❌

Normale Ansicht

Israël | Pourquoi l’alliance de l’opposition avec les partis arabes est-elle si compliquée ?

02. November 2026 um 12:18

Au lendemain des élections législatives israéliennes, l’opposition fait face au dilemme d’une alliance avec les partis arabes ayant remporté 19 sièges à la Knesset pour renverser Benjamin Netanyahu. Cependant, la composition hétéroclite de cette opposition qui contient des membres très à droite s’opposant à cette alliance comme Naftali Bennett et Avigdor Liberman et la dérive droitière de la société israélienne après le 7 octobre 2023 compliquent la tâche.

Imed Bahri 

Il y a cinq ans, l’opposition israélienne a franchi une barrière politique inédite en intégrant un parti arabe au gouvernement pour la première fois dans le but de mettre fin aux 12 années de pouvoir de Netanyahu. Aujourd’hui, l’opposition se retrouve confrontée à un choix similaire, les résultats des dernières élections ayant révélé l’incapacité des deux camps à obtenir, seuls, une majorité parlementaire, fait remarquer le Financial Times. 

La coalition de Netanyahu a remporté 53 sièges, contre 48 pour l’opposition menée par le général Gadi Eisenkot, tandis que les deux formations arabes —Ra’am et la Liste unifiée— ont obtenu 19 sièges. La formation d’une coalition avec ces dernières constitue donc une voie envisageable, du moins arithmétiquement, pour former un gouvernement alternatif.

Toutefois, cette option suscite des hésitations au sein de l’opposition surtout après l’effondrement du «gouvernement du changement» formé en 2021 avec la participation de partis arabes, qui n’a tenu que 18 mois avant que Netanyahu ne revienne au pouvoir.

Profond virage à droite de la société israélienne

Ces réticences ne tiennent pas seulement à cette expérience passée, elles reflètent une évolution plus profonde de la société israélienne vers la droite accentuée par les événements du 7 octobre et la montée concomitante de la méfiance et de l’hostilité envers les Arabes israéliens.

Selon les données de l’Institut israélien pour la démocratie, la proportion de Juifs israéliens se définissant comme étant de droite est passée de 54,9% à la veille du 7 octobre à 61,3% aujourd’hui, tandis que la part des personnes se situant à gauche a reculé, passant de 14,1% à 13,5%.

Ce basculement résulte d’une accumulation de facteurs, au premier rang desquels figurent l’effondrement du processus de paix avec les Palestiniens, la seconde Intifada et le retrait israélien de Gaza en 2005, auxquels s’ajoutent des évolutions démographiques marquées par la progression des ultra-orthodoxes et des courants nationalistes religieux.

Ce virage à droite a également gagné les rangs de l’opposition elle-même, qui compte en son sein des personnalités telles que Bennett et Liberman, lesquelles adoptent des positions intransigeantes concernant la création d’un État palestinien et la gestion du dossier iranien.

À l’inverse, Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, préconise la formation d’un gouvernement en partenariat avec les partis arabes, estimant qu’il est désormais inacceptable d’exclure les citoyens arabes de l’équation politique.

Toutefois, d’autres composantes de l’opposition privilégient la recherche d’alliances auprès de l’électorat du Likoud et des forces de droite plutôt que de s’appuyer sur les partis arabes.

Dans ce contexte, Netanyahu cherche à accentuer les divisions au sein de l’opposition, en remettant en cause la légitimité des partis arabes et en mettant en garde contre la formation d’un gouvernement qui dépendrait de leur soutien.

L’opposition divisée, Netanyahu en embuscade

Les regards se tournent désormais vers Bennett et Liberman. Bien qu’ils aient participé, en 2021 à un gouvernement incluant le parti Ra’am, ils excluent aujourd’hui toute alliance avec les formations arabes.

Ce dilemme met en lumière un défi structurel de longue haleine pour le centre et la gauche israéliens, sur fond de mutations démographiques marquées par le déclin relatif du courant laïc, face à l’essor des ultra-orthodoxes et des nationalistes religieux. 25 % des enfants entrant en première année de scolarité en Israël rejoignent les écoles ultra-orthodoxes et 16% les écoles nationalistes religieuses contre 35% dans les écoles laïques.

Ces évolutions placent l’opposition face à une équation politique récurrente à savoir la difficulté d’accéder au pouvoir sans élargir le cercle des alliances alors même que les contraintes politiques pesant sur une éventuelle alliance avec les partis arabes ne cessent de croître.

L’article Israël | Pourquoi l’alliance de l’opposition avec les partis arabes est-elle si compliquée ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Qui sont les élus arabes des législatives israéliennes ?

30. Oktober 2026 um 08:14

Le bloc des partis arabes, qui a remporté 19 sièges aux dernières législatives israéliennes, est composé de deux pôles : la Liste commune (constituée des trois partis Hadash, Ta’al et Balad) et Ra’am (ou Liste arabe unie). Elles sont représentatives des différentes sensibilités politiques présentes au sein de la communauté des «Arabes israéliens», appellation donnée aux descendants des Palestiniens restés en Israël après la création de l’Etat hébreu en 1948.    

Latif Belhedi

La Liste commune a été reconstituée par un accord du 19 août 2026. En 2022, Hadash et Ta’al s’étaient présentés ensemble (5 sièges) et Balad seul, sans siège avec 2,9 % des voix.

Un pôle démocratique progressiste

Yousef Jabareen, président de Hadash et député de 2015 à 2021, la dirige depuis sa désignation en mai 2026. Ahmad Tibi, dirigeant de Ta’al, occupe la deuxième place. Sami Abu Shehadeh, président de Balad, était troisième avant de renoncer à sa candidature le 2 octobre, quand la Cour suprême paraissait prête à valider son exclusion. Le député Ofer Cassif, juif et membre de Hadash, figure aussi sur la liste.

L’alliance est hétérogène. Hadash, issu du Parti communiste, réunit Arabes et Juifs sur un programme de gauche. Ta’al défend avant tout les droits des citoyens palestiniens d’Israël. Balad, nationaliste arabe, réclame un État de tous ses citoyens à égalité de droits.

La liste œuvre pour l’égalité civile et la question nationale palestinienne. Elle refuse d’entrer dans un gouvernement Gadi Eisenkot, mais n’exclut pas de le soutenir de l’extérieur.

Jabareen place en tête la lutte contre la criminalité dans les localités arabes, l’augmentation des budgets et des opportunités pour ces localités, et la reprise des négociations vers un État palestinien. Il présente l’action de la liste comme la défense des droits de la communauté et de l’égalité. Tout en refusant de rejoindre un gouvernement Gadi Eisenkot en raison de la guerre à Gaza et de l’occupation du sud du Liban, la liste s’est dite prête, le 28 octobre, à ouvrir la voie à la chute du gouvernement Netanyahu, qu’elle accuse de conduire une politique d’effusion de sang.

Un pôle islamiste pragmatique

Le second pôle est représenté par Ra’am, parti de sensibilité islamique conservatrice présidé par Mansour Abbas, dentiste de formation. Le parti a quitté la Liste commune en janvier 2021 pour des désaccords idéologiques, puis a couru seul en 2021 (4 sièges) et en 2022 (5 sièges). En 2021, il est devenu le premier parti arabe indépendant à entrer dans une coalition gouvernementale, celle de Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Ce gouvernement est tombé au bout de dix-huit mois, en partie sur des désaccords liés à la Cisjordanie.

Pour 2026, Abbas a cherché à élargir l’attractivité du parti et a annoncé, le 5 janvier, l’ouverture de l’adhésion à tous les Israéliens, puis a présenté Yoav Segalovitz, ancien député de Yesh Atid et ancien responsable policier, comme son premier candidat juif.

C’est un parti pragmatique centré sur les besoins des localités arabes. Il se dit prêt à entrer dans une coalition Eisenkot si elle est viable.

Sa ligne est celle des revendications concrètes : budgets, services, sécurité des localités arabes, dans un contexte de forte criminalité. Le plan de financement obtenu pendant la coalition de 2021-2022 est présenté comme une avancée sans précédent pour la société arabe. Abbas défend une participation au pouvoir et se dit prêt à rejoindre un gouvernement Eisenkot. Il affirme aussi que des responsables des deux camps l’ont approché.

Des «faiseurs de rois» potentiels

La campagne pour les législatives du 27 octobre a été précédée d’une tentative d’exclusion visant les deux listes. La Cour suprême les a réadmises le 2 octobre, à l’unanimité.

Au vu des résultats annoncés, aucun des deux blocs sionistes ne dispose de 61 sièges. Additionnés aux 48 sièges du bloc Eisenkot, les 19 sièges arabes donneraient 66 ou 67 mandats, une majorité confortable. Mais Eisenkot ayant exclu pendant la campagne de s’appuyer sur eux, sans eux, le bloc d’opposition reste loin du compte.

Le bloc Netanyahu, avec environ 53 sièges, doit encore trouver sept à huit mandats. D’où les négociations actuelles pour essayer de former une majorité viable. Et il y a de fortes chances pour que, par un tour de passe-passe, Netanyahu parvienne à trouver les 7 sièges qui lui manquent pour se succéder à lui-même.  Ce qui serait une très mauvaise nouvelle, d’abord pour les Palestiniens, ensuite pour les Israéliens eux-mêmes, qui voient leur pays devenir un Etat voyou dirigé par des criminels de guerre, et même pour l’humanité civilisée entière, qui n’a pas encore «digéré» le génocide de Gaza.    

L’article Qui sont les élus arabes des législatives israéliennes ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Israël | La police dément que les élections ont été «volées» par les partis arabes

29. Oktober 2026 um 11:05

«La journée électorale s’est déroulée avec très peu d’irrégularités ayant compromis l’intégrité du processus électoral, même par rapport aux élections précédentes», a déclaré une source de la police israélienne à plusieurs médias locaux, rejetant ainsi les accusations du parti Likoud, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon lesquelles les élections législatives auraient été «volées» par les partis arabes. (Les principaux élus des partis arabes israéliens: les sept «faiseurs de roi». Photo Fausto Giudice).

«Il convient de souligner qu’il n’existe aucune preuve venant étayer ces accusations, qu’il s’agisse d’éléments issus d’enquêtes ou de renseignements», a ajouté la même source, selon le quotidien ‘‘Times of Israel’’, citant des journaux hébraïques.

Hier, mercredi 28 octobre 2026, au lendemain des élections législatives qui n’ont dégagé aucune majorité franche, un responsable de la Commission électorale centrale a lui aussi rejeté les allégations de fraude.

Grand perdant des législatives, le bloc du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tombe à 53 sièges, loin des 61 sièges nécessaires pour avoir la majorité absolue, la coalition d’opposition menée par Gadi Eisenkot en obtient 48, tandis que les partis arabes en conservent 19, la communauté arabe d’Israël ayant enregistré un taux de participation sans précédent.

C’est ce qui ressort des résultats partiels publiés par la Commission électorale centrale israélienne, alors que 85,6 % des bulletins ont été dépouillés. La répartition des sièges, pour l’heure, s’établit comme suit : Likoud (de Netanyahu) 26 ; Yashar (d’Eisenkot) 21 ; Liste arabe unie 12 ; BeYachad 12 ; Les Démocrates (de gauche) 8 ; Yisrael Beitenu 7 ; l’autre parti arabe, Ra’am, 7 ; Judaïsme unifié de la Torah 7 ; Otzma Yehudit 7 ; Shas 7 ; Sionisme religieux 6.

Ces résultats restent partiels et sont susceptibles d’évoluer à mesure que le dépouillement se poursuit. Les bulletins placés dans des «doubles enveloppes» — incluant ceux des membres des Forces de défense d’Israël (FDI) — seront comptabilisés dans un second temps.

I. B.

L’article Israël | La police dément que les élections ont été «volées» par les partis arabes est apparu en premier sur Kapitalis.

❌