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Heute — 26. Februar 2026Haupt-Feeds

L’olivier, moteur d’un modèle agricole durable en Tunisie

26. Februar 2026 um 06:00

En 2025, 352 projets de plantations d’oliviers ont vu le jour en Tunisie, pour une valeur de 39,1 MDT et bénéficiant de primes à hauteur de 14,9 MDT. Cette dynamique a permis d’intégrer 1 900 hectares de terres dans le cycle économique.

 

Une mécanique de financement public bien huilée

Ce bilan officiel, publié par l’ONAGRI, met en lumière un modèle de soutien public classique mais efficace dans le secteur agricole tunisien. L’investissement moyen par projet s’élève à environ à 0,111 MDT. Cela confirme la structure agraire tunisienne, dominée par de petites et moyennes exploitations. Ce ne sont pas des méga-fermes industrielles, mais une myriade d’agriculteurs qui modernisent ou étendent leurs oliveraies.

L’octroi de primes importantes n’est pas anodin. Elles représentent environ 38 % du coût total des projets. C’est un signal fort de l’État : l’oléiculture est une priorité nationale. Cette manne publique agit comme un catalyseur, rendant l’investissement viable pour des agriculteurs qui n’auraient pas pu se lancer seuls.

De plus, cet engouement permet d’exploiter des terres qui étaient en friche, sous-exploitées, ou utilisées pour des cultures à moindre valeur ajoutée. Les transformer en oliveraies, c’est faire le choix stratégique d’une culture pérenne, rentable et adaptée au climat.

 

Pourquoi l’olivier est-il si soutenu ?

Ce programme de plantations massives ne doit rien au hasard. Il s’inscrit dans une stratégie de développement agricole et économique cohérente. En fait, et face au changement climatique et à la raréfaction de l’eau, l’olivier est un arbre rustique et résilient. Il valorise des terres marginales et supporte la sécheresse.

Encourager sa plantation, c’est adapter l’agriculture tunisienne aux contraintes environnementales, tout en garantissant une production de base pour la consommation locale.

En outre, l’oléiculture est un puissant vecteur de maintien de la population rurale. Elle génère de l’emploi, aussi bien pour la plantation, l’entretien que pour la récolte, qui reste très manuelle. Intégrer 1 900 hectares, c’est créer ou stabiliser des centaines d’emplois directs et indirects dans des zones souvent défavorisées.

Enfin, la Tunisie est l’un des premiers exportateurs mondiaux d’huile d’olive. Chaque nouvel hectare planté aujourd’hui est une promesse de revenus en devises pour le pays dans trois à cinq ans, lorsque les arbres entreront en production. Dans un contexte de tensions sur la balance commerciale, c’est un enjeu majeur.

 

Les défis sous-jacents et questions en suspens

Derrière ces chiffres encourageants, se cachent des défis que cette analyse ne doit pas occulter. D’abord, la vraie question est qualitative. S’agit-il de plantations intensives, modernes et irriguées, ou de plantations extensives traditionnelles ? La réponse déterminera la productivité future et la compétitivité.

Ensuite, même si l’olivier est résilient, une plantation moderne a besoin d’eau, surtout les premières années. Ces 1 900 hectares supplémentaires vont-ils peser sur des ressources hydriques déjà surexploitées ? L’impact sur les nappes phréatiques est une question cruciale.

Finalement, au-delà de la plantation, que deviendra la récolte ? Le pari de l’État est que ces nouveaux volumes pourront être absorbés par les huileries, souvent vieillissantes, et valorisés à l’export. Cela suppose des investissements parallèles dans la modernisation de la transformation (passage aux systèmes continus, qualité de l’huile) et la promotion à l’export (huile conditionnée, bio).

Ce programme de plantations d’oliviers en 2025 est un excellent exemple de politique publique ciblée. C’est un investissement dans le patrimoine agricole du pays, dont les retombées économiques et sociales se mesureront sur la prochaine décennie.

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Taux directeur et taux des bons du Trésor : quelles interactions ?

24. Februar 2026 um 05:36

Les données fraîchement publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) montrent une légère hausse des taux moyens pondérés des Bons du Trésor non encore échus à la fin de l’année 2025. Cela pourrait paraître surprenant, surtout avec deux baisses successives du Taux directeur intervenues l’année dernière.

Entre décembre 2024 et décembre 2025, le Taux directeur a été réduit de 100 points de base. Sur la même période, le taux moyen pondéré des Bons du Trésor non encore échus, toutes maturités confondues, s’est élevé à 9,123 %, en hausse de 59 points de base sur une année.

 

Les causes de ce découplage

Certes, il y a une première explication évidente, qui est le remboursement des anciennes lignes de BTA, émises quelques années auparavant à des taux faibles par rapport à ceux émis post-2022. Cela fait que l’encours actuel est essentiellement composé de papiers récents à des rendements élevés.

Toutefois, il y a également des facteurs macroéconomiques et de marché qui priment sur le signal de la politique monétaire et qu’il ne faut pas sous-estimer.

Le premier est que le marché de la dette est bien plus influencé par le risque souverain que par le Taux directeur à court terme. Il y a donc une prime qui compense les craintes liées à la soutenabilité de la dette publique, aux besoins de financement du Trésor et à la santé globale des finances publiques, indépendamment de l’orientation de la politique monétaire.

Le second est que, même si la BCT a commencé à baisser ses taux, signe que l’inflation est perçue comme étant sous meilleur contrôle, le niveau général des prix reste élevé. Les investisseurs obligataires, surtout sur les longues maturités, exigent un rendement réel (taux nominal – inflation) suffisamment attractif. Si les anticipations d’inflation future restent ancrées au-dessus de l’objectif de la BCT, les taux nominaux ne peuvent pas baisser significativement.

 

Le second est que, même si la BCT a commencé à baisser ses taux, signe que l’inflation est perçue comme étant sous meilleur contrôle, le niveau général des prix reste élevé.

 

Le troisième est l’effet de lock-in. Les investisseurs institutionnels qui ont acheté des titres à des taux élevés ne sont pas incités à vendre pour en acheter de nouveaux à des taux plus bas. Ils conservent leurs titres en portefeuille. Ce qui réduit l’offre sur le marché secondaire et maintient les rendements à un niveau élevé pour les nouvelles émissions.

Le quatrième est le décalage entre la politique monétaire et les taux longs. Le Taux Directeur influence principalement les taux courts (monétaires). Son impact sur les taux longs (obligataires) est indirect et peut être contrecarré par d’autres forces. On observe d’ailleurs dans les données que le TMP des maturités de moins d’un an a très légèrement baissé en toute fin d’année, suivant de façon très timide la baisse du Taux Directeur de décembre. Et ce, contrairement aux taux des maturités supérieures à cinq ans qui, eux, sont restés stables.

En tout, la dynamique observée en Tunisie n’est pas particulière. La politique monétaire agit sur les taux courts; mais ce sont les anticipations sur la soutenabilité de la dette, l’inflation et la croissance qui déterminent les taux longs. La baisse du Taux Directeur était un signal nécessaire pour soutenir l’économie, mais elle n’a pas suffi à réduire la perception du risque par les investisseurs, qui continuent d’exiger des rendements élevés sur la dette publique tunisienne.

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Tunisie – L’équilibre fragile d’une accalmie monétaire

23. Februar 2026 um 08:20

L’économie tunisienne avance, en ce mois de février 2026, sur une ligne de crête. À l’international, les marchés demeurent suspendus aux trajectoires divergentes des grandes banques centrales; tandis que les tensions géopolitiques et la volatilité des matières premières continuent de modeler les flux financiers mondiaux. Dans ce contexte incertain, la Tunisie semble bénéficier d’un moment d’accalmie monétaire, mais une accalmie qui exige prudence et lucidité.

Les indicateurs du 20 février 2026 traduisent une phase de normalisation relative, sans pour autant dissiper les fragilités structurelles. La détente des taux, l’amélioration des avoirs en devises et la dynamique des recettes extérieures dessinent un tableau contrasté, où la stabilité retrouvée coexiste avec des défis budgétaires et financiers persistants.

Détente monétaire et ajustement du refinancement

La décision de la Banque centrale de Tunisie de maintenir son taux directeur à 7 %, contre 8 % un an auparavant, marque un tournant significatif. Le taux du marché monétaire s’aligne à 6,99 %, confirmant une transmission fluide de l’orientation monétaire. Cette baisse d’un point en glissement annuel constitue un signal fort : l’institution d’émission estime que les tensions inflationnistes sont désormais mieux contenues.

Le volume global du refinancement recule à 10 450 MDT, contre plus de 12 600 MDT un an plus tôt. Cette contraction traduit une liquidité bancaire moins sous pression et une dépendance réduite au guichet central. Les opérations d’open market diminuent sensiblement; tandis que la facilité permanente de prêt à 24 heures chute fortement par rapport à 2025, signe que les besoins d’urgence des banques se sont atténués.

Toutefois, la progression des transactions interbancaires, notamment à terme, révèle une recomposition du marché monétaire. Les banques semblent retrouver une confiance relative dans leurs échanges bilatéraux, ce qui constitue un indicateur qualitatif encourageant pour la stabilité du système financier.

Trésor public : une respiration précaire

Le solde du compte courant du Trésor se replie à 1 286 MDT, en baisse notable par rapport à la veille et légèrement supérieur à son niveau de l’an dernier. Cette évolution suggère une gestion de trésorerie sous tension, dans un contexte où les besoins budgétaires demeurent élevés.

La structure de l’endettement domestique évolue également. L’encours des bons du Trésor à court terme diminue fortement en glissement annuel; tandis que les Bons du Trésor assimilables progressent nettement. Ce basculement vers des maturités plus longues traduit une stratégie d’allongement de la durée moyenne de la dette, visant à réduire le risque de refinancement immédiat. Cette orientation est cohérente, mais elle accroît mécaniquement la charge d’intérêts future si les conditions de marché se tendent à nouveau.

Devises et dinar : un renforcement mesuré

Les avoirs nets en devises atteignent 25 223 MDT, représentant 106 jours d’importation, contre 101 jours un an auparavant. Cette amélioration constitue l’un des points les plus solides du tableau macrofinancier actuel. Elle offre à la banque centrale une marge de manœuvre accrue pour lisser les chocs externes et stabiliser le marché des changes.

Le dinar s’apprécie nettement face au dollar américain, s’établissant autour de 2,88 dinars pour un dollar, contre plus de 3,17 un an plus tôt. Cette évolution reflète à la fois un affaiblissement relatif du billet vert sur certains segments internationaux et une amélioration des équilibres externes tunisiens. Face à l’euro, la parité demeure relativement stable, traduisant la forte corrélation structurelle entre l’économie tunisienne et la zone euro.

L’appréciation du dinar contribue à contenir les pressions importées sur les prix; mais elle pose un défi pour la compétitivité des exportations industrielles. L’arbitrage entre stabilité monétaire et soutien à la croissance reste délicat.

Tourisme et transferts : les piliers de la résilience

Les recettes touristiques cumulées progressent sensiblement par rapport à 2025, atteignant près de 700 MDT à la date du 10 février. De même, les revenus du travail en espèces dépassent le milliard de dinars, en hausse marquée sur un an. Ces deux agrégats constituent aujourd’hui les véritables amortisseurs externes de l’économie tunisienne.

Dans un environnement international encore marqué par des incertitudes géopolitiques et des cycles de croissance hétérogènes, la capacité de la Tunisie à capter des flux touristiques et à mobiliser les transferts de sa diaspora représente un atout stratégique. Cette dynamique soutient les réserves de change, stabilise le dinar et allège partiellement la contrainte extérieure.

Le service de la dette extérieure cumulée affiche, quant à lui, une forte baisse en glissement annuel, reflet d’un profil d’échéances moins exigeant en ce début d’année. Cette respiration temporaire ne doit cependant pas masquer l’ampleur des engagements futurs.

Perspectives : entre stabilisation et vigilance

À court terme, les indicateurs suggèrent une phase de stabilisation maîtrisée. La détente monétaire, l’amélioration des réserves et la dynamique des recettes extérieures créent un environnement plus favorable que celui observé en 2025. Cette configuration pourrait soutenir une reprise graduelle de l’investissement et du crédit, à condition que la confiance des agents économiques se consolide.

À moyen terme, les enjeux demeurent structurels. La consolidation budgétaire, la réforme des entreprises publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale et la relance de l’investissement productif restent des impératifs incontournables. La politique monétaire ne peut, à elle seule, porter la croissance.

La Tunisie se trouve ainsi dans une phase charnière. Les indicateurs du 20 février 2026 ne signalent ni euphorie ni crise imminente. Ils décrivent une économie en quête d’équilibre, profitant d’un répit monétaire pour réorganiser ses fondamentaux. La véritable question n’est plus celle de l’urgence, mais celle de la transformation : convertir cette accalmie en dynamique durable.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (20/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (20/02/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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PGH – Land’Or : bien plus qu’une synergie

20. Februar 2026 um 08:17

L’opération par laquelle PGH envisage d’entrer dans le capital de Land’Or est un événement majeur, non seulement pour le marché boursier, mais aussi pour l’économie tunisienne et le paysage de l’agroalimentaire dans la région.

 

Le fonds d’investissement MAGHREB PRIVATE EQUITY FUND IV LLC (MPEFIV) a reçu une offre non engageante de la part du PGH, en vue de l’acquisition de la totalité de sa participation directe et indirecte dans le capital du groupe Land’Or. Au 30 juin 2025, la part détenue s’élève à 36,17 %.

Les deux parties ont, à cet effet, signé un accord non engageant, constituant une étape préliminaire d’un processus de cession structuré. Elle porte sur la reprise de la totalité de la participation directe et indirecte actuellement détenue dans le capital du groupe Land’Or. La concrétisation de cette opération demeure conditionnée à la réalisation des dues diligences, à la négociation et à la signature des documents contractuels usuels, ainsi qu’à l’obtention des autorisations administratives et réglementaires requises.

 

Lire aussi : La cotation de PGH et de LAND’OR suspendue pour un jour 

 

Une opération stratégique

En rapprochant PGH, un géant présent notamment dans l’agroalimentaire, et Land’Or, un spécialiste des fromages, on assisterait à la naissance d’un leader incontesté du secteur agroalimentaire en Tunisie. Il y a des synergies évidentes, PGH apportant une puissance industrielle, logistique et financière; tandis que Land’Or apportera son savoir-faire unique dans le fromage, un segment en forte croissance.

Cette union créerait un groupe capable de rivaliser plus efficacement avec les importations et de peser davantage face à la grande distribution.

Land’Or est une entreprise qui a connu une croissance fulgurante mais qui, comme beaucoup de grandes entreprises tunisiennes, a rencontré des difficultés liées à la conjoncture économique du pays. PGH, avec sa solidité financière, peut sécuriser les opérations de Land’Or et lui donner les moyens de ses ambitions.

Stratégiquement, cette opération est d’une grande utilité pour les deux entités. Pour Land’Or, exporter massivement vers l’Afrique subsaharienne exige des volumes générant des économies d’échelles, sans oublier une capacité logistique colossale. PGH est un vrai levier, possédant une expérience de l’export et une présence dans plusieurs pays africains via ses filiales.

 

Lire également : SAH Lilas fait peau neuve après la prise de participation de PGH

 

En intégrant les produits Land’Or à ce réseau, c’est la Tunisie qui peut significativement augmenter ses exportations de produits agroalimentaires à valeur ajoutée.

Il ne faut pas également oublier que PGH a engagé une opération de carve-out (détourage) qui se traduira par l’ouverture d’une part du capital de ce pôle sur le Marché Boursier de Tunis, permettant ainsi aux différentes sociétés qui le composent de faciliter leur développement sur le marché local et à l’international, et de nouer des partenariats stratégiques et techniques. L’opération entre donc dans la concrétisation d’une stratégie réfléchie.

 

La Bourse de Tunis gagne aussi

Pour la Bourse, une telle opération est capable de donner de la visibilité et de l’attractivité à la Cote. Elle valorise le savoir-faire local et peut attirer l’attention d’autres investisseurs institutionnels sur la place financière de Tunis.

Ces derniers ne s’intéressent à un marché ou à une entreprise que s’ils disposent d’une visibilité claire sur leur sortie. L’opération envisagée entre PGH et Land’Or illustre parfaitement cela. Il s’agit d’un exit par cession stratégique, où un investisseur initial dans Land’Or cède sa place à un géant industriel qui, en tant qu’acquéreur stratégique, ne cherche pas une sortie rapide mais à intégrer Land’Or dans son écosystème pour créer de la valeur à long terme.

In fine, ce rapprochement est important, car il illustre une stratégie de consolidation défensive et offensive. Défensive pour faire face à la situation locale et l’étroitesse du marché, et offensive pour conquérir de nouveaux marchés en Afrique et ailleurs.

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Baisse des besoins de liquidités des banques au dernier trimestre 2025

19. Februar 2026 um 05:45

Les besoins de liquidité du secteur bancaire ont signé deux baisses consécutives au cours des troisième et quatrième trimestres 2025, totalisant 11 301 MDT.

 

Repli de l’effet restrictif

L’atténuation marquée des besoins moyens des banques en liquidité au cours du dernier quart de 2025 a été soutenue par une baisse significative du solde moyen des facteurs autonomes ayant un effet restrictif sur la liquidité (10 967 MDT, contre 12 752 MDT au trimestre d’avant).

A l’inverse, les réserves requises ont accusé une légère progression de 12 MDT, donnant lieu à un besoin moyen en monnaie centrale pour les banques de 334 MDT au quatrième trimestre 2025.

L’apport de liquidité a été principalement assuré par les avoirs nets en devises et les billets et monnaies en circulation, bien que leur contribution se soit avérée moins prononcée qu’au trimestre précédent.

Les ventes nettes de devises (656 MDT), les opérations de “dinarisation“ de billets étrangers (609 MDT), ainsi que le reflux des espèces vers les guichets bancaires (953 MDT) ont concouru à cette évolution.

À l’inverse, le Compte Courant du Trésor a exercé un effet restrictif, essentiellement imputable aux émissions de BTA (2 872 MDT), effet partiellement atténué par les remboursements du service de la dette intérieure (1 799 MDT).

 

Une moindre intervention de la BCT

Parallèlement, les interventions de la BCT par le biais de ses différents instruments de politique monétaire, ont également diminué, pour s’établir en moyenne à 11 375 MDT au cours du dernier trimestre de l’année 2025.

Le volume des opérations principales de refinancement a enregistré une baisse de 1 601 MDT. À l’inverse, les apports de liquidité issus des opérations d’achats fermes se sont inscrits en hausse de 378 MDT, portant l’enveloppe moyenne correspondante à 3 827 MDT sur la même période.

Toutes ces évolutions se sont traduites par un excédent moyen de liquidité sur le marché monétaire, évalué à 74 MDT fin décembre 2025. Cela a induit un recours accru à la facilité de dépôt par rapport à la facilité de prêt marginale sur l’ensemble du quatrième trimestre. Dans ce contexte, la position nette au titre de ces facilités s’est ainsi établie à -35 MDT, contre +88 MDT au trimestre précédent.

 

Un marché interbancaire dynamique

En contrepartie, et en lien avec l’amélioration de la liquidité structurelle des banques, l’activité du marché interbancaire a continué sa progression au cours du dernier trimestre de 2025, à un rythme toutefois nettement plus soutenu (+737 MDT) que celui observé au troisième trimestre (+253 MDT).

Cette augmentation a concerné tant les opérations à vue (+344 MDT) que les opérations à terme (+393 MDT), portant leurs volumes moyens de transactions, respectivement, à 2 833 MDT et à 1 132 MDT au dernier trimestre de l’année précédente.

Ainsi, le taux mensuel moyen du marché monétaire (TMM) s’est maintenu à un niveau inférieur d’un point de base au taux directeur de la BCT tout au long du dernier trimestre de 2025. La moyenne trimestrielle s’est située à 7,49 %.

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Quand la mer se renchérit d’un risque global et d’une vulnérabilité tunisienne

18. Februar 2026 um 06:00

La mer n’est plus seulement un espace de circulation. Elle est redevenue un espace de confrontation. Les routes maritimes, artères vitales du commerce mondial, sont aujourd’hui traversées par les lignes de fracture géopolitiques. Les tensions militaires, les attaques ciblées contre des navires marchands, les rivalités stratégiques autour des détroits transforment l’incertitude en variable économique centrale. Et cette incertitude se traduit immédiatement dans les contrats d’assurance.

Depuis la dégradation sécuritaire en mer Rouge et autour du détroit de Bab el-Mandeb, les assureurs maritimes ont reclassé certaines zones parmi les plus risquées du globe. Les surprimes de guerre ont bondi, parfois multipliées en quelques jours lors des pics de tension. Les armateurs, prudents, redessinent leurs routes et contournent l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les délais et renchérissant les coûts d’exploitation.

Ce qui pourrait apparaître comme un simple ajustement technique constitue en réalité un choc systémique. L’assurance maritime agit comme un marché avancé du risque. Elle intègre les probabilités d’escalade militaire, d’attaques asymétriques ou de sanctions internationales avant même que ces scénarios ne se matérialisent pleinement. La prime devient ainsi le baromètre financier de la fragmentation du monde.

L’effet multiplicateur sur les coûts mondiaux

Dans l’économie contemporaine, le transport maritime ne représente pas une activité périphérique, mais le cœur logistique de la mondialisation. Lorsque la prime d’assurance augmente, elle ne pèse pas uniquement sur l’armateur. Elle se diffuse tout au long de la chaîne de valeur. Les importateurs paient plus cher, les distributeurs ajustent leurs marges, les consommateurs absorbent une partie du surcoût.

À cela s’ajoute l’effet cumulatif des détours logistiques. Un trajet plus long signifie davantage de carburant, davantage d’immobilisation de navires, davantage de tensions sur les capacités disponibles. Les taux de fret augmentent parallèlement aux primes d’assurance. Cette double hausse agit comme une taxe géopolitique invisible sur le commerce mondial.

Les matières premières stratégiques sont particulièrement sensibles à ces perturbations. Le pétrole, le gaz, les céréales et les intrants industriels voient leurs coûts d’acheminement grimper, alimentant des pressions inflationnistes dans les économies importatrices.

La Tunisie, exposée par structure

Pour la Tunisie, l’impact n’est ni théorique, ni marginal. Économie ouverte, dépendante des importations énergétiques et céréalières, elle subit directement la hausse du coût CAF, qui inclut précisément l’assurance et le fret. Lorsque la prime augmente, la facture extérieure s’alourdit mécaniquement.

Dans un contexte budgétaire contraint, où les subventions énergétiques et alimentaires pèsent lourdement sur les finances publiques, chaque surcoût logistique se transforme en pression supplémentaire sur le déficit. L’État absorbe une partie du choc pour préserver le pouvoir d’achat, mais ce mécanisme a ses limites. À moyen terme, la soutenabilité budgétaire se trouve interrogée.

Les entreprises exportatrices tunisiennes ressentent également l’onde de choc. L’industrie manufacturière, insérée dans les chaînes de valeur européennes, dépend de flux logistiques réguliers et compétitifs. Une hausse durable des coûts maritimes érode les marges et fragilise la compétitivité, surtout face à des concurrents bénéficiant d’économies d’échelle plus importantes.

Ainsi, un incident en mer peut se traduire par une tension sur la trésorerie d’une entreprise tunisienne. La mondialisation lie étroitement sécurité maritime et stabilité économique locale.

Inflation importée et dilemme stratégique

La transmission de ces hausses aux prix intérieurs est progressive mais réelle. Lorsque l’énergie coûte plus cher à l’importation, l’ensemble des coûts de production domestiques est affecté. Le transport terrestre, l’agriculture, l’industrie voient leurs charges augmenter. L’inflation importée s’installe alors comme un phénomène diffus, difficile à maîtriser.

La politique monétaire se heurte ici à ses propres limites. Face à un choc externe de nature géopolitique, l’outil des taux d’intérêt ne peut corriger la source du problème. Il peut seulement tenter d’en amortir les effets secondaires. Or, dans une économie où la croissance demeure fragile, l’arbitrage entre stabilité des prix et soutien à l’activité devient particulièrement délicat.

Cette situation souligne une vérité plus profonde : la dépendance logistique est devenue un facteur de vulnérabilité stratégique. La sécurité économique ne se résume plus à l’équilibre budgétaire ou monétaire ; elle inclut la sécurisation des routes d’approvisionnement.

Vers une nécessaire résilience logistique

L’augmentation des primes d’assurance maritime doit être interprétée comme un signal d’alerte stratégique. Elle invite à repenser la résilience nationale face aux chocs exogènes. Diversifier les fournisseurs, renforcer les capacités de stockage stratégique, moderniser les infrastructures portuaires, développer des partenariats régionaux plus intégrés. Ce sont autant de leviers susceptibles de réduire l’exposition aux aléas géopolitiques.

La Tunisie, pays méditerranéen par essence, ne peut se soustraire aux dynamiques maritimes mondiales. Mais elle peut atténuer leur impact en renforçant sa capacité d’anticipation et de gestion du risque. Cela suppose une vision stratégique intégrée, où la logistique, la diplomatie économique et la planification budgétaire dialoguent étroitement.

Le prix de l’instabilité

La flambée des primes d’assurance maritime est plus qu’un indicateur sectoriel. Elle est le reflet financier d’un monde en recomposition, où la rivalité des puissances, les conflits régionaux et la fragmentation commerciale redessinent les flux d’échange.

Pour la Tunisie, l’enjeu est clair : dans un environnement international incertain, la stabilité macroéconomique dépend désormais autant de la géopolitique des mers que des équilibres internes. La prime d’assurance n’est plus un simple poste comptable. Elle devient l’expression concrète d’un désordre mondial dont les répercussions atteignent les quais des ports tunisiens et, au-delà, l’équilibre économique du pays.

La mer demeure une ouverture. Mais elle est aussi devenue une variable stratégique majeure. Et dans ce nouvel âge des tensions, naviguer exige plus que des navires : cela requiert une vision.

 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Fitch Ratings : la résilience des banques tunisiennes mise prochainement à l’épreuve

17. Februar 2026 um 09:44

Dans un rapport récent, Fitch Ratings est revenue sur la question de la résilience des banques tunisiennes qui sera mise à l’épreuve par les réformes du cadre prudentiel. L’agence de notation estime que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit l’introduction de règles de fonds propres alignées à Bâle III d’ici fin 2026.

 

Les réformes envisagent des exigences plus strictes, tant qualitatives que quantitatives, en matière de fonds propres de base. Avec un accent accru mis sur les fonds propres de catégorie 1 (Tier 1) et les fonds propres ordinaires (commonequity), ainsi que l’introduction d’une déclaration obligatoire des ratios de fonds propres ordinaires de catégorie 1 (commonequity Tier 1).

 

Un défi pour le secteur

L’adoption de cette méthodologie pour le calcul des actifs pondérés en fonction des risques pour les risques de crédit et opérationnels entraînera probablement une hausse de ces actifs pour de nombreuses banques, exerçant une pression à la baisse sur les ratios de fonds propres déclarés.

Un tel rehaussement des normes posera un défi à certaines banques, dont les coussins de sécurité sont minces par rapport aux seuils réglementaires actuels. Elles seront appelées à améliorer leurs fonds propres.

Les réformes envisagées interviennent dans un contexte de conditions d’exploitation jugées « difficiles » par Fitch et de « détérioration de la qualité des actifs, liée à des pressions macroéconomiques persistantes ». Cela resserrera donc les normes de solvabilité, alors même que les banques se préparent à l’introduction d’IFRS 9, que les autorités prévoient de mettre en œuvre d’ici fin 2027.

 

L’adoption de cette méthodologie pour le calcul des actifs pondérés en fonction des risques pour les risques de crédit et opérationnels entraînera probablement une hausse de ces actifs pour de nombreuses banques, exerçant une pression à la baisse sur les ratios de fonds propres déclarés.

 

Multiplication des réformes

Parallèlement, la mise en œuvre d’IFRS 9 fera évoluer les banques vers un cadre de provisionnement pour pertes de crédit attendues, nécessitant une reconnaissance plus prospective de la détérioration du crédit. Cela nécessitera probablement un provisionnement supplémentaire, en particulier pour les expositions classées 2.

Cependant, le régulateur a progressivement renforcé la méthodologie de calcul des provisions générales depuis 2021. Ce qui devrait faciliter la transition vers l’IFRS 9 pour la plupart des banques.

En outre, Fitch note que ces réformes auront un effet positif à long terme sur l’ensemble du secteur, en renforçant la discipline en matière de fonds propres et les pratiques de gestion des risques, et en soutenant à terme la capacité d’absorption des pertes des banques. De plus, Fitch n’anticipe pas d’intervention réglementaire pour les établissements qui ne seront pas conformes à fin 2026.

En termes de profitabilité, le secteur préservera sa rentabilité, jugée modeste, et conservera une bonne position de liquidité. Pour rappel, le ratio de solvabilité du secteur s’élève à 14,4 % fin septembre 2025; contre un minimum réglementaire de 10 %.

 

Tolérance attendue

Certaines banques ont renforcé préventivement leurs fonds propres en amont des réformes. Tandis que d’autres affichent toujours des insuffisances pour satisfaire aux exigences plus strictes. Fitch s’attend à ce que ces dernières procèdent à un renforcement supplémentaire de leurs fonds propres, principalement par la rétention des bénéfices et/ou par des augmentations de capital.

Par ailleurs, les conditions de marché devraient rester favorables aux émissions d’actions en 2026. Mais les plans de levée de fonds dépendant des capitaux propres seront vulnérables au sentiment des investisseurs. Les banques les plus fragiles, ayant une rentabilité limitée, pourraient avoir des difficultés à renforcer leurs fonds propres de manière organique. La consolidation pourrait offrir une alternative pour les petits établissements, même s’il ne s’agit pas d’un scénario réalisable à court terme.

 

Les conditions de marché devraient rester favorables aux émissions d’actions en 2026, mais les plans de levée de fonds dépendant des capitaux propres seront vulnérables au sentiment des investisseurs.

 

Enfin, l’agence de notation prévoit que la BCT autoriserait une période de transition progressive ou ferait preuve de tolérance pour les banques qui ne satisferaient pas aux normes plus strictes à fin 2026. Cette approche pourrait être prolongée sur plusieurs années.

L’article Fitch Ratings : la résilience des banques tunisiennes mise prochainement à l’épreuve est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tunisie : la stabilisation fragile d’un équilibre sous tension

16. Februar 2026 um 05:21

Il y a des périodes où les chiffres cessent d’être de simples indicateurs pour devenir des signaux. Les données arrêtées au 13 février 2026 ne racontent pas une euphorie retrouvée, ni une crise imminente. Elles décrivent une économie qui cherche son point d’équilibre après plusieurs années de tensions monétaires, de pressions inflationnistes et de contraintes externes. La Tunisie semble entrer dans une phase de stabilisation relative, mais cette stabilisation demeure conditionnelle, dépendante de facteurs internes et internationaux encore mouvants.

 

L’environnement international joue un rôle déterminant dans cette respiration tunisienne. La désinflation progressive observée aux États-Unis et dans la zone euro a modifié l’orientation des politiques monétaires. Les cycles agressifs de relèvement des taux ont laissé place à une posture d’attentisme. Les marchés anticipent désormais des ajustements graduels, ce qui réduit la pression sur les monnaies émergentes et sur les flux financiers internationaux.

Cependant, cette accalmie monétaire mondiale ne s’accompagne pas d’un véritable cycle d’expansion. La croissance européenne reste faible, ce qui limite le dynamisme de la demande adressée aux exportations tunisiennes. Les tensions géopolitiques, la fragmentation commerciale et la volatilité des prix énergétiques maintiennent un climat d’incertitude.

Dans ce contexte, la relative appréciation du dinar face au dollar constitue un facteur d’allègement. Le taux moyen interbancaire à 2,857 dinars pour un dollar marque une amélioration notable par rapport à l’année 2025. Cette évolution réduit la facture des importations énergétiques et alimentaires libellées en devises et améliore mécaniquement certains ratios d’endettement extérieur. La stabilité face à l’euro renforce également la prévisibilité des échanges avec le principal partenaire commercial du pays.

Politique monétaire : vers une normalisation graduelle

La décision de maintenir le taux directeur à 7 %, après un cycle antérieur de resserrement culminant à 8 %, traduit un changement de phase. La Banque centrale semble considérer que les tensions inflationnistes sont en voie de modération, sans pour autant prendre le risque d’un relâchement prématuré.

Le recul du volume global du refinancement, désormais à 11 670 millions de dinars (MDT) contre plus de 13 000 MDT un an auparavant, est révélateur. Il traduit une moindre dépendance structurelle des banques au guichet central. La baisse des encours d’open market et des refinancements à plus long terme confirme cette tendance.

Parallèlement, l’augmentation du volume des transactions interbancaires, tant à vue qu’à terme, indique une meilleure redistribution interne de la liquidité. Le système bancaire semble moins fragmenté, moins contraint par des déséquilibres aigus.

La diminution marginale des billets et monnaies en circulation suggère également une atténuation des comportements de thésaurisation. Lorsque la confiance monétaire progresse, même modestement, les agents économiques réintègrent progressivement les circuits formels.

Trésorerie publique : gestion active et rééquilibrage de la dette

Le solde du compte courant du Trésor, en nette amélioration à 1 382 MDT, traduit une gestion plus maîtrisée des flux budgétaires. Cette évolution peut résulter d’un meilleur phasage des dépenses, d’une mobilisation accrue des recettes ou d’une combinaison des deux.

La transformation de la structure de la dette intérieure est particulièrement significative. La forte contraction des Bons du Trésor à court terme, parallèlement à l’augmentation des Bons du Trésor Assimilables, montre une volonté d’allonger la maturité moyenne de la dette domestique. Cette stratégie réduit la vulnérabilité aux tensions de refinancement et l’exposition aux chocs de liquidité à court terme.

Toutefois, cette amélioration technique ne saurait masquer la contrainte structurelle : la dette publique demeure élevée et sa soutenabilité dépendra du différentiel entre croissance nominale et coût moyen de financement.

Balance des paiements : les amortisseurs traditionnels en action

Les avoirs nets en devises atteignent 25,3 milliards de dinars, représentant 107 jours d’importation. Cette progression annuelle est significative. Elle repose principalement sur deux moteurs traditionnels : le tourisme et les transferts des travailleurs à l’étranger.

Les recettes touristiques cumulées dépassent les 696 MDT à la mi-février; tandis que les revenus du travail franchissent le seuil du milliard de dinars. Ces flux constituent une source de devises stable et relativement résiliente.

Le service de la dette extérieure, bien qu’en hausse par rapport à la veille, reste nettement inférieur au niveau exceptionnellement élevé enregistré un an auparavant. Cela allège temporairement la pression sur les réserves et améliore la perception du risque souverain.

Cependant, cette amélioration demeure fragile. Elle dépend de facteurs exogènes : stabilité régionale, conjoncture européenne, confiance des diasporas et flux touristiques. Une dégradation rapide de l’environnement international pourrait inverser ces tendances.

 

Perspectives à court terme : une fenêtre d’opportunité

À court horizon, la Tunisie bénéficie d’une configuration relativement favorable. La détente monétaire, la stabilisation du dinar, le renforcement des réserves et l’amélioration de la trésorerie publique créent un espace de respiration macroéconomique.

Cette phase pourrait soutenir une reprise modérée du crédit et atténuer la pression sur le pouvoir d’achat si la désinflation se confirme. Le système bancaire, moins contraint, dispose d’une capacité accrue à financer l’économie réelle.

Mais cette embellie demeure conditionnée à la discipline budgétaire et à la cohérence des politiques économiques.

Perspectives à moyen terme : le défi de la transformation

Le véritable enjeu n’est pas la stabilisation conjoncturelle, mais la transformation structurelle. La croissance tunisienne reste insuffisante pour absorber le chômage et améliorer durablement les équilibres sociaux. L’investissement privé demeure prudent, dans un climat où la visibilité réglementaire et fiscale reste perfectible.

Si la stabilité monétaire actuelle n’est pas accompagnée de réformes structurelles favorisant la productivité, la compétitivité et l’intégration dans les chaînes de valeur internationales, elle risque de n’être qu’un répit temporaire.

La Tunisie dispose aujourd’hui d’un rare moment d’équilibre relatif entre ses contraintes internes et son environnement externe. Ce moment n’est ni spectaculaire ni triomphal. Il est stratégique. Car dans les trajectoires économiques, ce sont souvent les phases d’accalmie qui déterminent la capacité d’un pays à redéfinir son modèle de croissance.

La stabilisation est en cours. Reste à savoir si elle sera le prélude d’une consolidation durable ou simplement une pause dans un cycle de tensions récurrentes.

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (13/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (13/02/2026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Tunisie : Le vrai coût du Ramadan

14. Februar 2026 um 05:30

À une semaine du mois saint, plusieurs économistes alertent sur l’impact économique du Ramadan en Tunisie. Deux préoccupations majeures ressortent : le couple consommation/inflation et la baisse de productivité. Dans un contexte de finances publiques fragiles, de déséquilibre commercial et de concurrence internationale accrue, ils appellent à une prise de conscience collective afin de limiter un relâchement dont le coût économique et social serait difficilement rattrapable.

C’est en peu de mots la conclusion d’entretiens croisés de leconomistemaghrebin.com auprès d’analystes et économistes de la place. Leur analyse vaut le détour.

Consommation, inflation et gaspillage

Les analystes évoquent « une explosion de la consommation pendant le Ramadan » accompagnée d’une pression haussière sur les prix. Cette évolution, jugée déséquilibrée, alimente l’inflation sans s’appuyer sur un effort équivalent de production. Pourtant, ils estiment que la situation n’a rien d’inéluctable.

« La population tunisienne reste identique avant et pendant le Ramadan », rappelle un économiste. Les onze millions d’habitants ne peuvent matériellement consommer deux fois plus du jour au lendemain. Le phénomène relèverait davantage de la psychologie collective : la privation diurne aiguise l’appétit et encourage une logique de compensation. « On mange aussi avec ses yeux », dit l’expression populaire tunisienne.

 

« On ne peut financer le social sans performance économique ». Or les exportations stagnent tandis que les importations progressent, signe d’une compétitivité affaiblie.

 

Les experts insistent : le problème n’est pas la consommation en soi, mais le gaspillage et le décalage entre production et demande. Une hausse de la consommation d’œufs ou de viandes blanches peut être positive si elle découle d’une production accrue. En revanche, jeter la nourriture ou importer davantage sans renforcer l’appareil productif aggrave le déficit commercial et fragilise les équilibres macroéconomiques.

Dans un pays qui aspire à consolider son modèle social, rappellent-ils, l’effort de redistribution suppose un socle productif solide. « On ne peut financer le social sans performance économique ». Or les exportations stagnent tandis que les importations progressent, signe d’une compétitivité affaiblie.

Une dimension culturelle plus que religieuse

Selon ces économistes, la spécificité tunisienne tient moins au jeûne qu’à la manière dont le Ramadan est vécu. « Le mois s’inscrit davantage dans une acceptation culturelle que dans une stricte observance religieuse ». Il est perçu comme un temps festif, propice aux réunions familiales et aux veillées nocturnes, davantage que comme un mois de recueillement.

Cette transformation alimente une dynamique de consommation et modifie les rythmes sociaux. Cafés animés la nuit, jeux de cartes et sorties tardives créent une atmosphère qui s’éloigne de l’esprit de sobriété initial. Pourtant, rappellent-ils, « la finalité du jeûne est de permettre aux plus aisés de ressentir ce qu’éprouvent quotidiennement les plus démunis », afin de renforcer l’empathie et la solidarité.

 

Cette transformation alimente une dynamique de consommation et modifie les rythmes sociaux. Cafés animés la nuit, jeux de cartes et sorties tardives créent une atmosphère qui s’éloigne de l’esprit de sobriété initial.

 

Des initiatives existent – tables de Ramadan, paniers alimentaires, actions caritatives – mais elles restent insuffisantes face à l’ampleur des déséquilibres. Les analystes plaident pour « une pédagogie nouvelle, non pas morale mais fondée sur la compréhension des enjeux économiques réels ».

La productivité, véritable nœud du problème

La baisse de productivité observée durant le Ramadan n’est pas, selon eux, liée au jeûne lui-même. « De nombreuses personnes jeûnent sans que leur rendement ne diminue ». Le facteur déterminant serait le manque de sommeil et la perception du mois comme une période de relâchement comparable aux vacances d’été.

Veillées jusqu’à trois ou quatre heures du matin, retards et absences le lendemain, nervosité liée à l’absence de café ou de cigarette : ces comportements désorganisent le travail collectif. Sur une chaîne de production, il suffit de quelques défaillances pour perturber l’ensemble.

Les comparaisons internationales sont jugées éclairantes. « En France, des millions de musulmans travaillent dans les usines aux mêmes rythmes que leurs collègues non musulmans. Ils observent le jeûne sans baisse de productivité ». Cela démontre que le problème tunisien n’est ni physiologique ni religieux, mais organisationnel et culturel.

 

« En France, des millions de musulmans travaillent dans les usines aux mêmes rythmes que leurs collègues non musulmans. Ils observent le jeûne sans baisse de productivité ». Cela démontre que le problème tunisien n’est ni physiologique ni religieux, mais organisationnel et culturel.

 

Le coût du relâchement

Dans une économie ouverte et concurrentielle, toute perte de performance se paie immédiatement en parts de marché. « La souveraineté nationale n’est jamais définitivement acquise. Sans performance économique, elle se réduit à de la rhétorique ».

La Tunisie ne peut plus compter sur un accès facile au financement extérieur. Les réserves de change sont limitées, les finances publiques sous tension et les pénuries se multiplient. Dans ce contexte, fonctionner « à dix ou quinze pour cent du potentiel » constitue un luxe que le pays ne peut se permettre.

Les économistes établissent également un parallèle avec les mois de juillet et d’août, durant lesquels l’activité ralentit fortement. Cette réduction prolongée du temps de travail pèserait lourdement sur la croissance annuelle. Aucune raison climatique objective ne justifie un arrêt quasi généralisé, soulignent-ils, citant des pays où les températures sont plus élevées mais sans ralentissement majeur de l’activité.

Un mois de mobilisation

Le Ramadan ne devrait pas être un prétexte au relâchement, mais « un mois de mobilisation ». Les investisseurs étrangers observent la stabilité et la discipline d’un pays avant d’y engager des capitaux. Un investissement perdu peut ne pas se représenter avant des années.

Les analystes appellent donc à un effort collectif impliquant pouvoirs publics, entreprises, syndicats, écoles et familles. Il s’agit d’adopter des comportements rationnels, de réduire le gaspillage, de maintenir l’exigence académique et professionnelle, et de préserver la qualité de service, notamment dans les secteurs exposés comme le tourisme.

En définitive, la question dépasse le seul mois de Ramadan. Elle renvoie à une conscience collective : la Tunisie doit devenir un pays où l’on travaille avec régularité et rigueur douze mois par an. « Le Ramadan doit renforcer la solidarité, non affaiblir la production ». La compétitivité et la cohésion sociale en dépendent.

 

La question dépasse le seul mois de Ramadan. Elle renvoie à une conscience collective : la Tunisie doit devenir un pays où l’on travaille avec régularité et rigueur douze mois par an. « Le Ramadan doit renforcer la solidarité, non affaiblir la production ». La compétitivité et la cohésion sociale en dépendent.

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