La ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a présidé la cérémonie de réouverture de la bibliothèque du Diwan, joyau architectural situé au cœur de la Médina de Tunis.
L’événement s’est déroulé, ce lundi 12 octobre 2026, en présence du gouverneur de Tunis, Imed Boukhris, ainsi que de plusieurs hauts cadres du ministère et d’experts du patrimoine, indique le département de la Culture en rappelant que cet édifice historique emblématique a bénéficié d’un vaste programme de maintenance et de restauration intégrale, entièrement pris en charge et exécuté par l’Institut National du Patrimoine (INP).
Les interventions techniques menées par les équipes spécialisées de l’INP ont permis de traiter l’ensemble des dégradations tout en renforçant la structure du bâtiment via l’assainissement et l’étanchéité, une consolidation structurelle, une restauration minutieuse des revêtements de sol, remise en état des faïences artisanales et une rénovation des menuiseries en bois et remise en service de la fontaine centrale, ainsi qu’une modernisation des équipements, notamment du réseau électrique.
« Afin de préserver l’authenticité et l’identité architecturale du monument, les équipes de l’INP ont rigoureusement appliqué les normes internationales de conservation du patrimoine », affirme le ministère en soulignant que grâce à ces travaux d’envergure, la bibliothèque du Diwan fait son retour dans le paysage culturel de la médina, protégée de manière durable pour les générations futures et prête à accueillir de nouveau chercheurs, lecteurs et passionnés d’histoire.
La vision annoncée par le roi Mohammed VI relie les ambitions économiques du Maroc aux besoins de sécurité et de compétitivité de l’Europe.
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Lancée par un professeur, cette pétition pointe une réponse « totalement disproportionnée » des forces de l’ordre face aux revendications des lycéens.
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Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué, vendredi 9 octobre, à la juriste sud-africaine Navanethem “Navi” Pillay, pour son engagement en faveur de la paix et du droit international, a annoncé le Comité Nobel norvégien. À 85 ans, elle est récompensée pour une carrière qui l’a menée des tribunaux sud-africains aux plus hautes instances judiciaires internationales.
Source: Université Harvard.
Née en 1941 à Durban, dans une famille d’origine tamoule indienne et fille de chauffeur de bus, Navi Pillay grandit sous l’apartheid. En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats dans la province du Natal. Elle défend notamment des militants opposés au régime ségrégationniste, avant d’être nommée, en 1995, première femme noire à siéger à la Haute Cour de cette province.
Son parcours prend ensuite une dimension internationale. En 1999, elle rejoint le Tribunal pénal international pour le Rwanda, dont elle devient présidente. Elle contribue aux travaux judiciaires qui ont marqué la reconnaissance du viol et des violences sexuelles comme crimes pouvant relever du génocide et des crimes contre l’humanité. Elle devient ensuite juge à la Cour pénale internationale, où elle exerce de 2003 à 2008.
De 2008 à 2014, la juge occupe le poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Elle poursuit ainsi son travail sur les droits fondamentaux et la responsabilité des États et des individus. En 2019, elle est nommée juge ad hoc à la Cour internationale de Justice dans l’affaire opposant la Gambie au Myanmar, liée aux accusations de génocide contre la minorité rohingya.
En lui décernant le Nobel de la paix, le Comité Nobel met en avant sa contribution au développement du droit international et au renforcement des mécanismes judiciaires chargés de poursuivre les crimes les plus graves. Son parcours illustre celui d’une juriste qui a consacré plusieurs décennies à faire évoluer la justice, des juridictions nationales aux institutions internationales.
Le ministre de l’Intérieur a effectué un rappel à l’ordre et annoncé l’ouverture d’une enquête. Lundi, un 4×4 de la police a été filmé, fonçant sur des lycéens à Dunkerque.
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À Abu Dhabi, le Global Food Week a mis en avant plus de 100 produits du terroir marocain. Vingt-cinq groupements de producteurs ont participé à cette vitrine internationale. L’enjeu : valoriser la gastronomie du Royaume et ouvrir de nouveaux débouchés…
Après près de deux décennies d’absence, le Salon international des pièces de rechange, des équipements et des services industriels (SAPRI) revient du 17 au 20 novembre 2026 au Parc des expositions du Kram. Pour cette 10e édition, les organisateurs attendent près de 250 exposants, 120 experts et intervenants internationaux et quelque 15 000 visiteurs. Au programme, des rencontres d’affaires, des démonstrations technologiques et des échanges autour des nouveaux défis de l’industrie.
L’un des principaux rendez-vous de cette édition sera consacré aux rencontres professionnelles. Près de 1 000 réunions B2B sont prévues entre les entreprises et les experts présents. Des participants venus notamment de France, d’Italie, du Japon, de Singapour, d’Afrique du Sud, du Congo, de Mauritanie, du Cameroun, d’Algérie et de Libye sont attendus. L’occasion, pour les entreprises tunisiennes, de nouer des contacts, d’explorer des pistes de coopération et de présenter leurs compétences à des partenaires étrangers.
Organisé par le Centre technique des industries mécaniques et électriques (Cetime), sous la tutelle du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, en partenariat avec la Société de la Foire internationale de Tunis, le SAPRI n’avait plus été organisé depuis 2007. Son retour intervient dans un contexte où les industriels doivent composer avec des évolutions rapides, entre digitalisation des procédés, recherche de performance et nouvelles exigences environnementales.
Ces enjeux se retrouveront dans les différents espaces du salon, qui s’étendra sur environ 7 000 m² et sera organisé en sept villages thématiques. La maintenance industrielle, la métrologie, le contrôle industriel et la transition écologique seront notamment à l’honneur. Les industries lourdes, dont les secteurs minier, pétrolier et cimentier, auront également leur place.
Les visiteurs pourront découvrir des solutions liées à l’industrie 4.0, aux technologies de production, à l’ingénierie, à la normalisation et aux essais non destructifs. La transition énergétique et la digitalisation feront aussi partie des thèmes abordés. Pour les entreprises, ces technologies représentent autant de pistes à explorer pour moderniser leurs équipements, améliorer leurs opérations et mieux maîtriser leurs coûts.
Le programme prévoit par ailleurs plusieurs rendez-vous destinés à mettre en avant les compétences et l’innovation. Le Grand Prix de la Maintenance 2026 récompensera les initiatives dans les domaines de la maintenance industrielle et de la métrologie. De son côté, le Makeathon Africa by Cetime réunira des startups et des ingénieurs autour de la conception de prototypes innovants en matière de maintenance prédictive.
Cette dernière vise notamment à anticiper les pannes avant qu’elles ne perturbent la production. En s’appuyant sur les données et le suivi des équipements, les industriels peuvent mieux planifier les interventions et limiter les arrêts imprévus. Le makeathon entend ainsi rapprocher les compétences techniques des besoins rencontrés sur le terrain.
Autre temps fort, la huitième Conférence africaine des essais non destructifs (ACNDT’2026) réunira des spécialistes autour des méthodes de contrôle des matériaux et des équipements sans les détériorer. Les Rencontres internationales du salon aborderont, quant à elles, le développement technologique, l’intelligence artificielle et la transition écologique et énergétique. Des ateliers et des démonstrations pratiques permettront également aux participants de se familiariser avec des solutions industrielles récentes.
Au-delà de la présentation des technologies, les organisateurs souhaitent encourager l’innovation et faire connaître les mécanismes d’appui financier et technique destinés aux entreprises. Le développement des services industriels tunisiens à l’export figure aussi parmi les objectifs annoncés, tout comme le transfert de connaissances et l’incitation des jeunes diplômés à entreprendre dans ce domaine.
Cette orientation rejoint les missions du Cetime. Créé en 1982 et installé à Douar Hicher, le centre accompagne les entreprises, notamment dans les secteurs mécanique, électrique et électronique, à travers ses laboratoires et ses prestations d’assistance technique. Il intervient également dans les démarches de transition énergétique, environnementale et de décarbonation.
Le retour du SAPRI doit ainsi permettre de rapprocher les entreprises tunisiennes des fournisseurs, des experts et des partenaires internationaux. Les quatre jours du salon offriront un cadre aux échanges, mais leur portée dépendra surtout des suites données aux rencontres: nouveaux contrats, coopérations techniques ou accès à des marchés extérieurs.
Rima Hassan annonce avoir déposé plainte après la diffusion sur Instagram d’une vidéo dans laquelle un internaute la menace avec une arme à feu.
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Pour un exportateur africain, la question ESG ne s’arrête plus à la conformité. Il peut désormais conditionner l’accès au marché, peser dans l’analyse d’un banquier et, au bout de la chaîne, décider de la capacité de l’entreprise à financer sa transformation. C’est tout le fil conducteur du panel “De l’ESG à la bancabilité: comment financer la transformation des exportateurs africains ?”, organisé lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, jeudi 8 octobre à Tunis.
De g. à d.: Meriam Ben Boubaker (Modératrice), Gérard Sié Kambiré, Habib Karaouli, Riadh Naouar et à l’écran en visioconférence: Salma Frioui.
Meriam Ben Boubaker, vice-présidente de l’International CFO Alliance et modératrice de la rencontre, plante d’emblée le décor. “Il faut investir. Pour investir, il faut de l’argent. L’argent existe, mais il ne va pas aux entreprises qui ne savent pas prouver ce qu’elles sont en train de faire”, déclare-t-elle. Le panel est justement construit comme une chaîne :; Gérard Sié Kambiré apporte le regard sur le risque, Salma Frioui celui de la norme et de la preuve, Habib Karaouli celui du banquier et Riadh Naouar celui de l’institution de développement. Avec une question simple en toile de fond, quel maillon ne doit surtout pas lâcher pour que l’argent arrive jusqu’aux entreprises ?
D’après Gérard Sié Kambiré, Managing Partner ESG, Sustainable Finance & Climate Risk Expert, le premier verrou se trouve dans la gestion des risques climatiques. “Avant, on considérait la mesure du risque sur la base des données historiques. Mais aujourd’hui, au regard du changement climatique, on demande aux entreprises d’intégrer dans leur gestion des risques tout ce qui est gestion des risques climatiques”, explique-t-il. Par ailleurs, il distingue deux catégories. D’un côté, les risques physiques, comme les sécheresses en Tunisie ou les inondations en Afrique de l’Ouest. De l’autre, les risques de transition, liés notamment aux nouvelles exigences européennes, dont le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et le règlement sur la déforestation. Son exemple du cacao permet de comprendre rapidement où se situe le problème. Un exportateur qui ne peut pas démontrer que son produit respecte les exigences européennes risque de perdre ses clients. “Si je n’ai pas de client, comment est-ce que je peux payer le crédit que j’ai pris auprès de ma banque ?”, interroge-t-il. Le risque ESG devient alors un risque commercial, puis un risque financier. Les actifs eux-mêmes peuvent perdre leur valeur s’ils ne permettent plus de générer les revenus nécessaires au remboursement de la dette.
La banque, justement, n’a plus les yeux rivés uniquement sur les états financiers. Elle doit aussi regarder ce qui peut fragiliser le marché de l’entreprise. Dans le cacao ivoirien, cela peut aller jusqu’à la géolocalisation des plantations. L’objectif est de pouvoir tracer l’origine du produit et d’écarter les exploitations situées dans des zones ne respectant pas les règles de déforestation. “Les banques vont plus seulement regarder ce qu’on a fait, la performance financière, mais aussi la performance extra-financière”, souligne Gérard Sié Kambiré.
Reste alors une question: que faut-il réellement mettre sur la table ? C’est là que Salma Frioui, experte IFRS et reporting de durabilité, déplace le débat vers la donnée. Pour elle, le problème n’est pas forcément que les entreprises ne disposent d’aucune information ESG. Elles ont déjà leurs factures d’énergie, leurs données sociales, les questionnaires des donneurs d’ordre ou encore les éléments issus des certifications. “Le problème aujourd’hui, c’est comment transformer ces données ESG en une information financière qui est proportionnée, qui est fiable et qui est surtout orientée vers la décision”, explique-t-elle. Autrement dit, une donnée qui dort dans un fichier Excel ne vaut pas grand-chose pour un financeur si elle ne permet pas de comprendre le risque, la trajectoire de l’entreprise ou l’investissement à réaliser. “L’ESG devient bancable lorsqu’il est traduit en risque, en investissement, en trajectoire et en preuve”, résume-t-elle.
Pas question, pour autant, de demander aux PME exportatrices de reproduire les rapports des grands groupes. Salma Frioui propose plutôt un reporting minimum, construit autour de quelques blocs. L’activité et l’exposition de l’entreprise, l’énergie et le climat, les données sociales et opérationnelles, deux ou trois risques matériels et, enfin, la gouvernance et le plan de transition. Une PME pourrait ainsi documenter ses consommations d’électricité, de gaz ou de carburant, ses effectifs, ses accidents du travail, ses fournisseurs critiques ou encore les risques susceptibles de toucher directement sa production. Elle pourrait aussi fixer un objectif, par exemple une réduction de 30 % de sa consommation d’énergie, puis préciser les investissements nécessaires, le calendrier et les gains attendus. “La banque va financer une trajectoire, financer un projet”, insiste-t-elle. Le reporting ne servirait donc pas seulement à obtenir un crédit. Il pourrait également répondre aux demandes des clients, des donneurs d’ordre ou des bailleurs de fonds. Cette logique conduit Salma Frioui à défendre, en fin de panel, la création d’un “passeport ESG pour les PME”. Le principe : un format commun, proportionné et construit avec les banques, les bailleurs et les donneurs d’ordre, afin d’éviter que chaque financeur ou client réclame à l’entreprise un nouveau dossier.
Une fois le risque identifié et la donnée structurée, reste le nerf de la guerre: le financement! Habib Karaouli, PDG de CAP Bank, estime que le maillon le plus faible de la chaîne reste justement celui-ci. Il évoque plus de 2 000 milliards de dollars investis dans la finance durable à l’échelle mondiale, dont à peine 1 % orienté vers l’Afrique. Selon les chiffres avancés durant le panel, cette enveloppe resterait par ailleurs très concentrée sur quelques pays africains. Pour Karaouli, le problème est donc double : mobiliser davantage de capitaux et surtout faire en sorte qu’ils atteignent les entreprises qui en ont besoin. “La conformité a un coût et la question est : qui va assumer ce coût ?”, souligne-t-il, citant notamment les bilans carbone, les diagnostics et le suivi des recommandations.
Une entreprise qui arrive avec une démarche ESG structurée part toutefois avec un avantage. “Incontestablement, ce sont des facteurs positifs qui sont pris en compte” , affirme Habib Karaouli. Mais le banquier doit désormais composer avec une palette de risques plus large : évolution rapide des réglementations dans les pays de destination, changement climatique, tensions géopolitiques et fermetures de marchés. Il cite aussi les effets possibles du changement climatique sur certaines activités tunisiennes, notamment l’agroalimentaire et l’aquaculture. La hausse des températures de la Méditerranée devient ainsi, à ses yeux, un paramètre à intégrer dans l’évaluation d’un projet. Cette nouvelle donne change aussi le métier bancaire. “Les critères d’appréciation ont changé. C’est une question de veille”, résume-t-il. Une entreprise qui maîtrise déjà son exposition et dispose d’un référentiel clair bénéficie, selon lui, d’un ‘avantage favorable’ dans l’analyse et sera ‘servie avant les autres'”.
Pour sortir de cette logique où les PME doivent seules absorber le coût de leur mise à niveau, Habib Karaouli propose une ligne de financement à trois volets. Un premier consacré au renforcement des fonds propres, un deuxième aux crédits bonifiés d’investissement et un troisième au financement des études préalables, notamment les bilans carbone et diagnostics ESG. Une approche qui s’inspire, selon lui, du programme de mise à niveau tunisien lancé en 1996.
Le financement ne peut cependant pas se limiter à quelques entreprises déjà structurées. C’est précisément là que Riadh Naouar, Manager Upstream & Advisory Services FIG NWC chez IFC, élargit le débat. Il rappelle le rôle que peuvent jouer les banques régionales dans le financement du commerce et des exportations africaines, en prenant notamment l’exemple de Coris Bank, présente dans plusieurs pays du continent.
Pour lui, les PME exportatrices ne peuvent pas être considérées isolément. Une entreprise qui exporte peut dépendre de centaines, voire de milliers de petites entreprises en amont. “Il y a des PME qui sont liées à des chaînes de valeur. […] Toutes ces PME dans ta chaîne de valeur doivent se conformer”, explique-t-il.
Le problème devient alors celui de la donnée et du savoir. Les banques ont besoin d’informations suffisamment solides pour projeter les trajectoires climatiques de leurs portefeuilles. Or, ces données restent encore trop fragmentées dans plusieurs secteurs africains. Sans cette matière première, difficile de mesurer correctement le risque et donc de généraliser le financement vert.
D’où l’importance, selon Riadh Naouar, du rôle des donneurs d’ordre, des multinationales et des bailleurs. Les grandes entreprises qui imposent de nouveaux standards aux fournisseurs doivent aussi contribuer à leur transmission. “Les bailleurs, les donneurs d’ordre jouent un rôle important de vulgarisation”, estime-t-il, en prenant notamment l’exemple de la filière cacao.
Le financement de la transition passe donc aussi par le transfert de compétences. “L’accès au savoir est un élément clé”, insiste-t-il. L’enjeu n’est plus seulement de financer une PME ou mille PME, mais de pouvoir accompagner l’ensemble d’une chaîne de valeur.
Au terme du panel, les quatre intervenants livrent chacun leur solution. Riadh Naouar défend un écosystème réunissant régulateurs, financeurs, donneurs d’ordre et chaînes de valeur. Habib Karaouli revient sur sa ligne de financement à trois volets. Salma Frioui propose son “passeport ESG pour les PME”. Gérard Sié Kambiré, lui, revient au point de départ : les entreprises doivent apprendre à parler le langage des banques.
“Plus je comprends votre langage, je suis à même de vous satisfaire”, explique-t-il. Il appelle donc les PME à intégrer une véritable culture du risque, tout en demandant aux banques de jouer leur rôle dans cette mise à niveau. Car la chaîne ne peut pas fonctionner à sens unique : si l’entreprise doit prouver, mesurer et investir, le financement doit lui aussi être capable de suivre cette transformation.
Et si les nouvelles règles européennes n’étaient pas seulement une contrainte pour les exportateurs africains, mais aussi une occasion de renforcer leur position face à leurs acheteurs? C’est, en substance, le message porté par Steven Tebbe lors de la 4e édition de l’African ESG Summit.
Ancien Directeur général de CDP Europe et ancien collaborateur d’EFRAG, il a livré une lecture assez différente de la réglementation européenne. Pour lui, l’enjeu n’est plus seulement de savoir comment les entreprises africaines vont se conformer aux exigences européennes. Il faut surtout comprendre ce que les acheteurs européens doivent désormais obtenir de leurs fournisseurs pour pouvoir, eux-mêmes, respecter leurs obligations. “Je ne suis pas ici pour vous dire comment fonctionne votre marché. Vous le connaissez bien mieux que moi. Ce que je peux vous apporter, c’est une vision depuis l’intérieur de la salle où sont formulées les exigences qui vous concernent”, a-t-il annoncé.
Steven Tebbe connaît effectivement le sujet de l’intérieur. Il explique avoir consacré 10 ans au développement de l’activité de CDP Europe, organisation spécialisée dans la collecte de données environnementales auprès des entreprises et des investisseurs. Il a ensuite travaillé au sein d’EFRAG, impliqué dans le processus européen ayant conduit à l’élaboration des European Sustainability Reporting Standards (ESRS).
En effet, son premier constat est plutôt inhabituel dans un discours consacré à l’ESG. Après plusieurs années durant lesquelles les entreprises africaines ont été prévenues d’un durcissement massif de la réglementation européenne, Bruxelles a finalement engagé un mouvement de simplification. Le périmètre de la CSRD a été réduit et le cadre européen du reporting de durabilité a été révisé. “Beaucoup d’entre vous ont probablement passé trois ans à entendre qu’un mur de réglementation européenne arrivait”, a-t-il relevé. Selon Tebbe, cette évolution doit servir de leçon. Une entreprise africaine ne devrait pas bâtir sa stratégie commerciale uniquement sur l’hypothèse d’un durcissement continu des réglementations européennes. A dire vrai, “une règle qui arrive avant que quiconque ne veuille réellement les données qu’elle produit est une règle qui peut facilement être abandonnée lorsque la politique change”, estime-t-il. Cela ne signifie toutefois pas que la demande européenne en matière de données ESG disparaît. Certaines réglementations sont désormais suffisamment ancrées dans les échanges commerciaux pour modifier les relations entre acheteurs et fournisseurs. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), entré dans son régime définitif au 1er janvier 2026, concerne notamment le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène. À cela s’ajoutent les exigences de traçabilité liées au règlement européen contre la déforestation, qui concernera notamment des filières comme le cacao et le bois.
Quant aux entreprises africaines présentes sur ces marchés, ces dispositifs ne sont donc pas seulement une affaire de conformité. Ils touchent directement la relation commerciale avec l’acheteur européen. C’est précisément là que Steven Tebbe veut déplacer le regard. “Aucune de ces règles ne s’applique à vous. Chacune s’applique à votre acheteur, et votre acheteur ne peut pas satisfaire ses obligations sans vous”, explique-t-il. La nuance est importante! Juridiquement, c’est souvent l’entreprise européenne qui porte l’obligation. Mais pour remplir cette obligation, elle doit obtenir des informations de son fournisseur. Origine du produit, géolocalisation d’une parcelle, traçabilité, émissions incorporées, données de production… autant d’informations qui peuvent devenir indispensables à la poursuite de la relation commerciale. “Ce n’est pas une charge de conformité. C’est une dépendance”, résume Tebbe. Cette dépendance pourrait, selon lui, modifier le rapport de force. Un grand acheteur peut toujours envoyer un questionnaire à son fournisseur et lui demander de remplir une nouvelle série de données. Mais derrière chaque question se trouve un coût. “Il y a un questionnaire, un portail, une demande”Veuillez compléter ceci pour vendredi”. Ce qui est présenté comme une exigence fait alors supporter le coût au fournisseur”, observe-t-il.
Or, la donnée ne se produit pas toute seule. Cartographier des parcelles, mesurer les émissions incorporées ou assurer la traçabilité d’une chaîne qui relie des milliers de producteurs à un seul conteneur nécessite des outils, du personnel et des investissements.
“La cartographie coûte de l’argent. La mesure des émissions incorporées coûte de l’argent. Construire une traçabilité de mille producteurs jusqu’à un seul conteneur coûte de l’argent. Et quelqu’un devra payer”, souligne-t-il. Pour l’expert, c’est précisément sur ce terrain que les exportateurs africains peuvent reprendre la main. Plutôt que d’attendre que l’acheteur européen demande les données, ils devraient commencer par lui poser une question : de quelles informations a-t-il besoin pour remplir ses propres obligations ?
“Les exportateurs qui réussissent le mieux posent une question à leur acheteur au lieu d’attendre la demande. La question est simplement : qu’avez-vous à déclarer et de quoi avez-vous besoin de ma part pour le faire ?”
La différence peut sembler minime. Elle ne l’est pas. Elle permet de passer d’une logique de fournisseur qui subit une nouvelle exigence à celle d’un partenaire qui apporte une information dont l’acheteur a besoin. En fait, lorsqu’une donnée est indispensable à une transaction, qu’elle peut avoir une conséquence juridique et qu’elle coûte de l’argent à produire, elle acquiert une valeur économique. “Les choses qui ont ces trois propriétés ont un prix. Et les choses qui ont un prix peuvent être financées”, avance-t-il.
La traçabilité ne devrait donc plus être considérée uniquement comme une dépense supplémentaire imposée par l’ESG. Elle peut devenir un actif, à condition d’être structurée, fiable et disponible. Le même raisonnement vaut pour le calendrier réglementaire. Le report de certaines obligations européennes ne doit pas être interprété comme une raison pour attendre. “Le déplacement de la directive sur le devoir de vigilance à 2028 n’est pas un répit. Je pense que c’est une fenêtre”, dit Tebbe. Pour lui, le fournisseur qui prépare ses données avant que l’acheteur ne les réclame se trouve dans une position différente de celui qui doit les rassembler dans l’urgence. “Le fournisseur dont la documentation est prête avant qu’elle ne soit demandée négocie. Celui qui la rassemble sous une ligne rouge ne négocie pas”.
Le message de Steven Tebbe tient dans un changement de perspective. L’ESG n’est pas uniquement une histoire de règles européennes auxquelles les entreprises africaines doivent se plier. C’est aussi une question de valeur, de données et de rapport de force commercial. “Je dirais, exportez ce dont l’Europe ne peut pas se passer et comprenez clairement que ce dont elle ne peut pas se passer aujourd’hui, c’est la preuve qu’elle ne peut obtenir que de vous”.
Le produit reste donc au cœur de l’exportation. Mais la capacité à prouver son origine, sa traçabilité ou son empreinte environnementale pourrait devenir tout aussi stratégique. Car, selon Tebbe, les acheteurs européens ne manqueront pas nécessairement de fournisseurs. Ils pourraient en revanche manquer de fournisseurs capables de documenter ce qu’ils vendent. Et ceux-là, justement, seront plus difficiles à remplacer.
À neuf jours d’une mobilisation nationale annoncée à Tunis, syndicats, organisations de la société civile, mouvements sociaux régionaux et désormais huit partis politiques tentent de fédérer des revendications jusque-là dispersées.
Emploi, pouvoir d’achat, libertés publiques et détenus politiques devraient se…
Une technologie peut être prometteuse sans trouver son chemin jusqu’au marché. Entre une solution technique et un produit compétitif, il faut encore du capital, de la prise de risque et des entrepreneurs capables de porter le projet. C’est sur cette articulation que Birgit Lamm, country director Tunisie et Libye de la Friedrich Naumann Foundation (FNF), a insisté lors du lancement de la 4e édition de l’African ESG Summit, jeudi 8 octobre, à Tunis.
“Nous soutenons l’entrepreneuriat et l’économie de marché parce que ce sont les entrepreneurs qui développent la richesse d’une société”, a-t-elle souligné.
Ils prennent des risques, cherchent des investissements et créent des emplois. Pour la représentante de la FNF, cette dynamique garde toute sa place dans une période où les entreprises doivent revoir une partie de leurs modèles face aux changements climatiques.
Birgt Lamm lors de la 4e édition de l’African ESG Summit.
De surcroît, Birgit Lamm rejoint sur ce point le constat de Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers et fondatrice de l’African ESG Summit. “Cette année, je pense que tout le monde a appris et senti personnellement que le changement climatique est réel”, a-t-elle relevé. Désormais, le sujet se retrouve dans les chaînes de valeur et dans les méthodes de production. Les entreprises doivent adapter leurs activités et intégrer davantage la durabilité dans leurs choix économiques. Une évolution qui, selon Birgit Lamm, ne pourra pas se faire en reproduisant les mêmes modèles. “On ne peut pas continuer de la même manière comme on a développé le système économique depuis des années ou même des siècles”, estime-t-elle.
Encore faut-il que les nouvelles solutions puissent tenir sur un marché. Pour Birgit Lamm, une innovation ne peut pas rester au stade de la bonne idée ou de la prouesse technique. Elle doit pouvoir déboucher sur un produit, trouver des clients et afficher un prix qui lui permet de rester dans la course. Elle cite notamment les énergies renouvelables et la transition énergétique. Les ingénieurs ont déjà développé de nombreuses solutions techniques. Le travail se poursuit désormais sur leur application économique et sur la création de produits capables de rivaliser avec les offres existantes. “On doit également trouver des solutions économiques faisables dans les marchés avec des prix compétitifs et on doit chercher aussi l’investissement”, ajoute-t-elle.
D’ailleurs, ce point-là place les startups en première ligne. Elles peuvent tester de nouvelles solutions, prendre des risques et chercher des marchés encore peu explorés. Mais une idée, même solide, ne va pas très loin sans financement. Les investisseurs ont eux aussi leur rôle à jouer, notamment lorsqu’il s’agit d’accompagner des technologies ou des modèles économiques encore en phase de développement.
Birgit Lamm insiste ainsi sur la nécessité de rapprocher entrepreneurs et investisseurs. “On a besoin des startups et des entrepreneurs qui sont vraiment courageux et qui trouvent des investisseurs qui sont aussi créatifs et optimistes qu’on peut vraiment développer un marché pour ces produits dans le futur”, déclare Lamm.
Cette relation entre capital et innovation devient particulièrement importante dans les secteurs liés à la transition énergétique. Les solutions techniques existent, mais leur développement nécessite des moyens, des débouchés et une capacité à s’inscrire dans la durée. Le marché reste le passage obligé. Le raisonnement dépasse par ailleurs les frontières tunisiennes. Les chaînes de valeur sont devenues globales et les entreprises évoluent dans des marchés de plus en plus connectés. Pour Birgit Lamm, les réponses doivent suivre le même mouvement. “Le changement climatique, ce n’est pas seulement ici en Tunisie, les chaînes de valeur aujourd’hui sont globales. Alors on doit aussi trouver des solutions globales et régionales”, a-t-elle affirmé.
C’est aussi ce qui donne à l’African ESG Summit, selon elle, une portée particulière. Réunir les acteurs autour de l’ESG ne consiste pas seulement à parler de transition. Il s’agit aussi de faire circuler les idées, de rapprocher les porteurs de solutions des investisseurs et de créer les conditions permettant à ces innovations de trouver leur place dans les économies africaines.
Maroc ou Sénégal ? Aujourd’hui, le Tribunal arbitral du sport (TAS) se penchera sur le cas de cette finale rocambolesque. Une décision très attendue par tout un continent.
En bref
Le Sénégal avait remporté la finale de la CAN…
Avoir des ressources naturelles ne suffit pas à produire davantage de richesse. En Afrique, seuls quatre pays dépassent la barre des 50 points dans le nouvel Indice des capacités productives d’ONU Commerce et Développement. Maurice arrive en tête du continent, devant les Seychelles, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert. La Tunisie se classe cinquième en Afrique et 99e au niveau mondial.
Publié le 14 septembre 2026, le Productive Capacities Index (PCI), 3e génération, évalue 195 économies sur la période 2000-2024. L’indice ne se limite pas à mesurer ce que les économies produisent déjà: il cherche à déterminer dans quelle mesure elles disposent des ressources, des compétences, des infrastructures et des connexions nécessaires pour produire davantage et monter en gamme.
Pour établir son classement, ONU Commerce et Développement s’appuie sur 43 indicateurs répartis entre huit dimensions: capital humain, capital naturel, énergie, transport, technologies de l’information et de la communication, institutions, développement du secteur privé et transformation structurelle. Les données sont normalisées sur une échelle de 0 à 100, puis agrégées pour obtenir un score global.
Maurice en tête, la Tunisie dans le top 5 africain
Avec 55 points, Maurice occupe la première place africaine et le 56e rang mondial. Ses performances sont particulièrement élevées dans les institutions, les TIC et l’énergie. Le pays illustre ainsi un point central de l’indice: une économie peut renforcer ses capacités productives sans disposer d’un important stock de ressources naturelles, à condition de développer ses infrastructures, ses institutions, ses compétences et son environnement économique.
Les Seychelles arrivent en deuxième position africaine, devant l’Afrique du Sud et le Cap-Vert. Ces quatre économies sont les seules du continent à franchir le seuil de 50 points dans cette édition. La Tunisie, pour sa part, occupe la 5e position africaine et le 99e rang mondial, devant le Maroc, le Botswana, la Namibie, l’Algérie et l’Égypte. Le pays figure ainsi parmi les économies africaines disposant des capacités productives les plus développées, selon cet indicateur.
Le top 10 africain est complété par le Maroc (101e mondial), le Botswana (116e), la Namibie (122e), l’Algérie (125e) et l’Égypte (129e). À l’échelle mondiale, le Danemark arrive en première position avec 70,9 points, devant les États-Unis, l’Australie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. L’intérêt du PCI pour les entreprises et les investisseurs est justement de déplacer le regard du seul niveau de richesse vers les fondamentaux qui permettent à une économie de créer davantage de valeur. Institutions, capital humain, énergie, infrastructures de transport, technologies, secteur privé et transformation de l’économie constituent ensemble les conditions nécessaires à la diversification et à la montée en gamme.
La nouvelle édition introduit notamment un indicateur consacré au transport maritime, rendu possible par de nouvelles données disponibles au niveau des pays. ONU Commerce et Développement a également revu son traitement des données manquantes et répété les calculs avec différents points de départ afin de rendre les résultats plus robustes. L’organisation souligne toutefois une limite à garder en tête: 22,9% des observations utilisées dans le PCI sont manquantes, avec des lacunes particulièrement importantes dans les pays les moins avancés. Le classement doit donc être lu comme un outil de comparaison et de diagnostic plutôt que comme une mesure absolue de la performance économique.
Pour les économies africaines, le message est donc moins une question de ressources disponibles que de capacité à les transformer en valeur. Le retard mesuré par le PCI renvoie notamment aux infrastructures, aux compétences, à l’énergie, aux institutions et à la capacité du secteur privé à s’inscrire dans une transformation structurelle durable.
Pour l’ONG, les États-Unis « instrumentalisent les souffrances ». Elle dénonce cette politique migratoire vers des pays-tiers, notamment en Afrique.
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Human Rights Watch dénonce les expulsions américaines vers des pays africains tiers.
Plus de 500 personnes ont…
Près de 200 exposants représentant 27 pays participent à la 8e édition de Marrakech Airshow, qui a ouvert ses portes mercredi 7 octobre à la base aérienne des Forces Armées Royales à Marrakech. Les secteurs de l’aéronautique, de la défense…
L’info fait débat en Tunisie tant elle divise sur son bien-fondé. Les autorités annoncent le déploiement d’un dispositif dont la généralisation est inédite consistant en des policiers en civil et avec des caméras. Objectif : traquer les infractions routières jusque…
L’Indice de perception de la démocratie dans le monde nous révèle année après année la situation, la nature et l’évolution de la démocratie vers d’autres types de régimes politiques dans le monde. C’est le cas de l’édition de 2026.
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Selon le dernier classement de Conde Nast Travel, magazine de référence spécialisé dans l’hôtellerie et le voyage, un hôtel situé en Tunisie, en l’occurrence The Residence Tunis, se trouve dans le peloton de tête.
C’est une nouvelle consécration pour l’hôtel The Residence Tunis: Conde Nast Travel, magazine de voyage mais aussi marque d’influence dans le tourisme international vient de le classer au 6e rang des meilleurs hôtels en Afrique.
Ce classement a été établi selon le sondage annuel « Readers’ Choice Awards » (Prix du choix des lecteurs) qui a totalisé 798.867 votes cette année pour sa 39e édition. « Tous les lauréats ont été sélectionnés de manière indépendante par nos lecteurs » souligne la direction du média qui indique qu’elle peut percevoir uniquement des commissions d’affiliation sur les liens vers les boutiques en ligne.
Les 5 premiers établissements récompensés sont le Giraffe Manor (1e) et le Heming Nairobi (2e) au Kenya, le Park Hyatt Zanzibar (3e), puis le Marriott Mena House (4e) et le Nile Ritz Carlton tous les deux au Caire.
En 7e position viennent le Hyatt Regency Dar es Salam Kilimanjaro (Tanzanie), l’Hemingways Retreat à Kigali (Rwanda) (8e), l’Intercontinental Luanda Miramar (9e) en Angola puis l’Eden Nairobi qui clôture ce Top 10.
A noter que ce classement ne prend pas en considération les hôtels du Maroc et d’Afrique du sud.
L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods, présidé par le Roi Mohammed VI, a lancé, mardi 6 octobre dans la localité d’Al-Ram, au nord d’Al-Qods, la campagne « Aouna 2026 », destinée à soutenir les agriculteurs palestiniens durant…