Normale Ansicht

Trump interdit l’importation de certains produits canadiens aux Etats-Unis

09. September 2026 um 14:00

Donald Trump a intensifié son différend commercial avec le Canada, en interdisant l’importation de certains produits canadiens aux États-Unis et en augmentant les droits de douane sur d’autres.

Cette annonce fait suite à l’imposition par Ottawa de nouveaux droits de douane sur les importations américaines en réponse aux droits de douane supplémentaires annoncés par Washington le 22 août sur les importations canadiennes. Les produits canadiens interdits d’importation aux États-Unis comprennent les boissons alcoolisées, les produits laitiers et les motos de grosse cylindrée. Cette interdiction entrera en vigueur le 29 septembre, conformément à un décret présidentiel.

De plus, à compter du 15 septembre, des droits de douane supplémentaires de 50 % seront imposés sur une gamme de produits, allant des matelas aux voiturettes de golf, en passant par les bateaux à moteur. En revanche, certains produits canadiens seront exemptés des droits de douane supplémentaires, bien que la liste soit nettement plus courte. Le papier toilette en fait partie.

Pour justifier l’interdiction d’importer des boissons alcoolisées canadiennes, Trump a cité le boycott des boissons alcoolisées américaines par les Canadiens. Depuis l’an dernier, les vins américains et autres boissons alcoolisées ont disparu des rayons des magasins dans la plupart des provinces canadiennes. Les Canadiens ont ainsi voulu exprimer leur mécontentement face aux nouveaux tarifs douaniers américains, mais aussi face aux propositions répétées de Trump de faire du Canada le 51e État des États-Unis.

Pari

Le ministre canadien des Relations avec les États-Unis, Dominique LeBlanc, a déclaré à X qu’Ottawa « examinait » ces mesures « injustifiées ». Tout en ajoutant qu’il était en contact avec le représentant au commerce de la Maison Blanche, Jamieson Greer. « Lorsque les États-Unis seront prêts au dialogue, notre gouvernement travaillera de bonne foi et de manière constructive à la création de relations commerciales plus sûres et mutuellement avantageuses qui respectent pleinement la souveraineté canadienne », a-t-il ajouté.

De son côté, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a averti que la stratégie de son gouvernement visant à réduire la dépendance envers les États-Unis aurait des « coûts » économiques à court terme. Mais il prend un risque économique considérable. Près de 60 % des importations canadiennes proviennent des États-Unis et environ 70 % des exportations canadiennes sont destinées à ce voisin.

Dans le même temps, Trump a annoncé l’exclusion des entreprises canadiennes du programme de contrats gouvernementaux américains, selon un message publié sur Truth Social.

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Le yen atteint son plus haut niveau depuis 7 mois face au dollar

08. September 2026 um 12:46

Le yen a atteint mardi 8 septembre son plus haut niveau en sept mois face au dollar. Les cambistes continuant de liquider leurs positions courtes dans un contexte d’anticipations croissantes d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque du Japon.

En début de séance ce mardi, le yen a atteint 153,53 contre le dollar, dépassant les niveaux atteints lorsque le gouvernement japonais est intervenu pour soutenir la monnaie en juillet. Cette hausse s’ajoute à une augmentation de 1,2 % du yen lors d’une séance de Bourse calme lundi, en raison d’un jour férié aux États-Unis. Ce qui porte la devise japonaise à environ 4 % par rapport au niveau d’environ 160 yens pour un dollar qu’elle a atteint la semaine dernière.

Les opérateurs et les analystes estiment qu’une combinaison de facteurs, notamment les paris sur une accélération du resserrement monétaire de la Banque du Japon, la possibilité que les investisseurs japonais rapatrient leurs fonds et les pressions politiques américaines, entraînent actuellement un changement radical de la trajectoire de cette monnaie en difficulté.

L’attention du marché se porte désormais sur les données relatives à l’inflation américaine qui seront publiées cette semaine, les dernières données clés avant la réunion du Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) des 15 et 16 septembre. Les opérateurs estimant à 60 % la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt américains ce mois-ci, suite au rapport sur l’emploi non agricole de vendredi, plus favorable que prévu.

Les investisseurs surveillent également les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs implications sur l’inflation après que l’Iran a menacé lundi de riposter à toute nouvelle attaque américaine visant ses actifs. Tout en avertissant que les infrastructures énergétiques de toute la région sont menacées, y compris les intérêts américains dans le secteur pétrolier et gazier.

Les prix du pétrole se sont maintenus près de leur plus haut niveau en six semaines, le prix du Brent restant supérieur à 97 dollars le baril.

De son côté, le yuan chinois s’est maintenu stable sur le marché offshore, proche de son plus haut niveau en trois ans et demi, à 6,708 contre le dollar. Et ce, dans l’attente des données commerciales prévues plus tard dans la journée. Lesquelles devraient montrer une croissance plus rapide des exportations du pays au cours du mois d’août.

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L’or progresse dans un contexte de dollar plus faible

08. September 2026 um 12:10

Les cours de l’or ont légèrement progressé ce mardi, le dollar s’étant affaibli, l’attention étant portée sur les prochaines données concernant l’inflation aux Etats-Unis.

L’or au comptant a progressé de 0,43 % à 4 423,23 dollars l’once. Les contrats à terme sur l’or américain pour livraison en décembre ont reculé de 0,19 % à 4 468 dollars. L’indice du dollar a reculé de 0,3 %, rendant les métaux libellés en dollars moins chers pour les acheteurs détenant d’autres devises, selon Reuters.

Les cours de l’or ont chuté le 4 septembre après la publication de données montrant une forte accélération de la croissance de l’emploi aux États-Unis au cours du mois d’août; tandis que le taux de chômage restait stable à 4,1 %. Bien que l’or soit reconnu comme une protection contre l’inflation, la hausse des taux d’intérêt réduit l’attrait de ce métal qui ne rapporte pas d’argent.

La Deutsche Bank prévoit désormais que la Banque centrale européenne (BCE) relèvera ses taux d’intérêt de 25 points de base en décembre, en plus de la hausse déjà prévue en septembre, les risques persistants dans le secteur de l’énergie continuant de peser sur les anticipations d’inflation.

Quant aux autres métaux précieux, l’argent a progressé de 0,82 % sur le marché au comptant pour atteindre 66,70 dollars l’once, le platine de 0,1 % à 1 833,42 dollars et le palladium de 0,48 % à 1 399,01 dollars.

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Chemanol : les pertes ramenées à 21,8 millions de dollars au premier semestre 2026

08. September 2026 um 11:35

La  société saoudienne cotée à la Bourse de Riyad (Tadawul), Chemanol Methanol Chemicals Company spécialisée dans la pétrochimie et plus précisément dans la production de méthanol et de ses dérivés a fortement réduit ses pertes au premier semestre 2026 (de 381,7 à 81,6 millions de riyals soit 21,8 millions de dollars américains), principalement grâce à l’absence de nouvelles dépréciations massives comme en 2025 et à une légère amélioration de sa marge.

La réduction des pertes observée au cours de la période actuelle, par rapport à la période comparable de l’année précédente, s’explique par le fait que cette dernière avait inclus des dépréciations d’actifs des sociétés filiales, à savoir Chimicals Al-Dar et International Chemical Industries Ltd, pour un montant de 279,3 millions de riyals.

Par ailleurs, les revenus ont baissé de 14 % au cours de la période actuelle par rapport à la période comparable de l’année précédente, en raison d’une diminution de 27 % des volumes vendus. La performance a été affectée par les fluctuations des marchés et par les défis qu’ont connus les chaînes d’approvisionnement. Lesquels ont eu un impact sur les principales routes d’expédition ainsi que sur leurs coûts.

La performance a également été principalement influencée par la hausse des prix du gaz au début de l’année 2025, ainsi que par les fluctuations des marchés et les difficultés persistantes au niveau des chaînes d’approvisionnement, qui ont entraîné une augmentation des coûts d’assurance et de transport, affectant ainsi les principales routes d’expédition et leurs coûts.

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Engrais : une coalition mondiale pour nourrir la planète

07. September 2026 um 07:40

Les principales banques multilatérales de développement (BMD) et des institutions financières internationales ont publié, début septembre 2026, une déclaration commune afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en engrais face aux vulnérabilités structurelles les guettant.

Cette déclaration publiée sur le site de la Banque africaine de développement (BAD) intervient alors que la sécurité alimentaire demeure l’un des défis de développement les plus urgents et critiques à l’échelle de la planète. « Des chocs répétés ont mis en évidence les vulnérabilités structurelles des chaînes d’approvisionnement mondiales en engrais, affectant de manière disproportionnée les petits exploitants agricoles et les ménages à faibles revenus ».

A travers cette déclaration, les institutions signataires entendent mobiliser leurs ressources, par des financements coordonnés, le dialogue politique, l’innovation technologique et l’engagement renforcé du secteur privé.

Elles s’engagent ainsi à élaborer une feuille de route coordonnée visant à accroître les financements alloués à la production, la transformation, le mélange, le stockage et le transport des engrais. Tout en améliorant le suivi des marchés pour garantir un accès rapide aux intrants. De même qu’elles s’obligent à promouvoir une gestion précise des nutriments via des analyses de sols, l’agriculture numérique, la recherche et des services de conseil adaptés aux agriculteurs.

Cette feuille de route a aussi pour objectifs de : restaurer le capital naturel et la fertilité des terres par une meilleure gestion des ressources en eau et des sols, ainsi que par le biais de solutions fondées sur la nature; protéger la sécurité alimentaire des ménages vulnérables; faciliter l’accès aux financements, aux marchés et aux technologies logistiques pour les petits exploitants et les PME agroalimentaires;  ainsi que d’approfondir la collaboration et le partage de données entre gouvernements, chercheurs, société civile et secteur privé pour soutenir des politiques publiques fondées sur des données probantes.

La déclaration commune a été signée par six institutions clés du paysage financier mondial. A savoir : le Groupe de la Banque africaine de développement; la Banque asiatique de développement (coordonnant en tant que présidente du Groupe des dirigeants des BMD); la Banque européenne pour la reconstruction et le développement; le Groupe de la Banque interaméricaine de développement; le Fonds international de développement agricole; et le Groupe de la Banque mondiale.

Avec TAP

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L’excédent commercial du Brésil dépasse 7 milliards de dollars en août

05. September 2026 um 11:37

Le Brésil a enregistré en août 2026 un excédent commercial de 7,4 milliards de dollars. Cette performance repose sur une progression plus rapide des exportations que des importations.

Les exportations brésiliennes ont augmenté de 12,2 % sur un an, pour atteindre 33,2 milliards de dollars, contre une progression des importations de 9,2 %, à 25,8 milliards de dollars. Cette performance commerciale a notamment été portée par les matières premières. Les exportations de minerai de cuivre ont bondi de 223,1 % sur un an en août, contribuant fortement à l’élargissement du surplus. Idem pour les ventes à l’étranger de pétrole brut, de soja, de café et de carburants qui ont enregistré des progressions à deux chiffres….

Sur les huit premiers mois de 2026, l’excédent commercial brésilien s’est établi à 55,3 milliards de dollars, soit une progression de 28,2 % par rapport à la même période de 2025. Le pays conserve ainsi une importante capacité à dégager un solde extérieur positif, malgré un environnement commercial international marqué par les tensions tarifaires et les incertitudes géopolitiques.

Cette performance intervient alors que les relations commerciales entre Brasilia et Washington restent tendues. Les États-Unis ont imposé de nouvelles surtaxes sur certaines importations brésiliennes, poussant les deux gouvernements à reprendre les discussions sur leurs relations commerciales. Des responsables brésiliens et américains se sont notamment entretenus fin août et sont convenus de poursuivre les négociations.

 

Lire aussi: Lula : les nouveaux droits de douane américains sont une « erreur stratégique »

 

Malgré ces tensions, les exportations brésiliennes ont continué de progresser en août. Les données montrent notamment une hausse de 12,1 % des ventes vers les États-Unis sur le mois, selon les informations disponibles sur les échanges brésiliens.

La Chine et l’Europe renforcent leur poids

Le Brésil dispose également de débouchés importants en dehors du marché américain. Les ventes vers la Chine et l’Union européenne demeurent des composantes majeures de ses échanges extérieurs. La diversification des marchés constitue un atout dans un contexte où les politiques tarifaires américaines compliquent les perspectives des exportateurs brésiliens.

Les exportations vers la Chine ont notamment progressé de 15 %, tandis que celles vers l’Union européenne ont augmenté de 46,4 % en août, selon la presse locale.

Le résultat d’août confirme donc la solidité du commerce extérieur brésilien. Avec 33,2 milliards de dollars d’exportations contre 25,8 milliards d’importations, le pays a dégagé un surplus mensuel supérieur aux attentes.

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Trump-Iran-Pétrole : les cours reculent le 3 septembre

03. September 2026 um 08:15

Les cours du pétrole ont légèrement reculé jeudi 3 septembre dans les échanges asiatiques, après trois séances consécutives de hausse. Le marché a été quelque peu rassuré par les déclarations de Donald Trump sur la durée de la nouvelle campagne militaire américaine contre l’Iran.

Le Brent pour livraison en novembre cède 0,4 % à 95,25 dollars le baril; tandis que le West Texas Intermediate (WTI) recule  de 0,2 % à 90,80 dollars. Les deux références avaient gagné près de 1 % mercredi, atteignant leur plus haut niveau depuis cinq semaines.

La remontée récente des prix a été alimentée par la crainte d’une nouvelle escalade militaire entre Washington et Téhéran susceptible de perturber davantage les approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient. Les forces américaines ont frappé des cibles sur la côte sud de l’Iran. Alors que Téhéran a riposté contre des positions américaines dans la région.

Mais Donald Trump a assuré mercredi que la nouvelle campagne américaine contre l’Iran ne devrait pas s’inscrire dans la durée. Cette déclaration a contribué à réduire une partie de la prime de risque intégrée aux cours du pétrole. Il a indiqué également que les frappes avaient notamment visé des systèmes radars, des installations de missiles iraniens ainsi que des capacités susceptibles d’être utilisées pour mouiller des mines autour du détroit d’Ormuz.

Ormuz reste au centre des inquiétudes

Le détroit d’Ormuz demeure cependant le principal point de tension pour les marchés pétroliers. A cet égard, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright a déclaré que quelque 17 millions de barils de brut ont transité par cette voie maritime lundi 31 août. Soit le niveau quotidien le plus élevé depuis le début de la forte perturbation des flux provoquée par le conflit.

La situation reste toutefois très instable. D’après les données préliminaires de Kpler, seulement quatre navires marchands ont franchi le détroit mardi, contre une moyenne d’environ 13 sur les dix jours précédents.

Dans ce contexte, cette forte volatilité entretient les incertitudes sur la capacité du marché à retrouver rapidement un fonctionnement normal, malgré les signes d’une reprise partielle du trafic.

Les stocks américains soutiennent les cours

Le marché a également reçu un signal favorable du côté des stocks américains. Les réserves commerciales de pétrole brut des États-Unis ont diminué de 4,5 millions de barils la semaine dernière, à 424,5 millions de barils, enregistrant leur première baisse en cinq semaines. Cette évolution a surpris les analystes, qui anticipaient au contraire une légère progression des stocks.

Du côté des produits raffinés, les données sont plus contrastées. Les stocks d’essence ont diminué de 1,2 million de barils; alors que ceux de distillats, qui comprennent notamment le diesel et le fioul domestique, ont augmenté d’environ 800 000 barils.

L’Opep+ sous surveillance

Les investisseurs se tournent désormais vers la prochaine réunion de l’Opep+. Le groupe devrait maintenir inchangée sa politique de production pour octobre, après avoir achevé le démantèlement programmé d’une partie des réductions de production.

Notons que l’Opep+ avait déjà relevé les quotas de production pour septembre de 188 000 barils par jour. Entre les déclarations de Washington, l’évolution du conflit avec l’Iran et le trafic toujours irrégulier dans le détroit d’Ormuz, le marché pétrolier reste ainsi suspendu à l’évolution de la situation géopolitique.

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Tribune de Ferid Belhaj : « Recentrer l’ONU sur la paix grâce à l’article 99 »

01. September 2026 um 10:11

À l’heure où les Nations unies s’apprêtent à élire leur nouveau Secrétaire général, une tribune de l’ancien vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord Ferid Belhaj met l’accent sur l’importance d’opérer un recentrage stratégique : confier le développement aux acteurs les mieux outillés et faire de la paix, via l’article 99 de la Charte, la priorité absolue de l’institution.

L’idée est claire : recentrer l’action du Secrétaire général sur son rôle premier de prévention et de résolution des conflits, en s’appuyant sur la prérogative exceptionnelle de l’article 99, qui lui permet d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute menace à la paix et à la sécurité internationales. 

Dans cette note de politique publique, Ferid Belhaj soutient que l’Organisation des Nations unies s’est progressivement éloignée de sa mission centrale en accumulant un nombre croissant de responsabilités. Développement durable, changement climatique, santé, migrations, gouvernance numérique, financement, égalité entre les sexes et systèmes alimentaires : autant de domaines désormais associés à l’action du Secrétaire général. Ces enjeux sont essentiels, mais l’élargissement continu de l’agenda onusien aurait créé une forme d’ « inflation des missions » , caractérisée par la multiplication des priorités, des mécanismes de coordination, des sommets et des déclarations, sans que l’organisation dispose des moyens nécessaires pour obtenir des résultats concrets.

Lire aussi : Ferid Belhaj : “La souveraineté du XXIe siècle se mesure à la capacité d’un pays à organiser ses interdépendances”

Ferid Belhaj estime que le prochain Secrétaire général devrait donc renoncer à devenir le responsable de toutes les grandes questions mondiales. Il devrait plutôt recentrer son action sur les domaines dans lesquels l’ONU possède une véritable légitimité et des compétences difficilement remplaçables : la diplomatie préventive, la médiation, la sécurité collective et la préservation de la paix internationale.

Cette proposition repose sur un retour à l’architecture multilatérale conçue après la Seconde Guerre mondiale. Les accords de Dumbarton Oaks, de Bretton Woods et de San Francisco avaient établi un système décentralisé, dans lequel chaque institution devrait disposer d’un mandat, d’instruments et d’une expertise spécifiques. Le Fonds monétaire international devait assurer la coopération monétaire et répondre aux crises de balance des paiements. La Banque mondiale devait financer la reconstruction puis le développement. Les agences spécialisées, telles que l’Organisation internationale du travail, la FAO, l’UNESCO ou l’Organisation mondiale de la santé, devaient exercer leurs propres responsabilités techniques et conserver leurs structures de gouvernance.

Dans ce dispositif, le Secrétariat de l’ONU n’était pas conçu comme le gouvernement administratif de la planète. Le poste de Secrétaire général devait être avant tout politique, à la croisée de la diplomatie, du jugement et de la légitimité internationale. La Charte des Nations unies accorde d’ailleurs une place prioritaire à la paix et à la sécurité. Le Conseil de sécurité en assume la responsabilité principale, tandis que l’article 99 donne au Secrétaire général le pouvoir d’attirer l’attention du Conseil sur toute situation susceptible de menacer la paix internationale.

Ferid Belhaj souligne que cette logique de spécialisation fonctionnelle a progressivement été affaiblie. La décolonisation, les revendications du dialogue Nord-Sud, les crises humanitaires et l’optimisme multilatéral qui a suivi la fin de la guerre froide ont conduit l’ONU à élargir son rôle. Le Secrétaire général est devenu la figure publique d’un agenda mondial de plus en plus vaste. Les réformes du système de développement des Nations unies, notamment celle de 2018, ont renforcé la coordination depuis le centre, avec des coordonnateurs résidents davantage rattachés au Secrétaire général et une planification plus intégrée des équipes présentes dans les différents pays.

Cette réforme visait à remédier à la fragmentation du système. Le Groupe des Nations unies pour le développement durable rassemble aujourd’hui 37 agences, fonds et programmes opérant à travers 130 équipes de pays dans plus de 160 pays et territoires. Cependant, cette centralisation aurait également renforcé une tendance consistant à répondre au chevauchement des mandats par la création de nouveaux mécanismes de coordination, plutôt que par une définition plus précise des responsabilités

Ferid Belhaj distingue ainsi la “dérive des missions” de l’ “inflation des missions”. La première désigne l’extension progressive d’une organisation au-delà de son mandat initial. La seconde est plus profonde : les objectifs se multiplient plus vite que les pouvoirs et les instruments nécessaires pour les atteindre. L’organisation devient alors politiquement responsable de résultats qu’elle ne peut pas réellement produire. L’écart entre les promesses et les capacités risque ainsi d’affaiblir sa crédibilité.

Les Objectifs du millénaire pour le développement et les Objectifs de développement durable illustrent cette évolution. Les huit Objectifs du millénaire avaient permis de concentrer et de rendre lisible l’agenda du développement. Leur mise en œuvre reposait toutefois sur une division claire des tâches : les gouvernements adoptaient les réformes, les banques de développement finançaient les investissements, les agences spécialisées apportaient leur expertise et les donateurs bilatéraux fournissaient des subventions.

Avec les Objectifs de développement durable, l’ambition s’est considérablement élargie : 17 objectifs, 169 cibles et plus de 200 indicateurs couvrent presque tous les aspects des politiques économiques, sociales et environnementales. Cette démarche a constitué une réussite politique, mais elle a aussi rendu la priorisation plus difficile. Aucun acteur ne possède l’autorité ou les ressources nécessaires pour diriger la mise en œuvre d’un programme aussi vaste. La coordination est donc devenue une activité administrative lourde, mobilisant des plans intégrés, des mécanismes interagences, des examens nationaux et des procédures de suivi.

Pour l’auteur, le principal problème est que le Secrétariat acquiert des responsabilités sans disposer du contrôle correspondant. Le développement dépend en réalité des décisions des États, des investissements des entreprises, du financement des infrastructures, de la stabilité macroéconomique et du fonctionnement des services publics. L’ONU peut mobiliser, réunir les acteurs et donner une légitimité politique, mais elle ne doit pas confondre cette capacité d’influence avec les instruments opérationnels qui produisent effectivement les résultats.

Le coût de cette inflation des missions est d’autant plus important que la ressource la plus rare du Secrétaire général n’est pas seulement l’argent, mais aussi l’attention. Chaque nouvelle priorité réduit le temps et le capital politique disponibles pour les crises qui exigent une intervention diplomatique urgente.

Ferid Belhaj propose donc plusieurs orientations. La première consiste à replacer la paix et la sécurité au centre de l’action du Secrétaire général, en utilisant davantage l’article 99 et en développant une doctrine d’engagement politique précoce. La deuxième serait d’appliquer un « test de subsidiarité  à chaque nouvelle initiative » : une autre institution dispose-t-elle déjà du mandat et des instruments nécessaires ? L’intervention du Secrétariat apporterait-elle une véritable valeur ajoutée politique ? Que pourrait-il cesser de faire pour préserver ses capacités ?

La Banque mondiale et les banques régionales devraient diriger les dossiers nécessitant des financements et des investissements. Le FMI devrait rester l’acteur principal en matière de stabilité macroéconomique, de dette et de coopération monétaire. Les agences spécialisées devraient exercer leur leadership technique. Tandis que les gouvernements devraient rester responsables de la mise en œuvre nationale. Le Secrétariat pourrait continuer à réunir ces acteurs lorsqu’un obstacle politique l’exige, mais il devrait cesser de vouloir devenir leur centre opérationnel.

Enfin, l’ancien vice-président de la Banque mondiale préconise la suppression régulière des mandats devenus inutiles, la limitation des obligations de rapport et l’instauration de dates d’expiration pour les groupes d’experts et les envoyés spéciaux. La retenue ne serait pas un recul, mais une forme de puissance institutionnelle. Le prochain Secrétaire général devrait être jugé moins sur le nombre d’initiatives lancées que sur les crises désamorcées, les canaux de dialogue préservés et les guerres évitées.

La thèse finale est claire : une ONU qui entreprend moins de tâches, mais qui se montre indispensable dans les domaines qu’elle seule peut véritablement assumer, pourrait contribuer à rendre le multilatéralisme à nouveau crédible.

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G20 : les droits de douane et l’Iran dominent les débats

01. September 2026 um 09:05

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se réunissent les 31 août et 1er septembre 2026 à Asheville, en Caroline du Nord, pour discuter de croissance mondiale, de dette et de déséquilibres commerciaux. Mais les droits de douane américains et la volonté de Washington d’accentuer la pression économique sur l’Iran s’imposent au cœur des débats.

Les grands argentiers du G20 se retrouvent aux États-Unis dans un contexte particulièrement tendu. La réunion d’Asheville intervient alors que Washington poursuit sa politique tarifaire à l’égard de plusieurs partenaires commerciaux et cherche parallèlement à convaincre ses alliés de participer à son offensive économique contre l’Iran.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, doit piloter les discussions avec ses homologues des principales économies mondiales, aux côtés du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. La présidence américaine du G20 souhaite officiellement consacrer les travaux à la croissance, à la déréglementation et à la réduction des déséquilibres commerciaux.

La question commerciale risque toutefois de monopoliser une partie des échanges. Les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane à de nombreux partenaires; tandis que les négociations avec le Canada se sont récemment tendues.

Washington présente ces mesures comme un moyen de corriger les déséquilibres commerciaux et de lutter contre des politiques jugées déloyales, notamment les surcapacités industrielles. Plusieurs pays du G20 souhaitent cependant discuter des conséquences de cette politique sur le commerce mondial et sur leurs propres économies. L’Europe entend notamment soulever la question de l’augmentation des exportations chinoises, qui exerce une pression croissante sur certaines de ses industries.

Washington veut élargir la pression sur l’Iran

L’autre grand dossier de la réunion est l’Iran. Washington cherche à obtenir le soutien des membres du G20 à sa stratégie visant à isoler économiquement Téhéran. Scott Bessent a indiqué avant la réunion que les États-Unis entendaient poursuivre et renforcer les sanctions contre les acteurs financiers et commerciaux qui continuent à traiter avec l’Iran. Il a notamment annoncé la préparation de nouvelles sanctions visant une banque. La question est particulièrement sensible pour les pays qui continuent d’importer du pétrole iranien. Washington menace en effet d’appliquer des sanctions secondaires aux institutions et entreprises étrangères qui faciliteraient les transactions avec Téhéran.

La stratégie américaine ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs membres du G20 doivent composer avec leurs propres intérêts énergétiques et commerciaux. L’Union européenne s’est dite disposée à examiner les propositions américaines, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les efforts diplomatiques. La France a notamment indiqué qu’elle étudierait les moyens de renforcer les sanctions contre l’Iran.

Mais la présence de la Chine et de la Russie autour de la table complique la recherche d’une position commune. Pékin reste notamment un important acheteur du pétrole iranien, tandis que Moscou demeure opposé à la stratégie de sanctions occidentales.

Dette et croissance au programme

Au-delà des tensions géopolitiques, les États-Unis veulent replacer la croissance mondiale au centre du G20. Washington souhaite promouvoir la déréglementation, l’augmentation de la production énergétique et l’investissement privé afin de stimuler l’activité et de réduire les déséquilibres économiques. La restructuration de la dette souveraine doit également figurer parmi les principaux sujets de discussion.

La question de la dette américaine constitue cependant un point de fragilité pour Washington. La dette fédérale des États-Unis a dépassé 40 000 milliards de dollars. Tandis que la hausse des rendements obligataires alimente les inquiétudes sur la stabilité des marchés financiers.

Un G20 sous pression

La réunion d’Asheville intervient ainsi dans un environnement où les priorités des membres du G20 divergent fortement. Washington souhaite parler de croissance, de déséquilibres commerciaux et d’Iran. Alors que plusieurs partenaires veulent avant tout obtenir davantage de visibilité sur la politique tarifaire américaine. Le conflit avec l’Iran complique encore la situation en maintenant les prix de l’énergie à des niveaux élevés et en perturbant les flux maritimes dans le détroit d’Ormuz. Ces tensions constituent une menace directe pour la croissance mondiale et les perspectives d’inflation.

La réunion des 31 août et 1er septembre apparaît ainsi comme un test diplomatique pour Washington. Les États-Unis cherchent à utiliser leur présidence du G20 pour rallier les grandes économies à leur stratégie commerciale et à leur campagne de pression contre l’Iran, mais les divergences sur les droits de douane, les sanctions et la politique énergétique risquent de limiter la portée d’un éventuel consensus.

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Les menaces de Trump contre l’Iran font grimper les cours du pétrole

01. September 2026 um 08:05

Les cours du pétrole ont progressé après les nouvelles menaces de Donald Trump contre l’Iran, faisant craindre une aggravation des perturbations du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz. Le Brent a dépassé ce mardi 1er septembre 91 dollars le baril après avoir gagné plus de 2 % la veille…

Les marchés pétroliers retrouvent une forte nervosité. La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran a immédiatement ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements mondiaux et la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz, l’une des principales voies d’acheminement du pétrole et du gaz du Golfe.

Après les frappes américaines contre des lanceurs de roquettes iraniens sur l’île de Larak, près du détroit, l’Iran a riposté par des tirs de missiles contre des positions américaines en Jordanie. Donald Trump a ensuite menacé Téhéran de nouvelles frappes, faisant craindre une escalade militaire.

Le Brent a progressé de 0,6 % à 91,05 dollars le baril. Tandis que le West Texas Intermediate (WTI) gagnait environ 1 % à 86,59 dollars. Cette hausse intervient après le bond enregistré lundi, lorsque le Brent avait gagné plus de 2 % pour atteindre 90,49 dollars…

Les dernières frappes américaines ont encore renforcé les craintes d’une dégradation de la situation. Washington affirme avoir visé des lanceurs iraniens qui se préparaient à utiliser des roquettes et des mines marines contre le trafic maritime. Pour les opérateurs pétroliers, le risque ne réside donc pas uniquement dans une interruption physique des exportations iraniennes. Une dégradation durable de la sécurité maritime pourrait également limiter les flux en provenance d’autres producteurs du Golfe…

La réaction des cours reste néanmoins mesurée au regard de l’importance stratégique du détroit, cherchant à déterminer si les dernières frappes constituent un épisode ponctuel ou le début d’une nouvelle phase de confrontation. L’évolution du trafic maritime sera déterminante. Une reprise durable des passages de pétroliers pourrait limiter la hausse des cours. À l’inverse, une nouvelle réduction des flux renforcerait rapidement la prime de risque.

Une nouvelle menace pour l’inflation mondiale

La remontée du pétrole intervient enfin dans un contexte où les marchés s’inquiètent déjà des perspectives d’inflation. Une hausse durable de l’énergie renchérirait les coûts de transport et de production et compliquerait la tâche des banques centrales.

Le retour des affrontements entre Washington et Téhéran replace ainsi le pétrole au cœur du risque économique mondial. Tant que la sécurité du détroit d’Ormuz restera incertaine et que Donald Trump maintiendra la menace de nouvelles frappes, les marchés devraient conserver une forte prime géopolitique sur le brut.

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Le Moyen-Orient et la Fed font reculer les Bourses asiatiques 

31. August 2026 um 07:38

Les marchés actions asiatiques ont majoritairement reculé ce lundi 31 août 2026, sous l’effet conjugué de l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran et du regain d’anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine.

Les Bourses asiatiques ont entamé la semaine sous pression. Les investisseurs ont réduit leur exposition aux actifs risqués après les déclarations de Kevin Warsh, jugées restrictives, président de la Réserve fédérale, lors du symposium de Jackson Hole.

Ses propos ont ravivé les anticipations d’un resserrement monétaire américain. Les marchés évaluent désormais à environ 60 % la probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre près de 35 % avant son intervention.

À cette pression monétaire s’ajoute le regain de tensions au Moyen-Orient. La confrontation entre Washington et Téhéran a entraîné une nouvelle poussée des cours du pétrole. Le Brent a repassé le seuil des 90 dollars le baril, alimentant les inquiétudes concernant une nouvelle accélération de l’inflation. Pour les marchés, une énergie plus chère complique la tâche des banques centrales, qui pourraient être contraintes de maintenir des taux élevés plus longtemps.

Cette combinaison — pétrole en hausse et politique monétaire potentiellement plus restrictive — constitue un environnement défavorable pour les actions, particulièrement pour les valeurs technologiques et les entreprises fortement dépendantes du financement.

La Corée du Sud et le Japon en baisse

Le KOSPI sud-coréen a perdu environ 1,5 %, les valeurs technologiques et les fabricants de semi-conducteurs figurant parmi les principales victimes du mouvement de baisse. Samsung et SK Hynix ont notamment reculé. Au Japon, le Nikkei 225 a cédé 1,1 %, tandis que le TOPIX a diminué de 0,5 %. Le yen a également retenu l’attention des investisseurs après avoir brièvement dépassé le seuil de 160 yens pour un dollar. En Chine, le Shanghai Composite a reculé de 0,2 % et le CSI 300 de 0,8 %. À Hong Kong, le Hang Seng a également perdu 0,8 %, tandis que son indice technologique a abandonné environ 1,5 %.

Les investisseurs ont également pris connaissance des derniers indicateurs économiques chinois. L’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) manufacturier est remonté à 49,8 en août, contre 49,2 en juillet. Malgré cette amélioration, il reste sous le seuil de 50 points qui sépare contraction et expansion de l’activité. Les données relatives aux services et à la construction témoignent également d’une certaine fragilité de l’économie chinoise.

Le Japon apporte une note plus positive

Le Japon a en revanche publié des données plus encourageantes. La production industrielle a progressé de 0,1 % en juillet sur un mois, alors que les économistes anticipaient une contraction de 0,7 %. Les ventes au détail ont pour leur part augmenté de 2,4 %, traduisant une certaine résistance de la demande intérieure. Ces chiffres limitent quelque peu les inquiétudes concernant la dynamique de la deuxième économie développée d’Asie.

Par ailleurs en Inde, les investisseurs se préparent par ailleurs à une importante recomposition des indices MSCI qui doit entrer en vigueur mardi. Les contrats à terme sur le Nifty 50 reculaient légèrement. Certaines places ont néanmoins résisté à la tendance générale. Le S&P/ASX 200 australien gagnait environ 0,1 %, tandis que l’indice Straits Times de Singapour progressait de 0,4 %.

La séance illustre ainsi la nervosité croissante des marchés à l’approche de septembre. Les investisseurs doivent désormais composer avec deux risques simultanés : une nouvelle flambée des prix de l’énergie liée au Moyen-Orient et une Fed susceptible de maintenir, voire de relever, ses taux pour contenir l’inflation. Le recul des Bourses asiatiques traduit donc moins une inquiétude isolée qu’un changement d’environnement pour les marchés mondiaux : le risque géopolitique renchérit le pétrole, le pétrole ravive l’inflation et l’inflation réduit les marges de manœuvre des banques centrales.

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Arabica : les stocks au plus bas depuis un quart de siècle

30. August 2026 um 11:42

Les stocks d’Arabica suivis par la Bourse ICE ont chuté à leur niveau le plus faible depuis mai 2000. La tension sur les disponibilités immédiates soutient les prix, alors même que la production mondiale pourrait connaître un excédent lors de la campagne 2026-2027. La situation des producteurs brésiliens sera déterminante pour l’évolution du marché.

Les stocks mondiaux de café Arabica continuent de se contracter. Vendredi 28 août 2026, les réserves enregistrées dans les entrepôts agréés par l’ICE sont tombées à 224 011 sacs de 60 kg, leur plus bas niveau depuis mai 2000. Cette baisse intervient alors que les négociants cherchent à sécuriser des volumes disponibles, faisant craindre une persistance des tensions sur le marché physique au cours des prochains mois.

Ces niveaux sont particulièrement faibles au regard de la situation observée depuis le milieu des années 2000. Jusqu’au début de 2022, les stocks des entrepôts boursiers se situaient généralement entre 1 et 5 millions de sacs. Leur niveau actuel constitue donc un signal particulièrement surveillé par les opérateurs.

La diminution des stocks contribue à maintenir les contrats à terme de référence sur l’Arabica au-dessus de 3 dollars la livre depuis deux mois. La tension est particulièrement visible sur les contrats à livraison rapprochée. Les contrats de septembre s’échangent avec une prime d’environ 32 cents par livre par rapport aux contrats de décembre. Cette configuration traduit la difficulté à obtenir immédiatement des volumes disponibles, même si le marché anticipe une amélioration progressive de l’offre.

Autrement dit, le problème actuel n’est pas nécessairement l’absence de café dans les pays producteurs, mais sa disponibilité effective sur les marchés où les acheteurs en ont besoin.

Le paradoxe brésilien

La situation de la Brésil, premier producteur mondial, illustre ce décalage entre production et disponibilité. Le marché mondial pourrait connaître un excédent de 8,2 millions de sacs durant la campagne 2026-2027, contre seulement 1,7 million lors de la campagne précédente, selon une enquête Reuters citée par Capital.gr. La récolte brésilienne devrait notamment atteindre un niveau record.

Mais une part importante de cette production n’est toujours pas arrivée sur le marché. Les producteurs brésiliens disposent de marges financières suffisantes pour ne pas être contraints de vendre immédiatement. Ils peuvent ainsi attendre des conditions de prix plus favorables, d’autant que le stockage du café demeure relativement peu coûteux au Brésil. Cette situation donne aux producteurs un pouvoir de négociation supplémentaire et contribue à maintenir une certaine tension sur les prix à court terme.

Les conditions météorologiques compliquent également la situation. De fortes précipitations liées au phénomène El Niño ont touché certaines régions du Brésil en juin et juillet. Elles ont retardé les récoltes et affecté la qualité de certains lots. Conséquence : les volumes de café de qualité supérieure susceptibles d’être certifiés et intégrés aux stocks négociables sur les marchés à terme restent momentanément limités.

L’évolution des prochaines semaines dépendra donc largement du rythme auquel le café stocké dans les pays producteurs rejoindra les marchés de consommation et les entrepôts certifiés. Si l’excédent attendu pour la campagne 2026-2027 reste concentré au Brésil et dans les autres pays producteurs, les tensions pourraient persister malgré une amélioration globale de l’offre.

Pour les consommateurs, l’enjeu est important : des stocks historiquement bas et des prix élevés sur les marchés à terme peuvent continuer à se transmettre à la chaîne de commercialisation, même si l’offre mondiale devrait progressivement s’améliorer. Le marché du café se trouve ainsi à un tournant : l’abondance annoncée pour la prochaine campagne devra encore franchir le chemin entre les plantations et les marchés.

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