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Trump-Iran : vers une nouvelle guerre ?

02. November 2026 um 15:37

Le président Donald Trump pourrait engager une nouvelle campagne militaire, brève mais particulièrement intense, à l’issue des élections américaines de mi-mandat prévues mardi 3 novembre. Il a ainsi affirmé que les États-Unis devraient, « à un moment, donner un coup de massue » à l’Iran. En réponse, Téhéran a mis en garde Washington : une reprise des hostilités risquerait de déboucher sur une guerre « plus longue que la précédente ». Des rumeurs évoquent même le recours ultime à l’arme nucléaire… Il faut dire que les précédentes interventions militaires américaines se sont soldées par une impasse stratégique, révélatrice des limites de la puissance militaire des États-Unis et du déclin de son hégémonie, y compris au Moyen-Orient. Une nouvelle opération viserait ainsi à restaurer et à réaffirmer sa domination.

 

L’impasse stratégique des précédentes opérations

La confrontation militaire directe entre l’Iran et la coalition israélo-américaine s’est articulée autour de deux séquences majeures. La première remonte à juin 2025, lorsqu’Israël a lancé une série de frappes contre les installations nucléaires iraniennes, officiellement présentées par Tel-Aviv comme des opérations préventives visant à empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique. La seconde, d’une tout autre ampleur, correspond à l’offensive israélo-américaine déclenchée en février 2026. Celle-ci a notamment entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei et l’élimination de plusieurs responsables de premier plan, sans pour autant provoquer l’effondrement du régime ni parvenir à neutraliser définitivement les capacités militaires conventionnelles et nucléaires de l’Iran.

Pire, le détroit d’Ormuz, particulièrement stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, n’est plus libre de navigation… La coalition israélo-américaine s’est ainsi heurtée à une résilience iranienne manifestement sous-estimée.

La confrontation a mis en lumière l’incapacité des États-Unis à imposer leurs conditions et à atteindre les objectifs stratégiques qu’ils s’étaient fixés. A l’inverse, l’Iran peut revendiquer une forme de victoire politique et stratégique, à tout le moins à court terme. Plusieurs éléments étayent cette lecture.

En premier lieu, Téhéran a démontré sa capacité à entraver, voire à paralyser, la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Il a ainsi révélé l’existence d’un puissant levier de pression et de dissuasion à l’échelle internationale. En deuxième lieu, malgré l’ampleur des destructions, le pays a préservé une partie substantielle de ses capacités stratégiques. Enfin, la guerre n’a pas entraîné de changement de régime à Téhéran.

L’équilibre interne du pouvoir s’en trouve toutefois sensiblement modifié. Le conflit semble avoir conforté le noyau dur du régime, structuré autour des appareils militaires et sécuritaires, tout en accentuant la répression intérieure. Le poids politique, économique et militaire des « Gardiens de la révolution », déjà déterminant dans l’architecture institutionnelle iranienne, s’en trouve renforcé. À terme, cette évolution pourrait favoriser une transformation de la nature même du régime, même s’il convient de préciser que dans le contexte d’une confrontation prolongée de basse intensité, le régime iranien aurait difficilement les moyens de résister durablement à un blocus de ses ports par la marine américaine, source d’asphyxie économique.

La reprise des hostilités devrait avoir pour principales victimes les pétromonarchies de la région, déjà lourdement affectées par la guerre. En étant ciblée par des attaques iraniennes et faute de défense américaine efficace, leur vulnérabilité a éclaté au grand jour. Elles ont vu leur modèle de développement, fondé sur la stabilité politique, l’ouverture économique et l’attractivité financière, profondément ébranlé en quelques semaines. Sortis de cette confrontation considérablement affaiblis, ces États apparaissent désormais plus exposés aux menaces extérieures et aux fragilités internes.

Loin d’avoir permis une stabilisation durable de la région ou une refonte de ses rapports de force au bénéfice de la coalition israélo-américaine, cette séquence met en évidence les limites de la coercition militaire et illustre, une nouvelle fois, le paradoxe de « l’impuissance de la puissance » : la supériorité militaire ne garantit ni la victoire politique ni la capacité à façonner durablement les équilibres d’un environnement stratégique complexe, en particulier dans le cadre de conflits asymétriques…

 

L’intérêt stratégique d’une nouvelle opération

Le premier intérêt stratégique d’une nouvelle opération consisterait à atteindre les objectifs non réalisés et de corriger les résultats jugés insuffisants de la précédente campagne militaire :

  • Détruire les installations nucléaires et militaires qui auraient échappé aux précédentes frappes ;
  • Empêcher la reconstitution des capacités balistiques iraniennes ;
  • Réduire durablement les moyens de riposte de Téhéran ;
  • Bref, imposer un rapport de force plus favorable avant toute reprise des négociations.

Ensuite, il s’agirait de restaurer la crédibilité de la puissance américaine. C’est probablement l’un des enjeux les plus importants. L’incapacité de Washington à obtenir une capitulation politique de Téhéran, malgré une supériorité technologique et militaire écrasante, a été interprétée comme un signe d’affaiblissement de la puissance américaine. Or, la crédibilité des États-Unis repose aussi sur leur capacité à faire respecter leurs lignes rouges et à dissuader leurs adversaires de les contester, y compris en vue de la protection d’Israël au Moyen-Orient…

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Israël | Pourquoi l’alliance de l’opposition avec les partis arabes est-elle si compliquée ?

02. November 2026 um 12:18

Au lendemain des élections législatives israéliennes, l’opposition fait face au dilemme d’une alliance avec les partis arabes ayant remporté 19 sièges à la Knesset pour renverser Benjamin Netanyahu. Cependant, la composition hétéroclite de cette opposition qui contient des membres très à droite s’opposant à cette alliance comme Naftali Bennett et Avigdor Liberman et la dérive droitière de la société israélienne après le 7 octobre 2023 compliquent la tâche.

Imed Bahri 

Il y a cinq ans, l’opposition israélienne a franchi une barrière politique inédite en intégrant un parti arabe au gouvernement pour la première fois dans le but de mettre fin aux 12 années de pouvoir de Netanyahu. Aujourd’hui, l’opposition se retrouve confrontée à un choix similaire, les résultats des dernières élections ayant révélé l’incapacité des deux camps à obtenir, seuls, une majorité parlementaire, fait remarquer le Financial Times. 

La coalition de Netanyahu a remporté 53 sièges, contre 48 pour l’opposition menée par le général Gadi Eisenkot, tandis que les deux formations arabes —Ra’am et la Liste unifiée— ont obtenu 19 sièges. La formation d’une coalition avec ces dernières constitue donc une voie envisageable, du moins arithmétiquement, pour former un gouvernement alternatif.

Toutefois, cette option suscite des hésitations au sein de l’opposition surtout après l’effondrement du «gouvernement du changement» formé en 2021 avec la participation de partis arabes, qui n’a tenu que 18 mois avant que Netanyahu ne revienne au pouvoir.

Profond virage à droite de la société israélienne

Ces réticences ne tiennent pas seulement à cette expérience passée, elles reflètent une évolution plus profonde de la société israélienne vers la droite accentuée par les événements du 7 octobre et la montée concomitante de la méfiance et de l’hostilité envers les Arabes israéliens.

Selon les données de l’Institut israélien pour la démocratie, la proportion de Juifs israéliens se définissant comme étant de droite est passée de 54,9% à la veille du 7 octobre à 61,3% aujourd’hui, tandis que la part des personnes se situant à gauche a reculé, passant de 14,1% à 13,5%.

Ce basculement résulte d’une accumulation de facteurs, au premier rang desquels figurent l’effondrement du processus de paix avec les Palestiniens, la seconde Intifada et le retrait israélien de Gaza en 2005, auxquels s’ajoutent des évolutions démographiques marquées par la progression des ultra-orthodoxes et des courants nationalistes religieux.

Ce virage à droite a également gagné les rangs de l’opposition elle-même, qui compte en son sein des personnalités telles que Bennett et Liberman, lesquelles adoptent des positions intransigeantes concernant la création d’un État palestinien et la gestion du dossier iranien.

À l’inverse, Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, préconise la formation d’un gouvernement en partenariat avec les partis arabes, estimant qu’il est désormais inacceptable d’exclure les citoyens arabes de l’équation politique.

Toutefois, d’autres composantes de l’opposition privilégient la recherche d’alliances auprès de l’électorat du Likoud et des forces de droite plutôt que de s’appuyer sur les partis arabes.

Dans ce contexte, Netanyahu cherche à accentuer les divisions au sein de l’opposition, en remettant en cause la légitimité des partis arabes et en mettant en garde contre la formation d’un gouvernement qui dépendrait de leur soutien.

L’opposition divisée, Netanyahu en embuscade

Les regards se tournent désormais vers Bennett et Liberman. Bien qu’ils aient participé, en 2021 à un gouvernement incluant le parti Ra’am, ils excluent aujourd’hui toute alliance avec les formations arabes.

Ce dilemme met en lumière un défi structurel de longue haleine pour le centre et la gauche israéliens, sur fond de mutations démographiques marquées par le déclin relatif du courant laïc, face à l’essor des ultra-orthodoxes et des nationalistes religieux. 25 % des enfants entrant en première année de scolarité en Israël rejoignent les écoles ultra-orthodoxes et 16% les écoles nationalistes religieuses contre 35% dans les écoles laïques.

Ces évolutions placent l’opposition face à une équation politique récurrente à savoir la difficulté d’accéder au pouvoir sans élargir le cercle des alliances alors même que les contraintes politiques pesant sur une éventuelle alliance avec les partis arabes ne cessent de croître.

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Israël : Des milliers de manifestants pour une alliance judéo-arabe contre Netanyahu

01. November 2026 um 07:48

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi 31 octobre à Tel Aviv pour demander à l’opposition israélienne de s’entendre avec les partis arabes afin de remplacer Benjamin Netanyahu. Les législatives du 27 octobre ont laissé les deux principaux blocs sans majorité, donnant aux élus arabes un rôle décisif dans la formation d’un gouvernement.

Selon Al Jazeera, qui rapporte notamment des témoignages recueillis par l’AFP, les manifestants appellent Gadi Eisenkot, principal rival du Premier ministre, à accepter une coopération qu’il avait auparavant exclue. Des partisans de Netanyahu ont organisé une contre-manifestation, dénonçant la perspective d’un gouvernement associé à ceux qu’ils qualifient de « terroristes ».

Les partis arabes en position décisive

Le scrutin a donné 53 sièges au bloc de Netanyahu et 48 aux formations d’opposition conduites par Eisenkot. Avec 19 députés, les listes arabes détiennent les voix qui permettraient à l’opposition de dépasser la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset, le Parlement israélien qui en compte 120. Le décompte achevé confirme cette répartition.

Une entente réunirait ainsi théoriquement 67 élus. Mais cette majorité arithmétique se heurte aux refus de plusieurs responsables de l’opposition de dépendre des formations représentant les citoyens arabes d’Israël.

La progression électorale de ces dernières renforce la pression sur Eisenkot. Selon les chiffres de la Commission électorale centrale cités par Al Jazeera, près de 840 000 électeurs ont voté pour Raam et la Liste unifiée, soit une hausse de 64 % par rapport aux élections de 2022.

Ces suffrages correspondent à deux listes électorales : Raam, dirigée par Mansour Abbas, et la Liste unifiée, qui rassemble plusieurs partis.

Participer au gouvernement ou le soutenir de l’extérieur

Les modalités d’une éventuelle coopération restent elles-mêmes à négocier. Mansour Abbas s’est déclaré disposé à participer à un gouvernement, comme Raam l’avait déjà fait au sein de la coalition au pouvoir en 2021-2022.

Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée, envisage plutôt un soutien parlementaire sans participation ministérielle, notamment en raison de la guerre à Gaza. Eisenkot a, pour sa part, réaffirmé samedi ses exigences concernant la reconnaissance d’Israël comme État juif, démocratique et libéral, et celle du Hamas comme organisation terroriste.

La mobilisation intervient aussi dans un climat de contestation du vote arabe par Netanyahu. Selon Al Jazeera, le Premier ministre a accusé les formations palestiniennes d’Israël d’avoir « volé » les élections et bénéficié de financements qataris. Doha a rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de désinformation.

Les manifestants demandent à l’opposition de transformer les résultats électoraux en accord politique. Pour y parvenir, Eisenkot devra obtenir l’adhésion de ses propres alliés et définir les conditions d’un soutien des élus arabes.

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Mauvais perdant, Netanyahou crie à la fraude électorale et pointe du doigt le Qatar

31. Oktober 2026 um 10:21

La percée des partis arabes bouleverse les équilibres politiques en Israël et prive Benyamin Netanyahou de majorité. Acculé, le Premier ministre conteste le scrutin, crie à la fraude et accuse le Qatar d’ingérence étrangère. Analyse.

 

La minorité arabe, désormais faiseuse de rois ? Comme nous l’avions anticipé dans notre article intitulé « Israël : les Arabes israéliens, arbitres des élections législatives ? », publié le 23 octobre, les partis arabes ont enregistré une percée significative lors des élections législatives du mardi 27 octobre. Avec 19 sièges au total, ils disposent désormais d’un poids décisif dans les tractations politiques et pourraient bien devenir les arbitres de la formation du prochain gouvernement.

 

Les partis arabes, faiseurs de rois ? 

Et c’est d’autant plus que le Likoud, le parti du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, arrive certes en tête du scrutin, mais sans parvenir à décrocher la majorité à la Knesset. Sa coalition sortante, composée de formations de droite et d’extrême droite, totalise 53 sièges sur les 120 que compte le Parlement. En face, le principal bloc d’opposition, conduit par le centriste Gadi Eisenkot et réunissant la gauche, le centre ainsi que la droite laïque ultranationaliste, obtient 48 sièges.

Mais la véritable surprise du scrutin vient des deux formations arabes, Ra’am et la Liste unifiée. Avec 19 sièges à elles deux, les deux formations arabes réalisent une percée notable, favorisée notamment par une forte mobilisation de l’électorat arabe israélien. Un résultat qui rebat les cartes parlementaires ; désormais, aucun des deux grands blocs ne semble en mesure de gouverner sans le soutien d’un ou plusieurs partis arabes. Ces derniers se retrouvent ainsi en position d’arbitres, leur ralliement pouvant s’avérer déterminant dans les négociations pour la formation du prochain gouvernement.

 

Le Qatar dans le viseur de Netanyahou 

Mais, c’était sans compter sur la mauvaise foi du Premier ministre sortant qui joue sa survie politique. À l’instar de Donald Trump, qui a déjà exprimé des réserves sur la régularité des élections américaines de mi-mandat prévues le 3 novembre, ou encore de Flávio Bolsonaro, qui dénonce depuis son exil américain une prétendue fraude électorale au Brésil, le Premier ministre israélien a lui aussi choisi de contester les résultats.

Jeudi 29 octobre, Netanyahou a ainsi affirmé, sans avancer le moindre élément de preuve, que la progression des formations arabes était en partie due à des fraudes électorales. Une accusation qui prend désormais une dimension géopolitique. En effet, après avoir mis en cause la régularité du scrutin et dénoncé de supposées fraudes dans les localités arabes, Benyamin Netanyahou et son parti, le Likoud, pointent désormais du doigt le Qatar, qu’ils soupçonnent d’avoir financé des opérations de mobilisation de l’électorat arabe israélien afin de favoriser les deux formations arabes, Ra’am et la Liste unifiée.

Selon le Likoud, Doha aurait ainsi contribué à gonfler artificiellement la participation des électeurs arabes et, par conséquent, à renforcer le poids parlementaire de ces partis. Netanyahou est même allé jusqu’à évoquer une tentative de prise de contrôle étrangère de la Knesset.

Pour étayer ses accusations, Netanyahou a notamment mis en avant la présence du député arabe Ahmad Tibi au Qatar quelques jours avant le scrutin, ainsi que de présumés transferts de fonds destinés à financer des campagnes de mobilisation électorale.

Saisie de ces soupçons, la Commission électorale centrale a demandé au Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, d’enquêter sur d’éventuels financements étrangers et des tentatives de corruption électorale.

Pour sa part, le Qatar a catégoriquement rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de désinformation destinée à le transformer en bouc émissaire des difficultés politiques de Netanyahou. De leur côté, les responsables des partis arabes récusent toute implication dans cette affaire.

En tout cas, pour l’heure, aucune preuve ne permet d’établir une implication de Doha dans le financement des partis arabes ou dans une manipulation du scrutin. La Commission électorale a d’ailleurs indiqué ne disposer d’aucun élément attestant une atteinte systématique à l’intégrité des élections, tandis que la police a rejeté les accusations de scrutin « volé ».

 

Basses manœuvres

Reste qu’au-delà de la bataille judiciaire, l’enjeu est éminemment politique. En associant les partis arabes à une supposée ingérence étrangère, Netanyahou cherche aussi à fragiliser leur légitimité et à rendre politiquement plus coûteuse toute alliance entre ces formations et le bloc d’opposition de Gadi Eisenkot.

Faut-il enfin signaler qu’à ces accusations, dont le bien-fondé reste à démontrer, le Premier ministre sortant cherche avant tout à barrer la route à son principal rival, Gadi Eisenkot. Ce dernier a certes exclu toute participation des partis arabes à sa coalition, mais pourrait néanmoins envisager de former un gouvernement minoritaire à la Knesset, avec leur soutien extérieur, sans qu’ils prennent part au gouvernement. C’est précisément ce scénario que Netanyahou entend rendre politiquement impossible.

Pour Eytan Gilboa, professeur de sciences politiques à l’Université Reichman, près de Tel-Aviv, l’objectif du Premier ministre est clair : « délégitimer toute coopération arabo-juive ». Une analyse que partage Ahmad Tibi, l’un des dirigeants de la Liste unifiée, qui voit dans cette campagne une manœuvre destinée à intimider Eisenkot et à le dissuader de constituer un gouvernement reposant sur le soutien extérieur des partis arabes, qu’il s’agisse de la Liste unifiée ou de Ra’am.

En définitive, le Premier ministre a opté pour une stratégie qui pourrait compliquer la constitution d’une majorité alternative et lui offrir un sursis politique : en cas de départ du pouvoir, il pourrait se retrouver davantage exposé aux procédures judiciaires engagées contre lui dans ses affaires de corruption. Autrement dit, pour Netanyahou, perdre le pouvoir c’est risquer de passer directement par la case prison.

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Les Palestiniens d’Israël | Dix-neuf sièges contre l’effacement

30. Oktober 2026 um 08:29

Certains chiffres ne traduisent pas seulement un rapport de forces, mais révèlent une relation au monde. En décrochant dix-neuf sièges sur cent vingt à la Knesset, les formations arabes atteignent un niveau historique inédit. Avec une participation avoisinant les 80 % dans les localités arabes, alors qu’elle dépassait à peine la moitié quatre ans plus tôt, cette arithmétique dépasse la simple comptabilité. Il s’agit d’un acte politique majeur : loin de se réduire à un vote communautaire, c’est une affirmation magistrale d’existence. Leçons d’une élection à la Knesset, pas comme les autres…

Abdelhamid Larguèche *

L’historien ne peut s’empêcher d’y voir une résonance particulière. En 1950, la loi israélienne sur la propriété des absents forgeait une catégorie juridique édifiante : celle des «présents-absents». Des Palestiniens demeurés sur leur terre, devenus citoyens, mais frappés d’inexistence juridique quant à leurs biens, leurs villages et leur mémoire. Toute l’histoire des Palestiniens d’Israël réside dans cet oxymore : être physiquement là, mais n’être jamais comptés. Le scrutin d’octobre 2026 constitue la première infirmation d’envergure de ce dogme : les «présents-absents» ont décidé de compter. 

La réaction du pouvoir sortant est à ce titre révélatrice. À peine les urnes rendues, le Likoud a crié à la fraude, à la corruption et à l’ingérence étrangère. Pourtant, la police n’a réuni aucune preuve étayant la thèse d’une élection volée, et de simples arrestations pour achat de voix dans une municipalité ont été érigées en complot généralisé. Cette rhétorique ne dit rien de la régularité du scrutin ; elle dévoile en revanche un impensé politique : le citoyen arabe reste toléré tant qu’il se résigne à l’abstention, mais devient immédiatement suspect lorsqu’il s’exprime. 

Il convient de rappeler que ces formations ont failli être tenues à l’écart du scrutin. Fin septembre, la Commission électorale centrale avait voté leur exclusion, avant que la Cour suprême ne les rétablisse à l’unanimité. Une démocratie qui tente d’écarter un cinquième de son corps électoral avant le vote, pour ensuite l’accuser de fraude après le dépouillement, expose en pleine lumière la fragilité de sa promesse égalitaire. 

Gaza, la Cisjordanie et la mémoire de la menace

Il serait réducteur de borner l’analyse de ce sursaut aux seules considérations de politique intérieure. Certes, l’urgence quotidienne a pesé : l’explosion de la criminalité dans les localités arabes, les disparités budgétaires et l’abandon des services publics. Mais une telle mobilisation ne saurait s’expliquer par de seuls enjeux de gestion. Depuis la guerre de Gaza et ses destructions inédites, depuis les déplacements forcés et la pression continue sur les villages de Cisjordanie, les Palestiniens partagent un même sentiment de menace existentielle. Les citoyens arabes d’Israël ne vivent pas le sort des habitants de Gaza, de Jénine ou de Masafer Yatta. Ils s’inscrivent pourtant dans un même récit, partagent la mémoire de 1948 et la même hantise de l’effacement. 

Morcelé par la géographie et par le droit, ce peuple a répondu là où il le pouvait : à Gaza par la survie, en Cisjordanie par l’enracinement, et au sein d’Israël par le bulletin de vote. C’est une réinvention du sumud, cette persévérance immobile qui consiste à demeurer debout sur sa terre quand tout incite à la quitter.

On l’oublie trop souvent : la résilience n’est pas qu’une endurance passive. Elle s’exprime aussi par une intelligence politique capable d’investir l’arène où l’adversaire ne peut contester sa légitimité. 

Le dilemme de l’opposition : une majorité rendue inutilisable

C’est ici que réside le véritable nœud politique. Le bloc de Netanyahu régresse à 53 sièges, tandis que l’opposition sioniste en rassemble 48. En y adjoignant les partis arabes, une majorité absolue de 67 députés prend forme. Pourtant, une large frange de cette opposition refuse par avance tout gouvernement dépendant des voix arabes. Si Gadi Eisenkot pose des conditions drastiques, seul Yaïr Golan préconise ouvertement une coalition avec eux. 

Le paradoxe israélien apparaît ainsi au grand jour : le vote arabe est arithmétiquement décisif, mais politiquement frappé d’illégitimité. Une majorité parlementaire existe, mais elle se trouve neutralisée en raison de l’identité des citoyens qui la composent. Aucune démocratie ne saurait tolérer durablement une telle fracture sans se renier. Dès lors, la question n’est plus de savoir si les Arabes votent, mais si Israël est prêt à reconnaître la valeur de leur suffrage. 

Une analyse rigoureuse doit également récuser les représentations caricaturales. Ces dix-neuf sièges ne constituent pas un bloc homogène. Le Ra’am de Mansour Abbas défend un pragmatisme islamo-conservateur qui a déjà intégré une coalition gouvernementale en 2021, allant jusqu’à présenter cette fois-ci un candidat juif. La Liste commune réunit quant à elle des communistes judéo-arabes et des nationalistes arabes. Cette pluralité témoigne d’une culture politique mûre, apte à négocier, à s’allier comme à se diviser. C’est précisément ce pluralisme que redoute la rhétorique sécuritaire : non pas un ennemi irréductible, mais l’émergence d’un partenaire politique possible. 

La portée d’un scrutin

Ce vote adresse une mise en demeure à l’ensemble de la classe politique israélienne : le Palestinien ne saurait être réduit à une variable sécuritaire à gérer, mais constitue une donnée structurelle incontournable. Les politiques d’effacement, qu’elles soient militaires, foncières ou symboliques, se heurtent à ce fait irréductible : il est là, il demeure, il s’exprime et il compte désormais. 

Mais ce message s’adresse tout autant au monde arabe, enclin à percevoir les Palestiniens d’Israël comme des figures marginales ou compromisses de la cause. Ils viennent de prouver qu’une citoyenneté conquise, bien qu’imparfaite, peut devenir un puissant levier de résistance civique. Sans armes et sans peur, par la seule force du nombre et de l’obstination démocratique, ils ont fait de l’urne un lieu de mémoire et d’affirmation de soi. L’histoire retiendra peut-être qu’au moment le plus sombre pour le peuple palestinien, une partie de ses enfants a rappelé cette vérité fondamentale : on n’efface pas un peuple qui vote. 

* Historien.

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Qui sont les élus arabes des législatives israéliennes ?

30. Oktober 2026 um 08:14

Le bloc des partis arabes, qui a remporté 19 sièges aux dernières législatives israéliennes, est composé de deux pôles : la Liste commune (constituée des trois partis Hadash, Ta’al et Balad) et Ra’am (ou Liste arabe unie). Elles sont représentatives des différentes sensibilités politiques présentes au sein de la communauté des «Arabes israéliens», appellation donnée aux descendants des Palestiniens restés en Israël après la création de l’Etat hébreu en 1948.    

Latif Belhedi

La Liste commune a été reconstituée par un accord du 19 août 2026. En 2022, Hadash et Ta’al s’étaient présentés ensemble (5 sièges) et Balad seul, sans siège avec 2,9 % des voix.

Un pôle démocratique progressiste

Yousef Jabareen, président de Hadash et député de 2015 à 2021, la dirige depuis sa désignation en mai 2026. Ahmad Tibi, dirigeant de Ta’al, occupe la deuxième place. Sami Abu Shehadeh, président de Balad, était troisième avant de renoncer à sa candidature le 2 octobre, quand la Cour suprême paraissait prête à valider son exclusion. Le député Ofer Cassif, juif et membre de Hadash, figure aussi sur la liste.

L’alliance est hétérogène. Hadash, issu du Parti communiste, réunit Arabes et Juifs sur un programme de gauche. Ta’al défend avant tout les droits des citoyens palestiniens d’Israël. Balad, nationaliste arabe, réclame un État de tous ses citoyens à égalité de droits.

La liste œuvre pour l’égalité civile et la question nationale palestinienne. Elle refuse d’entrer dans un gouvernement Gadi Eisenkot, mais n’exclut pas de le soutenir de l’extérieur.

Jabareen place en tête la lutte contre la criminalité dans les localités arabes, l’augmentation des budgets et des opportunités pour ces localités, et la reprise des négociations vers un État palestinien. Il présente l’action de la liste comme la défense des droits de la communauté et de l’égalité. Tout en refusant de rejoindre un gouvernement Gadi Eisenkot en raison de la guerre à Gaza et de l’occupation du sud du Liban, la liste s’est dite prête, le 28 octobre, à ouvrir la voie à la chute du gouvernement Netanyahu, qu’elle accuse de conduire une politique d’effusion de sang.

Un pôle islamiste pragmatique

Le second pôle est représenté par Ra’am, parti de sensibilité islamique conservatrice présidé par Mansour Abbas, dentiste de formation. Le parti a quitté la Liste commune en janvier 2021 pour des désaccords idéologiques, puis a couru seul en 2021 (4 sièges) et en 2022 (5 sièges). En 2021, il est devenu le premier parti arabe indépendant à entrer dans une coalition gouvernementale, celle de Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Ce gouvernement est tombé au bout de dix-huit mois, en partie sur des désaccords liés à la Cisjordanie.

Pour 2026, Abbas a cherché à élargir l’attractivité du parti et a annoncé, le 5 janvier, l’ouverture de l’adhésion à tous les Israéliens, puis a présenté Yoav Segalovitz, ancien député de Yesh Atid et ancien responsable policier, comme son premier candidat juif.

C’est un parti pragmatique centré sur les besoins des localités arabes. Il se dit prêt à entrer dans une coalition Eisenkot si elle est viable.

Sa ligne est celle des revendications concrètes : budgets, services, sécurité des localités arabes, dans un contexte de forte criminalité. Le plan de financement obtenu pendant la coalition de 2021-2022 est présenté comme une avancée sans précédent pour la société arabe. Abbas défend une participation au pouvoir et se dit prêt à rejoindre un gouvernement Eisenkot. Il affirme aussi que des responsables des deux camps l’ont approché.

Des «faiseurs de rois» potentiels

La campagne pour les législatives du 27 octobre a été précédée d’une tentative d’exclusion visant les deux listes. La Cour suprême les a réadmises le 2 octobre, à l’unanimité.

Au vu des résultats annoncés, aucun des deux blocs sionistes ne dispose de 61 sièges. Additionnés aux 48 sièges du bloc Eisenkot, les 19 sièges arabes donneraient 66 ou 67 mandats, une majorité confortable. Mais Eisenkot ayant exclu pendant la campagne de s’appuyer sur eux, sans eux, le bloc d’opposition reste loin du compte.

Le bloc Netanyahu, avec environ 53 sièges, doit encore trouver sept à huit mandats. D’où les négociations actuelles pour essayer de former une majorité viable. Et il y a de fortes chances pour que, par un tour de passe-passe, Netanyahu parvienne à trouver les 7 sièges qui lui manquent pour se succéder à lui-même.  Ce qui serait une très mauvaise nouvelle, d’abord pour les Palestiniens, ensuite pour les Israéliens eux-mêmes, qui voient leur pays devenir un Etat voyou dirigé par des criminels de guerre, et même pour l’humanité civilisée entière, qui n’a pas encore «digéré» le génocide de Gaza.    

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Israël | La police dément que les élections ont été «volées» par les partis arabes

29. Oktober 2026 um 11:05

«La journée électorale s’est déroulée avec très peu d’irrégularités ayant compromis l’intégrité du processus électoral, même par rapport aux élections précédentes», a déclaré une source de la police israélienne à plusieurs médias locaux, rejetant ainsi les accusations du parti Likoud, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon lesquelles les élections législatives auraient été «volées» par les partis arabes. (Les principaux élus des partis arabes israéliens: les sept «faiseurs de roi». Photo Fausto Giudice).

«Il convient de souligner qu’il n’existe aucune preuve venant étayer ces accusations, qu’il s’agisse d’éléments issus d’enquêtes ou de renseignements», a ajouté la même source, selon le quotidien ‘‘Times of Israel’’, citant des journaux hébraïques.

Hier, mercredi 28 octobre 2026, au lendemain des élections législatives qui n’ont dégagé aucune majorité franche, un responsable de la Commission électorale centrale a lui aussi rejeté les allégations de fraude.

Grand perdant des législatives, le bloc du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tombe à 53 sièges, loin des 61 sièges nécessaires pour avoir la majorité absolue, la coalition d’opposition menée par Gadi Eisenkot en obtient 48, tandis que les partis arabes en conservent 19, la communauté arabe d’Israël ayant enregistré un taux de participation sans précédent.

C’est ce qui ressort des résultats partiels publiés par la Commission électorale centrale israélienne, alors que 85,6 % des bulletins ont été dépouillés. La répartition des sièges, pour l’heure, s’établit comme suit : Likoud (de Netanyahu) 26 ; Yashar (d’Eisenkot) 21 ; Liste arabe unie 12 ; BeYachad 12 ; Les Démocrates (de gauche) 8 ; Yisrael Beitenu 7 ; l’autre parti arabe, Ra’am, 7 ; Judaïsme unifié de la Torah 7 ; Otzma Yehudit 7 ; Shas 7 ; Sionisme religieux 6.

Ces résultats restent partiels et sont susceptibles d’évoluer à mesure que le dépouillement se poursuit. Les bulletins placés dans des «doubles enveloppes» — incluant ceux des membres des Forces de défense d’Israël (FDI) — seront comptabilisés dans un second temps.

I. B.

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L’industrie automobile allemande se reconvertit dans l’armement

29. Oktober 2026 um 07:27

L’essor automobile chinois pousse l’industrie allemande vers la production d’armement. Des usines reconverties et des salariés réaffectés alors que l’Union européenne (UE) tente de rééquilibrer ses échanges commerciaux avec le dragon asiatique.

Jens Kastner *

Derrière l’usine Volkswagen d’Osnabrück, ville de l’ouest de l’Allemagne, des centaines de T-Roc Cabriolet neufs attendaient sur des wagons de marchandises, au soleil du début de l’automne, leur livraison aux concessionnaires. Devant l’entrée principale, la scène laissait entrevoir l’avenir de ce site automobile vieux de 125 ans : des véhicules VW peints en camouflage vert olive étaient transportés par camion, tandis que des autocollants sur les lampadaires appelaient les salariés à se rebeller contre la militarisation annoncée de l’usine.

Plusieurs salariés de passage ont accueilli froidement les tentatives de , Nikkei Asia de recueillir leur avis sur une nouvelle qui a fait l’effet d’une bombe : soumis à une intense pression de ses concurrents chinois, VW cessera la production automobile à Osnabrück à l’été 2027.

Début septembre, la société VW s’est entendue sur les conditions de vente de l’usine à un consortium comprenant Aurelius Capital, basé à Tel-Aviv, et la Basse-Saxe, le Land allemand où se trouve le site et deuxième actionnaire de VW. L’armurier israélien Rafael Advanced Defense Systems doit en être le principal partenaire industriel, avec des projets de production d’équipements de défense antiaérienne, potentiellement sur le modèle du Dôme de fer israélien.

«Volkswagen assume ses responsabilités envers Osnabrück», avait alors déclaré le directeur général Oliver Blume dans un communiqué. «Avec l’accord conclu aujourd’hui, nous franchissons une étape importante pour ouvrir à ce site un nouvel avenir industriel.»

Réorientation de la puissance manufacturière allemande vers l’armement

Cette décision reflète les préoccupations sécuritaires croissantes de l’Europe, mais aussi les profondes mutations structurelles qui traversent l’industrie automobile allemande. Les voitures chinoises affluent dans l’UE, malgré les droits compensateurs imposés par le bloc aux exportations chinoises de véhicules électriques à la fin de 2024. Dans le même temps, des marques allemandes historiques comme VW perdent du terrain en Chine et ailleurs, tandis que leurs concurrents chinois, tels BYD, Geely et Xpeng, montent en puissance.

Plus tôt ce mois-ci, VW a fait état d’une baisse de 14,3 % de ses livraisons mondiales au troisième trimestre, son plus mauvais résultat depuis plus de quatre ans, avec un plongeon de 38,5 % en Chine.

Selon les estimations de Citi, la part de marché cumulée des constructeurs chinois en Europe occidentale a atteint 13,1 % en août, soit 5,5 points de pourcentage de plus qu’un an auparavant.

Les conséquences se font déjà sentir dans les suppressions d’emplois. VW prévoit de supprimer jusqu’à 100 000 postes dans le monde d’ici à la fin de la décennie. Mais à Osnabrück, où l’usine ne tourne qu’à environ 20 % de ses capacités, le passage à l’armement promet de sauver quelque 1 200 emplois sur 1 800.

«C’est une tentative de la dernière chance de la Basse-Saxe pour maintenir l’usine en activité et éviter les suppressions d’emplois, et ce sont incontestablement les entreprises de défense, plutôt que les constructeurs automobiles, qui ont les cartes en main», explique Matthias Schmidt, de Schmidt Automotive Research.

«La stratégie à long terme des constructeurs allemands consiste à accroître leur production automobile en Amérique du Nord et en Chine et à développer des concepts propres à chaque marché, ajoute Schmidt. L’époque où l’on fabriquait une voiture en Europe pour l’exporter dans le monde entier est révolue, à l’exception des modèles haut de gamme produits en petites séries.»

Le 15 octobre, l’Institut de l’économie allemande a signalé que le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine devrait dépasser cette année les 100 milliards d’euros, soit une hausse d’environ 90 milliards d’euros depuis 2019. L’essentiel de cette augmentation se concentre dans les trois secteurs clés de l’économie : l’automobile, l’électrotechnique et la construction mécanique.

Ces chiffres alarmants ont incité des dirigeants européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, à réclamer un renforcement des instruments de défense commerciale et ont poussé le bloc au bord d’une guerre commerciale avec la Chine. Celle-ci a été évitée, au moins temporairement, grâce à un accord conclu plus tôt ce mois-ci à Beijing, aux termes duquel Bruxelles s’apprête à mettre en place une mesure de sauvegarde limitant les importations de véhicules hybrides. La Chine se verrait attribuer un quota initial de 350 000 véhicules, qui augmenterait de 6 % par an.

Le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a toutefois averti qu’il ne s’agissait que d’«une première étape» pour résorber le déficit quotidien du bloc avec la Chine, qui dépasse le milliard de dollars.

Ce que l’on appelle le «choc chinois» n’est qu’une des raisons qui poussent à réorienter la puissance manufacturière allemande vers l’armement. L’invasion de l’Ukraine lancée en 2022 par la Russie, proche partenaire de la Chine, a joué un rôle moteur. L’Allemagne est désormais le pays qui consacre le plus de moyens à la défense parmi les membres européens de l’Otan.

La Fédération allemande de l’industrie automobile (VDA) a indiqué à Nikkei Asia que les entreprises du secteur recevaient de nombreuses demandes sur les possibilités d’utiliser ou de reconvertir leurs chaînes de production pour fabriquer des armes. La Fédération allemande des industries de sécurité et de défense (BDSV) s’attaque à cette question avec l’initiative Auto2Defence, qui vise à répondre à la fois aux inquiétudes concernant l’emploi et la sécurité en mobilisant les salariés, les usines et le savoir-faire technique disponibles dans l’automobile.

«Les services des constructeurs automobiles dont les effectifs avaient gonflé au fil des ans sont aujourd’hui réduits, et les salariés concernés cherchent désormais un emploi stable», explique Joshua Krebs, directeur général du cabinet de recrutement WK. «Les suppressions de postes chez les constructeurs entraînent directement des difficultés pour les équipementiers, touchant de nombreux métiers de l’ingénierie et de l’administration. Mais l’industrie de défense propose aujourd’hui des rémunérations globales bien plus élevées aux travailleurs qualifiés, en particulier aux ouvriers, comme les soudeurs.»

La liste des reconversions d’usines s’allonge

En juin, Forvia, fournisseur de technologies automobiles, a accepté de céder son site d’Augsbourg, dans le sud de l’Allemagne, à General Dynamics European Land Systems (GDELS), qui fabrique des véhicules militaires à roues et à chenilles ainsi que des systèmes d’artillerie.

À Berlin, le géant allemand de l’armement Rheinmetall reconvertit l’ancien équipementier automobile Pierburg dans la production de munitions d’artillerie. Par ailleurs, Rheinmetall travaille avec Continental pour reprendre des salariés touchés par la restructuration de l’équipementier, en proposant dans un premier temps des possibilités de reclassement à une centaine de personnes au maximum sur le site Continental de Gifhorn.

Mercedes-Benz serait en pourparlers avec le fabricant de chars franco-allemand KNDS pour lui céder une usine de véhicules utilitaires près de la capitale. Plus tôt cette année, KNDS a noué un partenariat avec l’équipementier Draexelmaier pour produire des superstructures destinées au véhicule blindé à roues Boxer.

Hensoldt, spécialiste de l’électronique de défense, a lancé en mars un partenariat avec l’équipementier Aumovio lui permettant de reprendre des centaines de salariés qualifiés. Hensoldt recrute aussi activement du personnel chez Bosch, géant allemand des pièces automobiles, ainsi que chez Continental.

«La demande de technologies de défense modernes connaît actuellement une très forte croissance, et avec elle nos besoins en ingénieurs hautement qualifiés», a déclaré Oliver Doerre, directeur général de Hensoldt. «De nombreuses compétences de l’industrie automobile — notamment dans le développement de systèmes, les logiciels ou l’électronique — correspondent parfaitement aux technologies que nous développons.»

Malgré ces initiatives, les experts soulignent que la reconversion des usines peut être complexe et que la cession du site d’Osnabrück ne constitue pas nécessairement un modèle reproductible. En effet, Osnabrück n’est pas une usine automobile classique : elle est passée dans le giron de VW après la faillite de Karmann, un fabricant de plus petite taille spécialisé dans le travail du métal pour des marchés de niche.

«L’usine est déjà tournée vers les composants et le travail spécialisé du métal, ainsi que vers la transformation en petites séries de voitures Volkswagen en versions spéciales, ce qui la rend plus facile à adapter à la production de défense que les usines automobiles classiques à gros volumes», explique Pieter Wezeman, chercheur principal au programme sur les transferts d’armes de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

«Ses caractéristiques laissent penser qu’elle pourrait être reconvertie plus rapidement pour des tâches telles que la fabrication de corps de missiles ou d’actionneurs que pour des assemblages à forte composante électronique», précise-t-il.

Le puissant syndicat allemand IG Metall souligne lui aussi que la fabrication d’armements obéit à une tout autre logique que la production automobile, optimisée pour les marchés mondiaux, des volumes maximaux, des chaînes d’approvisionnement en flux tendus et une maîtrise rigoureuse des coûts.

«La production de défense suit une logique fondamentalement différente», explique Jan Mentrup, porte-parole d’IG Metall associé aux négociations collectives de l’usine d’Osnabrück.

«Il existe certes des points de convergence technologique, notamment dans les systèmes de propulsion, les plateformes de capteurs et les faisceaux de câbles. Mais certains domaines, comme les systèmes de conduite de tir, les technologies de chiffrement et les systèmes de communication sécurisés, restent inaccessibles à une usine automobile civile sans des années de développement d’environnements d’essai et d’architectures de sécurité spécifiques», poursuit-il.

Mentrup ajoute que les caractéristiques des usines automobiles, telles que l’interconnexion des chaînes d’approvisionnement et les infrastructures numériques, peuvent devenir des «vulnérabilités» d’un point de vue militaire. «La production doit rester opérationnelle même face aux menaces hybrides, aux cyberattaques, au sabotage ou aux perturbations logistiques.»

Si le passage à la défense peut contribuer à protéger l’industrie automobile allemande du choc chinois, certains envisagent aussi que les constructeurs européens cherchent un répit en fabriquant sous contrat pour des marques chinoises ou en leur vendant des lignes de production sous-utilisées. Des marques chinoises ont déjà pris des initiatives pour exploiter les capacités inutilisées de leurs concurrents occidentaux en France et en Espagne.

Selon des informations de presse publiées en mai, le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng discutait avec VW de l’acquisition de capacités de production excédentaires en Europe. Oliver Blume a rapidement assuré aux salariés qu’il n’y avait «actuellement aucun projet ni aucune discussion avec des constructeurs chinois», tout en reconnaissant l’existence de surcapacités.

Ce mois-ci, un porte-parole de Xpeng a refusé de commenter les «rumeurs», tout en indiquant à Nikkei Asia que l’entreprise produisait actuellement quatre modèles chez le fabricant sous contrat Magna, en Autriche, et en confirmant qu’elle discutait avec différents partenaires potentiels pour développer sa production en Europe.

Matthias Schmidt, le spécialiste de l’automobile, estime que VW pourrait finir par envisager une autre option : «produire en Allemagne, pour les clients européens, des modèles Volkswagen dérivés de modèles chinois actuellement commercialisés uniquement en Chine, en particulier la VW ID. Unyx 09, une berline haut de gamme entièrement électrique». Fabriqué par la coentreprise de VW dans l’Anhui avec l’entreprise publique chinoise JAC, ce modèle intègre des systèmes informatiques fonctionnant avec les processeurs d’intelligence artificielle Turing développés par Xpeng.

Cela améliorerait le taux d’utilisation des capacités et aiderait aussi VW «à transférer en Europe certaines des méthodes de production économiques et très efficaces utilisées en Chine», avance Schmidt.

Un porte-parole de VW a déclaré à Nikkei Asia qu’«il s’agit de spéculations que nous n’avons expressément pas alimentées en tant qu’entreprise. Bien au contraire : en interne, nous disons qu’en l’état actuel des choses, c’est plutôt improbable».

Pour une politique commerciale européenne plus incisive envers la Chine

Alors que les industriels allemands tentent de trouver un équilibre entre leur réorientation vers l’armement et la préservation de plus d’un siècle de tradition automobile, les frictions commerciales semblent appelées à durer. Les exportations chinoises continuent de s’envoler, et les analystes soulignent que les voitures hybrides ne représentent qu’une petite part des échanges bilatéraux. Sefcovic a promis que «là où le dialogue ne permettra pas d’aboutir, l’UE utilisera ses instruments pour assurer un rééquilibrage».

Ce mois-ci, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que le bloc élaborerait dès décembre un nouvel instrument de diversification commerciale pour contribuer à corriger le déséquilibre des échanges et à réduire les risques, ainsi qu’un mécanisme de solidarité lorsqu’un État membre subit des mesures coercitives ou des représailles.

Une observatrice appelle toutefois la Commission européenne à adopter une politique commerciale envers la Chine encore plus incisive.

«L’Europe a raison de défendre ses intérêts économiques, mais les coups de menton ne font pas une stratégie», estime Cristina Vanberghen, responsable du secteur diplomatique à l’université d’État d’Erevan, en Arménie, et spécialiste de la Commission européenne. «Une politique commerciale qui fait abstraction des représailles et du réseau des interdépendances nuira aux industries mêmes qu’elle prétend protéger.»

Les principaux négociateurs de l’UE et de la Chine doivent reprendre leurs discussions au début de l’année prochaine.

* Journaliste et analyste freelance allemand.

D’après Nikkei Asia.

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Israël survivra-t-il à quatre années de plus sous Netanyahu ?

27. Oktober 2026 um 07:41

A l’ouverture des bureaux de vote, ce mardi 27 octobre 2026, une chose doit être claire : quatre années de plus avec le gouvernement actuel constituent une perspective terrifiante pour Israël, estime l’auteur de cet article paru le journal israélien Haaretz du 25 octobre 2026. **

Gideon Levy *

Donald Trump a déjà livré le premier mauvais présage : une victoire de Benjamin Netanyahu, a promis le président états-unien, serait immédiatement suivie d’une nouvelle guerre contre l’Iran. Cela devrait suffire à terrifier tous les Israéliens raisonnables et à les empêcher de dormir.

Difficile d’imaginer pire désastre qu’un nouveau cycle d’affrontements absurdes avec Téhéran, mais la liste des catastrophes qui se profilent est bien plus longue et bien plus effrayante.

La guerre comme seule promesse

Que Trump pense pouvoir renforcer le soutien à Netanyahu en promettant un nouveau cycle d’affrontements est profondément déprimant. Dans les dernières années du règne de Netanyahu, la guerre est devenue la seule promesse proposée. C’est le premier dommage irréversible que la droite a infligé à Israël par l’intermédiaire des grands médias : banaliser la promesse de guerre.

Quatre années de plus laisseront une empreinte indélébile sur le visage d’Israël. À leur terme, on peut le craindre, la publication de ces mots sera peut-être interdite. Peut-être Haaretz lui-même sera-t-il interdit.

Une loi interdisant de critiquer les soldats israéliens est déjà à l’étude. La prison pour «Naza» et Haaretz. Faire de toute remise en question du bien-fondé du sionisme un délit pénal grave est dans les tuyaux. Nous y sommes presque : il ne manque qu’un mandat. Accordez-le-leur et vous verrez. Le coup de force du gouvernement poursuivra sa course, avec davantage de succès cette fois. Une défaite électorale du camp du changement mettra à genoux le mouvement de protestation contre Netanyahu.

Tous les bons à rien, les politiciens corrompus et racistes, reviendront au pouvoir, avec une détermination encore plus grande. La victoire ne fera qu’aiguiser leur appétit.

Si le fiasco du 7 octobre et les guerres de vengeance sur plusieurs fronts qui ont suivi, toutes aussi absurdes les unes que les autres, ne suffisent pas à faire tomber Netanyahu et son gouvernement de droite, alors rien ne les fera jamais tomber. Si l’incroyable succession d’échecs du gouvernement, des transports à l’éducation en passant par la police, ne permet pas de lui porter le coup fatal qui le ferait s’écrouler, alors nous saurons tous que les Israéliens méritent ce gouvernement et que ce gouvernement mérite les Israéliens.

Il est tout simplement impossible de comprendre comment les partis de la coalition au pouvoir parviennent ne serait-ce qu’à franchir le seuil électoral, comment ils peuvent avoir la moindre chance de l’emporter de nouveau.

Le changement véritablement spectaculaire viendra de la communauté internationale. Elle en a assez. Jusqu’à présent, c’étaient les organisations de la société civile, presque partout, qui en avaient assez d’Israël. Encore un mandat de ce genre, et les gouvernements les rejoindront et passeront à l’offensive. Israël sera mis à genoux. Tous ceux qui demandent : «À quoi nous sert le reste du monde, de toute façon ?» tomberont des nues.

C’est là que réside le grand espoir, bien sûr, mais le prix sera insupportable. Les plans d’action sont déjà dans les tiroirs, prêts à en être sortis. Essayez donc de voir comment réagiront l’Europe et les Etats-Unis après quatre nouvelles années de Netanyahu ; quatre nouvelles années au cours desquelles Israël aura fait un pied de nez arrogant au monde entier et à l’exigence commune qui l’unit : que les Palestiniens obtiennent leurs droits.

La vie sous sanctions sera bien plus dure qu’on ne l’imagine ici. Elles toucheront le destin, le portefeuille, la dignité et la liberté de chaque Israélien. Elles seront d’autant plus sévères qu’elles succéderont à des décennies de retenue et de patience dont aucun État voyou n’a jamais bénéficié à un tel degré. Elles déferleront comme un torrent libérateur. Après des années vécues à l’ombre de la Shoah, des sentiments de culpabilité légitimes et de leur exploitation cynique par Israël, des mensonges présentant Israël comme la seule démocratie et comme un pays qui aspire à la paix, la grande explosion surviendra, et elle fera mal.

La fin de l’immunité d’Israël

Fini David contre Goliath, fini le «peuple élu», l’unique victime de l’histoire. À la place, un État voyou d’apartheid qui maltraite des milliers de détenus emprisonnés sans procès, perpètre des pogroms contre des innocents, a commis un génocide à Gaza et dont le premier ministre est recherché par la Cour pénale internationale de La Haye.

Une victoire de la droite annoncera la fin de l’immunité d’Israël. Cela aussi est une perspective dont on peut se réjouir, mais, là encore, pas du lourd tribut qui sera exigé.

Derrière le rideau des isoloirs, face aux bulletins de tous les partis, même avec les convictions de droite les plus ultranationalistes, la soif de vengeance contre les Arabes et le sentiment dominant de supériorité absolue, il est essentiel, cette fois, de se souvenir aussi du prix à payer. Cette fois, ça va nous coûter cher.

*  Journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz

** Le titre e le intertitres sont de la rédaction.

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Quatre élections décisives en dix jours, le monde retient son souffle !

26. Oktober 2026 um 10:00

Une bataille féroce entre les partisans de la démocratie libérale et les apôtres de ce qui est désormais appelé la démocratie illibérale bat son plein partout dans le monde et cette bataille se cristallise durant ces dix jours au Brésil, en Israël, en Serbie et aux États-Unis où les libertés fondamentales et l’État de droit sont menacés et où les contre-pouvoirs sont ciblés par les candidats de la droite populiste. D’ailleurs, les candidats de cette tendance politique dans ces pays n’hésitent pas à s’entraider et à former un groupe informel décrit comme un international réactionnaire très solidaire.

Imed Bahri

Quatre élections sur quatre continents en l’espace de dix jours pourraient profondément remodeler la politique mondiale en accentuant la trajectoire autoritaire actuelle du monde ou, au contraire, en marquant un timide retour des normes démocratiques.

Julian Borger affirme dans le Guardian que ces élections se déroulent en Israël, en Serbie, aux États-Unis et au Brésil où les principes démocratiques fondamentaux pourraient être mis en péril à une époque marquée par une montée de l’autoritarisme à l’échelle mondiale.

Les libertés démocratiques tombées à des niveaux inédits depuis 1978

Selon l’institut suédois V-Dem, institut de recherche indépendant basé au sein du département de science politique de l’Université de Göteborg, qui s’appuie sur des outils d’évaluation multivariés, les libertés démocratiques dont jouit le citoyen moyen à travers le monde sont tombées à des niveaux inédits depuis 1978 soit la période antérieure à la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme en Europe.

Ces élections pourraient soit conforter cette tendance soit l’atténuer. Dans chaque cas, des formations favorables à la démocratie se retrouvent en vive concurrence avec des dirigeants autoritaires qu’ils soient déjà au pouvoir ou qu’ils aspirent à le devenir. Il est fort probable que les résultats de chacun de ces scrutins aient des répercussions durables dans leurs régions respectives.

Ainsi, ce mardi, Benjamin Netanyahu affrontera ses adversaires lors des élections législatives. Le Premier ministre israélien, qui a gouverné pendant 19 des 30 dernières années, a conduit Israël vers un recul démocratique et une aggravation des violations des droits humains. Il est visé par la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis à Gaza. Une défaite électorale l’exposerait à des risques juridiques accrus, compte tenu du procès pour corruption auquel il fait face dans son propre pays. Sa coalition d’extrême droite est actuellement distancée par le bloc de l’opposition mené par l’ancien chef de l’état-major Gadi Eisenkot.

Le mardi d’après, le 3 novembre, la présidence de Donald Trump —marquée par une dimension impériale— pourrait se heurter au rejet des électeurs américains lors des élections de mi-mandat. Il est fort probable que les Républicains perdent au moins l’une des deux chambres du Congrès, voire les deux.

Les Démocrates en cas de victoire auront alors la lourde tâche de contenir les dérives de Trump, lesquelles ont entraîné un recul des États-Unis dans l’indice de démocratie libérale établi par l’institut V-Dem.

Au moment du dépouillement des votes aux États-Unis mardi 3 novembre, le visage du monde pourrait être radicalement différent : les quatre enjeux électoraux en question sont non seulement très serrés mais aussi étroitement liés.

Le mouvement Maga, associé à Trump, a apporté un soutien politique explicite à Netanyahu en Israël, Aleksandar Vučić en Serbie et Flavio Bolsonaro au Brésil. Le logiciel espion israélien Pegasus a été découvert dans les téléphones d’étudiants et de militants pro-démocratie en Serbie mobilisés contre Vučić. Bolsonaro, connu pour son soutien indéfectible à Israël, s’est engagé à suivre l’exemple des États-Unis en transférant l’ambassade du Brésil à Jérusalem en cas de victoire. Les États-Unis ont largement soutenu les guerres menées par Netanyahu, tandis que la Serbie s’est engagée à consacrer deux milliards de dollars à des systèmes de défense israéliens. En septembre, une usine commune a d’ailleurs été inaugurée pour produire des systèmes de surveillance et d’attaque.

Selon Borger, la victoire de la droite autoritaire dans un pays donné renforcerait la position de ses homologues ailleurs. À l’inverse, la victoire des défenseurs de la démocratie lors des élections offrirait espoir et encouragement à leurs alliés à travers le monde.

Bien que ces quatre scrutins puissent être étroitement liés, la lutte entre autoritarisme et démocratie revêt des formes très différentes selon les pays. Les probabilités de victoire, tout comme les enjeux, varient d’un cas à l’autre mais toutes ces situations présentent des résultats très serrés.

Dans le cas du Brésil (qui occupe le 28e rang de l’indice de démocratie), on a pu observer un renouveau démocratique depuis l’investiture de Luiz Inácio Lula da Silva le 1er janvier 2023 qui a battu le populiste Jair Bolsnaro, aujourd’hui en prison. Hier, dimanche 25 octobre 2026, il était confronté à Flavio, le fils de Jair, lors du deuxième tour de l’élection présidentielle brésilienne. Selon l’institut V-Dem, le Brésil affiche désormais un bilan démocratique bien que celui du Royaume-Uni et nettement meilleur que celui des États-Unis. 

Aleksandar-Vucic-et-Jair-Bolsorano.

Le succès de Lula annonce un réveil de la démocratie mondiale ?

Le fils Bolsonaro a non seulement promis de faire libérer son père mais aussi de sanctionner les membres de l’appareil judiciaire ayant pris part aux poursuites engagées contre lui. En cas de victoire, il allait s’appuyer sur une majorité de droite au Parlement. Il a par ailleurs annoncé son intention de modifier la Constitution et de «redémocratiser» le pays. Cette expression renvoie à la transition ayant mis fin au régime militaire en 1985. Pour la gauche brésilienne, elle prend une résonance orwellienne inquiétante surtout dans la bouche d’un homme qui se revendique ouvertement admirateur de figures marquantes de la junte jadis au pouvoir.

Bolsonaro a axé sa campagne sur une politique sécuritaire intransigeante, visant à répondre au problème chronique de la criminalité élevée. Il préconise notamment l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale en dessous de 18 ans — ce qui conduirait à l’incarcération d’un plus grand nombre d’adolescents — ainsi que des réformes judiciaires. Selon ses détracteurs, ces mesures viseraient en réalité à porter atteinte à l’indépendance de la justice.

Finalement, le pire a été évité : c’est Lula qui a remporté les élections avec 51,79 % des suffrages, contre 48,21 pour Bolsorano. Et c’est un bon signe de réveil de la conscience démocratique mondiale, qui ne demande qu’à être confirmé sous d’autres cieux.  

En Serbie (classée 112e dans l’indice de démocratie), Aleksandar Vučić, au cours de ses 12 années à la présidence, a méthodiquement sapé les fondements de la démocratie. Lui et ses alliés ont pris le contrôle de la majeure partie des médias audiovisuels du pays, faisant de lui la figure omniprésente sur les écrans de télévision durant la campagne électorale actuelle. L’avenir des deux dernières chaînes d’information indépendantes est désormais incertain, après leur rachat en pleine campagne par un investisseur portugais lié à Viktor Orbán, l’ancien Premier ministre populiste de Hongrie. Le Parti progressiste serbe, au pouvoir, a transformé les ministères et autres institutions publiques en instruments politiques, au point que, selon Raša Nedeljkov —directeur de programme au Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA)—, «la frontière entre l’État et les partis a pratiquement disparu». Depuis deux ans, la Serbie est le théâtre d’un mouvement de contestation estudiantin qui, cette semaine, tentera de prendre le pouvoir. 

En Israël (classé 48e dans l’indice de démocratie), la démocratie est restée l’apanage des Juifs, tout en étant discriminatoire à l’égard des Palestiniens. Ils représentent environ un cinquième de la population mais ils sont constamment sous-représentés à la Knesset. Leur taux de participation électorale est inférieur à celui des Juifs israéliens, beaucoup estimant qu’il est inutile de participer à un système qui les exclut systématiquement. Le principal bloc d’opposition, qui rivalise avec Netanyahu, refuse de former une coalition avec les partis arabes et ce, même si une telle alliance pouvait faire la différence entre une victoire écrasante et une impasse incertaine lors de la répartition des sièges à la Knesset.

Benjamin Netanyahu a occupé le poste de Premier ministre, de manière intermittente, au cours des trois dernières décennies. Cependant, durant son mandat actuel —au sein d’une coalition incluant des partis extrémistes soutenus par les colons—, il a pris pour cible les normes démocratiques israéliennes. Il a cherché à restreindre l’indépendance du pouvoir judiciaire au nom d’une «réforme» qui lui était favorable, a exercé des pressions sur la presse indépendante et a politisé la police, l’armée ainsi que le service de sécurité intérieure, le Shin Bet.

La coalition d’opposition, dirigée par le général Gadi Eisenkot, partage une grande partie de la vision de Netanyahu concernant la Palestine. Elle soutient, dans une large mesure, la guerre à Gaza et rejette la solution à deux États. Il est toutefois déterminé à éradiquer la corruption de l’ère Netanyahu ainsi que les dérives autoritaires qui y sont associées. Bien que l’on s’attende à ce que l’alliance remporte davantage de sièges que la coalition gouvernementale lors des élections de mardi, elle n’est pas certaine d’obtenir la majorité absolue.

Les Démocrates à l’assaut d’un «empereur» nommé Trump

Enfin, aux États-Unis (classés 52e dans l’indice de démocratie), aucun autre pays occidental à l’époque moderne n’a connu un recul démocratique aussi rapide que celui observé en moins de deux ans sous le second mandat de Donald Trump. Profitant de la domination des Républicains qui lui sont acquis au Congrès et de la soumission d’une grande partie de la Cour suprême, Trump a instauré un régime présidentiel autoritaire. Il gouverne essentiellement par décrets et transforme les institutions de l’État —notamment les services de sécurité intérieure, le FBI ainsi que le Département de la Justice— en instruments politiques utilisés comme des armes contre ses opposants, les procureurs indépendants et les journalistes. La politique de l’administration, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, a été mise à profit pour créer des occasions d’enrichissement personnel au bénéfice de la famille et des amis de Trump.

Les prérogatives de l’Agence de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) ont été considérablement étendues. Des agents, sommairement formés mais lourdement armés, ont été déployés à travers tout le pays, portant atteinte aux droits civiques de toute personne soupçonnée d’être un migrant en situation irrégulière, une situation qui affecte tout particulièrement la communauté latino-américaine.

Alors que les taux d’approbation du président Trump chutent à des niveaux historiquement bas, les Démocrates ont de bonnes chances de remporter la majorité à la Chambre des représentants et une probabilité plus faible de s’emparer également du Sénat. Même si les Démocrates prenaient le contrôle des deux chambres du Congrès, leur capacité à contenir les dérives autoritaires qui ont marqué la présidence de Trump resterait limitée. Il est en effet probable que ce dernier use largement de son droit de veto or, les Démocrates ne disposeraient ni des voix nécessaires pour passer outre ce veto ni de celles requises pour contrer les tactiques d’obstruction des Républicains au Sénat.

Sur le plan théorique, le Congrès détient le pouvoir budgétaire et peut conditionner le financement des ministères et des agences fédérales à la mise en œuvre de réformes. Par ailleurs, une majorité démocrate pourrait tirer parti de son contrôle sur les commissions parlementaires pour ouvrir des enquêtes sur des affaires de corruption ou d’autres irrégularités et pour émettre des assignations à comparaître à l’encontre de responsables gouvernementaux.

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Iran | Les durs réclament la bombe nucléaire

24. Oktober 2026 um 11:37

Il y a deux décennies, le Guide suprême iranien de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei, a émis une fatwa interdisant le développement d’armes nucléaires. Cette interdiction religieuse a servi de fondement à l’insistance du régime sur le caractère pacifique de ses ambitions en matière d’énergie atomique, et ce, malgré une expansion significative de l’enrichissement de l’uranium, une dynamique qui a placé l’Iran sur une trajectoire de confrontation avec l’Occident. Sauf que tout a basculé avec la guerre israélo-américaine qui a débuté le 28 février 2026 et ses conséquences dévastatrices, aujourd’hui les les éléments les plus radicaux au sein du régime réclament l’annulation de cette fatwa et le changement de la doctrine nucléaire.

Imed Bahri

Le Financial Times rapporte que les dommages collatéraux causés par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un nombre croissant de politiciens, d’analystes et de parlementaires radicaux exhortent le régime à abandonner cette position, à se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à opter clairement pour l’arme nucléaire. 

Davoud Modarresian, analyste politique proche des courants radicaux, a écrit ce mois-ci : «Les récentes confrontations militaires ont démontré que la possession d’armes nucléaires par l’Iran n’est pas une simple ambition mais une nécessité dont l’importance dépasse même celle du pain».

Ce débat public marque un tournant notable dans un pays où, jusqu’à présent, exprimer ouvertement un soutien à l’acquisition d’armes nucléaires risquait d’être perçu comme un défi à l’autorité du Guide suprême qui détient le pouvoir de décision ultime. Or, la mort de Khamenei —survenue lors des bombardements américano-israéliens au début du conflit le 28 février— a paradoxalement contribué à lever ce tabou. Son successeur, son fils Mojtaba Khamenei — qui demeure invisible— n’a pas précisé publiquement s’il comptait maintenir la position adoptée par son père. Ce silence a ouvert un espace aux partisans de la ligne dure en Iran pour avancer leurs arguments en faveur de l’acquisition de l’arme nucléaire. Deux enseignants ont affirmé que l’islam chiite jouit d’une souplesse suffisante pour permettre l’évolution des préceptes religieux en réponse à l’évolution des circonstances.

Mettre en place un «système de dissuasion complet»

Par ailleurs, Hassan Qashqavi, porte-parole de la commission de la sécurité nationale au Parlement, a déclaré le mois dernier que le nouveau Guide suprême iranien pourrait émettre une nouvelle fatwa concernant la question nucléaire, ajoutant que «personne ne peut l’en empêcher». M. Qashqavi a ajouté que l’Iran doit mettre en place un «système de dissuasion complet» afin d’éviter que ne se reproduise le schéma actuel, caractérisé par une alternance entre négociations et guerre.

Les partisans de l’acquisition d’armes nucléaires ont cité l’exemple de la Corée du Nord dont l’arsenal nucléaire s’est, selon eux, avéré efficace pour dissuader toute intervention extérieure.

Une source au sein du régime a indiqué que la mort de Khamenei a entraîné une montée en flèche du soutien à l’acquisition d’armes nucléaires parmi les institutions dirigeantes, précisant que la proportion de ceux qui jugent nécessaire de posséder la bombe est passée «de près de zéro à plus de 50%». Ce changement s’explique en partie par le fait qu’un grand nombre de partisans du régime perçoivent le conflit avec les États-Unis comme une lutte existentielle. Ce conflit demeure dans une impasse tendue et potentiellement explosive autour du détroit d’Ormuz, une zone sur laquelle l’Iran insiste pour maintenir son contrôle.

Des dizaines de commandants et de hauts responsables ont été tués au cours des quarante jours de bombardement avant de prendre fin avec l’instauration d’un cessez-le-feu fragile en avril.

Par ailleurs, le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’un changement de régime en Iran. Le président américain est allé plus loin encore, menaçant de détruire la «civilisation» iranienne et de renvoyer le pays à «l’âge de pierre». Un haut diplomate occidental en poste à Téhéran a indiqué que ces déclarations avaient conduit des responsables du régime à se demander si les États-Unis envisageaient d’utiliser des armes nucléaires tactiques.

La position officielle demeure inchangée mais le débat s’élargit. L’Iran maintient officiellement que son programme nucléaire est à vocation pacifique et qu’il n’a pas l’intention de développer des armes nucléaires. Mohammad Eslami, le plus haut responsable du programme nucléaire iranien, a déclaré dimanche que les travaux visant à produire 20 000 mégawatts d’électricité d’origine nucléaire s’étaient poursuivis même en temps de guerre.

Appels publics en faveur de l’acquisition d’une force nucléaire

Toutefois, les appels publics en faveur de l’acquisition d’une force de dissuasion nucléaire suscitent l’inquiétude de certains responsables politiques pragmatiques, notamment des réformateurs qui plaident depuis des années pour une politique étrangère moins conflictuelle. Hossein Marashi, une figure politique réformatrice de premier plan, a déclaré la semaine dernière aux médias locaux : «La protection de l’Iran et de la République islamique est plus importante que l’enrichissement [de l’uranium] ou la préservation des acquis nucléaires». Selon des experts, il ne semble pas que l’Iran ait encore atteint le stade de la prise de décision concernant sa doctrine nucléaire alors que la guerre se poursuit.

Ali Vaez, expert des affaires iraniennes au sein de l’International Crisis Group, a déclaré : «Il s’agit d’un débat sérieux qui n’est plus un sujet tabou malgré la fatwa de l’ancien Guide suprême. La guerre a renforcé la position de ceux qui soutiennent qu’un État confronté à une attaque menaçant son existence a, en fin de compte, besoin de la force de dissuasion ultime». Il a toutefois ajouté : «Téhéran pourrait chercher à préserver ses infrastructures nucléaires tout en utilisant son programme comme levier de négociation pour obtenir des concessions économiques ou sécuritaires plutôt que de se précipiter ouvertement vers l’acquisition de la bombe. Tout dépendra de la perception des dirigeants iraniens : estiment-ils que la transformation du programme en un programme d’armement permettrait de prévenir une future attaque, ou, au contraire, qu’elle ne ferait qu’en précipiter le déclenchement?».

Abolfazl Bazargan, analyste en relations internationales proche du camp des durs au sein du régime, a déclaré à l’agence de presse Tasnim —liée au Corps des gardiens de la révolution islamique— que l’insistance de l’Iran à affirmer qu’il ne développera jamais d’arme atomique équivaudrait à une «défaite auto-infligée». Selon lui, Téhéran devrait adopter une doctrine fondée sur le principe de non-recours en premier aux armes nucléaires, tout en conservant la capacité de riposter en cas d’attaque nucléaire.  

Selon les évaluations des services de renseignement américains, l’Iran a entamé, il y a plusieurs décennies, des travaux préliminaires en vue d’un programme d’armement nucléaire, avant que ceux-ci ne soient interrompus en 2003. L’an dernier, devant le Congrès, l’ancienne directrice du renseignement national américain a indiqué que, selon les estimations des services de renseignement, Téhéran ne travaille pas à la fabrication d’une arme atomique. Toutefois, la forte accélération des activités d’enrichissement d’uranium —survenue après le retrait de Donald Trump, en 2018, de l’accord nucléaire historique conclu entre l’Iran et les puissances mondiales— a transformé le pays en ce que les experts qualifient d’ «État au seuil du nucléaire». L’Iran possède désormais la capacité de convertir son programme à des fins militaires, s’il choisissait de le faire.

Aujourd’hui, cependant, le programme nucléaire de la République islamique a subi un revers majeur. Les États-Unis ont en effet frappé les trois principales installations nucléaires iraniennes —Natanz, Fordo et Ispahan— durant le conflit de 12 jours qui a opposé Israël à la République islamique en juin de l’année dernière.

Par ailleurs, Donald Trump —qui insiste sur la nécessité pour Téhéran de démanteler son programme nucléaire— a menacé de prendre pour cible une installation enfouie profondément sous le mont Kuh-e Gazla (la Montagne de la Pioche), dans le centre de l’Iran.

Mystère sur le sort du stock iranien d’uranium hautement enrichi

L’une des sources d’inquiétude immédiates les plus importantes pour les États-Unis et les puissances occidentales concerne le sort du stock d’uranium hautement enrichi détenu par l’Iran. Celui-ci se compose d’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau qui ne se situe qu’à un pas du seuil d’enrichissement requis pour la fabrication d’armes. On estime que ce stock –qui, s’il était davantage enrichi, pourrait théoriquement fournir suffisamment d’uranium pour fabriquer une dizaine d’armes nucléaires– se trouve sous les décombres de sites nucléaires ayant été bombardés.

Trump a exigé de l’Iran, seul État non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à de tels niveaux, qu’il transfère ce stock hors du pays. Toutefois, alors que Téhéran a résisté à cette exigence, des responsables du régime ont évoqué la possibilité de discuter d’une réduction du taux d’enrichissement de ce stock dans le cadre d’un accord plus large qui prévoirait la levée des sanctions américaines et le dégel des fonds iraniens bloqués à l’étranger, des conditions que Washington n’accepte pas.

L’Iran n’a pas autorisé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à ses principaux sites nucléaires depuis juin 2025.

Autre question importante qui se pose : l’Iran va-t-il se retirer du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) ? En vertu des dispositions de ce traité, si l’Iran décidait de s’en retirer, il serait tenu d’en informer tous les autres États parties ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, avec un préavis de trois mois. Selon des diplomates, Téhéran pourrait utiliser cette option comme un moyen de pression sur Washington afin de parvenir à un accord.

Deux hauts responsables iraniens ont déclaré au Financial Times qu’un retrait du traité ne constituait pas une priorité immédiate. L’un d’eux a affirmé : «Notre politique concernant le Traité sur la non-prolifération nucléaire n’a pas changé pour l’instant mais cela ne signifie pas qu’elle ne changera pas à l’avenir». Toutefois, la proposition de retrait demeure controversée, y compris parmi certains partisans d’une posture défensive plus ferme de la part de l’Iran.

Dans des entretiens accordés à des médias locaux, Hamza Safavi, professeur à l’Université de Téhéran et fils de l’un des conseillers militaires du Guide suprême iranien, a suggéré que le recours à d’autres types d’armes non conventionnelles, notamment ce que l’on appelle la bombe sale*, pourrait constituer un moyen de dissuasion tout aussi efficace. Cependant, de telles positions suscitent l’ire d’autres éléments radicaux.

Selon l’activiste politique Davoud Modarresian, le principal obstacle au développement d’une arme nucléaire ne réside pas dans l’interdiction religieuse mais plutôt dans l’hésitation au sein des cercles du pouvoir.

*La bombe sale (ou dispositif de dispersion radiologique, DDR) est un engin explosif conventionnel (dynamite, C4) entouré de matières radioactives, biologiques ou chimiques. Elle ne provoque pas d’explosion atomique mais vise à propager la contamination et la panique.

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Sahel | Le come-back de l’Algérie

22. Oktober 2026 um 08:18

Face à l’influence régionale grandissante de l’Axe Rabat-Abou Dhabi-Tel Aviv dans les pays du Sahel, Alger qui considère cette espace géographique comme sa sphère d’influence essaye ces derniers temps de prendre des initiatives afin d’améliorer ses relations avec des pays comme le Niger et le Mali qui ont traversée une phase de turbulence ces dernières années. En ouvrant une nouvelle page avec ces pays, l’Algérie entend de nouveau jouer un rôle dans cette région afin de contenir le rôle de plus en plus intense et multiforme de l’Axe concurrent qui l’agace beaucoup et qui a atteint son paroxysme le mois dernier avec la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Abou Dhabi. (Photo : Combattants du Front de libération de l’Azawad à Kidal, au Mali).

Imed Bahri

La revue américaine Foreign Policy a publié une analyse de Nosmot Gbadamosi indiquant que l’Algérie cherche à retrouver son rôle de médiateur dans les questions de sécurité au sein de la région instable du Sahel. Elle suggère qu’Alger pourrait avoir joué un rôle dans la reprise récente de la ville de Kidal par l’armée malienne et ses alliés russes aux dépens des séparatistes touaregs. Ces derniers avaient procédé à un retrait tactique de cette ville stratégique dont ils avaient pris le contrôle en avril.

Ces développements interviennent dans un contexte de reprise des relations bilatérales avec l’Algérie, qui a rouvert son espace aérien à Bamako en juillet, mettant ainsi fin à une rupture de 15 mois. Cette rupture faisait suite à un différend provoqué par l’abattage par l’Algérie d’un drone malien près de leur frontière commune.

L’Algérie, qui constitue la deuxième puissance militaire d’Afrique après l’Égypte, a joué pendant des décennies un rôle de médiateur dans le processus de paix entre les rebelles touaregs et le gouvernement malien.

Ces derniers mois, Alger s’est efforcée de reconquérir ce rôle, ainsi que sa position traditionnelle de médiateur en matière de sécurité au Sahel, alors que les menaces sécuritaires s’intensifient dans toute la région.

Bien qu’elle prône une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États, l’Algérie a toujours considéré le Sahel et l’Afrique de l’Ouest comme faisant partie de sa zone d’influence.

La question touarègue et la lutte contre le terrorisme

Intissar Fakir, chercheuse principale et directrice fondatrice du programme Afrique du Nord et Sahel au Middle East Institute, a déclaré : «L’Algérie a toujours perçu le Sahel comme faisant partie de l’espace géopolitique global au sein duquel elle exerce son influence. Il existe de nombreux intérêts communs avec le Mali, notamment en ce qui concerne la question touarègue et la lutte contre le terrorisme».

Selon plusieurs analystes, l’Algérie craint tout particulièrement une extension de la rébellion vers ses régions méridionales au sein de sa propre population touarègue.

Cependant, ces dernières années, face au déclin de son rôle dans la région du Sahel, l’Algérie s’inquiète de plus en plus de la présence de nombreux acteurs étrangers —notamment la Russie et les Émirats arabes unis— qui cherchent à y renforcer leur influence.

«L’Algérie commence à se retrouver largement isolée dans son voisinage», souligne Fakir. Alger a d’ailleurs régulièrement dénoncé le recours du Mali à des mercenaires russes, et ce, malgré ses bonnes relations avec Moscou. Cette situation a conduit le Mali, en 2024, à mettre fin à l’Accord d’Alger, un traité de paix négocié par l’Algérie en 2015 entre le gouvernement malien et une coalition séparatiste menée par les Touaregs de l’Azawad.

Les relations entre l’Algérie et les pays du Sahel se sont davantage dégradées l’an dernier à la suite de l’affaire du drone abattu. Cet incident qui a poussé l’Alliance des États du Sahel (regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger) à rappeler ses ambassadeurs en poste à Alger.

L’Algérie éprouve également une vive inquiétude vis-à-vis d’Abou Dabi. En septembre, elle a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats, accusant ces derniers d’«actes provocateurs et hostiles» et de déstabiliser la région en soutenant des factions rebelles au Soudan, en Libye et au Sahel.

En juillet, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré, au sujet des Émirats : «Partout où ils mettent les pieds, le sang coule».

Selon les analystes, l’Algérie joue désormais un rôle croissant, tant sur le plan militaire qu’économique, dans les affaires de ses voisins. Cette mutation se manifeste clairement au Niger. En août, l’Algérie a dépêché auprès du gouvernement militaire nigérien quatre avions de combat Soukhoï-30, un avion de ravitaillement en vol et un avion de transport militaire ce qui est une démonstration de force inédite visant à aider les autorités à déjouer une tentative de coup d’État.

Au cours du même mois, Sonatrach, la compagnie énergétique publique algérienne, a entamé des opérations d’exploration sur le gisement pétrolier de Kafra, au Niger, relançant ainsi un projet resté en suspens pendant des années.

Le mois dernier, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a salué l’Algérie, qualifiée d’État frère et voisin, affirmant que le Niger est aujourd’hui «sur pied» grâce au soutien algérien. 

L’Algérie n’est pas le seul pays d’Afrique du Nord à avoir intensifié son implication au Sahel et dans les régions avoisinantes. En 2023, l’Égypte a fourni des équipements militaires au Niger pour appuyer la lutte contre les groupes djihadistes. Par ailleurs, le Nigeria cherche actuellement à conclure un accord avec l’Égypte portant sur le transfert de technologies militaires.

Le prisme de la rivalité entre l’Algérie et le Maroc

Cependant, la principale dynamique en direction de la région émane du Maroc —rival de l’Algérie— qui espère que des relations régionales solides viendront soutenir son plan pour le Sahara occidental. L’Algérie, quant à elle, héberge le Front Polisario, mouvement qui milite pour l’indépendance de ce territoire.

Les relations historiques du Maroc avec les pays d’Afrique de l’Ouest remontent à des siècles mais elles se sont tendues dans les années 1980 en raison d’un soutien croissant à l’indépendance du Sahara occidental. Depuis sa réintégration au sein de l’Union africaine en 2017, Rabat s’est tourné de plus en plus vers la diplomatie économique pour renforcer sa position dans la région.

La construction d’un gazoduc reliant le Nigeria au Maroc devrait débuter au cours des deux prochaines années. Ce projet vise à acheminer le gaz naturel nigérian à travers 12 pays avant qu’il n’atteigne le Maroc, qui se chargera ensuite de l’exporter vers l’Europe. Par ailleurs, le Maroc collabore avec la Mauritanie à des projets visant à relier les pays enclavés du Sahel à l’océan Atlantique via le port marocain de Dakhla situé au Sahara occidental.

Toutefois, selon Fakir, réduire ces évolutions régionales au seul prisme de la rivalité entre l’Algérie et le Maroc serait une simplification excessive. Elle ajoute : «Le Maroc n’est plus le seul acteur impliqué dans la sécurité de la région du Sahel. Par conséquent, toute mesure prise par l’Algérie ne constitue pas nécessairement une réaction au Maroc mais répond plutôt à un ensemble de circonstances changeantes et variées».

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A travers Rima Hassan, la France cherche-t-elle à museler la voix de la Palestine ?  

21. Oktober 2026 um 08:32

Le parquet de Paris a requis, mardi 20 octobre 2026, dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée de La France insoumise, poursuivie pour apologie du terrorisme. À l’origine de l’affaire, une publication sur X citant Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat de 1972 à l’aéroport de Lod, en Israël. Les réquisitions ont provoqué une réaction virulente de Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce un abus de pouvoir et met en cause le gouvernement. Le jugement est attendu le 30 novembre.

Djamal Guettala

Le parquet de Paris a demandé dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre Rima Hassan, jugée depuis lundi 19 octobre devant la 10e chambre correctionnelle de Paris. L’eurodéputée de LFI est poursuivie pour apologie du terrorisme à la suite d’un message publié sur X le 26 mars, puis supprimé.

La publication reprenait une citation attribuée à Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise et l’un des trois auteurs de l’attentat commis le 30 mai 1972 à l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv. L’attaque avait fait 26 morts et environ 80 blessés.

Le message relayé par Rima Hassan indiquait : «J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir.»

Pour le ministère public, la publication ne peut être dissociée de la participation d’Okamoto à cet attentat. Le parquet estime qu’en reprenant ces propos sans prendre ses distances avec leur auteur, l’eurodéputée a contribué à banaliser le massacre et à valoriser celui qui l’a commis. Il a écarté l’idée d’une instrumentalisation des poursuites en raison de ses opinions politiques.

Mélenchon dénonce un abus de pouvoir

Les réquisitions ont suscité une réaction immédiate de Jean-Luc Mélenchon. Sur X, le fondateur de LFI a dénoncé ce qu’il considère comme une procédure abusive et accusé la «Macronie» de se montrer servile envers Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien.

Cette réaction inscrit le procès dans la confrontation politique autour de la guerre à Gaza et des prises de position de Rima Hassan sur la Palestine. Pour le dirigeant insoumis, les poursuites visent une élue dont les interventions dérangent le pouvoir. Cette lecture est contestée par le ministère public, qui affirme que l’affaire porte sur le contenu d’une publication et non sur les opinions politiques de son auteure.

Lors de l’audience du lundi 19 octobre, Rima Hassan avait elle-même dénoncé une «tentative d’intimidation» et une volonté de «mise sous silence d’une élue de l’opposition». Elle avait ensuite choisi d’exercer son droit au silence. Son avocat, Vincent Brengarth, conteste également la procédure et estime que la liberté d’expression de sa cliente est en jeu.

Une décision attendue le 30 novembre

Au-delà de l’affrontement entre LFI et le parquet, le tribunal doit déterminer si le message publié répond aux critères juridiques de l’apologie du terrorisme. La question est précise : il ne s’agit pas de juger la défense des droits des Palestiniens en général, mais d’apprécier la portée d’une citation attribuée à un homme impliqué dans un attentat meurtrier.

La distinction est importante. La défense d’une cause politique ne constitue pas en elle-même une apologie du terrorisme. Mais la référence à cette cause ne suffit pas non plus à soustraire une publication à l’examen de la justice, estime l’accusation, qui n’aurait sans doute pas utilisé ce même argument si l’auteur du poste n’était pas connu pour ses positions propalestiniennes. C’est une justice sur-mesure ou à la tête du client, disent les soutiens de la Palestinienne, qui se trouve ainsi entraînée dans une casuistique consistant à apprécier les termes employés dans une simple citation, leur auteur, leur contexte, leur signification et quoi encore.

Rima Hassan encoure jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Les peines demandées par le parquet ne constituent pas une condamnation. Le tribunal rendra sa décision le 30 novembre, date à laquelle les arguments des parties seront confrontés à l’appréciation judiciaire des faits.

D’ici là, l’affaire continuera vraisemblablement d’alimenter les débats sur la limite de la liberté d’expression au supposé pays des droits de l’homme et le traitement politique des prises de position sur le conflit israélo-palestinien, souvent biaisé par des partis-pris pro-israéliens flagrants.

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Morale à géométrie variable dans la presse suisse

21. Oktober 2026 um 07:37

Ce qui est arrivé à Amal Mekki, ex-responsable de la rédaction arabe de SwissInfo, évoqué dans notre article ‘‘Affaire Amal Mekki: quand l’origine d’une journaliste devient un sujet de controverse’’, «est profondément troublant et soulève de sérieuses questions déontologiques», a commenté un journaliste arabe basé en Suisse sous couvert d’anonymat.

La journaliste tunisienne a perdu son emploi après que son traitement de la guerre à Gaza a fait l’objet de la critique tendancieuse d’un journaliste israélien. La direction de la SSR, un groupe de presse jusque-là réputé pour sa rigueur professionnelle et son irréprochable déontologie, n’a pas reproché des erreurs factuelles ou professionnelles à Amal Mekki, dont les articles étaient justes, documentés et équilibrés. Ce qu’on lui a reproché c’est en quelque sorte son origine arabo-musulmane et ses positions pro-palestiniennes exprimées sur les réseaux sociaux avant même son entrée dans le groupe d’information suisse.

«Cette histoire révèle le climat de peur qui semble régner dans une partie de la presse suisse», souligne notre confrère. Et ajoute : «Le silence de la presse suisse est sidérant ! Ici, dès qu’on aborde la question d’Israël, beaucoup semblent tétanisés à l’idée d’être accusés d’antisémitisme. Il faut pourtant pouvoir interroger les pratiques journalistiques et les rapports de pouvoir sans que toute critique soit immédiatement disqualifiée.»

Interrogé sur les réactions suscitées par cette affaire chez les journalistes suisses, notre interlocuteur a enchaîné : «Beaucoup d’entre eux ont exprimé leur étonnement face à cette affaire et aux pratiques douteuses au sein de Swissinfo, mais ils se sont gardés de le faire publiquement, de crainte de subir le sort de leur consœur tunisienne. Mais pourquoi tant de prudence, voire de peur ? Et pourquoi ce silence du Syndicat suisse des mass media (SSM) ? Beaucoup de nos confrères hésitent encore à afficher publiquement leur soutien à Amal Mekki, par crainte des conséquences ou par manque de courage. On ne peut s’empêcher de se demander si les réactions auraient été les mêmes si elle n’était pas arabe. D’autant plus que, selon les éléments rapportés dans cette affaire, son rédacteur en chef lui aurait demandé de se faire passer pour juive. Pourquoi cette humanité à deux vitesses, cette morale à géométrie variable dans la presse suisse ? Les principes de justice, de solidarité et de dignité humaine ne devraient connaître ni frontières ni origines. Défendre une journaliste face à des pratiques potentiellement contraires à l’éthique ne devrait jamais dépendre de son origine ni du sujet sur lequel elle travaille.»

Il convient, cependant, de rappeler que ce climat vénéneux, entretenu par les lobbys pro-israéliens, n’est pas spécifique à la Suisse. Il est pire en France, en Allemagne et dans d’autres pays de l’Union européenne, où il n’est pas facile d’être un journaliste arabe ou musulman ou même seulement de critiquer Israël, quand bien même il commettrait un génocide condamné par la communauté internationale. Ceux qui l’ont fait, pour être en cohérence avec leurs principes et en paix avec leur conscience, dont plusieurs intellectuels de haut niveau, se sont trouvés, du jour au lendemain, carrément interdits d’antennes et de plateaux. C’est la démocratie occidentale dans toute sa splendeur !

Latif Belhedi

 

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7 octobre 2023 : un cessez-le-feu inachevé, une paix éloignée

06. Oktober 2026 um 09:24
Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023 contre les civils israéliens et la réplique de Tsahal, la guerre se poursuit à faible intensité. Le chef de l’ONU réclame un cessez-le-feu enfin respecté. En bref Trois ans après le 7…

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