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Fergie Chambers : L’Espagne refuse de bloquer la demande d’extradition américaine

23. September 2026 um 17:24

Le gouvernement espagnol a décidé de laisser la justice examiner la demande d’extradition vers les États-Unis de Fergie Chambers, homme d’affaires américain installé en Tunisie et connu notamment pour son soutien financier au Club Africain.

Réuni mardi 22 septembre 2026, le Conseil des ministres a « autorisé la continuation » de la demande américaine. Le gouvernement avait été appelé par plusieurs formations de gauche à bloquer la procédure à ce stade, mais a choisi de transmettre le dossier à l’Audiencia Nacional.

Cette décision ne signifie pas que l’Espagne a accepté d’extrader Chambers. La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a insisté sur son caractère procédural. La justice espagnole doit maintenant examiner la demande américaine et les arguments de la défense avant qu’une décision définitive puisse être prise.

Arrêté à Ibiza depuis le 10 juillet

Fergie Chambers a été arrêté le 10 juillet 2026 à Ibiza à la demande des États-Unis. Il est depuis détenu en Espagne.

Washington lui reproche plusieurs opérations financières et réclame son extradition. En août, Webdo avait rapporté le contenu de la notice rouge d’Interpol révélée par le quotidien espagnol El País. Le document mentionnait trois chefs d’accusation : blanchiment d’argent, émeute et complot en vue de provoquer une émeute.

Le dossier comporte également un important volet tunisien. Parmi les transactions examinées par les autorités américaines figure un transfert d’environ 7,5 millions de dollars vers la Tunisie.

La défense de Chambers soutient que ces fonds étaient destinés au Club Africain, notamment pour régler des dettes et des salaires et financer des infrastructures. Cette version est contestée dans le cadre du dossier américain et n’a pas été établie par une décision judiciaire.

Sumar s’oppose à la décision du gouvernement

L’affaire divise désormais ouvertement la coalition gouvernementale espagnole.

Les ministres de Sumar ont présenté lors du Conseil des ministres un document contenant leurs arguments juridiques en faveur de l’arrêt de la procédure. Enrique Santiago, député de Sumar et porte-parole d’Izquierda Unida, a ensuite vivement critiqué la position du PSOE.

Podemos et le BNG ont également demandé au gouvernement espagnol de rejeter l’extradition.

La défense de Chambers est dirigée par Baltasar Garzón, ancien juge de l’Audiencia Nacional. Après la décision du gouvernement, celui-ci a dénoncé une incohérence de l’exécutif espagnol et soutenu que son client faisait l’objet d’une persécution politique aux États-Unis en raison de son engagement en faveur de la Palestine. Il s’agit de la position de la défense, contestée par les autorités américaines.

L’Audiencia Nacional doit désormais fixer une audience. Selon Reuters, celle-ci est attendue dans les prochaines semaines.

Même si la justice espagnole autorise l’extradition, le dossier ne sera pas nécessairement clos : le gouvernement conservera un rôle dans la décision finale.

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Trump vs les médias américains : un bras de fer à haut risque

23. September 2026 um 11:10

Donald Trump face à ses démons. En s’attaquant frontalement à plusieurs médias américains, le président américain a engagé un bras de fer explosif avec la presse, au risque de heurter l’un des piliers de la démocratie américaine.

 

Les Pères fondateurs de l’Amérique doivent se retourner dans leurs tombes. Ces hommes, qui participèrent à la Révolution américaine, à l’indépendance des États-Unis et à la création de leurs institutions à la fin du XVIIIᵉ siècle et qui avaient fait de la liberté d’expression et de la liberté de la presse le socle de la démocratie américaine, verraient aujourd’hui leur héritage constitutionnel sérieusement malmené.

Ainsi, le Premier amendement de la Constitution, conçu pour protéger la parole libre des citoyens contre les abus du pouvoir, se retrouve ainsi au cœur d’un bras de fer inédit entre la Maison-Blanche et une partie de la presse américaine.

Or, en s’attaquant à des médias qu’il accuse de diffuser de « fausses informations », Donald Trump semble avoir franchi une ligne rouge constitutionnelle. Lui qui, Bible à la main, avait juré lors de son investiture de « préserver, protéger et défendre » la Constitution et les lois des États-Unis, semble désormais engagé dans un bras de fer frontal avec une partie de la presse américaine. Car le droit américain encadre strictement la possibilité pour le gouvernement de sélectionner ou d’exclure des journalistes en fonction de leurs opinions ou de leur couverture éditoriale.

Pied de nez

En effet, après avoir, le 19 septembre 2026, exclu de la Maison-Blanche des journalistes des chaînes de télévision CNN et MSNOW (anciennement MSNBC) ainsi que le média en ligne Politico «avec effet immédiat», les accusant de diffuser des « fake news », de la « fiction » et des « mensonges », et affirmé qu’il ne voulait plus les voir « dans son bureau », Donald Trump est passé à la vitesse supérieure. Et ce, en lançant sa propre chaîne privée, « Trump TV », une chaîne YouTube qui lui est exclusivement consacrée et disponible 24h/24 et 7j/7. Une manière pour l’imprévisible milliardaire républicain de contourner les médias traditionnels et de s’adresser directement au public.

« D’autres médias propagateurs de fausses informations suivront », avait prévenu le président républicain. Une menace qui intervient dans un contexte politique particulièrement difficile pour Donald Trump, à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre. Sa cote de popularité s’est récemment dégradée, sur fond de mécontentement croissant face au coût de la vie et à la hausse des prix du carburant.

La guerre en Iran, qui se prolonge depuis plusieurs mois sans issue clairement en vue, pèse également sur son bilan aux yeux d’une partie de l’opinion américaine.

Fronde

Mais c’était sans compter sur le sursaut de la presse américaine. Consciente que la décision de Donald Trump pourrait créer un dangereux précédent et faire jurisprudence, l’ensemble de la profession s’est rapidement mobilisé. Dans  un mouvement de solidarité inédit, les trois médias bannis de la Maison-Blanche ont ainsi reçu le soutien de leurs confrères, y compris de médias conservateurs, pourtant loin d’être systématiquement hostiles au président.

Le front de la presse s’est même élargi aux quatre autres chaînes qui composent le « pool » présidentiel — CBS, ABC, NBC et Fox. Toutes ont décidé de suspendre leur participation à ce dispositif chargé de suivre les déplacements et activités du président américain, notamment ses voyages officiels, comme celui effectué cette semaine à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, où CNN devait initialement assurer la couverture.

« A partir d’aujourd’hui, le pool télé ne couvrira pas les événements auxquels participera le président », a indiqué Bryan Boughton, représentant de Fox et organisateur de ce groupe de chaînes.

Un exemple spectaculaire de ce boycott des activités présidentielles par les grandes chaînes américaines — CBS, ABC, NBC et Fox ? L’inauguration lundi 21 septembre par Donald Trump d’une gigantesque plateforme pour hélicoptères, installée à la Maison-Blanche, n’a tout simplement pas été retransmise à la télévision. De plus, sur le départ pour New York, où il devait participer à l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump s’est contenté de prononcer un bref discours. Mais faute de couverture télévisée par les grandes chaînes, les images diffusées par la Maison-Blanche elle-même, sur lesquelles on distingue à peine ses propos, ont constitué l’essentiel de la séquence constituée d’images mais sans son.

Rappelons enfin que les trois médias interdits d’accès à la Maison-Blanche ont déposé plainte et demandent la suspension en urgence de la mesure les visant. Dans leur plainte, CNN, MS Now et Politico estiment que la décision de Donald Trump constitue une atteinte « directe au Premier amendement » de la Constitution américaine, garantissant la liberté de la presse, et une violation « flagrante de nos principes constitutionnels les plus fondamentaux ».

Reste désormais à savoir si cette mobilisation, la première d’une telle ampleur depuis le début de son second mandat marqué par des attaques répétées contre les journalistes, finira par infléchir Donald Trump. Le président américain est un téléspectateur compulsif et un grand amateur de couverture médiatique, de reportages et de clichés de presse. Privé désormais d’une partie de cette exposition médiatique, il devra surtout compter sur sa propre chaîne pour revoir en boucle ses anciens discours. Une bien maigre consolation pour cet octogénaire à l’égo surdimensionné.

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Trump veut de la potasse, la Tunisie en a, mais tarde à l’exploiter

23. September 2026 um 11:08

Trump cherche de la potasse (KCI), Zarzis peut rapidement répondre présent. À une condition que l’administration centrale à Tunis saisisse l’opportunité et active rapidement les liens diplomatiques et commerciaux requis. Pour assumer ce coût d’entrée …

Moktar Lamari *

Donald Trump cherche de la potasse. Beaucoup de potasse, vite et moins cher. Dans sa guerre commerciale contre le Canada, le président américain a annoncé, le 21 septembre 2026, travailler à un «massive deal» avec la Biélorussie pour acheter du chlorure de potassium à un prix qu’il affirme substantiellement inférieur à celui payé aux Canadiens.

Washington veut faire baisser le prix des engrais pour ses agriculteurs et surtout desserrer l’étau de sa dépendance canadienne. Car le paradoxe est savoureux : Trump fait la guerre commerciale à son voisin du Nord, puis découvre que son agriculture dépend massivement de ses mines de potasse.

En 2024, le Canada a produit environ 25 millions de tonnes de potasse, soit 32,8 % de la production mondiale, et exporté environ 22,9 millions de tonnes, près de 39 % des exportations mondiales. Plus spectaculaire encore, 53 % de ces exportations canadiennes sont parties vers les États-Unis.

L’Amérique agricole a donc beau avoir un président qui adore les droits de douane, ses cultures ne poussent pas avec des tarifs douaniers. Elles poussent avec de la potasse. Et Trump cherche une sortie. Il regarde vers la Biélorussie.

Sur le papier, l’idée paraît simple : acheter moins cher à Minsk ce que Washington achète cher à Ottawa. Sauf qu’entre une mine bélarusse et un champ de maïs de l’Iowa, il y a désormais quelque chose qui s’appelle la géopolitique. Le Biélorussie est sous sanctions occidentales en raison notamment de son soutien à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

Avant les sanctions, sa potasse prenait notamment le chemin de Klaipėda, en Lituanie, pour rejoindre les marchés mondiaux. Depuis la fermeture de cette voie, les exportations ont été largement réorientées vers les infrastructures et les ports russes. Le rail, les transbordements, les ports, les distances et les nouvelles contraintes financières ont donc pris une importance considérable.

La potasse biélorusse peut être bon marché à la sortie de la mine et devenir beaucoup moins bon marché à l’arrivée aux États-Unis. Il faut payer le transport ferroviaire, le transit, la manutention, le port, le fret maritime, l’assurance et le risque géopolitique, sans oublier les contraintes liées aux sanctions.

Autrement dit, le prix de départ n’est pas le prix rendu à l’agriculteur américain. C’est la vieille vérité commerciale que les slogans présidentiels aiment oublier.

Zarzis peut en profiter

Et Minsk vient justement de refroidir les enthousiasmes de Washington : Alexandre Loukachenko a indiqué que les volumes disponibles étaient limités et que la production était déjà largement engagée par des contrats existants. Trump cherche donc une montagne de potasse chez un fournisseur qui lui explique qu’il n’a peut-être pas la montagne disponible. Voilà une guerre commerciale qui commence à ressembler à une chasse au trésor sans carte.

Pendant ce temps, quelque part près de Zarzis, une autre histoire attend depuis un siècle. La Tunisie ne possède évidemment pas les gigantesques réserves de Saskatchewan et il serait absurde de prétendre le contraire. Mais elle possède quelque chose de beaucoup plus concret qu’un slogan : une ressource potassique documentée à Sebkha El Melah.

L’Office national des mines décrit les saumures de cette zone comme riches notamment en potassium, magnésium et brome. Un projet industriel étudié dans les années 1980 envisageait la production de chlorure et de sulfate de potassium.

Et une étude soutenue par la Banque mondiale retenait une première capacité industrielle de 70 000 tonnes de chlorure de potassium par an. Voilà le chiffre qui devrait réveiller quelques classeurs ministériels : 70 000 tonnes par an. Attention cependant, car cette précision est essentielle : il ne s’agit pas de la production tunisienne actuelle. L’usine n’existe pas. Il s’agit d’une capacité industrielle historique projetée, qu’il faudrait réévaluer avec les technologies, les prix, les réserves et les normes environnementales de 2026. Mais 70 000 tonnes, ce n’est pas rien.

C’est environ 0,09 % de la production mondiale actuelle. Cela ne détrônera évidemment pas le Canada, mais cela pourrait suffire à faire de Zarzis un fournisseur spécialisé sur un marché qui cherche précisément à diversifier ses sources.

La Tunisie peut aller de l’avant rapidement

La chimie donne elle aussi des ordres de grandeur intéressants. Les analyses historiques des saumures de Sebkha El Melah donnent une concentration moyenne de potassium de l’ordre de 7,2 à 7,7 grammes par litre, avec des valeurs pouvant atteindre environ 15,5 grammes par litre selon les prélèvements. À 7,2 grammes de potassium par litre, il faudrait théoriquement traiter de l’ordre de 5,1 millions de mètres cubes de saumure pour obtenir l’équivalent de 70 000 tonnes de KCl, avant pertes et rendement industriel.

Ce calcul ne signifie évidemment pas que 5,1 millions de mètres cubes sont aujourd’hui disponibles industriellement. Il donne simplement l’ordre de grandeur du procédé. La question sérieuse est donc de savoir quelle quantité de saumure peut être exploitée durablement, avec quel taux de récupération du potassium, quelle consommation énergétique et quel impact environnemental. Vite une une étude de faisabilité, pas une conférence sur «l’avenir de la Tunisie» !

Et maintenant, faisons parler les scénarios financiers, mais sans raconter d’histoires. Prenons 70 000 tonnes comme scénario prudent parce que cette capacité figure dans l’ancien projet industriel. Supposons, uniquement pour établir un ordre de grandeur, un prix de vente moyen du KCl compris entre 600 et 650 dollars américains par tonne métrique. À ce prix hypothétique, 70 000 tonnes représenteraient une valeur brute annuelle comprise entre 42 et 45,5 millions de dollars.

Ce n’est pas un bénéfice : c’est une valeur de production avant les coûts de pompage, de concentration, de séparation, d’énergie, de personnel, d’entretien, d’amortissement, de financement, de fiscalité, de stockage, d’assurance et de transport maritime.

Passons à un scénario intermédiaire de 100 000 tonnes par an : au même prix hypothétique, la valeur brute serait de 60 à 65 millions de dollars.

Enfin, un scénario ambitieux de 250 000 tonnes par an donnerait une valeur brute théorique de 150 à 162,5 millions de dollars. Mais cette troisième hypothèse ne doit surtout pas être présentée comme une capacité démontrée : elle supposerait de nouvelles études géologiques, hydrologiques et industrielles, ainsi que des investissements beaucoup plus importants. Les chiffres ne sont donc pas des prévisions de revenus ; ce sont des scénarios de chiffre d’affaires brut permettant de mesurer l’ordre de grandeur économique du projet.

La canicule, un avantage comparatif

Et c’est ici que le soleil tunisien entre dans la danse. La concentration des saumures repose notamment sur des opérations d’évaporation et de cristallisation. Des travaux historiques avaient étudié l’utilisation de l’énergie solaire pour concentrer les saumures de Zarzis et récupérer successivement différents sels.

Le soleil tunisien pourrait donc contribuer au procédé industriel. Pas une usine magique fonctionnant gratuitement, évidemment, mais une ressource énergétique locale susceptible d’améliorer certains coûts du processus. Le soleil qui assèche les sols pourrait ainsi contribuer à concentrer le potassium. Voilà un cas où le climat tunisien pourrait devenir un auxiliaire industriel plutôt qu’une simple rubrique météorologique.

Et puis il y a le joker : le port de Zarzis. Il n’est pas nécessaire de construire un port au milieu du désert. En 2022, le port commercial de Zarzis a exporté environ 867 255 tonnes de sel marin et traité environ 1,183 million de tonnes de marchandises. Il possède un chenal d’accès de 8,4 kilomètres de longueur et 125 mètres de largeur et une expérience réelle du trafic de vrac. La région possède également une zone industrielle et un parc d’activités économiques.

La chaîne industrielle est donc parfaitement lisible : Sebkha El Melah, traitement dans la zone industrielle de Zarzis, production de KCl, stockage, chargement en vrac au port, navire, marché américain. Comparons-la à la chaîne bélarusse : mine, rail, transit par la Russie, port russe, manutention, navire, États-Unis. La seconde n’est pas impossible ; elle est simplement exposée à davantage de contraintes logistiques et géopolitiques. Et c’est pourquoi le bon calcul n’est jamais le prix à la mine : c’est le prix rendu au client.

Il faudrait donc arrêter de vendre du rêve et commencer à vendre du KCl. Une campagne moderne de caractérisation des saumures, la mesure précise des volumes renouvelables, des essais pilotes, l’évaluation du taux de récupération, le calcul énergétique, une étude environnementale indépendante, puis une unité pilote. Si les résultats sont bons, 70 000 tonnes annuelles. Puis 100 000. Puis davantage si les ressources le permettent. Pas un million de tonnes dans un communiqué de presse : des tonnes réelles dans des navires et des dollars réellement encaissés.

La protection environnementale doit être intégrée dès le départ : surveillance des nappes, des sols, des rejets, de la biodiversité et des résidus salins. Il serait irresponsable de promettre une industrie «sans pollution» avant d’avoir étudié le procédé. Il est en revanche parfaitement légitime de viser une industrie à impacts mesurés, réduits et contrôlés.

De Zarzis à Washington, Tunis doit bouger

Pourquoi cette affaire mérite-t-elle l’attention ? Parce que les États-Unis cherchent précisément à diversifier leurs fournisseurs. En 2024, environ 79 % de leurs importations de potasse provenaient du Canada, contre environ 11 % de Russie et 4 % de la Biélorussie. Washington cherche donc des alternatives. La Biélorussie peut en être une, mais avec les sanctions, les contraintes géopolitiques et une logistique largement réorientée vers la Russie.

La Tunisie pourrait en être une autre : pas une alternative au Canada, pas un nouveau géant mondial, mais une source méditerranéenne supplémentaire, politiquement et géographiquement différente, avec une ressource documentée, un port existant et une zone industrielle.

Trump veut rendre l’Amérique moins dépendante du Canada. La Tunisie pourrait lui répondre : nous ne vous promettons pas des millions de tonnes ; nous vous proposons de tester 70 000 tonnes. Voilà une proposition commerciale, pas une supplique diplomatique.

Et le paradoxe est magnifique. Trump cherche la potasse en Biélorussie. Loukachenko lui dit qu’il n’a peut-être pas les volumes. Minsk doit composer avec les sanctions et une logistique largement réorientée vers la Russie. Le Canada reste le géant mondial.

Et Zarzis ? Zarzis possède une sebkha, du soleil, une industrie saline, une zone industrielle, un port, une expérience historique de production de KCl et un ancien projet industriel chiffré à 70 000 tonnes par an.

La Tunisie ne possède peut-être pas une nouvelle Saskatchewan. Elle possède quelque chose de plus immédiatement exploitable : une question industrielle que personne n’a encore pris la peine de valoriser pleinement.

Combien de tonnes de potassium avons-nous laissé dormir pendant que les Américains se disputent avec les Canadiens pour savoir qui leur vendra l’engrais ?

La réponse doit être scientifique, économique et environnementale.

Mais elle pourrait aussi être très tunisienne : des tonnes à Zarzis, des dollars à Washington et, entre les deux, un bateau qui attend.

Il ne manque peut-être pas la potasse. Il manque surtout le réveil industriel. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie est un ministère décapité, sans ministre depuis 4 mois. Un ministère rongé par l’incompétence, mais restons optimiste pour que Kais Saied bouge et assume un leadership efficace, et avant-gardiste dans ce dossier…

A suivre…

Blog de l’auteur : E4T.

* Economiste universitaire.

NB : Le sel marin est du chlorure de sodium (NaCl), le sel de table ; la potasse est principalement du chlorure de potassium (KCl), utilisé comme engrais. À Zarzis, les saumures de Sebkha El Melah contiennent notamment sodium, potassium et magnésium : leur évaporation permet donc de récupérer différents sels. Bref : le sel n’est pas la potasse, mais les deux peuvent sortir de la même saumure.

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Chiffre de la semaine : les Etats-Unis ont expulsé plus de 25 000 étrangers

23. September 2026 um 09:08
Le gouvernement US a passé des accords secrets avec 35 pays pour qu’ils accueillent des personnes n’ayant aucun lien avec eux. C’est ce que révèle une enquête journalistique mondiale. Depuis que Donald Trump est revenu à la Maison Blanche en…

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À l’approche des midterms, Trump plus zinzin que jamais 

23. September 2026 um 07:36

Alors que les élections de mi-mandat (les midterms), prévues pour le mardi 3 novembre 2026, approchent à grands pas, le président américain Donald Trump ne cesse de faire des propositions déplacées et de tenir des propos inquiétants. Même si les Américains et le monde ont fini par s’accommoder à la «folie» trumpienne, cela ne veut pas dire que ses méthodes sont acceptées. La perte de confiance par les électeurs en ses capacités de dirigeant s’accélère de plus en plus mais le locataire de la Maison-Blanche qui joue gros le 3 novembre prochain n’a toujours pas décidé de mettre un frein à ses provocations et à ses déclarations étranges. 

Imed Bahri

Dans une analyse publiée par CNN, Aaron Blake s’est interrogé sur le comportement erratique de Trump, notamment au cours des douze derniers jours, ce qui est particulièrement frappant à l’approche des élections de mi-mandat.

Il a proposé aux électeurs ce que même certains républicains considèrent comme de la corruption. Il a menacé (apparemment sur le ton de la plaisanterie) de retenir l’aide d’urgence à un État qui n’élirait pas un sénateur républicain. Avant le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, il a laissé entendre, sans la moindre preuve, que les démocrates complotaient pour le tuer. Il a menacé de suspendre le commerce extérieur. Il prend en otage l’avenir du Kennedy Center* si les juges ne l’autorisent pas à y apposer son nom, et affirme vouloir que l’arc de triomphe de 250 pieds qu’il projette d’ériger à l’entrée du cimetière national d’Arlington serve également de complexe militaire abritant drones et tireurs d’élite. Il refuse désormais l’accès à la Maison-Blanche à certains médias dont CNN et Politico.

Perte de confiance des Américains en ses capacités de dirigeant

Blake soutient que l’une des principales raisons de la baisse de popularité de Trump est la perte de confiance des Américains en ses capacités de dirigeant. De récents sondages montrent que 67% des Américains reprochent au président de ne pas réfléchir mûrement aux décisions importantes et 71% ne le trouvent pas équilibré. Plus de 7 adultes et électeurs inscrits sur 10 affirment qu’il n’a même pas de plan de guerre contre l’Iran, selon des sondages menés par Fox News et CNN. À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, Trump n’a guère agi pour apaiser ces inquiétudes.

L’offre de Trump de verser 5 000 dollars à chaque adulte américain si les Républicains conservent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat qui s’apparente à du donnant donnant est désapprouvée par la majorité des Américains, 66% des électeurs inscrits la jugent «inappropriée».

Sa menace, lancée sur le ton de la plaisanterie, mercredi 16 septembre 2026, de retenir l’aide d’urgence à la Caroline du Nord si cet État élit un sénateur démocrate est également déconcertante. Trump a affirmé plaisanter mais son bilan démontre clairement que son administration a discriminé les États démocrates sur ce type de questions, ce qui est loin d’être anodin.

Son récit, à l’approche du 11 septembre, selon lequel des pompiers l’auraient porté alors qu’on craignait l’effondrement d’un immeuble, était pour le moins douteux et trompeur, comme l’a écrit Daniel Dale de CNN. Si l’histoire était exagérée, elle semblait être une tentative du président de se présenter comme un héros.

Trump a également affirmé que la tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024 à Butler, en Pennsylvanie, était un complot ourdi par les Démocrates pour l’empêcher de se présenter à l’élection, une allégation grave si elle avait le moindre fondement or il n’existe toujours aucune preuve de l’implication des Démocrates et Trump n’a fourni aucun détail supplémentaire. En réalité, Thomas Crooks, qui a tenté de l’assassiner, était inscrit comme républicain ! Le jour même où Trump a fait ces déclarations, le directeur du FBI, Kash Patel, a témoigné qu’il n’y avait «aucune preuve que Crooks ait parlé à qui que ce soit d’autre que ses parents».

Trump a également menacé à plusieurs reprises de paralyser une grande partie du commerce extérieur américain, notamment avec tous les pays avec lesquels les États-Unis accusent un déficit commercial, si la Réserve fédérale ne baisse pas ses taux d’intérêt.

Si nous cessions de commercer avec tous les pays avec lesquels nous avons un déficit commercial et ils sont nombreux, ce qui est très facile à faire, nous gagnerions au moins 1500 milliards de dollars par an, a affirmé Trump mercredi 16 septembre en Caroline du Nord. Des propos complètement démagogiques.

Vendredi, Trump a annoncé brusquement une interdiction immédiate d’accès à la Maison-Blanche pour CNN, MS Now et Politico, surprenant même certains de ses collaborateurs. Une correspondante de CNN s’est vu refuser l’entrée de la Maison-Blanche samedi matin et son accréditation de presse lui a été confisquée. Un journaliste de Politico ainsi qu’un journaliste et un photographe de MS Now se sont également vu refuser l’accès.

Il existe d’autres exemples, moins évidents mais tout aussi inquiétants, du comportement de Trump. 

Multiplication des comportements et des déclarations étranges

Mardi 15 septembre, Donald Trump a laissé entendre que les juges de la Cour suprême qu’il avait nommés et dont les jugements rendus ne lui plaisent pas avaient peut-être dissimulé leurs véritables intentions, affirmant qu’ils n’étaient «pas les personnes [qu’il avait] interrogées» et qu’ils ne représentaient plus «que l’ombre d’eux-mêmes». 

Il a également rompu avec le protocole de longue date de la politique étrangère américaine en saluant la perspective d’une réunification de l’Irlande, ce qui est une provocation à l’endroit du Royaume-Uni dont l’Irlande du Nord fait partie.

Enfin, il a qualifié de «canular» les inquiétudes en matière de sécurité que fait peser l’intelligence artificielle alors même qu’une grande partie des Américains se préoccupent vivement de ce sujet.

Enfin, Trump a passé une grande partie de la semaine à tenter de forcer les tribunaux à l’autoriser à donner son nom au Kennedy Center, même si cela semble illégal. Il laisse désormais ouvertement entendre qu’il pourrait laisser l’institution dépérir s’il n’obtient pas gain de cause. 

Cela paraît loin mais durant le premier mandat de Trump, il était souvent question de son tempérament et de ses tweets mais aujourd’hui, son comportement a sans doute fini par se banaliser et par désensibiliser quelque peu les Américains.

Aaron Blake estime que Trump a tout intérêt à cesser ce genre d’agissements avant les élections de mi-mandat car la mainmise de son parti sur le pouvoir sera en jeu et les électeurs nourrissent de réels doutes quant à sa capacité à diriger le pays. Or, pour le moment, il adopte la stratégie inverse, intensifiant ses comportements et déclarations étranges.

* Le John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts, souvent abrégé en Kennedy Center, est un centre culturel national et une salle de spectacle, inauguré en 1971 et situé le long du Potomac, près de l’hôtel du Watergate à Washington, aux États-Unis. Il est la résidence du National Symphony Orchestra.

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Le S&P 500 est menacé d’une chute de 7 %, selon Morgan Stanley

22. September 2026 um 15:46

Les actions américaines restent exposées à une possible nouvelle hausse des prix de l’énergie et à la volatilité du marché obligataire, selon les analystes de Morgan Stanley. Ils préviennent que l’indice S&P 500 pourrait chuter jusqu’à 7 % dans un tel scénario.

L’équipe d’analystes dirigée par Michael Wilson souligne que, même si les solides résultats des entreprises américaines ont jusqu’à présent permis aux actions de résister à la hausse des rendements obligataires, les valorisations du S&P 500 ont chuté au cours des quatre derniers mois pour atteindre leur niveau le plus bas depuis mars, selon un rapport de Bloomberg publié le 21 septembre.

« Si la correction des valorisations s’aggrave à court terme en raison d’un resserrement supplémentaire des conditions financières et/ou d’une hausse significative des prix de l’énergie, nous pensons que le S&P 500 pourrait chuter jusqu’à 7 100 avant de retrouver la dynamique du marché haussier vers la fin de l’année », a déclaré M. Wilson dans une note.

Ce niveau représente une baisse de 7 % par rapport à la clôture de vendredi 18 septembre. M. Wilson prévoit également une escalade de la volatilité avant les élections de mi-mandat américaines de novembre. Mais il reste optimiste quant aux bénéfices des entreprises, anticipant une remontée en fin d’année vers l’objectif de 8 000 points. Une progression qui représenterait un gain de près de 5 % par rapport aux niveaux actuels.

L’indice S&P 500 se stabilise depuis son record atteint mi-août, notamment en raison des inquiétudes liées aux perspectives d’inflation, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans oscillant autour de 5 %. Parallèlement, le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) est passé sous la barre des 100 dollars le baril, tout en restant supérieur de 43 % à son plus bas niveau de juillet. Tandis que la Réserve fédérale a relevé ses taux d’intérêt la semaine dernière pour la première fois en trois ans.

Malgré tout, la détermination de la banque centrale à lutter contre l’inflation a maintenu l’optimisme des investisseurs. L’indice de référence n’est qu’à 2 % de son sommet, soutenu par l’un des meilleurs trimestres de résultats d’entreprises jamais enregistrés (le deuxième trimestre). Les analystes d’autres géants, comme JPMorgan Chase & Co. et Goldman Sachs Group Inc., prévoient également que les actions continueront de profiter de ces solides résultats, même si Bank of America Corp. met en garde contre un optimisme excessif des investisseurs face au ralentissement de la croissance des bénéfices.

Michael Wilson, de Morgan Stanley, figure parmi les analystes qui se sont montrés constamment optimistes quant aux actions américaines cette année. Dans sa note, il a réitéré sa recommandation d’investir dans des valeurs de qualité à forte capitalisation, soulignant que la dynamique est particulièrement forte dans les secteurs des services et les entreprises à faible intensité capitalistique.

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Fret, énergie, diesel : les entreprises américaines sous forte pression

22. September 2026 um 13:27

Les petites et moyennes entreprises américaines font face à une nouvelle vague de perturbations des chaînes d’approvisionnement, alimentée par la hausse des coûts énergétiques, du transport maritime et du diesel, ainsi que par les tensions géopolitiques.

Selon des témoignages recueillis par CNN publiées le 21 septembre, certains dirigeants considèrent la situation actuelle comme plus difficile à gérer que celle provoquée par la pandémie de Covid-19. À l’époque, les chaînes logistiques avaient été largement bloquées. Aujourd’hui, les marchandises continuent de circuler, mais avec davantage de coûts, de retards et d’incertitudes.

Le coût du transport s’envole

Les entreprises doivent notamment composer avec la hausse du prix du diesel, qui a fortement augmenté depuis le mois de mars dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et des perturbations affectant les approvisionnements énergétiques.

Le transport maritime est lui aussi soumis à de nouvelles contraintes. Les perturbations en mer Rouge contraignent de nombreux navires à contourner l’Afrique, allongeant les trajets et augmentant les besoins en carburant et en capacités de transport.

Selon Ryan Petersen, directeur général de Flexport, cité par CNN, ces détours ont contribué à réduire d’environ 15 % la capacité mondiale de transport disponible en 2026. Les tensions dans le Golfe et les perturbations liées aux conditions météorologiques viennent également compliquer les opérations portuaires.

Des entreprises prises entre coûts et demande

Pour les PME, la difficulté tient également à leur capacité limitée à répercuter ces hausses sur leurs prix. Les consommateurs américains restent sensibles à l’inflation et peuvent réduire leurs achats lorsque les prix augmentent.

L’exemple de Dilworth Coffee, entreprise basée en Caroline du Nord, illustre cette accumulation de contraintes. Après les difficultés liées aux récoltes de café au Brésil en 2024 et l’impact des droits de douane américains, l’entreprise doit désormais gérer les conséquences des perturbations maritimes et de l’augmentation des coûts logistiques.

Son dirigeant explique que l’entreprise, qui pouvait auparavant sécuriser ses approvisionnements de café 12 à 24 mois à l’avance, ne planifie désormais que sur une période de trois à six mois. La réduction des stocks est également liée à la hausse du coût du transport et à la diminution des marges.

Une visibilité réduite

Cette incertitude modifie profondément la gestion des stocks. Les entreprises doivent arbitrer entre le risque de manquer de marchandises et celui d’immobiliser des liquidités dans des stocks plus importants.

Les fluctuations des ventes deviennent également plus difficiles à prévoir. Selon le dirigeant de Dilworth Coffee cité par CNN, les variations mensuelles habituelles de l’activité, limitées auparavant à environ 5 %, peuvent désormais atteindre 20 %.

Pour les petites entreprises disposant de moins de liquidités et d’un pouvoir de négociation inférieur à celui des grands groupes, cette volatilité constitue une contrainte supplémentaire.

Une crise différente de celle du Covid

La comparaison avec la pandémie doit toutefois être nuancée. En 2020-2021, les chaînes mondiales avaient été confrontées à des fermetures d’usines, des pénuries de conteneurs et une congestion exceptionnelle des ports.

La situation actuelle est différente : les flux commerciaux ne sont pas interrompus à la même échelle, mais ils sont soumis à une succession de perturbations qui renchérissent leur coût et réduisent leur prévisibilité.

Pour les PME, cette combinaison entre énergie chère, transport plus coûteux, délais allongés et visibilité réduite devient ainsi un problème de gestion quotidienne.

La pression pourrait également se transmettre aux prix à la consommation si les entreprises ne sont plus en mesure d’absorber ces coûts. Elle intervient alors que l’inflation américaine demeure une préoccupation pour les ménages comme pour les autorités monétaires.

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Washington mise sur 5 Mrds $ pour sécuriser les routes énergétiques du Golfe

22. September 2026 um 10:13

L’administration américaine propose de consacrer 5 milliards de dollars à un fonds destiné à reconstruire les infrastructures énergétiques endommagées au Moyen-Orient et à développer des voies d’exportation contournant le détroit d’Ormuz. Washington souhaite obtenir une contribution équivalente de huit pays du Golfe, pour porter le fonds envisagé à 10 milliards de dollars. Le projet reste toutefois en discussion.

Selon des informations du Wall Street Journal publiées ce mardi, Washington envisage d’apporter 5 milliards de dollars à ce mécanisme et demande à huit partenaires régionaux du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït, Oman, Irak et Jordanie — de fournir une contribution équivalente. L’objectif serait de constituer un fonds de 10 milliards de dollars, baptisé Partnership for Allied Trust and Construction (PACT).

Le fonds envisagé pourrait financer la remise en état de pipelines, raffineries et installations d’exportation de pétrole et de gaz endommagés durant le conflit. Il aurait également vocation à soutenir de nouvelles infrastructures permettant d’acheminer les hydrocarbures vers les marchés internationaux sans dépendre exclusivement du détroit d’Ormuz.

Cette orientation répond à la vulnérabilité révélée par les perturbations du trafic maritime dans le Golfe. Les attaques contre des installations énergétiques et les interruptions de certaines infrastructures ont contribué à réduire les capacités disponibles et à renchérir le transport des hydrocarbures.

Plusieurs producteurs du Golfe et l’Irak cherchent parallèlement à renforcer leurs itinéraires terrestres ou leurs capacités portuaires afin de diversifier leurs possibilités d’exportation.

Réduire la dépendance à Ormuz

L’un des principaux objectifs du projet américain serait ainsi de développer des corridors énergétiques alternatifs au détroit d’Ormuz. L’Arabie saoudite et les Émirats disposent déjà d’infrastructures permettant d’acheminer une partie de leur pétrole vers des ports qui ne dépendent pas directement du détroit. D’autres pays restent toutefois beaucoup plus exposés à cette voie maritime, notamment le Koweït et le Qatar.

Le projet américain pourrait donc soutenir des investissements dans des oléoducs, des terminaux et des infrastructures portuaires destinés à diversifier les routes d’exportation…

Le risque d’une nouvelle dégradation

Le calendrier de la reconstruction constitue également une difficulté. Certains responsables régionaux cités par le Wall Street Journal estiment qu’investir massivement dans de nouvelles infrastructures avant la conclusion d’un règlement avec Téhéran pourrait exposer ces installations à de nouvelles attaques.

Le coût de la remise en état des infrastructures énergétiques touchées par le conflit pourrait par ailleurs atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars, selon des estimations citées par le quotidien américain.

Au-delà de la reconstruction, l’initiative américaine traduit ainsi une volonté de modifier durablement la géographie des flux énergétiques régionaux. La multiplication des routes alternatives pourrait réduire la vulnérabilité des exportations du Golfe aux perturbations du détroit d’Ormuz, sans toutefois éliminer à court terme l’importance stratégique de cette voie maritime.

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« Il est presque minuit à l’horloge nucléaire »

21. September 2026 um 15:03

Des événements inquiétants ont eu lieu le week-end dernier en relation avec la guerre dans le Golfe. Toutes les ambassades américaines dans la région étaient dans un état d’alerte maximal, recommandant à leurs citoyens de rentrer chez eux.

De leur côté, les responsables iraniens ont fait savoir qu’ils disposent d’informations sur « des préparatifs militaires américains visant à lancer une attaque massive contre l’Iran avec la complicité de pays de la région ».

Enfin, le président américain écourta son week-end à Camp David et regagna la Maison Blanche où il a énoncé ce qu’il a appelé ses trois options : « Effacer l’Iran de la surface de la Terre ; continuer à l’étrangler économiquement ; revenir à la négociation. »

Malin celui qui peut compter le nombre de fois où Trump a menacé de faire revenir l’Iran à l’âge de pierre ou de l’asphyxier économiquement. Quant aux négociations, il les a utilisées à deux reprises comme ruse pour accroitre l’effet de surprise de la guerre qu’il préparait avec Netanyahu en juin 2025 et février 2026.

Pour les Iraniens, les négociations ont déjà eu lieu et abouti au Memorandum of Understanding (MoU) que Trump a signé le 17 juin à Versailles et ignoré presque aussitôt. Depuis, la position officielle iranienne reste inchangée : les négociations ont eu lieu, le MoU a été signé et il reste le seul moyen de mettre fin à la guerre.

En d’autres termes, tant que le président américain maintient son refus d’appliquer le Mémorandum, le détroit d’Ormuz restera fermé, la région dans un état de guerre et l’économie mondiale sur la voie de la dépression.

Sur le plan personnel, Trump est de plus en plus stressé à l’approche des élections de mi-mandat qui se tiendront dans cinq semaines. Les démocrates ont toutes les chances de les remporter. Ce qui constitue un vrai cauchemar pour Donald Trump qui y voit un gros risque de destitution par la procédure d’impeachment et un procès pour corruption, viol de la Constitution, sans parler de l’affaire Epstein.

Sur le plan de l’Establishment, ceux qui tirent les ficelles de la politique américaine acceptent difficilement l’idée de la défaite d’une puissance nucléaire par un pays non nucléaire qui, plus est, sous sanctions étouffantes depuis un demi-siècle. Une humiliation terrifiante aux conséquences géostratégiques dévastatrices pour les Etats-Unis.

Ces deux raisons sont évoquées par des analystes chevronnés, dont le Britannique George Galloway et l’ancien analyste de la CIA Larry Johnson, pour exprimer leurs craintes d’un recours « très probable » à l’arme nucléaire comme « le seul et unique moyen de mettre à genoux l’Iran ».

Les analystes iraniens, dont le professeur à l’université de Téhéran, Mohammed Marandi, sont conscients du danger que des villes iraniennes pourraient subir le sort d’Hiroshima et Nagasaki. Mais, soutiennent-ils, « l’histoire millénaire, la religion et la culture politique de la nation persane interdisent au peuple iranien de se soumettre à l’injustice des forces maléfiques ».

La résilience iranienne qui a « choqué » Trump dès les premiers jours de la guerre d’une part, et, d’autre part, la conviction de l’Establishment américain qu’une défaite de l’Iran est impossible par l’armement conventionnel, font que le monde se trouve dans la situation la plus dangereuse depuis la fin de la Seconde guerre mondiale il y a plus de huit décennies…

A ce risque de l’impasse dans le Golfe, s’ajoute celui de l’impasse dans l’autre foyer de tension : la guerre d’Ukraine. La « patience stratégique » dont a fait preuve la Russie face aux provocations incessantes de l’OTAN s’amenuise. On reste pantois face à l’irrationalité dont font preuve les élites gouvernantes en Europe, et en particulier en Grande Bretagne, en France et en Allemagne face à une puissance détentrice de six mille têtes nucléaires.

Ces trois pays qui continuent de verser de l’huile sur le feu, pensent-ils réellement qu’une défaite de la Russie par des armes conventionnelles l’empêchera de répondre par son arsenal nucléaire ? Sont-ils amnésiques au point d’oublier que tous les agresseurs, les provocateurs et les envahisseurs de la Russie ont été défaits sur la durée ?

Ces deux foyers de tension font que, comme l’a dit George Galloway dans son podcast dominical : « Il est presque minuit dans l’horloge nucléaire. » Pourtant, il n’est pas au-dessus des capacités humaines de sortir de ces deux impasses. Il suffit que Trump revienne au Mémorandum qu’il a signé le 17 juin à Versailles. Il suffit aussi aux Européens de s’assoir avec la Russie à la table des négociations et de discuter d’un nouvel arrangement sécuritaire qui garantirait la paix pour tous. A commencer par la dissolution de l’OTAN, cette force génératrice de mort, de destruction et d’anarchie là où elle s’aventure.

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Les Etats-Unis de Trump contre la Cour pénale internationale

21. September 2026 um 11:53

Les États-Unis de Donald Trump devraient annoncer cette semaine des sanctions visant l’ensemble de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision s’inscrit dans une offensive plus large contre cette juridiction internationale et ses juges. La raison ? Le chef du gouvernement de leur allié israélien, Benjamin Netanyahou, fait l’objet d’un mandat délivré par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au regard de sa responsabilité dans les actes commis à Gaza. Cette volonté de « punir » la CPI illustre ainsi l’entreprise de remise en cause de l’ordre international fondé sur le droit que mène de façon constante la première puissance mondiale.

 

Le refus des États-Unis d’adhérer à la CPI

Le principe de souveraineté des États a longtemps constitué un obstacle à la possibilité, pour des juridictions internationales, de poursuivre des individus, y compris des responsables politiques ou étatiques, accusés d’avoir commis les crimes les plus graves. Toutefois, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création du Tribunal de Nuremberg, le principe de responsabilité pénale individuelle s’est progressivement imposé. La création d’une juridiction internationale permanente, compétente de manière générale pour juger les crimes internationaux, s’est finalement concrétisée avec le Statut de Rome, traité fondateur de la « Cour pénale internationale » (CPI), signé le 17 juillet 1998 par une soixantaine d’États et entré en vigueur le 1er juillet 2002.

Le texte affirme explicitement ce principe, d’abord en matière de compétence : « [l]a Cour est compétente à l’égard des personnes physiques en vertu du présent Statut » (art. 25, § 1), puis en matière de responsabilité pénale : « [q]uiconque commet un crime relevant de la compétence de la Cour est individuellement responsable et peut être puni conformément au présent Statut. » (art. 25, § 2).

Les États-Unis ont d’abord signé le Statut de Rome en 2000, avant de retirer leur signature deux ans plus tard. Au moment où l’administration de George W. Bush engageait la « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, en 2002, elle a également fait adopter l’American Service Members’ Protection Act, une loi interdisant à toute institution américaine de coopérer avec la Cour pénale internationale. Il en résulte que les personnes présentes sur le territoire des États-Unis, qu’il s’agisse de militaires américains ou d’autres individus, échappent à la compétence de la CPI. Outre les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde et Israël ont également refusé de ratifier le Statut.

 

Le droit américain : instrument de pression contre la CPI

Le lawfare désigne une utilisation stratégique du droit destinée à instaurer, maintenir ou renverser un rapport de force, y compris en dehors des situations de conflit armé, afin de tenter d’imposer sa volonté à un adversaire. Si les États-Unis n’hésitent pas à recourir à cette forme d’instrumentalisation du droit, leur pratique du lawfare revêt une dimension particulièrement coercitive. Les lois extraterritoriales américaines permettent en effet de prendre des mesures contre des entreprises étrangères, y compris lorsqu’elles sont établies en dehors du territoire américain. Ces dispositifs peuvent également viser des organisations internationales et leurs agents.

Ces sanctions individuelles s’appuient notamment sur l’Executive Order 14203, « Imposing Sanctions on the International Criminal Court », signé par le président Donald Trump le 6 février 2025. Celui-ci invoque une « urgence nationale » face aux actions qualifiées d’« illégitimes et infondées » de la CPI à l’encontre des États-Unis et de leurs proches alliés.Depuis lors, le dispositif de sanctions s’est élargi à des magistrats de la CPI, à des rapporteurs spéciaux des Nations unies, à des organisations palestiniennes de défense des droits humains ainsi qu’à des acteurs de la société civile engagés dans la documentation de possibles crimes internationaux commis à Gaza.

Ces mesures, qui visent explicitement les personnes «directement impliquées dans le ciblage illégitime d’Israël », se sont renforcées au fur et à mesure que la CPI, certains mécanismes des Nations unies et des organisations de défense des droits humains documentaient et qualifiaient juridiquement les crimes commis à Gaza et, plus largement, dans les territoires palestiniens occupés.

La CPI se trouve désormais confrontée à la stratégie de l’administration Trump II, qui tend à démanteler l’institution ou, à tout le moins, à en réduire la portée, notamment en exerçant des pressions sur les États qui coopèrent avec elle. Cette politique s’est également traduite par l’adoption de sanctions individuelles contre plusieurs membres de la CPI : la présidente et le substitut du procureur de la Cour, la Japonaise Tomoko Akanele et le Sénégalais Abdoulaye Seye (annonce du Trésor américain du 18 août 2026), ainsi que le juge français de la CPI, Nicolas Guillou.

De telles décisions constituent une atteinte sans précédent à l’indépendance de la juridiction pénale internationale. Elles s’inscrivent dans une conception des relations internationales défendue par Donald Trump, selon laquelle rien ne devrait pouvoir faire obstacle à sa volonté de puissance ni à celle de son principal allié, Israël.

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Ukraine | Poutine n’est pas isolé et joue la carte du temps long

21. September 2026 um 11:49

 Le président russe Vladimir Poutine a intensifié son activité diplomatique ces dernières semaines à travers sa participation à une série de sommets importants pour prouver au monde qu’il maintient une présence sur la scène internationale et qu’il n’est pas le paria que l’Occident pointe du doigt mais en même temps il n’a montré aucun signe de renoncement aux objectifs de la Russie dans la guerre en Ukraine et n’est pas pressé d’y mettre fin. (Photo : Le président Vladimir Poutine et le Premier ministre Narendra Modi plantent des arbres lors du 18e sommet des BRICS au Bharat Mandapam, à New Delhi, le 12 septembre 2026. )

Imed Bahri

Grégoire Ross, directeur du programme Europe, Russie et Eurasie au Royal Institute of International Affairs à Londres (Chatham House), explique que l’Europe semble encline à interpréter cette activité diplomatique accrue comme un signe de désespoir de Moscou sauf que c’est une erreur d’appréciation. En réalité, la stratégie du Kremlin mêlant impassibilité diplomatique et escalade calibrée pourrait être plus solide qu’il n’y paraît. 

Ross revient sur les entretiens menés le 5 septembre à Moscou entre les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le président Poutine afin de discuter des moyens de mettre fin à la guerre. Le Kremlin a qualifié les pourparlers de «très utiles» sans pour autant manifester la moindre volonté d’assouplir ses exigences. Quelques jours plus tard, il a rejeté l’offre du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre.

Parallèlement, les attaques russes contre l’Ukraine se sont intensifiées. Le 13 septembre, un drone russe a frappé une infrastructure ferroviaire près de Yahodyn, peu après le passage d’un train transportant l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, l’ancien directeur de la CIA David Petraeus et d’autres personnalités. Cette frappe s’inscrivait dans le cadre de la plus vaste vague de drones lancée par la Russie depuis des mois.

De nombreux responsables européens affirment que le comportement de la Russie témoigne de l’impasse dans laquelle elle se trouve en Ukraine. Selon eux, elle subit des pertes considérables et ses avancées territoriales demeurent lentes et coûteuses. En même temps, les forces ukrainiennes ont regagné du terrain. Pourtant, conclure que l’escalade russe trahit le désespoir relève davantage du vœu pieux que de la réalité. Poutine se comporte comme quelqu’un qui croit encore pouvoir compter sur le temps et conserver une marge de manœuvre. Sa diplomatie récente offre un cadre d’interprétation pertinent.

Poutine peut encore se permettre d’ignorer les conseils amicaux

Ross cite l’initiative très médiatisée du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev en juillet concernant la guerre en Ukraine. Assis aux côtés de Poutine à Omsk, Tokaïev a déclaré que le conflit devait être gelé et les négociations reprises mais le Kremlin a rapidement rejeté l’idée d’un cessez-le-feu.

Le Premier ministre indien Narendra Modi est allé encore plus loin à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, le 31 août, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, lorsqu’il a déclaré publiquement à Poutine que le monde devait «passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre». En même temps, Modi s’est adressé à Poutine en l’appelant «mon ami» et a salué la solidité des relations bilatérales.

Moins de deux semaines plus tard, lors du sommet des Brics à New Delhi, Modi et Poutine ont discuté d’un objectif d’échanges commerciaux bilatéraux de 100 milliards de dollars.

Il ne fait guère de doute que des gouvernements comme ceux de l’Inde et du Kazakhstan souhaitent sincèrement mettre fin à la guerre mais cela ne signifie pas qu’ils soient prêts à conditionner leurs relations avec la Russie à la fin du conflit.

C’est cette nuance qui explique en grande partie l’assurance de Poutine. Malgré ses critiques, l’Inde continue de considérer la Russie comme un partenaire stratégique clé. De même, si le Kazakhstan a pris soin de diversifier ses relations extérieures, il a préservé des liens étroits avec Moscou. Parallèlement, la déclaration des Brics à New Delhi a critiqué les sanctions unilatérales et les restrictions commerciales, tout en évitant de s’opposer directement à la Russie au sujet de l’Ukraine.

Ces partenariats durables pourraient apporter à Moscou des éléments dont elle a un besoin presque aussi vital que du soutien à l’effort de guerre en Ukraine à savoir une intégration économique en Asie, une légitimité diplomatique et un rôle respecté au sein de groupements internationaux influents.

Pour Xi Jinping, Poutine demeure un acteur clé utile.

L’importance de la Russie pour la Chine

Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le président chinois Xi Jinping a déclaré à Poutine que les fondements des relations bilatérales entre les deux pays se renforceraient.

Les Européens qualifient souvent la Russie d’«État vassal» de la Chine, une perception qui reflète une réelle disparité économique : l’économie chinoise est environ huit fois plus importante que l’économie russe. De plus, la Russie réalise au moins 34% de son commerce international avec la Chine alors qu’elle ne représente qu’environ 4% du commerce chinois.

Toutefois, cette vision occulte un aspect crucial du partenariat qui ne se mesure pas uniquement par les échanges commerciaux bilatéraux. Pékin a tout intérêt à maintenir Moscou suffisamment forte pour qu’elle demeure une puissance indépendante. La Russie possède un arsenal nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, d’immenses ressources énergétiques et de matières premières et une position stratégique à cheval sur l’Asie centrale et l’Arctique. Plus important encore, Moscou est prête à contester ce qui reste de l’ordre mondial dominé par les États-Unis.

L’implication de la Chine dans l’économie de guerre russe démontre que la relation entre les deux pays est plus stable que beaucoup en Europe ne le pensent.

À cet égard, Ross cite des documents révélés ce mois-ci par Politico indiquant qu’une entreprise publique chinoise a livré de la fibre de carbone —utilisée dans les drones d’attaque Geran— à Alabuga-Volokno, une filiale sous sanctions de Rosatom (le conglomérat nucléaire public russe). Une enquête antérieure du Robert Lansing Institute avait déjà attesté la présence de moteurs et de composants chinois dans des drones russes. L’année dernière, Reuters avait rapporté que des spécialistes chinois des drones collaboraient avec des fabricants russes

Cela ne prouve pas que chaque transaction ait été ordonnée par Pékin ni que le soutien chinois soit sans limites. Xi n’a aucun intérêt à se retrouver otage des décisions de Poutine et Pékin continuera de calibrer très soigneusement son exposition. Cela démontre toutefois à quel point il est trompeur d’assimiler la prudence rhétorique de la Chine concernant l’Ukraine à une prise de distance vis-à-vis de la Russie.

Pour Pékin, Moscou demeure un acteur clé et utile, dont les actions contribuent à l’émergence d’un ordre international alternatif au sein d’organisations telles que l’Organisation de coopération de Shanghai et les Brics, où l’influence des États-Unis et de l’Europe est moindre.

Ross soutient que l’Inde ne partage peut-être pas la vision chinoise de l’ordre mondial mais qu’elle ne voit aucun intérêt à isoler la Russie. Il en va de même pour le Kazakhstan et tout autre membre des Brics. Cette ambiguïté convient parfaitement à Poutine.

L’Europe a besoin de plus de réalisme

Ces derniers mois, marqués par l’escalade russe contre l’Ukraine et l’Europe ainsi que par le renforcement des liens diplomatiques de la Russie avec l’Asie, devraient servir de leçon aux dirigeants européens : leur tentative de faire pression sur les gouvernements pour les amener à choisir entre la Russie et l’Occident a clairement atteint ses limites voire a échoué.

Les relations de l’Union européenne (UE) avec l’Inde pourraient offrir un modèle plus pertinent. L’UE a en effet renforcé ses liens commerciaux avec l’Inde tout en adoptant un ton plus modéré concernant les relations entre New Delhi et Moscou.

Ross juge cela logique car il existe un potentiel considérable pour approfondir les relations avec l’Inde et l’Asie centrale. L’Europe peut proposer des investissements, des technologies, un accès au marché unique ainsi que des partenariats dans le domaine des minerais rares. Elle peut également offrir des voies de transport réduisant la dépendance à l’égard de la Russie comme le corridor transcaspien. En adoptant une telle approche, l’Europe peut s’adapter à une nouvelle réalité et œuvrer patiemment à creuser l’écart entre la Russie et ses partenaires.

Concernant la Chine, l’UE a déjà imposé des sanctions à un nombre croissant d’entreprises chinoises impliquées dans le contournement des sanctions et leurs activités dans l’industrie de la défense russe. La réussite de cette stratégie européenne à long terme pourrait dépendre de la volonté de l’UE d’étendre ces sanctions et de cibler des chaînes d’approvisionnement stratégiques lorsque les preuves confirmeront l’implication directe de grands fournisseurs chinois ou d’entreprises publiques chinoises.

L’escalade russe en Ukraine montre que Poutine parie toujours sur sa capacité à tenir plus longtemps que les soutiens de l’Ukraine. Il reste convaincu que la Russie est suffisamment connectée au reste du monde pour encaisser la pression occidentale. Il estime également que sa position est renforcée par ce qu’il perçoit comme un affaiblissement des États-Unis dû à la guerre avec l’Iran. La diplomatie des sommets menée par Poutine ces derniers mois suggère que, du moins pour l’instant, il a quelques raisons d’être confiant.

Toutefois, l’Europe n’est pas tenue d’accepter ce pari. Elle doit avant tout comprendre les dynamiques sous-jacentes à long terme et y répondre de manière appropriée. Si Poutine joue la carte du temps long, peut-être est-il temps pour l’Europe d’en faire autant.

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Record pour le diesel aux États-Unis : plus de 6,50 $ le gallon

21. September 2026 um 11:30

Aux États-Unis, le prix du diesel à la pompe a dépassé, pour la première fois, la barre des 6,50 dollars le gallon, prolongeant ainsi une hausse amorcée par la guerre et dont les effets se font sentir dans la première économie mondiale.

D’après les données de l’American Automobile Association (AAA), le prix moyen national de l’essence était de 6,505 dollars le gallon. Le rythme des hausses s’est accéléré en septembre, avec une augmentation de plus de 87 cents depuis le début du mois. Cette progression est quasi quotidienne.

Bloomberg rapporte au passage que les approvisionnements mondiaux en diesel ont été limités en raison de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Tandis que les expéditions via le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde, se poursuivent à un rythme réduit.

Dans le même temps, les exportations de pétrole brut de la région n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant-guerre. Ce qui limite la production de carburant des raffineries situées dans d’autres parties du monde.

À cela s’ajoute la Russie, qui a interdit la plupart de ses exportations de diesel et envisage de prolonger ces restrictions jusqu’en octobre. Parallèlement, les attaques de drones ukrainiens contre les raffineries russes se poursuivent.

A cet égard, ce week-end, la raffinerie de Moscou a été la cible d’une attaque nocturne, la plus importante à avoir frappé le pays cette année.

Le diesel concerne l’ensemble de l’économie

La plupart des automobilistes américains n’utilisent peut-être pas de diesel dans leurs voitures, mais ce carburant joue un rôle essentiel dans l’activité économique. Il est utilisé par les camions, les machines agricoles, les groupes électrogènes, les navires et les trains, et constitue également un combustible essentiel pour les systèmes de chauffage domestique. Par conséquent, les hausses de son prix affectent de nombreux secteurs de l’économie, des transports à de l’agriculture, en passant par l’industrie et jusqu’ aux ménages.

À l’approche des élections de mi-mandat, la flambée des prix du diesel pourrait affecter le soutien politique au Parti républicain du président Donald Trump. Et ce, notamment dans les États ruraux comme l’Iowa; mais aussi dans les États où le fioul domestique est largement utilisé comme le Maine.

Nouvelles inquiétudes concernant l’inflation

Par ailleurs, la persistance de signes élevés d’inflation aux États-Unis a conduit la Réserve fédérale (Fed) à relever ses taux d’intérêt de 25 points de base, jeudi 17 septembre. Soit la première hausse depuis 2023.

De son côté , au cours du week-end, le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Neil Cascari, a déclaré que l’inflation restait trop élevée et que les pressions inflationnistes s’étendaient désormais au-delà du choc initial provoqué par les prix du pétrole.

Pour sa part, dans une note récente, Goldman Sachs a averti que les prix du diesel pourraient continuer d’augmenter en raison de la persistance des contraintes d’approvisionnement mondiales. Mais les analystes de la banque ont indiqué que l’essence pourrait désormais offrir encore plus de possibilités d’investissement.

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Moyen-Orient | Les trois scénarios pour la Tunisie, selon Aram Belhadj  

19. September 2026 um 11:10

L’économiste Aram Belhadj a publié un post Facebook, dont nous publions ci-dessous la traduction, où il analyse l’évolution de la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences possibles sur l’économie tunisienne qui traverse, depuis plusieurs années, une crise structurelle chronique : faible croissance, inflation, déficit budgétaire et endettement, intérieur et extérieur dépassant 80% .

Compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient, trois scénarios détermineront l’évolution future des indicateurs économiques en Tunisie:

* Le scénario le plus probable est celui d’un conflit gelé (c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans résolution définitive). Le prix du baril se situerait alors entre 95 et 110 dollars, entraînant un déficit budgétaire avoisinant les 20 milliards de dinars, un déficit commercial proche de 25 milliards de dinars et des réserves de change se situant au seuil de 90 jours d’importation à la fin de l’année.

* Une désescalade négociée réduisant les tensions dans le détroit d’Ormuz (et potentiellement celui de Bab-el-Mandeb). Dans ce cas de figure, le prix du baril redescendrait vers une fourchette de 75 à 85 dollars ; cela permettrait d’enrayer l’érosion des réserves de change et de ralentir l’aggravation des deux déficits, tout en favorisant un recul progressif de l’inflation vers 5 %.

* Le scénario le moins probable (mais le plus dangereux) est celui d’une escalade majeure, impliquant une frappe américano-israélienne d’envergure, le retrait de l’Iran du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) et la fermeture quasi totale des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Le prix du baril de Brent se situerait alors entre 130 et 150 dollars, entraînant un déficit budgétaire supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser 8 % et des réserves risquant de tomber sous le seuil de couverture de 90 jours d’importations.

Quoi qu’il en soit, à ce stade, c’est le canal commercial — et non monétaire — qui prévaut ; cette situation résulte du gel des prix des carburants, qui transfère le choc vers la balance des paiements plutôt que de l’imputer directement au portefeuille du consommateur. Toutefois, la donne changerait inévitablement si le premier scénario, et surtout le troisième, venaient à se concrétiser.

Traduit de l’arabe.

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États-Unis-Chine : vers une prolongation de la trêve commerciale

19. September 2026 um 09:50

Le président chinois Xi Jinping est attendu à Washington le 24 septembre pour rencontrer Donald Trump. Avec au programme la prolongation de la trêve tarifaire, les achats chinois de produits américains, les terres rares, l’énergie et l’IA.

Le président américain Donald Trump doit recevoir son homologue chinois Xi Jinping à Washington le 24 septembre, pour une rencontre destinée à stabiliser une relation commerciale toujours marquée par les droits de douane et les restrictions sur les technologies et les matières premières stratégiques.

Cette rencontre interviendra alors que la trêve commerciale conclue en octobre 2025 doit arriver à échéance dans quelques semaines. Les deux parties cherchent à la prolonger, mais divergent encore sur sa durée et sur les contreparties à obtenir.

Selon des informations rapportées par Reuters, Washington et Pékin discutent notamment d’une réduction, voire d’une suppression, des droits de douane chinois sur le gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Cette mesure pourrait s’inscrire dans un ensemble plus large prévoyant des réductions tarifaires réciproques portant sur environ 30 milliards de dollars de marchandises de part et d’autre. Les discussions ne sont toutefois pas finalisées.

Pékin souhaite obtenir davantage qu’une simple reconduction de la trêve. Selon les éléments cités par Euronews, les autorités chinoises pourraient chercher à obtenir environ 30 milliards de dollars d’importations américaines exonérées de droits ou soumises à des tarifs réduits, en contrepartie du respect d’engagements d’achat déjà pris…

Le GNL américain dans la négociation

La question énergétique apparaît comme un nouveau levier des discussions. La Chine avait imposé en 2025 un droit de douane de 15 % sur le GNL américain, entraînant pratiquement l’arrêt des flux importants de GNL entre les deux pays.

Washington et Pékin examinent désormais la possibilité de réduire ou de supprimer cette taxation. Pour les producteurs américains, l’enjeu est important alors que les capacités d’exportation de GNL des États-Unis doivent fortement augmenter dans les prochaines années.

Un retour progressif de la Chine sur le marché américain du GNL permettrait parallèlement à Pékin de diversifier ses approvisionnements énergétiques.

A noter qu’aux États-Unis, les tensions sur les prix de l’énergie et le coût de la vie constituent un enjeu économique important. En Chine, la consommation intérieure demeure plus faible, tandis que l’investissement dans les actifs fixes a reculé de 7,2 % sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Les ventes au détail n’ont progressé que de 0,4 % en août…

 

Lire aussi: Pékin mobilise 54 milliards de dollars pour renforcer ses géants financiers

 

Dans ce contexte, une stabilisation des relations commerciales pourrait offrir un soutien aux entreprises des deux pays, même si les principaux différends structurels restent ouverts.

Agriculture et terres rares

Les produits agricoles devraient également figurer parmi les dossiers susceptibles de déboucher sur des annonces. Les exportations américaines de produits agricoles vers la Chine avaient atteint environ 29 milliards de dollars en 2024, avec le soja en première ligne. Washington souhaite de son côté obtenir des garanties concernant l’accès aux terres rares et aux minerais critiques, essentiels à de nombreuses chaînes industrielles et technologiques.

Ces matières premières sont devenues l’un des principaux instruments de négociation dans le conflit commercial. Pékin avait accepté de maintenir leurs exportations dans le cadre de la trêve de 2025, tandis que Washington cherche à limiter la vulnérabilité de ses entreprises aux décisions chinoises.

L’intelligence artificielle et les enjeux stratégiques

Au-delà du commerce, l’intelligence artificielle devrait également être abordée lors de la visite. Plusieurs dirigeants de groupes technologiques américains sont attendus au dîner d’État organisé à la Maison-Blanche, notamment les dirigeants d’Amazon, Alphabet, Apple, Nvidia et OpenAI.

Les discussions devraient également porter sur les restrictions technologiques américaines, les exportations de composants avancés et l’accès aux technologies stratégiques.

Les dossiers géopolitiques pourraient toutefois compliquer les négociations économiques. La question de Taïwan est particulièrement sensible alors qu’un programme américain d’armements d’environ 14 milliards de dollars destiné à l’île a été préapprouvé par le Congrès américain, mais n’a pas encore fait l’objet d’une notification officielle.

Le sommet de Washington devra ainsi déterminer si les deux dirigeants peuvent prolonger la trêve commerciale et obtenir des engagements concrets sur les échanges, sans régler pour autant les différends stratégiques plus larges qui opposent les États-Unis et la Chine.

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Les drones iraniens menacent les ambitions du Golfe en matière d’IA 

19. September 2026 um 07:41

Au lendemain des premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, la République islamique a riposté par des essaims de drones ciblant une nouvelle cible de grande valeur dans le Golfe en l’occurrence les centres de données américains. Plus de six mois après l’attaque, un centre de données d’Amazon Web Services à Abou Dhabi et un autre à Bahreïn restent en grande partie hors service. L’entreprise a informé ses clients qu’elle migre leurs données vers d’autres sites pendant la réparation des deux infrastructures.

Imed Bahri

Selon le Wall Street Journal, ces attaques et les dégâts persistants compliquent les efforts des États du Golfe, comme les Émirats arabes unis, pour se positionner comme des pôles mondiaux de traitement des données de premier plan dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle (IA). Elles représentent également un nouveau risque important pour les entreprises américaines envisageant des investissements pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Les Émirats ont consacré des années à fournir des efforts diplomatiques pour persuader les responsables américains de leur vendre les puces d’IA les plus récentes, réussissant finalement à obtenir de l’administration Trump le même niveau d’accès que celui dont bénéficient les pays européens.

Lors d’une visite à Abou Dhabi en mai 2025, le président Trump a assisté à la présentation par les dirigeants émiratis des plans d’un complexe de centres de données nécessitant 5 gigawatts de puissance, soit plus du double de la capacité du barrage Hoover*.

Des responsables émiratis et américains se sont félicités qu’OpenAI ait accepté d’être le premier locataire du complexe, avec l’objectif d’en acquérir à terme 20% de la capacité mais cet accord semble désormais au point mort.

Des cibles couteux et plus faciles à toucher

Selon des sources proches du dossier, OpenAI n’a pas encore signé de bail pour ce projet. Le groupe n’a pas répondu à la demande de commentaires formulée par le Wall Street Journal bien que News Corp., propriétaire du WSJ, a un partenariat de licence de contenu avec OpenAI.

Les centres de données dédiés à l’IA sont généralement beaucoup plus grands que les installations de cloud computing qui ont été touchées en temps de guerre, ce qui en fait des cibles plus faciles. Ils sont également beaucoup plus coûteux.

En raison du coût élevé des puces d’IA, on estime que chaque gigawatt de capacité nécessite au moins 50 milliards de dollars en serveurs et infrastructures.

Avant la guerre, l’immensité du territoire du Golfe, le soutien gouvernemental important et la facilité d’obtention des permis constituaient des atouts indéniables. Désormais, les risques physiques liés à l’implantation d’infrastructures valant des milliards de dollars à moins de 320 kilomètres de l’Iran, dans une région fréquemment en proie aux conflits, changent la donne.

«Les États du Golfe ont proposé au gouvernement américain et aux entreprises technologiques américaines un important apport de capitaux, une énergie bon marché et des conditions de construction avantageuses. Cependant, la guerre contre l’Iran a bouleversé nombre de ces calculs», a déclaré Aaron Bartnick, ancien conseiller technologique de la Maison-Blanche sous l’administration Biden.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats et le bureau de presse du gouvernement d’Abou Dhabi n’ont pas répondu aux demandes de commentaires du WSJ.

Amazon Web Services a indiqué travailler au rétablissement de ses services à Bahreïn et aux Émirats et avoir proposé des allégements de facturation aux clients qui en dépendaient.

Plus de 2 800 drones et missiles lancés contre les Émirats

Les Émirats ont subi de plein fouet les attaques iraniennes durant la guerre, avec plus de 2 800 drones et missiles lancés contre eux, soit bien plus que l’Iran n’en a tiré sur Israël. Pour répondre aux inquiétudes suscitées par les frappes, les autorités émiraties ont évoqué la possibilité de construire des centres de données souterrains, ce qui augmenterait encore les coûts déjà exorbitants, ainsi que le déploiement de systèmes de défense par drones à proximité des centres informatiques, selon des sources proches du dossier.

Les Émirats, qui appliquent généralement des politiques strictes en matière de souveraineté des données pour les entreprises locales, ont autorisé certaines d’entre elles à transférer leurs données à l’étranger pendant qu’Amazon s’efforce de rétablir ses services dans ses installations situées dans le pays, selon des acteurs du secteur.

Les frappes iraniennes contre les installations d’Amazon ont provoqué des incendies et endommagé les infrastructures, contraignant les autorités à couper l’électricité.

L’eau utilisée pour éteindre les incendies a également causé des dégâts supplémentaires.

Les applications bancaires, les services aux entreprises et les plateformes fintech de toute la région ont été perturbés, tandis qu’Amazon s’est mobilisé pour aider ses clients à sauvegarder leurs données et à les transférer aux États-Unis, en Europe ou ailleurs. La durée de la panne laisse supposer que les dégâts ont été considérables.

À l’heure actuelle, plus de 130 services informatiques restent affectés sur le site d’Abu Dhabi et 140 sur celui de Bahreïn. Seuls cinq services ont été rétablis sur chaque site.

Néanmoins, certaines entreprises technologiques continuent de développer des projets de centres de données dans le Golfe. Elles parient sur une fin prochaine du conflit et sont également attirées par l’afflux important de capitaux en provenance du Golfe.

Renforcer les infrastructures existantes dans le Golfe avec de meilleures défenses pourrait s’avérer plus économique et plus rapide que de repartir de zéro dans des régions moins attractives.

Les calculs évoluent à mesure que les enjeux augmentent

Amazon et Microsoft ont toutes deux annoncé le mois dernier leur intention de maintenir l’ouverture de centres de données en Arabie saoudite d’ici la fin de l’année.

Microsoft a également conclu un accord pour la construction d’un centre de données de 200 mégawatts à Abu Dhabi d’ici fin 2025, et les travaux sont déjà en cours.

Les fournisseurs de services cloud privilégient généralement l’implantation de leurs centres de données à proximité des pôles d’activité économique.

Doug Madory, responsable de l’analyse internet chez Infoblox, une entreprise spécialisée en cybersécurité, a déclaré : «Le Moyen-Orient connaît une activité économique intense et les fournisseurs de services cloud souhaitent tirer profit de cette croissance». Il a ajouté : «Toutefois, ces calculs évoluent à mesure que les enjeux augmentent. Je compare les centres de données à des navires dans le détroit d’Ormuz: si vous en heurtez deux, vous effrayez les autres et les faites fuir».

Au printemps dernier, les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé des entreprises technologiques américaines, les accusant de contribuer aux attaques contre l’Iran et citant nommément Microsoft, Oracle, Alphabet et Nvidia.

«Construire des infrastructures vitales qui doivent rester opérationnelles à 100% dans l’une des régions les plus instables du monde représente un risque réel», a déclaré Aaron Bartnick qui est actuellement chercheur à l’Université Columbia.

* Le barrage Hoover (Hoover Dam) est un barrage poids-voûte monumental situé sur le fleuve Colorado aux États-Unis, à la frontière entre le Nevada et l’Arizona.

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Pétrole russe : Chine et Inde tiennent bon face aux sanctions US

18. September 2026 um 14:36

La Chine et l’Inde ont réagi aux nouvelles mesures américaines visant le secteur énergétique russe et les pays qui continuent d’acheter ses hydrocarbures. Le dispositif adopté par le Congrès américain autorise notamment Donald Trump à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux principaux acheteurs d’énergie russe.

La Chine et l’Inde ont exprimé leurs réserves face au nouveau dispositif américain destiné à renforcer la pression économique sur la Russie et à réduire les achats de son pétrole et de son gaz. Le texte adopté par la Chambre des représentants américaine prévoit notamment la possibilité d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux pays figurant parmi les principaux acheteurs d’énergie russe.

Le texte, déjà approuvé par le Sénat, doit désormais être promulgué par le président Donald Trump. Il vise également des responsables et entreprises russes, le secteur de la défense ainsi que la flotte fantôme de pétroliers utilisée pour contourner les sanctions occidentales.

La Chine, premier acheteur mondial de pétrole russe, a contesté la légitimité de mesures américaines susceptibles de viser ses importations. Pékin estime que ses échanges énergétiques avec la Russie relèvent de relations commerciales normales et ne devraient pas être soumis à l’intervention d’un pays tiers.

La position chinoise intervient alors que le pays représente environ la moitié des exportations de brut russe, selon les données d’août compilées par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA)…

New Delhi a, de son côté, averti Washington que les nouvelles mesures pourraient affecter les relations bilatérales. Le ministère indien des Affaires étrangères a indiqué avoir déjà fait part aux responsables américains des conséquences potentielles du dispositif sur les relations entre les deux pays et sur les marchés énergétiques internationaux. L’Inde se dit déterminée à garantir la sécurité énergétique de sa population et à diversifier ses fournisseurs en fonction des conditions du marché.

Les raffineurs indiens ont déjà organisé des cargaisons pour septembre et octobre, dont certaines en provenance de Russie. Ils redoutent qu’une application intégrale des nouveaux droits de douane américains ne renchérisse leurs coûts et ne provoque une nouvelle hausse des prix des carburants.

Un marché pétrolier déjà sous tension

L’enjeu dépasse les seules relations entre Washington, Pékin et New Delhi. Une réduction brutale des exportations russes pourrait intervenir dans un marché pétrolier déjà fragilisé par les perturbations au Moyen-Orient.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont réduit la disponibilité de plusieurs catégories de brut sur les marchés internationaux. Dans ce contexte, les acheteurs asiatiques pourraient avoir davantage de difficultés à remplacer rapidement les volumes russes par d’autres sources d’approvisionnement.

Les données disponibles montrent d’ailleurs que la Russie reste fortement dépendante de quelques grands clients. En août, la Chine demeurait le premier acheteur de combustibles fossiles russes. Tandis que l’Inde occupait la deuxième place. Le brut représentait l’essentiel des achats énergétiques russes des deux pays…

Pour la Chine comme pour l’Inde, le dossier pose ainsi un double enjeu : préserver leurs approvisionnements énergétiques tout en limitant les conséquences commerciales d’une éventuelle confrontation accrue avec Washington.

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Le commandant de la Sixième flotte des États-Unis reçu à Tunis

18. September 2026 um 12:36

Le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a reçu à Tunis le vice-amiral Jeffrey Anderson, le commandant des forces navales américaines pour l’Europe et l’Afrique et le commandant de la Sixième flotte des États-Unis, en visite dans le pays à l’occasion de l’exercice naval multinational Phoenix Express 26, qui se déroule, du 6 au 18 septembre dans les eaux tunisiennes. L’ambassadeur des États-Unis et le chef d’état-major de la Marine tunisienne ont également pris part à cette réunion, qui s’est tenue mercredi 16 septembre 2026 au siège du ministère.

M. Sehili a souligné le niveau atteint par la coopération militaire entre la Tunisie et les États-Unis, laquelle englobe le soutien logistique et technique, le renforcement des capacités opérationnelles, la formation, l’échange d’expériences et les exercices conjoints, indique un communiqué du ministère.

Le ministre a cité, parmi les priorités, le développement accru de la collaboration en matière de réponse aux menaces maritimes, de renseignement et de renforcement des capacités ainsi que de la préparation opérationnelle de la Marine tunisienne, notamment face au terrorisme, à la criminalité organisée transfrontalière, à la traite des êtres humains, à la contrebande et au trafic de stupéfiants, précise la note.

Selon le ministère de la Défense, Tunis vise également à renforcer son rôle de plateforme régionale pour la formation militaire, notamment par le biais du Centre d’excellence des forces spéciales navales.

La nouvelle édition de Phoenix Express, a affirmé M. Sehili, démontre la capacité de la Tunisie à accueillir et à diriger des activités militaires multinationales ainsi qu’à développer l’interopérabilité entre sa propre marine et celles des pays partenaires.

De son côté, M. Anderson a confirmé l’engagement américain à poursuivre la coopération et le soutien aux capacités navales tunisiennes. «Le vice-amiral a assisté à une démonstration des forces maritimes combinées participant à l’exercice de cette année ; il a ainsi pu constater directement comment l’exercice Phoenix Express renforce la coopération et l’expertise en matière d’opérations de sécurité maritime dans le sud de la Méditerranée», a rapporté l’ambassade des Etats-Unis à Tunis sur sa page Facebook. Et d’ajouter : «Des événements tels que celui d’aujourd’hui témoignent de l’engagement commun de la Tunisie, des États-Unis et de nos partenaires régionaux et européens en faveur d’une Méditerranée sûre et stable.»

L’exercice Phoenix Express est organisé en collaboration avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom).

Le ministère avait annoncé la participation d’environ 400 militaires et observateurs issus de 13 pays : Tunisie, Algérie, Libye, Maroc, Égypte, Turquie, Malte, Italie, France, Espagne, Belgique, Géorgie et États-Unis. Les activités comprennent l’entraînement à l’interdiction maritime et à l’inspection des navires, le renseignement naval, l’utilisation de bâtiments de surface sans équipage, le soutien sanitaire ainsi que la lutte contre les menaces chimiques et biologiques.

L’Italie participe à la phase en mer avec le patrouilleur hauturier Vega, qui a navigué en formation en Méditerranée aux côtés du patrouilleur tunisien Sophonisbe, de la frégate turque Gaziantep, du navire français Achéron, de la frégate marocaine Mohammed V et de la frégate algérienne Erradii.

I. B. (avec Andamed)

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Coup de cœur Premier roman. Carrie Buck, l’histoire glaçante d’une vie confisquée

18. September 2026 um 10:44
Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de Carrie Buck. Et vous ignorez peut-être que l’eugénisme d’État n’est pas une invention nazie. Il a connu un essor massif aux États-Unis dès le début du XXᵉ siècle. Carrie Buck, un cas…

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Phosphate | Washington lorgne le Maroc et la Tunisie

18. September 2026 um 07:52

Géopolitique des ressources, souveraineté alimentaire et occasion stratégique pour la Tunisie… Notre phosphate intéresse Washington. Celui des Marocains aussi. Mais derrière cette attention américaine se cache une question autrement plus importante pour notre pays : comment une richesse minière nationale, longtemps présentée comme un pilier de l’économie, pourrait-elle devenir un atout stratégique dans la nouvelle guerre mondiale des engrais et de la sécurité alimentaire ? Et surtout, la Tunisie saura-t-elle transformer ses réserves et ses capacités industrielles en véritable influence économique, plutôt que de rester un fournisseur fragilisé par ses propres blocages ?

Moktar Lamari *

L’analyse publiée par le Washington Institute for Near East Policy, sous le titre «The Phosphate Pivot : Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security» («Le pivot du phosphate : pourquoi le Maroc et la Tunisie sont importants pour la sécurité alimentaire des États-Unis»), place les deux pays du Maghreb au cœur d’une réflexion stratégique américaine.

Un signal qui mérite une attention particulière à Tunis, où le phosphate demeure une ressource économique et industrielle majeure, mais dont le potentiel est régulièrement entravé par les difficultés de production, de transport et de gouvernance.

La Chine ferme le robinet : l’Amérique découvre la fragilité de sa souveraineté alimentaire

Premier transformateur mondial d’engrais, la Chine a fortement réduit ses exportations de phosphates en mars 2025. Selon le think tank américain, les exportations seraient passées de 950 000 tonnes à seulement 13 000 tonnes en un seul mois. L’institut rappelle également que Pékin a officialisé, en décembre, la suspension des exportations jusqu’en août 2026.

Dans le même temps, les prix du phosphate diammonique (DAP), l’un des engrais phosphatés les plus couramment utilisés, ont bondi de 28 % en un an. Les auteurs de l’analyse, Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi, décrivent les conséquences pour l’agriculture américaine : «Les agriculteurs américains, qui se préparaient aux semis de printemps, ont été confrontés à une pénurie d’approvisionnement et à l’absence d’alternative fiable en perspective.»

Washington a alors découvert une réalité peu confortable : la sécurité alimentaire des États-Unis pouvait être exposée aux décisions d’une puissance considérée comme rivale. Le phosphate a ainsi été ajouté à la liste américaine des minerais critiques pour 2025.

Mais une inscription sur une liste ne produit ni engrais ni récoltes. Elle ne construit pas d’usines, ne sécurise pas les ports et ne garantit pas les livraisons aux agriculteurs. La vraie question est donc celle de l’approvisionnement : où trouver des sources fiables, diversifiées et politiquement sécurisées de phosphate ?

Les auteurs résument leur approche en ces termes : «La solution ne réside pas dans le remplacement d’une dépendance par une autre, mais dans la mise en place d’un réseau diversifié de fournisseurs fiables, de capacités de production redondantes et de partenariats industriels politiquement alignés.»

Et c’est précisément ici que la Tunisie devrait commencer à regarder les cartes géopolitiques avec davantage d’attention.

Le Maroc : une puissance phosphatière que Washington ne peut ignorer

Avec environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, le Maroc constitue le premier maillon évident de la stratégie américaine de sécurisation des approvisionnements. À travers le groupe OCP, le Royaume a développé d’importantes capacités de raffinage, de transformation et de production d’engrais. Il investit également dans les chaînes d’approvisionnement africaines et dans des partenariats technologiques liés à l’agriculture.

L’intérêt américain pour le Maroc ne relève donc pas seulement de ses réserves minières. Il repose aussi sur sa capacité à transformer la matière première, à développer une industrie des engrais et à s’insérer dans des réseaux commerciaux et technologiques internationaux.

Les États-Unis possèdent eux-mêmes des gisements de phosphate, notamment en Floride, dans l’Idaho et en Caroline du Nord. Toutefois, leur production nationale connaît un déclin structurel depuis plusieurs décennies. Selon les auteurs, «les réserves américaines ne représentent qu’une fraction de celles du Maroc, et les coûts d’extraction augmentent».

Pour Washington, le Maroc offre ainsi une combinaison de ressources naturelles, de capacités industrielles et d’alignement géopolitique.

Le Royaume est présenté comme le plus ancien allié africain des États-Unis, une relation formalisée par le Traité d’amitié de 1786, toujours en vigueur. Ce partenariat a été renforcé en 2004, lorsque le Maroc a été désigné comme Allié majeur non membre de l’Otan, reconnaissant son rôle de partenaire de sécurité et de porte d’entrée entre l’Afrique, l’Europe et le monde atlantique.

Les auteurs soulignent également les liens économiques étroits du Maroc avec l’Europe et les États-Unis. Dans leur lecture, le Royaume représente un pilier de stabilité, de modération et d’engagement transatlantique dans une région méditerranéenne de plus en plus soumise à la compétition géopolitique et aux influences extérieures.

Leur conclusion est explicite : tout effort sérieux visant à construire une infrastructure robuste d’approvisionnement en engrais, compatible avec les intérêts occidentaux en matière de sécurité des chaînes d’approvisionnement au Maghreb, doit commencer par le Maroc. Le Royaume dispose déjà d’une position dominante dans l’économie mondiale du phosphate.

Et la Tunisie dans tout cela ? Le second nœud que Washington ne peut négliger

C’est à ce moment précis que l’analyse devient particulièrement intéressante pour les Tunisiens.

Car le Maroc, malgré sa puissance phosphatière, ne peut à lui seul garantir la résilience à long terme de l’approvisionnement occidental en engrais. Les auteurs estiment que sa domination rend justement nécessaire la création d’un second nœud d’approvisionnement. Et ce second nœud, selon eux, pourrait être la Tunisie.

La formule mérite d’être soulignée : la Tunisie ne serait pas simplement un concurrent du Maroc, mais un complément logique dans une architecture régionale de sécurisation des engrais.

Pourquoi ? Parce qu’une chaîne d’approvisionnement concentrée dans un seul pays, même performant et allié, présente une fragilité intrinsèque. Une panne industrielle, une crise politique, un problème logistique, un conflit social ou une perturbation des exportations peut rapidement affecter l’ensemble du système.

La diversification devient donc une exigence stratégique. Et c’est précisément ce qui redonne à la Tunisie une place potentiellement importante.

Le pays possède une longue expérience de l’exploitation et de la transformation du phosphate. Son secteur a historiquement contribué aux exportations, à l’activité industrielle et aux recettes économiques. Pourtant, ses capacités restent exposées à des difficultés récurrentes : perturbations de la production, tensions sociales, contraintes logistiques et fragilités de la gouvernance industrielle.

Le paradoxe tunisien est brutal : une ressource qui pourrait contribuer à renforcer la souveraineté économique et l’influence internationale du pays devient aussi le miroir de ses insuffisances productives et institutionnelles.

Alors que les États-Unis cherchent à réduire leur vulnérabilité face à la Chine, la Tunisie devrait se demander comment réduire ses propres vulnérabilités : celles qui empêchent de produire régulièrement, de transporter efficacement et de valoriser davantage le phosphate.

Le phosphate tunisien : une occasion stratégique, pas une simple mine à exploiter

L’analyse américaine ne dit pas que la Tunisie dispose déjà des mêmes capacités que le Maroc. Elle met plutôt en évidence la complémentarité potentielle des deux pays dans un système d’approvisionnement plus diversifié.

Pour la Tunisie, cette perspective ouvre plusieurs questions industrielles et économiques.

Comment renforcer la fiabilité de la production ? Comment améliorer les infrastructures de transport et d’exportation ? Comment développer davantage la transformation locale et les engrais à plus forte valeur ajoutée ? Comment attirer des partenariats industriels et technologiques capables d’inscrire le phosphate tunisien dans des chaînes de valeur internationales plus solides ?

Ces questions sont d’autant plus importantes que la sécurité alimentaire ne dépend pas seulement des terres agricoles ou de la disponibilité de l’eau. Elle dépend aussi de l’accès aux engrais, dont le phosphate constitue un élément essentiel.

Pour les États-Unis, la sécurisation des approvisionnements est devenue une question de souveraineté stratégique. Pour la Tunisie, elle pourrait devenir une occasion de repenser son propre modèle industriel.

Mais une occasion ne se transforme pas automatiquement en résultat. Elle exige des infrastructures, des investissements, une gouvernance prévisible, des capacités productives et une stratégie de long terme.

Le Maroc a engagé une stratégie combinant extraction, industrie et géopolitique. Les auteurs soulignent notamment le rôle de ses infrastructures tournées vers l’Atlantique, dont le complexe portuaire de Tanger Med, qui contribue à relier l’Europe, l’Afrique et les grandes routes commerciales maritimes mondiales.

La Tunisie, de son côté, doit réfléchir à la manière dont elle peut valoriser ses propres atouts géographiques, industriels et portuaires pour renforcer son intégration dans les chaînes d’approvisionnement internationales.

Washington cherche la sécurité alimentaire. Tunis doit chercher la stratégie industrielle.

Le message du Washington Institute est finalement plus large qu’une simple analyse des réserves de phosphate. Il décrit une transformation de la géopolitique des matières premières : les minerais essentiels, les engrais et les infrastructures industrielles deviennent des instruments de résilience économique et de sécurité nationale.

La Chine a rappelé aux États-Unis les risques d’une dépendance excessive. Le Maroc apparaît comme un fournisseur stratégique disposant d’une position dominante. La Tunisie est identifiée comme un complément possible, capable de contribuer à la diversification de l’approvisionnement.

Mais pour que cette reconnaissance se transforme en bénéfice concret, la Tunisie devra dépasser la logique de la ressource extraite et vendue. Elle devra renforcer la transformation industrielle, la fiabilité de la production et la capacité à nouer des partenariats durables.

Le phosphate tunisien intéresse Washington parce qu’il peut contribuer à résoudre un problème américain. La question est désormais de savoir si Tunis saura utiliser cet intérêt pour résoudre ses propres problèmes économiques.

Sinon, le phosphate restera une richesse géologique à la merci des blocages terrestres, tandis que d’autres pays transformeront la géologie en puissance industrielle, commerciale et géopolitique.

* Economiste universitaire.

Source : Washington Institute for Near East Policy, «The Phosphate Pivot: Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security», auteurs Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi.

Blog de l’auteur : E4T.

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États-Unis : la Fed relève son taux directeur face à l’inflation 

17. September 2026 um 09:15

Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, estime que l’inflation reste trop élevée depuis trop longtemps, poussant ainsi la Fed à relever son taux directeur de 25 points de base, de 3,75 % à 4 %.

La Réserve fédérale américaine entend maintenir son attention sur la stabilité des prix, alors que l’inflation demeure supérieure à son objectif. Son président, Kevin Warsh, a déclaré mercredi 16 septembre que l’inflation était « trop élevée » et persistait depuis « trop longtemps », obligeant la Banque centrale à relever son principal taux directeur de 5 points de base, le portant dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. Cette décision constitue le premier mouvement de taux depuis l’arrivée de Warsh à la présidence de la Fed.

« Notre priorité reste la stabilité des prix », expliquera M. Warsh lors d’une conférence de presse. Il a notamment souligné que plusieurs composantes des derniers indices américains des prix à la consommation et des prix à la production continuent d’afficher des progressions supérieures à 3 %, aussi bien sur six mois que sur douze mois. Cette persistance complique le retour de l’inflation vers l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale américaine. La Fed cherche ainsi à éviter qu’une période prolongée de hausse des prix ne conduise à une nouvelle accélération des anticipations inflationnistes.

Une politique monétaire toujours restrictive

Les nouvelles projections de la Fed indiquent qu’une majorité des responsables monétaires anticipent encore au moins une hausse supplémentaire d’ici à la fin de l’année. La Banque centrale prévoit par ailleurs une inflation plus élevée qu’anticipé précédemment, vers 3,7 % en fin d’année. Autrement dit, son objectif de 2 % ne serait pas atteint à court terme.

La trajectoire des prix de l’énergie constitue un autre facteur de vigilance pour la Fed. La hausse récente des cours du pétrole pourrait alimenter directement les prix à la consommation et compliquer le ralentissement de l’inflation.

Dans ce contexte, le message de M. Warsh traduit la volonté de la Banque centrale de privilégier la maîtrise des prix malgré les risques que des taux plus élevés font peser sur l’activité économique. La Fed doit ainsi arbitrer entre deux objectifs : ramener l’inflation vers 2 % tout en évitant qu’un resserrement monétaire prolongé ne pèse excessivement sur la croissance et l’emploi.

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