Moins d’une journée après avoir annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz, le président américain Donald Trump est revenu sur sa décision.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social mardi 14 juillet, il explique avoir décidé de remplacer cette mesure par une série d’accords commerciaux et d’investissement négociés avec plusieurs États du Golfe. « À la suite de discussions extrêmement fructueuses avec les dirigeants du Moyen-Orient, j’ai décidé de remplacer le droit de douane de 20 % par des accords commerciaux et d’investissement que différents États du Golfe concluront avec les États-Unis », a-t-il déclaré.
En effet, la veille, Donald Trump avait pourtant annoncé le rétablissement d’un blocus naval visant l’Iran ainsi que la mise en place d’un prélèvement équivalant à 20 % de la valeur des cargaisons des navires empruntant le détroit d’Ormuz. Dans son nouveau message, il met en avant le rôle des forces armées américaines dans la sécurisation de cette voie maritime stratégique, affirmant que le détroit reste ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’Iran.
Il précise que le blocus concernera exclusivement les navires en provenance ou à destination des ports iraniens, ainsi que ceux transportant des marchandises liées à Téhéran…
« Personne ne devrait payer pour traverser Ormuz »
Interrogé quelques heures plus tard par la presse, Donald Trump a également nuancé sa position sur les droits de passage. « Je ne pense pas que quiconque devrait avoir le droit de facturer des frais pour traverser le détroit d’Ormuz », a-t-il déclaré. Toutefois, ajoute-t-il, il n’était pas juste que les États-Unis assument seuls le coût de la protection de cette route maritime au bénéfice du reste du monde.
Pression maintenue sur l’Iran
Le président américain a confirmé que les sanctions contre l’Iran allaient être renforcées. Il a indiqué que Téhéran ainsi que le Hezbollah seraient intégrés au projet de loi sur les sanctions contre la Russie actuellement examiné par le Congrès. « J’ai donné à l’Iran une chance de conclure un accord. Ils ont tiré les premiers. C’était une grave erreur », a-t-il déclaré, réaffirmant que les États-Unis empêcheront l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire.
Donald Trump a également annoncé l’ouverture prochaine de nouveaux accords énergétiques avec l’Irak. Tout en réaffirmant que Washington demeurerait prêt à soutenir Bagdad en matière de sécurité si nécessaire. Le président américain doit enfin prononcer un discours jeudi, consacré notamment aux prochaines échéances électorales américaines.
Un juge vient d’annuler un accord conclu par le président américain Donald Trump avec l’Internal Revenue Service (IRS) qui accordait à ses entreprises de vastes exemptions de contrôles fiscaux et établissait un fonds de plus de 1,8 milliard de dollars pour indemniser les victimes présumées d’abus de pouvoir du gouvernement, un plan qui a été abandonné par la suite.
La juge Kathleen Williams a statué que Trump et l’IRS, qu’il contrôle en tant que président des États-Unis, n’étaient pas de véritables adversaires, comme l’exige la Constitution dans les affaires civiles.
Williams a saisi le barreau d’un avocat de Trump ayant travaillé sur l’affaire et de hauts responsables du ministère de la Justice ayant signé l’accord, afin de déterminer si leurs actions violaient les règles déontologiques. « Cette action n’a jamais impliqué une tentative de la part d’un adversaire de résoudre judiciairement une question de droit ou un véritable différend », a statué la juge. Il s’agissait plutôt d’une tentative « de légitimer un accord accordant l’immunité à des personnes et entités liées au président et d’engager des milliards de dollars de l’argent des contribuables américains pour indemniser des réclamations non prévues par la loi », a-t-elle souligné.
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Le renseignement israélien aurait informé Washington d’un nouveau complot iranien visant à assassiner Donald Trump. Menace réelle ou manœuvre destinée à pousser le président américain à poursuivre ses frappes contre la République islamique ?
Donald Trump est-il réellement confronté à une menace réelle contre sa sécurité, ou s’agit-il d’une sournoise manœuvre israélienne destinée à torpiller l’accord de paix laborieusement négocié entre Washington et Téhéran mais jugé par le gouvernement Netanyahou contraire aux « intérêts vitaux de l’Etat hébreu ? Et ce, dans l’espoir d’entraîner encore une fois le président américain dans une nouvelle aventure militaire contre le régime des mollahs.
Toujours est-il que selon la presse américaine, Tel-Aviv aurait transmis à Washington des informations émanant de ses services de renseignement et qui « prouvent » que le pouvoir iranien a ourdi un nouveau plan visant à assassiner le milliardaire républicain pour venger l’assassinat de plusieurs hauts responsables iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne le 28 février. Sachant que depuis des années, l’Iran a ouvertement juré de venger l’assassinat de Qassem Soleimani, un haut général du Corps des gardiens de la révolution tué par Washington en 2020, sous le premier mandat de Donald Trump.
D’autre part, des appels à la mort de Trump ont été scandés lors des grandioses funérailles d’Ali Khamenei, qui se sont déroulées du 4 au 9 juillet où de nombreux participants ont brandi des pancartes appelant à la mort de Donald Trump et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Toutefois, ces informations sont à prendre avec des pincettes. Selon CNN, citant des sources proches des renseignements américains, le rapport israélien a été accueilli avec scepticisme à Washington, car perçu « comme un élément d’une stratégie israélienne plus large visant à influencer les décisions de Donald Trump concernant l’Iran ».
Ce scepticisme quant à la véracité des sources israéliennes est justifié par la méfiance du président octogénaire envers Benyamin Netanyahou sur fond de divergences majeures quant à la poursuite de la guerre contre l’Iran.
Réactions en arc-en-ciel
Comment le locataire de la Maison Blanche a-t-il réagi à ces menaces supposées qui pèsent sur son auguste personne ?
D’abord, en relativisant dans un premier temps la portée de ces révélations : « Non, non. Israël n’a rien trouvé de tel. Je suis en tête de liste depuis longtemps. C’est la vie, vous savez », a-t-il confié au quotidien conservateur le New York Post.
Ensuite, en exhibant son statut de victime patentée : « Ils veulent éliminer le dirigeant américain, c’est-à-dire moi. Je figure sur toutes les listes. J’ai vu ce matin que je suis sur chacune de leurs listes. Jusqu’ici, j’ai eu un peu de chance, je suppose, mais cela ne durera peut-être pas très longtemps », a-t-il encore ajouté.
Enfin, en ayant recours à l’unique logique qu’il connaît : la loi de Talion. Ainsi, a-t-il menacé de « détruire complètement » l’Iran en cas de tentative d’assassinat contre lui, affirmant que « Mille missiles sont prêts à être tirés et braqués sur la République islamique d’Iran, et des milliers d’autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met sa menace à exécution », a-t-il écrit dans un message publié sur son réseau Truth Social.
Et ce n’est pas tout. Dans une nouvelle mise en garde à Téhéran, Trump a affirmé que les États-Unis « anéantiraient et détruiraient complètement l’ensemble du territoire iranien », s’il était visé.
Rien de surprenant de la part d’un homme qui a déjà menacé d’effacer de la carte la civilisation iranienne. En effet, le 7 avril dernier, Donald Trump lançait cette mise en garde glaçante : « Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître ». Une déclaration d’autant plus saisissante qu’elle émanait du dirigeant d’un pays qui s’apprêtait à célébrer les 250 ans de son indépendance, et qui évoque sans détour l’anéantissement d’une civilisation vieille de plus de 5 000 ans !
Faut-il pour autant prendre l’imprévisible président américain au sérieux ? Dans une énième volte-face, il a déclaré vendredi 10 juillet avoir accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en affirmant que le cessez-le-feu prévu par l’« accord-cadre » conclu entre les deux pays en juin « avait désormais pris fin ».
Un accord fragile
Pour rappel, les deux pays belligérants étaient à deux doigts de conclure un accord de paix historique susceptible de mettre fin aux hostilités. En effet, cet accord-cadre prévoyait une cessation des hostilités entre Washington et Téhéran. Les États-Unis s’engageaient à lever leur blocus naval de l’Iran, tandis que Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz et réaffirmer qu’il « ne cherchera pas à se procurer ni à développer des armes nucléaires ». Le mémorandum accordait par ailleurs aux deux parties un délai de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Mais une série de frappes de représailles menées cette semaine par les deux camps menace désormais de compromettre les efforts en vue de conclure un accord final.
Pour quelle raison ? Au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz, a été de facto fermé par les autorités iraniennes provoquant ainsi de fortes perturbations sur les marchés de l’énergie et entraînant une nouvelle riposte militaire américaine.
Retour à la case départ. Au Proche-Orient, la paix n’est manifestement pas pour demain.
C’est une bombe. Le New York Times a révélé ce lundi 13 juillet 2026 que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été recruté par le Mossad ! Les Israéliens ont commencé à s’intéresser à lui quand ses relations se sont dégradées avec le défunt Guide suprême Ali Khamenei. Ahmadinejad a été empêché à trois reprises de se présenter de nouveau à l’élection présidentielle ce qui a nourri chez lui un profond ressentiment contre le régime et a forgé sa conviction que son retour au pouvoir ne pourrait avoir lieu qu’avec la chute de ce régime.
Imed Bahri
Dans une enquête intitulée «Dans les coulisses de l’opération secrète d’Israël pour recruter Ahmadinejad» et menée par quatre journalistes Mark Mazzetti, Julian E. Barnes, Farnaz Fassihi et Ronen Bergman, le New York Times a révélé, lundi 13 juillet 2026, que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad est assigné à résidence par les services de renseignement des Gardiens de la révolution après que les autorités iraniennes ont découvert ses contacts avec Israël.
Selon le journal américain, Israël a mené pendant des années une opération secrète visant à recruter Ahmadinejad dans le but de l’installer à la tête de l’Iran après la chute du régime. L’enquête s’appuie sur des sources américaines, israéliennes et iraniennes connaissant les détails de l’opération.
Début 2024, un haut responsable du gouvernement hongrois de l’époque a demandé au professeur Gergely Deli, président de la Ludovika University of Public Service (Université Ludovica de l’administration publique) à Budapest, d’inviter Ahmadinejad à une conférence sur le changement climatique. Selon Deli, on lui a indiqué que cette conférence servirait en réalité de couverture à des discussions secrètes entre Ahmadinejad et des responsables des services de renseignement israéliens.
Malgré ses craintes de nuire à sa propre réputation et à celle de l’université, il accepta, estimant que si les deux parties étaient disposées à dialoguer, il fallait leur en donner l’occasion.
L’enquête rapporte que les gardes du corps d’Ahmadinejad ont déclaré qu’il avait réussi à disparaître au moins deux fois durant sa visite pour assister à de longues réunions. Interrogé, il affirma rencontrer des professeurs d’université. Lors de la conférence, Ahmadinejad prononça un discours en anglais, évoquant «l’humanité commune» et un «ordre mondial en mutation». Il surprit l’auditoire en ne commençant pas son discours par un verset du Coran. Comme il l’avait fait tout au long de sa présidence, il offrit même au recteur de l’université un exemplaire du ‘‘Livre des Rois’’ * du grand poète persan du Xe siècle Ferdowsi et reçut de sa main l’emblème de l’université.
Deli admet avoir servi d’intermédiaire pour faciliter des réunions secrètes. Selon des sources américaines, l’ancien chef du Mossad David Barnea s’était personnellement rendu à Budapest pour rencontrer Ahmadinejad. Le Mossad a ensuite informé la CIA qu’Israël avait financé ses frais d’hébergement et de voyage ces dernières années et que des responsables du renseignement israélien l’avaient rencontré à plusieurs reprises hors d’Iran. Selon l’enquête, Ahmadinejad, qui a été président de l’Iran de 2005 à 2013 et considéré à l’époque comme l’une des figures les plus importantes de la ligne dure –partisan du programme nucléaire iranien, appelant régulièrement à la destruction d’Israël– a progressivement modifié son image après avoir quitté ses fonctions.
L’enquête indique qu’Ahmadinejad a commencé à adoucir son discours anti-israélien, critiquant l’appareil sécuritaire et la corruption gouvernementale. Il a adopté une apparence plus occidentalisée, appris l’anglais, rencontré fréquemment des civils et s’est présenté comme un homme politique plus modéré. Selon l’un de ses anciens conseillers, Abdolreza Davari, la motivation d’Ahmadinejad n’était pas l’argent mais plutôt le désir de revenir au pouvoir. Un proche collaborateur a déclaré au journal qu’après avoir été disqualifié de la course présidentielle à trois reprises, Ahmadinejad avait conclu qu’il ne pouvait pas revenir au pouvoir tant que le régime en place resterait en fonction.
Renverser le régime
Selon la même source, Ahmadinejad craignait qu’en cas de guerre et de renversement du régime, les États-Unis et Israël choisissent d’installer un opposant exilé depuis l’étranger. C’est pourquoi il s’est présenté comme quelqu’un capable de diriger le pays de l’intérieur, à l’instar de Boris Eltsine en Russie au lendemain de la chute de l’URSS. La même source a affirmé qu’Ahmadinejad avait déclaré à ses conseillers que s’il dirigeait de nouveau l’Iran, le pays reconnaîtrait Israël et normaliserait ses relations avec ce pays dans le cadre des accords d’Abraham négociés par le président Donald Trump.
Selon deux sources sécuritaires israéliennes, les services de renseignement israéliens ont suivi de près l’escalade des tensions entre Ahmadinejad et le Guide suprême Ali Khamenei, ainsi que de hauts responsables du régime, notamment après son inéligibilité répétée à la présidence. Parallèlement, selon des sources iraniennes, les services de renseignement des Gardiens de la révolution ont commencé à douter de sa loyauté bien avant ses contacts avec les Israéliens, précisément quand il a adressé des messages publics à Trump en 2017 puis au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.
Visite au Guatemala
D’après l’enquête, les premiers contacts entre Ahmadinejad et Israël auraient eu lieu lors de sa visite au Guatemala en 2023, où il était invité à participer à une conférence sur l’environnement. Les autorités iraniennes ont tenté de l’empêcher de quitter le pays mais après qu’il se soit barricadé à l’aéroport pendant des heures et ait rendu l’incident public, il a finalement été autorisé à partir.
Selon l’enquête, l’opération a culminé fin février de cette année, au début du conflit israélo-iranien. Ce récit journalistique indique qu’une attaque israélienne a endommagé la résidence d’Ahmadinejad à Téhéran, précisément le bâtiment de sécurité et son véhicule blindé. Peu après, une Peugeot noire est arrivée sur les lieux, Ahmadinejad y est monté et a pris la fuite.
Des sources américaines et iraniennes ont affirmé que la voiture transportait des agents du Mossad qui l’ont conduit vers un lieu secret en Iran. Cependant, selon ces mêmes sources, Ahmadinejad aurait été déçu par l’opération de sauvetage et le plan visant à le réinstaller au pouvoir. Il a ensuite quitté les lieux dans des circonstances mystérieuses.
Suite à cela, il est allégué que les services de renseignement iraniens ont commencé à enquêter sur ses liens avec Israël et ont recueilli de nombreux renseignements sur ses activités. Selon quatre sources iraniennes de haut rang citées dans l’enquête, Ahmadinejad a été retrouvé et il est actuellement assigné à résidence par les services de renseignement des Gardiens de la révolution, après que les autorités ont rassemblé des preuves de ses contacts avec Israël.
Depuis son arrestation, il n’était pas apparu en public jusqu’à la semaine dernière, lorsqu’il a brièvement assisté aux funérailles du Guide suprême Ali Khamenei. Des vidéos de la cérémonie le montrent debout, la tête baissée, entouré de gardes du corps. Les anciens présidents iraniens Hassan Rouhani et Mohammad Khatami n’ont pas assisté aux obsèques. Le Mossad n’a pas répondu aux questions du NYT à ce sujet, de même qu’un porte-parole d’Ahmadinejad.
* Le Livre des Rois ou Shâhnâmeh est une épopée retraçant l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée de l’Islam.
Les États-Unis pourraient prendre le contrôle du détroit d’Ormuz et en devenir les « gardiens ». C’est ce qu’a déclaré lundi 13 juillet le président américain Donald Trump, estimant que Washington devrait être rémunéré pour assurer la sécurité de cette voie maritime stratégique, essentielle au commerce mondial du pétrole.
Au cours de son intervention, Donald Trump a ajouté : « Peut-être l’appellerons-nous l’ange gardien du détroit », alors que les tensions continuent de s’intensifier au Moyen-Orient. Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade régionale, où le détroit d’Ormuz reste un point névralgique pour les échanges énergétiques internationaux.
Si cette proposition venait à se concrétiser, elle pourrait susciter de vives réactions de la part des pays riverains ainsi que de nombreux acteurs de la communauté internationale, en raison de l’importance géopolitique et économique de cette zone maritime.
Après le « gendarme du monde », voici peut-être le « gardien du détroit ». À ce rythme, il ne manque plus qu’un péage avec abonnement VIP.
C’est le monde à l’envers cependant, car Trump et Netanyahou sont responsables de cette situation, parce que les Iraniens n’évoquaient pas la question de faire payer les navires dans ce détroit. Que Trump pense faire payer le droit de passage du détroit d’Ormuz aux navires, c’est une idée incongrue.
Une enquête interne au sein de la CIA fait état de l’inquiétude qui règne au sein du personnel de l’agence surtout parmi ceux chargés de l’analyse. L’ingérence de l’administration Trump minerait le travail de renseignement. Les analystes subissent des pressions pour parvenir à des conclusions qui correspondent aux souhaits de l’administration actuelle plutôt que de se baser sur les faits réels.
Imed Bahri
Dans un article paru dans The Atlantic, Shane Harris, journaliste spécialiste des questions de sécurité nationale et de renseignement américain, révèle que cette enquête interne menée par la CIA a suscité des inquiétudes croissantes quant à l’indépendance du travail de renseignement. L’enquête a révélé une augmentation significative du nombre d’analystes qui estiment que les pressions politiques ont commencé à affecter l’objectivité des évaluations du renseignement depuis le retour du président Donald Trump à la Maison-Blanche.
Les résultats de l’enquête annuelle menée par le Bureau de l’Ombudsman* sur l’intégrité du travail d’analyse au sein de l’agence n’ont pas été officiellement publiés mais ils reflètent un sentiment croissant parmi les analystes qu’ils subissent des pressions pour parvenir à des conclusions qui correspondent aux souhaits du pouvoir politique plutôt que de s’en tenir aux faits tels que révélés par les renseignements.
Des décisions politiquement motivées
Ray Cline, ancien officier de la CIA qui dirigeait la division d’analyse pendant la crise des missiles de Cuba, rappelle que l’objectivité est la seule vertu qui compte vraiment dans le travail de renseignement mais il alerte que les récents événements soulèvent des questions quant au respect de ce principe par l’administration actuelle.
De nombreux analystes interrogés ont critiqué ouvertement l’ancienne directrice du renseignement national** Tulsi Gabbard l’accusant d’avoir pris des décisions qu’ils jugeaient politiquement motivées.
Parmi les points les plus importants figure le limogeage de deux hauts responsables du renseignement qui avaient refusé de modifier une évaluation affirmant que le gouvernement vénézuélien ne contrôlait pas le cartel Trin de Aragua alors même que l’administration cherchait à prouver le contraire afin de justifier légalement l’expulsion de migrants vénézuéliens.
Les participants à l’enquête interne ont également protesté contre la décision de Gabbard de révoquer les habilitations de sécurité de dizaines de responsables, actuels et anciens, de la sécurité nationale, notamment ceux qui ont mené les enquêtes sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016, une affaire que Trump avait balayée d’un revers et qu’il a qualifiée à plusieurs reprises de «canular russe».
Des évaluations contraires aux opinions de Trump
Malgré ces préoccupations, la majorité des participants se sont déclarés satisfaits du travail de leurs supérieurs hiérarchiques directs au sein de l’agence de renseignement, soulignant leur attachement à préserver l’indépendance de leur travail et à respecter les normes professionnelles. Ceci témoigne du respect constant, par les plus hauts responsables de l’agence, des règles du travail de renseignement malgré les pressions politiques.
Shane Harris estime que le problème dépasse le cas de Gabbard et reflète un climat politique plus large marqué par les accusations répétées de Trump selon lesquelles les agences de renseignement fournissaient des évaluations contraires à ses opinions. Il est allé jusqu’à exiger de ses collaborateurs qu’ils trouvent des preuves de ses allégations de fraude électorale en 2020 quand il a été battu par Joe Biden.
Steven Cash, ancien officier du renseignement, affirme que Trump a traité la communauté du renseignement comme une machine de propagande politique ce qui est aux antipodes de la mission fondamentale des agences de renseignement à savoir fournir des informations et des analyses objectives aux décideurs politiques, indépendamment de leurs orientations politiques.
The Atlantic note que la CIA, par la voix de sa directrice des affaires publiques Liz Lyons, a réaffirmé son engagement à fournir des analyses indépendantes aux décideurs politiques, citant le succès de plusieurs opérations militaires et de renseignement récentes comme preuve de l’efficacité continue de l’agence.
Cependant, le journaliste donne un autre exemple des pressions que peuvent subir les responsables lorsque leurs évaluations contredisent le discours officiel.
Le directeur de la Defense Intelligence Agency (renseignement militaire américain), le général Jeffrey Cruz, a été limogé suite à un rapport préliminaire concluant que les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes n’avaient retardé le programme nucléaire iranien que de quelques mois alors que Trump déclarait que ces installations sont «complètement détruites».
Les tentatives d’influence des politiciens sur les évaluations du renseignement ne sont pas nouvelles mais elles se sont intensifiées ces dernières années. Certains officiers craignent désormais non seulement de perdre leur emploi ou leur habilitation de sécurité mais aussi que leur identité soit révélée, qu’ils soient victimes de campagnes de diffamation en ligne ou de harcèlement de la part des partisans du président.
Les résultats de l’enquête seront transmis au Congrès, qui supervise les agences de renseignement, tandis que le Sénat s’apprête à débattre de la nomination d’un nouveau directeur du renseignement national. Des voix s’élèvent pour que l’indépendance du travail d’analyse du renseignement américain demeure un critère essentiel dans l’évaluation du profil du nouveau titulaire du poste.
* L’Ombudsman dans les pays anglo-saxons est un tiers impartial et indépendant chargé de mener des enquêtes évaluatives les administrations publiques.
** Le directeur du renseignement national (Director of National Intelligence ou DNI) est un membre de l’administration américaine sous l’autorité et le contrôle directs du président des États-Unis dont la mission est de superviser et coordonner l’ensemble des activités de toutes les agences de renseignement dont la CIA. Ce poste a été occupé du par Tulsi Gabbard, figure clé du mouvement Maga de Donald Trump, du 12 février 2025 au 19 juin 2026.
Les Accords d’Abraham, œuvres du premier mandat du président Donald Trump, sont à nouveau remis à l’ordre du jour. Dépoussiérés, ils reviennent en Air Force One. Un couteau à double tranchant sur la gorge des monarques, chefs de gouvernement et cheikhs du golfe arabique et du Moyen-Orient. Seul un camp retranché d’irréductibles en Afrique du Nord résiste à la normalisation et refuse de se soumettre.
Mohsen Redissi *
De prime abord, c’est une nouvelle initiative de paix de Baba Trump hors son Conseil de paix, remis sur la voie de garage. Vite fait vite oublié, car il a tout faux. Les têtes couronnées, les philanthropes, les businessmen n’ont pas suivi son conseil. L’argent tombé dans l’escarcelle de la première réunion officielle du Conseil a été versé dans les caisses d’Israël. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Depuis, le billet vert, qu’il croyait voir couler à flot pour remplir ses poches et les caisses du Conseil, tarde à venir. La banqueroute avant le banco.
Président Trump a la ferme intention de traîner dans son nouveau stratagème les pays vassaux, en obligeant les petits poucets du Golfe arabique, petits par la taille mais riches comme crésus, à signer les Accords d’Abraham. Ils bénéficient en échange de la protection des Etats-Unis (EU), pas celle des peuples mais celle des monarques et des familles régnantes.
Les récents événements, guerre Iran/Israel-EU, ont mis à nu l’incapacité des EU à garantir la sécurité de ses alliés du Golfe arabique. Battus à plate couture. Un fiasco pour une grande puissance.
C’est aussi et surtout une autre tentative de Trump pour arriver à ses fins : endosser sa redingote pour la grande cérémonie et se voir remettre le Prix Nobel de la paix, rêve éveillé d’un président versatile. Qui ne risque rien n’a rien !
Entre obéissance et rejet
Le Maroc est le premier pays, hors zone de turbulence, à signer les Accords d’Abraham. Il a reçu en contrepartie un cadeau royal : la reconnaissance par les ÉU de la marocanité du Sahara occidental. Donnant donnant, du troc comme aux temps révolus, la reconnaissance contre l’adhésion. L’ambassadeur américain auprès du royaume chérifien a gratifié son altesse royale, lors de son audience avec le roi Mohammed VI, de la nouvelle carte géographique du Maroc, signée de sa propre main. Signe d’authenticité et de validité et qui ne craint aucune équivoque. Le Sahara occidental, fraîchement annexé, figure sur la nouvelle carte du Maroc redessinée par Washington.
Sans crier gare, les EU rattachent et tranchent, au gré de leurs penchants, d’un côté un territoire abandonné par l’ancienne puissance coloniale, l’Espagne, et disputé entre plusieurs parties, la République arabe sahraouie démocratique, l’Algérie et le Maroc. De l’autre côté, ils jettent leur dévolu sur le Groenland qu’ils veulent annexer pour des raisons de sécurité nationale. On ne sait plus où donner de la tête ou à quel saint se vouer ? A Abraham ! Il a ses accords.
La menace est-elle la nouvelle forme de la dissuasion ? Ou est-elle une violation flagrante de tous protocoles et usages diplomatiques ? That’s the question!
Donald Trump hausse le ton sur sa plateforme. Il crie haut et fort, sans ambiguïté et sans aucune retenue sur Truth Social «J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham.» Au minimum ? C’est-à-dire qu’il se sent autorisé à demander encore plus. Par exemple lui céder leurs champs de gaz et de pétrole… Là où en sont les choses, cela n’étonnerait personne
Cette «situation très complexe» que Trump décrit n’est que le résultat d’une attaque combinée, sans précédent, Etats-Unis-Israël sur l’Iran. Le ton est menaçant et ne laisse aucune autre issue aux pays de la région. Pas d’échappatoire, la soumission est leur planche de salut. Trump ratisse large et n’y va pas de main morte. Le président américain exige des pays à majorité musulmane de normaliser leurs relations avec Israël. Le «minimum» pour ces pays est l’obéissance et la signature collective de ces accords.
Au fin fond de lui-même, Trump rêve d’une grande cérémonie pour la signature de ces accords. Il a d’autres «shah» à fouetter.
Libéré du fardeau de la guerre et revigoré par la signature de l’accord cadre Etats-Unis-Iran, Trump peut se vanter d’avoir rétabli l’ordre après le désordre, dans une zone en éternelle effervescence. Maintenant, il peut revenir à la charge et se consacrer à son premier chapitre, les Accords d’Abraham. Personne d’autre ne peut lui voler la vedette. Il est fin prêt pour serrer la vis et forcer la main des récalcitrants.
Trump a déclaré à plus de quarante reprises la fin d’une guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran. Il reste toujours sous une menace constante et un équilibre précaire. Il n’est pas le maître à bord. Les belligérants s’accusent déjà mutuellement d’avoir violé un cessez- le-feu déjà précaire. Le nucléaire iranien reste la monnaie des singes dans le traité cadre. La prudence est de mise. Et le pire et peut-être encore à venir avec un président dangereusement impulsif chez qui la sénilité le dispute à la folie.
D’un sommet à l’autre, l’OTAN ressemble à ce navire dont les machines sont usées, mais qui s’entête à prendre la mer malgré les vents contraires et les vagues scélérates. Le sommet d’Ankara, tenu les 7 et 8 juillet, a pris la forme d’un rituel où l’unité était absente, et les contradictions qui minent la structure atlantiste flagrantes.
Commençons par les contradictions qui ont émaillé le discours du président américain Donald Trump. Il a critiqué avec virulence les membres européens qui « rechignent toujours à débourser 5% de leur budget pour la Défense comme promis » ; il a déversé son fiel sur l’Espagne, qualifiée de « partenaire désastreux au sein de l’OTAN » ; il a remis à l’ordre du jour la question de « la souveraineté américaine sur le Groenland » face au Premier ministre danois et ses pairs européens médusés. Tout cela ne l’a pas empêché d’exprimer, en guise de conclusion, sa « certitude que l’unité et l’amour règnent dans cette réunion » !
Au-delà de ces élucubrations trumpiennes auxquelles alliés et ennemis se sont habitués, les véritables contradictions qui minent l’Alliance atlantique ont trait aux deux foyers de tension les plus dangereux dans le Golfe et en Ukraine.
Alors que les pays européens poussent vers une solution diplomatique et appellent à la désescalade, le jour même du sommet, les Etats-Unis ont repris leurs bombardements contre des cibles iraniennes, et Trump a informé le sommet que le mémorandum d’entente américano-iranien était « caduc », a qualifié toute nouvelle négociation de « perte de temps », et a traité les dirigeants iraniens de « racaille »…
Mais quand la question ukrainienne est abordée, les positions changent du tout au tout. Là, l’Europe s’oppose à toute solution diplomatique, pousse vers la continuation de la guerre et coupe dans ses budgets sociaux et les besoins urgents de ses populations pour réunir les milliards d’euros permettant à l’Ukraine de rester en guerre. Quant à l’Amérique, le principal pilier de l’OTAN, elle s’est désengagée financièrement de la guerre d’Ukraine, au grand dam des Européens qui ont vainement tenté de faire changer d’avis les décideurs à Washington.
La déclaration finale du sommet d’Ankara prévoit « une aide militaire de 82 milliards de dollars pour l’Ukraine en 2026 et 2027. » Cette somme proviendra exclusivement des alliés européens et du Canada. Washington ne participera pas d’un seul dollar, mais « autorise l’Ukraine à fabriquer elle-même des missiles Patriot sous licence pour se défendre »…
Commentateurs et observateurs se posent des questions sur le sérieux de cette autorisation. Si les Etats-Unis eux-mêmes n’arrivent pas à produire suffisamment de missiles Patriot pour leurs propres guerres, si Le japon, qui a eu depuis des années cette autorisation, n’a pas encore produit un seul missile, comment l’Ukraine, un pays en ruines, peut-il fabriquer des missiles si sophistiqués ?!
Quoi qu’il en soit, les Européens auraient souhaité avoir dans la déclaration finale une contribution américaine sonnante et trébuchante plutôt qu’une autorisation de fabrication sous licence pour un pays à genoux.
Une commentatrice américaine, Medea Benjamin, a mis le doigt sur la plaie : « A l’heure où le changement climatique tue déjà des personnes et met les gouvernements à rude épreuve, pourquoi la priorité politique absolue est-elle d’augmenter considérablement les budgets militaires au lieu d’investir dans la lutte contre les menaces auxquelles les populations sont confrontées aujourd’hui ? »
Une question pertinente quand on sait le désintérêt des élites gouvernantes de nombre de pays européens pour les besoins intenses des couches vulnérables de leurs populations et leur obsession pathologique de déstabiliser la Russie.
Mais la principale contradiction dans laquelle patauge l’OTAN depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie réside dans la fiction répétée noir sur blanc à chaque sommet et à chaque déclaration finale : « l’Alliance atlantique est une organisation défensive ».
C’est pour se défendre que l’OTAN a bombardé nuit et jour deux mois et demi durant la Serbie ; c’est pour se défendre qu’elle a guerroyé en Afghanistan, en Irak et en Syrie ; c’est pour se défendre que cette Alliance militaire s’est déchainée contre la Libye, plongeant ce pays dans une anarchie qui dure depuis 2011 ; c’est pour se défendre enfin que l’Otan s’est livré méthodiquement à l’encerclement progressif et à la provocation continue de la Russie avec la ferme détermination de déstabiliser ce pays et le désintégrer…
Une relique du passé lointain de la guerre froide, l’OTAN aurait dû être dissoute il y a un tiers de siècle. Si au lieu de George Bush Senior, l’Amérique avait eu un vrai chef d’Etat, sage, intelligent et rationnel, l’Otan aurait été dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie, et le monde aurait fait l’économie de nombreuses guerres inutiles et des dizaines de millions de vies humaines auraient été épargnées. Mais comme disent les Français, avec des si, on mettrait Paris en bouteille.
L’administration Trump se montre de plus en plus pessimiste quant aux chances de parvenir à un accord nucléaire avec Iran. Des hauts responsables américains avertissent Téhéran qu’il doit démontrer son respect d’un accord de paix temporaire avant que des négociations plus larges puissent se poursuivre, rapporte le Wall Street Journal vendredi 10 juillet.
Les responsables américains souhaitent qu’Iran déclare publiquement que le détroit d’Ormuz est ouvert à la navigation commerciale et s’engage à mettre fin aux attaques contre les navires transitant par cette voie maritime. Un responsable a même indiqué que Téhéran pourrait faire face à de « graves conséquences » s’il ne prend pas un tel engagement d’ici samedi…
Ces déclarations soulignent les doutes croissants à Washington quant à la capacité de la seule diplomatie à aboutir à un accord visant à freiner le programme nucléaire iranien, l’un des principaux objectifs de politique étrangère du président Donald Trump.
« Ils violent l’accord chaque jour, ils mentent, ils trichent, ils tuent des gens », a déclaré Trump à des journalistes en début de semaine. « Ils ne construiront jamais d’arme nucléaire dans le cadre de notre accord, mais je ne sais pas si nous allons avoir un accord. ».
Dans le cadre d’un accord intérimaire conclu en juin, Iran s’est engagé à rétablir la sécurité de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz en échange d’un allègement financier. Des responsables américains ont indiqué que la poursuite des attaques contre des navires commerciaux a soulevé des doutes quant à la volonté de Téhéran d’honorer l’accord, réduisant ainsi la confiance dans la possibilité de parvenir à un accord nucléaire plus large.
Les responsables ont également précisé que tout accord définitif exigerait qu’Iran cède le contrôle de son stock d’uranium hautement enrichi, ajoutant que les États-Unis conservent des options militaires pour empêcher l’accès à ce matériau si les négociations venaient à s’effondrer.
L’accord intérimaire prévoit un délai de 60 jours pour que les deux parties parviennent à un accord permanent, avec la possibilité d’une prolongation. Cette semaine, Washington a réimposé des sanctions liées aux exportations pétrolières iraniennes et annoncé des sanctions supplémentaires visant l’homme d’affaires iranien Ali Ansari et les entités qui lui sont liées, après avoir conclu que Téhéran avait violé l’accord temporaire.
Les développements autour du détroit d’Ormuz restent au centre de l’attention des marchés mondiaux, une reprise de l’activité militaire maintenant les regards braqués sur l’une des routes maritimes énergétiques les plus importantes au monde.
Arrivé au sommet annuel de l’Otan à Ankara animé de ressentiment et n’épargnant pas plusieurs pays européens de ses griefs habituels, le message d’adieu de Donald Trump, mercredi 8 juillet 2026, offrait pourtant un contraste saisissant entre optimisme et pessimisme.
Imed Bahri
The Guardian rapporte qu’en s’adressant aux journalistes en présence de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président américain a surpris tout le monde en témoignant de son affection pour une alliance qu’il avait pourtant fustigée la veille, évoquant notamment la sempiternelle querelle concernant le Groenland.
«Nous venons de terminer notre réunion de l’Otan et ce fut une excellente réunion ! Il y avait beaucoup d’affection et d’unité dans cette salle aujourd’hui. On ne pouvait pas espérer mieux», a déclaré Trump.
Un revirement de situation frappant par rapport à la veille, lorsque le président américain, assis aux côtés du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte avait débité une litanie de griefs bien rodée, notamment un manque de soutien perçu dans la guerre contre l’Iran et le refus de l’Espagne de se conformer aux nouveaux objectifs de dépenses de défense.
Une concorde inespérée
Même Zelensky, autrefois la cible de violentes réprimandes publiques dans le Bureau ovale, semblait avoir gagné en estime auprès de Trump. «Nous avons de bonnes nouvelles à nous dire», a-t-il déclaré, évoquant les perspectives d’un accord pour mettre fin à la guerre de quatre ans et demi entre l’Ukraine et la Russie. Il ajouté concernant son homologue ukrainien : «Il a fait un travail remarquable».
Cette concorde inattendue s’expliquait en partie par Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, qui, invité par Trump à décrire cette réunion harmonieuse, a déclaré : «Monsieur, tous les Européens vous attribuent le mérite d’avoir sauvé l’Otan et ils veulent faire ce qu’ils ont à faire et vous êtes là pour ça».
L’atmosphère s’est assombrie lorsque la conversation a porté sur l’Iran, avec lequel Trump avait récemment signé un fragile mémorandum d’entente instaurant un hypothétique cessez-le-feu de 60 jours, que Washington ne s’est pas gêné de rompre à plusieurs reprises.
Le président américain a d’ailleurs lui-même déclaré mercredi que le cessez-le-feu était pratiquement rompu, après que les forces américaines ont frappé des cibles iraniennes la veille. Il a affirmé que l’Iran avait violé les termes de l’accord en attaquant trois navires dont un pétrolier qatari (pays intermédiaire dans les négociations) dans le détroit d’Ormuz, voie de passage stratégique vitale, censément rouvert en vertu du récent accord.
«Nous avons des comptes à régler», a-t-il déclaré au cours d’un long monologue évoquant les soi-disant transgressions iraniennes passées, notamment la fabrication d’engins explosifs improvisés qui ont tué et blessé de nombreux soldats américains en Irak et en Afghanistan.
Alors qu’il y a à peine deux semaines, il avait salué son propre accord comme étant nécessaire pour éviter une catastrophe économique comparable à la Grande Dépression* si le détroit d’Ormuz restait fermé, Trump a désormais écarté toute possibilité d’accord avec les dirigeants iraniens qu’il avait pourtant récemment qualifiés de plus raisonnables après l’assassinat de personnalités clés.
«Ils violent l’accord chaque jour. Ils mentent, ils trichent, ils tuent. Ils tuent depuis 47 ans. Ils ont coulé l’USS Cole», a déclaré le président américain, faisant référence au rôle présumé de l’Iran dans l’attentat d’Al-Qaïda contre un navire de guerre américain en octobre 2000. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage !
S’étant déjà contenté de la réouverture du détroit d’Ormuz – par lequel transite 20% des approvisionnements mondiaux en carburant –, Trump a affirmé que l’objectif était désormais la «dénucléarisation», une allusion à la capacité de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire et un objectif censé être atteint par la négociation durant le cessez-le-feu de 60 jours.
«Nous allons conclure un accord. Nous pourrions même nous en passer, car, vous savez quoi, c’est plus simple», a-t-il déclaré d’un ton menaçant.
Les circonstances ne semblaient pas propices à la négociation, malgré un bref hommage rendu à Steve Witkoff, son principal émissaire, à Jared Kushner, son gendre, et à JD Vance, qui ont joué un rôle déterminant dans le cessez-le-feu.
«J’ai toujours été un négociateur mais je ne crois pas à une telle approche avec eux. Peut-être une attaque d’envergure, qui ferait des ravages», a-t-il déclaré.
À plusieurs reprises, son discours a dérapé dans des lapsus et des erreurs d’appellation vaguement comiques.
À un moment donné, évoquant des missiles censés viser le porte-avions USS Abraham Lincoln, il a déclaré qu’ils avaient été tirés par «la République islamique du Japon».
Il confond les noms des pays et des dirigeants
Au beau milieu d’un discours enflammé sur la destruction des forces armées iraniennes, il a brusquement changé de sujet pour affirmer : «L’un des sujets que nous allons aborder aujourd’hui, c’est que nous allons leur donner le droit de fabriquer des missiles Patriot», il parlait bien sûr de l’Ukraine.
À une autre occasion, après une série de questions sur la guerre russo-ukrainienne, il a demandé aux journalistes s’ils avaient une question pour le «président Poutine», tandis que Zelensky, l’adversaire acharné du dirigeant russe, était assis à quelques mètres de lui. Ce moment rappelait une gaffe similaire de Joe Biden lors du sommet annuel de l’Otan à Washington en 2024, peu après le débat télévisé désastreux avec Trump à Atlanta qui a finalement mis fin à sa candidature à la présidence.
Sans doute conscient de cela, Trump a eu une tentative de dissimulation maladroite, persistant et insistant sur le fait qu’il voulait dire Poutine, car il avait un appel téléphonique prévu avec lui plus tard.
Pourtant, son erreur la plus révélatrice a sans doute été sa méprise sur le nom du défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, inhumé cette semaine lors de funérailles nationales, quatre mois après avoir été tué dans une frappe israélienne au début de la guerre.
«Ils voulaient aller aux funérailles de Khomeini», a déclaré Trump, écorchant le nom de Khamenei et le confondant avec celui de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, le guide suprême de la révolution iranienne de 1979, qui a instauré des décennies d’hostilité envers Washington après le siège de 444 jours de l’ambassade américaine à Téhéran et la prise d’otages de 52 Américains.
* La Grande Dépression est la plus grave crise économique mondiale du XXe siècle, déclenchée par le krach boursier de Wall Street en octobre 1929 et s’est étendu jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.
Malgré un calme relatif observé ces dernières heures au Moyen-Orient, les tensions restent vives entre Washington et Téhéran. Donald Trump a lancé une nouvelle mise en garde à l’Iran, promettant une riposte militaire d’une ampleur inédite en cas de tentative d’assassinat contre sa personne. Ces déclarations interviennent alors même que les États-Unis se disent disposés à poursuivre les discussions avec la République islamique, illustrant le fragile équilibre entre diplomatie et confrontation.
Trump promet une riposte militaire massive
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, le président américain a affirmé avoir déjà donné des instructions aux forces armées américaines pour répondre sans délai à toute tentative d’assassinat le visant.
Donald Trump a assuré que les États-Unis disposaient de « 1000 missiles » prêts à être lancés contre l’Iran si un tel scénario venait à se produire. Il a ajouté que d’autres frappes suivraient immédiatement, affirmant que l’armée américaine était prête à « décimer et détruire complètement » la République islamique pendant une période pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire davantage.
Cette nouvelle escalade verbale intervient dans un contexte particulièrement tendu, quelques heures seulement après les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors des premiers jours du conflit entre les deux pays.
Un cessez-le-feu de plus en plus fragile
Les déclarations de Donald Trump contrastent avec les propos tenus par les autorités iraniennes. Téhéran a affirmé samedi avoir « tenu parole » envers les États-Unis depuis la signature du protocole d’accord de cessez-le-feu conclu à la mi-juin.
Le président américain a toutefois estimé que cette trêve était désormais révolue, tout en reconnaissant avoir accepté de poursuivre les discussions avec les responsables iraniens dans l’espoir de mettre un terme définitif au conflit.
Cette semaine, les hostilités ont repris entre les deux pays avec un nouvel échange de frappes, les plus importantes depuis la conclusion du protocole d’accord. Selon le ministère iranien de la Santé, les bombardements américains ont fait au moins 14 morts et 78 blessés.
La diplomatie reste ouverte malgré les menaces
Malgré le ton particulièrement offensif adopté par Donald Trump, Washington continue d’afficher sa préférence pour une solution diplomatique.
Selon plusieurs médias américains, l’administration américaine poursuit les contacts avec les autorités iraniennes afin d’éviter une nouvelle escalade régionale. Dans le même temps, des préparatifs militaires seraient en cours au cas où les négociations échoueraient.
De son côté, l’Iran a averti qu’il riposterait à toute attaque visant ses infrastructures stratégiques, y compris en ciblant Israël, principal allié des États-Unis dans la région.
Le détroit d’Ormuz sous surveillance
Les tensions continuent également de peser sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Selon plusieurs sources, la circulation des navires y a nettement ralenti ces derniers jours. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé que le détroit ne serait ouvert que selon des « modalités iraniennes » et non sous la pression des menaces américaines.
Entre démonstrations de force, poursuite des négociations et menaces de représailles, la situation demeure extrêmement volatile, faisant craindre un nouvel embrasement au Moyen-Orient malgré les efforts diplomatiques engagés.
En pleine Coupe du Monde Fifa 2026, le FBI, principal service fédéral de police judiciaire et de renseignement intérieur américain, enquête sur les finances de la Fédération argentine de football au lendemain de la qualification de l’Albiceleste face à l’Egypte. Alors que les polémiques arbitrales explosent déjà autour de Lionel Messi et de ses coéquipiers, cette affaire pourrait provoquer un véritable séisme.(Photo: Lionel Messi et Claudio Tapia : une trop grande proximité entre le football, l’argent et les trafics de toute sortes).
Habib Glenza, Lodz, Pologne.
La qualification de l’Argentine pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2026 aurait dû rester comme l’un des plus grands scénarios de ce tournoi. Menée de deux buts par une Égypte héroïque, l’Albiceleste semblait au bord de l’élimination avant de renverser complètement la rencontre grâce à Cristian Romero, Lionel Messi puis Enzo Fernández, dans des circonstances douteuses qui ont suscité plus que de simples suspicions. Aussi, quelques minutes après le coup de sifflet final, le football est-il passé au second plan.
L’Argentine suscite davantage la suspicion que l’admiration
Les décisions arbitrales du François Letexier ont immédiatement déclenché une vague de critiques d’une ampleur exceptionnelle. Le sélectionneur Hossam Hassan a dénoncé un match influencé, tandis que plusieurs joueurs égyptiens ont affirmé que leur équipe avait été privée d’une qualification historique sous l’impulsion d’une Fifa corrompue et à la botte de l’Argentine. Sur les réseaux sociaux comme dans les médias internationaux, les accusations de favoritisme se sont propagées à une vitesse impressionnante. Pour une partie des observateurs, cette rencontre est devenue le symbole d’une Coupe du Monde 2026 où chaque décision concernant l’Argentine est désormais scrutée avec une suspicion permanente.
Cette polémique ne tombe pas dans un contexte neutre. Depuis le début de cette Coupe du Monde 2026, la Fifa fait déjà l’objet de nombreuses critiques concernant sa gouvernance, ses relations avec plusieurs dirigeants politiques dont Donald Trump et la gestion globale de la compétition. Les liens affichés entre Gianni Infantino et plusieurs responsables argentins alimentent depuis des mois les soupçons de certains observateurs, tandis que les théories complotistes se multiplient après chaque match de l’Albiceleste. Plusieurs voix en Europe réclament désormais davantage de transparence sur le fonctionnement de l’instance mondiale et des élus de l’Union européenne ont demandé qu’une enquête soit menée sur les relations et les méthodes de gouvernance d’Infantino après l’intervention de Trump pour faire annuler le carton rouge de Folarin Balogun.
Dans cette atmosphère déjà extrêmement tendue, chaque décision arbitrale favorable à l’Argentine est immédiatement interprétée comme une preuve supplémentaire par les détracteurs de la Fifa, à l’heure où les fédérations multiplient les appels et les plaintes après certaines rencontres. Même si aucune preuve ne vient confirmer ces accusations sur le terrain, le climat devient de plus en plus explosif au moment où la compétition entre dans sa phase décisive.
Le FBI enquête sur d’éventels trafics de la Fédération argentine
Comme si cette immense polémique sportive ne suffisait pas, une révélation venue des États-Unis a jeté une ombre encore plus importante sur le football argentin. Selon les informations diffusées par Fox et La Nacion, des agents du FBI et des procureurs fédéraux américains ont lancé une vaste enquête portant sur les opérations financières de la Fédération argentine de football, dirigée par Claudio Tapia.
Les investigations visent à comprendre comment plusieurs centaines de millions de dollars liés aux contrats commerciaux de l’AFA ont circulé par le système bancaire américain par le biais d’entités financières telles que Citibank, Synovus, Bank of America, JP Morgan et PNC Bank. Les autorités américaines cherchent désormais à déterminer si certaines opérations pourraient relever de délits financiers relevant de la justice fédérale.
L’affaire dépasse donc largement le cadre sportif puisque le département de la Justice américain s’est directement saisi du dossier au moment même où l’Argentine dispute la Coupe du Monde 2026 sur le sol américain, ce qui renforce considérablement l’impact médiatique de cette révélation. Toujours d’après Fox et La Nacion, plusieurs témoins ont déjà commencé à être entendus par les enquêteurs américains. Parmi eux figure notamment l’homme d’affaires Guillermo Tofoni, qui aurait participé à une longue audition en visioconférence avec des procureurs et des agents du FBI spécialisés dans les crimes financiers.
Les investigations portent notamment sur TourProdEnter LLC, société qui gérait une partie des contrats internationaux de l’AFA.
Les enquêteurs cherchent à reconstituer précisément les flux financiers transitant par plusieurs banques américaines afin d’identifier d’éventuelles irrégularités.
Les procureurs envisageraient également d’entendre d’anciens responsables du gouvernement argentin de Javier Milei susceptibles d’avoir eu accès à des informations sensibles concernant ces opérations.
Pour les autorités américaines, il s’agit de vérifier si certaines transactions peuvent constituer des infractions financières relevant de leur juridiction. La Nacion précise que les procédures judiciaires concernant l’AFA avancent désormais beaucoup plus lentement en Argentine, notamment en raison de plusieurs recours déposés par les personnes visées afin de contester les éléments transmis par les autorités américaines.
L’un des principaux enjeux consiste à tenter d’empêcher que les documents bancaires obtenus aux États-Unis puissent être pleinement utilisés dans les procédures pénales argentines.
Une partie de la bataille se joue également sur le terrain de la compétence des tribunaux, plusieurs demandes ayant été déposées pour déplacer les dossiers vers d’autres juridictions. Cette stratégie judiciaire pourrait encore repousser l’avancée de l’enquête pendant plusieurs mois, alors que les investigations du FBI et du département de la Justice américain continuent parallèlement à progresser.
Un Mondial éclaboussé par des scandales en série
Les documents révélés par La Nacion évoquent des montants particulièrement impressionnants qui alimentent la gravité du dossier. TourProdEnter LLC aurait géré au moins 260 millions de dollars provenant des activités commerciales internationales de l’AFA. Les enquêteurs s’intéressent surtout à plusieurs dizaines de millions de dollars dont la destination finale ne serait pas clairement justifiée dans les documents bancaires consultés. Des virements vers différentes sociétés font également partie des éléments actuellement examinés par le département de la Justice et le FBI afin de déterminer si une enquête pénale complète doit être ouverte pour corruption et blanchiment d’argent.
Aucune culpabilité n’est établie à ce stade et la présomption d’innocence demeure entière. Malgré cela, le simple fait que le FBI mène des investigations pendant la Coupe du Monde provoque un séisme dans le monde du football, à l’heure où la délégation argentine est présente aux Etats-Unis.
Au moment où l’Argentine se retrouve déjà au centre des polémiques arbitrales, cette affaire financière donne encore davantage de poids aux critiques visant la gouvernance de son football et renforce un climat de défiance qui ne cesse de grandir autour de cette édition 2026 qui n’est pas à un scandale près.
La Coupe du Monde 2026 a été critiquée de toutes parts : prix des billets exorbitants, restrictions injustes imposées à l’équipe nationale iranienne, exclusion d’un arbitre somalien, attribution du tout premier «Prix de la Paix de la Fifa» au président américain Donald Trump, au moment où ses troupes bombardent des cibles civiles en Iran et tuent des innocents, et évidemment les scandales d’arbitrage qui n’en finissent pas. En dépit de tout cela, le patron du football mondial Gianni Infantino est en roue libre pour briguer un troisième mandat -avec pour seul mantra de ne jamais se mettre à dos les États-Unis- et la Fifa n’a jamais généré autant de profits. (L’illustration de l’article est une caricature générée par l’IA).
Imed Bahri
Dans une enquête intitulée «La Fifa sort encore plus riche d’une Coupe du monde marquée par les controverses», Bloomberg indique que le ressentiment envers la Fifa a atteint son paroxysme après qu’elle a autorisé, sous la pression de Trump, un joueur américain suspendu à participer à la compétition, une décision largement condamnée par la communauté internationale.
«La question n’est plus de savoir si le carton rouge était mérité, mais si la Fifa a porté atteinte à l’intégrité de la Coupe du Monde et à son autorité en tant qu’instance dirigeante du football mondial», selon Nick De Marco, avocat spécialisé dans le sport et basé au Royaume-Uni.
Il est à indiquer que Moez Nasri, président de la très décriée Fédération tunisienne de football (FTF), est membre de la commission de discipline de la Fifa ayant décidé de retirer le carton rouge au footballeur américain Folarin Balogun.
Les revenus records de la Fifa
Ces critiques devraient toutefois s’effilocher une fois le tournoi terminé. Après la défaite 4-1 des États-Unis face à la Belgique, la polémique autour de l’attaquant américain Balogun s’est apaisée. Infantino, quant à lui, reste pleinement concentré sur ce qui est sa priorité absolue : générer des revenus, toujours plus de revenus !
La Fifa a toujours été confrontée au dilemme de concilier ses liens avec les milieux influents et fortunés et sa mission première : faire respecter les règles du football. Il semble que l’argent finira par l’emporter. Sous la direction de cet homme de 56 ans à la tête du sport le plus lucratif au monde, la Fifa devrait engranger environ 9 milliards de dollars directement grâce à la Coupe du Monde 2026, soit une augmentation de près de 2 milliards de dollars par rapport à l’édition 2022 au Qatar.
Il y a plus de dix ans, le nom de la Fifa est devenu synonyme de scandale suite à une affaire de corruption instruite par le parquet fédéral américain et basée sur enquête menée par le FBI après que la Coupe du monde 2022 ait été attribuée au Qatar au détriment des États-Unis. L’enquête du FBI avait prouvé que des pots-de-vin ont été versé à des membres de la Fifa pour l’attribution de cette compétition au Qatar. Le scandale a fini par emporter le président de la Fifa de l’époque Sepp Blatter acculé à démissionner ce qui a mis fin brutalement à son règne qui avait duré 17 ans.
Moins d’un an plus tard, Infantino était devenu le nouveau visage de l’organisation. Il a supervisé des réformes, instauré une certaine transparence et considérablement élargi l’envergure des tournois Fifa, notamment la très lucrative Coupe du Monde des Clubs. Mais il a également conduit l’instance dirigeante du football sur une voie familière où argent, pouvoir et politique s’entremêlent. Infantino a surtout retenu la leçon avec ce qui est arrivé à Blatter, il ne faut jamais se mettre à dos les États-Unis.
La Coupe du Monde génère des revenus pour toutes les parties prenantes. Les grandes entreprises chargées de la vente de nourriture et de boissons dans les stades engrangent des profits substantiels. Dans certains stades, les supporters ont dépensé jusqu’à 100 dollars par personne et par match, soit près du double des dépenses moyennes lors des matchs de NFL, le championnat américain.
Les annonceurs ont également profité des pauses hydratation obligatoires, qui ont transformé un match traditionnel en deux mi-temps en un match en quatre mi-temps.
Même les villes hôtes, qui se plaignaient des coûts élevés avant le début du tournoi, constatent désormais une augmentation des dépenses. Les données de Bank of America pour la période du 10 au 21 juin montrent que les dépenses par carte bancaire dans les villes hôtes de la Coupe du Monde ont augmenté de 6,3% sur un an, tandis que les dépenses des visiteurs extérieurs à ces villes ont bondi de 16,7%.
Cette édition de la Coupe du Monde a vu le nombre d’équipes participantes passer de 32 à 48. Les prix ont également plus que doublé, atteignant le montant record de 871 millions de dollars. Chaque équipe participante est assurée de recevoir au moins 12,5 millions de dollars simplement en se qualifiant pour le tournoi.
Le Cap-Vert a engrangé plus de 21 millions de dollars grâce à son parcours historique dans le tournoi, soit environ 0,75 % du PIB de ce petit pays. Pour de nombreuses fédérations de football, les sommes distribuées par la Fifa constituent une ressource essentielle pour la majorité de leurs membres.
Infantino en roue libre pour un nouveau mandat
Infantino se prépare à briguer un nouveau mandat début 2027, lors du 77e Congrès de la Fifa qui se tiendra à Rabat, au Maroc, l’un des pays hôtes de la prochaine Coupe du Monde. Chacune des 211 associations membres dispose d’une voix.
L’issue de l’élection semble quasiment acquise, Infantino étant une fois de plus le seul candidat. Les fédérations d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique lui ont déjà apporté leur soutien. S’il est élu, ce sera son troisième mandat.
La Fifa pourra facilement présenter la Coupe du Monde actuelle comme un succès total, et à bien des égards, ce fut le cas. Malgré le prix élevé des billets, les stades étaient pleins et les plus grandes stars du football ont continué à marquer de nombreux buts. Le tournoi a également renforcé la représentation internationale, avec neuf équipes africaines qualifiées pour les phases finales. Les supporters ont été également chaleureusement accueillis dans les pays hôtes.
On ignore encore comment les protestations de stars du football et de personnalités politiques affecteront Infantino suite à l’appel téléphonique qu’il a reçu de Trump après l’expulsion de Balogun.
Des personnalités politiques britanniques et belges ont réclamé sa démission. L’ancien entraîneur de Liverpool, Jürgen Klopp, a déclaré : «C’est notre sport, pas le leur. Si Donald Trump et Gianni Infantino ont réellement réglé cette affaire entre eux, c’est de la folie. Cela remet tout en question».
Cependant, pour la majorité des associations membres, le soutien à Infantino reste inébranlable. Le président de la Confédération asiatique de football, le bahreïni Cheikh Salman Al-Khalifa, a déclaré : «La Fifa ne s’est jamais mieux portée qu’aujourd’hui». Des pays du Koweït à l’Afrique du Sud ont également exprimé leur soutien indéfectible.
La Fédération royale marocaine de football a salué «l’excellent travail accompli par M. Gianni Infantino et son équipe pour développer le football africain et mondial».
Tout cela pour dire qu’en dépit des controverses, des polémiques et des scandales, l’emprise de ce dernier sur le football mondial reste totale.
Sans une vision stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de devenir un instrument militaire au service des intérêts économiques des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain, aux dépens de ceux du reste du monde, l’Europe y compris.(Photo : Sommet de l’Otan à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026 : derrière l’apparence d’unité, de profondes fissures menacent l’édifice atlantique).
Habib Glenza,à Lodz, Pologne.
Toute alliance militaire durable repose en fin de compte sur une question simple en apparence, mais en réalité complexe : que défend-elle ? Sans réponse claire à cette interrogation, elle devient réactive, définie par ses adversaires plutôt que par un objectif commun.
Lorsque l’Otan a été fondée en 1949, cet objectif était clair. Née sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, l’alliance a été créée pour défendre ce que ses fondateurs appelaient le «monde libre», contre l’expansionnisme soviétique.
Plus fondamentalement, elle visait à préserver un ordre international libéral reposant sur quatre piliers complémentaires : gouvernance démocratique, ouverture économique, primauté géopolitique de l’Occident, et droit international fondé sur la Charte des Nations Unies.
Fossé entre les valeurs prônées et les politiques menées
Chacun de ces piliers est aujourd’hui mis à rude épreuve. On l’observe notamment dans l’identité politique de l’Alliance, fragilisée par le recul de la démocratie et la montée de l’autoritarisme. L’Otan a beau demeurer le plus puissant bloc militaire au monde, sa légitimité morale dépend de la capacité de ses membres à continuer d’incarner les valeurs démocratiques qu’ils prônent.
La réaction de nombreux gouvernements membres de l’Otan face à la campagne militaire d’Israël à Gaza a mis en évidence un fossé grandissant entre les valeurs proclamées par l’Alliance et les politiques menées par ses membres. Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) continuent d’examiner les allégations de génocide et d’autres violations graves du droit international par l’Etat d’Israël, plusieurs membres éminents de l’Otan –en premier lieu desquels les États-Unis – continuent d’apporter au gouvernement israélien un soutien militaire et une couverture politique.
Or, une alliance dont la légitimité historique trouve ses racines dans le rejet du fascisme et les crimes de guerre ne peut se permettre d’apparaître sélective dans sa défense des principes humanitaires universels. La cohérence morale n’est pas un luxe éthique, mais un atout stratégique, que l’Otan abandonne aujourd’hui à ses risques et périls.
L’ordre économique libéral mis à mal par ses protagonistes même
L’ordre économique libéral subit également une pression croissante. Ironie de la situation, la plus grande difficulté de l’Otan ne provient pas de ses adversaires, mais de ses propres États membres, le protectionnisme, les guerres tarifaires et la politisation du commerce international ayant mis à mal le système fondé sur des règles que les pays occidentaux ont mis des décennies à bâtir et à entretenir après 1945.
Dans le même temps, le centre de gravité de l’économie mondiale s’est clairement déplacé vers l’Asie. À l’époque de la création de l’Otan, ses membres représentaient environ deux tiers du PIB mondial. Leur part est depuis tombée à moins de la moitié, l’Asie s’étant imposée comme le principal moteur de croissance de l’économie planétaire.
Troisième pilier de l’ordre d’après-guerre, le leadership géopolitique est devenu tout aussi fragile. La guerre froide fournissait à l’Otan un cadre stratégique clair. Après l’effondrement de l’URSS, l’hypothèse selon laquelle la prédominance américaine perdurerait s’est imposée comme une évidence, sous-tendant les vagues successives d’élargissement de l’Otan, et renforçant la conviction selon laquelle la supériorité militaire à elle seule pouvait déterminer l’issue des événements internationaux.
La guerre en Afghanistan a mis en évidence les limites de cette hypothèse. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, l’Otan a mené l’opération militaire la plus vaste et la plus longue de son histoire. Or, malgré deux décennies d’écrasante supériorité militaire et technologique américaine, les talibans sont revenus au pouvoir à Kaboul. Il ne s’agit pas d’en tirer comme enseignement que la force est devenue inutile, mais plutôt que la réussite sur le champ de bataille ne saurait se substituer à une stratégie politique cohérente. Une sécurité durable passe par la diplomatie, le renforcement des institutions, l’engagement régional et une vision politique à long terme.
Cette leçon s’applique d’autant plus dans le contexte multipolaire actuel. Bien que la dissuasion demeure indispensable, les cadres de la guerre froide ne sont plus adaptés à un monde façonné par la coercition économique, les migrations, l’insécurité énergétique, la concurrence technologique et la cyberguerre. L’Otan doit par conséquent compléter sa puissance militaire par une vision géopolitique clairvoyante et une pratique subtile du pouvoir.
L’ordre juridique international cède de plus en plus la place à la politique des grandes puissances. La crédibilité de toute alliance repose sur sa volonté de faire respecter les normes qu’elle proclame. Or, les menaces d’annexion du Groenland – un territoire autonome du Danemark – formulées par le président américain Donald Trump remettent en cause l’un des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : l’intégrité territoriale des États souverains. Lorsque la puissance dominante de l’Otan menace la souveraineté de l’un de ses propres membres, l’engagement de l’alliance en faveur du droit international sonne creux.
Ces défis structurels sont aggravés par une fracture croissante concernant l’objectif stratégique de l’Otan. Certes, les désaccords entre alliés ne datent pas d’hier. La guerre en Irak a par exemple a profondément partagé les États-Unis et leurs partenaires européens, mais les deux parties ont continué de considérer l’Otan comme indispensable à la sécurité transatlantique.
D’une alliance politico-militaire à un arrangement transactionnel
Sous Trump, les États-Unis considèrent de plus en plus l’Otan comme un arrangement transactionnel, et prennent d’importantes décisions de politique étrangère sans consulter leurs principaux alliés.
La guerre contre l’Iran l’illustre parfaitement. Ce conflit, qui est susceptible de redessiner le paysage sécuritaire régional, et qui a profondément perturbé l’économie mondiale, revêt de profondes implications pour tous les États membres de l’Otan, alors que l’Alliance elle-même semble n’avoir joué aucun rôle dans le processus décisionnel. Une alliance dont les membres peuvent être entraînés dans un conflit régional qu’ils n’ont ni choisi collectivement, ni approuvé politiquement, risque de saper la confiance mutuelle nécessaire à la coopération en matière de sécurité.
La crise de l’Otan étant davantage une crise d’identité que de capacités, la redynamisation de l’Alliance nécessite plus qu’une augmentation des budgets de défense et qu’un renforcement de la dissuasion. L’Otan a besoin d’un fondement normatif renouvelé, ancré dans la légitimité démocratique et les droits de l’homme, d’un réengagement à l’appui du droit international, ainsi que d’une vision économique adaptée à l’ère du rééquilibrage mondial des puissances.
Sans une philosophie stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de ne devenir qu’un instrument au service des intérêts des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain.
Face aux guerres, aux migrations forcées et au durcissement des politiques migratoires, le devoir d’humanité semble s’effacer. Dans cette tribune, le directeur de la rédaction du Courrier de l’Atlas, Abdellatif El Azizi interroge notre rapport à l’autre à travers des…
Comme l’on s’y attendait, le fragile cessez-le-feu conclu à la mi-juin entre les États-Unis et l’Iran a définitivement volé en éclats. En effet, depuis le sommet de l’OTAN à Ankara, le président américain Donald Trump a annoncé, mercredi 8 juillet, que l’accord était « terminé ». Et ce, après une nouvelle vague de frappes américaines contre des installations militaires iraniennes et une riposte de Téhéran visant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Cependant, Trump nous a habitués, depuis le début de cette guerre, à dire quelque chose à dire son contraire dix minutes plus part. Autrement dit, prenons cette déclaration avec des pincettes. Mais quelque part, il y a un monsieur qui devrait être très content de cette fin de cessez-le-feu: Netanyahou.
Revenons justement à cette annonce pour souligner qu’un Commandement central américain assure que près de 80 objectifs ont été frappés en Iran ces dernières heures, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des postes de commandement, des batteries antimissiles et des vedettes rapides déployées dans le détroit d’Ormuz. Washington affirme avoir agi en réponse aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux empruntant cette voie maritime stratégique.
Les autorités iraniennes ont confirmé la mort d’un membre des Gardiens de la Révolution, Mohammad Reza Khazini, tué lors des bombardements à Mahshahr. En représailles, Téhéran affirme avoir ciblé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn à l’aide de missiles et de drones. L’armée koweïtienne a confirmé des attaques aériennes contre son territoire. Tandis que Bahreïn a signalé plusieurs explosions à proximité de la base de Cheikh Isa.
L’Iran accuse Washington d’avoir violé le protocole d’accord signé le 17 juin et promet des « mesures décisives » pour défendre ses intérêts. Dans le même temps, les États-Unis ont rétabli les sanctions visant les exportations de pétrole iranien, accentuant encore les tensions.
Au sommet de l’OTAN, les réactions sont contrastées. Le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, a jugé les frappes américaines « absolument nécessaires ». Tandis que le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a appelé à maintenir une forte pression diplomatique afin d’éviter un nouvel embrasement régional.
Les marchés ont immédiatement réagi à cette nouvelle escalade. Le Brent a bondi de plus de 5 %, tout comme le pétrole américain WTI. Les investisseurs redoutant de nouvelles perturbations durables dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Décidément, sous l’ère Trump, la politique chevauche allégrement la planète du sport roi. Le président américain a reconnu avoir appelé le patron de la FIFA pour exiger un réexamen du carton rouge infligé à l’attaquant vedette de l’équipe américaine, Folarin Balogun. Sidérant.
Incompréhensible, injustifiable, honteuse, choquante. La presse internationale n’a pas eu de mots assez durs pour décrire la décision encore jamais vue dans l’histoire de la Coupe du monde et qui a été prise par la FIFA de réintégrer l’attaquant américain Folarin Balogun expulsé lors de la rencontre ayant opposé la sélection américaine à la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Et ce, suite au coup de fil scandaleux du président américain Donald Trump au président de la FIFA Gianni Infantino pour annuler le carton rouge du joueur fautif.
Stupéfait par cette ingérence sans précédent, Josep Blatter, l’ex-dirigeant suisse qui a présidé la FIFA de 1998 à 2015, date à laquelle il a fini par être poussé à la démission par une cascade d’affaires, a rappelé dans un message posté sur X que « Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants ».
Entourloupette juridique
Rembobinage des faits. Lors de la rencontre de la sélection américaine contre la Bosnie-Herzégovine mercredi dernier comptant pour le 16e de finale de la Coupe du Monde, l’arbitre brésilien décida-après visionnage de l’action à la vidéo (VAR)-d’expulser l’attaquant américain Folarin Balogun pour avoir asséné une violente semelle sur la jambe du défenseur Tarik Muharemovic, écrasant son tendon d’Achille. Ainsi, le joueur fautif écopa d’un carton rouge direct pour un geste jugé dangereux, bien que les avis divergent sur son intentionnalité. Or selon l’article 10.5 du règlement de la FIFA, le carton rouge signifie la suspension automatique d’un match sans possibilité d’appel.
Coup de théâtre : la FIFZ dépoussière un vieux texte de son arsenal juridique de ses tiroirs. A savoir l’article 27 du Code disciplinaire qui permet à l’instance judiciaire de « suspendre totalement ou partiellement l’exécution d’une sanction disciplinaire ».
Traduction : le joueur américain expulsé est suspendu, mais autorisé à jouer lundi pour le huitième de finale de la Coupe du monde de football contre la Belgique. Admirez l’entourloupette judiciaire que les responsables de la FIFA auront tirée de leurs chapeaux !
Ingérence
Comment cette entorse criarde au règlement de la FIFA a-t-elle été possible ? Comment expliquer « ce revirement soudain, sans précédent dans l’histoire moderne de la Coupe du monde, alors que le tournoi battait son plein » et qui « a immédiatement déclenché une polémique sur l’ingérence politique et l’intégrité sportive », s’interroge la presse américaine ?
C’est que, entre temps, Donald Trump, a appelé Gianni Infantino pour exiger le réexamen de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, l’arme offensive numéro 1 du pays organisateur. Ironie de l’histoire : le joueur qu’il a défendu est un citoyen américain en vertu du droit du sol, un principe constitutionnel qu’a contesté en vain le président des États-Unis jusqu’à la Cour suprême.
Comme les désirs du Prince sont des ordres et contre toute attente, la FIFA a annoncé, dimanche, revenir sur la suspension du meilleur buteur de la sélection américaine avec trois buts au compteur dans ce Mondial.
« Merci à la FIFA d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice », a un peu plus tard posté le locataire de la Maison Blanche sur son réseau Truth Social.
« Tout ce que j’ai fait, c’est de demander une révision parce que je ne pensais pas que c’était une faute […] Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision » a-t-il ajouté.
Pour rappel, Donald Trump et son ami Gianni Infantino ont tous deux reconnu avoir discuté du carton rouge infligé à un joueur américain, mais ont démenti, bien entendu, que l’annulation de la suspension résultait de pressions politiques.
Le caniche de Trump
« Gianni Infantino a passé près d’une décennie à courtiser Trump, qui le qualifie d’ « ami » et l’a régulièrement reçu dans le Bureau ovale », note le Wall Street Journal.
« M. Infantino s’efforce depuis des années de s’attirer les faveurs de M. Trump », abonde le New York Times, qui rappelle que, « l’année dernière, la FIFA a créé et décerné à M. Trump le Prix de la paix de la FIFA, alors que le président américain menait une campagne publique – qui s’est soldée par un échec – pour remporter le prix Nobel de la paix ».
« La non-suspension de l’attaquant américain n’a pas fini de faire parler .Depuis que le foot est foot, la FIFA prétend vendre de l’équité. En levant la suspension du meilleur buteur de l’US Soccer Team à la veille d’un huitième de finale contre la Belgique, la très peu vénérable institution vient de mettre son impartialité en solde », titrait le quotidien bruxellois, Le Soir.
Le sommet de l’OTAN organisé à Ankara a marqué un tournant dans les relations entre les États-Unis et la Turquie. Donald Trump a annoncé, mardi 7 juillet, la levée prochaine des sanctions imposées à Ankara depuis l’acquisition des systèmes russes S-400 et s’est déclaré prêt à réexaminer la vente d’avions de combat F-35…
Les relations entre les États-Unis et la Turquie semblent entrer dans une nouvelle phase. À l’occasion du sommet de l’OTAN organisé à Ankara, Donald Trump a multiplié les gestes d’ouverture envers son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, qu’il a qualifié de dirigeant avec lequel il entretient une « excellente alchimie ». Au-delà des déclarations, Washington a annoncé son intention de lever les sanctions imposées à Ankara depuis 2020 et d’étudier un retour de la Turquie dans le programme des avions de combat F-35.
Cette évolution constitue un changement majeur dans la politique américaine. Les sanctions avaient été adoptées au titre du Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) après l’acquisition par la Turquie du système russe de défense aérienne S-400, décision qui avait également entraîné son exclusion du programme F-35.
Une relation personnelle remise au premier plan
Lors de leur rencontre mardi, Donald Trump a insisté sur la qualité de sa relation personnelle avec Recep Tayyip Erdoğan, estimant que cette proximité pouvait contribuer à résoudre plusieurs dossiers bilatéraux. Les deux dirigeants ont évoqué un renforcement des échanges commerciaux, de la coopération industrielle ainsi qu’un approfondissement du partenariat dans le domaine de la défense.
Le président turc a, de son côté, salué cette inflexion américaine, rappelant que la modernisation de l’armée de l’air turque constitue une priorité stratégique. Ankara espère récupérer l’accès aux F-35 mais également obtenir des moteurs américains destinés au développement de son futur avion de combat national KAAN…
Un signal adressé à l’ensemble de l’Alliance
Au-delà de la relation bilatérale, ce rapprochement s’inscrit dans une recomposition plus large des priorités stratégiques de l’OTAN. Située au carrefour de l’Europe, de la mer Noire et du Moyen-Orient, la Turquie occupe une position clé dans plusieurs dossiers sensibles, qu’il s’agisse de la guerre en Ukraine, de la sécurité en Méditerranée orientale ou des tensions avec l’Iran.
En renouant avec Ankara, Washington cherche également à renforcer la cohésion de l’Alliance dans un contexte marqué par la multiplication des crises régionales et la montée des rivalités entre grandes puissances. La Turquie, deuxième armée de l’OTAN en effectifs, apparaît plus que jamais comme un acteur incontournable de l’architecture sécuritaire euro-atlantique.
Cette normalisation pourrait avoir des retombées économiques significatives. La levée des sanctions faciliterait la reprise des échanges industriels dans les secteurs de l’aéronautique, de la défense et des hautes technologies, tout en renforçant l’attractivité de la Turquie pour les investisseurs américains.
Pour Ankara, cette évolution représente aussi une opportunité de consolider sa base industrielle de défense, devenue l’un des moteurs de ses exportations ces dernières années. Reste à savoir si cette volonté politique se traduira rapidement par des décisions concrètes, alors que plusieurs dossiers sensibles continuent d’opposer les deux alliés, notamment en Syrie, en Méditerranée orientale et sur certaines questions de politique régionale.
L’affaire Balogun a fait basculer la Coupe du Monde 2026 dans une crise institutionnelle rare, opposant frontalement la Fifa à l’UEFA. En cause : le revirement de l’instance mondiale, qui a levé la suspension automatique de l’attaquant américain Folarin Balogun à la veille d’un huitième de finale décisif, après un carton rouge que le règlement rendait pourtant incontestable.Le football mondial sens dessus dessous… (Image d’illustration réalisée par IA).
Habib Glenza
L’UEFA a réagi par un communiqué d’une dureté inhabituelle, dénonçant une lignerouge franchie et une atteinte à l’intégrité de la compétition. En arrière-plan, un coup de fil : celui du président américain, qui aurait personnellement pesé sur le dossier. De quoi transformer une banale sanction disciplinaire en affaire de gouvernance mondiale, à l’entrée du tableau final de la Coupe du monde de football 2026.
Ce qui se joue dépasse largement le cas d’un joueur. C’est la crédibilité de l’arbitrage, l’indépendance de la Fifa face au pouvoir politique, et la rivalité larvée entre les deux plus grandes instances du football qui se retrouvent exposées en pleine lumière.
Chronologie de l’affaire Balogun
Tout part d’un geste. Lors de la victoire des États-Unis contre la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale, Balogun, buteur dans la rencontre, est exclu après un tacle jugé dangereux sur le défenseur Tarik Muharemovic, semelle en avant. La sanction tombe après recours à la vidéo : carton rouge direct, synonyme de suspension automatique pour le match suivant.
Dans le cadre réglementaire du tournoi, cette suspension d’un match n’est pas censée être discutable. Plusieurs responsables de la Fifa avaient eux-mêmes rappelé, dans un premier temps, qu’un carton rouge direct entraînait un match de suspension ne pouvant faire l’objet d’un appel.
Dans un Mondial à 48 équipes qui avait déjà vu seize nations éliminées dès la phase de poules sans le moindre passe-droit, Balogun, meilleur buteur des siens avec trois réalisations, semblait donc condamné à manquer le huitième de finale contre la Belgique.
C’est là que survient le coup de théâtre. À la veille de la rencontre, la Commission de discipline de la Fifa annonce que la suspension est assortie d’un sursis probatoire d’un an. Traduction concrète : Balogun redevient immédiatement alignable. Le joueur, qui avait publiquement déclaré qu’il devait accepter la sanction, se retrouve réintégré dans le groupe américain à quelques heures du coup d’envoi.
Pour justifier ce revirement, la Fifa invoque l’article 27 de son Code disciplinaire. Ce texte autorise l’organe compétent à suspendre, totalement ou partiellement, l’exécution d’une sanction. Dans le cas Balogun, la formulation officielle est limpide : l’exécution de la suspension est reportée pendant une période probatoire d’un an. Si le joueur commet une nouvelle faute de nature comparable dans les douze mois, la sanction initiale sera réactivée.
Le problème, soulevé par plusieurs juristes du droit du sport, tient à la collision avec un autre article. L’article 66.4 du même Code prévoit qu’un carton rouge entraîne automatiquement une suspension pour le match suivant, sans marge d’interprétation.
La Royal Belgian Football Association s’est ditestupéfaite et a dénoncé une mesure en contradiction directe avec le règlement de la compétition, rappelant que le caractère automatique de la suspension avait été réaffirmé par écrit à toutes les sélections, via la Circulaire n°16 distribuée aux fédérations en mai 2026.
Ne pouvant contester la décision devant la Fifa elle-même, dossier concernant un joueur adverse, la fédération belge a d’abord obtenu le droit de faire appel, puis s’est tournée vers le Tribunal arbitral du sport (Tas), dont la chambre ad hoc peut trancher en urgence pendant un grand tournoi. Le risque pour les États-Unis est réel : aligner un joueur finalement jugé inéligible pourrait exposer à une défaite sur tapis vert.
La Fifa a franchi une ligne rouge
La réaction de l’UEFA a donné à l’affaire sa dimension politique. Dans un communiqué, l’instance européenne estime que la décision a franchi une ligne rouge et met en jeu l’intégrité du jeu. Son argumentaire est frontal : une suspension automatique d’un match après un carton rouge relève d’une règle, pas d’une option discrétionnaire soumise à l’appréciation d’un organe.
L’UEFA va plus loin en pointant le risque de précédent. Si une sanction automatique peut être levée dans un cas, alors toutes les situations comparables du tournoi devront être traitées de la même manière, sous peine de rompre l’égalité entre les équipes.
Cette sortie publique pèse lourd dans les rapports de force du football. Il est rare que l’UEFA attaque aussi ouvertement la Fifa en plein Mondial, sur un dossier disciplinaire concernant une nation non européenne. Le geste dit surtout combien la confiance entre les deux instances s’est dégradée et combien la crédibilité de la Fifa a été entamée.
Pression personnelle de Trump sur Infantino
Le point le plus explosif se situe hors du terrain. Selon Reuters et l’AFP, le président américain Donald Trump aurait personnellement appelé le patron de la Fifa, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge. Le chef d’État a ensuite salué publiquement, sur son réseau Truth Social, la réparation de ce qu’il présente comme une injustice, tandis que la Maison-Blanche relayait la nouvelle.
Ni la Fifa ni les autorités américaines n’ont commenté cette intervention téléphonique. Mais la seule perspective d’un chef d’État influençant une décision disciplinaire en plein tournoi a suffi à embraser le débat. L’ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, est sorti du silence pour rappeler qu’un carton rouge se renverse par des règles, des preuves et des instances indépendantes, pas par des appels politiques.
Le contexte donne du poids à ces critiques. La proximité affichée d’Infantino avec Trump, multipliée depuis des mois lors de sommets diplomatiques, nourrit déjà les interrogations sur la neutralité politique de l’institution, qui sanctionne la Russie pour son invasion de l’Ukraine mais pas Israël pour son génocide à Gaza, alors que la Coupe du Monde 2026 est coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
L’affaire Balogun vient cristalliser cette suspicion d’un football mondial perméable au pouvoir politique.
Le cas de Ronaldo et l’article 27
La défense de la Fifa repose en partie sur l’existence d’un précédent. Quelques mois plus tôt, Cristiano Ronaldo avait écopé de trois matchs de suspension pour un coup de coude en qualifications. Deux de ces matchs avaient finalement été assortis de sursis via le même article 27, permettant au capitaine portugais de disputer l’entrée en lice de sa sélection au Mondial. La décision avait déjà suscité la critique à l’époque.
Ce parallèle est à double tranchant pour la Fifa. Il montre que l’article 27 n’a pas été inventé pour Balogun. Mais il révèle aussi une application sélective : deux stars majeures bénéficient d’un traitement de faveur là où des joueurs de moindre notoriété purgent leur suspension sans discussion. C’est précisément cette jurisprudence à géométrie variable que dénonce à juste titre l’UEFA.