Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial

18. Mai 2026 um 06:50

À l’occasion du 70e anniversaire des indépendances du Maroc et de la Tunisie, un important colloque international intitulé «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris et Aubervilliers.

Abdelhamid Larguèche *

Cette rencontre scientifique est organisée conjointement par l’Institut d’histoire du temps présent relevant du CNRS et le Carep Paris, avec une forte implication d’historiens tunisiens aux côtés de plusieurs grandes figures françaises de l’historiographie contemporaine.  

Réunissant historiens, sociologues, chercheurs en sciences politiques, spécialistes des mémoires coloniales et acteurs du monde culturel, cette rencontre ambitionne de renouveler les approches historiques des indépendances maghrébines et d’interroger les usages contemporains des mémoires coloniales et postcoloniales.

Repenser les indépendances maghrébines

Loin d’une lecture commémorative ou strictement nationale, le colloque propose de considérer les indépendances tunisienne, marocaine et algérienne comme des processus historiques connectés, inscrits dans des dynamiques régionales et internationales complexes.

Les organisateurs souhaitent dépasser les récits fragmentés afin d’analyser les circulations politiques, intellectuelles et militantes qui ont façonné le Maghreb contemporain.

Le colloque constitue également une réflexion critique sur l’histoire de l’empire colonial français au Maghreb entre 1931 — année de la grande Exposition coloniale internationale de Paris, moment d’apogée symbolique du discours impérial français — et les années 1970, période durant laquelle les États maghrébins indépendants entreprennent la consolidation de leurs souverainetés politiques, culturelles et mémorielles.

Cette mise en perspective permet d’interroger les continuités, les ruptures et les héritages durables du fait colonial dans les sociétés maghrébines contemporaines.

L’Algérie au cœur des débats mémoriels

Si les indépendances tunisienne et marocaine constituent le point de départ de la réflexion, l’Algérie occupera une place centrale dans les débats, notamment autour des conflits de mémoire liés à la guerre d’indépendance, aux usages politiques du passé colonial et aux tensions persistantes entre la France et le Maghreb.

Une large partie des discussions sera consacrée aux «blessures mémorielles», aux enjeux de reconnaissance historique, aux silences de l’histoire coloniale et aux difficultés de construire un récit partagé entre les deux rives de la Méditerranée.

Le colloque rappellera également que l’enjeu mémoriel est devenu aujourd’hui un enjeu profondément politique, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes, des antagonismes de mémoire et des usages concurrents du passé colonial dans les débats publics, diplomatiques et identitaires.

Le colloque analysera également les différences entre les politiques mémorielles françaises et maghrébines, ainsi que la manière dont le passé colonial continue d’influencer les débats contemporains autour de l’identité, des migrations, de la citoyenneté et des relations diplomatiques.

Croiser histoire, mémoire et sciences sociales

La première journée, organisée au Campus Condorcet, sera consacrée aux processus de décolonisation, aux mobilisations politiques et sociales, ainsi qu’aux violences ayant accompagné les luttes pour l’indépendance. Les panels interrogeront les répertoires de lutte, les mouvements syndicaux, les insurrections, les répressions coloniales et les connexions transnationales entre les mouvements maghrébins.

La seconde journée, accueillie au Carep Paris, explorera plus particulièrement les mémoires croisées des colonisations et des indépendances dans l’espace franco-maghrébin.

Les débats porteront sur les politiques mémorielles en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, les usages politiques du passé colonial, les tensions diplomatiques et symboliques, ainsi que les nouvelles approches historiographiques relatives aux sociétés coloniales du Maghreb.

Participation scientifique de haut niveau

Parmi les intervenants figurent plusieurs grandes figures de la recherche contemporaine, aux côtés des co-organisteurs Benjamin Stora, Malika Rahal, Abdelhamid Larguèche et Asma Nouira, dont Sophie Bessis, Habib Kazdaghli, Karima Dirèche, Jamaa Baida et de nombreux chercheurs issus d’universités internationales prestigieuses telles que Yale, Princeton, Leyde, Heidelberg, Rabat, Tunis, Oran, Paris ou Lyon.

L’événement se distingue également par sa volonté de faire dialoguer recherche scientifique et production culturelle. Une exposition numérique intitulée, conçue par Abdelhamid Larguèche, prolongera les réflexions du colloque à travers une approche visuelle et documentaire des mémoires coloniales et des représentations de l’empire français au Maghreb.

Penser les mémoires pour comprendre le présent

Au-delà des débats historiographiques, cette rencontre interroge le rôle social de l’historien face aux demandes contemporaines de mémoire et de reconnaissance. Dans un contexte marqué par les crispations identitaires, les controverses mémorielles et les recompositions géopolitiques entre l’Europe et le Maghreb, le colloque entend contribuer à une meilleure compréhension des héritages coloniaux et de leurs résonances actuelles.

En croisant les regards disciplinaires et générationnels, «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines» s’annonce comme un moment scientifique majeur pour repenser l’histoire coloniale française au Maghreb, revisiter les trajectoires des indépendances et analyser les conflits de mémoire qui continuent de structurer les relations entre la France et les sociétés maghrébines contemporaines.

* Historien et co-organisateur du colloque.

L’article Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial est apparu en premier sur Kapitalis.

Colonisation française : Alger criminalise, Paris dénonce un acte hostile

24. Dezember 2025 um 20:26
  • L’Algérie réclame des « excuses » et des « réparations » à la France pour son passé colonial

L’Algérie a franchi un cap symbolique et politique en adoptant une loi qualifiant la colonisation française de crime imprescriptible. Paris a immédiatement réagi, dénonçant une initiative jugée hostile et incompatible avec un apaisement mémoriel entre les deux pays.

Le Parlement algérien a adopté à l’unanimité une loi érigeant la colonisation française en crime, engageant explicitement la responsabilité juridique de l’État français pour les faits commis entre 1830 et 1962. Le texte, voté dans un climat solennel, appelle à des excuses officielles et à des réparations qualifiées d’« intégrales » au bénéfice de l’État et du peuple algériens.

Debout dans l’hémicycle, les députés ont salué l’adoption d’un texte longtemps repoussé, qui marque un tournant dans la gestion institutionnelle de la mémoire coloniale. La loi affirme que les conséquences humaines, économiques et sociales de la colonisation relèvent d’une responsabilité historique directe de la France.

Une liste de crimes déclarés imprescriptibles

Le texte législatif énumère une série de faits qualifiés de crimes majeurs, parmi lesquels figurent les essais nucléaires, les exécutions extrajudiciaires, la torture systématique, ainsi que le pillage des ressources naturelles. Ces actes sont considérés comme non soumis à la prescription, ouvrant symboliquement la voie à des revendications juridiques et financières.

La loi affirme également le principe d’un droit à réparation pour l’ensemble des préjudices matériels et moraux subis durant la période coloniale, inscrivant cette revendication dans un cadre juridique national.

Un passé toujours au cœur des tensions bilatérales

La colonisation de l’Algérie, entamée au XIXe siècle, reste un traumatisme central dans les relations franco-algériennes. Les historiens évoquent une conquête marquée par des massacres, des déplacements forcés et la destruction de structures sociales entières, suivie d’une guerre d’indépendance particulièrement meurtrière.

Les estimations du nombre de victimes divergent fortement selon les sources, mais la mémoire de cette période demeure un point de crispation durable entre Alger et Paris.

Réaction immédiate et ferme de la France

La France a réagi rapidement à l’adoption de cette loi. Le ministère des Affaires étrangères a qualifié le texte d’initiative « manifestement hostile », estimant qu’il va à l’encontre d’un dialogue apaisé et d’un travail mémoriel constructif entre les deux pays.

Paris affirme toutefois maintenir sa volonté de poursuivre un dialogue exigeant avec Alger, notamment sur les dossiers jugés prioritaires, tels que la sécurité régionale et les questions migratoires.

Depuis la remise du rapport de l’historien Benjamin Stora, la France a multiplié les gestes symboliques, tout en excluant formellement toute demande d’excuses officielles, une ligne rouge que cette nouvelle loi algérienne remet frontalement en cause.

Lire aussi :

L’article Colonisation française : Alger criminalise, Paris dénonce un acte hostile est apparu en premier sur webdo.

❌
❌