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Sommet d’Ankara : l’OTAN patauge dans ses contradictions

11. Juli 2026 um 23:09

D’un sommet à l’autre, l’OTAN ressemble à ce navire dont les machines sont usées, mais qui s’entête à prendre la mer malgré les vents contraires et les vagues scélérates. Le sommet d’Ankara, tenu les 7 et 8 juillet, a pris la forme d’un rituel où l’unité était absente, et les contradictions qui minent la structure atlantiste flagrantes.

Commençons par les contradictions qui ont émaillé le discours du président américain Donald Trump. Il a critiqué avec virulence les membres européens qui « rechignent toujours à débourser 5% de leur budget pour la Défense comme promis » ; il a déversé son fiel sur l’Espagne, qualifiée de « partenaire désastreux au sein de l’OTAN » ; il a remis à l’ordre du jour la question de « la souveraineté américaine sur le Groenland » face au Premier ministre danois et ses pairs européens médusés. Tout cela ne l’a pas empêché d’exprimer, en guise de conclusion, sa « certitude que l’unité et l’amour règnent dans cette réunion » !

Au-delà de ces élucubrations trumpiennes auxquelles alliés et ennemis se sont habitués, les véritables contradictions qui minent l’Alliance atlantique ont trait aux deux foyers de tension les plus dangereux dans le Golfe et en Ukraine.

Alors que les pays européens poussent vers une solution diplomatique et appellent à la désescalade, le jour même du sommet, les Etats-Unis ont repris leurs bombardements contre des cibles iraniennes, et Trump a informé le sommet que le mémorandum d’entente américano-iranien était « caduc », a qualifié toute nouvelle négociation de « perte de temps », et a traité les dirigeants iraniens de « racaille »…

Mais quand la question ukrainienne est abordée, les positions changent du tout au tout. Là, l’Europe s’oppose à toute solution diplomatique, pousse vers la continuation de la guerre et coupe dans ses budgets sociaux et les besoins urgents de ses populations pour réunir les milliards d’euros permettant à l’Ukraine de rester en guerre. Quant à l’Amérique, le principal pilier de l’OTAN, elle s’est désengagée financièrement de la guerre d’Ukraine, au grand dam des Européens qui ont vainement tenté de faire changer d’avis les décideurs à Washington.

La déclaration finale du sommet d’Ankara prévoit « une aide militaire de 82 milliards de dollars pour l’Ukraine en 2026 et 2027. » Cette somme proviendra exclusivement des alliés européens et du Canada. Washington ne participera pas d’un seul dollar, mais « autorise l’Ukraine à fabriquer elle-même des missiles Patriot sous licence pour se défendre »…

Commentateurs et observateurs se posent des questions sur le sérieux de cette autorisation. Si les Etats-Unis eux-mêmes n’arrivent pas à produire suffisamment de missiles Patriot pour leurs propres guerres, si Le japon, qui a eu depuis des années cette autorisation, n’a pas encore produit un seul missile, comment l’Ukraine, un pays en ruines, peut-il fabriquer des missiles si sophistiqués ?!

Quoi qu’il en soit, les Européens auraient souhaité avoir dans la déclaration finale une contribution américaine sonnante et trébuchante plutôt qu’une autorisation de fabrication sous licence pour un pays à genoux.

Une commentatrice américaine, Medea Benjamin, a mis le doigt sur la plaie : « A l’heure où le changement climatique tue déjà des personnes et met les gouvernements à rude épreuve, pourquoi la priorité politique absolue est-elle d’augmenter considérablement les budgets militaires au lieu d’investir dans la lutte contre les menaces auxquelles les populations sont confrontées aujourd’hui ? »

Une question pertinente quand on sait le désintérêt des élites gouvernantes de nombre de pays européens pour les besoins intenses des couches vulnérables de leurs populations et leur obsession pathologique de déstabiliser la Russie.

Mais la principale contradiction dans laquelle patauge l’OTAN depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie réside dans la fiction répétée noir sur blanc à chaque sommet et à chaque déclaration finale : « l’Alliance atlantique est une organisation défensive ».

C’est pour se défendre que l’OTAN a bombardé nuit et jour deux mois et demi durant la Serbie ; c’est pour se défendre qu’elle a guerroyé en Afghanistan, en Irak et en Syrie ; c’est pour se défendre que cette Alliance militaire s’est déchainée contre la Libye, plongeant ce pays dans une anarchie qui dure depuis 2011 ; c’est pour se défendre enfin que l’Otan s’est livré méthodiquement à l’encerclement progressif et à la provocation continue de la Russie avec la ferme détermination de déstabiliser ce pays et le désintégrer…

Une relique du passé lointain de la guerre froide, l’OTAN aurait dû être dissoute il y a un tiers de siècle. Si au lieu de George Bush Senior, l’Amérique avait eu un vrai chef d’Etat, sage, intelligent et rationnel, l’Otan aurait été dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie, et le monde aurait fait l’économie de nombreuses guerres inutiles et des dizaines de millions de vies humaines auraient été épargnées. Mais comme disent les Français, avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

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Au sommet de l’Otan, Trump mélange le miel et le fiel !

11. Juli 2026 um 12:15

Arrivé au sommet annuel de l’Otan à Ankara animé de ressentiment et n’épargnant pas plusieurs pays européens de ses griefs habituels, le message d’adieu de Donald Trump, mercredi 8 juillet 2026, offrait pourtant un contraste saisissant entre optimisme et pessimisme.

Imed Bahri

The Guardian rapporte qu’en s’adressant aux journalistes en présence de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président américain a surpris tout le monde en témoignant de son affection pour une alliance qu’il avait pourtant fustigée la veille, évoquant notamment la sempiternelle querelle concernant le Groenland.

«Nous venons de terminer notre réunion de l’Otan et ce fut une excellente réunion ! Il y avait beaucoup d’affection et d’unité dans cette salle aujourd’hui. On ne pouvait pas espérer mieux», a déclaré Trump.

Un revirement de situation frappant par rapport à la veille, lorsque le président américain, assis aux côtés du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte avait débité une litanie de griefs bien rodée, notamment un manque de soutien perçu dans la guerre contre l’Iran et le refus de l’Espagne de se conformer aux nouveaux objectifs de dépenses de défense.

Une concorde inespérée

Même Zelensky, autrefois la cible de violentes réprimandes publiques dans le Bureau ovale, semblait avoir gagné en estime auprès de Trump. «Nous avons de bonnes nouvelles à nous dire», a-t-il déclaré, évoquant les perspectives d’un accord pour mettre fin à la guerre de quatre ans et demi entre l’Ukraine et la Russie. Il ajouté concernant son homologue ukrainien : «Il a fait un travail remarquable».

Cette concorde inattendue s’expliquait en partie par Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, qui, invité par Trump à décrire cette réunion harmonieuse, a déclaré : «Monsieur, tous les Européens vous attribuent le mérite d’avoir sauvé l’Otan et ils veulent faire ce qu’ils ont à faire et vous êtes là pour ça».

L’atmosphère s’est assombrie lorsque la conversation a porté sur l’Iran, avec lequel Trump avait récemment signé un fragile mémorandum d’entente instaurant un hypothétique cessez-le-feu de 60 jours, que Washington ne s’est pas gêné de rompre à plusieurs reprises.

Le président américain a d’ailleurs lui-même déclaré mercredi que le cessez-le-feu était pratiquement rompu, après que les forces américaines ont frappé des cibles iraniennes la veille. Il a affirmé que l’Iran avait violé les termes de l’accord en attaquant trois navires dont un pétrolier qatari (pays intermédiaire dans les négociations) dans le détroit d’Ormuz, voie de passage stratégique vitale, censément rouvert en vertu du récent accord.

Des comptes à régler avec l’Iran

«Nous avons des comptes à régler», a-t-il déclaré au cours d’un long monologue évoquant les soi-disant transgressions iraniennes passées, notamment la fabrication d’engins explosifs improvisés qui ont tué et blessé de nombreux soldats américains en Irak et en Afghanistan.

Alors qu’il y a à peine deux semaines, il avait salué son propre accord comme étant nécessaire pour éviter une catastrophe économique comparable à la Grande Dépression* si le détroit d’Ormuz restait fermé, Trump a désormais écarté toute possibilité d’accord avec les dirigeants iraniens qu’il avait pourtant récemment qualifiés de plus raisonnables après l’assassinat de personnalités clés.

«Ils violent l’accord chaque jour. Ils mentent, ils trichent, ils tuent. Ils tuent depuis 47 ans. Ils ont coulé l’USS Cole», a déclaré le président américain, faisant référence au rôle présumé de l’Iran dans l’attentat d’Al-Qaïda contre un navire de guerre américain en octobre 2000. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage !

S’étant déjà contenté de la réouverture du détroit d’Ormuz – par lequel transite 20% des approvisionnements mondiaux en carburant –, Trump a affirmé que l’objectif était désormais la «dénucléarisation», une allusion à la capacité de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire et un objectif censé être atteint par la négociation durant le cessez-le-feu de 60 jours.

«Nous allons conclure un accord. Nous pourrions même nous en passer, car, vous savez quoi, c’est plus simple», a-t-il déclaré d’un ton menaçant.

Les circonstances ne semblaient pas propices à la négociation, malgré un bref hommage rendu à Steve Witkoff, son principal émissaire, à Jared Kushner, son gendre, et à JD Vance, qui ont joué un rôle déterminant dans le cessez-le-feu.

«J’ai toujours été un négociateur mais je ne crois pas à une telle approche avec eux. Peut-être une attaque d’envergure, qui ferait des ravages», a-t-il déclaré. 

À plusieurs reprises, son discours a dérapé dans des lapsus et des erreurs d’appellation vaguement comiques.

À un moment donné, évoquant des missiles censés viser le porte-avions USS Abraham Lincoln, il a déclaré qu’ils avaient été tirés par «la République islamique du Japon».

Il confond les noms des pays et des dirigeants

Au beau milieu d’un discours enflammé sur la destruction des forces armées iraniennes, il a brusquement changé de sujet pour affirmer : «L’un des sujets que nous allons aborder aujourd’hui, c’est que nous allons leur donner le droit de fabriquer des missiles Patriot», il parlait bien sûr de l’Ukraine.

À une autre occasion, après une série de questions sur la guerre russo-ukrainienne, il a demandé aux journalistes s’ils avaient une question pour le «président Poutine», tandis que Zelensky, l’adversaire acharné du dirigeant russe, était assis à quelques mètres de lui. Ce moment rappelait une gaffe similaire de Joe Biden lors du sommet annuel de l’Otan à Washington en 2024, peu après le débat télévisé désastreux avec Trump à Atlanta qui a finalement mis fin à sa candidature à la présidence.

Sans doute conscient de cela, Trump a eu une tentative de dissimulation maladroite, persistant et insistant sur le fait qu’il voulait dire Poutine, car il avait un appel téléphonique prévu avec lui plus tard.

Pourtant, son erreur la plus révélatrice a sans doute été sa méprise sur le nom du défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, inhumé cette semaine lors de funérailles nationales, quatre mois après avoir été tué dans une frappe israélienne au début de la guerre.

«Ils voulaient aller aux funérailles de Khomeini», a déclaré Trump, écorchant le nom de Khamenei et le confondant avec celui de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, le guide suprême de la révolution iranienne de 1979, qui a instauré des décennies d’hostilité envers Washington après le siège de 444 jours de l’ambassade américaine à Téhéran et la prise d’otages de 52 Américains.

* La Grande Dépression est la plus grave crise économique mondiale du XXe siècle, déclenchée par le krach boursier de Wall Street en octobre 1929 et s’est étendu jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

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Otan | Une alliance militaire en crise d’identité

10. Juli 2026 um 07:28

Sans une vision stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de devenir un instrument militaire au service des intérêts économiques des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain, aux dépens de ceux du reste du monde, l’Europe y compris. (Photo : Sommet de l’Otan à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026 : derrière l’apparence d’unité, de profondes fissures menacent l’édifice atlantique).

Habib Glenza, à Lodz, Pologne.

Toute alliance militaire durable repose en fin de compte sur une question simple en apparence, mais en réalité complexe : que défend-elle ? Sans réponse claire à cette interrogation, elle devient réactive, définie par ses adversaires plutôt que par un objectif commun.

Lorsque l’Otan a été fondée en 1949, cet objectif était clair. Née sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, l’alliance a été créée pour défendre ce que ses fondateurs appelaient le «monde libre», contre l’expansionnisme soviétique. 

Plus fondamentalement, elle visait à préserver un ordre international libéral reposant sur quatre piliers complémentaires : gouvernance démocratique, ouverture économique, primauté géopolitique de l’Occident, et droit international fondé sur la Charte des Nations Unies.

Fossé entre les valeurs prônées et les politiques menées

Chacun de ces piliers est aujourd’hui mis à rude épreuve. On l’observe notamment dans l’identité politique de l’Alliance, fragilisée par le recul de la démocratie et la montée de l’autoritarisme. L’Otan a beau demeurer le plus puissant bloc militaire au monde, sa légitimité morale dépend de la capacité de ses membres à continuer d’incarner les valeurs démocratiques qu’ils prônent.

La réaction de nombreux gouvernements membres de l’Otan face à la campagne militaire d’Israël à Gaza a mis en évidence un fossé grandissant entre les valeurs proclamées par l’Alliance et les politiques menées par ses membres. Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) continuent d’examiner les allégations de génocide et d’autres violations graves du droit international par l’Etat d’Israël, plusieurs membres éminents de l’Otan –en premier lieu desquels les États-Unis – continuent d’apporter au gouvernement israélien un soutien militaire et une couverture politique.

Or, une alliance dont la légitimité historique trouve ses racines dans le rejet du fascisme et les crimes de guerre ne peut se permettre d’apparaître sélective dans sa défense des principes humanitaires universels. La cohérence morale n’est pas un luxe éthique, mais un atout stratégique, que l’Otan abandonne aujourd’hui à ses risques et périls.

L’ordre économique libéral mis à mal par ses protagonistes même

L’ordre économique libéral subit également une pression croissante. Ironie de la situation, la plus grande difficulté de l’Otan ne provient pas de ses adversaires, mais de ses propres États membres, le protectionnisme, les guerres tarifaires et la politisation du commerce international ayant mis à mal le système fondé sur des règles que les pays occidentaux ont mis des décennies à bâtir et à entretenir après 1945.

Dans le même temps, le centre de gravité de l’économie mondiale s’est clairement déplacé vers l’Asie. À l’époque de la création de l’Otan, ses membres représentaient environ deux tiers du PIB mondial. Leur part est depuis tombée à moins de la moitié, l’Asie s’étant imposée comme le principal moteur de croissance de l’économie planétaire.

Troisième pilier de l’ordre d’après-guerre, le leadership géopolitique est devenu tout aussi fragile. La guerre froide fournissait à l’Otan un cadre stratégique clair. Après l’effondrement de l’URSS, l’hypothèse selon laquelle la prédominance américaine perdurerait s’est imposée comme une évidence, sous-tendant les vagues successives d’élargissement de l’Otan, et renforçant la conviction selon laquelle la supériorité militaire à elle seule pouvait déterminer l’issue des événements internationaux.

La guerre en Afghanistan a mis en évidence les limites de cette hypothèse. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, l’Otan a mené l’opération militaire la plus vaste et la plus longue de son histoire. Or, malgré deux décennies d’écrasante supériorité militaire et technologique américaine, les talibans sont revenus au pouvoir à Kaboul. Il ne s’agit pas d’en tirer comme enseignement que la force est devenue inutile, mais plutôt que la réussite sur le champ de bataille ne saurait se substituer à une stratégie politique cohérente. Une sécurité durable passe par la diplomatie, le renforcement des institutions, l’engagement régional et une vision politique à long terme.

Cette leçon s’applique d’autant plus dans le contexte multipolaire actuel. Bien que la dissuasion demeure indispensable, les cadres de la guerre froide ne sont plus adaptés à un monde façonné par la coercition économique, les migrations, l’insécurité énergétique, la concurrence technologique et la cyberguerre. L’Otan doit par conséquent compléter sa puissance militaire par une vision géopolitique clairvoyante et une pratique subtile du pouvoir.

L’ordre juridique international cède de plus en plus la place à la politique des grandes puissances. La crédibilité de toute alliance repose sur sa volonté de faire respecter les normes qu’elle proclame. Or, les menaces d’annexion du Groenland – un territoire autonome du Danemark – formulées par le président américain Donald Trump remettent en cause l’un des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : l’intégrité territoriale des États souverains. Lorsque la puissance dominante de l’Otan menace la souveraineté de l’un de ses propres membres, l’engagement de l’alliance en faveur du droit international sonne creux.

Ces défis structurels sont aggravés par une fracture croissante concernant l’objectif stratégique de l’Otan. Certes, les désaccords entre alliés ne datent pas d’hier. La guerre en Irak a par exemple a profondément partagé les États-Unis et leurs partenaires européens, mais les deux parties ont continué de considérer l’Otan comme indispensable à la sécurité transatlantique. 

D’une alliance politico-militaire à un arrangement transactionnel 

Sous Trump, les États-Unis considèrent de plus en plus l’Otan comme un arrangement transactionnel, et prennent d’importantes décisions de politique étrangère sans consulter leurs principaux alliés.

La guerre contre l’Iran l’illustre parfaitement. Ce conflit, qui est susceptible de redessiner le paysage sécuritaire régional, et qui a profondément perturbé l’économie mondiale, revêt de profondes implications pour tous les États membres de l’Otan, alors que l’Alliance elle-même semble n’avoir joué aucun rôle dans le processus décisionnel. Une alliance dont les membres peuvent être entraînés dans un conflit régional qu’ils n’ont ni choisi collectivement, ni approuvé politiquement, risque de saper la confiance mutuelle nécessaire à la coopération en matière de sécurité.

La crise de l’Otan étant davantage une crise d’identité que de capacités, la redynamisation de l’Alliance nécessite plus qu’une augmentation des budgets de défense et qu’un renforcement de la dissuasion. L’Otan a besoin d’un fondement normatif renouvelé, ancré dans la légitimité démocratique et les droits de l’homme, d’un réengagement à l’appui du droit international, ainsi que d’une vision économique adaptée à l’ère du rééquilibrage mondial des puissances.

Sans une philosophie stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de ne devenir qu’un instrument au service des intérêts des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain.

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Trump mise sur Erdoğan pour rebattre les cartes au sein de l’OTAN

08. Juli 2026 um 09:12

Le sommet de l’OTAN organisé à Ankara a marqué un tournant dans les relations entre les États-Unis et la Turquie. Donald Trump a annoncé, mardi 7 juillet, la levée prochaine des sanctions imposées à Ankara depuis l’acquisition des systèmes russes S-400 et s’est déclaré prêt à réexaminer la vente d’avions de combat F-35…

Les relations entre les États-Unis et la Turquie semblent entrer dans une nouvelle phase. À l’occasion du sommet de l’OTAN organisé à Ankara, Donald Trump a multiplié les gestes d’ouverture envers son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, qu’il a qualifié de dirigeant avec lequel il entretient une « excellente alchimie ». Au-delà des déclarations, Washington a annoncé son intention de lever les sanctions imposées à Ankara depuis 2020 et d’étudier un retour de la Turquie dans le programme des avions de combat F-35.

Cette évolution constitue un changement majeur dans la politique américaine. Les sanctions avaient été adoptées au titre du Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) après l’acquisition par la Turquie du système russe de défense aérienne S-400, décision qui avait également entraîné son exclusion du programme F-35.

Une relation personnelle remise au premier plan

Lors de leur rencontre mardi, Donald Trump a insisté sur la qualité de sa relation personnelle avec Recep Tayyip Erdoğan, estimant que cette proximité pouvait contribuer à résoudre plusieurs dossiers bilatéraux. Les deux dirigeants ont évoqué un renforcement des échanges commerciaux, de la coopération industrielle ainsi qu’un approfondissement du partenariat dans le domaine de la défense.

Le président turc a, de son côté, salué cette inflexion américaine, rappelant que la modernisation de l’armée de l’air turque constitue une priorité stratégique. Ankara espère récupérer l’accès aux F-35 mais également obtenir des moteurs américains destinés au développement de son futur avion de combat national KAAN…

Un signal adressé à l’ensemble de l’Alliance

Au-delà de la relation bilatérale, ce rapprochement s’inscrit dans une recomposition plus large des priorités stratégiques de l’OTAN. Située au carrefour de l’Europe, de la mer Noire et du Moyen-Orient, la Turquie occupe une position clé dans plusieurs dossiers sensibles, qu’il s’agisse de la guerre en Ukraine, de la sécurité en Méditerranée orientale ou des tensions avec l’Iran.

En renouant avec Ankara, Washington cherche également à renforcer la cohésion de l’Alliance dans un contexte marqué par la multiplication des crises régionales et la montée des rivalités entre grandes puissances. La Turquie, deuxième armée de l’OTAN en effectifs, apparaît plus que jamais comme un acteur incontournable de l’architecture sécuritaire euro-atlantique.

Cette normalisation pourrait avoir des retombées économiques significatives. La levée des sanctions faciliterait la reprise des échanges industriels dans les secteurs de l’aéronautique, de la défense et des hautes technologies, tout en renforçant l’attractivité de la Turquie pour les investisseurs américains.

Pour Ankara, cette évolution représente aussi une opportunité de consolider sa base industrielle de défense, devenue l’un des moteurs de ses exportations ces dernières années. Reste à savoir si cette volonté politique se traduira rapidement par des décisions concrètes, alors que plusieurs dossiers sensibles continuent d’opposer les deux alliés, notamment en Syrie, en Méditerranée orientale et sur certaines questions de politique régionale.

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Sommet de l’OTAN : Ankara sous haute sécurité avant l’arrivée des dirigeants de l’Alliance

06. Juli 2026 um 10:30

La capitale turque finalise les préparatifs du sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet 2026, un rendez-vous stratégique consacré au renforcement des capacités de défense de l’Alliance et à l’industrie militaire.

À quelques heures de l’ouverture du sommet de l’OTAN, Ankara a considérablement renforcé son dispositif de sécurité afin d’accueillir les chefs d’État et de gouvernement des 32 pays membres de l’Alliance atlantique.

D’importantes restrictions de circulation, un déploiement massif des forces de sécurité et un important dispositif logistique ont été mis en place autour des principaux sites officiels, notamment le complexe présidentiel où se dérouleront les réunions des dirigeants.

Parallèlement aux travaux politiques, Ankara accueille également le NATO Summit Defence Industry Forum, consacré aux investissements de défense, à l’innovation technologique, à la coopération industrielle et à l’objectif fixé par l’Alliance d’accroître les dépenses militaires de ses membres.

Les médias turcs dévoilent les premiers détails du programme de la visite du président américain Donald Trump

Selon ces informations, le président américain est attendu dans la capitale turque ce lundi 6 juillet, accompagné d’une importante délégation américaine qui a déjà finalisé les préparatifs de sécurité et la planification opérationnelle de la visite.

Le programme prévoit que la première étape officielle de Trump sera Anıtkabir, où il rendra hommage au fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk. Il se rendra ensuite au palais présidentiel, où le président Recep Tayyip Erdoğan l’accueillera lors d’une cérémonie officielle.

Une rencontre privée entre les deux dirigeants suivra, puis des discussions élargies entre les délégations. L’ordre du jour devrait porter sur les relations de défense américano-turques, le possible retour d’Ankara au programme F-35, la fourniture de moteurs F-110 pour le chasseur KAAN, ainsi que sur l’évolution de la situation en Syrie et à Gaza.

Pour la Turquie, ce sommet représente un enjeu diplomatique majeur. Plus de vingt ans après le sommet d’Istanbul de 2004, Ankara entend mettre en avant son rôle de puissance régionale et de partenaire stratégique incontournable au sein de l’OTAN.

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