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Baisse du taux directeur de la BCT : Quels impacts pour les ménages et les entreprises ?

28. März 2025 um 14:36

«La décision de Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie, lors de sa réunion du 26 mars 2025, de réduire le taux directeur de la BCT de 50 points de base de 8% à 7,5% s’inscrit dans le cadre d’une politique d’ajustement progressive, lui permettant d’être toujours en mesure de maîtriser les prix, tout en mettant en place les meilleures conditions pour le bon fonctionnement de l’économie », a indiqué, vendredi, l’analyste économique et financier, Bassem Ennaifar, dans une interview accordée à l’agence TAP.

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D’après lui, « la BCT a trouvé le juste milieu des solutions intermédiaires entre la concrétisation des résultats et des avancées réalisées au niveau de maîtrise de l’inflation, d’une part, et la protection de notre économie nationale des risques inflationnistes, qui peuvent résulter des évolutions des prix sur le marché international, ou de la hausse de la demande locale, favorisée par la hausse salariale, d’autre part ».

De même, l’institut d’émission s’est retrouvé dans l’obligation de stimuler la croissance économique, à travers, entre autres, la facilitation de l’accès au financement, grâce surtout à la réduction de son taux directeur, d’autant plus que l’inflation s’est inscrite, depuis des mois, sur une courbe descendante.

Pour rappel, le taux directeur de la BCT a été révisé à la hausse pour atteindre 8%, depuis le mois de décembre 2022, afin de faire face à une inflation à deux chiffres, engendrée, notamment, par l’accroissement des prix des produits de base à l’échelle internationale, causé essentiellement par le conflit russo-ukranien.

« Aujourd’hui nous sommes dans une période où l’inflation est relativement maîtrisée, bien qu’elle soit toujours élevée au niveau de 5,7%, mais elle a significativement baissé par rapport au pic enregistré en 2022, et donc il est légitime que les opérateurs économiques demandent une baisse du taux directeur pour accéder aux financements », a-t-il noté.

La diminution du taux directeur permettra de suivre de près l’évolution des prix

Et d’ajouter  « la BCT est consciente que la baisse de 50 points de base du taux directeur, ne va pas révolutionner la demande de financement et relancer l’investissement, mais cela lui permettra de suivre de près l’évolution des prix. En effet, si les prix confirment leur tendance baissière, la Banque des banques pourra, quelques mois plus tard, baisser encore son taux directeur.

En revanche, si les prix augmentent de nouveau, elle va intervenir en adoptant des politiques monétaires encore plus strictes et n’exclura pas la possibilité de réviser à la hausse le taux directeur ».

L’analyste économique a précisé, aussi, que la réduction de 50 points de base du taux directeur, ne favorisera pas un changement radical des intentions d’investissement, mais va, plutôt, réduire le coût des crédits à court terme, de manière à permettre de financer plus facilement l’exploitation.

En ce qui concerne les ménages, cette légère baisse du taux directeur n’aura pas, d’après lui, d’importantes répercussions immédiates sur les crédits de consommation. Par contre, elle pourrait stimuler les financements destinés à l’acquisition de logements. A ce propos, les banques pourraient se focaliser sur l’octroi de crédits à taux variables afin de pouvoir maintenir leur niveau de profit .

Pour rappel, le nouvel article 412 de la Loi du 2 août 2024 (Code de commerce) stipule que toute personne ayant obtenu un prêt dont la durée est supérieure à 7 ans avec un taux fixe, et ayant remboursé 3 ans, peut bénéficier d’une réduction du taux d’intérêt sur le capital restant dû.

L’Etat, le plus important bénéficiaire de la réduction du taux directeur de la BCT

Par ailleurs, Ennaifer a estimé que « l’Etat, en tant que premier émetteur sur le marché primaire de la dette en Tunisie, est l’agent économique qui va profiter le plus de cette baisse du taux directeur, car il est en train d’émettre des bons de trésor, et envisage le lancement de l’emprunt national”.

Dans ce cadre, il a noté que l’Etat n’a pas émis, jusqu’à ce jour, des tranches de l’emprunt national 2025, dont le montant global a été fixé, dans la Loi de Finances 2025, à 4,8 milliards de dinars, et ce, « parce que l’Etat ne voulait pas s’engager dans des émissions dudit emprunt obligataire avec des taux d’intérêt élevés et coûteux, comme s’était le cas pour les emprunts nationaux des années 2024 et 2023 ».

L’économiste a précisé, dans le même contexte, que l’Etat a lancé une grande opération d’émission de bons de trésor à court terme, durant le mois de février 2025, d’une valeur de 1,2 milliard de dinars (soit l’équivalent d’une tranche de l’emprunt national), bien qu’il n’avait pas un grand besoin de financement pour le pays; et ce, dans l’objectif de mobiliser des financements de court durée dont le coût est beaucoup moins cher, par rapport à l’émission d’une tranche de l’emprunt national.

La baisse du taux de rémunération de l’épargne vise à stimuler l’investissement

Revenant sur les décisions prises par le Conseil d’Administration de la BCT, jeudi, Ennaifer a évoqué la baisse du taux minimum de rémunération de l’épargne de 50 points de base, de 7% à 6,5%, soulignant que « toute évolution du taux directeur, que ce soit en hausse ou en baisse, est généralement accompagnée d’une évolution pareille du taux minimum de rémunération de l’épargne ».

La baisse de ce taux vise, selon lui, à encourager les opérateurs économiques à investir leur épargne, afin de relancer la croissance économique. «On a aujourd’hui un gisement important d’épargne s’élevant à 34,3 milliards de dinars, pour l’épargne bancaire, et 10,5 milliards de dinars, pour l’épargne postale, selon les dernières statistiques publiées par la BCT (pour janvier 2025) », a précisé l’économiste, ajoutant que cette épargne draine des recettes à l’Etat sous la forme de retenues à la source de l’ordre de 694 millions de dinars, et des intérêts (les produits de placement) au profit des tunisiens s’élevant à plus de 2,5 milliards de dinars, selon les estimations de la Loi de Finances 2025..

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Réformer la BCT | Jusqu’où peut aller Kais Saïed ?

28. März 2025 um 09:18

Le système bancaire, sous la houlette de Banque centrale de Tunisie (BCT), n’inspire plus la confiance des Tunisiens. Le président Kais Saïed multiplie les injonctions et les critiques à l’égard du système bancaire dans son ensemble. Il exige des réformes et ajustements structurels, le plus tôt possible. Mais, jusqu’où peut-il aller et quels sont les risques liés à une réforme précipitée et peu concertée ?

Moktar Lamari *

Faut-il le rappeler, la tension est à son comble entre d’un côté, le pouvoir monétaire et son «cartel» de banques, et d’un autre côté, le pouvoir exécutif appuyé par une opinion publique qui a perdu sa confiance envers les politiques monétaires et le système bancaire.

Et depuis une semaine, le duel passe à la vitesse supérieure. Un duel devenant parfois émotionnel et souvent erratique. La nouvelle cheffe du gouvernement (nommée depuis quelques  jours) veut accélérer le processus de la réforme de la banque centrale et du système bancaire, en impliquant uniquement les parties prenantes gouvernementales. Sans publier davantage de documents et d’études étayant les faits et les enjeux par des analyses scientifiques portant sur les dérives du système bancaire et de la Banque centrale surtout depuis la révision de sa loi organique en 2016.

Une opacité totale

Mercredi, la Banque centrale de Tunisie (BCT) baisse très légèrement son taux directeur, mais avec beaucoup de réticence et surtout une opacité totale sur les délibérations. On ne sait rien sur l’ordre du jour, sur les délibérations, les votes et encore moins sur les avis de ces élites présentes au conseil d’administration et qui opèrent derrière des portes closes, et parfois à la merci des lobbyistes et de groupes d’intérêts connus.

Aucune étude empirique n’est communiquée, et le gouverneur de la BCT n’est même pas en mesure de sortir dans les médias pour faire expliquer sa vision et articuler une logique rationnelle pour la réforme de son institution.

C’est un déficit de leadership qui n’arrange rien à la réputation et au branding de l’institut d’émission. Une institution pourtant historiquement respectée, par son histoire, ses leaders d’antan et ses positions avant-gardistes depuis sa création en 1958.

En cause, des taux d’intérêt usuraires, un blocage de l’investissement, une institution infectée par la corruption, le blanchiment d’argent, fuite de capitaux et évasion fiscale. Un code de change qui aggrave les choses et qui incarne tous les vices cachés du monétarisme en vigueur. En cause aussi la smala qui gère le système bancaire, agissant «hors la loi» et bloquant franco l’entrée de nouveaux acteurs, investisseurs et joueurs dans les marchés financier et économique en Tunisie.

Durant les derniers mois et semaines, le président Kais Saïed a «sermonné» publiquement et à plusieurs reprises le gouverneur de la BCT, appelant les banques à «respecter la loi» et à «réformer la politique monétaire». Peine perdue.

Le président a visité le siège de la BCT et des banques connues avec des dossiers sous les bras pour illustrer l’ampleur de la corruption et malversations au sein de certaines institutions monétaires et financières.

Citoyens et élites sont laissés dans le flou total. C’est quoi le problème? Pourquoi le système bancaire fait-il la sourde oreille aux injonctions du chef de l’exécutif? Es-ce un une sorte d’Etat dans l’Etat?

Des questions complexes qui taraudent les esprits des acteurs économiques et des citoyens avertis des enjeux financiers et monétaires en Tunisie.

La Loi de 2016 est anachronique et obsolète

La Loi 2016 sur la BCT est devenue «anachronique», en faisant maladroitement décrocher l’institut d’émission des instances de gouvernance de la Tunisie, et en la mettant de facto aux ordres du FMI et autres influences inspirées par les accords de Bretton Woods (1944).

Une grave erreur, une telle loi a mal compris le concept de l’indépendance des banques centrales. Les économistes liés au parti intégriste de Rached Ghanouchi n’ont rien compris aux théories et principes régissant l’indépendance des politiques monétaires.

La loi de 2016 sur la BCT a été conçue par un parlement tunisien, dominé par les Frères musulmans. Une Loi qui répond aux diktats et conditionnalités imposés par le FMI, au prétexte de l’«indépendance de la BCT».

Le parlement a à l’évidence voulu légitimer son pouvoir en obéissant aux impératifs de l’orthodoxie monétariste, de plus en plus contestée en Europe et même aux Etats-Unis, depuis le premier mandat de Trump.

Les islamistes ont volontairement centré le mandat de la BCT sur la lutte à l’inflation, et donc sur l’utilisation des leviers liés aux taux d’intérêt composé, pourtant interdit par l’islam (al-riba). Ils ont aussi et sciemment occulté le rôle stratégique de la politique monétaire en matière de relance économique du PIB et de l’emploi.

Sous leur gouverne, la BCT et le système bancaire ont été mis sur des listes noires pour blanchiment de l’argent sale et des transferts de devises visant à financer le terrorisme et l’enrichissement illicite d’élites politiques proches du pouvoir. En même temps, le dinar a perdu plus de 60% de sa valeur d’échange avec les devises fortes.

Sans aucun doute, la Loi de 2016 sur la Banque centrale doit rapidement être repensée et réécrite. Tout en favorisant l’indépendance de l’institution des pouvoirs politiques, le nouveau texte de loi doit tenir compte de la responsabilité de la politique monétaire, non seulement dans la lutte contre l’inflation, mais aussi dans la promotion de la croissance et la création de l’emploi.

Taux d’intérêt manipulés par les lobbyistes

Certes l’inflation a frôlé les 10% depuis 2019, année de la Covid-19. Une inflation principalement importée et amplifiée par la rupture des chaînes d’approvisionnement au niveau international, suite aux confinements et ruptures de stocks.

Depuis l’adoption de la loi de 2016, la BCT a exagérément sur-calibré les taux d’intérêt directeurs, permettant à la trentaine de banques d’engranger des centaines de millions de dinars de profit net, sans encourir aucun risque. Alors que l’économie est à genoux et les taux de croissance sont nuls et parfois négatifs.

La trentaine de banques organisées en cartel, au grand jour, font payer à leurs PDG des salaires mirobolants pouvant atteindre presque 2 millions de dinars par an (salaires, actions et bonus).

Il faut dire que ces banques profitent aussi de leur engagement pour financer les déficits budgétaires à des taux qui dépassent 2 à 3 fois les taux pratiqués par le FMI, ou les autres organisations internationales. Elles sont appuyées pour ce faire par la planche à billet de la BCT.

La situation actuelle et les textes en vigueur pour gérer la BCT et la politique monétaire sont devenus contreproductifs, incapables de maîtriser totalement l’inflation et générateurs de récession, de chômage et de stagflation. La part de l’investissement dans le PIB a chuté de 28% en 2010, à moins de 6% en 2020-2022.

En plus des textes législatifs à repenser, la Tunisie de Kais Saïed doit infléchir les objectifs et les instruments de la politique monétaire et les mettre au service de l’économie.

Des banques qui n’inspirent plus confiance

L’opinion publique tunisienne est remontée contre le système bancaire. Les citoyens ont compris les manigances et les enjeux de pouvoir financier qu’exercent les banques sur l’économie, pour s’enrichir et vampiriser aussi bien les épargnants que les investisseurs.

Plusieurs banques de développement ont été déplumées ou bradées au profit d’intérêt privés avant d’être absorbées par d’autres banques, souvent étrangères. On se rappelle de la Banque du Sud, et d’autres sociétés à capital de risque aussi absorbées au grand mépris des règles de la concurrence et de la transparence. Les actionnaires ont été saignées à blanc. Nos parents ont du temps de Bourguiba cotisé par des retenus sur salaire à la constitution de nombreuses banques de développement liquidées depuis, par la privatisation et la corruption de l’ère de Ben Ali.

On se rappelle aussi des cartons de liasses en devises acheminées mensuellement au dictateur Ben Ali et les membres de sa famille directe, avec évidemment la complicité des autorités supérieures de la BCT, gouverneur et membres de son conseil d’administration de l’époque.

Ces dernières années, les frais bancaires ont atteint des niveaux mirobolants. En plus, les banques limitent les montants des retraits, pour démultiplier les frais, introduisant toujours plus d’agios et de prélèvement pour la gestion des comptes. On délivre les cartes de crédits au compte-goutte et on limite l’ouverture de comptes bancaires aux personnes récipiendaires de salaires réguliers.

Les sondages d’opinion confirment cette perte de confiance collective envers le système bancaire tunisien. Les bases de données du World value Survey (WVS) démontrent l’ampleur de l’in-confiance affichée par les Tunisiens et les Tunisiennes envers leurs banques et envers les institutions monétaires internationales (FMI, Banque mondiale).

Le sondage WVS mené en 2022 montre que 75% des Tunisiens et Tunisiennes ne font pas confiance à leurs banques. Ce taux se repartit entre 27,3% de répondants qui ne font aucune confiance aux banques tunisiennes, et 47,5% déclarent ne pas faire assez confiance.

La déchéance de la confiance est réelle. Le même sondage mené en 2013 par cet organisme universitaire reconnu montre que seulement 54% des répondants ne font pas assez ou pas du tout confiance à leur système bancaire.

Risques et périls

Au sujet de l’imperfection de la gouvernance de la BCT et des comportements cartélistes des banques, l’unanimité est acquise. Le président Saïed bénéficie d’un appui total de l’opinion publique nationale. Mais, dans la précipitation, il faut réformer les comportements, sans déformer les fondamentaux économiques régissant le rôle et la valeur ajoutée du système bancaire, agent majeur de la macroéconomie.

Les banques privées ou publiques ont leurs actionnaires, leurs épargnants et leurs clients. Il ne faut pas que les réformes pénalisent ces personnes (morales ou physiques). Les théories économiques basées sur la croissance économique stipulent une relation négative entre des taux d’intérêt très élevés d’un côté et un engagement collectif pour investir et créer la richesse par la stimulation de l’investissement.

Repenser et réécrire la Loi de 2016 sur la BCT doit impliquer plus que les membres du gouvernement et des cercles de conseillers du président ou du ministère des Finances.

Les universitaires doivent se prononcer explicitement et doivent sortir d’une approche girouette, fondée sur les portes tournantes, passant d’un parti à un autre, d’une approche à une autre, comme si de rien n’était.

Les universitaires doivent démontrer les écueils à éviter dans ce genre de réformes complexes et pour élaborer une nouvelle loi qui fait l’unanimité, sans prendre le risque d’une autre refonte après quelques années, et à la fin de mandat de l’actuel président.

Trois principes directeurs

Les institutions internationales sont aux aguets, et il ne faut pas politiser les enjeux pour décrédibiliser la Tunisie, ses élites et son système bancaire. Trois principaux principes sont à faire valoir.

Un : l’indépendance doit être totale, et elle se doit de se doubler d’une distance officielle et franche face aux institutions de Bretton Woods, et leurs pseudos valeurs anti-État, antisocial et manipulations des taux de changes et autres conditionnalités dites «rationnelles».

Deux : intégrité des responsables agissant au sein et dans la périphérie de la BCT et des banques qui vampirisent l’économie et qui multiplient les frais et les «répressions financières» contre les investisseurs et les épargnants. Ces banques doivent respecter leurs clients et agir de façon à insuffler la croissance économique, l’investissement, l’emploi.

Trois : transparence et souveraineté nationale sur les politiques monétaires et toutes ces ententes entourant une dette toxique, qui ruine le pouvoir d’achat et obscurcit l’avenir des nouvelles générations. L’opinion publique mérite le respect, notamment pour savoir les curriculum-vitae des membres du Conseil d’administration de la BCT et leurs votes pour ou contre les graves décisions liées au taux d’intérêt, aux taux de change, et à toutes dépendances liées aux va-et-vient au FMI, pour représenter la BCT et la Tunisie dans son ensemble.

Ce n’est pas simple, et il faudra associer toutes les parties prenantes dans ce processus fort délicat, qui demande autant de mobilisation que d’adhésion. La consultation et l’utilisation des données probantes doivent guider la réforme du système bancaire et comprendre les déterminants de l’efficience des politiques monétaires en Tunisie.

D’ici trois semaines auront lieu les Spring meeting du FMI à Washington, faut-il que la Tunisie s’y rende, pour quelle finalité et avec quelle délégation? Sachant que notre pays a officiellement réitéré plusieurs fois des fins de non recevoir aux diktats au FMI…

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : Economics for Tunisia, E4T.

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Le dinar résiste face aux devises étrangères, affirme la BCT

27. März 2025 um 10:09

Le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) souligne que le dinar tunisien continue de faire preuve de résilience face aux principales devises. Toutefois, il met en garde contre les risques de remontée des taux, malgré une tendance baissière de l’inflation.

Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion du 26 mars, le conseil a examiné les récentes évolutions économiques et financières aux niveaux international et national, ainsi que les prévisions d’inflation.

Il a relevé que la baisse quasi généralisée des prix des principales matières premières et produits de base sur le marché international a contribué au repli de l’inflation mondiale en 2024. Cependant, l’inflation sous-jacente demeure élevée, maintenant l’inflation globale au-delà des prévisions des banques centrales au cours des premiers mois de 2025.

Dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques et commerciales, ces tendances ont conduit à une révision à la hausse des perspectives d’inflation à court terme, incitant plusieurs grandes banques centrales à maintenir leurs taux directeurs inchangés.

Sur le plan national, la croissance économique a poursuivi sa progression au quatrième trimestre 2024, atteignant 2,4% en glissement annuel contre 1,8% le trimestre précédent. Cette dynamique repose principalement sur le renforcement des activités dans les secteurs des services et de l’agriculture.

Concernant le secteur extérieur, le conseil a constaté que le déficit courant s’est établi à 1.654 Mtnd (0,9% du PIB) à fin février 2025, contre 113 Mtnd (0,1% du PIB) un an plus tôt. Cette aggravation résulte principalement de l’élargissement du déficit commercial (-3.518 Mtnd contre -1.780 Mtnd à fin février 2024), malgré la bonne performance des recettes touristiques et des revenus du travail.

Par ailleurs, les avoirs nets en devises ont atteint, au 25 mars 2025, 22,9 milliards de dinars (100 jours d’importations), contre 27,3 milliards (121 jours) à fin décembre 2024. Le taux de change du dinar demeure stable face aux principales devises.

L’inflation, quant à elle, poursuit son ralentissement, s’établissant à 5,7% en février 2025, contre 6% le mois précédent. Cette atténuation s’explique en grande partie par la baisse de l’inflation des produits à prix administrés (2,2% contre 3,8%), en lien avec la réduction de la TVA sur les tarifs de l’électricité et le maintien du gel des prix des produits et services clés. Toutefois, l’inflation sous-jacente, hors produits alimentaires frais et prix administrés, a légèrement progressé à 5,1% en février contre 5% en janvier.

Les prix des produits alimentaires frais continuent d’évoluer à des niveaux élevés, atteignant 13,3% en février contre 13,2% un mois plus tôt.

Selon la BCT, les récentes tendances de l’inflation ont conduit à une révision à la baisse des prévisions pour les mois à venir. Cependant, la hausse des salaires dans les secteurs public et privé pourrait exercer des pressions à la hausse sur les coûts de production et stimuler davantage la demande, dans un contexte où les capacités de production restent limitées, notamment en raison du stress hydrique persistant et du rythme lent des réformes stratégiques.

Cette situation pourrait freiner une baisse plus marquée de l’inflation à court terme. En moyenne annuelle, le taux d’inflation devrait passer de 7% en 2024 à 5,3% en 2025.

Enfin, le conseil souligne que l’évolution future de l’inflation demeure incertaine et exposée à plusieurs risques haussiers, en lien avec la fluctuation des prix internationaux des matières premières, la dynamique de la demande et la gestion du déficit budgétaire de l’État.

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Tunisie | Le taux directeur fixé à 7,5% (-50 points de base)  

27. März 2025 um 08:49

Comme attendu et revendiqué depuis deux ou trois ans par les opérateurs économiques et financiers, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a enfin décidé, lors de sa réunion du 26 mars 2025, de réduire son taux d’intérêt directeur de 50 points de base à 7,5%.

Cette décision, qui reflète l’engagement du conseil de la BCT en faveur de la stabilité des prix, sans négliger le soutien à la croissance, entrera en vigueur à partir du 27 mars 2025, indique la BCT dans son communiqué publié hier.

A cet effet, les facilités de dépôt et de prêt à 24 heures ont été ramenées respectivement à 6,5% et 8,5%.

Le Conseil a, également, décidé d’abaisser à 6,5% le taux minimum de rémunération de l’épargne.

«Au vu des incertitudes grandissantes, le Conseil continuera de surveiller de près les risques aussi bien internes qu’externes entourant les perspectives d’inflation et se tiendra prêt à prendre les décisions nécessaires», a encore précisé l’institut d’émission.

Lors de la réunion, le Conseil a passé en revue les récents développements économiques et financiers aussi bien à l’échelle internationale que nationale, ainsi que les perspectives de l’inflation.

Croissance en hausse : sur le plan national, la croissance économique s’est maintenue sur une tendance haussière au dernier trimestre 2024 pour atteindre 2,4% (en glissement annuel) contre 1,8% le trimestre précédent et ce, grâce, notamment, au renforcement de l’activité dans le secteur des services et de l’agriculture.

Hausse du déficit courant : au niveau du secteur extérieur, le déficit courant s’est situé à 1 654 MDT (ou 0,9% du PIB) au terme du mois de février 2025, contre 113 MDT (ou 0,1% du PIB) un an auparavant, en raison, notamment, du creusement du déficit commercial (-3 518 MDT contre -1 780 MDT à fin février 2024), et ce, en dépit de la bonne tenue des recettes touristiques et des revenus de travail.

Baisse des avoirs en devises : à la date du 25 mars 2025, les avoirs nets en devises se sont élevés à 22,9 milliards de dinars (ou 100 jours d’importation), contre 27,3 milliards (ou 121 jours) à fin décembre 2024. Le taux de change du dinar reste résilient vis-à-vis des principales devises.

Ralentissement de l’inflation : l’inflation continue à montrer des signes de ralentissement pour s’établir à 5,7% au mois de février 2025 contre 6% le mois précédent.

Cette atténuation a été favorisée, particulièrement, par la détente de l’inflation des produits à prix administrés (2,2% contre 3,8%) en relation avec la réduction de la TVA sur les prix à la consommation de l’électricité et le maintien du gel des prix des principaux produits et services.

En revanche, l’inflation sous-jacente «hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés» a légèrement augmenté pour s’établir à 5,1% en février 2025 contre 5,0% le mois précédent.

De leur côté, les prix des produits alimentaires frais continuent à évoluer sur un palier relativement élevé, soit 13,3% contre 13,2% en janvier 2025. La BCT a noté que les réalisations récentes de l’inflation ont engendré une révision à la baisse des perspectives de l’inflation au cours de la période à venir.

Toutefois, les augmentations des salaires, aussi bien dans le secteur privé que public, devraient occasionner des pressions à la hausse sur les coûts de production et stimuler davantage la demande dans un contexte des capacités de production moins dynamiques, en relation particulièrement avec le stress hydrique persistant et le rythme lent dans la mise en place des réformes stratégiques. Cette situation pourrait entraver, selon la BCT, une baisse plus sensible de l’inflation à court terme.

En termes de moyennes annuelles, le taux d’inflation devrait revenir de 7% en 2024 à 5,3% en 2025.

Selon l’institut d’émission, la trajectoire future de l’inflation reste entourée de plusieurs risques haussiers. Elle serait particulièrement tributaire de l’évolution des prix internationaux des principaux produits de base et des matières premières, de la dynamique de la demande et de la capacité de gérer le déséquilibre du budget de l’Etat.

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L’inflation au Royaume-Uni ralentit à 2,8 % en février

26. März 2025 um 15:05

L’inflation annuelle au Royaume-Uni a ralenti à 2,8 % en février, annonce La Banque d’Angleterre le 25 mars 2025, contre 3 % en janvier. Ce qui donne aux consommateurs une certaine marge de manœuvre avant une éventuelle hausse des prix.

Les économistes interrogés par Reuters ont évoqué une croissance au Royaume-Uni de 2,9 % en février; contre une prévision de 2,8 % de la Banque d’Angleterre publiée le mois dernier.

Selon la correspondante d’Al Business à Londres, la baisse de l’inflation en Grande-Bretagne en février est due à une baisse des prix des vêtements et des chaussures.

Pour sa part, l’inflation sous-jacente a diminué de 3,7 % en janvier à 3,5 % en février. Cependant, la Banque centrale prévoit que l’inflation des prix à la consommation atteindra un pic de 3,75 % au troisième trimestre, soit près du double de l’objectif de 2 %. Et ce, en raison principalement de la hausse des coûts de l’énergie et des frais sur les factures d’eau et d’électricité des ménages et sur les tarifs de bus au Royaume-Uni.

L’Office for National Statistics a indiqué que le taux d’inflation annuel du secteur des services, étroitement surveillé par la Banque d’Angleterre, s’est maintenu à 5 %, dépassant tout de même les attentes d’une baisse à 4,9 %.

La chancelière de l’Echiquier du Royaume-Uni, Rachel Reeves devrait annoncer aujourd’hui un mini-budget comprenant de nouvelles réductions des dépenses.

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La probabilité d’une récession américaine approche les 50 %, estime la Deutsche Bank

25. März 2025 um 15:10

Les résultats d’une enquête de la Deutsche Bank publiée le 24 mars 2025 par CNBC relèvent que les chances que les Etats-Unis se dirigent vers une récession sont proches de 50-50. Ce qui soulève de nouvelles questions sur la direction de l’économie américaine.

La combinaison d’une inflation plus élevée et d’une croissance plus lente fait surgir le spectre de la stagflation aux Etats-Unis. Un phénomène qui n’avait pas été observé depuis le début des années 1980.

La probabilité d’un ralentissement de la croissance au cours des 12 prochains mois est d’environ 43 %. C’est ce qu’il ressort  l’opinion moyenne de 400 répondants à l’enquête de la Deutsche Bank au cours de la période du 17 au 20 mars.

Bien que le chômage reste faible et que la plupart des données suggèrent une croissance continue, voire ralentie, les résultats de l’enquête renforcent le message des enquêtes de sentiment selon lequel les consommateurs et les chefs d’entreprise sont de plus en plus préoccupés par le risque croissant d’un ralentissement ou d’une récession.

Inquiétudes de la Fed

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a reconnu la semaine dernière ces inquiétudes. Mais il a déclaré qu’il considérait toujours l’économie comme « globalement forte », avec « des progrès significatifs vers nos objectifs au cours des deux dernières années ».

Pourtant, lors de la réunion de politique monétaire de deux jours, les 18 et 19 mars, Powell et ses collègues ont abaissé leur estimation du produit intérieur brut (PIB) cette année à seulement 1,7 % de croissance annualisée. Hors restrictions budgétaires liées à la Covid-19 en 2020, ce serait le pire taux de croissance depuis 2011.

En outre, les responsables de la Fed ont relevé leurs prévisions d’inflation sous-jacente à 2,8 %, bien au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque centrale. Et ce, même s’ils s’attendent toujours à atteindre ce niveau d’ici 2027.

Vers une stagflation?

La combinaison d’une inflation plus élevée et d’une croissance plus lente fait surgir le  spectre de la stagflation. Un phénomène qui n’a pas été observé depuis le début des années 1980. Peu d’économistes voient cette époque se reproduire dans l’environnement actuel. Même si la probabilité d’un défi politique où la Fed pourrait avoir à choisir entre stimuler la croissance et freiner la baisse des prix augmente.

Ces dernières semaines, les marchés ont été nerveux quant aux perspectives. Jeffrey Gundlach, expert obligataire chez DoubleLine Capital,  a déclaré il y a quelques jours à CNBC que le risque de récession était estimé entre 50 et 60 %.

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Marokko – Zentralbank bewertet wirtschaftliche Lage und will Wachstum stützen

Von: maghreb
19. März 2025 um 08:47

ZentralbankInflation stabilisiert sich, Wachstum bleibt moderat, neue Maßnahmen für kleine Unternehmen, Leitzins sinkt auf 2,25 % – zweite Senkung in Folge Rabat – Die marokkanische Zentralbank Bank Al-Maghrib (BAM) hat in ihrer ersten quartalsweisen Sitzung ihres Vorstands des Jahres 2025 erneut den Leitzins gesenkt. Zum zweiten Mal in Folge und zum dritten Mal seit Juni […]

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Marokko – Zentralbank überrascht mit Leitzinssenkung auf 2,25 %

Von: maghreb
18. März 2025 um 15:38

ZentralbankUnerwarteter Schritt – marokkanische Zentralbank, Bank Al-Maghrib, senkt unerwartet den Leitzins, um das Wachstum zu stützen. Analysten hatten eine stabile Geldpolitik erwartet. Rabat – Die marokkanische Zentralbank, Bank Al-Maghrib (BAM), hat ihren Leitzins überraschend von 2,5 % auf 2,25 % gesenkt. Dieser geldpolitische Schritt, der nach der Sitzung des Vorstands am heutigen Dienstag, 18. März […]

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Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed?

18. März 2025 um 10:00

L’auteur de cet article, un économiste universitaire ayant enseigné différentes disciplines de l’économie pendant vingt ans et l’ayant pratiqué en tant que consultant international pendant vingt autres années, se livre à un exercice inédit : associer à chacun des présidents qui ont gouverné la Tunisie depuis son indépendance, le nom d’un grand économiste dont lui ou son gouvernement ont appliqué les idées souvent sans le savoir. Il propose à la fin de son analyse au président Kais Saïed une école de pensée économique et les axes d’un modèle de développement qui tiennent compte de sa vision politique et de ses valeurs et lui permettront de transformer ses rêves pour la Tunisie en réalité. Un article très pédagogique et didactique à lire et à faire lire aux plus hauts responsables du pays.

Dr. Sadok Zerelli

Il est un fait connu de tout le monde qu’il est plus facile de critiquer que de proposer et plus facile de détruire que de construire.

Conscient de cela, j’ai toujours fais personnellement des efforts dans tous les articles que j’ai publiés dans Kapitalis depuis quatre ou cinq ans (une bonne trentaine) de ne pas tomber dans ce travers et de proposer toujours une voie de sortie ou une solution, que je pense est la plus adaptée aux problématiques économiques que j’analyse dans ces articles, qu’il s’agisse de la politique monétaire suivie par la BCT, ou de la décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI, ou même de cette dernière loi catastrophique sur les chèques qui s’avère non pas avant-gardiste en engendrant un moindre usage des billets de banques dans l’économie, comme le proclamaient haut et fort sur tous les médias ses auteurs et défenseurs, mais bien arrière-gardiste qui s’est traduite, au contraire, par l’accroissement des paiements en espèces dont le montant a explosé depuis la promulgation de cette loi, comme malheureusement je l’avais prédit dans quatre ou cinq articles que j’avais consacrés à ce sujet (Notamment le dernier en date ‘‘Six questions aux auteurs de la nouvelle loi sur les chèques’’).

Il est une réalité aussi relevée par l’opinion publique, tous les responsables politiques et tous les observateurs économiques, qu’alors que les plus grands défis qui se posent pour la Tunisie depuis quelques années déjà sont d’ordre économique, la démission des économistes de ce pays devant leurs responsabilités est flagrante et leur silence est assourdissant.

En effet, à part moi-même et quelques autres économistes qui se comptent sur les doigts d’une seule main, dont le Professeur Hachemi Alaya, l’un des meilleurs économistes que ce pays a enfantés et l’un des rares qui méritent de porter le titre de «Professeur des Universités» en sciences économiques, contrairement à plus de deux mille autres (dont je n’ai pas l’honneur de faire partie), dont on n’entend ni ne lit jamais les analyses, à part quatre ou cinq bien introduits dans les cercles médiatiques et qui sont d’ailleurs toujours les mêmes à occuper le devant de la scène audiovisuelle et dont la superficialité et la  banalité des analyses font à mon avis honte à la profession.

Un modèle développement pour quelle Tunisie ?

J’ai tenu à préciser dans le titre de cet article que mon objectif final à travers cet essai est de proposer un modèle de développement pour la Tunisie de 2025 gouvernée par Kais Saïed, qui n’est pas celle de 1956-1987 gouvernée par Bourguiba, ni celle de 1987-2010 gouvernée par Ben Ali, ni celle de 2011-2019 gouvernée par le tandem Ghannouchi/Caïd Essebsi, suite à leur fameuse rencontre à Paris et leur entente pour se partager le pouvoir, l’un au Palais du Bardo et l’autre au Palais de Carthage.

En effet, il est clair que tant sur le plan du contexte politique international, que démographique et sociologique propres à la Tunisie ainsi que politique, il y a eu de grands changements d’une période à l’autre, dont on doit compter si on veut être réaliste et appliquer avec rigueur la maxime de l’homme le plus riche du monde et le génie du temps modernes, Elon Musk, à savoir : un problème bien posé est un problème à moitié résolu.

Ainsi, sur le plan du contexte international et si je m’en tiens à comparer les deux périodes les plus extrêmes dans le temps, celle de Bourguiba et celle de Kais Saïed, il est évident qu’il y a une grande différence entre le contexte de la guerre froide et de la vive compétition entre les blocs Est et Ouest des années 1960/1970 et celle de la guerre d’Ukraine avec domination des Etats-Unis comme seule superpuissance mondiale qu’on vit actuellement. Même la personnalité et le charisme des principaux dirigeants du monde ne sont plus les mêmes : on ne peut pas comparer un Donald Trump à un John Kennedy ou un Emanuel Macron à un Charles De Gaulle…

Sur le plan démographique et sociologique, on ne peut pas comparer la Tunisie de Bourguiba avec des familles souvent nombreuses et une mère souvent au foyer qui s’occupent bien de ses enfants à la Tunisie Kais Saïed avec des familles de deux ou trois enfants, des mères qui travaillent et des enfants souvent livrés à eux-mêmes. Les jeunes ne sont plus les mêmes et n’ont plus les mêmes valeurs et visions de la vie : entre jouer à la toupie ou aux billes et lire Taha Hussein, comme ma génération le faisait du  temps de Bourguiba, et lire Harry Potter et naviguer sur Tik-Tok ou Facebook comme le font les enfants d’aujourd’hui, il y de sacrées différences qui impactent la personnalité et les comportements des jeunes et donc des futurs consommateurs et producteurs qu’ils seront.

Sur le plan du régime politique aussi, et sans trop m’avancer sur ce terrain miné et courir le risque de détourner l’objet de cet article qui est d’ordre économique et non politique, je dirais que le type de régime présidentiel, la répartition des pouvoirs au sein d’un même type, et les dispositions des constitutions de 1958, 2014 et 2021 sont forts différentes, ce qui doit être pris en compte dans le choix du modèle de développement économique à proposer à Kais Saïed, car le lien entre l’économique et le politique n’est plus à démontrer.

Les sciences économiques, au pluriel 

Ce n’est pas un hasard qu’on ne parle pas de la science économique au singulier mais des sciences économiques au pluriel, parce qu’il existe effectivement plusieurs écoles de pensée qui présentent chacune une vision différente du type de société visé, des objectifs à atteindre en matière de répartition de la richesse nationale entre plusieurs classes de la société et des politiques économiques les plus efficaces pour y arriver. 

L’ objet de cet article, qui se veut pédagogique et didactique, est justement de présenter et d’expliquer dans le langage le plus simple accessible au grand public, les principales écoles de pensées économiques, d’identifier laquelle se trouve à la base des différentes politiques économiques menées en Tunisie depuis son indépendance et de «marier» chacun des Présidents qui ont gouverné notre pays au grand économiste, considéré comme le chef de file de l’école de pensée, dont ce Président ou son gouvernement a épousé les idées et les a appliquées consciemment ou pas. L’objectif final est d’identifier pour le Président Saïed, qu’on peut considérer comme encore «célibataire» dans le sens où il est manifestement encore à la recherche de l’école de pensée économique avec laquelle il pourrait «se fiancer» et qui lui permettrait de réaliser le modèle de société dont il rêve pour la Tunisie de l’après le 25 juillet 2021.

Le couple Bourguiba/Keynes 

John Maynard Keynes (1883-1946) est un économiste anglais qui a probablement le plus marqué l’histoire de la pensée économique, plus même que le fondateur de l’économie en tant que discipline, Adam Smith (1723-1790), qui a été anoblit par la reine d’Angleterre pour ses travaux de recherche synthétisés dans son fameux livre qui s’enseigne encore dans toutes les facultés de sciences économiques dans le monde (‘‘La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie’’,1936). Dans ce livre, il remet en question les idées classiques et néoclassiques en vigueur à son époque, selon lesquelles l’économie s’autorégule et le marché assure naturellement et à long terme le plein emploi. Keynes montre dans cet ouvrage que l’économie peut rester bloquée à court terme en situation de sous-emploi (chômage et récession persistants) et que l’intervention de l’État est nécessaire pour relancer l’activité économique. Un de ses arguments est sous la forme d’une boutade restée célèbre qui a consisté à dire que, même si les classiques et néoclassiques avaient raison de considérer que le libre fonctionnement du marché permet d’atteindre à long terme le plein emploi, «à long terme on est tous morts», et personne ne sera encore là pour le vérifier !

La pensée keynésienne repose sur quatre idées fondamentales très novatrices à cette époque qui était dominée par la pensée néoclassique :

  • la demande globale (consommation publique et privée + investissement + exportation) est le moteur de la croissance économique;
  • une politique budgétaire expansionniste, qui consiste à augmenter les dépenses publiques même en recourant s’il le faut à un budget volontairement déficitaire, permet de relancer la croissance et résorber le chômage;
  • il faut baisser les impôts directs et indirects pour stimuler la consommation et l’investissement, donc la croissance économique;
  • il faut appliquer une politique monétaire accommodante basée sur la réduction du taux directeur de la banque centrale et de faibles taux d’intérêt bancaire pour inciter les entreprises et les ménages à emprunter et à investir.  

La pensée keynésienne a été appliquée avec succès par tous les pays occidentaux à la sortie de la deuxième guerre mondiale (notamment par le ‘New Deal’ du Président Roosevelt aux Etats-Unis), et a généré ce qu’on appelle encore aujourd’hui avec nostalgie «les trente glorieuses» en référence aux trente années durant lesquelles les principaux pays occidentaux ont connu une forte croissance économique sans chômage et une nette élévation des niveaux de vie (1950-1980).

Bourguiba, un grand visionnaire comme l’était Keynes, a su épouser les idées de ce dernier et a lancé dès le début de l’indépendance un vaste programme d’emploi massif de dizaines de milliers de chômeurs sur des chantiers qu’il savait pratiquement improductifs mais qui permettaient de leur distribuer des salaires pour augmenter leur consommation et donc la demande globale.

Dans le domaine de l’investissement, autre composante de la demande finale, sa politique économique d’inspiration keynésienne s’est traduite par la création de grands pôles de développent régionaux (raffinerie à Bizerte, usine de cellulose à Kasserine, de sucre à Béja, chimique à Gabès, El-Fouledh à Menzel Bourguiba, etc.), souvent financés par le recours à l’endettement extérieur, et une politique monétaire accommandante de la part de la BCT qui se traduisait par de faibles taux d’intérêt, comme le préconisait Keynes.

Soixante ans après, on peut dire avec le recul que le couple Bourguiba/Keynes a plutôt bien réussi à relever les défis qui se posaient à l’époque et que leurs progénitures, en l’occurrence toute ma génération, en ont largement profité sous forme d’enseignement gratuit, de bourses d’études, de soins médicaux gratuits, etc.

Le couple Nouira/ Marshall

Après l’échec cuisant en 1969 de la politique collectiviste des coopératives agricoles prônée par Ahmed Ben Salah, Bourguiba en véritable «animal» politique qu’il était, a effectué un virage de 180° et a confié les rênes de la politique économique à Hedi Nouira, Gouverneur de la Banque Centrale, qui ne cachait pas ses idées libérales. Celles-ci sont basées sur les enseignements de l’école néoclassique, menée par Alfred Marshall (1842-1924) qui, par son ouvrage ‘‘Principles of Economics’’ (1890), a joué un rôle central dans la formalisation de cette école de pensée, notamment en développant les concepts d’élasticitéet de coût marginal et en structurant l’économie comme une discipline mathématisée et analytique.

L’idée à la base de cette théorie est que les marchés sont efficaces et que l’offre et la demande déterminent naturellement le niveau des prix et le volume de la production. Son hypothèse de base est qu’il existe un «Homo œconomicus», un être imaginaire parfaitement rationnel et bien informé, qui cherche toujours à maximiser sa fonction d’utilité tandis que les entreprises cherchent toujours à maximiser leurs bénéfices.

Contrairement à l’école keynésienne, l’école néoclassique préconise que l’Etat ne doit pas intervenir dans la vie économique d’un pays et qu’il doit juste assumer ses fonctions régaliennes de puissance publique (justice, police, diplomatie, armée, etc.).

Un des enseignements de cette théorie est que tous les facteurs de production (travail et capital) doivent être rémunérés selon leur productivité marginale (supplément de production) en particulier les travailleurs, justifiant ainsi l’inégalité des salaires entre les cadres et les ouvriers et la distribution inégale du revenu national entre les travailleurs et les capitalistes et entre les classes sociales.

Avec l’élection de Margaret Thatcher au Royaume-Uni et de Ronald Reagan aux États-Unis au début des années 1980, deux dirigeants mondiaux conservateurs, cette école de pensée néoclassique, qui date du XIXe et du début du XXe siècle, est redevenue à la mode.

Ce sont les idées de cette école de pensée, qu’on appelle aussi l’école marginaliste, qui ont inspiré Hedi Nouira pour promulguer la fameuse loi de 1972 qui ouvre largement les portes de la Tunisie aux investissements directs étrangers (IDE), en tablant sur les bas salaires des ouvriers qui doivent être payés, conformément à la théorie néoclassique, selon leur productivité marginale qui est faible en raison de leurs faibles qualifications.

Le couple Ben Ali / Lucas

L’économiste American Robert Lucas (1937-2023) a expliqué dans son célèbre livre ‘‘Les anticipations rationnelles’’ (1970), que les individus anticipent les décisions économiques du gouvernement, ce qui rend inefficaces les politiques de relance keynésiennes.

L’idéologie néolibérale, dont il est considéré comme le chef de file, est une idéologie à la fois politique et économique, qui applique certaines idées néo-classiques mais va plus loin en prônant des réformes structurelles pour libéraliser l’économie, supprimer les régulations qui entravent le marché, réduire les barrières douanières pour ouvrir davantage l’économie au marché international, privatiser les entreprises publiques etc. 

Cette idéologie, qui est à l’origine de l’apparition dans les années 1990 du phénomène de la mondialisation, se retrouve encore aujourd’hui dans le type de réformes structurelles que le FMI et la Banque Mondiale exigent des pays qui leur demandent des prêts, comme conditions préalables pour leur en accorder (c’est ce qui a justifié la dernière décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI).

C’était le cas pour Plan d’Ajustement Structurel (PAS), appliqué par la Tunisie dans les années 1990 qui avait pour but de stabiliser l’économie et de réformer les finances publiques après la crise économique et la forte dette accumulée durant les années 1980.

Les objectifs et mesures du PAS étaient : 

  • stabilisation macroéconomique : réduction des déficits budgétaires et maîtrise de l’inflation; 
  • libéralisation de l’économie : suppression de certaines subventions, privatisations, ouverture aux investissements étrangers;  
  • réduction du rôle de l’État : privatisation d’entreprises publiques et baisse des dépenses publiques;  
  • réforme monétaire et fiscale : dévaluation du dinar, encouragement des exportations et modernisation du système fiscal;  
  • déréglementation du marché du travail : réforme des codes du travail pour favoriser la flexibilité.  

Force est de reconnaitre qu’avec le PAS,  le couple Ben Ali/Lucas a obtenu un succès relatif dans le sens où :

– une certaine stabilisation macroéconomique a été obtenue (réduction de l’inflation et des déficits budgétaires);

– la Tunisie a connu une croissance économique soutenue dans les années 1990 à 2010 grâce à l’investissement aussi bien public que privé, l’industrialisation et au développement des exportations;  

– le pays est devenu plus attractif pour les investissements étrangers.  

Mais comme dans tout couple, le bonheur apparent cache quelque fois de profondes fissures qui finissent avec les années par apparaitre :

– la dévaluation du dinar a entraîné une perte du pouvoir d’achat pour la population;  

– les privatisations ont profité à une minorité liée au pouvoir, favorisant la corruption;

– la réduction des dépenses publiques a affecté l’éducation, la santé et les services sociaux;  

– le chômage est resté élevé, notamment chez les jeunes et les diplômés;

– l’augmentation des inégalités sociales et régionales a nourri un mécontentement qui a culminé avec la Révolution de 2011.  

En conclusion, je dirais que le couple Ben Ali/Lucas a réussi à obtenir une bonne stabilisation macroéconomique, mais a creusé davantage les inégalités sociales et régionales et a ainsi semé les graines de la révolte de 2011, dont les répercussions bouleversent encore aujourd’hui la vie économique et politique du pays

Le couple Ghannouchi/Friedman

Il s’agit de la période entre 2011 et jusqu’à la première élection de Kais Saïed comme Président en 2019, durant laquelle on peut considérer pour ne pas tomber dans un débat de politique politicienne, que Rached Ghannouchi a effectivement gouverné le pays, soit seul à travers les gouvernements dirigés par ses disciples Hamadi Jebali et Ali Larayedh soit conjointement avec Béji Caid Essabsi au Palais de Carthage et lui-même au perchoir de l’ARP.

Les gouvernements qui se sont succédé durant cette période ont tous appliqué, probablement sans même le savoir, une politique économique monétariste, surtout après la promulgation de la loi de 2016 qui a accordé à la BCT l’indépendance de décision.

Cette école de pensée, dont le chef de fille est Milton Friedman (1912-2006), cherche à déterminer comment la monnaie influence l’économie et comment les politiques strictement monétaires peuvent être utilisées pour relancer la croissance, résorber le chômage et stabiliser l’économie.

Elle repose sur la fameuse équation quantitative de la monnaie, connue sous le nom de «Equation de Cambridge» (que j’avais exposée et expliquée dans plusieurs de mes articles très critiques à l’égard de la politique monétaire suivie par la BCT, notamment le dernier ‘‘Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi de la BCT’’), qui affirme qu’une augmentation de la masse monétaire entraîne mécaniquement une hausse proportionnelle des prix si la vitesse de circulation et la production restent constantes à court terme. Elle attribut la première responsabilité pour lutter contre l’inflation aux banques centrales qui disposent de trois instruments pour le faire :

 – les taux directeurs qui, à travers le taux du marché monétaire (TMM)  influencent le coût du crédit;

 – les opérations d’«open market» qui se traduisent par l’achat/vente d’obligations et autres actifs financiers pour réguler le volume de monnaie en circulation;

 – le contrôle des réserves obligatoires des banques commerciales qui déterminent leur capacité à accorder des crédits à leurs clients et à créer ainsi de la monnaie scripturale et gonfler la masse monétaire en circulation.

Il faut dire que les enseignements de cette théorie ont été appliqués souvent avec succès dans les pays développés pour maîtriser l’inflation à travers la manipulation du taux directeurs fixés par les banques centrales (BCE, FED…).

Par exemple, c’est grâce à une telle politique monétaire que des pays comme la France ou les Etats-Unis, qui ont connu des taux d’inflation à deux chiffres (supérieurs à 10%) juste après le déclenchement de la guerre en Ukraine et la flambée des cours du pétrole et des matières premières qui s’en est suivie, ont réussi à les ramener pratiquement à 2% aujourd’hui en moins de deux ans.

Mais, en Tunisie, la même politique monétaire du taux directeur appliquée depuis que la BCT est devenue indépendante en 2016 s’est avérée un échec cuisant, puisque l’inflation a atteint à un moment donné 11,3% et qu’elle reste encore élevée jusqu’à aujourd’hui (6,7%). La raison est que les deux conditions de base que Friedman lui-même a bien indiquées pour le succès d’une politique du taux directeur pour la maîtrise de l’inflation, à savoir une vitesse de circulation de la monnaie stable à court terme et l’existence d’un bon mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire, sont loin d’être remplies en Tunisie en raison de l’importance du secteur informel (qui représente jusqu’à 54% du PIB, selon certains experts) et de la faible inclusion financière (seuls 35% des ménages disposent d’un compte courant bancaire ou postal).

J’ai personnellement publié depuis trois ou quatre ans une bonne dizaine d’articles à ce sujet, expliquant de long et en large les causes structurelles de cet échec, formule mathématique de l’équation quantitative à l’appui et citant même Friedman… mais cela n’a pas empêché l’ex-gouverneur de la BCT d’augmenter à huit reprises successives le taux directeur jusqu’à atteindre 8% et le nouveau gouverneur (qui n’est même spécialiste en économie monétaire mais en économie de l’énergie) de le garder à ce niveau jusqu’à aujourd’hui, asphyxiant ainsi les ménages, les entreprises et prenant en otage les investissements et la croissance économique, sans réussir pour autant à maîtriser l’inflation.

Quant à l’excuse derrière laquelle l’ex comme le nouveau gouverneur ont l’habitude de se cacher pour échapper à leur responsabilité, à savoir que c’est le conseil d’administration de la BCT qui décide en la matière, elle est à rejeter d’un revers de la main, parce les membres de ce conseil sont des directeurs généraux dans différents départements ministériels (agriculture, commerce, industrie, transport, etc.) qui, même s’ils sont compétents dans leur domaine, n’ont aucune formation économique pour savoir quelle est la politique monétaire la plus adaptée aux spécificités de l’économie tunisienne et à quelles conditions l’équation quantitative de la monnaie de Friedman, dont ils n’ont probablement jamais entendu parler, pourrait s’appliquer avec succès. Quant aux trois économistes universitaires qu’il revient au gouverneur de nommer dans son conseil d’administration, ils le sont souvent sur la base d’affinité sinon d’amitié personnelles, compte tenu des énormes jetons de présence qu’ils touchent à ce titre.

Pourtant, il existe une autre politique monétaire beaucoup plus efficace et facile à mettre en œuvre pour lutter contre l’inflation, que tous les économistes disciples de Friedman mentionnent et que j’ai rappelée dans tous mes articles, celle des réserves obligatoires (voir plus haut). En effet, il suffit d’augmenter de quelques points le taux de réserves obligatoires que les banques commerciales sont tenues de détenir pour réduire drastiquement et mécaniquement leur capacité à créer de la monnaie scripturale (on démontre mathématiquement que le processus de création monnaie scripturale par les banques commerciales est une suite algébrique qui converge vers l’inverse du taux de réserves obligatoires).

Il ne fait pas de doute pour moi que si j’habitais le Palais de Carthage, je convoquerais, dès demain, le Gouverneur de la BCT et lui ferais signer dans mon bureau même deux circulaires à adresser aux banques commerciales de trois mots chacune : l’une stipule que le taux directeur est de la BCT est diminué de 8% à 4% (c’est son niveau dans des pays à économie similaire à la nôtre, tels que le Maroc ou la Jordanie) et l’autre stipulant que le taux de réserves obligatoires est augmenté de 4%. Si la consommation des ménages, les investissements des entreprises et la croissance économique ne reprendront pas en moins de trois mois sans produire pour autant plus d’inflation, alors je ne suis pas un économiste mais un charlatan!

Il reste une question que tous les lecteurs et lectrices se posent certainement et à laquelle je me dois de leur apporter une réponse même subjective : pourquoi les responsables de la BCT s’entêtent-ils à appliquer une politique du taux directeur pour essayer de maîtriser l’inflation plutôt qu’une politique du taux de réserves obligatoires qu’ils doivent certainement connaître (c’est du niveau d’un maîtrisard en sciences économiques)?

La seule réponse que je trouve est que la première permet aux banques d’accroître considérablement leurs bénéfices puisque le taux de rémunération des bons du Trésor que l’Etat est obligé d’émettre pour financer son déficit budgétaire (selon un article pernicieux de la loi de 2016) sont indexés au taux directeur de la BCT, alors que la seconde réduit considérablement leur capacité à accorder des crédits, leurs chiffres d’affaires et donc leurs bénéfices. De là à déduire que la BCT est au service du lobby bancaire, je laisse à chacun(e) la liberté de franchir ou non ce pas.

Toujours est-il qu’avec l’échec pour la maitrise de l’inflation, un taux de chômage dépassant 16% de la population active et même 40% parmi les diplômés de l’enseignement supérieur et un taux officiel de croissance économique négatif de -1,8% en moyenne par an durant la période 2012 et 2021, on ne peut pas dire que le couple Ghannouchi/Friedman a laissé de bons souvenirs aux Tunisiens !

Les possibles «fiançailles» de Kais Saïed avec Arthur Pigou

On peut considérer notre Président qui, d’après ses discours, sait quel type de société il veut construire pour la Tunisie et quelles valeurs il veut défendre, comme un «célibataire» qui n’a pas encore «trouvé chaussure à son pied», dans le sens où il est encore à la recherche de l’école de pensée économique et du modèle de développement qui lui permettront de réaliser la Tunisie dont il rêve.
Compte tenu des idées qu’il développe dans  ses discours que je ne rate jamais, je lui propose de «se fiancer, en vue d’un futur mariage si entente mutuelle», comme il est d’usage de le dire dans ces circonstances, avec la théorie économique du bien-être (Welfare Theory)  qui a été développée par plusieurs économistes dont le chef de file est Arthur Pigou (1877-1959) dans son célèbre ouvrage ‘‘The Economics of Welfare’’ (1920).

Pigou a développé l’idée que l’État peut améliorer le bien-être économique en corrigeant les défaillances du marché et a introduit ce que les économistes appellent les «taxes pigouviennes» pour réduire les effets négatifs des externalités (exemple : taxe carbone pour lutter contre la pollution, taxe sur le capital oisif que j’avais proposée dans mon dernier article ‘‘Le président Saïed a-t-il raison de rompre les relations avec le FMI’’).  

L’objectif recherché par cette école de pensée est la réalisation de l’optimum de Pareto, qui désigne une situation d’allocation des ressources matérielles et humaines disponibles optimale dans le sens où aucune amélioration du bien-être d’un individu ne peut se faire sans détériorer celui d’un autre.

En pratique, il s’agit de maximiser une fonction d’utilité collective que Paul Samuelson (1915-2009) appelle «fonction de bien-être social», qui permet d’agréger les préférences individuelles pour évaluer le bien-être collectif, et que Kenneth Arrow (1921-2017) a démontré par son «théorème d’impossibilité» qu’elle ne peut pas être construite par simple agrégation des utilités individuelles. Par exemple, si chaque individu décide pour maximiser son utilité individuelle de se rendre dans sa voiture à son travail, il en résultera un tel embouteillage sur les routes que personne n’arrivera à temps à son bureau.

Il se trouve que je suis moi-même «marié» à cette école de pensée depuis que j’avais soutenu en 1979 à la Sorbonne une thèse Doctorat d’Etat portant sur ‘‘L’investissement en infrastructures des transports selon la théorie d’allocation optimale des ressources’’, devant un jury présidé par Maurice Allais qui a reçu en 1988 le prix Nobel d’économie pour ses recherches dans ce domaine. J’en applique les enseignements depuis plus de 30 ans pour l’évaluation de la rentabilité économique d’un grand nombre de programmes projets d’infrastructures réalisés en Tunisie et dans une trentaine de pays africains pour le compte des bailleurs de fonds multinationaux tels que la BAD, la BEI, la Banque Mondiale, etc.

Sans trop entrer dans des détails techniques et théoriques, je dirais à l’intention de notre Président que la théorie du bien-être cherche un équilibre entre l’objectif d’efficacité et de croissance économique et celui d’une plus grande justice sociale, une préoccupation majeure qu’on retrouve dans tous ses discours. Elle est utilisée pour justifier et analyser les interventions économiques de l’État, notamment :  

– les politiques de redistribution (impôts progressifs, allocations sociales) pour corriger les inégalités; 

– les politiques de régulation pour corriger les défaillances de marché (monopoles, externalités négatives comme la pollution);

– la justification des investissements publics dans l’éducation, la santé et les infrastructures de transport, qui augmentent le bien-être global.  

Quel Modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed

La Tunisie a adopté plusieurs modèles de développement économique au fil des décennies, mais aucun n’a réellement permis d’atteindre un équilibre durable entre croissance, inclusion sociale et stabilité financière. Aujourd’hui, la question du modèle de développement est au cœur des débats, car le pays peine à sortir de la crise économique persistante.  

En se basant sur les enseignements de la théorie du bien-être comme cadre théorique, et face aux défis actuels (croissance faible, dette élevée, chômage, inflation, corruption…), les axes du modèle de développement que je propose à notre Président sont :  

  • un modèle basé sur l’économie de la connaissance et l’innovation : la Tunisie possède une jeunesse instruite et un fort potentiel en matière de numérique. Miser sur l’économie du savoir (technologies, intelligence artificielle, industrie 4.0, biotechnologies…) permettrait d’attirer des investissements et de créer des emplois qualifiés;  
  • une transformation vers une économie productive et diversifiée : la Tunisie doit réduire sa dépendance aux services et au tourisme en développant des industries à plus forte valeur ajoutée, comme l’aéronautique, les énergies renouvelables et l’agro-industrie. Cela implique des réformes pour améliorer l’environnement des affaires et soutenir les entreprises locales;
  • un modèle axé sur le développement durable : avec la crise climatique et la rareté des ressources naturelles, une transition vers une économie verte est nécessaire. L’investissement dans les énergies renouvelables, l’agriculture biologique et l’économie circulaire pourrait permettre à la Tunisie de se positionner comme un leader régional en matière de développement durable.  
  • Une économie plus inclusive et équilibrée : la croissance ne peut être durable que si elle bénéficie à toutes les régions du pays. Un développement régional équilibré, avec une meilleure répartition des infrastructures et des opportunités économiques, est crucial pour réduire les inégalités sociales et territoriales.  

Ce modèle nécessitera des réformes profondes pour améliorer la gouvernance, renforcer l’éducation, moderniser l’administration et attirer les investissements. Sans ces transformations, la Tunisie risque de rester dans un cercle vicieux de crises économiques et sociales, avec le risque de défaut de paiement et le Club de Paris à l’horizon

Post Scriptum 1 : Je doute fort qu’un tel article académique et didactique soit lu par notre Président, qui paraît-il, préfère la lecture des poèmes de Bayram Ettounsi… que ce genre d’articles économiques rébarbatifs.   Cependant, s’il m’aurait permis d’enrichir la culture économique du public et partager avec lui un tant soit peu mes connaissances acquises au prix d’une vie d’études universitaires et de pratique de l’économie un peu partout dans le monde, je ne regretterais pas de l’avoir rédigé.

Post Scriptum 2 : Le seul bénéfice que je peux espérer retirer de la rédaction de ce genre d’article que je fais gratuitement et qui me demande beaucoup d’efforts, est quelques visiteurs de plus de mon blog «Poèmes de la vie», pour y lire mes poèmes sur ce que les poètes grecs appellent la «finitude» et que j’appelle «l’insignifiance des êtres et des choses». Ils y trouveront un dernier poème que j’ai appelé «Donne-moi la main pour traverser ensemble» (il ne s’agit pas de traverser la Méditerranée sur un bateau de fortune pour immigrer clandestinement… !).

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Marokko – Verbraucherpreisindex / Inflation steigt im Januar um 0,8 %

Von: maghreb
06. März 2025 um 10:47

InflationInflationsrate erreicht 2,4 % im Jahresvergleich Rabat – Der marokkanische Verbraucherpreisindex (VPI) verzeichnete im Januar 2025 einen Anstieg von 0,8 % im Vergleich zum Vormonat, wie das Hohe Kommissariat für Planung HCP meldet. Diese Entwicklung resultiert aus einer Verteuerung der Nahrungsmittel um 1,6 %, während die Preise für nicht-alkoholische Getränke und sonstige Konsumgüter weitgehend stabil […]

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L’inflation passe sous la barre des 6% en février

06. März 2025 um 09:35

Le taux d’inflation en Tunisie a reculé en février 2025 pour atteindre 5,7%, contre 6% en janvier. Cette baisse s’explique principalement par un ralentissement de l’augmentation des prix des produits alimentaires (7% en février contre 7,1% en janvier), de l’habillement et des chaussures (8,6% contre 9,7%), des services de santé (4% contre 9,1%) et du logement, eau, gaz et électricité (3,8% contre 4,1%).

En glissement annuel, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 7%, notamment en raison de la hausse des prix de la viande d’agneau (+21,4%), des légumes frais (+18,7%), des fruits secs (+14,2 %), du poisson frais (+13,4%) et des volailles (+10,5%). En revanche, les prix des huiles alimentaires ont chuté de 16,2%.

Les prix des produits manufacturés ont progressé de 5,2%, avec une hausse notable des prix de l’habillement et des chaussures (+9,7%). Pour les services, l’augmentation des prix s’élève à 5,1%, portée par une hausse de 11,4% dans la restauration, les cafés et l’hôtellerie.

L’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) a reculé à 5,7% en février contre 6% en janvier. Les prix des produits libres ont augmenté de 6,7% sur un an, alors que ceux des produits encadrés ont progressé de 2,2%. Les produits alimentaires libres ont connu une hausse de 7,8% contre 1,1% pour ceux à prix encadrés.

Sur un mois, les prix à la consommation ont légèrement baissé de 0,1% par rapport à janvier. Cette diminution est due principalement à la baisse des prix de l’habillement et des chaussures (-3,6%) en raison des soldes d’hiver et à une légère baisse de 0,1% des tarifs de l’électricité. En parallèle, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 0,5%, notamment ceux de la viande d’agneau (+2,7%), des légumes frais (+1,5%) et des fruits frais (+1,4%). Les huiles alimentaires et la volaille ont, quant à elles, enregistré des baisses respectives de 2,1% et 1,6%.

Les secteurs ayant le plus contribué à l’inflation sont les produits manufacturés et les produits alimentaires frais, chacun représentant 2% de l’inflation globale. Les produits non alimentaires libres ont apporté une contribution de 3,2%, tandis que les produits alimentaires libres ont contribué à hauteur de 1,9%. En revanche, les produits alimentaires encadrés n’ont eu qu’un impact marginal, avec une contribution de 0,1%.

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Tunesien: Inflation lag im Dezember 2023 bei 8,1 Prozent

Von: Redaktion
05. Januar 2024 um 20:46

Im Dezember 2023 ging die Inflation auf 8,1% zurück, verglichen mit 8,3% im November 2023. Dies geht aus einer am Freitag veröffentlichten Mitteilung des Nationalen Mehr

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