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ZOOM – 2010-2025 — L’écho des occasions manquées, entre Washington, Bruxelles… et Tunis

10. Januar 2026 um 12:10

Il est des décisions qui, loin des tribunes, changent la face du monde. Ainsi, la Réserve fédérale américaine (Fed), dans un geste à la fois audacieux et calculé, vient de rouvrir les vannes du quantitative easing. Quarante milliards de dollars par mois, créés ex nihilo, dissous dans les artères du marché américain comme un sérum vital destiné à empêcher la panne du cœur économique. La Fed n’écrit pas l’histoire, elle la fabrique à coups de milliards, assumant que la monnaie est un outil politique, un levier de puissance, et non un monument sacralisé par les orthodoxies.

Pendant ce temps, l’Europe tremble sur le quai de gare, pétrifiée à l’idée d’enfreindre ses dogmes. La Banque centrale européenne demeure immobile, prisonnière d’une interprétation théologique de ses statuts, comme si la monnaie devait être tenue à distance de la volonté humaine. L’abîme se creuse : à l’Ouest, des dirigeants qui acceptent que le financement de l’économie exige audace et responsabilité ; sur le Vieux Continent, des gouvernants qui voient encore dans la banque centrale un organisme suspect, dont la puissance doit être tenue en laisse.

Ce contraste transatlantique dit plus qu’une divergence technique : il révèle une différence de civilisation économique. Aux États-Unis, l’État et sa banque centrale avancent d’un même pas, convaincus que l’injection de liquidités n’est ni une trahison morale ni un risque existentiel; mais une manière d’assurer la continuité du pacte national. En Europe, l’idée même qu’une Banque centrale puisse soutenir la dépense publique provoque l’urticaire des élites politiques, figées entre une morale fiscale d’un autre âge et une compréhension étroite de la stabilité.

 

En Europe, l’idée même qu’une Banque centrale puisse soutenir la dépense publique provoque l’urticaire des élites politiques, figées entre une morale fiscale d’un autre âge et une compréhension étroite de la stabilité.

 

Vu de la Tunisie, ce débat semble se dérouler dans un autre monde. Pourtant, il nous concerne plus que jamais.

Depuis 2011, notre pays a traversé des crises successives, des gouvernements éphémères et des promesses de réformes continuellement reportées. Pendant que la Fed soutenait la croissance et maintenait l’activité, et que la BCE, malgré ses réticences, ouvrait graduellement la voie à des interventions inédites, notre Banque centrale a dû se battre sur une autre scène : celle de l’inflation importée, des déficits chroniques, du dinar assiégé et d’un système bancaire sous-capitalisé. Là où les grandes économies disposent de marges monétaires souveraines, la Tunisie, à peine sortie d’une décennie de bouleversements, se retrouve enfermée dans une logique défensive, le nez collé à la paroi du réel.

Les années 2010-2025 resteront sans doute comme celles des occasions manquées : ni relance concertée, ni vision stratégique; pas de réforme de la dépense publique et encore moins de refonte du financement de l’économie. Alors que d’autres injectaient des centaines de milliards pour soutenir l’entreprise, l’emploi et l’innovation, notre pays s’enfonçait dans l’austérité tacite, les arbitrages hésitants, le manque d’investissement public et l’émiettement budgétaire.

 

Les années 2010-2025 resteront sans doute comme celles des occasions manquées : ni relance concertée, ni vision stratégique; pas de réforme de la dépense publique et encore moins de refonte du financement de l’économie.

 

Nous observons l’Europe avec fascination, souvent avec envie, parfois avec agacement, mais nous semblons oublier que l’Union, malgré sa prudence excessive, mobilise des instruments dont nous ne disposons même pas. Notre débat national s’enlise dans des alternatives faussées : faut-il serrer le crédit pour préserver le dinar ou le relâcher pour sauver la croissance ? Faut-il réduire les dépenses au risque de casser la demande ou les soutenir en accroissant un déficit déjà insoutenable ?

Pendant que les économies matures s’autorisent à faire usage de leur système monétaire comme d’un bien collectif, nous, faute de vision, avons cédé à la fatalité. Notre dépendance externe nous prive de marges d’action. Mais cette dépendance n’est pas une fatalité. En effet, elle est la conséquence d’une décennie de gouvernance hésitante, de réformes abandonnées et d’une incapacité persistante à articuler politique budgétaire, monétaire et industrielle dans un récit cohérent.

 

Notre débat national s’enlise dans des alternatives faussées : faut-il serrer le crédit pour préserver le dinar ou le relâcher pour sauver la croissance ? Faut-il réduire les dépenses au risque de casser la demande ou les soutenir en accroissant un déficit déjà insoutenable ?

 

Le vrai drame tunisien n’est pas seulement l’absence d’argent, mais l’absence de volonté d’en créer au sens économique du terme : par l’investissement productif, l’innovation, la montée en gamme des secteurs exportateurs, la restructuration de l’État et la mise en confiance des citoyens et des marchés. La Fed agit parce que l’Amérique croit encore en son avenir. L’Europe hésite parce qu’elle doute d’elle-même. Et la Tunisie se fige parce qu’elle ne sait plus où elle va.

Le vrai drame tunisien n’est pas seulement l’absence d’argent, mais l’absence de volonté d’en créer au sens économique du terme : par l’investissement productif, l’innovation, la montée en gamme des secteurs exportateurs, la restructuration de l’État, et la mise en confiance des citoyens et des marchés.

 

Il est encore temps de reprendre la main. Mais le temps n’attendra pas. Dans un monde où les puissances se financent avec audace pour construire demain, rester immobile revient à choisir le déclin.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Après la capture humiliante de Maduro, Pyongyang montre les crocs

10. Januar 2026 um 11:00

Pour se prémunir du scénario d’un enlèvement à la Maduro, Kim Jong-un vient d’envoyer un message clair aux États-Unis en lançant des missiles balistiques ayant « touché les cibles à 1 000 kilomètres » dans la mer du Japon. Une indication corroborée par Tokyo.

 

A qui le tour ? Après l’enlèvement de Nicolás Maduro, un vent de panique souffle sur Téhéran, La Havane, Mexico ou encore Pyongyang – dont  Donald Trump caresse, semble-t-il, le rêve d’épingler le Lider Maximo à son tableau de chasse.

L’attaque comme meilleure défense

Or, si certaines capitales ont choisi de faire profil bas en attendant le passage de l’ouragan, le président nord-coréen, Kim Jong-un, quant à lui, est passé à l’offensive, étant convaincu que la meilleure défense est l’attaque : ainsi, il est même allé jusqu’à narguer la brutalité américaine en menant des nouveaux tirs de missiles. Officiellement pour mettre progressivement en place « une force de dissuasion nucléaire hautement développée ». Intimement, étant persuadé, à juste titre, que la survie de son régime ne tient qu’à son arsenal nucléaire.

« Même si la Corée du Nord est une cible plus difficile, son gouvernement pourrait subir le même sort. Les États-Unis ont déjà envisagé des frappes contre la Corée du Nord, et Kim le sait », a affirmé Ramón Pacheco Pardo, professeur de relations internationales au King’s College à Londres.

Et c’est dans cet état d’esprit que le dirigeant nord-coréen vient de superviser en personne un nouveau système d’armement « de pointe » utilisant des missiles hypersoniques testés pour la première fois en octobre. L’agence centrale de presse du pays, connue à l’étranger sous son sigle anglophone KCNA, n’a pas précisé combien de missiles avaient été tirés, indiquant néanmoins qu’ils avaient « touché les cibles à 1 000 kilomètres de là » dans la mer du Japon. Une indication corroborée par le Japon, qui a déclaré qu’au moins deux missiles avaient volé sur des distances d’environ 900 et 950 kilomètres.

« Le développement nucléaire et balistique de la Corée du Nord menace la paix et la stabilité de notre pays et de la communauté internationale, et est absolument intolérable », a réagi devant des journalistes le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi.

Pour leur part, les forces américaines pour l’Indo-Pacifique ont affirmé dans un communiqué que les tirs nord-coréens ne constituaient pas « une menace immédiate pour le personnel ou le territoire américain, ni pour (leurs) alliés ».

Cette manœuvre est justifiée par « la récente crise géopolitique et les événements internationaux complexes illustrent la raison pour laquelle c’est nécessaire », a déclaré Kim Jong-un en allusion claire à la capture, il y a une semaine, de Nicolás Maduro par les forces Delta lors d’une opération américaine. Ajoutant que des « avancées importantes avaient été réalisées récemment » pour préparer les forces nucléaires nord-coréennes « à une guerre réelle ».

Pyongyang montre ses muscles

Pyongyang cherche-t-il à dissuader les Etats-Unis de tout interventionnisme ? Toujours est-il que Kim Jong-un se montre très présent ces derniers jours sur le plan militaire. Il a notamment visité un chantier de sous-marins à propulsion nucléaire, ordonné d’augmenter la production de missiles et la construction d’usines, supervisé le test de deux missiles de croisière longue portée capables de voyager à plus de cinq fois la vitesse du son et pouvant manœuvrer en vol, ce qui les rend plus difficiles à suivre et à intercepter.

De même, le président nord-coréen s’était à nouveau rendu samedi 3 janvier dans une usine de matériel militaire, impliquée dans la fabrication d’armes tactiques guidées, a rapporté l’agence officielle KCNA. Le dirigeant a ordonné au site d’augmenter sa capacité de production actuelle de 250%, selon la même source.

Dissuasion autant politique que militaire

Rappelons à ce propos que depuis l’arrivée au pouvoir de Kim-Jong-un en 2011, la Corée du Nord affirme avoir développé plusieurs nouveaux modèles de missiles hypersoniques principalement des missiles balistiques équipés de planeurs capables de manœuvrer à très grande vitesse dont le Hwasong-15 qui serait capable d’atteindre tout le territoire américain.

Toutefois, assurent les experts militaires occidentaux, ces missiles affichent des portées limitées, insuffisantes pour atteindre l’Amérique du Nord, mais susceptibles de viser des bases américaines et alliées en Asie-Pacifique, notamment au Japon, en Corée du Sud ou sur l’île de Guam – un territoire américain stratégique dans le Pacifique.

En revanche, franchir la distance qui sépare la péninsule coréenne du continent américain supposerait la maîtrise complète d’un missile balistique intercontinental doté d’un véhicule hypersonique fiable ; une capacité que la Corée du Nord ne semble pas, pour le moment, posséder de manière opérationnelle.

Bref, pour ces mêmes experts, la menace est donc moins immédiate que progressive. Les programmes nord-coréens avancent par essais successifs, servant autant des objectifs militaires que politiques. S’ils ne permettent pas aujourd’hui de frapper directement les États-Unis, ils renforcent la capacité de dissuasion des Nord-coréens qui envoient ainsi un signal de plus aux Américains que, sur le terrain stratégique, il faut les prendre au sérieux.

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Tunisie – Soldes : et si on libérait les prix toute l’année ?

10. Januar 2026 um 05:30

Le ministère du Commerce et du Développement des exportations a annoncé que le coup d’envoi des soldes d’hiver sera donné le jeudi 29 janvier. Ils continueront sur 8 semaines.

 

Une question se pose cependant : pourquoi ne pas libéraliser les prix durant toute l’année ? Plusieurs boutiques le font sous la forme de « remise à la caisse » ou profitent des “Black Friday“ pour lancer des campagnes agressives durant quelques jours.

 

La raison d’être des périodes réglementées

Les soldes sont légalement encadrés et limités à des périodes précises, principalement pour réguler la concurrence et protéger les petits commerces. En empêchant une guerre des prix permanente, les autorités évitent que les grandes enseignes n’écrasent les acteurs plus modestes par des remises récurrentes.

 

Cette politique vise également à garantir une loyauté envers le consommateur en distinguant clairement les vraies périodes de déstockage des réductions marketing courantes. Cela permet aussi aux commerçants de gérer leurs stocks de façon cyclique et prévisible.

 

Impact d’une éventuelle libéralisation des prix

Si les prix devenaient libres toute l’année, les consommateurs pourraient effectivement bénéficier, en théorie, d’un coup de pouce immédiat sur leur pouvoir d’achat. La concurrence pourrait générer des promotions continues, offrant davantage de flexibilité pour acheter au bon moment sans attendre des dates officielles. Cela mettrait fin à l’attente semestrielle et rendrait les bonnes affaires potentiellement accessibles en permanence.

 

Cependant, cette libéralisation présenterait des risques à prendre en considération. Sans le cadre légal actuel, le prix de référence pourrait devenir fictif, les enseignes ajustant leurs tarifs initiaux à la hausse pour simuler des promotions permanentes, limitant ainsi le gain réel pour l’acheteur. Elle accélérerait aussi la concentration du marché au profit des grands acteurs capables de soutenir une guerre des prix constante, au détriment de la diversité commerciale. Une pression accrue sur toute la chaîne d’approvisionnement pourrait aussi en résulter, affectant à terme la qualité des produits ou les conditions de travail pour les fabricants locaux.

 

Il s’agit donc de faire le choix entre la liberté des prix et la stabilité régulée. Si l’assouplissement progressif de la loi, comme l’autorisation des promotions hors soldes, répond partiellement à l’envie de prix attractifs, une déréglementation totale pourrait brouiller les repères et avoir des effets indésirables à long terme. Une amélioration durable du pouvoir d’achat passerait plutôt par des mesures ciblées sur les revenus, la fiscalité et la transparence des marges, sans déstabiliser l’écosystème commercial dans son ensemble.

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Gestern — 09. Januar 2026Haupt-Feeds

LF 2026 en Tunisie et en Algérie : deux budgets, deux visions de l’État et de l’économie

09. Januar 2026 um 14:00

Les lois de finances 2026 de l’Algérie et de la Tunisie illustrent de manière frappante les trajectoires économiques divergentes des deux pays du Maghreb. Confrontés à des défis communs – pressions sociales, incertitudes géopolitiques, ralentissement mondial -, Alger et Tunis y répondent par des choix budgétaires profondément différents, révélateurs de leurs modèles économiques respectifs et de leurs marges de manœuvre financières.

Alors, nous avons fourni à ChatGPT les données essentielles des deux lois de finances pour l’exercice 2026 et nous lui avons demandé de faire une analyse comparée. Le rendu est on ne peut plus éloquent.

 

Tout d’abord, ce machin comme l’aurait appelé De Gaulle, qu’on le veuille ou pas “intelligent“, fait état d’“une différence d’échelle qui conditionne l’action publique“ dans les deux pays.

Ainsi, le premier élément de comparaison est sans équivoque : l’ampleur des budgets. Dans ce cadre, l’Algérie a adopté pour 2026 l’un des budgets les plus élevés de son histoire (17 636 milliards DA, ou 135 milliards de dollars américains), avec un niveau de dépenses publiques qui dépasse largement celui des exercices précédents. Cette capacité financière repose essentiellement sur les revenus des hydrocarbures, qui continuent d’offrir à l’État algérien un espace budgétaire significatif.

À l’inverse, la Tunisie évolue dans un cadre beaucoup plus contraint. Son budget de l’État, nettement inférieur en volume (79,6 milliards de dinars, soit environ 22,8 milliards de dollars américains) reflète une économie aux ressources limitées et fortement dépendante de la mobilisation fiscale. « Cette différence d’échelle n’est pas anodine : elle détermine la capacité de chaque État à investir, à soutenir la croissance ou à amortir les chocs sociaux », explique-t-on.

 

Lire aussi : Loi de finances 2026 : l’appel de Brahim Bouderbala à générer richesse, croissance et équité

Recettes publiques : rente énergétique contre effort fiscal

Les lois de finances 2026 des deux pays confirment l’opposition structurelle entre les deux modèles de financement public. En Algérie, malgré les discours récurrents sur la diversification économique, les hydrocarbures demeurent le pilier central des recettes budgétaires. Le budget repose implicitement sur des hypothèses de prix du pétrole et du gaz suffisamment favorables pour soutenir un niveau élevé de dépenses. Les recettes hors hydrocarbures progressent, mais restent insuffisantes pour modifier en profondeur la structure budgétaire du pays.

En Tunisie, l’absence de rente naturelle impose une autre logique. La fiscalité interne représente l’essentiel des ressources de l’État, avec une pression accrue sur les ménages et les entreprises. La loi de finances 2026 confirme cette tendance, au risque d’alourdir le coût de l’activité économique dans un contexte de croissance déjà fragile. D’où l’inquiétude notamment dans les milieux professionnels.

Dépenses : volontarisme algérien, rigidité tunisienne

Un autre point de différence se voit au niveau des dépenses, où les contrastes sont tout aussi marqués. En effet, l’Algérie maintient une “approche volontariste et expansionniste“. Les transferts sociaux, les subventions, les programmes de logement, les investissements publics et les dépenses de souveraineté occupent une place centrale. L’État continue d’assumer un rôle moteur dans l’économie, misant sur la dépense publique pour soutenir la demande interne et préserver la stabilité sociale.

Par contre, la Tunisie fait face à une forte rigidité de ses dépenses publiques. La masse salariale de la fonction publique, les dépenses sociales et le service de la dette absorbent une part importante du budget. L’investissement public reste limité, souvent relégué au second plan. La loi de finances 2026 apparaît ainsi davantage comme un exercice de gestion des contraintes que comme un véritable outil de transformation économique, a-t-on lu récemment dans un article chez nos confrères de L’Economiste Maghrébin.

Déficit et modes de financement : deux vulnérabilités distinctes

Les deux pays affichent des déficits budgétaires, mais leur nature diffère profondément. En Algérie, le déficit demeure élevé en valeur absolue, mais il reste relativement soutenable grâce à un endettement public modéré et à des financements majoritairement internes. Le principal risque est externe : une baisse durable des prix des hydrocarbures pourrait rapidement fragiliser l’équilibre budgétaire.

En Tunisie, le déficit est plus problématique au regard des capacités économiques du pays. Son financement repose sur une combinaison d’endettement intérieur, d’emprunts extérieurs et, fait notable, de recours au financement direct de la Banque centrale. Cette option, bien que présentée comme exceptionnelle, soulève des interrogations sur les risques inflationnistes et la soutenabilité macroéconomique à moyen terme.

Deux visions de l’État et de l’économie

Au-delà des chiffres, les lois de finances 2026 – tunisienne et algérienne – traduisent deux conceptions distinctes du rôle de l’État.

L’Algérie privilégie un “État-protecteur et investisseur, utilisant la dépense publique comme levier de stabilité sociale et de croissance. Ce choix permet de préserver la cohésion sociale, mais reporte à plus tard certaines réformes structurelles, notamment en matière de diversification productive et d’efficacité de la dépense.

La Tunisie s’inscrit dans une logique plus défensive, celle d’un État sous contrainte, cherchant à maintenir ses fonctions essentielles dans un contexte de ressources limitées. Cette loi de finances a également une forte teinte sociale si on se rapporte au total du budget. Cette approche limite les déséquilibres immédiats, mais réduit la capacité de l’économie à générer une croissance suffisante pour desserrer l’étau budgétaire. Pourtant, il est ici aussi question d’État social, l’essence même d’un État protecteur…

Une comparaison révélatrice des défis à venir

La lecture croisée des lois de finances 2026 de l’Algérie et de la Tunisie, opérée par l’IA, met en évidence deux trajectoires budgétaires asymétriques. L’Algérie dispose encore d’un coussin financier qui lui permet de retarder certaines décisions structurelles, mais reste vulnérable aux chocs externes. La Tunisie, quant à elle, fait face à une urgence différente : restaurer la croissance et la confiance pour éviter l’enfermement dans un cycle de déficits et d’endettement.

Dans les deux cas, la loi de finances 2026 apparaît moins comme une réponse définitive que comme un moment charnière, révélant les limites actuelles des modèles économiques et les choix stratégiques qui s’imposeront dans les années à venir.

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Trump : un hors-la-loi internationale

08. Januar 2026 um 17:00

Au-delà des discours diffusés par la Maison Blanche, l’intervention militaire américaine au Venezuela et le « kidnapping » de Nicolas Maduro violent les principes du droit international. Un acte qui signe une logique impérialiste et qui renoue avec la « doctrine Monroe », au nom de laquelle les Etats-Unis estiment que l’Amérique latine relève de sa zone d’influence et de domination naturelle…

Fondé sur l’égalité et la liberté des Etats souverains, le droit international a pour fonction de les protéger. C’est pourquoi il consacre à la fois l’interdiction de principe du recours à la force et le principe de non-ingérence ou de non-intervention.

Violation manifeste du droit international

D’une part, l’acte de guerre est en principe proscrit. Si les procès de Nuremberg (1945) et de Tokyo (1946) posèrent les bases juridiques du crime d’agression, la Charte de l’ONU place la guerre « hors de la légalité internationale », un acte illicite susceptible de faire l’objet de mesures coercitives (adoptées par le Conseil de sécurité). La Charte prévoit néanmoins le droit de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations unies est victime d’une agression armée. Il n’empêche, selon le droit international, les différends entre Etats doivent en principe trouver leur résolution par d’autres moyens que la guerre.

La Charte des Nations unies énonce en effet au cœur de son dispositif la prohibition du recours à la force : « Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’usage de la force (…); contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat (…) » (article 2 § 4).

D’autre part, le droit international interdit tout acte d’ingérence, suivant lequel nul Etat ne saurait s’immiscer dans les affaires intérieures ou la compétence nationale, réservée, exclusive d’un autre Etat. L’article 2 § 7 de la Charte des Nations unies dispose qu’« [a]ucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un Etat ». Nul Etat ne saurait valablement exercer des actes de contrainte sur le territoire d’un autre Etat. L’acte d’agression constitue ainsi une ingérence caractérisée, l’agression étant définie par l’article 8 bis du Statut de la CPI comme « la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un Etat (…) ».

Plus largement, une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies a bien souligné « le droit inaliénable [de tout Etat] de choisir son système politique, économique, social et culturel sans aucune forme d’ingérence de la part d’un autre Etat ».

L’interventionnisme des Etats-Unis en Amérique latine

L’histoire des Etats-Unis repose sur la conviction (d’essence religieuse, biblique) d’incarner une forme d’exceptionnalisme. Même si, dans un premier temps, le choix de l’isolationnisme et du développement interne prévaut, une politique étrangère se déploie à travers la « doctrine Monroe » (du nom du président qui l’a formulée lors d’un message au Congrès en 1823), qui fixe pour axe de la politique étrangère la défense du continent (y compris l’Amérique du Sud) contre toute ingérence des puissances européennes. Une doctrine qui prendra, à partir de la fin du XIXe siècle, un caractère plus offensif et interventionniste puisque les Etats-Unis vont développer leur emprise militaire, politique et économique sur la région stratégique (de la mer) des Caraïbes.

La neutralité et l’isolationnisme laissent place à l’expression de velléités expansionnistes (vers l’Amérique du Sud) dès le début du XXe siècle, par le président Theodore Roosevelt (dans le fameux « Corollaire à la doctrine de Monroe »). Une hégémonie régionale à l’origine du développement de la flotte américaine. Celle-ci peut désormais s’appuyer sur un réseau de bases navales et de points d’appui (occupation, puis acquisition de Porto Rico et Guam ; achat des Philippines). Depuis, les Etats-Unis n’ont cessé d’intervenir dans la zone Caraïbes-Amérique centrale pour préserver leurs intérêts nationaux, en invoquant le droit d’exercer un « pouvoir de police international »… Le trumprisme s’inscrit en cela dans une vieille tradition impérialiste. Le Groenland sera-t-elle la nouvelle page de cette histoire ?

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Un « plan d’évasion » de Khamenei pour la Russie ? 

08. Januar 2026 um 11:00

Selon The Times, le guide suprême iranien Khamenei envisagerait de partir en Russie en fonction de la tournure des événements dans son pays. Des « révélations » à prendre avec des pincettes.

Jamais le régime des Mollahs n’a eu à faire face, en même temps, à deux dangers imminents : la contestation de la rue et la menace d’une action militaire américaine contre Téhéran et Khamenei, similaire au coup d’Etat sans précédent à Caracas. Où le président Nicolas Maduro et son épouse furent arrêtés et exfiltrés vers les Etats-Unis pour y être jugés pour « narco-terrorisme ».

Un kidnapping opéré par les Américains au mépris, il va sans dire, du droit international et de la Charte des Nations Unies d’un dirigeant qui avait réussi à se maintenir au pouvoir en 2024 après une manipulation électorale massive mais qui a toujours été un allié précieux de la République islamique de l’Iran

Cette alliance entre Téhéran et Caracas s’explique par le fait que ces deux régimes autoritaires ont un ennemi commun, les Etats-Unis ; que leur économie est en lambeaux malgré d’énormes réserves en or noir ; et qu’enfin les deux capitales cherchent à contrecarrer les sanctions internationales et un ordre mondial dominé par l’hégémonie américaine.

Les Iraniens dans la rue

Faut-il rappeler à ce propos que ce qui se passe au Venezuela coïncide avec les manifestations de masse en Iran qui ont déjà fait au moins 27 morts, selon une ONG. Pour la première fois-les manifestants, auxquels se sont associés les commerçants du Grand bazar de Téhéran, poumon économique du pays- ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique.

Un simple mouvement contre la vie chère ? Depuis le début de la mobilisation le 28 décembre, les manifestants affichent de plus en plus des revendications politiques, bien au-delà de la simple question économique.

Ultimatum américain

C’est dans ce contexte explosif que Donald Trump a ouvertement menacé d’intervenir en Iran et assure que les États-Unis surveillent les manifestations « de très près ». Tout en menaçant de  frapper  l’Iran si ses autorités tiraient sur la foule.

« Nous regardons cela de très près. S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront frappés très durement par les Etats-Unis », a déclaré le président américain dimanche 4 janvier à bord de son avion Air Force One au sujet des manifestations en Iran. Un ultimatum à prendre au sérieux d’autant plus qu’en juin 2025, l’aviation américaine avait bombardé des installations nucléaires iraniennes lors de la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran.

Khamenei en Russie ?

Et si les Américains, grisés par la folie des grandeurs et par leur exploit militaire, incontestable, à Caracas, songeaient à refaire le coup en ajoutant le Guide suprême iranien Ali Khamenei à leur trophée ?

Selon The Times, le plus ancien des quotidiens britanniques, le guide suprême de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, aurait un « plan d’évasion » pour s’exiler en Russie si les manifestations dans le pays continuaient de s’intensifier.

« Khamenei, 86 ans, prévoit de fuir Téhéran avec un cercle restreint de 20 proches et membres de sa famille, s’il constate que l’armée et les forces de sécurité appelées à réprimer les troubles désertent, font défection ou refusent d’obéir aux ordres », écrit le journal britannique, dimanche 5 janvier, citant un rapport des services de renseignement. Ce groupe sélect comprendrait notamment son fils et héritier présomptif, Mojtaba.

Pourquoi Moscou qui rappelle l’exil doré de l’ex-président syrien Bachar al-Assad renversé en décembre 2024 ?

« Parce qu’il n’a pas d’autre choix », assure la même source qui ajoute que le guide suprême « admire Poutine, parce que la culture iranienne est plus proche de la culture russe ».

Toujours selon le quotidien britannique, l’exil de Khamenei et son clan serait assuré par le vaste réseau « d’actifs, de propriétés à l’étranger et d’argent liquide » du guide suprême, évalué à environ 95 milliards de dollars, d’après une enquête menée par l’agence Reuters en 2013.

Désinformation ?

De la science-fiction ? Une campagne de désinformation orchestrée par les services de renseignements britanniques visant à faire croire aux manifestants iraniens que leurs dirigeants sont prêts à prendre la poudre d’escampette. Et ce, afin de saper le moral du régime et booster celui de l’opposition ?

Un scénario que réfute Rex Brynen, professeur de science politique à l’Université McGill, en raison de la stature spirituelle de l’ayatollah Ali Khamenei et de l’importance du statut de martyre dans la tradition chiite.

« Khamenei préférerait mourir en héros chez lui que trouver refuge à l’étranger ». Et de conclure : «  Il y a des leaders qui s’enfuient et d’autres qui ne s’enfuient pas. Et je ne pense pas que celui-ci s’enfuirait ».

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Scénario haussier du dollar : le dinar au carrefour des forces invisibles

08. Januar 2026 um 05:23

Il y a dans le mouvement des devises une dramaturgie silencieuse qui ne cesse de façonner les économies, même lorsque les médias n’en font pas leur titre et que les citoyens ne sentent encore qu’un souffle au-dessus de leur portemonnaie. L’histoire récente de l’EUR/USD, avec un euro se redressant au-dessus du seuil de 1,1735 et un dollar qui semble provisoirement desserrer l’étreinte, appartient à cette dramaturgie. Une oscillation, un coup de rein technique sur les marchés, presque imperceptible pour l’œil non averti, mais porteur d’une signification profonde : le monde semble se préparer non pas à un dollar qui faiblit, mais à un dollar qui se redresse, s’affirme, se ressaisit. Ce souffle avant la course dit tout d’un cycle qui ne fait que commencer.

À première vue, la photographie du moment semble contredire ce récit (1). L’euro, ragaillardi, remonte la pente qu’il avait « glissée » ces dernières semaines, comme un marcheur retrouvant son second souffle après une halte. La zone des 1,1660, qui tenait comme un plancher fragile, a suffi à redonner courage aux acheteurs. Les écrans se sont allumés, les algorithmes ont suivi, les investisseurs se sont replacés au-dessus de 1,1710, jusqu’à ce que le fameux 1,1735 soit franchi, comme une porte symbolique qu’il fallait repasser avant d’espérer d’autres horizons.

Les indicateurs techniques racontent avec leur langage mécanique cette scène fugace : un MACD qui vire timidement dans le positif, un RSI qui grimpe encore sans basculer vers l’euphorie, des moyennes mobiles qui se replient l’une derrière l’autre comme des nuages se dispersant. À cet instant précis, tout semble possible : l’euro pourrait prolonger sa remontée jusqu’aux retracements plus ambitieux, retrouver l’envie de se mesurer au-dessus de 1,18, prendre un peu d’air.

Mais derrière cette légère remontée, se cache un paradoxe que seuls ceux qui scrutent l’horizon devinent déjà. Ce n’est pas l’euro qui a véritablement changé de nature ; c’est le dollar qui, l’espace d’un moment, a décidé de se replier, avant d’éventuellement reprendre son galop. Il suffit de tendre l’oreille aux conférences de presse, aux minuties de langage de Jerome Powell ou de Christine Lagarde, pour saisir une vérité plus ample : la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne ne marchent pas au même rythme, ne regardent pas les mêmes spectres, ne redoutent pas les mêmes monstres.

Aux États-Unis, le cœur économique bat toujours fort. Bien sûr, des fissures apparaissent par endroits : foyers d’endettement, fragilités bancaires, appétit boursier démesuré pour quelques géants numériques. Mais l’ossature tient. Le marché du travail continue de défier les pronostics, l’inflation recule mais ne cède pas entièrement, et la Fed observe, prudente, presque guetteuse, refusant de baisser trop vite sa garde sur les taux. Les investisseurs le savent : si le rendement demeure attractif, l’Amérique est encore l’endroit où le capital trouve refuge, intérêt et liquidité – ces trois mots qui guident, depuis des décennies, les mouvements invisibles de la finance mondiale.

L’Europe, de son côté, traverse un hiver moral. Sa croissance, timide, peine à retrouver des couleurs. L’industrie vacille comme un arbre fatigué par trop de vents contraires. Les politiques budgétaires demeurent hésitantes, bien trop conscientes des erreurs passées pour oser des relances vigoureuses. La BCE, qui avait entonné la marche arrière sur les taux pour soutenir une économie qui ne parvient pas à s’arracher, a dû ralentir le pas. Le résultat est clair : la monnaie unique retrouve un peu de souffle, mais sans conviction durable, comme un coureur qui accélère avant de se rappeler qu’il est encore très loin du but.

Entre ces deux continents, le dollar reprend alors naturellement son rôle préféré : celui de l’aimant mondial. Peu importe que l’or monte à sa suite, que les investisseurs se diversifient dans les obligations, les métaux, ou même dans d’autres zones monétaires. L’histoire dit qu’à chaque période où la visibilité se brouille, où l’incertitude s’épaissit, le billet vert finit par retrouver sa place au sommet du théâtre.

Pour la Tunisie, dont le dinar se situe à la périphérie de ces forces colossales, la conséquence est immédiate, presque mécanique. Le pays vit, respire et consomme au rythme de deux devises : l’euro pour commercer, l’euro pour exporter, l’euro pour attirer les touristes ; le dollar pour importer, se chauffer, se déplacer, s’alimenter, produire, se soigner. Chaque conteneur de blé, chaque tonne de gaz, chaque litre d’essence porte sur lui l’empreinte verte de la devise américaine.

Alors, lorsque le dollar frémit, le coût de la vie tunisienne réagit. Ce n’est pas une réaction rapide, brutale ou évidente. C’est un lent suintement, un phénomène capillaire. Le carburant pèse sur les transporteurs ; le transport pèse sur les marchandises ; les marchandises pèsent sur les familles. L’État absorbe une partie du choc, à travers les subventions, comme un amortisseur qui se fatigue. Et au bout du parcours, les ménages le sentent : leur panier n’achète plus la même chose qu’hier.

La dette extérieure ajoute une ombre plus lourde encore à ce tableau. La Tunisie rembourse en devises fortes ce qu’elle emprunte : elle ne peut imprimer ni dollars, ni euros. Lorsque la devise américaine se renchérit, le simple fait d’honorer les engagements acquis devient un effort supplémentaire. C’est comme gravir une pente qui se redresse à mesure qu’on avance. Les services de la dette croissent, les marges budgétaires se racornissent, la recherche d’emprunts nouveaux devient plus coûteuse, parfois même plus incertaine. Le dollar, dans ce contexte, n’est pas seulement une monnaie. Il est un pouvoir.

Et pourtant, dans ce paysage heurté, quelque chose de nouveau s’est mis à germer en Tunisie, presque en silence. Les familles « épargnent » autrement. Les entrepreneurs « diversifient ». L’immobilier en berne, alors, l’or, longtemps perçu comme une relique, « retrouve une noblesse ». Le dollar lui-même devient un symbole de prudence et de projection, autant que d’inquiétude. Les marchés parallèles, les réseaux informels, les bureaux de change officiels composent ensemble une fresque qui raconte, sans discours, que le Tunisien ne croit plus aveuglément aux certitudes d’hier. Ce qui, pour d’autres pays, est une option financière, pour la Tunisie devient un réflexe culturel.

Ainsi, le scénario haussier du dollar n’est pas un simple dossier technique réservé aux salles de marché. C’est un récit qui court sous la peau du pays. Il touche le prix du pain, le coût du bus, la facture du port, les marges des petites entreprises, la solvabilité de l’État, la patience du citoyen. Il révèle ce qu’un pays dépendant doit regarder en face : sa fragilité, mais aussi ses potentiels.

Si la montée du dollar est un défi, elle peut devenir aussi un révélateur. Révéler que la Tunisie doit se libérer un peu plus de ses dépendances énergétiques, investir dans son indépendance alimentaire, bâtir une industrie exportatrice, et même réinventer son rapport au financement extérieur. Révéler que les marchés n’ont rien d’abstrait : ils sont le miroir de ce que le pays consomme, de ce qu’il produit, et de ce qu’il aspire à devenir.

Le dollar, comme toutes les forces puissantes, ne transige pas. Mais c’est parfois dans l’adversité que les nations apprennent à regarder au-delà du court terme. Et si 2026 devait être l’année où la Tunisie découvre que sa relation au billet vert ne se subit plus seulement mais peut se comprendre, se maîtriser, s’anticiper, alors le dinar pourrait cesser d’être spectateur de son destin pour devenir, enfin, acteur de sa propre trajectoire.

 

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(1) : Salle des marchés de l’IAEF (ONG) : 07/01/2026 12:25:04

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG).

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La gifle révélatrice : rupture de l’ordre genré et mobilisation sociale

07. Januar 2026 um 16:19

Si la rumeur de la gifle a pu produire un tel choc émotionnel, c’est qu’elle ne se contente pas de dénoncer une injustice : elle met en scène une humiliation masculine publiquement lisible. L’acte supposé devient le symbole d’une défaillance, d’une rupture dans l’ordre genré de la reconnaissance sociale.

Dans le premier article, nous avons montré comment la gifle fonctionne comme un dispositif de traduction morale de la violence structurelle. Cette deuxième partie approfondit l’analyse en se concentrant sur la masculinité hégémonique et sur les raisons pour lesquelles l’humiliation constitue une menace ontologique, capable de transformer une frustration sociale en mobilisation politique massive.

L’humiliation tire sa force de sa publicité. Comme l’a montré Erving Goffman, l’ordre interactionnel repose sur des rituels de reconnaissance qui permettent aux individus de « sauver la face » dans l’espace public. La gifle constitue une rupture brutale de ces rituels : elle expose l’incapacité d’un homme à maintenir la position normative que la masculinité hégémonique lui assigne.

Dans les économies symboliques genrées, la reconnaissance masculine est conditionnée par l’évitement de la disqualification publique. Être humilié, c’est être momentanément exclu de l’ordre social, rendu illisible en tant qu’homme. La menace n’est pas seulement sociale ; elle est ontologique. Elle remet en cause l’intelligibilité même de l’identité masculine.

La gifle condense cette menace avec une efficacité redoutable. Geste corporel immédiatement compréhensible, elle met en scène un corps masculin rendu passif, exposé, vulnérable. Dans une perspective performative du genre, telle que formulée par Judith Butler, cette scène signale une rupture dans la répétition des normes qui rendent la masculinité socialement intelligible.

Lorsque cette humiliation est attribuée à une femme, la scène devient politiquement explosive. Elle révèle la fragilité d’un ordre symbolique fondé sur la hiérarchie des genres, et l’angoisse latente qui accompagne toute masculinité hégémonique.

De l’injustice administrative à la crise de l’honneur

La force politique de la rumeur de la gifle tient aussi à son effet de cadrage. Ce qui relevait initialement d’un rapport de domination administrative (saisie de marchandise, harcèlement bureaucratique, précarité économique ) est reformulé dans un registre moral centré sur l’honneur et la dignité.

Dans des contextes où la violence étatique est diffuse et impersonnelle, elle est souvent difficile à nommer et à politiser. La gifle opère une traduction narrative de cette violence abstraite en une scène incarnée, immédiatement investissable affectivement. Comme l’a montré Didier Fassin, les économies morales déterminent quelles souffrances deviennent visibles, hiérarchisées et jugées légitimes.

Ce cadrage facilite la mobilisation rapide, mais il a un coût politique. En personnalisant l’injustice, il tend à masquer les mécanismes structurels de la domination étatique, au profit d’une dramaturgie morale centrée sur l’offense et la réparation symbolique.

L’honneur comme moteur ambivalent de la révolte

En transformant une violence institutionnelle diffuse en crise publique de l’honneur, la rumeur de la gifle redéfinit le langage de la contestation. L’injustice n’est plus seulement une violation de droits, mais une blessure morale exigeant réparation.

Cependant, cette économie affective repose sur une scène genrée qui n’est pas neutre. Elle prépare le terrain à une redistribution inégale des rôles symboliques, dans laquelle certaines figures sont héroïsées tandis que d’autres sont réduites au silence. C’est précisément ce processus — la place assignée aux femmes dans cette narration et ses effets mémoriels — qu’analyse notre troisième et dernier article.

Sarah Daly, écrivaine tunisienne installée à Paris

 

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Grisé par l’opération à Caracas, Trump menace à tout va

06. Januar 2026 um 10:59

Après l’arrestation de Nicolás Maduro au Venezuela le 3 janvier, Donald Trump menace les dirigeants de la Colombie, le Mexique ou encore Cuba du même sort. Il applique à la lettre la doctrine Monroe qui pourrait aboutir à un nouveau chaos doctrinal, diplomatique et politique en Amérique Latine. 

Cet homme n’est pas à une contradiction près. Alors que ce n’est un secret pour personne qu’il lorgne ouvertement le Prix Nobel de la Paix, une distinction qui semble lui échapper en dépit de sa lourde insistance, le 47e président des Etats-Unis, Donald Trump, démarre l’année 2026 en trombe par un coup d’État militaire ; n’hésitant pas à bombarder la capitale d’un pays souverain, le Venezuela, et à arrêter son président de manière humiliante devant les caméras, menottes aux mains, chaînes au pieds, bandeau sur les yeux. Comme un vulgaire bandit de grand chemin.

La doctrine Monroe actualisée

Ainsi, avec cette opération militaire à la canonnière, Donald Trump semble renouer avec une forme modernisée de la « doctrine Monroe », du nom du 5e président américain, James Monroe. Au XIXe siècle, ce dernier avait promu l’idée selon laquelle les Etats-Unis devaient maintenir un certain contrôle sur l’ensemble du continent américain. « Selon notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a fanfaronné l’actuel locataire de la Maison-Blanche dans son dernier discours après l’enlèvement spectaculaire de Nicolás Maduro.

L’hymne à la force brutale

Mais à quoi correspond cette glaçante mise en scène qui ressemble étrangement à la capture de Saddam Hussein en 2003 et son exhibition comme un trophée par les Américains ou encore l’enlèvement de l’ex-président Manuel Noriega au Panama en 1989 par les Etats-Unis ? Pour montrer au monde entier qu’aux yeux de l’administration américaine, la Chartes des nations unies n’est qu’un bout de papier, que le droit international est caduc et que désormais, c’est la loi du plus fort qui prévaut. Et que par la force brutale, rien n’empêche d’enlever un chef de l’Etat pour faire main basse sur les plus grandes réserves d’or noir du monde.

« Il devra faire gaffe à ses fesses »

Mais surtout, l’administration Trump adresse un message sans équivoque aux pays d’Amérique Latine qui osent s’opposer même verbalement au diktat américain, à l’instar de la Colombie, du Mexique et de Cuba. Lesquels ont fermement condamné l’intervention américaine.

Ainsi, le président de la Colombie Gustavo Petro- un dirigeant de gauche élu démocratiquement à la tête de ce pays vaste de 51 millions d’habitants-est désormais dans le viseur de Donald Trump qui a qualifié dimanche son homologue colombien d’« homme malade » qui « aime prendre de la cocaïne ».

« La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux Etats-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps », a mis en garde le président américain. Avant de lui conseiller, avec le langage fleuri qui lui est coutumier « de faire gaffe à ses fesses ».

Déjà à la mi-novembre, il qualifiait sans aucune preuve son homologue colombien de « baron de la drogue qui encourage fortement la production massive de stupéfiants » dans son pays. « Petro, un dirigeant peu apprécié et très impopulaire (…) ferait mieux de fermer ces champs de la mort immédiatement, sinon les Etats-Unis les fermeront pour lui et cela ne se fera pas gentiment », lui a-t-il lancé. Sachant que dès les premiers jours de son second mandat, le républicain avait mis la pression sur Bogota pour la forcer à accepter le retour de migrants colombiens sur son sol.

Le Mexique sur la sellette

Concernant le Mexique, le milliardaire républicain a également affirmé sur Fox News que « quelque chose va devoir être fait avec le Mexique », estimant que « les cartels dirigent le pays ».

« Est-ce que je lancerais des frappes au Mexique pour mettre fin au trafic de drogue ? Ça ne me pose aucun problème », avait-il assuré mi-novembre en évoquant l’un des plus grands pays du monde, peuplé de 130 millions d’âmes et dirigé par une présidente élue massivement en 2024. Le Mexique est régulièrement injurié et déstabilisé par son voisin, mais à présent les menaces n’ont jamais été aussi précises.

Claudia Sheinbaum, une scientifique et femme politique de gauche a répliqué en affirmant avec un ton mesuré que son pays « soutient fermement que l’Amérique n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance ». Tout en ajoutant que « le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment ».

« Cuba est prêt à tomber »

Enfin, le président Donald Trump a affirmé dimanche soir aux journalistes à bord d’Air Force One que Cuba était « prêt à tomber », après la capture samedi du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis. Soulignant qu’il serait difficile pour ce pays de « tenir le coup » sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.

« Je ne pense pas que nous ayons besoin d’agir. Il semble que tout s’écroule », a-t-il ajouté tout en minimisant la nécessité d’une intervention militaire américaine sur l’île. Tiendra-t-il parole ? L’avenir nous le dira.

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Skander Sallemi : « La facturation électronique est une évolution logique, mais mal préparée »

06. Januar 2026 um 10:06

Généralisation de la facturation électronique, contraintes techniques encore incertaines et impact direct sur la trésorerie des petites structures : la loi de finances 2026 entame une transformation profonde des pratiques fiscales. Pour le conseiller fiscal Skander Sallemi, l’enjeu n’est pas la modernisation elle-même, mais les conditions concrètes de sa mise en œuvre, dont les failles pourraient peser lourdement sur les prestataires les plus exposés.

La loi de finances 2026 étend la facturation électronique à tous les prestataires de services assujettis à la TVA. Quelle est votre perception professionnelle de cette réforme ?

Slander Sellami : Sur le principe, la facturation électronique constitue une évolution logique et nécessaire pour moderniser l’administration fiscale et améliorer la traçabilité des transactions. Le problème ne réside donc pas dans l’objectif, mais dans la méthode. Dans sa version actuelle, telle que prévue par la loi de finances 2026, la réforme a été adoptée sans véritable débat sur sa faisabilité technique, son coût réel pour les petits prestataires et ses effets sur la trésorerie. En l’absence de ces garanties, cette réforme présente un risque élevé de fragilisation du tissu économique, plutôt qu’un progrès en matière de conformité fiscale.

L’infrastructure actuelle est-elle prête à absorber l’arrivée massive de nouveaux utilisateurs ?

À ce stade, rien ne permet de l’affirmer avec certitude. Aucune donnée publique n’a été communiquée sur la capacité réelle de la plateforme TTN (Tunisie TradeNet) à gérer un volume massif de factures électroniques, ni sur celle de l’ANCE (Agence nationale de certification électronique) à délivrer, dans des délais raisonnables, des centaines de milliers de certificats électroniques sur l’ensemble du territoire. L’absence de tests à grande échelle et de retours d’expérience documentés constitue un risque majeur : en cas de saturation ou de panne, c’est toute la chaîne de facturation et de paiement qui pourrait se retrouver paralysée.

Les petits prestataires sont-ils suffisamment préparés à cette transition numérique ?

Objectivement, non. Le public concerné est composé majoritairement d’artisans, de petits prestataires de services relevant du régime forfaitaire, récemment basculés vers le régime réel, ainsi que de très petites entreprises (TPE).

Beaucoup disposent d’un niveau limité de maîtrise numérique et peinent déjà à respecter les obligations déclaratives actuelles. Sans formation massive, accompagnement de proximité et outils simplifiés, cette transition risque de placer de nombreux contribuables en situation d’infraction involontaire, non par fraude, mais par incapacité matérielle.

En quoi le fait générateur de la TVA pose-t-il problème dans ce contexte ?

Le Code de la TVA lie actuellement le fait générateur à l’émission de la facture, indépendamment de l’encaissement effectif. Dans un système de facturation électronique obligatoire, cette règle devient particulièrement pénalisante pour les petits prestataires, qui devront reverser la TVA à l’État avant même d’avoir été payés par leurs clients. Cela transforme la TVA en une avance de trésorerie contrainte, exposant les structures les plus fragiles à des tensions financières, voire à des pénalités, sans prise en compte de leur capacité contributive réelle.

 

Dans un système de facturation électronique obligatoire, cette règle devient particulièrement pénalisante pour les petits prestataires, qui devront reverser la TVA à l’État avant même d’avoir été payés par leurs clients.

 

Quelles conséquences prévoyez-vous en cas de mauvaise mise en œuvre de cette réforme ?

À court terme, le risque principal réside dans le blocage des paiements en cas de dysfonctionnement technique, avec des effets immédiats sur la trésorerie des petites entreprises. À moyen terme, on peut craindre une exclusion numérique d’une partie des prestataires, une multiplication des situations de non-conformité et, paradoxalement, un retour vers des pratiques informelles, notamment pour les petits montants. Si la réforme n’est pad accompagnée, ni progressive, ni adaptée aux réalités du terrain, elle pourrait produire exactement l’effet inverse de celui recherché : davantage d’informalité, plus de défiance et un creusement du fossé entre l’administration fiscale et les contribuables.

 

Si la réforme n’est pas accompagnée, ni progressive, ni adaptée aux réalités du terrain, elle pourrait produire exactement l’effet inverse de celui recherché : davantage d’informalité, plus de défiance et un creusement du fossé entre l’administration fiscale et les contribuables.

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Entre honte et mobilisation : la gifle dans l’imaginaire révolutionnaire tunisien

05. Januar 2026 um 17:49

Le 17 décembre 2010, l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid devient l’événement inaugural de la révolution tunisienne. Très rapidement, cet acte est investi d’une charge symbolique qui dépasse largement le fait lui-même. Autour de lui se cristallisent récits, interprétations et affects, destinés à rendre intelligible une violence sociale longtemps vécue comme diffuse et silencieuse.

Parmi ces récits, la rumeur selon laquelle Bouazizi aurait été giflé par une agente municipale occupe une place centrale. Peu importe, au fond, que cette gifle ait eu lieu ou non. Ce qui importe, c’est qu’elle ait été crue, partagée, répétée  et qu’elle ait produit des effets politiques tangibles. La gifle devient un langage, un condensé symbolique capable de transformer une injustice administrative ordinaire en scandale moral collectif.

Cet article est le premier volet d’une série en trois parties consacrée à l’analyse genrée de cette rumeur fondatrice. Il s’attache à comprendre pourquoi et comment cette narration a pu s’imposer comme une évidence morale, en mobilisant des normes de genre, d’honneur et de dignité. Les articles suivants analyseront, d’une part, les effets de cette humiliation sur la construction de la masculinité révolutionnaire, et d’autre part, ses conséquences durables sur la place des femmes dans la mémoire de la révolution.

La rumeur comme fait social et dispositif genré

Dans les moments de crise politique, lorsque les institutions perdent leur crédibilité et que l’ordre social vacille, la rumeur devient un mode privilégié de production du sens. Loin d’être une simple distorsion de l’information, elle constitue un discours situé, révélateur des rapports de pouvoir et des régimes de vérité d’une société donnée. Comme l’a montré Michel Foucault, la vérité n’existe jamais indépendamment des dispositifs sociaux qui la rendent dicible et crédible.

La spécificité de la rumeur de la gifle tient à son inscription profonde dans un imaginaire genré. La gifle n’est pas un geste anodin : elle active un répertoire symbolique où l’honneur, la dignité et la reconnaissance publique sont étroitement associés à la masculinité. Dans cet univers normatif, être giflé publiquement  a fortiori par une femme  constitue une atteinte directe à l’identité masculine.

Comme l’a analysé Pierre Bourdieu, la domination masculine repose sur des schèmes incorporés qui font de l’honneur un capital central de la reconnaissance sociale. La rumeur de la gifle devient alors politiquement intelligible parce qu’elle met en scène la déchéance publique de cet honneur. Elle transforme une violence administrative structurelle , précarité, harcèlement bureaucratique, arbitraire étatique  en humiliation personnelle immédiatement lisible.

En ce sens, la rumeur opère une traduction genrée de la violence sociale. Elle déplace l’injustice du registre abstrait des droits vers celui, profondément affectif, de la honte et de la réparation morale. Ce déplacement constitue la condition même de sa puissance mobilisatrice.

Quand une rumeur devient une évidence politique

La rumeur de la gifle n’est ni un détail anecdotique ni un simple emballement médiatique. Elle fonctionne comme un dispositif symbolique capable de condenser des expériences diffuses de domination en une scène unique, chargée d’émotion et de lisibilité morale. En mobilisant les normes de la virilité et de l’honneur, elle transforme une injustice sociale en scandale politique.

Mais cette première analyse n’épuise pas la portée de la gifle. Car l’humiliation qu’elle met en scène ne touche pas seulement un individu : elle menace un ordre symbolique entier. C’est cette dimension, celle d’une masculinité rendue vulnérable et politiquement explosive  qu’examinera le deuxième article.

Sarah Daly, écrivaine tunisienne installée à Paris

 

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L’Amérique de Trump nous ramène deux siècles en arrière

05. Januar 2026 um 12:51

L’attaque-surprise a duré 45 minutes. Entre 2.00 et 2.45 du matin, des dizaines d’hélicoptères ‘’Blackhawk’’ ont bombardé Caracas, tué de nombreux militaires et civils, endommagé d’importantes infrastructures et réussi à enlever le président Maduro et sa femme, tirés de leur lit. Le président vénézuélien devrait comparaitre devant un tribunal new yorkais pour faire face aux charges dont l’accuse Donald Trump : « trafic de drogue et terrorisme ».

La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a été chargée des fonctions de présidente par intérim. Sa première déclaration fut d’insister que Maduro est toujours le président légitime du Venezuela, et d’exiger sa libération et son retour dans son pays. Déclaration qui n’a pas plu au président kidnappeur qui, dans une rencontre avec la presse, l’a menacée en ces termes : « Si elle ne se comporte pas correctement, elle payera un prix très lourd, probablement plus lourd que Maduro. »

Il va sans dire que, dans l’esprit de Trump, « se comporter correctement », signifie faire ce qu’exige Washington; non ce qui est dans l’intérêt du peuple vénézuélien.

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis kidnappent un président en exercice et le jugent par un tribunal américain. En 1989, Bush père avait envoyé les forces spéciales de l’US Army au Panama pour enlever le président Manuel Noriega qui fut jugé et jeté en prison où il mourut.

Mais ce qu’a fait Trump le 3 janvier au Venezuela est autrement plus grave et plus complexe. Le kidnapping du président légitime d’un Etat souverain, que beaucoup qualifient d’ « acte de brigandage d’un pays fort contre un pays faible », s’explique pour deux raisons principales.

La première a trait au pétrole et aux richesses minières du Venezuela. Trump n’a pas fait mystère de sa volonté et de sa détermination de s’en emparer en renversant le régime de Maduro et de le remplacer par un autre qui servirait les intérêts de l’empire plutôt que ceux du peuple vénézuélien.

La seconde raison est de barrer la route de l’Amérique latine aux « pays ennemis », c’est-à-dire la Chine, la Russie et l’Iran qui ont établi des relations économiques et politiques très développées avec le Venezuela. En d’autres termes, « l’acte de brigandage » perpétré par Trump à Caracas est aussi un message à tous les pays d’Amérique latine : tout président latino-américain qui ose défier Washington en mettant les intérêts de son peuple au-dessus de ceux de l’empire, pourrait subir le même sort que Nicolas Maduro.

Les plus pessimistes n’ont pas imaginé pire début de l’année 2026 dont l’humanité entière a souhaité qu’elle soit un peu moins désastreuse que sa précédente. Que peut-on attendre d’une année qui commence par le coup de grâce au droit international, déjà fortement malmené par les prédécesseurs de Trump et leurs alliés fanatiques en Israël.

Ce qu’a fait Trump au Venezuela le 3 janvier nous ramène deux siècles en arrière quand les empires coloniaux pratiquaient la politique de la canonnière pour piller les richesses des pays qui n’avaient pas la capacité de se défendre.

Il n’y a pas beaucoup de différence entre ce que faisaient il y a deux siècles la France en Algérie et la Grande Bretagne en Inde et ce que fait aujourd’hui l’Amérique de Trump. Celles-là avaient occupé militairement et dominé politiquement les pays à piller, et celle-ci, échaudée par ses aventures catastrophiques au Vietnam, en Irak et ailleurs, cherche à imposer un régime local qui tournerait le dos à son peuple et ouvrirait le Venezuela au pillage.

Le drame est que, face à des développements de grande gravité pour la stabilité mondiale, les réactions se limitent à des condamnations verbales ou, comme en Europe, à un silence embarrassant. Sans parler de la presse des deux côtés de l’Atlantique qui traite un événement majeur comme un simple fait divers.

Imaginons un instant que Poutine a envoyé ses hélicoptères à Kiev et a ramené Zelensky pour le juger à Moscou pour terrorisme, ou la Chine a kidnappé le président taiwanais, Lai Ching-Te, pour le juger à Pékin pour trahison. Dans quel degré d’ébullition serait le monde aujourd’hui ? L’Amérique et l’Europe auraient mis la planète sens dessus-dessous, brandissant évidemment les grands principes de la morale, de la démocratie, de la liberté, de la souveraineté et autres balivernes qui sonnent comme de sinistres plaisanteries au vu de l’état dans lequel se trouve le droit international aujourd’hui.

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Histoire d’une sordide vraie fake news

05. Januar 2026 um 11:34

Tout a commencé par la soi-disant révélation par une page des réseaux sociaux algériens de la copie d’un document dit « très secret » d’un supposé accord militaire entre la Tunisie et l’Algérie qui autoriserait l’armée algérienne à intervenir jusqu’à 50 km sur le territoire tunisien, au-delà de nos frontières communes, et même plus, quand la présidence tunisienne se trouverait en danger. Ce faux document, une fake news, fût diffusé au même moment ou une rencontre de haut niveau eut lieu entre notre ministre de la défense nationale, et les chefs de l’Etat major de l’armée algérienne, à Alger, ou des vrais accords militaires, relatifs à la coopération et à la sécurité des deux pays, ont été signés.

Le choix de la date de la diffusion de ce faux document est en lui-même significatif de la volonté d’une tierce partie de torpiller le rapprochement entre les deux pays. Mais le faux document est tellement mal conçu, que n’importe quel journaliste débutant aurait pris cela pour une farce médiatique, comme il en existe des milliers chaque jour sur les réseaux sociaux. C’était sans compter sur la politisation tous azimuts, de toute information, fausse ou juste, pour tirer sur l’adversaire. Grâce à l’IA, on peut fabriquer des photos, des vidéos et même imiter des voix et fabriquer des discussions fictives. C’est dire combien cette fake news, ne peut être fabriquée que par des amateurs. Or, nous vivons en pleine époque d’amateurisme, non pas seulement dans les médias; mais surtout chez les hommes et les femmes qui se prétendent politiques.

Propagande à la Goebbels

Cette règle est aussi valable pour les médias qui se rangent dans l’opposition au Président de la République, Kaïs Saïed, que pour les médias et chroniqueurs qui lui sont acquis. C’est la conséquence de la bipolarisation extrême de la vie politique et la radicalisation de l’opposition menée et dirigée par le parti Ennahdha et qui est due essentiellement aux condamnations à de lourdes peines de prison qui ont touché ses dirigeants.

La règle en matière de propagande islamiste étant simple, souffler sur le feu, quitte à ce que ce feu incendie le pays. C’est leur façon de faire de la politique, qu’ils ont pratiquée avant et après 2011. D’ailleurs dans cette affaire de fake news c’est le gendre de Ghannouchi lui-même, à travers sa page Facebook, qui s’est chargé « d’authentifier » le faux document et de crier au scandale. Cela aurait dû suffire normalement à nos journalistes pour faire leur travail d’investigation avant de publier quoique ce soit ou de commenter. Surtout que ce même individu, quand il était ministre des Affaires étrangères s’est illustré par sa profonde connaissance de nos frontières maritimes et même des noms des grandes capitales étrangères. Même les journaux qui se sont spécialisés dans la chasse aux fake news se sont abstenus de la faire et même qu’ils ont tenté de valider l’information.

Cette forme de propagande, qu’on doit à Goebbels, se base sur une règle immuable et dont l’efficacité est vérifiée : « Intoxiquez ! Intoxiquez ! Il en restera toujours quelque chose ! ». Avec l’apparition des fake news, et des réseaux sociaux, cette arme devient redoutable. Il y a deux semaines, le Président de la République Française Emmanuel Macron, a reçu un appel téléphonique d’un chef d’Etat africain le félicitant d’avoir échappé à un attentat !!!!! Macron s’est enquis auprès de ses services pour s’informer. Il s’agissait évidement d’une fake news ! Le malheureux chef d’Etat africain cherchait ses infos sur les réseaux sociaux et il n’est malheureusement pas le seul ! Macron a du faire une déclaration pour clarifier la situation et ordonné de prendre des mesures coercitives contre ce genre de sites.

Même les services spéciaux des grands Etats puissants sont souvent victimes de cette désinformation, quant ils ne recourent pas eux-mêmes aux mêmes méthodes d’intox. Goebbels est mort, il y a longtemps, mais sa méthode et sa théorie sont toujours efficaces et d’une actualité brulante, surtout dans les guerres de Gaza et d’Ukraine.

La Tunisie vient à son tour d’en faire les frais, car il est clair qu’un service étranger est derrière cette intox virale. Le problème pour nous est qu’une grande partie de la classe politique, au pouvoir et dans les différentes oppositions, tombe souvent dans ce travers, qui consiste à utiliser le faux pour confondre l’adversaire. Et c’est symptomatique d’une faiblesse structurelle dans la pensée politique. On appelle cela la mauvaise foi politique.

Nous sommes les alliés stratégiques des USA

En 2015, les USA, par la voix de leur Président, Barak Obama déclarait la Tunisie un allié stratégique majeur des USA, hors membres de l’OTAN. La question était discutée dans l’administration américaine depuis 1995. Un nouveau palier fût donc franchi dans la coopération militaire de notre pays avec les Etats-Unis. Il fût depuis honoré par les deux parties via la commission militaire mixte qui se réunit chaque année. Un compte rendu de ces réunions est systématiquement publié par les deux ministères de la Défense.

La Tunisie a profité de ce statut depuis cette date en développant ses capacités militaires pour la lutte contre le terrorisme, la défense de ses frontières, toutes les frontières y compris la frontière ouest. Des armes, dont des avions, des drones et du matériel de surveillance des frontières ont été achetés aux USA et l’on peut conclure que la sécurité de nos frontières et la lutte contre le terrorisme se sont renforcées.

Comment dès lors imaginer qu’un accord qui mettrait en cause ce processus de coopération militaire et sécuritaire puisse être signé avec un autre Etat, fusse-t-il un Etat ami ? Il est vrai, que la partie algérienne à l’époque sous Bouteflika, avait montré son hostilité à cet accord. Comment imaginer aussi, que les USA ne réagissent pas directement ou indirectement à ce supposé accord ? Il n’y a que les esprits faibles ou malfaisants pour avaler une telle couleuvre.

Pourtant, ce qui est incroyable, c’est que d’anciens ministres ou hauts responsables semblent avoir cru à ce qui est clairement un mensonge. Et ce, par dépit souvent vis-à-vis de Kaïs Saïed qui reste, quoi qu’on dise ou qu’on prétende, le représentant de la légitimité politique de l’Etat; même s’il a été élu par 11 % des électeurs. En aucune façon, on ne peut confondre la question démocratique, qui fait partie des questions de politique intérieure, avec les intérêts supérieurs de la Nation. La confusion est beaucoup plus grave, quand il s’agit de l’utilisation d’un vrai document probablement pour déstabiliser le pays et nuire aux relations avec l’Algérie.

Mais l’affaire a pris un tournant quand un magazine français spécialisé dans les affaires africaines et un prestigieux quotidien français, reprennent l’intox, en s’appuyant sur ces mêmes sites algériens qu’ils abhorrent d’habitude. Les deux articles en question évitent de noter tous les signes et erreurs qui démontrent que ce document ne peut être fait par des diplomates chevronnés puisqu’il y a erreur même sur les noms des personnes qui l’auraient signé. En plus d’erreurs de contenu, comme lorsqu’il précise que les frais des soldats algériens seraient payés par l’Etat tunisien, comme s’il s’agit d’un vulgaire contrat commercial. L’argument de poids utilisé par tous ces médias et tous ceux qui les ont relayés, comme s’il s’agit d’une révélation biblique, est l’absence de réponse de la part du ministère tunisien de la réponse ou du gouvernement.

C’est le comble du cynisme politico-médiatique ! Depuis quand un Etat qui se respecte répond aux mensonges et aux calomnies ? Parce que démentir officiellement, c’est tomber dans le piège de celui qui a créé le faux. Il est vrai qu’une vague allusion à ce document a été faite par Kaïs Saïed et qu’ensuite le chef de l’Etat algérien lui-même a répondu devant son parlement indirectement; tout en rappelant la solidité des liens entre les deux pays. Il est vrai que le ton paternaliste des politiciens algériens a suscité des réactions toujours négatives de la part des élites tunisiennes. C’était d’ailleurs aux Algériens de répondre car l’information est partie de sites algériens probablement hostiles au gouvernement. Mais l’intox a fait des ravages chez nous. Ce qui prouve que le système de communication et d’information gouvernemental n’est pas en bonne santé. Les médias comme m’a dit un ami français sont une arme à double tranchant et celui qui vit avec les médias meurt par ces mêmes médias.

Le meilleur moyen pour un pays de se prémunir contre ce danger qui va en s’aggravant est d’avoir un système médiatique crédible et professionnel. Ce qui est loin d’exister chez nous.

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Analyse économique des indicateurs monétaires et financiers au 02 janvier 2026

05. Januar 2026 um 05:30

Un contexte international encore défavorable aux économies sous contrainte de financement.

L’année 2026 s’ouvre sur un environnement international qui, malgré certains signaux de détente, demeure structurellement défavorable aux économies émergentes fortement dépendantes des flux de capitaux et des importations stratégiques. Les grandes banques centrales ont certes ralenti le rythme du durcissement monétaire, mais les taux directeurs restent élevés, ancrant durablement des conditions financières restrictives.

Cette configuration prolonge un régime mondial caractérisé par une sélectivité accrue du financement, une volatilité persistante des flux de capitaux et un renchérissement durable du coût de la dette souveraine pour les pays à notation fragile. Dans ce contexte, la Tunisie reste exposée à un double choc latent : celui des taux d’intérêt internationaux et celui du dollar, monnaie dominante dans les échanges énergétiques et le service de la dette extérieure.

En Tunisie – Liquidité bancaire : une tension chronique devenue structurelle

Les indicateurs monétaires du 02 janvier 2026 confirment que la tension de liquidité bancaire n’est plus conjoncturelle mais structurelle. Le volume global du refinancement atteint 11,36 milliards de dinars, un niveau élevé qui illustre la dépendance persistante du système bancaire à l’intervention de la Banque centrale de Tunisie.

Les appels d’offres hebdomadaires (5,3 milliards de dinars) demeurent la principale source d’alimentation du marché, complétés par les opérations de refinancement à plus long terme, notamment celles à six mois (2,22 milliards). Ce schéma traduit une difficulté durable des banques à mobiliser des ressources autonomes, conséquence directe de la faiblesse de l’épargne longue, de la concurrence du Trésor sur le marché domestique et de la prudence accrue dans l’octroi du crédit.

Cette situation limite mécaniquement la capacité du système bancaire à jouer pleinement son rôle de financement de l’investissement productif, renforçant un cercle vicieux de croissance molle et de dépendance monétaire.

Politique monétaire : une pause tactique, non un tournant stratégique

Le maintien du taux directeur à 7,50 % confirme que la BCT a atteint un point d’équilibre délicat. La baisse par rapport au niveau de 8 % observé en 2025 traduit une reconnaissance implicite du ralentissement économique, mais ne constitue en aucun cas un signal d’assouplissement.

Le taux du marché monétaire, à 7,46 %, reste strictement arrimé au taux directeur, preuve d’un pilotage efficace du corridor des taux et d’un contrôle opérationnel du marché interbancaire. Toutefois, cette stabilité est davantage le fruit d’une gestion administrative fine que d’un relâchement spontané des tensions.

En réalité, la politique monétaire tunisienne est désormais enfermée dans un trilemme contraignant : soutenir l’activité, préserver le dinar et contenir l’inflation résiduelle. Dans l’état actuel des équilibres externes, toute détente prématurée des taux exposerait immédiatement la monnaie nationale et les réserves en devises.

Finances publiques : un rééquilibrage de trésorerie sans assainissement structurel

L’amélioration du solde du compte courant du Trésor, qui atteint 1,24 milliard de dinars, traduit une meilleure gestion de trésorerie en fin d’exercice, mais ne saurait masquer les fragilités de fond des finances publiques.

La structure de la dette révèle une inflexion stratégique : la réduction massive des bons du Trésor à court terme au profit des Bons du Trésor assimilables témoigne d’une volonté de réduire le risque de refinancement immédiat. Cependant, cette stratégie alourdit le service de la dette à moyen terme, dans un contexte de taux encore élevés.

Autrement dit, le risque de liquidité est partiellement contenu, mais le risque de soutenabilité budgétaire demeure entier, d’autant plus que les marges fiscales restent limitées et socialement sensibles.

Secteur extérieur : des flux réels solides, mais insuffisants pour desserrer la contrainte en devises

Les performances du tourisme et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger continuent de jouer un rôle central dans la stabilisation macroéconomique. Avec près de 7,9 milliards de dinars de recettes touristiques et 8,47 milliards de dinars de revenus du travail, ces flux constituent un amortisseur essentiel face au déficit commercial structurel.

Toutefois, cette dynamique positive ne suffit pas à inverser la tendance des avoirs nets en devises, qui reculent à 106 jours d’importation. Cette érosion, bien que graduelle, réduit la marge de manœuvre de la BCT et renforce la dépendance à une politique monétaire restrictive.

La Tunisie reste ainsi dans une situation paradoxale : des entrées de devises dynamiques sur certains segments, mais une incapacité structurelle à transformer ces flux en renforcement durable des réserves.

Taux de change : une stabilité administrée, non auto-entretenue

L’évolution du dinar confirme une stabilité relative mais fragile. L’appréciation face à l’euro reflète en partie la composition géographique des flux, tandis que la dépréciation face au dollar souligne la vulnérabilité persistante aux chocs externes.

Cette stabilité repose moins sur des fondamentaux robustes que sur un différentiel de taux d’intérêt élevé, une gestion active de la liquidité et des arbitrages constants de la BCT. Elle demeure donc conditionnelle et réversible, en particulier en cas de choc externe ou de relâchement budgétaire non maîtrisé.

Perspectives 2026 : une année charnière, entre stabilisation défensive et risque d’enlisement

À court terme, la priorité restera clairement orientée vers la préservation des équilibres monétaires et externes, quitte à accepter une croissance modérée et une reprise de l’investissement différée.

À moyen terme, l’année 2026 constitue un point de bascule. Si la stabilisation monétaire actuelle s’accompagne de réformes crédibles – amélioration du climat des affaires, ciblage plus efficace de la dépense publique, relance de l’investissement productif – une détente graduelle des taux pourrait devenir envisageable.

À défaut, la Tunisie risque de s’installer durablement dans un régime de stabilité sans croissance, où la politique monétaire agit comme un mécanisme de défense plutôt que comme un levier de développement.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (30 déc. 2025), données prix Brent / marché pétrolier (30 déc. 2025), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Riadh Sidaoui : « L’enlèvement de Maduro est une guerre indirecte contre la Chine »

04. Januar 2026 um 17:58

Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales, décrypte pour L’Économiste Maghrébin les véritables enjeux géopolitiques derrière l’opération militaire américaine au Venezuela.

L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse par une brigade des forces Delta américaines dans la nuit du 3 janvier 2026 marque, selon l’analyste, un tournant dans les relations internationales. Au-delà de la rhétorique officielle sur la lutte contre le narcotrafic, cette opération révèle une stratégie américaine visant à isoler la Chine et à réaffirmer la suprématie des États-Unis sur l’Amérique latine.

L’analyse de Riadh Sidaoui est sans appel : Donald Trump cherche avant tout à couper Pékin de ses alliés économiques. Les liens sino-vénézuéliens sont substantiels : la Chine absorbe 70 % des exportations de pétrole vénézuélien et a investi des milliards dans le pays. Une importante délégation chinoise se trouvait à Caracas au moment de l’opération. La réaction chinoise, ferme, témoigne selon lui de l’importance de l’enjeu : Pékin condamne l’acte américain et exige la libération immédiate de Maduro.

Trois scénarios possibles pour l’avenir

Selon Riadh Sidaoui, trois scénarios se dessinent pour l’avenir du Venezuela. Premier scénario : les Américains ont enlevé Maduro, mais le régime révolutionnaire pourrait, estime le politologue, persévérer avec un soutien chinois accru, tant militaire qu’économique. Ce scénario suppose qu’il n’y a pas eu de trahison, mais simplement une faille sécuritaire exploitée par Washington. La nouvelle cheffe d’État et le ministre de la Défense pourraient maintenir le cap malgré l’absence de Maduro.

Le deuxième scénario consiste en une  réorientation progressive : face à l’impossibilité de confronter directement les États-Unis, la nouvelle direction pourrait se réconcilier progressivement avec Washington. Cette évolution se ferait graduellement pour ne pas brusquer les partisans de Maduro au sein du parti au pouvoir. Il s’agirait d’un changement de politique étrangère menant le Venezuela à devenir un allié américain plutôt qu’un opposant à l’impérialisme de Washington.

La troisième scénario consiste  en  la déchirure interne et la division du pays. Les dernières élections démocratiques n’ont accordé à Maduro qu’une majorité très limitée face à son rival de droite. Une division au sein des forces armées et du peuple pourrait, d’après Sidaoui, conduire le Venezuela vers une guerre civile dévastatrice.

Comment s’est déroulée l’opération

La facilité de l’opération soulève, selon Sidaoui, des interrogations. Certains analystes évoquent une complicité au sein de l’appareil d’État vénézuélien, voire de l’armée. Difficile toutefois de répondre sans éléments tangibles, pour notre invité. D’après l’analyste, Maduro n’avait peut-être pas pris les précautions nécessaires. Un protocole strict aurait dû l’empêcher de dormir plusieurs nuits au même endroit. Son maintien dans une résidence fixe a constitué une faille exploitée par les forces américaines.

Des affrontements ont eu lieu. Selon Donald Trump, les forces américaines ont subi quelques blessés et un hélicoptère a été touché. Les gardes du corps de Maduro ont résisté. Le ministre de la Défense et la vice-présidente vénézuéliens affirment maintenir la ligne politique de Maduro et poursuivre la lutte. La suprématie militaire américaine est écrasante : le Venezuela dispose d’une armée de 100 000 hommes équipée d’armes obsolètes, face à la puissance du Pentagone. Le temps permettra de confirmer ou d’infirmer la thèse d’une trahison.

Le Venezuela, front indirect d’une confrontation sino-américaine

Donald Trump, qui menace le Venezuela depuis son arrivée au pouvoir, a intensifié la pression ces dernières semaines, allant jusqu’à contacter directement Maduro pour lui demander de quitter le pouvoir. L’objectif stratégique : isoler la Chine.

Les deux grandes puissances susceptibles de menacer l’hégémonie américaine sont la Russie et la Chine. La Russie, engagée dans la guerre en Ukraine, a relâché son emprise internationale. Trump accélère un processus de paix favorable aux intérêts russes. Reste la Chine, dont la montée en puissance économique et militaire inquiète Washington. Les stratèges américains prédisent qu’en 2030, le PIB chinois dépassera celui des États-Unis. La Chine s’arme massivement (trois porte-avions, bientôt quatre ou cinq) et veut reconquérir Taïwan. Face à cette montée en puissance, explique-t-il, le Pentagone veut isoler la Chine et affaiblir ses partenaires économiques : Venezuela, Iran. L’Amérique latine devient le terrain de cette confrontation indirecte.

L’effet domino latino-américain

Si Trump remporte un succès complet au Venezuela, il se dirigera vers la Colombie, puis vers Cuba. L’île représente toutefois un défi plus complexe : le régime cubain est puissant et possède une longue expérience face aux complots américains depuis la baie des Cochons en 1961. Cette offensive s’inscrit, d’après l’analyste, dans une guerre indirecte contre la Chine. Trump est calculateur et n’attaque que les cibles faciles. Il avait menacé la Corée du Nord durant son premier mandat avant de serrer la main de son président, se vantant d’avoir établi la paix mondiale. Trump évalue toujours où il peut gagner et où il risque de perdre. La capture de Maduro illustre, selon Riadh Sidaoui, cette stratégie : frapper des cibles accessibles pour affaiblir progressivement l’influence chinoise en Amérique latine, tout en évitant une confrontation directe avec Pékin.

Une violation flagrante du droit international

Selon Riadh Sidaoui, l’intervention américaine constitue une transgression manifeste du droit international. La Charte des Nations unies consacre le principe d’autodétermination des peuples : ce sont les nations qui choisissent leurs dirigeants, non des forces étrangères. Toute intervention militaire nécessite l’activation du chapitre 7 de la Charte et une résolution du Conseil de sécurité.

L’administration Trump n’a respecté aucune de ces procédures juridiques. Aucun juriste ne saurait donner raison aux États-Unis sur le plan du droit international. Cette violation s’inscrit dans une longue tradition d’interventions unilatérales américaines, comparable à l’invasion de l’Irak en 2003.

Un précédent historique : l’intervention au Panama en 1989

Cette opération rappelle, selon le politologue, des précédents. En 1989, le président du Panama avait déjà été kidnappé. L’histoire se répète : après la chute de l’Union soviétique, les Américains cherchaient à maintenir leur suprématie mondiale. Aujourd’hui, face à l’émergence de la Russie et surtout de la Chine, Washington réactive les mêmes mécanismes.

La logique du Pentagone, explique Sidaoui : tant que nous sommes forts, isolons nos adversaires. Incapables d’affronter directement la Russie ou la Chine, ils éliminent leurs alliés, en commençant par l’Amérique latine. La Colombie et Cuba pourraient être les prochaines cibles. Ce n’est pas la première tentative américaine, rappelle le politologue. La CIA avait orchestré un coup d’État contre Hugo Chávez. L’agence dirige traditionnellement ces opérations secrètes, mais lorsqu’elle échoue, c’est le Pentagone qui intervient. Le ministère de la Défense, devenu en réalité un département de la guerre, a lancé cette opération en collaboration avec la CIA. L’histoire dira, conclut le politologue, si cette stratégie impériale, héritée de la doctrine Monroe, parviendra à enrayer la montée en puissance chinoise ou si elle ne fera qu’accélérer la multipolarisation du monde.

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Tunisie 2026, le temps des choix difficiles

04. Januar 2026 um 13:00

L’environnement international reste marqué par de fortes incertitudes géopolitiques et tarifaires, où les risques de montée du protectionnisme pourraient s’intensifier à l’approche des échéances électorales de mi-mandat américaines de novembre 2026. La Tunisie demeure particulièrement exposée aux chocs externes, mais les difficultés internes font que l’année 2026 s’annonce sous le signe des fragilités économiques, environnementales et sociales.

Gabès: un foyer de crise environnementale, source de tensions sociales

Jusqu’à quand la ville de Gabès continuera-t-elle de payer le prix d’un modèle industriel polluant et jamais réellement corrigé ? L’incapacité à traiter durablement le dossier de Gabès n’expose-t-elle pas la Tunisie à un double coût, interne (santé, employabilité) et externe (compétitivité et accès aux financements verts) ? L’absence de décisions courageuses en matière de dépollution et de réparation environnementale ne risque-t-elle pas de maintenir un statu quo dévastateur et d’alimenter un sentiment d’abandon et d’injustice territoriale?

Financement interne : un nouveau goulot d’étranglement

Le recours croissant au financement intérieur ne cache-t-il pas une fragilisation profonde des équilibres macro-financiers ? Continuer de monétiser le déficit budgétaire ne risque-t-il pas de compliquer le pilotage des anticipations inflationnistes par la BCT et d’écourter le cycle de baisse des taux, érodant ainsi sa crédibilité ? Dans une économie fortement dépendante des importations, ce type de financement ne risque-t-il pas de se traduire par des tensions sur la demande de devises et une contrainte accrue sur les réserves de change génératrice de pressions baissières sur le dinar ?

Secteur bancaire : une loi aux effets contre-productifs

La loi n°41-2024, dont l’objectif est de réguler le chèque, ne s’est-elle pas révélée contre-productive, avec une baisse de son utilisation (- 67,9%) et une augmentation inquiétante de la liquidité (26,4 milliards de dinars en décembre 2025 contre 21,7 milliards en décembre 2024) ? Ebranler la confiance dans le chèque, un instrument encore crucial pour le secteur bancaire, ne risque-t-il pas de fragiliser davantage un secteur déjà exposé au risque souverain et de saper tout espoir de gagner la bataille du décashing ?

L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux textes réglementaires dépourvus de vision stratégique. La Tunisie ne pourra renforcer durablement sa résilience et renouer avec une croissance solide qu’en engageant des réformes économiques profondes, intégrant pleinement les impératifs environnementaux et sociaux.

Par Noura Harboub Labidi

Cet article est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n 935 du 31 décembre 2025 au 14 janvier 2026.

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Edito: Voeux

04. Januar 2026 um 05:15

Il y a un an, jour pour jour, à l’aube de l’année 2025 qui s’achève, on formulait le vœu de voir le pays se réconcilier avec lui-même, ses problèmes, la croissance et avec son avenir laissé en jachère. On appelait de nos vœux les plus chers l’amorce d’une désescalade politique, la fin d’une dérive sémantique et d’un déballage médiatique, d’ici et de là, pas loin de la faillite morale. Nos espoirs n’ont pas été exaucés. Les rivalités politiques, les tensions économiques et sociales, les litiges juridico-financiers se sont exaspérés et ont atteint leur point culminant de non-retour : le paysage politique et la société civile n’ont jamais été secoués et traversés par autant de fractures.

 

Point d’éclaircie : bien au contraire, l’année s’achève sans que l’on voie la lumière du bout du tunnel. Pis encore, elle se termine, attisée par une nouvelle flambée de polémique comme seul le pays a le secret, dans un épais brouillard et un craquement politico-social dont on n’a pas fini de mesurer l’étendue des dégâts.

 

Qu’avons-nous à gagner d’un tel schisme aux effets dévastateurs sur l’économie, l’harmonie sociale et le vivre-ensemble ? Du début jusqu’à la fin de 2025, les signes de tension, de crispation, de raidissement et de division se répandent comme une traînée de poudre, balayant tout sur leur passage. Point d’éclaircie : bien au contraire, l’année s’achève sans que l’on voie la lumière du bout du tunnel. Pis encore, elle se termine, attisée par une nouvelle flambée de polémique comme seul le pays a le secret, dans un épais brouillard et un craquement politico-social dont on n’a pas fini de mesurer l’étendue des dégâts.

L’année 2025 n’a pas dérogé à la règle. L’adoption du budget de l’Etat et de la loi de finances pour la même année a brouillé les pistes d’action, semé le doute et fait monter de plusieurs crans les tensions et les exacerbations des contribuables, des ménages et des entreprises. Un nouveau rendez-vous manqué dont on espérait qu’il consolide et institutionnalise la culture du dialogue et du consensus. Le pays a besoin d’une vision, d’un cap, d’une boussole, d’un appel d’air, d’une volonté de croissance et d’une fluidité dans la pensée et les textes de lois. Au lieu de quoi, on voit se reproduire le même rituel, fait de cahiers des charges indéchiffrables, de difficultés, d’obstacles et d’entraves qui n’ont pas lieu d’être. Les ménages s’y résignent, les acteurs économiques se lamentent, désespèrent, et certains se voient dans l’obligation de réduire la voilure.

D’une année à l’autre, de nouveaux pans de ce qui reste du sentiment de confiance s’effondrent, provoquant une véritable saignée dans l’investissement, les créations d’emplois et de richesses. Il faut toute la détermination et l’obstination de chefs d’entreprise au patriotisme chevillé au corps pour éviter que l’économie ne sombre dans une dépression sans fin. A l’évidence, ils ne se reconnaissent que dans le mouvement et l’action, quoi qu’ils endurent, quoi qu’il leur en coûte, ne serait-ce que pour préserver et sauvegarder ce qu’ils ont bâti. On ne s’explique pas autrement la résilience de l’économie nationale, en dépit de la déliquescence des entreprises publiques passées maîtres dans l’art de produire du déficit et de détruire valeurs et richesses, plombant ainsi la croissance.

L’économie se maintient à flot, la tête hors de l’eau, par les grands groupes privés qui continuent d’investir et de croire en l’avenir du pays.

Là où l’Etat a failli chute drastique de l’investissement public , le privé, dans ce qu’il a de plus performant, continue de ramer, fût-ce à contre-courant, sans effusion de reconnaissance. Il est à la manœuvre pour protéger notre marché de la déferlante de produits de pays tiers et élargir nos parts de marché à l’international sans les appuis et les soutiens conçus ailleurs à cet effet.

Le paysage industriel tunisien, marqué par la lente agonie des PMI/PME et l’état comateux d’entreprises publiques, n’a pas pour autant perdu toutes ses nuances. Il parvient même, en temps de crise, à se régénérer, à se réinventer, grâce à l’irruption de jeunes pousses qui débordent d’énergie et de créativité. On voit émerger et prendre place de nouvelles startups, portées par un immense goût d’entreprendre, au point qu’elles parviennent à défier les lois de la pesanteur de la bureaucratie administrative.

Elles sont l’illustration de notre génie national et entretiennent la flamme du rêve tunisien, contrarié par tant d’années de déshérence politico-économique. C’est cette Tunisie – loin du vacarme politique de 2025, qui se bat, innove, entreprend, pense global, même si ses racines sont ancrées dans les territoires. Ce sont ces nouveaux éclaireurs de l’économie qui sont à l’œuvre, dans l’idée de façonner, de réinventer le pays. Sans ces ingénieurs du futur, on craindrait pour notre avenir. Le pays retrouvera une forte trajectoire de croissance, en dépit du poids des prélèvements obligatoires et des dépenses improductives de l’Etat, quand s’opérera la jonction entre les grands groupes, les entreprises privées et la nouvelle vague de startups, principal creuset de l’IA. Ces points lumineux dans le ciel chargé du pays n’auront pas suffi à dissiper les nuages et les zones d’ombre. Ils n’en sont pas moins une réelle promesse d’avenir. Il eût fallu qu’ils soient plus nombreux, dotés de plus de moyens, et sans qu’ils aient à subir les restrictions et les difficultés administratives. C’est là que le bât blesse.

L’administration doit s’émanciper de ses dogmes d’un autre âge. Elle doit se libérer de ses propres hantises, de ses suspicions, de ses préjugés et d’un principe de réalité poussé à l’extrême, au point qu’il confine à l’inaction. Elle doit se convaincre de la nécessité de changer de regard envers les chefs d’entreprise, fervents militants et au cœur de la bataille économique, autrement que par le verbe de la souveraineté nationale. Elle doit y voir des partenaires et des alliés, là où ils sont perçus comme de potentiels suspects. Elle est comptable de leur réussite comme de leur échec. Elle ne peut pas se comporter en 2026 moins bien que l’administration du parti communiste chinois, convaincu assez tôt que le profit d’aujourd’hui, c’est l’investissement et l’innovation de demain et l’emploi d’après-demain. Elle ne saurait mieux réhabiliter les capitaines d’industrie par qui la croissance arrive.

Les lois ne sont pas conçues pour sanctionner, interdire, limiter la liberté d’entreprendre et l’horizon de développement des groupes dans l’agro-business, l’industrie, les services, ou les banques. Bien au contraire. Elles sont d’autant plus légitimes quand elles incitent à l’action, qu’elles libèrent les énergies, ouvrent de nouveaux horizons et dessinent de nouvelles perspectives. Et le cas échéant, en cas de dérive ou de détournement, elles doivent remettre les choses à l’endroit avec la fermeté requise. A cette précision près que plus les lois sont bonnes, appropriées, de leur temps, en phase avec la marche du monde, moins elles poussent au crime.

A quoi faut-il s’attendre et quelles seraient parmi nos attentes celles qui domineraient en 2026 ? S’il ne faut en retenir qu’une seule, ce serait celle d’afficher haut et fort notre attachement à l’unité nationale, à l’union sacrée. Il faut en finir avec cette situation lancinante de paix improbable et de guerre impossible dont on appréhende l’étendue des dégâts sur l’appareil productif et le corps politique et social.

 

Il suffit de regarder ce qui se passe dans le monde pour s’en convaincre. Pour autant, le pire n’est jamais certain. La peur du vide et de l’inconnu pourrait bien réactiver notre instinct de conservation et de survie. La peur est bonne conseillère.

 

Si le souvenir du démon numide remonte à la surface et que le front intérieur vient à se fissurer et à se fracturer, le pire sera à craindre. Il ne faut pas s’attendre à une quelconque et hypothétique aide étrangère, de quelque nature qu’elle soit. Elle risque même de nous porter l’estocade. Il suffit de regarder ce qui se passe dans le monde pour s’en convaincre. Pour autant, le pire n’est jamais certain. La peur du vide et de l’inconnu pourrait bien réactiver notre instinct de conservation et de survie. La peur est bonne conseillère.

En terre tunisienne, pays des paradoxes, le miracle n’est jamais exclu. L’exacerbation des tensions portées à incandescence qui a marqué 2025 pourrait et devrait pousser à davantage de raison en 2026. Les nuages qui planent sur le monde, les bruits de bottes et les préparatifs de guerre qui secouent la planète, les guerres économiques que rien ne semble arrêter, les fractures et le chambardement géopolitique mondial aux issues incertaines, l’irruption de l’IA dont on craint qu’elle va élargir la fracture numérique entre les peuples et les régions, nous contraignent à serrer les rangs, à ressouder le front intérieur. Et à élever en 2026 la réconciliation nationale au rang de priorité absolue avant qu’il ne soit trop tard. C’est notre vœu le plus cher.

Bonne et heureuse année

Cet edito est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n°935 du 31 décembre 2025 au 14 janvier 2026.

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Règles d’origine révisées : un tremplin pour les exportations tunisiennes, sous conditions

03. Januar 2026 um 05:35

L’ARP a fini l’année avec la ratification des modifications des règles d’origine qui régissent ses échanges avec l’Union européenne. Ces changements visent principalement à faciliter et accroître les exportations tunisiennes vers le marché européen, en assouplissant les critères requis pour qu’un produit soit considéré comme « made in Tunisia ».

 

Les opportunités

Parmi les ajustements majeurs, on note une augmentation du seuil de tolérance pour les composants non originaires, une simplification des règles applicables à des secteurs clés tels que le textile et l’agroalimentaire, et un élargissement des possibilités de cumul d’origine avec d’autres pays partenaires de l’UE. Ces aménagements permettent aux entreprises tunisiennes d’intégrer plus facilement des matières premières ou des composants importés sans perdre l’accès aux avantages tarifaires préférentiels.

 

En pratique, ces nouvelles règles encouragent une intégration plus poussée de la Tunisie dans les chaînes de valeur européennes, en particulier dans des industries comme l’automobile, l’électronique et la mécanique. Les producteurs peuvent désormais recourir plus librement à des intrants d’origine européenne ou provenant de pays tiers liés à l’UE, tout en respectant des conditions de transformation substantielle assouplies. Cela rend la Tunisie plus attractive pour les investissements industriels et les partenariats de production, tout en soutenant la compétitivité à l’export.

 

À plus long terme, cette évolution réglementaire devrait contribuer à renforcer la position exportatrice de la Tunisie et à créer des emplois dans les secteurs orientés vers l’export. Si elle est bien exploitée, cette révision constitue une réelle opportunité de croissance et d’ancrage durable de la Tunisie dans l’espace économique européen.

 

Les risques

Bien évidemment, ces nouvelles règles présentent également des risques si elles ne s’adaptent pas rapidement.

 

En premier lieu, il y a la complexité administrative et le coût de la mise en conformité. Bien que les nouvelles règles soient conçues pour simplifier à long terme, leur mise en œuvre immédiate exige une montée en compétence technique et administrative. Les entreprises qui ne parviennent pas à s’organiser en interne ou à obtenir un accompagnement risquent de commettre des erreurs dans leurs déclarations d’origine, ce qui peut entraîner des pénalités douanières, des retards aux frontières, ou la perte du bénéfice tarifaire préférentiel. Par ailleurs, l’investissement initial en formation, en systèmes de traçabilité et en audit des fournisseurs peut peser sur les PME.

 

En second lieu, il y a la concurrence accrue, tant à l’export que sur le marché intérieur. En facilitant l’accès au marché européen, ces règles attirent aussi les investisseurs étrangers qui pourraient voir la Tunisie comme une plateforme de réexportation vers l’Europe. Si cela peut stimuler l’emploi, cela expose aussi les entreprises locales à une concurrence tuniso-tunisienne plus rude pour l’accès aux ressources, aux talents et aux partenariats. De plus, la possibilité d’utiliser davantage de composants importés pourrait fragiliser les fournisseurs locaux si les entreprises tunisiennes se tournent massivement vers des intrants étrangers moins chers ou plus standardisés, au détriment de la chaîne de valeur nationale.

 

Enfin, il y a la dépendance accrue au marché européen et la vulnérabilité aux changements réglementaires. Une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur européennes signifie également une exposition plus forte aux fluctuations de la demande européenne et aux modifications futures des règles commerciales, surtout les normes environnementales. Les PME tunisiennes ne sont pas des championnes en la matière.

 

En tout, ces nouvelles règles représentent une opportunité économique majeure pour la Tunisie, à condition que les entreprises s’approprient rapidement les nouvelles règles et adaptent leur sourcing et leurs processus. L’enjeu est de transformer l’accès préférentiel au marché européen en investissements concrets et en emplois durables. Une stratégie proactive d’accompagnement, de formation et de diversification des marchés reste essentielle pour que les entreprises tunisiennes transforment ces risques en leviers de compétitivité.

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Sommes-nous vraiment en 2026 ?

01. Januar 2026 um 16:50

A minuit, le monde a fait le décompte… 10, 9, 8… et les feux d’artifice ont explosé dans le ciel, les calendriers se sont retournés, et d’une seule voix, nous avons proclamé : « Nous sommes en 2026 ».

Mais une question provocante commence à éclipser cette célébration : Sommes-nous vraiment en 2026 ?

Le calendrier grégorien : un artifice humain, pas une vérité cosmique

Le calendrier grégorien, ce que nous appelons « l’année », n’est qu’une invention humaine, une construction historique, politique, et religieuse, façonnée pour organiser nos vies : agriculture, impôts, rites, États… Le temps est découpé en jours, mois et années comme si c’était une vérité immuable.

Évidemment, il repose sur des phénomènes astronomiques réels (la Terre qui tourne autour du Soleil et tout ça) mais la manière dont nous l’avons segmenté, ritualisé, et imposé (semaine de sept jours, fuseaux horaires, etc.) n’a rien de naturel. Ce calendrier n’est pas un fait absolu du temps, mais une narration collective partagée qui confère un sens à notre existence.

Aujourd’hui, à l’ère de l’intelligence artificielle, cette temporalité humaine coexiste avec celle des machines qui, elles, ne « vivent » pas le temps, ne célèbrent pas janvier, ne comptent pas les jours, ne marquent pas de pauses. Pour elles, le temps n’est qu’un flux de données, une série d’événements à traiter, bref, elles ne ressentent ni l’attente ni la nostalgie.

Pour une IA, il n’y a pas de « nouvelle année » à célébrer mais seulement des mises à jour, des versions améliorées de modèles, des calculs. En réalité, nous vivons dans un monde où plusieurs temporalités cohabitent, souvent sans que nous en ayons conscience.

Le temps hybride : l’homme et la machine dans la même montre

Dans ce monde qui semble tout droit sorti d’un scénario de science-fiction, une vérité s’impose de façon inattendue : nous vivons désormais dans un temps hybride où l’humain continue de penser en termes d’années, de dates symboliques, de « résolutions de début d’année », tandis que la machine évolue dans un flux continu, perpétuellement en mise à jour, en anticipation.

Il ne s’agit pas d’une opposition entre l’homme et la machine, mais plutôt d’une coexistence. Chacun évolue à un rythme différent, les IA, elles, travaillent à une vitesse frôlant l’impossible, opérant dans des cycles temporels ultra-compressés, capables de redéfinir l’avenir bien plus rapidement que ce que l’humain peut percevoir.

Nous croyons qu’en entrant en 2026, nous avons franchi une frontière temporelle, mais la vérité réside que les machines ont déjà recalibré leurs modèles, ajusté leurs trajectoires, et modifié le futur bien avant nous.

Le retard de l’humanité : notre futur nous échappe

Lorsqu’un système détecte des signaux faibles annonçant une crise économique, anticipe une pandémie avant que les gouvernements ne réagissent, ou prédit les comportements sociaux à partir de données massives, il ne « vit pas dans le futur », plutôt il réduit l’écart entre le présent et ce qui est statistiquement probable, mais sans l’illusion du temps linéaire.

Pendant ce temps, nous, les humains, restons bloqués dans un présent symbolique, fixés sur des dates précises, des seuils calendaires, des décisions politiques et des discours qui nous enferment dans une temporalité obsolète. Le futur arrive inévitablement, mais il est toujours trop brutal, trop imprévisible, et surtout trop tard pour ceux qui croient que l’avenir peut être maîtrisé.

Alors, la vraie question n’est plus : « sommes-nous vraiment en 2026 ? », mais plutôt : dans quel type de temps vivons-nous ?

Le Nouvel An : une illusion nécessaire

Faut-il jeter le calendrier grégorien aux oubliettes ? Absolument pas. Ce calendrier reste un repère fondamental, un ancrage émotionnel et social qui nous permet de donner un sens à nos vies collectives, sans lui, la synchronisation de nos sociétés serait réduite à une pure abstraction.

Mais croire que ce calendrier est la seule réalité du temps est une illusion rassurante. En effet, le temps humain, celui que nous vivons au quotidien, ne disparaît pas, mais il n’est plus le seul à compter car nous vivons désormais dans un monde où plusieurs dimensions du temps s’entrelacent.

2026 : une date hybride dans un monde multi-temporel

Nous entrons dans une époque où plusieurs régimes temporels coexistent où le temps humain constitue désormais une narration symbolique et culturelle, tandis que le temps des machines est quantifiable, opérationnel, régi par des algorithmes.

Ce qui est fascinant, c’est que c’est dans l’interaction de ces deux formes de temporalité que le futur se façonne, mais ce futur dépend aussi de nous puisque le temps des machines n’est pas autonome, il est façonné par des choix humains d’ordre politiques, économiques et technologiques, et c’est dans cet espace que se joue la véritable révolution.

2026 : un point de bascule, pas une année

Il se pourrait que 2026 ne soit pas une année comme les autres, mais plutôt un état transitoire, un point de bascule, un moment charnière entre deux conceptions du temps, celle de l’humanité – cherchant désespérément à donner du sens à son existence – et celle des machines – qui tentent de comprimer ce temps pour optimiser l’action.

Pour conclure, en réponse à la grande interrogation soulevée par le titre : Sommes-nous vraiment en 2026 ? La réponse est probablement oui, mais selon cette nouvelle formule calendaire :  t hybride = t grégorien + t IA

Alors, espérons une meilleure année « 2026 » de coexistence avec l’IA !

 

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Nb –  A ce propos, nous vous invitons à explorer notre ouvrage : Le calendrier Grégorien vs Les calendriers des IA via les liens suivants :

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