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Tunisie | La pénurie d’eau embouteillée en partie provoquée par la loi sur les chèques

26. August 2026 um 11:29

On n’a pas cessé de mesurer l’ampleur des dégâts provoqués dans l’économie tunisienne par la nouvelle loi (populiste) sur les chèques, promulguée en 2025. Selon Azzam Soualmia, dirigeant d’une entreprise spécialisée dans la gestion d’entrepôts, à la suite de cette loi, le recours aux chèques dans les transactions commerciales a chuté, passant de plus de 43 % en 2023-2024 à seulement 12 % en 2025. Et cette évolution est l’un des principaux facteurs ayant contribué à la baisse des stocks d’eau embouteillée et à l’émergence de la crise d’approvisionnement actuelle.

Dans une déclaration à Diwan FM, M. Soualmia a indiqué que la consommation d’eau embouteillée avait augmenté, au cours de cet été, d’environ 10 % par rapport à la moyenne habituelle. Bien que cette hausse soit en partie due à la hausse des températures, il estime que l’augmentation de la demande n’explique pas à elle seule la crise actuelle ; celle-ci est principalement liée, selon lui, à la réduction des stocks résultant de l’évolution des modalités de financement des transactions, ainsi qu’à la crainte de poursuites judiciaires pour spéculation illicite.

Durant l’hiver et le printemps, les grossistes avaient coutume de constituer des stocks de sécurité d’eau et de boissons gazeuses en profitant de la baisse des prix hors saison ; cela leur permettait de répondre aux besoins du marché en été — période de forte demande — tout en réalisant une meilleure marge bénéficiaire, a expliqué M. Soualmia, estimant que ce système reposait largement sur l’utilisation de chèques à échéance différée : les usines acceptaient des chèques de garantie lors de la constitution des stocks durant les mois d’hiver et de printemps, ces chèques n’étant encaissés qu’ultérieurement, une fois les produits mis sur le marché au moment du pic de la demande.

Selon M. Soualmia, la modification de ce mécanisme suite à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les chèques a affecté la capacité des commerçants à constituer des stocks anticipés.

Cette situation s’ajoute à une autre préoccupation : la crainte que le stockage de grandes quantités de marchandises en période de forte production ne soit assimilé à une pratique monopolistique, exposant ainsi les opérateurs à des poursuites judiciaires.

M. Soualmia souligne par ailleurs que les détaillants contribuaient autrefois à pallier les pénuries survenant après l’épuisement des stocks des usines, assurant ainsi la continuité de l’approvisionnement ; toutefois, la réduction des stocks à tous les niveaux de la chaîne de distribution a rendu le marché plus vulnérable aux hausses saisonnières de la demande.

Les chiffres communiqués par M. Soualmia à Diwan FM illustrent l’ampleur de l’évolution des transactions commerciales : la part des chèques est passée de 43 % en 2023 à 43,5 % en 2024.

En 2025, le paysage a radicalement changé : les virements bancaires sont arrivés en tête avec 44 % des transactions, suivis des effets de commerce (24 %) et des paiements en espèces (19 %), tandis que la part des chèques a chuté à seulement 12 % du total.

Selon lui, cette mutation a pratiquement mis fin au rôle que jouaient les chèques dans le financement d’une part importante des transactions commerciales et de la constitution des stocks ; il souligne qu’ils avaient dominé les moyens de paiement depuis 2020 — à l’exception de l’année 2022 — avant de se retrouver en dernière position en 2025.

Pour M. Soualmia, la hausse de la demande estivale ne constitue qu’une partie de l’explication de la pénurie actuelle d’eau embouteillée ; selon lui, la crise actuelle révèle un problème plus profond lié au système de stockage, de distribution et de financement des stocks. C’est l’insuffisance des stocks constitués durant l’hiver et le printemps qui, selon lui, a réduit la capacité du marché à répondre à la forte demande de l’été.

M. Soualmia ne limite pas ce problème au secteur de l’eau et des boissons gazeuses ; il considère que l’évolution des mécanismes de financement et la crainte de constituer des stocks importants pourraient avoir des répercussions sur d’autres secteurs tributaires du stockage anticipé pour garantir la stabilité de l’approvisionnement en période de forte demande.

I. B.

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Tunisie | Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle

26. August 2026 um 07:48

Les récents articles** publiés dans Kapitalis font table rase du passé d’une manière somme toute radicale. De surcroît, l’idéologie souverainiste à la base de sa réflexion est assez insolite dans un pays par nature tolérant dont les élites se vantent volontiers d’être cosmopolites.

Dr Mounir Hanablia *

Je dis bien souverainiste, le nationalisme au Maghreb étant d’essence arabo- musulmane, comme si dans le contexte le sentiment de tunisianité était exclusif, opposable à toute autre appartenance. C’est déjà faire insulte à la double nationalité.

L’auteur des articles ne laisse donc d’autre choix que de remonter le cours de l’Histoire afin de relativiser le bien-fondé de ses thèses.

On veut bien admettre l’existence d’un souverainisme tunisien dont il serait le fondateur, sans la référence à la bataille de Legnano. Mais dans ce cas pourquoi le limiter à la borne 233 ou aux redevances gazières ? Il n’est venu à l’esprit de quiconque de réclamer la souveraineté sur la Sicile qui pendant deux siècles a fait partie de l’émirat aghlabide de Kairouan, Fatimide de Mahdia ou Ziride, ou bien sur le Mezzogiorno quand Bari était le chef-lieu d’un émirat.

Mais revenons à l’époque moderne et à l’indépendance de la Tunisie. Force est d’admettre dans la polémique engendrée par ses opinions que l’impulsion décisive en faveur de l’indépendance au Maghreb est bien constituée par le débarquement américain au Maroc qui aboutira à la défaite des Nazis en Tunisie en juin 1943, ainsi que la volonté clairement exprimée par le président Roosevelt et ses représentants, ou bien perçue comme telle par les leaders nationalistes, de liquider l’empire français. La suite est donc dans l’ordre normal des choses même si l’affrontement Est-Ouest la retarde inévitablement.

Le Vietnam en 1954, le Maroc et la Tunisie en 1956, obtiennent l’indépendance. Seule l’Algérie du fait de son statut de territoire français pose problème, l’armée de Challe et de Salan qui émerge de l’humiliation de Dien Bien Phu avec une terrible soif de revanche refuse de l’abandonner et envisage la constitution d’une Algérie européenne sécessionniste, un Israël français.

L’Algérie est bien une création de la France

Cependant en 1962, elle accède à l’indépendance dans le cadre des accords d’Evian et le Sahara lui est attribué. Ainsi ce pays, contrairement à ses voisins, ne disposait d’aucun Etat unitaire en 1830. C’est bien une création de la France dont la colonne vertébrale est constituée non par la bourgeoisie citadine comme en Tunisie, ni par le Palais comme au Maroc, mais par les ultimes détenteurs de la force seule à même de maintenir la cohésion de cet immense espace, les prétoriens.

A ce titre l’État algérien est bien le successeur en droite ligne de l’État colonial français forgé par les troupes de Bugeaud et du Duc d’Aumale.

Malgré un vernis de socialisme, la coopération entre la métropole et l’ex- colonie, pas plus qu’avec les Américains, ne se démentira jamais, en particulier au Sahara dans le domaine des essais nucléaires ainsi que les exploitations du gaz et des hydrocarbures.

Contrairement à ce que d’aucuns affirment actuellement, c’est sciemment que la frontière algéro-tunisienne a été délimitée par la puissance coloniale et dans son intérêt. Et le Président Bourguiba l’a bien compris. Il n’était en effet pas question d’assurer au pays contrôlant Bizerte et le détroit de Sicile la part d’hydrocarbures et de gaz qui lui eût assuré la puissance. 

Bourguiba et la question des frontières

Bourguiba toujours visionnaire admettra également en réglant la question de la frontière ne pas vouloir chez lui d’un problème numide, c’est-à-dire d’un irrédentisme des habitants des montagnes de l’Ouest qui acceptent mal le diktat de populations côtières se prévalant de l’unité nationale et qui brandissent le drapeau du pays voisin dans des manifestations de protestation contre une politique de développement inégalitaire. C’est d’ailleurs du bassin minier à l’Ouest que naîtra l’incendie qui jettera à bas le régime de Ben Ali. 

Cependant l’Algérie elle-même en butte à un irrédentisme kabyle soutenu par Israël peut difficilement tabler sur la partition de la Tunisie ; il lui en coûterait la sécession de toute sa partie orientale pour former une nouvelle Numidie forcément hostile.

Néanmoins des arguments souverainistes totalement étrangers à la nature de notre pays prennent pour cible le voisin de l’Ouest, jugé hégémoniste. L’Etat, le nôtre, est accusé de complaisance coupable dans ses rapports avec lui, notamment sur la question du gaz. L’Histoire est là pour rappeler que Carthage fut une colonie étrangère, que Massinissa le Roi des Numides a bien contribué à sa destruction, que l’Afrique du Nord a été dans son ensemble une province romaine, arabe, française, que l’armée française est arrivée en Tunisie en 1881 en provenance d’Algérie pour imposer le protectorat, et que les enfants de Hussein Ben Ali Turki n’ont dû qu’au Dey d’Alger d’être rétablis sur le trône de leur père.

A l’inverse, c’est bien sûr à nos frontières que l’ALN algérienne s’est constituée en vue de prendre le pouvoir, avec le total assentiment de la puissance coloniale sur le départ.

Aujourd’hui et de nouveau on tient rigueur à Bourguiba de l’avoir accepté pour fustiger l’ingratitude. Mais que vaut la gratitude en politique ? C’est tout juste si on ne précise pas qu’on eût dû aider le colonel Tahar Zbiri en fuite chez nous à prendre le pouvoir à Alger, ou bien que de là-bas Ahmed Ben Salah ou Nabil Karoui, pour ne pas dire Mohamed Mzali, eussent dû trouver l’aide fraternelle nécessaire à la chute de la tyrannie. Qu’à cela ne tienne ; c’est désormais dans le Hirak, pour ne pas dire le MAK, que nous devons selon nos souverainistes placer nos espoirs d’entretenir des relations apaisées et équilibrées. Mais les acteurs politiques peuvent se suivre sans se ressembler, les réalités géostratégiques elles sont immuables, ainsi que le prouve du Chah aux mollahs la volonté iranienne de maîtriser le nucléaire.

Peut-on remettre en question l’intégrité territoriale de son pays ?

Avant donc de parler de jugulaire, de goulot de bouteille, ou d’étranglement, ou de terrorisme importé avec un parti Ennahdha au pouvoir, il convient de savoir s’il est dans l’intérêt de la Tunisie d’avoir à ses portes un nouvel Etat numide soutenu de l’étranger doté d’une idéologie expansionniste et revancharde qui rogne sur son territoire et pour qui Carthage ne soit qu’un ramassis d’envahisseurs.

Si donc le pouvoir tunisien est déstabilisé par les grèves, les pannes, les pénuries, ou selon certains, l’incompétence, et que l’opposition pour parvenir à ses fins est capable de placer son destin entre les mains de ceux qui remettent en question l’intégrité territoriale de son propre pays, faut-il s’étonner que nos voisins envisagent des projets alternatifs exclusifs à l’écoulement du gaz ?

Dans le contexte conflictuel que nous connaissons qui frappe la mer Rouge et le Golfe Persique, arguer des difficultés techniques de l’entreprise pour en faire un simple outil de propagande ne tient compte ni de la volonté européenne de garantir son approvisionnement énergétique, ni de le sécuriser, ni de l’évolution constante des moyens techniques disponibles vers plus d’efficacité. C’est dire combien minutieusement l’opposition doit choisir le panier où placer ses œufs. 

* Médecin de libre pratique.

** L’auteur fait allusion aux articles de l’ambassadeur Elyes Kasri sur le Transmed et la nécessité pour la Tunisie de mieux défendre ses intérêts dans le passage par ses territoires de ce gazoduc transportant le gaz algérien vers l’Italie.    

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Le demi-monde : quand les pays riches fabriquent leurs pauvres

Von: tmps
25. August 2026 um 09:00

Par Jamel BENJEMIA

On a longtemps considéré que la cartographie de la pauvreté relevait d’une évidence. D’un côté, le monde dit avancé, de l’autre, celui qui ambitionnait de le rejoindre. Le Nord et le Sud. Puis s’est imposée, sous la plume d’Alfred Sauvy en 1952, la catégorie du tiers-monde, avant que le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, n’offre à la grande pauvreté une autre visibilité et une autre appellation : le quart-monde, cette misère tapie au cœur même des sociétés d’abondance.

Au cœur de certaines des nations les plus riches surgissent aujourd’hui des scènes que l’ancien lexique peine à saisir : files d’attente devant les banques alimentaires, salariés demeurant pauvres malgré l’emploi, familles étranglées par le coût du logement, étudiants rationnant leurs repas, retraités arbitrant entre se chauffer et se nourrir, personnes à la rue dormant à quelques pâtés de maisons des vitrines du luxe.

Il suffit parfois de quelques stations de métro pour passer d’une topographie de l’opulence à un tout autre pays.

Or ces États ne sont ni démunis ni économiquement défaillants.  Leurs économies pèsent des milliers de milliards, leurs entreprises opèrent sur tous les continents, leurs universités recrutent les élites mondiales.    Comment désigner une telle contradiction ? Peut-être convient-il de risquer un troisième terme : le demi-monde. 

Le mot n’est pas vierge. En 1855, Alexandre Dumas fils donnait à voir, dans Le Demi-Monde, un milieu gravitant autour de la richesse, du pouvoir et de leurs codes. Plus d’un siècle et demi plus tard, les salons ont changé, les couloirs aussi. Les courtisans, eux, n’ont pas disparu.

Dans ce nouveau sens, le demi-monde désignerait ces nations suffisamment riches pour être classées parmi les économies développées, mais assez fracturées pour qu’une partie de leur population ait cessé d’en partager effectivement la prospérité. 

 

Riches, certes, mais prospères pour qui ?

Le produit intérieur brut sait compter. Il sait moins bien raconter. Il additionne ce qu’une nation produit, échange, construit. Mais entre ses colonnes disparaît souvent l’essentiel : la manière dont cette richesse atteint, ou n’atteint plus, la vie ordinaire.

Une moyenne flatteuse peut parfaitement résulter de la cohabitation d’un milliardaire et de mille travailleurs précaires.

C’est ici que s’enracine le malentendu.

Durant des décennies, l’augmentation de la richesse nationale a été tenue pour l’indice le plus sûr de l’amélioration du sort commun. La métaphore de la marée qui soulève tous les bateaux semblait aller de soi. Elle portait en elle la promesse du ruissellement : la richesse créée au sommet devait, tôt ou tard, descendre les étages de la société, relever les revenus et irriguer jusqu’aux plus modestes.

Cette mécanique s’est enrayée.

Dans plusieurs économies développées, l’emploi ne protège plus nécessairement de la vulnérabilité. L’appartenance aux classes moyennes ne garantit plus la possibilité d’épargner. De nombreux ménages, sans être statistiquement pauvres, vivent désormais au voisinage du basculement. Leur équilibre tient moins à un niveau de vie assuré qu’à l’absence d’accident.

La ligne de fracture de la pauvreté ne sépare donc plus uniquement des ensembles nationaux. Elle traverse désormais les nations elles-mêmes.

C’est peut-être là que les mots nous trompent. La richesse dit ce qu’un pays possède, la prospérité, ce que ses habitants peuvent réellement en vivre.

Entre les deux s’est ouvert un espace.

C’est là que s’installe le demi-monde.

 

Lorsque l’abondance côtoie le manque

Il faut éviter les raccourcis. La pauvreté observée à Paris, Londres ou New York n’est pas assimilable à celle de régions privées d’eau potable, de soins essentiels ou d’infrastructures de base.

Le scandale propre au demi-monde relève d’une autre logique : il tient à l’écart entre les ressources disponibles et les garanties effectivement offertes à chacun.

Quand une économie souffre de rareté, celle-ci explique pour partie la misère. Lorsque, au contraire, l’opulence et le dénuement partagent le même espace, parfois la même rue, la question se déplace. Il ne s’agit plus de demander combien possède la société, mais comment elle organise ce qu’elle possède.

Un pays peut accumuler des actifs tandis que sa cohésion s’érode, multiplier les fortunes privées tout en fragilisant ses classes moyennes, ériger des tours étincelantes tandis qu’à leur pied s’enracine le sentiment d’une prospérité devenue hors de portée.

Le demi-monde n’est donc ni le tiers-monde ni le quart-monde. Il est le paradoxe d’une société où la pauvreté perdure alors même que les moyens de la réduire existent.

Et cet avertissement ne concerne pas les seules démocraties occidentales.

Les pays qui ambitionnent de rejoindre le cercle des économies développées gagneraient à ne pas se demander seulement quand ils deviendront riches, mais quelle société ils entendent bâtir avec cette richesse.

Car un État peut franchir le seuil de la richesse bien avant que son peuple n’atteigne celui de la prospérité.

 

L’impôt et ses antichambres

Toute inégalité n’est pas nécessairement une injustice. La créativité, la prise de risque propre à l’entrepreneuriat, l’excellence technique, l’effort soutenu ou la rareté d’une expertise peuvent, à bon droit, engendrer des écarts de rémunération.

L’inégalité change pourtant de nature lorsqu’elle ne procède plus seulement de la création de valeur, mais aussi de la capacité inégalement répartie à peser sur les règles de son partage. 

C’est à ce point que l’impôt devient une affaire éminemment politique.

Devant l’impôt, tous les citoyens sont égaux en droit. Ils le sont beaucoup moins en moyens.

À mesure que les patrimoines s’accroissent, les instruments se sophistiquent : holdings, arbitrages d’actifs, choix de juridictions, optimisation et conseil fiscal sur mesure. 

Ces dispositifs n’ont rien, en eux-mêmes, d’illégal. La difficulté tient moins à la fraude qu’à l’asymétrie des moyens que les contribuables peuvent mobiliser face à la norme fiscale.

Et voici la dette. Elle entre dans l’histoire comme une créancière silencieuse : avant même que l’État ne décide ce qu’il fera de ses recettes, une part du lendemain appartient déjà au passé. Plus son poids augmente, plus se resserre l’espace où arbitrer entre école, santé, investissement et protection sociale. La dette ne fabrique pas le demi-monde. Mais lorsqu’elle étrangle les marges publiques, elle peut en approfondir les fissures.

L’épisode français de la taxe dite «Zucman», inspirée des travaux de l’économiste et traduite dans une proposition d’impôt plancher de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, a cristallisé cette tension.

Reste une question : jusqu’où demander davantage à ceux qui ont le moins de moyens pour organiser leur contribution, lorsque les détenteurs des patrimoines les plus considérables peuvent, eux, mobiliser expertises juridiques et réseaux d’influence pour défendre leurs intérêts ?

L’impôt ne se réduit alors plus à un barème, il engage la question du consentement.

Un citoyen accepte difficilement qu’une règle se veuille commune si, au moment d’être appliquée, elle semble s’ouvrir par plusieurs portes.

 

Les demi-mondains d’aujourd’hui

C’est ici qu’Alexandre Dumas fils réapparaît dans notre imaginaire collectif.

Le Demi-Monde de Dumas avait ses courtisans, ses antichambres et tout un microcosme aimanté par la richesse.

Le XXIe siècle s’est doté de ses propres médiateurs : lobbyistes, consultants, conseillers, fiscalistes. Leurs fonctions sont légitimes et souvent indispensables. Il va de soi que tous ne travaillent pas au bénéfice des plus puissants.

Seulement voilà : toutes les voix ne parlent pas à la même distance du pouvoir.

Le retraité n’a pas d’antichambre. Le salarié n’a pas de cabinet pour recomposer son impôt. Le travailleur pauvre, lui, n’a guère d’actifs à déplacer d’une juridiction à l’autre.

Certaines grandes fortunes peuvent, en revanche, réunir autour d’elles les meilleures expertises afin de préserver les conditions de leur enrichissement.

À l’autre extrémité, des ménages ne se demandent plus comment accroître ce qu’ils possèdent, mais comment préserver ce qu’ils risquent de perdre : leur autonomie, leur sécurité, parfois simplement leur place dans la société.

C’est là que le demi-monde révèle sa véritable fracture : non parce que l’existence des riches constituerait une nouveauté, mais parce que l’enrichissement fulgurant des uns et l’appauvrissement éprouvé des autres finissent par apparaître comme deux mouvements contraires d’un même mécanisme d’horlogerie.

Dumas décrivait les demi-mondains qui évoluaient dans l’orbite des riches.

Notre époque a peut-être inventé ceux qui veillent à ce qu’ils le restent.

Et c’est peut-être là la définition contemporaine du demi-monde : un pays suffisamment riche pour ne plus pouvoir expliquer ses pauvres par son manque de ressources, mais pas encore assez juste pour empêcher que la prospérité se fracture entre eux.



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Perplexity : une valorisation à plus de 30 milliards de dollars grâce à Nvidia

24. August 2026 um 15:08

Nvidia envisagerait de participer à une nouvelle levée de fonds de Perplexity. Cette opération pourrait porter la valeur de la start-up spécialisée dans la recherche par intelligence artificielle à plus de 30 milliards de dollars, contre environ 20 milliards lors de son précédent tour de financement, réalisé un an auparavant.

La nouvelle valorisation envisagée représenterait une progression de plus de 50 % en l’espace d’un an. Perplexity connaît parallèlement une forte accélération de son activité : ses revenus annualisés seraient désormais supérieurs à 750 millions de dollars, alors qu’ils se situaient sous les 250 millions au début de l’année.

Cette progression serait notamment liée à Perplexity Computer, son agent d’intelligence artificielle destiné à automatiser différentes tâches professionnelles. Le développement de cet outil contribue ainsi à renforcer les perspectives commerciales de la start-up et son attractivité auprès des investisseurs.

Pour Nvidia, une nouvelle participation dans Perplexity prolongerait son implication dans l’écosystème de l’intelligence artificielle. Le fabricant de puces a déjà investi dans plusieurs entreprises du secteur et cherche à développer ses relations avec les acteurs qui participent à l’essor des technologies d’IA.

À ce stade, aucune annonce concernant un investissement finalisé n’a été faite. Nvidia et Perplexity n’ont pas commenté les informations concernant cette éventuelle opération.

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Panne électrique : Mahdia et Sfax confrontées à de nouvelles coupures d’eau

24. August 2026 um 11:45

Une panne électrique survenue au niveau de la principale station de pompage de Kerker perturbe ce lundi 24 août la distribution d’eau potable dans plusieurs zones des gouvernorats de Mahdia et de Sfax. Selon la SONEDE, les perturbations et interruptions sont prévues entre 10h et 20h.

Kerker à nouveau à l’origine des perturbations

La panne électrique a entraîné l’arrêt de la station principale de pompage de Kerker, qui alimente plusieurs secteurs des deux gouvernorats. La SONEDE précise que les perturbations sont directement liées à cette interruption de l’alimentation électrique.

Cet épisode rappelle une situation similaire survenue fin juillet, lorsque la même station avait déjà été affectée par une coupure d’électricité, provoquant des perturbations de l’approvisionnement dans plusieurs délégations de Mahdia et de Sfax.

Plusieurs délégations de Mahdia concernées

À Mahdia, les perturbations touchent notamment El Jem, Boumerdès, Sidi Alouane, Melloulèche, El Bradâa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hébira et Chorbane.

La liste est donc plus étendue que celle initialement rapportée, avec plusieurs délégations déjà concernées par l’épisode de juillet.

Des zones de Sfax également touchées

Dans le gouvernorat de Sfax, sont concernés El Hencha, le centre Kamoun relevant de Menzel Chaker, Jebiniana et la région de Ghraba.

Les perturbations affectent également les zones situées en hauteur des délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaïer, ainsi que El Aouabed, El Baqaa El Beida et la route de l’Aïn, relevant de Sfax Sud.

Une nouvelle alerte sur la fragilité du réseau

La répétition de ce type d’incident met en évidence la dépendance de l’approvisionnement en eau à la continuité de l’alimentation électrique des infrastructures de pompage.

Elle intervient alors que la pression sur les réseaux d’eau reste particulièrement forte en cette période estivale. En juillet, l’Observatoire tunisien de l’eau avait recensé 608 signalements, dont 549 concernant des coupures non annoncées et des perturbations de distribution. Mahdia et Sfax figuraient parmi les gouvernorats les plus concernés, avec respectivement 51 et 42 signalements.

La SONEDE annonce ainsi une fenêtre de perturbations allant jusqu’à 20h ce lundi, avec un retour progressif à la normale attendu après le rétablissement de l’alimentation de la station.

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La Sonede annonce des coupures d’eau à Mahdia et Sfax

24. August 2026 um 11:16

La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations et des interruptions dans la distribution d’eau potable dans plusieurs zones des gouvernorats de Sfax et de Mahdia, ce lundi 24 août 2026, entre 10 heures et 20 heures.

Dans un communiqué, la société a précisé que l’interruption de l’approvisionnement est due à une coupure d’électricité survenue dans la matinée au niveau de la station de pompage principale de Karkar, qui alimente de vastes zones dans les deux gouvernorats.

Elle a ajouté que ces coupures concernent, dans le gouvernorat de Mahdia, les habitants des délégations d’El Jem, Boumerdes, Sidi Alouane, Melloulech, Bradaa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hbira et Chorban.

Les perturbations touchent, dans le gouvernorat de Sfax, les délégations d’El Hancha et Jebeniana ainsi que la zone d’El Gharaba et le centre Kammoun (délégation de Menzel Chaker).

Par ailleurs, la coupure affecte les zones en altitude des délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaier, ainsi que les secteurs d’El Aouabed, El Bokâa El Baidha et la route d’El Aïn (délégation de Sfax Sud).

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Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania

22. August 2026 um 11:54

Plus de deux ans après la mort de Hind Rajab, l’armée israélienne reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait la fillette palestinienne de cinq ans. Un aveu tardif qui pulvérise la version officielle avancée après le drame et que la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qualifie d’«écran de fumée».

Djamal Guettala

Il y a des voix que les démentis ne parviennent pas à faire taire. Celle de Hind Rajab en fait partie.

En janvier 2024, la fillette palestinienne de cinq ans se retrouve prisonnière d’une voiture à Gaza, après que plusieurs membres de sa famille ont été tués. Elle appelle le Croissant-Rouge palestinien. Sa voix tremble. Elle demande qu’on vienne la chercher. Autour d’elle, les tirs continuent.

Deux ambulanciers sont envoyés à sa rencontre. Ils seront eux aussi tués.

Pendant plus de deux ans, l’armée israélienne a nié que ses soldats se trouvaient dans le secteur au moment du drame. Aujourd’hui, elle reconnaît finalement que ses troupes ont bien ouvert le feu sur le véhicule et annonce l’ouverture d’une enquête pénale.

Une version officielle qui se fissure

Cette reconnaissance intervient après une longue bataille autour de la vérité.

Dès les premières semaines, plusieurs enquêtes indépendantes avaient mis en doute la version israélienne. Images satellites, analyses acoustiques, données géographiques et examen de la scène ont permis de reconstituer les mouvements militaires autour du véhicule.

Le contraste est désormais saisissant : ce que l’armée niait hier, elle le reconnaît aujourd’hui.

Mais cette admission ne répond pas à la question centrale. Elle ne dit pas pourquoi une voiture occupée par des civils a été prise pour cible. Elle ne dit pas non plus pourquoi la présence de soldats israéliens avait été initialement niée.

Elle ouvre donc un nouveau chapitre plutôt qu’elle ne referme celui de Hind Rajab.

La voix qui est devenue une preuve

L’histoire de Hind Rajab a franchi les frontières de Gaza grâce à un document aussi fragile que terrible : l’enregistrement de son appel aux secours.

Une enfant de cinq ans qui demande de l’aide. Une enfant qui attend une ambulance. Une enfant qui entend les tirs et comprend qu’elle est en danger.

Cette voix est devenue le cœur du film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.

Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film a transformé ce drame en une œuvre cinématographique et politique qui interroge la disparition des civils dans les récits de guerre.

Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée»

L’annonce israélienne n’a pas convaincu la réalisatrice. Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée», considérant que les éléments permettant de comprendre ce qui s’est passé étaient disponibles depuis longtemps.

Son interrogation est simple et vertigineuse : pourquoi cette reconnaissance intervient-elle seulement maintenant ? Et surtout, que signifie une enquête militaire menée après des années de dénégations ?

La cinéaste refuse que l’affaire soit réduite à un communiqué annonçant une procédure interne. Derrière cette affaire se trouve une enfant dont la voix avait déjà raconté, presque minute par minute, ce qui se déroulait autour d’elle.

Une enquête ne suffit pas

La famille de Hind Rajab et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante. Elles mettent en doute la capacité d’une procédure interne à établir pleinement les responsabilités. Car la question n’est plus seulement de savoir si les soldats israéliens ont tiré. L’armée vient de le reconnaître. Il faut désormais déterminer les circonstances exactes des tirs, les règles d’engagement appliquées, les éventuels ordres reçus et les responsabilités individuelles et hiérarchiques.

Le cas de Hind Rajab est devenu un symbole parce que sa voix a survécu à la mort. Elle est devenue une trace que les versions officielles successives n’ont pas réussi à effacer.

L’aveu israélien constitue donc un tournant. Mais il ne saurait être confondu avec la justice.

Deux ans après, l’armée reconnaît les tirs. Kaouther Ben Hania y voit un «écran de fumée». Entre les deux se trouve l’essentiel : la vérité complète sur ce qui s’est passé et la question, toujours ouverte, de savoir qui devra répondre de la mort d’une enfant de cinq ans et des secouristes venus la sauver.

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À Kélibia, le large des images

Von: S.B.
21. August 2026 um 15:58

Par Slim BEN YOUSSEF

À Kélibia, chaque film ressemble à une barque : fragile, bricolée, lancée vers l’infini du large. Depuis 1964, le FIFAK confie ces embarcations à ceux qui filment pour aimer et aiment assez le monde pour le filmer. Car l’amateur porte son étymologie comme un manifeste : avant d’être celui qui apprend, il est celui qui aime.

Du 23 au 29 août, la 39ᵉ édition du Festival international du film amateur de Kélibia placera le cinéma et l’image sous le signe des guerres et des crises. Le choix est grave. Il est surtout juste. Jamais le monde n’a produit autant d’images de lui-même. Guerres filmées en direct, villes éventrées, corps, visages, colères : tout apparaît, circule, disparaît. L’image témoigne et l’image s’use. À force de tout voir, nous risquons de ne plus rien regarder.

L’excès d’images produit une pénurie de regard.

C’est ici que Kélibia retrouve sa nécessité. Depuis plus de soixante ans, le FIFAK demeure kermesse populaire et laboratoire visuel, fête d’été et conscience inquiète. Ses projections, ses débats, ses ateliers et les clubs de la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs ont formé des générations à une liberté devenue rare : chercher avant de savoir, expérimenter avant de plaire.

Une fiction y tâtonne auprès d’un documentaire qui tranche. Une animation artisanale rencontre une expérience sonore. L’économie de moyens aiguise l’invention. L’amateur manque d’argent ; il dispose encore du luxe essentiel : essayer.

Cette liberté devient précieuse à l’époque des images calculées, calibrées, recommandées, consommées. Le marché demande ce qui séduira. L’algorithme prévoit ce qui retiendra. Le cinéma cherche encore ce qui échappe. Filmer signifie alors arracher une parcelle du réel au vacarme qui l’engloutit.

Chaque été, sous le ciel de Kélibia, l’écran à ciel ouvert recueille ces fragments. La mer prolonge le noir, les images frottent l’ombre, une lumière passe d’un visage à une nuit, d’une colère à un rêve. Alors, sous l’avalanche des images, réapparaît ce que l’on croyait perdu : l’étonnement.

Dans un monde saturé de visions, voir redevient un apprentissage. Dans un monde livré aux crises, regarder engage une responsabilité.

À Kélibia, les barques restent précaires et le large immense.

L’écran tient lieu de boussole.

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La Tunisie disposée à faciliter les investissements et projets tuniso-indiens, affirme le ministre de l’Économie

Von: farhat
20. August 2026 um 17:58

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafid, a affirmé, jeudi, la disposition de son département à fournir le soutien et les conseils nécessaires pour faciliter la réalisation d’investissements et de projets tuniso-indiens, et ce, lors d’une entrevue avec une délégation d’hommes d’affaires et d’industriels indiens.
D’après un communiqué, publié par le ministère de l’Economie, la délégation indienne effectue, actuellement, une visite en Tunisie à l’occasion de la tenue du Forum d’affaires tuniso-indien , lequel est organisé à l’initiative de l’ambassade de l’Inde en Tunisie en collaboration avec la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT).
Abdelhafidh a salué, à cette occasion, l’initiative conjointe d’organiser ce forum, qui offrirait aux participants l’opportunité d’explorer le potentiel et les perspectives d’investissement en Tunisie, notamment, dans les secteurs porteurs et à forte valeur ajoutée.
De leur côté, les membres de la délégation indienne ont fait part de l’intérêt porté à la Tunisie, laquelle se présente comme une plateforme stratégique et un site important pour le développement des affaires.

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«Lettre à Ayachi Hammami, prisonnier politique à Mornaguia»

20. August 2026 um 09:12

Dans une «Lettre à Ayachi Hammami, prisonnier politique à Mornaguia», à l’occasion de l’appel à manifester à Tunis, ce jeudi 20 août 2026, à partir de 18 heures, ses «ami.e.s de Paris et d’ailleurs» appellent à sa libération ainsi qu’à celle de «toutes et tous les prisonnier·es politiques et d’opinion». Nous reproduisons ci-dessous des extraits de cette lettre ouverte.  

Cher Ayachi,

Nous pensons à toi. Chaque jour, ta voix depuis Mornaguia nous rappelle ce que veut dire rester debout.

Tu n’as jamais été un homme de compromis avec l’injustice. Sous Ben Ali déjà, quand tant d’autres se taisaient ou se résignaient, tu travaillais à rassembler ce qui pouvait l’être — à faire converger une opposition démocratique éclatée autour d’une candidature unique, en 2004 avec Mohamed Ali Halouani, puis en 2009 avec Ahmed Brahim. Tu savais que ces candidatures n’avaient aucune chance dans des élections truquées d’avance, verrouillées par un pouvoir qui s’octroyait 90 % des voix. Mais tu le faisais quand même, parce que pour toi la démocratie n’était pas une tactique, c’était une conviction. Tu semais alors ce que d’autres récolteront plus tard.

Après la révolution, tu n’as pas rangé ce combat au tiroir des souvenirs. Tu as continué, avec la même exigence, à défendre l’État de droit, les libertés, la justice indépendante — convaincu, comme tu l’écris toi-même, que «la démocratie se corrige par la démocratie, non par un coup de force contre elle».

Aujourd’hui, c’est cette intégrité même qu’on te fait payer. Te voilà en prison pour tes idées, accusé dans une affaire montée de toutes pièces — et tu as fait de ta cellule, une fois de plus, un espace de résistance : ta grève de la faim, ta lettre ouverte, ta lucidité intacte malgré tout. Tu n’as rien perdu de ta clarté ni de ton courage.

(…)

Mais sache que ton amitié compte pour nous, et que notre fidélité ne faiblit pas. On n’oublie pas, on n’oublierait pas. Nous sommes nombreux à te porter dans nos pensées et à continuer, chacun à sa place, ce que tu as toujours défendu : la liberté, la dignité, le droit du peuple tunisien à choisir son destin.

Le 20 août, tes ami.e.s seront dans la rue à Tunis, à l’appel de Nafas, pour crier ton nom aux côtés de tous les autres — Chaïma, Néjib, Mourad, Jawhar, Issam, Ghazi, Abdelhamid, Ridha, Abir, Zied, Borhen, Chawki… et tant d’autres, connus ou anonymes, que ce pouvoir a choisi de faire taire plutôt que d’écouter.

Nous exigerons ce qui devrait aller de soi : la libération immédiate et sans condition de toutes les prisonnières et de tous les prisonniers politiques et d’opinion.

Tiens bon, Ayachi. On pense à toi, on parle de toi, on se bat pour toi.

Avec toute notre amitié et notre indéfectible solidarité. 

Tes ami.e.s de Paris et d’ailleurs.

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Cinéma amateur | Kélibia accueille la 39e édition du Fifak

19. August 2026 um 10:51

La Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA) organise la 39e édition du Festival international du film amateur de Kélibia (Fifak), du 23 au 29 août 2026, sous le thème «Cinéma et image… en temps de guerres et de crises». Cette nouvelle édition, placée sous le slogan «Défi et renouveau», témoigne de l’engagement du plus ancien festival de cinéma arabe et africain envers ses principes fondateurs et sa mission éducative et sensibilisatrice.

Le festival offre une plateforme aux expériences artistiques indépendantes et alternatives et sert de laboratoire pour la découverte de jeunes talents et de nouvelles voix dans le cinéma.

Avec le soutien du ministère des Affaires culturelles, en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), et grâce à la contribution de la municipalité de Kélibia, le Fifak va poursuivre son aventure.

Façonner la conscience par l’image et le cinéma, c’est la genèse que ce festival aborde et analyse face à un monde en proie à de profondes transformations et à des crises politiques, sociales et culturelles.

Son objectif est de favoriser la réflexion, le questionnement et l’esprit critique afin de développer une conscience cinématographique et culturelle responsable.

L’expérience accumulée par la FTCA, organisatrice de l’événement, la confronte à des défis majeurs face aux transformations mondiales qui les bouleversent dans leurs dimensions politiques, sociales et économiques, ainsi qu’au niveau de l’industrie du cinéma et de l’image.

Fort de cette expérience, le festival – sans pour autant renoncer à son esprit amateur ni à ses principes fondateurs – s’oriente vers une voie nouvelle et plus ouverte pour sa 39e édition.

Dans ce contexte, l’affiche officielle du festival, conçue par l’artiste Khalil Gobji, reflète le message de la Fédération internationale du film amateur (Fiac).

Il s’agit de considérer la connaissance visuelle et esthétique comme une boussole permettant aux cinéphiles d’apprendre à percevoir le monde dans une époque saturée d’images et régie par la logique du marché et les phénomènes de la consommation à outrance.

D’autre part, le Fifak présente un grand nombre d’expériences cinématographiques alternatives au sein d’une programmation diversifiée répartie sur plusieurs compétitions (internationale, nationale, photographie et scénario), en plus des projections spéciales et parallèles.

Dans le même esprit qui a toujours guidé ses orientations, la dimension formatrice occupe une place importante dans les choix du Fifak pour cette édition qui, rappelons-le, est placée sous le thème «Cinéma et image… en temps de guerres et de crises», où les ateliers aborderont la plupart des disciplines artistiques et offriront aux cinéastes amateurs la possibilité d’apprendre et découvrir différents univers esthétiques.

Leur formation est encadrée par des experts, des spécialistes et des universitaires en arts de l’audiovisuel.

Dans ce cadre, le festival propose 10 ateliers dont «Portrait d’une ville en transition», animé par l’universitaire Zakaria Chaïbi, «Film documentaire», animé par le réalisateur Abdelaziz Bouchmal, «Écriture de scénario», avec le professeur Tahar Ben Ghedifa, «Son», avec l’ingénieure du son Malika Chaâbane, et «Expressions au cœur du patrimoine», animé par le professeur Sadok Ben Turkia.

Le Fifak présente également un atelier sur la «Photographie des droits humains», en collaboration avec Amnesty International (section Tunisie) et l’association Kalam.

Cette 39e édition met également l’accent sur les technologies modernes et leurs développements par le biais d’un atelier intitulé «Intelligence artificielle et cinéma», animé par le formateur en cinéma Imed Radhouani et l’ingénieur du son Dhia Eddine Lamjed.

L’atelier «Critique et analyse de films» sera animé par le réalisateur Ghassan Amami, alors que le professeur Kamel Bellil animera un atelier intitulé «Langage visuel et narration par l’image ».

La professeure Nabila Gouider conduira quant à elle un atelier sur le thème «L’image : mémoire du patrimoine».

La 39e édition poursuivra plusieurs objectifs dont le principal est de raviver son prestige d’antan, comme pépinière de talents, tout en renouvelant son contenu et sa programmation et en valorisant son héritage dans la promotion des connaissances visuelles.

Cette démarche s’inscrit dans une vision stratégique qui promeut un cinéma libre et créatif dans ses choix artistiques tout en garantissant le bon déroulement logistique du festival.

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Le commerce mondial progresse de 1,9 % au premier trimestre, grâce à l’IA

19. August 2026 um 07:00

L’IA joue sur deux tableaux : moteur puissant des échanges mondiaux, elle constitue aussi un facteur de risque pour la croissance si les tensions géopolitiques et les perturbations commerciales s’intensifient.

Au 1er trimestre 2026, et selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le volume du commerce mondial a progressé de 1,9 % sur un trimestre et de 3,2 % sur un an, dépassant ainsi les attentes, porté notamment par l’explosion de la demande liée à l’IA.

Quant aux échanges de biens permettant le développement de l’IA, ils ont bondi de plus de 40 %, tandis que les équipements de bureau et de télécommunications ont progressé de 44 %. L’IA apparaît ainsi comme un puissant accélérateur du commerce mondial, mais dans un environnement où les chocs géopolitiques peuvent rapidement en limiter les effets. L’IA apparaît ainsi comme un puissant accélérateur du commerce mondial, mais dans un environnement où les chocs géopolitiques peuvent rapidement en limiter les effets.

Mais cette dynamique reste fragile. En effet, les exportations du Moyen-Orient ont chuté de 9,7 %, sur fond de tensions et de perturbations autour du détroit d’Ormuz. L’OMC prévient que l’impact du conflit pourrait s’accentuer dans les prochains trimestres. Les importations de pétrole brut de la région ont diminué d’environ 45 % en mars.

L’Asie a enregistré une forte progression, avec des exportations en hausse de 12,9 % et des importations de 14,6 % sur un an. Parmi les principaux exportateurs, la Corée du Sud affiche la plus forte croissance avec +38,4 %, devant Hong Kong, les États-Unis, la Chine et l’Union européenne.

L’Afrique n’est pas en reste, puisque ses exportations ont augmenté de 14 % en valeur alors que ses importations ont connu une évolution de 15 %, toujours selon les statistiques de la CNUCED.

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OpenAI recule dans la course à l’IA, Anthropic prend la main

18. August 2026 um 12:13

OpenAI, qui était historiquement la référence, n’est plus en tête de ce classement. Anthropic domine cette édition, mais surtout, la compétition est devenue plus ouverte.

Le classement d’août 2026 de la Text Arena dessine une nouvelle hiérarchie entre les principaux modèles d’intelligence artificielle. Anthropic occupe 7 des dix premières places avec différentes déclinaisons de Claude. 

Rang Modèle Entreprise
1 Claude Fable 5 Anthropic
2 Claude Opus 4.6 High Anthropic
3 Claude Opus 4.7 High Anthropic
4 Muse Spark 1.2 Meta
5 Claude Opus 4.6 Anthropic
6 Claude Opus 4.7 Anthropic
7 Claude Opus 5 High Anthropic
8 Qwen 3.8 Max Alibaba
9 Gemini 3.7 Flash High Google
10 Claude Opus 5 Max Anthropic

Pour OpenAI, le classement marque un recul important. GPT-5.5 High arrive à la 17e place et GPT-5.6 Sol xHigh à la 19e, ce qui place les deux modèles hors du top 15. Le résultat est notable pour une entreprise qui a longtemps occupé le sommet des classements d’IA. En face, Anthropic place sept modèles dans les dix premières positions, dont Claude Fable 5 en tête. Le classement montre ainsi que l’avance historique d’OpenAI n’est plus suffisante pour garantir une position dominante. Mais le changement ne se limite pas au duel entre OpenAI et Anthropic. Alibaba place Qwen 3.8 Max à la 8e position et Kimi K3 Max atteint la 12e place. Google et Meta figurent également dans le top 10. Autrement dit, les positions se multiplient autour des deux leaders historiques du marché américain. La hiérarchie devient plus disputée et laisse davantage de place aux acteurs chinois et aux nouveaux modèles.

Les autres classements de l’Arena vont dans le même sens. Anthropic arrive en tête de la Search Arena avec Claude Opus 4.6 Search et domine également la Document Arena, où ses modèles occupent les six premières places. Dans la Vision Arena, Claude Fable 5 arrive premier, mais Qwen 3.8 Max prend la deuxième place. Ces résultats montrent surtout qu’il n’existe plus un seul classement permettant de dire quel modèle est “le meilleur” dans tous les usages. La performance dépend désormais de la tâche évaluée.

C’est là que se situe le principal enseignement de cette étude. La Text Arena ne mesure pas seulement qui produit les meilleures réponses : elle permet d’observer comment la hiérarchie entre les modèles évolue lorsque ceux-ci sont confrontés directement par les utilisateurs. Les réponses sont comparées en aveugle, puis les résultats sont traduits dans un classement de type Elo. Une première place signifie donc qu’un modèle est davantage préféré dans ces confrontations et non qu’il est supérieur dans absolument tous les domaines.

Le classement d’août 2026 donne ainsi un signal précis. OpenAI n’occupe plus automatiquement le sommet de la hiérarchie, tandis qu’Anthropic s’impose comme le principal bénéficiaire de ce basculement. Mais l’étude montre également que la concurrence s’élargit. Alibaba, Google, Meta et les nouveaux acteurs chinois sont désormais capables de se positionner parmi les meilleurs selon les modèles et les usages évalués. La course à l’IA passe donc d’une logique dominée par quelques références à une compétition beaucoup plus ouverte.

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Inflation à 5,1% : pourquoi la vie ne semble-t-elle pas moins chère ?

Von: tmps
18. August 2026 um 10:11

L’inflation poursuit son ralentissement en Tunisie. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), elle s’est établie à 5,1% en juillet 2026, contre 5,3% en juin et 5,5% en mai. Une évolution qui pourrait, à première vue, être perçue comme une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat. Pourtant, dans le quotidien des ménages, le sentiment d’une vie toujours plus chère reste bien présent. Courses alimentaires, viande, fruits, poisson, sorties ou hébergement : plusieurs dépenses continuent de peser lourdement sur les budgets. Ce décalage apparent entre les statistiques et le ressenti des consommateurs s’explique en réalité assez simplement : lorsque l’inflation ralentit, cela ne signifie pas que les prix baissent, mais qu’ils augmentent moins rapidement.

En juillet, les prix à la consommation ont d’ailleurs encore progressé de 0,2% par rapport au mois précédent. Sur un an, l’augmentation reste particulièrement sensible pour certains produits de consommation courante. Le ralentissement de l’inflation constitue donc un signal économique encourageant, mais il ne suffit pas encore à effacer plusieurs années de hausse des prix ni à redonner immédiatement aux ménages le pouvoir d’achat perdu.

Une inflation qui ralentit ne signifie pas que les prix baissent

C’est probablement l’une des principales sources de confusion lorsqu’un nouveau chiffre de l’inflation est annoncé. Une inflation à 5,1% ne signifie pas que les prix ont diminué de 5,1%, pas plus que le passage de 5,5% en mai à 5,1% en juillet ne traduit un retour aux niveaux de prix observés auparavant. Cela signifie simplement que le rythme général de progression des prix ralentit. Prenons un exemple simple. Lorsqu’un produit passe de 10 à 12 dinars après plusieurs hausses successives, le ralentissement de l’inflation ne le fait pas automatiquement revenir à 10 dinars. Son prix peut continuer à augmenter, mais plus lentement. Pour le consommateur, la différence est fondamentale : le niveau atteint reste élevé et le budget nécessaire pour acheter le même panier qu’il y a quelques années demeure supérieur.

Les chiffres de juillet illustrent parfaitement ce phénomène. L’indice général des prix a progressé de 0,2% en un mois. Dans le même temps, certaines catégories ont enregistré des mouvements plus marqués. Les prix des restaurants et hôtels ont ainsi augmenté de 1,4% en juillet, notamment sous l’effet d’une progression de 7,2% des services d’hébergement. Les groupes santé ainsi que loisirs et culture ont chacun enregistré une hausse mensuelle de 0,7%. À l’inverse, les prix du groupe alimentation et boissons ont diminué de 0,6% par rapport à juin, notamment grâce au recul des légumes, de la viande ovine, de la volaille et des œufs. Ce mouvement mensuel reste toutefois insuffisant pour effacer les augmentations accumulées sur une période plus longue.

L’alimentation continue de peser lourd

C’est sans doute dans le panier alimentaire que le décalage entre le taux général d’inflation et le ressenti des ménages apparaît le plus clairement. Sur un an, les prix du groupe «Alimentation et boissons» ont augmenté de 6,6% en juillet, soit davantage que l’inflation générale. Certes, cette progression ralentit puisqu’elle atteignait encore 7,1% en juin, mais certaines hausses restent particulièrement importantes. La viande ovine affiche ainsi une augmentation de 16,7% sur un an, les fruits frais de 13,8%, la viande bovine de 13,7%, la volaille de 12,5% et les poissons frais de 11,6%. Quelques produits évoluent dans le sens inverse : les huiles alimentaires enregistrent une baisse de 4,9% et les œufs de 3,8%. Mais dans la perception du coût de la vie, tous les produits n’ont pas le même poids. Une augmentation importante de produits achetés régulièrement est immédiatement visible. Le consommateur ne raisonne pas en moyenne statistique lorsqu’il remplit son panier : il constate ce qu’il doit débourser à la caisse. Une famille qui achète régulièrement viande, volaille, poisson et fruits peut donc ressentir une hausse du coût de son alimentation nettement supérieure au chiffre général de 5,1%. La distinction entre produits libres et produits encadrés renforce également ce contraste. En juillet, les prix des produits libres ont progressé de 6,2% sur un an, contre seulement 1,1% pour les produits encadrés. Pour les seuls produits alimentaires, l’écart est encore plus spectaculaire : les produits alimentaires libres ont augmenté de 7,4%, contre 0,2% pour ceux dont les prix sont encadrés.

Quand le ralentissement se fera-t-il sentir dans les portefeuilles ?

La question centrale n’est donc plus seulement de savoir si l’inflation baisse, mais à quel moment cette amélioration statistique pourra être réellement ressentie par les ménages. Le ralentissement observé depuis mai est positif : l’inflation est passée de 5,5% en mai à 5,3% en juin puis à 5,1% en juillet. L’inflation sous-jacente, calculée hors alimentation et énergie, s’est également légèrement repliée, passant de 4,9% en juin à 4,8% en juillet. Mais le pouvoir d’achat dépend d’une équation plus complexe. Il ne suffit pas que les prix progressent moins vite, encore faut-il que les revenus puissent suivre leur évolution. Après plusieurs années de renchérissement, les ménages ont déjà adapté leurs habitudes, réduit certaines dépenses, modifié leurs achats ou renoncé à certains produits devenus trop chers. Même lorsque l’inflation ralentit, ces arbitrages ne disparaissent pas du jour au lendemain.

La baisse du rythme de l’inflation constitue donc une évolution favorable pour l’économie tunisienne, mais elle ne doit pas être confondue avec une baisse généralisée des prix. Pour que l’amélioration soit véritablement perceptible dans le quotidien, il faudra que la modération des prix s’inscrive dans la durée et que l’évolution des revenus permette progressivement aux ménages de retrouver des marges de manœuvre. Le chiffre de 5,1% raconte ainsi une partie de la réalité économique tunisienne. Le panier du consommateur en raconte une autre. Les deux ne sont pas contradictoires : l’inflation ralentit bel et bien, mais les prix restent à des niveaux élevés. Et pour les ménages, c’est encore le montant payé à la caisse, bien davantage que le taux d’inflation annoncé, qui mesure chaque jour la réalité du pouvoir d’achat.

Leila SELMI

 

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Souveraineté numérique : le flou de la stratégie IA tunisienne

17. August 2026 um 11:06

La Tunisie a présenté les grandes lignes de sa stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026-2030, lors d’un Conseil ministériel consacré à la transformation numérique du pays.

Portée par le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, cette stratégie vise à faire de l’IA un levier de transformation économique et sociale, tout en garantissant un usage respectueux de la vie privée et des droits constitutionnels des citoyens. L’objectif affiché : renforcer la souveraineté numérique et mieux protéger le cyberespace national face à des risques en constante évolution.

Pour appuyer cette ambition, les autorités mettent en avant trois atouts. D’abord, la production scientifique : la Tunisie occuperait la 29ᵉ place mondiale en matière de publications sur l’IA, entrant ainsi dans le top 30 mondial du secteur. Ensuite, les compétences humaines, avec un vivier reconnu à l’international en ingénierie et en recherche académique, renforcé par un cadre juridique favorable à l’innovation, notamment le Startup Act. Enfin, la position géographique du pays, au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe, perçue comme un avantage pour devenir un pôle régional d’exportation de solutions numériques.

Lire aussi : Startup Act : Perception, attentes et priorités des startupeurs

L’ambition dépasse le seul usage interne de l’IA par l’administration ou les entreprises tunisiennes : il s’agit aussi de permettre aux talents et sociétés du pays de se positionner sur les marchés extérieurs, faisant du numérique un secteur davantage tourné vers l’exportation.

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a pour sa part insisté, lors du conseil des ministres, sur la nécessité d’accompagner cette dynamique d’une approche préventive face aux risques liés à l’IA. L’enjeu est de permettre à la Tunisie d’en tirer pleinement profit, tout en garantissant la sécurité numérique et la protection des données des citoyens, plaçant ainsi innovation et sécurité sur un même plan.

Des annonces qui appellent des précisions

Si le cap affiché séduit sur le papier, plusieurs zones d’ombre subsistent cependant. Le chiffre de la “29ᵉ place mondiale en publications scientifiques“, mis en avant comme preuve du dynamisme tunisien, mérite d’être resitué : ce classement repose généralement sur le volume de publications, un indicateur qui ne dit rien de leur impact réel, de leur qualité, ni du nombre de chercheurs rapporté à la population du pays. Une performance en valeur absolue peut ainsi masquer un retard structurel en matière de financement de la recherche ou de rétention des talents, alors que la fuite des cerveaux tunisiens vers l’Europe et l’Amérique du Nord reste une réalité préoccupante.

La stratégie reste par ailleurs formulée à un niveau très général. Ni budget précis, ni calendrier détaillé, ni indicateurs de résultats n’ont pour l’instant été rendus publics, ce qui rend difficile toute évaluation concrète de sa faisabilité. Les plans numériques tunisiens des dernières années ont souvent souffert du même écueil : des ambitions affichées lors de conseils ministériels, suivies d’une mise en œuvre inégale faute de moyens ou de continuité administrative.

L’équilibre annoncé entre innovation et protection des droits numériques soulève aussi des questions. Le texte évoque un renforcement de la « souveraineté numérique » et une meilleure protection du cyberespace, des formulations qui, dans d’autres contextes, ont parfois servi à justifier un contrôle accru de l’État sur les données et les communications. Sans cadre juridique détaillé sur la gouvernance des données, la supervision indépendante ou les recours des citoyens, la portée réelle de ces garanties reste à démontrer.

Lire également: Identifiant unique: renforcement de la sécurité et de la souveraineté numérique

Enfin, le pari sur l’exportation de services numériques suppose des infrastructures fiables, à savoir la connectivité, l’énergie, la formation continue, mais aussi un climat des affaires stable, deux conditions que plusieurs acteurs du secteur tech tunisien jugent encore perfectibles.

Pour la Tunisie, l’enjeu est donc double : ne pas rester spectatrice de la révolution de l’IA, et en faire un véritable moteur de développement, sans compromettre sa souveraineté numérique ni les droits de ses citoyens. Reste à voir si les moyens suivront les intentions. Là, c’est une autre paire de manches.

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Prison de Mornag : Décès inexpliqué d’un ancien militaire italien détenu en Tunisie

17. August 2026 um 10:31

Un ressortissant italien de 78 ans, ancien sous-officier de l’armée ayant également exercé dans le renseignement, a été retrouvé mort dans sa cellule à la prison de Mornag. L’information, révélée par le quotidien italien La Nuova Sardegna et reprise en Tunisie par Mosaïque FM, n’a encore fait l’objet d’aucune explication officielle sur les causes du décès.

Antonino Urru, originaire d’Oristano, en Sardaigne, a été retrouvé sans vie vendredi 14 août 2026 dans sa cellule. Son décès aurait été confirmé dans les milieux diplomatiques, selon la presse italienne.

Aucune communication des autorités tunisiennes ou italiennes n’avait toutefois précisé, lundi matin, les circonstances exactes de sa mort. Aucun résultat d’examen médico-légal n’a également été rendu public.

Arrêté en vertu d’un mandat international

Ancien maréchal de l’armée italienne, Antonino Urru aurait exercé certaines fonctions au sein des services de renseignement pendant sa carrière militaire. Cet élément biographique n’apparaît toutefois pas lié aux raisons de son arrestation en Tunisie.

L’homme avait été interpellé une dizaine de jours avant son décès en exécution d’un mandat d’arrêt international délivré par la justice italienne. Installé depuis plusieurs années en Tunisie, il faisait l’objet d’une condamnation définitive dans une affaire de fraude fiscale.

Selon La Nuova Sardegna, la procédure portait sur des opérations immobilières et un montage de sociétés destiné à dissimuler certains mouvements financiers. Le montant de l’évasion fiscale contestée avait été évalué à environ 815.000 euros.

Son nom avait également été cité dans d’autres procédures relatives à des projets immobiliers à Oristano. Dans l’une de ces affaires portant sur de présumées infractions urbanistiques, il avait cependant été acquitté en 2014, le tribunal ayant conclu que les faits reprochés n’étaient pas constitués.

Une extradition qui n’aura pas lieu

Après son arrestation, Antonino Urru avait été placé en détention à la prison de Mornag dans l’attente de la suite de la procédure et d’une possible remise aux autorités italiennes. Son décès est intervenu quelques jours seulement après son incarcération.

À ce stade, aucun élément public ne permet d’établir s’il est mort de causes naturelles, à la suite d’un problème de santé ou dans d’autres circonstances. Aucune trace de violence n’a été officiellement signalée, mais les autorités n’ont pas davantage communiqué sur les premières constatations médicales.

La clarification des causes de sa mort dépend désormais des examens médico-légaux et des éventuelles investigations ordonnées en Tunisie. En l’absence de conclusions officielles, le caractère inexpliqué du décès ne permet pas, à lui seul, de retenir l’hypothèse d’un acte criminel.

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‘‘Inside DZ Mafia’’ | Au cœur d’un gang de narcobanditisme

17. August 2026 um 08:48

Dans son enquête ‘‘Inside DZ Mafia’’, Jean-Michel Verne ne signe pas un simple récit sur les règlements de comptes marseillais. Le journaliste, spécialiste des questions de police et de crime organisé, s’intéresse à ce qui se joue derrière les fusillades, les points de deal et les guerres de territoires : la transformation progressive du narcotrafic en une véritable économie clandestine.

Djamal Guettala

L’enquête plonge dans les rouages d’une organisation criminelle devenue l’un des symboles du nouveau narcobanditisme français. Violence, argent, recrutement, nouvelles technologies, contrôle territorial et connexions internationales composent un système qui ne ressemble plus à la bande de quartier traditionnelle. Le trafic de stupéfiants s’est professionnalisé, structuré et adapté aux mutations de la société.

L’intérêt du livre tient précisément à cette volonté de dépasser le fait divers. Jean-Michel Verne cherche à comprendre comment des réseaux nés dans les quartiers nord de Marseille ont pu acquérir une telle capacité d’organisation et pourquoi leur influence dépasse désormais largement la cité phocéenne.

Du vieux milieu marseillais au narcobanditisme

Pour comprendre la DZ Mafia, Jean-Michel Verne remonte le fil de l’histoire criminelle marseillaise. Il décrit la disparition progressive de l’ancien milieu, celui des figures traditionnelles du banditisme qui imposaient encore des codes, des hiérarchies et une certaine forme d’omerta.

À ce modèle succède une génération issue des cités, porteuse d’autres pratiques et d’autres rapports de force. La violence change alors de nature et d’échelle. La fusillade de Sainte-Marthe, en janvier 2009, apparaît dans le récit comme un moment symbolique de cette mutation, avec l’utilisation d’armes de guerre dans les affrontements.

La kalachnikov devient l’image d’un nouveau paysage criminel. La discrétion et les anciens codes du milieu cèdent progressivement la place à la conquête territoriale, à l’intimidation et à la démonstration de puissance.

Ce basculement permet à l’auteur de replacer la DZ Mafia dans une histoire plus large. Il ne s’agit pas d’un phénomène apparu soudainement, mais de l’aboutissement d’une évolution du crime organisé marseillais, désormais davantage fragmenté, violent et connecté aux circuits internationaux.

Quand le crime adopte les méthodes de l’entreprise

L’un des aspects les plus saisissants du livre concerne le recrutement des exécutants. Jean-Michel Verne décrit une génération de jeunes attirés par l’argent rapide, mais aussi par une forme de reconnaissance sociale construite sur les réseaux numériques.

Le cas d’E., âgé de 16 ans, illustre cette évolution. Recruté sur les réseaux sociaux et missionné pour quelques milliers d’euros, il devient l’exécutant d’une opération violente. L’auteur montre ainsi comment certains réseaux peuvent utiliser des jeunes, souvent sans expérience criminelle préalable, comme des exécutants interchangeables.

La logique est implacable : cloisonner les responsabilités afin de protéger les commanditaires. Celui qui exécute ne connaît pas nécessairement celui qui décide. Les différents niveaux de l’organisation sont séparés, tandis que les moyens de communication numériques facilitent les échanges et réduisent les distances.

Cette rationalisation du crime donne tout son sens à l’une des formules fortes du livre : «La came est une entreprise». Derrière cette phrase se dessine une véritable architecture économique : responsables, gérants, exécutants, circulation de l’argent, gestion des territoires et stratégie d’expansion.

Le trafic de cocaïne s’inscrit lui-même dans des circuits qui dépassent Marseille. Anvers, Rotterdam ou Le Havre apparaissent comme des points de passage d’une économie dont les ramifications sont européennes. Les communications cryptées et les mécanismes de blanchiment complètent cette organisation.

Mais cette apparente rationalité économique a un coût humain considérable. Jean-Michel Verne rappelle que la violence ne frappe plus seulement les membres des réseaux rivaux. Socayna, Lana ou Éléonore incarnent ces victimes collatérales qui paient le prix d’une guerre dont elles ne sont pas les protagonistes.

Le narcobanditisme devient alors une forme de pouvoir territorial. La violence n’est plus seulement la conséquence d’un conflit : elle devient un moyen de gouverner un territoire clandestin.

Une puissance criminelle difficile à contenir

L’enquête ne s’arrête pas aux quartiers marseillais. Elle montre comment le narcotrafic s’est inscrit dans une économie nationale et européenne, obligeant les services de l’État à affronter des organisations capables de se recomposer après les arrestations.

La prison elle-même ne constitue plus nécessairement une rupture. Les communications clandestines permettent à certains responsables présumés de continuer à exercer une influence depuis leur cellule. Le livre évoque également les affaires de corruption, révélatrices de la capacité de l’argent criminel à pénétrer certains rouages institutionnels.

Jean-Michel Verne s’appuie sur des procédures judiciaires, des documents et des témoignages d’enquêteurs. Cette matière donne à son récit une solide dimension documentaire. Il évite généralement les effets faciles et préfère démonter les mécanismes du système.

On pourra toutefois regretter que la dimension sociale soit moins approfondie. Pourquoi certains jeunes basculent-ils dans cette économie ? Que disent ces recrutements de l’état des quartiers concernés ? Quelles réponses sociales, économiques et politiques opposer à une organisation qui prospère sur les failles du territoire ? L’auteur privilégie clairement l’angle policier et judiciaire. C’est aussi ce qui fait la précision de son enquête, tout en laissant certaines questions en suspens.

Sa conclusion dépasse néanmoins le seul cas marseillais. Lorsque Verne écrit que «l’économie de la mafia est partie prenante de l’économie française» et voit dans la DZ Mafia «le symptôme le plus voyant d’une nécrose», il élargit son propos à une société confrontée à la banalisation progressive d’une économie criminelle.

Abdelatif Mehdi Laribi, l’un des chefs présumés de la DZ Mafia, arrêté en Algérie.

Quand l’actualité rejoint les pages du livre

L’actualité judiciaire récente donne une résonance particulière à ‘‘Inside DZ Mafia’’. Deux noms cités dans le livre sont revenus au premier plan dans des procédures en cours entre la France et l’Algérie.

Le 3 août 2026, les autorités algériennes ont arrêté Djamel Djeha, 46 ans, présenté comme un cadre présumé du réseau de la Castellane à Marseille. Il a été interpellé en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par les magistrats instructeurs marseillais dans le cadre de l’enquête «Empire». Son nom figure dans l’enquête de Jean-Michel Verne sur les réseaux criminels marseillais.

Deux semaines auparavant, le 20 juillet, Abdelatif Mehdi Laribi, 36 ans, alias «Tic», présenté comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, avait été arrêté en Algérie sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par deux juges d’instruction marseillais. Il est visé dans le vaste dossier «Octopus», consacré à des réseaux de narcotrafic.

Le 10 août, les deux hommes ont été placés en détention provisoire en Algérie, après avoir été initialement placés sous contrôle judiciaire. Cette actualité donne au travail de Jean-Michel Verne une résonance presque immédiate : les noms qu’il étudie dans son livre continuent d’apparaître dans des procédures qui illustrent l’extension géographique des réseaux et la nécessité d’une coopération judiciaire dépassant les frontières.

C’est finalement ce que révèle ‘‘Inside DZ Mafia’’ : derrière les règlements de comptes et les images spectaculaires du narcotrafic se déploie un système beaucoup plus complexe, capable de produire ses propres hiérarchies, ses circuits financiers et ses modes de recrutement. Un système qui, surtout, ne s’arrête ni aux frontières des quartiers ni à celles des États.

‘‘Inside DZ Mafia, au cœur du gang narco-mafieux’’, Jean-Michel Verne, Éditions Arthaud, 240 pages, paru le 5 novembre 2025.

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INSOLITE – Sommet mondial de l’IA en Suisse : désolé, on n’a pas le budget !

16. August 2026 um 09:04

Il fallait oser. La Suisse a passé trois ans à batailler diplomatiquement pour décrocher l’organisation du sommet mondial sur l’intelligence artificielle (IA). Trois ans de couloirs feutrés, de notes verbales et de sourires diplomatiques. Et quand le moment de sortir le chéquier est enfin arrivé, la réponse helvétique a laissé le monde bouche bée : désolé, on n’a pas le budget.

Oui. La Suisse. Ce pays où les montres coûtent plus cher que certains PIB africains. Ce pays où le coût de la vie donne des sueurs froides aux touristes les plus téméraires. Ce pays dont les banques ont longtemps accueilli les fortunes de la moitié de la planète. Ce pays-là n’aurait pas les moyens financiers, cela s’entend, d’inviter ses propres invités. Ceux qui croient à une blague, détrompez-vous. L’information est digne de foi !

Selon Le Temps, les 6 millions de francs débloqués par le Conseil fédéral permettront certes d’accueillir les représentants des pays organisateurs passés et futurs, mais pas les chefs d’État et de gouvernement. Les ministres devront faire l’affaire. On imagine la scène : « Votre Excellence, nous serions ravis de vous accueillir, mais pourriez-vous envoyer votre numéro deux ? Merci de votre compréhension ».

La Suisse invoque, avec le sérieux qui la caractérise, “la rigueur budgétaire“, le sacro-saint frein à l’endettement et le coût jugé exorbitant des précédents sommets, parfois évalués à plusieurs dizaines de millions, toujours selon Le Temps. Argument recevable. Argument même admirable. Et, quelque part, parfaitement cohérent : c’est peut-être précisément parce que les Suisses comptent leurs sous avec cette minutie horlogère qu’ils sont, justement, si richement à l’aise. Et comment ! En tout cas, les Helvètes nous démontre, une nouvelle fois, que si on sait compter ses sous, on est toujours à l’abri du besoin… en matière d’argent.

Une ambition mondiale, donc. Avec un budget de voisinage. L’intelligence artificielle, elle, n’a pas de commentaire. Elle calcule.

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Mahdia : A Borj Erras, après la colère, l’eau revient… deux heures par jour

15. August 2026 um 09:44

Après plusieurs jours de pénurie et une mobilisation qui a dégénéré en affrontements et en interpellations, les habitants de Borj Erras, à Mahdia, verront de nouveau l’eau couler dans leurs robinets à partir de ce samedi 15 août. Mais la solution annoncée par la SONEDE reste loin d’un retour à la normale : l’approvisionnement ne devrait durer qu’entre une heure et demie et deux heures par jour, pendant plus d’une semaine. Entre crise de l’eau, colère sociale et poursuites judiciaires, Borj Erras est devenu le symbole d’un problème qui dépasse désormais largement cette seule localité.

Après des semaines sans eau, un approvisionnement au compte-gouttes

À Borj Erras, la situation était devenue intenable. Depuis plusieurs jours, les habitants dénonçaient des coupures prolongées, laissant de nombreuses familles sans accès régulier à l’eau potable.

Les chiffres eux-mêmes traduisent l’ampleur du malaise. Les services du gouvernorat évoquent une interruption de l’approvisionnement ayant duré près de vingt jours, tandis que les habitants et les organisations locales de défense des droits humains parlent d’une crise remontant à plus d’un mois.

À partir de samedi matin, une solution temporaire doit être mise en place. La localité sera alimentée quotidiennement pendant environ deux heures, selon une source officielle citée par l’agence TAP. Ce dispositif exceptionnel devrait être maintenu pendant plus d’une semaine, en attendant le rétablissement d’une distribution présentée comme « normale et régulière ».

Pour les habitants, il ne s’agit donc pas encore d’un retour à la normale, mais plutôt d’une respiration après des semaines de robinets à sec.

La colère des habitants a fini par éclater

Cette crise de l’eau a pris une tout autre dimension jeudi soir lorsque des habitants sont descendus dans la rue pour réclamer le rétablissement de l’approvisionnement.

La mobilisation a donné lieu à des tensions et à plusieurs interpellations, y compris parmi des jeunes et des mineurs. L’affaire a ensuite pris une tournure judiciaire, avec des qualifications pénales évoquées dans le cadre des poursuites.

La section de Mahdia de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ainsi que le Conseil régional de l’Ordre des avocats se sont alors mobilisés pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une judiciarisation de la protestation.

La libération des jeunes arrêtés lors des manifestations a finalement été annoncée vendredi soir.

La séquence reste cependant saisissante : après une mobilisation née de l’absence d’eau, plusieurs habitants se sont retrouvés confrontés à des poursuites, tandis que la première réponse concrète apportée à leur revendication consiste désormais en un accès limité à une ou deux heures d’eau par jour.

Un problème qui touche aussi Sousse et Monastir

Borj Erras n’est pas un cas isolé. Depuis le 5 juillet, plusieurs zones des gouvernorats de Mahdia, Sousse et Monastir sont soumises à des coupures nocturnes, généralement entre minuit et 5 heures du matin.

Mais la remise en service du réseau ne signifie pas nécessairement le retour de l’eau dans tous les foyers. Dans certaines zones, notamment celles situées en hauteur, la faiblesse de la pression empêche l’eau d’atteindre les étages.

Borj Erras et Jebel Dar Wajeh figurent parmi les secteurs les plus touchés. Dans certains immeubles, seuls les appartements du rez-de-chaussée parviennent encore à être alimentés.

La crise locale s’inscrit ainsi dans une difficulté beaucoup plus large, liée à la pression exercée sur les capacités de production et de distribution d’eau potable durant la période estivale.

Plus de besoins, mais une dotation qui ne suit pas

À Mahdia, la situation est aggravée par l’afflux estival. La région, devenue une destination touristique et balnéaire importante, voit sa consommation d’eau augmenter fortement durant les mois d’été.

Or, selon les services régionaux, les volumes d’eau alloués au gouvernorat ne connaissent pas une évolution comparable. L’équation est donc simple : les besoins augmentent, mais les ressources disponibles restent limitées.

Pour répondre à cette situation, plusieurs réunions ont été organisées avec les autorités centrales afin d’identifier des solutions capables de renforcer l’approvisionnement de toute la région.

Parmi les réponses attendues figure la mise en exploitation de la station de dessalement de l’eau de mer de Sidi Abdelhamid, à Sousse. Cette infrastructure doit contribuer à améliorer l’alimentation en eau potable de plusieurs gouvernorats du Sahel, dont Mahdia, Sousse et Monastir.

Mais tant que cette capacité supplémentaire n’est pas pleinement disponible, certaines zones continuent de subir les conséquences d’un réseau soumis à une forte pression.

Pour l’heure, la crise n’a pas disparu. Elle est simplement passée d’une absence totale d’eau à une distribution au compte-gouttes.

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La Tunisie face au pari à haut risque de l’IA

15. August 2026 um 09:08

Dans un contexte électrique déjà tendu, avec les récents délestages qui se sont traduits par des coupures intempestives d’électricité en pleine canicule d’été, la Tunisie a-t-elle les moyens de suivre la cadence de développement des data centers à travers le monde… SANS production électrique à la hauteur de ses ambitions ? (Photo: DataXion).

Naamen Bouhamed *

La Tunisie vient de traverser, durant les 15 premiers jours de juillet 2026, un épisode de délestage électrique sans précédent dans son histoire. Bien que le pays affiche un taux d’électrification de 100 % à l’échelle nationale, ce qui le place parmi les nations les mieux équipées pour fournir une électricité fiable et sécurisée à l’ensemble de sa population, cette crise a révélé des fragilités structurelles insoupçonnées.

Ce délestage, provoqué par une combinaison de facteurs (vague de chaleur exceptionnelle, pic de consommation, et rupture de la connexion avec le fournisseur algérien) met en lumière les besoins actuels et futurs en production électrique. Ces besoins ne concernent pas seulement la vie quotidienne, mais aussi les exigences stratégiques du développement économique et industriel, alors que le pays ambitionne de devenir un acteur régional majeur de l’IA.

Production actuelle et défis à venir

La Tunisie produit actuellement 7 500 GWh (soit 7,5 TWh) par an, avec un déficit estimé à 1 500 MW en puissance installée pour répondre à la demande actuelle. Mais la question centrale est : que deviendront ces équilibres face à la montée en puissance des Data Centers ? 

Selon certaines projections, ces infrastructures pourraient absorber 30 à 50 % de la production nationale d’électricité, au détriment des besoins des populations et du tissu économique.

Comparaisons internationales : des signaux d’alerte

En Irlande, les data centers devraient représenter 30 % de la consommation électrique du pays d’ici 2028–2030, selon les projets en cours dans ce secteur.

La France, avec 264 data centers, consomme environ 8,5 TWh par an, soit 2 % de sa consommation totale, dont 90 % alimentés par le parc nucléaire.

La consommation électrique de Google est désormais proche de celle de la Grèce. En 2025, le moteur de recherche a signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée (12 GW), tout en investissant dans le nucléaire et la géothermie.

Amazon, le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables, investit également dans de petits réacteurs nucléaires (SMR) et revendique plus de 52 000 camions électriques.

Une demande mondiale en explosion

Selon le rapport thématique 2026 d’Omnegy, la consommation mondiale des data centers pourrait atteindre 950 TWh en 2030, contre 485 TWh en 2025 et 415 TWh en 2024, soit une hausse de 17 % par an.

La demande électrique des data centers progresse désormais quatre fois plus vite que la consommation mondiale d’électricité.

Le rapport du Capgemini Research Institute, “AI meets the grid: shaping the data center power play’’, mené auprès de dirigeants de l’énergie et des data centers dans 21 pays, souligne :

– l’augmentation rapide de la demande d’électricité ;

– les contraintes croissantes pour les gestionnaires de réseaux ;

– l’essor de la production d’énergie sur site ;

– l’évolution du mix énergétique (renouvelables, gaz, SMR) ;

– le potentiel de l’IA pour optimiser les réseaux électriques.

Moratoires et résistances aux États-Unis et en Europe

A New York, la gouverneure Kathy Hochul a décrété un moratoire sur les data centers de plus de 50 MW. On recense aujourd’hui 86 moratoires dans 35 États américains.

Au Texas, en août 2026, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un examen de tous les projets de data centers en attente de raccordement, et suspendu l’ensemble des nouveaux projets. La file d’attente pour le raccordement dépasse 474 GW, dont 90 % pour des data centers — soit plus de cinq fois la demande maximale jamais enregistrée par le réseau texan en plein été.

En France, deux décisions judiciaires récentes ont marqué les esprits : à Alixan (Drôme), suspension du permis de construire du projet Sesterce (1,5 milliard d’euros, 40 à 80 MW) par le tribunal administratif, en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental ; et au Bourget (Seine-Saint-Denis), annulation du permis de construire d’un projet similaire : Segro.

L’ Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), dans sa 5e enquête annuelle intitulée “Pour un numérique soutenable, alerte sur:

– une hausse de 38 % de la consommation électrique des data centers en trois ans, atteignant 2,7 TWh en 2024 (+12 % sur un an) ;

– des prélèvements d’eau de 575 000 m³ en 2024, en quasi-totalité potable, générant des conflits d’usage locaux.

La pollution provoquée par les géants du numérique

Selon une enquête du Monde (juillet 2026) :

– Google a vu ses émissions totales augmenter de 82 % depuis 2019, atteignant 18,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2025, malgré un engagement de réduction de moitié d’ici 2030 ;

– Amazon a enregistré une hausse de 58 % sur la même période, avec 80,85 millions de tonnes équivalent CO₂, malgré une promesse de neutralité carbone pour 2040.

Et la Tunisie dans cette course ?

Les investissements dans les data centers en Afrique sont estimés à plus de 9 milliards de dollars d’ici 2031.

La Tunisie ambitionne d’en capter une part significative pour devenir une porte d’entrée de l’IA en Afrique et dans le monde arabe. Mais à quel prix ?

Qu’en est-il de l’état des lieux des data centers (existants ou en projet) en Tunisie ?

Un data center de 1 MW équipé de refroidisseurs à eau peut consommer jusqu’à 68 000 litres d’eau douce par jour.

La Tunisie prévoit de porter la part de l’eau dessalée à 28 % d’ici 2028, puis 35 % d’ici 2030. Mais ces investissements publics posent question : Qui paiera ? À quel coût ? Les financements seraient-ils suffisants ?

Les data centers dédiés à l’IA redessinent toute la chaîne de valeur de l’électricité. La question stratégique est la suivante :

Faut-il investir massivement dans des infrastructures physiques (data centers) qui coûteront des milliards, avec un retour sur investissement risqué ? Ou faut-il plutôt miser sur le capital humain ? Ou faut-il miser sur un mix-hybride ?

La Tunisie dispose d’un vivier d’ingénieurs talentueux, reconnus dans le monde entier. Plutôt que de rivaliser sur les infrastructures lourdes, ne devrait-elle pas :

– renforcer ses besoins propres stratégiques en data centers ;

– renforcer ses écoles d’ingénieurs ;

– former une nouvelle génération d’experts en IA ;

– offrir des perspectives d’emploi à forte valeur ajoutée ;

– développer une filière d’énergies propres (solaire, nucléaire au thorium) ?

L’électricité est le facteur clé de cette course. Mais la valeur ajoutée ne réside-t-elle pas davantage dans les compétences que dans les bâtiments ?

Proposition de stratégie alternative : la Tunisie pourrait valoriser ses ingénieurs et ses centres de formation publics et privés. Elle pourrait également développer massivement l’énergie solaire et explorer une filière nucléaire innovante, notamment les réacteurs à sels fondus au thorium, sans déchets radioactifs à base d’uranium.

Ainsi, la Tunisie deviendrait un acteur majeur des énergies propres en Afrique, tout en offrant une expertise très recherchée. Elle préserverait ses ressources en eau et en électricité pour des usages prioritaires : agriculture, industrie, et besoins stratégiques nationaux en IA.

Talon d’Achille de la Tunisie : la fuite des talents

La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique, et notamment les plus compétents, quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.

Donc, aucune infrastructure nationale ne sera durable sans salaires compétitifs, incitations fiscales et parcours attractifs de carrière dans la fonction publique numérique.

Le paradoxe est saisissant : le pays mise sur le capital humain pour sa stratégie IA, mais ce capital fuit à l’étranger. Dans la course à l’IA, la Tunisie est déjà un vivier de talents pour les géants mondiaux, sans bénéficier de la valeur ajoutée sur le plan local.

A suivre…

* Expert en développement international, Ceo Alwen International – France.

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