Pour Star Assurances, leader du marché des assurances en Tunisie, l’excellence ne se mesure pas seulement en chiffres, mais aussi en confiance renouvelée. À l’issue de l’enquête indépendante de l’Institut El Amouri, cinq produits phares de la compagnie ont été labellisés «Produits de l’Année 2026».
Ces distinctions, directement attribuées par les consommateurs, récompensent une stratégie où solutions sur mesure et technologie se mettent au service du quotidien et de la satisfaction des clients.
Une reconnaissance ancrée dans le quotidien
Au-delà de la performance technique, ce label reflète une relation de proximité. Dans un secteur en pleine mutation, Star Assurances se positionne comme un véritable partenaire de vie, présent aux côtés de ses clients à chaque étape.
Cette année, les Tunisiens ont mis en lumière une offre complète qui protège ce qu’ils ont de plus précieux :
Épargne 7ayya – Assurance vie : Bien plus qu’un produit financier de défiscalisation, un levier de sérénité pour bâtir les projets de demain.
MyStar – Application mobile : L’innovation utile qui simplifie la vie et garde l’assureur à portée de main, à tout instant.
Trik Esslama – Assurance auto : Pour que la route reste un espace de sécurité et de tranquillité d’esprit.
Dar Esslama – Assurance multirisque habitation (MRH) : Une protection complète du foyer, sanctuaire de la vie familiale.
StarCare – Assurance individuelle nationale : Une réponse concrète et humaine aux besoins de santé, adaptée aux réalités locales.
Une performance qui s’inscrit dans la durée
La gamme de produits de la Star célèbre sa cinquième année consécutive au sommet des préférences et de la confiance. Dans un marché toujours plus exigeant, cette fidélité historique prouve que la Star ne se contente pas de répondre aux attentes : elle anticipe pour mieux protéger.
Véritable référence du secteur, Star Assurances consolide en 2026 son leadership et sa mission de partenaire de vie, agissant avec détermination pour la protection et l’avenir de tous ses assurés.
On ne pourrait peut-être jamais dire un jour que tout a été dit à propos de l’affaire Epstein. Et telle que l’affaire est traitée par les autorités judiciaires et les médias dominants, on ne saurait sans doute jamais tout sur cette affaire dont des pans entiers semblent destinés à rester dans l’ombre. Mais que dit cette affaire sur l’évolution des réseaux criminels dans le monde d’aujourd’hui ?
Med-Dahmani Fathallah *
L’organisation Epstein est structurée en holding avec des ramifications qu’on découvre jour après jour. C’est un conglomérat d’affaires imbriquées où les formes les plus abjectes du crime sont associées à la politique, au business, à la finance, à l’espionnage, à la culture et même à la philanthropie. Cette affaire nous offre un instantané de l’état du monde moderne à l’aube de ce millénaire. Ce monde complexe porté par la science et la technologie mais qui nous offre beaucoup plus de déceptions que de satisfactions. Comment appréhender ce stade de l’évolution de l’humanité sachant qu’Epstein n’est que la partie visible de l’iceberg et que ce qui a été révélé à ce jour est loin de refléter l’ampleur de cette affaire criminelle et ses répercussions sur l’ordre mondial.
Il est impératif de cesser de la considérer comme une simple affaire criminelle que l’on va rapidement dépasser et oublier, même si le président Trump, qui y est lui-même impliqué, insiste pour qu’on passe à autre chose.
Il est impératif aussi d’analyser cette affaire tant qu’elle est encore à la Une de l’actualité et avant que les puissantes parties concernées ne parviennent à la noyer dans le brouhaha de la vulgarité et de l’insignifiance.
Un miroir déformant de notre société
L’affaire Epstein, dans sa complexité, est le miroir de notre évolution sociétale. Elle participe d’une démarche et d’un plan qui visent à capitaliser sur toutes le formes de perversité et de déviance, interdites ou tolérées.
Commençons par examiner la genèse et l’évolution des organisations criminelles, aujourd’hui mondialisées.
Au début du XXe siècle, des groupes comme Cosa Nostra ou les Triades naissent d’une carence de l’Etat. Dans des zones où la loi est absente ou injuste, ces groupes proposent une «protection» et une justice parallèle. La structure est basée sur les liens du sang ou du serment. L’appartenance à une «famille» ou une «fraternité» constitue le levier psychologique qui comble le vide identitaire et/ou social et donne une légitimité au groupe ainsi constitué autour du crime.
Avec l’industrialisation des États-Unis (1920-1980), la prohibition, c’est-à-dire l’interdiction légale de fabriquer, vendre ou transporter de l’alcool, a été le catalyseur de la «professionnalisation». Le crime a appris la logistique, la gestion des stocks et la corruption systémique des forces de l’ordre. On passe de la violence de rue à sa gouvernance corporatiste («Syndicat du crime»).
Avec les ruptures technologiques et financières amorcées dans les 1990, le crime a commencé à s’intégrer dans les structures sociétales. De nos jours, il est devenu totalement «liquide». Il s’est adapté à la mondialisation plus vite que les institutions légales. Les cartels et les mafias fonctionnent désormais en réseaux. Ils confient la gestion logistique à des gangs locaux, le blanchiment d’argent à des experts financiers, et la cybercriminalité à des hackers interntionaux. C’est le principe même de l’externalisation. La frontière entre économie légale et économie illégale est devenue poreuse. Le crime investit dans l’immobilier, la gestion des déchets ou les énergies renouvelables. Il adopte avec succès le concept d’«infiltration».
Pour jouer son rôle et lutter contre le crime, l’Etat a d’abord développé une réponse répressive qui a rapidement montré ses limites (c’est le «paradoxe de l’hydre» : couper une tête en fait repousser d’autres). Il a fallu développer une stratégie multidimensionnelle basée sur la mise en place d’un nombre de garde-fous pour prétendre à un certain niveau d’efficacité.
Le principal garde-fou est économique. C’est la traque de l’argent sale. Le talon d’Achille du crime organisé est en effet son besoin d’injecter l’argent sale dans le circuit légal. Il a fallu donc généraliser la transparence pour pouvoir pourchasser les bénéficiaires des flux financiers douteux cachés derrière des sociétés écrans. On a aussi imposé la taxation inversée en renforçant les lois sur les «biens mal acquis», obligeant les individus à prouver l’origine licite de leurs actifs.
Le second garde-fou est social. Il s’agit de réoccuper les terrains perdus ou abandonnés par l’Etat, sachant que le crime prospère là où l’Etat recule. On a donc tenté de briser le prestige social du criminel en offrant des alternatives économiques dans les zones de non-droit par l’instauration de programmes d’éducation et d’insertion. On a aussi travaillé à restaurer la confiance envers les institutions, en instaurant une justice de proximité, afin que le citoyen n’ait plus besoin de la «protection» criminelle.
Le dernier garde-fou est psychologique, par la démystification des certaines pratiques criminelles qui instrumentalisent l’art, le cinéma, la musique ou les réseaux sociaux pour recruter. Dans ce contexte, des campagnes sont menées pour montrer la réalité sordide du monde du crime (trahisons, violences, règlements de comptes…).
Il y a aussi les protocoles de protection des repentis mis en place pour créer des «portes de sortie» psychologiques et juridiques robustes pour les anciens criminels et pour venir à bout de l’omerta (ou loi du silence) dont se drapent les barons.
Cependant, l’efficacité de ces garde-fous reste à évaluer face à l’internationalisation des organisations criminelles. Tant qu’il n’y aura pas une harmonisation des législations anti-mafia (sur le modèle de l’article 416-bis du code pénal italien), les organisations continueront d’utiliser les failles juridiques dans certains pays.
Les criminels à la table des décideurs
L’organisation Epstein appartient à ce modèle criminel moderne, qui bénéficie du recul de l’Etat de droit face aux intérêts privés. Elle agit comme un réseau global présent dans toutes les plus sphères politiques, économiques et sociales. Ses membres, qu’ils en soient conscients ou pas, vont du haut responsable piégé aux plus pervers des complices. Les présomptions de liens de cette organisation avec de puissantes agences internationales de renseignement restent certes à prouver, mais ses liens avec des personnalités politiques de haut rang sont avérés. Ces derniers étaient parfois plus que des complices : ils jouaient aussi un rôle de facilitateurs et de protecteurs.
La dimension globale de l’organisation facilitait les opérations. Les victimes étaient déplacées entre des îles privées, Dubaï, Paris, New York et la Floride, utilisant les failles juridiques et la mobilité internationale pour échapper à la surveillance, illustrant parfaitement le défi de la coopération supranationale.
La personnalité d’Epstein a aussi joué un rôle prépondérant dans le succès de son organisation criminelle. Il disposait d’une très grande fortune dont il va falloir déterminer les origines exactes et jouissait d’un grand charisme et d’une solide culture cosmopolite.
A la lumière de ce qui précède, l’affaire Epstein montre que le crime organisé ne cherche plus seulement à s’opposer à l’Etat et à le remplacer là où il est absent. Le criminel ne se cache plus ; il dîne à la table des décideurs, il est lui-même décideur.
Dans un monde traversé par des crises économiques récurrentes, des mutations profondes du travail et un affaiblissement progressif des systèmes publics de protection sociale, la famille s’impose de plus en plus comme le dernier filet social. Là où l’État peine à garantir la sécurité matérielle, l’accès à l’emploi et la protection contre la précarité, ce sont les solidarités familiales qui absorbent les chocs. Cette fonction, souvent idéalisée, repose pourtant sur des équilibres fragiles, des sacrifices invisibles et une redistribution informelle des charges sociales, dont les retraités constituent aujourd’hui l’un des piliers majeurs.
Zouhaïr Ben Amor *
Avant l’avènement de l’État-providence, la famille représentait la principale institution de protection contre les aléas de l’existence : maladie, vieillesse, chômage, orphelinat. Les travaux historiques de Laslett et Wall (1972) montrent que les sociétés préindustrielles reposaient largement sur des mécanismes d’entraide intergénérationnelle, structurés par la parenté et la proximité résidentielle.
Même après l’émergence des systèmes publics de sécurité sociale au XXᵉ siècle, la famille n’a jamais disparu de ce paysage. Elle est restée un acteur complémentaire, intervenant là où les dispositifs institutionnels ne pouvaient répondre à la singularité des situations individuelles.
Dans de nombreuses sociétés du Sud, cette complémentarité s’est transformée en substitution : la famille ne complète plus l’État, elle le remplace souvent (Antoine, 2000).
Le retrait progressif de l’État social
Depuis les années 1980, les politiques d’ajustement structurel, la libéralisation des économies et la réduction des dépenses publiques ont fragilisé les systèmes de protection sociale, y compris dans les pays qui en disposaient historiquement (Harvey, 2005). Le chômage de masse, l’extension du travail précaire et l’informalité ont réduit la capacité des individus à se projeter dans un avenir sécurisé.
Dans ce contexte, la famille devient une zone tampon : elle absorbe le choc du chômage, soutient les parcours éducatifs prolongés, compense l’insuffisance des salaires et pallie l’accès inégal aux soins. Comme le souligne Robert Castel (1995), la désaffiliation sociale ne conduit pas immédiatement à l’exclusion tant que les liens familiaux tiennent.
Les formes contemporaines de solidarité familiale
Soutien matériel et financier : la solidarité financière intrafamiliale est aujourd’hui massive. Transferts d’argent, cohabitation prolongée, mutualisation des dépenses sont devenus des stratégies de survie. Bettio et Villa (1998) montrent que dans les contextes de chômage structurel, les familles redistribuent les ressources internes pour maintenir un minimum de stabilité sociale.
Travail du soin non rémunéré : la prise en charge des enfants, des personnes âgées, des malades ou des personnes en situation de handicap repose largement sur la famille. Ce travail, majoritairement assuré par les femmes, constitue un pilier invisible de l’économie (Benería, 2003). Hochschild et Machung (1989) parlent à ce propos de «seconde journée de travail», souvent épuisante et socialement dévalorisée.
Soutien moral et identitaire : au-delà de l’aspect matériel, la famille demeure un espace de reconnaissance, d’appartenance et de continuité symbolique. Dans des sociétés marquées par l’incertitude, elle offre un cadre de sens et une protection psychologique essentielle.
Les retraités : nouveaux amortisseurs sociaux
La pension comme revenu stable du foyer : dans de nombreux pays, et particulièrement en Tunisie, la pension de retraite représente l’un des rares revenus réguliers et prévisibles. Alors que les jeunes générations sont confrontées au chômage, à la précarité ou à l’informalité, ce revenu destiné à assurer la dignité de la vieillesse devient une ressource collective.
Il n’est plus exceptionnel qu’un retraité assure, partiellement ou totalement, la subsistance de deux, voire trois membres de sa famille : enfants adultes sans emploi, jeunes diplômés en attente, petits-enfants scolarisés. La pension sert alors à couvrir les dépenses fondamentales : alimentation, loyers, soins médicaux, frais scolaires et transport.
Guillemard (2010) souligne que cette situation marque une inversion du contrat intergénérationnel : ce ne sont plus les actifs qui soutiennent les retraités, mais les retraités qui soutiennent les actifs — ou les exclus du marché du travail.
Une solidarité contrainte qui n’est ni contractualisée ni reconnue. Elle repose sur une obligation morale profonde : ne pas abandonner les siens. Pourtant, elle a un coût élevé : l’appauvrissement progressif des retraités, dont la pension est diluée ; les renoncements aux soins, par manque de moyens ; et la disparition du temps de repos, la retraite devenant une période de gestion permanente de la précarité familiale.
Selon Castel (1995), cette situation illustre la transformation silencieuse de la protection sociale : l’État délègue implicitement aux familles — et en particulier aux personnes âgées — la responsabilité de la cohésion sociale.
Les coûts invisibles de la solidarité familiale
La solidarité familiale, si essentielle soit-elle, repose sur des charges humaines souvent invisibles : Inégalités de genre, les femmes assumant la majorité du travail domestique et de soin ; pressions normatives, qui limitent les choix individuels ; et épuisement psychologique, notamment chez les aidants familiaux âgés (Schulz & Sherwood, 2008).
Cette solidarité, lorsqu’elle n’est pas soutenue par des politiques publiques, peut devenir un facteur de vulnérabilité supplémentaire.
Urbanisation, mobilité géographique, recomposition des ménages, individualisation des trajectoires modifient profondément les formes de solidarité (Beck & Beck-Gernsheim, 1995). Si la famille reste un refuge, ses capacités d’absorption ne sont pas infinies. Plus la précarité se prolonge, plus les tensions internes augmentent.
Famille et politiques sociales : une complémentarité nécessaire
Comme le montre Esping-Andersen (1990), les sociétés qui reposent excessivement sur la famille tendent à reproduire les inégalités sociales et générationnelles. À l’inverse, les modèles où l’État investit dans les services publics (santé, éducation, garde, aide aux aidants) permettent de libérer la solidarité familiale de sa fonction de survie pour lui redonner une fonction de lien.
Reconnaître le rôle des familles implique donc la valorisation du travail de soin, le soutien aux aidants familiaux, notamment retraités, et le renforcement des services publics de proximité.
En guise de conclusion
La famille demeure aujourd’hui le dernier filet social, celui qui empêche la chute brutale dans la misère lorsque les institutions publiques faiblissent. Mais cette fonction de protection ne s’est pas construite par hasard. Elle est l’héritage direct des sociétés agraires, où la terre constituait un capital transmissible, partagé et travaillé collectivement par plusieurs générations. Dans ce modèle, la solidarité familiale n’était pas seulement une valeur morale : elle était une nécessité économique. La survie dépendait de la coopération entre parents, enfants et aînés, et la continuité du patrimoine assurait une forme de sécurité intergénérationnelle.
Or, à mesure que les sociétés s’éloignent de la terre et s’urbanisent, ce socle matériel de la solidarité s’effrite. La terre, support de transmission et d’ancrage, est remplacée par des revenus monétaires instables, des emplois précaires et des parcours professionnels discontinus. La famille continue alors d’assumer un rôle de protection, mais sans capital productif à redistribuer, uniquement à partir de revenus fixes et souvent modestes, comme les pensions de retraite.
C’est dans ce contexte que les retraités deviennent les garants silencieux de la survie économique de plusieurs générations. Leur pension, conçue pour assurer une vieillesse digne, se transforme en revenu collectif, compensant le chômage, la précarité et l’insuffisance des politiques publiques. Cette solidarité, profondément ancrée dans la culture, est pourtant mise à rude épreuve : elle repose sur des épaules vieillissantes, sans renouvellement assuré.
À long terme, une question fondamentale se pose : une solidarité familiale héritée de l’économie agraire peut-elle survivre durablement dans une société urbaine, individualisée et monétarisée ? Rien n’est moins sûr. Plus les liens à la terre se rompent, plus la mobilité fragmente les familles, plus les ressources se raréfient, plus cette solidarité risque de s’affaiblir, voire de se rompre.
Penser une société juste aujourd’hui implique donc de ne pas sacraliser la famille comme substitut éternel à l’État, mais de reconnaître que ce modèle de solidarité a des racines historiques précises et des limites structurelles. Soutenir la famille, c’est aussi construire des politiques sociales capables de prendre le relais là où l’héritage agraire ne peut plus jouer son rôle. Une société digne est celle qui n’abandonne ni ses jeunes à l’attente sans fin, ni ses anciens à la charge de porter seuls le poids d’un monde qui a changé.
* Universitaire.
Références bibliographiques :
Antoine P. (2000). Famille et solidarités en Méditerranée. Presses Universitaires.
Beck U., Beck-Gernsheim E. (1995). The Normal Chaos of Love. Polity Press.
Benería L. (2003). Gender, Development and Globalization. Routledge.
Bettio F., Villa P. (1998). Foundations of Care. Social Policy Review.
Castel R. (1995). Les métamorphoses de la question sociale. Fayard.
Esping-Andersen G. (1990). The Three Worlds of Welfare Capitalism. Princeton.
Guillemard A.-M. (2010). Vieillissement et protection sociale. PUF.
Harvey D. (2005). A Brief History of Neoliberalism. Oxford.
Hochschild A., Machung A. (1989). The Second Shift. Viking.
Laslett P., Wall R. (1972). Household and Family in Past Time. Cambridge.
Schulz R., Sherwood P. (2008). Family Caregiving. American Journal of Nursing.
Sen A. (1999). Development as Freedom. Oxford University Press.
Sans réformes décisives et investissements soutenus, le problème de la gestion des déchets en Tunisie ne fera que s’aggraver. Ces réformes concernent les incitations financières et les approches inclusives qui transforment les déchets, d’un fardeau environnemental, en une ressource économique.
Latif Belhedi
La Tunisie est confrontée à une urgence environnementale croissante qui compromet sa voie vers un développement durable. Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé «Gestion des déchets au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», publié le 26 janvier 2026, notre pays devra accroître considérablement ses investissements dans la gestion des déchets pour atteindre l’objectif de développement durable 11.6.1, qui vise à réduire l’impact environnemental des villes.
Les dépenses annuelles du secteur s’élevaient à 141 millions de dollars américains en 2022, soit environ 65 dollars américains par tonne de déchets. D’ici 2050, ce chiffre devra atteindre 498 millions de dollars américains, soit environ 1,55 milliard de dinars tunisiens, afin de faire face à l’augmentation des volumes de déchets et d’améliorer la qualité du service.
Ce défi est aggravé par la croissance rapide de la production de déchets solides municipaux, qui devrait doubler, passant de 3 millions de tonnes en 2022 à 6 millions de tonnes d’ici 2050.
Dégradation de l’environnement
Le rapport de la Banque mondiale, préparé par ses experts pour la période 2025-2026 avec le soutien de Problue et du Mécanisme d’appui au climat, révèle l’ampleur de la pression exercée sur le système de gestion des déchets tunisien : chaque Tunisien produit en moyenne 0,80 kilogramme de déchets par jour.
Malgré un taux de collecte relativement élevé de 72 %, les inefficacités et les lacunes dans le traitement et l’élimination des déchets engendrent déjà des coûts importants. La dégradation de l’environnement liée à une gestion inadéquate des déchets est estimée à 155 millions de dollars par an, soulignant les conséquences économiques et écologiques de l’inaction.
Efficacité, recyclage et valorisation
Sur le plan institutionnel, la Tunisie est actuellement classée en DB3 «Extension des services», ce qui signifie que son système de gestion des déchets est encore axé sur le développement des services de base. L’objectif à long terme est d’atteindre le niveau DB8, un stade plus avancé où la gestion des déchets est pilotée par des mécanismes fiscaux et réglementaires incitatifs qui favorisent l’efficacité, le recyclage et la valorisation des ressources.
Dans un registre plus positif, la Tunisie se distingue au niveau régional par son taux de compostage des déchets organiques, qui dépasse les 5 % – une performance atteinte par seulement une poignée de pays de la région, dont le Qatar et le Liban. Cela révèle un potentiel encore inexploité pour le développement à grande échelle des pratiques d’économie circulaire.
Le rapport met également en lumière le secteur informel de la gestion des déchets en Tunisie, qui emploie environ 8 000 travailleurs, appelés localement «barbechas», soit environ 66 travailleurs pour 100 000 habitants. Ces acteurs informels jouent un rôle essentiel dans la valorisation des matériaux, et la Banque mondiale recommande une meilleure intégration de ces travailleurs dans les systèmes formels de gestion des déchets afin d’améliorer le recyclage, leurs conditions de vie et la valorisation globale des ressources.
Ces constats dressent un tableau alarmant : sans réformes décisives et investissements soutenus, le problème des déchets en Tunisie ne fera que s’aggraver. Ils mettent toutefois en lumière des perspectives de transformation prometteuses, grâce à des réformes politiques, des incitations financières et des approches inclusives qui transforment les déchets, d’un fardeau environnemental, en une ressource économique.
La Tunisie a annoncé le lancement de la «Ceinture bleue» pour lutter contre l’érosion côtière et les ondes de tempête et souligne la nécessité de revoir le modèle actuel et de nouer des partenariats avec des acteurs privés et des associations.(Ph. Les plages constamment agressées par l’érosion marine, à Djerba : Sidi Jmour, Ajim et Midoun).
Cette nouvelle initiative de protection du littoral a été annoncée par le ministre de l’Environnement, Habib Abid, lors d’une visite dans le gouvernorat de Médenine, le 9 février 2026, pour inspecter les dégâts constatés suite aux intempéries de ces dernières semaines sur les zones côtières exposées.
Selon l’agence de presse Tap, cette «Ceinture bleue» s’inspire du concept de la «Ceinture verte» contre la sécheresse et la désertification et devrait aboutir à la création d’une barrière de protection côtière. Elle implique une révision du modèle d’intervention actuel et une plus grande participation du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques, notamment en tenant compte des obstacles juridiques et des contraintes opérationnelles.
Un point clé des recommandations du ministre concerne la capacité de mise en œuvre : Abid a souligné les ressources limitées de l’Agence nationale de protection et d’aménagement du littoral (Apal), souvent d’ailleurs mise sur la sellette, y compris par le président Kaïs Saïed, insistant sur le fait que l’agence seule ne serait pas en mesure d’assurer la protection de l’ensemble du littoral, long de quelque 1200 km, considéré comme prioritaire dans un contexte de pression climatique croissante.
Quelque 14 717 demandes d’asile ont été déposées par des Tunisiens en 2024 auprès de pays européens, dont 10 057 en Italie. Avec les nouvelles règles et dispositions européennes, une grande partie de ces demandes vont être rejetées et les demandeurs renvoyés vers leur pays, estime le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui souligne dans un communiqué, publié le 11 février 2026, que la Tunisie ne remplit pas les critères de la classification «pays sûr» par l’UE.
L’Ong a exprimé son «ferme rejet» suite à l’approbation par le Parlement européen (PE) de la première liste commune de l’Union européenne (UE) des «pays d’origine sûrs», qui inclut la Tunisie, pour le refoulement des demandeurs d’asile. L’ONG a dénoncé le risque d’impact direct sur le traitement des demandes d’asile des citoyens tunisiens dans l’espace Schengen et un risque accru de renvoi.
La position du Forum fait suite au vote du PE sur les amendements aux règles de procédure en matière d’asile, qui, selon le PE, visent à accélérer le traitement des demandes provenant d’États considérés comme «sûrs» et à définir plus uniformément les critères permettant de déclarer un pays tiers «sûr» pour qu’une demande soit déclarée irrecevable.
Dans la déclaration du FTDES, l’UE est accusée d’instrumentaliser ce classement pour légitimer l’expulsion forcée de migrants tunisiens. Selon l’Ong, la désignation de «pays d’origine sûr» suppose des protections juridiques effectives, le plein respect des droits humains et l’absence de risque de torture ou de persécution – conditions qui, à son avis, ne sont pas pleinement remplies dans le contexte tunisien actuel, notamment pour les activités politiques, civiques, journalistiques et syndicales.
Le Forum soutient que l’inscription de la Tunisie sur la liste entraînera un traitement accéléré des demandes d’asile tunisiennes, augmentant ainsi la probabilité de rejets rapides et, par conséquent, de rapatriements forcés.
Dans sa déclaration, l’Ong cite environ 14 717 demandes d’asile déposées par des citoyens tunisiens en 2024, dont 10 057 en Italie, afin de souligner l’ampleur du phénomène.
Le FTDES conteste également l’approbation parallèle par le PE des nouvelles conditions d’application du concept de «pays tiers sûr», qui autorise les États membres à déclarer une demande irrecevable lorsqu’il existe un lien avec un pays tiers, un point de transit, ou un accord ou une entente permettant le transfert du demandeur vers ce pays, la demande devant être examinée «au fond».
Dans ce contexte, le Forum met en garde contre le risque que ces règles n’ouvrent la voie à de futurs accords politiques sur la gestion de l’asile avec la Tunisie, rappelant l’accord de partenariat signé en juillet 2023 entre la Commission européenne et la Tunisie, dans lequel la question migratoire occupait une place centrale.
En conclusion, le Forum appelle à ce que le droit individuel d’asile soit garanti «sans préjugés» et exprime sa solidarité avec les Tunisiens contraints de quitter le pays en raison de violations ou de menaces à leurs droits.
Enfin, le Forum réitère sa condamnation des politiques qu’il qualifie d’«inhumaines» de l’UE, l’accusant de restreindre la liberté de circulation et de priver de fait l’accès à la protection.
Le volume total des investissements déclarés a atteint 8 356 millions de dinars tunisiens (MDT) en 2025, soit une hausse de 39,3 % par rapport à 2024, selon le bulletin annuel 2025 de la Tunisian Investment Authority (TIA), publié lundi 9 février 2026. Cette progression témoigne d’une reprise de l’investissement et reflète la confiance croissante dans les perspectives économiques de la Tunisie.
Ces investissements devraient créer 101 681 nouveaux emplois, témoignant de l’attractivité et de la résilience croissantes de l’écosystème économique tunisien.
Le secteur des services s’est imposé comme le principal moteur de la création d’emplois, représentant près de 60 000 nouveaux postes, soit 59 % du total des emplois créés. Cette performance est soutenue par une hausse de 75 % des investissements, qui ont atteint 1 755 MDT, confirmant le rôle croissant du secteur dans la croissance et l’emploi.
Malgré un ajustement conjoncturel marqué par un recul de 14,3 % du volume des investissements, le secteur industriel demeure un pilier structurel de l’économie. Il représente 35 % des investissements déclarés, soit 2 924 MDT, et devrait générer 39 % des nouveaux emplois, confirmant ainsi son importance stratégique pour le tissu productif tunisien.
Dans le même temps, les énergies renouvelables renforcent leur position stratégique, attirant 1 685 MDT, soit 20 % du total des investissements déclarés, conformément à la feuille de route nationale tunisienne pour la transition énergétique à l’horizon 2035.
Le secteur agricole a fait preuve d’une résilience remarquable, enregistrant une hausse de 11,6 % à 1 347 MD, tandis que le tourisme a connu une croissance exceptionnelle de 238 %, portée notamment par un important projet de 300 MDT à Jendouba.
Ce dynamisme renouvelé en matière d’investissement repose sur trois piliers clés :
1- confiance des investisseurs : les nouveaux projets représentent 74 % du total des investissements, ce qui témoigne du regain d’attractivité de la Tunisie en tant que destination d’investissement ;
2- développement territorial inclusif : 54 % des investissements sont orientés vers des zones de développement régional, favorisant une croissance équilibrée et inclusive ;
3- confiance nationale : les investissements nationaux représentent 65 % du total, soit 5 434 MD, ce qui témoigne de la grande confiance des investisseurs tunisiens dans les perspectives économiques du pays.
Grâce à ces résultats, la TIA réaffirme son rôle de facilitateur stratégique, déterminé à positionner la Tunisie comme un pôle d’investissement compétitif en Méditerranée.
La TIA continue d’accompagner les investisseurs nationaux et internationaux dans la mise en œuvre de projets créateurs de valeur durable, d’emplois qualifiés et d’un impact économique à long terme.
Une délégation tunisienne de haut niveau a rencontré, mardi 10 février 2026, des représentants du Ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique (Mase) et du Centre du Pnud à Rome afin d’échanger des expertises sur la gestion des déchets, les solutions de valorisation énergétique des déchets (VAD) et les perspectives de collaboration future.
Ces discussions ont marqué le début d’une mission technique en Italie, facilitée par le Pnud, visant à soutenir les efforts de la Tunisie pour renforcer son secteur de la valorisation énergétique des déchets et faire progresser son programme national de transition énergétique.
La journée a débuté par une réunion d’information au Centre du Pnud à Rome, au cours de laquelle les participants ont passé en revue l’ordre du jour de la mission, discuté des engagements prévus et exploré les domaines de coopération possibles.
La délégation tunisienne a présenté les priorités actuelles liées au projet pilote de valorisation énergétique des déchets sur l’île de Djerba et son déploiement prévu sur d’autres sites. Le Mase a présenté les domaines de collaboration en cours avec la Tunisie, tandis que le Centre du Pnud à Rome a exposé les projets d’extension du soutien du mécanisme Pista (Prévention, Incinération/Valorisation énergétique, Stockage/Tri, Transport, Assainissement/Valorisation matière) en Tunisie afin de faciliter le passage à l’échelle et la bancabilité du projet.
Cette réunion a été suivie d’une réunion technique de haut niveau rassemblant la délégation tunisienne, les services du Mase, notamment Alessandro Guerri, directeur général des affaires européennes et internationales et du financement durable, ainsi que des experts du Pnud.
La session a porté sur les aspects stratégiques et réglementaires de la gestion des déchets et de leur valorisation énergétique.
Les représentants tunisiens ont présenté les objectifs de la mission, les besoins du pays en matière de gestion des déchets et les possibilités d’implication du secteur privé dans les projets d’expansion. Leurs homologues italiens ont présenté la stratégie italienne en matière d’économie circulaire et les cadres réglementaires régissant la valorisation énergétique des déchets, le biométhane et les objectifs de développement durable pertinents (ODD 7 et ODD 12).
L’après-midi, le Centre du Pnud à Rome a accueilli une table ronde sur l’engagement du secteur privé, réunissant des représentants gouvernementaux et ouverte par une allocution de l’administrateur du Pnud, Alexander De Croo, à l’occasion de sa visite à Rome. Des représentants d’associations italiennes, d’entreprises privées actives dans les secteurs des déchets et de la VAD, d’institutions impliquées dans la coopération internationale et de la Cassa Depositi e Prestiti (Caisse de dépôt et de consignation italienne) y ont également participé.
Cette table ronde a permis aux institutions tunisiennes de présenter leurs priorités politiques, les réformes tarifaires et les détails du projet pilote de Djerba, ainsi que d’évoquer les possibilités de collaboration avec les acteurs industriels italiens.
Les entreprises et associations participantes ont partagé leurs bonnes pratiques, leur expertise technique et les pistes de coopération envisagées pour de futures initiatives en matière de VAD et de biogaz.
Les échanges de la journée ont réaffirmé l’engagement commun des institutions tunisiennes, du Mase et du Pnud à renforcer la coopération dans les processus de gestion des déchets et de valorisation énergétique, afin de soutenir la transition de la Tunisie vers des systèmes énergétiques plus durables et résilients.
La Tunisie a renforcé son statut de pays parmi les plus développés d’Afrique, se hissant à la quatrième place du continent dans l’Indice de développement humain (IDH) 2025, selon une nouvelle analyse de la plateforme spécialisée The African Exponent.
Avec un IDH de 0,746, le classement de la Tunisie témoigne de progrès constants, fruits de plusieurs décennies de réformes éducatives, d’une gouvernance inclusive et de politiques socio-économiques tournées vers l’avenir.
L’IDH, calculé à partir des données du Rapport sur la population mondiale, mesure l’efficacité avec laquelle les pays transforment la croissance économique en amélioration du niveau de vie, en évaluant l’espérance de vie, le niveau d’instruction et le revenu par habitant.
Ce sont les nations insulaires, réputées pour leur stabilité politique et leurs investissements soutenus dans le capital humain, qui occupent les premières places du classement.
Les Seychelles arrivent en tête du continent avec un score de 0,848, témoignant d’une gouvernance solide, d’une planification du développement humain à long terme et d’une gestion économique saine. L’île Maurice suit en deuxième position avec un score de 0,806.
L’Algérie se classe troisième avec un score de 0,763, grâce à ses richesses en hydrocarbures et ses investissements continus dans l’éducation et le développement social, tandis que l’Égypte complète le top cinq avec un score de 0,754, grâce à des améliorations importantes dans les systèmes d’éducation publique et de santé.
Le reste du top dix comprend un groupe diversifié de pays d’Afrique australe et centrale : l’Afrique du Sud (0,741), le Gabon (0,733) et le Botswana (0,731). La Libye se classe neuvième avec un score de 0,721, témoignant d’une reprise prudente après des années de conflit, soutenue par une attention renouvelée portée au capital humain et à la stabilisation institutionnelle. Le Maroc complète le top dix avec un IDH de 0,710.
L’analyse d’African Exponent combine des données quantitatives sur l’IDH avec des évaluations qualitatives de la qualité de la gouvernance, de la continuité des politiques et du développement des infrastructures sociales sur le continent.
La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme de la Cour d’appel de Tunis a examiné ce jeudi 12 février 2026 l’affaire portée contre l’avocat Ahmed Souab, sur la base de déclarations qu’il avait faites sur le déroulement de l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’État», et ce en sa qualité d’avocat de certains accusés.
Selon Diwan FM, citant une source judiciaire, le tribunal a décidé d’ajourner l’affaire après l’audience en vue d’examiner la demande de mise en liberté de Me Souab et de fixer la date de la prochaine audience.
Il convient de rappeler que la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis avait condamné Me Souab à 5 ans de prison, assortis de 3 ans de surveillance administrative.
Commentant l’audience d’aujourd’hui dans un post Facebook, Me Bassem Trifi, président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), a écrit ceci : «Dans l’affaire d’Ahmed Souab, après les plaidoiries des avocats concernant la demande de mise en liberté, le ministère public a demandé l’application de la loi et non le rejet de la demande de mise en liberté, ce qui est inhabituel et constitue un signe positif.»
Est-ce à dire que les avocats de Me Souab s’attendent à une réponse positive à leur requête ? C’est ce que nous souhaitons le plus à Me Souab, réputé être un grand défenseur des droits, dont on a du mal à admettre qu’il puisse être jugé pour… un crime terroriste !
Me Ghazi Mrabet, avocat de Mourad Zeghidi, a nié les accusations de blanchiment d’argent portées contre le journaliste, emprisonné depuis 21 mois, en précisant que l’affaire ne concernait que des infractions fiscales et qu’un accord avait été trouvé avec l’administration fiscale, malgré les atermoiements mis par les autorités pénitentiaires pour permettre à l’intéressé de signer une procuration à cet effet.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), le mercredi 11 février 2026, le collectif de défense de Zeghidi a affirmé que la Commission tunisienne d’analyse financière (Ctaf) avait démenti tout flux d’argent de l’étranger au profit du journaliste, en déplorant la persistance du harcèlement judiciaire dont il ferait l’objet, tout comme son collègue Borhen Bssaies, incarcéré et poursuivi pour des raisons similaires.
Au début de la conférence de presse, à laquelle assistaient la famille et les amis du journaliste emprisonné, le président du SNJT Zied Dabbar a déclaré que Mourad Zeghidi était jugé pour son travail journalistique, que le syndicat continuerait à le défendre en prison et qu’il serait sans aucun doute libéré. «Bien que Mourad soit en prison, nous puisons de la force dans les messages positifs qu’il nous envoie. Nous n’abandonnerons ni Mourad, ni Borhen, ni aucun journaliste persécuté pour son travail», a-t-il ajouté, en saluant, au passage, Sonia Dahmani et Mohamed Boughalleb, présents à la conférence de presse et qui sont poursuivis, eux aussi, en justice pour leur travail journalistique.
Inès Zeghidi, la fille du journaliste emprisonné, a déclaré que ce dernier, avant d’être un homme des médias, est d’abord un père, un frère, un ami et un homme intègre à la réputation irréprochable. La famille n’a retiré de cette épreuve que l’amour et la solidarité du public, qui atténuent quelque peu la douleur de l’absence, a-t-elle déclaré. «Qu’a fait mon père contre la loi ? Quel danger représente-t-il pour la société pour être condamné à plus de 4 ans de prison ?», s’est demandé Ines Zeghidi.
«La Tunisie, que mon père aime au point de quitter la France pour revenir s’y installer, et où il nous a élevés, cette Tunisie-là ne nous aime pas et nous fait du mal. Nos vies se sont arrêtées le 11 mai 2024 [date de l’arrestation de Mourad]. La douleur vous fait vieillir avant l’âge. La douleur, c’est le silence à la maison au lieu des rires… Mon père nous a appris à croire en la liberté de la presse et en la justice, et aujourd’hui nous disons Basta. Mourad Zeghidi doit rentrer chez lui et ses filles doivent être libres», a conclu Ines, , non sans une grosse amertume, dans ses propos rapportés par ‘‘14-17’’.
L’auteur, universitaire et écrivain, nous a fait parvenir le texte ci-dessous, où il réagit à la participation de Sana Ben Achour, Hamadi Redissi et Mouldi Gassoumi au débat organisé par le Front de salut national (FSN), une coalition regroupant des islamistes et des personnalités issues d’autres obédiences, et modéré par Samir Dilou, ancien dirigeant du parti islamiste Ennahdha. Il réagit aussi à la polémique que cette participation a suscité dans certains milieux, notamment de gauche.
La situation est suffisamment difficile pour ne pas la compliquer davantage avec des condamnations qui relèvent de l’anathème. Même si on n’est pas d’accord avec la participation à un débat organisé par les islamistes et leurs alliés, on n’a pas le droit de traiter Sana Ben Achour, Hamadi Redissi et Mouldi Gassoumi, ou toute autre personne qui fait le même choix, comme des traîtres et de leur donner des leçons parce qu’ils ont jugé utile de participer à un tel débat.
Il en est de même pour celles et ceux qui ont opté pour intégrer des coalitions, ou toute autre forme d’action commune, avec les islamistes et leurs alliés. Comme du temps de Ben Ali et du Collectif du 18 octobre 2005, je suis personnellement contre ce genre de normalisation avec les islamistes et les forces hostiles à la démocratie et aux droits humains quelle qu’en soit l’idéologie ; mais cela ne me donne pas le droit, aujourd’hui pas plus qu’hier, de jeter l’anathème sur celles et ceux qui font un autre choix.
Les démocrates et les progressistes n’ont rien à gagner de ce genre d’acharnement les uns contre les autres. Place au débat plutôt qu’à l’anathème.
Parlez de Jack Lang, du Premier ministre britannique Keir Starmer, du Prince Andrew de Grande-Bretagne ou de qui vous voulez parmi les personnalités impliquées dans l’«affaire Epstein» mais pas des relations de Jeffrey Epstein avec le Mossad israélien. C’est un tabou. Une relation complètement occultée dans les médias occidentaux qui sont, bien entendu et par définition, très objectifs, très professionnels et très équilibrés, au point de nous donner tout le temps, à nous autres journalistes du Sud Global, des leçons de bonnes pratiques de presse. Mais passons !
Imed Bahri
Il faut toutefois évoquer ici la seule exception faite à cette lourde omerta, en tout cas à ce jour : une enquête du sérieux journal britannique Times qui a osé parler de la crainte exprimée par Epstein peu de temps avant son opportun «suicide» ayant fait l’affaire de beaucoup de monde, d’avoir une fin comparable à celle de Robert Maxwell, le père de sa compagne Ghislaine, qui fut longtemps un agent des services secrets israéliens avant d’être liquidé par le Mossad en 1991 dans des circonstances troubles et rocambolesques.
Le Times a publié une enquête de Gabrielle Weiniger, correspondante du journal britannique à Tel Aviv, intitulée «Jeffrey Epstein était-il un agent du Mossad? De nouveaux documents amplifient le mystère autour de ses liens avec Israël».
Epstein agent de renseignement multicartes
L’enquête s’ouvre en abordant le cas de Deepak Chopra, un expert en médecine alternative indo-américain, qui s’était rendu à Tel Aviv deux ans avant l’arrestation d’Epstein en 2019 et avait fait l’éloge d’Israël, tout en soulignant son empressement à convaincre Epstein de l’y rejoindre.
Selon un message publié parmi les millions de fichiers d’Epstein, Chopra écrivait : «Viens en Israël avec nous, détends-toi et profite de la compagnie de personnes exceptionnelles. Si tu veux, utilise un pseudonyme. Amène tes filles, nous serons ravis de t’accueillir. Amicalement».
Epstein a répondu : «Ailleurs. Je n’aime pas du tout Israël». Une manière d’esquiver ses relations très intimes avec l’État hébreu et de brouiller les pistes.
Le journal indique que le refus d’Epstein de cette invitation en mars 2017 demeure l’un des mystères des documents déclassifiés par le Département de la Justice américain. Ces documents dressent un tableau contradictoire et souvent confus des relations du prédateur sexuel avec Israël, notamment avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak.
Aux États-Unis, les allégations selon lesquelles Epstein aurait pu travailler pour un service de renseignement étranger se multiplient, en grande partie grâce au présentateur de télévision d’extrême droite Tucker Carlson et à d’autres médias qui relaient ces affirmations.
Les documents contiennent notamment les allégations d’un informateur confidentiel du FBI selon lesquelles Epstein, contrairement à l’opinion générale véhiculée, n’éprouvait aucune animosité envers Israël mais travaillait en réalité pour le Mossad (le service de renseignement extérieur israélien).
Un rapport de la branche du FBI à Los Angeles datée d’octobre 2020 indiquait que la source du Bureau était convaincue qu’Epstein était un agent du Mossad et avait reçu une formation d’espion. La source affirmait que le financier avait aussi des liens avec les services de renseignement américains par l’intermédiaire de son avocat personnel de longue date Alan Dershowitz qui était aussi professeur de droit à Harvard. Le Times indique que Darshowitz a enseigné beaucoup de personnes issues de l’establishment dont Jared Kushner, gendre du président Trump, ainsi que son frère le financier Josh Kushner, tous juifs comme Jeffrey. Détail sans importance, bien sûr…
Dershowitz a balayé ces affirmations d’un revers de main, déclarant : «Aucun service de renseignement au monde ne lui ferait confiance ! C’est quelque chose qu’il ne cacherait pas à ses avocats».
Relations anciennes et documentées avec Ehud Barak
Ce passé d’espion a été aussi balayé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui avait suggéré, au cours du week-end dernier, que l’amitié d’Epstein avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak prouvait qu’il n’était pas un espion. Netanyahu a écrit sur Twitter : «La relation exceptionnellement étroite entre Jeffrey Epstein et Ehud Barak n’indique pas qu’Epstein travaillait pour Israël mais prouve le contraire».
Barak est le rival historique de Netanyahu et ce dernier veut faire croire qu’être ami avec lui c’est travailler contre les intérêts d’Israël. En réalité, Netanyahu prend les gens pour des idiots, trait de caractère bien connu chez lui, car Barak a été au cœur du monde militaire, du renseignement et la politique d’Israël pendant des décennies.
Des documents récemment déclassifiés révèlent que Barak et son épouse, Nili, séjournaient régulièrement dans l’appartement new-yorkais d’Epstein et avaient prévu une visite peu avant son arrestation en 2019.
Leur relation étroite s’est poursuivie bien après la première arrestation d’Epstein en 2008 pour trafic sexuel et incitation de mineure. Barak a par la suite exprimé des regrets quant à sa relation avec Epstein. En 2018, Epstein a envoyé un courriel à Barak lui demandant de confirmer qu’il n’a aucun lien avec le Mossad. La même année et dans un mail contradictoire, Epstein a demandé à Barak si quelqu’un lui avait demandé de recruter d’anciens agents du Mossad pour mener des enquêtes douteuses.
Selon les documents, Epstein a organisé et contribué à un investissement de 1,5 million de dollars dans une start-up israélienne appelée Carpine, anciennement connue sous le nom de Reporty Homeland Security. Barak a averti que «la tactique israélienne consistant à utiliser Chypre pour l’évasion fiscale est ridicule, obsolète et dangereuse» au sujet de leur investissement. Une autre femme d’affaires participant à l’échange, Nicole Junkerman, a partagé l’avis d’Epstein et de Barak: «Chypre est suspect, je suggère donc le Luxembourg».
Epstein avait également plusieurs mails contenant des informations sur des start-ups et des inventions israéliennes, notamment un prototype de bracelet transformable en écran tactile(1).
Le Times a cité Lynette Nussbacher, ancienne officier du renseignement militaire britannique : «Le mystère qui entoure la provenance de ses fonds fait l’objet de nombreuses discussions. Se pourrait-il qu’une partie de son argent provienne de sources gouvernementales pour lui permettre d’agir comme agent de renseignement ?», s’est-t-elle demandé.
En 2003, Epstein a demandé un second passeport pour sa compagne Ghislaine Maxwell, «afin d’éviter tout problème de visa» lors de ses voyages. Il a écrit : «Les fonctions de Mme Maxwell l’obligent à voyager fréquemment à travers le monde. Elle doit se rendre le 16 mars 2003 en Israël, en Jordanie et en Arabie saoudite».
Nussbacher, haute responsable de la sécurité nationale britannique et chargée de cours en études de guerre à l’Académie royale militaire de Sandhurst, a expliqué l’implication potentielle d’Epstein et la structure de recrutement des services de renseignement israéliens : «Chaque service de renseignement emploie des agents qui sont salariés et dont la retraite est prise en charge par le service. On les appelle des officiers. Il y a ensuite des personnes influencées par les officiers pour travailler pour le service, parfois contre rémunération, parfois par manipulation, parfois par chantage. On les appelle des agents».
Des liens anciens et constants avec Israël
Né de parents juifs immigrés et ayant grandi à Seagate, une communauté fermée à prédominance juive située sur Queens Island, Epstein s’est rendu en Israël avec sa famille en 1985. Lors de ce voyage, il a séjourné à l’hôtel Plaza de Tel Aviv et à l’hôtel King David de Jérusalem, où il aurait loué une limousine pour transporter ses parents.
D’autres voyages en Israël n’ont pas été officiellement documentés. Le 20 mai 2020, Epstein a demandé à sa secrétaire, Lesley Grove, de trouver des vols Paris-Tel Aviv et Tel Aviv-New York ou Tel Aviv-Yalta en Crimée. Le 21 mai, il a ajouté : «Réservez un vol pour Tel Aviv via Book24, puis un vol en première classe pour New York le 27 mai».
Epstein était abonné à un site d’enchères immobilières de luxe, auquel il envoyait par courriel des offres pour certaines des propriétés les plus luxueuses d’Israël. Bien qu’il ne souhaitât pas se rendre en Israël avant 2017, il n’était pas indifférent aux femmes israéliennes. Il a demandé à Chopra de lui trouver «une jeune Israélienne blonde et séduisante… l’apparence primant sur l’intelligence». Chopra a répondu par une mise en garde, affirmant que les Israéliennes sont «fortes avec un caractère affirmé mais aussi séductrices»
En réponse à une question sur cette correspondance, Chopra a déclaré la semaine dernière : «Je tiens à être clair… Je n’ai jamais été impliqué ni participé à aucune activité criminelle ou d’exploitation et mes contacts ont toujours été limités et sans lien avec des abus. Je condamne fermement les abus et l’exploitation sous toutes leurs formes».
Le journal britannique indique dans son enquête que la relation profonde et durable d’Epstein avec Ghislaine Maxwell, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour son implication dans le réseau de trafic sexuel d’enfants de son ex-compagnon, alimente les spéculations concernant ses liens avec Israël.
D’après le Times, son père, le magnat des médias Robert Maxwell, était soupçonné pour ses liens avec les renseignements israéliens or ce ne sont pas des soupçons, Maxwell était pendant des décennies un agent du Mossad et fut recruté par Yitzhak Shamir.
Le corps de Maxwell a été retrouvé flottant au large des îles Canaries (territoire espagnol) en 1991. Un commando du Mossad avait attaqué dans la nuit son yacht, le Lady Glynn, l’a tué puis l’a jeté en mer. Des pressions ont été exercé les services israéliens sur sa fille Ghislaine pour qu’il n’y ait pas d’autopsie et le Mossad a obtenu gain de cause. Sa dépouille a d’ailleurs été rapatriée en Israël bien qu’il ne soit pas Israélien, des funérailles officielles eurent lieu, l’oraison funèbre fut prononcée par… Yitzhak Shamir alors Premier ministre durant laquelle il déclara : «Robert Maxwell a rendu de grands services à l’État d’Israël mais le temps pour les dévoiler n’est pas encore venu».
Maxwell fut inhumé par la suite sur le mont des Oliviers à Jérusalem. Tout ce traitement que les Israéliens lui offrirent à titre posthume avait pour but d’éloigner les accusations de son assassinat par le Mossad.
Les mails d’Epstein laissent d’ailleurs entendre que lui-même pensait que le Mossad était derrière l’assassinat de Maxwell. Le 15 mars 2018, un mail d’Epstein à un destinataire anonyme (plusieurs adresses mail et noms ont été caviardés par le Département américain de la Justice) avait pour objet «Il est mort».
Dans ce mail, Epstein faisait part de sa crainte de subir un sort similaire à celui de Robert Maxwell, affirmant que ce dernier avait menacé les services de renseignement israéliens de révéler qu’il avait travaillé pour eux comme agent officieux, espionnant la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Union soviétique.
Ce message confirme les révélations de Gordon Thomas et Martin Dillon, auteurs de ‘‘L’assassinat de Robert Maxwell: le super espion israélien’’, qui affirmaient que le Mossad était derrière le meurtre de Maxwell. Ils affirment que Maxwell travaillait pour l’agence mais avait menacé de dénoncer le Mossad dans ses propres journaux si les autorités israéliennes ne payaient pas 600 millions de dollars d’intérêts sur ses dettes qui dépassaient les 3 milliards de dollars.
Autre élément de grande importance qui n’a pas été abordé par le Times c’est que c’est Robert Maxwell lui-même qui a recruté sa fille Ghislaine et Epstein pour le compte du Mossad au début des années 1980. C’est ce qu’affirme le livre ‘‘Epstein: Dead Men Tell No Tales’’ (Epstein: Les morts ne racontent pas d’histoires) de Dylan Howard et ce qui a été confirmé par Ari Ben-Menashe, ancien officier du renseignement israélien, qui a affirmé qu’Epstein et sa compagne Ghislaine Maxwell travaillaient pour les services de renseignement israéliens depuis les années 1980.
Ben-Menashe affirme aussi que le duo Epstein-Maxwell a exécuté une mission de honey trapping pour le compte du Mossad. Le honey trapping (piège à miel) est une technique répandue des renseignements consistant à tendre un piège sexuel à une cible puis à la contrôler en exerçant sur elle un chantage.
Autre élément de taille qui prouve la place d’Epstein dans le monde de l’espionnage israélien, Ari Ben-Menashe, qui a été mêlé lui-même à l’affaire Iran-Contra, affirme que Jeffrey Epstein était aussi impliqué dans cette affaire.
Pour rappel, le scandale Iran-Contra était une opération secrète des années 1980 où les États-Unis vendaient secrètement des armes à la République islamique d’Iran (malgré un embargo) via Israël pour obtenir en contrepartie la libération d’otages américains détenus par le Hezbollah au Liban et l’argent de cette vente servait à financer les milices Contras anti-communistes au Nicaragua, qui combattaient le gouvernement sandiniste marxiste. C’était une opération ultraconfidentielle à laquelle n’étaient mêlés que des gens au cœur du monde du renseignement et qui prouve qu’Epstein était incontestablement un agent du Mossad. De plus, ses craintes prémonitoires d’avoir une fin comparable à celle de Robert Maxwell s’avérèrent justes et il est mort dans des conditions troubles vraisemblablement assassiné dans sa prison, par des agents israéliens, à l’instar de Maxwell.
1) L’homme d’affaires américain avait versé plus de deux millions de dollars à Ehud Barak en 2004 pour un prétendu rapport sur la jeunesse juive jamais publié, et a financé le lancement d’une de ses start-up en 2015. En 2019, le Daily Mail a publié des photos prises en 2016 par un paparazzi montrant l’ex-premier ministre israélien le visage masqué par une écharpe au moment d’entrer dans la demeure new-yorkaise d’Epstein. La publication insinue qu’il allait y retrouver «quatre femmes». Barak a parlé de diffamation et menacé le tabloïd britannique de poursuite judiciaire.
Les Etats-Unis bombarderont-ils l’Iran? A écouter sur Google le Colonel Douglas Mc Gregor, retraité de l’armée US, ce serait inévitable. Selon lui le Président Trump serait cornaqué dans le brouillard de son ignorance, par une coalition du renseignement regroupant la CIA, le MI-6 et le Mossad, appuyant bien entendu les dires du faiseur de guerre en chef, le premier ministre israélien Netanyahu, et la coalition terroriste assurant sa survie politique, les quasi nazis Smotrich et Ben Gvir.
Dr Mounir Hanablia
Ces affirmations pessimistes sont en grande partie appuyées par d’anciens agents du renseignement américain, toujours sur Google. Mais on avait déjà eu tous ceux qui nous avaient parlé de reculade américaine, de protection chinoise ou russe concédée à l’Iran grâce à un matériel hyper sophistiqué, de gesticulation déplacée, comme Scott Ritter, l’ancien inspecteur de l’armement en Irak, qui avait affirmé que l’armada américaine était aussi inutilisable dans le Golfe qu’une Ferrari pour faire une course dans un parking souterrain.
Tout ceci semble donc faire partie d’une préparation psychologique et l’implication de la Chine et de la Russie, tout à fait hypothétique, n’aurait d’autre but que de donner de la consistance à la menace.
La première possède déjà au Pakistan une fenêtre sur la mer d’Oman et c’est à Taiwan qu’elle choisirait de toute évidence pour affronter l’ogre américain.
La seconde a d’autres chats à fouetter et on peut se demander si un nouveau Yalta n’a pas eu lieu Ukraine contre Golfe. Et si on considère que d’anciens militaires ou du renseignement américain ne peuvent en aucun cas nuire aux intérêts de leur gouvernement, étant astreints à des clauses le leur interdisent, force est de constater qu’on est en face d’un plan préétabli et en général, on prépare plus l’opinion mondiale à la guerre, et la meilleure manière est de la convaincre que toutes les voies vers la paix ont été épuisées.
Naturellement l’avènement des technologies de l’information et de la communication a ajouté un facteur inédit aux conflits armés au point de faire considérer le cyber espace comme un front au même titre que mer, terre, et air.
Néanmoins, la mobilisation de l’opinion publique occidentale contre l’Irak en 1990 avant même l’invasion du Koweït semble constituer à peu de choses près le modèle propagandiste suivi actuellement lors de la crise iranienne.
L’Iran aujourd’hui comme hier l’Irak
L’Irak sortait d’une guerre de neuf ans, endetté avec une armée suréquipée et escomptant sur sa production d’hydrocarbures pour se renflouer. Il trainait surtout la réputation d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population. Qui plus est l’Irak avait vu sa centrale nucléaire en chantier Osirak détruite en 1981 par l’aviation israélienne avant même sa mise en service. Naturellement son aventure au Koweït, fruit d’une provocation lui en concédant le feu vert, l’avait amené là où les néo-conservateurs et les sionistes américains avaient voulu qu’il se situât, sans aucune possibilité de recul puisque les Etats arabes s’étaient soumis au diktat de Washington.
Durant 4 mois, les Américains avaient concentré en Arabie Saoudite les troupes et la logistique nécessaires un objectif proclamé, la libération du Koweït, et un autre non avoué, l’affaiblissement définitif et la mise sous tutelle de l’Irak.
Mais face aux réticences de l’opinion publique américaine, pour qui ce conflit qui s’annonçait avait un fort relent de pétrole et servait Israël, le président Bush père étant lui-même un pétrolier, avait accepté d’engager «les discussions de la dernière chance» pour sauver la paix et avait envoyé négocier son secrétaire aux Affaires étrangères James Baker négocier avec son homologue irakien Tarek Aziz.
Ayant déjà décidé de la guerre, le président Bush voulait apparaître comme un homme de paix en sachant pertinemment que Saddam Hussein, le véritable responsable de la guerre, nul le contestera, en refuserait les conditions convenues par Washington et Tel Aviv.
Il semble que le cheminement actuel du conflit avec l’Iran obéisse à la même logique. Une véritable diabolisation du régime iranien accusé d’être responsable du massacre des féministes, puis de sa propre population, a eu lieu. On avait parlé de chute imminente du régime ainsi qu’on l’avait fait après la guerre des 12 jours, mais, outre les destructions sévères en Israël causées par les missiles hypersoniques, les bombardiers américains avaient échoué à mettre un terme au programme nucléaire iranien malgré la destruction de quelques installations.
Trump otage du lobby sioniste
Actuellement depuis quelques semaines , et sous réserve d’images ou d’informations virtuelles, la flotte américaine se concentre à l’entrée du golfe Persique avec la menace explicite brandie par le Président Trump, de destructions sans précédent en Iran dans le cas où le pays ne se soumettrait pas au diktat américano-sioniste: désarmement, fin du programme nucléaire et balistique, mise sous tutelle de la production d’hydrocarbures, et en prime pour Tel Aviv, chute du régime et rétablissement du Shah Pahlavi ou à tout le moins une structure confédérale lâche de type syrien, libanais, ou irakien, rendant dans les faits plusieurs régions clés du pays quasiment indépendantes.
Tout ceci arrive à un moment où le Président Trump, qui n’est ni Bush père ni Reagan ni Eisenhower ni Nixon pour avoir imposé leurs volontés à Tel Aviv, se trouve affaibli par le scandale Epstein éclaboussant le gotha américain et international, et vu les circonstances, il est douteux qu’il puisse, pour peu qu’il le veuille, s’opposer aux volontés d’un lobby sioniste dont il est déjà l’otage médiatique et judiciaire.
Face à cela, le renchérissement du prix du pétrole consécutif à une hypothétique fermeture du détroit d’Ormuz, à laquelle le retour sur le marché du pétrole vénézuélien pallie déjà préventivement, n’aura que peu d’effets.
Le monde arabe déjà mort
L’enjeu n’est en effet pas le nucléaire iranien, c’est l’érection d’Israël en tant que Singapour du Moyen-Orient, une plate-forme économique et financière par où transiterait tout le commerce de la région. Cette perspective aboutissant à la mise hors circuit du détroit d’Ormuz avait donné des sueurs froides aux stratèges iraniens et les avait engagés sur la voie de la guerre par le biais de leurs substituts de la région. Pendant ce temps, le monde arabe, enjeu du conflit, est déjà mort.
Organisée conjointement par les antennes de Bizerte de la Conect et l’Ordre des ingénieurs, la journée consacrée aux «Apports de la loi de finances 2026 : impôt sur la fortune, comptes en devises, amnistie fiscale et facturation électronique», organisée le 11 février 2026, avait pour objectif d’informer les entreprises, bureaux d’études, ingénieurs conseils, avocats, médecins et l’ensemble des acteurs économiques concernés sur les principales nouveautés fiscales.
Lotfi Sahli
Après le mot d’introduction de Fatma Ouali, membre du bureau exécutif de la Conect et présidente par intérim du bureau de Bizerte, Wassim Turki, expert-comptable, a livré une analyse détaillée des grandes lignes du budget de l’État pour l’exercice 2026, un budget qui fait déjà l’objet de nombreuses discussions et critiques au sein des milieux économiques. Il a précisé que le volume global du budget atteint 78,03 milliards de dinars, tandis que le déficit prévisionnel avoisine les 11 milliards de dinars, un niveau jugé préoccupant par plusieurs observateurs.
Impôt sur la fortune
M. Turki a également mis en lumière l’une des principales nouveautés de cette loi de finances : l’instauration d’un impôt sur la fortune, dont le taux variera entre 0,5 % et 1 % en fonction du patrimoine estimé des contribuables concernés, et qui entrera en application à compter du 1er janvier 2026.
Selon lui, ces orientations budgétaires ravivent le débat sur l’alourdissement de la charge fiscale, la justice sociale et la capacité de l’État à rétablir ses équilibres financiers dans un contexte économique national marqué par des tensions persistantes et des marges de manœuvre limitées.
Le régime des changes
Le deuxième panel, consacré aux dispositions relatives au régime des changes, aux comptes en devises, à la justification du rapatriement des fonds, ainsi qu’aux conditions d’importation des véhicules, a été animé par Faïza Feki, ancienne directrice générale à la Banque centrale de Tunisie.
Elle a replacé ces mesures dans leur contexte conjoncturel, marqué par des tensions persistantes sur les équilibres extérieurs et la disponibilité des devises, expliquant que la politique adoptée par la Banque centrale vise prioritairement à préserver les réserves en devises du pays, afin de garantir la capacité de l’État à financer ses importations stratégiques et à honorer le service de la dette extérieure.
Mme Feki a également souligné que le renforcement des règles encadrant les comptes en devises et le rapatriement des fonds s’inscrit dans une logique de sécurisation des flux financiers et de meilleure traçabilité des opérations. Ces orientations, a-t-elle précisé, répondent à un impératif de stabilité macroéconomique dans un environnement international incertain et fortement dépendant des marchés extérieurs.
La facturation électronique
Dans le même panel, Kaïs Fekih s’est longuement attardé sur la question de la signature et de la facturation électroniques. Il a rappelé que ce chantier a été engagé en France dès 2016, tout en soulignant qu’il continue, jusqu’à aujourd’hui, à susciter des résistances chez certains contribuables et à rencontrer des difficultés d’application. Selon lui, la transition numérique en matière fiscale demeure une opération complexe et délicate.
L’intervenant a détaillé les dispositifs mis en place par l’État pour assurer la réussite de cette réforme, insistant sur la nécessité d’une coordination étroite entre l’administration, les professionnels et les éditeurs de solutions informatiques. Une telle transformation, a-t-il précisé, exige la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes.
En conclusion, il a encouragé certaines professions libérales à adhérer au système, tout en exprimant l’espoir qu’une refonte progressive du dispositif facilite l’introduction effective de la facture électronique.
À l’issue de chaque panel, les participants ont sollicité des éclaircissements sur les thématiques abordées et ont exprimé certaines préoccupations quant aux répercussions des nouvelles mesures. Plusieurs ont fait part de leur inquiétude face à des décisions jugées complexes, estimant ne pas être suffisamment préparés à leurs implications pratiques et organisationnelles.
L’échange constructif entre panélistes et participants a été facilité par Aymen Mchirgui, membre du bureau de la Conect Bizerte, qui a veillé sur la clarté des discussions.
L’ancien Premier ministre, Mehdi Jomaa, a souligné que le Nigéria et la Tunisie ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre en matière de développement de leur potentiel maritime.
S’exprimant en marge d’un sommet sur le développement de l’économie bleue dans le delta du Niger, au Nigéria, qui s’est tenu mardi 10 février 2026, dans la zone de gouvernement local d’Ikot Ekpene, M. Jomaa a déclaré que les défis considérables auxquels les deux pays sont confrontés dans ce secteur recèlent également d’immenses opportunités.
En matière d’économie bleue, et en s’appuyant sur l’expérience tunisienne en Méditerranée, M . Jomaa a souligné l’importance de la planification stratégique, de la gestion responsable de l’environnement et de la coopération régionale pour exploiter les ressources marines en vue d’une croissance durable.
Il a également souligné l’opportunité d’un dialogue de haut niveau sur la gouvernance de l’économie bleue et la coopération africaine, tout en renforçant les partenariats afin de libérer le potentiel économique des ressources côtières et marines.
La croissance économique future de l’Afrique dépendra de plus en plus de la gestion durable de ses ressources marines et côtières, a-t-il estimé.
Ce sommet, placé sous le thème «Exploiter le potentiel de l’économie bleue pour un développement durable du delta du Niger», a été organisé par le Dr Uche Igwe, expert en communication et co-organisateur du Sommet sur l’investissement dans le delta du Niger.
«Je crois fermement en la capacité des Africains à bâtir un avenir prometteur. Nous sommes à un tournant décisif, dans un monde en pleine mutation. Il est temps de se réveiller, de se mobiliser et d’avancer vers l’avenir, de le préparer. Le secteur maritime est l’un des domaines où nous pouvons espérer la plus forte croissance sur le continent. C’est évident», a déclaré Jomaa, estimant que cela est à la fois facile et difficile.
En examinant les stratégies des pays qui ont réussi dans ce domaine, Jomaa a relevé plusieurs points comme suit : «Premièrement, il faut définir une vision claire de ce que nous voulons accomplir, de la direction à suivre, et ne pas se focaliser uniquement sur les problèmes quotidiens, certes importants pour la vie de chacun. Mais sans cap, quoi que vous fassiez, même avec le meilleur bateau du monde, vous risquez de vous perdre.
«Il est donc important d’avoir une vision, mais ce n’est pas suffisant. Sans vision, nous ne pouvons rien faire. Cela ne suffit pas. Il faut aussi une équipe, un leadership, confier cela à une organisation compétente et développer les capacités de mise en œuvre. C’est là que réside la principale lacune qui nous fait échouer, même avec une vision.
«On peut manquer notre cible si l’on n’a pas de vision. Mais lorsqu’on a une vision, il faut consacrer la bonne équipe à sa mise en œuvre. Si nous avons cela, nous avons tous les ingrédients réunis.
«Nous avons des jeunes. Nous avons un marché important, une élite compétente, et nous sommes conscients de la situation et savons ce qu’il faut faire. Voilà la recette du succès».
Le gouvernement italien de droite a préparé un vaste projet de loi sur l’immigration qui, pour la première fois depuis les années 1990, autorise officiellement la Marine et la Garde côtière à interdire l’accès des bateaux de migrants aux eaux territoriales et à débarquer les personnes secourues dans des pays tiers jugés «sûrs», dont la Tunisie, qui coopère bien dans ce domaine.
Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a déclaré aux journalistes après le conseil des ministres de jeudi dernier que cette mesure – rapidement qualifiée de «blocus naval» – vise à s’aligner sur le nouveau Pacte européen sur l’asile et la migration, qui entrera en vigueur en juin 2026.
Selon le projet de loi, les demandeurs d’asile interceptés à moins de 24 milles nautiques des côtes italiennes pourraient être transférés vers des États partenaires comme l’Albanie ou la Tunisie pour le traitement de leurs demandes de protection, rapportent des médias.
Le gouvernement Giorgia Meloni soutient que ce traitement en mer dissuadera les réseaux de passeurs tout en allégeant la pression sur les centres d’accueil saturés en Sicile et en Calabre.
Les ONG de défense des droits humains ont déjà annoncé des recours juridiques, invoquant de possibles violations du principe de non-refoulement inscrit dans le droit européen et la Convention de Genève de 1951.
Le Parlement européen a approuvé, hier, mardi 10 février 2026, un ensemble de règles permettant aux États membres de rejeter les demandes d’asile et d’expulser les demandeurs ayant transité ou provenant de pays dits «sûrs», parmi lesquels la Tunisie le Maroc, l’Inde, la Colombie et le Bangladesh.
Ces mesures, soutenues par les blocs de centre-droit et d’extrême droite, entreront en vigueur en juin dans le cadre du Pacte européen plus large sur la migration et l’asile.
Pour les employeurs, l’impact principal pourrait être indirect : un durcissement des règles d’asile pourrait réduire le nombre de réfugiés éligibles au travail, alors que des secteurs comme l’hôtellerie et l’agroalimentaire comptent sur le dispositif d’autorisation de travail mis en place en 2024.
Les organisations de défense des droits humains alertent sur le risque d’expulsion de migrants vulnérables avant qu’ils n’aient pu obtenir un conseil juridique. Certaines d’entre elles mettent en garde contre la désignation de régions entières comme «sûres», qui occulte les persécutions liées au genre et à l’orientation LGBTQ+.
Dans une déclaration commune publiée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), des Ong avaient exigé que la Tunisie, entre autres pays, ne soit pas considérée comme un «lieu sûr» pour le rapatriement des migrants irréguliers arrêtés en Europe. Selon cette déclaration, inclure la Tunisie reviendrait à «nier la protection», permettant des procédures accélérées et des rapatriements, dans un contexte de dégradation des droits et de répression politique. Le PE n’a clairement pas prêté l’oreille à ces avertissements.
De nouveaux vestiges romains et byzantins ont été découverts dans le gouvernorat de Béja, au nord-ouest de la Tunisie, lors d’une campagne de fouilles tuniso-italiennes menées conjointement par l’Institut national du patrimoine (INP) et l’Université de Sassari sur le site de Henchir El Matria (l’antique Numluli).
Selon l’INP, les travaux se sont concentrés sur la place publique et une basilique byzantine, où des chapiteaux et des colonnes attribués au Capitole, des statues de divinités romaines, des lampes et des mosaïques byzantines ont été mis au jour.
Cette campagne, financée par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, s’inscrit dans un programme lancé en 2022 visant à documenter et à valoriser la cité antique, encore relativement peu explorée.
Le site, connu des archéologues sous le nom antique de Numluli et situé dans la région de Dougga, conserve un plan urbain considéré comme l’un des plus lisibles du nord de la Tunisie, avec un forum, un capitole, des temples et des complexes thermales, ainsi que des structures liées à l’Antiquité tardive et à la période chrétienne.
Les observateurs soulignent que ces nouvelles découvertes contribuent à clarifier la stratification de la ville entre les périodes impériale et byzantine, et à affiner l’interprétation des relations entre espaces civiques et architecture religieuse, dans une zone clé de la Tunisie romaine mais moins connue que les grands pôles touristiques.