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Énergie: l’Afrique lance sa propre banque dotée de 5 milliards de dollars

02. November 2026 um 14:35

L’Afrique se dote d’un nouvel instrument de financement de son secteur énergétique. Portée conjointement par Afreximbank et l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO), la Banque africaine de l’énergie (AEB) a été officiellement lancée à Abuja, le 31 octobre.

L’enjeu est de taille: contribuer à résorber un déficit d’investissement estimé à 200 milliards de dollars, en diversifiant les sources de financement et en mobilisant les ressources nécessaires pour prendre progressivement le relais des partenaires financiers traditionnels.

Au-delà de sa création institutionnelle, l’AEB traduit une volonté plus profonde des gouvernements africains: reprendre la maîtrise de leur avenir énergétique. Leur constat est sans équivoque: l’industrialisation du continent passe nécessairement par des investissements massifs dans les capacités de production et les infrastructures de transport de l’énergie. Il en va également de la capacité de l’Afrique à ne pas manquer le tournant des nouvelles technologies, en particulier celui de l’intelligence artificielle, dont le développement repose sur des besoins considérables en électricité.

La mise en place de cette nouvelle institution intervient dans un contexte où les enjeux du financement énergétique prennent une dimension particulière. Le continent a besoin d’environ 200 milliards de dollars d’investissements pour développer son secteur, alors même que les bailleurs de fonds traditionnels réduisent progressivement leur exposition aux énergies fossiles, tant dans leurs financements à court terme que dans leurs engagements à long terme. Une évolution qui contraste avec les réalités énergétiques africaines, où le pétrole et le gaz demeurent des composantes essentielles de l’approvisionnement et du développement économique.

C’est précisément à ce décalage entre les besoins du continent et l’évolution des sources de financement disponibles que l’AEB entend apporter une réponse. Elle se fixe ainsi un double objectif: contribuer à combler le déficit d’investissement énergétique tout en accompagnant une transition juste, adaptée aux réalités économiques, énergétiques et sociales des pays africains.

Pour concrétiser cette ambition, la Banque dispose d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars. Son champ d’intervention couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration et de la production au transport, à la transformation, au raffinage et à la distribution.

À travers ses interventions, l’AEB poursuit une triple ambition: renforcer les capacités de production énergétique de l’Afrique, réduire sa dépendance aux produits pétroliers importés et favoriser les échanges de biens énergétiques entre les pays du continent. À ces priorités s’ajoute la volonté de consolider la participation africaine dans le secteur, afin de permettre aux acteurs du continent de prendre pleinement part aux décisions qui engagent leur avenir énergétique.

L’institution se veut ainsi une banque panafricaine, indépendante et supranationale, appelée à fédérer les acteurs publics et privés autour des grands enjeux énergétiques du continent. Elle entend associer les gouvernements, les compagnies pétrolières nationales, les institutions financières et les investisseurs privés à une dynamique commune de développement et de transformation du secteur.

Sur le plan institutionnel, l’assemblée générale inaugurale a également permis de franchir une première étape dans la mise en place de la gouvernance de la Banque. Helmy Ghazi a été désigné comme son premier président, tandis qu’un premier conseil d’administration a été constitué. Celui-ci réunit des représentants des secteurs public et privé, ainsi que des personnalités issues d’institutions politiques majeures de différents pays africains.

Avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars et un mandat couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration à la distribution, l’AEB entend donc s’imposer comme un nouvel acteur du financement du secteur en Afrique. Au-delà de sa dimension financière, sa création porte une ambition stratégique: renforcer les capacités énergétiques du continent, accompagner une transition adaptée à ses réalités et donner aux acteurs africains une place plus importante dans la construction de leur propre avenir énergétique.

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Soglo Eric Houenafa : « L’Afrique doit garder la maîtrise de ses choix numériques »

02. November 2026 um 14:31

Ingénieur béninois, auteur de Les dangers de l’intelligence artificielle en Afrique et dirigeant d’une société de services numériques au Cameroun, Soglo Eric Houenafa plaide pour une adoption lucide de l’IA. Emplois, données, deepfakes, souveraineté : il détaille ses recommandations pour les lecteurs de L’Economiste maghrébin.

 

Directeur général de MY AFRIQUE 2S2I SARL et doctorant en DBA au Collège de Paris, au Maroc, Soglo Eric Houenafa dit avoir écrit son ouvrage pour susciter une prise de conscience : les possibilités de l’IA ne se conçoivent pas sans compréhension de ses risques. Il déplore que l’on vante productivité et automatisation sans examiner la confidentialité, la manipulation de l’information, les inégalités et la dépendance technologique.

Selon lui, l’IA peut rendre de grands services aux entreprises, aux écoles et aux administrations, à condition d’être encadrée par la formation et des règles claires. Il rappelle qu’une réponse produite par une machine peut paraître convaincante tout en étant fausse. Le Maghreb est pleinement concerné, assure-t-il : ses entreprises, ses universités et sa jeunesse peuvent bâtir des solutions adaptées aux réalités africaines.

L’IA va-t-elle prendre nos emplois ?

L’auteur se méfie des réponses tranchées. Un métier regroupe plusieurs tâches, explique-t-il : certaines sont automatisables, d’autres exigent jugement, contact humain, connaissance du terrain ou sens de la responsabilité. Des emplois disparaîtront peut-être, d’autres évolueront, de nouveaux besoins surgiront, ce qui appelle une préparation collective.

À un jeune diplômé du Maghreb, il conseille d’abord de maîtriser son domaine, afin de repérer les erreurs de l’outil et de s’en servir à bon escient. Il recommande ensuite une formation pratique autour de trois compétences : utiliser l’IA dans son métier, vérifier ses résultats et protéger les informations traitées. Il imagine par exemple un diplômé en gestion qui bâtirait un tableau de bord à partir de données fictives, se ferait aider par l’IA pour formuler une analyse, puis contrôlerait lui-même calculs et conclusions. Il insiste aussi sur l’esprit critique et la formation continue, et souligne que les employeurs doivent accompagner leurs équipes : l’effort d’adaptation ne doit pas peser sur les seuls salariés.

Données d’entreprise : le danger du copier-coller

Que risque-t-on lorsqu’un salarié colle un document interne dans un outil d’IA ? Le premier danger, répond Soglo Eric Houenafa, est de confier à un service extérieur des informations que l’entreprise devait protéger : fichier clients, contrat, données de salariés, code informatique ou projet stratégique. Les conséquences varient selon le service, le contrat et les paramètres (conservation, accès, réutilisation, suppression). Il invite donc à examiner ces conditions avant tout partage.

Même une PME peut s’organiser, assure-t-il, avec une charte courte reposant sur cinq règles : lister les outils et usages autorisés ; préciser les informations partageables ; utiliser des données fictives ou anonymisées pour les essais ; exiger une vérification humaine des résultats importants ; désigner un référent en cas de doute ou d’incident. Il conseille d’illustrer ces règles par des cas concrets (devis, bulletin de salaire, fichier commercial). La gouvernance commence par une organisation claire, les investissements techniques venant ensuite, selon la sensibilité des données et les moyens de l’entreprise.

Deepfakes : vérifier avant d’agir

Soglo Eric Houenafa constate qu’une image ou une voix familière ne suffit plus à authentifier une personne. Incohérences visuelles, décalage entre lèvres et son ou intonation étrange peuvent alerter, mais il prévient que leur absence ne prouve pas l’authenticité. Il recommande d’examiner la provenance du contenu et la nature de la demande : le message exige-t-il un paiement urgent, un secret inhabituel ou la transmission d’un code ? Face à un doute, il faut recontacter la personne par un autre canal, avec un numéro déjà connu. Les entreprises, estime-t-il, devraient définir à l’avance une procédure de validation des opérations sensibles, même lorsque l’ordre semble venir du dirigeant.

En cas d’arnaque, il faut agir vite : conserver messages, liens, captures d’écran et références des transactions ; cesser tout échange avec l’escroc ; alerter la banque si de l’argent a été envoyé ; signaler les faits à la plateforme et aux autorités ; sécuriser les comptes compromis.

Souveraineté numérique : à chacun son rôle

Recourir à un prestataire étranger peut répondre à un besoin légitime, reconnaît l’auteur. L’essentiel, à ses yeux, est la maîtrise : qui accède aux données, selon quelles règles, et comment changer de fournisseur ? Il s’inquiète d’une dépendance telle qu’une organisation ne puisse plus travailler sans un prestataire sur lequel elle a peu de prise, avec à la clé des coûts difficiles à absorber, une interruption de service ou une migration complexe. Héberger les données sur le territoire ne suffit pas, estime-t-il : il faut aussi des compétences, des infrastructures fiables et un contrôle effectif des accès.

Il attribue à chacun un rôle précis. Les États doivent soutenir formation, recherche et infrastructures, fixer des règles pour les données sensibles et ouvrir la commande publique aux acteurs locaux. Les entreprises doivent connaître leurs dépendances et anticiper un changement de prestataire. Les universités doivent former des professionnels capables de concevoir, d’évaluer et de maintenir ces systèmes. Il se dit enfin attaché aux coopérations entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, qu’il juge porteuses de partenariats équilibrés.

MiaIA : préserver la mémoire humaine

Soglo Eric Houenafa présente MiaIA comme un projet d’IA destiné à préserver la mémoire personnelle d’un être humain : souvenirs, valeurs, manière de s’exprimer et de percevoir le monde. L’ambition est de permettre, après le décès de la personne, d’interagir avec une représentation numérique construite à partir des éléments qu’elle aura volontairement transmis.

La première approche consiste à constituer cette mémoire de son vivant : l’IA l’interrogerait régulièrement sur son histoire et ses convictions, et des lunettes équipées d’une caméra pourraient, avec les autorisations nécessaires, recueillir des scènes du quotidien. Il précise toutefois que le résultat resterait une simulation fondée sur des traces partielles, et non un transfert de conscience. Il faudra aussi empêcher le système d’inventer des souvenirs ou de prêter à la personne des propos qu’elle n’a jamais tenus.

La seconde approche, des interfaces cérébrales, relève d’une recherche à bien plus long terme. Il insiste pour que cette piste exploratoire ne soit pas confondue avec des fonctionnalités déjà développées et testées. Le consentement, ajoute-t-il, doit être au cœur du dispositif, et toute interaction doit signaler qu’il s’agit d’une représentation artificielle.

Les entreprises et institutions du Maghreb pourraient contribuer par la recherche en IA, l’archivage, la cybersécurité, les sciences humaines et l’éthique. Il propose une première collaboration autour d’un recueil volontaire de récits de vie, afin d’en évaluer la fidélité et les limites.

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L’Algérie envoie 50 camions-citernes d’essence au Niger

02. November 2026 um 12:14
Le Niger a réceptionné, dimanche à Agadez (Nord), une cinquantaine de camions citernes d’essence, totalisant 1600 tonnes, en provenance de la raffinerie de Sbaa (Adrar) et destinés à approvisionner le marché nigérien et à résorber les tensions sur les produits pétroliers dans ce pays frère, rapporte Algérie éco. La cérémonie d’accueil de ces camions citernes […]

Moscou s’invite dans le Gazoduc transsaharien via l’Algérie

02. November 2026 um 11:59

L’Algérie envisage d’associer des entreprises russes à la construction du gazoduc transsaharien, un projet énergétique stratégique destiné à relier les ressources gazières du Nigeria aux marchés européens via le Niger et l’Algérie.

L’information a été annoncée par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’issue d’entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov, tenus à Moscou le 27 octobre. Selon le chef de la diplomatie algérienne, les négociations progressent et le contrat est en cours de finalisation. Les noms des entreprises russes concernées n’ont toutefois pas été communiqués.

Le groupe russe TMK, spécialisé dans la fabrication de tubes en acier et de solutions destinées au transport des hydrocarbures, est évoqué comme un partenaire potentiel.

Un corridor énergétique de plus de 4 000 kilomètres

Le gazoduc transsaharien, également désigné par l’acronyme TSGP, doit s’étendre sur plus de 4 000 kilomètres. Il vise à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian par an vers l’Europe, en s’appuyant sur les infrastructures gazières algériennes et leurs connexions avec les marchés internationaux.

Les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés en juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Cette section doit relier la frontière nigérienne au centre national de dispatching de Hassi R’Mel, avant d’assurer la connexion au réseau national et aux infrastructures d’exportation existantes.

Le projet est développé conjointement par la compagnie algérienne Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et la société nigérienne Sonidep. Il constitue l’un des grands projets de coopération énergétique entre les trois pays.

Lire aussi – Alger-Abuja : le pari du gazoduc transsaharien

Un partenariat aux enjeux économiques et géopolitiques

L’éventuelle participation d’entreprises russes s’inscrit dans la volonté affichée par Alger de renforcer la dimension économique de ses relations avec Moscou. Pour l’Algérie, l’enjeu est de consolider son rôle de plateforme de transit et d’exportation du gaz africain vers la Méditerranée et l’Europe.

La concrétisation du projet reste néanmoins tributaire de la coordination entre les trois pays, de la finalisation des accords et de la réalisation des différentes sections de l’infrastructure. L’association de partenaires russes pourrait apporter une contribution industrielle au chantier, mais ses modalités précises restent à définir.

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Le Maroc figure parmi les destinations minières les plus attractives d’Afrique 

02. November 2026 um 10:58
Le Maroc figure parmi les trois juridictions minières africaines jugées les plus attractives par Appian Capital Advisory, aux côtés de la Namibie et du Botswana. Le fonds britannique prévoit de mobiliser entre 5 et 7 milliards de dollars à l’échelle mondiale au cours des 12 à 24 prochains mois, dont environ 2 milliards en Afrique, […]

KPMG-Afrique : les dirigeants confiants, l’IA et la résilience dictent les investissements

02. November 2026 um 09:50

La troisième édition de l’étude KPMG Africa CEO Outlook analyse les 4 grands axes qui orientent les décisions des dirigeants d’entreprise sur le continent : perspectives économiques, technologie & intelligence artificielle (IA), talents et développement durable.

Fondée sur les réponses de 176 dirigeants des plus grandes entreprises du continent, l’étude s’inscrit dans la 12ème édition du KPMG CEO Outlook, menée auprès de 1400 dirigeants dans le monde entier entre le 11 aout et le 21 septembre 2026. Ses résultats décrivent un environnement économique où les ambitions restent fortes, mais où la capacité d’exécution devient déterminante. Pour ces dirigeants, la résilience des opérations, des données et des chaines d’approvisionnement n’est plus seulement un risque à gérer : elle devient une composante à part entière de leur stratégie de croissance.

L’ambition en matière d’IA dépasse encore la maturité des organisations, la transformation des talents s’impose comme un impératif de croissance et le développement durable doit désormais se traduire en création de valeur mesurable.

L’optimisme des dirigeants africains reste solide : 79 % se disent confiants dans les perspectives de croissance de leur entreprise et 72 % dans celles de leur économie nationale, tandis que 86 % ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires lors de leur dernier exercice. Les arbitrages deviennent toutefois plus complexes. La cybersécurité et la sécurité des données figurent parmi les principales menaces pour la croissance (31 %). Si 72 % des dirigeants font de l’IA une priorité d’investissement, seuls 14 % estiment que leur organisation suit le rythme de ses évolutions, voire le devance. Enfin, 84 % prévoient une hausse de leurs effectifs au cours des trois prochaines années, et expriment le besoin de renforcer leurs compétences.

Le KPMG Africa CEO Outlook 2026 souligne que, si la confiance reste un moteur essentiel, elle ne suffit pas à garantir la performance future. La prochaine phase de croissance reposera sur la capacité des entreprises africaines à transformer leurs investissements en résultats tangibles, à naviguer dans un environnement incertain et à renforcer les capacités indispensables pour rester compétitives dans une économie mondiale toujours plus interconnectée et façonnée par les technologies.

D’après communiqué

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Pétrole et gaz : La Banque africaine de l’énergie s’attaque au mur du financement

02. November 2026 um 09:24

Face au désengagement progressif des banques internationales des hydrocarbures, l’Afrique se dote enfin de son propre levier de financement souverain. Avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars, la Banque africaine de l’énergie (AEB) ambitionne de révolutionner la chaîne de valeur énergétique du continent.

L’Afrique disposait des gisements, des marchés et des compétences techniques, mais il lui manquait un instrument financier souverain de premier plan, rappelle une publication de nos confrères du site web Sikafinance. C’est désormais chose faite. En effet, réunis à Abuja au Nigeria, les 18 États membres de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO) et Afreximbank ont officiellement porté sur les fonts baptismaux la Banque africaine de l’énergie (Africa Energy Bank – AEB), fruit de quatre années de préparation minutieuse.

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a été plébiscité à la tête de l’Assemblée générale de la nouvelle institution pour un mandat d’un an, consacrant ainsi le rôle moteur de la Côte d’Ivoire dans la concrétisation de ce projet stratégique initié en 2022. La direction exécutive a quant à elle été confiée à l’Égyptien Helmy Ghazi, ancien cadre dirigeant de HSBC Égypte, retenu pour son expertise avérée des marchés financiers internationaux, écrit la même source.

Répondre à la crise du financement international

La genèse de cette institution trouve ses racines dans un constat alarmant : la contraction drastique des financements internationaux accordés aux projets d’hydrocarbures, sur fond d’accélération des politiques mondiales de décarbonation. Alors que les besoins d’investissement du continent dans le secteur s’élèvent à près de 200 milliards de dollars, les banques de développement et les institutions occidentales ferment progressivement le robinet du crédit.

Une équation intenable pour une région où près de 600 millions de personnes vivent encore sans accès à l’électricité, ajoute notre source, et où les énergies fossiles demeurent indispensables pour alimenter les industries, les transports et les réseaux électriques nationaux. Pour les dirigeants africains, la transition énergétique ne saurait signifier une asphyxie économique immédiate.

Briser la dépendance aux importations de carburants

Au-delà du simple soutien à l’amont (exploration et production), le mandat de la Banque africaine de l’énergie s’attaquera à une anomalie structurelle majeure du continent. Actuellement, l’Afrique exporte près de 75 % de sa production brute de pétrole, tout en important environ 70 % des produits raffinés qu’elle consomme.

Cette aberration logistique et commerciale expose lourdement les économies africaines à la volatilité des cours mondiaux, aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à la lourde facture des subventions publiques aux carburants. L’AEB interviendra ainsi sur l’ensemble de la chaîne – du raffinage au stockage, en passant par le transport et la distribution – pour conserver la valeur ajoutée sur le sol africain et stimuler le commerce intra-africain.

Lancement opérationnel en janvier 2027

Si la banque est dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, une première tranche de 1,25 milliard de dollars est en cours de mobilisation, dont plus de 500 millions de dollars d’ores et déjà disponibles pour amorcer les opérations. Le top départ effectif des activités est fixé au 4 janvier 2027.

Avant cette échéance, l’institution sera présentée aux acteurs économiques et institutionnels lors du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE), qui se tiendra à Abidjan. La mission fixée à la nouvelle équipe dirigeante est claire : maximiser la valorisation des richesses pétrolières et gazières locales pour porter l’énergie, enfin, jusqu’au « dernier kilomètre » du continent.

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Ce que la Tunisie peut attendre du développement de ses relations avec la Russie

01. November 2026 um 09:25

La participation de la cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zenzeri, au troisième sommet Russie–Afrique, organisé à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, a été purement protocolaire : il fallait y être ou ne fallait-il pas s’absenter d’un sommet où la puissance invitante ne manquera pas de compter les absents. Une autre visite à Moscou s’impose, donc, que ce soit au niveau du président de la république ou de la cheffe du gouvernement, pour ouvrir une nouvelle séquence dans les relations entre nos deux pays. L’enjeu serait alors de déterminer ce que la Tunisie, qui est historiquement adossée au bloc occidental (Etats-Unis et Union européenne), peut concrètement attendre d’un développement de ses relations avec la Russie et, surtout, comment transformer les possibilités de coopération existantes en résultats tangibles et bénéfiques pour les deux pays.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le commerce, l’investissement, l’énergie, les infrastructures, la santé et les technologies figurent parmi les domaines de coopération porteurs. Ces secteurs correspondent à plusieurs priorités de l’économie tunisienne : sécuriser les approvisionnements, diversifier les marchés, attirer des investissements productifs, renforcer les capacités nationales et créer des emplois durables.

La diversification des partenariats internationaux constitue un levier important pour une économie confrontée à des contraintes de financement, à des besoins d’investissement considérables et à la nécessité de renforcer sa compétitivité.

La Russie représente un partenaire potentiel dans plusieurs domaines, notamment les échanges agricoles et commerciaux, l’énergie et la coopération scientifique. La question n’est toutefois pas de multiplier les domaines de coopération, mais de sélectionner ceux qui répondent aux besoins prioritaires de la Tunisie et présentent des perspectives économiques suffisamment solides.

Une démarche efficace devrait commencer par l’identification des besoins nationaux, puis déterminer les partenaires susceptibles d’y répondre dans des conditions avantageuses. Elle devrait ensuite évaluer les coûts, les risques, les financements nécessaires et les effets attendus sur la production, l’emploi et la balance commerciale.

Cette logique impose de dépasser une diplomatie économique centrée sur les rencontres et les annonces, souvent sans lendemain. Elle appelle une démarche dans laquelle chaque initiative est reliée à un objectif précis, à un responsable clairement identifié et à un calendrier de mise en œuvre.

La coopération internationale ne prend tout son sens que lorsqu’elle renforce les capacités du pays à produire, à exporter, à innover et à décider.

Privilégier les capacités durables

L’énergie et les approvisionnements agricoles constituent deux domaines sensibles pour l’économie tunisienne. La continuité des approvisionnements est indispensable, mais elle ne saurait se substituer à une stratégie de réduction des vulnérabilités et de maîtrise des coûts.

Dans le domaine énergétique, la coopération pourrait être examinée sous plusieurs angles : expertise technique, modernisation des infrastructures, formation, solutions technologiques et études de faisabilité pour des projets répondant aux besoins du pays.

Toute proposition devrait être évaluée selon son coût global, ses conditions de financement, ses délais de réalisation, ses exigences de maintenance et sa contribution à la sécurité énergétique. Les considérations de souveraineté, de sécurité des infrastructures et de maîtrise des technologies doivent également être intégrées à l’évaluation.

La même approche s’impose pour la sécurité alimentaire. Les échanges commerciaux peuvent contribuer à la continuité des approvisionnements, mais des coopérations complémentaires pourraient porter sur le stockage, la logistique, la transformation agroalimentaire, la recherche agronomique et le développement des compétences.

L’objectif doit être de dépasser une relation limitée à l’achat de produits pour explorer les possibilités de création de valeur en Tunisie.

La souveraineté économique ne signifie pas l’autarcie. Elle repose sur la capacité à diversifier ses partenaires, à négocier dans de bonnes conditions et à réduire les dépendances susceptibles de fragiliser les choix nationaux.

Pour une coopération juste et équilibrée

La Tunisie a également intérêt à examiner les possibilités d’accès au marché russe pour ses entreprises exportatrices.

L’huile d’olive, les dattes et certains produits agroalimentaires pourraient notamment faire l’objet d’une prospection commerciale structurée. Les possibilités réelles devront néanmoins être établies à partir d’une analyse de la demande, des normes applicables, des coûts logistiques, des circuits de distribution et des conditions de paiement.

Cette démarche suppose la mobilisation des organismes de promotion des exportations, des organisations professionnelles, des chambres de commerce et des entreprises concernées.

Le premier travail consiste à identifier les filières disposant d’un avantage compétitif, puis à sélectionner les marchés et les partenaires correspondant à leurs capacités. Le deuxième consiste à accompagner les entreprises dans les démarches commerciales, réglementaires et financières nécessaires à leur implantation.

La réussite ne se mesure pas au nombre de contacts établis, mais à la capacité de ces contacts à déboucher sur des contrats, des livraisons régulières et des recettes d’exportation supplémentaires.

Un partenariat commercial équilibré doit ainsi être apprécié à travers sa contribution aux exportations tunisiennes, à la diversification des débouchés et à la création de valeur locale.

Les banques publiques au cœur de la chaîne d’exécution

La concrétisation des opportunités internationales dépend largement de la capacité des entreprises à mobiliser des financements adaptés. C’est ici que les banques publiques tunisiennes peuvent apporter une contribution stratégique.

Leur rôle ne devrait pas se limiter au financement classique des opérations commerciales. Elles peuvent participer à l’identification des besoins des entreprises, à l’évaluation des risques liés aux transactions internationales et à la structuration des financements nécessaires aux projets d’investissement et d’exportation.

Une entreprise peut disposer d’un produit compétitif et d’un acheteur potentiel sans pouvoir concrétiser l’opération faute de trésorerie, de garanties ou de solutions de paiement adaptées. Le financement constitue alors un maillon déterminant entre l’opportunité commerciale et sa réalisation.

Les banques publiques pourraient, en coordination avec les organismes de promotion des exportations et les structures d’appui aux entreprises, contribuer à identifier les projets viables, à évaluer leurs besoins et à anticiper les contraintes liées aux délais d’encaissement, au risque de contrepartie et aux fluctuations monétaires.

Cette intervention doit naturellement respecter les exigences de prudence bancaire, de conformité réglementaire et de maîtrise des risques internationaux.

Le rôle des banques publiques est donc à envisager dans une perspective plus large : contribuer à transformer les priorités économiques nationales en projets finançables, puis en activités productives et en recettes d’exportation.

Le financement ne remplace ni la stratégie ni la préparation des projets. Il permet leur concrétisation lorsque ces conditions sont réunies.

De la rencontre diplomatique à une méthode de suivi

La participation au sommet de Moscou devrait être prolongée par un dispositif de suivi permettant de distinguer les intentions, les engagements et les réalisations.

Une première étape consisterait à recenser les pistes de coopération identifiées et à les classer selon leur intérêt pour l’économie tunisienne, leur faisabilité et leur degré de maturité.

Pour chaque projet retenu, il faudrait ensuite désigner une structure responsable, préciser les partenaires concernés, identifier les sources de financement possibles et fixer des échéances de réalisation.

Cette méthode permettrait de suivre les différentes étapes : études préliminaires, négociations, accords, financement, lancement des opérations et résultats économiques.

Les indicateurs devraient être adaptés à la nature de chaque projet : investissements effectivement réalisés, financements mobilisés, contrats commerciaux conclus, exportations supplémentaires, emplois créés ou compétences transférées.

La distinction est essentielle. Un accord de principe n’est pas un investissement réalisé. Une ligne de financement annoncée n’est pas un crédit effectivement mobilisé. Un projet inscrit dans un programme de coopération ne devient une capacité économique que lorsqu’il est opérationnel.

Le suivi des résultats permettrait ainsi aux autorités de mesurer la contribution réelle des partenariats internationaux aux priorités nationales et de corriger les dispositifs qui ne produisent pas les effets attendus.

La souveraineté se construit par la capacité d’exécution

La Tunisie a intérêt à développer ses relations avec la Russie comme avec les autres partenaires susceptibles de contribuer à son développement. Cette ouverture doit cependant rester guidée par une appréciation rigoureuse des intérêts nationaux, des conditions financières, des risques et des retombées économiques attendues.

La diversification des partenariats ne doit pas conduire à substituer une dépendance à une autre. Elle doit élargir les choix disponibles, améliorer la capacité de négociation du pays et renforcer ses possibilités de production et d’exportation.

Le sommet Russie-Afrique constitue une occasion d’examiner de nouvelles perspectives de coopération. Sa portée pour la Tunisie dépendra de la qualité des projets envisagés et de la capacité des institutions, des entreprises et des banques à les transformer en réalisations.

La véritable question n’est donc pas seulement de savoir quelles opportunités seront évoquées à Moscou, mais qui sera chargé de les concrétiser, avec quels moyens, selon quel calendrier et pour quels résultats.

C’est à cette condition que la diplomatie économique pourra devenir un instrument de développement et que la coopération internationale contribuera effectivement à la souveraineté économique tunisienne.

* Cadre de banque publique.

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Ces «soldats» Tunisiens morts sur le front russo-ukrainien

31. Oktober 2026 um 10:45

Le 29 octobre 2026, la chaîne France 24 a diffusé une émission consacrée aux familles tunisiennes restées sans nouvelles de leurs enfants enrôlés dans l’armée russe pour aller combattre sur le front avec l’Ukraine. Ils seraient entre 1400 et 3 000 africains dans cette situation, venant du Kenya, d’Afrique du Sud, du Ghana, du Cameroun ou de la Tunisie, et dont les familles commencent à faire entendre leurs voix.

Latif Belhedi  

L’émission de France 24 montre des familles venues des différentes régions de Tunisie qui se sont rassemblées devant le ministère des Affaires étrangères (MAE) pour demander des nouvelles de leurs enfants disparues en Russie après avoir été enrôlés pour faire la guerre en Ukraine. «Mon fils travaillait en Russie et il s’est marié avec une Russe. Après quatre ans de travail, il s’est fait enrôler dans l’armée là-bas. Au bout d’un mois, il était sur le front à la frontière ukrainienne», rapporte le père de l’un de ces «soldats», Hamadi Ben Kheher, père de Zied Ben Khedher, dont la famille a reçu un certificat de décès sept mois après son déploiement mais n’arrive pas à avoir d’autres informations de la part du MAE ni de l’ambassade de Russie en Tunisie. «Je n’arrive pas à faire des allers-retours mais on ne me dit rien. Je veux savoir dans quelles circonstances il est mort et surtout, s’il est mort, qu’on me ramène son corps», raconte Hamadi, le père éploré.

Dans la maison familiale, à une soixantaine de kilomètres de Tunis, Hamadi communique toujours avec la femme de son fils restée en Russie. Selon elle, il aurait été enrôlé après qu’on lui ait promis la nationalité russe. Selon un rapport de l’ONG Amnesty International, ces méthodes de recrutement dans l’armée russe sont coercitives et visent surtout des personnes étrangères en situation irrégulière. «Nous, tout ce qu’on a, ce sont ses dernières photos et son matricule qu’il nous a envoyées. Après la communication a coupé. Le pire pour nous c’est de n’avoir aucune information, de ne pas savoir ce qui leur est arrivé là-bas», raconte encore le père.

Mounia Dhaouadi, mère d’Aymen Dhaouadi.
Hamadi Ben Khedher, père de Zied Ben Khedher.

France 24 rapporte le cas, encore plus complexe, d’une autre famille, dont le fils, Aymen Dhaouadi, était parti étudier en 2021 et travaillait parallèlement pour envoyer l’argent à sa famille. Il a été arrêté en 2022 dans une vague affaire de trafic de stupéfiants liée à la société de livraison dans laquelle il travaillait. «Ils l’ont mis en prison pendant 19 mois. On a payé un avocat. On a tout fait. L’avocat nous a dit que son dossier était vide et qu’il n’a rien fait. Et puis, du jour au lendemain, on a appris qu’il est enrôlé dans l’armée», raconte sa mère, Mounia Dhaouadi, en pleurs.

Pendant son incarcération, les autorités russes ont fait pression sur Aymen Dridi pour qu’il accepte de rejoindre l’armée. Cette méthode de recrutement des détenus a été institutionnalisée par le ministère de la défense russe depuis 2024. En mai 2025, le jeune Tunisien informe sa famille qu’il a enfin conclu un contrat avec les autorités militaires en échange de la suspension de sa détention. Quelques mois plus tard, il est déployé sur le front. Dans la dernière note vocale qu’il a envoyée à sa mère, il lui disait : «Maman, ça y est, on part. Il n’y a pas de réseau. Dès que j’arrive là-bas, je vous appelle et je vous en dirais plus. S’il te plaît, maman, ne pleure pas. Moi, je ne pleure pas parce que je suis dans l’armée. Je pleure parce que je suis fatigué, surtout à cause de la prison. Espérons que tout ira bien. Ne vous inquiétez pas !».

Aujourd’hui, la famille de Aymen ne sait pas où se trouve son fils, ni s’il est vivant ou mort.

A l’occasion du 3e sommet Russie-Afrique, l’ONG Amnesty International a demandé de nouveau dans une lettre ouverte du 27 octobre la fin de recrutement de soldats africains dans l’armée russe et appelé les dirigeants africains à ne pas rester silencieux sur ce drame. On ne sait pas si l’un d’eux l’a évoqué avec Vladimir Poutine. Mais rien n’a filtré dans les médias sur ce sujet.

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Air Algérie reprend ses vols vers la Guinée après 45 ans d’absence

31. Oktober 2026 um 09:03

Air Algérie a repris sa liaison avec Conakry le 25 octobre 2026, après 45 ans d’interruption. La compagnie assurera 3 vols par semaine entre Alger et la capitale guinéenne.

Cette reprise doit faciliter les déplacements entre les deux pays et soutenir les échanges commerciaux. Les autorités guinéennes souhaitent notamment renforcer les connexions aériennes avec l’Algérie pour accompagner les projets économiques inscrits dans le programme Simandou 2040. Une augmentation de la fréquence à cinq ou six vols hebdomadaires est également envisagée.

Cette liaison fait partie d’un programme d’ouverture de 5 nouvelles destinations annoncé par Air Algérie le 24 octobre. La compagnie prévoit également des vols vers Brazzaville, Lagos et Shanghai à partir du 26 octobre, puis vers Tripoli le 28 octobre 2026.

Destination

Date de lancement

Conakry (Guinée)

25 octobre 2026

Brazzaville (Congo)

26 octobre 2026

Lagos (Nigeria)

26 octobre 2026

Shanghai (Chine)

26 octobre 2026

Tripoli (Libye)

28 octobre 2026

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Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée

31. Oktober 2026 um 07:30

Deux jours durant, Vladimir Poutine s’est adressé à l’Afrique. C’est pourtant l’Europe qui était censée entendre. L’Afrique est-elle en train de basculer du côté russe ? On ne peut pas l’affirmer. Le sommet de Moscou en dit davantage sur l’évolution de la stratégie du Kremlin que sur un éventuel changement de camp du continent. Les gouvernements africains ont appris depuis longtemps à traiter avec tout le monde à la fois : ils empruntent à la Chine, cherchent des débouchés en Europe, achètent des drones à la Turquie, lèvent des fonds dans le Golfe, et obtiennent céréales et protection de la Russie.

Amadou Diarra *

Le troisième sommet Russie-Afrique s’est achevé le 29 octobre 2026 exactement comme le Kremlin l’avait mis en scène : une déclaration, un plan d’action jusqu’en 2029, une photo de famille sous les lustres du Grand Palais du Kremlin. La télévision russe y a vu le triomphe de la «majorité mondiale». Les agences occidentales ont surtout retenu une participation en demi-teinte. Les deux lectures sont justes, mais aucune ne répond à la vraie question : pourquoi Moscou se donne-t-elle tant de mal, alors que la guerre qu’elle mène se joue ailleurs ?

La réponse, me semble-t-il, tient en une seule ligne de la déclaration finale.

L’essentiel de la déclaration de Moscou reprend le vocabulaire déjà entendu à Sotchi et à Saint-Pétersbourg : multipolarité, réforme du Conseil de sécurité de l’Onu, «ordre mondial juste». Mais au milieu de ces formules convenues figure un paragraphe condamnant la «saisie illégale d’avoirs souverains». Il n’apporte rien aux États africains : personne n’a gelé leurs réserves. Celles de la Russie, en revanche, le sont, et pour l’essentiel en Europe. Le Kremlin peut désormais brandir ce texte dans son bras de fer avec l’Union européenne (UE) et affirmer que des dizaines de pays du continent sont derrière lui.

C’est là, à mon sens, toute la logique de l’exercice. Moscou recevait l’Afrique, mais c’est à Bruxelles qu’elle adressait la facture.

La monnaie de la Russie

L’argent ne joue ici qu’un rôle secondaire. Les échanges entre la Russie et l’Afrique ont atteint environ 27 milliards de dollars l’an dernier, contre 348 milliards pour la Chine et 395 milliards pour l’UE. En 2019,  Poutine promettait 40 milliards ; l’objectif n’a jamais été atteint, alors il en a simplement annoncé un nouveau : 50. Ce commerce est en outre presque entièrement à sens unique. Sur ces 27 milliards, l’Afrique a acheté pour 22,7 milliards de produits russes et n’en a vendu à la Russie que pour 4,4 milliards. Pour un agriculteur ou un industriel du textile africain, un tel partenaire n’a pas grand-chose à offrir.

Moscou paie donc dans une autre monnaie : des armes, des instructeurs, de la protection. Elle a déjà signé des accords de coopération militaro-technique avec 45 pays africains. En marge du sommet, l’Éthiopie s’est entendue sur l’achat d’avions de chasse russes. Même le nouveau «dialogue permanent» avec l’Afrique porte sur l’antiterrorisme et la «sécurité de l’information», pas sur le commerce.

Le problème de ce produit, c’est qu’il protège les dirigeants mieux que les pays. Le Sahel, où l’Africa Corps russe soutient trois juntes militaires, compte aujourd’hui parmi les régions les plus meurtrières du continent. Selon Chatham House, la violence extrémiste y faisait en moyenne 927 morts par an entre 2016 et 2019 ; entre 2022 et 2025, plus de dix mille. En avril, des séparatistes touaregs alliés à des groupes liés à Al-Qaïda ont tué le ministre malien de la Défense et chassé les mercenaires russes de Kidal. La ville a été reprise en octobre. L’idée que Moscou garantit la stabilité sera plus difficile à reconquérir.

Ceux qui sont venus, et les autres

Le plus révélateur, à ce sommet, ce sont les absences. Cet été, Sergueï Lavrov s’est rendu en personne à Niamey pour transmettre l’invitation de Poutine aux présidents du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Assimi Goïta a fait le déplacement, ce qui se comprend : sans les militaires russes, son régime aurait eu bien du mal à tenir cette année. Le capitaine Ibrahim Traoré, en revanche, dont le portrait circule sur les réseaux sociaux pro-russes de Dakar à Nairobi, est resté chez lui et s’est fait représenter par son Premier ministre. Rescapé d’au moins cinq tentatives de coup d’État, il avait ses raisons de ne pas quitter Ouagadougou. Reste qu’au Kremlin, on n’a sans doute guère apprécié que l’admirateur le plus célèbre de la Russie en Afrique fasse l’impasse sur son grand rendez-vous africain.

Au total, 21 chefs d’État ont fait le voyage, alors que le Kremlin en avait d’abord annoncé 22. Ils étaient 17 à Saint-Pétersbourg en 2023 et 43 à Sotchi en 2019. Pour un pays sous sanctions, le résultat est honorable. Pour un pays qui se présente comme l’alternative à l’Occident, il est maigre.

La vraie carte : la Libye

Pour savoir où la présence russe en Afrique touche réellement l’Europe, il ne faut regarder ni vers Moscou ni même vers le Sahel, mais vers la Libye. Après la chute d’Assad, la Russie a perdu ses arrières confortables en Syrie et a déplacé son centre de gravité vers l’est libyen, sous l’aile du maréchal Khalifa Haftar. D’après Tearline, un projet de l’Agence nationale de renseignement géospatial américaine, les Russes construisent, financent et font fonctionner des infrastructures sur six bases aériennes libyennes, dont Al-Joufra, Al-Khadim et Brak al-Chati. De là, les avions repartent vers le sud : Mali, Burkina Faso, Centrafrique. Toute la «sécurité sahélienne» que vend Moscou repose, en pratique, sur des pistes libyennes.

En août, le fils du maréchal, Saddam Haftar, était reçu au Kremlin par Vladimir Poutine et le ministre de la Défense, Andreï Belooussov. La suite, le journaliste Sissoko l’a esquissée il y a quelques jours à l’agence italienne Nova : selon lui, Moscou veut couvrir Tobrouk et les bases de Haftar d’un bouclier anti-drones, car elle a besoin de Tobrouk et du ciel au-dessus du flanc sud de l’Otan. Il prend soin de préciser qu’aucun contrat public n’existe et que Rosoboronexport ne divulgue pas ses clients. Mais si ce bouclier voit le jour, l’est libyen dépendra pour des années des techniciens russes. Et la Libye elle-même, prévient Sissoko, risque de passer du statut de pays protégé à celui de cible.

Personne n’a encore vu de missiles pointés de là vers l’Europe, et il ne faut rien exagérer. Il n’empêche : une base russe fortifiée et protégée des drones sur la rive sud de la Méditerranée offre au Kremlin des options dont il se servira au moment de son choix.

Il existe un autre levier, plus discret et peut-être plus dangereux. C’est de Libye que part la route de la Méditerranée centrale vers l’Italie et Malte. Le commissaire européen aux migrations, Magnus Brunner, a ouvertement averti que la Russie pourrait utiliser les migrants comme une arme contre l’Europe. On a déjà vu comment cela fonctionne à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Au sud, le littoral est bien plus long, et l’influence de l’Europe bien plus faible.

Ni panique, ni complaisance

L’Afrique est-elle donc en train de basculer du côté russe ? Je ne le crois pas. Le sommet de Moscou en dit davantage sur l’évolution de la stratégie du Kremlin que sur un éventuel changement de camp du continent. Les gouvernements africains ont appris depuis longtemps à traiter avec tout le monde à la fois : ils empruntent à la Chine, cherchent des débouchés en Europe, achètent des drones à la Turquie, lèvent des fonds dans le Golfe, et obtiennent céréales et protection de la Russie. Le voyage à Moscou n’est qu’une étape parmi d’autres dans cet agenda.

Pour l’Europe, la consolation est mince. Le Kremlin n’a nul besoin de rallier tout le continent. Quelques points d’appui lui suffisent : des voix à l’Onu contre la saisie de ses avoirs, quelques juntes au Sahel, quelques aérodromes et un port en Libye. Cela suffit pour peser à la fois sur le flanc sud de l’Otan et sur la politique migratoire européenne.

Faute de pouvoir rivaliser avec l’Europe en Afrique comme partenaire commercial, la Russie mise sur une monnaie moins coûteuse : la peur. L’Europe peut répondre avec ce qui manque à Moscou, à savoir l’investissement, le commerce et un engagement sérieux en faveur de la réunification de la Libye. Si elle remet encore cela à plus tard, la Méditerranée méridionale pourrait bien devenir un nouveau front, et Bruxelles s’en apercevra trop tard.

* Eudiant-chercheur marocain installé à Rabat. 

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La Tunisie plaide pour des investissements concrets dans le partenariat Afrique-Russie

30. Oktober 2026 um 09:30

La Tunisie appelle à passer des engagements aux réalisations dans le cadre du partenariat Afrique-Russie. Lors de la réunion ministérielle entre le ministre russe des Affaires étrangères et ses homologues africains, tenue mercredi 28 octobre à Moscou, le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a plaidé pour la concrétisation de projets d’investissement dans plusieurs secteurs stratégiques.

En marge du troisième sommet Afrique-Russie, organisé les 28 et 29 octobre dans la capitale russe, le chef de la diplomatie tunisienne a exprimé le soutien de la Tunisie au plan d’action Afrique-Russie pour la période 2027-2029. Il a notamment appelé à identifier les mécanismes de financement et de suivi nécessaires à la réalisation de projets concrets dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, du transport, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de l’agriculture, des technologies de la communication et de la santé.

Mohamed Ali Nafti a également réaffirmé l’ouverture de la Tunisie aux différents partenariats avec les pays africains et son soutien aux initiatives visant à établir de nouveaux cadres de coopération fondés sur le respect mutuel et le dialogue constructif. Il a souligné que ces partenariats doivent répondre aux priorités des États africains, conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine, tout en tenant compte de leurs spécificités et de leurs choix nationaux.

Le ministre a, par ailleurs, insisté sur l’importance du multilatéralisme et de la solidarité internationale pour faire face aux crises et aux défis mondiaux. Il a renouvelé l’attachement de la Tunisie au rôle central de l’Organisation des Nations unies. Tout en appelant à sa réforme et à une révision globale du système international de paix, de sécurité et de développement.

En marge de cette rencontre, Mohamed Ali Nafti a également rappelé la profondeur des relations historiques entre la Tunisie et la Russie, qui célèbrent cette année le 70e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. Il a salué le niveau de coopération bilatérale et souligné la volonté de Tunis de le renforcer, notamment à l’occasion de la prochaine réunion de la commission mixte tuniso-russe.

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Mohamed Ali Nafti à Moscou : La Tunisie veut passer des partenariats aux réalisations

30. Oktober 2026 um 09:09

La Tunisie a exprimé son soutien au Plan d’action Afrique-Russie pour la période 2027-2029, à l’occasion de la réunion ministérielle organisée le 28 octobre 2026 à Moscou, en marge du troisième Sommet Afrique-Russie. Représentant la diplomatie tunisienne, Mohamed Ali Nafti a plaidé pour une coopération débouchant sur des projets concrets, notamment dans les infrastructures, l’énergie, les transports, l’agriculture et la santé.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger a participé à cette réunion aux côtés de son homologue russe, Sergueï Lavrov, et des ministres africains des Affaires étrangères. Il faisait partie de la délégation tunisienne conduite par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, présente à Moscou les 28 et 29 octobre.

Des secteurs prioritaires pour la coopération

Dans son intervention, Mohamed Ali Nafti a réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer ses relations avec la Russie, alors que les deux pays célèbrent le 70e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, en 1956.

Il a notamment souligné l’importance de la prochaine session de la Commission mixte tuniso-russe pour consolider la coopération bilatérale.

À l’échelle continentale, le chef de la diplomatie tunisienne a insisté sur la nécessité de bâtir des partenariats fondés sur le respect mutuel, le dialogue et la prise en compte des priorités des pays africains, conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le soutien tunisien au Plan d’action Afrique-Russie 2027-2029 s’accompagne d’un appel à concrétiser des projets dans plusieurs domaines stratégiques : les infrastructures, l’énergie, les transports, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, l’agriculture, les technologies de la communication et la santé.

La question du financement au centre des enjeux

Au-delà de l’identification des secteurs prioritaires, Mohamed Ali Nafti a insisté sur la nécessité de mettre en place les mécanismes nécessaires au financement des projets et au suivi de leur réalisation.

Cette question constitue l’un des principaux enjeux de la coopération annoncée. Si les domaines d’intervention sont clairement identifiés, le communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères ne fait état ni de financements précis ni de projets déjà conclus dans le cadre du nouveau plan d’action.

La Tunisie entend ainsi défendre une approche privilégiant les réalisations concrètes et une meilleure valorisation des ressources humaines, économiques et intellectuelles du continent africain.

En marge de la réunion ministérielle, Mohamed Ali Nafti a également rencontré plusieurs de ses homologues africains. Ces entretiens ont porté sur les programmes de coopération bilatérale et multilatérale en cours ainsi que sur les moyens de les développer.

Le troisième Sommet Afrique-Russie s’inscrit dans cette volonté de renforcer les relations entre Moscou et les pays africains. Pour la Tunisie, l’enjeu sera désormais de traduire les orientations affichées à Moscou en partenariats effectifs et en projets susceptibles de produire des retombées économiques concrètes.

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Tunisiens en Russie : Plus de 2000 étudiants et une diaspora à mobiliser

30. Oktober 2026 um 08:58

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a rencontré jeudi 29 octobre 2026 des membres de la communauté tunisienne en Russie, à l’ambassade de Tunisie à Moscou. Les échanges ont porté sur les préoccupations des Tunisiens établis dans le pays et sur leur contribution au développement économique national. La Russie accueille notamment plus de 2000 étudiants tunisiens.

La rencontre s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, ainsi que du chargé d’affaires par intérim de l’ambassade, Mohamed Mahrez Othman.

Les compétences tunisiennes au cœur des échanges

Selon le communiqué de la présidence du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri a souligné l’attention accordée par le président de la République, Kaïs Saïed, aux Tunisiens résidant à l’étranger. Elle a également mis en avant les compétences et l’expérience de la diaspora, ainsi que sa capacité à s’intégrer dans les sociétés d’accueil tout en préservant son identité nationale.

La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de mobiliser les compétences tunisiennes établies à l’étranger pour soutenir le développement du pays. L’État entend favoriser leur participation aux projets nationaux et les encourager à investir et à entreprendre en Tunisie, notamment pour stimuler l’activité économique et créer des emplois.

Au cours de la rencontre, elle a également écouté les préoccupations et les propositions des participants, assurant que celles-ci feraient l’objet d’un suivi.

Plus de 2000 étudiants tunisiens en Russie

La présence tunisienne en Russie est notamment marquée par les échanges universitaires. Plus de 2000 étudiants tunisiens y poursuivent leurs études, selon le Centre culturel russe en Tunisie. Ce chiffre concerne les étudiants et ne constitue pas une estimation de l’ensemble de la communauté tunisienne résidant dans le pays.

La coopération universitaire entre les deux pays s’accompagne également d’un dispositif de bourses. Pour l’année universitaire 2026-2027, le quota de bourses d’études russes attribuées à la Tunisie est passé de 80 à 110.

Ces échanges illustrent l’une des dimensions des relations tuniso-russes, au-delà des liens diplomatiques et économiques. Ils soulignent aussi les enjeux pratiques auxquels sont confrontés les Tunisiens qui étudient ou résident en Russie, notamment les démarches administratives et les questions liées au séjour.

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Sarra Zaâfrani Zenzri à Moscou : la paix et la sécurité, conditions essentielles du développement en Afrique

30. Oktober 2026 um 08:44

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a prononcé, le jeudi 29 octobre 2026, le discours de la Tunisie lors de l’ouverture du 3e Sommet Russie-Afrique, organisé au Kremlin, sous la présidence de Vladimir Poutine. 

Dans son intervention, la cheffe du gouvernement a souligné que les relations entre la Tunisie et la Russie reposent sur des liens historiques, culturels et humains profonds entre les deux peuples. Elle a évoqué notamment la commémoration du centenaire du hissage du drapeau de la flotte maritime russe à Bizerte, en octobre 1924. Elle a rappelé le rôle important joué par l’Union soviétique dans l’appui au développement de la Tunisie, notamment à travers la formation d’ingénieurs tunisiens, la réalisation de projets scientifiques et de développement, ainsi que la coopération dans le secteur de la santé et d’autres domaines essentiels. Mme Zaâfrani a salué au passage le niveau des relations bilatérales et réaffirmé la volonté de la Tunisie de les renforcer sur la base de l’intérêt commun et du respect mutuel.

Abordant le contexte international, elle a estimé que le Sommet se tient dans une période marquée par des crises multiples, des tensions, des conflits armés, des perturbations économiques et énergétiques, des menaces sanitaires et les effets du changement climatique. Selon elle, ces défis ne sont plus confinés à un espace géographique déterminé, mais présentent des dimensions mondiales interconnectées qui exigent des réponses globales et une solidarité internationale effective.

Lire aussi: Tunisie – Russie : Sarra Zaafrani Zenzri au sommet de Moscou pour dynamiser le partenariat économique

Dans ce cadre, la cheffe du gouvernement a présenté la vision tunisienne du partenariat russo-africain, fondée sur la conviction que les défis du continent africain nécessitent davantage de solidarité, de concertation et de coordination entre les pays africains. Elle a appelé à faire évoluer les cadres de coopération vers des partenariats pratiques, durables et capables de répondre aux priorités de développement et de sécurité de l’Afrique.

Elle estime que l’instauration de la paix et de la sécurité constitue une condition fondamentale pour réaliser le développement sur le continent. De ce fait, la prévention des conflits reste plus efficace et moins coûteuse que la gestion de leurs conséquences, assure la cheffe du gouvernement. Et de plaider, par conséquent, pour le renforcement de la diplomatie préventive et le soutien aux mécanismes de l’Union africaine relatifs à l’alerte précoce, à la médiation et au règlement pacifique des différends, insistant aussi sur la nécessité de traiter les causes profondes des tensions, notamment la vulnérabilité économique et sociale, la marginalisation et l’exclusion.

Plaidoyer pour une sécurité alimentaire en Afrique

Concernant la sécurité alimentaire, la cheffe du gouvernement l’a présentée comme l’un des défis stratégiques majeurs de l’Afrique, en raison du changement climatique, de l’instabilité des marchés mondiaux, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la pression croissante sur les ressources naturelles. D’où son appel au renforcement de la coopération dans l’agriculture et les industries agroalimentaires, à l’encouragement de l’investissement dans la production agricole, à l’amélioration de la gestion de l’eau et au développement des technologies, du stockage, de la transformation et de la distribution.

Sur le plan sanitaire, Mme Zaâfrani soulignera l’importance de renforcer les capacités des systèmes de santé africains en matière de prévention et de réponse aux crises. Dans ce sens, elle appelle à une coopération régionale accrue face aux épidémies transfrontalières, notamment la récente épidémie d’Ebola, et plaide également pour le renforcement de la recherche scientifique, de la formation médicale, de la production locale de médicaments et de vaccins…

Le domaine de l’énergie n’est pas en reste. La cheffe du gouvernement estime nécessaire d’encourager les investissements conjoints dans les infrastructures énergétiques, d’échanger les expertises en matière de technologies et d’efficacité énergétique, de soutenir l’innovation et de faciliter le financement des projets. Elle a défendu un accès élargi à une énergie moderne, fiable et abordable, fondé sur la justice et l’équité, ainsi qu’une transition énergétique juste tenant compte des priorités africaines…

Dans cette optique, Sarra Zaâfrani Zenzri a salué le plan d’action du partenariat Afrique–Russie 2027–2029, couvrant notamment le commerce, l’investissement, la santé, l’énergie, les ressources naturelles, la technologie, l’économie numérique, l’éducation et la culture. Elle a appelé à l’élaboration de programmes opérationnels pour sa mise en œuvre, réaffirmant la disponibilité de la Tunisie à y contribuer activement.

Enfin, elle a réaffirmé l’attachement de la Tunisie au multilatéralisme et à la coopération internationale, dénonçant au passage la crise de confiance qui affecte le système international, l’application sélective du droit international et l’incapacité à mettre fin à ce qu’elle a qualifié d’ »injustice historique et de génocide contre le peuple palestinien ». En outre, elle appelle à une réforme profonde des Nations unies, à une représentation équitable de l’Afrique et des pays en développement, et au respect du principe des « solutions africaines aux problèmes africains »…

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TRIBUNE – Souveraineté numérique : des investissements technologiques à la valeur ajoutée nationale, à l’épreuve du PLF 2027 et du sommet Russie-Afrique

29. Oktober 2026 um 14:14

La fin du mois d’octobre 2026 place la Tunisie devant deux séquences qui, bien que différentes, interrogent une même ambition : transformer les priorités nationales en capacités économiques durables.

À Tunis, l’examen parlementaire du projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) ouvre une nouvelle étape dans la définition des arbitrages budgétaires de l’État. À Moscou, la participation de la cheffe du gouvernement au troisième Sommet Russie-Afrique inscrit la Tunisie dans une rencontre consacrée notamment à la souveraineté, aux infrastructures, à l’énergie, aux technologies, à l’innovation et au capital humain.
Ces deux rendez-vous ne produisent pas les mêmes décisions. Le premier engage le débat sur l’affectation des ressources publiques ; le second peut ouvrir des perspectives de coopération économique et technologique. Leur rapprochement soulève néanmoins une question commune : quelles capacités la Tunisie veut-elle construire, avec quelles ressources et pour quels résultats ?
Cette interrogation est particulièrement pertinente pour les infrastructures numériques. Fibre optique, réseaux 5G, capacités de calcul haute performance et centres de données ne constituent pas seulement des équipements techniques. Ils mobilisent des financements, de l’énergie, des compétences et des ressources d’exploitation. Leur intérêt doit donc être apprécié à partir de leur contribution au développement économique.

Le PLF 2027 : au-delà du volume des investissements

Le projet de budget de l’État pour 2027 s’inscrit dans un contexte de contraintes financières et de besoins importants en matière de développement. L’examen parlementaire ne peut se limiter à la discussion des montants et des mesures proposées. Il doit également permettre d’interroger la cohérence des priorités, leur faisabilité et les résultats attendus.
La même exigence devrait guider les investissements numériques. Le déploiement d’un réseau, la construction d’un centre de données ou l’acquisition d’une capacité de calcul ne constituent pas, en eux-mêmes, une performance économique. Ils représentent des moyens dont l’utilité dépend des services qu’ils rendent possibles et des activités qu’ils permettent de développer.
Une infrastructure peut être techniquement réussie tout en restant insuffisamment utilisée. Un équipement peut être opérationnel sans améliorer sensiblement la productivité des entreprises. Une plateforme peut être disponible sans réduire les délais administratifs, faciliter l’accès au financement ou améliorer les services rendus aux citoyens.
L’enjeu consiste donc à relier chaque investissement à un besoin clairement identifié, à une population ou à un secteur bénéficiaire, à des objectifs mesurables et à une responsabilité de mise en œuvre. Il ne s’agit pas de ralentir la modernisation, mais de garantir que les ressources engagées produisent des effets proportionnés à leur coût.

Le coût réel d’une infrastructure numérique

La souveraineté numérique est souvent abordée sous l’angle de la propriété des infrastructures ou de la localisation des données. Ces dimensions sont importantes, mais elles ne suffisent pas à établir l’autonomie réelle d’un pays.
Un centre de données installé sur le territoire national peut rester dépendant de technologies importées, de pièces de rechange disponibles à l’étranger, de compétences rares ou de contrats de maintenance dont les conditions limitent la marge de décision locale. La localisation physique ne garantit donc pas, à elle seule, la maîtrise opérationnelle.
L’évaluation économique doit intégrer l’ensemble du cycle de vie : investissement initial, consommation électrique, refroidissement, connectivité, maintenance, cybersécurité, renouvellement des équipements, formation et fin de vie. Elle doit aussi tenir compte des exigences de continuité de service et de la capacité à faire évoluer les installations.
La question énergétique mérite une attention particulière. Des infrastructures de calcul et de stockage performantes nécessitent une alimentation fiable et des dispositifs de refroidissement adaptés. Dans un pays confronté à des contraintes énergétiques, leur dimensionnement doit être cohérent avec les ressources disponibles et les priorités nationales.
Cela implique de comparer plusieurs scénarios : capacité propre ou mutualisée, construction immédiate ou montée en charge progressive, exploitation publique ou partenariat encadré, recours à des ressources nationales ou à des prestataires externes. Le bon choix n’est pas nécessairement celui qui maximise la capacité installée, mais celui qui répond durablement aux besoins au meilleur coût global.

Des capacités numériques au service de l’économie réelle

Le critère décisif reste l’usage. La fibre et la 5G peuvent soutenir l’industrie, l’agriculture, la logistique, le tourisme, la santé, l’éducation et les services financiers. Mais leur impact dépend de l’existence d’applications concrètes, de la couverture effective des territoires, de la qualité des services et de la capacité des entreprises à intégrer ces technologies dans leurs processus.
Un investissement numérique devrait ainsi être associé à des résultats observables : réduction des délais de traitement, amélioration de la qualité des services, diminution des coûts opérationnels, accès élargi aux marchés, création d’activités nouvelles ou augmentation de la productivité.
Le calcul haute performance, par exemple, ne devrait pas être envisagé uniquement comme un équipement prestigieux. Sa pertinence dépend des usages qu’il peut soutenir dans la recherche, l’ingénierie, la santé, l’agriculture, l’industrie ou les services publics. La question n’est pas seulement de disposer d’une capacité de calcul, mais de savoir qui pourra l’utiliser, à quelles conditions et pour produire quelle valeur.
Cette approche permettrait également de mieux articuler les investissements numériques avec les besoins des petites et moyennes entreprises, qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour accéder aux technologies avancées. Des infrastructures mutualisées, accompagnées de services accessibles et d’un soutien à l’adoption, peuvent parfois produire davantage d’effets qu’une capacité coûteuse réservée à un nombre limité d’utilisateurs.

Le capital humain : condition de la maîtrise technologique

Aucune infrastructure ne peut produire durablement ses effets sans les femmes et les hommes capables de la concevoir, de l’exploiter, de la sécuriser et de la faire évoluer. La disponibilité de compétences en réseaux, cybersécurité, cloud, systèmes énergétiques, données et intelligence artificielle devient ainsi une composante du coût réel des investissements. Former des spécialistes sans leur offrir de perspectives professionnelles adaptées, ou acquérir des équipements dont l’exploitation dépend durablement de prestataires extérieurs, réduit la portée de l’effort financier.
La politique d’investissement devrait donc intégrer dès le départ un volet consacré aux compétences : besoins prévisionnels, formation initiale et continue, coopération entre universités et entreprises, transfert de savoir-faire et parcours professionnels. La mobilisation des compétences tunisiennes établies à l’étranger peut compléter cet effort, à condition de créer des formes de coopération qui permettent de transmettre des connaissances et de développer des activités sur le territoire national. La rétention des talents ne relève pas uniquement de la politique de formation. Elle dépend aussi de la qualité des projets, de la capacité à confier des responsabilités, des perspectives d’évolution et de l’existence d’un environnement professionnel permettant de mettre les compétences en pratique.

Russie-Afrique : juger les partenariats à leurs résultats

Le troisième Sommet Russie-Afrique ouvre un espace de dialogue sur la coopération économique, les infrastructures, l’énergie, les technologies et l’éducation. Pour la Tunisie, l’intérêt de telles rencontres doit être apprécié à partir des possibilités concrètes qu’elles peuvent faire émerger. La diversification des partenaires peut élargir les options technologiques et économiques du pays. Mais aucune coopération ne devrait être évaluée sur la seule base de l’origine du fournisseur, de l’annonce d’un investissement ou du montant d’un accord.
Les critères pertinents sont plus exigeants : quelles compétences seront transférées ? Quelle part de la conception, de l’intégration et de la maintenance pourra être assurée localement ? Les conditions financières sont-elles soutenables sur la durée ? Les entreprises tunisiennes pourront-elles participer à la chaîne de valeur ? Les équipements seront-ils compatibles avec les architectures existantes et les exigences de sécurité ? Le partenariat renforcera-t-il la capacité de décision nationale ou créera-t-il de nouvelles dépendances ?
Ces questions valent pour tous les partenaires, sans distinction. La coopération internationale devient un levier de souveraineté lorsqu’elle augmente la capacité du pays à choisir, à exploiter, à maintenir et à faire évoluer ses propres infrastructures. Il convient toutefois de distinguer les perspectives ouvertes par un sommet des engagements effectivement conclus. Les retombées d’une rencontre diplomatique ne peuvent être appréciées qu’à partir de projets identifiés, de conditions contractuelles connues et de résultats vérifiables.

Une grille commune pour décider et rendre compte

Le PLF 2027 et les perspectives de coopération internationale invitent finalement à établir une méthode commune d’évaluation des investissements numériques. Cinq questions pourraient structurer cette démarche. Le besoin est-il précisément défini et soutenu par une demande réelle ? Le coût complet, y compris énergétique et humain, a-t-il été évalué sur la durée ? Les compétences et les capacités de maintenance seront-elles disponibles en Tunisie ? Les bénéfices attendus pour les entreprises, les services publics et les citoyens sont-ils mesurables ? Enfin, une instance clairement responsable pourra-t-elle rendre compte des résultats et corriger le projet si les objectifs ne sont pas atteints ?
Cette grille ne remplace ni l’expertise technique ni l’arbitrage budgétaire. Elle les relie à une finalité économique explicite. Elle permet également de comparer des options différentes et d’éviter que la réussite d’un programme soit mesurée uniquement par le nombre de kilomètres de fibre déployés, d’équipements installés ou de plateformes mises en service. La souveraineté numérique ne se décrète pas par l’accumulation d’infrastructures. Elle se construit par la maîtrise de leur fonctionnement, la disponibilité des compétences, la soutenabilité de leur coût et la capacité à transformer les investissements en gains de productivité et en activités créatrices de valeur.

À l’heure où le Parlement examine les choix budgétaires de 2027 et où la Tunisie explore de nouvelles perspectives de coopération, le véritable indicateur de réussite ne sera donc pas le volume des annonces technologiques. Ce sera la part de ces investissements qui se traduira, dans la durée, par des capacités nationales renforcées, des entreprises plus compétitives, des services plus efficaces et une valeur ajoutée effectivement créée en Tunisie.

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Marché russe : 27 millions de dollars à conquérir, le tourisme tunisien en reprise

29. Oktober 2026 um 14:11

La Tunisie cherche à renforcer ses exportations vers la Russie, où son potentiel commercial encore inexploité est estimé à 27 millions de dollars, notamment dans l’huile d’olive et les produits agroalimentaires. En parallèle, le marché touristique russe montre des signes de reprise, avec 51.000 visiteurs enregistrés au 20 octobre 2026, loin toutefois du pic de 600.000 atteint en 2019.

Ces perspectives sont mises en avant à l’occasion du troisième Sommet Russie-Afrique, organisé les 28 et 29 octobre à Moscou. La participation tunisienne au forum économique et humanitaire vise notamment à renforcer les échanges commerciaux et à promouvoir la destination auprès des opérateurs russes.

L’huile d’olive, principal débouché à développer

Selon Amira Jaouadi, directrice du bureau du Centre de promotion des exportations (Cepex) à Moscou, le potentiel d’exportation tunisien non encore exploité sur le marché russe atteint environ 27 millions de dollars. L’huile d’olive représente la principale opportunité, estimée à près de 5 millions de dollars. Les chaussures et les équipements médicaux offrent également des perspectives, évaluées à environ 1,7 million de dollars.

Les exportations tunisiennes vers la Russie restent dominées par l’agroalimentaire, qui représente près de 70% des ventes, notamment grâce à l’huile d’olive, aux dattes et au concentré de tomate. Le textile-habillement et les produits des industries mécaniques complètent cette offre.

Pour transformer ces débouchés potentiels en contrats, le Cepex, l’ambassade de Tunisie et l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) multiplient les initiatives de promotion. La participation aux salons professionnels, dont WorldFood Moscow et Peterfood à Saint-Pétersbourg, ainsi que les rencontres entre entreprises doivent faciliter les contacts avec les acheteurs russes.

Les opérateurs restent néanmoins confrontés à des contraintes logistiques et financières, notamment l’absence de liaisons directes de fret et les restrictions qui compliquent les transactions avec la Russie.

Les exportations progressent, mais les échanges restent déséquilibrés

Selon les données publiées par l’agence TAP le 27 octobre, les exportations tunisiennes vers la Russie ont atteint environ 32,4 millions de dinars au cours des neuf premiers mois de 2026, en hausse de 14% sur un an.

Les importations tunisiennes en provenance de Russie se sont, en revanche, élevées à plus de 1,55 milliard de dinars sur la même période. Ces chiffres soulignent le déséquilibre des échanges entre les deux pays et l’importance de développer les ventes tunisiennes sur ce marché.

Le tourisme russe reprend progressivement

Sur le marché touristique, la Tunisie cherche également à retrouver les niveaux de fréquentation enregistrés avant la crise russo-ukrainienne. Après avoir accueilli quelque 600.000 touristes russes en 2019, la destination en a reçu 35.000 en 2025, puis 51.000 au 20 octobre 2026, selon Neji Gouider, représentant de l’ONTT à Moscou.

Cette progression s’accompagne d’un renforcement de la desserte aérienne. L’agence TAP fait état de 13 vols hebdomadaires depuis Moscou et Saint-Pétersbourg, avec l’arrivée de Pyramids Airlines, ainsi que de la reprise de liaisons depuis la Biélorussie et l’Arménie.

La clientèle russe est considérée comme stratégique en raison de la durée de ses séjours, supérieure à dix nuitées en moyenne selon le représentant de l’ONTT, et de son intérêt pour les hôtels trois et quatre étoiles ainsi que les excursions. Les professionnels misent sur la diversité de l’offre tunisienne, du patrimoine culturel au désert, en passant par la gastronomie et l’écotourisme.

Pour se rapprocher du niveau de 2019, les professionnels estiment nécessaire d’accroître les capacités aériennes. Parmi les pistes avancées figurent l’attribution de blocs de sièges aux tour-opérateurs sur la compagnie nationale et l’ouverture envisagée d’une ligne régulière de Tunisair à raison de deux vols par semaine.

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Tunisie-Russie : Sarra Zaafrani Zenzri au sommet de Moscou pour dynamiser le partenariat économique

29. Oktober 2026 um 09:11

En visite officielle en Russie du 27 au 29 octobre 2026 sur instruction du président Kaïs Saïed, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a participé au troisième sommet Russie–Afrique.

Reçue au Kremlin par le président Vladimir Poutine, elle a plaidé pour un renforcement des échanges bilatéraux et une montée en gamme des exportations tunisiennes. La cheffe du gouvernement, accompagnée notamment du ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a pris part aux temps forts de ce conclave international qui réunit à Moscou de nombreux dirigeants du continent. Outre sa participation au dîner officiel offert par le président russe, Mme Zenzri a visité le pavillon tunisien installé au cœur de l’événement.

Aménagé grâce à une collaboration entre l’ambassade de Tunisie à Moscou, l’Office national du tourisme tunisien et le Centre de promotion des exportations (CEPEX), cet espace met en valeur les filières phares de l’économie nationale. L’huile d’olive et les dattes y occupent une place de choix, aux côtés d’une promotion active de la destination touristique tunisienne. Sur place, la cheffe du gouvernement a insisté sur l’impératif d’intensifier les flux commerciaux et de diversifier l’offre nationale, en mettant particulièrement l’accent sur les industries de transformation à forte valeur ajoutée pour consolider la position des entreprises tunisiennes sur le marché russe.

Cap sur les technologies et la coopération multilatérale

Au-delà des échanges agroalimentaires, la délégation tunisienne a pris part à la découverte des solutions technologiques russes exposées au centre Gostiny Dvor, à la suite du Forum économique et humanitaire. Ces présentations ont couvert des secteurs clés pour le développement stratégique, tels que l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et financières, l’énergie, la gestion des ressources hydriques ainsi que la numérisation de la santé.

En marge de ces rendez-vous officiels, Sarra Zaafrani Zenzri a également multiplié les contacts diplomatiques, s’entretenant avec le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, ainsi qu’avec plusieurs autres chefs de gouvernement africains présents dans la capitale russe, illustrant la volonté de la Tunisie d’ancrer sa diplomatie économique au cœur des grands équilibres régionaux et internationaux.

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Sommet Russie-Afrique : Moscou mise sur le codéveloppement pour ancrer son influence

29. Oktober 2026 um 08:36

Le président russe Vladimir Poutine a appelé, mercredi 28 octobre, les pays africains à renforcer leur autonomie économique et politique, en proposant un partenariat avec Moscou fondé sur le « codéveloppement plutôt que la domination ».

S’exprimant à l’ouverture du troisième sommet Russie-Afrique, organisé dans la capitale russe les 28 et 29 octobre, il a plaidé pour une rupture avec l’héritage colonial et un rééquilibrage de l’ordre mondial. Il a présenté la Russie comme un partenaire disposé à accompagner le continent dans la transformation de ses ressources naturelles, le développement de ses infrastructures et l’accès aux technologies.

Moscou entend notamment intensifier les échanges commerciaux avec les pays africains. Sachant que le commerce entre la Russie et le continent a atteint un record de 27,7 milliards de dollars en 2025. Le Kremlin souhaite accroître davantage ces échanges, en particulier dans l’énergie, l’agriculture, les transports et les technologies.

Poutine a également mis en avant les livraisons agricoles russes. Au cours des neuf premiers mois de 2026, la Russie a exporté 13 millions de tonnes de produits agricoles vers l’Afrique. Plus de 40 pays africains reçoivent déjà des céréales et des engrais russes, precise le président russe…

Dans le domaine énergétique, Moscou, affirmant participer à plus de 30 projets dans 16 pays africains, propose également de partager son expertise dans la gestion des ressources en eau et de développer des coopérations dans les infrastructures, la santé et les technologies numériques.

Sur un autre registre, le président russe a appelé à renforcer les relations bancaires entre la Russie et les pays africains, à développer les paiements en monnaies nationales et à mettre en place des mécanismes alternatifs de transfert financier. Selon lui, ces dispositifs permettraient de limiter la dépendance aux infrastructures financières occidentales et de réduire l’exposition aux sanctions.

Une stratégie d’influence dans un contexte de rivalités internationales

Le sommet rassemble des délégations de 48 pays africains, dont 22 chefs d’État et de gouvernement, selon les chiffres communiqués par les organisateurs. Les discussions portent sur le commerce, l’investissement, la sécurité, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et les transferts de technologies.

Cette rencontre s’inscrit dans les efforts de Moscou pour consolider ses relations avec le continent, alors que les sanctions occidentales liées à sa guerre contre l’Ukraine poussent la Russie à rechercher de nouveaux débouchés commerciaux et des soutiens diplomatiques. D’ailleurs, son influence s’est renforcée dans les pays du Sahel, où les autorités ont réorienté une partie de leurs partenariats sécuritaires vers Moscou.

Les ambitions économiques russes restent toutefois confrontées à des limites : les échanges avec l’Afrique demeurent concentrés dans certains secteurs et certains pays, contrairement à la Chine et à l’Union européenne qui occupent une place importante dans le commerce du continent…

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Sommet Russie–Afrique : Poutine accueille Sarra Zaafrani Zenzri

29. Oktober 2026 um 04:15

Le président russe Vladimir Poutine a reçu, mercredi soir 28 octobre 2026 au palais du Kremlin, la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, aux côtés de plusieurs dirigeants africains participant au troisième sommet Russie–Afrique à Moscou.

Selon la présidence du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zenzri a également participé au dîner officiel offert par le président russe en l’honneur des chefs d’État et de gouvernement africains présents au sommet.

Cette réception s’inscrit dans la visite officielle qu’effectue la cheffe du gouvernement en Russie du 27 au 29 octobre, sur instruction du président Kaïs Saïed. Elle est accompagnée notamment du ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti.

Huile d’olive, dattes et tourisme au pavillon tunisien

Au cours de la journée de mercredi, Sarra Zaafrani Zenzri a visité le pavillon tunisien aménagé par l’ambassade de Tunisie à Moscou, en collaboration avec les bureaux locaux de l’Office national du tourisme tunisien et du Centre de promotion des exportations.

Le pavillon présente des produits alimentaires tunisiens qui trouvent des débouchés sur le marché russe, notamment l’huile d’olive et les dattes. Il assure également la promotion de la destination touristique tunisienne.

À cette occasion, la cheffe du gouvernement a souligné l’importance d’intensifier les échanges commerciaux et économiques entre les deux pays et de diversifier les exportations tunisiennes. Elle a notamment mis l’accent sur les industries de transformation à forte valeur ajoutée, afin de renforcer la présence des entreprises et des produits tunisiens sur le marché russe, selon le communiqué gouvernemental.

Technologies russes et échanges avec les dirigeants africains

Sarra Zaafrani Zenzri a également parcouru, aux côtés de dirigeants africains et en présence de Vladimir Poutine, l’exposition consacrée aux solutions russes dans les principaux secteurs économiques et sociaux.

Les technologies présentées concernaient notamment l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et financières, l’énergie, le traitement de l’eau, l’agriculture, les industries pharmaceutiques et la numérisation des services de santé. Des projets russes en cours de réalisation dans certains pays africains ont aussi été exposés.

Cette visite a suivi l’ouverture du Forum économique et humanitaire Russie–Afrique au centre d’exposition Gostiny Dvor, présidée par Vladimir Poutine et le président burundais Évariste Ndayishimiye, président de l’Union africaine.

En marge du forum, la cheffe du gouvernement a rencontré le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb ainsi que plusieurs chefs de gouvernement africains. La présidence du gouvernement n’a pas détaillé le contenu de ces échanges.

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