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Mondial 2026 | Une France impressionnante mais instable

16. Juni 2026 um 10:15

L’équipe de France, vice-championne du monde en titre, jouera son premier match du Mondial de la Fifa ce mardi 16 juin 2026 à 20 heures heure française, face au redoutable Sénégal. En attendant de croiser le fer avec l’Irak (lundi 22 juin) et la Norvège (vendredi 26 juin), tout en lorgnant une première place du Groupe 1 théoriquement à sa portée. Mais qui risque de lui être disputée.  

Jean-Guillaume Lozato *

On peut être une équipe impressionnante, tout en étant instable et perfectible. C’est la leçon dispensée par la France. Deux titres de championne du monde, le dernier en 2018 en Russie, deux Euros gagnés, une Ligue des Nations. Sans compter les exploits de ses clubs engagés dans les ligues européennes. En haut de l’organigramme : le vénérable Didier Deschamps, aux talents incontestables de meneur d’hommes. Mais derrière cette façade, les inégalités persistent entre le ressenti offensif et celui purement défensif.

Champions du Monde en 2018, vingt ans après le sacre de 1998, l’équipe nationale française demeure une valeur sûre. Cependant, au vu de la Coupe du Monde 2022, il convient de nuancer le propos. En effet, la France est une équipe qui a changé de profil par rapport à celle de l’Euro 2016 et de 2018.

En conservant à l’esprit que le bilan comptable n’avait pas été parfait, et que des erreurs d’arbitrage (deux penalties en faveur des internationaux marocains avaient été «omis» par l’arbitre en demi-finale) lui avaient ouvert la porte d’une finale déstabilisante. Au cours de laquelle un M’Bappé grandiose a compensé les faiblesses techniques de ses coéquipiers ou bien leurs manquements en matière de couverture. Car c’est ça la force des «Bleus» : leur ligne d’attaque tellement exceptionnelle qu’ils forment un des rares effectifs à pouvoir se permettre de jouer en 4-2-4. Toutefois, les attaquants doivent apprendre à fonctionner ensemble plus souvent afin de varier les appels, si on tient compte de l’avertissement récent contre la Côte d’Ivoire en match préparation (1-3).

La France a les moyens de marquer rapidement, ce qui la rend impressionnante d’imprévisibilité comme lors de l’obtention de sa médaille d’argent en 2022 (au terme d’un 0-3 converti en 3-3). Cela pourrait la favoriser face à des adversaires comme l’Allemagne ou la Croatie, l’Argentine ou l’Espagne, les Pays-Bas ou la Turquie. Mais la faire sombrer devant le Maroc et le Portugal, et sans que beaucoup s’y attendent vraiment face à des équipes comme l’Algérie, l’Équateur ou les États-Unis.

Les scénarios possibles

Sur un football international en ébullition, le couvercle français peut tout aussi bien résister, que maîtriser sa trajectoire pour se placer correctement sur orbite. Il peut aussi sauter et ne plus se montrer maître de son destin. Les «Bleus» sont capables du meilleur comme du pire, à l’image de la plupart des footballeurs engagés dans cette compétition.

En se lançant dans une hypothèse globale, à mi-chemin entre l’évidence d’une première place et la surprise désagréable de l’élimination au premier tour, il est probable d’assister à un magnifique 2-2 avec la Norvège dans ce qui pourrait se révéler comme la finale de la poule. Avec un synopsis plausible du duel entre Kylian Mbappé et Erling Haaland auteurs chacun d’un doublé, et d’un but encaissé sur corner pour chacune des défenses. En admettant deux victoires face au Sénégal et à l’Irak, cela se jouera à la différence de buts pour les deux formations afin d’atteindre la première place du groupe. Or, la première et la troisième place seraient peut-être aussi avantageuses l’une que l’autre. Si l’on se base sur le fait que la France pourrait tout à fait se voir contester par des équipes hors Europe, alors une victoire étriquée 2-1 contre l’Irak tout à fait plausible contre un hypothétique succès contre le Sénégal si elle sait faire abstraction des facteurs psychologiques hérités de la déconvenue de 2002, la placerait dauphine de la Norvège (ou du Sénégal ?).

Dans ce cas, une deuxième place l’exposerait à tous les dangers devant le style de jeu pratiqué par la Côte d’Ivoire, l’Équateur. Ou le Maroc qui, cette année, ne ratera pas l’occasion de se venger de 2022.

Ne pas laisser Upamecano seul à l’arrière

Par conséquent, la France aura tout intérêt à terminer première de sa poule. Elle devra prendre garde également à ne pas laisser seul à l’arrière le taulier indispensable Dayot Upamecano, seul défenseur aux compétences très complètes.

L’équipe française actuelle est représentative de la Coupe du monde et vice-versa. Mais cela signifie-t-il pour autant que la compétition de 2026 est taillée sur mesure pour la formation guidée par Didier Deschamps ?

New-York a baptisé récemment une de ses artères «Thierry Henry Street». En plein cœur du quartier mythique de Manhattan, cette rue temporaire «special football world cup» se situe à l’angle de la cinquantième rue et de la sixième avenue. Un lieu qui pourra se transformer en espace de festivités comme en un mur des lamentations.

En 1986, s’était produit le phénomène de la «main de Dieu», avec Diego Maradona. Pour l’ultime seuil à franchir en qualifications pour le Mondial 2010, le sésame avait été arraché par la «main de Thierry Henry» devenu plus tard une star de la MLS, plus injustement conspué que remercié par ses compatriotes. Dans ce Manhattan où la finance est reine, la «main invisible» d’Adam Smith ne manquerait pas de s’en mêler…

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Tunisie | Exit Lamouchi, bonjour Renard ou les dindons de la farce  

16. Juni 2026 um 09:14

On attendait leur démission collective ; ils nous sortent un nouveau lapin du chapeau. Non contents d’avoir infligé une humiliation historique à 12 millions de Tunisiens par la gabegie qu’ils ont instaurée au sein de la sélection nationale, les membres de la Fédération tunisienne de football (FTF) démettent Sabri Lamouchi de ses fonctions d’entraîneur pour le remplacer pour le reste de la Coupe du monde par un autre technicien français : Hervé Renard. Là où nous en sommes, on aurait mieux fait de jeter notre dévolu sur Sidi Belhassen Chedly.

Latif Belhedi

C’est le président de la FTF, Moez Nasri, qui a annoncé le scoop hier soir, lundi 15 juin 2026, à la télévision publique, quelques heures après la lourde défaite des coéquipiers de Hannibal Mejbri face à la Suède (1-5) à Monterrey au Mexique, pour leur entrée en lice en Coupe du Monde.

Le technicien français, très connu en Afrique, arrive donc ce mardi au chevet d’une équipe de Tunisie à l’agonie. Il aura juste le temps de discuter avec des joueurs très mal en point, de leur remonter un tant soit peu le moral et de les préparer aux deux prochains matches contre le Japon, dimanche 21 juin, et les Pays-Bas, vendredi 26 juillet. Objectif de cette opération de sauvetage : éviter aux Aigles de Carthage de se faire manger tout crus par les ogres japonais et hollandais. Que c’est triste Tunis !

Hervé Renard sera le 4e coach de l’équipe de Tunisie de football en quatre ans, après Jalel Kadri (2022-2024), Sami Trabelsi (2025-2026) et Sabri Lamouchi (2026), qui n’aura tenu, lui, que quelques semaines.

Quel gâchis tout de même ! Et pour quel résultat ! Dix buts encaissés en à peine une semaine lors des deux derniers matches joués : contre la Belgique en amical et contre la Suède en Coupe du Monde. Et ces messieurs de la FTF, les Moez Nasri (président), Hussein Jenayah (vice-président), Zied Jaziri et autres Samir Chammam, ci-devant directeurs techniques, qui sont les premiers responsables de cette déroute, continuent de sévir en s’en sortant à chaque fois avec une pirouette. Et la dernière en date s’appelle Hervé Renard qui n’a sans doute pas de baguette magique, et il est peu probable qu’il puisse faire remonter la pente à une équipe à genou. Véritable prédateur du football, il va pouvoir alimenter son compte bancaire de quelques millions d’euros en deux semaines et, cerise sur le gâteau, ajouter une Coupe de Monde à son palmarès. Déjà qu’il fait parler de lui depuis ce matin dans les médias du monde entier.

Les dindons de la farce dans tout cela ? Nous autres Tunisiens qui supportons encore l’amateurisme de ces bons à rien, au lieu de les mettre tous à la porte !

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États-Unis | Jon Ossoff, l’étoile montante du Parti démocrate !

16. Juni 2026 um 08:14

À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, un nom circule de plus en plus au sein du Parti démocrate, celui du sénateur de Géorgie Jon Ossoff. Le jeune homme de 39 ans est passé ces derniers mois du statut de sénateur influent à celui de candidat sérieux à la présidentielle de 2028, selon les militants, les commentateurs et les stratèges politiques. Il a fait de la lutte contre l’affairisme véreux et la corruption du clan Trump son cheval de bataille. Il s’est illustré également par sa ferme opposition à la guerre génocidaire israélienne de Gaza. 

Imed Bahri

Michelle Goldberg a retracé le parcours politique d’Ossof dans le New York Times, saluant ses prises de position contre le président Donald Trump, son engagement contre la corruption et affirmant. Nombreux sont ceux qui souhaitent le voir se présenter à la primaire démocrate pour l’élection présidentielle de 2028, affirme-t-elle.  

Si Ossoff est réélu sénateur de Géorgie, il deviendra immédiatement l’un des principaux candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2028, estime le journaliste Mehdi Hasan, cité par le même journal. 

Un candidat attrayant

Jon Ossoff est un homme politique démocrate américain de premier plan, de confession juive, actuellement sénateur de Géorgie qui a vu sa notoriété exploser sur la scène politique américaine.

Il est actuellement en campagne pour un second mandat au Sénat lors des élections de mi-mandat et les sondages indiquent qu’il est en tête.

Ossoff est né en 1987 et il avait seulement 33 ans lors de sa première élection fin 2020. Il est le plus jeune sénateur depuis l’élection de l’ancien président Joe Biden au Sénat en 1972.

Le parcours d’Ossoff fait de lui un candidat attrayant pour de nombreux démocrates. Jeune homme politique, originaire du Sud, il représente un État souvent républicain et est un père de famille dont l’épouse Alicia Kramer est une gynécologue-obstétricienne de renom. Ils ont deux jeunes filles.

Le fait qu’il soit un élu du sud est très important et symbolique car le sud est devenu au fil du temps la chasse gardée des Républicains et le symbole de l’affaiblissement des Démocrates. Ces derniers doivent reconquérir le sud s’ils souhaitent revenir au pouvoir. 

Le secret d’une popularité montante

Goldberg pense que les attaques incessantes d’Ossoff contre le président, ainsi que son insistance sur la corruption et les abus de pouvoir au sein de l’administration actuelle, figurent parmi les principales raisons de sa popularité auprès des démocrates.

Les discours d’Ossoff lors de sa campagne de réélection en Géorgie étaient moins axés sur ses rivaux républicains que sur des attaques contre Trump et son clan qu’il appelle «la mafia de Mar-a-Lago»

Des extraits vidéo de ses discours ont alimenté une nouvelle vague de spéculations quant à son avenir politique.

Plus précisément, les discours d’Ossoff s’articulent généralement autour de deux thèmes principaux. D’une part, la dénonciation des failles et de la corruption au sein du système politique américain et d’autre part, la présentation d’une vision nationale multiethnique et libérale, en opposition à la rhétorique nationaliste de l’administration actuelle.

Parmi les citations citées par Goldberg figure sa déclaration à ses partisans : «Notre grandeur nationale ne provient ni du sang ni des gènes mais de nos idées». Elle estime que ce type de rhétorique vise à reconquérir un récit national américain fédérateur.

Contre la corruption et l’autoritarisme

Avant son entrée en politique, il a notamment dirigé une société spécialisée dans la production de documentaires et d’enquêtes sur la corruption et les violations des droits de l’homme.

Il a supervisé des enquêtes sur les crimes de l’État islamique, la corruption dans le sport africain et d’autres affaires d’abus de pouvoir.

Ossof estime que ces expériences ont façonné sa vision de la politique. Il affirme que sa conviction que la corruption est au cœur de l’oppression et de la tyrannie est antérieure à son engagement public et que son expérience dans les enquêtes sur les crimes de guerre et les violations des droits de l’homme lui a démontré le lien étroit entre corruption et autoritarisme.

Un Juif opposé à la politique d’Israël

Outre son opposition à la corruption, Ossof bénéficie d’une popularité particulière au sein des cercles démocrates grâce à sa position sur Israël. Juif, il est aussi un critique virulent de la politique israélienne, ce qui lui permet de rallier diverses factions au sein du parti.

Il souligne qu’il n’est pas antisioniste et qu’il est attaché à «la sécurité et au bien-être du peuple israélien» mais qu’il est aussi un fervent critique de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza.

En 2024, Ossoff figurait parmi les 19 seuls sénateurs à avoir soutenu une résolution présentée par le sénateur Bernie Sanders demandant l’arrêt de certaines livraisons d’armes américaines à Israël. Il a ainsi bravé les pressions de l’administration Biden qui s’opposait à une telle mesure.

Lors d’une intervention au Sénat à cette époque, Ossoff a déclaré que le peuple américain était légitimement choqué par le manque d’attention porté à la vie des civils palestiniens innocents. Il a ajouté qu’un grand nombre d’enfants à Gaza avaient été tués ou grièvement blessés, des blessures qui auraient pu être évitées.

Goldberg soutient que cette position centriste lui confère un avantage politique rare car il est difficile pour les partisans d’Israël de l’accuser d’antisémitisme et pour les critiques de l’administration Biden de le tenir responsable des politiques qui ont conduit au nombre élevé de victimes civiles à Gaza.

Un opposant à la «classe Epstein» 

Goldberg soutient qu’Ossoff fonde son discours politique sur l’idée que la lutte contre la corruption est le moyen le plus efficace de contrer les tendances autoritaires.

Elle cite le politologue Adam Bonica qui estime que la colère populaire face à la corruption a contribué à la chute de gouvernements et de dirigeants dans plusieurs pays et que les mouvements anticorruption sont capables d’unir divers segments de la société.

Ossoff tente d’appliquer cette approche aux États-Unis en se concentrant constamment sur les questions de corruption et de trafic d’influence.

Par exemple, il fait fréquemment référence à ce qu’il appelle la «classe Epstein», en allusion aux réseaux d’argent et d’influence associés au milliardaire américain Jeffrey Epstein accusé de trafic sexuel de mineures et qui incluent des personnalités des partis républicain et démocrate.

Son objectif, modifier la nature du débat politique

Malgré le buzz médiatique autour de son nom, Ossoff insiste sur le fait qu’il n’a aucune intention de se présenter à la présidence. Il a qualifié les discussions de plus en plus fréquentes à ce sujet de «malédiction» qui détourne l’attention des élections de mi-mandat qu’il juge plus importantes actuellement.

Goldberg rappelle que les hommes politiques américains nient souvent leurs ambitions présidentielles des années avant d’annoncer leur candidature. Elle cite l’exemple de l’ancien président Barack Obama qui a refusé d’évoquer la présidence lors de sa campagne pour le Sénat en 2004 avant de devenir président des États-Unis.

Goldberg conclut qu’Ossoff tente de modifier la nature du débat politique aux États-Unis. Au lieu de l’affrontement traditionnel entre la droite et la gauche, il cherche à faire de la corruption l’alpha et l’oméga du débat politique.

C’est précisément pour cette raison qu’un nombre croissant de démocrates le considèrent comme un potentiel futur leader du parti. S’il parvient à remporter un nouveau mandat en Géorgie, surtout avec une avance confortable, il pourrait subir une pression croissante de la part des dirigeants et des sympathisants du parti pour se lancer dans la course présidentielle, qu’il le souhaite ou non.

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Quand une nation se trompe d’avenir

16. Juni 2026 um 07:41

Une nation ne découvre jamais le jour exact où elle s’est trompée d’avenir. Il n’y a ni sirène, ni effondrement. Les budgets continuent d’être votés, les routes d’être inaugurées et les gouvernements d’annoncer la croissance. Puis, un matin, elle constate que ses jeunes partent, que ses ressources sont transformées ailleurs, que ses entreprises ne maîtrisent aucune technologie décisive et que le monde avance désormais sans elle. Rien ne s’est véritablement écroulé. Mais tout s’est déplacé.

Yahya Ould Amar *

Il existe ainsi, dans la vie des nations, deux espèces d’erreurs. Les premières sont bruyantes — un coup d’État, une dévaluation, un défaut souverain, une guerre. Elles ont une date, un responsable ; on les juge et, parfois, on les répare. Les secondes ne font aucun bruit. Elles n’ont ni date ni coupable. Ce sont les erreurs de trajectoire, ces inflexions imperceptibles par lesquelles un pays cesse d’aller là où il croyait aller. Ce sont, de très loin, les plus coûteuses. Car on ne se remet pas aisément de ce que l’on n’a pas vu se produire.

Au tournant des années 1960, la Corée du Sud et le Ghana affichaient un revenu par habitant comparable, des structures économiques voisines, des perspectives que les experts du moment jugeaient, plutôt favorables au second. Deux générations plus tard, ils n’habitent plus le même siècle. Ils n’ont pas couru sur la même route à des vitesses différentes, ils ont pris, à un carrefour invisible, deux routes distinctes, vers deux destinations distinctes. La distance qui les sépare aujourd’hui n’est pas un retard. C’est une divergence. Et la première chose à comprendre, pour une nation qui veut se développer, c’est que ces deux mots – retard et divergence – ne désignent pas la même chose.

Notre vocabulaire politique ne dispose, pour penser l’échec, que du mot retard — comme s’il n’existait qu’une seule route, et que le développement consistât à la parcourir plus ou moins vite. Or il faut distinguer trois grandeurs que ce mot unique recouvre et confond.

Il y a le retard véritable, on est sur le bon chemin, simplement en arrière, et l’effort rattrape la distance. Il y a le décrochage, la distance ne se résorbe plus, elle s’accroît parce que celui qui est devant accélère à mesure qu’il avance. Et il y a la bifurcation, on n’est plus sur le même chemin du tout, on se dirige vers une autre destination, et le verbe «rattraper» a cessé d’avoir un sens.

Une bifurcation nationale devient, pour le jeune diplômé, un emploi qui n’existe pas ; pour l’entrepreneur, une technologie qu’il faut importer et un financement inaccessible ; pour la famille, la conviction que l’avenir de ses enfants commence ailleurs.

Les erreurs de trajectoire descendent toujours des tableaux macroéconomiques vers les existences. Elles deviennent de l’émigration, du déclassement, de la dépendance et, finalement, une perte collective de confiance dans la possibilité même du progrès.

Aujourd’hui, la prochaine divergence ne séparera pas les pays qui possèdent des ressources de ceux qui n’en possèdent pas, mais ceux qui auront appris à les transformer, à organiser les données, à maîtriser l’énergie et à intégrer les technologies nouvelles de ceux qui continueront à n’en exporter que la matière brute.

Les fenêtres de l’histoire ne restent jamais ouvertes

La tragédie des nations qui manquent leur développement n’est presque jamais d’avoir pris du retard. C’est d’avoir pris une bifurcation pour un retard — d’avoir cru qu’il leur suffisait de marcher plus vite sur une route qui, en réalité, ne menait nulle part où elles voulussent aller.

Cette confusion serait sans gravité si le monde était linéaire. Dans un monde linéaire, un écart de quinze ans reste un écart de quinze ans. Mais la frontière du développement — l’ensemble des capacités, des institutions, des complexités productives qu’il faut maîtriser pour demeurer une économie souveraine et prospère — ne se déplace pas à vitesse constante. Elle s’éloigne en accélérant.

Le seuil pour entrer dans le club des nations qui comptent s’élève plus vite qu’une économie lente ne peut le gravir. Ce que l’on nomme «l’avantage du retardataire», cette idée chère à Gerschenkron selon laquelle on peut sauter des étapes en empruntant aux pionniers leurs technologies déjà mûries, demeure vrai — mais seulement pour qui saisit le moment précis d’une mutation ou rupture. Le même basculement qui permet au tard-venu de bondir est celui qui, manqué, creuse l’écart pour de bon. Les fenêtres ouvrent dans les deux sens.

Car le développement n’arrive pas en flux continu. Il arrive par fenêtres. Il y a la fenêtre démographique — ces quelques décennies où une population compte beaucoup plus de bras actifs que de bouches dépendantes, dividende que l’Asie de l’Est a converti en miracle économique et que tant d’autres ont laissé se refermer sur une jeunesse sans emploi, devenue facteur d’instabilité. Il y a la fenêtre géopolitique — ces moments où le réagencement des chaînes de valeur mondiales, la recomposition des alliances, la nouvelle convoitise pour certaines ressources critiques offrent à un pays une place à prendre, qu’un autre prendra s’il hésite. Il y a la fenêtre financière — ces phases où le capital cherche des rendements et accepte des risques qu’il refusera demain. Chacune de ces fenêtres s’ouvre, demeure entrebâillée quelques années, puis se referme.

Et la théorie économique nous dit pourquoi cette temporalité est implacable. Il existe, dans le développement, des seuils critiques. En deçà d’un certain niveau d’investissement coordonné — cette impulsion d’ensemble, massive et simultanée, que Rosenstein-Rodan appelait le «big push», celle-là seule qui fait basculer une économie de son mauvais équilibre vers le bon (Murphy, Shleifer et Vishny) et lui permet d’échapper à la trappe où, sinon, elle s’enlise (Azariadis et Drazen) —, l’économie retombe inexorablement vers son équilibre bas, et chaque effort ultérieur est absorbé par la gravité du mauvais bassin d’attraction donc n’aura aucun effet.

La fenêtre, c’est précisément la durée pendant laquelle le seuil est franchissable. La manquer, ce n’est pas arriver en retard, c’est être condamné à un autre destin, où l’on consacrera désormais toute son énergie non plus à avancer, mais à ne pas sombrer.

La rente n’est pas la puissance

Il faut alors s’interroger sur ce que produit le mauvais chemin. Une trajectoire qui ne fabrique que ce qui peut être substitué ou contourné est une trajectoire sans souveraineté. Le pays qui ne vend au monde que des matières premières indifférenciées, détient une forme de levier, certes — mais le levier le plus fragile qui soit, car il existe toujours un autre gisement, un produit de remplacement, une route alternative. La véritable puissance ne réside pas dans la possession d’une ressource, mais dans la maîtrise d’un goulet d’étranglement enchâssé dans des capacités et des institutions que l’on ne peut ni copier ni délocaliser du jour au lendemain.

La rente brute s’évapore au premier choc de prix ou au premier embargo ; la capacité accumulée demeure. Se tromper de trajectoire, pour une nation riche en ressources, c’est confondre ces deux choses — prendre la rente pour de la puissance, et constater un matin qu’elle ne fixe plus rien, ni ses prix, ni ses lois, ni son avenir, suspendu1e au bon vouloir de marchés et de puissances pour qui elle n’est jamais qu’un levier.

Comment les décisions raisonnables fabriquent une catastrophe

Une nation ne se trompe pas d’avenir le jour où elle prend une mauvaise décision ; elle s’en détourne lorsque toutes ses décisions raisonnables cessent de composer une direction.

Alors pourquoi des nations dérivent-elles ainsi vers des destins que personne ne souhaitait ? Il y a deux coupables. Les uns désignent l’extérieur — l’héritage colonial, la détérioration des termes de l’échange, les conditionnalités des bailleurs, les règles que les puissances imposent aux autres après s’en être affranchies, le libre-échange prêché avec un protectionnisme pratiqué. Les autres désignent l’intérieur — la prédation des élites, la corruption, la faiblesse de l’État et la confiscation des institutions. Ces deux réponses sont vraies, et toutes deux insuffisantes, car elles supposent une volonté, un dessein, un responsable. Or la vérité est qu’on ne décide jamais de se tromper de trajectoire.

La bifurcation commence lorsqu’on reporte une réforme scolaire parce que ses résultats n’apparaîtront qu’après le prochain mandat ; on exporte la matière brute parce que la transformer exige une énergie, une logistique et des compétences qui n’existent pas encore ; on disperse l’investissement entre cent projets visibles plutôt que d’en concentrer les moyens sur dix transformations décisives. Chaque arbitrage paraît prudent. Leur accumulation organise pourtant l’impuissance.

Chaque ministère optimise son budget annuel, chaque gouvernement son horizon électoral, chaque programme d’ajustement son équilibre comptable, chaque rente son statu quo — et chacune de ces décisions est, prise isolément, défendable. C’est leur somme qui est une catastrophe. Les exemples sont nombreux, une banque parfaitement solvable peut être emportée en une journée. Il suffit que chaque déposant, voyant les autres affluer au guichet, juge prudent de retirer ses fonds avant eux. Chacun a raison — mieux vaut être le premier servi que le dernier ruiné. Mais comme tous ont raison en même temps, ils vident en quelques heures des coffres qui eussent tenu un siècle. Nul n’a fauté, c’est la somme des décisions sensées qui a provoqué la faillite.

L’horizon des incitations qui gouvernent les acteurs — cinq ans, un cycle budgétaire, une saison de financement — est désespérément plus court que la constante de temps de la transformation, qui se compte en décennies. Un système d’incitations bâti pour le court terme ne peut pas, même peuplé d’hommes intelligents et probes, valoriser le franchissement d’un seuil dont les bénéfices n’apparaîtront que dans vingt ans.

Il n’y a pas de méchant dans cette histoire. Il y a un système qui répond correctement à des incitations qui n’étaient pas à la mesure de l’enjeu. C’est une vérité que personne ne veut entendre, car si elle est juste, il n’y a personne à haïr, et les peuples ont besoin de haïr quelqu’un.

Les nations évaluent minutieusement leurs projets, mais presque jamais la direction dans laquelle leur addition les entraîne. Il leur faut donc des institutions qui contrôlent la dépense et des institutions qui interrogent la trajectoire future.

Le déplacement intellectuel qu’exige notre époque est donc de passer de la question «qui est coupable ?» à la question «quelles institutions peuvent donner au temps long le pouvoir de résister aux intérêts du présent ?».

Choisir sa route avant que la dérive ne la choisisse

Mais il manquerait encore l’essentiel, ce que l’économie ne sait pas produire : le courage et la vision.

Le courage politique consiste à agir lorsque le danger est encore contestable, lorsque les preuves sont incomplètes et lorsque le coût de l’anticipation est immédiat tandis que son bénéfice demeure invisible. L’environnement politique n’est jamais prêt. La frontière du développement exige la lucidité de suspendre ou modifier nos grilles de pensée – puisque le bon sens a prouvé partout ses limites.

Et la vision, ensuite. C’est ici que tant d’élites des nations émergentes ont failli. On sait dire ce que l’on perd ; on excelle dans le diagnostic négatif, dans l’inventaire de ce qui nous échappe. Mais on n’a jamais su offrir une vision positive — une image désirable de la destination, un avenir pour lequel il vaille la peine de consentir des années de privation. Or on ne mobilise pas un peuple par la peur du déclin. On ne lui demande pas d’endurer la dureté de la traversée au seul motif que «sinon, ce sera pire». Il faut lui montrer la rive. Faute de cette vision, le terrain reste libre pour les deux seules passions qui sont la résignation et le ressentiment.

Le développement n’est pas l’accumulation d’agrégats, c’est l’expansion des libertés réelles, l’élargissement de ce qu’un peuple peut être et faire. Voilà la destination qu’il faut savoir nommer — et qu’aucun tableau de bord ne nommera à notre place.

La bonne trajectoire n’est pas celle qui promet le plus fort taux de croissance l’année prochaine ; c’est celle qui accroît, décennie après décennie, ce que la nation sait produire, décider, financer, apprendre et défendre par elle-même.

Enfin, la fenêtre, pour bien des économies émergentes, est encore ouverte, leur démographie demeure favorable, les chaînes de valeur se recomposent, les ressources critiques sont de nouveau convoitées et le monde multipolaire rend aux pays longtemps périphériques une capacité de négociation. Mais cette conjoncture ne constitue pas encore un destin. Elle n’est qu’une possibilité.

Le verbe décisif n’est donc pas «rattraper». Rattraper suppose qu’il n’existe qu’une seule route, un seul modèle, une seule histoire déjà écrite par d’autres et que les nations retardataires n’auraient qu’à rejoindre. Le verbe décisif est «choisir», choisir les capacités que l’on veut faire naître, les dépendances que l’on refuse de léguer, les savoirs que l’on veut inscrire dans la durée, les souverainetés que l’on veut rendre possibles, et la place que l’on entend occuper dans l’architecture mouvante du monde.

Que ceux qui gouvernent songent alors à la marée. Elle ne consulte personne, n’attend aucune majorité, ne revient pas sous la même forme parce qu’un peuple l’a manquée. Elle soulève les barques quelques heures, puis se retire, laissant sur le sable ceux qui confondaient l’attente avec la prudence.

Il faut prendre la mer quand elle est haute, même froide, même incertaine, même dangereuse. Car l’histoire peut pardonner à une nation d’avoir avancé lentement ; elle pardonne rarement à ceux qui, voyant la fenêtre ouverte, auront préféré la sécurité trompeuse du rivage à l’audace d’un destin.

* Economiste, banquier et financier.

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Iran – Etats-Unis | La paix des puissants, les blessures des peuples

15. Juni 2026 um 12:29

Le 19 juin 2026, à Genève, sera signé un accord qui mettra officiellement fin à la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Les chancelleries salueront l’événement. Les communiqués parleront de paix, de stabilité retrouvée, de victoire de la diplomatie. Mais il faut poser d’emblée la question que ces communiqués n’auront pas le courage de formuler : cette paix, pour qui ?

Abdelhamid Larguèche *

Comme tant de conflits du Proche-Orient avant elle, cette séquence de violence dont on annonce la fin proche ne se conclut pas par la justice, elle se clôt par l’épuisement des belligérants et le calcul froid des grandes puissances. Les armes se taisent avant que les douleurs ne s’apaisent. Et les peuples découvrent, une fois de plus, qu’ils n’étaient pas conviés à la table où leur destin fut négocié. C’est là le visage permanent de ce qu’il faut bien appeler : la paix des puissants.

Le protocole d’Islamabad, tel qu’il se dessine, articulera la sécurité du détroit d’Ormuz, une levée partielle des sanctions économiques contre l’Iran et une reprise des négociations nucléaires avec ce pays. Des médiations pakistanaises et qataries ont joué un rôle déterminant dans ce rapprochement. Mais l’essentiel n’est pas dans les clauses de cet accord, il est dans ce qu’il révèle : un ordre mondial en recomposition profonde, où l’hégémonie américaine n’est plus qu’une puissance parmi d’autres, et où les peuples de la région continuent de payer, de leur sang et de leur avenir, le prix de ces reconfigurations.  

La Chine et la fin de l’hégémonie occidentale 

Le premier vainqueur est l’Iran. Longtemps présenté comme isolé, étranglé par les sanctions et contraint à la défensive, Téhéran sort de cette séquence en position de force relative. La République islamique n’a pas seulement survécu, elle a imposé ses lignes rouges, en particulier sur le contrôle stratégique du détroit d’Ormuz. Ce n’est pas rien : c’est la consécration d’une puissance régionale que quarante ans de pression n’ont pas réussi à briser.

Derrière l’Iran se profile la vraie grande gagnante de ce tournant : la Chine. Sans tirer un seul coup de feu, Pékin récolte les dividendes d’une stratégie patiente construite sur deux décennies d’investissements en infrastructures, d’échanges énergétiques et de médiations discrètes.

Ce conflit l’illustre avec netteté : nous sommes entrés dans un monde où l’Occident ne dicte plus ses conditions, et où Pékin avance, méthodiquement, sans fracas, vers le centre de l’échiquier mondial.

Les États-Unis obtiennent une stabilisation régionale et la sécurisation des flux énergétiques. Mais il faut le dire clairement : Washington ne négocie plus en maître, il négocie en partenaire contraint. L’ère de l’hyperpuissance américaine, cette parenthèse d’après-guerre froide où l’Amérique imposait l’ordre du monde, est bel et bien refermée. Ce rétrécissement de l’influence américaine n’est pas une parenthèse : c’est une tendance de fond.  

L’état sioniste et les limites de la supériorité militaire

L’État sioniste présente un bilan en trompe-l’œil. Il dispose d’une supériorité militaire incontestable, mais les conflits successifs ont démontré une vérité que la force ne peut effacer : il n’existe pas de victoire militaire durable sans solution politique. Chaque opération remporte des batailles et perd la guerre de l’histoire. La domination par les armes ne produit pas la sécurité, elle fabrique des générations de résistance.

Pourtant, comme souvent dans l’histoire, les véritables perdants ne siègent pas dans les salles de négociation.

Le peuple palestinien est, une fois encore, le grand absent de cette paix, et sa principale victime. Depuis des décennies, il paye en sang et en exil le prix des équilibres géopolitiques que d’autres ont décidés en son nom.

Chaque accord régional, chaque cessez-le-feu négocié entre grandes puissances, repousse un peu plus la seule question qui ne disparaîtra pas : celle des droits nationaux et de la dignité d’un peuple privé d’État. Gaza, la Cisjordanie, les camps de réfugiés du Liban et de Jordanie, ces réalités-là ne s’effacent pas d’un traité. Elles attendent.  

Un peuple libanais meurtri

Le peuple libanais, lui aussi, sort du cycle de violences profondément meurtri. Le Liban est devenu, depuis trop longtemps, le terrain d’affrontement des ambitions des autres. Que l’on voie dans l’Iran un protecteur ou une tutelle étouffante, le constat demeure : le Liban ne maîtrise plus son propre destin. Il subit des guerres qu’il n’a pas choisies, sur un territoire que d’autres ont transformé en champ de bataille par procuration. C’est là l’une des grandes injustices de cet ordre régional : les petits pays absorbent les conflits des grands.

L’histoire du Moyen-Orient enseigne une leçon que nul ne devrait oublier : les grands arrangements entre puissances se concluent invariablement sur les ruines des peuples. Des Accords Sykes-Picot aux guerres contemporaines, les frontières et les équilibres ont été redessinés depuis les capitales lointaines avant d’être vécus dans la chair des sociétés locales.

Si cet accord se confirme, ce qui semble être le cas, il ne signifiera pas seulement la fin d’une guerre. Il marquera l’entrée officielle dans un nouvel âge géopolitique : monde multipolaire, puissances en recomposition, Occident contraint à la négociation. Mais pour les peuples du Proche-Orient, palestinien, libanais, irakien, syrien, yéménite, ce changement d’ère ne changera rien tant que les grandes puissances continueront de traiter leur sort comme une variable d’ajustement. La véritable question n’est pas de savoir qui gouvernera l’ordre mondial de demain. Elle est de savoir si cet ordre nouveau aura enfin le courage de faire de la dignité des peuples autre chose qu’une clause oubliée dans un accord de chancellerie.  

* Historien.

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Décès du chanteur tunisien Kamel Raouf Nagati à l’âge de 88 ans

15. Juni 2026 um 11:02

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de l’artiste tunisien Kamel Raouf Nagati, survenu ce lundi 15 juin 2026. Ses obsèques auront lieu aujourd’hui au cimetière de Jellaz, à Tunis, après la prière du Âsr.

Originaire de Kairouan, le défunt était né à Tunis en 1938. Il a chanté dans plusieurs langues et dans divers pays.

Le défunt a entamé sa carrière artistique à la fin des années 1950 à travers l’émission pour amateurs animée par le journaliste Hamadi Jaziri sur les ondes de la Radio tunisienne. Lauréat du premier prix, il a ensuite poursuivi son parcours artistique entre la Tunisie et le Liban, où il a côtoyé plusieurs figures emblématiques de la scène musicale arabe, parmi lesquelles Halim El Roumi et le célèbre violoniste Abboud Abdelal. 

Son répertoire comprend au moins 300 chansons, parmi lesquelles ‘‘Yasmina’’,  «Gharou menni ou gharou menha» ou encore «Tamayili ya sabiyya alarrimal»,  sur des paroles du poète Ridha Khouini.

I. B.

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Mondial 2026 | Contre la médiocratie du foot

15. Juni 2026 um 08:39

Je n’ai pas regardé le match Tunisie-Suède, à l’aube de ce lundi 15 juin 2026, terminé sur une lourde défaite tunisienne (1-5) et je m’en félicite. J’y ai gagné une bonne nuit de sommeil. Mais même pris dans les bras de Morphée je ne pouvais m’empêcher de constater que le silence anormal de la rue pendant un match de Coupe du monde de l’équipe nationale, dans un pays qui n’a pas l’habitude de respecter le repos du voisinage, ne présageait pas du meilleur.

Pour tout dire le réveil n’a pas été rude. La qualification de l’équipe tunisienne à la phase finale du Mondial s’avère conforme à ce que beaucoup pensaient déjà depuis qu’elle a été acquise, un pur hasard issu du calendrier des qualifications favorable né d’une vision du monde dépassée partagée par la Fifa.

Il n’est pas normal qu’une grande nation du football comme l’Italie, ou bien dans une moindre mesure le Nigeria et le Cameroun, n’accèdent pas à la phase finale alors que d’autres qui ne le méritent pas se trouvent qualifiés.

Si la Fifa se décidait enfin à établir des poules éliminatoires libres des restrictions géographiques obsolètes issues de la vision coloniale du monde, le ridicule cesserait peut-être de jouer les indésirables. Et les bénéfices réalisés sur les droits TV par la célèbre multinationale du ballon rond s’en trouveraient rehaussés d’autant. 

Dr Mounir Hanablia

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La citoyenne avant la croyante (3/3) | Femmes, textes sacrés et frontière laïque

15. Juni 2026 um 08:08

Aujourd’hui, le statut de la femme musulmane demeure l’un des grands lieux de tension de nos sociétés. Il interpelle les intellectuels, dérange les politiques, embarrasse les juristes, divise les familles et traverse silencieusement la vie quotidienne des femmes elles-mêmes. La question paraît simple : la femme doit-elle être définie d’abord par sa citoyenneté ou par une lecture religieuse de son rôle social ? Mais dès qu’on pose cette question, tout devient difficile, car elle touche à ce que les sociétés ont de plus sensible : la foi, l’identité, la famille, l’autorité masculine, la mémoire collective et la peur de perdre une forme de continuité avec le passé.

Zouhaïr Ben Amor *

Dans les sociétés musulmanes, le débat semble souvent bloqué entre deux positions. D’un côté, les courants islamistes ou conservateurs affirment que les textes sont clairs, définitifs, et qu’il n’appartient pas aux hommes de modifier ce que Dieu aurait fixé. De l’autre, les réformateurs soutiennent que les textes doivent être replacés dans leur contexte historique, social et linguistique, et qu’il faut distinguer l’esprit de justice du message religieux des formes juridiques héritées d’une société ancienne. Entre ces deux visions, la femme se trouve souvent prise comme objet de débat plutôt que reconnue comme sujet de droit.

Le piège d’un débat enfermé dans le texte

Le problème n’est pas seulement religieux. Il est aussi politique. Tant que le statut de la femme dépend prioritairement de l’interprétation du texte religieux, son égalité demeure fragile. Elle avance ou recule selon le rapport de force entre les interprètes. Un moment, une lecture moderniste semble possible ; un autre moment, une lecture littéraliste reprend le dessus. La femme devient alors l’otage d’une bataille herméneutique dont elle paie le prix dans sa liberté, son corps, son héritage, son mariage, son divorce, sa mobilité et sa représentation sociale.

Les réformatrices musulmanes ont pourtant accompli un travail considérable. Fatima Mernissi a montré que beaucoup d’interdits attribués à l’islam relevaient aussi de constructions politiques et patriarcales postérieures, notamment autour de la place publique des femmes (Mernissi, 1987). Asma Barlas, de son côté, a défendu l’idée que le Coran ne devait pas être lu à travers les lunettes d’une tradition patriarcale qui confond trop vite autorité masculine et volonté divine (Barlas, 2002). Amina Wadud a également insisté sur la possibilité d’une lecture éthique du texte, attentive à la justice et non à la simple répétition des hiérarchies anciennes (Wadud, 1999).

Mais ces lectures, aussi courageuses soient-elles, se heurtent à une difficulté majeure : elles restent dans l’arène religieuse. Elles discutent le texte avec d’autres interprètes du texte. Elles peuvent convaincre des intellectuels, des croyants ouverts, des militants, parfois des juristes. Mais peuvent-elles garantir durablement l’égalité de toutes les femmes, y compris celles qui ne veulent pas fonder leurs droits sur une interprétation religieuse ? Voilà le nœud du problème.

Car une citoyenne ne devrait pas avoir besoin de prouver que Dieu veut son égalité pour être égale devant la loi. Elle devrait être égale parce qu’elle est citoyenne, parce qu’elle est sujet de droit, parce qu’elle appartient à la communauté politique au même titre que l’homme. Le droit ne peut pas demander à la femme de gagner d’abord une bataille théologique pour obtenir ensuite une reconnaissance civile.

Ce que l’histoire chrétienne nous apprend

L’histoire de la femme dans les sociétés chrétiennes est instructive. Pendant des siècles, l’Europe chrétienne n’a pas été un paradis d’égalité. La femme y fut longtemps mineure juridiquement, dépendante du père puis du mari, exclue du pouvoir politique, tenue à distance de l’université, du patrimoine, de la citoyenneté active. Les textes religieux chrétiens ont souvent servi à légitimer la soumission féminine, comme ailleurs. Il serait donc naïf d’opposer un christianisme naturellement libérateur à un islam naturellement oppressif.

Mais ce qui est remarquable, c’est que l’émancipation des femmes dans les sociétés occidentales ne s’est pas réalisée principalement par une nouvelle lecture de la Bible. Elle s’est faite par la montée du droit civil, par l’école, par le travail salarié, par les luttes féministes, par l’accès à la citoyenneté, par la transformation de l’État, par la sécularisation progressive des institutions. Les femmes n’ont pas attendu que tous les théologiens s’accordent pour leur reconnaître la liberté. Elles ont déplacé la question du terrain religieux vers le terrain politique.

Joan Wallach Scott a bien montré que le féminisme moderne s’est construit dans une tension permanente : les femmes réclamaient l’égalité universelle tout en devant rappeler leur différence dans une société qui les excluait justement au nom de cette différence (Scott, 1996). Simone de Beauvoir, elle, a formulé une vérité devenue centrale : la féminité sociale n’est pas un destin biologique, mais une construction historique (Beauvoir, 1949). Autrement dit, ce que l’on présente comme nature féminine est souvent le produit d’une organisation masculine du monde.

La femme chrétienne ne fut donc pas libérée par un miracle interne du texte religieux. Elle fut libérée, lentement et incomplètement, parce que le religieux cessa d’être la source première du droit commun. L’Église continua d’exister, la foi continua d’habiter les consciences, mais l’État moderne apprit peu à peu à ne plus confondre dogme religieux et citoyenneté.

La loi française de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État est devenue l’un des symboles de cette frontière : elle affirme notamment que la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte.

Cette séparation n’a pas supprimé la religion. Elle a plutôt empêché une religion particulière de gouverner la totalité de la cité. C’est une différence essentielle. La laïcité n’est pas nécessairement l’hostilité à la foi ; elle est d’abord l’organisation politique d’un espace commun où la foi ne peut pas imposer sa loi à ceux qui ne la partagent pas, ni réduire les citoyens à leur appartenance confessionnelle.

La femme musulmane entre réforme et citoyenneté

Dans le monde musulman, quelques expériences montrent que le droit peut avancer même dans des sociétés attachées à l’islam. La Tunisie, par exemple, a adopté dès 1956 un Code du statut personnel qui a interdit la polygamie et inscrit le divorce dans une procédure judiciaire. Le texte officiel du Code précise que le divorce ne peut avoir lieu que devant le tribunal, et qu’il peut être demandé par le mari ou par la femme. Mais cette avancée n’a pas supprimé toutes les inégalités : la question successorale demeure l’un des lieux les plus résistants de l’ordre patriarcal, puisque certaines dispositions maintiennent une différence entre hommes et femmes dans l’héritage.

Ce paradoxe tunisien est révélateur. Il montre qu’une société peut moderniser le mariage, le divorce, l’espace public, tout en laissant subsister un noyau religieux ou symbolique dans lequel l’égalité devient plus difficile à penser. Le droit avance, mais il s’arrête parfois devant ce qui est présenté comme intouchable. La femme devient alors citoyenne presque entière, mais pas entièrement citoyenne.

C’est ici que le débat sur la laïcité devient décisif. Non pas une laïcité importée comme un slogan, ni une laïcité agressive qui humilie les croyants, mais une laïcité juridique, sobre, protectrice, capable de dire : la foi appartient à la conscience ; la citoyenneté appartient à la loi commune.

Une femme peut être croyante, pratiquante, attachée à sa tradition ; mais ses droits civils ne doivent pas dépendre de l’interprétation religieuse dominante du moment.

L’islamisme refuse souvent cette séparation, car il considère que la société doit être organisée selon une norme religieuse globale. Le réformisme, lui, tente de montrer que l’islam peut être compatible avec l’égalité. Mais la limite du réformisme est qu’il doit toujours convaincre à l’intérieur du religieux. Or, dans l’espace politique, le droit ne peut pas attendre l’unanimité des théologiens. Il doit protéger les personnes, surtout lorsque la tradition devient un instrument de domination.

La laïcité comme protection, non comme arrachement

Il faut ici éviter un malentendu. Défendre la laïcité ne signifie pas demander aux femmes musulmanes de rompre avec leur religion. Ce serait une autre forme de violence symbolique. Beaucoup de femmes veulent être à la fois croyantes et libres, musulmanes et citoyennes, fidèles à une spiritualité et critiques envers les usages patriarcaux de cette spiritualité. La laïcité ne doit pas leur dire : «Choisissez entre votre foi et votre liberté.» Elle doit plutôt garantir que personne ne puisse utiliser la foi pour confisquer leur liberté.

La laïcité véritable ne demande pas au croyant de cesser de croire. Elle demande à l’État de ne pas transformer une croyance en obligation juridique pour tous. Elle protège le croyant contre l’État, mais elle protège aussi le citoyen contre la domination religieuse. C’est pourquoi elle est précieuse dans les sociétés pluralistes. Elle ne règle pas tout, mais elle trace une frontière sans laquelle les droits deviennent négociables.

Olivier Roy a souvent rappelé que la laïcité ne consiste pas à effacer le religieux de la société, mais à organiser sa place dans un espace politique où l’État ne se confond pas avec une vérité religieuse (Roy, 2005). Cette distinction est capitale. Une société peut être culturellement musulmane, majoritairement croyante, attachée à ses rites, à ses fêtes, à ses références ; mais son droit civil peut néanmoins reposer sur la citoyenneté, l’égalité et la liberté de conscience.

La question est donc moins de savoir si l’islam est compatible avec l’égalité que de savoir si l’État accepte de reconnaître la femme comme citoyenne avant de la définir comme épouse, mère, sœur, fille ou croyante. Tant que la femme est pensée d’abord à travers sa fonction familiale ou morale, elle demeure enfermée dans une identité assignée. Tant qu’elle n’est pas reconnue comme individu juridique autonome, l’égalité reste inachevée.

Sortir du face-à-face stérile

    Le débat actuel oppose souvent deux caricatures. Les conservateurs accusent les réformateurs d’occidentaliser la société et de trahir la religion. Les modernistes accusent les conservateurs de vouloir maintenir les femmes dans une minorité permanente. Cette opposition contient une part de vérité, mais elle devient stérile lorsqu’elle empêche de poser la vraie question : qui fait la loi ? Le texte religieux interprété par des autorités masculines ? Ou la volonté générale fondée sur l’égalité des citoyens ?

    Il ne s’agit pas de mépriser les textes. Les textes religieux appartiennent à l’histoire spirituelle de millions d’êtres humains. Ils nourrissent les consciences, donnent sens à l’existence, accompagnent les rites de passage, inspirent la morale personnelle. Mais dès qu’ils deviennent source directe d’inégalité juridique, ils cessent d’être seulement des textes de foi ; ils deviennent des instruments de pouvoir.

    L’émancipation de la femme musulmane ne peut donc pas dépendre uniquement d’une meilleure interprétation religieuse, même si cette interprétation reste nécessaire dans le champ culturel et spirituel. Elle exige un déplacement politique : passer de la question «Que permet le texte ?» à la question «Que garantit la citoyenneté ?» Ce passage est difficile, car il touche à l’imaginaire collectif. Mais il est indispensable.

    Dans les sociétés occidentales, la femme n’a pas été émancipée parce que les traditions chrétiennes auraient soudain reconnu leur erreur. Elle l’a été parce que les femmes ont lutté, parce que les sociétés ont changé, parce que l’État moderne a progressivement séparé le salut des âmes de l’organisation des droits. Ce n’est pas la disparition du religieux qui a libéré la femme ; c’est la limitation de son pouvoir juridique.

    Voilà peut-être la leçon la plus importante. Une société peut rester croyante tout en devenant politiquement laïque. Elle peut respecter la religion sans lui confier le destin civil des femmes. Elle peut honorer sa tradition sans faire de cette tradition une prison. Elle peut reconnaître que les textes ont une histoire, mais que la citoyenneté doit avoir un avenir.

    La femme musulmane n’a pas besoin d’être sauvée par l’Occident, ni enfermée par les gardiens autoproclamés de l’authenticité. Elle a besoin d’un État qui la reconnaisse pleinement comme sujet de droit. Elle a besoin que sa liberté ne soit pas suspendue à une controverse d’exégètes. Elle a besoin d’une école qui forme l’esprit critique, d’une justice indépendante, d’une loi civile claire, d’une culture politique qui accepte enfin que l’égalité n’est pas une menace contre la société, mais une condition de sa dignité.

    La laïcité, dans ce sens, n’est pas une guerre contre Dieu. Elle est une modestie de l’État devant Dieu et devant les hommes. Elle dit simplement : nul ne peut parler au nom du ciel pour diminuer les droits d’un citoyen sur la terre. Et c’est peut-être là, précisément, que commence l’émancipation véritable.

    * Universitaire.

    Bibliographie

    Barlas, Asma. Believing Women in Islam: Unreading Patriarchal Interpretations of the Qur’an. University of Texas Press, 2002.

    Beauvoir, Simone de. Le Deuxième Sexe. Gallimard, 1949.

    Mernissi, Fatima. Le Harem politique : le Prophète et les femmes. Albin Michel, 1987.

    Roy, Olivier. La Laïcité face à l’islam. Stock, 2005.

    Scott, Joan Wallach. Only Paradoxes to Offer: French Feminists and the Rights of Man. Harvard University Press, 1996.

    Wadud, Amina. Qur’an and Woman: Rereading the Sacred Text from a Woman’s Perspective. Oxford University Press, 1999.

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    Mondial 2026 | Chronique d’un naufrage tunisien

    15. Juni 2026 um 07:53

    La déroute de l’équipe de Tunisie de football, ce lundi 15 juin 2026, dans son premier match de la Coupe du Monde de football, face à la Suède, perdu par le score historiquement humiliant de 1-5, n’a pas surpris beaucoup de Tunisiens.

    Latif Belhedi

    Cette déroute, que beaucoup d’entre nous appréhendaient sans oser le dire ouvertement de peur d’être taxés de manque de patriotisme, est celle d’un pays qui est en train de perdre ses repères, de dilapider ses acquis et de s’enfoncer dans une crise globale dont le football n’est que l’une des facettes, la plus visible pour le grand public.

    Cette défaite annoncée, qui en dit long sur l’ampleur de la crise où se morfond le pays depuis 2011, nous renvoie, également, un triste signal : c’est un joueur suédois d’origine tunisienne, Yasin Ayari, qui, en marquant le premier et le cinquième but de son équipe, a scellé l’humiliante défaite de l’équipe dont il aurait pu ou dû, dans l’ordre normal des choses, porter le maillot.

    La barque prend de l’eau de partout

    Yasin Ayari, qui s’est gardé de célébrer son premier but en Coupe du Monde et s’en est presque excusé, est à l’image de ces dizaines de milliers de médecins, d’ingénieurs et de hauts cadres qui, face au manque d’opportunités et de reconnaissance, ont préféré quitter le pays pour aller monnayer leur talent à l’étranger, et personne ne peut sérieusement les en blâmer. Et pour cause : lorsque le salut collectif devient inaccessible et que la barque commence à prendre de l’eau de partout, c’est le salut individuel qui s’impose comme l’unique solution.

    En encaissant un premier but dès la 7e minute et un second 23 minutes plus tard, qui plus est, sur des fautes défensives primaires (même le sobre et rigoureux Ellyes Skhiri s’y était mis lui aussi), on facilite énormément la tâche des adversaires. D’ailleurs, ces derniers, techniques, rapides et rugueux, n’ont pas eu à se dépenser outre mesure pour imposer leur suprématie sur tous les compartiments de jeu. Aidés en cela par le coaching catastrophique de Sabri Lamouchi qui a aggravé la gabegie régnant au sein de l’équipe par des choix tactiques douteux (une défense avec trois axiaux, qui jouent pour la première fois ensemble… pour encaisser à la fin 5 buts !) et des changements dénués de toute logique.

    Une responsabilité collective

    Il ne fallait pas tant pour que la défaite s’alourdit d’un douloureux sentiment d’impuissance et d’humiliation. Jamais, en effet, les Aigles de Carthage n’ont volé aussi bas, et la faute n’incombe pas seulement aux joueurs et au staff technique : elle est partagée par tous les responsables et à tous les niveaux. Car cette déroute n’a pas commencé aujourd’hui, on en a vu les prémices depuis plusieurs années, mais on n’a rien fait pour essayer de remettre de la rigueur et de l’ordre là où règne le copinage, le bricolage et le replâtrage.

    La Tunisie a encore deux autres matches à jouer au premier tour de la compétition contre le Japon (dimanche 21 juin) et les Pays-Bas (vendredi 26 juin), deux équipes autrement plus techniques, plus rapides et plus rugueuses sur le plan physique. Si le passage au second tour, rêve caressé par les Tunisiens depuis leur première participation au Mondial en 1978, est devenu quasiment impossible, on peut encore espérer des coéquipiers de Hannibal Mejbri qu’ils sauvent l’honneur de la nation en jouant mieux, en marquant des buts ou, au moins, en perdant avec plus de panache.

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    L’urgence au chevet de Sidi Bou Saïd

    15. Juni 2026 um 07:33

    C’est l’harmonie entre la science et la tradition, entre la haute technicité et le respect de l’écosystème qui portera le projet de sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd, où se trouve le célèbre village arabo-andalou, un joyau bleu et blanc à préserver pour les futures générations.

    Jamel Chaouki Mahdaoui *

    Suspendu entre le ciel et le golfe de Tunis, le village mythique de Sidi Bou Saïd, internationalement célèbre pour ses façades immaculées et ses moucharabiehs azur, fait face à un défi silencieux mais redoutable notamment la terrible fragilisation de ses falaises de softs grès et d’argiles.

    Conscient de la menace que les caprices géologiques font peser sur ce patrimoine emblématique, le gouvernement tunisien a décidé de passer à la vitesse supérieure.

    Le mercredi 10 juin 2026, un comité de pilotage stratégique s’est réuni sous la direction de Slah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

    Cette séance de travail a marqué un tournant décisif dans l’exécution de la décision gouvernementale numéro onze du 26 janvier dernier, inscrivant officiellement la sécurisation de la colline parmi les grands chantiers publics prioritaires de l’État, intégrés au vaste programme national de protection des zones urbaines, du littoral et des infrastructures.

    Avec fermeté, les autorités ont exigé la mobilisation immédiate de tous les leviers logistiques et techniques pour que les premiers coups de pioche retentissent dans les prochaines semaines, tout en examinant la première phase d’études scientifiques indispensables à l’élaboration de solutions sur mesure. ​

    Soigner la colline sans altérer son âme

    Pour diagnostiquer le mal avec une précision chirurgicale, l’État a scellé des alliances clés, notamment avec le Centre national de télédétection pour réaliser des relevés aériens et topographiques de pointe, et avec l’Office national des mines pour concevoir des cartes géologiques et géophysiques détaillées. Ces outils permettront de cartographier les failles et d’identifier les zones prioritaires d’intervention urgente. Mais au-delà du diagnostic, une question fondamentale se pose, à savoir comment soigner cette colline sacrée sans altérer son âme architecturale et paysagère ? Face à ces risques de glissements de terrain exacerbés par l’érosion marine et les infiltrations d’eaux pluviales, l’ingénierie moderne offre aujourd’hui des réponses à la fois puissantes et discrètes, parfaitement adaptées aux exigences d’un site classé.

    ​La première urgence consiste à maîtriser l’eau, le pire ennemi de la stabilité des sols. Avant de consolider la roche, il est impératif de mettre en place un système invisible de drainage profond. En captant les eaux de ruissellement et les nappes souterraines à l’aide de drains sub-horizontaux et de tranchées drainantes dissimulées sous la végétation, on réduit la pression hydrostatique interne qui pousse la falaise vers le vide.

    Une fois le sol asséché et stabilisé de l’intérieur, la consolidation physique peut enfin commencer. Pour ce faire, la technique du clouage du sol s’impose comme une évidence. Elle consiste à insérer de longs tirants d’ancrage en acier ou en fibre de verre directement dans la roche stable, créant ainsi une armature interne invisible depuis l’extérieur.

    Pour les zones les plus abruptes ou déjà fracturées, l’application de béton projeté par voie humide, teintée dans les nuances ocre et terre cuite naturelles de la colline, permet de sceller la paroi tout en l’intégrant visuellement au paysage.

    Harmonie entre la haute technicité et le respect de l’écosystème

    Ce traitement de surface est idéalement complété par la pose de filets en acier à haute résistance, ancrés profondément, qui retiennent les blocs rocheux sans dénaturer le panorama que les visiteurs du monde entier viennent admirer depuis le célèbre Café Sidi Chabâane. ​

    Enfin, la nature elle-même doit devenir une alliée à travers le génie biologique. La végétalisation de la falaise avec des essences locales au système racinaire profond et dense, telles que des plantes rampantes et des arbustes méditerranéens adaptés au climat aride et aux embruns salins, offre une double protection. Non seulement ces racines lient les particules de terre superficielles pour empêcher l’érosion due au vent et aux pluies battantes, mais elles redonnent également à la colline son aspect verdoyant d’origine.

    C’est précisément cette harmonie entre la haute technicité et le respect de l’écosystème qui portera le projet. Comme l’a rappelé M. Zouari, l’objectif ultime de cette course contre la montre dépasse largement la simple gestion des risques car il s’agit d’une démarche de sauvegarde durable, un devoir de transmission culturelle et architecturale pour que les générations futures puissent, elles aussi, s’émerveiller devant la silhouette intemporelle de Sidi Bou Saïd surplombant la Méditerranée.

    * Artiste peintre.

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    Mondial 2026 | La Tunisie ouvre devant la Suède

    14. Juni 2026 um 13:52

    L’équipe de Tunisie entrera en lice dans la Coupe du monde de football en rencontrant la Suède, dans le cade du Grupe F, qui comprend aussi le Japon et les Pays-Bas, demain, lundi 15 juin 2026, à 3h00 heure tunisienne, au stade de Monterrey, au Mexique.

    Voici la composition probable de l’équipe conduite par Sabri Lamouchi : Mouhib Chamekh, Montassar Talbi, Karim Rekik, Ali Abdi, Yan Valery, Rani Khedira, Ellyes Skhiri, Anis Ben Slimane, Hannibal Mejbri, Elias Saad, Firas Chaouat en pointe.

    La rencontre sera arbitrée par l’Argentin Falcon Perez.

    Après les deux matches du Qatar et du Maroc qui ont réalisé un nul 1-1 face, respectivement, à la Suisse et au Brésil, les coéquipiers de Hannibal Mejbri vont devoir démarrer la compétition sur une note positive, en évitant la défaite, surtout après le calamiteux 0-5 en amical contre l’Autriche. Selon certains analystes, Amine Ben Hamida sera peut-être aligné, à cet effet, comme un troisième axial. Wait and see…

    I. B.

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    Trois femmes décèdent dans un accident de la route à Gafsa

    14. Juni 2026 um 13:19

    Un grave accident de la route survenu ce dimanche matin, 14 juin 2026, dans le secteur de Khamassia, délégation de Sidi Aich, gouvernorat de Gafsa, a coûté la vie à trois femmes.

    L’accident est survenu lors d’une collision frontale entre un camion transportant des céréales et une voiture, comme l’a confirmé une source médicale de l’hôpital universitaire Houcine Bouzaiane de Gafsa à Diwan FM.

    Les corps des trois victimes ont été transportés à la morgue de l’hôpital dans l’attente des formalités légales.

    Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances et les causes de l’accident.

    I. B.

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    Tunisie | Les modalités d’application de l’impôt sur la fortune

    14. Juni 2026 um 12:46

    La Direction générale des études et de la législation fiscales, relevant du ministère des Finances, a publié la Note générale n° 13 de 2026, expliquant les dispositions de l’article 88 de la loi de finances de 2026 relatives à l’impôt sur la fortune. (Ph. Ministère des Finances, Tunis).

    Cette mesure remplace officiellement les dispositions de l’article 23 de la loi de finances de 2023 concernant l’«impôt sur la fortune immobilière», le transformant en un impôt plus large englobant l’«impôt sur la fortune».

    La note fournit toutes les modalités d’application de l’impôt sur la fortune dans sa nouvelle définition juridique, notamment suite à la publication par la Direction générale des impôts du calendrier fiscal, qui fixait au 30 juin 2026 la date limite de déclaration de cet impôt.

    Dans le cadre de la réforme fiscale en cours et de l’élargissement de l’assiette fiscale, l’«impôt sur la fortune» est entré en vigueur début 2026, conformément aux dispositions de l’article 88 de la loi n° 17 de 2025 portant application de la loi de finances.

    Cette nouvelle mesure remplace les dispositions précédentes relatives à l’impôt sur la fortune immobilière (institué par décret en 2022), établissant ainsi une nouvelle approche législative qui englobe tous les types d’actifs, y compris les biens meubles et les actifs financiers, et s’affranchit de la définition restrictive de la propriété immobilière.

    Patrimoine net supérieur à 3 millions de dinars

    L’impôt sur la fortune vise directement les personnes physiques dont le patrimoine total et les bénéfices nets atteignent ou dépassent 3 millions de dinars tunisiens, calculés au 1er janvier de l’année d’acquisition.

    Le législateur a adopté un barème progressif pour le calcul de cet impôt, avec un taux de 0,5 % sur les bénéfices totaux compris entre 3 et 5 millions de dinars et un taux de 1 % sur les bénéfices totaux supérieurs à 5 millions de dinars.

    La loi impose à toute personne imposable d’inclure les biens de ses enfants mineurs à charge dans sa déclaration de revenus annuelle, tandis qu’elle exempte les biens de ses enfants majeurs, qui doivent déclarer leurs propres biens séparément. En cas de propriété conjointe ou indivise, chaque personne est tenue de préciser avec exactitude ses droits et parts de propriété sur le formulaire de déclaration de revenus.

    Élargissement de l’assiette fiscale

    Contrairement à la mesure précédente, limitée aux biens immobiliers, la nouvelle taxe englobe désormais tous les actifs corporels et incorporels. Elle se divise en deux grandes catégories. La première concerne les biens immobiliers, incluant tous les biens et droits réels (pleine propriété, propriété foncière, usufruit et servitude), qu’ils soient construits (appartements, maisons, bureaux, etc.), en construction ou constitués de terrains nus et d’espaces verts.

    Leur valeur est déterminée sur la base d’une déclaration sur l’honneur ou d’une évaluation ajustée par l’administration au moyen de mécanismes légaux (théorisation et vérification).

    La deuxième catégorie concerne les biens meubles, qui se divisent en biens meubles par nature (tels que les équipements et les véhicules) et en biens meubles par droit, incluant les obligations, les titres, les actions et les participations dans des sociétés.

    Les titres cotés en bourse sont évalués selon leur cours de bourse au 31 décembre de l’année précédant l’année d’investissement.

    Résidence principale et biens professionnels exonérés

    Par ailleurs, la loi de finances de 2026 a approuvé un ensemble d’exonérations stratégiques non prises en compte dans l’assiette fiscale, notamment la résidence principale du contribuable qui est totalement exonérée, indépendamment de sa valeur monétaire ou de sa superficie. Cette exonération s’étend aux annexes construites et non construites ainsi qu’au mobilier qui y est effectivement utilisé.

    Les biens immobiliers, les biens meubles et les valeurs mobilières destinés à un usage professionnel sont également exonérés, à condition qu’ils soient inscrits au bilan du contribuable ou fassent l’objet d’une déclaration de revenus professionnels.

    Les actions et participations dans des sociétés (sociétés à responsabilité limitée ou sociétés par actions) sont également exonérées si le contribuable (ainsi que ses enfants mineurs) détient directement au moins 50 % du capital social. Les sociétés de personnes et les sociétés à responsabilité limitée sont également exonérées en raison de leur nature professionnelle.

    Le législateur a également exonéré les dépôts bancaires et postaux. La loi exempte totalement les fonds déposés dans les banques ou à la Poste tunisienne, y compris les comptes d’épargne logement et scolaire, les comptes d’épargne en actions (CEA), les comptes d’épargne-investissement et les primes versées au titre des contrats d’assurance-vie (ou takaful).

    Les véhicules non utilitaires d’une puissance fiscale de 12 chevaux ou moins sont également exonérés, tandis que les véhicules de luxe (d’une puissance supérieure à 12 chevaux) sont soumis à la taxe, sauf s’ils sont utilisés à des fins professionnelles et inscrits dans la comptabilité.

    Référence territoriale et délais légaux

    La loi, en ce qui concerne la compétence territoriale d’application de l’impôt, établit le principe d’universalité pour les résidents, ce qui signifie que l’impôt s’applique à tous les biens des Tunisiens et résidents de Tunisie, qu’ils soient situés en Tunisie ou à l’étranger. Pour les non-résidents, en revanche, l’impôt est limité aux biens immobiliers et mobiliers situés sur le territoire tunisien.

    La loi fixe la fin juin de chaque année comme date limite pour le dépôt de la déclaration annuelle d’impôt et le paiement des sommes dues auprès des centres des impôts compétents (selon le lieu d’établissement ou la résidence principale). Ces déclarations et paiements peuvent également être effectués par voie électronique grâce aux systèmes et méthodes sécurisés mis à disposition par le ministère des Finances afin de simplifier les démarches pour les contribuables.

    Il convient de noter que cette procédure, qui doit être mise en œuvre au cours du premier semestre 2026, est pleinement soumise aux dispositions du Code des droits et procédures fiscaux pour tout ce qui concerne les mécanismes de contrôle, le contrôle des infractions, l’imposition de sanctions, d’amendes et de délais de prescription.

    D’après Tap.

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    Anarchique rue tunisoise !

    14. Juni 2026 um 11:12

    À quoi peut-on être sensible quand on circule dans les rues du centre de Tunis pourvues souvent de trottoirs exigus et en mauvais état, surchargés de cafés ou de marchandises devant les boutiques, rues soumises au danger provenant non seulement des voitures, mais des trottinettes électriques, mode de transport à la mode, et des motos  pétaradantes croyant évoluer sur un champ de courses et transportant parfois toute une famille composée des deux parents entre lesquels se trouvent un ou deux enfants, tout ce petit monde sans casque ? (Photo : Nawaat).

    Jamila Ben Mustapha *  

    N’oublions pas, dans cet inventaire, les redoutables taxis collectifs jaunes qui ont été désignés si judicieusement par un de nos humoristes, Imed Ben Hamida, comme étant «de puissants missiles balistiques».

    Circuler dans la capitale, c’est ressentir souvent une culpabilité vague et impuissante devant divers aspects de la misère. Ce qui frappe quelquefois parmi les passants qu’on rencontre, c’est que la position verticale qui distingue l’être humain de l’animal est quasi absente chez certains d’entre eux âgés et maigres au regard triste, presque pliés en deux et dont la silhouette commence à correspondre presque parfaitement à un angle droit ou, plus fréquemment, oblique.

    Les femmes pauvres, elles, transportent souvent avec elles, sur leur dos et dans chacune de leurs mains, des charges au volume énorme presque aussi grand qu’elles, constituées de bouteilles vides ou de cartons ; et vous vous étonnez qu’on les désigne comme étant «le sexe faible».

    La mendicité comme seule perspective

    Les mendiants recherchent des endroits stratégiques qui leur permettent de croiser un maximum de passants. Pour cela, ils n’hésitent pas, eux qui n’ont pas les moyens de veiller à leur santé, de s’installer en plein soleil. Même si je sais que mon intervention est vouée d’avance à l’échec, je ne peux m’empêcher de leur demander de se déplacer à l’ombre pour éviter le risque d’insolation.

    J’ai été récemment choquée par le cas d’hommes adultes pas trop mal vêtus, qui ont l’air de tout sauf de mendiants, et qui vous arrêtent pour solliciter de l’argent.

    Comment réagiraient-ils eux-mêmes si une dame habillée plutôt correctement, s’adressait à eux dans un but identique ?

    C’est un spectacle devenu courant de voir des femmes subsahariennes qui mendient et dont les enfants, quand ils deviennent autonomes et peuvent marcher, s’y mettent aussi.

    Même si la vie nous a appris que nous subissons surtout plutôt que nous choisissons nos conditions d’existence, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est terrible de mettre au monde une progéniture pour lui offrir la mendicité comme seule perspective.

    Les passants polis ne sont pas légion

    Ce que nous montre aussi la rue concernant une autre catégorie de population, les adolescents, c’est l’obésité de certains d’entre eux, provenant probablement de la «malbouffe», et annonciatrice de problèmes futurs de santé.

    Quant aux hommes que l’on croise, ils avancent généralement d’un pas ferme, comme s’ils étaient seuls, s’octroyant toutes les priorités provenant probablement d’un sentiment de supériorité enseigné tout d’abord par leur mère – si fière d’avoir eu un fils ! –, manquant à peine de vous écraser, comme si vous n’existiez pas. Les passants qui sont polis et ont des égards existent aussi, même s’ils ne sont pas légion.

    Malgré toutes ces constatations plutôt négatives, y a-t-il un antidote, un baume susceptible de vous arracher un sourire quand vous marchez ?

    Il réside, selon nous, dans le fait de croiser de très jeunes enfants qui circulent accompagnés de leurs mères. Qu’ils soient Tunisiens ou Subsahariens, ils sont tous beaux et vous ne pouvez-vous empêcher de leur sourire même si vous pensez au fond de vous-même que, pour leur sécurité, il vaut mieux qu’ils ne répondent pas aux sollicitations des inconnus. Et alors, la réaction peut être, rarement il est vrai, une stupéfaction, une prise de distance, après avoir jeté un regard à leur mère qui a l’air de dire : «Qu’est-ce qui lui prend, à celle-là ?»

    Mais, plus généralement au salut de la main que vous leur faites en souriant, ils finissent par répondre par le même geste et un sourire qui illumine leur petit visage, leur jeune mère étant généralement tout à la joie de voir qu’on apprécie son enfant.

    * Ecrivaine.

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    Tunisie | Les technologies nucléaires pour protéger le patrimoine

    14. Juni 2026 um 10:42

    La Tunisie mise sur les technologies nucléaires pacifiques pour renforcer la protection de son patrimoine archéologique, historique et artistique. Dans ce cadre, l’Institut national du patrimoine (INP) et le Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN) ont signé à Tunis un mémorandum-cadre de coopération stratégique portant sur l’utilisation de techniques radiologiques avancées pour la conservation du patrimoine culturel national.

    Cet accord, signé sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, a été signé par les directeurs généraux des deux institutions : Tarek Baccouche pour l’INP et Haythem Sghaïer pour le CNSTN.

    Selon l’INP, ce projet s’inscrit dans le cadre du programme TUN1015 lancé en janvier 2026 et soutenu par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

    L’objectif est d’appliquer des méthodes scientifiques non invasives à l’étude et à la conservation des vestiges archéologiques, des œuvres d’art, des objets historiques et des matériaux organiques ou inorganiques exposés à la dégradation.

    Parmi les technologies citées figurent la radiographie non destructive et l’analyse isotopique, outils permettant d’examiner la structure interne des objets, d’identifier leur composition, de détecter toute fracture ou altération et d’acquérir des données utiles à leur restauration sans les endommager.

    La coopération entre l’INP et le CNSTN ouvre également la possibilité d’utiliser des techniques radiologiques pour lutter contre les agents biologiques responsables de la dégradation, tels que les champignons, les bactéries et les insectes, particulièrement dangereux pour les matériaux sensibles comme le bois, les textiles, le papier, le cuir et les manuscrits.

    Dans cette perspective, les applications nucléaires ne concernent pas la production d’énergie, mais l’utilisation contrôlée et pacifique des rayonnements à des fins scientifiques, diagnostiques et de conservation.

    L’initiative tunisienne s’inscrit dans un mouvement international déjà soutenu par l’AIEA, qui encourage le recours aux sciences nucléaires pour l’étude et la protection du patrimoine culturel.

    Ces technologies permettent, entre autres, d’améliorer la connaissance des techniques de fabrication anciennes, de vérifier l’authenticité des œuvres et des artefacts, de reconstituer la provenance des matériaux et d’orienter des interventions de restauration plus ciblées.

    Pour la Tunisie, pays au riche patrimoine s’étendant de la préhistoire à l’époque moderne, en passant par la civilisation punique, l’époque romaine et la période islamique, ce programme représente une avancée significative vers une gestion de la conservation plus scientifique.

    Musées, sites archéologiques et laboratoires spécialisés pourraient bénéficier de nouvelles compétences et de nouveaux équipements, dans un secteur où la protection des artefacts est de plus en plus liée à l’innovation technologique, à la formation et à la coopération internationale.

    L’INP, l’institution scientifique et technique chargée de la protection du patrimoine culturel tunisien, dispose déjà d’une expertise multidisciplinaire en archéologie, histoire, ethnographie, architecture, restauration et conservation. Le CNSTN, quant à lui, est l’organisme tunisien spécialisé dans les applications pacifiques des sciences et technologies nucléaires. Le nouvel accord vise donc à conjuguer deux compétences complémentaires : le patrimoine et la technologie.

    Conformément à l’approche du projet, les techniques nucléaires doivent devenir un outil au service des politiques de conservation, non pas un substitut au travail des archéologues, restaurateurs et conservateurs, mais bien une composante intégrante des procédures de diagnostic et d’intervention.

    I. B.

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    Ifsa Africa | L’agroalimentaire comme vecteur d’exportation

    14. Juni 2026 um 10:23

    La quatrième édition d’Ifsa Africa, le Salon international dédié à l’agroalimentaire, à l’emballage, à la transformation et aux nouvelles technologies, s’est tenu du 9 au 11 juin 2026 au parc des expositions du Kram, au nord de Tunis, avec la participation d’une trentaine de pays.

    Cet événement professionnel est dédié à la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire, aux technologies de transformation, à l’emballage, à la logistique et aux services destinés au secteur de l’hôtellerie-restauration (HoReCa).

    Selon les organisateurs, cette nouvelle édition a permis de renforcer les liens entre producteurs, distributeurs, importateurs, investisseurs et acheteurs internationaux.

    Ifsa Africa se présente aussi comme une plateforme d’affaires principalement destinée aux marchés africains, mais également ouverte aux acteurs européens et du Moyen-Orient.

    L’édition 2026 a mis l’accent sur l’innovation dans les procédés industriels, les solutions d’emballage, la chaîne du froid, la distribution, la production alimentaire de qualité, les boissons, les produits biologiques, les produits de la mer et les technologies pour la restauration et l’hôtellerie. Et ce à travers des rencontres B2B, des ateliers techniques, des démonstrations et des concours culinaires, visant à favoriser les échanges d’expériences et à créer de nouveaux partenariats.

    Ce salon s’inscrit dans la stratégie tunisienne de promotion de l’agroalimentaire comme secteur d’exportation et de renforcement de la position du pays comme plaque tournante du commerce entre l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée.

    L’événement s’est tenu quelques semaines seulement après la signature d’un protocole d’accord entre le Centre de promotion des exportations (Cepex) et ITNC Expo, organisateur du salon, destiné à soutenir l’organisation d’Ifsa Africa et la participation des opérateurs économiques.

    Pour la Tunisie, cet événement a représenté également une opportunité de promouvoir ses principales filières, de l’huile d’olive aux dattes en passant par les produits transformés, sur un marché africain en forte croissance, notamment en termes de demande alimentaire, de modernisation de la distribution et d’investissements industriels.

    I. B.

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    IA | Coup de semonce d’Anthropic et péril juridique pour les non-Américains

    14. Juni 2026 um 09:31

    Le 13 juin 2026, la réalité a rattrapé la fiction. Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, créateur du célèbre chatbot Claude, de bloquer l’accès de ses deux modèles d’IA les plus puissants – Mythos 5 et Fable 5 – à tous les ressortissants étrangers, y compris ceux travaillant au sein même de l’entreprise (source : Al Jazeera, 13 juin 2026). Ce n’est pas une panne. Ce n’est pas un incident technique. C’est un avertissement sans ambiguïté : demain, si vous dépendez d’un modèle américain, votre accès peut être coupé du jour au lendemain, sans recours, sans préavis, sans justification détaillée. Cet article actualise et vulgarise le «Péril juridique américain » à la lumière de cette décision historique, et rappelle les solutions concrètes – comme Zetta-Spark Tunisie – pour reprendre le contrôle de votre souveraineté numérique.

    Héni Bouhamed *

    Le 12 juin 2026, le Département du Commerce américain a notifié Anthropic d’une ordonnance d’exportation d’urgence (source : The New York Times, 12 juin 2026). Motif officiel : la sécurité nationale. Conséquences immédiates :

    – les modèles Mythos 5 (version complète, capable de détecter des vulnérabilités logicielles dormantes depuis des décennies) et Fable 5 (version bridée grand public) sont interdits à tout étranger, où qu’il se trouve ;

    – même les employés étrangers d’Anthropic – y compris des alliés canadiens ou britanniques – sont concernés ;

    – la société a dû désactiver brutalement l’accès à 17h21, sans délai de grâce (Al Jazeera).

    Anthropic a contesté la décision, faisant valoir que GPT-5.5 d’OpenAI possède des capacités similaires sans subir les mêmes restrictions. En vain. «C’est la première fois que le gouvernement dicte aussi directement qui peut ou ne peut pas utiliser un modèle d’IA générique», écrit The New York Times.

    Le Monde du 13 juin précise qu’Anthropic «n’a pas pu se conformer aux ordres de l’administration Trump autrement qu’en coupant brutalement l’accès».

    Ce que cela change pour vous (même si vous êtes «local»)

    Beaucoup d’entreprises et d’administrations non américaines pensent être à l’abri parce qu’elles utilisent l’IA via une API ou un cloud «régional». C’est faux.

    L’ordre contre Anthropic confirme la logique du Cloud Act et de la section 702 du Fisa : le droit américain ne suit pas les données, il suit le prestataire. Si votre fournisseur d’IA est américain (OpenAI, Google, Anthropic, Microsoft), vos prompts, vos données sensibles, vos stratégies peuvent à tout moment être exposés ou bloqués par décision unilatérale de Washington.

    Les scénarios de crise évoqués dans l’article précédent ne sont plus hypothétiques :

    – coupure d’accès à vos agents IA en pleine tension diplomatique ;

    – divulgation forcée de vos données confidentielles via un mandat ex parte ;

    – injection de biais ou arrêt de service sans préavis.

    L’affaire Anthropic est la preuve par l’exemple : si l’Amérique peut le faire à ses propres entreprises, que fera-t-elle à des clients étrangers en situation de conflit ?

    Des alternatives souveraines existent (et fonctionnent)

    Face à cette menace, des régions entières ont anticipé. Voici des solutions déjà opérationnelles en 2026 pour une IA non dépendante des États-Unis :

    TunisieZetta-Spark.com : infrastructure Big Data & IA agentique 100% locale (Hadoop, Spark, LLM locaux). Opérationnel pour clusters critiques ;

    Afrique de l’Est : déclaration IA de la Communauté d’Afrique de l’Est – modèles formés sur données locales, stockage local, adoptée avril 2026 ;

    Monde arabe : projet Aicto / MeetKai – piles IA souveraines dans 5 pays pilotes, annoncé avril 2026 ;

    Inde : Command Core (Arinox/KOGO) – «Agentic AI in a box», totalement déconnectée d’Internet («air-gapped»), commercialisée avril 2026 ;

    Royaume-Uni : Whitespace / Oracle Collective – OS souverain pour la défense, déployé sur la Royal Navy et testé opérationnellement.

    Ces initiatives prouvent qu’il n’est pas nécessaire de subir. On peut construire ou acheter localement des écosystèmes d’IA souverains.

    Alternative concrète pour les Big Data et l’IA agentique

    Dans ce mouvement, Zetta-Spark Tunisie propose une réponse adaptée aux entreprises et États qui possèdent déjà des données massives (ministères, banques, industries, opérateurs critiques). Principe fondamental : «Vos données ne quittent jamais votre infrastructure» : 

    – déploiement sur vos serveurs, dans votre datacenter, en Tunisie ou ailleurs ;

    – pas de prestataire américain → pas de Cloud Act, pas d’ordre soudain de blocage comme chez Anthropic.

    • Modèles agnostiques : Llama 4, Gemma 4, DeepSeek, Qwen, tournant sur vos propres GPU.
    • Connecteurs MCP (Model Context Protocol) en local : vos agents IA lisent vos bases de données, lacs HDFS/Iceberg, sans jamais exposer un octet à l’extérieur.
    • Sécurité renforcée : Kerberos, chiffrement de bout en bout, contrôle d’accès.
    • Maîtrise des coûts : fin des surprises de facturation des tokens.

    Ne vous contentez plus d’analyser le passé. Donnez à votre entreprise les agents capables de construire le futur.

    Avec Zetta-Spark, une banque traite ses données clients sensibles, un ministère analyse du renseignement, une usine optimise sa maintenance prédictive sans dépendre de la bonne volonté de Washington – ni d’une injonction soudaine à la manière de celle qu’a subie Anthropic.

    Le moment d’agir c’est maintenant

    L’ordre américain contre Anthropic a été signé à 17h21 un vendredi. À 17h22, des milliers d’utilisateurs étrangers – y compris des alliés – se sont vus privés d’outils critiques. Demain, cela pourrait être votre système de logistique, votre diagnostic médical ou votre analyse de renseignement.

    Le droit américain ne vous protégera pas. Les «exceptions» ou «clauses de non-exportation» ne pèseront rien face à une décision exécutive motivée par la «sécurité nationale».

    La seule protection durable est l’architecture technique souveraine : code par code, serveur par serveur. Comme l’ont compris l’Afrique de l’Est, le monde arabe, l’Inde ou le Royaume-Uni, l’indépendance numérique se construit dès aujourd’hui.

    Zetta-Spark Tunisie vous donne les outils pour transformer votre infrastructure Big Data en un bastion d’IA agentique indépendant – à l’abri des coups de semonce venus de Washington.

    * Maître assistant à l’Université de Sfax, co-fondateur et CTO de Zetta-Spark.

    Sources :

    Le Monde (13 juin 2026) – «Anthropic désactive brutalement ses deux modèles d’IA les plus puissants»

    The New York Times (12 juin 2026) – «U.S. Bars Foreigners From Using Anthropic’s Most Advanced A.I. Models».

    Al Jazeera (13 juin 2026) – «US orders Anthropic to disable AI models for all foreign nationals».

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    L’aversion accrue au risque des banques privées tunisiennes

    14. Juni 2026 um 08:40

    Dans cet article publié sur son blog, intitulé «Capitaliser sur la liquidité des banques privées pour financer l’économie», l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) propose une analyse approfondie des mécanismes qui freinent le financement des PME, décrypte les impacts macroéconomiques sur la croissance et l’inflation, et explore les pistes pour faire de la gestion des risques un véritable levier de relance.

    Le rôle fondamental du système bancaire est de faire de l’intermédiation financière pour soutenir l’investissement productif et la création d’emplois. Pourtant, en Tunisie, un décalage marquant s’installe : alors que les banques publiques maintiennent un fort niveau d’engagement auprès des structures étatiques, les banques privées affichent un ratio crédits/dépôts particulièrement faible (67,4% à fin juin 2025), et ce, malgré un excellent niveau de liquidité réglementaire.

    Pourquoi nos banques privées ne capitalisent-elles pas sur cet excès de liquidité pour financer le secteur privé ? Entre le poids des financements directs accordés au Trésor public, une aversion accrue au risque face à la conjoncture et le maintien de marges d’intermédiation élevées, les facteurs de ce blocage de l’offre sont multiples.

    Dans son article, l’IACE propose une analyse approfondie des mécanismes qui grippent le financement des PME, décrypte les impacts macroéconomiques sur la croissance et l’inflation, et explore les pistes pour faire de la gestion des risques un véritable levier de relance.

    Le Trésor public accapare les liquidités bancaires

      Les banques ont essentiellement pour rôle de faire de l’intermédiation financière entre agents à excédent d’épargne et agents à déficit, en utilisant l’épargne des premiers, généralement sous forme de dépôts à court et moyen terme, pour financer les besoins d’investissement des entreprises. Un excès d’intermédiation veut dire un risque élevé pour les banques en cas de panique et de retraits massifs de déposants.

      À l’opposé, une sous-intermédiation signifie un manque de financement qui risque de freiner la croissance de l’économie et la création d’emplois.

      En Tunisie, à première vue, le système bancaire paraît bien diversifié, comptant 23 banques résidentes, y compris d’importantes banques publiques (la STB, BH Bank, BNA, la BTS spécialisée dans les microcrédits, et la Banque de financement des PME), en plus de 13 banques privées et mixtes, et 3 banques islamiques. Mais leur encours de crédit au secteur privé laisse à désirer.

      En effet, le crédit aux entreprises privées dans le secteur de l’industrie n’a augmenté que de 0,1% en 2023 avant de tourner en négatif (-0,3%) en 2024, alors que pour les services, le taux d’augmentation a été respectivement de 2,7% et 2,6 %.

      Le Rapport de supervision bancaire 2024, publié par la BCT, explique ce phénomène par «un ralentissement continu de la demande de financement en rapport avec la persistance de la conjoncture économique difficile et ses répercussions sur les entreprises».

      Toutefois, la faiblesse de la demande de crédits n’explique pas tout, ce qui nécessite une analyse du côté de l’offre du système bancaire.

      Les ressources des banques proviennent essentiellement des dépôts. Sur ce plan, le taux de transformation crédits/dépôts a connu une tendance à la baisse, de 120% avant la pandémie en 2019 (ce qui correspond au maximum réglementaire permis par la BCT), pour atteindre 101,4% en 2023, et la baisse a continué durant la période 2024-2025 selon les données du Bulletin des statistiques financières de la BCT (octobre 2025). Toutefois, ce ratio reste élevé en Tunisie à 96,2% en août 2025, grâce à la dominance des banques publiques, alors que dans des pays où le secteur bancaire appartient essentiellement au privé, comme la France et le Maroc, ce taux est de 91,4% et 89,2%, respectivement.

      Ceci nous conduit au cœur du problème tunisien : les banques publiques continuent à prêter aux entreprises et offices étatiques, ce qui explique un ratio crédit/dépôts pour les trois principales banques publiques de l’ordre de 101,7 % à la fin de décembre 2023 et 97,3 % fin juin 2025.

      À l’opposé, il en va de même pour les trois principales banques privées où le ratio a été nettement plus faible, baissant de 69,4% à 67,4%, durant la même période.

      Ce niveau alarmant pose la question : pourquoi le ratio de transformation est-il trop faible chez nos banques privées, surtout que la liquidité est suffisante.

      En fait, l’indicateur de taux de couverture de liquidité (Liquidity Coverage Ratio-LCR), défini comme étant le ratio du stock d’actifs liquides de haute qualité sur les sorties nettes de trésorerie sur un horizon de 30 jours dans une situation de tension (la valeur estimée des retraits massifs des clients de la banque + les engagements de financement que la banque doit honorer – les entrées de fonds attendues), doit dépasser 100 % selon les accords de Bâle III, suite à la crise financière de 2008.

      En Tunisie, ce minimum réglementaire est largement dépassé, atteignant 138,3% à fin 2025 pour les trois principales banques privées.

      Par conséquent, on peut affirmer avec certitude que nos banques privées ne capitalisent pas sur l’excès de liquidité disponible pour offrir plus de crédit aux entreprises privées.

      Retrait des banques du financement de l’économie productive

      La première explication de cette énigme est la loi n° 10-2024 du 7 février 2024, qui a demandé à la BCT d’accorder des facilités au profit du Trésor public pour un montant de 7 milliards de dinars, une demande qui a été renouvelée avec la loi de finances 2025 et le projet de loi de finances pour 2026,qui a autorisé la BCT à accorder au Trésor public des facilités de financement d’un montant record de 11 milliards de dinars, à zéro intérêt, avec 3 ans de période de grâce et une durée de remboursement de 15 ans. Il est clair que de tels montants limitent la capacité de la BCT d’accorder autant de financement aux banques qu’auparavant.

      La deuxième explication réside dans l’aversion accrue au risque des banques privées dans un contexte économique marqué par une croissance faible, une incertitude élevée et un volume important de créances douteuses.

      Face à des procédures de recouvrement longues et coûteuses, les banques adoptent une politique de crédit plus restrictive, privilégient les garanties réelles (hypothèques, cautions personnelles) et limitent leur exposition aux PME, perçues comme plus risquées.

      La troisième explication tient au maintien de marges d’intermédiation élevées. Les banques peuvent soit orienter leurs ressources vers le financement de l’État à travers la souscription aux Bons du Trésor, soit conserver une marge bancaire de l’ordre de 4 % ou plus. Cela se traduit par des taux d’intérêt du crédit aux PME avoisinant 11 %, alors que le TMM est autour de 7 %, ce qui renchérit le coût du financement pour le secteur privé et freine l’investissement productif. Ces contraintes sur l’offre de crédit ne sont pas sans conséquences sur la dynamique macroéconomique.

      La croissance économique reste par ailleurs faible, de l’ordre de 2,5% en 2025, même si elle a connu une augmentation par rapport à 1,4% en 2024.

      Pour les prix, toutefois, l’impact reste ambigu. D’un côté, le manque de crédit et, par conséquent, le renchérissement de son coût, poussent les entreprises à augmenter les prix. Mais d’un autre côté, la baisse de la demande globale limite une telle tendance, surtout que l’économie tunisienne s’est trouvée ces dernières années dans un contexte de taux d’intérêt élevés, dus à la politique monétaire restrictive de la Banque centrale. Ce qui explique le ralentissement du taux d’inflation de 9,3% en 2023 à 7,0% en 2024, et à 5,3% en 2025.

      La Banque centrale doit encourager les banques privées à renforcer leurs capacités de gestion du risque, tout en veillant à ce que cette prudence ne se traduise pas par un retrait du financement de l’économie productive.

      L’objectif est de promouvoir une approche équilibrée, où une meilleure évaluation et gestion des risques permettrait justement de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises opérant dans les secteurs porteurs, plutôt que de le restreindre. En ce sens, l’enjeu n’est pas d’opposer gestion du risque et financement de l’économie, mais de faire de la première un levier pour soutenir le second.

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      Le projet Biorest pour améliorer la qualité des dattes bio tunisiennes

      14. Juni 2026 um 08:09

      La filière des dattes biologiques constitue l’un des piliers de l’agriculture biologique en Tunisie et occupe une place de premier plan dans les exportations nationales. Reconnue pour la qualité de ses produits et son potentiel économique, elle contribue de manière significative au rayonnement du savoir-faire tunisien sur les marchés internationaux. Toutefois, des notifications récentes de la présence de résidus de pesticides dans certains lots destinés à l’exportation a mis en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et d’accompagnement des acteurs de la filière.

      Face à ces enjeux, un Programme national de gestion des alertes a été mis en place afin d’améliorer durablement la productivité des palmeraies biologiques tout en consolidant la confiance des marchés internationaux dans les dattes biologiques tunisiennes.

      Cette initiative repose sur une approche intégrée qui associe sensibilisation, renforcement des contrôles officiels et consolidation des dispositifs de suivi afin d’agir à tous les niveaux de la chaîne de valeur.

      Une gestion efficace des risques phytosanitaires

      Le projet Biorest («Appui au développement d’une agriculture biologique durable et résiliente dans un contexte de changement climatique en Tunisie»), financé par la Coopération suisse et mis en œuvre par la Fao, apporte une contribution essentielle à cette dynamique nationale. Son intervention s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités techniques, institutionnelles et opérationnelles, en soutenant des actions concrètes destinées à améliorer l’adoption par les producteurs des bonnes pratiques conformes aux exigences de l’agriculture biologique.

      L’appui de Biorest permet notamment l’organisation de journées de sensibilisation destinées aux producteurs, aux opérateurs et aux autres acteurs impliqués dans la filière. Ces rencontres constituent un espace privilégié pour partager les connaissances, diffuser les bonnes pratiques et renforcer les compétences techniques nécessaires à une gestion efficace des risques phytosanitaires.

      L’initiative met l’accent sur plusieurs dimensions complémentaires. Elle vise d’abord à mieux faire connaître l’état des alertes enregistrées et les principales substances détectées, afin de sensibiliser les producteurs et les opérateurs aux conséquences économiques et commerciales que peuvent entraîner ces situations. Elle contribue également à rappeler l’importance stratégique des dattes biologiques pour les exportations tunisiennes et la nécessité de préserver la réputation de cette filière sur les marchés internationaux.

      Au-delà du diagnostic, le programme privilégie une approche préventive en diffusant des solutions adaptées aux contraintes spécifiques de l’agriculture biologique.

      Gestion des risques liés aux ravageurs et aux maladies

      Les participants sont ainsi accompagnés dans l’identification des méthodes autorisées pour la gestion des risques liés aux ravageurs et aux maladies, aussi bien dans les palmeraies que dans les unités de transformation.

      Une attention particulière est accordée à la promotion des principes de gestion intégrée des ennemis des cultures (IPM), afin de réduire les risques de contamination tout en préservant l’équilibre écologique des systèmes de production.

      En favorisant une meilleure compréhension des exigences réglementaires et en développant les capacités des différents intervenants, Biorest contribue à instaurer une culture de prévention et de qualité tout au long de la chaîne de valeur.

      L’impact attendu dépasse le seul traitement des alertes. Il s’agit également de renforcer la résilience du secteur face aux défis environnementaux et commerciaux, d’améliorer la conformité des productions aux normes internationales et de consolider la compétitivité de la filière biologique tunisienne.

      En soutenant les institutions nationales dans leurs missions d’encadrement et de contrôle, le projet participe à la création d’un environnement plus favorable au développement durable de l’agriculture biologique.

      À travers cette collaboration, Biorest confirme son rôle de catalyseur des transformations nécessaires pour préserver la confiance des consommateurs, sécuriser les débouchés à l’exportation et accompagner les producteurs dans l’adoption de pratiques innovantes et responsables. Cette action illustre également l’importance des partenariats entre les institutions nationales, les partenaires techniques et les organisations internationales pour relever les défis auxquels sont confrontées les filières agricoles stratégiques et garantir leur développement à long terme.

      Communiqué.

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      Mondial 2026 | Printemps arabe ou été maghrébin ?

      14. Juni 2026 um 07:44

      Il arrive qu’un pays entraîne dans son sillage ses voisins, frontaliers ou culturels, dans l’optique d’un mouvement de fond à caractère économique, politique, culturel… Sportivement, il est incontestable que le Maroc a polarisé les attentions grâce à son équipe nationale de football à onze. Les Lions de l’Atlas sont aujourd’hui la locomotive du football maghrébin et, plus généralement, arabe. (Photo : Achraf Hakimi / Riyad Mahrez / Mohamed Salah).

      Jean-Guillaume Lozato *

      En attendant une uniformisation des progrès arabes en général en matière de football, ce sera vraisemblablement par le Maghreb que passera l’étape de la consolidation, après la construction de 2022 au Qatar, lorsque les Lions de l’Atlas ont atteint les quarts de finale.

      Le “Maghreb United” est une notion restée jusque-là trop abstraite. Aussi évanescente qu’un slogan publicitaire, qu’un jingle ou qu’un refrain accompagnant un succès musical estival diffusé par les haut-parleurs des plagistes. Mais la forte représentativité nord-africaine au Mondial 2026 pourra pallier les manquements diplomatiques et administratifs du Maghreb Al-Kabir. Avec des équipes qui prouveront que les pays présents à une CAN peuvent s’imposer comme ceux présents à un Euro.

      Le Maroc et les autres

      Inévitablement, le Maroc a pris la tête du leadership arabe dans son ensemble depuis Qatar 2022. Ceci grâce à sa prestation qatarie, mais aussi grâce à une trajectoire suivie depuis la saison 2017-2018 et quelques séquences de jeu bien encourageantes lors de la phase de poules de Russia 2018.

      Des gardiens à la ligne d’attaque, le Royaume chérifien peut compter sur un effectif complet et varié que nous avions déjà détaillé dans nos colonnes.

      C’est oublier que l’Algérie possède également quelques atouts. Une Algérie que l’on a trop vite oubliée après le Mondial 2014. Ce qui représente une mise en suspension potentielle quant aux attentes des supporters des équipes qui auront à se mesurer à elle. Le poste de gardien regroupe quantité, qualité relative mais pas encore entièrement sérénité.

      L’Egypte, de son côté, a été classée à la dernière CAN. L’impact du titre de première du championnat de première division remporté par l’équipe de Zamalek sera-t-il bénéfique ? Le défi sera de transcender les égos afin de rechercher l’équilibre. Avec une option de choix en la possibilité d’exploiter des courses obliques incisives pour l’attaquant Mohamed Salah.

      Pour l’Afrique du Nord, reste la Tunisie qui semble avancer très, trop doucement. Alternant les signes encourageants et les moments d’inquiétude. Mais qui mathématiquement aurait plus de chance de passer le premier tour qu’il y a quatre ans, réparant ainsi l’injustice survenue au Qatar.

      Tout le reste de la sphère arabe sera représenté par l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Irak et la Jordanie. Là, le niveau se situe déjà à un ou deux crans en-dessous selon les cas par rapport à l’Afrique blanche.

      La compétition proprement dite

      Au jeu des prévisions instinctives, Algérie et Maroc devraient pouvoir s’en sortir. Une curiosité intervient : un duel fratricide entre locuteurs arabophones avec Algérie-Jordanie captera les attentions au premier tour. Mais ce duel ne sera certainement pas la seule opposition entre arabisants de la compétition. Ce qui non seulement limitera les chances de représentativité des autres continents, mais qui amplifiera en plus la visibilité arabe.

      Le match Brésil-Maroc, qui s’est achevé ce dimanche 14 juin 2026 sur le score de parité (1-1), avait fait converger tous les regards pour ce qui est la première grosse affiche du premier tour. L’Algérie, elle, devra se mesurer, mercredi 17 juin, à l’Argentine pour son premier match. Une première prise de responsabilité énorme qi ne sera pas sans conséquences. L’Egypte et la Tunisie présentent un avantage en commun : un très bon vivier de gardiens. Ce qui fera certainement la différence dans l’appréhension de la suite de la compétition, contrairement à ce que les effectifs des quatre autres équipes arabes proposent.

      Arabie Saoudite et Irak devraient livrer une meilleure prestation, ou plutôt dans un premier temps une moins mauvaise, que leurs homologues jordanienne et qatarie. Même si cette dernière semble vouloir tirer quelques enseignements à partir du terrain et non plus seulement à partir des effets de marketing, surtout après son match presque perdu mais sauvé à la dernière minute contre la Suisse (1-1). Le fatalisme enraye ou enclenche des actions dans la mentalité orientale. L’Arabie Saoudite possède déjà la carte de l’avantage psychologique en se souvenant du parcours de leurs glorieux ainés quart-de-finalistes à la Coupe du monde 1994 sur le sol… des Etats-Unis !

      La réalité statistique, qui fait intervenir des données réelles mais trop mécaniques par rapport au jeu du football lui-même, a établi selon certaines prévisions (l’économiste allemand Joachim Klement) la victoire des Pays-Bas pour le sacre final. Or, les Pays-Bas auraient de fortes chances de croiser le Maroc soit en seizième soit en huitième de finale. C’est-à-dire qu’ils auront à défier un système de jeu qui pose problème aux équipes qui ont un entrejeu dynamique et omniprésent. Nous sommes donc confrontés à un scénario contestable.

      Une progression d’ensemble de l’activité sportive la plus pratiquée planétairement, ayant pour cadre les prestations des représentantes arabes, est en rodage. Avec en ligne de mire des projections plus tranchantes pour 2030 en Espagne-Portugal-Maroc et 2034 en Arabie Saoudite.

      * Enseignant universitaire et analyste de football.

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