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Heute — 09. März 2026Haupt-Feeds

IA en Tunisie l Chance historique ou bombe pour l’emploi ?

09. März 2026 um 08:16

La Tunisie se trouve à un moment critique. Le chômage des jeunes dépasse les 30 %, la croissance économique stagne, et les secteurs traditionnels – administration, industries peu automatisées, services de base – dominent encore largement l’économie. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) pourrait sembler lointaine ou réservée aux grandes puissances. Certains le pensent : l’IA, ce n’est pas pour nous. Mais la réalité est que la transformation est déjà là, à nos portes, et ceux qui ne s’adaptent pas risquent de rester spectateurs.

Abdelwaheb Ben Moussa *

D’ici 2030, près de 20 % des emplois tunisiens vont évoluer. Les métiers technologiques explosent : data scientists, spécialistes en IA, experts en cybersécurité, ingénieurs en robotique, spécialistes du Big Data. On pourrait objecter que tout le monde ne peut pas devenir data scientist. C’est vrai. Mais l’IA ne se limite pas à ces métiers : elle exige des compétences transversales – analyse de données, compréhension des processus numériques, travail collaboratif avec les machines. Même les profils non-techniques peuvent s’adapter, à condition que la formation soit anticipée et orientée vers les besoins réels du marché.

La Tunisie dispose pourtant d’un potentiel remarquable. Ses universités forment chaque année des milliers d’ingénieurs, et l’écosystème IT offshore est dynamique. Pourtant, près de 80 % des entreprises déclarent manquer de profils qualifiés pour accompagner la digitalisation. Certains pourraient arguer que ce déficit vient du manque d’efforts des entreprises elles-mêmes. C’est partiellement vrai, mais le problème est surtout systémique : l’articulation entre universités, entreprises et politiques publiques reste insuffisante. Ignorer cette faille, c’est condamner la transformation digitale à l’échec.

Cette infographie synthétise les principales évolutions attendues sur le marché du travail tunisien d’ici 2030. Elle montre le marché actuel, avec un chômage élevé et des secteurs dominants traditionnels ; les métiers et secteurs porteurs liés à l’IA, comme l’IT, la robotique, la fintech et l’agriculture intelligente ; les risques de polarisation et d’automatisation qui pourraient menacer certains emplois ; et les actions stratégiques recommandées pour saisir les opportunités et renforcer l’employabilité.

Chaque section est illustrée par des icônes claires et des chiffres clés, permettant au lecteur de visualiser rapidement les enjeux et solutions de l’IA en Tunisie.

Les opportunités sont concrètes et déjà visibles. Dans l’IT et les services numériques, la Tunisie se positionne comme un hub pour l’Europe, capable de proposer des solutions à forte valeur ajoutée. L’agriculture intelligente commence à tirer parti de l’IA pour optimiser les cultures, gérer l’eau et analyser les sols. Les banques et la fintech utilisent l’analyse prédictive et la détection de fraude. L’industrie 4.0 se développe grâce à la robotique et à la maintenance prédictive. Certains sceptiques diront que ces secteurs restent marginaux. Les faits montrent le contraire : l’écosystème tech et startup croît rapidement et l’Europe observe déjà le pays comme un hub d’innovation.

Pour autant, les risques ne doivent pas être ignorés. L’IA peut accentuer les inégalités : automatisation des emplois administratifs et répétitifs, polarisation du marché du travail. Certains pensent que le marché régulera naturellement. Mais les expériences étrangères montrent que sans politiques actives de formation et de reconversion, la fracture sociale se creuse. Le vrai défi tunisien n’est pas seulement technologique : il est éducatif et social.

Transformer cette révolution en opportunité nécessite d’agir vite. Les universités doivent moderniser leurs formations pour intégrer l’IA et le numérique. La formation continue doit permettre aux professionnels d’adapter leurs compétences aux besoins du marché. L’écosystème technologique doit être soutenu pour créer un cercle vertueux emploi-compétence-innovation.

L’IA n’attend pas. Ceux qui s’adapteront deviendront les architectes de la Tunisie de demain. Les autres resteront spectateurs impuissants d’une révolution qui ne fera aucune pause. Et dans un pays où chaque emploi compte, il ne s’agit plus de choisir : il faut agir.

* Ingénieur informatique, cadre d’entreprise publique.

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Appel à la formation d’un réseau mondial «La paix c’est maintenant !»

09. März 2026 um 07:37

Dans un appel lancé le 4 mars 2026 sur son site web et que nous reproduisons ci-dessous, le parti La France Insoumise appelle à la formation d’un réseau mondial «La paix c’est maintenant !» pour diffuser dans tous les peuples la volonté de paix et coordonner les actions de résistance à la logique de guerre !  L’appel a été lancé à l’initiative de dix dirigeants de LFI, dont son président Jean-Luc Mélenchon.

La guerre totale n’est pas inéluctable. Il faut agir. L’appel «La paix c’est maintenant !» le propose.

Depuis le 28 février 2026, les armées des États-Unis d’Amérique et d’Israël ont commencé une guerre contre l’Iran et le Liban. Les bombardements ont déjà fait tant de morts ! Il s’agit, pour les États-Unis comme pour Israël, d’imposer leur domination par la force. À présent, cette nouvelle guerre met en grand danger, non seulement la région, mais le monde entier.

Comme avec le génocide impuni à Gaza, une nouvelle fois, le droit international est foulé aux pieds, l’Onu est méprisée. L’un et l’autre avaient été construits pour prévenir les enchaînements vers la guerre totale. Ils sont pour l’Humanité un bien commun à protéger et à développer. C’est pourquoi les violations de ces règles ne doivent jamais être encouragées et toujours condamnées surtout lorsqu’elles sont le fait des États les plus puissants. Ce fut le cas de la quasi-totalité de la communauté mondiale quand, en février 2022, la fédération de Russie a envahi l’Ukraine.

On a vu depuis où conduisent le silence et l’inaction. Ils encouragent le crime. Ainsi avec le génocide commis par le gouvernement de M. Netanyahu depuis octobre 2023. En RDC et au Soudan, les agresseurs se sont sentis excusés. Puis ce fut l’enlèvement du Président vénézuélien, le durcissement du siège de Cuba et les menaces contre la Colombie et le Panama. Et l’on a vu Donald Trump parler de l’annexion du Canada et du Groenland.

Dans chaque circonstance, notre choix de la paix et de la diplomatie ne signifie jamais l’accord politique obligé avec le gouvernement victime de l’agression. Nous défendons ce qui est bon pour tous et voudrions voir s’appliquer si notre propre pays était agressé.

Pour construire la paix dans ce monde où nous sommes tous liés, il faut en finir avec la politique du double standard des droits. Il est urgent de stopper l’escalade vers la guerre totale dans laquelle nous sommes tous entraînés. Les peuples doivent prendre la parole, les Nations unies doivent être confortées.

Nous sommes des responsables politiques, parlementaires, syndicalistes, responsables associatifs et d’ONG, artistes, intellectuels, tous militants de la paix. Alors, nous appelons à réinvestir le système onusien et à lui donner les moyens pour se hisser à la hauteur de ce moment où la civilisation humaine tout entière est menacée d’un embrasement destructeur général. Nous appelons à la formation d’un réseau mondial «La paix c’est maintenant !» pour diffuser dans tous les peuples la volonté de paix et coordonner les actions de résistance à la logique de guerre !

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Gestern — 08. März 2026Haupt-Feeds

Les salaires mensuels moyens les plus élevés en 2026 en Afrique

08. März 2026 um 12:44

La Tunisie se classe troisième après le Maroc et l’Afrique du Sud dans le Top 5 des pays africains affichant les salaires mensuels moyens les plus élevés en 2026 publié par le journal nigérian The Nation.

Alors que les économies africaines continuent de se développer et de se diversifier, les niveaux de revenus sur le continent demeurent inégaux. Les variations de la production industrielle, du développement du marché du travail, des investissements étrangers et du coût de la vie continuent d’influencer les revenus mensuels des travailleurs.

Bien que les chiffres relatifs aux salaires moyens ne reflètent pas pleinement le niveau de vie – en particulier dans les pays où les écarts de revenus sont importants –, ils restent un indicateur utile pour comparer le pouvoir d’achat des différentes économies nationales.

D’après les données salariales les plus récentes (2026), voici les cinq pays africains présentant les revenus mensuels moyens les plus élevés, exprimés en dollars américains.

1. Maroc – Environ 2 100 $ par mois

Le Maroc arrive en tête du continent en termes de revenus mensuels moyens en 2026, avec des travailleurs percevant environ 2 100 $ par mois. La diversification de son économie – qui englobe l’industrie manufacturière, l’agriculture, les exportations automobiles, les énergies renouvelables et les services – a contribué à une croissance salariale soutenue. Des partenariats commerciaux stratégiques avec l’Europe et une expansion industrielle continue ont renforcé la compétitivité de ses salaires.

2. Afrique du Sud – Environ 1 900 $ par mois

L’Afrique du Sud suit de près, avec des salaires mensuels moyens estimés à 1 900 $. Comptant parmi les économies les plus industrialisées d’Afrique, le pays bénéficie d’un secteur financier mature, d’une industrie minière dynamique et d’un écosystème technologique en pleine croissance. Son important marché du travail formel et son infrastructure d’entreprises bien établie continuent de soutenir des niveaux de salaires relativement élevés.

3. Tunisie – Environ 1 600 $ par mois

La Tunisie enregistre un salaire mensuel moyen d’environ 1 600 $. Son économie repose sur l’industrie manufacturière, le tourisme, l’agriculture et l’emploi dans le secteur public. Malgré les récentes pressions budgétaires, la Tunisie maintient des salaires relativement stables au sein de la région.

4. Kenya – environ 1400 $ par mois

Le Kenya se classe quatrième, avec des travailleurs gagnant en moyenne environ 1 400 dollars par mois.

Première économie d’Afrique de l’Est, le Kenya a connu une croissance soutenue dans les services financiers, les télécommunications et l’innovation numérique.

L’essor de Nairobi en tant que pôle technologique et d’entreprises innovantes régional a contribué à la hausse des revenus, notamment dans les secteurs qualifiés et à forte composante technologique.

5. Algérie – environ 1 300 $ par mois

L’Algérie complète ce classement avec un salaire mensuel moyen d’environ 1 300 $. Le secteur pétrolier et gazier demeure le pilier de l’économie, contribuant largement aux recettes publiques et soutenant un nombre important d’emplois dans le secteur public, ce qui continue d’influencer le niveau des salaires au niveau national.

D’après The Nation.

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Football – Tunisie U20 l Double confrontation amicale avec la Mauritanie

08. März 2026 um 12:16

L’équipe nationale tunisienne de football des moins de 20 ans affrontera la Mauritanie U20 lors de deux matchs amicaux à la fin de ce mois de mars 2026, dans le cadre de sa préparation aux compétitions continentales à venir.

Ces rencontres auront lieu au stade Chedly Zouiten de Tunis, où les jeunes Aigles de Carthage mettront à l’épreuve leur force et leur cohésion face aux Mourabitounes.

Ces matchs permettront au staff technique tunisien d’évaluer plus précisément les progrès de l’équipe et offriront aux joueurs une précieuse expérience en compétition.

Alors que la préparation s’intensifie en vue des tournois à venir, ces deux matchs devraient jouer un rôle important dans l’évaluation de l’approche tactique et du développement global de l’équipe.

Le calendrier des rencontres est déjà confirmé. Le premier match se jouera le vendredi 27 mars à 13h00, heure locale.

Les deux équipes se retrouveront trois jours plus tard, le lundi 30 mars, également à 13h00, pour le deuxième match de cette série amicale.

Le format aller-retour offre aux deux équipes d’entraîneurs l’opportunité d’effectuer des ajustements entre les matchs. Il permet également aux effectifs de faire tourner leurs joueurs et d’évaluer un groupe plus large en situation de match réelle.

Pour la Tunisie, cette structure est particulièrement précieuse, car l’équipe continue de forger son identité et d’affiner son style de jeu en vue des compétitions continentales.

Pour le nouvel entraîneur des moins de 20 ans tunisiens, Nabil Trabelsi, nommé en février, ces matchs représentent une occasion importante d’observer son équipe sous pression et de mesurer les performances des joueurs en compétition.

L’évaluation du potentiel individuel et de la cohésion d’équipe sera un objectif clé lors des deux rencontres.

Jouer à domicile pourrait également s’avérer bénéfique pour les jeunes Tunisiens. Le stade Chedly Zouiten, l’un des stades historiques du football tunisien, offrira un cadre familier aux jeunes désireux de briller et de démontrer leur maturité pour la prochaine étape de leur développement international.

L’ancien adjoint de Gernot Rohr, qui doit jeter les bases de sa stratégie en perspective des prochaines échéances africaines et internationales, n’a pas encore arrêté la liste des joueurs pour ce double test.

I. B.

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La Tunisie au Mondial Fifa 2026 I Joueurs, adversaires et calendrier

08. März 2026 um 11:55

La Tunisie est qualifiée pour la Coupe du Monde de la Fifa 2026. Elle participe pour la septième fois à cette joute du football international, et pour la troisième fois consécutive.

L’équipe de Sabri Lamouchi – qui a pris le relais de Sami Trabelsi après la qualification – est dans le groupe F avec le Japon, les Pays-Bas et le vainqueur des barrages UEFA B*. Comptant dans ses rangs des joueurs comme Mohamed Ali Ben Romdhane, Ellyes Skhiri, Aïssa Laidouni et Ali Abdi, elle pourrait opter pour un 4-3-3.

Le onze probable lors de la Coupe du Monde 2026 sera composé de Aymen Dahmen ; Yan Valery, Montassar Talbi, Yassine Meriah, Ali Abdi ; Ellyes Skhiri, Mohamed Ali Ben Romdhane, Hannibal Mejbri ; Elias Achouri, Hazem Mastouri, Ismael Gharbi.

Calendrier des Aigles de Carthage

Pour la phase de groupes de la Coupe du Monde de la Fifa 2026, l’équipe nationale tunisienne disputera trois matchs au Mexique et aux États-Unis :

14 juin – Vainqueur des barrages UEFA B (Mexique) – 22h00 HE /5h le lundi 15 juin, heure de Tunis (Stade de Monterrey, Guadalupe) ;

20 juin – Japon (Mexique) – 00h00 HE / 7h le mardi 23 juin, heure de Tunis (Stade de Monterrey, Guadalupe) ;

25 juin – Pays-Bas (États-Unis) – 19h00 HE / 00h le samedi 27 juin, heure de Tunis (Stade de Kansas City, Kansas City).

L’objectif de la Tunisie, qui se trouve dans une poule au niveau assez relevé, est de dépasser, pour la première fois de son histoire, la phase de groupes.   

I. B.

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‘‘Sahbek Rajel Saison 2’’ | Le retour d’une comédie tunisienne à succès

08. März 2026 um 11:20

Début 2026, les fans de comédie tunisienne étaient aux anges avec le retour de ‘‘Sahbek Rajel’’ pour une deuxième saison, offrant toujours plus de rires grâce au duo chaotique d’Azouz et Mahdi. L’intrigue, les personnages marquants et les plateformes de streaming pour vous permettre de rattraper votre retard ou de redécouvrir pourquoi cette série est devenue un véritable phénomène populaire.

Latif Belhedi

La saison 2 de ‘‘Sahbek Rajel’’ reprend avec les policiers Azouz et Mahdi, dont les personnalités opposées ont alimenté l’hilarité de la première saison. Désormais, leur dynamique évolue, passant des péripéties liées à la lutte contre le crime aux moments importants de leur vie, mêlant absurdités du quotidien et instants touchants. Cette intrigue en 14 épisodes explore les thèmes de l’amitié, de la rivalité et des bouleversements de la vie, le tout imprégné d’un humour mordant.

Diffusée pour la première fois le 19 février 2026 en Tunisie, chaque épisode dure environ 35 à 40 minutes, idéal pour un visionnage rapide et intense. Réalisée par Kais Chekir, la série conserve son ton humoristique tout en introduisant des conflits originaux qui captivent les spectateurs.

Les personnages principaux qui font rire

La distribution d’ensemble brille, avec des acteurs principaux de retour qui assurent l’humour. Les personnages clés sont Azouz (Karim Gharbi), l’impulsif et colérique dont les plans sèment souvent le chaos, évoluant de manière inattendue cette saison, et Mahdi (Yassine Ben Gamra), son homologue plus posé, dont la réticence ajoute de la profondeur à leur amitié virile.

Les personnages secondaires sont campés par Sofien Dahech, Slah Msadek, Kawther El Bardi et Samira Magroun, qui apportent de la profondeur aux intrigues familiales et secondaires.

Ces dynamiques garantissent que chaque interaction est ponctuée de répliques percutantes ancrées dans des nuances culturelles universelles.

Arcs narratifs et moments forts

La saison, d’une durée totale d’environ 8 à 9 heures, se déroule en trois arcs narratifs principaux : les épisodes introductifs (1 à 4) présentent à nouveau l’univers du duo avec une série de mésaventures de plus en plus nombreuses.

La deuxième partie de la saison (épisodes 5 à 9) intensifie les enjeux personnels à travers des malentendus et des alliances ; et le final (épisodes 10 à 14) apporte des résolutions avec des rebondissements qui donnent tout son sens aux intrigues précédentes.

Points clés de la narration :

Des rivalités qui évoluent et se transforment en comédie collaborative, un commentaire culturel sur les relations et la maturité et des séquences d’action-comédie qui accentuent l’absurde sans tomber dans l’excès d’effets spéciaux.

Les spectateurs apprécient le rythme plus soutenu que dans la saison 1, les épisodes s’inspirant de situations réelles pour un humour authentique.

Une série incontournable de 2026

Lancée en plein cœur d’une scène télévisuelle tunisienne dynamique, la saison 2 de ‘‘Sahbek Rajel’’ a rapidement conquis le public grâce aux partages sur les réseaux sociaux et au bouche-à-oreille, notamment pendant le Ramadan.

Des plateformes comme YouTube et les services de streaming ont amplifié sa popularité, chaque épisode cumulant des millions de vues. Avec une note de 5,7 sur elCinema, la série a reçu un accueil très favorable, saluant son mélange d’action, de romance et d’humour, loin des clichés.

Son atout majeur : son exploration des amitiés masculines à l’aube de l’âge adulte, qui a su toucher le public arabe en quête d’évasion et de légèreté. En mars 2026, les discussions entre fans sur X ont mis en lumière son humour actuel, la consacrant comme une référence culturelle.

Où et comment voir la série ?

Accédez facilement à la saison 2 de ‘‘Sahbek Rajel’’ sur ces plateformes vérifiées suivantes :

– la chaîne YouTube de Nessma TV (épisodes gratuits en version originale arabe via une playlist officielle) ;

– les plateformes de streaming régionales (Shofha, Yango Play, Viu, Shahid, OSN+, Watch IT et bien d’autres proposant du visionnage à la demande, souvent avec des sous-titres).

– les rediffusions sur les chaînes tunisiennes comme Nessma TV, avec des diffusions début mars 2026 (par exemple, du 3 au 7 mars à 2h15).

La saison 2 de ‘‘Sahbek Rajel’’ excelle en transformant les dilemmes du quotidien en moments hilarants, offrant aux spectateurs non seulement du divertissement, mais aussi des réflexions subtiles sur l’évolution et les liens affectifs. Cette saison 2 est plus qu’une simple suite : c’est une vision originale de l’amitié qui reste gravée dans les mémoires.

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Football l Pourquoi Rani Khedira a opté pour la Tunisie

08. März 2026 um 09:50

Rani Khedira, le milieu défensif du 1. FC Union Berlin, a opté pour la sélection nationale tunisienne afin de représenter le pays de naissance de son père. Bien que né 27 janvier 1994 à Stuttgart, en Allemagne,  d’un père tunisien et d’une mère allemande, Khedira est originaire de la ville de Hammamet, en Tunisie, ce qui explique ce choix.

La Fédération tunisienne de football ( FTF ) a annoncé, mercredi 4 mars 2026, avoir trouvé un accord officiel avec Rani Khedira afin qu’il porte désormais le maillot des Aigles de Carthage.

La Fédération, présidée par Moez Nasri, a également confirmé que le Tribunal du football de la Fifa a officiellement validé le changement d’association nationale du joueur.

Dans son communiqué concernant l’éligibilité du milieu de terrain de FC Union Berlin, l’instance tunisienne précise :

«La Fédération tunisienne de football informe le public sportif et les représentants des médias que le Tribunal du football de la FIFA a officiellement approuvé aujourd’hui le changement d’association nationale du joueur Rani Khedira.

À la suite des démarches administratives entreprises par la Fédération tunisienne de football, et conformément à la volonté claire et affirmée du joueur de défendre les couleurs de la Tunisie, le juge unique de la Chambre du Statut du Joueur a rendu la décision suivante :

• Acceptation de la demande : la requête de la Fédération tunisienne de football concernant le changement d’association nationale du joueur Rani Khedira a été officiellement approuvée.

• Éligibilité immédiate : le joueur est désormais autorisé à représenter les sélections nationales relevant de la Fédération tunisienne de football avec effet immédiat.

• Notification internationale : cette décision a été officiellement communiquée à la Deutscher Fußball-Bund, à la Confédération africaine de football et à l’UEFA. »

Rani Khedira pourrait faire ses débuts en mars lors du match amical international opposant la Tunisie à Haïti.

Âgé de 32 ans, Khedira a auparavant évolué dans les équipes de jeunes allemandes, des U15 aux U19.

Curieusement, la Tunisie avait approché Khedira pour qu’il représente le pays en 2015, mais il avait alors décliné l’offre en déclarant : «La Fédération tunisienne de football m’a récemment contacté, mais j’ai refusé. Je joue pour l’Allemagne depuis les moins de 15 ans. Je me sens chez moi en DFB, j’ai grandi ici et j’ai la mentalité allemande. L’idée d’aller en Tunisie ne m’a jamais effleuré l’esprit.»

Il a clairement changé d’avis, car, entretemps, l’Allemagne n’a pas eu besoin de ses services et la Tunisie lui offre la chance de sa vie de footballeur, celle de participer à la Coupe du monde 2026 aux Etats-Unis, Canada et Mexique.

Son frère aîné, Sami, a notamment participé à l’édition 2014 de la compétition, contribuant à la victoire de l’Allemagne au Brésil.

Rani KHedira a débuté sa carrière professionnelle avec VfB Stuttgart avant de rejoindre FC Augsburg, puis de signer en 2021 avec 1. FC Union Berlin en Bundesliga.

Lors de la saison 2025-2026, il a disputé environ 26 matches toutes compétitions confondues avec l’Union Berlin, inscrivant 5 buts et délivrant une passe décisive.

Sa valeur marchande est estimée à environ 2 millions d’euros, selon le site spécialisé Transfermarkt.

I. B.

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Manifestation à Tunis contre la guerre en Iran

08. März 2026 um 09:24

Samedi 7 mars 2026, des manifestants pacifistes se sont rassemblés sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, pour exprimer leur solidarité avec l’Iran face aux attaques menées par les États-Unis et Israël. (Ph. Fethi Belaid, AFP).

Les manifestants ont appelé à la fin des combats et ont exprimé leur opposition aux frappes en cours.

La guerre a débuté après les attaques lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, provoquant des représailles de Téhéran contre Israël et les bases américaines situées dans les pays du Conseil d coopération du Golfe.

Ce conflit a impliqué les puissances mondiales et perturbé les secteurs de l’énergie et des transports au Moyen-Orient, mettant en danger la paix et l’économie mondiales.

Rappelons que la Tunisie «a réaffirmé son attachement au respect du principe de souveraineté des États et a condamné toute agression contre le territoire d’un État ou toute violation de son intégrité territoriale», selon un communiqué publié le 1er mars, par le ministère des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, tour en soulignant son «rejet absolu de toute attaque contre les territoires des États arabes frères», sans nommer aucun des auteurs desdites attaques, soit Israël et les Etats-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre.

I. B.

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Feuille de route pour l’adoption de l’IA dans le système éducatif tunisien

08. März 2026 um 08:58

Face aux mutations technologiques mondiales, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié une nouvelle note stratégique intitulée : «Pour une stratégie tunisienne d’adoption de l’IA dans le système éducatif», où les auteurs proposent une feuille de route concrète pour intégrer l’intelligence artificielle (IA) comme levier de performance pédagogique, tout en répondant aux défis de demain.

Ces défis sont l’adaptation des programmes aux métiers du futur ; la formation des enseignants aux nouveaux outils numériques et un cadre éthique et réglementaire pour protéger les apprenants. L’objectif étant de préparer les futurs talents à l’économie de demain et renforcer l’employabilité des jeunes diplômés.

Le document de l’IACE se base notamment sur les outils existants en EdTech IA, l’étude des divers modèles de pays ayant adopté ces technologies, le contexte socio-économique et les défis d’infrastructure tunisiens.

L’IA offre des bénéfices majeurs dans l’enseignement : la personnalisation de l’apprentissage (adaptation du rythme et du contenu), le soutien à la productivité des enseignants (préparation des cours, correction automatisée) et une meilleure inclusion des apprenants (outils d’accessibilité).

Cependant, elle n’est pas exempte de risques, notamment la fracture numérique (due au coût du matériel et de l’accès), la déshumanisation (isolement des apprenants) et les préoccupations liées à l’éthique/protection des données.

En Tunisie, l’intégration de l’IA est en phase de réflexion principalement au niveau d’organismes tels que le Centre national des technologies en éducation (CNTE) et l’Université virtuelle de Tunis (UVT), d’expérimentation dans les universités et elle est soutenue essentiellement par des initiatives individuelles.

Ces efforts sont fortement handicapés par la faiblesse de l’infrastructure numérique dans les établissements publics et l’absence d’une stratégie nationale structurée.

Malgré cela, la Tunisie se classe au 2e rang en matière de préparation des talents à l’IA selon l’AI Talent Readiness Index for Africa 2025 avec près de 1 400 spécialistes IA formés par an, entre diplômes (800) et reconversions (600). Un positionnement qui peut permettre de contribuer à satisfaire les besoins des entreprises qui ont placé leurs besoins en spécialistes IA et apprentissage en 2ème position des emplois les plus demandés après ceux du Big data.

La stratégie proposée pour le système éducatif tunisien vise une approche pragmatique et à faible coût pour favoriser le succès et la pérennité de l’intégration de l’IA dans les écoles, les collèges, les lycées, les centres de formation professionnelle et l’université.

Lien de l’étude sur le site de l’IACE.

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Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation

08. März 2026 um 08:28

Il y a des époques où l’on construit des villes pour célébrer la paix, et d’autres où l’on les réorganise pour survivre à la guerre. Notre présent a quelque chose de brutalement pédagogique : il rappelle, par la répétition des images et par la précision des frappes, que l’espace urbain est redevenu une cible totale. Quand le ciel devient une menace permanente, un autre urbanisme s’impose.  (Photo: Israéliens dans un abri sous-terrain à Tel Aviv pendant une alerte. Les Libanais et les Iraniens, eux, ont moins de chance : ils sont à découvert sous les bombes).

Zouhaïr Ben Amor *

Quand les bombardements rasent un quartier, ils ne détruisent pas seulement des infrastructures militaires, ils effondrent des réseaux : routes, hôpitaux, écoles, centrales, dépôts d’eau, logements, archives, lieux de culte, habitudes et liens.

La ville, qui se rêvait naguère comme un milieu d’émancipation et de circulation, redevient un organisme vulnérable, lisible depuis le ciel, «cartographiable» en temps réel, et donc neutralisable. Cette lisibilité est devenue un danger.

Dans cet horizon, l’urbanisme ne peut plus se contenter de parler de densité heureuse, de mobilités douces, de mixité fonctionnelle ou de résilience climatique, comme si la violence géopolitique était une anomalie extérieure.

Les guerres contemporaines ne sont pas seulement des affrontements territoriaux : elles sont aussi une transformation des conditions matérielles de l’habiter. La ville n’est plus seulement le théâtre des conflits, elle est leur enjeu direct, leur médium et leur preuve.

Dès lors, une question s’impose, presque obscène parce qu’elle ressemble à un aveu : comment concevoir des milieux de vie quand le ciel est un dispositif d’observation et de destruction, quand les capteurs, les satellites, les drones et les missiles font de la surface un écran fragile ?

Ce que nous voyons se dessiner, sous la pression de la menace, c’est une tentation stratégique : soustraire. Soustraire à la vue, soustraire à la frappe, soustraire à l’interruption. Cacher sous les sols, derrière les montagnes, dans l’épaisseur du relief. Disperser, segmenter, rendre redondant. Faire en sorte que la ville, et avec elle l’État, l’énergie, l’alimentation, la défense, les réserves de survie, ne soient plus exposés comme une cible unique. Autrement dit : passer d’un urbanisme de la surface à un urbanisme de la profondeur.

La surface : une architecture de la lisibilité… donc de la vulnérabilité

Pendant des décennies, l’urbanisme moderne a cultivé une forme d’évidence : des grandes infrastructures visibles, des nœuds logistiques identifiables, des centralités nettes, des réseaux hiérarchisés. Cela répondait à une logique de croissance, de rationalisation, parfois de contrôle.

James C. Scott a montré comment les États préfèrent les espaces «lisibles», où les flux sont simples à recenser, où les populations se comptent et se déplacent selon des grilles, où le territoire devient un tableau de bord (Scott, 1998).

Cette lisibilité, qui servait à administrer et à planifier, devient aujourd’hui un talon d’Achille. Ce qui est lisible est repérable. Ce qui est repérable est frappable.

La technologie accélère cette conversion de la lisibilité en vulnérabilité. Une centrale électrique, un réservoir, une artère logistique, un pont, un data center, un dépôt : tout ce qui soutient la vie urbaine a une signature. Thermique, électromagnétique, visuelle, algorithmique… On ne «voit» plus seulement avec les yeux, on voit avec des modèles, des corrélations, des anomalies.

La surface de la ville, qui était l’espace de la représentation et de la rencontre, devient une peau exposée. Et l’on comprend soudain que la «smart city» peut aussi être, par retournement, une «target city» : une ville dont l’intelligence rend la destruction plus efficace.

Paul Virilio, en observateur aigu des rapports entre vitesse, guerre et territoire, insistait sur le fait que la modernité militaire n’est pas seulement une question d’armes, mais de perception et de trajectoire : ce qui compte, c’est la capacité à atteindre vite, à voir vite, à décider vite (Virilio, 1977).

Dans un monde où la décision peut se prendre à distance, la ville de surface devient un ensemble de coordonnées. Elle est réduite à une cartographie opérationnelle, où l’on distingue des «objets» à neutraliser. Et ce qui est plus grave encore, c’est que la séparation entre militaire et civil s’y dissout matériellement : l’électricité alimente autant les hôpitaux que les communications, les routes servent autant aux ambulances qu’aux convois, les entrepôts stockent autant les denrées que les pièces détachées. La guerre totale, ce n’est pas seulement l’intention d’écraser : c’est la structure même des réseaux urbains qui rend la distinction incertaine.

La profondeur : retour du refuge, mutation du territoire

Quand la surface devient trop dangereuse, la profondeur redevient désirable. Ce n’est pas une invention. Les villes ont toujours eu leurs souterrains : aqueducs, égouts, caves, catacombes, abris. Mais il y a une différence entre le souterrain comme complément technique et le souterrain comme principe directeur. Nous basculons vers une logique où l’on ne descend pas seulement pour faire passer une conduite, mais pour organiser une stratégie de survie.

Cette stratégie s’appuie sur une évidence physique : la terre absorbe, amortit, dissimule. Elle protège contre certains effets des explosions, elle réduit la visibilité, elle offre une inertie thermique. Les montagnes, les collines, les falaises deviennent des boucliers naturels.

Là où l’urbanisme moderne aimait aplanir, niveler, ouvrir, l’urbanisme sous menace va chercher l’épaisseur, la masse, le pli. Il réhabilite le relief comme infrastructure.

Mais la profondeur n’est pas seulement un abri. Elle devient un espace politique. Enterrer des ressources énergétiques, des réserves alimentaires, des centres de commandement, des moyens de communication, ce n’est pas seulement «cacher», c’est hiérarchiser ce qui doit rester en vie lorsque tout vacille. C’est décider ce qui mérite la protection maximale. C’est, au fond, écrire une constitution souterraine.

Infrastructures vitales : enterrer, disperser, rendre redondant

Si l’on prend au sérieux l’idée d’un urbanisme de la dissimulation, alors les priorités changent. Les infrastructures énergétiques, par exemple, ne peuvent plus être pensées comme de grands monuments techniques isolés. Elles devront devenir des systèmes distribués, modulaires, capables de fonctionner en îlots.

Micro-réseaux, stockage fragmenté, capacités locales de production : non pas comme gadgets «verts», mais comme doctrines de survie. La question n’est plus seulement l’efficacité, c’est la continuité sous interruption.

Même logique pour l’eau, les soins, les communications. Une ville sous menace doit multiplier les points de bascule : pouvoir isoler une partie du réseau sans que tout s’effondre. Le vocabulaire de la cybersécurité — segmentation, redondance, Fail over — devient curieusement pertinent pour la ville matérielle.

C’est peut-être là un signe de notre époque : l’urbanisme se rapproche d’une ingénierie des systèmes, où l’on ne cherche pas le flux maximal mais la capacité à encaisser la rupture.

Keller Easterling a montré que le pouvoir contemporain passe souvent par des «infrastructures spatiales» : des standards, des réseaux, des zones, des formats qui gouvernent sans toujours se montrer comme pouvoir (Easterling, 2014).

Ce que la guerre fait, c’est rendre cette gouvernance visible : on comprend que l’infrastructure est la politique par d’autres moyens. Si l’on enterre des data centers, si l’on place des réserves sous des reliefs, si l’on construit des tunnels logistiques capables de contourner les axes exposés, on ne fait pas seulement des travaux : on redessine la souveraineté.

Et cette souveraineté se paie. Enterrer coûte cher, demande du temps, exige des compétences, mobilise des matériaux. Ce n’est pas neutre socialement.

Les villes qui auront les moyens d’organiser leur profondeur auront une chance de préserver leurs continuités vitales ; les autres resteront à nu.

Le risque est immense : un urbanisme de la protection pourrait se traduire par un urbanisme de l’inégalité, où certains vivent au-dessus, exposés, et d’autres en dessous, protégés — ou inversement : où les élites se réfugient dans des enclaves renforcées tandis que la majorité subit la surface.

La tentation du bunker : survivre, mais à quel prix ?

Le mot «bunker» n’est pas seulement une figure de béton, c’est une philosophie. Il promet la sécurité en échange de la fermeture. Il transforme la ville en succession de compartiments protégés. Il fait de la vie urbaine une série de sas. On peut imaginer un futur où les stations de métro deviennent des abris permanents, où les parkings souterrains se reconvertissent en réserves, où des quartiers entiers se dotent de niveaux «profonds» pour les périodes d’alerte. On peut imaginer des écoles et des hôpitaux conçus comme des structures partiellement enterrées, des places publiques doublées d’espaces refuges, des réseaux de tunnels logistiques évitant les ponts et les échangeurs.

Mais ce futur n’est pas automatiquement désirable. Il pose une question morale : protéger la vie, oui, mais quelle vie ? Une vie diminuée, claustrée, organisée autour de l’anticipation de la frappe ? La ville a toujours été un art de la coprésence. Si l’on la reconçoit comme un art de l’évitement, on risque de perdre ce qui la rend humaine : l’imprévu, la mixité réelle, la rue comme théâtre, la surface comme monde partagé.

Virilio rappelait aussi que la logique militaire tend à coloniser l’espace civil : la défense devient une manière d’organiser le territoire, parfois jusqu’à le défigurer (Virilio, 1977).

Le danger est que la ville, en se protégeant, adopte les réflexes de la forteresse : surveiller, filtrer, verrouiller. Or l’urbanisme de la dissimulation peut devenir un urbanisme de la suspicion. Pour cacher, il faut contrôler l’accès. Pour protéger des infrastructures enterrées, il faut des périmètres, des autorisations, des capteurs. La sécurité peut devenir une grammaire quotidienne. Et ce qui est conçu contre l’ennemi extérieur peut se retourner contre les habitants, au nom de la prévention.

De la résilience climatique à la résilience militaire : même mot, autre monde

Depuis une quinzaine d’années, le mot «résilience» a envahi les discours urbains. Il venait du climat : absorber les chocs, s’adapter, rebondir. Mais la résilience militaire n’est pas la résilience climatique. L’une cherche à composer avec des phénomènes diffus, l’autre avec une intention hostile. Dans le premier cas, on négocie avec la nature ; dans le second, on affronte une stratégie adverse. Cela change tout : l’adversaire observe vos solutions, apprend, s’adapte. Il cherche la faille. La ville résiliente devient une ville en duel.

Scott mettait en garde contre les grandes utopies administratives qui prétendent ordonner le réel depuis le haut (Scott, 1998). Un urbanisme militarisé pourrait devenir une nouvelle utopie, non pas de la transparence mais de l’invisibilité : une ville parfaite parce qu’indétectable, une ville optimale parce que sans point faible. Or l’invisibilité totale n’existe pas. Toute structure laisse des traces. Et l’obsession du point faible peut conduire à un urbanisme paranoïaque, où l’on investit dans la protection au détriment du soin, de l’éducation, de la culture, de la justice sociale. On peut survivre en perdant ce qui rend la survie digne.

Alors, comment tenir ensemble deux impératifs : protéger sans bunkeriser, dissimuler sans dépolitiser, enterrer sans exclure ? C’est là que l’urbanisme doit redevenir un débat public, non une affaire de techniciens et de stratèges. Car si l’on enterre l’énergie, l’eau, les réserves, les moyens de défense, on enterre aussi des choix de société. On décide de ce qui doit continuer à fonctionner quand tout s’arrête. On définit la priorité des priorités.

Vers une ville stratifiée : surface vivante, profondeur vitale

Plutôt que de rêver une ville entièrement souterraine — fantasme qui relève autant de la science-fiction que du projet politique — on peut imaginer une ville stratifiée. Une surface maintenue comme espace de vie, d’échange, de respiration, mais doublée d’une profondeur conçue comme continuité vitale. La surface n’est pas abandonnée, elle est rendue plus souple : moins de points de concentration, moins de dépendances uniques. La profondeur n’est pas un refuge élitiste, elle est un bien commun : des abris accessibles, des services essentiels capables de basculer en mode dégradé, des stocks gérés démocratiquement, des réseaux capables de fonctionner localement.

Dans cette perspective, l’urbanisme de demain ne sera pas seulement une esthétique, il sera une stratégie. Il devra penser la topographie comme alliée, la distribution comme protection, la redondance comme justice. Il devra aussi accepter un paradoxe : la ville doit rester ouverte pour être vivante, mais suffisamment organisée pour ne pas mourir d’un seul coup. Entre l’ouverture et la protection, il n’y a pas de solution pure, seulement des compromis, des arbitrages, des institutions capables de rendre ces arbitrages discutables.

Easterling nous invite à regarder l’infrastructure comme un champ de pouvoir, où les choix techniques façonnent des comportements et des hiérarchies (Easterling, 2014).

Scott nous prévient contre les simplifications autoritaires qui prétendent résoudre le réel en le rendant lisible (Scott, 1998).

Virilio, enfin, nous avertit que la vitesse et la vision transforment la ville en cible, et que le militaire tend à s’infiltrer dans le civil (Virilio, 1977). Ces perspectives convergent vers une même exigence : penser l’urbanisme sous contrainte géopolitique sans renoncer à l’idée de cité.

Car la question qui vient n’est pas seulement celle-ci : où mettre les infrastructures. C’est aussi : quel type de monde urbain voulons-nous quand la violence revient comme horizon durable ? Un monde de cavernes technologiques, de quartiers-bunkers, de verticalités contrôlées ? Ou un monde où la protection devient un droit collectif, où la profondeur n’est pas un privilège mais une assurance commune, où la surface reste un lieu de démocratie ?

Le risque, sinon, est clair : la guerre ne se contentera pas de détruire des bâtiments, elle détruira l’idée même de ville. Non par effondrement spectaculaire, mais par transformation lente : une cité qui se ferme, qui se fragmente, qui se méfie, qui délègue son organisation à des logiques sécuritaires. La véritable reconstruction, alors, ne sera pas seulement matérielle. Elle sera philosophique : réinventer un urbanisme capable de protéger la vie sans enterrer la liberté.

* Universitaire.

Bibliographie :

Easterling, K. (2014). Extrastatecraft: The Power of Infrastructure Space. Verso.

Scott, J. C. (1998). Seeing Like a State: How Certain Schemes to Improve the Human Condition Have Failed. Yale University Press.

Virilio, P. (1977). Vitesse et politique. Galilée.

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La barbarie occidentale, encore et toujours !

08. März 2026 um 07:45

Après avoir commis un génocide contre le peuple palestinien, et ce malgré une réprobation planétaire, la coalition américano-israélienne a entamé un nouvel épisode de barbarie contre l’Iran et le Liban, où chaque jour des civils innocents, personnes âgées, femmes et enfants, meurent sous un déluge de fer et de feu. La civilisation occidentale dans toute sa splendeur. (Photo : Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth. Le Liban entré dans la guerre malgré lui).

Abderrahmane Cherfouh *

Cette coalition criminelle mène des raids aériens d’une intensité sans précédent contre un pays qui a osé lui tenir tête et défier ses ambitions de domination. L’Iran est coupable d’avoir refusé d’être au service des intérêts stratégiques américano-sionistes au Moyen-Orient, de disposer d’une force militaire lui permettant de constituer un potentiel adversaire pour l’État d’Israël sioniste et de perturber ainsi la fausse quiétude d’une région que l’on croyait domptée par les accords d’Abraham, sur fond de menaces et chantages.

Rappelons, à cet égard, qu’après la chute de l’Egypte de Nasser, de l’Irak de Saddam, de la Libye de Kadhafi et de la Syrie des Assad père et fils, l’Iran a été, durant les trois dernières décennies, le seul pays du Moyen-Orient à afficher clairement sa volonté de s’émanciper de toute tutelle étrangère, en faisant confiance à ses cadres nationaux et à leur savoir-faire technologique, notamment en matière d’armement. Et il y a partiellement réussi.

Le dernier des résistants

Malgré l’embargo dont il fut victime, ce pays a mené une politique d’indépendance nationale qui s’est traduite par des réalisations scientifiques et militaires que les Occidentaux, et à leur tête les États-Unis, Israël, et leurs vassaux arabes du Golfe, ont perçues comme une menace pour leurs intérêts stratégiques au Moyen-Orient et, au-delà, en Asie centrale.

À travers les bombardements massifs de l’Iran, on cherche surtout à détruire cette volonté d’émancipation vis-à-vis de l’Occident arrogant et dominateur et à perpétuer la dépendance et la soumission à un ordre international dicté par les puissances d’hier et qui cherchent à le rester indéfiniment.

Le silence de Moscou, qui mène une guerre difficile contre l’Ukraine, la neutralité calculée de la Chine, soucieuse de conforter son avance technologique dans tous les domaines, et la déliquescence morale de la presque totalité des régimes arabes leur auront grandement facilité la tâche.

L’ennemi à abattre

Pour toutes ces raisons, et pour beaucoup d’autres encore, l’Iran est devenu l’irréductible ennemi à abattre. Qu’il ait ou non arrêté l’enrichissement de son uranium, qu’il ait ou non avancé dans les négociations avec ses adversaires américano-sionistes, l’Iran aurait de toute façon subi l’agression dont il est aujourd’hui victime. Cette agression n’est, en fait, que le point d’orgue d’un plan longuement mûri par Israël et les États-Unis, qui ont orchestré une campagne médiatique de dénigrement contre l’Iran et sa supposée puissance militaire, axant leurs attaques sur le du régime des mollahs, assimilé à tort ou à raison à une dictature sanguinaire.

Cela est en partie vrai et prouvé, mais justifie-t-il une agression militaire menée en dehors de tout cadre légal et au mépris du droit international ? Et qui met le peuple iranien en tenaille entre, d’un côté, un régime dictatorial qui réprime brutalement toute contestation, et de l’autre, une coalition américano-israélienne qui frappe aveuglément et sans répit.

Les raids impressionnants sur l’Iran et le Liban, où les cibles sont aussi bien militaires que civiles, n’épargnant ni femmes, ni enfants, ni écoliers, se multiplient.

L’Occident soi-disant civilisé et défenseur des droits et des libertés se range derrière l’État génocidaire d’Israël pour s’attaquer aux «hordes fanatisées» de l’Iran, un prétexte tout trouvé pour détruire ce pays et imposer définitivement sa domination à un Moyen-Orient qui n’a pas fini de voir couler le sang de ses populations.

* Médecin.

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Le poème du dimanche | ‘‘Les Chants de Maldoror’’ de Lautréamont

08. März 2026 um 07:31

Isidore Ducasse dit Comte de Lautréamont, est né en 1846, à Montevideo, en Uruguay, dans une famille originaire du sud-ouest de la France.

Le pays étant en guerre, il rentre en France et finit par s’installer à Paris où il poursuit ses études secondaires. Il publie son Chant premier, à compte d’auteur, en 1868. S’en suivent cinq chants. Ce seront Les Chants de Maldoror, en 1869.

Il décède, dans des circonstances restées méconnues, à l’âge de 24 ans, en 1870, à Paris, alors en guerre, sous la Commune.

Entre poésie et prose, l’oeuvre de Lautréamont, est une traversée remuante, inventive, rebelle, entre rejet et douleur, noirceur et beauté, dénonciation du mal par le mal, révolte contre l’humain pour être trop humaine, Cela rappelle Rimbaud et Baudelaire.

On pense que le pseudonyme Lautréamont aurait pu lui être imposé l’éditeur pour échapper à la censure, à cause de l’œuvre jugée comme blasphématoire.

Tahar Bekri

Chant premier

Vieil Océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu fait sur le corps de la terre ; j’aime cette comparaison. Ainsi, à ton premier aspect, un souffle prolongé de tristesse, qu’on croirait être le murmure de ta brise suave, passe en laissant des ineffaçables traces, sur l’âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu’on s’en rende toujours compte, les rudes commencements de l’homme, où il fait connaissance avec la douleur qui ne le quitte plus.

 Je te salue Vieil Océan 

***

Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d’une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Tu n’es pas comme l’homme, qui s’arrête dans la rue pour voir deux boule-dogues s’empoigner au cou, mais qui ne s’arrête pas, quand un enterrement passe, qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur; qui rit aujourd’hui et pleure demain.

Je te salue, vieil océan !

***

Vieil Océan, il n’y aurait rien d’impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l’homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des sciences naturelles les milles secrets de ton intime organisation ; tu es modeste. L’homme se vante sans cesse, et pour des minuties.

Je te salue Vieil Océan !

Chant premier (extraits), Les Chants de Maldoror et autres poésies, Ed. Albert Lacroix 1869.

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Céramiques d’artisanes tunisiennes exposées à Florence

07. März 2026 um 12:25

Une exposition organisée par l’association italienne à but non lucratif Malles Design Mediterraneo ouvrira ses portes le 8 mars 2026 à Florence. Elle est consacrée aux céramiques fabriquées à la main en Tunisie par les femmes du village de Sejnane (Bizerte).

La fabrication de la céramique est une tradition millénaire dans ce village du nord-ouest tunisien, si profondément ancrée dans la région qu’elle a été reconnue comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2018.

À Florence, une sélection de 100 œuvres sera exposée à la galerie d’art Bunker, dans le cadre d’un projet réalisé en collaboration avec Artigianato e Palazzo, le marché-exposition dédié à la qualité des produits artisanaux.

Seront exposés des vases, des reproductions d’animaux et des récipients entièrement façonnés à la main, polis avec des coquillages et cuits dans des fours traditionnels à ciel ouvert.

Les décorations sont réalisées avec des pigments naturels extraits de plantes locales, tandis que la couleur noire caractéristique est obtenue en fumant la pièce encore chaude sous de la paille.

Chaque pièce exposée est à vendre et accompagnée d’une carte racontant l’histoire de l’artisan qui l’a créée.

Le projet «Malles», qui signifie «modeler l’argile» en tunisien, a été conçu et coordonné par Vittoria Capresi afin de soutenir et de mettre en valeur le processus créatif des artisans locaux.

I. B. (avec ANSAmed)

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Nouveau prêt de la BM pour lutter contre les inondations en Tunisie  

07. März 2026 um 11:30

La Banque mondiale allouera 50 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre les risques d’inondation. C’est un nouveau soutien au programme ResCat, axé sur l’ouest de Tunis, Gabès et Djerba qui bénéficiera à 660 000 personnes supplémentaires.

La Banque mondiale a annoncé un financement supplémentaire de 50 millions de dollars pour la Tunisie afin de renforcer la résilience du pays face aux risques climatiques et aux catastrophes naturelles, dans le cadre de son Programme intégré de résilience aux catastrophes (ResCat), doté initialement d’un budget de 125 millions de dollars.

Ces nouvelles ressources serviront à étendre la protection contre les inondations urbaines dans trois zones considérées comme particulièrement exposées : l’ouest de Tunis, Gabès et Djerba.

Ce dispositif s’appuiera sur l’expérience déjà acquise dans les villes de Bizerte, Monastir et Nabeul, couvertes par le programme initial.

Cette intervention est annoncée alors que la Tunisie demeure exposée à de graves risques d’inondation, exacerbés par le changement climatique. La BM cite notamment les graves inondations de janvier 2026, qui, dans certaines régions, ont enregistré les plus fortes précipitations depuis soixante-dix ans, provoquant d’importantes perturbations dans plusieurs régions du pays.

Selon l’institution financière, l’extension du programme devrait bénéficier à plus de 660 000 personnes supplémentaires, notamment dans les zones urbaines densément peuplées et les principaux pôles économiques. L’objectif affiché est de réduire les interruptions de service et les pertes économiques, de maintenir l’activité des entreprises, de préserver les emplois et de créer de nouveaux emplois locaux, en particulier dans la gestion et l’entretien des infrastructures de protection contre les inondations.

Ce nouveau financement s’appuie sur un programme lancé en 2021 et soutenu par la BM et l’Agence française de développement (AFD). D’après la Banque, le projet initial a déjà permis de protéger près de 170 000 personnes vulnérables dans plusieurs villes tunisiennes et a soutenu le déploiement de systèmes pilotes d’alerte précoce.

I. B.

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Du nouveau sur l’interconnexion électrique Tunisie – Italie

07. März 2026 um 10:50

Le coût de l’interconnexion électrique avec l’Italie, côté tunisien, est estimé à environ 582 millions d’euros. Le coût total du projet est estimé à environ 1,014 milliard d’euros, dont 863 millions d’euros pour les composantes partagées avec l’Italie et environ 110 millions d’euros pour le renforcement du réseau tunisien.

C’est ce qu’a annoncé le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors d’une session de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée, le 5 mars 2026, consacrée au suivi de l’utilisation des prêts accordés pour le projet d’interconnexion électrique Tunisie-Italie.

M. Chouchane a expliqué que ce projet permettra l’échange d’énergie électrique dans les deux sens en fonction des besoins, grâce à l’exportation d’énergie produite par l’adoption d’énergies propres, et au renforcement du réseau électrique national tunisien lors des pics de consommation, ce qui contribue à la stabilité du réseau et à la sécurité énergétique.

Les recettes annuelles, comprises entre 71 et 182 millions d’euros selon les scénarios, seraient partagées à parts égales entre la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et Rete Elettrica Nazionale S.p.A (Terna), a indiqué le secrétaire d’État, en précisant, concernant l’avancement du projet, que des appels d’offres internationaux avaient été lancés pour la construction des sous-stations, du câble sous-marin et des lignes aériennes, que la présélection et l’évaluation des offres techniques et financières étaient terminées, que plusieurs contrats avaient été signés et que des financements avaient été obtenus auprès de la Banque mondiale, de l’Union européenne, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de la KfW.

En revanche, a indiqué le responsable, le projet pourrait être reporté à 2030 ou 2031, non pas en raison de difficultés de mise en œuvre, mais plutôt à cause des fortes pressions internationales et régionales exercées sur les infrastructures depuis la guerre russo-ukrainienne.

Ce projet d’interconnexion prévoit une liaison électrique directe entre les réseaux tunisien et italien via un câble sous-marin à courant continu haute tension (CCHT) d’environ 200 kilomètres de long, traversant le détroit de Sicile. Ce câble aura une capacité de transport de 600 mégawatts, une tension de 500 kilovolts et une profondeur d’environ 800 mètres.

Le projet comprend la construction de deux postes de transformation : le premier à Mlaabi près de Haouaria, dans le Cap Bon (500/400 kV), et le second à Partana, en Sicile (500/225 kV), ainsi que le câble sous-marin, le raccordement terrestre et les systèmes de surveillance et de communication.

Il prévoit également le renforcement du réseau de transport tunisien par des lignes aériennes à double circuit de 400 kV reliant Mlaabi à Grombalia 2, Grombalia 2 à Mornaguia et Grombalia 2 à Kondar, ainsi que la construction d’un nouveau poste de transformation 400/225 kV à Grombalia 2.

D’après Tap.

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Iran | Des militaires américains parlent de guerre biblique !

07. März 2026 um 10:08

Alors que l’armée américaine est multiconfessionnelle, le discours messianique s’y répand d’une manière décomplexée. Depuis le début de la guerre contre l’Iran, des militaires américains s’adressent à leurs troupes en la qualifiant de guerre biblique. C’est un fait très grave surtout que c’est l’armée de la première puissance mondiale. Cependant, cela n’est pas étonnant quand on sait que l’actuel secrétaire d’État à la Guerre Pete Hegseth est un fervent Évangélique ultra-sioniste qui se considère en croisade. (Photo : De la fumée s’élève d’un bâtiment détruit par une frappe aérienne israélienne à Dahiyeh, une banlieue sud de Beyrouth, au Liban.)

Imed Bahri

Selon Joshua Rhett Miller, responsable de l’investigation dans le magazine américain Newsweek, certains responsables militaires américains affirment aux troupes que la guerre en Iran fait partie d’un plan divin impliquant le président Donald Trump et Jésus. 

Mikey Weinstein, fondateur et président de la Military Religious Freedom Foundation (MRPF), a déclaré à Newsweek que son organisation à but non-lucratif a reçu, depuis samedi 28 février (date du début de la guerre), plus de 200 plaintes émanant d’une cinquantaine de bases militaires. Ces plaintes font état de discours de commandants américains établissant un lien entre le christianisme et la guerre en Iran, la considérant comme une guerre biblique. 

En attendant le retour imminent de Jésus-Christ

Newsweek précise qu’on peut lire dans une plainte : «Ce matin, notre commandant a ouvert le point sur l’état de préparation au combat en nous exhortant à ne pas avoir peur de ce qui se passe actuellement dans nos opérations militaires en Iran. Il nous a exhortés à dire à nos troupes que tout cela faisait partie du plan de Dieu et il a cité de nombreux passages du livre de l’Apocalypse évoquant l’Armageddon* et le retour imminent de Jésus-Christ. Il a déclaré que le président Trump avait été mandaté par Jésus pour déclencher l’Armageddon en Iran et marquer son retour sur Terre».

Weinstein, ancien officier de l’armée de l’air, a déclaré que ces plaintes témoignent de «l’euphorie débridée» de certains commandants militaires américains qui considèrent le conflit en cours en Iran comme une manifestation du fondamentalisme chrétien tel que décrit dans le livre de l’Apocalypse du Nouveau Testament.

«Il s’agit d’une menace pour la sécurité nationale, non seulement pour notre pays mais pour le monde entier», a déclaré Weinstein à Newsweek. Il a ajouté : «Personne ne devrait être surpris que des commandants agissent ainsi mais dire à quelqu’un qu’il manque de courage, de caractère, de bravoure, d’honnêteté et d’intrépidité en raison de ses convictions religieuses –ou de l’absence de celles-ci– revient à dire à quelqu’un qu’il est stupide à cause de la couleur de sa peau ou parce qu’il est né femme».

Selon Weinstein, ces plaintes reflètent directement le leadership du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et violent le Code uniforme de justice militaire (the Uniform Code of Military Justice, UCMJ), qui interdit d’instrumentaliser les croyances religieuses dans la communication militaire.

Hegseth est un fervent évangélique ultra-sioniste et ouvertement islamophobe qui est opposé à la diversité au sein de l’armée. Dans un article que nous lui avions consacré au moment de sa nomination («Qui est le dangereux Pete Hegseth désigné par Trump pour diriger le Pentagone?»), nous avions relayé une déclaration où il disait : «Le sionisme et l’américanisme sont les lignes de front de la civilisation occidentale et de la liberté dans notre monde d’aujourd’hui.»

L’auteur du livre ‘‘American Crusade’’ a également écrit : «Notre époque actuelle est très similaire à celle du XIe siècle. Nous ne voulons pas nous battre mais comme nos frères chrétiens il y a mille ans, nous devons le faire. Armez-vous métaphoriquement, intellectuellement et physiquement. Notre combat n’est pas encore avec les armes».

Maintenant que Hegseth est à la tête du Pentagone et que la guerre contre l’Iran fait rage, le combat est devenu avec les armes !  

«C’est horrible, hideux, répugnant, un triomphalisme nationaliste chrétien puant, de la brutalité, de la tyrannie, des préjugés, de la haine et du sectarisme. Et je n’ai pas fini. Cela détruit ce qui fait la cohésion de l’armée, à savoir six éléments : le bon ordre, le moral, la discipline, la cohésion des unités, la santé et la sécurité des troupes et l’accomplissement des missions», explique Weinstein à propos du discours messianique qui se répand dans l’armée américaine. 

Interrogé sur les plaintes reçues par la MRPF, le Pentagone a esquivé et a renvoyé Newsweek au discours prononcé lundi par Hegseth devant le commandement des forces interarmées des États-Unis.

Un extrémisme religieux que ne renierait pas Al-Qaïda

Hegseth a présenté l’opération Epic Fury lors d’une conférence de presse de 41 minutes. Il a déclaré : «Il y a deux jours, sous la direction et sur ordre direct du président Donald J. Trump, le département de la Guerre a lancé l’opération Epic Fury, l’opération aérienne la plus létale, la plus complexe et la plus précise de l’histoire».

«C’est votre moment», a-t-il lancé aux troupes dans une vidéo diffusée lundi. «C’est le tournant générationnel que l’Amérique attendait depuis 1979, et depuis les guerres insensées et aveugles que ma génération, notre génération, a endurées. N’écoutez pas le bruit ambiant, restez concentrés. Notre commandant en chef est aux commandes. Nous faisons face à un ennemi déterminé, mais vous êtes meilleurs. Nous devons le prouver, jour après jour».

Weinstein a refusé de fournir des copies des plaintes adressées à la MRFF mais a exhorté les chefs militaires à poursuivre les commandants reconnus coupables de violation du code pénal militaire.

«Cela offre une aubaine en matière de propagande à Al-Qaïda, à Daech et à Boko Haram. Et cela attise assurément les passions en Iran. C’est de l’extrémisme religieux et c’est inacceptable», explique Weinstein. 

Le reporter Jonathan Larsen a publié lundi une plainte adressée par un sous-officier aux responsables de la MRFF. Le militaire écrit : «Notre commandant serait probablement qualifié de partisan du principe « Le chrétien d’abord. Il est ainsi depuis longtemps et ne cache pas son désir que tous ses subordonnés deviennent comme lui, en tant que chrétiens. Mais son comportement de ce matin était tellement inacceptable et déplacé qu’il a choqué nombre d’entre nous lors de la réunion d’information sur l’état de préparation opérationnelle».

* L’Armageddon désigne, selon le Livre de l’Apocalypse, le lieu symbolique de la bataille finale et décisive entre les forces du bien (Dieu) et du mal, marquant la fin des temps. Issu de l’hébreu Har Megiddo (montagne de Megiddo), il symbolise dans le langage courant une catastrophe planétaire, une guerre nucléaire ou une destruction totale.

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Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions

07. März 2026 um 09:09

Sadok Belaïd, universitaire et juriste spécialiste du droit public, qui a été longtemps mêlé à la vie politique en Tunisie au cours du dernier demi-siècle, est décédé ce samedi 7 mars 2026. Il a fêté, il y a quatre jours, ses 87 ans.   

Professeur émérite à l’université de Tunis, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis entre 1971 et 1977, il devient par la suite directeur de l’Université libre de Tunis.

Membre du Conseil tunisien de la recherche scientifique et technologique, de l’Association tunisienne de droit constitutionnel et de l’Académie internationale de droit constitutionnel, il est également membre de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.

Ancien conseiller juridique de la Ligue arabe et ancien membre de la Cour juridique de l’Union du Maghreb arabe, il est professeur invité dans plusieurs universités étrangères, dont Johns-Hopkins et Princeton aux États-Unis, Essex au Royaume-Uni, Aix-Marseille-III, Toulouse, Nice et Perpignan en France ainsi que Rome «La Sapienza» en Italie et dans des universités au Koweït, au Maroc, en Algérie et en Roumanie.

Sur le plan politique, Sadok Belaïd a été membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique(Hiror). Il a lancé en 2011 sa propre liste indépendante dans la circonscription de Ben Arous pour l’élection de l’assemblée constituante tenue le 23 octobre 2011.

En septembre de la même année, il livre une version révisée de l’avant-projet de nouvelle Constitution.

Connu pour être proche du président Béji Caïd Essebsi, tout en étant un ennemi acharné du parti islamiste Ennahdha, il est souvent invité et consulté par le président qui l’a cité notamment pour son projet de réconciliation économique. Il participe d’ailleurs à la signature de l’accord de Carthage qui met fin au mandat du gouvernement Essid. Cependant, le choix de Youssef Chahed pour le remplacer est perçu par Belaïd comme contraire à la Constitution ; il exprime alors son étonnement quant à la négligence de toutes les parties au vu de la gravité de l’infraction. Belaïd coupe même les ponts avec le président en le critiquant ouvertement et en qualifiant son fils Hafedh de «bahloul» (débile).

Le 20 mai 2022, il est nommé par le président Kaïs Saïed comme président coordinateur de la commission consultative pour la nouvelle République. Début juin, il indique qu’il remettra l’avant-projet le 15 juin au chef de l’État, et que celui-ci ne contient pas de référence à l’islam, contrairement aux Constitutions de 1959 et 2014. Le 3 juillet, Belaïd annonce que le texte dévoilé le 30 juin et soumis au référendum n’est pas celui élaboré et présenté par la commission, ajoutant qu’il renferme «des risques et des défaillances considérables». Il considère dès lors le projet présidentiel de nouvelle Constitution promulguée en 2022 comme dangereux.

Ce sera son dernier combat politique et son dernier échec, puisqu’après cette énième mésaventure politique, au cours de laquelle il s’était une nouvelle fois fait balader par ceux qui détiennent les rênes du pouvoir, sa parole est devenue plutôt rare, exprimant par son retrait une énorme désillusion.

I. B. (avec Wikipedia).

 

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La guerre des illusions au Moyen-Orient

07. März 2026 um 08:30

Il est des guerres qui naissent d’une nécessité stratégique, et d’autres qui prennent forme dans l’ombre des illusions. La campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran qui s’est ouverte semble appartenir à cette seconde catégorie. À peine déclenchée, elle révèle déjà une accumulation de certitudes fragiles, de paris stratégiques hasardeux et de doctrines héritées d’un autre temps. Washington poursuit l’objectif d’une transformation politique imposée par la force en espérant provoquer un changement de régime à Téhéran, tandis qu’Israël agit au nom d’une refonte durable de son environnement régional.

Yahya Ould Amar *

Le Moyen-Orient a toujours été le théâtre de projets géopolitiques visant à le transformer ou le redessiner. La guerre actuelle met en lumière une chaîne d’illusions — américaines, israéliennes, régionales et même internationales — qui, combinées, transforment un calcul de puissance en un conflit dont nul ne semble aujourd’hui maîtriser les conséquences.

Comme jadis l’Empire perse — vaste puissance s’étendant de l’Inde à la Méditerranée — se dressa face à l’ambition d’Alexandre Le Grand, comme l’Empire ottoman résista aux entreprises britanniques, comme l’Amérique s’est heurtée aux montagnes afghanes, l’Orient rappelle sans cesse la même leçon, qu’il n’est pas un échiquier que l’on redessine à volonté. C’est une terre ancienne, faite d’empires, de peuples et de mémoires profondes — un sable mouvant qui finit toujours par engloutir ceux qui croient pouvoir le dompter.

Illusion américaine du changement de régime par la force

La première illusion est américaine. Elle s’inscrit dans une conviction que l’usage de la force provoque un changement politique rapide et fait naître spontanément des «démocraties» dociles.

Depuis l’Irak en 2003 jusqu’à la Libye en 2011, l’hypothèse implicite est la même, il suffit de frapper un régime autoritaire suffisamment fort pour le désorganiser, et les sociétés locales finiront par produire d’elles-mêmes un nouvel ordre politique plus favorable aux Etats-Unis.

Malgré les prétextes évoqués pour déclencher la guerre contre l’Iran, rien ne prouve que le président Trump se soucie de la démocratie ou du peuple iranien, ou des peuples d’autres pays opprimés par des autocrates ou des dictateurs dont certains comptent parmi ses amis.

L’idée que la décapitation du pouvoir iranien, combinée à des frappes massives et à une pression économique extrême – depuis près de cinquante ans – pourrait provoquer une crise interne majeure du régime, a constitué l’un des paris implicites de l’escalade.

Mais la réalité au Moyen Orient est presque inverse. Les sociétés confrontées à une attaque extérieure ont souvent tendance à se rallier à l’État, même lorsque ce dernier est contesté. En Iran, les premiers effets du conflit semblent confirmer ce schéma. Les bombardements n’ont pas provoqué l’effondrement du régime ; ils ont au contraire marginalisé l’opposition interne et renforcé le réflexe de défense nationale.

À cette première illusion s’en ajoute une seconde, plus lourde de conséquences, la croyance que la guerre peut rester un instrument politique contrôlable.

Toute stratégie militaire repose sur une hypothèse implicite de sortie. Or la confrontation actuelle révèle l’érosion profonde de la confiance iranienne dans tout processus de négociation avec les Etats-Unis. Les cycles répétés de pourparlers, brusquement interrompus par des actions militaires de Washington, ont laissé une empreinte durable, aux yeux de Téhéran, la parole américaine n’est plus crédible.

Dans ces conditions, toute tentative de dialogue peut être interprétée comme une manœuvre tactique plutôt que comme une véritable ouverture diplomatique.

Ainsi se met en place un mécanisme redouté, plus la guerre se prolonge, plus il devient difficile de trouver un interlocuteur crédible pour y mettre fin, les principaux dirigeants ayant été éliminés physiquement, le vide politique rend toute négociation non seulement improbable, mais suspecte par avance. Trump peut toujours siffler la fin de la partie, en déclarant «sa» victoire.

Illusion israélienne de remodeler le Moyen-Orient par la force

Du côté israélien, l’illusion est d’une autre nature, plus ancienne et plus ambitieuse. Elle relève d’une doctrine stratégique profondément ancrée, la conviction que le pays peut, par une série d’attaques militaires décisives portées aux autres, transformer durablement son environnement régional et «changer le visage du Moyen-Orient», selon la formule récurrente de Netanyahu. Cette vision remonte aux analyses formulées dans les années 1980 et 1990, depuis les réflexions d’Oded Yinon jusqu’au rapport A Clean Break. Elle repose sur l’idée que l’affaiblissement militaire de ce que certains qualifient d’«axe de la résistance» pourrait, à terme, ouvrir la voie à un nouvel équilibre régional plus favorable à Israël.

Dans cette lecture, le Moyen-Orient demeure marqué par la fragilité de structures étatiques souvent issues des héritages coloniaux et traversées par de profondes lignes de fracture ethniques, religieuses ou communautaires. L’hypothèse implicite est que l’exploitation ou l’accentuation de ces dynamiques internes pourrait contribuer à redessiner l’environnement géopolitique régional de manière à réduire durablement les menaces pesant sur la sécurité d’Israël.

Dans une telle logique, cela pourrait susciter l’inquiétude d’autres puissances régionales, qui pourraient redouter qu’une dynamique de recomposition ne finisse par affecter l’ensemble du Moyen-Orient.

Des États comme l’Égypte ou la Turquie, dont la stabilité repose sur des équilibres politiques et territoriaux complexes, pourraient difficilement rester indifférents à toute dynamique régionale qui banaliserait l’idée d’une recomposition des États du Moyen-Orient le long de lignes identitaires ou confessionnelles.

Pourtant, cette ambition porte en elle des risques abyssaux et des limites structurelles, car la supériorité technologique et aérienne peut briser des armées, paralyser des infrastructures et éliminer des chefs ; elle ne refaçonne pas les nations ni les âmes. Le risque majeur est celui du boomerang stratégique, un Iran humilié mais uni dans le martyre, un Hezbollah régénéré, une radicalisation régionale qui alimentera de nouvelles générations de résistance asymétrique.

Les limites sont plus profondes encore, les bombardements n’ont jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, renversé durablement un régime déterminé ni fait naître l’ordre espéré. Ils durcissent au contraire les sociétés, transforment les dictatures en symboles nationaux et épuisent l’agresseur lui-même.

L’histoire géopolitique est impitoyable, aucun empire n’a jamais réussi à imposer durablement sa volonté à l’Orient, par la seule force des armes.

Car frapper l’Iran aujourd’hui, c’est réveiller la Perse éternelle, celle qui a vu passer Cyrus, Darius, les Sassanides, les Safavides… et qui sourit encore devant les empires éphémères.

Le Moyen-Orient n’est pas seulement un espace stratégique ; c’est aussi un espace de mémoires, d’identités et de récits historiques profondément enracinés. Les guerres y modifient les équilibres de puissance, mais elles ne transforment pas les imaginaires collectifs qui structurent les sociétés.

Dans une région façonnée par des siècles de conflits et de rivalités, la paix n’est pas une concession mais l’expression la plus élevée de la stratégie. Les guerres peuvent déplacer des frontières, elles ne transforment jamais les sociétés. Seule la paix a la capacité de modifier les perceptions, de reconstruire les imaginaires politiques et de créer les conditions d’un ordre durable.

Dans un Moyen-Orient épuisé par les cycles de violence, la véritable audace est bien de rendre enfin possible la prochaine paix.

Illusion du parapluie sécuritaire américain

La guerre révèle également les failles d’un autre pilier de l’ordre régional, la sécurité garantie par des alliances avec les Etats-Unis. Depuis plusieurs décennies, les monarchies du Golfe ont construit leur stabilité autour d’un partenariat sécuritaire étroit avec les États-Unis, complété par l’acquisition de systèmes de défense avancés mais technologiquement bridés par rapport à ceux fournis à Israël.

Ce modèle repose sur une double hypothèse que la présence américaine dissuade les adversaires, et la technologie peut neutraliser la plupart des menaces, ce qui n’a pas été observé lors de l’attaque israélienne sur le Qatar en 2025. Mais la guerre actuelle expose les failles de cette architecture. Les bases américaines installées dans la région constituent certes un instrument de dissuasion, mais elles deviennent aussi des cibles dans un conflit ouvert. Quant aux systèmes antimissiles, ils restent confrontés à une limite de saturation ou de stock disponible localement ou produit aux Etats-Unis. Dans une guerre prolongée mêlant drones, missiles balistiques et attaques asymétriques, la défense technologique se révèle bien vulnérable que coûteuse.

Une autre illusion se dissipe à mesure que le conflit se prolonge qui est celle d’une guerre régionale maîtrisable. Les marchés financiers ont immédiatement réagi aux premières frappes par une volatilité brutale et des pertes massives, révélant la sensibilité extrême de l’économie mondiale à toute perturbation dans une région qui concentre encore une part importante de l’approvisionnement énergétique mondial. Les premières estimations évoquent déjà des pertes de plusieurs milliers de milliards de dollars sur les marchés internationaux dans les premiers jours du conflit, sans compter les impacts sur la croissance et l’inflation.

Dans un système économique profondément interconnecté, une guerre régionale au Moyen-Orient devient rapidement un choc systémique pour l’ensemble de l’économie mondiale.

La guerre, qui semblait au départ un calcul stratégique régional, devient ainsi un facteur d’instabilité systémique.

Illusion confessionnelle et mémoire des quatorze siècles

Une autre illusion, plus ancienne et profondément enracinée, tient à la lecture confessionnelle du Moyen-Orient. Depuis quatorze siècles, la fracture entre sunnites et chiites nourrit l’imaginaire politique et alimente périodiquement, dans les Etats sunnites du Moyen Orient, la crainte d’une influence iranienne s’exerçant à travers les communautés chiites présentes. Ces dernières vivent pourtant depuis des siècles au cœur de ces sociétés — du Liban à l’Irak, du Koweït à l’Arabie Saoudite — où les loyautés nationales, sociales et politiques se révèlent bien plus complexes que ne le suggère la seule grille confessionnelle. Mais l’attaque récente de bases américaines et autres lieux dans le Golfe par l’Iran a ravivé des peurs anciennes, réveillant le spectre d’un clivage qui traverse l’histoire islamique depuis près de quatorze siècles. Ainsi, derrière l’affrontement géopolitique ressurgissent des inquiétudes historiques qui continuent de façonner les perceptions stratégiques de la région.

Illusion iranienne

Il serait toutefois erroné de considérer que seules les Etats-Unis et Israel nourrissent des illusions stratégiques, l’Iran lui-même fonde sa stratégie sur un pari inverse, celui de la résilience. Depuis plusieurs décennies, la doctrine militaire iranienne repose sur la conviction qu’un adversaire technologiquement supérieur peut être épuisé dans une guerre longue, grâce à la profondeur territoriale, à la dispersion des infrastructures et à l’usage de moyens asymétriques. Cette stratégie n’est pas sans rationalité. Mais elle comporte elle aussi des dangers telles que la destruction progressive des infrastructures et la pression économique interne. La résilience peut prolonger une guerre mais ne garantit pas nécessairement une victoire.

Illusion de la protection Russe ou chinoise

Une autre illusion selon laquelle la Chine ou la Russie pourraient offrir aux États menacés un véritable contrepoids face à la puissance occidentale.

Depuis une décennie, l’affirmation de Pékin et le retour militaire de Moscou ont nourri l’idée que l’érosion de l’hégémonie américaine ouvrirait un nouvel espace pour ces puissances. Mais l’expérience récente invite à la prudence. De l’Irak à la Libye, de la Syrie au Venezuela, et aujourd’hui à l’Iran, le soutien des grandes puissances rivales de Washington reste diplomatique, économique ou technologique. Lorsque le risque d’une confrontation directe avec les États-Unis apparaît, les solidarités proclamées cèdent toujours devant les calculs stratégiques.

La guerre actuelle rappelle cependant une réalité constante que la Chine et la Russie ne risquent jamais une confrontation directe pour défendre des partenaires lorsque leurs intérêts vitaux ne sont pas en jeu. Ces partenariats ou alliances sont souvent solides dans les discours et beaucoup plus incertaines lorsque les risques d’escalade deviennent existentiels.

Illusion de l’Onu comme gardienne de la paix

Mais la désillusion la plus profonde concerne un autre pilier de l’ordre international contemporain, la croyance que le droit international et les institutions multilatérales pouvaient offrir une protection minimale aux États.

Depuis 1945, l’architecture construite autour de l’Onu portait l’ambition d’un système où la force serait, sinon abolie, du moins encadrée par des règles collectives. Pour les États l’existence d’un droit international, d’instances de médiation et d’un Conseil de sécurité chargé de préserver la paix représentait l’espoir d’un monde où la puissance brute ne serait plus l’unique arbitre des conflits. Or les guerres du XXIe siècle ont révélé l’écroulement de cet édifice normatif.

Les résolutions paralysées par les rivalités entre grandes puissances, les vetos successifs qui neutralisent toute action collective, ont neutralisé les mécanismes de sécurité conduisant à une Onu devenue simple observateur des crises. Là où les États les plus fragiles espéraient trouver un bouclier juridique, ils découvrent aujourd’hui un système incapable de contraindre les puissances lorsqu’elles décident d’agir.

Aux yeux du Sud global, le droit international n’apparaît plus comme une protection effective mais comme un langage moral incapable de résister aux logiques de puissance. Quant à l’Onu, elle ressemble aujourd’hui à une architecture diplomatique héritée d’un monde disparu.

L’une des conséquences les plus inquiétantes de cette évolution est le retour progressif d’un système international où la sécurité repose avant tout sur la capacité des États à se défendre eux-mêmes. Dans ce monde qui réapparaît, les garanties juridiques se révèlent inopérantes, les alliances incertaines et les institutions internationales impuissantes.

Lorsque les rapports de force deviennent l’arbitre des crises, l’ordre international cesse d’être véritablement juridique pour redevenir essentiellement militaire.

Au fond, les guerres fondées sur des illusions commencent souvent par la promesse d’une victoire rapide ou d’un nouvel ordre régional. Elles se terminent plus fréquemment par des compromis tardifs, négociés après des destructions immenses et des équilibres encore plus fragiles.

Le Moyen-Orient, qui a déjà vu passer tant d’empires et de projets géopolitiques, pourrait bien rappeler une fois de plus à ceux qui prétendent le transformer que la puissance militaire peut briser des États, mais qu’elle ne suffit jamais à refaçonner durablement les sociétés.

* Economiste, banquier et financier.

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Il était une fois Dr Slim Maherzi

07. März 2026 um 08:09

Il venait tout juste de célébrer, le cœur débordant de bonheur, la naissance de son petit-fils Aziz. Il était si fier et si heureux d’être un jeune grand-père avec cette joie lumineuse qui restera à jamais gravée dans nos mémoires. Père de famille exemplaire, époux aimant, il incarnait la générosité dans tout ce qu’il entreprenait.

Lotfi Maherzi *

D’abord brillant volleyeur au club de l’Avenir de la Marsa, puis joueur décisif au sein de l’équipe nationale de Tunisie, il participa aux plus grandes compétitions internationales, portant haut les couleurs de son pays lors des Coupes du monde et des Jeux olympiques

Mais c’est auprès des enfants qu’il trouva sa véritable vocation. Après une longue formation de pédiatre, il devint rapidement une figure incontournable de La Marsa où des générations entières ont grandi en passant par son cabinet.

Pour beaucoup et notamment pour les plus modestes, il fut bien plus qu’un médecin : un repère, une présence rassurante, un homme qui savait écouter et comprendre plaçant toujours la solidarité, l’entraide et le partage au cœur de son engagement. Toujours attentif aux plus humbles et aux plus démunis, il leur tendait la main sans jamais attendre un retour. Son aide, discrète mais constante, était guidée par une conviction simple : celle que la dignité humaine méritait soutien et compassion.

La parole libre du citoyen médecin

Mais le Dr Slim Maherzi ne pouvait pas se contenter de soigner les enfants. Il voulait aussi soigner sa cité, convaincu que l’engagement ne devait pas se limiter aux mots. Il décida alors de mettre son cabinet entre parenthèses pour se consacrer à sa ville. Élu démocratiquement à la tête du conseil municipal de La Marsa avec un projet profondément citoyen, il entreprit, le temps d’un printemps, à redonner à la ville ce qui faisait sa singularité réputée : son visage lumineux, sa culture et son esprit d’avant-garde.

Pendant un moment, ce rêve a pris forme, mais face aux inerties et aux pesanteurs de la machine bureaucratique, aux réticences du politique et à l’hostilité de la mafia de l’immobilier, il a su se retirer avec dignité, fidèle à ses principes et à sa conscience. Refusant toute compromission, il préféra la noblesse du silence et la force de l’intégrité à l’attrait des honneurs ou des concessions.

Mais ce retrait ne fut jamais un renoncement. Car même loin du pouvoir municipal, il continua d’incarner la parole libre du citoyen médecin, opposant aux puissants de l’époque la seule force qui ne trahit jamais : celle de la parole juste et de la foi en la justice.

Toujours au service de son prochain.
Une écoute attentive aux pulsions de la cité.

Des graines d’espoir, de fraternité et d’entraide

Homme de culture, doté d’une immense curiosité intellectuelle, d’une éthique et d’une déontologie irréprochables, débatteur hors pair, le Dr Slim Maherzi était un patriote exemplaire, un homme de convictions et de valeurs, un exemple de bonté et d’engagement.

Sa disparition laisse un vide immense, laissant derrière lui le silence et la peine. Une perte pour La Marsa, une tragédie pour sa famille, une désolation pour tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et pour ceux qu’il a aidés, inspirés et aimés. Par ses gestes, ses paroles, son regard bienveillant et sa droiture inébranlable, il a semé autour de lui des graines d’espoir, de fraternité et d’entraide. Que sa mémoire continue d’éclairer nos chemins et que son souvenir reste à jamais honoré et respecté.

* Historien.

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