Normale Ansicht

Aram Belhadj | Le mécanisme du prêt d’honneur est inapplicable

04. August 2026 um 13:44

Le prêt d’honneur, un mécanisme de financement à taux zéro, sans intérêts, sans frais de dossier ni garanties exigées, instauré en Tunisie par le décret n°2026-148, demeure inapplicable tant que la Banque centrale de Tunisie n’a pas publié de circulaire à l’intention des banques précisant les conditions et les documents annexes (formulaire de demande, déclaration sur l’honneur, etc.).

C’est ce qu’a déclaré l’économiste Aram Belhadj, dans un poste sur sa page Facebook, en indiquant avoir lui-même déposé, hier, mardi 3 juillet 2026, une demande de prêt d’honneur d’un montant de 5 000 dinars auprès d’une agence bancaire (voir le fac-similé ci-dessous), sans doute pour voir comment la banque réagirait à sa demande.

Théoriquement, et selon le décret n°2026-148, dont la portée populiste et électoraliste n’échappe à personne, ce prêt est alimenté par une ligne de 8 % des bénéfices des banques et s’adresse aux particuliers (jusqu’à 5 000 dinars), aux porteurs de micro-projets (jusqu’à 10 000 dinars), aux PME et aux sociétés communautaires (jusqu’à 25 000 dinars), la grande idée du président de la république Kaïs Saïed pour révolutionner l’économie tunisienne.

I. B.

L’article Aram Belhadj | Le mécanisme du prêt d’honneur est inapplicable est apparu en premier sur Kapitalis.

Au rythme du Stambali | Un moment de solidarité et de résistance avec Saadia Mosbah

04. August 2026 um 13:06


Amnesty International Tunisie nous fait parvenir le texte dont la traduction est publiée ci-dessous dans le cadre de la «Mobilisation de solidarité avec Saadia Mosbah, militante des droits humains et présidente de l’association Mnemty, actuellement emprisonnée en Tunisie en raison de son engagement pour la défense des droits des personnes noires et la lutte contre le racisme.»

Nous prenons la parole aujourd’hui — alors qu’elle reste privée de liberté, suscitant de vives inquiétudes quant à son intégrité physique ainsi qu’à l’exercice de ses droits aux soins, aux visites et à la communication — pour affirmer que la défense de l’égalité et de la justice ne saurait justifier ni sanction ni isolement. C’est un appel à la solidarité avec elle, ainsi qu’à assumer une responsabilité collective face au racisme et pour la préservation de la dignité de toute personne vivant en Tunisie.

Dans le Stambali, les sonorités du «gumbri» et des «chaqchaq» se mêlent aux corps au fil de la «nouba». C’est un art qui porte en lui la mémoire de l’esclavage, du déracinement et du racisme, mais qui véhicule aussi un autre message : celui de ne jamais laisser seul celui que les épreuves et l’injustice ont accablé.

Dans l’histoire de la résistance à l’esclavage, à la ségrégation et à la discrimination, les femmes noires n’ont pas été de simples figures accrochées aux murs de la mémoire une fois les combats achevés. Elles en ont été le cœur battant, rassemblant ce que la peur avait dispersé : voix, droits et liens humains.

Des champs de coton et des convois d’esclaves a émergé une mémoire refusant de réduire la violence à un passé révolu, transformant la marginalisation et l’isolement qu’elle a engendrés en une conscience commune de la résistance et du droit à la justice.

C’est à travers cet héritage que nous te comprenons, Saadia : non pas comme une femme dont le corps seul porterait le poids d’une cause entière, mais comme une part d’une mémoire collective ayant su transformer une expérience partagée en une conscience politique qui met au jour les mécanismes de l’exclusion.

La lutte pour la visibilité, l’appartenance et la pleine citoyenneté est devenue une exigence générale, plaçant l’État et la société face à leurs responsabilités dans le combat contre le racisme, au-delà de la simple condamnation de certaines de ses manifestations.

Tu as levé le voile sur le mur du déni entourant le racisme, démontrant que ce qui est présenté comme un détail anodin cesse de l’être dès lors qu’il se répète et s’ancre dans le quotidien des gens. Ces petits signes s’accumulent pour ériger des frontières invisibles : entre ceux à qui l’on accorde d’emblée sa confiance et ceux que l’on accueille avec méfiance ; entre ceux qui traversent l’espace public sans avoir à se justifier et ceux à qui l’on rappelle, sans relâche, que leur appartenance même est remise en question.
Ainsi, tes propos sur les Tunisiennes et les Tunisiens noirs portaient sur la Tunisie elle-même : sur une histoire que le pays tend à raconter en gommant ses fissures, et sur un présent où le discours sur la diversité ne suffit pas tant qu’il ne se traduit pas en réalité.

Tu n’as pas réclamé une place en marge du récit national ; tu as plutôt souligné que ce récit demeure incomplet tant que ceux qui en ont longtemps été tenus à l’écart en restent absents. Car la reconnaissance ne s’accomplit pas dans les discours, mais se manifeste dans le monde du travail, à l’école et dans les administrations, ainsi que dans le droit de chacun à traverser la rue sans que son corps ne suscite la méfiance ou qu’il ne soit contraint de justifier son humanité.

Tu as dit ce qui devait être dit et tu as enduré, pour cela, un fardeau qu’aucune personne ne devrait avoir à porter seule. Aujourd’hui, ta sécurité ainsi que tes droits aux soins, aux visites et à la communication ne sont pas des détails accessoires ; ce sont des droits fondamentaux qui touchent à ta liberté et à ta dignité.

Ton emprisonnement ne constitue pas seulement une privation arbitraire de liberté, mais une attaque politique visant ton action en faveur des droits humains et ta lutte contre la discrimination systémique ; c’est la punition d’une femme qui a refusé la marginalisation, ainsi qu’une tentative de réduire au silence une voix ayant mis en lumière les failles du système et d’intimider quiconque choisit de briser le mur du déni pour lutter contre le racisme.

Se tenir à tes côtés signifie ne pas laisser la prison rompre les liens qui t’unissent à ceux qui t’aiment et se soucient de toi. Tu es une femme qui connaît la fatigue, la peur et le besoin de sécurité ; une mère, une amie et une compagne qui a tant donné aux autres.

Les paroles que tu as prononcées et les questions que tu as soulevées concernant la justice et le racisme ne doivent pas peser sur tes seules épaules ; elles constituent une responsabilité que nous partageons tous.

Lors des cérémonies de Stambali, la souffrance n’est jamais laissée seule face à celui ou celle qui l’éprouve ; le rythme, le souffle et la présence des autres l’enveloppent jusqu’à ce qu’elle trouve une autre voie vers la guérison. C’est ainsi que nous te voulons parmi nous : proche de nous telle que tu es, mère, amie et compagne chère.

Le fardeau que tu as porté pour la lutte des personnes noires en Tunisie est une responsabilité partagée, et non une facture qui te serait laissée à régler seule.

Amnesty International Tunisie

Traduit de l’arabe.

L’article Au rythme du Stambali | Un moment de solidarité et de résistance avec Saadia Mosbah est apparu en premier sur Kapitalis.

Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas

04. August 2026 um 11:25

Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».

Habib Glenza, à Lodz.

 «Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat», estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement «la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes». Et l’accuse également d’avoir «affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté».

Dans un communiqué adressé au journal Hespress, l’ODT affirme que cette situation «a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière». Et appelle à «l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière», tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier stratégique.

Corruption et répartition inégalitaire des richesses   

Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, «restent entourées de nombreuses zones d’ombre». Selon lui, les vagues de passages collectifs «suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société». Il ajoute que «ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc». À ses yeux, il constitue «une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques».

Le responsable syndical a également souligné que «la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population». Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui «ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale».

«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir», qu’il accuse d’avoir «affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive».

Le gouvernement porte une large responsabilité    

De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que «les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites». Selon lui, «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés».

«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi», affirme-t-il.

«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que «le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains», citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. «Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière», conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que «l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi». Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant «l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge», ainsi qu’un «abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence».

Pour Ali Lotfi, «la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité». Selon lui, ces éléments sont directement liés «aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur».

Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment.

Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.

L’article Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Les vraies raisons de la hausse des prix des médicaments

04. August 2026 um 09:20

Les hausses de prix ne concernent qu’un nombre restreint de médicaments importés dont les tarifs n’avaient pas été actualisés depuis des années. Ces ajustements ont été mis en œuvre en raison de la hausse des coûts d’importation et de l’évolution des prix sur le marché mondial.

C’est ce qu’a indiqué «une source bien informée» au sein de la Pharmacie centrale de Tunisie dans une déclaration à Mosaique FM, ajoutant que l’objectif de cet ajustement tarifaire (que ces choses douloureuses sont joliment dites!) est de garantir la disponibilité continue de ces médicaments et d’éviter toute perturbation de l’approvisionnement du marché. Bref, si vous payez plus cher votre médicament, c’est pour votre bien !

Ce que la «source bien informée» n’a pas cru devoir expliquer, c’est pourquoi les autorités n’ont pas cru devoir communiquer sur les causes et les circonstances de ces hausses avant leur annonce publique, d’autant qu’ils vont être supportées par les citoyens dont le pouvoir d’achat est en charpie, à cause des fortes hausses des prix des biens de consommation.

Il n’a pas cru devoir expliquer non plus que ces hausses sont dues à la levée des subventions de l’Etat sur ces médicaments en raison des difficultés des finances publiques et des problèmes qu’a aujourd’hui la Pharmacie centrale à s’approvisionner auprès de certains laboratoires internationaux auxquels elle doit beaucoup d’argent et qui exigent d’être payés avant de rétablir leurs livraisons.

En d’autres termes, le citoyen est sommé d’encaisser les coups, les uns après les autres, sans que ces chers responsables de l’Etat ne se croient dans l’obligation de lui expliquer les tenants et les aboutissants de leurs décisions. Ces responsables qui se cachent à chaque fois qu’une tempête pointe à l’horizon et n’apparaissent que pour annoncer des stratégies, des plans, des programmes et de vagues projets dont la réalisation est reportée aux calendes grecques du genre de la Cité médicale de Kairouan, du TGV Bizerte-Ben Guerdane ou encore du Port en eaux profondes d’Enfidha.

I. B.

L’article Tunisie | Les vraies raisons de la hausse des prix des médicaments est apparu en premier sur Kapitalis.

Mesures pour sauver le secteur laitier tunisien | Trop peu, trop tard ?

04. August 2026 um 08:40

La Tunisie disposait auparavant d’un stock de 80 millions de litres de lait, dont une partie était exportée vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Aujourd’hui, la filière laitière fait face à des difficultés structurelles que les autorités ont laissées s’aggraver, et ce, malgré l’apparition de signes avant-coureurs, notamment une forte baisse du cheptel bovin. Des mesures sont prises pour tenter de remonter la pente… Mais est-ce suffisant ?  

Dans ce contexte, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a récemment annoncé l’élaboration d’un programme national de reconstitution du cheptel bovin, dans le cadre des efforts visant à soutenir la filière laitière et à reconstituer les effectifs du bétail. Plusieurs mesures ont été adoptées pour soutenir le secteur, notamment le relèvement du prix minimum garanti du lait à 1 340 millimes le litre, l’augmentation de la prime de collecte à 115 millimes et le plafonnement des prix de l’aliment du bétail, parallèlement à l’élaboration d’un plan national pour stimuler la production d’aliments pour bétail avec la participation des différents acteurs de la filière.

Un secteur qui lutte pour sa survie

Réagissant à l’annonce de ces mesures, Fathi Ben Khalifa, conseiller économique auprès de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), a déclaré à Mosaïque, le lundi 3 août 2026, que cette décision intervenait bien trop tard pour un secteur qui s’épuise et lutte pour sa survie, malgré les avertissements lancés dès 2016.

La Tunisie a atteint un stade regrettable où elle dépend de l’importation de lait en poudre pour la fabrication de fromages, de yaourts et d’autres produits, alors qu’elle disposait autrefois d’un excédent stratégique de 60 à 80 millions de litres — dont des quantités importantes étaient exportées vers la Libye, d’autres pays africains et moyen-orientaux.

M. Ben Khalifa a ajouté que le secteur de l’élevage laitier a été mis en place et structuré il y a une quarantaine d’années, sous l’impulsion du Groupement professionnel des viandes rouges et du lait et de l’Office national de l’élevage. Cette initiative a impliqué la création de systèmes de collecte et de refroidissement du lait au niveau des centres et des exploitations, ainsi que la formation et la qualification des éleveurs.

Ces efforts ont favorisé la diversification des produits laitiers et conduit à l’ouverture de nombreux centres dans l’attente de la réouverture du complexe de Sidi Bouali.

Le déclin de ce secteur est l’une des principales causes de la hausse des prix de la viande rouge, a estimé le responsable syndical, ajoutant que le déclin du secteur laitier — aggravé par la vente massive de veaux et de vaches — a pesé sur les prix de la viande rouge ; le prix de l’agneau a grimpé de 15 à 70 dinars le kilogramme, tandis que celui du bœuf oscille désormais entre 40 et 60 dinars le kilogramme.

Si le cheptel constituait autrefois un facteur clé de stabilisation des prix du marché, la réduction de 30 % des effectifs a eu des répercussions néfastes tant pour le marché que pour le consommateur, a affirmé M. Ben Khalifa, en insistant sur le fait que la relance du secteur laitier ne saurait se limiter à la reconstitution du cheptel.

Le responsable syndical a évoqué ce qu’il a qualifié d’échec lié à la loi de finances : bien que des fonds issus du Fonds de développement de la compétitivité aient été alloués au secteur, leur mise en œuvre a achoppé aux lenteurs décisionnelles et à l’incapacité de l’État à concrétiser le plan qu’il a lui-même mis en oeuvre.

I. B.

L’article Mesures pour sauver le secteur laitier tunisien | Trop peu, trop tard ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | L’OTE pointe la responsabilité de l’exécutif dans les coupures d’électricité

04. August 2026 um 08:14

Selon l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), la vague de coupures d’électricité survenue en Tunisie au cours du mois de juillet 2026 et qui se poursuivent encore a mis en lumière des déséquilibres structurels au sein du secteur électrique, notamment le recul marqué des investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et le blocage, depuis plusieurs années, par les pouvoirs publics, de projets de production d’électricité.

Dans un rapport publié samedi 1er août 2026 et intitulé « La crise électrique tunisienne : une panne d’investissement », l’OTE souligne que les investissements de la Steg dans les moyens de production d’électricité ont chuté de 87 %, passant d’environ 1,947 milliard de dinars sur la période 2016-2020 à 248 millions de dinars sur la période 2021-2025.

Le rapport ajoute que la demande d’électricité a continué de croître à un rythme annuel de 3,8 % entre 2021 et 2025, la consommation de pointe atteignant un niveau record de 4 888 mégawatts le 14 août 2024 ; parallèlement, le rythme d’expansion des capacités de production a ralenti par rapport à la période précédente.

L’OTE a relevé que les projets de production d’électricité de la Steg — représentant une capacité totale d’environ 870 mégawatts — sont au point mort depuis 2018, bien que les dossiers d’appel d’offres aient été finalisés.

Ces projets comprennent la centrale à cycle combiné de Skhira (500 mégawatts), le parc éolien de Jebel Tbaga (80 mégawatts) et six centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 300 mégawatts.

Le rapport attribue le blocage de ces projets à l’absence d’approbation de la part du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie — autorité de tutelle de l’entreprise — conformément au cadre juridique et réglementaire en vigueur.

L’Observatoire a estimé que les politiques publiques de ces dernières années ont privilégié les investissements privés et étrangers dans les projets de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, au détriment de l’investissement public dans les moyens de production, ce qui est en totale contradiction avec la doctrine souverainiste du «compter sur soi» souvent défendue par le président de la république Kaïs Saïed.

Selon le rapport, cette situation a affecté la capacité de la Steg à répondre à la demande croissante et à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité.

Le rapport a conclu que la vague de coupures d’électricité que connaît la Tunisie en cet été 2026 n’est pas uniquement due à des températures exceptionnellement élevées ; elle a également mis en évidence l’impact du recul des investissements publics dans la production d’électricité sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique.

En d’autres termes, la Steg n’est en rien responsable de l’impasse actuelle, mais bien le pouvoir politique dans son ensemble qui a estimé que l’approvisionnement électrique n’était pas une urgence et reporté la réalisation de certains projets de production électrique restés dans les cartons.

I. B.

L’article Tunisie | L’OTE pointe la responsabilité de l’exécutif dans les coupures d’électricité est apparu en premier sur Kapitalis.

L’interventionnisme économique des États reprend de plus belle !

04. August 2026 um 07:45

Partout dans le monde, les responsables politiques manifestent un regain d’enthousiasme pour prendre possession des entreprises privées. Si les méthodes employées varient, allant de prises de participation limitées par l’État à la nationalisation pure et simple, la tendance générale est sans équivoque.

Imed Bahri

Que ce soit par crainte pour la résilience des chaînes d’approvisionnement, la sécurité nationale, le déclin du secteur manufacturier, la prétendue «cupidité des entreprises» ou une combinaison de ces facteurs, comme c’est souvent le cas, l’État joue un rôle croissant dans l’économie et il est peu probable que cela se termine bien, note le comité éditorial de Bloomberg.

Le retour de la nationalisation malgré ses échecs

L’histoire montre que la propriété publique, forme la plus radicale d’intervention de l’État, est presque toujours vouée à l’échec.

Si les objectifs affichés des acquisitions publiques peuvent parfois être légitimes, une régulation fondée sur le marché, associée au maintien d’une séparation claire entre les entreprises et l’État, demeure le moyen le plus efficace d’atteindre ces objectifs. De plus, les vagues successives de nationalisation se sont souvent soldées par des déceptions, suivies d’un recul progressif de ces politiques.

Il semble que ce soit une leçon de l’histoire qu’il faudra réapprendre. Le gouvernement américain a récemment acquis des participations dans des dizaines d’entreprises, allant de la bio-métallurgie aux semi-conducteurs.

Au Royaume-Uni, le nouveau Premier ministre Andy Burnham entend renationaliser les services publics précédemment privatisés, tels que l’eau, l’électricité et les transports. Ce phénomène s’est répandu à l’échelle mondiale, avec des actifs nationalisés pour une valeur allant jusqu’à 500 milliards de dollars au cours de la dernière décennie.

Les responsables politiques avancent diverses justifications pour accroître l’intervention de l’État dans l’économie. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière les risques liés à la dépendance aux approvisionnements étrangers en biens et matières premières essentiels.

Pourquoi l’intervention de l’État fait-elle son retour ?

Aux États-Unis et en Europe, les mouvements populistes attribuent la baisse du niveau de vie au déclin de l’activité industrielle causé par la mondialisation des échanges. Les plaintes concernant «l’exploitation» des consommateurs par certains fournisseurs monopolistiques contribuent également à cette tendance, alimentant le sentiment anti-marché.

Les guerres en Ukraine et en Iran ont renforcé les arguments en faveur d’un contrôle étatique plus strict des investissements stratégiques, fondé sur des considérations de sécurité nationale.

Pour toutes ces raisons, les politiques industrielles de toutes sortes ont repris de l’ampleur, notamment les droits de douane, les subventions publiques, l’orientation de l’activité économique et même la nationalisation.

Cependant, bien qu’il soit important d’encourager l’innovation, de soutenir les industries vitales pour la sécurité nationale, de renforcer l’économie et de réglementer les monopoles pour lutter contre la spéculation, la nationalisation n’est pas l’outil adéquat pour atteindre ces objectifs. En réalité, elle les compromet souvent plutôt qu’elle ne les favorise.

La nationalisation nuit à la concurrence. La raison est simple. Le défi permanent de la politique industrielle est d’éviter de tomber sous l’influence des producteurs, dont les intérêts priment sur ceux de leurs clients et sur l’intérêt général. Or, la nationalisation, loin de résoudre ce problème, l’aggrave, les décideurs politiques devenant de fait leurs propres régulateurs.

Les responsables politiques accordent souvent un soutien financier non déclaré et non justifié, dont les bénéfices profitent à leurs alliés politiques, ou ils compensent les pertes de certains secteurs par des charges fiscales cachées. De plus, les ministères des Finances créent des incitations financières visant à affaiblir la concurrence et à favoriser les entreprises publiques.

Inefficacités et sous-performances chroniques

Comme le confirment des décennies d’expérience, ces politiques finissent par exacerber les inefficacités et engendrer une sous-performance chronique.

Il est vrai que les organismes de réglementation peuvent aussi faillir, comme l’ont démontré certaines privatisations mal gérées au Royaume-Uni. Toutefois, une surveillance réglementaire qui maintient une séparation claire entre l’État et les entreprises garantit une plus grande transparence et une meilleure responsabilisation, augmentant ainsi ses chances de succès.

L’idée selon laquelle le soutien public à certains fournisseurs implique nécessairement une prise de participation au capital pour compenser les contribuables du coût de ce soutien est tout aussi trompeuse.

Si les entreprises subventionnées apportent un avantage public qui serait autrement insuffisant, cela constitue en soi une compensation. Si le fournisseur réalise un bénéfice, il paiera des impôts, ce qui représente une autre forme de compensation.

Si des innovations essentielles sont freinées par un manque de capitaux, l’État peut octroyer des subventions ou des prêts pour remédier à ce problème. La propriété directe des entreprises, avec tous ses inconvénients inhérents, est inutile.

La concurrence et le secteur privé sont les clés de la réussite économique et c’est un fait qu’il est parfois nécessaire de redécouvrir.

L’article L’interventionnisme économique des États reprend de plus belle ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques

04. August 2026 um 07:13

L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales. Les Etats-Unis, L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.

Najiba Ben Hassine *

L’Afrique berceau des civilisations et riche en ressources naturelles a été le théâtre d’interactions complexes avec les puissances étrangères depuis des siècles façonnant son histoire politique, économique et sociale, affectant ses structures socio-économiques et entravant son développement. Depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, les nations africaines ont été le théâtre de rivalités géopolitiques et économiques et de stratégies de puissances émanant de multiples acteurs internationaux, engendrant des défis complexes et des enjeux confus pour l’Afrique et ses peuples. La reconnaissance de la pleine autodétermination, gage incontournable de la coexistence pacifique et du développement des Etats, implique que chacun possède dans l’ordre mondial l’égale plénitude et exclusivité des compétences étatiques.

Le concept de l’autonomie reflète à notre sens une réalité politique qui transcende les considérations purement juridiques découlant du concept de souveraineté. Il incarne l’idée de la liberté d’action, d’autonomisation et d’autodétermination des peuples concernés.

L’autonomie est, en outre un concept relatif, variable et flexible, dépendant des contextes et des aspirations des groupes ou entités concernés. Il s’ensuit que l’évaluation de l’autonomie et la mesure de sa signification juridique et politique demeurent imprécises et controversées. L’autonomie s’exerce dès lors pour faire face à un acte d’ingérence qui signifie «l’action de s’immiscer, c’est-à-dire de s’introduire indûment, sans en être requis ou en avoir le droit, dans les affaires des autres».

En conséquence, l’autonomie génère un statut juridique requérant l’acquisition d’un certain degré de puissance. La puissance va plus loin que la simple réunion des éléments constitutifs d’un Etat souverain, et implique la conscience d’un rôle à jouer, d’une mission à remplir et d’un ordre à établir dans un contexte complexe de rapportsinternationaux rappelant à chaque Etat l’obligation de se positionner par rapport à l’autre.

Il est pertinent de rappeler à cet égard que la Charte de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a interdit l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et a érigé cette interdiction en un corollaire du principe de l’égalité souveraine des Etats et une condition essentielle de l’établissement de la paix et de la sécurité internationale.

L’article 4 de la Charte de l’Union africaine (UA) a pris soin également de réaffirmer les principes de l’«égalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union» ainsi que celui de la «non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre».

Paradoxalement, l’Afrique est la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales, Pendant la période coloniale, les puissances coloniales ont exploité les ressources du continent africain ; ils ont laissé derrière elles des divisions artificielles source de tensions et de conflits. Dans la période postcoloniale, en dépit de l’acquisition de l’indépendance, la domination et l’ingérence étrangère persistaient sous de nouvelles formes, souvent perpétués par le néocolonialisme. Les Etats-Unis, L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.

L’ingérence étrangère revêt différentes formes politique, économique, diplomatique militaire et culturelle. Ainsi, on se trouve confronté à une Afrique de plus en plus impliquée dans la mondialisation et très convoitée par les grandes puissances.

Cette ingérence étrangère a toujours constitué un facteur déstabilisant du continent noir et un frein à son développement et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur ses ressources.

Pour faire face à cette dépendance vis-à-vis de l’étranger, le panafricanisme se présente comme un mouvement politique unitaire, permettant de relever collectivement les défis de la mondialisation, du développement, de la sécurité et la consolidation des acquis précaires de l’exercice des souverainetés nationales.

L’UA, s’inscrivant dans une gouvernance multilatérale, s’efforce d’ériger l’autonomie et la libération en leviers du développement et de stabilité.

La question de l’autonomie des Etats africains à l’épreuve de l’ingérence étrangère nous parait hasardeuse à traiter. La disparité des Etats africains implique, un traitement différentié à géométrie variable de situations divergentes voire antagonistes, aggravés par le poids de l’héritage colonial auquel s’ajoutent les clivages culturels et les frontières artificielles entre les nations.

Le continent africain compte 54 Etats appartenant à des civilisations différentes et connaissant des niveaux de développement variés voire disparates ; on note cinq grandes régions : Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe. L’amplification des regards et des intérêts externes qui pèsent sur le continent ainsi que la pluralité, la diversité et les interférences des entités interventionnistes complexifient encore notre analyse : les Etats, les organisations et les institutions financières internationales… Il est légitime, dès lors, de questionner la liberté d’action des Etats africains contre toute forme d’ingérence étrangère ?

I- L ’ingérence étrangère : entrave incessante de l’autonomie des Etats

Il est opportun dans ce contexte de traiter la pluralité des formes de l’ingérence étrangère et son impact déstabilisant sur le continent. Cette ingérence a marqué l’espace africain revêtant des formes très variées et attestant de stratégies interventionnistes établies d’une manière différenciée en tenant en compte les particularités de chaque Etat africain et de l’étendue des liens historiques politiques et économiques qui les rattachant.

L’ingérence politique présentée comme «une intervention tendant, directement ou indirectement, à imposer un régime démocratique à une entité souveraine par des pressions multiformes (conditionnalités, menaces ou recours à la force)», remettant en cause le principe de l’autonomie constitutionnelle des Etats.

La conditionnalité démocratique de l’aide au développement représente une manifestation spectaculaire de l’ingérence étrangère dans la mesure où elle a été consacrée dans des convention internationales ou régionales qui mettent en exergue l’exigence démocratique comme condition de l’application desdites conventions ou accords à l’image de la Convention ACP/UE signée le 23 juin 2000 et l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995.  L’institutionnalisation de l’ingérence démocratique en direction de l’Afrique la transforme en un enjeu de débat public international légitimant l’intervention d’acteurs transnationaux.

A titre d’illustration, la gouvernance internationale des élections dans le Golf du Guinée (Nigéria, Cameroun, RDC) s’est imposée comme un moyen de reconstruction des Etats en faillite. Néanmoins, ces ingérences ont souvent contribué à l’établissement d’une forme de tutelle politique et d’un clientélisme entre les agents électoraux internationaux et les élites électorales internes, au détriment de la prise en considération de la souveraineté des peuples.

La France et des États-Unis ont entretenu un interventionnisme discriminatoire qui amène à stigmatiser certains États non démocratiques et à tolérer d’autres attestant de l’instrumentalisation et de l’ambivalence de la conditionnalité démocratique. 

Ainsi, au-delà du transfert des valeurs démocratiques, se dévoile la quête par les «entrepreneurs de la cause démocratique» d’un positionnement géostratégique et d’une hégémonie idéologique, politique et économique.

L’ingérence humanitaire vise dans sa conception initiale à influencer, à contrôler les actes d’un gouvernement étranger qui enfreignent gravement lois d’humanité.  Néanmoins la politisation de cette pratique risque de camoufler les motifs réels de l’intervention, d’autant plus que le flou juridique qui entoure cette notion pourrait conduire à s‘en servir pour légitimer une ingérence dans les affaires des Etats autorisant des programmes impérialistes au nom de valeurs universelles. Il en atteste pleinement la sélectivité dans le choix des théâtres d’intervention humanitaire.

L’ingérence militaire s’exerce également en dépit de l’affirmation intensive du principe du non recours à la force armé dans l’ordre juridique internationale. Cette forme d’ingérence trouve une légitimation internationale. Le continent africain est le théâtre d’affrontements militaires les plus atroces et les plus meurtriers dans le monde. La quasi-totalité de ces conflits surgissent via l’appui de grandes puissances, ou en leur nom. Le cas du Rwanda est le plus emblématique de par le caractère génocidaire du conflit aggravé par une ingérence militaire française.Les conflits armés au Soudan et au Mali provoquent la crise humanitaire la plus grave et la plus atroce dans le continent les transformant en terrains de tensions géopolitiques.  

Il y a, également, l’ingérence économique et monétaire. Il s’avère pertinent de rappeler dans ce contexte que la résolution adoptée par l’AG de l’Onu le 12 décembre 1974 énonce que «chaque Etat détient et exerce librement une souveraineté entière et permanente sur toutes ses richesses, ressources naturelles et activités économiques».

Paradoxalement, on assite à une course contre la montre entre les puissances étrangères pour s’implanter dans les différents pays d’Afrique par des accords militaires ou des partenariats économiques  Pour tous les pays industriels entrés dans l’ère de l’électronique et du numérique, les gisements de minéraux  à usages industriels rendent l’Afrique plus attractive créant ainsi des rivalités entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la France, le Royaume-Uni, et la Turquie  en tissant des relations d’affaires avec les Etats africains.

L’ingérence non seulement freine mais entrave le développement équitable durable   du continent africain. Elle alimente en outre l’insécurité, les tensions et les conflits armés source de fragmentation et de morcellement de Etats africains :

L’entrave au développement : les partenariats entretenus entre les Etats africains ont été conçus dans une logique de déséquilibre et de domination négligeant les enjeux et les défis confrontés par les Etats africains et traduisant une surexploitation des ressources au détriment d’une véritable coopération inclusive et intégrée se fondant sur une gouvernance des échanges économiques sociaux et politiques.

En 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté multidimensionnelle, dont 51 % (soit environ 588 millions de personnes) résident sur le continent africain

En outre, un fossé est en train de se creuser entre les pays à revenus moyens en plein essor et les Etats fragiles et les moins développés, aggravant ainsi les déséquilibres socioéconomiques du continent et le poids de la dette souveraine et de l’inflation.

Les partenariats UE/ Afrique demeurent aussi déséquilibrés. L’accord de Samoa signé le 15 novembre 2023 s’est succédé à l’accord Cotonou, en visant entre autres à lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles.

Toutefois, si cet accord se présente comme un accord de partenariat, il lie des puissances inégales tout en conservant la dépendance et la démarche débiteur/créancier qui caractérisent les accords de Cotonou, et pourrait influencer le processus de l’autonomie décisionnel des Etats ACP dans les instances internationales. En 2019, l’Afrique représentait 2,8% du commerce mondial. Le commerce intra régional de l’Afrique ne représentait que 4,4% du commerce continental total.

L’escalade de la violence et des conflits alimentent la fragmentation et l’affaiblissement des structures étatiques centrales et locales et génèrent un continent instable dont la paix est confisquée. La perpétration des coups d’État aggrave encore l’instabilité et l’insécurité et creuse davantage le fossé d’incertitude et de méfiance entre les gouvernants et les gouvernés et les différents acteurs nationaux.

Depuis 1950, l’Afrique a connu 220 des 492 tentatives de coup d’État recensées dans le monde. On recense, de surcroît, une hausse de 45% du nombre de situations de conflits armés en Afrique depuis 2020, provoquant le déplacement de quelque 35 millions de personnes sur le continent.

Les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme par les parties belligérantes lors de conflits armés en Afrique laisse présager une atmosphère d’impunité et de stigmatisation du continent et des populations.

Le système de la responsabilité internationale est accusé d’être sélectif et discriminatoire en se focalisant sur les crimes internationaux perpétrés sur le continent africain et en passant sous silence ceux commis ailleurs.

Pire encore, il nous semble que cette situation d insécurité et de guerre est stimulée par les puissances interventionnistes afin de pérenniser leur mainmise sur les ressources du continent : étant fragilisé et fragmenté sa domination devient de plus en plus aisée.  L’effacement des entités étatiques et la montée en puissance de groupes armées irréguliers et de milices, la perte par l’État du monopole légitime de la contrainte représentent des handicaps majeurs au développement durable et à l’établissement de la paix et de la sécurité à l’échelle régionale.

II- Les palliatifs visant à renforcer l’autonomie des Etats africains

On opte dans ce contexte pour une étude sélective de ces palliatifs en mettant en exergue les plus influents, à savoir l’apport de la gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA et le renouvellement des résistances nationalistes à l’échelle étatique :

La gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA : depuis le milieu du XXe siècle, le multilatéralisme régional s’est progressivement affirmé comme le mode privilégié de coopération internationale.

Après l’indépendance, les responsables politiques des nouveaux Etats africains se sont servis des idées du panafricanisme pour défendre l’unité du continent et la formation d’une organisation d’intégration africaine.

L’article 3 de l’acte constitutif de l’UA énonce parmi les objectifs de l’Union «de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance de ses Etats membres».

La montée de l’intégration régionale a été toujours présentée comme corollaire du développement, de stabilité et de solidarité.

En effet, le multilatéralisme tente de mobiliser les Etats africains pour préserver leur autonomie en assumant pleinement les responsabilités découlant de leur autonomie moyennant une reconceptualisation du principe de souveraineté.  

Ainsi, le rôle de l’UA dans la consolidation de l’autonomie des Etats africains et la sécurité du continent se manifeste dans son action opérationnelle guidée par une conception de la souveraineté-responsabilité centrée sur l’homme. Elle défend l’idée de souveraineté partagée enrichie par l’exigence du sentiment d’humanité et de responsabilité pour faire face à des défis qu’un Etat seul ne peut pas relever et qui doivent être traités collectivement dans un esprit de solidarité et de complémentarité tels que la pauvreté, l’insécurité, les crimes internationaux, la pollution…

La création du Conseil de Paix et de sécurité par l’Acte constitutif de l’UA marque un tournant décisif dans le renforcement système de sécurité collective africaine.

De même, l’adoption de l’accord portant création de la ZLE continentale africaine signé en 2018 visant à pallier aux vulnérabilités des économies africaines…

L’UA est, toutefois, confrontée à des défis majeurs tenant à sa capacité à s’ériger en une véritable puissance régionale, à gérer efficacement les disparités et tensions entre les Etats africains.  Encore faut-il craindre l’enchainement vers un simple mimétisme du modèle d’intégration européenne sans une prise de conscience des particularités du contexte africain, en transformant l’organisation indirectement en un outil de domination et d’ingérence.

Le renouvellement du nationalisme africain a aujourd’hui conduit à placer l’identité ethnique, nationale et religieuse au cœur de tout projet politique, défendant l’autonomie des Etats africains dans son acception de résistance aux tentatives du néocolonialisme et aux ingérences étrangères, et répondant aux aspirations de leurs populations à l’autonomie et la prospérité. Ce qui se manifeste en particulier dans le discours politique et la remise en cause d’accords conclus avec les   anciennes colonies.

La montée du nationalisme reflète dans le discours politique des leaders africains une réponse à la domination et aux ingérences étrangères et une quête d’une position respectable sur la scène internationale. Il en atteste la dénonciation en cascade des accords de défense par les États africains qui marque une rupture historique avec les anciennes colonies et en particulier avec la France.

En 2024, le président sénégalien Bassirou Diomaye Faye annonçait le départ des troupes françaises du Sénégal. Il a estimé que la présence militaire française «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l’indépendance».Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a annoncé la rupture de l’accord de défense entre le Tchad et la France. Il a qualifié cette décision d’«acte souverain, mûrement réfléchi et entièrement assumé». Ces décisions ont été précédées du retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso puis du Niger.

L’impact de ces tendances nationalistes africaines sur la réaffirmation et le renforcement des souverainetés nationales devrait être, sans doute, mesuré à long terme.

Néanmoins, il est permis de craindre l’avènement d’un nationalisme sélectif dissuasif à l’égard de certaines puissances interventionnistes mais permissif à l’égard d’autres.

De surcroît, ce nationalisme devrait être impérativement accompagné de politiques nationales de réforme et de consolidation des structures étatiques internes et d’une gouvernance dans la gestion des ressources nationales ainsi qu’une internalisation et africanisation des valeurs démocratiques. Il devrait aller de pair également avec une reconfiguration profonde des partenariats établis avec les Etats tiers ou les groupements interétatiques fondée sur l’égalité souveraine et la préservation des richesses africaines pour les générations futures ainsi qu’un développement durable et équitable du continent.

Au total, Une stratégie autonomiste mais ouverte au monde extérieur ne peut réellement s’affermir qu’au moyen d’une solidarité panafricaine globalisée qui transcende les divergences et les tensions entre les Etats africains. Etant confrontés à des défis énormes et partageant un sort commun, ces Etats doivent en conséquence s’engager dans une autonomisation propre au continent.

* Maitre-assistante en droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse.

L’article Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie | Prisons surpeuplées et mauvais accès aux soins

03. August 2026 um 13:46

La population carcérale en Tunisie atteint environ 33 000 détenus, soit près du double de la capacité officielle du système pénitentiaire, estimée à 17 000 places. Le taux d’occupation moyen s’établit ainsi à 194,1 %, certains établissements dépassant les 200 %.

Ces chiffres sont issus des dernières données consolidées recueillies par le World Prison Brief. Selon l’agence italienne Ansa, ils sont fondés sur des informations fournies par l’Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT) en Tunisie et mises en avant par diverses associations tunisiennes, dont Intersection.

Ces données, datant de mai 2025, font état d’un taux d’incarcération de 267 personnes pour 100 000 habitants en Tunisie. La population carcérale a augmenté d’environ 10 000 personnes en deux ans seulement, passant d’environ 23 000 en 2022 à 33 000.

Un rapport de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) sur les conditions de détention entre 2022 et 2025 — établi à la suite de visites dans des établissements pénitentiaires — fait état de taux d’occupation dépassant généralement les 150 %.

 À la prison civile de Mahdia, par exemple, 1 522 détenus ont été recensés pour une capacité de 850 places, soit un taux d’occupation de 180 %.

Selon Fethi Jarray, président de l’INPT, cette augmentation est également liée à la lenteur des procédures judiciaires et au recours massif à la détention.

Les organisations de défense des droits humains alertent sur le fait que la surpopulation carcérale nuit à l’hygiène, aux soins de santé, à la sécurité et aux perspectives de réinsertion, tout en ayant des répercussions sur le personnel pénitentiaire.

La situation s’est aggravée ces dernières semaines en raison d’une forte vague de chaleur, de coupures d’électricité et de problèmes d’approvisionnement en eau.

Le 24 juillet, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a signalé des conditions de détention marquées par une absence de ventilation, un accès limité aux soins médicaux et des risques particulièrement élevés pour les détenus âgés ou atteints de maladies chroniques.

Pour 2026, le ministère de la Justice a prévu la construction d’une nouvelle prison à Béja, d’un quartier pour femmes à Monastir, l’agrandissement de la prison de Borj Erroumi ainsi que la création d’une unité hospitalière pénitentiaire à La Rabta. Les projets prévoient également un recours accru aux peines alternatives et aux bracelets de surveillance électronique.

Toutefois, en l’absence de nouvelles statistiques exhaustives, il n’est pas encore possible de mesurer l’impact de ces mesures sur le taux de surpopulation carcérale réel.

I. B.

L’article Tunisie | Prisons surpeuplées et mauvais accès aux soins est apparu en premier sur Kapitalis.

La Steg reprend le rationnement de l’approvisionnement électrique

03. August 2026 um 12:44

Après une trêve de quelques jours dues à la baisse des températures, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) va reprendre les coupures intempestives d’électricité pour faire baisser la pression de son réseau qui chauffe dangereusement avec la reprise de la canicule et du recours des citoyens à la climatisation.

La société publique a annoncé que des coupures d’électricité pourraient survenir ce lundi 3 août 2026, entre 12h00 et 17h00. Ces interruptions seront intermittentes et chaque coupure ne doit pas excéder deux heures, a-t-elle précisé.

Les zones concernées comprennent le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, la région du Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest, autant dire toutes les régions du pays sans discrimination aucune. Du moment ou tous les citoyens seront «maltraités» au même pied d’égalité, on devrait peut-être s’en féliciter !

La Steg a précisé que le rétablissement du courant s’effectuerait sans préavis et a appelé chacun à prendre les mesures de précaution nécessaires. Donc, elle se lave les mains des désagréments que sa mauvaise gouvernance chronique inflige à ses abonnés.  

Pas d’excuses donc, mais le constat d’une banalisation du rationnement de l’approvisionnement de l’électricité. Souriez, vous êtes en Tunisie !

I. B.  

L’article La Steg reprend le rationnement de l’approvisionnement électrique est apparu en premier sur Kapitalis.

 ‘‘Parfum de mort’’ de Sofiane Bouhdiba | L’odeur entre sociologie et médecine   

03. August 2026 um 11:28

Dans son nouvel essai intitulé ‘‘Parfum de mort. Histoire médico-sociale de l’odeur’’ (Editions L’Harmattan, Paris, 30 juillet 2026, 236 pages) Sofiane Bouhdiba, professeur de démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, propose une réflexion documentée et critique sur l’odeur, avec un intérêt particulier pour ses répercussions médico-sociales.

La littérature abonde en œuvres scientifiques, poétiques, théâtrales sur les parfums enchanteurs, merveilleux, paradisiaques, mythiques. Mais l’auteur préfère s’attarder sur les côtés moins connus et plus obscurs des odeurs, une manière de combler un vide littéraire.

Il interroge les miasmes mortifères, les maladies fétides, les odeurs non moins nauséabondes des remèdes, la putréfaction du cadavre, les prétendus démons porteurs de maladies, la mort et ses effluves, qui constituent autant de thématiques liées d’une manière ou d’une autre aux odeurs.

Il interroge l’odeur qui dérange, l’odeur qui rend malade, la maladie qui pue, le défaut d’odorat, qui sont autant de thématiques que Pr Bouhdiba examine dans ce livre qui a au moins le mérite d’être original.

Sa réflexion est organisée autour de trois grandes parties, à peu près équilibrées. La première s’attache à montrer que la mort a indéniablement une odeur. Après une réflexion critique sur l’olfaction et ses incertitudes, l’auteur entre dans le vif du sujet en explorant les liens, pas si évidents ni si naturels, qui ont été établis entre la maladie et sa phase ultime que représente la mort, et l’odeur.

Il montre ainsi, à travers un parcours chronologique de la littérature, que la maladie se manifeste par des odeurs, certaines pathologies étant même spécifiquement malodorantes.

Le malade puant amène à réfléchir sur le mort non moins nauséabond. Réflexion qui débouche naturellement sur l’une des plus étonnantes doctrines de la pensée médicale, qui n’a jamais véritablement disparu : la théorie des miasmes.

La deuxième partie du livre est davantage orientée vers les stratégies d’évitement des odeurs. L’auteur y montre comment les odeurs mortifères ont été évacuées tout au long de l’histoire de l’humanité, donnant lieu à de véritables théories de prophylaxie de l’odeur. Avec un œil critique, il s’attarde sur les difficultés posées par les odeurs mortifères qui s’accumulent dans les espaces clos, tels que les navires, les hôpitaux ou les prisons.

Finalement, la bonne odeur chasse-t-elle la mauvaise ? C’est la question à laquelle Sofiane Bouhdiba tente de proposer quelques éléments de réponse, avant de montrer que l’odeur, qui semble accompagner la mort dans l’imaginaire collectif, peut aussi protéger l’être humain.

Quant à la dernière partie de l’ouvrage, elle est consacrée à la thérapie par l’odeur, qui semble s’être érigée en véritable science. L’olfactométrie, science du diagnostic médical par l’odeur, amène ainsi l’auteur à réfléchir sur l’aromathérapie tant dans le monde occidental que dans la médecine arabo-musulmane.

Dans ce nouvel essai, Sofiane Bouhdiba a aussi voulu adresser un clin d’œil à feu le Professeur Abdelwahab Bouhdiba, son père mais également son professeur et son mentor, qui avait écrit il y a quelques années un livre centré sur les aspects merveilleux de l’odeur en islam.

L’article  ‘‘Parfum de mort’’ de Sofiane Bouhdiba | L’odeur entre sociologie et médecine    est apparu en premier sur Kapitalis.

Expats, seul votre argent compte pour l’État tunisien !

03. August 2026 um 10:44

«Rihou issed, yiddi ma yrod», dit l’adage bien tunisien — qu’ils partent, pourvu qu’ils ne reviennent pas gonfler les rangs des chômeurs. Ces expats injectent presque 10 milliards de dinars de transferts par an, ils sont plus de deux millions de Tunisiens fantômes, et un État qui ne veut compter que leurs transferts précieux en devises, que le système bancaire récupère au passage avec des frais usuraires (allant à 8%). Dramatique… (Photo : Des expatriés débarquent au port de La Goulette pour passer leurs vacances au pays.)

Moktar Lamari *

Voilà, résumée en un seul dicton populaire, toute la doctrine non écrite de l’État tunisien à l’égard de sa diaspora : on ne veut pas savoir combien sont-ils, qui ils sont, où ils vivent, ce dont ils ont besoin — mais on veut, chaque année, leurs devises, comptée au dinar près et célébrée en conférence, dans des hôtels climatisés avec des discours indignes de la Tunisie d’aujourd’hui.

L’Utica aux aguets…

Samir Majoul, président de l’Utica, la centrale patronale, l’a rappelé sans ironie apparente lors de la Conférence régionale des Tunisiens de l’étranger : les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont atteint 8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 6% par rapport à 2024, avec une projection à plus de 10 milliards de dinars pour 2026. Soit presque 8 % du PIB tunisien.

Il a évoqué, dans la foulée, «environ deux millions» de Tunisiens établis hors du pays — un chiffre prononcé avec l’aisance de qui cite une statistique officielle, alors qu’il s’agit d’une estimation approximative, non actualisée, non désagrégée par pays, par âge, par profession, par motif de départ.

Il n’est pas certain. Mais, il s’en fout au final. Deux millions de personnes, soit près d’un cinquième de la population résidente, et l’État tunisien serait bien en peine de dire combien sont ingénieurs, combien sont ouvriers du bâtiment en Libye ou en Arabie saoudite, combien sont médecins en France, combien ont fui faute de perspectives et combien ont simplement suivi un conjoint.

On ne veut rien savoir sur leur effectif et besoins

«Ihabbou flousna, mouch khbarna» — on aime avoir notre argent, pas de nos nouvelles.

Ce silence statistique n’est pas un détail technique, c’est un choix politique. Aucun recensement consulaire fiable, aucune enquête de profilage socio-économique de la diaspora, aucun registre permettant de savoir si le médecin tunisien de Lyon ou l’informaticien de Montréal souhaiterait investir, revenir temporairement, transférer un savoir-faire — rien.

On préfère le silence à l’inventaire, parce que l’inventaire obligerait à répondre à la question qui fâche : pourquoi partent-ils, et pourquoi ne reviennent-ils pas ? Il est tellement plus commode de célébrer le migrant comme «ambassadeur de la Tunisie» — l’expression est de Majoul lui-même — que de reconnaître qu’il est d’abord et avant tout un exilé économique dont le pays ne veut connaître que le RIB.

Et pendant que l’État s’abstient de compter les hommes, il compte scrupuleusement les devises — et prélève sa dîme au passage. Car voici la partie de l’histoire que ni Majoul ni les communiqués triomphants sur les transferts n’évoquent jamais : la ponction que subit chaque mandat envoyé par un travailleur tunisien à sa famille.

La rente bancaire et la vendetta

Entre les commissions bancaires, les frais de change et les marges appliquées par les opérateurs de transfert, la diaspora dénonce depuis des années des prélèvements qui, selon de nombreux témoignages concordants relayés dans la presse et sur les réseaux sociaux tunisiens, avoisineraient 7%, voire jusqu’à 10% selon le canal utilisé — un niveau qui, s’il était appliqué frontalement à n’importe quel autre secteur économique, ferait scandale et déclencherait une enquête du Conseil de la concurrence. Ici, silence radio, comme pour les effectifs de la diaspora.

Ajoutons à cela une Banque centrale de Tunisie qui gère le taux de change du dinar dans une opacité feutrée, avec un régime de flottement dit «administré» qui laisse un écart persistant entre le cours officiel et la valeur perçue par ceux qui vivent, gagnent et comparent les prix en euro, en dollar ou en dinar libyen.

Le migrant tunisien transfère donc sa devise dure, se la voit convertie à un taux qu’il ne contrôle pas, amputée de commissions qu’il ne négocie pas, dans un système bancaire où quatre ou cinq établissements dominants affichent, comme par un curieux hasard statistique, des grilles tarifaires étonnamment convergentes — ce qui, dans n’importe quel manuel d’économie industrielle de première année, porte un nom : comportement de cartel.

Vache à lait… pour les lobbys

Le résultat de cette mécanique est limpide : la diaspora tunisienne est devenue, de facto, une vache à lait macroéconomique.

On lui demande de financer, par ses transferts, une part croissante des besoins en devises du pays — Majoul lui-même a rappelé, dans la même intervention, que les investissements étrangers directs n’ont atteint que 825 millions de dinars au premier trimestre 2026, une somme dérisoire comparée aux 10 milliards annuels envoyés par les familles depuis l’étranger — tout en la ponctionnant au passage par des frais bancaires exorbitants et un taux de change qui ne lui est jamais favorable.

C’est un système où l’expatrié finance, sans le savoir précisément, à la fois le compte courant du pays et la marge des banques qui l’exploitent. On appelle cela, dans le jargon feutré des institutions internationales, le «coût de la remise de fonds» ; en tunisien de tous les jours, cela s’appelle «tqawwadou» — se faire plumer poliment, avec le sourire, par ceux-là mêmes qui vous appellent «ambassadeur».

Peu d’investissement, et beaucoup de gaspillage

Le plus cocasse dans cette affaire, c’est que le même discours qui célèbre les transferts comme un «moteur de l’économie nationale» appelle, dans la foulée, à transformer cet argent en «investissement productif» — comme si la diaspora, déjà ponctionnée à l’entrée, devait en plus assumer le rôle de bailleur de fonds patriotique pour un plan de développement 2026-2030 chiffré à 28,6 milliards de dinars et plus de 4 400 projets rien que pour la région du Grand Tunis élargi.

On demande à l’émigré de financer sa famille, de financer l’État via les commissions bancaires, et maintenant de financer les infrastructures — sans jamais lui demander son avis, sans jamais le recenser, sans jamais lui offrir un guichet dédié qui ne soit pas une simple opération de communication en marge d’une conférence régionale.

Tant que la Tunisie continuera de traiter sa diaspora comme un flux financier plutôt que comme une population de citoyens à part entière — avec des données, des besoins, une voix — elle continuera de récolter les fruits amers de cette hypocrisie : un exode qui s’accélère, une devise qui rentre de moins en moins par les circuits officiels à mesure que la ponction se fait sentir, et un discours institutionnel qui célèbre en public ce qu’il méprise en pratique.

«Elli ma yaârafch qimet flousou, ykhalliha tghib» — celui qui ne connaît pas la valeur de son argent finit par le voir s’évaporer.

La Tunisie ferait bien de méditer ce dicton avant de compter, l’an prochain, une douzaine de milliard de dinars injectés dans l’économie tunisienne, en devises fortes, sans jamais avoir voulu compter les millions de Tunisiens qui les lui envoient.

Une honte pour l’État, et un déficit d’éthique pour ces think tank (Atuge, entre autres), ces rentiers qui veulent faire des expatriés leur fonds de commerce, sous couvert d’expertises. Souvent avec des financements et des directives des ambassades et ambassadeurs représentés à Tunis.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.  

L’article Expats, seul votre argent compte pour l’État tunisien ! est apparu en premier sur Kapitalis.

Les usages utiles de l’énergie photovoltaïque avec stockage

03. August 2026 um 07:31

Au cours des dernières années, de plus en plus de familles et d’entreprises, et pas seulement dans le domaine du tourisme, choisissent d’investir dans un système photovoltaïque avec stockage. Mais de quoi s’agit-il exactement et dans quels cas ces systèmes peuvent se révéler utiles voire nécessaires en cas de pannes ou de  dysfonctionnements du réseau électrique national ?

Habib Glenza, à Lodz.

En termes simples, c’est un système qui produit non seulement de l’électricité grâce à des panneaux solaires, mais la conserve également dans des batteries dédiées pour être utilisée lorsque le soleil n’est pas présent. Et c’est précisément cette capacité à «stockage du soleil» qui rend cette pratique un allié précieux pour ceux qui recherchent une indépendance énergétique et des économies sur les factures.

Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, les coupures de courant imprévues et une attention croissante à la durabilité environnementale, le photovoltaïque avec stockage représente un choix prévoyant et concret. Que ce soit pour une ferme agricole, une entreprise, des frigos industriels, un hôpital ou un véhicule électrique, la possibilité de produire et de gérer l’énergie de manière autonome est un avantage réel et tangible.

Comment fonctionne le système ?

Un système photovoltaïque avec stockage est constitué de panneaux solaires,unonduleur (qui transforme l’énergie de courant continu à alternatif), un système de gestion et, en effet, des batteries. Ces dernières permettent de conserver l’énergie produite en excès pendant la journée, pour l’utiliser le soir ou la nuit lorsque le ciel est couvert notamment en hiver 

Contrairement aux systèmes traditionnels qui injectent dans le réseau l’énergie non autoconsommée, ceux avec stockage misent sur l’autosuffisance : l’énergie produite reste à l’intérieur du système tant qu’elle est nécessaire. Cela réduit considérablement les prélèvements sur le réseau électrique national et garantit une plus grande stabilité des consommations.

Le fonctionnement est plutôt simple et intuitif. Pendant la journée, les panneaux solaires captent l’énergie du soleil et la convertissent en électricité. Cette énergie alimente directement les usagers domestiques ou industriels. Lorsque la production est supérieure aux consommations, le surplus est stocké dans les batteries.

Une fois le soleil couché ou en cas de mauvais temps, le système de stockage entre en jeu : l’énergie conservée est utilisée pour continuer à alimenter le logement ou le bâtiment. Si la batterie se vide, alors l’énergie est prélevée sur le réseau électrique, mais seulement lorsque cela est strictement nécessaire.

Un onduleur hybride gère de manière intelligente tous ces flux, garantissant une efficacité maximale et une priorité à l’autoconsommation.

Les avantages de choisir un système avec stockage

1- Autonomie et indépendance : un des principaux avantages est la possibilité de se rendre (presque) indépendant du réseau. Dans de nombreuses situations, notamment dans des maisons ou bâtiments bien isolés et avec des consommations optimisées, on peut parvenir à couvrir jusqu’à 80 % des besoins énergétiques avec le système photovoltaïque.

2- Économies sur la facture : en réduisant les prélèvements sur le réseau, les coûts des factures diminuent de manière significative. L’économie est tangible dès les premières années et, sur le long terme, rembourse largement l’investissement initial.

3- Continuité du service : en cas de coupure de courant, certains systèmes avec fonction de secours permettent de maintenir actifs les charges essentielles (éclairage, réfrigérateur, climatiseur, modem, etc.) même en l’absence de réseau.

4- Durabilité : utiliser de l’énergie renouvelable réduit l’impact environnemental et contribue à la lutte contre le changement climatique. C’est un pas concret vers un mode de vie plus écologique.

Que doit-on prendre en compte dans le choix des batteries ?

Les batteries sont le cœur du système de stockage. Les plus courantes aujourd’hui sont celles au lithium, appréciées pour leur efficacité, leur longévité et leur compacité. D’autres technologies comme le plomb-gel ou les batteries LFP offrent des alternatives valables selon le contexte.

Un système avec stockage est recommandé lorsque les consommations sont élevées le soir et la nuit, le bâtiment est sujet à des coupures de courant ou lorsque l’on souhaite alimenter une pompe à chaleur ou une borne de recharge pour voitures électriques.

En général, c’est le choix idéal pour ceux qui cherchent à optimiser l’autoconsommation et à réduire leur dépendance au réseau.

Énergie solaire et mobilité électrique : un duo gagnant

Ceux qui possèdent une voiture électrique peuvent encore plus bénéficier d’un système avec stockage. Recharger le véhicule avec de l’énergie solaire autoproduite permet de réduire les coûts et de diminuer drastiquement les émissions.

Exemples besoins réels de systèmes résidentiels et d’entreprise :
– une famille dans une maison individuelle : 6 kWp, batterie de 10 kWh, couverture de 75 % des consommations annuelles ;

– une exploitation agricole : 12 kWp, batterie modulaire de 20 kWh, autosuffisance pour les machines diurnes ;

– refuge hors réseau : système hybride avec panneaux, batterie et générateur de secours ;

– maison intelligente avec véhicule électrique : recharge programmée en fonction de la production solaire

Ces cas montrent comment chaque installation peut être personnalisée pour répondre à des besoins différents.

Est-il possible de devenir totalement autonome avec du stockage solaire ? Cela est théoriquement possible. Pratiquement, cela dépend de plusieurs facteurs, comme la consommation, le climat, et la capacité de stockage. En général, dans les régions avec peu de soleil en hiver, il est difficile de couvrir 100 % des besoins avec seulement du solaire. Cependant, avec un système photovoltaïque bien dimensionné permet de réduire considérablement la dépendance du réseau et ses coupures aux conséquences graves, en particulier pour les hôtels, les hôpitaux, les frigos industriels et agricoles.

Précédent article de la série :

L’article Les usages utiles de l’énergie photovoltaïque avec stockage est apparu en premier sur Kapitalis.

Israël, une société en train de s’effondrer ?

03. August 2026 um 06:56

La guerre n’a jamais frappé le territoire israélien proprement dit. Mais le 7 octobre 2023 a tout bouleversé. Le Hamas a pris en défaut «l’infaillible» renseignement sioniste. Les missiles du Hezbollah et ceux de l’Iran ont désorganisé la vie des ménages, la marche des institutions académiques, des maternelles à l’université, l’entassement dans les abris et la promiscuité sont devenus quotidiens… et contraint le Premier ministre à changer souvent de domicile. Cela a un prix… (Photo : Soldats israéliens commettant un génocide à Gaza).

Mohamed Larbi Bouguerra *

Le 29 juillet, le journal Haaretz annonçait le suicide de deux soldates d’active ; ce qui fait que l’armée d’occupation a enregistré 16 membres ayant mis fin à leurs jours cette année. Il faut y ajouter cependant neuf autres soldats qui ont servi pendant la guerre et des réservistes ayant fait leur service actif.  En 2025, l’armée a compté 22 suicides dans ses rangs, le chiffre le plus élevé en 15 ans.

Tom Levinson écrit dans Haaretz du 25 juin 2026 un article intitulé A Collapsing Society: Israel Suffers a National Mental Crisis Due to the War («Une société en train de s’effondrer : Israël subit une crise mentale nationale à cause de la guerre.»)

En résumé : anxiété, troubles du sommeil, violences domestiques, troubles alimentaires, accidents de la route, drogues dures et alcool… Statistique après statistique révèle l’impact sans précédent de la guerre sur la santé mentale des Israéliens.

«Nous vivons dans un état d’incertitude. Le téléphone pourrait sonner à nouveau dans une heure pour aller aux abris, et des missiles depuis l’Iran pourraient être lancés. Nous sommes en mode survie – et cela a des conséquences», diagnostique Gil Salzman, un des principaux psychiatres d’Israël.

«Les chiffres ne laissent aucune ombre de doute», déclare le professeur Eyal Fruchter, président du National Council for Post-Trauma. «Israël fait face à une crise nationale», ajoute-t-il.

Des bombes à retardement

Commençons par les chiffres du ministère de la Défense. Avant la guerre, la branche de réhabilitation prenait en charge 62 000 blessés, dont 11 000 souffraient de problèmes de santé mentale. Le mois dernier, les chiffres avaient grimpé à 82 000 et 31 000 respectivement.

Cependant, ce ne sont pas ces chiffres qui inquiètent les experts. «Les dégâts que nous observons aujourd’hui ne constituent qu’une petite partie, voire la partie émergée de l’iceberg, de ce qui va arriver», déclare la professeure Zahava Solomon, chercheuse de premier plan mondial dans le domaine du traumatisme. Elle ajoute : « Les recherches montrent des taux significatifs de réactions différées… Les soldats démobilisés sont des bombes à retardement. »

Si c’était une guerre comme toutes les guerres, les forces militaires auraient enregistré la plus grande partie des pertes psychologiques. Mais cette guerre est différente, plus complexe. Les civils ne se contentent pas d’observer la guerre de loin, mais aussi en arrière-plan : les horreurs ont atteint le front intérieur, laissant les victimes civiles confrontées à des défis physiques et mentaux. Parmi eux figurent les habitants de l’enveloppe de Gaza, les victimes du concert Nova et ceux dont les maisons ont été touchées par un missile iranien. Au fil de la guerre, le cercle des victimes s’élargit.

À la veille du 7 octobre [2023], le nombre de citoyens blessés dans des actes hostiles et reconnus officiellement comme invalides pour des raisons de santé mentale était de 6 412. Cette semaine, le nombre de personnes reconnues par l’Institut comme ayant des lésions mentales a dépassé 69 000, dont environ 35 000… ont été reconnues comme handicapées. Ainsi, en moins de trois ans, le nombre a été décuplé par plus de dix.

Environ un mois avant la guerre, le taux de symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT ou  PTSD) dans la population était d’environ 16 % ; un mois après le 7 octobre, elle est passée à environ 30 % ; et deux ans et trois mois plus tard, c’était d’environ 19,7 %. «C’est nettement plus élevé que le taux mondial», affirme le Pr  Levi-Belz. L’OMS, par exemple, a constaté en 2021 que le taux mondial de personnes ayant subi des symptômes post-traumatiques était d’environ 3,9 %.

Un traumatisme collectif

Traumatisme collectif pour le Pr Levi-Belz, responsable du Lior Tsfaty Center for Suicide & Mental Pain Studies au Ruppin Academic Center : le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, dit-il, sont liés à nos structures sociales, à notre identité et à nos relations interpersonnelles. «La société israélienne est épuisée, ressentant un épuisement intense et brutal. Elle se débat dans des questions morales et souffre d’un sentiment de trahison de la part de l’État et de ses dirigeants.»

Le traumatisme collectif, poursuit Levi-Belz, «est insidieux ; ça ne s’arrête pas comme le PTSD. Parfois, les gens semblent aller bien, voire trop bien, sortir et socialiser. Mais on ne peut pas oublier que ce n’est pas fini. Ce n’est pas seulement l’apparence extérieure [qui compte]. Les questions les rongent de l’intérieur ainsi que les peurs.  La quantité de klaxons et de rage au volant sur la route, par exemple, est un instantané de l’eau bouillonnant sous la surface de la société israélienne.»

Pendant la guerre, il y a eu une augmentation des décès sur la route – de 361 en 2023, à 439 en 2024, puis à 459 en 2025. En surface, ces figures n’ont aucun lien avec la guerre à cause du PTDS

Un rapport de l’Organisation sioniste internationale des femmes a constaté une augmentation de 65 % de la violence domestique dans la population générale d’Israël au cours des six premiers mois de la guerre, par rapport à la même période l’année précédente – 4 566 appels à ses refuges contre 2 760. Une étude de 2024 a révélé un risque huit fois plus élevé de violences physiques ou sexuelles à domicile lorsque les deux partenaires servent dans la réserve de l’armée sioniste.

Face à cette situation, les psychiatres quittent Israël en masse pour la Nouvelle Zélande, le Canada…

De plus, la pénurie de professionnels de la santé mentale ne se limite pas aux psychiatres. Elle existe sur tout le spectre des soins.  Chaque travailleur est responsable d’environ 770 patients.

Selon les experts, la pénurie s’applique même aux lits d’hôpital et aux maisons d’équilibre (une forme de maison de transition pour les personnes en détresse mentale aiguë).

Pour le Pr Fruchter, qui est également président de l’ONG Collective Action for Resilience d’Israël, souligne qu’une approche globale et systémique est nécessaire pour traiter ce problème. «Beaucoup d’organisations sont en train d’être créées, et personne ne sait comment les guider d’en haut. Il n’y a pas non plus suffisamment de communication entre les différentes agences publiques et semi-publiques impliquées, telles que le ministère de la Santé, le ministère de la Défense, l’Institut national d’assurance et les prestataires de soins de santé. Un comité interministériel sur cette question doit être créé. Dans un monde idéal, cette question aurait dû figurer en tête des programmes électoraux des candidats, mais le gouvernement choisit de détourner le regard. Elle va exploser sur nous à l’avenir comme une bombe très puissante. Il y aura des conséquences sans précédent – dans le milieu universitaire, le marché du travail et toute l’économie israélienne. »

Israël en train de s’effondrer ?

Une société dont le gouvernement ne réserve la pendaison qu’aux Palestiniens et qui sable le champagne après le vote de cette ignoble loi est à mettre aux galères disait Voltaire ; un pays dont les colons se targuent d’assassiner des bébés palestiniens est sûrement dérangé.

L’article Israël, une société en train de s’effondrer ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Les maladies cardiaques et neurologiques, principales causes de mortalité chez les femmes en Tunisie

02. August 2026 um 14:01

Selon une étude médicale tunisienne récente, dont les résultats ont été révélés par Diwan FM, les femmes présentent un risque de décès plus élevé que les hommes en raison de maladies de l’appareil circulatoire — telles que les affections cardiaques et l’hypertension artérielle — ainsi que de troubles touchant le système nerveux, les articulations et le métabolisme.

Cette étude, publiée dans une revue scientifique et fondée sur des statistiques de 2022 de l’Institut national de la santé, a utilisé un indice de mortalité. Elle a mis en évidence une hausse notable, chez les femmes, des maladies rhumatismales (avec un taux de 2), suivies des troubles du système nerveux (1,27), des maladies endocriniennes et métaboliques (1,22) et des maladies de l’appareil circulatoire (1,21).

L’étude a détaillé ces taux chez les femmes, mettant en évidence un indice de 2,24 pour les maladies cardiaques et l’hypertension artérielle, de 1,67 pour la maladie d’Alzheimer, de 1,50 pour la démence et de 1,23 pour les maladies cérébrovasculaires.

En revanche, ces mêmes données ont révélé que les principales causes de décès chez les hommes étaient avant tout les tumeurs malignes (avec un indice de 0,78), suivies des causes externes (0,63), puis des maladies respiratoires chroniques telles que le cancer du poumon (0,21).

Les médecins ayant mené l’étude ont conclu que cet écart de mortalité résultait de différences biologiques, soulignant la nécessité d’intégrer une approche fondée sur le genre dans la planification de la santé, la prévention et l’organisation des soins — tout en tenant compte de l’âge et des facteurs régionaux — afin de réduire ces disparités.

I. B.

L’article Les maladies cardiaques et neurologiques, principales causes de mortalité chez les femmes en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

Bourse de Tunis | Suspension de cotation à la suite des fortes baisses du Tunindex

02. August 2026 um 13:29

La Bourse de Tunis a activé le mécanisme de suspension temporaire des cotations — connu sous le nom de « coupe-circuit automatique» — lors des séances des 28 et 29 juillet 2026. Cette mesure a été prise après que l’indice Tunindex a enregistré une baisse supérieure à 3 % au cours d’une même séance.

Cette suspension a été décidée conformément à l’article 3.7 du règlement de négociation en vigueur, a indiqué Sonia Ben Fredj, présidente de la Bourse de Tunis et directrice générale de la société de bourse BH Investissement, dans une déclaration à l’agence Tap. Elle a affirmé que cette mesure ne constitue pas une disposition exceptionnelle, mais plutôt un mécanisme standard de gestion des risques de marché — visant notamment à protéger les investisseurs — utilisé par la majorité des bourses à travers le monde.

La responsable a expliqué que ce mécanisme vise à garantir le bon fonctionnement du marché lors de baisses de cours significatives, en permettant aux investisseurs de réévaluer leurs décisions et en freinant les réactions susceptibles d’exacerber la volatilité du marché.

Il convient de noter que l’article 3.7 du règlement de négociation prévoit deux niveaux d’intervention : le premier est déclenché lorsque le Tunindex enregistre un recul de 3 %, entraînant une suspension des cotations d’une heure durant laquelle les investisseurs peuvent annuler leurs ordres et réévaluer leurs décisions à la lumière des informations disponibles ; le second niveau est activé lorsque la baisse atteint 5 %, provoquant la suspension de la séance de cotation pour le reste de la journée.

Elle a également souligné l’importance de replacer les récents mouvements du marché dans leur juste contexte. Avant cette phase de correction, le Tunindex avait enregistré une performance exceptionnelle, atteignant un sommet le 17 juillet 2026 — avec des gains de 60,24 % et de 35 % au cours de l’année 2025 — dans le sillage d’une tendance portée par les indicateurs positifs de la plupart des sociétés cotées.

Mme Ben Fredj a relevé que cette tendance haussière perdure depuis six ans, reflétant la dynamique positive que connaît le marché tunisien ces derniers temps, malgré la crise économique et financière en vigueur dans le pays.

Dans de telles situations, les corrections de marché et les prises de bénéfices anticipées — amorcées le 20 juillet (date à laquelle l’indice a reculé de 1,09 %) — sont considérées comme des phénomènes naturels et récurrents sur les marchés financiers. Elles ne signalent pas, en soi, un retournement de la tendance globale du marché ni une détérioration des fondamentaux financiers des sociétés cotées. En effet, les états financiers de 2025 de ces entreprises ont largement témoigné de résultats solides, une tendance confirmée par les indicateurs du premier semestre 2026.

Les professionnels et les experts du marché considèrent généralement ce recul comme une correction technique saine et attendue, faisant suite à la forte tendance haussière observée récemment sur le marché.

Les échanges ont repris dans des conditions normales après la mise en œuvre du mécanisme prévu par le règlement de négociation.

La Bourse de Tunis a réaffirmé son engagement à garantir le bon déroulement des transactions ainsi qu’à préserver la sécurité, la transparence et l’intégrité du marché. Elle a également souligné sa collaboration continue avec les parties prenantes et les organismes concernés, des efforts visant à consolider la confiance des investisseurs et à renforcer la solidité du cadre réglementaire et opérationnel du marché financier tunisien.

Il convient de noter que l’indice de référence de la Bourse de Tunis, le  Tunindex, a clôturé la séance du 29 juillet 2026 sur une hausse de 1,3 %, avec un volume de transactions dépassant les 30 millions de dinars.

L’article Bourse de Tunis | Suspension de cotation à la suite des fortes baisses du Tunindex est apparu en premier sur Kapitalis.

La Tunisie enregistre 220 décès par noyade chaque année

02. August 2026 um 12:59

Malgré les efforts déployés pour renforcer le dispositif de sauvetage, les noyades demeurent un défi majeur pour la sécurité publique en Tunisie, qui compte 1 300 kilomètres de côtes et des centaines de plages propices à la baignade notamment lors de la saison estivale.

Selon les données officielles, les plages tunisiennes ont enregistré 31 décès par noyade au cours de la saison de baignade 2025 (de juin à octobre), contre 34 lors de la saison 2024. Parallèlement, les unités de la Protection civile ont mené des milliers d’opérations de sauvetage ; au pic de la saison, en août, le rythme des interventions a atteint environ 24 opérations par heure, incluant des cas de noyade ainsi que divers autres incidents en mer.
Les statistiques nationales — compilées depuis 2020 sous la supervision du ministère de la Santé et avec la participation de diverses parties prenantes — indiquent que la Tunisie enregistre en moyenne environ 220 décès par noyade chaque année ; ces incidents surviennent en mer, dans des barrages, des puits, des piscines, des canaux d’irrigation et divers autres plans d’eau.

Dans ce contexte, le Dr Mohamed Ridha Arrab, chef de la sous-direction des urgences médicales et de la médecine de catastrophe à l’Office national de la protection civile, a déclaré aux médias que les unités de la protection civile avaient réussi à sauver 454 personnes de la noyade au cours de la dernière saison, tout en enregistrant environ 90 décès dans leur périmètre d’intervention. Il a toutefois précisé que ces chiffres diffèrent des statistiques nationales globales, qui regroupent des données provenant de sources variées.

L’article La Tunisie enregistre 220 décès par noyade chaque année est apparu en premier sur Kapitalis.

Tozeur | Financements italiens à des agriculteurs de Dhafria

02. August 2026 um 09:34

Quinze agriculteurs de la délégation de Tamerza, dans le gouvernorat de Tozeur, dans le sud-ouest de la Tunisie, ont reçu récemment la notification de l’octroi de financements destinés à la réalisation de projets agricoles, dans le cadre du Programme de développement rural intégré soutenu par la Coopération italienne.

Selon l’agence Tap, les décisions d’attribution ont été remises aux bénéficiaires, issus de catégories vulnérables.

Chaque financement s’élève à environ 10 000 dinars tunisiens — pour un montant total de 150 000 dinars — et vise à encourager les investissements dans les périmètres irrigués de la localité de Dhafria.

Cette initiative s’inscrit dans le «Projet de développement rural intégré dans les délégations de Hazoua et Tamerza», lancé en 2020 et mis en œuvre par le Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Tozeur. Le programme dispose d’un budget global d’environ 5,9 millions d’euros, dont près de 5,1 millions ont été mis à disposition par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (Maeci) par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

I. B.

L’article Tozeur | Financements italiens à des agriculteurs de Dhafria est apparu en premier sur Kapitalis.

La Tunisie face à son déficit énergétique | L’hydrogène vert est-il la panacée ?

02. August 2026 um 08:57

La Tunisie a perdu beaucoup de temps avant de prendre des mesures concrètes pour faire face à son déficit énergétique qui se creuse d’une année à l’autre, dépassant aujourd’hui 60%. Heureusement que ses partenaires européens sont là pour lui rappeler ses urgences et lui proposer des projets structurants de partenariat énergétique, presque clé en main. Mais ces projets, notamment ceux relatifs à la production et à l’exportation de l’hydrogène vert vers l’Europe, ne sont pas, dans leur majorité, éco-friendly. Au contraire, leur impact sur l’environnement risque d’être important et la lourde facture sera payée par les générations futures… Quand on laisse aux autres le soin de régler nos problèmes, on accepte tout ce qu’ils nous proposent et on en subit forcément les conséquences.

Latif Belhedi   

La Tunisie s’apprête à transformer son potentiel solaire et éolien en une nouvelle industrie de l’hydrogène vert, principalement destinée au marché européen, grâce à deux grandes initiatives internationales et à un projet de production d’ammoniac vert dans la zone industrielle de Gabès, ce qui ne va pas, on l’imagine, faire plaisir aux Gabésiens, qui souffrent déjà de la pollution industrielle induite par les installations du Groupe chimique tunisien (GCT).

Le premier projet repose sur un accord signé avec la société saoudienne Acwa Power, spécialisée dans les énergies renouvelables.

Ce projet, structuré en trois phases, prévoit à terme une capacité de production d’environ 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an, destinées à l’exportation vers l’Europe. L’initiative devrait inclure de grandes installations solaires et éoliennes, des électrolyseurs ainsi que des infrastructures de traitement de l’eau et de transport du produit.

Le second projet, baptisé H2 Notos, est développé par TE H2 — une coentreprise entre TotalEnergies et Eren Groupe — en partenariat avec la compagnie d’électricité autrichienne Verbund.

L’hydrogène sera produit dans les régions du sud

Le protocole d’accord avec le gouvernement tunisien a été signé en mai 2024. Le plan prévoit une première phase portant sur environ 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an, avec la possibilité d’atteindre ultérieurement un million de tonnes. L’hydrogène sera produit dans le sud de la Tunisie par des électrolyseurs alimentés par des installations solaires et éoliennes, à partir d’eau de mer dessalée.

Selon les estimations relayées par la plateforme spécialisée Attaqa, les investissements pour H2 Notos pourraient s’élever à environ 8 milliards d’euros lors de la phase initiale et atteindre jusqu’à 40 milliards d’euros à long terme.

Il s’agit toutefois d’évaluations préliminaires : le projet en est encore au stade des études techniques, financières et de faisabilité, et aucune décision finale d’investissement n’a encore été prise.

Le troisième volet de la stratégie tunisienne, comme le souligne le journal gouvernemental La Presse, concerne la production d’ammoniac vert, principalement utilisé dans l’industrie des engrais. Une première unité pilote, raccordée aux installations du GCT, est prévue dans la zone industrielle de Gabès.

Le projet devrait comprendre un parc photovoltaïque de 8 mégawatts, une usine de dessalement, un électrolyseur et une unité de synthèse d’ammoniac. La capacité initiale indiquée dans la feuille de route est d’environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac vert par an, destinées principalement au marché intérieur.

L’installation constituerait donc une première expérience industrielle, plutôt qu’un mégaprojet comparable aux initiatives d’Acwa Power et d’H2 Notos.

Ces projets s’inscrivent dans la stratégie nationale pour l’hydrogène vert, élaborée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec le soutien de l’agence de coopération pour le développement allemande GIZ. Le plan vise une production totale d’environ 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et de ses dérivés d’ici 2050, dont 6 millions de tonnes destinées à l’exportation et 2,3 millions de tonnes au marché intérieur.

Pour atteindre l’Europe, Tunis mise principalement sur le SoutH2 Corridor — un axe énergétique d’environ 3 300 kilomètres conçu pour relier l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, puis à l’Autriche et à l’Allemagne.

Cette infrastructure, portée notamment par l’entreprise italienne Snam, devrait s’appuyer largement sur des gazoducs existants convertis pour le transport d’hydrogène et afficher une capacité supérieure à quatre millions de tonnes par an.

Le projet a reçu le soutien politique de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne, officialisé par une déclaration signée à Rome le 21 janvier 2025.

Les conséquences environnementales pour la région de Gabès

Des études de faisabilité sont actuellement menées par les opérateurs, la mise en service des installations étant prévue pour le début de la prochaine décennie.

La mise en œuvre de ces programmes reste conditionnée par la disponibilité de financements, le développement de dizaines de gigawatts de nouvelles capacités d’énergie renouvelable, l’établissement d’une réglementation régissant l’usage des sols et de l’eau, ainsi que la construction d’infrastructures d’exportation.

Une attention particulière est portée à l’impact du dessalement dans un pays confronté à une pénurie d’eau croissante, ainsi qu’aux conséquences environnementales pour la région de Gabès, déjà affectée par la pollution issue des industries chimique et du phosphate.

L’article La Tunisie face à son déficit énergétique | L’hydrogène vert est-il la panacée ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Bourse de Tunis | Plaidoyer pour l’introduction des entreprises publiques

02. August 2026 um 08:09

Dans cet article, l’auteur appelle le président de la république Kaïs Saïed à œuvrer pour l’introduction en bourse des entreprises publiques en difficulté pour aider à les réformer, les rendre plus rentables, réduire la pression que leurs déficits exercent sur le budget de l’Etat et, ce faisant, stimuler la croissance économique globale dans le pays.

Larbi Benbouhali *

Le Président peut-il collaborer avec la Bourse de Tunis (BVMT) pour sauver l’économie tunisienne en cette période de malaise économique ?

Cela se joue dans un contexte marqué par une forte inflation, un chômage élevé, un endettement important, une croissance économique faible, une détérioration du niveau de vie des familles tunisiennes et une conjoncture économique mondiale incertaine.

Si le président refuse de collaborer avec le FMI et les bailleurs de fonds étrangers, il dispose d’une opportunité en or : travailler avec la BVMT. Il pourrait ainsi éviter que les 105 entreprises publiques ne plombent le budget de l’État par leurs déficits en cette période difficile, tout en sauvant l’économie tunisienne dans son ensemble.

1. Pourquoi le gouvernement tunisien ne procède-t-il pas à l’introduction en Bourse des entreprises publiques (CPG, Steg, Etap, Stir, Stam, Sonede, etc.) ? Il pourrait utiliser les liquidités du marché boursier pour financer et réformer ces entreprises, les rendre rentables et stimuler la croissance économique globale.

2. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas l’économie informelle (ou parallèle) — qui représente 40 % de l’économie réelle — afin de collecter jusqu’à 12 milliards de dinars de recettes fiscales ? Une partie de ces fonds pourrait servir à accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, évitant ainsi au gouvernement de devoir contraindre les banques à octroyer de tels prêts.

3. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas le système de subventions alimentaires et énergétiques ? Une économie d’environ 5 milliards de dinars sur ce budget permettrait d’accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs ; rappelons que seule 50 % de la population tunisienne a réellement besoin de ces subventions.

4. Pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas les 65 % de Tunisiens sans compte bancaire à adopter les services bancaires mobiles et à ouvrir un compte ? Cela permettrait d’intégrer au système bancaire les 29 milliards de dinars circulant dans l’économie parallèle, offrant ainsi aux banques davantage de liquidités pour prêter au secteur privé, stimuler la production industrielle et ramener le taux de chômage à 10 %.

Pour sortir la Bourse de Tunis de la tourmente

Au cours des deux dernières semaines, la Bourse de Tunis a perdu plus de 8,5 % de sa capitalisation boursière par rapport à son pic de 21 550 points atteint début juillet 2026 ; le secteur bancaire, à lui seul, a perdu plus de 11 % de sa valeur.

La perte globale est considérable en termes de dinars : elle équivaut à 4 400 millions de dinars, soit près de 2,6 % du PIB total de 2025 (PIB de 170 milliards de dinars / 4,4 milliards de dinars = 2,6 %).

Les prix élevés du pétrole brut et de l’énergie vont faire grimper l’inflation et les taux d’intérêt bancaires, ce qui se traduira par une hausse des coûts et une baisse des bénéfices pour le secteur bancaire tunisien. Cela entraînera une nouvelle baisse de l’indice boursier tunisien, tendance qui pourrait se poursuivre tout au long du mois d’août et dans les mois à venir.

Ce recul lent mais constant a débuté début juillet, bien avant l’entrée en vigueur de la loi 2026-148 relative aux prêts sans intérêts ni garanties. Cela indique que d’autres facteurs ont incité les investisseurs à vendre massivement des actions cette semaine, provoquant une chute de 8,5 % de l’indice au cours des quatre dernières semaines et cette perte colossale de 4,4 milliards de dinars.

Nous pouvons désormais identifier et quantifier les véritables raisons pour lesquelles la Bourse de Tunis a connu deux journées très difficiles, mardi et mercredi derniers :

1. l’indice boursier tunisien avait progressé de 65 % depuis le début de l’année ; les investisseurs ont donc souhaité prendre leurs bénéfices avant toute correction brutale, tirant les leçons de la chute de la Bourse sud-coréenne la semaine dernière et du recul d’autres marchés mondiaux en juillet ;

• l’indice boursier sud-coréen Kospi a perdu 25 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier indien BSE Sensex a perdu 10 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier Nasdaq-100 a perdu 7 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice de la Bourse de Tunis (Tunindex) a perdu 8,5 % de sa valeur en juillet 2026.

2. Le secteur bancaire connaît une liquidité limitée ; on observe une abondance de vendeurs d’actions face à une faible demande cette semaine, ce qui a entraîné une baisse des cours et fait reculer le Tunindex de 3,47 points en une seule journée mardi dernier.

3. La réduction de la liquidité bancaire destinée au secteur privé, les restrictions sur les dividendes et la contraction de 8 % du secteur financier en 2025 : la Banque centrale a incité les banques à limiter ou suspendre les versements afin de préserver leurs fonds propres et de restreindre les sorties de devises. Cette mesure a réduit la liquidité disponible pour les prêts et la génération de profits supplémentaires, pesant ainsi sur le cours de leurs actions.

4. Par ailleurs, le marasme économique tunisien et la faiblesse des investissements ont freiné la croissance de nombreuses entreprises ; neuf des 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont enregistré des pertes en 2025, affichent des capitaux propres négatifs et n’ont pas publié leurs rapports annuels depuis plus de trois ans.

Ces neuf entreprises représentent 12 % des sociétés cotées ; leurs pertes contribuent à la tendance baissière du marché boursier tunisien.

Des recommandations en guise de conclusion :

Le gouvernement tunisien peut développer la Bourse de Tunis et générer davantage de richesse pour chaque famille tunisienne en collaborant avec le marché financier pour y introduire des entreprises publiques ; cela permettrait à ces sociétés de lever des capitaux pour investir et se développer, plutôt que de peser sur le budget de l’État.

2. L’économie tunisienne a besoin de devises étrangères, et non de dinars — un «mini-plan Marshall» d’au moins 3 milliards de dollars est nécessaire.

Pourquoi ?

On peut imprimer des dinars, mais pas du pétrole brut. On peut imprimer des dinars, mais pas du gaz naturel. On peut imprimer des dinars, mais pas du blé ni des matières premières…

3. En 2025, la Bourse de Tunis a progressé de 35 % et dispose d’importantes liquidités : le gouvernement peut collaborer avec elle et s’appuyer sur les entreprises publiques pour lever des capitaux et leur accorder des prêts destinés à l’investissement et à la croissance économique. Cela permettrait d’attirer davantage de dollars et d’euros, de réduire le niveau d’endettement, de créer des emplois et de stimuler une croissance économique supérieure au taux d’inflation.

4. Le gouvernement tunisien peut collaborer avec le ministère des Finances, les banques commerciales et la Banque centrale pour réformer l’économie parallèle et accroître les recettes fiscales de 17 milliards de dinars (12 milliards issus de l’économie parallèle et 5 milliards grâce à la réforme des subventions).

Le gouvernement pourrait alors accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, réduisant ainsi ses besoins d’emprunt auprès des banques commerciales et de la Banque centrale, ce qui contribuerait à ramener l’inflation monétaire à 3 %.

5. Toutes ces mesures aideront les banques commerciales et le gouvernement à assainir les finances publiques ; les banques disposeront de davantage de liquidités pour prêter au secteur privé et soutenir la croissance économique dans un contexte mondial incertain, tout en améliorant la notation financière (Fitch Ratings) et en réduisant le niveau d’endettement de l’État.

À mesure que l’adoption des mesures susmentionnées entraînera un afflux croissant de dollars américains et d’euros en Tunisie, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée ainsi que les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. Il s’agit d’une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis ; elle favorisera la création de richesse pour chaque famille tunisienne et permettra de porter le taux d’épargne de 5 % à 15 % du PIB.

À mesure que l’afflux de dollars et d’euros augmentera grâce à l’adoption de ces mesures, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée, les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. C’est une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis, tout en générant davantage de richesse pour chaque famille tunisienne.* Expert financier tunisien opérant en Afrique du Sud.

L’article Bourse de Tunis | Plaidoyer pour l’introduction des entreprises publiques est apparu en premier sur Kapitalis.

❌