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Les dessous de la crise du lait en Tunisie

27. März 2026 um 11:59

La Tunisie fait face actuellement à une crise du lait, marquée par la stagnation des prix de production, le coût élevé de l’alimentation animale et la diminution du cheptel. Ce qui n’est pas sans conséquences économiques et sociales pour le pays, qui fait face à de graves problèmes de financement de ses importations.

Parmi les conséquences de cette situation : la pénurie de beurre qui refait surface. Dans de nombreuses régions du pays, supermarchés et commerces de détail affichent des rayons vides, tandis que le gouvernement tente d’endiguer la crise en distribuant des quantités exceptionnelles, qui restent insuffisantes.

La situation reste marquée par des tensions sur l’approvisionnement, que les acteurs du secteur associent directement à la crise plus générale de la filière laitière.

Pour une révision du prix à la production

Selon Ali Klabi, vice-président de la Chambre nationale du lait et des produits laitiers, relevant de l’Utica, la centrale patronale, la disparition du beurre des magasins est liée au déclin structurel de la production laitière et, surtout, à la baisse de la teneur en matières grasses du lait.

À l’origine du problème, explique M. Klabi, se trouve le déséquilibre entre les coûts de production et les prix du lait à la production, qui sont restés inchangés depuis novembre 2022.

La pression sur les marges a contraint de nombreux éleveurs à réduire leurs dépenses en alimentation animale, ce qui impacte directement la qualité du lait et, par conséquent, la disponibilité de la crème nécessaire à la production de beurre. M. Klabi réclame une révision du prix à la production, avec une augmentation progressive de 300 millimes.

Cette crise s’inscrit dans un contexte de détérioration plus générale du secteur.

Le ministre de l’Agriculture, Ezzedine Ben Cheikh, a indiqué fin novembre 2025 que la Tunisie avait perdu environ 20 % de son cheptel bovin, attribuant ce déclin à des sécheresses successives, à des pénuries d’eau et à la hausse des prix mondiaux des aliments pour animaux.

Sur le plan structurel, l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP) indique que le secteur de l’élevage bovin emploie environ 112 000 éleveurs, confirmant ainsi son importance socio-économique.

La souveraineté alimentaire remise en question

Des signes de contraction sont apparus également au niveau régional. Dans la région de Mahdia, l’un des principaux centres de production laitière, les ventes de beurre ont chuté de 3 à 4 tonnes par jour en 2020 et 2021 à environ 2 tonnes par jour cette année.

Parallèlement, la production laitière dans les régions du Sahel et du Centre-Est a diminué de 35 % ces quatre ou cinq dernières années, selon le Centre laitier de Mahdia.

À court terme, le ministère du Commerce a annoncé la mise sur le marché de quantités supplémentaires de beurre et de farine afin d’apaiser les tensions sur le marché apparues lors des fêtes de l’Aïd El-Fitr.

Toutefois, sans ajustements plus profonds des prix à la production et du coût de l’élevage, cette pénurie risque de rester le symptôme d’une crise plus générale de la souveraineté alimentaire, avec des répercussions possibles sur d’autres produits laitiers.

I. B.

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Industrie laitière : L’usine de Sidi Bou Ali relancée sous contrôle public avec « Tunisie Lait »

25. Dezember 2025 um 10:26

A l’arrêt depuis sept ans, l’usine laitière de Sidi Bou Ali s’apprête à redémarrer sous une nouvelle identité et une gouvernance entièrement revue. Reprise par l’État à travers la Caisse des Dépôts et des banques publiques, la structure renaît sous le nom de « Tunisie Lait », avec l’ambition de retrouver un rôle central dans le secteur.

Fermée depuis novembre 2018, l’usine laitière de Sidi Bou Ali va prochainement reprendre ses activités. La relance intervient à la suite d’une opération de reprise pilotée par la puissance publique. L’annonce a été confirmée le 24 décembre par Sadok Laarif, commissaire aux comptes et mandataire judiciaire, lors d’une intervention médiatique.

Une reprise orchestrée par l’État

Le redémarrage du site industriel est le résultat d’un processus de rachat structuré, marqué par une intervention directe du président de la République, Kaïs Saïed. Selon Sadok Laarif, cette implication a permis de renforcer la participation nationale et de replacer l’usine sous contrôle public, après une phase de coordination entre l’ensemble des acteurs concernés.

L’opération s’est traduite par l’acquisition de la société Elbene Industrie par la Caisse des Dépôts et Consignations, en partenariat avec trois banques publiques : la BNA, la STB et la BH Bank. De cette nouvelle configuration est née une entité rebaptisée « Tunisie Lait ».

Un directeur général a déjà été désigné pour conduire la phase de relance opérationnelle, tandis que des démarches sont engagées pour identifier un partenaire stratégique capable d’accompagner le développement à moyen et long terme.

Selon les estimations avancées, la reprise complète de la production devrait s’étaler sur une période d’environ douze mois. Cette phase transitoire vise à remettre à niveau les capacités industrielles, stabiliser la gestion et repositionner l’entreprise sur un marché laitier marqué par de fortes tensions structurelles.

Retour sur une fermeture

La mise à l’arrêt de l’usine en 2018 était intervenue dans un contexte financier particulièrement dégradé et de soupçons de corruption. Les états financiers arrêtés au 31 décembre de la même année faisaient apparaître de graves déséquilibres. Les commissaires aux comptes avaient alors émis un avis assorti de réserves, soulignant une incertitude majeure quant à la capacité de l’entreprise à poursuivre son exploitation.

Cette situation avait conduit au licenciement d’environ 200 employés, tandis que 154 autres sont restés à la disposition de l’entreprise, sans salaires, durant toutes ces années.

Le 28 mai dernier l’administrateur judiciaire de l’entreprise, Sadok Laarif, avait annoncé que la société « Elbene Industrie » était désormais placée sous la tutelle de la Caisse des Dépôts et Consignations, bras financier de l’État après le dépôt d’une offre d’acquisition auprès du tribunal de première instance de Sousse, accompagnée d’un plan de redressement structuré visant à relancer durablement le site industriel.

Entrée en activité en 1978, cette unité industrielle, privatisée en 2005, était l’une des principales contributrices à la production nationale de lait et de ses dérivés. En période de pointe, entre janvier et avril, la production quotidienne atteignait entre 400.000 et 500.000 litres, et descendait à environ 300.000 litres par jour durant les mois de juin, juillet et août.

L’usine, autrefois publique, a été privatisée en 2005 et cédée à deux investisseurs tunisiens pour un montant de 8 millions de dinars, l’État tunisien conservant néanmoins 15% du capital, via la Banque nationale agricole (BNA).

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Tunisie : Le lait, le beurre et l’effondrement silencieux d’une filière stratégique

13. November 2025 um 16:34

La Tunisie vit une crise laitière. En l’espace de quelques jours, députés, représentants agricoles, industriels et experts ont multiplié les alertes, dressant tous le même constat : la filière du lait s’enfonce dans un déclin structurel. La pénurie de beurre, qui s’installe dans les rayons, n’est plus une anomalie passagère mais le symptôme visible d’une fragilité profonde.

Une audition parlementaire qui sonne comme un signal d’alarme

Jeudi, lors d’une audition conjointe devant les commissions financières des deux chambres, les représentants de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) ont présenté un tableau préoccupant.
Mnaouer Sghiri, directeur de l’unité de production animale, a appelé à “réhabiliter” toute la filière.

Il réclame notamment :

  • la création d’un fonds national de santé animale,
  • un soutien direct à l’achat de génisses (jusqu’à 40 à 50 % du coût),
  • la réduction de la TVA sur les fromages — aujourd’hui fixée à 19 % — pour stimuler une consommation nationale parmi les plus faibles au monde, entre 1 et 2 kilos par an.

Pour lui, le cheptel tunisien “ne peut plus se maintenir dans ces conditions”.

Un secteur industriel en déclin depuis cinq ans

Sur les ondes de Mosaïque FM, Ali Klibi, vice-président de la Chambre nationale de l’industrie du lait, a confirmé l’enracinement d’un déclin entamé en 2020. En cinq ans, la production est passée de 880 millions de litres à 720 millions, tandis que le stock stratégique, qui atteignait 48,7 millions de litres en octobre 2020, s’est effondré à 12,3 millions aujourd’hui, pour une consommation quotidienne de 1,8 million de litres.

Cette contraction intervient alors que la filière produit désormais à perte : le litre est acheté aux éleveurs entre 1,340 et 1,400 dinar, pour un coût réel de 1,700 à 1,900 dinar. « Le producteur est dans le rouge. Seul le yaourt rapporte encore quelque chose. Le reste détruit l’éleveur », soupire Klibi, qui appelle à une révision urgente du prix à la production et à un programme national de relèvement du cheptel pour éviter un effondrement irréversible.

Le beurre manquant : un révélateur brutal

Contrairement au lait UHT ou au yaourt, que l’industrie peut fabriquer à partir de poudre de lait importée, le beurre ne peut être produit qu’à partir de lait frais national. Sa disparition des étals pointe donc une évidence : la Tunisie manque de lait frais.

Pour Midani Dhaoui, président du Syndicat tunisien des agriculteurs, cette pénurie est l’aboutissement de plusieurs années de sécheresse extrême, de l’envolée des prix des fourrages consécutive à la guerre en Ukraine, et de l’asphyxie économique d’éleveurs incapables de couvrir leurs coûts.

La balle de foin se négocie désormais 40 dinars, la tonne d’aliments pour bétail dépasse 1,6 million de dinars, et une génisse de race pure peut atteindre 14 0000 dinars. « On demande à l’éleveur de financer la politique sociale du pays. Ce n’est plus tenable », déplore-t-il.

« Il faut importer massivement pour reconstituer le cheptel »

Pour M. Dhaoui, il n’y a plus de solution à demi-mesure.
Il appelle à importer entre 100 000 et 200 000 têtes de bétail pour stopper l’hémorragie, et à mettre fin aux importations de viande étrangère, qui affaiblissent selon lui la filière locale.

Le syndicaliste rappelle qu’un précédent existe : Dans les années 1990, l’importation de vaches hollandaises avait permis une envolée de la production, dépassant les 2,2 millions de litres par jour, avec 400 000 litres de surplus en périodes de pointe et un stock stratégique de 56 millions de litres.

Il propose de reproduire ce modèle pour les petits ruminants, via l’introduction de races productives comme la Sardi, adaptées progressivement aux conditions tunisiennes.

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