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L’aversion accrue au risque des banques privées tunisiennes

14. Juni 2026 um 08:40

Dans cet article publié sur son blog, intitulé «Capitaliser sur la liquidité des banques privées pour financer l’économie», l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) propose une analyse approfondie des mécanismes qui freinent le financement des PME, décrypte les impacts macroéconomiques sur la croissance et l’inflation, et explore les pistes pour faire de la gestion des risques un véritable levier de relance.

Le rôle fondamental du système bancaire est de faire de l’intermédiation financière pour soutenir l’investissement productif et la création d’emplois. Pourtant, en Tunisie, un décalage marquant s’installe : alors que les banques publiques maintiennent un fort niveau d’engagement auprès des structures étatiques, les banques privées affichent un ratio crédits/dépôts particulièrement faible (67,4% à fin juin 2025), et ce, malgré un excellent niveau de liquidité réglementaire.

Pourquoi nos banques privées ne capitalisent-elles pas sur cet excès de liquidité pour financer le secteur privé ? Entre le poids des financements directs accordés au Trésor public, une aversion accrue au risque face à la conjoncture et le maintien de marges d’intermédiation élevées, les facteurs de ce blocage de l’offre sont multiples.

Dans son article, l’IACE propose une analyse approfondie des mécanismes qui grippent le financement des PME, décrypte les impacts macroéconomiques sur la croissance et l’inflation, et explore les pistes pour faire de la gestion des risques un véritable levier de relance.

Le Trésor public accapare les liquidités bancaires

    Les banques ont essentiellement pour rôle de faire de l’intermédiation financière entre agents à excédent d’épargne et agents à déficit, en utilisant l’épargne des premiers, généralement sous forme de dépôts à court et moyen terme, pour financer les besoins d’investissement des entreprises. Un excès d’intermédiation veut dire un risque élevé pour les banques en cas de panique et de retraits massifs de déposants.

    À l’opposé, une sous-intermédiation signifie un manque de financement qui risque de freiner la croissance de l’économie et la création d’emplois.

    En Tunisie, à première vue, le système bancaire paraît bien diversifié, comptant 23 banques résidentes, y compris d’importantes banques publiques (la STB, BH Bank, BNA, la BTS spécialisée dans les microcrédits, et la Banque de financement des PME), en plus de 13 banques privées et mixtes, et 3 banques islamiques. Mais leur encours de crédit au secteur privé laisse à désirer.

    En effet, le crédit aux entreprises privées dans le secteur de l’industrie n’a augmenté que de 0,1% en 2023 avant de tourner en négatif (-0,3%) en 2024, alors que pour les services, le taux d’augmentation a été respectivement de 2,7% et 2,6 %.

    Le Rapport de supervision bancaire 2024, publié par la BCT, explique ce phénomène par «un ralentissement continu de la demande de financement en rapport avec la persistance de la conjoncture économique difficile et ses répercussions sur les entreprises».

    Toutefois, la faiblesse de la demande de crédits n’explique pas tout, ce qui nécessite une analyse du côté de l’offre du système bancaire.

    Les ressources des banques proviennent essentiellement des dépôts. Sur ce plan, le taux de transformation crédits/dépôts a connu une tendance à la baisse, de 120% avant la pandémie en 2019 (ce qui correspond au maximum réglementaire permis par la BCT), pour atteindre 101,4% en 2023, et la baisse a continué durant la période 2024-2025 selon les données du Bulletin des statistiques financières de la BCT (octobre 2025). Toutefois, ce ratio reste élevé en Tunisie à 96,2% en août 2025, grâce à la dominance des banques publiques, alors que dans des pays où le secteur bancaire appartient essentiellement au privé, comme la France et le Maroc, ce taux est de 91,4% et 89,2%, respectivement.

    Ceci nous conduit au cœur du problème tunisien : les banques publiques continuent à prêter aux entreprises et offices étatiques, ce qui explique un ratio crédit/dépôts pour les trois principales banques publiques de l’ordre de 101,7 % à la fin de décembre 2023 et 97,3 % fin juin 2025.

    À l’opposé, il en va de même pour les trois principales banques privées où le ratio a été nettement plus faible, baissant de 69,4% à 67,4%, durant la même période.

    Ce niveau alarmant pose la question : pourquoi le ratio de transformation est-il trop faible chez nos banques privées, surtout que la liquidité est suffisante.

    En fait, l’indicateur de taux de couverture de liquidité (Liquidity Coverage Ratio-LCR), défini comme étant le ratio du stock d’actifs liquides de haute qualité sur les sorties nettes de trésorerie sur un horizon de 30 jours dans une situation de tension (la valeur estimée des retraits massifs des clients de la banque + les engagements de financement que la banque doit honorer – les entrées de fonds attendues), doit dépasser 100 % selon les accords de Bâle III, suite à la crise financière de 2008.

    En Tunisie, ce minimum réglementaire est largement dépassé, atteignant 138,3% à fin 2025 pour les trois principales banques privées.

    Par conséquent, on peut affirmer avec certitude que nos banques privées ne capitalisent pas sur l’excès de liquidité disponible pour offrir plus de crédit aux entreprises privées.

    Retrait des banques du financement de l’économie productive

    La première explication de cette énigme est la loi n° 10-2024 du 7 février 2024, qui a demandé à la BCT d’accorder des facilités au profit du Trésor public pour un montant de 7 milliards de dinars, une demande qui a été renouvelée avec la loi de finances 2025 et le projet de loi de finances pour 2026,qui a autorisé la BCT à accorder au Trésor public des facilités de financement d’un montant record de 11 milliards de dinars, à zéro intérêt, avec 3 ans de période de grâce et une durée de remboursement de 15 ans. Il est clair que de tels montants limitent la capacité de la BCT d’accorder autant de financement aux banques qu’auparavant.

    La deuxième explication réside dans l’aversion accrue au risque des banques privées dans un contexte économique marqué par une croissance faible, une incertitude élevée et un volume important de créances douteuses.

    Face à des procédures de recouvrement longues et coûteuses, les banques adoptent une politique de crédit plus restrictive, privilégient les garanties réelles (hypothèques, cautions personnelles) et limitent leur exposition aux PME, perçues comme plus risquées.

    La troisième explication tient au maintien de marges d’intermédiation élevées. Les banques peuvent soit orienter leurs ressources vers le financement de l’État à travers la souscription aux Bons du Trésor, soit conserver une marge bancaire de l’ordre de 4 % ou plus. Cela se traduit par des taux d’intérêt du crédit aux PME avoisinant 11 %, alors que le TMM est autour de 7 %, ce qui renchérit le coût du financement pour le secteur privé et freine l’investissement productif. Ces contraintes sur l’offre de crédit ne sont pas sans conséquences sur la dynamique macroéconomique.

    La croissance économique reste par ailleurs faible, de l’ordre de 2,5% en 2025, même si elle a connu une augmentation par rapport à 1,4% en 2024.

    Pour les prix, toutefois, l’impact reste ambigu. D’un côté, le manque de crédit et, par conséquent, le renchérissement de son coût, poussent les entreprises à augmenter les prix. Mais d’un autre côté, la baisse de la demande globale limite une telle tendance, surtout que l’économie tunisienne s’est trouvée ces dernières années dans un contexte de taux d’intérêt élevés, dus à la politique monétaire restrictive de la Banque centrale. Ce qui explique le ralentissement du taux d’inflation de 9,3% en 2023 à 7,0% en 2024, et à 5,3% en 2025.

    La Banque centrale doit encourager les banques privées à renforcer leurs capacités de gestion du risque, tout en veillant à ce que cette prudence ne se traduise pas par un retrait du financement de l’économie productive.

    L’objectif est de promouvoir une approche équilibrée, où une meilleure évaluation et gestion des risques permettrait justement de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises opérant dans les secteurs porteurs, plutôt que de le restreindre. En ce sens, l’enjeu n’est pas d’opposer gestion du risque et financement de l’économie, mais de faire de la première un levier pour soutenir le second.

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    Tunisie : Publication officielle des augmentations salariales dans les secteurs public et privé

    30. April 2026 um 16:07

    Les mesures tant attendues sont désormais actées. Les décrets relatifs à l’augmentation des salaires dans les secteurs public et privé ont été publiés ce jeudi 30 avril 2026 au Journal officiel de la République tunisienne.

    Des augmentations officialisées pour tous les secteurs

    La publication au Journal officiel de la République tunisienne confirme l’entrée en vigueur des revalorisations salariales qui concernent à la fois les agents de la fonction publique, les collectivités locales, les établissements publics, ainsi que les salariés du secteur privé.

    Les augmentations salariales actées avec effet retroactif depuis janvier 2026, pour la fonction publique et le secteur public, prévoient une hausse mensuelle immédiate comprise entre 90 et 120 dinars selon le grade, avec des revalorisations supplémentaires programmées sur 2027 et 2028 de la meme valeur. Dans certains corps spécifiques comme la magistrature, l’augmentation est fixée à 120 dinars par an sur trois ans.

    Dans le secteur privé, la hausse prend plutôt la forme d’une augmentation progressive d’environ 5 % par an, variable selon les conventions collectives. Concrètement, dès 2026, la majorité des agents publics percevront un gain net compris entre 55 dinars et 80 dinars par mois.

    Lire aussi : Hausse des salaires : Du brut au net, ce que vous allez vraiment gagner

    Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des décisions gouvernementales visant à soutenir le pouvoir d’achat dans un contexte économique sous pression.

    Une mise en œuvre attendue

    Ces augmentations, déjà évoquées ces dernières semaines, devraient être appliquées selon les modalités prévues par les textes réglementaires, avec des impacts différenciés selon les secteurs et les catégories professionnelles.

    Elles devraient également avoir des répercussions sur les pensions, conformément aux mécanismes d’ajustement en vigueur.

    La publication de ces décrets intervient à la veille de la fête du Travail, dans un climat marqué par des attentes sociales élevées. Elle concrétise les engagements pris dans le cadre de la loi de finances et des discussions gouvernementales autour de la relance économique et de la justice sociale.

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    Hausse des salaires : Le gouvernement enclenche la mise en œuvre pour 2026-2028

    28. April 2026 um 19:46

    Réuni au Palais de la Kasbah ce mardi 28 avril, le Conseil des ministres s’est penché sur les textes d’application relatifs à la hausse des salaires dans les secteurs public et privé. La séance, présidée par la cheffe du gouvernement Sara Zaafrani Zenzri, intervient dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du président Kaïs Saïed. L’objectif affiché est de renforcer le pouvoir d’achat et d’ancrer le rôle social de l’État.

    Huit décrets pour encadrer les augmentations

    Le Conseil des ministres a examiné une série de huit projets de décrets relatifs à l’augmentation des salaires et des pensions. Quatre concernent le secteur public, tandis que les quatre autres portent sur le secteur privé, selon un communiqué de la Présidence du Gouvernement.

    Ces mesures s’inscrivent dans l’application de l’article 15 de la loi de finances en cours, qui prévoit une revalorisation des rémunérations et des retraites sur la période 2026-2028. Elles toucheront un large éventail de bénéficiaires : agents de l’État, collectivités locales, établissements publics à caractère administratif, entreprises publiques ainsi que salariés du secteur privé.

    Les retraités sont également concernés par cette revalorisation, dans une logique d’ajustement global des revenus.

    Une réponse aux enjeux du pouvoir d’achat

    Cette initiative constitue l’aboutissement d’une série de consultations menées sous l’impulsion du chef de l’État avec la nécessité de garantir un revenu « équitable et décent » pour l’ensemble des travailleurs et des retraités.

    L’exécutif met en avant une démarche visant à soutenir le pouvoir d’achat des Tunisiens, dans un contexte économique marqué par des pressions sociales persistantes. L’objectif est également de consolider la stabilité sociale à travers une meilleure répartition des revenus.

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