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Quand le mouton choisit son Tunisien

20. Mai 2026 um 08:50

Chaque année, à l’approche de la fête, un miracle économique discret s’opère en Tunisie : le mouton cesse d’être un simple animal pour devenir un acteur macroéconomique à part entière. Certains économistes n’ont pas encore validé la théorie, mais sur le terrain, elle s’impose avec une force tranquille : ce n’est plus le Tunisien qui choisit son mouton, c’est souvent le mouton qui choisit son Tunisien.

La scène est connue. Le citoyen arrive au marché avec un budget soigneusement élaboré, fruit de longues négociations internes et parfois familiales. Il repart, quelques heures plus tard, avec une stratégie révisée à la baisse, une résignation discrète et, quand tout va bien, un animal “un peu plus petit mais de meilleure personnalité”.

Un exercice de pédagogie

Officiellement, il s’agit d’un marché classique : offre et demande, rencontre entre éleveurs et consommateurs. Officieusement, c’est un exercice de pédagogie économique accélérée où le prix rappelle, avec une certaine brutalité, que la fête n’est pas une variable d’ajustement budgétaire.

Les vendeurs, eux, n’ont rien d’illusionnistes : ils suivent les coûts, les aléas climatiques, les prix des aliments, les frais de transport. Mais dans l’imaginaire collectif, ils deviennent les gardiens d’un seuil invisible, celui où le symbole finit par coûter plus cher que le salaire.

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Et puis il y a le mouton lui-même, innocent par nature mais central par fonction. Il incarne cette étrange réalité : plus il est attendu, plus il devient rare ; plus il est symbolique, plus il devient stratégique. À ce rythme, il ne manque plus qu’une bourse du mouton avec cotation en temps réel et variation selon la météo et les rumeurs de marché.

Un test de résistance économique

Au fond, la vraie question n’est peut-être pas de savoir qui achète qui. Elle est de comprendre comment, chaque année, un rituel collectif se transforme en test de résistance économique. Et comment, malgré tout, beaucoup finissent par acheter quand même, parce que certaines traditions ont la particularité de ne jamais être en promotion.

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En Tunisie, le plat du peuple devient un luxe !

24. April 2026 um 10:31

Il fut un temps où la chakchouka était le dernier rempart. Quand tout augmentait, elle résistait. Quand le portefeuille criait famine, elle répondait présente. Aujourd’hui, elle hésite.

Dans les marchés tunisiens, la tomate a pris des airs de produit de luxe discret. Rouge, brillante, presque arrogante sur son étal. Le piment, lui, n’a jamais aussi bien porté son nom : il pique désormais aussi au moment de payer. Quant aux œufs, longtemps fidèles au poste, ils observent la scène avec une certaine dignité, mais finissent eux aussi par peser dans l’addition.

Résultat : préparer une simple chakchouka devient un petit exercice de gestion budgétaire. On ne cuisine plus, on arbitre. Mettre un piment ou deux ? Ajouter un œuf ou préserver le reste de la boîte ? Et l’huile d’olive, faut-il vraiment être aussi généreux qu’avant, ou apprendre à verser avec parcimonie, presque avec émotion ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En avril 2026, le kilo de tomates tourne autour de 3,4 dinars selon des données récentes, un niveau jugé « encore élevé » malgré une légère baisse . À titre de comparaison, les moyennes nationales oscillent autour de 2 dinars, avec de fortes variations selon les circuits et les périodes . Le piment, autre ingrédient central, fait également partie des produits les plus signalés pour leur cherté sur les marchés. En intégrant l’huile d’olive et les autres ingrédients, une chakchouka familiale dépasse désormais facilement les 8 à 9 dinars, voire plus selon la qualité des produits et le lieu d’achat.

Un baromètre économique

La chakchouka, autrefois réflexe populaire, se transforme en baromètre économique. Elle raconte mieux que les chiffres officiels ce que vivent les ménages. Elle dit l’inflation sans discours, simplement en obligeant à réfléchir avant de casser un œuf dans la poêle.

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Dans ce contexte, le plat le plus simple du pays devient paradoxalement un luxe du quotidien. Pas un luxe spectaculaire, non. Un luxe silencieux, celui qui s’installe doucement, sans bruit, jusqu’au jour où l’on se surprend à dire : « ce soir, on va faire autre chose… c’est plus raisonnable ».

Et c’est peut-être là le vrai signal d’alerte. Quand la chakchouka recule, ce n’est pas seulement une recette qui change. C’est tout un mode de vie qui commence à se réajuster.

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Chott el Jerid : Un géant salin aux ressources méconnues

17. April 2026 um 08:51

Longtemps perçu comme un simple paysage désertique aux reflets blancs, le Chott el Jerid s’impose aujourd’hui comme un objet d’intérêt renouvelé. Derrière cette étendue saline du sud tunisien se cache en effet un système géologique et chimique complexe, dont le potentiel économique commence à susciter des interrogations.

Avec une superficie estimée entre 5000 et 7000 km², le Chott el Jerid figure parmi les plus vastes dépressions salées d’Afrique du Nord. Il s’agit d’un bassin évaporitique typique, caractérisé par la présence de saumures fortement concentrées issues de l’évaporation intense des eaux dans un climat aride.

Un réservoir naturel de sels et de minéraux

Les analyses scientifiques disponibles convergent sur un point : les eaux du Chott el Jerid contiennent une forte concentration de sels, principalement du chlorure de sodium, mais aussi d’autres éléments dissous comme le magnésium et le potassium.

Ces caractéristiques placent le site dans la catégorie des environnements dits « évaporitiques », comparables à d’autres bassins salins exploités dans le monde pour leurs ressources minérales. Ce type de milieu est connu pour concentrer certains éléments chimiques sous l’effet de l’évaporation, ce qui peut, dans certains cas, ouvrir la voie à des valorisations industrielles.

Le lithium : une hypothèse encore non confirmée

L’intérêt croissant pour le Chott el Jerid s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la forte demande en lithium, métal stratégique pour les batteries et la transition énergétique.

D’un point de vue scientifique, la présence de lithium dans des environnements salins n’est pas à exclure. Des traces ont été identifiées dans plusieurs bassins similaires à travers le monde, y compris en Afrique du Nord.

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Cependant, dans le cas tunisien, aucune donnée publique ne permet à ce jour de confirmer l’existence de concentrations suffisamment élevées pour envisager une exploitation industrielle. La distinction est essentielle : la présence d’un élément à l’état de trace ne signifie pas qu’il constitue une ressource économiquement viable.

Une ressource plus accessible que les gisements rocheux

L’un des atouts potentiels des saumures réside dans leur accessibilité. Contrairement aux gisements miniers classiques, qui nécessitent des opérations d’extraction lourdes dans la roche, les ressources dissoutes dans l’eau peuvent, en théorie, être exploitées par des procédés de pompage et d’évaporation.

Ce modèle est notamment utilisé dans les grands « salars » d’Amérique du Sud. Toutefois, son efficacité dépend directement de la concentration des éléments recherchés, paramètre encore insuffisamment documenté dans le cas du Chott el Jerid.

Entre promesse et prudence

Le Chott el Jerid dispose indéniablement d’un potentiel lié à sa nature évaporitique et à la richesse de ses saumures. Mais à ce stade, il s’agit davantage d’un champ d’exploration que d’un gisement confirmé de ressources stratégiques.

Dans un contexte international marqué par la compétition autour des matières premières critiques, la tentation est grande de projeter sur ces territoires des scénarios ambitieux. La réalité impose toutefois une approche plus mesurée : transformer un potentiel géologique en richesse économique suppose d’abord de le documenter, puis de le structurer.

Le défi pour la Tunisie est donc double : mieux connaître ses ressources et éviter que l’incertitude scientifique ne soit remplacée par des certitudes infondées.

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Édito – Arbitrage tunisien : L’absence au Mondial n’est pas un accident, c’est un symptôme

10. April 2026 um 10:40

L’absence de l’arbitrage tunisien à la Coupe du monde 2026 n’a rien d’une surprise. Elle ressemble plutôt à l’aboutissement logique d’un décrochage progressif, longtemps masqué par le prestige historique du sifflet tunisien. Pendant que d’autres nations africaines – Maroc, Algérie, Égypte, Mauritanie, Libye – ont réussi à placer des officiels sur la liste FIFA, la Tunisie reste hors du radar mondial.

Le vrai sujet n’est donc pas la non-sélection en elle-même. La vraie question est : comment un pays qui a longtemps compté dans la hiérarchie arbitrale africaine a-t-il perdu autant de terrain ?

Le déficit de visibilité au très haut niveau

La FIFA ne choisit pas uniquement sur la réputation d’un pays. Elle sélectionne des profils qui enchaînent les grands rendez-vous : Ligue des champions CAF, CAN, Coupe du monde des clubs, compétitions olympiques, tournois FIFA jeunes, missions VAR sur des matchs à forte pression.

Or, ces dernières années, les arbitres tunisiens ont souffert d’un manque de présence continue sur les affiches majeures. La liste internationale 2026 de la Tunisie existe bien, avec plusieurs arbitres centraux et assistants reconnus au niveau CAF.

Mais être sur une liste FIFA ne suffit plus : il faut accumuler les désignations premium, celles qui forgent la confiance des commissions de nomination.

Le championnat tunisien ne fabrique plus assez d’élite

L’autre problème est domestique. Le championnat tunisien, miné par les polémiques récurrentes, la pression des clubs et la contestation permanente, produit souvent des arbitres sur la défensive plutôt que des leaders de terrain.

Un grand arbitre mondial se construit dans un environnement où il peut prendre des décisions fortes, gérer la pression médiatique, appliquer la VAR avec cohérence, diriger des matchs à haute intensité sans que chaque erreur devienne une crise institutionnelle.

En Tunisie, le climat général pousse davantage à la gestion du risque qu’à l’excellence du leadership. Résultat : des profils compétents, mais moins affirmés que leurs concurrents africains.

Le retard VAR et la question de la formation continue

Le Mondial 2026 est aussi celui de la sophistication technologique : VAR, AVAR, communication temps réel, gestion algorithmique du hors-jeu semi-automatisé.

Sur ce terrain, la Tunisie semble payer un retard dans la spécialisation de ses arbitres vidéo et dans l’intégration des standards FIFA les plus récents. Ce n’est plus seulement le “bon coup de sifflet” qui compte, mais la maîtrise d’un écosystème technique complet.

Les pays aujourd’hui représentés ont massivement investi dans la formation linguistique, la simulation vidéo, les stages FIFA/CAF, le suivi physique individualisé, la standardisation des décisions VAR. C’est là que se joue désormais la différence.

Une question de gouvernance avant tout

Au fond, cette absence raconte surtout les limites de la gouvernance du football tunisien. L’arbitrage n’évolue jamais en vase clos : il reflète la santé de sa fédération, la qualité de ses compétitions et la stabilité de ses structures.

Quand un pays traverse des turbulences institutionnelles, des polémiques internes et une faible projection internationale, ses arbitres finissent fatalement par perdre du poids dans les grandes nominations.

Le plus inquiétant n’est pas de manquer le Mondial 2026. Le plus inquiétant, c’est que cette absence commence à ressembler à une normalité. Et lorsqu’une absence devient une habitude, elle cesse d’être un accident : elle devient le miroir d’un système à reconstruire.

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Démolition d’un pont à l’entrée sud de Tunis : Un chantier au pire moment

19. März 2026 um 10:53

La récente démolition du pont à l’entrée sud de Tunis a provoqué un véritable chaos pour des milliers d’automobilistes. Les travaux, lancés en pleine période de vacances scolaires et à quelques jours de l’Aïd, ont engendré des embouteillages de plusieurs kilomètres, transformant ce qui aurait dû être un simple trajet en parcours du combattant.

Si l’objectif des autorités est clair — moderniser l’accès sud de la capitale et faciliter la circulation à long terme — le moment choisi pour entreprendre ce chantier relève de l’irraisonnable. L’absence d’anticipation et le manque de coordination avec les périodes de forte circulation ont pénalisé des familles, des travailleurs et des commerçants.

Heureusement, selon un responsable, les travaux ont été temporairement suspendus pour l’Aïd, permettant un répit aux usagers. Mais cette suspension met en lumière une question cruciale : la planification des grands chantiers urbains doit tenir compte des flux humains et des périodes sensibles.

Choisir une période creuse

Un chantier de cette ampleur aurait dû être programmé en période creuse, loin des vacances et des jours fériés, pour éviter une congestion inutile et un sentiment d’exaspération parmi la population.

Tunis mérite des infrastructures modernes, mais elle mérite aussi que les décisions de leur réalisation soient réfléchies. La leçon est simple : moderniser la ville ne doit pas se faire au détriment du quotidien des citoyens.

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Ramadan : Quand les influenceurs envahissent les séries tunisiennes

05. März 2026 um 15:05

Chaque année, le mois de Ramadan constitue le moment fort de la télévision tunisienne. Les chaînes y concentrent leurs principales productions dramatiques et comiques pour capter l’audience maximale après la rupture du jeûne. Drames sociaux, sitcoms ou fresques historiques se disputent l’attention des téléspectateurs dans une compétition devenue intense entre les chaînes publiques et privées.

Mais ces dernières années, et notamment pendant ce ramadan, un phénomène s’impose de plus en plus dans ces productions : l’arrivée massive des influenceurs issus des réseaux sociaux.

Une nouvelle porte d’entrée vers la télévision

Longtemps, les feuilletons du Ramadan reposaient principalement sur des comédiens issus du théâtre, du cinéma ou de la télévision. Plusieurs séries ont marqué leur époque grâce à des distributions composées d’acteurs reconnus et à des scénarios construits autour de thématiques sociales fortes.

Aujourd’hui, la logique de casting évolue. Les producteurs se tournent de plus en plus vers les créateurs de contenus populaires sur Instagram, TikTok ou Facebook. Leur principal atout : une communauté déjà acquise qui peut être mobilisée pour promouvoir la série et attirer l’audience.

Pour les chaînes, cette stratégie répond à une logique marketing simple : transformer la popularité numérique en audiences télévisuelles.

Une stratégie dictée par la bataille de l’audience

Durant Ramadan, les séries représentent un enjeu économique majeur pour les chaînes, car elles attirent les annonceurs et génèrent des revenus publicitaires importants. Cette compétition pousse les producteurs à privilégier les profils capables de créer du buzz sur les réseaux sociaux.

Les influenceurs deviennent alors des relais promotionnels gratuits : ils partagent les coulisses du tournage, publient des extraits et mobilisent leurs followers pour regarder la série. Ce mécanisme contribue à amplifier la visibilité des productions bien au-delà de la télévision.

Entre opportunité et polémique

Cette présence croissante des influenceurs dans la fiction tunisienne ne fait toutefois pas l’unanimité. Une partie du public et des professionnels du secteur critique une tendance qui, selon eux, privilégie la popularité numérique au talent d’acteur.

Lire aussi : Ramadan : quand les influenceurs envahissent les séries tunisiennes

Sur les réseaux sociaux, certains internautes estiment que le casting de personnalités issues d’Instagram ou TikTok s’explique surtout par leur capacité à attirer des vues plutôt que par leurs compétences artistiques.

Cette évolution alimente un débat plus large sur la qualité des séries ramadanesques. Pour certains observateurs, l’industrie audiovisuelle tunisienne se retrouve ainsi à la croisée des chemins : entre logique artistique et logique d’audience.

Une télévision de plus en plus influencée par les réseaux

Le phénomène illustre surtout la transformation profonde de l’écosystème médiatique. La frontière entre télévision et réseaux sociaux devient de plus en plus floue.

Les influenceurs ne se contentent plus de commenter ou de promouvoir les programmes : ils en deviennent désormais des acteurs à part entière. Dans un paysage audiovisuel où la visibilité numérique joue un rôle central, la popularité en ligne s’impose progressivement comme un nouveau critère de casting.

L’invasion des influenceurs dans les séries du Ramadan reflète une mutation plus large : celle d’une télévision qui s’adapte à l’ère des plateformes et de l’économie de l’attention.

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L’Iran frappe sans relâche le Golfe : Quelle stratégie derrière l’escalade ?

03. März 2026 um 07:05

En frappant au-delà de son face-à-face direct avec Israël et les États-Unis, l’Iran a choisi d’élargir le théâtre des opérations vers le Golfe. Missiles, drones et menaces sur les voies maritimes stratégiques : Téhéran ne cherche pas seulement à riposter, mais à redéfinir les règles du conflit. Décryptage d’une stratégie pensée sur le temps long.

Depuis plusieurs jours, les tensions se concentrent autour du golfe Persique, zone névralgique de l’approvisionnement énergétique mondial. L’implication indirecte ou directe de pays riverains, la multiplication des alertes sécuritaires et la nervosité des marchés pétroliers témoignent d’un changement d’échelle. Pour l’Iran, l’enjeu dépasse la simple revanche militaire.

La dissuasion par élargissement

Première clé de lecture : la dissuasion par élargissement. En portant la confrontation vers des zones où sont implantées des bases américaines ou des intérêts occidentaux, Téhéran cherche à transformer un affrontement bilatéral en crise régionale. Le message est clair : toute attaque contre le territoire iranien aura un coût stratégique pour l’ensemble du dispositif sécuritaire américain au Moyen-Orient.

Deuxième levier : la pression énergétique. Le golfe Persique abrite des infrastructures vitales pour l’exportation du pétrole et du gaz. Le détroit d’Ormuz, passage maritime entre l’Iran et le sultanat d’Oman, voit transiter une part considérable du commerce mondial d’hydrocarbures. Sans même le fermer formellement, la simple menace de perturbation suffit à provoquer une hausse des prix et à inquiéter les grandes puissances consommatrices. L’arme énergétique devient ainsi un instrument géopolitique.

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Troisième dimension : l’asymétrie militaire. Face à des adversaires technologiquement supérieurs, l’Iran privilégie une stratégie dite « hybride ». Plutôt que d’engager une confrontation frontale, il multiplie les frappes indirectes, les attaques par drones et l’usage de missiles balistiques. L’objectif consiste à saturer les défenses aériennes adverses et à disperser leurs capacités de riposte. Cette logique vise l’usure plus que le choc décisif.

La consolidation interne

Quatrième élément : la consolidation interne. En période de tension extrême, le pouvoir iranien peut mobiliser le registre nationaliste et sécuritaire pour renforcer la cohésion autour de ses institutions. L’extension du conflit permet de présenter l’Iran comme une puissance assiégée mais résiliente, capable de répondre sur plusieurs fronts.

Cette stratégie comporte toutefois des risques majeurs. En ciblant ou en menaçant l’environnement sécuritaire du Golfe, Téhéran prend le risque d’aliéner durablement certains États arabes qui tentaient jusqu’ici de maintenir un équilibre prudent. Une escalade incontrôlée pourrait entraîner une coalition régionale plus large, avec un engagement militaire accru des États-Unis.

En étirant la guerre vers le Golfe, l’Iran mise sur une équation complexe : accroître le coût stratégique pour ses adversaires sans franchir le seuil d’une guerre totale. Il s’agit d’un pari risqué, où la dissuasion et la provocation avancent côte à côte. La suite dépendra de la capacité des acteurs régionaux et internationaux à contenir l’escalade dans un espace déjà sous haute tension.

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TGV tunisien : Un investissement équivalent à une année de budget de l’État ?

25. Februar 2026 um 19:54

La Tunisie rêve de grande vitesse. L’idée d’un train à grande vitesse reliant Tunis au centre et au sud revient régulièrement dans le débat public, portée comme un levier de modernisation, d’intégration territoriale et de relance économique. Mais derrière le symbole politique, une question s’impose : combien coûte réellement un TGV selon les standards internationaux, et la Tunisie peut-elle se permettre un tel investissement ?

Les références mondiales sont claires. Selon l’Union internationale des chemins de fer, le coût moyen d’une ligne à grande vitesse varie fortement selon la topographie, la densité urbaine et les exigences techniques. Les études comparatives internationales, notamment celles commanditées par le gouvernement britannique pour le projet HS2, situent le coût de construction entre 15 et 40 millions d’euros par kilomètre dans des contextes standards, avec des pics bien supérieurs lorsque les tunnels et viaducs se multiplient. En Europe occidentale, certaines lignes ont dépassé 50 millions d’euros par kilomètre. La grande vitesse n’est jamais une infrastructure bon marché.

500 kilomètres reliant Tunis à Sfax puis au sud

Si l’on applique ces ordres de grandeur au cas tunisien, un tracé d’environ 500 kilomètres reliant Tunis à Sfax puis au sud représenterait un investissement compris entre 7,5 et 15 milliards d’euros selon le niveau d’exigence technique retenu. Même en retenant une hypothèse basse, autour de 20 millions d’euros par kilomètre, la facture dépasserait les 10 milliards d’euros en incluant l’électrification, la signalisation, les gares adaptées et une flotte de rames. Pour mémoire, le budget annuel de l’État tunisien avoisine à peine ce montant. Le TGV constituerait donc un projet d’une ampleur exceptionnelle au regard des capacités financières nationales.

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La comparaison avec le Maroc éclaire le débat. Le royaume a inauguré en 2018 la ligne Tanger–Kénitra, première ligne à grande vitesse du continent africain, exploitée par l’Office national des chemins de fer. Cette infrastructure de 186 kilomètres a coûté un peu plus de 2 milliards d’euros. Le projet d’extension vers Marrakech, long d’environ 430 kilomètres, est estimé à plus de 5 milliards d’euros pour l’infrastructure seule, sans compter le matériel roulant. Ces montants ont été rendus possibles grâce à un montage financier complexe associant prêts concessionnels français, financements arabes et engagement massif de l’État marocain. Le modèle repose sur une vision industrielle et diplomatique de long terme.

La Tunisie ne dispose pas aujourd’hui d’un tel montage financier sécurisé. Le pays fait face à des contraintes budgétaires sévères, un endettement élevé et des besoins urgents dans la modernisation du réseau ferroviaire classique, dont une grande partie souffre de sous-investissement chronique. Dans ce contexte, le choix stratégique n’est pas uniquement technique ; il est macroéconomique. Un TGV ne se justifie que si la densité de trafic et la capacité de paiement des usagers garantissent un taux de remplissage élevé, condition indispensable à la viabilité économique.

Des corridors à forte demande

Les expériences internationales montrent que la grande vitesse fonctionne dans des corridors à forte demande, reliant des métropoles importantes et générant des flux massifs de voyageurs d’affaires et de tourisme. En France ou en Espagne, le TGV s’inscrit dans des bassins de population supérieurs à plusieurs dizaines de millions d’habitants. En Chine, les volumes sont sans commune mesure. La Tunisie, avec ses 12 millions d’habitants et une structure territoriale plus dispersée, présente un profil différent.

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