gouvernement, qui consisterait à laisser monter la tension politico-médiatique, avant qu’une apparition, même furtive, du président de la République ne vienne mettre fin à toutes ces rumeurs insensées et tournerait en ridicule l’adversaire invisible ?

Certaines voix dans l’opposition ont crié au piège même pour décrédibiliser l’opposition. Ou alors une faute de communication institutionnelle, dont on ne connait pas le responsable du côté du gouvernement ?

 

Aucune explication convaincante n’est venue répondre à cette question. Et ce, d’autant plus que ni la présidence ni le premier ministère n’ont de porte-parole officiel, ce qui est un choix politique. On ne peut donc que se perdre en conjectures, face à cette situation.

 

Aucune explication convaincante n’est venue répondre à cette question. Et ce, d’autant plus que ni la présidence ni le premier ministère n’ont de porte-parole officiel, ce qui est un choix politique. On ne peut donc que se perdre en conjectures, face à cette situation.

« Intoxiquez, intoxiquez … Il en restera toujours quelque chose ! »

La formule est de Goebbels, chef de la propagande nazie, à propos du mensonge. Formule, qu’on peut utiliser pour décrire la guerre d’intox actuellement en cours, utilisée particulièrement par l’opposition islamiste et qui consiste, à fabriquer un gros mensonge et se livrer à un vrai matraquage de l’opinion, via des réseaux sociaux, pour le faire passer pour une vérité absolue.

Cette fois-ci, bien que des dirigeants nahdhaouis établis à l’étranger se soient saisis de « cette aubaine » pour mener leur campagne contre le pouvoir et particulièrement contre le président de la République, l’intox a été fabriquée en Italie, un pays voisin, par une obscure officine. Celle-ci a commencé tout d’un coup à s’intéresser à notre sort, nous pauvres citoyens tunisiens. Elle propose même des candidats à la succession à la tête de l’Etat. C’est tellement invraisemblable, mais c’est pourtant vrai.

Les choses auraient pu en rester là, car qui en Italie ou ailleurs croirait à cette feuille de choux ? Sauf que cette information en quelques minutes devint virale, et circula à une vitesse incroyable, reprise systématiquement, par des pseudo-politiciens, pseudo-journalistes, et s’imposa comme vérité absolue, alors qu’il ne s’agit que d’une pure intox.

 

Si l’on a atteint ce stade, c’est parce que le système de communication du gouvernement est totalement dépassé et est devenu inadéquat. A tel point qu’un pur mensonge, qu’on aurait pu tuer dans l’œuf, est devenu une réalité politique.

 

A notre avis, si l’on a atteint ce stade, c’est parce que le système de communication du gouvernement est totalement dépassé et est devenu inadéquat. A tel point qu’un pur mensonge, qu’on aurait pu tuer dans l’œuf, est devenu une réalité politique.

On a eu déjà affaire au même genre d’intox, à propos d’un pseudo accord militaire avec notre voisin de l’Ouest. Intox qui avait valu une sortie médiatique du Président de la République de ce pays, car c’étaient de suspectes pages Facebook qui avaient été à l’origine et que certains médias français mal intentionnés avaient repris. Cela sentait à plein nez une manipulation de services, pour nuire aux relations entre nos deux pays. A Tunis on y a opposé le silence des institutions officielles concernées. Comme cette fois-ci.

L’absence de communication sur la santé du président de la République n’est pas, à notre avis, la cause principale. Car durant de décennies, pour les différents présidents de la République tunisienne, la non communication sur la santé physique ou mentale du premier magistrat, était toujours la règle. Rappelons-nous la maladie de Bourguiba et son long séjour en Suisse au début des années soixante-dix, que le secret a longtemps enveloppé ! Même qu’un grand psychiatre suisse, qui avait écrit un célèbre bouquin, appelé « Ces malades qui nous gouvernent », avait cité Bourguiba comme patient, qu’il avait classé dans la catégorie des « maniaco-dépressifs ». L’on ne sait toujours rien à ce propos.

Rappelons aussi le cancer de la prostate de Zine Al-Abidine Ben Ali, qui a été un sujet tabou, à tel point qu’un ministre et une ambassadrice avaient été limogés pour avoir laissé passer des fuites ! Rappelons-nous le cas de Béji Caïd Essebsi et son hospitalisation à l’hôpital militaire, qui avait provoqué une tentative de putsch, conduit par Ennahda et Y. El Chahed, avant que la situation ne soit retournée par la vigilance de Mohammed El Naceur, alors président de l’assemblée nationale. Le cas Moncef Marzougui, lui-même qui avait caché son hospitalisation pour des raisons de santé mentale, lorsqu’il était dans l’opposition, à l’époque de Ben Ali. Bref, la maladie des hommes politiques a toujours été un tabou, comme celle d’un dirigeant d’un parti atteint d’Alzheimer, nommé ministre, et même successeur provisoire du premier ministre, alors que tout le monde savait qu’il était gravement atteint.

 

Bref, la maladie des hommes politiques a toujours été un tabou, comme celle d’un dirigeant d’un parti atteint d’Alzheimer, nommé ministre, et même successeur provisoire du premier ministre, alors que tout le monde savait qu’il était gravement atteint.

 

Ce qui pousse à dire que la maladie d’un homme politique en Tunisie est un sujet tellement tabou, qu’on finit par ne jamais y croire. Sauf que cette fois-ci on ne s’est pas contenté d’évoquer la maladie, mais on a fabriqué un scénario virtuel, validé par un chiffon rital, derrière lequel se cache une nébuleuse para-mafieuse, et qui a réussi son coup de déstabiliser l’establishment politique tunisien. Avant que l’apparition du Président de la République lors d’une visite « surprise » au siège de la SONEDE, ne mette fin à ce lugubre présage.

Mais malgré tout, les effets pervers des opérations d’intox de cette ampleur, ne se révèlent que longtemps après. Car pour l’intox, il en restera toujours quelque chose, exactement comme pour un empoisonnement.

L’opposition islamiste décrédibilisée

En surfant sur les réseaux sociaux, on peut s’apercevoir que les pages et autres médias liés aux islamistes d’Ennahdha, se sont livrés à corps perdus dans la bataille médiatique. Car ils auraient fini vraisemblablement par prendre cette intox, délivrée par l’officine italienne, pour une information confirmée. Ce qui en dit long sur la qualité de leurs dirigeants, notamment en exil, où le fantasme de voir se reproduire un second 14 janvier, est devenu une obsession absolue. Ils se sont jetés donc à corps perdu dans cette bataille virtuelle, croyant leur heure arrivée. Cela ne semble pas le cas des autres oppositions notamment destourienne, qui ne confondent pas discours politique et discours d’intox.

 

Il en découle que les islamistes d’Ennahdha semblent avoir reçu une baffe monumentale, lorsque Kaïes Saïed, en chair et en os, a déambulé du côté de la Manouba et de Kalaat el Andalous. Une douche froide semble avoir noyé les supporters de l’islamisme.

 

Il en découle que les islamistes d’Ennahdha semblent avoir reçu une baffe monumentale, lorsque Kaïes Saïed, en chair et en os, a déambulé du côté de la Manouba et de Kalaat el Andalous. Une douche froide semble avoir noyé les supporters de l’islamisme.

Ainsi la guerre médiatique menée à force d’intox s’est retournée contre ses auteurs. L’épisode de la prison de Messadine qui serait partie en fumée, tuant les prisonniers et qui a fait plutôt des dégâts du côté des familles des détenus, n’est qu’une tentative de provoquer l’anarchie, comme au 14 Janvier 2011. La réaction des autorités a été plus sévère, puisque des dizaines d’internautes ont, selon certaines sources, été interpelés et risquent de lourdes peines.

Cet épisode de la guerre politico-médiatique entre le pouvoir et ses détracteurs s’est déroulé sur fond d’une autre crise plus sérieuse, celle du « délestage » électrique de la STEG. Toutes les régions, villes, villages, quartiers, tous les citoyens, riches ou pauvres, vieux ou jeunes, hommes ou femmes ont subit démocratiquement et dans un sens égalitaire, les conséquences parfois très graves, des coupures de courant. Plusieurs facteurs expliquent cette incapacité de la société nationale à assurer la sécurité énergétique. Et ce, à un moment où les grands changements climatiques ont provoqué une élévation exceptionnelle de la température.

 

La Tunisie a mal d’abord dans sa communication institutionnelle ! Depuis toujours ! Commençons par là avant de disserter sur la liberté d’expression. Car un Etat qui communique mal est un Etat qui ne pourra plus jamais gérer les grands moments de crise.

 

Cette fois, cette situation qu’on peut qualifier de catastrophe naturelle, a aussi fait l’objet de manipulations politico-médiatiques visant à prouver l’incapacité du gouvernement à gérer une situation que tout le monde prévoyait. Tout le monde veut la tête du PDG et des responsables, comme si couper des têtes peut résoudre le problème. Mais n’avons-nous pas tous besoin de bouc émissaire ?

Encore une fois l’absence d’une vraie communication professionnelle dans cette entreprise qui était le fleuron de notre industrie, est patent. Cela ne fait que confirmer que le problème numéro un de l’Etat tunisien est son incapacité à communiquer et sa tendance à la rétention de l’information comme première règle qui régit tous les échelons de la bureaucratie.

La Tunisie a mal d’abord dans sa communication institutionnelle ! Depuis toujours ! Commençons par là avant de disserter sur la liberté d’expression. Car un Etat qui communique mal est un Etat qui ne pourra plus jamais gérer les grands moments de crise.

L’article Bien communiquer… ou périr est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État 

Von: tmps
22. Juli 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Le 18 juillet 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu au complexe hydraulique de Ghedir El Golla, relevant de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), avant de poursuivre sa visite dans la région de Qantara Bizerte, au sein de la délégation de Kalaat El Andalous. Cette visite s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des enjeux liés à la sécurité hydrique, à la préservation des infrastructures stratégiques et à la gestion durable des ressources naturelles.

Au-delà de sa portée institutionnelle, elle met en lumière les défis structurels auxquels la Tunisie demeure confrontée en matière de mobilisation, de sécurisation et de gouvernance de l’eau, de protection du patrimoine hydraulique national et de modernisation des équipements indispensables à la continuité du service public. Elle renvoie également aux impératifs de résilience face aux effets du changement climatique, à l’accroissement des pressions sur les ressources disponibles et à la nécessité d’une planification intégrée conciliant sécurité hydrique, développement territorial et souveraineté nationale.

L’eau ne constitue plus uniquement une ressource naturelle indispensable à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Elle est devenue un déterminant majeur de la souveraineté des États, de la sécurité nationale, de la compétitivité économique, de la cohésion territoriale et de la stabilité sociale. Dans un contexte international marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la croissance démographique, l’urbanisation accélérée et l’augmentation continue des besoins agricoles, industriels et énergétiques, la maîtrise des ressources hydriques s’impose désormais comme une composante essentielle des politiques publiques et de la planification stratégique. La capacité d’un État à sécuriser durablement ses ressources en eau conditionne de plus en plus son autonomie de décision, sa résilience face aux crises et la pérennité de son modèle de développement.

Pour les pays soumis à un stress hydrique structurel, la gestion de l’eau ne peut plus être réduite à une succession de mesures destinées à répondre aux situations de pénurie. Elle suppose une gouvernance anticipative fondée sur une vision de long terme intégrant les dimensions environnementales, économiques, sociales, technologiques et institutionnelles. Cette approche implique une meilleure connaissance des ressources disponibles, une planification rigoureuse des investissements, une modernisation permanente des infrastructures, une rationalisation des usages, une diversification des sources d’approvisionnement ainsi qu’une mobilisation des innovations scientifiques permettant d’améliorer l’efficacité de la gestion hydraulique.

En Tunisie, les tensions observées depuis plusieurs années autour de la disponibilité de l’eau dépassent largement les seules conséquences des épisodes de sécheresse ou de l’élévation des températures. Si la diminution des précipitations, la succession des années déficitaires, l’augmentation de l’évaporation et l’irrégularité croissante des régimes pluviométriques exercent une pression réelle sur les ressources disponibles, ces facteurs naturels ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté.

 

L’eau, un enjeu stratégique

De nombreux travaux soulignent que la crise actuelle résulte également de facteurs structurels accumulés sur plusieurs décennies. Les choix d’aménagement du territoire, l’orientation de certaines politiques agricoles vers des productions fortement consommatrices d’eau, l’exploitation croissante des nappes souterraines, le vieillissement des réseaux de transport et de distribution, les pertes importantes enregistrées au sein des infrastructures hydrauliques, les retards dans les opérations de maintenance, l’envasement progressif de plusieurs barrages ainsi que l’insuffisance des investissements consacrés aux nouvelles technologies de mobilisation et de valorisation des ressources non conventionnelles ont progressivement réduit les marges de sécurité hydraulique du pays.

À ces contraintes s’ajoutent des défis institutionnels liés à la fragmentation des responsabilités, à la complexité des mécanismes de coordination entre les différents acteurs publics, à la faiblesse des systèmes de suivi et d’évaluation ainsi qu’à l’absence d’une gouvernance intégrée permettant d’articuler efficacement les politiques de l’eau, de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. Dans ces conditions, la gestion de l’eau tend à s’inscrire davantage dans une logique de réaction face aux urgences que dans une stratégie fondée sur l’anticipation, la prévention et la résilience.

Les interruptions récurrentes de l’approvisionnement, les difficultés rencontrées dans plusieurs régions ainsi que les tensions croissantes entre les différents usages de l’eau ne constituent donc pas uniquement des dysfonctionnements techniques ou des conséquences conjoncturelles des aléas climatiques. Elles révèlent les limites d’un modèle de gouvernance confronté à des transformations profondes de son environnement naturel, économique et démographique. La crise hydrique apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre plus global entre les ressources disponibles, les modes de consommation, les capacités d’investissement et les mécanismes de pilotage des politiques publiques.

Dans cette perspective, la question de l’eau dépasse désormais le champ des infrastructures hydrauliques pour devenir un enjeu transversal de politique publique. Elle engage simultanément la sécurité alimentaire, la santé publique, le développement industriel, la protection des écosystèmes, la justice territoriale et la souveraineté nationale. La réponse à ces défis ne repose pas uniquement sur l’accroissement des capacités de stockage ou la réalisation de nouveaux ouvrages, mais sur la construction d’un modèle de gouvernance capable d’intégrer les impératifs de durabilité, d’efficacité économique, d’équité sociale et de résilience climatique dans une vision stratégique cohérente et de long terme.

 

La gouvernance des infrastructures : entre responsabilité et coordination

La visite des installations de Ghedir El Golla met en évidence une question essentielle : la qualité d’une infrastructure dépend autant de sa conception que de son mode de gouvernance.

Les réseaux hydrauliques reposent sur une coordination permanente entre les différents niveaux de décision, les opérateurs techniques, les collectivités territoriales et les autorités publiques. Toute défaillance dans cette chaîne peut produire des conséquences importantes sur la continuité du service public.

Au milieu de cette visite, le Président Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents intervenants et sur la responsabilité des responsables en cas de manquements constatés. Cette position renvoie à un principe classique de la gouvernance publique : l’efficacité d’une politique dépend autant de la qualité des décisions que de leur mise en œuvre effective.

La visite du chantier de protection contre les inondations de l’oued Medjerda met en évidence que les politiques de l’eau ne peuvent être envisagées sous le seul angle de la gestion des pénuries. Les transformations climatiques se traduisent par une alternance plus marquée entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux de forte intensité, exposant les territoires à des risques hydrologiques de plus en plus complexes. Dans ce contexte, les ouvrages hydrauliques doivent être intégrés dans une stratégie globale associant prévention des inondations, amélioration des capacités de stockage, recharge des nappes phréatiques, valorisation des eaux pluviales et protection des espaces vulnérables. Cette approche repose sur une planification territoriale capable d’articuler adaptation climatique, gestion des risques et développement durable.

La restauration du pont historique de Qantara Bizerte, édifié en 1608, s’inscrit dans une problématique complémentaire liée à la préservation du patrimoine. Les monuments historiques ne constituent pas uniquement des témoins du passé, ils représentent des ressources culturelles, sociales et économiques contribuant à l’identité des territoires, à leur attractivité et à leur développement. Leur conservation exige une politique publique fondée sur l’entretien régulier, l’expertise scientifique, la protection juridique et la coordination entre les institutions nationales et les collectivités territoriales, afin d’assurer la transmission de ce patrimoine tout en l’intégrant aux dynamiques contemporaines de développement local.

 

Vers une nouvelle culture de la gouvernance publique

Les tensions récurrentes observées autour de l’accès à l’eau mettent en évidence le caractère multidimensionnel de la question hydraulique. Elles montrent que les difficultés rencontrées ne peuvent être interprétées comme la simple conséquence d’insuffisances techniques ou de contraintes climatiques conjoncturelles. La raréfaction progressive des ressources disponibles, l’évolution des besoins des différents secteurs économiques, les disparités territoriales dans l’accès aux services publics ainsi que les effets du changement climatique confèrent à la gestion de l’eau une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre de l’ingénierie hydraulique.

Dans cette perspective, les défis actuels invitent à une réflexion plus globale sur les mécanismes de gouvernance, les modes de planification et les capacités institutionnelles mobilisés dans la gestion des ressources naturelles. La question ne se limite plus à accroître les capacités de stockage ou à renforcer les réseaux de distribution, elle renvoie également à la nécessité de développer des dispositifs de pilotage capables d’articuler les politiques de l’eau avec celles de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. L’efficacité des réponses publiques dépend en grande partie de cette capacité à dépasser les approches sectorielles au profit d’une vision intégrée prenant en compte les interactions complexes entre les différentes dimensions du développement.

Les mobilisations citoyennes liées aux difficultés d’accès à l’eau révèlent des attentes qui dépassent la seule continuité du service public. Elles mettent en lumière les enjeux d’équité territoriale, de qualité de la gouvernance et de confiance institutionnelle.

L’évolution de la situation hydraulique en Tunisie dépendra moins de la mise en œuvre de réponses ponctuelles aux épisodes de pénurie que de la capacité des politiques publiques à s’inscrire dans une approche stratégique, intégrée et prospective. Une telle orientation suppose d’articuler l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration de l’efficience des réseaux de distribution, la rationalisation des usages agricoles, le développement des ressources en eau non conventionnelles, le recours aux innovations technologiques ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle.

Dans cette perspective, l’enjeu dépasse la seule gestion opérationnelle des crises hydriques. Il concerne la capacité des institutions à anticiper les évolutions environnementales, démographiques, économiques et territoriales susceptibles de modifier durablement l’équilibre entre l’offre et la demande en eau. Cette anticipation implique le développement d’outils de planification, de systèmes d’information fiables, d’une évaluation régulière des politiques publiques et d’une gouvernance fondée sur la coordination entre les différents secteurs concernés.

À mesure que les ressources hydriques deviennent plus limitées et que leur répartition fait l’objet de tensions croissantes, la gestion de l’eau tend à s’imposer comme une question transversale mobilisant des enjeux de sécurité alimentaire, de développement économique, d’aménagement du territoire, de protection des écosystèmes et de cohésion sociale. Dans ce contexte, les choix relatifs à la politique de l’eau ne relèvent pas uniquement de considérations techniques ou administratives, ils constituent un domaine stratégique dont les orientations influencent, à moyen et à long terme, les trajectoires de développement et les capacités de résilience de l’État face aux transformations climatiques et environnementales.



L’article Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État  est apparu en premier sur Le Temps News.

Accord UE-Tunisie : bilan plus que mitigé après trois ans de mise en place

21. Juli 2026 um 10:26
Le partenariat entre l’Union européenne et la Tunisie vient de fêter ses trois ans. Près d’une cinquantaine d’organisations dénoncent des violations des droits des migrants et des réfugiés. En bref Le partenariat stratégique UE-Tunisie fête ses trois ans dans un…

L’article Accord UE-Tunisie : bilan plus que mitigé après trois ans de mise en place est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

Kaïs Saïed : la Tunisie a honoré ses engagements malgré une dette « sans bénéfice pour le peuple »

21. Juli 2026 um 08:55

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, lundi 20 juillet 2026 au palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fathi Zouhair Nouri.

Selon un communiqué de la présidence de la République, la réunion a porté sur la loi promulguée relative à l’approbation du Plan de développement 2026-2030. Au cours de cette réunion, Kaïs Saïed a évoqué la question de la dette, déclarant que « les dettes se sont accumulées sans que le peuple tunisien n’en bénéficie ». Le chef de l’État a également affirmé que « la Tunisie a honoré tous ses engagements et n’a accusé aucun retard dans le remboursement de ses obligations ».

Dans ce contexte, Kaïs Saïed a appelé à redoubler d’efforts afin de transformer ces dettes en investissements destinés à reconstruire les services publics, « tels que le souhaite le peuple tunisien », selon les termes du communiqué.

Le président de la République a, par ailleurs, déclaré que « la vie des États et des nations connaît des moments où les peuples sont au rendez-vous de l’Histoire pour faire l’Histoire comme ils le souhaitent ». Tout en ajoutant qu’« il n’y a pas de place, à ce moment, pour les mains tremblantes, les cœurs hésitants ou la pensée aliénée », conclut le communiqué de la présidence.

L’article Kaïs Saïed : la Tunisie a honoré ses engagements malgré une dette « sans bénéfice pour le peuple » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Plan de développement 2026-2030 : Kaïs Saïed réunit l’équipe économique de l’État

Von: tmps
21. Juli 2026 um 07:52

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est réuni, lundi, au palais de Carthage, avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri.

Au cours de cette réunion, le chef de l’État a examiné la loi récemment promulguée portant approbation du Plan de développement 2026-2030, selon un communiqué publié par la Présidence de la République.

Kaïs Saïed a également évoqué la question de la dette, estimant que celle-ci « s’est accumulée sans que le peuple tunisien n’en ait bénéficié », soulignant que la Tunisie avait honoré l’ensemble de ses engagements et n’avait enregistré aucun retard dans le remboursement de ses échéances.

Dans ce contexte, le chef de l’État a insisté sur l’impératif de redoubler d’efforts afin de convertir le poids de la dette en levier d’investissement destiné à reconstruire les services publics, conformément à la volonté du peuple tunisien, dont les attentes devraient être prises en compte.

Le chef de l’État a, en outre, souligné que « l’histoire des États et des nations connaît des séquences déterminantes où les peuples sont appelés à façonner leur destin selon leurs propres choix », estimant que « pareils moments ne sauraient tolérer ni mains tremblantes, ni cœurs défaillants ni pensée aliénée ».

L’article Plan de développement 2026-2030 : Kaïs Saïed réunit l’équipe économique de l’État est apparu en premier sur Le Temps News.

« Les dettes n’ont pas profité au peuple » : Kaïs Saïed veut les convertir en investissements

21. Juli 2026 um 06:59

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, ce dimanche 20 juillet 2026 au palais de Carthage, une réunion consacrée aux grandes orientations économiques du pays et à la mise en œuvre du Plan de développement 2026-2030, récemment adopté.

Ont pris part à cette réunion la cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fathi Zouhair Nouri.

Plan de développement pour la période 2026-2030

Au cœur des discussions figurait le plan de développement pour la période 2026-2030, dont la loi de ratification a été promulguée. Ce document constitue la feuille de route économique et sociale que le gouvernement devra mettre en œuvre au cours des cinq prochaines années.

Le chef de l’État est également revenu sur la question de l’endettement de la Tunisie. Il a estimé que les dettes accumulées au fil des années n’ont pas bénéficié au peuple tunisien, tout en rappelant que le pays a toujours honoré ses engagements financiers et n’a jamais manqué au remboursement de ses échéances.

Lire aussi : La Tunisie mise sur la conversion de la dette en investissements

Dans ce contexte, Kaïs Saïed a appelé à intensifier les efforts afin de convertir une partie de cette dette en investissements destinés à financer la reconstruction des infrastructures et des services publics. Selon lui, cette approche doit permettre de répondre aux attentes des citoyens et d’améliorer les équipements publics.

La Tunisie traverse une période décisive de son histoire

En conclusion de la réunion, le président de la République a affirmé que la Tunisie traverse une période décisive de son histoire, appelant à une mobilisation sans faille des institutions. Il a estimé que le pays ne pouvait se permettre ni hésitation ni faiblesse au moment où il entend engager la mise en œuvre de son nouveau plan de développement.

L’article « Les dettes n’ont pas profité au peuple » : Kaïs Saïed veut les convertir en investissements est apparu en premier sur webdo.

Tunisie | Le silence du président, un instrument politique

20. Juli 2026 um 08:04

En politique, l’absence n’est jamais neutre. Mais la réapparition ne l’est pas davantage. Lorsque le président de la république choisit de mettre fin à plusieurs jours d’absence médiatique en visitant personnellement la station de pompage de Ghedir El Golla, rattachée à la Sonede, aux environs de Tunisie, il envoie un message aussi calculé que l’avait été son silence. La séquence mérite d’être lue dans son intégralité — pas seulement dans sa conclusion.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Depuis quelques jours, trois phénomènes se télescopaient dans l’espace public tunisien : des interrogations persistantes sur l’absence médiatique du chef de l’État ; une aggravation des dysfonctionnements des services publics essentiels — notamment l’eau et l’électricité ; et une multiplication des mises en garde officielles contre les «rumeurs», les «fausses informations» et les «tentatives de déstabilisation».

Pris isolément, chacun de ces événements possédait sa propre logique. Mis bout à bout, ils dessinaient une séquence politique qui appelait à être interrogée. La réapparition présidentielle en constitue le quatrième acte — et sans doute le plus instructif.

Plus le silence officiel s’installait, plus les réseaux sociaux se mettaient à parler. Et plus les réseaux sociaux parlaient, plus la réponse sécuritaire semblait prendre le dessus sur la réponse politique et communicationnelle.

Car le vide informationnel ne reste jamais vide bien longtemps. Il est systématiquement occupé par les interprétations, les spéculations et les rumeurs. C’est une constante des systèmes politiques, quels qu’ils soient.

Ce qui s’est passé en Tunisie ces derniers jours en est une illustration parfaite — et la réapparition présidentielle n’efface pas rétrospectivement les questions que cette séquence a posées. Elle les complète.

Trois hypothèses, désormais une lecture possible

Pendant le silence, plusieurs lectures étaient envisageables : un simple concours de circonstances ; une communication minimale choisie dans une période sensible ; une stratégie délibérée consistant à laisser monter l’attente avant une reprise en main du récit public.

La visite de la station de Ghedir El Golla (Sonede) fait pencher la balance vers la troisième hypothèse. Le président ne réapparaît pas dans un cadre protocolaire ordinaire : il réapparaît là où la colère sociale était la plus vive, là où les attentes citoyennes étaient les plus immédiates. C’est une réapparition de terrain, une réapparition de proximité, une réapparition qui dit : «Je suis là où le problème est.»

Que ce choix soit délibéré ou circonstanciel, il produit objectivement les effets d’une stratégie de communication — celle du retour visible sur un sujet concret, après un silence qui avait laissé le champ libre aux spéculations.

Pendant l’absence présidentielle, le débat public s’était progressivement déplacé : de la question des services publics vers celle de la déstabilisation du pays ; de la colère sociale vers la lutte contre les fausses nouvelles. Ce déplacement n’était pas nécessairement délibéré — mais il produisait objectivement les effets d’une recomposition de l’agenda politique.

La réapparition présidentielle opère un nouveau déplacement : elle recentre l’attention sur l’eau, sur la Sonede, sur l’infrastructure — et replace le président dans le rôle de l’homme qui agit, qui inspecte, qui interpelle.

C’est habile. Mais une démocratie mature ne devrait pas avoir besoin de cette chorégraphie. Elle devrait disposer de mécanismes de communication institutionnelle suffisamment solides pour que l’absence d’un chef d’État pendant quelques jours ne génère pas une crise informationnelle de cette ampleur.

La vraie leçon de cette séquence

Ce que cette semaine a révélé n’est pas tant l’état de santé du président que l’état de santé de la communication publique tunisienne. Une communication institutionnelle robuste aurait permis d’informer les citoyens sans alimenter les spéculations. Une transparence ordinaire sur l’agenda présidentiel aurait rendu les rumeurs inopérantes. Celles-ci prospèrent rarement sur l’excès d’information — elles prospèrent presque toujours sur son absence. Et elles s’arrêtent non pas quand le président réapparaît – puisque même après sa réapparition, certains ont continué à douter de l’authenticité de la séquence –, mais quand les institutions fonctionnent de façon suffisamment transparente pour rendre la réapparition banale plutôt que spectaculaire.

Le problème n’est donc pas tant ce que disaient les réseaux sociaux que ce qu’ils sont venus remplacer : la parole publique régulière et prévisible de l’État.

La réapparition du président clôt momentanément la séquence médiatique. Elle ne clôt pas la question analytique qu’elle a soulevée : le silence présidentiel était-il subi ou instrumentalisé ?

La réponse importe moins, finalement, que la leçon à en tirer. En démocratie, la communication du pouvoir ne consiste pas uniquement à parler ou à se taire. Elle consiste à rendre prévisible et transparent l’exercice de l’autorité — pour que ni le silence ni la réapparition ne deviennent des événements en eux-mêmes.

Le président est réapparu là où la colère était la plus forte. C’est une bonne décision de terrain. Mais la vraie question reste entière : comment éviter que la prochaine absence — quelle qu’en soit la raison — ne reproduise la même séquence ? 

La réponse n’est pas dans la communication de crise. Elle est dans les institutions.

* Ingénieur informaticien, cadre de banque.  

L’article Tunisie | Le silence du président, un instrument politique est apparu en premier sur Kapitalis.

❌