❌

Normale Ansicht

A quoi faut-il s’attendre de la rencontre Trump-Xi ?

22. September 2026 um 11:21

Le président chinois Xi Jinping s’apprête à effectuer une visite à Washington pour des pourparlers bilatéraux. Les droits de douane, les minéraux de terres rares, l’intelligence artificielle et la question de Taïwan mettront à l’épreuve une trêve fragile entre les États-Unis et la Chine.

 

Lors de son voyage en Chine au mois de mai dernier, Donald Trump avait invité Xi Jinping à le rencontrer en septembre à la Maison-Blanche. Les deux dirigeants s’étaient alors engagés à stabiliser leurs relations bilatérales et à préserver la trêve commerciale en cours. Cependant, cette accalmie n’a pas empêché les deux nations de multiplier les mesures économiques coercitives l’une envers l’autre.

Plusieurs engagements pris lors du sommet de mai restent également lettre morte. C’est notamment le cas des accords par lesquels la Chine devait assouplir l’accès aux minéraux de terres rares, s’engager sur des milliards de dollars d’achats agricoles supplémentaires et cocréer un Conseil du commerce bilatéral avec les États-Unis.

 

Des objectifs définis

Les attentes de Pékin sont claires. Le président Xi cherchera à préserver la stabilité des relations bilatérales en freinant l’intensification de la pression américaine, à maintenir l’accès de la Chine aux flux commerciaux et technologiques, et à conserver son ascendant sur les États-Unis, en particulier son monopole stratégique sur les terres rares. Indispensables à la fabrication de nombreux produits, allant des véhicules électriques aux équipements de défense, ces matériaux font d’ailleurs l’objet de contrôles stricts à l’exportation que la Chine prévoit de déployer cet automne.

À l’approche des élections de mi-mandat (novembre), et alors qu’une large partie des électeurs impute les difficultés économiques et la hausse du coût de la vie à l’administration de Donald Trump et aux républicains au pouvoir, le président américain pourrait lui aussi avoir tout intérêt à garantir une certaine stabilité économique.

 

L’Iran, l’Ukraine et Taïwan

Il ne faut pas s’attendre à ce que les deux dirigeants parviennent à des accords majeurs. Donald Trump pourrait toutefois utiliser ce sommet pour obtenir l’aide de Xi Jinping dans le cadre du dossier iranien et de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Par le passé, le président américain a exercé des pressions infructueuses sur son homologue chinois pour qu’il use du poids de la Chine, en tant que premier acheteur du pétrole iranien, afin de pousser Téhéran à accepter les conditions de Washington et à mettre un terme au conflit en cours. De même, le président chinois s’est montré réticent à l’idée d’utiliser son influence sur Vladimir Poutine pour faire avancer les objectifs occidentaux en Ukraine.

De son côté, Xi Jinping sera probablement bien plus enclin à aborder la question de Taïwan, que Pékin considère comme une ligne rouge absolue. Déjà prioritaire de longue date dans les discussions de Pékin avec les Washington, l’île a vu son importance stratégique s’accroître considérablement ces dernières années, sa chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs étant désormais perçue comme indispensable au secteur américain de l’intelligence artificielle.

 

Intelligence artificielle

À l’heure où plusieurs figures du milieu industriel mettent en garde contre les menaces existentielles posées par l’intelligence artificielle, ce sujet crucial pourrait bien figurer à l’ordre du jour. Un signal fort en ce sens est d’ailleurs la présence prévue de dirigeants d’entreprises technologiques clés du secteur de l’IA au dîner d’État qui sera organisé par Donald Trump en l’honneur de Xi Jinping.

Le président américain répète régulièrement que, pour des impératifs de sécurité nationale, il ne faut en aucun cas permettre à la Chine de prendre l’ascendant dans le développement de l’intelligence artificielle. De son côté, Xi Jinping a insisté sur le fait que cette technologie ne devait pas dépasser la capacité humaine de la contrôler, tout en affirmant que la Chine ne pouvait tolérer que les États-Unis exercent une domination unilatérale dans ce domaine stratégique. Un sommet à suivre.

L’article A quoi faut-il s’attendre de la rencontre Trump-Xi ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Washington mise sur 5 Mrds $ pour sécuriser les routes énergétiques du Golfe

22. September 2026 um 10:13

L’administration américaine propose de consacrer 5 milliards de dollars à un fonds destiné à reconstruire les infrastructures énergétiques endommagées au Moyen-Orient et à développer des voies d’exportation contournant le détroit d’Ormuz. Washington souhaite obtenir une contribution équivalente de huit pays du Golfe, pour porter le fonds envisagé à 10 milliards de dollars. Le projet reste toutefois en discussion.

Selon des informations du Wall Street Journal publiées ce mardi, Washington envisage d’apporter 5 milliards de dollars à ce mécanisme et demande à huit partenaires régionaux du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït, Oman, Irak et Jordanie — de fournir une contribution équivalente. L’objectif serait de constituer un fonds de 10 milliards de dollars, baptisé Partnership for Allied Trust and Construction (PACT).

Le fonds envisagé pourrait financer la remise en état de pipelines, raffineries et installations d’exportation de pétrole et de gaz endommagés durant le conflit. Il aurait également vocation à soutenir de nouvelles infrastructures permettant d’acheminer les hydrocarbures vers les marchés internationaux sans dépendre exclusivement du détroit d’Ormuz.

Cette orientation répond à la vulnérabilité révélée par les perturbations du trafic maritime dans le Golfe. Les attaques contre des installations énergétiques et les interruptions de certaines infrastructures ont contribué à réduire les capacités disponibles et à renchérir le transport des hydrocarbures.

Plusieurs producteurs du Golfe et l’Irak cherchent parallèlement à renforcer leurs itinéraires terrestres ou leurs capacités portuaires afin de diversifier leurs possibilités d’exportation.

Réduire la dépendance à Ormuz

L’un des principaux objectifs du projet américain serait ainsi de développer des corridors énergétiques alternatifs au détroit d’Ormuz. L’Arabie saoudite et les Émirats disposent déjà d’infrastructures permettant d’acheminer une partie de leur pétrole vers des ports qui ne dépendent pas directement du détroit. D’autres pays restent toutefois beaucoup plus exposés à cette voie maritime, notamment le Koweït et le Qatar.

Le projet américain pourrait donc soutenir des investissements dans des oléoducs, des terminaux et des infrastructures portuaires destinés à diversifier les routes d’exportation…

Le risque d’une nouvelle dégradation

Le calendrier de la reconstruction constitue également une difficulté. Certains responsables régionaux cités par le Wall Street Journal estiment qu’investir massivement dans de nouvelles infrastructures avant la conclusion d’un règlement avec Téhéran pourrait exposer ces installations à de nouvelles attaques.

Le coût de la remise en état des infrastructures énergétiques touchées par le conflit pourrait par ailleurs atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars, selon des estimations citées par le quotidien américain.

Au-delà de la reconstruction, l’initiative américaine traduit ainsi une volonté de modifier durablement la géographie des flux énergétiques régionaux. La multiplication des routes alternatives pourrait réduire la vulnérabilité des exportations du Golfe aux perturbations du détroit d’Ormuz, sans toutefois éliminer à court terme l’importance stratégique de cette voie maritime.

L’article Washington mise sur 5 Mrds $ pour sécuriser les routes énergétiques du Golfe est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌