Les raffineries de la côte américaine du golfe du Mexique enregistrent leurs marges bénéficiaires les plus élevées depuis des années, les perturbations des flux pétroliers du Moyen-Orient stimulant la demande d’exportations de carburant américaines. C’est ce qu’ont déclaré des analystes, déclarés rapportées par Reuters.
Les raffineries d’Asie et d’Europe ont été durement touchées par la baisse des exportations de pétrole brut du Moyen-Orient due au blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran, ce qui a contraint certaines d’entre elles à réduire leur production.
Les raffineurs américains, moins dépendants du pétrole du Moyen-Orient, sont bien placés pour tirer profit des pénuries mondiales de carburant en maximisant leurs ventes internationales depuis la plateforme d’exportation de la côte du Golfe.
Les États-Unis, premier marché mondial des carburants, disposent d’une capacité de raffinage d’environ 18 millions de barils par jour, dont une grande partie est située sur la côte du Golfe.
Les grandes raffineries indépendantes, telles que Marathon Petroleum, Phillips 66, Valero Energy et PBF Energy, sont considérées comme des « gagnantes » sur le marché actuel, car elles sont situées à proximité du point de départ du Colonial Pipeline et ont un accès direct aux terminaux d’exportation maritime, selon les analystes. Les raffineurs américains ont la possibilité de vendre à des marchés confrontés à des pénuries sans subir de perturbations importantes dans leur propre approvisionnement en matières premières », a déclaré Jeff Krimmel.
Le taux d’utilisation des raffineries américaines a atteint près de 92 % le mois dernier, avec une moyenne supérieure à 95 % sur la côte du Golfe, contre environ 90 % un an auparavant, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). À titre de comparaison, la moyenne saisonnière sur cinq ans pour cette région est d’environ 82 %. En revanche, le taux d’utilisation des raffineries en Asie est tombé à des niveaux aussi bas que 80 %, après avoir fortement diminué en mars et avril en raison des réductions de production, selon le cabinet de conseil Rystad Energy.
Renforcement des marges à l’exportation
Les exportations américaines de produits raffinés ont atteint un niveau record en mars, selon les données de suivi des navires, ce qui a permis d’accroître les marges de raffinage après des trimestres précédents marqués par une surproduction mondiale.
L’augmentation de la demande à l’exportation contribue également à la hausse des prix des carburants sur le marché intérieur, les raffineurs obtenant de meilleurs prix à l’étranger… Ce phénomène est particulièrement marqué sur les marchés du diesel et du kérosène, qui ont été les plus durement touchés par la guerre en Iran, le Moyen-Orient étant un fournisseur clé de ces carburants et de pétroles bruts à haut rendement.
Limites de protection
Malgré la hausse des profits, les raffineurs américains ne sont pas à l’abri de la flambée des prix du pétrole brut, car la demande mondiale accrue fait grimper le coût des matières premières. Les primes du pétrole brut West Texas Intermediate sur le marché au comptant ont atteint des niveaux historiques.
Les offres de WTI Midland à destination de l’Asie du Nord pour livraison en juillet se situaient entre 30 et 40 dollars le baril au-dessus des prix de référence, contre environ 20 dollars fin mars, tandis que les prix à destination de l’Europe atteignaient un niveau record de près de 15 dollars au-dessus du Brent.
Selon des acteurs du marché, les raffineurs asiatiques sont également en concurrence pour les cargaisons de pétrole brut en provenance d’Amérique du Sud qui étaient traditionnellement destinées aux États-Unis…
Le retour à la normale sur le marché pétrolier mondial s’annonce long et incertain après la plus grave perturbation de son histoire récente. Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran, les prix restent élevés et les tensions persistantes sur l’approvisionnement, notamment dans les pays fortement importateurs.
Un point essentiel à surveiller après l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est de savoir s’il offrira aux propriétaires de pétroliers une sécurité suffisante pour reprendre le transport à grande échelle de pétrole, de produits pétroliers et d’autres marchandises à travers le détroit d’Ormuz.
« Les mesures visant à rétablir la confiance dans les prochains jours seront essentielles pour relancer les transports », a déclaré Joseph Brusuelas, économiste en chef du cabinet de services financiers et de conseil RSM US, dans une interview, selon Axios. Il souligne qu’il faudra réintroduire l’assurance pour les pétroliers, ce qui implique de définir les conditions spécifiques que l’Iran peut imposer, lesquelles restent actuellement floues.
Pour les experts, la confiance des marchés sera déterminante. Elle passe notamment par le rétablissement des assurances pour les pétroliers, suspendues en raison des risques sécuritaires. Or, les conditions imposées par Téhéran restent floues. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a évoqué une reprise possible du transit dans les deux semaines, sous coordination militaire et sous certaines « limitations techniques » encore imprécises.
Même dans ce scénario, un retour rapide à la normale paraît peu probable. La remise en service des infrastructures pétrolières et des champs de production pourrait prendre plusieurs semaines, voire des mois. De nombreux sites ont en effet été endommagés pendant le conflit, ralentissant la reprise de l’offre.
Le secteur gazier n’est pas épargné. Au Qatar, des installations d’exportation de gaz naturel liquéfié ont été touchées, avec des réparations qui pourraient s’étendre sur plusieurs années.
Si les marchés ont réagi positivement à la trêve – avec une chute d’environ 18 % des prix du brut après l’annonce et le recul des menaces militaires de Donald Trump – les cours restent nettement au-dessus de leurs niveaux d’avant-crise.
Les analystes s’accordent à dire que les prix devraient rester durablement élevés, même si le pic d’incertitude semble avoir été atteint. Une reprise des hostilités demeure toutefois un risque majeur.
Dans ce contexte, les pays asiatiques, très dépendants du détroit d’Ormuz, ont déjà mis en place des mesures d’urgence pour limiter leur consommation énergétique. Et même en cas de reprise des flux, les délais logistiques impliquent que les livraisons mettront plusieurs jours, voire semaines, à se normaliser.
Dans une note publiée mardi soir, les analystes de la banque d’investissement et société de gestion d’actifs Jefferies ont averti que, même si une résurgence du conflit est probable, entraînant de nouvelles perturbations énergétiques et une hausse des prix, « l’incertitude a probablement atteint son apogée ».
Ils prévoient que « les prix du pétrole resteront probablement supérieurs aux niveaux d’avant-guerre pendant des mois, mais avec un risque de hausse limité à partir de maintenant ».
Aux États-Unis, les consommateurs continuent d’en ressentir les effets : le prix moyen de l’essence atteint 4,14 dollars le gallon, un plus haut depuis 2022. Une légère baisse est attendue à court terme, mais sans véritable retour à la normale.
Le prix du pétrole est tombé sous la barre des 100 dollars le baril mercredi 8 avril après l’annonce par Trump d’un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran.
Le revirement de Trump est intervenu peu avant l’ultimatum qu’il avait fixé à l’Iran pour qu’il ouvre le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, sous peine de subir des attaques généralisées contre ses infrastructures civiles…
Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate a chuté de 11 % pour atteindre un peu plus de 100 dollars le baril après que Trump a accepté un cessez-le-feu quelques heures seulement avant l’échéance fixée par l’Iran pour parvenir à un accord de paix, soit mardi à 20 heures, heure de New York.
Pour sa part, le Brent a chuté de 14,84 $, soit 13,6 %, à 94,43 $ le baril et le WTI a glissé de 16,13 $, soit 14,3 %, à 96,82 $ le baril à 00h23 GMT.
Dans un message publié sur Truth Social, Trump a déclaré : « J’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pendant deux semaines ». Tout en ajoutant que cette décision était « conditionnée à l’accord de la République islamique d’Iran pour l’ouverture complète, immédiate et sûre du détroit d’Ormuz ».
Le répit iranien qui rassure les marchés asiatiques…
Les marchés asiatiques ont fortement progressé après l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et les États-Unis, signe du soulagement des investisseurs face à un risque géopolitique majeur. Cette détente a notamment apaisé les craintes liées à une perturbation des flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’énergie.
Cependant, cet optimisme reste mesuré. La trêve, limitée dans le temps, ne règle pas les tensions de fond et laisse planer des incertitudes sur la suite des négociations. Les marchés demeurent ainsi sensibles à toute évolution diplomatique, oscillant entre espoir d’apaisement durable et crainte d’un regain de tensions.
Les prix du pétrole augmentent, suite au durcissement du discours du président américain contre l’Iran, menaçant de prendre des mesures plus sévères si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz, une voie essentielle pour les expéditions mondiales de pétrole.
Le prix du pétrole brut Brent a augmenté dès les premières heures de ce matin 7 avril de 57 cents, soit 0,5 %, pour atteindre 110,34 dollars le baril, tandis que le prix du pétrole brut West Texas Intermediate américain a augmenté de 1,26 dollar, soit 1,1 %, pour atteindre 113,67 dollars.
Rappelons que Trump a menacé de déchaîner l’enfer sur Téhéran si le pays ne respectait pas son ultimatum fixé à mardi 7 avril à 20 heures (heure de Washington) pour la réouverture du détroit d’Ormuz. Il a averti que l’Iran pourrait être « anéanti »…
Mais le régime des mollahs ne se laisse pas intimider. En effet, en réponse à une proposition américaine transmise par le Pakistan, qui joue le rôle de médiateur, Téhéran a rejeté la proposition de cessez-le-feu américaine, selon laquelle la guerre devait prendre fin définitivement.
En attendant, Tim Waters, analyste de marché en chef chez KCM Trade, estime que « le temps joue désormais un rôle aussi important sur les marchés pétroliers que les facteurs fondamentaux eux-mêmes, à l’approche de l’échéance brandie par Trump. » Et d’ajouter : « La perspective d’un accord de cessez-le-feu offre un certain contrepoids et pourrait entraîner une baisse des prix si elle prend de l’ampleur, mais les inquiétudes persistantes concernant le passage des approvisionnements à travers l’étroit détroit d’Ormuz et les installations énergétiques endommagées maintiennent les prix à un niveau inférieur. »…
Par ailleurs, des diplomates ont indiqué que le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter mardi s7 avril sur une résolution visant à débloquer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, mais dans une version considérablement édulcorée après que la Chine, qui dispose d’un droit de veto, se soit opposée à l’autorisation du recours à la force.
Ainsi, Saudi Aramco a déclaré que l’Arabie saoudite avait fixé le prix de vente officiel du pétrole brut Arab Light pour livraison en mai en Asie à une prime sans précédent de 19,50 dollars le baril au-dessus de la moyenne Oman/Dubaï…
L’alliance OPEP+ a convenu dimanche d’une modeste augmentation de production de 206 000 barils par jour pour le mois de mai, mais cette augmentation restera largement hypothétique, car les principaux membres ne peuvent pas augmenter leur production en raison de la fermeture du détroit qui limite les exportations.
Le prix du pétrole chute nettement sur les marchés, en raison des attentes d’un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis. Et ce, à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum du président Trump.
Le brut WTI cède 1,98% à 109,2 dollars le baril de pétrole. Tandis que le Brent de la mer du Nord perd 1,8% à 106,9 dollars le baril.
Les membres de l’OPEP+ ont convenu dimanche 5 avril d’augmenter leurs taux de production de pétrole pour le mois de mai 2026. Il s’agit d’une mesure essentiellement symbolique, car le conflit au Moyen-Orient restreint la production et les expéditions de certains des plus grands producteurs de l’alliance.
Les principaux producteurs, menés par l’Arabie saoudite et la Russie, ont convenu, lors d’une conférence téléphonique dimanche, de relever leurs objectifs d’environ 206 000 barils par jour à partir de mai, selon un communiqué. Le 1er mars, ce groupe avait déjà augmenté ses quotas de production de pétrole de 206 000 barils par jour pour le mois d’avril.
Par ailleurs, l’alliance a averti que les réparations des installations énergétiques endommagées par la guerre au Moyen-Orient seront « coûteuses » et prendraient « beaucoup de temps ». Ce qui pourrait aggraver les difficultés d’approvisionnement mondial en pétrole.
Cette déclaration intervient alors que le président américain, Donald Trump, menace, insultes à l’appui, de s’en prendre aux infrastructures iraniennes dans un dernier ultimatum qui expire mardi à 20 heures (heure de Washington) si l’Iran ne rouvre pas le détroit d’Ormuz.
Face à la situation de crise énergétique à laquelle est confrontée la Tunisie, leconomistemaghebin.com a pris le pouls des économistes et autres spécialistes du secteur de l’énergie pour recueillir leurs analyses et avis quant à des solutions pour notre pays.
Pour le cas présent, Ezzedine Khalfallah, consultant international en énergie et ancien PDG de l’ETAP, analyse la situation et propose quelques pistes concrètes. Alors que le budget 2026 a été bâti sur un prix du baril à 63,3 dollars, le brut dépasse désormais les 115 dollars. Un écart qui fragilise dangereusement les finances publiques tunisiennes, s’inquiète-t-il.
Il poursuit son propos en soulignant que la Tunisie est un pays structurellement vulnérable. En effet, « la Tunisie, importatrice nette d’énergie, subit de plein fouet la flambée des cours ». M. Khalfallah note encore que trois indicateurs se dégradent simultanément : la facture énergétique; le déficit énergétique commercial; et le montant des subventions. « Chaque hausse au-delà du seuil budgétaire contraint l’État à reporter ou supprimer d’autres projets », rappelle le consultant.
Une feuille de route en quatre temps
Face à cette crise, l’expert structure sa réponse selon quatre horizons. À très court terme, il préconise des campagnes de sensibilisation à la sobriété énergétique. Mais il insiste : la sensibilisation ne suffit pas. « Des décisions courageuses s’imposent, comme l’ajustement progressif des tarifs de l’énergie et un meilleur ciblage des subventions vers les ménages les plus vulnérables », préconise-t-il.
À court terme, il appelle à prioriser l’accélération des projets d’énergies renouvelables déjà lancés. Au-delà de 100 dollars le baril, chaque kilowattheure renouvelable produit permet à la STEG de réduire ses importations de gaz. Il appelle aussi à élargir l’autoproduction pour les industriels et à renforcer les interconnexions électriques régionales.
À moyen terme, M. Khalfallah plaide pour un déploiement massif des renouvelables avec stockage, la digitalisation du réseau via les Smart Grids et une réforme en profondeur du système de subventions. Il juge également nécessaire de relancer l’exploration d’hydrocarbures, y compris non conventionnels (pétrole et gaz de schiste).
À l’horizon 2050, il vise 80 % de renouvelables dans le mix électrique, une électrification généralisée des usages – notamment dans le transport – et le développement de technologies bas carbone pour les industries les plus émettrices.
Sa conclusion est sans ambiguïté : « La transition énergétique n’est plus un choix. C’est une obligation nationale ».
La question du pétrole et des dépenses publiques en Libye entre les gouvernements en place à Tripoli et Benghazi entre dans une nouvelle phase de conflit politique. Le Fonds libyen pour le développement et la reconstruction, dirigé par Belgassem Haftar, ayant annoncé, le 31 mars 2026, son rejet anticipé des conclusions des réunions du comité économique réuni récemment en Tunisie.
Les participants à la réunion, présentés comme représentant l’Est et le Sud, ne sont pas réellement représentatifs et leurs conclusions ne sont pas contraignantes pour ledit Fonds, a tranché Haftar. Alors que l’agence de presse officielle libyenne Lana et The Libya Observer ont notamment pointé du doigt Rifaat al-Abbar et Fakher Boufrane.
Ce différend porte sur des négociations qui, selon des sources libyennes citées par les médias locaux, se déroulent ou sont en voie de finalisation à Tunis sous l’égide des États-Unis.
Ces négociations porteront sur le suivi de la mise en œuvre du programme de développement unifié et aborderont l’élaboration d’un budget national unique, sujet qui demeure le véritable nœud du conflit entre Tripoli et Benghazi.
L’économie pour baliser le dialogue politique
Le 28 mars, le président du Conseil présidentiel, Mohamed al-Menfi, a rencontré Belgassem Haftar à Derna, appelant à l’unification des institutions, à une gestion financière saine et à un budget général unique.
La rencontre de Tunis fait suite à une série de contacts déjà tenus à Rome et à Paris, dont l’existence a été confirmée ces derniers mois par des sources américaines et des médias libyens.
La voie économique promue par la Manul ne surgit pas de nulle part. En janvier, la mission onusienne avait identifié l’unification du budget national et la réforme de la gouvernance des recettes pétrolières comme des priorités du dialogue structuré.
Cette même ligne a été réitérée par les partenaires internationaux, notamment l’Italie, qui, en novembre, a salué l’accord du 18 novembre sur le «Programme unifié de développement» comme un outil pour renforcer la Compagnie nationale de pétrole, la Banque centrale et la stabilité financière.
Le 26 mars, l’ambassade des États-Unis a également insisté sur la pleine mise en œuvre de ce programme et la nécessité d’un budget unifié, a rapporté Libya Herald. Il s’agit d’un enjeu économique plutôt qu’institutionnel.
Le 22 février, le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah a demandé à la Banque centrale de geler tous les financements de projets pour 2026, dénonçant le fait que les dépenses parallèles avaient dépassé 70 milliards de dinars.
Quelques jours auparavant, devant le Conseil de sécurité, la Représentante spéciale des Nations Unies pour la Libye, Hanna Serwaa Tetteh, avait averti que l’absence de budget unifié, le manque de coordination des dépenses et la baisse des recettes pétrolières fragilisaient les réserves, le dinar et le niveau de vie, dans un contexte d’inflation, de pénuries de carburant et de mécontentement social croissant.
Absence d’accord sur le contrôle des flux pétroliers
En toile de fond, la question d’Arkenu Oil pèse lourdement : cette compagnie privée a mis fin au monopole historique de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) sur les exportations de pétrole brut et, selon un rapport de l’Onu de décembre 2025, était indirectement contrôlée par Saddam Haftar, qui demandait des paiements vers des comptes étrangers en dehors des circuits habituels de la Banque centrale.
Parallèlement, le Libya Observer a rapporté que Dbeibah avait demandé à la NOC de suspendre un accord de développement controversé avec Arkenu, signe d’une nouvelle répression sur la question énergétique la plus sensible du pays.
Pour la Tunisie, qui avait déjà accueilli en janvier le mécanisme consultatif tripartite avec l’Algérie et l’Égypte sur la crise libyenne, la perspective d’une table ronde à Tunis confirme son rôle de plateforme de médiation régionale. Mais le signal en provenance de Benghazi est clair : sans accord sur le contrôle des flux pétroliers, des fonds de développement et du processus décisionnel entre la NOC, la Banque centrale et les centres de pouvoir locaux, la question économique risque de rester le principal facteur de fragmentation de la Libye.
Il suffit parfois d’une déclaration, d’une inflexion dans le ton d’un dirigeant, pour que les marchés s’embrasent et que les équilibres économiques les plus fragiles vacillent. Lorsque Donald Trump évoque la perspective de frappes prolongées contre l’Iran, ce ne sont pas seulement les lignes de front qui se tendent, mais l’ensemble de l’économie mondiale qui se crispe. Le baril de Brent franchissant à nouveau le seuil symbolique des 105 dollars agit comme un révélateur brutal : celui d’un ordre énergétique encore dominé par la géopolitique, et d’économies périphériques enfermées dans une dépendance structurelle dont elles peinent à s’extraire.
À travers la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, c’est une artère vitale du capitalisme mondial qui se trouve menacée. Et dans cette configuration, l’Afrique, et plus encore le Maghreb, ne sont pas de simples spectateurs, mais des récepteurs passifs d’un choc dont les ondes se propagent avec une intensité redoutable.
L’un des paradoxes les plus frappants de la situation actuelle réside dans le décalage entre les discours de souveraineté et la réalité des dépendances. Depuis plusieurs décennies, les pays du Maghreb affichent des ambitions de maîtrise énergétique, investissant dans des stratégies nationales souvent présentées comme des piliers de leur autonomie économique. Pourtant, à la moindre secousse sur les marchés internationaux, cette souveraineté proclamée se dissout dans les faits.
La Tunisie et le Maroc, importateurs nets, subissent de plein fouet la hausse des cours. Même l’Algérie, pourtant exportatrice, n’échappe pas à une forme de vulnérabilité : car si la rente pétrolière s’accroît à court terme, elle renforce en réalité une dépendance à une ressource volatile, consolidant ce que la littérature économique désigne comme la «malédiction des ressources».
Dans ce contexte, la dépendance au pétrole du Golfe agit comme une contrainte externe permanente. Elle enferme les économies dans un schéma de transmission quasi automatique des chocs, où la politique nationale se réduit souvent à un ajustement marginal face à des forces globales.
Le choc inflationniste : une mécanique implacable
La hausse des prix du pétrole ne se contente pas d’affecter les balances commerciales; elle s’infiltre dans l’ensemble du tissu économique. Le carburant étant un intrant transversal, son renchérissement se diffuse à tous les niveaux : transport, production, distribution. Le résultat est une inflation généralisée, dont les effets sont d’autant plus violents qu’ils touchent en priorité les biens essentiels.
Les théories économiques ont depuis longtemps analysé ce type de phénomène. Les modèles inspirés de John Maynard Keynes mettent en évidence l’effet récessif des chocs d’offre (1). Tandis que les approches monétaristes, dans la lignée de Milton Friedman, insistent sur les risques d’emballement inflationniste si les autorités monétaires tentent de compenser ces chocs par une expansion excessive de la liquidité.
Or, dans les économies maghrébines, cette tension théorique se double d’une contrainte pratique : les marges de manœuvre sont limitées. Les banques centrales, déjà confrontées à une inflation persistante, hésitent entre resserrement monétaire et soutien à l’activité. Mais dans un contexte où l’inflation est importée, leur capacité d’action apparaît structurellement réduite.
Subventions : amortisseur social ou bombe budgétaire ?
Face à la montée des prix, les États recourent à un instrument devenu classique : la subvention. En maintenant artificiellement les prix à la pompe, ils cherchent à contenir l’inflation et à préserver la paix sociale. Mais ce choix, en apparence protecteur, dissimule une fragilité profonde.
Les subventions énergétiques, en absorbant une partie du choc, déplacent le problème plutôt qu’elles ne le résolvent. Elles creusent les déficits, alourdissent la dette publique et réduisent la capacité d’investissement de l’État. À moyen terme, elles peuvent même accentuer les inégalités, en bénéficiant davantage aux ménages les plus aisés, plus consommateurs d’énergie.
Les institutions internationales, telles que le Fonds monétaire international (FMI), ne cessent de dénoncer ces mécanismes, appelant à leur remplacement par des dispositifs ciblés. Pourtant, la réalité politique rend ces réformes particulièrement délicates. Dans des sociétés marquées par une défiance croissante envers les institutions, toute hausse des prix peut devenir le catalyseur d’une contestation sociale.
Le Maghreb se trouve ainsi pris dans une contradiction structurelle : maintenir les subventions pour éviter l’explosion sociale, ou les réduire pour préserver l’équilibre budgétaire. Une équation sans solution simple, où chaque choix comporte un coût élevé.
La fragmentation africaine : une réponse désordonnée
À l’échelle du continent africain, la crise actuelle met en évidence une absence de coordination frappante. Chaque pays réagit en fonction de ses contraintes internes, sans véritable stratégie collective. Tandis que certains augmentent les prix, d’autres les gèlent; tandis que certains compensent par des hausses salariales, d’autres laissent les ménages absorber le choc.
Cette fragmentation reflète l’absence d’un marché énergétique intégré. Elle limite la capacité des pays africains à négocier collectivement avec les fournisseurs ou à mutualiser leurs ressources. Dans ce contexte, les initiatives visant à développer des capacités de raffinage locales, comme celles portées au Nigeria, apparaissent comme des tentatives encore isolées de rééquilibrage.
Pour le Maghreb, cette absence d’intégration régionale constitue un handicap majeur. Malgré des complémentarités évidentes, les pays de la région peinent à construire des politiques communes, prisonniers de logiques nationales et de tensions politiques persistantes.
Inflation et fractures sociales : le risque d’une rupture silencieuse
Au-delà des agrégats macroéconomiques, c’est la société elle-même qui est affectée. La hausse des prix du carburant agit comme un multiplicateur des inégalités. Elle pénalise les ménages modestes, dont le budget est déjà contraint, et réduit leur capacité à absorber les chocs.
Dans les zones urbaines comme rurales, le coût du transport devient un facteur déterminant du niveau de vie. Les produits alimentaires, dépendants des circuits logistiques, voient leurs prix augmenter, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat. Ce phénomène nourrit un sentiment d’injustice, d’autant plus fort que les populations perçoivent ces hausses comme exogènes et incontrôlables.
Dans ce contexte, le risque n’est pas seulement économique, mais aussi politique. L’histoire récente de la région montre que les crises de prix peuvent rapidement se transformer en crises sociales. Le choc pétrolier actuel, s’il se prolonge, pourrait ainsi raviver des tensions latentes, mettant à l’épreuve la résilience des États.
Sortir de la dépendance : une nécessité stratégique
La crise actuelle ne fait que renforcer une évidence : la dépendance énergétique constitue un obstacle majeur au développement. Elle expose les économies à des chocs externes récurrents et limite leur capacité à définir des politiques autonomes.
La transition vers les énergies renouvelables apparaît dès lors comme une voie incontournable. Le Maghreb dispose d’un potentiel considérable en matière solaire et éolienne, qui pourrait être mobilisé pour réduire la dépendance aux importations. Mais cette transition ne peut être envisagée comme une simple substitution technologique ; elle implique une transformation profonde des structures économiques.
Elle suppose des investissements massifs, une réforme des cadres réglementaires et une coopération régionale renforcée. Elle nécessite également une vision politique capable de dépasser les logiques de court terme pour inscrire l’action publique dans une perspective stratégique.
Une crise révélatrice d’un modèle à bout de souffle
En définitive, la flambée des prix du pétrole ne constitue pas un simple épisode conjoncturel. Elle agit comme un révélateur des limites d’un modèle de développement fondé sur la dépendance externe, la consommation subventionnée et l’absence de diversification.
Le Maghreb se trouve aujourd’hui à un carrefour. Continuer de gérer les crises au coup par coup, au prix d’un endettement croissant et d’une fragilité accrue, ou engager une transformation structurelle, certes coûteuse et complexe, mais porteuse de résilience.
Dans ce choix se joue bien plus qu’une politique énergétique. C’est la capacité même des États à reprendre le contrôle de leur trajectoire économique qui est en question. Et dans un monde où les chocs se multiplient, cette capacité devient la condition première de la souveraineté.
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(1) : Dans la pensée de John Maynard Keynes, les crises viennent surtout d’un manque de demande.
Mais dans les approches néo-keynésiennes, un choc d’offre (comme la hausse du pétrole) est aussi récessif : il augmente les coûts, réduit le pouvoir d’achat et freine l’activité, tout en générant de l’inflation.
En toute rigueur, car elle touche à un point central du débat macroéconomique.
Chez John Maynard Keynes, l’analyse porte avant tout sur les insuffisances de la demande globale comme source principale des récessions. Dans son cadre théorique initial, les crises économiques sont d’abord liées à une contraction de l’investissement, à des anticipations pessimistes et à une demande effective insuffisante.
Cependant, dans les prolongements contemporains de sa pensée — notamment les modèles néo-keynésiens — les économistes ont intégré explicitement les chocs d’offre, comme une hausse brutale des prix du pétrole. Dans ce cadre élargi, un choc d’offre négatif produit un double effet :
D’une part, il augmente les coûts de production, ce qui réduit l’offre globale et alimente l’inflation.
D’autre part, il comprime le revenu réel des ménages, ce qui freine la consommation et donc la demande.
C’est cette combinaison qui engendre un effet récessif, souvent associé à des situations de stagflation.
La guerre livrée depuis le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël à la République islamique d’Iran profite à cette dernière et précisément au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) car la manne pétrolière n’a jamais été aussi rentable avec la hausse des prix du pétrole et surtout que le pétrole iranien, contrairement à celui de ses voisins, continue de franchir le détroit d’Ormuz. Cette bonne santé financière donne du souffle au régime iranien pour pouvoir poursuivre la guerre actuelle qui s’est transformée en véritable guerre d’usure contre les Américains et les Israéliens.
Imed Bahri
Dans une enquête intitulée «Comment l’Iran profite de la guerre de Donald Trump pour s’enrichir considérablement?», The Economist commence par rappeler que pendant un demi-siècle, les monarchies pétrolières du Moyen-Orient se sont présentées comme des fournisseurs fiables de pétrole à bas prix. Cependant, la guerre israélo-américaine actuelle contre l’Iran, qui dure depuis cinq semaines, a brisé cette image. Le détroit d’Ormuz étant en grande partie fermé, près de 15% du pétrole mondial ne peut plus atteindre ses destinataires. Tous les États de la région ont réduit leur production et leurs recettes d’exportation se sont effondrées.
L’Iran remporte la guerre énergétique
Tous, sauf un. Tandis que ses pétroliers continuent de naviguer dans le détroit, l’Iran engrange désormais près du double de ses ventes quotidiennes de pétrole d’avant les bombardements américains et israéliens du 28 février. S’il subit des pertes sur le champ de bataille, il remporte la guerre énergétique.
Déterminer le nombre de barils exportés par le plus grand pays qui contourne les sanctions au monde est complexe. Ses pétroliers sont plus discrets que jamais, les sociétés commerciales d’imagerie satellitaire ont cessé de mettre à jour leurs images de la région et le brouillage électronique plonge le Golfe dans un brouillard informationnel.
Une source proche du dossier pétrolier iranien, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de The Economist, a confirmé que le pays exporte actuellement entre 2,4 et 2,8 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers, dont 1,5 à 1,8 million de barils de pétrole brut. Ce volume est équivalent, voire supérieur, à la moyenne des exportations de l’année dernière. Les prix de vente sont par ailleurs nettement plus élevés.
De plus, le système pétrolier iranien s’est adapté pour mieux résister aux frappes et aux sanctions. La majeure partie des recettes est désormais versée au CGRI, la force d’élite du régime. La Chine joue également un rôle actif pour garantir ces flux financiers.
Convertir le pétrole en argent liquide
Le commerce pétrolier iranien repose sur trois piliers : les intermédiaires, le transport maritime et le système bancaire parallèle.
Commençons par la puissance de vente. Comme dans la plupart des pays producteurs de pétrole, les exportations de pétrole iranien sont officiellement gérées par la Compagnie nationale iranienne du pétrole (Nioc). Mais la réalité est tout autre. Dans un pays en proie à une pénurie de devises, le pétrole constitue une source de liquidités. Diverses institutions gouvernementales, du ministère des Affaires étrangères à la police, se voient attribuer des quotas pétroliers qu’elles peuvent vendre. Certaines institutions religieuses détiennent également des quotas.
Selon plusieurs sources iraniennes, toutes ces institutions sont contrôlées par une vingtaine de personnalités influentes qui utilisent leurs réseaux pour convertir le pétrole en argent liquide. Certaines figures importantes, comme Ali Shamkhani, ancien chef du Conseil suprême de sécurité nationale, sont décédées. D’autres sont encore en vie. Le fils d’Ali Shamkhani, Hossein Shamkhani, dirige un empire commercial et maritime.
L’entourage de Mojtaba Khamenei, fils et successeur désigné du défunt Guide suprême, tué dès le premier jour de la guerre, est également impliqué dans le commerce du pétrole. Certains négociants sont liés à Gholam Hossein Mohseni Ejei, un haut magistrat du régime.
Nombre de ces individus sont liés au CGRI. Emma Lee, de la société de suivi des navires Vortexa, estime que cette force, qui exploite ses propres champs pétroliers, est à l’origine de la majeure partie de la récente croissance des exportations de pétrole.
Le fils et le gendre de Mohsen Rezaï, ancien commandant et père fondateur des Gardiens de la révolution devenu conseiller militaire de Mojtaba Khamenei en mars, seraient impliqués dans le transport de grandes quantités de pétrole.
La Force Qods, branche des Gardiens chargée des opérations extérieures, contrôle également 25% de la production iranienne de pétrole brut. Cette structure décentralisée la rend difficile à démanteler par des frappes aériennes.
Emprise des Gardiens sur le détroit d’Ormuz
Durant la guerre, les Gardiens de la révolution ont également renforcé leur emprise sur le transport maritime, second pilier du commerce pétrolier. Ils contrôlent le détroit d’Ormuz ainsi que les transports et les communications dans une grande partie du Golfe. Des sociétés d’apparence privée mais appartenant en réalité aux Gardiens de la révolution ou liées à leur société holding Khatam al-Anbiya* coordonnent la plupart des opérations maritimes avec la Nioc. Parmi ces sociétés figurent Sahand Industrial, Sahara Thunder Trading, Pasargad Financial, Admiral Shipping (propriété de la famille Shamkhani) et Gulf Petrochemical Industries Company. Toutes sont soumises à des sanctions américaines en tant que sociétés écrans.
Des experts iraniens en logistique s’efforcent de protéger les pétroliers des dangers. Leur cargaison peut valoir entre 150 et 200 millions de dollars, soit cinq à dix fois la valeur des navires eux-mêmes. Sur l’île de Kharg, d’où est habituellement exporté 90% du pétrole iranien, les navires amarrés au quai extérieur fonctionnent selon des procédures d’urgence leur permettant de larguer leurs amarres et de partir immédiatement sans assistance. L’utilisation du quai d’Azarabad, plus important, a également été réduite pour des raisons de sécurité.
Pendant ce temps, des pétroliers continuent d’assurer la navette entre l’île de Kharg et les îles voisines, ainsi que les navires de stockage.
Les États-Unis ont bombardé des installations militaires sur l’île de Kharg et menacé de s’en emparer et les Gardiens de la révolution semblent se préparer à cette éventualité. Des ports plus petits comme Jask, Lavan et Siri fonctionnent à pleine capacité et accumulent des quantités record de marchandises. On estime que ces ports réunis pourraient traiter 25% des exportations actuelles de l’île de Kharg.
Tous les détails concernant les navires –cargaison, noms des membres d’équipage et destinations– sont transmis aux Gardiens de la révolution par l’intermédiaire d’agents au moment du départ. Après autorisation, un code de transit est attribué. À l’approche du détroit d’Ormuz, les navires sont tenus de diffuser ce code par radio et, s’ils sont autorisés, sont escortés par des navires des Gardiens de la révolution. Ils empruntent souvent un étroit chenal le long de la côte iranienne, permettant aux Gardiens de les surveiller de plus près. Certains pétroliers sont contraints de payer des millions de dollars de frais et leurs dispositifs de suivi sont temporairement activés pour éviter les collisions avant d’être désactivés.
Malgré la récente décision de Washington d’alléger les sanctions, les pétroliers iraniens continuent d’employer des tactiques trompeuses : usurpation d’identité, falsification de documents et manipulation de leur position. Les cargaisons sont souvent transbordées en mer, au large des côtes malaisiennes ou singapouriennes, sur d’autres navires afin de dissimuler leur origine.
La Chine, destinataire final, est à la manœuvre
La destination finale est souvent la Chine, qui absorbe plus de 90% du pétrole iranien. Une centaine de petites raffineries indépendantes de la province du Shandong achètent ce pétrole. Officiellement, ces raffineries sont distinctes des grandes entreprises d’État mais la réalité est plus complexe, certaines étant liées à des sociétés d’État.
Avant la guerre, ces raffineries bénéficiaient de remises importantes sur le pétrole iranien. Désormais, avec la diminution des approvisionnements du Golfe, ces remises ont diminué et le pétrole iranien, une fois les frais de transport ajoutés, est plus cher que le Brent. Les prix mondiaux ont également augmenté, ce qui a considérablement accru les revenus iraniens.
Cependant, ces prix compriment les marges bénéficiaires des raffineries chinoises, notamment en raison du plafonnement des prix des carburants imposé par le gouvernement. Néanmoins, certaines raffineries d’État envisagent d’acheter du pétrole iranien dans le cadre de la dérogation américaine, ce qui pourrait officialiser davantage le rôle de la Chine dans le commerce pétrolier iranien.
Le troisième pilier est le système de paiement. Les acheteurs, chinois et étrangers, paient via des comptes «fiduciaires» temporaires ouverts à cet effet auprès de petites banques en Chine ou à Hong Kong, sous le nom de sociétés écrans. Les fonds sont ensuite transférés à leurs destinations finales par le biais d’un réseau complexe de comptes.
Une partie de l’argent reste en Chine pour l’achat de biens, tandis que le reste est transféré à travers le monde.
The Economist a révélé les noms d’entreprises chinoises récemment utilisées pour transférer des fonds provenant du pétrole iranien et il a été constaté qu’elles traitaient avec des entreprises en Inde, au Kazakhstan et en Turquie.
Ce réseau est géré par des départements spécialisés au sein d’entreprises liées au ministère de la Défense ou aux Gardiens de la révolution, fonctionnant comme des banques informelles. La densité de ces réseaux, qui comprennent des milliers de comptes, les rend extrêmement résistants aux pressions.
Ces dernières semaines, les Émirats arabes unis ont fourni aux États-Unis des informations détaillées sur les réseaux financiers liés à l’Iran, contraignant Téhéran à redistribuer ses fonds via de nouveaux canaux. Les transactions s’effectuent désormais par le biais de multiples sociétés écrans et avec une extrême prudence.
Malgré des retraits effectués sur certains comptes contenant entre 6 et 7 milliards de dollars, de nombreux paradis fiscaux subsistent, notamment des comptes en Asie de l’Est et en Europe.
Cette complexité complique le suivi des fonds, même pour la banque centrale iranienne, mais permet simultanément à certains acteurs du secteur pétrolier d’engranger des profits supplémentaires. Le système pétrolier continue néanmoins de fonctionner.
À moins d’une attaque d’envergure contre les infrastructures énergétiques iraniennes –qui pourrait inciter l’Iran à riposter en frappant des installations dans les pays du Golfe–, il sera difficile de paralyser ce système.
* Khatam al-Anbiya est une société holding géante détenue par les Gardiens de la révolution avec qui contrôle plus de 812 sociétés enregistrées à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran. À ne pas confondre avec une autre structure, le commandement militaire Khatam al-Anbiya, commandement unifié des forces armées iraniennes.
Les cours de l’or ont inversé leur tendance ce jeudi, chutant de plus de 3,5 %. Mettant ainsi fin à une série de quatre jours de hausse, après que le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis poursuivraient leur guerre contre l’Iran dans les deux semaines à venir.
L’or au comptant a chuté de 3,51 % à 4 591,47 dollars l’once jeudi matin. Tandis que les contrats à terme sur l’or américain ont baissé de 3,97 % à 4 622,10 dollars.
Dans une allocution télévisée à la nation, Trump a déclaré que les États-Unis frapperaient l’Iran « très durement » dans les deux à trois semaines à venir et le ramèneraient à « l’âge de pierre ». Tout en ajoutant du reste que les objectifs stratégiques des États-Unis dans ce conflit étaient sur le point d’être atteints.
De leur côté, les prix du pétrole brut Brent ont augmenté de plus de 4 %. Alors que les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans et l’indice du dollar ont progressé. Ce qui a eu un impact négatif sur le métal libellé en dollars.
A noter que le précieux métal a chuté de 11 % en mars, sa pire perte mensuelle depuis 2008. Et ce, après le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février, qui a entraîné une hausse des prix du pétrole et une augmentation des pressions inflationnistes.
Quant aux autres métaux précieux, l’argent a chuté de 2,9 % à 72,95 $ sur le marché au comptant, le platine a baissé de 1,8 % à 1 928,26 $ et le palladium a reculé de 1,4 % à 1 451,85 $.
Sky Newsrapporte que le dollar a rebondi jeudi face aux principales devises, porté par les propos du président américain Donald Trump sur l’Iran, qui ont ravivé les craintes d’une escalade au Moyen-Orient et renforcé l’appétit pour les actifs refuges.
Après deux jours de recul, le dollar s’est redressé de 0,3%, porté par la hausse des tensions au Moyen-Orient. L’indice du dollar a atteint 99,925 avant de se stabiliser à 99,861.
Dans le même temps, les marchés pétroliers ont bondi, avec le Brent et le WTI en forte hausse. Alors que l’or et l’argent ont reculé nettement.
Les prix du pétrole brut ont chuté le 1er avril 2026, avec le Brent à 100,64 $ le baril (-3,2%) et le WTI à 98,04 $ (-3,3%), après une session volatile marquée par des prises de bénéfices en séance asiatique. C’est ce qu’annoncent des médias occidentaux.
Il faut dire que le contexte géopolitique y est pour quelque chose. Car on a vu au delà des tensions persistantes au Moyen-Orient, les marchés anticipent une désescalade. Ils parient sur la fin du conflit entre l’Iran, les USA, et le Moyen-Orient qu’ils jugent probable.
Toutefois, les risques d’approvisionnement élevés maintiendront la prudence des marchés. Ce qui fait que l’évolution des prix dépendra de la rapidité du rétablissement des chaînes d’approvisionnement et de la stabilité du détroit d’Ormuz.
Faire le plein sans vider son portefeuille. C’est une réalité quotidienne pour des millions d’Africains dans certains pays du continent. Selon le classement mensuel de Global Petrol Prices, qui suit les prix du carburant dans plus de 170 pays, plusieurs pays africains figurent parmi les moins chères au monde.
La Libye
Il s’agit de payer juste 0,024 dollar pour un litre d’essence. Moins qu’une bouteille d’eau. C’est la réalité en Libye, qui trône en tête du classement Global Petrol Prices, non seulement en Afrique, mais aussi dans le monde entier.
L’Angola et l’Algérie, des voisins bien lotis
À 0,327 dollar, l’Angola fait figure de bon élève. L’Algérie n’est pas loin, à 0,357 dollar le litre. Sixième au classement mondial selon Global Petrol Prices, Alger protège ses citoyens grâce à une politique de subvention ancrée depuis des décennies. Pour un chauffeur de taxi algérien ou un agriculteur angolais, c’est une bouffée d’air frais dans un quotidien souvent difficile.
L’Égypte, le Soudan, le Nigeria
Au Caire, on fait le plein à 0,462 dollar le litre. Au Soudan, à 0,700 dollar. Au Nigeria, à 0,802 dollar. Premier producteur de pétrole du continent, le Nigeria pourrait faire mieux, mais les sabotages sur les pipelines, les vols de brut et des raffineries vieillissantes plombent la filière. Malgré tout, le prix reste contenu. Pour des millions de Nigérians qui dépendent du transport pour vivre et travailler, c’est loin d’être anodin.
Éthiopie, Tunisie, Niger, Liberia
L’Éthiopie affiche 0,844 dollar, la Tunisie 0,870 dollar. À Niamey, capitale d’un des pays les plus pauvres du monde, le litre se négocie à 0,886 dollar. Le Liberia ferme le top 10 à 0,910 dollar. Des chiffres modestes en apparence, mais qui font une vraie différence pour un commerçant qui livre sa marchandise ou une famille qui prend le bus chaque matin.
Mais pourquoi ces prix sont si bas?
Ce n’est pas un hasard. C’est un choix. Subventions publiques, production nationale, contrôle des prix, ces gouvernements ont décidé que l’énergie ne serait pas un luxe. Selon Global Petrol Prices, ce sont les politiques fiscales locales qui font toute la différence. Chaque pays achète le pétrole au même cours mondial. Mais ce que l’État décide d’absorber ou de répercuter sur le citoyen, c’est là que tout se joue.
La production nationale de pétrole brut a reculé de 11% pour s’établir à 1006 kilotonnes, selon les dernières données publiées par l’Observatoire national de l’Énergie et des Mines. Cette évolution ressort du rapport sur la conjoncture économique arrêté à fin octobre. Le repli concerne la majorité des champs pétroliers en activité.
D’après l’Observatoire, la baisse de la production a touché la plupart des principaux champs. Les plus fortes diminutions ont été enregistrées à Barka (-82%), Nawara (-41%) et Ashtart (-28%).
D’autres sites affichent également des replis notables, notamment Adem (-17%), Gherib (-20%), El Hajeb/Guebiba (-13%), Halk El Manzel (-11%), Miskar (-7%) et El Borma (-4%), confirmant une tendance baissière étendue à l’ensemble du secteur.
Des hausses ponctuelles sur certains sites
À l’inverse, quelques champs ont enregistré une amélioration de leur production. Il s’agit notamment d’Ezzaouia (+45%), de Gremda/El Ain (+370%) et de D.S.T (+35%).
Des progressions plus modestes ont également été relevées à Bir Ben Tartar (+3%) et à Cercina (+1%), sans toutefois compenser la baisse globale observée au niveau national.
Repli de la production journalière
L’Observatoire indique par ailleurs que la moyenne journalière de la production pétrolière est passée de 29,1 mille barils par jour à 25,6 mille barils par jour sur un an.
Cette évolution confirme la contraction de la production nationale de pétrole brut et ses implications directes sur l’équilibre énergétique du pays.
La justice tunisienne a décidé de placer en garde à vue le directeur général d’une société pétrolière relevant du ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines.
Cette décision a été prise par le Parquet du pôle judiciaire économique et financier, suite à des investigations pour des dérives financières et administratives présumées au sein de l’entreprise, rapporte Mosaique FM.
Selon des sources judiciaires, trois autres cadres de la société, dont un représentant syndical, ont également été placés sous le coup de la garde à vue. Les enquêtes sont menées par la Brigade centrale des recherches économiques et financières du Garde national à l’Aouina, dans le cadre d’un dossier portant sur des soupçons de corruption et de malversations administratives.
Ce dossier intervient dans un contexte où les autorités tunisiennes multiplient les contrôles dans le secteur public, en particulier dans les entreprises stratégiques, afin de lutter contre la corruption et renforcer la transparence financière.
Les investigations en cours permettront de déterminer l’ampleur des irrégularités et d’identifier les responsabilités de chacun.
La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a annoncé que l’État entend revitaliser le secteur des hydrocarbures en adoptant des législations favorables à l’investissement et en révisant le code des hydrocarbures. L’objectif : renforcer la souveraineté énergétique et combler le déficit croissant provoqué par la baisse de la production nationale.
Un secteur en recul et des réformes en préparation
Présentant le projet de budget de l’État et le budget économique 2026 devant une séance plénière conjointe de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD), Sarra Zaafrani Zenzri a indiqué que la production d’hydrocarbures a chuté de près de 30% entre 2021 et 2025.
Cette baisse s’explique par la diminution de la rentabilité de plusieurs champs pétroliers, notamment ceux d’El Borma et d’Achtrat, mais aussi par le désengagement des grandes compagnies internationales. Résultat : le taux d’indépendance énergétique du pays a reculé de 93% en 2010 à seulement 41% en 2024.
Pour inverser cette tendance, le gouvernement prévoit, dès 2026, de relancer les activités de recherche, d’exploration et de développement des gisements. Des mesures seront prises pour « rétablir la confiance des investisseurs », notamment par la simplification et l’accélération des procédures d’autorisation et la mise en avant des sites les plus rentables.
Cap sur les énergies renouvelables
Parallèlement, l’exécutif compte intensifier les efforts de transition énergétique, avec l’ambition de produire 35 % de l’électricité nationale à partir des énergies renouvelables.
Selon la cheffe du gouvernement, plusieurs projets solaires, totalisant 800 mégawatts, ont été attribués au premier semestre 2025. Parmi eux figurent une centrale photovoltaïque de 100 MW à Matbasta (Kairouan), ainsi que deux stations de 50 MW à Sidi Bouzid et Tozeur, dont trois entreront en service d’ici la fin de l’année.
De nouvelles licences ont également été octroyées pour quatre unités solaires supplémentaires, tandis que deux centrales électriques à cycle combiné sont opérationnelles à Sfax. Ces initiatives s’ajoutent aux projets menés dans le cadre de la production sous licence et de l’autoproduction.
La cheffe du gouvernement a souligné que les énergies renouvelables représentent aujourd’hui un pôle d’attraction majeur pour les investisseurs. Entre janvier et septembre 2025, les investissements déclarés dans ce domaine ont atteint environ 1,66 milliard de dinars, soit 28% du total national.
Elle a rappelé que ces résultats s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de transition énergétique, appuyée par des partenariats solides avec des opérateurs expérimentés et un cadre juridique modernisé, incluant le système de concession.
Une vision à long terme
Sarra Zaafrani Zenzri a également évoqué deux projets structurants. L’interconnexion électrique Tunisie-Italie (ELMED), qui fera du pays un hub régional des énergies propres ; et le programme national de transition énergétique, doté d’un financement de 343 millions de dinars, destiné à développer davantage la production issue de ressources renouvelables.
Les exportations tunisiennes d’énergie ont reculé de 34% à fin septembre 2025, selon une note de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE). L’organisation tire la sonnette d’alarme sur une crise énergétique structurelle, marquée par l’effondrement de la production nationale de pétrole et de gaz, et une dépendance croissante aux importations.
Un effondrement de la production nationale
La note intitulée « Importations : les dessous d’un trend contrasté » dresse un constat préoccupant : la production quotidienne de pétrole est passée de 77 000 barils en 2010 à seulement 27 000 barils en 2025. Cette chute drastique traduit, selon l’IACE, « une dégradation pluriannuelle et continue » du secteur.
L’institut souligne que même les espoirs placés dans le champ gazier de Nawara, longtemps présenté comme une bouffée d’oxygène pour l’économie tunisienne, se sont « bien volatilisés ». Les chiffres le confirment : la production de pétrole de Nawara a reculé de 47%, passant de 54,2 Ktep à fin août 2024 à 28,7 Ktep en août 2025. La production de gaz naturel a elle aussi chuté de 25%, pour s’établir à 169 Ktep.
Un déficit commercial énergétique toujours lourd
Cette paralysie du secteur continue de peser lourdement sur le déficit commercial, dont la part liée à l’énergie représente désormais 48%. Sans la baisse des cours mondiaux, la situation aurait été encore plus critique. En effet, le prix moyen du baril de pétrole a diminué de 84 dollars à 72 dollars entre juin 2024 et juin 2025, soit une baisse de 15%, atténuant partiellement la facture énergétique.
Grâce à cet essoufflement des prix, les importations de produits énergétiques ont légèrement reculé de 11,8% à fin septembre 2025, alors qu’elles avaient bondi de 14,5% sur la même période un an plus tôt.
Une alerte sur la dépendance énergétique du pays
Pour l’IACE, ces indicateurs traduisent une crise systémique : chute des capacités de production, sous-investissement dans la prospection, lenteur des réformes et désengagement progressif des investisseurs étrangers. L’institut estime qu’un nouveau modèle énergétique s’impose, fondé sur la diversification des sources et le développement des énergies renouvelables.
« Sans une refonte profonde de la gouvernance du secteur, la Tunisie continuera à importer la majorité de ses besoins énergétiques », avertit le rapport.
Le ministère de l’Industrie annonce un vaste programme de forages mené par la société italo-tunisienne SITEP pour réduire le déficit énergétique national.
Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a annoncé la mise en œuvre d’un programme de développement et d’exploration pétrolière dans le champ d’El Borma, mené par la Société italo-tunisienne d’exploitation du pétrole (SITEP). Ce plan, qui s’étendra jusqu’en 2030, vise à renforcer la production nationale d’hydrocarbures et à réduire le déficit énergétique.
Le projet prévoit le forage de dix nouveaux puits de pétrole et de gaz, dont deux seront réalisés en 2025 et 2026, selon la réponse du ministère à une question écrite adressée par un député de l’Assemblée des représentants du peuple concernant la situation de la SITEP.
L’entreprise, à participation publique, ne relève pas du régime classique des marchés publics, mais applique des procédures validées par son conseil d’administration, précise la note. Les commissions d’ouverture des offres techniques et financières, ainsi que la commission des marchés, comprennent des représentants du ministère des Finances et du ministère de l’Industrie.
Concernant la baisse de production du champ d’El Borma, le ministère explique qu’elle résulte du déclin naturel des gisements, estimé à environ 8 % par an, mais aussi de contraintes techniques : retards dans l’approvisionnement en matériel, problèmes de maintenance des équipements de forage et difficultés financières ayant découragé certains fournisseurs de participer aux appels d’offres en raison de créances accumulées.
Malgré ces obstacles, la production d’El Borma a enregistré une hausse de 15 % à fin mars 2025, comparée à la même période de 2024. Une amélioration que le ministère attribue aux efforts soutenus de la société pour relancer la production.