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Menace de frappes contre l’Iran : le Pentagone temporise

26. Februar 2026 um 11:11

À huis clos, le Pentagone multiplie les avertissements sur les conséquences d’une intervention militaire en Iran. Alors que Washington masse ses navires, dont deux porte-avions, au Moyen-Orient.

 Croiser le fer avec la République islamique d’Iran, l’ennemi juré des Etats-Unis depuis le renversement du Shah d’Iran en 1979 et la prise d’otage dans l’ambassade étasunienne à Téhéran, ou donner une chance à la voie diplomatique ? Tel est le dilemme du président américain Donald Trump, qui fait face à la plus importante décision de son second mandat. Et ce, alors que les émissaires américains et iraniens devront se rencontrer ce jeudi 26 février à Genève, pour négocier un accord sur la base de l’« enrichissement zéro de l’uranium ». Un accord qui, selon les « desideratas » américains, serait en mesure de bloquer toute possibilité de développer une arme nucléaire.

Un discours alarmiste

« Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie. Mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme  de se doter d’une arme nucléaire ». C’est ce qu’a déclaré le président américain, mardi 23 février, lors de son discours de politique générale devant le Congrès. Tout en ajoutant que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases militaires et travaillent à concevoir des missiles  qui pourront atteindre bientôt les États-Unis ».

A qui s’adresse ce discours alarmiste à souhait qui prétend, sans preuve à l’appui, que le régime des mollahs menace l’Europe et même la sécurité des États-Unis ? Certes, il cherche à prendre à témoin « le monde libre », l’opinion publique américaine majoritairement opposée à une nouvelle guerre contre Téhéran et surtout sa base électorale MAGA. Laquelle est traditionnellement hostile aux interventions militaires extérieures, au nom du principe « America First ».

Sondage peu encourageant

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder de près un sondage SSRS/Université du Maryland, réalisé au début du mois en cours.

A la question : « Êtes-vous favorable ou opposé à une attaque des États-Unis contre l’Iran dans les circonstances actuelles » ? Seuls 21 % s’y sont déclarés favorables, 49 % opposés et 30 % ont répondu « Je ne sais pas ». Sachant que les Républicains étaient les plus favorables à une guerre (40 %); mais que 25 % des électeurs républicains s’y opposaient et 35 % ont répondu « Je ne sais pas ». Il n’y a donc pas de consensus, même au sein du parti de Trump. Par contre, seuls 6 % des Démocrates sont favorables à une attaque contre Téhéran à l’heure actuelle. Alors que 21 % des indépendants étaient favorables à une intervention.

Inquiétudes

Nul doute que ces chiffres ne constituent pas un bon point de départ pour évaluer le soutien dont bénéficierait Trump s’il décidait de passer à l’acte. D’autant plus que le Pentagone ne cache pas son inquiétude concernant une campagne militaire prolongée contre l’Iran et a fait savoir au locataire de la Maison Blanche que les plans de guerre envisagés comportaient des risques, notamment en termes de pertes humaines.

En effet, alors que les États-Unis massent ses navires, dont deux porte-avions, au Moyen-Orient, le chef d’état-major américain Dan Caine a émis des réserves sur une potentielle attaque de l’Iran. Tout en pointant, entre autres, des risques pour les soldats américains et un stock de munitions insuffisant.

Selon le Washington Post et le Wall Street Journal, le général a fait part de ses préoccupations au président Trump en privé, lors d’une réunion à la Maison-Blanche la semaine dernière.

En cause notamment : les stocks de munitions américains ont été largement consommés par le soutien militaire de Washington à Israël et à l’Ukraine. Or une guerre ouverte avec l’Iran pourrait encore épuiser davantage les réserves et compliquer la préparation d’un potentiel conflit futur avec la Chine. La preuve ? Le Pentagone a été forcé de demander 30 milliards de dollars au Congrès pour acheter des missiles et des intercepteurs face à la chute du niveau des stocks.

Autre source de préoccupation : la complexité d’une opération militaire en Iran. Car, si les États-Unis ont des bases dans la région, notamment au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis; ces pays, par peur des représailles, refusent catégoriquement qu’une offensive contre Téhéran soit lancée depuis leur territoire.

Bref, le général aurait averti que les enjeux en Iran étaient plus importants que lors de l’opération américaine récente au Venezuela. Cette dernière ayant permis de capturer l’ancien président  Nicolas Maduro. De même qu’il l’aurait prévenu que des frappes pourraient entraîner des pertes importantes pour les États-Unis et une escalade régionale plus large.

Notons enfin que Dan Caine n’a pas été le seul à émettre des réserves sur une attaque en Iran. Le vice-président J.D. Vance a également émis des doutes, craignant que les États-Unis ne s’embourbent dans un conflit complexe. Toutefois, il ne s’est pas opposé à des frappes sur le territoire iranien. De leur côté, les émissaires américains au Moyen-Orient, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont conseillé à Donald Trump de temporiser et de privilégier  une issue diplomatique.

Tout le contraire d’un certain Netanyahu, qui cherche par tous les moyens à faire pression sur les Etats-Unis en faveur d’une action militaire. Sauf que, selon une source américaine, il aurait quitté une réunion avec Trump la semaine dernière sans savoir quelle était la position exacte du président. La queue entre les pattes, il aurait ensuite demandé si ce dernier était « toujours avec nous » !

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Les dessous de l’accord d’armement russo-iranien

26. Februar 2026 um 08:57

Le Financial Times, citant des sources bien informées et se référant à des documents russes confidentiels qu’il a consultés, a révélé les détails d’un accord secret irano-russe prévoyant une commande iranienne de systèmes de défense aérienne russes d’une valeur de 545 millions de dollars en juillet de l’année dernière, quelques jours seulement après la fin de la guerre des douze jours. 

Imed Bahri

Ces révélations interviennent alors que les États-Unis déploient une force militaire considérable au Moyen-Orient, sur fond de menaces du président américain Donald Trump à l’encontre de l’Iran s’il ne conclut pas à un «bon accord» concernant son programme nucléaire.

Le journal britannique indique que l’accord signé à Moscou en décembre dernier oblige la Russie à livrer 500 lanceurs mobiles Verba et 2500 missiles 9M336 à Téhéran sur une période de trois ans.

Les négociations ont eu lieu entre Rosoboronexport (l’agence d’État russe chargée des exportations d’armement) et un représentant du ministère iranien de la Défense à Moscou.

Le journal précise que Rouhollah Katibi, un haut responsable du ministère iranien de la Défense basé à Moscou, a coordonné l’accord. Il avait auparavant contribué à la vente de centaines de missiles balistiques à courte portée Fateh-360 à la Russie, destinés à être utilisés en Ukraine.

Les États-Unis ont imposé des sanctions à Katibi en 2024, l’accusant d’agir pour le compte du ministère iranien de la Défense. Le département du Trésor américain l’a qualifié de trait d(union entre le gouvernement russe et le ministère iranien de la Défense.

Le système Verba

Le système Verba est l’un des systèmes de défense aérienne les plus avancés de la Fédération de Russie. Il s’agit d’un missile sol-air portable à guidage infrarouge, capable de cibler les missiles de croisière, les aéronefs volant à basse altitude et les drones.

Ce système permet aux forces terrestres de déployer rapidement des défenses dispersées sans dépendre d’installations radar fixes, plus vulnérables aux attaques.

Selon les termes du contrat, les livraisons sont prévues en trois phases entre 2027 et 2029.

Un ancien haut responsable américain a déclaré : «La Russie a peut-être perçu cet accord comme un moyen de rétablir ses relations avec l’Iran après son incapacité apparente à soutenir son allié lors de la guerre de douze jours contre Israël». Il a ajouté : «Ils souhaitent que l’Iran reste un partenaire. Par conséquent, même s’ils n’ont pas pu intervenir pendant la crise, ils tenteront de renouer les liens par la suite»

Le FT a cité une source proche du dossier qui a déclaré : «Il est probable qu’un petit nombre de ces systèmes aient été livrés à l’Iran dès le début». L’ambassadeur d’Iran à Moscou Kazem Jalali l’a également laissé entendre en confirmant plusieurs vols récents entre Moscou et Téhéran. 

Un avion-cargo russe Iliouchine Il-76TD a effectué au moins trois vols entre Mineralnye Vody, dans le Caucase du Nord, et la ville iranienne de Karaj au cours des dix derniers jours. Au moins un autre appareil du même type est arrivé en Iran en provenance de la même région fin décembre. L’Iran aurait également reçu jusqu’à six hélicoptères d’attaque russes Mi-28 en janvier et aurait commencé à en utiliser un à Téhéran ce mois-ci.

Le système Verba est-il suffisant ?

Ruslan Pukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies (un groupe de réflexion basé à Moscou) a expliqué que «si certaines unités étaient livrées et déployées en Iran, il est peu probable qu’elles améliorent significativement la défense globale de Téhéran en cas de nouvelle guerre contre Israël ou les États-Unis».

Cependant, M. Pukhov a souligné que ce nouveau système pourrait rendre beaucoup plus dangereuses les opérations américaines impliquant des hélicoptères et des avions volant à basse altitude, tactiques récemment utilisées pour capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro. «Si une attaque héliportée comme celle contre Maduro devait se produire, ce système pourrait s’avérer très utile aux Iraniens. Si les missiles sont confiés aux bonnes personnes au bon moment, ils peuvent causer d’importants dégâts» du côté américain, a-t-il ajouté. 

Un changement de stratégie pour Téhéran

Nicole Grajewski, professeure assistante à l’Institut d’études politiques de Paris et spécialiste des relations stratégiques irano-russes, a déclaré : «Cet accord témoigne d’un changement de stratégie pour Téhéran après la destruction de ses défenses aériennes par Israël l’an dernier».  Elle a ajouté : «Contrairement aux systèmes de défense aérienne stratégiques russes de plus grande envergure, tels que les S-300 et S-400, le Verba ne nécessite pas de formation ni d’intégration poussées et peut être déployé beaucoup plus rapidement. Aucun de ces transferts ne modifiera fondamentalement la capacité de l’Iran à rivaliser avec les forces armées les plus avancées au monde mais ils pourraient prolonger le prochain conflit».

Le FT rappelle que Téhéran a fourni à Moscou des drones et des missiles pendant la guerre russo-ukrainienne. Les deux pays ont également signé un traité visant à renforcer leurs relations bilatérales en janvier 2025 et l’Iran a cherché à acquérir deux escadrons de chasseurs Soukhoï Su-35 de pointe auprès de la Russie.

En juin 2025, la confrontation militaire la plus directe et la plus violente entre l’Iran et Israël a éclaté lorsque Tel-Aviv, avec le soutien militaire direct des États-Unis, a lancé une série de frappes aériennes ciblant trois installations nucléaires iraniennes clés.

Cette guerre a marqué un tournant radical dans le cours du conflit régional, Washington s’engageant, pour la première fois, ouvertement et immédiatement dans des opérations offensives. Cela a entraîné la destruction massive des infrastructures de défense de Téhéran et a plongé toute la région au bord d’un conflit ouvert, qui a pris fin après l’annonce par le Pentagone et l’armée israélienne du succès des «frappes chirurgicales» ayant permis de détruire les principales cibles dont des réacteurs et des installations d’enrichissement vitaux. 

L’intensification de l’activité militaire américaine durant ce mois de février s’inscrit dans la continuité des conséquences de cette guerre. Washington cherche à tirer profit de la supériorité aérienne acquise l’été dernier pour imposer de nouvelles conditions nucléaires à Téhéran, tandis que ce dernier s’efforce de reconstruire au plus vite ses systèmes de défense en concluant ces accords avec Moscou pour l’acquisition de missiles portables Verba, dans le but de créer une défense aérienne au sol capable de pallier les vulnérabilités techniques révélées par les douze jours de la précédente guerre.

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Iran – États-Unis : possible accord avant la reprise des pourparlers

25. Februar 2026 um 12:20

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré mardi 24 février qu’un accord « est possible ». Et ce, avant une nouvelle série de négociations avec les Etats-Unis, prévue jeudi 26 courant.

L’Iran reprendra ces pourparlers « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dès que possible », a souligné Araghtchi, dans un message publié sur la plateforme X. Il a évoqué une « occasion historique de conclure un accord sans précédent qui tienne compte de nos préoccupations et intérêts mutuels ».

A cet égard, notons que les précédentes négociations entre Téhéran et Washington avaient été interrompues en juin 2025. La cause : la guerre de 12 jours lancée par Israël contre l’Iran, dans laquelle les États-Unis se sont impliqués, en bombardant trois installations nucléaires iraniennes (à Fordow, Natanz et Ispahan).

En effet, les Occidentaux craignent que Téhéran ne se dote de la bombe atomique. Tandis que l’Iran, pour sa part, affirme vouloir développer son programme d’énergie nucléaire exclusivement à des fins civiles.

Enfin, soulignons que Trump a déployé d’importantes forces navales et aériennes au Moyen-Orient et a menacé à plusieurs reprises de frapper l’Iran en cas d’échec de la diplomatie. Mais l’Iran a averti que toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée », l’inciterait à réagir « avec force ».

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Discours de l’état de l’Union : Donald Trump défend son bilan face à une opinion sceptique

25. Februar 2026 um 10:41

Lors de son discours marathon (1 heure 47 minutes) sur l’état de l’Union, mardi 24 février, le président Donald Trump a dressé un tableau résolument optimiste de l’Amérique qui « gagne sur tous les fronts ». Il a mis en avant une relance spectaculaire de l’emploi et de l’industrie manufacturière, tout en se félicitant d’avoir imposé, selon lui, un nouvel équilibre mondial favorable aux intérêts américains.

Ce discours, suivi de près à Washington, est perçu comme un test grandeur nature du message que les républicains entendent porter à l’approche des élections de novembre, cruciales pour le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Face à une cote de popularité en recul, le président Trump a multiplié les références à ses réalisations, espérant convaincre un électorat encore hésitant.

Cependant, l’optimisme affiché par la Maison Blanche contraste avec le ressenti d’une partie importante de la population. De nombreux Américains demeurent préoccupés par leur situation financière et estiment ne pas avoir bénéficié concrètement des politiques économiques mises en œuvre depuis le début du mandat de Trump.

La soirée politique s’est poursuivie avec la réponse démocrate. La gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, a livré le discours officiel du Parti démocrate, tandis que le sénateur de Californie Alex Padilla s’est exprimé en espagnol, soulignant la diversité de l’électorat et les tensions persistantes autour des libertés civiles.

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Du Nil à l’Euphrate | Quand la Bible devient carte géopolitique

25. Februar 2026 um 10:55

Les civilisations humaines prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété de l’Etat d’Israël, né en 1948 d’un arrangement entre puissances occidentales, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente dans le monde.

Yahya Ould Amar *

Les empires disparaissent ; les textes demeurent. Mais aucun verset d’un livre saint n’a jamais servi pour tracer une frontière reconnue par le droit des nations. Si l’on devait fonder la géopolitique contemporaine sur l’antériorité ou les promesses les plus anciennes, le monde redeviendrait instantanément ingouvernable.

Aux États-Unis, les nations amérindiennes pourraient revendiquer l’intégralité du territoire ; en Europe, les royaumes médiévaux réapparaîtraient sous forme de prétentions territoriales contemporaines ; en Méditerranée, les héritiers de Carthage, de Rome invoqueraient leurs anciens empires ; au Proche-Orient, chaque dynastie disparue redessinerait les frontières selon ses propres souvenirs, en Asie, les empires disparus revendiqueraient leurs anciennes provinces.

L’histoire humaine est une succession de conquêtes, de migrations, de métissages et de recompositions. Si chaque présence ancienne devenait un titre de propriété éternel, aucun État moderne ne survivrait.

C’est pourtant une brèche de cette nature qu’a entrouverte Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël nommé en 2025 par le président Donald Trump, lorsqu’il a affirmé dans un entretien avec Tucker Carlson que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pouvait fonder une légitimité territoriale contemporaine d’Israël sur cette partie du Moyen Orient — allant jusqu’à ajouter : «ce serait bien s’ils prenaient tout». Ce n’est pas une simple déclaration théologique. C’est un glissement conceptuel aux conséquences diplomatiques majeures. Car cet ambassadeur ne parle jamais seulement en croyant, il parle au nom de la première puissance mondiale.

Prise au sérieux, cette interprétation implique bien davantage qu’une formule symbolique. Elle suggère l’effacement de la Jordanie, du Koweït et du Liban, l’amputation de larges portions de l’Égypte — dont le Canal de Suez —, de l’Arabie saoudite incluant Médine, ainsi que de vastes territoires irakiens et syriens. Autrement dit, elle superpose un récit théologique ancien à des souverainetés contemporaines internationalement reconnues, dont certaines plongent leurs racines bien au-delà de l’époque patriarcale évoquée par la Genèse. Parler de «prendre tout» revient à envisager une refonte radicale de la carte régionale au détriment de peuples établis et d’États constitués.

Les civilisations mésopotamiennes prospéraient avant Abraham ; les royaumes du Levant existaient avant les textes bibliques. L’histoire humaine est stratifiée, cumulative, mouvante. La transformer en titre de propriété, c’est ouvrir la voie à une compétition infinie des mémoires — et à l’instabilité permanente.

La Genèse n’est pas un cadastre

La Genèse est un texte fondateur des traditions abrahamiques, dont nous sommes pour la plupart les héritiers. Elle appartient au patrimoine spirituel de milliards d’êtres humains. Mais la Genèse n’est pas un cadastre. Elle n’est ni une convention frontalière ni un traité international.

Entre le Nil et l’Euphrate, bien avant qu’Abraham ne devienne figure de foi pour les monothéistes, vivaient déjà des peuples multiples — Cananéens, Amorites, Hourrites, Égyptiens, Mésopotamiens. Des cités se sont élevées, des empires ont dominé, des langues se sont croisées, des civilisations se sont succédées. Le Croissant fertile fut l’un des berceaux de l’agriculture, de l’écriture, de la ville.

L’histoire de cette région ne se résume pas à un seul récit fondateur, aussi central soit-il pour la tradition juive ; elle s’inscrit dans une continuité plurimillénaire où se sont succédé et mêlées de nombreuses civilisations.

Il serait malhonnête d’ignorer que la notion de «terre promise» occupe une place centrale dans la tradition juive et qu’elle constitue pour des millions de croyants un élément fondateur d’identité spirituelle. Mais une mémoire religieuse, aussi légitime soit-elle, ne se confond pas avec une norme juridique internationale. La foi structure des consciences ; elle ne délimite pas des souverainetés. Cela n’ôte rien à la réalité historique du lien plurimillénaire du peuple juif à cette terre, attesté par toutes les religions monothéistes et l’histoire, ni à la légitimité internationale issue du processus onusien de 1947 et de la reconnaissance de l’État d’Israël. La question n’est pas celle de l’existence d’Israël, mais celle des fondements invoqués pour redéfinir ses frontières.

Cette terre n’a jamais été l’espace exclusif d’un seul peuple. Au fil des siècles, des populations juives et arabes y ont coexisté, parfois en tension, parfois en proximité. Le droit international contemporain, notamment à travers la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1947, a d’ailleurs envisagé la création de deux États — l’un juif, l’autre arabe — reconnaissant ainsi l’existence de deux légitimités nationales sur un même territoire.

Lorsqu’on se place du point de vue du croyant, l’ordre du monde et le déploiement de son histoire ne relèvent pas du hasard ni de la seule volonté humaine, mais d’une souveraineté divine. Pour celui qui croit, la création, les nations, les événements et leurs enchaînements procèdent d’un dessein qui dépasse l’homme. Pour le croyant, l’histoire s’inscrit dans une relation à Dieu et dans une promesse qui relève de la foi. Mais précisément parce que cette conviction relève de l’adhésion spirituelle, elle ne peut être transposée mécaniquement dans l’ordre juridique international. La foi engage la conscience ; le droit engage les peuples.

Du mythe au droit

Depuis 1945, la Charte des Nations unies repose sur un principe simple qui est l’interdiction de l’acquisition territoriale par la force et la reconnaissance mutuelle des États souverains. C’est précisément pour empêcher, entre autres, la résurgence des légitimations mythologiques de l’expansion territoriale que l’ordre juridique international a été construit.

Car si la théologie devient doctrine territoriale, alors l’histoire des évolutions humaines — migrations, métissages, souverainetés construites — pourrait être suspendue au profit d’une interprétation d’un récit antique.

Le Proche-Orient n’est pas une carte biblique en attente d’accomplissement. C’est un espace habité, souverain, traversé de mémoires concurrentes et d’équilibres fragiles. L’Égypte n’est pas une métaphore ; c’est l’une des plus anciennes continuités étatiques de l’histoire humaine, structurée bien avant l’émergence du prophète Abraham dans les récits bibliques. L’Irak et la Syrie sont les héritiers des premières cités mésopotamiennes, des royaumes araméens, des civilisations assyriennes et babyloniennes, toutes antérieures aux traditions abrahamiques. La Jordanie, le Liban, le Koweït, l’Arabie saoudite — dont la ville sacrée de Médine occupe une place centrale dans l’histoire de l’islam — ne sont pas des espaces symboliques interchangeables, ce sont des États souverains, reconnus, porteurs d’identités historiques façonnées au fil des siècles.

Ce qui trouble, au fond, n’est pas qu’un homme de foi interprète un verset biblique. C’est que cette interprétation soit formulée par un diplomate représentant la première puissance mondiale. La diplomatie moderne repose sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés et sur l’équilibre fragile des puissances. Introduire dans ce langage la logique d’une promesse sacrée, c’est déplacer le débat du terrain juridique vers celui de l’absolu. Et l’absolu, en politique internationale, n’a jamais été un facteur de paix.

La théologie devient doctrine implicite

Les déclarations de l’ambassadeur américain en Israël, validant l’idée que la promesse biblique «entre le Nil et l’Euphrate» pourrait fonder une légitimité territoriale contemporaine, ne relèvent pas d’une simple opinion personnelle. Elles introduisent, dans le langage diplomatique d’une superpuissance, une référence théologique comme possible source de droit politique. Or depuis 1945, l’ordre international repose sur la souveraineté des États et l’intangibilité des frontières reconnues. Substituer à ce cadre juridique une lecture littérale d’un texte sacré revient à déplacer la légitimité du consensus international vers l’absolu religieux — un terrain par nature non négociable.

Une doctrine territoriale fondée sur une promesse divine transforme le désaccord politique en affrontement existentiel. Elle discrédite la posture de médiation des États-Unis, alimente les radicalités régionales et rouvre la porte à une diplomatie identitaire où les récits sacrés concurrencent le droit international. Si chaque nation revendiquait ses frontières au nom de ses écritures, l’équilibre mondial serait rapidement submergé par des absolus rivaux. L’enjeu dépasse donc la polémique, il interroge la nature même de la diplomatie contemporaine et la capacité des grandes puissances à distinguer conviction personnelle et responsabilité stratégique.

Une onde de choc régionale

Évoquer favorablement une extension territoriale israélienne «du Nil à l’Euphrate» revient, pour des millions de citoyens arabes, à suggérer l’effacement symbolique de leurs États. En Egypte où la stabilité repose sur un équilibre délicat entre souveraineté nationale et coopération sécuritaire avec Israël, une telle rhétorique ne peut qu’alimenter les discours nationalistes et fragiliser les autorités modérées. En Iraq et en Syrie, pays marqués par les guerres et recompositions territoriales, l’idée d’une légitimation religieuse de l’expansion israélienne réactive des mémoires coloniales et des peurs existentielles. Ce n’est pas seulement une provocation théologique — c’est une négation explosive de souverainetés reconnues et d’équilibres régionaux déjà fragiles.

L’Iran, qui se présente comme défenseur de la cause palestinienne pourrait instrumentaliser ces propos pour renforcer l’idée d’un affrontement civilisationnel. Les groupes armés non étatiques y trouveraient une justification supplémentaire pour radicaliser leurs bases. Même les États signataires des accords d’Abraham, engagés dans une normalisation pragmatique avec Israël, se verraient placés sous pression intérieure, comment défendre un rapprochement stratégique si la perspective d’une expansion sacrée devient audible dans le discours diplomatique américain ?

Ironie ultime, cette rhétorique pourrait également fragiliser Israël. La sécurité à long terme d’un État ne repose pas sur l’adhésion à une vision maximaliste, mais sur la reconnaissance mutuelle et la stabilité régionale. En accréditant l’idée d’un horizon territorial illimité, on complique toute solution négociée, on éloigne les compromis nécessaires et on alimente les discours de ceux qui, de part et d’autre, refusent toute coexistence. Dans une région où chaque mot peut devenir étincelle, la diplomatie devrait apaiser les braises — non souffler dessus.

L’Amérique, puissance juridique ou puissance identitaire ?

Au-delà du Moyen-Orient, cette polémique touche au cœur même du leadership américain. Depuis 1945, les États-Unis se sont présentés comme les architectes d’un ordre international fondé sur des règles, des institutions et un droit commun. Leur puissance ne reposait pas seulement sur la force militaire, mais sur une autorité normative, celle d’un pays qui défendait la stabilité des frontières et la primauté du droit. Si un discours officiel laisse désormais place à une justification territoriale d’inspiration théologique, c’est cette crédibilité qui s’écroule. Car si l’on redessine des cartes au nom d’un récit sacré ici, pourquoi d’autres puissances n’invoqueraient-elles pas ailleurs leurs empires passés, leurs dynasties ou leurs mythes fondateurs ?

L’Amérique veut-elle demeurer la puissance qui arbitre et stabilise, ou glisser vers une diplomatie identitaire où la politique étrangère épouse des convictions religieuses et culturelles particulières ?

Lorsque la diplomatie devient le prolongement d’une ferveur électorale, la frontière entre mandat démocratique et mission sacrée se trouble dangereusement.

La ligne rouge entre mythe et responsabilité

Les civilisations ont besoin de récits, mais la diplomatie est un exercice de responsabilité. Lorsque la référence du «Nil à l’Euphrate» glisse du registre spirituel vers celui de la politique étrangère, elle ne réactive pas seulement une promesse ancienne ; elle ravive des peurs actuelles, durcit les positions et fragilise des équilibres déjà instables. Le Moyen-Orient n’est pas une abstraction théologique, mais un espace peuplé, structuré par des souverainetés reconnues et par une histoire longue, complexe, faite de strates successives. Il est impossible d’ignorer la dynamique réelle des sociétés humaines.

Il ne s’agit pas d’exclure la foi de la sphère publique, mais de rappeler qu’entre conviction personnelle et parole d’État existe une frontière qui ne doit jamais être franchie. La première relève de la liberté intime ; la seconde engage la stabilité internationale. Confondre les deux, même brièvement, fragilise la primauté du droit au profit d’un récit. Entre le mythe et la responsabilité, la diplomatie doit choisir la prudence, car franchir cette ligne rouge, c’est risquer de substituer l’absolu au compromis — et sans compromis, il n’y a pas d’ordre viable.

Enfin, il existe, dans toutes les grandes traditions politiques, la tentation de relire le présent à la lumière d’un passé sacralisé. Chaque époque croit parfois retrouver dans ses textes anciens la justification de ses ambitions contemporaines.

Avant le prophète Abraham, des peuples vivaient déjà sur ces terres ; après lui, d’autres sont venus, se sont mêlés, ont bâti des villes, des cultures, des États. Les identités n’y sont pas linéaires, elles sont tissées de migrations, de conquêtes, de métissages. Prétendre figer ce mouvement au nom d’une promesse originelle revient à nier la dynamique même de l’histoire humaine.

Au fond, la question posée par cette polémique est simple et immense à la fois, la diplomatie du XXIᵉ siècle sera-t-elle guidée par la complexité du réel ou par la certitude des récits religieux ?

Entre le Nil et l’Euphrate, il n’y a pas qu’une promesse biblique. Il y a des États, des peuples, et une paix fragile.

Un monde où les promesses sacrées seraient traduites littéralement en revendications territoriales ne serait pas un monde plus spirituel, mais un monde plus instable. Les nations se construisent et se préservent par la négociation et le compromis, non par la transposition directe de leurs héritages religieux dans l’ordre juridique international.

Les mots ne déplacent pas les frontières. Mais ils peuvent embraser les peuples.

* Economiste, banquier et financier.

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L’Arabie saoudite investit dans la reconstruction de la Syrie

25. Februar 2026 um 08:12

Après avoir œuvré à introduire le nouveau président syrien Ahmed Al-Charaa au sein de la communauté internationale, à organiser sa première rencontre avec le président américain Donald Trump à Riyad en mai 2025, à peser pour que les sanctions internationales imposées à la Syrie soient levées, voilà que l’Arabie saoudite investit une somme conséquente dans l’économie syrienne qui en a cruellement besoin. Riyad entend être un acteur de premier plan dans le processus de reconstruction du pays du Levant détruit par quinze ans de guerre civile. 

Imed Bahri

Alaa Shahine Salha, chercheur au Saudi Research & Media Group et chroniqueur économique pour Asharq Business (partenaire de Bloomberg au Moyen-Orient) s’est penché sur le sujet dans le média américain Semafor. Il considère que l’annonce par l’Arabie saoudite d’un investissement de 5,3 milliards de dollars via certaines de ses entreprises les plus importantes dans les secteurs des télécommunications, de l’aviation et des infrastructures hydrauliques en Syrie ne suffira probablement pas à elle seule à changer la donne dans un pays ravagé par la guerre. Il estime que le montant en lui-même n’est pas l’essentiel. 

Ce qui importe davantage c’est que cette annonce s’inscrit dans un plan plus vaste visant à mener à bien l’un des projets de reconstruction nationale les plus complexes au monde depuis l’invasion américaine de l’Irak il y a plus de vingt ans.

Endiguer le trafic de drogue

L’intérêt de l’Arabie saoudite à soutenir la nouvelle administration de Damas est facile à comprendre. La destitution de Bachar Al-Assad a anéanti un pilier essentiel de l’influence régionale iranienne. Le Royaume ainsi que d’autres pays se sont empressés de combler ce vide. L’une des priorités saoudiennes était également d’endiguer le trafic de drogue illicite que le régime d’Assad, véritable narco-État, produisait et faisait transiter dans le Golfe. L’Onu affirme que ce trafic a été fortement perturbé et un responsable syrien déclare qu’il est «pratiquement à l’arrêt».

Cependant, l’ampleur de la tâche est trop importante pour que les États du Golfe puissent l’assumer seuls, ce qui explique l’empressement de Riyad, dès le départ, à impliquer les puissances mondiales et les institutions financières internationales.

Les besoins de reconstruction de la Syrie sont colossaux, quel que soit le critère retenu. Selon l’estimation prudente de la Banque mondiale, ils s’élèvent à 216 milliards de dollars. Ce montant est comparable aux dépenses engagées pour la reconstruction de l’Irak après la chute de Saddam Hussein et dépasse même, au regard des normes actuelles, le plan Marshall américain pour la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale.

Trouver des précédents inspirants dans la région environnante n’offre guère de raisons d’être optimiste. Les États-Unis n’ont pas réussi à reconstruire l’Afghanistan après leur invasion suite aux attentats du 11 septembre. Ils ont également aggravé la situation en Irak, laissant le pays sombrer dans des années de violence brutale, de mauvaise gestion et de corruption. La reconstruction du Liban après la guerre civile (1975-1990) a été alimentée par une vague d’emprunts effrénée qui a finalement abouti à une impasse dans un pays miné par une corruption endémique, un climat politique délétère et des conflits récurrents avec Israël.

Les piliers de la reconstruction

Des discussions avec des responsables syriens et saoudiens, ainsi qu’avec des organisations internationales impliquées dans le dossier ou étroitement liées à celui-ci, ont permis de dresser un tableau réaliste des défis à relever : un contexte politique instable, des infrastructures massivement détruites et un état catastrophique des institutions syriennes. Ceci explique peut-être la prudence des acteurs de la reconstruction de la Syrie.

Cette approche repose sur quatre piliers essentiels :

– La sécurité avant tout : le rétablissement de la sécurité et de la stabilité politique est une condition préalable à toute autre initiative.

– La levée des sanctions pour stimuler la croissance : la levée des sanctions internationales l’an dernier a été obtenue en grande partie grâce aux pressions saoudiennes et devrait entraîner une croissance économique à deux chiffres en 2026, à mesure que la Syrie renoue avec le reste du monde.

– L’État doit fonctionner : le renforcement des capacités des principales institutions économiques syriennes, notamment le ministère des Finances et la Banque centrale, est désormais une priorité pour le Fonds monétaire international.

– Évaluer les dégâts, puis mobiliser les financements : une cartographie précise des besoins de reconstruction est essentielle pour mobiliser l’aide internationale.

Tel est le plan. Rien n’est garanti, car la stratégie comporte de multiples risques susceptibles de compromettre le redressement à chaque étape.

Par exemple, si le gouvernement du président Ahmed Al-Charaa est parvenu à réduire le niveau global de violence, des flambées de violence communautaire ont persisté. Les pays du Golfe, et le reste du monde, préfèrent traiter avec un homme fort capable d’imposer les réformes nécessaires par la force, contrairement à la situation au Liban voisin, par exemple. Cependant, force est de constater qu’Al-Charaa ne contrôle pas encore totalement le territoire syrien.

Les bilans mitigés des «hommes forts»

De plus, les bilans des «hommes forts» en matière de gestion économique ne sont guère glorieux. Alaa Shahine Salha estime que sous la présidence d’Abdelfattah Al-Sissi, ancien chef militaire, les performances économiques de l’Égypte ont été mitigées et ont contraint le pays à solliciter deux importants plans de sauvetage auprès du FMI.

À cela s’ajoutent les risques liés à l’économie politique. Des experts comme Yezid Sayigh du Carnegie Middle East Center ont averti que des accords d’investissement sans plan de relance transparent pourraient reproduire le capitalisme de connivence qui prévalait sous Assad.

Néanmoins, des sources saoudiennes et des responsables internationaux semblent plus optimistes concernant l’évolution de la situation. Riyad met davantage l’accent sur la reconstruction des institutions étatiques et insiste pour que les financements de grande envergure soient étroitement surveillés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

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Le «Grand Israël» selon l’ambassadeur américain à Tel Aviv

25. Februar 2026 um 07:45

L’ambassadeur des Etats-Unis ne représente pas Israël : il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmérKKKe en devenir.

Gideon Levy

«La Genèse 15 dit que c’est Abram – avant Abraham, c’est Abram – qui reçoit de Dieu la nouvelle que ses descendants hériteront de la terre. Et vous me direz, en tant que théologien, si je me trompe, ça va de l’Euphrate au Nil, je pense. Et ça inclurait pratiquement tout le Moyen-Orient. Ce serait le Levant. Donc Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban. Ça inclurait également une grande partie de l’Arabie saoudite et de l’Irak. … Je veux dire, je ne suis pas sûr que ça irait aussi loin. … ça inclurait beaucoup d’endroits qui sont aujourd’hui des pays. (…) Mais cette zone particulière dont nous parlons maintenant – Israël est une terre que Dieu a donnée par l’intermédiaire d’Abraham à un peuple qu’il a choisi. C’était un peuple, un lieu et un but. (…) Israël a-t-il droit à cette terre ? (…) Ce serait bien s’ils prenaient tout ça ».

Du fleuve au fleuve

Le lieu : le terminal diplomatique de l’aéroport Ben-Gourion. Le moment : au milieu de la semaine dernière. L’occasion : ce n’est pas ce que vous pourriez croire. Non, ce n’était pas une conversation entre des personnes échappées d’une unité fermée de quelque asile psychiatrique.

Il s’agissait d’une conversation entre Tucker Carlsonet l’ambassadeur états-unien en Israël, Mike Huckabee, dans le cadre de son programme d’entretiens.

Le terme «Grand Israël» est devenu trop restrictif, modeste et anachronique. Ce n’est plus de la mer au désert. Maintenant c’est du fleuve (l’Euphrate) au fleuve (le Nil). Tout ça est à nous.

Ça ne sort pas de la bouche des déjantés du Mont du Temple, ni des foldingues qui parlent de retourner à Gaza, mais de la bouche de l’ambassadeur états-unien en Israël, une personne nommée personnellement par le président Donald Trump, qui connaissait très bien les opinions lunatiques de l’ambassadeur.

La promesse de Dieu à Abraham

Il visite ce pays depuis 53 ans, a déclaré Huckabee-l’ami-d’Israël, principalement les colonies que son pays n’a jamais reconnues. Il estime que tout le Moyen-Orient appartient aux Juifs. Ciao ciao, Mohammed ben Salmane ; bye bye, Abdel Fattah Al-Sissi, allez vous chercher d’autres pays. Celui-ci est à nous, celui-là aussi, et celui-là aussi. La base juridique est solide et bien établie : c’était la promesse de Dieu à Abraham. Ainsi parla l’éminent ambassadeur en Israël.

À la liste interminable des ambassadeurs et envoyés états-uniens au Moyen-Orient qui étaient juifs et sionistes, y compris les actuels, Steve Witkoff et Jared Kushner, s’ajoute désormais un impérialiste chrétien, qui agit non seulement au nom d’Israël, mais aussi au nom du messianisme juif.

Ce n’est pas pour rien que Carlson a dit : «Cet homme ne représente pas mon pays ; il représente Israël.» Ce n’est ni l’un ni l’autre, Carlson. Cet homme ne représente pas Israël ; il représente à peine ses mabouls. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une AmériKKKe en devenir, dont le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment loué «l’héritage chrétien» de l’Occident quand il était à Munich.

Toute cette affaire aurait pu servir de diversion comique en marge d’événements plus importants si elle n’avait pas été centrée sur un homme choisi pour ce rôle d’ambassadeur non pas malgré ses opinions, mais précisément à cause d’elles. Meir Kahane n’aurait pas osé s’exprimer de la même manière ; Itamar Ben-Gvir se contente de beaucoup moins.

Ce type est le porte-parole de la puissance qui est en train de façonner actuellement le caractère du Moyen-Orient, peut-être pour des générations. C’est le porte-parole d’un État qui s’apprête à lancer une guerre contre l’Iran parce qu’Israël l’y exhorte, du moins selon Carlson. Ce sont là les derniers amis d’Israël dans le monde et telle est leur vision.

Peut-on ne pas devenir antisémite ?

Existe-t-il de plus grands accélérateurs de l’antisémitisme ou de plus grands instigateurs de positions anti-israéliennes que ceux qui poussent Israël à devenir un empire régional, tout ça à cause d’une promesse biblique pipeau faite il y a 3 000 ans ?

Israël est le pays natal des Juifs, a déclaré Huckabee. Et qu’en est-il de sa maison en Arkansas ? À qui appartient-elle ? Pas à la tribu des Quapaw ? Ou bien Huckabee et ses semblables ont-ils une règle morale pour le monde entier et une autre pour le peuple élu ? Compte tenu de tout ça, est-il possible de ne pas devenir antisémite ?

Et enfin, que penseront les Arabes du pouvoir que représente Huckabee ? C’est la concrétisation de toutes leurs craintes primitives à l’égard du sionisme. Imaginez les Etats-Unis envoyant en Israël un ambassadeur djihadiste, qui croit en l’établissement d’un califat islamiste dans tout le Moyen-Orient. C’est là, juste à l’envers, leur ambassadeur en Israël, et il est considéré comme légitime. C’est tout sauf drôle.

Source Haaretz. Traduit par Tlaxcala

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Iran | Le régime peut-il résister à une attaque israélo-américaine ?

24. Februar 2026 um 13:25

Alors que les paris vont bon train sur la probabilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, sur l’ampleur de l’opération et sur son timing, il y a un sujet qui passe inaperçu qui est le conflit actuel en Iran entre les conservateurs et les réformateurs dans la gestion de la crise et la possibilité que la guerre puisse faire tomber le régime. C‘est le sujet d’un article du Times, qui est revenu sur ce différend opposant les deux camps.

Imed Bahri

Le journal britannique indique qu’alors que le guide suprême Ali Khamenei se cache, les conservateurs reconnaissent que les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants à leur pays mais ils pensent également pouvoir leur résister. 

«À Washington comme à Téhéran, on a l’impression qu’un conflit pourrait faciliter la diplomatie car il rendrait l’autre partie plus rationnelle lors des négociations», explique Ali Vaez, responsable du projet Iran au sein de l’International Crisis Group, avant d’ajouter : «Je trouve cela complètement absurde. Bien sûr, l’Iran serait vaincu [dans une guerre prolongée], mais certains conservateurs à Téhéran croient que le seul moyen de mettre fin à ce cycle d’agressions américaines et israéliennes est de verser le sang».

Ce point de vue n’est pas partagé par tous les dirigeants iraniens, notamment par le camp relativement pragmatique des réformateurs représentés par le président Massoud Pezeshkian. Leur priorité est d’obtenir un allègement des sanctions américaines afin de sauver l’économie iranienne chancelante et de contenir le mécontentement généralisé qui a suivi la répression violente du soulèvement populaire.

Sauvetage ou capitulation

Sanam Vakil, directrice du projet Moyen-Orient à Chatham House, déclare : «Le camp réformateur considère cet accord comme le seul moyen de sauver le régime et de consolider son influence. Les conservateurs, quant à eux, estiment que l’accord proposé équivaut à une capitulation totale. Face à l’absence de levée substantielle des sanctions de la part des États-Unis, ils y voient un prélude à des pressions accrues et à un changement de régime». Elle ajoute : «Leurs calculs reposent donc sur un pari risqué, voire une guerre, pour améliorer les termes de l’accord final. À mon avis, c’est extrêmement dangereux, et il est incompréhensible qu’ils pensent pouvoir tenir tête aux États-Unis».

Les deux camps ont une longue tradition d’erreurs d’appréciation dans les conflits. Cette situation a enlisé les États-Unis dans des conflits interminables au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et a entraîné l’Iran dans une série de guerres menées par Israël, au cours desquelles les milices supplétives de Téhéran dans la région ont été décimées et nombre de leurs généraux les plus gradés tués.

Toute guerre contre les États-Unis serait probablement bien plus destructrice que la campagne aérienne menée par Israël l’an dernier qui a gravement endommagé les installations nucléaires iraniennes et décapité son commandement militaire. L’Iran a tiré les leçons de ce conflit, en créant un nouveau conseil de défense habilité à prendre des décisions à un moment où Khamenei –qui pourrait figurer en tête d’une liste noire américaine– pourrait se cacher.

La carte du détroit d’Ormuz

Depuis des années, l’Iran renforce ses forces navales dans le but de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, et d’attaquer les navires de guerre américains avec des missiles, des vedettes suicides, des drones kamikazes (munitions rodeuses) et des sous-marins.

«Toutes les capacités développées par l’Iran visent à cibler les forces navales et les bases américaines dans la région ce qui représente un danger réel», a déclaré Vaez avant d’ajouter : «Les États-Unis en sont conscients. Si une attaque était facile à lancer, elle aurait été menée depuis des semaines».

Vaez a ajouté que les dirigeants iraniens estiment que, si les États-Unis sont capables d’infliger des dégâts importants, ils sont mieux armés pour y résister. «Si un seul navire de guerre américain était touché par des milliers de missiles, de missiles antinavires, de drones sous-marins et de vedettes rapides, ce serait un désastre pour le président Trump. Voilà la différence», a-t-il souligné.

Toutefois, même un seul tir pour les Iraniens –bien qu’il en faille plusieurs pour endommager un navire de guerre– pourrait déclencher une offensive militaire d’une ampleur bien plus grande contre eux.

«Ils n’ont pas vraiment d’issue», estime, de son côté, Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. «Supposons qu’ils survivent à une guerre et que le régime ne s’effondre pas. Que se passera-t-il ensuite ?», s’interroge-t-il. 

L’Iran ciblerait probablement les bases américaines dans toute la région mais les États arabes, craignant d’être pris entre deux feux, ont quasiment renoncé à tenter d’endiguer le conflit.

«Nous avons baissé les bras. Les Iraniens sont irrationnels et Trump est totalement imprévisible», a déclaré une source bien informée du Golfe, sous couvert d’anonymat.

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Les gagnants et les perdants du nouveau tarif douanier général de 15 % de Trump

24. Februar 2026 um 12:11

L’annulation par la Cour suprême américaine des droits de douane « réciproques » de Donald Trump, dont il avait justifié l’imposition sur la base d’une « urgence nationale »… sème la confusion dans le commerce mondial.

Pour certains pays – notamment la Chine et le Brésil – le nouveau taux est nettement inférieur aux droits de douane imposés par Trump. Mais pour la plupart des gouvernements qui ont cherché à éviter l’impact des droits de douane réciproques en concluant des accords bilatéraux avec les États-Unis, entre autres la Grande-Bretagne, l’Union européenne et le Japon, la question est maintenant de savoir si ces accords resteront en vigueur.

L’UE et la Grande-Bretagne ont toutes deux exprimé le souhait de maintenir ces accords. Cependant, le Parlement européen a décidé lundi 23 février de geler le processus de ratification de l’accord commercial avec les États-Unis.

 

Lire aussi : Trump réplique à la Cour suprême par un nouveau tarif douanier global de 10 %

 

Certains commentateurs affirment que la décision de la Cour suprême américaine soulève également des questions quant à la validité future de ces accords.

 

Voici le tableau des gagnants et des perdants des nouveaux droits de douane de 15 % imposés par Trump, selon Reuters :

 

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Trump « étonné, intrigué, frustré » que l’Iran ne capitule pas !

23. Februar 2026 um 13:14

Trump n’en peut plus. Il est étonné, surpris, intrigué, frustré que les dirigeants iraniens, malgré l’incroyable et « belle » armada qui encercle leur pays, et en dépit des menaces de destruction de leur régime, s’entêtent à ne pas se prosterner devant lui en disant : nous capitulons M. le président…

C’est ce que le monde a compris après les étonnantes révélations de l’ami du président américain Trump, Steve Witkoff, sur Fox News dimanche 22 février.

En effet, dans une interview sur la chaîne néoconservatrice américaine, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a déclaré que « le président Trump est intrigué par le fait que l’Iran n’a pas capitulé face aux exigences américaines. Et ce, compte tenu du renforcement militaire américain au Moyen-Orient et des menaces de guerre. Je ne veux pas employer le mot frustré, car le président comprend qu’il dispose de nombreuses alternatives, mais il est intrigué. Il se demande pourquoi ils n’ont pas capitulé. Pourquoi, sous une telle pression, avec la puissance navale que nous déployons là-bas, ne sont-ils pas venus nous dire : “Nous affirmons ne pas vouloir d’arme nucléaire, voici ce que nous sommes prêts à faire” ? Pourtant, il est difficile de les amener à ce point. »

C’est ce qu’a déclaré en substance Steve Witkoff à Lara Trump, belle-fille du président américain et présentatrice à Fox News.

En conclusion de cette étrange intervention télévisée, Witkoff a cru nécessaire de répéter la ridicule rengaine que Netanyahu mâchait et remâchait depuis 1996 : « L’Iran est à une semaine de la production de l’arme nucléaire ! »

En fait, dans ce bras de fer explosif qui l’oppose à l’Iran, Trump n’est pas seulement étonné ou intrigué, mais il a peur aussi. Il est étonné que les Iraniens ne capitulent pas, parce que, dans sa carrière d’entrepreneur-milliardaire, il était habitué à se faire obéir au doigt et à l’œil par ses collaborateurs et les flagorneurs qui lui tournaient autour.

Devenu président, Trump, dans son extrême naïveté et sa profonde ignorance de la chose politique, pensait pouvoir utiliser la grande puissance militaire américaine pour imposer ses conditions aux pays du monde et faire plier ses adversaires à ses ultimatums en les encerclant par sa « belle armada. » D’où son « étonnement, son intrigue et sa frustration » (le trois termes utilisés par Witkoff) de constater que les Iraniens ne sont guère impressionnés par les unités navales surchargés de bombardiers et de missiles qui longent leurs côtes.

Mais ce que Witkoff ne nous dit pas est que Trump est habité aussi par la peur. La peur de déclencher une guerre dont il ne maîtriserait pas le déroulement, ni, encore moins, prévoirait les conséquences. Une guerre qui pourrait s’avérer désastreuse pour son armada, ses bases militaires dans la région et sa présidence. Sans parler de Tel-Aviv et Haifa que les missiles iraniens pourraient transformer en « Gaza bis».

Le président américain, qui a mené sa campagne électorale en s’en prenant à ses prédécesseurs qui ont « engagé l’Amérique dans des guerres sans fin », se trouve dans l’intolérable situation de ne vouloir ni aller en guerre avec l’Iran, ni résister aux puissantes forces de l’ombre qui le poussent à la déclencher.

C’est que Trump n’a pas peur seulement des conséquences politiques de la guerre, mais, selon le journaliste et directeur du site Gray Zone, Max Blumenthal, « il a peur pour sa vie et celle des membres de sa famille, s’il résiste aux exigences d’Israël et de son lobby. »

On ne peut pas ne pas rappeler ici le précédent de John Kennedy, qui continue, plus de six décennies après, de hanter les locataires successifs de la Maison Blanche.

Bien que la version officielle à Washington continue d’être celle du « tueur solitaire », Lee Harvey Oswald, c’est un secret de polichinelle que Kennedy a été assassiné par un complot né de la collusion entre les intérêts d’Israël et ceux du Complexe militaro-industriel américain. Le premier voulait la disparition de Kennedy de la scène parce qu’il s’opposait au programme nucléaire israélien. Le second était terrorisé à l’idée de normalisation des relations avec l’Union soviétique et la perspective de paix mondiale que Kennedy a annoncé dans son discours du 10 juin 1962, six mois avant sa mort…

Se trouvant entre deux feux, peut-être Trump, dans son for intérieur, est-il en train de se mordre les doigts de s’être présenté pour un second mandat et défait sa concurrente…

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Le « Conseil de la paix » de Trump

22. Februar 2026 um 15:19

Mise sous tutelle de Gaza, bombardements de l’Iran, velléités d’annexion du Groenland, enlèvement du président du Venezuela, soutien direct aux forces d’extrême-droite en Europe… Donald Trump ne cache pas son indifférence quant aux principes de souveraineté des Etats, de non-ingérence dans leurs affaires intérieures et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Son interventionnisme s’est doté d’un instrument multilatéral, la mal nommé « Conseil de la Paix », source de désordre et d’insécurité.

Créé à l’origine en vue de la reconstruction de Gaza, il est désormais érigé en véritable organisation internationale chargée d’assurer la paix mondiale. Placé sous l’emprise du président Trump, ce Conseil de la paix n’est pas une organisation comme les autres. En cela, elle est à l’image de la politique extérieure de son créateur.

 

Le modèle des organisations internationales

La société internationale comprend des acteurs créés par les Etats eux-mêmes : les organisations internationales. Celles-ci ne sont, pour les « réalistes », que des instruments au service des Etats eux-mêmes, des espaces où les puissances demeurent en compétition. Une telle conception instrumentale qui se distingue de celle des « libéraux », qui conçoivent les organisations internationales comme des cadres de coopérations multilatérales susceptibles de dépasser les égoïsmes nationaux pour gérer les besoins collectifs et les interdépendances.

La réalité des organisations internationales oscille entre ces deux visions : ces acteurs interétatiques tentent de concilier intérêt commun et intérêts nationaux, confrontation et concertation (voire solidarité). Ils offrent un cadre institutionnel permanent propice à l’action collective, à la circulation de l’information, au dialogue intergouvernemental, à la formation de consensus sur des sujets d’intérêt commun …, mais sans exclure ni les égoïsmes nationaux ni les stratégies de puissance.

Ces entités constitutives de l’ordre international de l’après-Seconde guerre mondiale font face à une crise de légitimité et d’efficacité, dans un contexte marqué, d’une part, par l’affirmation de puissances étatiques motivées par la remise en cause de l’ordre international, et, d’autre part, par l’affirmation de nouveaux modes d’existence et d’exercice du multilatéralisme.

Ces enjeux ne se posent pas dans les mêmes termes et avec la même acuité pour toutes les organisations internationales. Celles-ci ne forment ni un bloc monolithique ni un modèle unique. Leur profusion rivalise avec leur diversité. Si elles partagent des caractéristiques fondamentales, les organisations internationales relèvent de catégories différentes qui attestent leur hétérogénéité. S’il existe une pluralité d’organisations internationales faisant l’objet de diverses classifications (sur la base du critère de leur composition, de l’objet de leurs activités et de leurs pouvoirs ou finalités), le Conseil de la Paix détonne.

 

Le Conseil de la paix

Le « Conseil de la paix » a été imaginé par le plan de Donald Trump pour Gaza, publié en septembre 2025, avec comme but la supervision et l’application du « cessez-le-feu » et la reconstruction du territoire palestinien. Repensé en janvier 2026, le « Conseil de la paix » revêt désormais une nouvelle dimension : il ne s’agit plus d’une entité temporaire et sa mission est plus large que dans le projet initial. La question de Gaza et de la Palestine n’est plus son objet exclusif, puisque celui-ci a pour but officiellement d’« assurer une paix solide dans les régions affectées ou menacées par un conflit ». Une manière de concurrencer l’ONU (née en 1945 précisément pour assurer la paix et la sécurité internationale), qui souffre d’une relative paralysie décisionnelle et opérationnelle.

Si formellement le Conseil de la paix se présente comme une « organisation internationale », celle-ci présente un fonctionnement singulier, centralisé autour de la figure de Donald Trump, son président. Ce dernier exercera cette fonction au-delà même de son mandat de président des Etats-Unis et désignera son propre successeur. Une personnalisation prolongée par une concentration des pouvoirs au profit également de Donald Trump : seul à même de choisir les Etats membres du Conseil de la paix et les diverses personnalités internationales qui le composent, il est le seul interprète de sa “Charte“ et dispose d’un “droit de véto“ sur les propositions votées par le Conseil de la paix. Des pouvoirs exorbitants qui ne font que refléter sa vision du pouvoir, tel qu’il l’exerce aux Etats-Unis. Une vision absolutiste et autoritaire, qui vient de connaître un coup d’arrêt spectaculaire avec la décision de la Cour suprême américaine, qui a invalidé les droits de douane « réciproques » qu’avaient érigés Donald Trump. Par contraste, aucune juridiction ou contre-pouvoir n’est prévu au sein du Conseil de la paix…

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Trump réplique à la Cour suprême par un nouveau tarif douanier global de 10 %

22. Februar 2026 um 05:47

Quelques heures après que la Cour suprême a annulé ses droits de douane réciproques de grande envergure, infligeant ainsi un camouflet majeur à son programme commercial, le président Donald Trump a signé un décret imposant un nouveau tarif douanier global de 10 %. Il est assorti d’une limite de 150 jours et entreront en vigueur presque immédiatement. Toute prolongation nécessitant l’approbation du Congrès.

 

Ces 10 % s’ajoutent aux taxes qui restent en place suite à la décision de la haute cour, qui a invalidé les droits de douane que Trump avait imposés en utilisant la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale.

 

Pression commerciale maintenue

Cette décision a supprimé le fondement juridique de nombreux droits de douane que l’homme fort de la Maison Blanche juge essentiels pour l’économie américaine et pour reconstruire la base manufacturière du pays, en déclin.

Cela pourrait signifier des taux de droits de douane américains plus bas pour certains pays qui avaient soit conclu des accords commerciaux avec l’administration Trump, soit étaient en cours de négociations commerciales. En effet, beaucoup de ces pays et régions étaient confrontés à des droits de douane américains supérieurs à 10 % dans le cadre de ces accords. L’Union européenne, par exemple, avait accepté un tarif de 15 % dans le cadre de son accord commercial avec les États-Unis.

Ce bouleversement pourrait être significatif pour la Chine, qui était confrontée à deux séries de droits de douane américains de 10 %, en plus d’une taxe de 25 % toujours en vigueur. Ces tarifs seront remplacés par le nouveau tarif global de Trump, portant le taux total pour la Chine à 35 %.

Trump a insisté sur le fait qu’il trouvera d’autres moyens d’imposer des droits de douane sans passer par le Congrès. Il a noté qu’à mesure que l’administration explore d’autres voies juridiques pour les tarifs douaniers, les taux imposés à certains pays pourraient revenir à leurs niveaux plus élevés.

 

Pas encore de victoire commerciale

C’est pour cette raison que les partenaires commerciaux des États-Unis ont accueilli avec prudence la décision de la Cour suprême américaine. Les différents pays ou blocs économiques continueraient à travailler avec l’administration de la Maison Blanche pour comprendre comment cette décision affectera les droits de douane. En fait, l’administration Trump pourrait invoquer d’autres lois pour légitimer les droits de douane. La vraie solution pour sécuriser le commerce avec l’Oncle Sam reste les accords de libre-échange.

Il faudra bien noter que les entreprises ne doivent pas s’attendre à un processus simple. La structure des procédures d’importation américaines signifie que les réclamations seront probablement complexes sur le plan administratif. Des orientations claires de la Cour du commerce international et des autorités américaines compétentes seront essentielles pour minimiser les coûts évitables et prévenir les risques de litige.

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La Cour suprême déclare inconstitutionnels les tarifs douaniers de Trump

21. Februar 2026 um 09:32

La Cour suprême des États-Unis a jugé « inconstitutionnelles » les taxes douanières dites « réciproques » imposées par Donald Trump à chaque pays. Cette décision est une victoire pour de nombreuses entreprises confrontées à une hausse du coût de leurs importations, mais ne concerne pas tous les secteurs.

La Cour suprême a examiné les droits de douane imposés en vertu de la loi de 1977 sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), que l’administration Trump a utilisée pour justifier sa politique douanière d’envergure. Cette loi n’avait jamais été invoquée auparavant par un président pour imposer des droits de douane.

Dans une décision rendue à 6 voix contre 3, la Cour suprême a statué que l’IEEPA « n’autorise pas le président à imposer des droits de douane ».

L’arrêt de la Cour suprême ne concerne pas les droits de douane imposés en vertu de l’article 232 de la loi de 1962 sur l’expansion du commerce, selon CNBC. Ces droits de douane visent des produits spécifiques qui menacent la sécurité nationale et restent en vigueur après la décision d’aujourd’hui.

Indépendamment des taux spécifiques à chaque pays, Trump a augmenté les droits de douane sur les importations d’acier, de semi-conducteurs, d’aluminium et d’autres produits jugés nuisibles à la sécurité nationale.

Vous trouverez ci-dessous la liste des secteurs qui restent potentiellement soumis à des droits de douane plus élevés même après la décision de la Cour suprême, selon un rapport de ‘Capital’.

Voitures

On ne sait pas encore dans quelle mesure cette décision affectera l’industrie automobile américaine et mondiale, qui continue de faire face à des milliards de dollars de coûts tarifaires en fonction de l’origine d’une pièce automobile ou d’un véhicule importé.

L’administration Trump a imposé l’an dernier des droits de douane de 25 % sur les véhicules et certaines pièces automobiles importés aux États-Unis, invoquant des risques pour la sécurité nationale. Depuis, elle a conclu des accords distincts avec des pays comme le Royaume-Uni et le Japon afin de réduire ces droits de douane à 10-15 %. D’autres pays, comme la Corée du Sud, ont également conclu des accords pour des taux plus bas, mais on ignore si ces changements sont effectivement entrés en vigueur.

Le plus grand constructeur automobile américain, General Motors, a déclaré le mois dernier qu’il s’attendait à des coûts tarifaires compris entre 3 et 4 milliards de dollars cette année, et Ford Motor a déclaré que l’impact net des droits de douane devrait être à peu près stable d’une année sur l’autre, à 2 milliards de dollars en 2026.

Médicaments

L’industrie pharmaceutique est confrontée à une grande incertitude quant aux droits de douane. Trump a menacé à plusieurs reprises d’imposer des droits de douane sur les importations pharmaceutiques, bien que ceux-ci ne soient pas encore entrés en vigueur…

Les menaces de droits de douane visent à inciter les entreprises pharmaceutiques à fabriquer leurs produits aux États-Unis plutôt qu’à l’étranger.

En décembre, plusieurs entreprises ont signé un accord avec Trump pour baisser volontairement leurs prix en échange d’une exemption de trois ans de toute taxe sur les produits pharmaceutiques, à condition d’investir davantage dans la production américaine. Cet accord concernait notamment des acteurs majeurs comme Merck, Bristol Myers Squibb et Novartis.

Meubles

L’industrie du meuble n’a guère bénéficié de la décision de la Cour suprême. L’automne dernier, des articles tels que les canapés, les armoires de cuisine, les éviers et bien d’autres ont été frappés de droits de douane plus élevés en vertu de l’article 232. Ces droits de douane d’environ 25 % resteront en vigueur même après la dernière décision de justice.

Produits alimentaires et biens de consommation emballés

En vertu de l’article 232, les importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis restent soumises à des droits de douane. Avec la hausse des droits de douane sur l’aluminium, des entreprises comme Coca-Cola, PepsiCo, Keurig Dr Pepper et Reynolds continueront de faire face à des coûts plus élevés liés à la fabrication de leurs produits.

L’an dernier, Trump a relevé les droits de douane sur l’aluminium à 50 %. Cependant, certains des principaux droits de douane applicables au secteur ont été abrogés, avant même la décision de vendredi.

En novembre, Trump a signé un décret exemptant de droits de douane des centaines de produits agricoles, des bananes au café en passant par les épices. En septembre, il avait également levé un droit de douane de 10 % sur la pâte à papier brésilienne, un ingrédient essentiel des serviettes, des couches et du papier toilette.

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Donald Trump impose 10% de droits de douane sur toutes les importations

21. Februar 2026 um 09:26

Donald Trump n’a pas dit son dernier mot face au revers de la Cour suprême des États-Unis, vendredi 20 février. Le président américain – dont les droits de douane dits « réciproques » ont été annulés vendredi par la plus haute juridiction du pays a signé un décret le soir même pour imposer une barrière douanière de 10% sur toutes les importations en provenance du monde entier, en s’appuyant sur un autre texte de loi.

Aux premières lueurs du samedi, le président américain Donald Trump a révélé avoir signé un décret exécutif instaurant un tarif douanier uniforme de 10% sur les importations en provenance de tous les pays, effectif sur-le-champ.

En outre, selon le journal le Monde, il invoque une autre loi que celle invalidée par la Cour suprême américaine. Ce texte légal limite toutefois son application à 150 jours, renouvelable uniquement par un vote du Congrès.

Dans un message posté sur « Truth Social », il a déclaré : « C’est avec fierté que je viens de signer, depuis le Bureau ovale, un tarif douanier global de 10% applicable à l’ensemble des nations. »
Il a poursuivi : « Ce tarif mondial entre en vigueur immédiatement… Merci pour votre attention ! »

https://t.co/y8GvxoWmeq

— Commentary Donald J. Trump Posts From Truth Social (@TrumpDailyPosts) February 20, 2026

Les droits de douane de 10% imposés par Donald Trump sur toutes les importations mondiales auront un impact modéré mais notable sur l’économie tunisienne, déjà fragilisée par un déficit commercial élevé.

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Conseil de paix de Trump : les États-Unis déboursent 10 milliards de dollars

20. Februar 2026 um 08:58

Le « Conseil de paix » de Donald Trump, créé à l’origine, pour aider à la reconstruction de Gaza après la guerre avant de s’atteler à une mission plus large de résolution des conflits armés, s’est réuni jeudi 19 février pour la première fois dans la capitale américaine.

La mission initiale du « Conseil de paix » – avec une contribution de 10 milliards de dollars des Etats-Unis – est de travailler à la reconstruction de la bande de Gaza. Mais le président américain Donald Trump lui a donné un objectif plus large : résoudre les conflits dans le monde entier.

Dans une série d’annonces à la fin d’un long discours, Trump a également déclaré que 7 milliards de dollars supplémentaires avaient été collectés à titre d’acompte initial sur un fonds de reconstruction de Gaza destiné à reconstruire l’enclave une fois que le Hamas aura désarmé, un objectif qui est loin d’être atteint. Ces 7 milliards de dollars émanent du Kazakhstan, d’Azerbaïdjan, des Émirats arabes unis, du Maroc, de Bahreïn, du Qatar, de l’Arabie saoudite, d’Ouzbékistan et du Koweït, a détaillé le président américain.

Il a également indiqué que la Fédération internationale de football association (FIFA) collecterait 75 millions de dollars pour des projets liés au football à Gaza et que les Nations unies contribueraient à hauteur de 2 milliards de dollars à l’aide humanitaire.

Cinq pays se sont engagés à envoyer des troupes à la Force internationale de stabilisation 

Par ailleurs, cinq pays se sont engagés à envoyer des troupes à la force internationale de sécurité pour la bande de Gaza. C’est ce qu’a déclaré le général de division américain Jasper Jeffers, nommé commandant de la Force internationale de stabilisation pour Gaza. « Les cinq premiers pays à s’être engagés à envoyer des troupes à la Force internationale de stabilisation (FIS) sont l’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie. Deux pays se sont engagés à former des policiers; à savoir l’Égypte et la Jordanie », a-t-il déclaré.

Il a également indiqué que la mission des FSI débutera par le déploiement de ses membres à Rafah, dans la partie sud de la bande de Gaza. Ils y formeront la police locale et s’étendront progressivement secteur par secteur.

Le plan à long terme prévoit le déploiement de 20 000 membres des FIS et la formation de 12 000 policiers, a ajouté le général américain.

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Gaza | Des gangs criminels reconvertis en police ?

20. Februar 2026 um 09:22

Le Daily Telegraph a révélé dans une enquête d’Henry Bodkin, correspondant du journal britannique à Jérusalem, que les États-Unis envisagent de s’appuyer sur des gangs criminels de voleurs et de trafiquants de drogue pour former une force de police à Gaza, suscitant l’inquiétude aussi bien dans le territoire palestinien que parmi les alliés occidentaux des États-Unis. (Photo : Hossam al-Astal, commandant d’une faction armée dans l’est de Khan Younis.)

Imed Bahri

Selon des responsables occidentaux, l’administration Trump a présenté des plans visant à créer une nouvelle force de sécurité composée en grande partie de membres de gangs armés opposés au Hamas. Ils ont noté qu’Israël arme et soutient certaines de ces factions depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

Le journal ajoute que l’idée d’intégrer ces gangs à une force de maintien de la paix soutenue par les États-Unis a suscité l’opposition de certains hauts responsables américains, soulignant que ces milices armées, organisées selon des structures claniques et familiales, ont des liens avérés avec le crime organisé depuis des décennies. La population civile de la bande de Gaza éprouve une grande méfiance à leur endroit. Ces derniers mois, ces gangs ont été accusés de pillages de camions d’aide humanitaire ainsi que de meurtres et d’enlèvements.

Au moins deux des gangs les plus importants comptent des membres ayant combattu activement aux côtés de l’État islamique ou lui ayant prêté allégeance.

Une source a déclaré au Telegraph : «Plusieurs hauts gradés de l’armée américaine craignent que le processus de paix de Donald Trump n’aboutisse pas sans partenaires de sécurité fiables»

Des gangs criminels soutenus par Israël

Le Royaume-Uni, la France et plusieurs autres pays impliqués dans la mise en œuvre du plan de paix en 20 points du président américain ont également fait part de leurs inquiétudes.

Quatre mois après le cessez-le-feu, le projet de création d’une force de police chargée d’assurer la sécurité après le départ du Hamas semble être au point mort, en raison de désaccords sur sa composition et son financement. On ignore également si le Hamas se désarmera volontairement.

Les membres du Conseil de paix réunis jeudi 19 février 2026 par Trump espèrent obtenir des engagements financiers pour la reconstruction de Gaza ainsi que des promesses d’envoi de troupes pour le compte de la Force internationale de stabilisation (FIS), qui devrait être d’un rang supérieur à celui de la nouvelle police gazaouie et coordonner ses actions avec l’armée israélienne déployée hors de la bande de Gaza.

Dimanche 15 février, Trump a déclaré que 5 milliards de dollars avaient déjà été promis pour la reconstruction ainsi que l’envoi de milliers de soldats à la FIS et à la police locale.

Selon le journal britannique, le projet de s’appuyer sur des gangs soutenus par Israël a émergé avant les fêtes de Noël, suscitant la controverse au sein du nouveau centre de coordination civilo-militaire du sud d’Israël. Une source occidentale a déclaré : «L’opposition a été forte, le message étant clair: c’est absurde. Ce ne sont pas de simples bandes criminelles, elles sont soutenues par Israël».

Le gendre du président Trump à la manœuvre

Le Telegraph ajoute que Jared Kushner, gendre du président Trump, est une figure clé des efforts de l’administration pour faire progresser son plan de paix en 20 points. Ce dernier pilote un projet de création de nouveaux complexes d’habitation temporaires «sécurisés» dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par Israël, destinés à séparer les Palestiniens du territoire tenu par le Hamas si le mouvement ne dépose pas les armes volontairement.

Le premier de ces complexes, actuellement en construction sur le site de l’ancienne ville de Rafah, se situe dans une zone contrôlée par les Forces populaires, un gang soutenu par Israël et accusé de trafic de drogue et de pillage de l’aide humanitaire. Son ancien chef, Yasser Abou Shabab, qui niait toute implication dans le crime organisé, a été tué lors d’un conflit interne en décembre et remplacé par un certain Ghassan Al-Dahini.

Selon certaines sources, Kushner travaille en étroite collaboration avec Aryeh Lightstone, directeur de l’Institut des Accords d’Abraham pour la Paix (Abraham Accords Peace Institute – AAPI), qui adopterait la position israélienne sur la sécurité et s’opposerait à la création d’un État palestinien.

Depuis un hôtel en bord de mer à Tel-Aviv, Lightstone coordonne une grande partie de la planification informelle de l’avenir de Gaza, notamment des discussions avec des investisseurs milliardaires, ce qui a conduit une source à surnommer le groupe «le Club Hilton»

Des responsables occidentaux s’interrogent sur la viabilité de ce qu’ils qualifient d’approche «idéologique» de Kushner et Lightstone. Un responsable a déclaré au Telegraph : «On a l’impression que Kushner, Lightstone et leurs collègues pensent que si l’on donne aux Palestiniens la possibilité de lâcher le Hamas, ils la saisiront mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Si de nombreux Gazaouis n’apprécient guère le Hamas, ils partagent également leur aversion pour les milices familiales et se méfient d’elles. Ils les considèrent comme des criminels».

On ignore pour l’instant lesquelles de ces gangs familiaux ont été proposées par les responsables américains et israéliens pour le recrutement au sein de la nouvelle police de Gaza. La Maison-Blanche n’a toutefois pas nié avoir suggéré cette approche.

Il y a une vingtaine d’années, des rapports d’organisations telles que l’International Crisis Group, basé à Bruxelles, avaient déjà soulevé des inquiétudes concernant le trafic de drogue et d’armes. Des figures des Forces populaires, comme Issam al-Nabahin, un commandant important, ont combattu aux côtés de l’État islamique dans le Sinaï, en Égypte.

La famille Daghmash, à Gaza, est également accusée d’entretenir des liens avec cette organisation terroriste. Bien que cela n’ait pas été prouvé, le clan est soupçonné d’avoir contribué à la capture du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé par le Hamas en 2006. Sa libération en 2011 a été considérée comme un échec stratégique en matière de sécurité, car elle a contraint Israël à libérer plus d’un millier de prisonniers palestiniens, dont Yahya Sinwar, le cerveau du 7 octobre. Un groupe appelé l’Armée de l’Islam, dirigé par des membres de la famille Daghmash, a également enlevé le correspondant de la BBC, Alan Johnston, qui a été détenu pendant 114 jours en 2007.

Certains médias israéliens ont rapporté qu’au début de la guerre de Gaza, diverses factions avaient bénéficié du soutien du Service de sécurité générale de l’Autorité palestinienne à Ramallah, avec l’aide présumée de la CIA. Cependant, Israël a par la suite pris le relais.

L’implication d’Israël auprès des Forces populaires a été révélée en mai dernier après qu’un haut responsable, réputé opposé à l’armement des factions palestiniennes, a divulgué à la presse israélienne des informations sur ce soutien.

Sans force crédible sur le terrain, le plan de Trump est voué à l’échec

Hossam al-Astal, commandant d’une faction armée dans l’est de Khan Younis, a déclaré au Telegraph en octobre avoir coordonné ses actions avec Israël et être prêt à contribuer à la sécurisation de Gaza après la chute du Hamas. Al-Astal, ancien responsable de la sécurité de l’Autorité palestinienne, est l’une des figures importantes de ce «clan» qui ont été emprisonnées à Gaza au début du conflit mais qui se sont évadées lorsque les gardes du Hamas ont fui leurs postes.

Des rumeurs circulent selon lesquelles le Conseil de paix, par l’intermédiaire de son Comité national pour l’administration de Gaza, aurait choisi Jamal Abou Hassan, ancien chef de la sécurité de l’Autorité palestinienne à Khan Younis, pour diriger la nouvelle force de police.

Un responsable occidental a déclaré qu’une version plus récente du plan de la police américaine proposait un «recrutement apolitique», permettant aux membres de provenir de clans, d’anciennes forces de sécurité de l’Autorité palestinienne à Gaza, ou d’ailleurs. Il a ajouté : «Le processus est actuellement au point mort. On ne peut ignorer le fait que, sans force crédible sur le terrain, il est voué à l’échec».

Un responsable de l’administration américaine a déclaré au Telegraph : «Des efforts sont toujours en cours pour élaborer un processus de vérification des antécédents des forces de police».

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Conseil de la paix : ces pays qui brillent par leur absence…

19. Februar 2026 um 11:22

Le Conseil de la paix lancé par Donald Trump devrait réunir ce jeudi à Washington les pays alliés et partenaires des États-Unis; mais sans la participation des principales grandes puissances mondiales.

Le Conseil de la paix est une initiative politique qui brouille les lignes et sème la discorde avant même son lancement.

En effet, il est conçu en amont, soi-disant pour œuvrer à la reconstruction de la bande de Gaza et à en faire « la riviera du Moyen-Orient ». Et  en aval pour instaurer une « pax americana » à la sauce Trump, avec l’ambition affichée de résoudre des conflits armés dans le monde et de redessiner l’ordre mondial à son avantage, tout en contournant l’ONU.

Ainsi, le Conseil de la paix tiendra ce jeudi 19 février à Washington sa réunion inaugurale, dans les locaux de l’Institut des États-Unis pour la paix. Lequel a été récemment rebaptisé par le département d’État « Institut Donald J. Trump pour la paix ». Bien entendu, le président américain en assure la direction, entouré d’un comité exécutif composé de son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

D’autre part, 27 États qualifiés de « membres fondateurs » feront le déplacement à Washington pour acter la naissance de cet organe controversé. Avec à la clé un ticket payant d’un milliard de dollars que chaque pays membre devra débourser pour avoir « l’honneur » d’y siéger.

A ce propos, Donald Trump, le maître des lieux, a assuré, dimanche 15 février sur son réseau Truth social, avoir rassemblé 5 milliards de dollars de promesses de dons en faveur de reconstruction à Gaza. Sachant que ce projet prévoit un financement massif pour Gaza, avec une première enveloppe de 5 milliards de dollars et l’objectif d’atteindre 70 milliards, afin de reconstruire le territoire et de soutenir une force internationale de stabilisation.

Les copains d’abord

Mais quid des « pays fondateurs » qui assisteront à la réunion inaugurale de ce fameux Conseil ? Evidemment, des dirigeants ouvertement proches de Donald Trump à l’instar du Premier ministre hongrois Viktor Orban, du président argentin Javier Milei ou encore du Premier ministre albanais Edi Rama qui a lui aussi confirmé sa présence, tout en prenant ses distances sur le plan financier. « L’Albanie a le privilège d’être un État fondateur, mais elle ne contribuera pas financièrement pour adhérer ou rester en tant que membre permanent », a-t-il déclaré dimanche dernier.

Plusieurs dirigeants asiatiques sont également attendus, notamment le président indonésien Prabowo Subianto, à la tête du pays musulman le plus peuplé du monde, le président vietnamien To Lam, ainsi que le Premier ministre cambodgien Hun Manet.

Pour ce qui est du Moyen-Orient, tous les pays arabes signataires des accords d’Abraham qui ont permis une normalisation des relations avec Israël en 2020, répondent à l’appel. Notamment l’Egypte qui sera représenté par le Premier ministre Moustafa Madbouli, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Maroc et Bahreïn. Pour sa part, l’Arabie saoudite, un poids lourd politique et financier a décliné l’invitation.

Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne devrait pas faire le déplacement. L’Etat hébreu sera toutefois représenté par son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.

Pays « observateurs »

Rappelons à cet égard, qu’à défaut d’adhérer au Conseil de la paix, plusieurs pays et organisations ont choisi d’assurer une présence en tant qu’observateurs.

Ainsi, après avoir exclu toute adhésion pour des raisons constitutionnelles, l’Italie sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Ce dernier a souligné la volonté de son pays de contribuer à la formation des forces de police à Gaza et dans les Territoires palestiniens.

La Roumanie participera également comme observatrice. La Grèce sera représentée par son vice-ministre des Affaires étrangères Harry Theoharis. La République Tchèque et Chypre feront également partie des observateurs.  L’Union européenne sera représentée par la commissaire à la Méditerranée Dubravka Suica, avec pour objectif affiché de porter la position européenne sur la situation à Gaza, sans rejoindre formellement l’instance.

Le camp du niet

Toutefois, sur la soixantaine de pays invités par Donald Trump à rejoindre le Conseil de la paix, une dizaine d’États ont ainsi explicitement refusé d’y adhérer et ne devraient pas participer à la réunion inaugurale, sauf revirement de dernière minute en tant qu’observateurs.

Ainsi, la France a fait savoir dès le 19 janvier qu’elle ne donnerait « pas de suite favorable » à ce stade. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a justifié cette position en soulignant « l’incompatibilité du Conseil avec les engagements de Paris au sein de l’ONU ».

Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également décliné l’invitation. D’autres États européens ont fait savoir qu’ils n’envisageraient une participation qu’à la condition d’une modification de la charte fondatrice.

Mais c’est le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’est montré le plus radical dans son refus de se joindre à la troupe en accusant Donald Trump de vouloir se poser en « maître » d’une « nouvelle ONU ». Le président brésilien plaide pour un Conseil strictement limité à Gaza et incluant « un siège pour la Palestine ».

Autre absence remarquée : celle du Canada. Le milliardaire républicain ayant retiré son invitation au Premier ministre Mark Carney après que ce dernier a publiquement répondu aux attaques de Donald Trump, affirmant que le Canada « n’existe pas grâce aux États-Unis ».

Enfin, la Russie a clairement indiqué qu’elle n’a pas l’intention d’assister à cette première réunion le 19 février. Idem pour la Chine qui a décliné l’invitation tout en annonçant son attachement à l’ordre international fondé sur le système onusien.

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Le « nouvel ordre mondial » de Trump pousse la Suède vers l’euro

17. Februar 2026 um 15:37

Selon un article du magazine Capital, la politique internationale du président Donald Trump encourage la Suède à reconsidérer son refus de rejoindre la zone euro; et ce, après des décennies de débat sur cette question.

La guerre en Ukraine a déjà conduit Stockholm à abandonner sa politique de neutralité pour rejoindre l’OTAN. Dans ce contexte géopolitique instable, la Suède pourrait maintenant faire un autre choix majeur. A savoir : remplacer la couronne suédoise par l’euro.

Même si le débat reste à un stade préliminaire, plusieurs facteurs poussent à reconsidérer l’option euro. En effet, le changement de posture de la politique américaine — parfois qualifiée de « nouvel ordre mondial » — et les incertitudes liées aux relations entre grandes puissances renforcent l’idée que rejoindre la zone euro pourrait offrir à la Suède une meilleure sécurité économique et politique dans l’Union européenne.

Ainsi, un argument avancé par les partisans de l’euro est que l’adoption d’une monnaie commune renforcerait les liens politiques au sein de l’UE. De même qu’elle placerait la Suède dans une position plus influente lors des discussions sur les questions monétaires européennes.

Pour l’heure, le débat se concentre sur l’évaluation des avantages et des inconvénients d’un tel changement; sans qu’aucune décision officielle n’ait encore été prise.

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Nucléaire iranien : Trump prêt à un rôle indirect dans les pourparlers

17. Februar 2026 um 11:59

Donald Trump indique qu’il serait impliqué de manière indirecte dans les pourparlers prévus mardi 17 février à Genève entre les États-Unis et l’Iran sur le programme nucléaire iranien, sous la médiation du sultanat d’Oman.

Trump a affirmé croire que Téhéran souhaite parvenir à un accord, tout en jugeant l’Iran « mauvais négociateur » et en appelant ses dirigeants à faire preuve de « raison ». Il a également mis en garde contre de possibles « conséquences » en cas d’échec des discussions, sans en préciser la nature.

Un deuxième cycle de négociations indirectes entre Washington et Téhéran doit se tenir mardi 17 février 2026 en Suisse, après l’arrivée à Genève du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Ce dernier a multiplié les rencontres, notamment avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, pour évoquer des aspects techniques du programme nucléaire iranien.

Abbas Araghtchi a déclaré être venu à Genève « pour parvenir à un accord juste et équitable ». Tout en avertissant que « céder aux menaces n’est pas envisageable ».

Ces discussions font suite à des négociations indirectes accueillies le 6 février à Mascate (capitale du sultanat d’Oman), dans un contexte de renforcement de la présence militaire américaine dans la région. Washington souhaite élargir l’agenda aux questions non nucléaires, notamment le programme balistique iranien, une option rejetée par Téhéran, qui conditionne toute limitation nucléaire à un allègement des sanctions.

Manœuvres militaires dans le détroit d’Ormuz

À la veille des pourparlers, et alors que le porte-avions américain USS Gerald R. Ford devait rejoindre les forces navales américaines dans la région, l’Iran a lancé lundi des manœuvres navales dans le détroit d’Ormuz.

Selon la télévision iranienne, ces exercices, baptisés « Contrôle intelligent du détroit d’Ormuz », sont menés par les forces navales des Gardiens de la révolution afin de démontrer leur capacité à répondre rapidement à toute menace maritime.

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