Le dinar résiste face aux devises étrangères, affirme la BCT
Le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) souligne que le dinar tunisien continue de faire preuve de résilience face aux principales devises. Toutefois, il met en garde contre les risques de remontée des taux, malgré une tendance baissière de l’inflation.
Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion du 26 mars, le conseil a examiné les récentes évolutions économiques et financières aux niveaux international et national, ainsi que les prévisions d’inflation.
Il a relevé que la baisse quasi généralisée des prix des principales matières premières et produits de base sur le marché international a contribué au repli de l’inflation mondiale en 2024. Cependant, l’inflation sous-jacente demeure élevée, maintenant l’inflation globale au-delà des prévisions des banques centrales au cours des premiers mois de 2025.
Dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques et commerciales, ces tendances ont conduit à une révision à la hausse des perspectives d’inflation à court terme, incitant plusieurs grandes banques centrales à maintenir leurs taux directeurs inchangés.
Sur le plan national, la croissance économique a poursuivi sa progression au quatrième trimestre 2024, atteignant 2,4% en glissement annuel contre 1,8% le trimestre précédent. Cette dynamique repose principalement sur le renforcement des activités dans les secteurs des services et de l’agriculture.
Concernant le secteur extérieur, le conseil a constaté que le déficit courant s’est établi à 1.654 Mtnd (0,9% du PIB) à fin février 2025, contre 113 Mtnd (0,1% du PIB) un an plus tôt. Cette aggravation résulte principalement de l’élargissement du déficit commercial (-3.518 Mtnd contre -1.780 Mtnd à fin février 2024), malgré la bonne performance des recettes touristiques et des revenus du travail.
Par ailleurs, les avoirs nets en devises ont atteint, au 25 mars 2025, 22,9 milliards de dinars (100 jours d’importations), contre 27,3 milliards (121 jours) à fin décembre 2024. Le taux de change du dinar demeure stable face aux principales devises.
L’inflation, quant à elle, poursuit son ralentissement, s’établissant à 5,7% en février 2025, contre 6% le mois précédent. Cette atténuation s’explique en grande partie par la baisse de l’inflation des produits à prix administrés (2,2% contre 3,8%), en lien avec la réduction de la TVA sur les tarifs de l’électricité et le maintien du gel des prix des produits et services clés. Toutefois, l’inflation sous-jacente, hors produits alimentaires frais et prix administrés, a légèrement progressé à 5,1% en février contre 5% en janvier.
Les prix des produits alimentaires frais continuent d’évoluer à des niveaux élevés, atteignant 13,3% en février contre 13,2% un mois plus tôt.
Selon la BCT, les récentes tendances de l’inflation ont conduit à une révision à la baisse des prévisions pour les mois à venir. Cependant, la hausse des salaires dans les secteurs public et privé pourrait exercer des pressions à la hausse sur les coûts de production et stimuler davantage la demande, dans un contexte où les capacités de production restent limitées, notamment en raison du stress hydrique persistant et du rythme lent des réformes stratégiques.
Cette situation pourrait freiner une baisse plus marquée de l’inflation à court terme. En moyenne annuelle, le taux d’inflation devrait passer de 7% en 2024 à 5,3% en 2025.
Enfin, le conseil souligne que l’évolution future de l’inflation demeure incertaine et exposée à plusieurs risques haussiers, en lien avec la fluctuation des prix internationaux des matières premières, la dynamique de la demande et la gestion du déficit budgétaire de l’État.
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