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Pétition  | Pour la libération de Néjib Chebbi et des détenus politiques en Tunisie

08. Oktober 2026 um 10:52

Ahmed Néjib Chebbi a suspendu mercredi 7 octobre 2026 sa grève de la faim. Selon son fils Louay, l’administration pénitentiaire, qui dit prendre ses revendications au sérieux, s’est engagée à garantir aux détenus l’accès à une source d’information fiable. Après concertation avec sa famille, l’activiste politique a décidé d’une suspension temporaire, «en signe de bonne foi», en attendant de vérifier que ces engagements soient tenus. Face à la gravité de la situation, plus de cent cinquante personnalités de France, d’Europe, du Maghreb, du monde arabe, d’Afrique subsaharienne et du Canada ont signé la pétition reproduite ci-dessous réclamant sa libération, celle de tous les détenu.e.s politiques et d’opinion, et le rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.

À 82 ans, Ahmed Néjib Chebbi entame un de ses ultimes combats, mettant une fois encore sa vie en péril.

Voilà bientôt soixante ans que cet homme symbolise la résistance contre l’oppression.

Du temps de Bourguiba, il faisait partie des étudiants révoltés de mars 1968 emprisonnés pour «complot contre la sûreté de l’État». Le complot, hier comme aujourd’hui, c’est la traduction de la revendication démocratique en langage despotique.

Du temps de Ben Ali, il sera l’une des principales figures de la grande grève de la faim du 18 octobre 2005 pour les libertés, aux côtés de l’avocat Ayachi Hammami, son compagnon d’infortune aujourd’hui, et d’autres militants, de diverses sensibilités politiques.

Cible de la vindicte du régime issu du coup de force du 25 juillet 2021, le voilà de nouveau en prison, comme tant d’autres, pour les mêmes raisons : le rêve et le combat pacifique pour les libertés. Et le voilà de nouveau en grève de la faim pour la liberté.

Le nom d’Ahmed Néjib Chebbi, doyen des démocrates de ce pays, est devenu l’emblème de la longue résistance contre tous les autoritarismes depuis l’indépendance. Le recours à la grève de la faim pour dénoncer les conditions de détention est un épisode de plus de cette résistance.

Dans la Tunisie d’aujourd’hui, tout se passe comme si la persécution permanente des opposant.e.s, en liberté provisoire ou entre quatre murs, est devenue le mode d’existence d’un règne de plus en plus ubuesque. Le recours récurrent à la grève de la faim, de la part des détenu.e.s politiques mettant les uns après les autres leurs vies en péril, apparaît comme l’ultime force des démunis.

Face à un régime qui travaille à effacer l’idée même de politique, cette arme ultime est l’affirmation de la pérennité de la lutte pour l’État de droit, la démocratie et les libertés.

Nous, signataires, appelons à la libération de Ahmed Néjib Chebbi et des détenu.e.s politiques et d’opinion, ainsi qu’au rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.

Nejib Chebbi et les grévistes de la faim du Mouvement du 18 octobre 2005.

Signataires

Fouad Abdelmoumni, économiste, démocrate maghrébin

Arzu Abdullayeva, prix Olof-Palme pour la paix, militante des droits humains, Azerbaïdjan

Gilbert Achcar, Emeritus Professor of Development Studies and International Relations

SOAS, University of London

Kacem Abdellatif, Maroc

Abderezak Adel, enseignant universitaire retraité

Abderrahim Afarki, défenseur maghrébin des droits humains

Ayad Ahram, défenseur des droits humains. Membre de l’ASDHOM

Ahmed Aïdani, de l’Association Colombe blanche, Maroc

Arezki Aït-Larbi, journaliste, éditeur, ancien prisonnier politique

Nadia Leïla Aïssaoui, sociologue

Sanhadja Akhrouf, féministe, militante des droits humains

Hala Alabdalla, cinéaste, réalisatrice, productrice et militante syrienne

Tewfik Allal, militant associatif de l’immigration maghrébine

Françoise Alamartine, conseillère fédérale et commission transnationale des Ecologistes.

Raja Alaoui, membre de l’Union de l’action des femmes, Maroc

Wadih Al Asmar, président du Centre libanais des droits humains

Rachad Antonius, professeur émérite de sociologie, UQAM, Canada

Fouzia Assouli, présidente d’honneur FLDF, Maroc

Etienne Balibar, ancien professeur de philosophie, Université de Paris-Nanterre

Abdenacer Banouhachem, Maroc

Brigitte Bardet-Allal, professeure de lettres classiques

Patrick Baudoin, avocat, président d’honneur de la LDH et de la FIDH

Florence Beaugé, journaliste

Yagoutha Belgacem, directrice artistique

Bochra Bel Haj Hamida, avocate

Fathi Bel Haj Yahya, écrivain

Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH

Akram Belkaïd, journaliste

Farouk Belkeddar, militant associatif

Anthony Bellanger, secrétaire générale de la Fédération internationale des journalistes

Jean Bellanger, ancien secrétaire de l’UL CGT de Saint-Denis

Fayçal Benabdallah, président de la FTCR

Rabaa Ben Achour, universitaire

Sanaa Ben Achour, professeure des universités, militante féministe

Omar Benamar, défenseur des droits humains, Maroc

Bachir Ben Barka, universitaire retraité

Abdesslam Benbrahim, militant associatif, Maroc

Madjid Benchikh, ancien doyen de le Faculté de droit d’Alger

Monia Benjemia, universitaire, féministe

Zaïneb Ben Lagha, universitaire

Ali Bensaad, professeur des universités, Institut français de géopolitique, Paris-VIII

Olivier Besancenot, ancien candidat à l’élection présidentielle française

Sophie Bessis, historienne

Rafaelle Bollini, Associazione ricreativa culturale italiana (ARCI)

Rasmus Aleneus Boserup, directeur d’Euromed-Rights

Mostefa Bouchachi, avocat, ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme

Alima Boumediene-Thiery, avocate, ancienne sénatrice

Youssef Boussoumah, militant décolonial

Houria Bouteldja, essayiste, militante politique franco-algérienne

Dylan Boutiflat, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste

Ali Brahimi, juriste, ancien parlementaire

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières

Robert Bret, ancien sénateur communiste

Françoise Brié, présidente de la CLEF

Miloud Chaouch, militant associatif

Mohamed Chaouih, président de AMF

Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste

Khadija Chérif, militante féministe et des droits humains

Alya Chérif Chammari, avocate, militante des droits humains

Karim Cherkaoui, Maroc

Larbi Chouikha, universitaire

Patrice Coulon, militant des droits humains

Annick Coupé, syndicaliste, altermondialiste

Thomas Coutrot, économiste

Ahmed Dahmani, économiste, militant des droits humains, Algérie

Sara Daniel, journaliste

Lucile Daumas, retraitée

Michel Debon de Beauregard, syndicaliste, ancien vice-président de Solidarité laïque

Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)

Monique Dental, présidente fondatrice du réseau féministe « Ruptures ».

Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche CNRS

Nacer Djabi, sociologue

Nadir Djermoune, architecte urbaniste

Moulay Ahmed Douraïdi, du Collectif marocain pour la démocratie des élections

Bernard Dreano, militant de la solidarité internationale

Françoise Duthu, militante écologiste

Dominique Eddé, écrivaine

Kacem El Basti, carrefour des initiatives, Maroc

Abderrazzak El Hannouchi, Coordinateur du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc

Baheyeddine El Hassen, écrivain et défenseur des droits humains, Egypte

Nacer El Idrissi, président de l’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF)

Ihsane El Kadi, journaliste

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL)

Mireille Fanon-Mendes France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon

Jean-Marie Fardeau, militant associatif

Patrick Farbiaz, militant politique

Raouf Farrah, politologue, Algérie

Wahid Ferchichi, professeur en droit public, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis

Mohamed Cherif Ferjani, professeur honoraire de science politique, Université Lyon-2

Guillemette Fessy, militante écologiste

Souad Frikech, députée au Parlement marocain

Pierre Galand, sénateur honoraire, président de l’OMCT-Europe

René Galissot, historien, ancien enseignant à l’université d’Alger, ancien directeur de l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris-VIII, professeur émérite

Vincent Geisser, président du CIEMI

Jérôme Gleizes, universitaire

Alain Gresh, journaliste, Fondateur des journaux en ligne Orient XXI et Afrique XXI

Pierre Henry, président de France Fraternités.

Jean-Claude Heyraud, militant écologiste.

Ahmet Insel, universitaire, militant turc en exil

Kamel Jendoubi, ancien président Euromed-Droits

Abdelkebir Jmaiai, militant associatif, défenseur des droits humains, Maroc

Aïssa Kadri, universitaire

Irina Karamarkovic, artiste, militante féministe et antiraciste, Graz (Autriche)

Meryem Kendsi, artiste peintre

Pierre Khalfa, économiste

Abdellatif Laâbi, écrivain

Youssef Laaraj, président du Réseau amazigh pour la citoyenneté Azetta, Maroc

Kamal Lahbib, président de l’Observatoire marocain des libertés publiques

Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile de France

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire

Mohamed Leghtas, animateur de radios associatives, Maroc

Gilles Lemaire, militant écologiste

Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP

Michael Lowy, sociologue

Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force ouvrière (FO)

Ziad Majed, professeur universitaire

Sofiane Makhloufi, président du CRLDHT

Gilles Manceron, historien

Marc Mangenot, sociologue, économiste

Fadoua Maroub, SG de l’ARMCDH, Maroc

Gustave Massiah, militant altermondialiste, membre fondateur du Forum social mondial

Roland Mérieux, secrétaire national de l’Après

Fabienne Messica, Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Umit Metin, militant des droits humains

Ali Mezghani, professeur agrégé en droit privé à la faculté des sciences juridiques de Tunis et à la Sorbonne

Amharref Mhamed, Association Aïn Bechar-Taza, Maroc.

Khadija Mohsen Finan, universitaire

Patrick Mony, défenseur des droits des migrants, GISTI

Dominique Noguères, avocate, membre de la LDH

Mohamed Nouhi, IMDH, Maroc

Mbark Outcharraft, président Forum Iffous pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc

Aïssa Rahmoune, SG de la FIDH

Najat Razi, AMDF, Maroc

Hamadi Redissi, professeur en sciences politiques

Hassan Remaoun, historien

Soumicha Riyaha, Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF)

Fabrice Riceputi, historien

Joël Roman, philosophe

Pierre Rousset, militant associatif

Khadija Ryadi, coordinatrice de la CMODH, lauréate du prix de l’ONU en matière des droits de l’Homme

Lana Sadeq, Forum Palestine Citoyenneté

Bakary Sambe, universités Gaston Berger à Saint louis au Sénégal

François Sauterey, coprésident du MRAP

Jamila Sayouri, Adala pour le droit à un procès équitable, Maroc

Pinar Selek, sociologue, Turquie

Haoues Seniguer, professeur des universités, Université Paul-Valéry (Montpellier)

Ghislaine Seze, présidente de DSFAS

Catherine Simon, journaliste

Danielle Simonnet, députée

Dominique Sopo, président de SOS Racisme

Hamouda Soubhi, président du Forum marocain des alternatifs Sud

Latifa Soufiani, Espace Associatif Maroc

Benjamin Stora, historien

Simone Susskind, ancienne députée bruxelloise et sénatrice fédérale

Claude Szlatan, militant antiraciste

Taoufiq Tahani, universitaire

Nadia Tazi, philosophe

Ece Temelkuran, écrivaine, Turquie

Fathi Tlili, président de l’UTIT

Tarek Toukabri, président de l’ADTF

Mokhtar Trifi, avocat, président d’honneur de la LTDH

Marie Verdier, journaliste honoraire

Marie-Christine Vergiat, ancienne députée européenne, LDH

Nhat Vo Tran, vice-président du Comité Viêtnam pour la défense des droits de l’Homme (VCHR)

Farid Yaker, responsable associatif

Aleksandra Zapolskaïa, sociologue, militante pour les prisonniers politiques en Russie

Abdallah Zniber, militant associatif maghrébin.

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À propos de l’expérience carcérale d’Ahmed Néjib Chebbi

05. Oktober 2026 um 10:56

La veille de son arrestation le 4 décembre 2025, lors d’une conversation avec Meriem Zghidi — fille du militant défunt Salah Zghidi —, Ahmed Néjib Chebbi lui a dit : «J’ai commencé mon expérience carcérale avec Salah, ton père, en 1968, et je la terminerai avec Mourad, ton frère.» (D’après la page Facebook de Meriem Zghidi).

Fathi Ben Haj Yahia *

1968 – 2026 : cinquante-huit années se sont écoulées entre ces deux dates.

Le pays a traversé de longues années de crises et de bouleversements successifs, depuis la grave crise du coopérativisme qui a failli l’anéantir jusqu’à la situation actuelle — une situation telle que même le plus méchant n’oserait se réjouir de notre sort, quand bien même il s’y efforcerait.

Entre ces deux époques, au cœur de la tourmente, s’est écrite une autre histoire : celle tracée par Ahmed Néjib Chebbi, depuis sa détention à la prison de Borj Erroumi en 1968 jusqu’à son incarcération actuelle à la prison de Mornaguia, où il observe une grève de la faim. Il a peut-être même oublié le nombre de grèves de la faim qu’il a menées au cours de près de soixante années de militantisme, alors qu’il a désormais dépassé le cap des quatre-vingts ans.

Un homme qui ne s’est jamais incliné face à l’arbitraire

Il a été incarcéré en 1968, devenant ainsi témoin de la mise en place du premier tribunal de sûreté de l’État, des lieux de torture physique et morale au sein des locaux de la police politique, ainsi que d’une justice aux ordres du «Grand Combattant».

En prison, son parcours a croisé celui du groupe «Perspectives» ; il en est devenu par la suite l’une des figures de proue avant sa transformation en l’organisation clandestine «L’Ouvrier tunisien» (Al-Amil al-Tounsi), dont il fut l’un des principaux dirigeants en exil à Paris jusqu’au début des années 1980.

Il a ensuite créé le Parti démocrate progressiste (PDP) en 1983, formation qui s’est transformée en Parti républicain (Al-Joumhouri) au début de la révolution de 2011.

Au-delà de toute évaluation globale de ces expériences politiques, il faut reconnaître à cet homme qu’il n’a jamais plié l’échine face à l’autoritarisme, de l’ère Bourguiba à nos jours. Il a été de toutes les pages glorieuses de l’histoire des luttes démocratiques menées par l’opposition au cours des soixante dernières années, figurant toujours au premier rang et parmi les figures de proue de ceux qui ont brisé le mur de la peur — ce mur que les régimes successifs n’ont cessé d’ériger en entretenant une confusion délibérée entre le prestige de l’État et la crainte qu’il inspire.

Son seul tort, aujourd’hui, est d’avoir refusé de plier, en dépit de son état de santé, de la toute-puissance du pouvoir et de la dureté de la prison.

Quelque chose de Sisyphe qui force l’admiration

Son unique moyen d’action aujourd’hui est la grève de la faim, une méthode qu’il avait déjà employée lors de l’une des étapes les plus marquantes de la lutte contre Ben Ali — alors au sommet de sa puissance. C’était à l’époque où un groupe de militants de diverses obédiences politiques s’était réuni dans le cabinet de l’avocat Ayachi Hammami — lui-même emprisonné aujourd’hui — pour réclamer les libertés et la libération des prisonniers politiques. Cet événement eut lieu le 18 octobre 2005, alors que la Tunisie accueillait le Sommet mondial sur la société de l’information.

L’histoire de cet homme revêt une dimension tragique indéniable. On y décèle peut-être une part de Sisyphe qui force l’admiration et le respect, mais elle témoigne aussi, peut-être, de la métamorphose du mythe et d’une réécriture de son dénouement. N’avons-nous pas vécu la journée du 14 janvier 2011 alors que nul Tunisien ne s’attendait à une telle issue ? (À l’exception, bien entendu, des mages et des devins).

Une personne arborant un tel sourire permanent, un optimisme inébranlable et la conviction que la Tunisie mérite ce qu’il y a de plus beau, ne peut que vivre un nouveau moment marquant la fin de l’absurde !

Traduit de l’arabe.

* Militant de gauche et ancien prisonnier politique.

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Le CRLDHT dénonce «l’inhumanité, étendard des prisons en Tunisie»

03. Oktober 2026 um 12:59

«Lorsque des détenus politiques, des journalistes, des avocats et des militants n’ont plus d’autre moyen pour être entendus que de mettre leur santé en jeu» (en observant une grève de la faim), «c’est que la prison est devenue un lieu de négation organisée de la dignité humaine», explique le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), une ONG tunisienne basée en France, dans un communiqué publié ce samedi 3 octobre 2026.

Tout en rappelant la longue liste de détenus politiques dans les prisons tunisiennes observant actuellement ou ayant observé récemment la grève de la faim pour dénoncer leurs conditions d’incarcération, cette forme extrême de protestation étant devenue «le dernier recours de celles et ceux à qui l’on a retiré tous les autres moyens de se faire entendre», le CRDHT «exige le rétablissement immédiat des visites en directe entre les détenus et leurs familles, et la fin de toute restriction arbitraire de ce droit fondamental ; l’accès effectif de tous les détenus à une information pluraliste, à la presse, aux radios, aux chaînes d’information et aux médias indépendants ; un suivi médical régulier, sérieux et indépendant pour tous les grévistes de la faim, ainsi qu’une information complète des familles et des avocats sur leur état de santé ; le respect absolu du droit des détenus à communiquer librement et confidentiellement avec leurs avocats et à disposer des moyens nécessaires à leur défense ; la fin de l’isolement abusif, des mesures punitives, des privations administratives et de toutes les pratiques destinées à épuiser, humilier ou briser les détenus ; l’accès sans entrave aux mécanismes indépendants de contrôle, notamment le Mécanisme national de prévention de la torture, des établissements pénitentiaires et des détenus dont l’état de santé est préoccupant ; la cessation des campagnes de haine, de diffamation et de diabolisation visant les détenus politiques, leurs familles, leurs avocats et les personnes qui les soutiennent ; la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes emprisonnées pour leurs opinions, leur droit à l’expression , leur activité politique pacifique, leur travail journalistique, leur défense des droits humains ou leur solidarité civique.»

Le CRLDHT appelle, également, les autorités tunisiennes à «cesser de traiter la prison comme un instrument de vengeance politique», à «protéger la vie et la dignité des détenus n’est ni une faveur, ni une concession» mais «une obligation légale, constitutionnelle et conforme aux droits humains.»

Parmi ces détenus politiques ou d’opinion observant actuellement une grève de la faim, le CRLDHT cite Ahmed Néjib Chebbi (83 ans), président du Front de salut national, et Sahbi Atig (67 ans), dirigeant du mouvement Ennahdha. Ils prolongent les nombreuses grèves de la faim déjà observées en prison par Jawher Ben Mbarek, dirigeant du collectif Citoyens contre le coup d’état, les journalistes Zied El Heni et Mourad Zeghidi,  mais aussi Rached Ghannouchi (84 ans), président du mouvement Ennahdha, Ayachi Hammami, avocat, Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre, Chawki Tabib, ancien bâtonnier, Wael Naouar, animateur de la flottille Soumoud, et ses camarades Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi.

I. B.

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