A trois jours des élections, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, se déchaine en Cisjordanie qui est en train de subir le même sort que Gaza, mais à un rythme beaucoup plus lent. Ce déchainement contre la population palestinienne de Cisjordanie est l’ultime « atout » qu’il s’accorde pour accroître ses chances dans le scrutin du 27 octobre. Un scrutin d’une importance vitale pour lui : soit il gagne – et il échappera quatre années supplémentaires à la justice -, soit il perd – et il terminera ses jours en prison.
Le prétexte de Netanyahu est l’attaque d’activistes palestiniens à Hébron dans le sud de la Cisjordanie dans laquelle deux soldats israéliens ont été tués. C’était suffisant pour qu’il annule ses meetings électoraux et se déplace le vendredi 23 octobre dans cette ville où il annoncé : « Le ministre de la Défense et moi-même envisageons une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours » (juin 1967).
Pour deux soldats morts, le génocidaire a ordonné « le bouclage total » de la Cisjordanie et l’évacuation du quartier où habitaient les activistes qui les ont tués en vue de sa destruction. L’armée israélienne a donné juste cinq minutes aux habitants d’un immeuble de trois étages pour évacuer les lieux… Médias et réseaux sociaux ont diffusé les images du bulldozer qui s’activait à détruire l’immeuble avec ses meubles. Que peuvent emporter les habitants en cinq minutes !
Dans les minutes qui ont suivi l’attaque, l’information que deux soldats israéliens ont été tués à Hébron a fait le tour du monde. Qui sait que depuis le 7 octobre 2023, « au moins 1 113 Palestiniens ont été tués » dans la même ville par la soldatesque israélienne, selon un décompte de l’Agence France Presse ? Nul, et encore moins les Palestiniens, ne sera étonné de l’indifférence du monde à l’égard du déchainement du criminel de guerre et génocidaire Premier ministre israélien et de ses menaces de mener « une opération de très grande ampleur, comme il n’y en a pas eu depuis la guerre des Six-Jours ».
Il n’a pas été inquiété quand il a transformé Gaza en un immense champ de ruines et a enterré des dizaines de milliers de ses habitants (bébés, enfants, jeunes et vieux) sous les décombres. Pourquoi le serait-il aujourd’hui quand la haine démentielle contre les Palestiniens qui l’étouffe se tourne vers la Cisjordanie ?
Mais avant que Netanyahu ne fasse de la Cisjordanie une carte électorale, la population palestinienne, de Ramallah au nord à Hebron dans le sud, en passant par Naplouse, Jénine et Tulkaram, a vu sa vie se transformer en enfer par les hordes de colons enragés.
Protégés par l’armée, les colons se déchainent quasi-quotidiennement en Cisjordanie. Leurs incursions criminelles visent les personnes, leurs habitations, leurs terres agricoles, leurs récoltes, leurs animaux… En un mot, ils font tout pour pousser la population palestinienne vers la rive est du Jourdain…
La question que tout un chacun se pose aujourd’hui est la suivante : que faut-il de plus pour que le génocide de Gaza et le nettoyage ethnique de Cisjordanie pour que les puissances occidentales se résolvent enfin à tenir en laisse le chien enragé qu’ils ont lâché en Palestine il y a près de huit décennies ? Cette question d’une importance vitale restera sans réponse pour une raison très simple : les élites gouvernantes de part et d’autre de l’Atlantique se soucient comme d’une guigne des Palestiniens et des horreurs qui leur sont infligées sur une base quotidienne.
Et quand il arrive à ces élites de réagir, leur réaction a toutes les caractéristiques d’une mauvaise blague. Une douzaine de pays européens et le Canada ont, le plus sérieusement du monde, annoncé fin septembre « l’interdiction d’importer les produits issus des colonies ». En d’autres termes, c’est la montagne qui accouche d’une souris…
Pour dire les choses autrement, dans ce monde où le seul droit qui vaille est celui de la force, les Palestiniens et les peuples à travers le monde qui souffrent des injustices et des pillages n’ont rien à attendre des élites gouvernantes occidentales. A voir ce qui se passe en France, en Belgique, en Italie et ailleurs en Europe, ces élites ne se soucient même pas des problèmes de leurs peuples. Comment s’étonner qu’elles restent de glace face au génocide, au nettoyage ethnique et autres horreurs ?
Il y a quinze ans, le juge anti-mafia, Roberto Scarpinato, parlait de « la mafiosisation du monde », un concept par lequel il décrit un phénomène où les méthodes des organisations criminelles se généralisent au sein du pouvoir politique et économique mondial.
Scarpinato estime aujourd’hui que « ce qui se pratiquait autrefois dans l’ombre et en secret par des mafias se produit désormais au grand jour, sans hypocrisie ni justification, selon la logique mafieuse « je veux ta maison, je veux ta terre, je veux tes biens. Si tu ne me les donnes pas, je te tue. »
C’est ce que fait Netanyahu en Palestine, au Liban et en Syrie. C’est ce que fait Trump au Venezuela et en Iran.
Le président américain Donald Trump a tenu, samedi 24 octobre 2026, des propos injurieux à l’égard de la Libye, du Yémen, d’Haïti et de la Somalie lors d’un meeting électoral en Géorgie. En réaction, le chef du gouvernement d’unité nationale libyen, Abdelhamid al-Dbeibah, a dénoncé dimanche ces déclarations et rappelé que la dignité de son pays ne pouvait servir de sujet aux débats électoraux américains.
Lors de son intervention à Perry, en Géorgie, Donald Trump a critiqué la politique migratoire de ses adversaires démocrates, les accusant de vouloir faciliter l’arrivée de migrants issus de plusieurs pays. Il a notamment qualifié la Libye, le Yémen, Haïti et la Somalie de « pays de merde », une expression particulièrement injurieuse, tout en les associant à des territoires qu’il a présentés comme touchés par le terrorisme.
Al-Dbeibah insiste sur la souveraineté libyenne
Dans une déclaration publiée dimanche, Abdelhamid al-Dbeibah a affirmé que la Libye était un État souverain et rejetait toute insulte visant le pays ou sa population. Il a également rappelé les sacrifices consentis par les Libyens dans la lutte contre le terrorisme.
« Nous veillons à entretenir nos relations avec les États-Unis sur la base du respect mutuel et nous n’accepterons pas que la dignité de la Libye et de son peuple soit un sujet de polémiques électorales », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse libyenne Lana.
Des propos tenus à l’approche des élections américaines
Les déclarations de Donald Trump interviennent à quelques jours des élections de mi-mandat américaines, prévues le 3 novembre. Le scrutin doit renouveler les sièges concernés au Congrès et constitue un enjeu majeur pour le Parti républicain et l’administration Trump.
Les questions migratoires figurent parmi les thèmes centraux du débat politique américain. Les propos du président ont toutefois suscité une réaction officielle à Tripoli, où le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de préserver des relations bilatérales fondées sur le respect mutuel.
Les deux pays entretiennent des échanges économiques et sécuritaires, tandis que Washington participe aux efforts diplomatiques visant à favoriser un règlement de la crise politique libyenne.
Il y a deux décennies, le Guide suprême iranien de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei, a émis une fatwa interdisant le développement d’armes nucléaires. Cette interdiction religieuse a servi de fondement à l’insistance du régime sur le caractère pacifique de ses ambitions en matière d’énergie atomique, et ce, malgré une expansion significative de l’enrichissement de l’uranium, une dynamique qui a placé l’Iran sur une trajectoire de confrontation avec l’Occident. Sauf que tout a basculé avec la guerre israélo-américaine qui a débuté le 28 février 2026 et ses conséquences dévastatrices, aujourd’hui les les éléments les plus radicaux au sein du régime réclament l’annulation de cette fatwa et le changement de la doctrine nucléaire.
Imed Bahri
Le Financial Times rapporte que les dommages collatéraux causés par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un nombre croissant de politiciens, d’analystes et de parlementaires radicaux exhortent le régime à abandonner cette position, à se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à opter clairement pour l’arme nucléaire.
Davoud Modarresian, analyste politique proche des courants radicaux, a écrit ce mois-ci : «Les récentes confrontations militaires ont démontré que la possession d’armes nucléaires par l’Iran n’est pas une simple ambition mais une nécessité dont l’importance dépasse même celle du pain».
Ce débat public marque un tournant notable dans un pays où, jusqu’à présent, exprimer ouvertement un soutien à l’acquisition d’armes nucléaires risquait d’être perçu comme un défi à l’autorité du Guide suprême qui détient le pouvoir de décision ultime. Or, la mort de Khamenei —survenue lors des bombardements américano-israéliens au début du conflit le 28 février— a paradoxalement contribué à lever ce tabou. Son successeur, son fils Mojtaba Khamenei — qui demeure invisible— n’a pas précisé publiquement s’il comptait maintenir la position adoptée par son père. Ce silence a ouvert un espace aux partisans de la ligne dure en Iran pour avancer leurs arguments en faveur de l’acquisition de l’arme nucléaire. Deux enseignants ont affirmé que l’islam chiite jouit d’une souplesse suffisante pour permettre l’évolution des préceptes religieux en réponse à l’évolution des circonstances.
Mettre en place un «système de dissuasion complet»
Par ailleurs, Hassan Qashqavi, porte-parole de la commission de la sécurité nationale au Parlement, a déclaré le mois dernier que le nouveau Guide suprême iranien pourrait émettre une nouvelle fatwa concernant la question nucléaire, ajoutant que «personne ne peut l’en empêcher». M. Qashqavi a ajouté que l’Iran doit mettre en place un «système de dissuasion complet» afin d’éviter que ne se reproduise le schéma actuel, caractérisé par une alternance entre négociations et guerre.
Les partisans de l’acquisition d’armes nucléaires ont cité l’exemple de la Corée du Nord dont l’arsenal nucléaire s’est, selon eux, avéré efficace pour dissuader toute intervention extérieure.
Une source au sein du régime a indiqué que la mort de Khamenei a entraîné une montée en flèche du soutien à l’acquisition d’armes nucléaires parmi les institutions dirigeantes, précisant que la proportion de ceux qui jugent nécessaire de posséder la bombe est passée «de près de zéro à plus de 50%». Ce changement s’explique en partie par le fait qu’un grand nombre de partisans du régime perçoivent le conflit avec les États-Unis comme une lutte existentielle. Ce conflit demeure dans une impasse tendue et potentiellement explosive autour du détroit d’Ormuz, une zone sur laquelle l’Iran insiste pour maintenir son contrôle.
Des dizaines de commandants et de hauts responsables ont été tués au cours des quarante jours de bombardement avant de prendre fin avec l’instauration d’un cessez-le-feu fragile en avril.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’un changement de régime en Iran. Le président américain est allé plus loin encore, menaçant de détruire la «civilisation» iranienne et de renvoyer le pays à «l’âge de pierre». Un haut diplomate occidental en poste à Téhéran a indiqué que ces déclarations avaient conduit des responsables du régime à se demander si les États-Unis envisageaient d’utiliser des armes nucléaires tactiques.
La position officielle demeure inchangée mais le débat s’élargit. L’Iran maintient officiellement que son programme nucléaire est à vocation pacifique et qu’il n’a pas l’intention de développer des armes nucléaires. Mohammad Eslami, le plus haut responsable du programme nucléaire iranien, a déclaré dimanche que les travaux visant à produire 20 000 mégawatts d’électricité d’origine nucléaire s’étaient poursuivis même en temps de guerre.
Appels publics en faveur de l’acquisition d’une force nucléaire
Toutefois, les appels publics en faveur de l’acquisition d’une force de dissuasion nucléaire suscitent l’inquiétude de certains responsables politiques pragmatiques, notamment des réformateurs qui plaident depuis des années pour une politique étrangère moins conflictuelle. Hossein Marashi, une figure politique réformatrice de premier plan, a déclaré la semaine dernière aux médias locaux : «La protection de l’Iran et de la République islamique est plus importante que l’enrichissement [de l’uranium] ou la préservation des acquis nucléaires». Selon des experts, il ne semble pas que l’Iran ait encore atteint le stade de la prise de décision concernant sa doctrine nucléaire alors que la guerre se poursuit.
Ali Vaez, expert des affaires iraniennes au sein de l’International Crisis Group, a déclaré : «Il s’agit d’un débat sérieux qui n’est plus un sujet tabou malgré la fatwa de l’ancien Guide suprême. La guerre a renforcé la position de ceux qui soutiennent qu’un État confronté à une attaque menaçant son existence a, en fin de compte, besoin de la force de dissuasion ultime». Il a toutefois ajouté : «Téhéran pourrait chercher à préserver ses infrastructures nucléaires tout en utilisant son programme comme levier de négociation pour obtenir des concessions économiques ou sécuritaires plutôt que de se précipiter ouvertement vers l’acquisition de la bombe. Tout dépendra de la perception des dirigeants iraniens : estiment-ils que la transformation du programme en un programme d’armement permettrait de prévenir une future attaque, ou, au contraire, qu’elle ne ferait qu’en précipiter le déclenchement?».
Abolfazl Bazargan, analyste en relations internationales proche du camp des durs au sein du régime, a déclaré à l’agence de presse Tasnim —liée au Corps des gardiens de la révolution islamique— que l’insistance de l’Iran à affirmer qu’il ne développera jamais d’arme atomique équivaudrait à une «défaite auto-infligée». Selon lui, Téhéran devrait adopter une doctrine fondée sur le principe de non-recours en premier aux armes nucléaires, tout en conservant la capacité de riposter en cas d’attaque nucléaire.
Selon les évaluations des services de renseignement américains, l’Iran a entamé, il y a plusieurs décennies, des travaux préliminaires en vue d’un programme d’armement nucléaire, avant que ceux-ci ne soient interrompus en 2003. L’an dernier, devant le Congrès, l’ancienne directrice du renseignement national américain a indiqué que, selon les estimations des services de renseignement, Téhéran ne travaille pas à la fabrication d’une arme atomique. Toutefois, la forte accélération des activités d’enrichissement d’uranium —survenue après le retrait de Donald Trump, en 2018, de l’accord nucléaire historique conclu entre l’Iran et les puissances mondiales— a transformé le pays en ce que les experts qualifient d’ «État au seuil du nucléaire». L’Iran possède désormais la capacité de convertir son programme à des fins militaires, s’il choisissait de le faire.
Aujourd’hui, cependant, le programme nucléaire de la République islamique a subi un revers majeur. Les États-Unis ont en effet frappé les trois principales installations nucléaires iraniennes —Natanz, Fordo et Ispahan— durant le conflit de 12 jours qui a opposé Israël à la République islamique en juin de l’année dernière.
Par ailleurs, Donald Trump —qui insiste sur la nécessité pour Téhéran de démanteler son programme nucléaire— a menacé de prendre pour cible une installation enfouie profondément sous le mont Kuh-e Gazla (la Montagne de la Pioche), dans le centre de l’Iran.
Mystère sur le sort du stock iranien d’uranium hautement enrichi
L’une des sources d’inquiétude immédiates les plus importantes pour les États-Unis et les puissances occidentales concerne le sort du stock d’uranium hautement enrichi détenu par l’Iran. Celui-ci se compose d’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60%, un niveau qui ne se situe qu’à un pas du seuil d’enrichissement requis pour la fabrication d’armes. On estime que ce stock –qui, s’il était davantage enrichi, pourrait théoriquement fournir suffisamment d’uranium pour fabriquer une dizaine d’armes nucléaires– se trouve sous les décombres de sites nucléaires ayant été bombardés.
Trump a exigé de l’Iran, seul État non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à de tels niveaux, qu’il transfère ce stock hors du pays. Toutefois, alors que Téhéran a résisté à cette exigence, des responsables du régime ont évoqué la possibilité de discuter d’une réduction du taux d’enrichissement de ce stock dans le cadre d’un accord plus large qui prévoirait la levée des sanctions américaines et le dégel des fonds iraniens bloqués à l’étranger, des conditions que Washington n’accepte pas.
L’Iran n’a pas autorisé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à ses principaux sites nucléaires depuis juin 2025.
Autre question importante qui se pose : l’Iran va-t-il se retirer du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) ? En vertu des dispositions de ce traité, si l’Iran décidait de s’en retirer, il serait tenu d’en informer tous les autres États parties ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, avec un préavis de trois mois. Selon des diplomates, Téhéran pourrait utiliser cette option comme un moyen de pression sur Washington afin de parvenir à un accord.
Deux hauts responsables iraniens ont déclaré au Financial Times qu’un retrait du traité ne constituait pas une priorité immédiate. L’un d’eux a affirmé : «Notre politique concernant le Traité sur la non-prolifération nucléaire n’a pas changé pour l’instant mais cela ne signifie pas qu’elle ne changera pas à l’avenir». Toutefois, la proposition de retrait demeure controversée, y compris parmi certains partisans d’une posture défensive plus ferme de la part de l’Iran.
Dans des entretiens accordés à des médias locaux, Hamza Safavi, professeur à l’Université de Téhéran et fils de l’un des conseillers militaires du Guide suprême iranien, a suggéré que le recours à d’autres types d’armes non conventionnelles, notamment ce que l’on appelle la bombe sale*, pourrait constituer un moyen de dissuasion tout aussi efficace. Cependant, de telles positions suscitent l’ire d’autres éléments radicaux.
Selon l’activiste politique Davoud Modarresian, le principal obstacle au développement d’une arme nucléaire ne réside pas dans l’interdiction religieuse mais plutôt dans l’hésitation au sein des cercles du pouvoir.
*La bombe sale (ou dispositif de dispersion radiologique, DDR) est un engin explosif conventionnel (dynamite, C4) entouré de matières radioactives, biologiques ou chimiques. Elle ne provoque pas d’explosion atomique mais vise à propager la contamination et la panique.
Selon une enquête explosive publiée par Vanity Fair, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, aurait été au cœur d’un réseau financier aux ramifications diplomatiques sensibles. Des accusations graves, que ses avocats rejettent catégoriquement et qui restent à ce stade à établir.
Tous les ingrédients d’un véritable roman d’espionnage sont réunis dans ce dossier explosif : des comptes secrets de près de deux milliards de dollars alimentés par les princes du Golfe, un iPhone piraté par Moscou et, au cœur de cette intrigue, un bénéficiaire de premier plan, à savoir Jared Kushner, l’époux de la fille chérie de Donald Trump, la belle Ivanka…
Selon un livre à paraître aux États-Unis, intitulé « Princes et voleurs : le plan secret de Jared Kushner et Mohammed ben Zayed pour remodeler le Moyen-Orient », dont le magazine américain Vanity Fair a publié jeudi 22 octobre quelques extraits particulièrement savoureux, les services de contre-espionnage néerlandais seraient parvenus à pirater l’iPhone personnel de Jared Kushner grâce à un transfuge russe. L’exploitation des conversations aurait mis au jour des éléments troublants : entre 2017 et 2018, le gendre de Donald Trump, alors conseiller parmi les plus proches du président et émissaire spécial au Moyen-Orient durant son premier mandat, aurait eu accès à des comptes bancaires secrets transférés via l’Azerbaïdjan et alimentés à hauteur de près de deux milliards de dollars par l’émir d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane. Ainsi que par le prince héritier et dirigeant de facto du royaume wahhabite, Mohammed ben Salmane (MBS).
Toutefois, il faut souligner que ces allégations reposent sur des sources anonymes, et aucun document bancaire ni autre preuve publique n’a été présenté permettant une vérification indépendante. Donc, la prudence est de mise.
L’ombre d’Israël
Toujours selon Matthew Cole, auteur de l’ouvrage attendu en librairie le 27 octobre, dont cette enquête aura nécessité quatre années de travail, les espions néerlandais observent notamment Jared Kushner se connecter à un premier compte bancaire domicilié aux Émirats arabes unis chez First Abu Dhabi Bank, présidée par Tahnoon ben Zayed, frère du président émirati, Mohammed ben Zayed al-Nahyane émirati MBZ.
Le mécanisme financier décrit est complexe. A partir de 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis auraient injecté quelque 750 millions de dollars sur ce compte, en transitant par une banque azerbaïdjanaise, dans un pays régulièrement mis en cause pour des affaires de blanchiment d’argent.
Officiellement, le compte appartient à la fondation caritative émiratie Watani Al Emarat. Jared Kushner, alors chargé notamment du dossier israélo-palestinien et des relations avec les monarchies du Golfe, n’en serait pas le propriétaire, mais disposerait d’une autorisation lui permettant d’effectuer des transactions. Matthew Cole décrit ce compte comme une slush fund, autrement dit une caisse noire qui aurait servi à financer des opérations diplomatiques officieuses au Moyen-Orient.
Rappelons à ce propos que le président émirati Mohammed ben Zayed a noué très tôt des liens étroits avec l’entourage de Donald Trump. En décembre 2016, soit un mois avant l’investiture du président américain, il rencontre Jared Kushner à New York. Les deux hommes entretiennent ensuite des échanges réguliers sur WhatsApp, avec une ambition commune : redessiner les équilibres au Moyen-Orient en favorisant notamment un rapprochement entre Israël et les monarchies du Golfe. Une stratégie qui se concrétisera en 2020 avec la signature des accords d’Abraham.
Toujours selon l’enquête de Matthew Cole, le président émirati aurait dans un deuxième temps versé plus d’un milliard de dollars, toujours via l’Azerbaïdjan, sur un second compte destiné à Jared Kushner, avec des fonds déposés chez la Banque centrale d’Israël sur le conseil de Benyamin Netanyahou, un ami intime de la famille Kushner.
Autre allégation explosive. D’après l’ouvrage, Jared Kushner, le dirigeant des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane auraient initialement discuté de la création d’un fonds de plus de dix milliards de dollars. Parmi les objectifs évoqués figuraient l’annulation de l’accord sur le nucléaire iranien, la promotion de la position de ben Salmane et un accord israélo-palestinien. Cette idée a finalement été abandonnée et les fonds ont été transférés sur des comptes distincts.
Déni
Les avocats du gendre de Donald Trump nient catégoriquement et dénoncent même « des accusations scandaleuses et catégoriquement fausses […] complètement délirantes ». Ils attaquent notamment le manque de preuves matérielles de l’article, qui ne présente, au-delà des affirmations de sources anonymes, « aucun relevé bancaire, aucun justificatif de virement, aucun numéro de compte, aucune date de transaction ni aucun autre élément vérifiable », ont-ils déploré.
Du pain béni pour les démocrates
Si les révélations de Matthew Cole venaient à être confirmées, Jared Kushner pourrait s’exposer à des poursuites pour corruption, si des contreparties étaient établies, ou pour avoir agi au profit d’une puissance étrangère sans en avoir informé les autorités américaines.
De quoi alimenter les investigations des démocrates au Congrès, qui s’intéressent déjà aux liens financiers du gendre de Donald Trump avec les monarchies du Golfe et à ses éventuels conflits d’intérêts. À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates pourraient, s’ils reprenaient le contrôle de la Chambre des représentants, convoquer Jared Kushner pour l’interroger sous serment. Affaire à suivre.
À l’approche des élections de mi-mandat, Trump et son vice-président instrumentalisent les violences en France pour alimenter leur discours anti-immigration. Au risque d’occulter les causes sociales et économiques de la crise.
Avec son cortège de magasins pillés, de vitrines éventrées et de scènes de désolation, la journée du 17 octobre 2026 a donné à Paris et à plusieurs grandes villes françaises des allures de champ de bataille, comme si manifestants et forces de l’ordre s’étaient livrés à une véritable bataille rangée. Des images de chaos qui resteront gravées dans la mémoire de nombreux Français, mais qui ont également frappé les esprits à l’étranger.
Lecture idéologique
Aux États-Unis, Donald Trump n’a pas tardé à chausser ses lunettes idéologiques pour interpréter ces scènes de chaos à sa façon.
« La France brûle ! », a-t-il écrit lundi 19 octobre sur son réseau Truth Social, en dénonçant les violences survenues dans plusieurs villes françaises. « L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes animées par la haine, a détruit ce pays autrefois si grand », a-t-il affirmé. « Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il exhorté aux autorités françaises. « Ce qui se passe en France est lié à l’immigration, pas aux écoles ni à quoi que ce soit d’autre : c’est l’immigration », a-t-il encore écrit, rejetant ainsi les explications liées aux difficultés du système éducatif et aux revendications sociales.
Et d’avertir sans vergogne que « Paris sera bientôt une ville musulmane », établissant un lien entre immigration, islam et transformations démographiques.
Au-delà de ce constat alarmiste, le président américain en a profité pour attaquer la politique migratoire française, qu’il présente comme l’une des principales causes de ces violences. Il incrimine notamment une immigration venue d’« un monde totalement différent », dans une allusion à peine voilée aux jeunes des banlieues issus de l’immigration maghrébine.
Plus grave encore, Donald Trump reprend à son compte une théorie complotiste et raciste selon laquelle une élite chercherait délibérément à remplacer les populations occidentales blanches par des populations non européennes, majoritairement musulmanes.
Pourtant, il faut bien signaler que rien ne permet d’établir un lien entre ces violences et l’immigration. Les autorités françaises pointent plutôt du doigt des groupes d’ultragauche, des bandes de casseurs et de pilleurs, ainsi que des « factieux », pour reprendre le terme employé par Emmanuel Macron. Autrement dit, les faits incriminés relèvent avant tout de troubles à l’ordre public, et non d’un problème migratoire.
Discours électoraliste
Même son de cloche de la part du vice-président J.D. Vance, qui a d’ailleurs bondi sur l’actualité française pour tenter un retour sur le devant de la scène médiatique. En effet, le conservateur de 42 ans sait que les élections de mi-mandat risquent de coûter cher aux républicains, et il ne s’est pas fait beaucoup entendre au sujet de la guerre en Iran ou de celle en Ukraine. Or, en partageant les images de la mairie de Limoges et en accusant « les progressistes occidentaux » d’avoir « importé le tiers-monde au nom de la diversité », il a surtout cherché à présenter les émeutes françaises comme un avant-goût de ce qui attendrait les États-Unis si les démocrates revenaient au pouvoir. Ces derniers sont régulièrement accusés par le camp républicain de faire preuve de laxisme en matière d’immigration.
« J.D. Vance, avance William Genieys qui rédige une biographie du vice-président américain, s’est toujours présenté comme le porte-parole de la classe ouvrière blanche qui serait menacée de “déclassement“ ». Et d’ajouter : « D’ailleurs, lors de son fameux discours à Munich en février 2025, il s’était déjà permis de critiquer les gouvernements européens, responsables à ses yeux de laxisme envers l’immigration qui menacerait le mode de vie des blancs-chrétiens. Les récents commentaires du vice-président américain sont dans la droite ligne idéologique de ce discours qui avait fait couler beaucoup d’encre en Europe », a-t-il conclu.
Pour sa part, Elon Musk n’a pas laissé passer l’occasion de s’emparer des violences françaises pour alimenter son discours anti-immigration. Le patron de Tesla et de SpaceX s’était déjà exprimé le 6 octobre au début du mouvement lycéen, assurant que cette colère n’avait rien à voir… avec les lycéens, mais tout avec « une lente invasion ».
Sur X, le milliardaire a relayé des images spectaculaires des pillages et des incendies, notamment celles des mairies de Limoges et de Marseille, en donnant aux événements une interprétation centrée sur l’immigration et l’insécurité. Une lecture qui rejoint celle de Donald Trump, au risque de réduire une crise complexe à une explication essentiellement migratoire.
Instrumentalisation
Comment expliquer l’intérêt soudain des deux têtes de l’exécutif américain – tous les deux malmenés dans les sondages – pour la crise française qu’ils brandissent comme une nouvelle illustration du prétendu déclin européen provoqué par l’immigration ? Par le calendrier qui leur offre une occasion inespérée : à deux semaines des élections américaines de mi-mandat, les violences en France deviennent une arme politique de plus pour justifier leur discours de fermeté migratoire.
Au final, la crise française est utilisée comme une mise en garde. Entre les lignes, Donald Trump et J.D. Vance assurent que si les électeurs ne votent pas pour des candidats prônant une fermeté absolue à l’égard des immigrés, ce qui se passe en France va arriver aux États-Unis. Et peu importe que cette lecture occulte les ressorts profonds de la crise française, à savoir le ras-le-bol d’une jeunesse frustrée et inquiète pour son avenir, la flambée du coût de la vie ou encore le rejet des mesures d’austérité envisagées par le gouvernement. Au risque de détourner le débat des causes sociales et politiques de la colère pour le ramener à leur obsession migratoire.
À l’approche des élections de mi-mandat, une déroute républicaine se précise. Pour le président américain, perdre le Congrès ne serait pas seulement un revers politique mais le spectre d’une offensive démocrate contre ses affaires, son entourage et, potentiellement, son propre maintien à la tête du pays.
Pourquoi Donald Trump redoute-t-il autant une potentielle défaite aux élections de mi-mandat, alors même qu’il est courant dans l’histoire américaine que le parti du président en exercice essuie un revers lors de ce scrutin ?
Le 3 novembre, les électeurs américains sont appelés aux urnes pour renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat. Or, les sondages dessinent un scénario particulièrement inquiétant pour le camp républicain, les démocrates semblent en bonne position pour réaliser une percée électorale et pourraient reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès. Pour cela, il leur suffit de gagner trois sièges nets pour obtenir la majorité, et ils semblent bien placés pour y parvenir. Mais la bataille s’annonce plus complexe au Sénat. La carte électorale de cette année ne semblait pourtant pas particulièrement favorable aux démocrates, sauf que la dynamique s’est progressivement inversée ces derniers mois, plaçant plusieurs sénateurs républicains en difficulté dans des États clés.
Gros nuages
Pour Donald Trump, l’enjeu dépasse largement un simple revers électoral. La reconquête de l’une ou des deux chambres du Congrès par les démocrates serait à coup sûr un casus belli. Les deux dernières années de son mandat s’annonceraient alors particulièrement houleuses, marquées par un affrontement permanent avec l’opposition, qui disposerait de nouveaux leviers pour entraver son action et enquêter sur son administration.
Plus inquiétant encore pour le président, cette nouvelle configuration politique pourrait remettre au premier plan ses démêlés judiciaires passés et raviver des menaces qu’il préférerait sans doute voir définitivement enterrées. Et ce d’autant qu’il affiche une impopularité record, avec un taux d’approbation qui plafonne autour de 38 % selon les derniers sondages. Sans oublier que pour le camp républicain, le sort électoral de nombreux candidats au Congrès est désormais étroitement lié à celui de Trump, dont la présence risque autant de mobiliser sa base que de repousser les électeurs indécis.
Au cœur de ce mécontentement, la hausse persistante du coût de la vie et une guerre contre l’Iran qui s’enlise sans perspective claire de sortie. Si les démocrates reprenaient le contrôle des deux chambres du Congrès, Donald Trump verrait ses marges de manœuvre considérablement réduites. Il lui serait bien plus difficile de faire adopter de nouvelles lois et de conduire sa politique, notamment militaire, avec le soutien quasi automatique des élus républicains. Sur le dossier iranien, le président pourrait ainsi se heurter à un Congrès moins disposé à lui accorder un blanc-seing.
Epée de Damoclès
Mais c’est surtout la perspective d’une nouvelle procédure de destitution qui plane sur Donald Trump comme une véritable épée de Damoclès, dans l’éventualité où les démocrates reprendraient le contrôle des deux chambres du Congrès. « Il s’est lancé corps et âme, à corps perdu dans cette campagne, à coups de millions et de millions de dollars. Parce qu’effectivement, c’est ça qu’il redoute. Il a vu ce qui s’était passé lors de son premier mandat, quand il a perdu en partie ses midterms », résume un observateur politique.
« Un clan mafieux »
Une illustration concrète de cette menace ? Selon le Financial Times, dans un article publié mercredi 14 octobre, le député démocrate Robert Garcia, pressenti pour prendre la tête de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, entend passer au crible les activités financières de la famille Trump si les démocrates reprennent le contrôle de la Chambre. Dans son viseur figurent notamment les soupçons de conflits d’intérêts impliquant Donald Trump Jr., ainsi que plusieurs entreprises soutenues par son fonds d’investissement, 1789 Capital, qui auraient bénéficié de financements ou de contrats militaires.
Les investigations pourraient également s’étendre à Jared Kushner (le gendre du président), à Steve Witkoff (son conseiller spécial), et à Howard Lutnick (le secrétaire au Commerce). Autre cible potentielle : les revenus tirés des cryptomonnaies, qui auraient rapporté au moins un milliard de dollars à la famille Trump en 2025.
Les investigations pourraient également concerner Elon Musk et son rôle à la tête du DOGE, chargé de réduire les dépenses fédérales. Robert Garcia souhaite aussi examiner les pratiques de la police de l’immigration (ICE), le financement de la nouvelle salle de bal de la Maison-Blanche et les relations entre l’administration Trump et plusieurs multinationales américaines. L’affaire Epstein resterait également au programme des travaux parlementaires.
Enfin, ces investigations pourraient raviver la menace d’une nouvelle procédure de destitution contre Donald Trump. Une option qui ne fait toutefois pas l’unanimité chez les démocrates, certains élus préfèrent concentrer leurs efforts sur les préoccupations quotidiennes des Américains, notamment la hausse du coût de la vie et la défense du pouvoir d’achat, plutôt que de faire de la destitution leur principal cheval de bataille.
Autant de dossiers susceptibles de placer le président et son entourage sous une pression politique et médiatique accrue si les démocrates reprenaient les commandes de la Chambre.
En décidant de lever les sanctions sur le diesel russe, le président américain opère une spectaculaire volte-face ; au risque de provoquer une nouvelle fracture avec ses alliés européens et de soulever une fronde jusque dans son propre camp. À trois semaines des élections de mi-mandat, le prix à la pompe semble primer sur la solidarité avec Kiev.
Prêt à toutes les contorsions pour desserrer l’étau sur les marchés pétroliers, alors que les prix à la pompe flambent aux États-Unis, Donald Trump semble décidé à tout pour éviter une cuisante défaite électorale à trois semaines des élections de mi-mandat. Jusqu’à envisager d’importer du diesel russe en dépit des sanctions occidentales, offrant ainsi à son ami Vladimir Poutine une bouffée d’oxygène financière pour poursuivre sa guerre contre l’Ukraine. Tout en illustrant encore une fois le caractère erratique de sa politique vis-à-vis de la Russie. Une volte-face qui entérine de facto le lâchage de l’Ukraine par les Etats-Unis, fait grincer des dents en Europe et provoque la fureur à Washington, jusque dans les rangs de son propre camp.
Opportunisme
En effet, passant outre les sanctions internationales en vigueur contre Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le locataire de la Maison Blanche vient de signer un accord avec la Russie pour importer du diesel produit en Russie aux Etats-Unis. Ainsi, la Russie pourrait envoyer 300 000 tonnes de diesel en octobre, 500 000 tonnes en novembre puis 1 million de tonnes en décembre, d’après le vice-Premier ministre russe en chargé de l’Energie.
Comment expliquer ce revirement de Donald Trump ? Le président magnat républicain a négocié la levée de certaines sanctions sur ces exportations dans un contexte de forte grogne populaire face à la flambée des prix des carburants. À l’approche des élections de mi-mandat, le coût de la vie, et plus particulièrement le prix à la pompe, pourrait en effet coûter aux républicains leur majorité au Congrès.
Du coup, pour l’administration Trump, le diesel russe devient un intérêt national pour les Etats-Unis. Par conséquent, si Zelensky continuait de frapper les raffineries qui le produisent, le président ukrainien serait accusé de s’attaquer à des intérêts nationaux des États-Unis sur le sol russe.
La preuve ? Quelques heures après l’annonce du deal avec Moscou, Donald Trump a pris la parole et s’en est pris vertement à son homologue ukrainien, affirmant qu’il était temps pour l’Ukraine « d’avoir un nouveau président ». « Je leur suggère de se doter d’un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord » avec la Russie pour mettre fin à la guerre, a déclaré le président américain devant la presse à la Maison Blanche, menaçant par ailleurs Volodymyr Zelensky. « Il a intérêt à arrêter »…
Réactions tièdes
Réaction immédiate du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui dénonce « une décision faible » et affirme que cela représentera « de l’argent supplémentaire pour la guerre » contre Kiev.
L’accord négocié par le président américain pour l’achat de diesel à la Russie est « un choix que je considère très risqué », a déclaré, de sont côté, Giorgia Meloni devant le Sénat italien à la veille du Conseil européen des 15 et 16 octobre. « Nous comprenons tous, et partageons, la nécessité de contenir les prix de l’énergie qui pèsent sur les familles et les entreprises, y compris en Italie. Mais nous devons être conscients que la flambée des prix du carburant est principalement due à la guerre en Iran, et non au conflit en Ukraine », a poursuivi la présidente du Conseil italien.
Pour sa part, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a réagi à l’accord annoncé par Washington avec Moscou. « Des frappes russes ont tué plus de 80 civils ukrainiens en deux jours » et la Russie « a intensifié ses attaques hybrides contre l’Europe, tant contre les États membres de l’UE que contre les alliés de l’OTAN », a-t-elle ajouté.
Lundi 19 octobre, les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent ajouter officiellement quelque 1 600 noms sur la liste noire des personnes et entités visées par des sanctions de l’UE liées à la guerre en Ukraine.
Grogne interne
A noter qu’à l’inverse des Européens, dont la réaction est restée prudente et mesurée, plusieurs élus américains ont vivement dénoncé cette décision. Ainsi, douze sénateurs américains, dont six républicains, ont condamné mardi 13 octobre cet accord d’achat de diesel russe comme une « trahison du peuple ukrainien ».
« L’accord que vous avez conclu avec le président Vladimir Poutine le 9 octobre n’aboutira pas à des résultats justes et ne bénéficiera pas non plus aux Américains », estiment ces 12 élus dans une lettre publique adressée à Donald Trump.
Selon ces élus, la levée prévue des sanctions américaines sur les exportations de diesel russe « ne fait que permettre à Poutine de financer davantage sa machine de guerre ».
« Fournir à Moscou la possibilité de vendre du diesel russe librement sur les marchés mondiaux nuit aux intérêts sécuritaires américains et est une trahison du peuple ukrainien », ont-ils conclu.
Dans son rapport sur les perspectives de l’économie mondiale, le Fonds monétaire International (FMI) signale que les stocks pétroliers des États sont faibles et les budgets sous forte tension. Outre les turbulences sur les marchés de l’énergie, le FMI a souligné le risque persistant pour l’économie mondiale d’un krach boursier provoqué par l’intelligence artificielle (IA). Ce rapport est plus un warning call à prendre au sérieux par les acteurs clés de l’économie mondiale qu’un avis de tempête. Cependant, si le contexte géopolitique demeure tendu et que si les valorisations du secteur de l’IA demeurent excessives et que ce secteur continue à s’endetter lourdement, une crise économique et financière mondiale n’est pas à exclure. (Photo : Raffinerie d’ExxonMobile près de Joliet, Illinois, Etats-Unis).
Imed Bahri
Dans The Guardian, Heather Stewart, qui a assisté à l’assemblé annuelle du FMI à Bangkok, rapporte que l’institution monétaire a averti que l’économie mondiale «pourrait bientôt mettre à l’épreuve les limites de sa résilience» alors que les stocks pétroliers d’urgence s’amenuisent et que les budgets publics sont sous forte pression.
Dans son rapport semestriel sur les perspectives de l’économie mondiale (World Economic Outlook), le FMI a indiqué que la croissance mondiale avait mieux résisté que prévu au conflit au Moyen-Orient au cours des six derniers mois. Le détournement des approvisionnements pétroliers pour éviter le détroit d’Ormuz ainsi que le déblocage de réserves stratégiques d’énergie avaient contribué à limiter l’impact du conflit entre les États-Unis et l’Iran sur les prix du pétrole.
Un niveau élevé des dettes et des déficits
Toutefois, l’institution monétaire a mis en garde contre l’épuisement actuel des stocks d’urgence. Par ailleurs, le niveau élevé de la dette et des déficits dans de nombreux pays pourrait laisser aux gouvernements une marge de manœuvre limitée pour protéger les consommateurs contre une éventuelle nouvelle flambée des prix.
«À défaut de renforcer les capacités d’approvisionnement et de reconstituer les marges de sécurité, l’économie mondiale pourrait bientôt mettre à l’épreuve les limites de sa résilience. Les stocks sur les marchés de l’énergie diminuent et de nouveaux chocs géopolitiques pourraient encore se répercuter rapidement via les prix et des perturbations de l’approvisionnement», mentionne le rapport du FMI.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé, en mars dernier, le déblocage massif de stocks pétroliers d’urgence sur le marché et s’est engagée à accélérer cette mesure à la suite d’une réunion des ministres du Pétrole le mois dernier.
Cependant, signe de la vulnérabilité du système, il a récemment été rapporté que la réserve stratégique de pétrole des États-Unis était tombée à son niveau le plus bas depuis 1982.
La semaine dernière, Donald Trump a conclu un accord avec Vladimir Poutine pour lever temporairement les sanctions sur les importations américaines de diesel russe, dans le but de faire baisser les prix à la pompe, une mesure qui, selon les analystes, n’aurait que peu d’effet significatif.
Le rapport sur l’économie mondiale a été publié mardi à Bangkok, où le FMI et la Banque mondiale tiennent cette semaine leurs assemblées annuelles, en présence de ministres des Finances et de gouverneurs de banques centrales.
Toutefois, le FMI a également averti que le maintien de prix élevés du pétrole et la hausse des taux d’intérêt devraient entraîner un léger ralentissement de la croissance en 2027 alors que la cherté de l’énergie et les taux d’intérêt à long terme pèsent sur la consommation et l’investissement.
L’institution a souligné que les risques pesant sur l’économie mondiale étaient orientés à la baisse. Elle a notamment attiré l’attention sur la menace d’une «impasse prolongée ou d’une nouvelle escalade au Moyen-Orient», ce qui entraînerait une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
De nouvelles perturbations des infrastructures énergétiques, des cyberattaques ou des phénomènes météorologiques extrêmes pourraient amplifier ces effets.
Donald Trump continue d’affirmer qu’il pourrait lancer une nouvelle vague d’attaques contre l’Iran dans les semaines à venir alors que rien n’indique qu’un accord de paix soit en cours de négociation.
La poussée inflationniste dure plus longtemps que prévu
En raison du maintien de prix élevés du pétrole, on s’attend désormais à ce que la poussée inflationniste dure plus longtemps que prévu initialement. L’inflation mondiale devrait s’établir à 4,7% cette année —un niveau identique à celui prévu en juillet— et reculer à 4,1% en 2027, contre 4% lors de la précédente mise à jour.
Le FMI a exhorté les banques centrales du monde entier à ne pas réagir de manière excessive aux hausses d’inflation à court terme, tout en se tenant prêtes à intervenir rapidement si l’inflation semblait s’ancrer durablement. Dans un contexte économique en pleine mutation, l’agilité est primordiale.
Outre les nouvelles turbulences sur les marchés de l’énergie, le FMI a souligné le risque persistant pour l’économie mondiale d’un krach boursier provoqué par l’IA.
Menace d’effondrement des cours boursiers liés à l’IA
Les «Sept Magnifiques» (les géants technologiques Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) représentent plus de 35% de l’indice boursier américain S&P 500, contre 12% il y a dix ans et leur capitalisation boursière totale a augmenté de plus de 50% au cours des deux dernières années.
L’institution financière a averti que la menace d’un effondrement des cours boursiers liés à l’IA, susceptible de se propager aux marchés mondiaux, met en péril la stabilité financière internationale.
Les valorisations excessives des entreprises du secteur de l’IA, conjuguées à leur endettement croissant, contribuent à maintenir les risques systémiques à un niveau «élevé».
«Les conséquences d’une correction boursière liée à l’IA pourraient être mondiales», a prévenu l’institution. Outre les États-Unis, les marchés asiatiques seraient les plus exposés tandis que le Royaume-Uni et la zone euro pourraient être relativement plus épargnés bien que les investisseurs détenant des actifs américains subiraient tout de même le contrecoup.
Lors de la présentation du rapport, Athanasios Vamvakidis, directeur adjoint du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI, a déclaré : «L’exposition du reste du monde aux actifs américains, en particulier ceux liés à l’IA, atteint un niveau sans précédent. Si cette situation soutient actuellement l’économie mondiale grâce à l’effet de richesse, une correction du marché pourrait entraîner des répercussions considérables».
Un effondrement du secteur de l’IA figure parmi les trois risques majeurs pour la stabilité identifiés par le FMI, aux côtés de la hausse des coûts d’emprunt des États et de la menace d’une cyberattaque de grande ampleur.
L’institution a qualifié ces trois facteurs de «catalyseurs plausibles, à court terme, d’un durcissement marqué des conditions financières et de turbulences sur les marchés».
L’armée américaine aurait élaboré de nouveaux plans de frappes contre l’Iran prévoyant éventuellement le recours à la « mère de toutes les bombes », la plus puissante arme conventionnelle de l’arsenal américain. Selon CNN, qui cite plusieurs responsables américains informés des discussions militaires, cette option pourrait être retenue si Donald Trump ordonnait la reprise des opérations de combat.
D’après ces informations publiées le 14 octobre et reprises par Reuters le 15 octobre 2026, les cibles envisagées comprendraient des infrastructures énergétiques iraniennes ainsi que des installations liées au programme nucléaire du pays. Aucune décision définitive concernant l’utilisation de cette bombe n’a toutefois été annoncée publiquement.
Une arme conventionnelle envisagée contre des cibles iraniennes
L’arme évoquée est la GBU-43/B Massive Ordnance Air Blast (MOAB), surnommée « Mother of All Bombs », soit la « mère de toutes les bombes ». D’un poids d’environ 9,8 tonnes, elle constitue la plus puissante bombe conventionnelle de l’arsenal américain. Contrairement à une arme nucléaire, elle ne repose pas sur une réaction nucléaire.
Selon CNN, les plans militaires examinés incluraient des frappes contre des infrastructures énergétiques et des installations nucléaires iraniennes, notamment le site souterrain de Pickaxe Mountain, dont les activités suscitent des préoccupations à Washington.
L’utilisation de cette bombe représenterait une nouvelle étape dans l’escalade militaire entre les deux pays. Les responsables cités par CNN soulignent néanmoins que son efficacité contre des installations profondément enfouies reste incertaine. Conçue pour produire une explosion de très grande puissance à proximité de la surface, la MOAB n’est pas une bombe spécialisée dans la pénétration des couches rocheuses épaisses protégeant certains sites souterrains.
Trump n’a pas annoncé publiquement son utilisation
Les informations rapportées par CNN ne signifient pas que Donald Trump a personnellement menacé d’employer cette arme. Elles indiquent que l’armée américaine prépare plusieurs options opérationnelles susceptibles d’être soumises au président, seul habilité à autoriser une nouvelle campagne de frappes de cette nature.
Interrogée par CNN, la Maison-Blanche a indiqué ne pas commenter les plans militaires sensibles, qu’ils existent ou non, tout en affirmant que le président maintenait toutes les options ouvertes pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire. Le Pentagone a, de son côté, rappelé qu’il préparait différents scénarios opérationnels.
Reuters précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment les informations publiées par CNN. À ce stade, il convient donc de distinguer la préparation d’une option militaire d’une décision effective de l’utiliser. Le recours à la MOAB contre l’Iran reste une possibilité évoquée dans les plans américains, et non une opération officiellement annoncée.
Après l’annonce de sanctions contre la CPI, les ONG appellent à une réaction mondiale pour soutenir cette institution. Des eurodéputés tentent d’organiser la résistance.
En bref
Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la Cour pénale internationale le 9 octobre.…
Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre 2026 qu’après une discussion très fructueuse avec son homologue russe, Vladimir Poutine s’était engagé à fournir plusieurs millions de tonnes de diesel pour le marché américain et mondial, sur plusieurs mois. L’accord prévoit la fourniture immédiate de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes de plus en novembre et 1 000.000 de tonnes immédiatement après.
Habib Glenza, à Lödz.
«Selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3 000 000 tonnes de diesel», a écrit l président américain sur son réseau Truth Social.
«Les prix du diesel pour les Américains et pour le monde vont baisser rapidement dans des proportions record ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité», a ajouté Trump.
Le président américain sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux États-Unis, et le Parti républicain, handicapé par le bilan économique mitigé de Trump, redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections.
Les Etats-Unis n’ont pas d’amis mais des intérêts
L’homme d’État britannique Lord Palmerston avait dit à la Chambre des Communes en 1848 : «Nous n’avons pas d’alliés éternels, ni d’ennemi perpétuel. Seuls nos intérêts sont éternels et perpétuels». Le Général de Gaulle l’a paraphrasé en déclarant, dans les années soixante du siècle dernier, que «les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Et il avait raison dans la mesure où c’étaient les Etats-Unis qui avaient demandé aux pays européens de boycotter les hydrocarbures russes au lendemain de l’intervention militaire russe en Ukraine le 24 février 2022. Aujourd’hui, c’est le président américain qui demande aux Européens et aux Américains d’acheter le diesel russe, pour faire baisser les prix.
La Russie étant frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, le ministère des Finances américain a, dans la foulée, précisé avoir donné une autorisation provisoire pour cette mise sur le marché. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui, a dénoncé une décision indigne et faible. «Vous savez, cela ressemble à un beau cadeau d’anniversaire pour Poutine. C’est absolument horrible», a déclaré le président ukrainien au média américain Axios, faisant allusion au 74e anniversaire du président russe. «Cela ne fait que renforcer la position de Poutine et lui donne la possibilité de mener une guerre encore plus intense», a-t-il aussi déclaré à la presse, regrettant que l’équipe ukrainienne en déplacement en Floride ait «simplement servi de façade» pour cet accord avec Moscou.
L’annonce de Trump coïncide avec la reprise des discussions en Floride entre Américains et Ukrainiens vendredi et samedi, auxquelles les Européens ont été conviés, sur une résolution du conflit avec la Russie.
«Les discussions à Miami sont constructives», déclare Witkoff
A Miami, la délégation ukrainienne a rencontré Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain qui agit en qualité de médiateur informel, en présence de représentants européens. Witkoff a évoqué sur X des «discussions constructives».
Les échanges ont notamment porté sur «des mesures à court terme liées à la préparation à l’hiver (résilience énergétique, exportations de céréales), des garanties de sécurité, ainsi que des dispositifs à plus long terme pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe», a précisé l’émissaire.
Depuis mercredi, des attaques russes ont fait environ 60 morts en Ukraine, dont au moins 30 jeudi dans une frappe qui a touché deux bus à Kramatorsk, dans l’une des attaques les plus meurtrières des dernières semaines.
Les récents bombardements russes ont aussi causé des dommages considérables au réseau électrique ukrainien, a déploré vendredi le président ukrainien. Kiev redoute la répétition du scénario de l’hiver dernier, lorsque la Russie avait pilonné les installations énergétiques du pays, plongeant des millions de foyers dans le froid et l’obscurité.
En effet, «les habitants de Kiev et d’autres grandes villes pourraient être plongés dans l’obscurité et affronter un froid extrême cet hiver si ces attaques ne cessent pas immédiatement», a-t-il prévenu.
C’est là, on l’a compris, le dernier souci de Trump, qui n’a qu’une seule idée en tête : se rapprocher de la Russie pour la neutraliser en perspective d’une confrontation à venir avec la Chine qu’il sait inévitable. Quant à l’Ukraine, et avec elle la stupide Europe, elles iront en enfer !
Pour l’ONG, les États-Unis « instrumentalisent les souffrances ». Elle dénonce cette politique migratoire vers des pays-tiers, notamment en Afrique.
En bref
Human Rights Watch dénonce les expulsions américaines vers des pays africains tiers.
Plus de 500 personnes ont…
Le président américain a déclaré hier que « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle » étaient à l’origine de la mobilisation lycéenne.
En bref
Donald Trump attribue la mobilisation lycéenne française à « l’islam »…
Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023 contre les civils israéliens et la réplique de Tsahal, la guerre se poursuit à faible intensité. Le chef de l’ONU réclame un cessez-le-feu enfin respecté.
En bref
Trois ans après le 7…
Javier Milei, le président argentin, est sans doute l’un des personnages phares du populisme libertaire du moment, aux côtés de Trump. Les excès du personnage ne semblent pas perturber les électeurs argentins du moment, ni frôler sa légitimité.
En…
Frappes répétées, blocus pétrolier, tensions à Ormuz… La confrontation entre Washington et Téhéran s’installe dans la durée, à un mois des élections de mi-mandat américaines. Désarmement ou asphyxie économique ? Guerre d’usure ou risque de surextension face à la Chine…