Le Fonds mondial pour la nature (WWF) en Afrique du Nord a lancé récemment le projet « Ecosyval WalD F », une initiative destinée à lutter contre la pollution marine, valoriser les déchets issus de la mer et renforcer les principes de l’économie bleue et circulaire dans le golfe de Gabès.
Présentant les objectifs du projet sur les ondes de la Radio nationale, la chargée du projet Sirine Bouafif a indiqué que l’initiative vise notamment à restaurer et renforcer les herbiers marins, en particulier la posidonie, une plante marine emblématique de la Méditerranée.
Véritables réservoirs de biodiversité
Véritables réservoirs de biodiversité, les herbiers de posidonie jouent un rôle essentiel dans la protection du littoral contre l’érosion, l’amélioration de la qualité des eaux et la création d’habitats favorables à la reproduction de nombreuses espèces marines. Leur préservation constitue ainsi un enjeu majeur pour la résilience des écosystèmes côtiers face aux pressions environnementales.
Le projet, mené en partenariat avec les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement ainsi qu’avec des organisations de la société civile, prévoit également la mise en place d’actions en faveur d’une pêche durable à faible émission de carbone. Il ambitionne de développer les mécanismes liés au « carbone bleu », de réduire les sources de pollution marine et de lutter contre les pratiques de pêche non durables.
Le golfe de Gabès, une zone particulièrement riche mais fragilisée par plusieurs décennies de pressions environnementales, représente une ressource économique importante pour les communautés locales. Selon Sirine Bouafif, environ 17 000 marins dépendent directement de cette zone pour leurs activités.
Identification des filets abandonnés
Dans ce cadre, le projet prévoit d’impliquer les pêcheurs et les petits marins dans l’identification des filets abandonnés ou perdus en mer. Ces équipements, souvent appelés « filets fantômes », peuvent continuer à capturer des espèces marines et contribuer à la dégradation des habitats. Leur localisation permettra leur retrait du milieu marin puis leur recyclage dans une logique d’économie circulaire.
À travers cette initiative, le WWF entend concilier protection de l’environnement marin, soutien aux communautés de pêcheurs et développement d’un modèle économique plus durable pour le golfe de Gabès, l’une des régions marines les plus stratégiques de Tunisie.
Le WWF Afrique du Nord (WWF NA) a annoncé le lancement en Tunisie d’un projet baptisé ECOSAFE WALD IF, pensé pour faire des déchets marins une ressource économique durable.
L’idée est, ainsi, d’aller au-delà de la simple dépollution du littoral et de faire de ces déchets un levier de développement pour les populations locales. Ce projet s’inscrit dans le cadre des efforts de l’organisation autour de la restauration des herbiers de Posidonia oceanica et du développement des mécanismes de carbone bleu dans le golfe de Gabès.
Un circuit organisé de la mer à l’usine
Le projet met en place un système appelé « Waste Management Track », qui trace les déchets depuis leur collecte en mer jusqu’à leur traitement final. Les matériaux triés partent d’abord vers des coopératives artisanales pour de l’upcycling, puis vers des recycleurs plastiques agréés pour une transformation industrielle.
Ce qui ne peut pas être valorisé finit dans des centres d’enfouissement homologués par l’Agence Nationale de Gestion des Déchets. Le WWF NA vise également à appuyer les groupements de pêcheurs et les acteurs de l’économie sociale et solidaire, avec la mise en place d’un suivi des données pour mesurer l’impact réel de cette initiative sur leurs conditions de vie.
Cette filière naissante ; collecte, tri, transformation, constitue une nouvelle piste d’investissement pour l’upcycling et le recyclage du plastique en Tunisie, un segment de l’économie bleue encore peu structuré mais soutenu par les organisations internationales dans le cadre de la dépollution du littoral tunisien et plus particulièrement du golfe de Gabès.
Le gouverneur de Gabès, Ridha Ncibi, a présidé récemment au siège du gouvernorat une séance de travail sur la propreté et l’entretien des espaces verts.
Premier impératif : liquider sans délai tous les points noirs. Dans ce contexte, Ncibi a réclamé la mobilisation de tous les moyens humains et logistiques disponibles, un nombre suffisant de bacs à ordures dans chaque quartier, leur nettoyage régulier, et une refonte totale des services de collecte et de maintenance.
Objectif affiché : couverture intégrale de tous les quartiers et de toutes les artères. Aucune zone laissée pour compte.
Deuxième front : la loi. Le gouverneur a exigé l’application vigoureuse des textes en vigueur contre toutes les infractions liées à la propreté, mettant l’accent sur l’impératif de mettre sur pied un plan d’action cohérent pour élever durablement le niveau des services.
Troisième axe, tout aussi ferme : le boisement. Le gouverneur a insisté sur la nécessité de planter davantage d’arbres et de renforcer les espaces verts dans l’ensemble du gouvernorat, un enjeu à la fois esthétique, environnemental et sanitaire.
La séance a réuni les secrétaires généraux chargés de la gestion des affaires municipales, les administrations et services régionaux concernés, ainsi que la société de l’environnement, de la plantation et de l’horticulture.
La Tunisie a perdu beaucoup de temps avant de prendre des mesures concrètes pour faire face à son déficit énergétique qui se creuse d’une année à l’autre, dépassant aujourd’hui 60%. Heureusement que ses partenaires européens sont là pour lui rappeler ses urgences et lui proposer des projets structurants de partenariat énergétique, presque clé en main. Mais ces projets, notamment ceux relatifs à la production et à l’exportation de l’hydrogène vert vers l’Europe, ne sont pas, dans leur majorité, éco-friendly. Au contraire, leur impact sur l’environnement risque d’être important et la lourde facture sera payée par les générations futures…Quand on laisse aux autres le soin de régler nos problèmes, on accepte tout ce qu’ils nous proposent et on en subit forcément les conséquences.
Latif Belhedi
La Tunisie s’apprête à transformer son potentiel solaire et éolien en une nouvelle industrie de l’hydrogène vert, principalement destinée au marché européen, grâce à deux grandes initiatives internationales et à un projet de production d’ammoniac vert dans la zone industrielle de Gabès, ce qui ne va pas, on l’imagine, faire plaisir aux Gabésiens, qui souffrent déjà de la pollution industrielle induite par les installations du Groupe chimique tunisien (GCT).
Le premier projet repose sur un accord signé avec la société saoudienne Acwa Power, spécialisée dans les énergies renouvelables.
Ce projet, structuré en trois phases, prévoit à terme une capacité de production d’environ 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an, destinées à l’exportation vers l’Europe. L’initiative devrait inclure de grandes installations solaires et éoliennes, des électrolyseurs ainsi que des infrastructures de traitement de l’eau et de transport du produit.
Le second projet, baptisé H2 Notos, est développé par TE H2 — une coentreprise entre TotalEnergies et Eren Groupe — en partenariat avec la compagnie d’électricité autrichienne Verbund.
L’hydrogène sera produit dans les régions du sud
Le protocole d’accord avec le gouvernement tunisien a été signé en mai 2024. Le plan prévoit une première phase portant sur environ 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an, avec la possibilité d’atteindre ultérieurement un million de tonnes. L’hydrogène sera produit dans le sud de la Tunisie par des électrolyseurs alimentés par des installations solaires et éoliennes, à partir d’eau de mer dessalée.
Selon les estimations relayées par la plateforme spécialisée Attaqa, les investissements pour H2 Notos pourraient s’élever à environ 8 milliards d’euros lors de la phase initiale et atteindre jusqu’à 40 milliards d’euros à long terme.
Il s’agit toutefois d’évaluations préliminaires : le projet en est encore au stade des études techniques, financières et de faisabilité, et aucune décision finale d’investissement n’a encore été prise.
Le troisième volet de la stratégie tunisienne, comme le souligne le journal gouvernemental La Presse, concerne la production d’ammoniac vert, principalement utilisé dans l’industrie des engrais. Une première unité pilote, raccordée aux installations du GCT, est prévue dans la zone industrielle de Gabès.
Le projet devrait comprendre un parc photovoltaïque de 8 mégawatts, une usine de dessalement, un électrolyseur et une unité de synthèse d’ammoniac. La capacité initiale indiquée dans la feuille de route est d’environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac vert par an, destinées principalement au marché intérieur.
L’installation constituerait donc une première expérience industrielle, plutôt qu’un mégaprojet comparable aux initiatives d’Acwa Power et d’H2 Notos.
Ces projets s’inscrivent dans la stratégie nationale pour l’hydrogène vert, élaborée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec le soutien de l’agence de coopération pour le développement allemande GIZ. Le plan vise une production totale d’environ 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et de ses dérivés d’ici 2050, dont 6 millions de tonnes destinées à l’exportation et 2,3 millions de tonnes au marché intérieur.
Pour atteindre l’Europe, Tunis mise principalement sur le SoutH2 Corridor — un axe énergétique d’environ 3 300 kilomètres conçu pour relier l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, puis à l’Autriche et à l’Allemagne.
Cette infrastructure, portée notamment par l’entreprise italienne Snam, devrait s’appuyer largement sur des gazoducs existants convertis pour le transport d’hydrogène et afficher une capacité supérieure à quatre millions de tonnes par an.
Le projet a reçu le soutien politique de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne, officialisé par une déclaration signée à Rome le 21 janvier 2025.
Les conséquences environnementales pour la région de Gabès
Des études de faisabilité sont actuellement menées par les opérateurs, la mise en service des installations étant prévue pour le début de la prochaine décennie.
La mise en œuvre de ces programmes reste conditionnée par la disponibilité de financements, le développement de dizaines de gigawatts de nouvelles capacités d’énergie renouvelable, l’établissement d’une réglementation régissant l’usage des sols et de l’eau, ainsi que la construction d’infrastructures d’exportation.
Une attention particulière est portée à l’impact du dessalement dans un pays confronté à une pénurie d’eau croissante, ainsi qu’aux conséquences environnementales pour la région de Gabès, déjà affectée par la pollution issue des industries chimique et du phosphate.
Le gouverneur de Gabès, Ridha Nsibi, a présidé le mardi 28 juillet une réunion consacrée à la future centrale photovoltaïque d’El Mahamla, dans la délégation de Menzel Habib. Objectif de la rencontre, qui a réuni les responsables de l’entreprise française spécialisée dans les énergies propres, Voltalia, et des responsables locaux: faire le point sur l’étude d’impact environnemental et social du projet.
L’enveloppe mobilisée pour cette centrale de 132 MW atteint 340 millions de dinars. Le coup d’envoi du chantier est prévu pour 2027, avec une centrale pleinement opérationnelle dans trois ans, en juin 2029.
L’installation produira chaque année de quoi couvrir la consommation électrique d’environ 200 000 habitants, tout en épargnant à l’atmosphère 120 000 tonnes de CO₂ chaque année. Sur le volet emploi, les porteurs du projet tablent sur près de 400 postes, directs et indirects, rien que pour le premier volet de mise en œuvre.
Autre info à noter: Voltalia doit également lancer prochainement, dans la même zone d’El Mahamla, un premier projet solaire distinct de 130 MW, doté de son propre poste de raccordement au réseau national électrique.
Une locomotive pour l’investissement régional
Ce type de projet, mobilisant plusieurs centaines de millions de dinars sur un même site, ouvre un terrain concret pour la sous-traitance locale: génie civil, maintenance, ingénierie électrique, et peut servir de vitrine pour attirer d’autres investisseurs dans les énergies renouvelables à Gabès, une région encore mal équipée en infrastructures solaires de cette taille.
Le projet de la centrale solaire photovoltaïque de Mahamla, dans la délégation de Menzel Habib (gouvernorat de Gabès), franchit une nouvelle étape. Les travaux de construction de cette infrastructure de 132 MW devraient débuter avant la fin de l’année 2027, pour une mise en service prévue en juin 2029. Doté d’un investissement de 340 millions de dinars, le projet vise à renforcer la production d’électricité renouvelable, créer des emplois et soutenir la sécurité énergétique de la Tunisie.
Un investissement de 340 millions de dinars
L’annonce a été faite mardi lors d’une journée d’information, selon un communiqué publié par le gouvernorat de Gabès. La future centrale photovoltaïque sera implantée dans la délégation de Menzel Habib et disposera d’une capacité installée de 132 MW.
Sa mise en production est programmée pour juin 2029, après un démarrage des travaux attendu avant la fin de l’année 2027.
Le projet mobilisera un investissement estimé à 340 millions de dinars. Durant sa première phase de réalisation, il devrait générer environ 400 emplois directs et indirects, notamment au profit des ingénieurs, des cadres et des techniciens.
Cette centrale produira près de 302 GWh d’électricité par an, une capacité suffisante pour répondre aux besoins énergétiques d’environ 200.000 habitants.
Un appui à la transition énergétique
Au-delà de sa contribution à la production d’électricité, la centrale de Mahamla devrait permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone d’environ 120.000 tonnes par an. Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de développement des énergies renouvelables, avec pour objectif de valoriser les ressources naturelles du pays et de renforcer la sécurité ainsi que l’indépendance énergétiques de la Tunisie.
La centrale de Mahamla s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique, qui vise à réduire la dépendance de la Tunisie aux énergies fossiles et à renforcer la sécurité d’approvisionnement en électricité.
Le pays dispose d’un important potentiel solaire, mais le développement des projets d’énergies renouvelables reste confronté à plusieurs défis, notamment les délais de réalisation, les besoins de financement, les contraintes administratives et la modernisation des infrastructures de transport et de distribution de l’électricité.
Le recours accru aux énergies renouvelables apparaît d’autant plus stratégique que la demande en électricité connaît une hausse continue, particulièrement durant les périodes de forte chaleur où les pics de consommation mettent le réseau sous pression.
En augmentant progressivement la capacité de production d’origine solaire et éolienne, la Tunisie entend limiter sa dépendance aux importations de gaz naturel, réduire son déficit énergétique et atteindre ses objectifs de décarbonation, tout en améliorant la résilience de son système électrique.
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