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À l’ONU, le ministre de l’Économie plaide pour les priorités de développement de la région arabe

Von: farhat
16. Juli 2026 um 19:53

La réalisation du développement dans la région arabe demeure tributaire de la pérennité de la paix, a indiqué le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh. Il a souligné que les messages de la région arabe adressés au Forum politique de haut niveau sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable traduisent l’attachement des pays arabes à la coopération régionale, en dépit des défis rencontrés.

Cette déclaration a été donnée à l’occasion de sa  participation aux travaux du segment ministériel du forum, tenu du 13 au 15 juillet 2026 au siège des Nations Unies à New York, durant lesquels le ministre a passé en revue, en sa qualité de président du Forum arabe pour le développement 2026, les principaux messages de la région arabe adressés à cette instance onusienne.

Il a ajouté, selon un communiqué publié par le ministère, que les pays de la région arabe appellent à soutenir une vision arabe commune sur la sécurité hydrique, à garantir un accès équitable à l’énergie, à promouvoir la protection sociale en particulier pour les catégories les plus vulnérables, et à développer les politiques de technologie numérique, y compris l’intelligence artificielle.

Le ministre a, dans le même ordre d’idées, avancé que les pays arabes insistent sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources, conformément à l’Engagement de Séville sur le financement du développement, qui englobe le financement mixte et le financement climatique concessionnel adapté aux priorités nationales.

Il a réitéré à cette occasion l’engagement de la Tunisie en faveur d’une action commune pour concrétiser ces priorités.

En marge de sa participation au forum, le ministre de l’Economie et de la Planification a pris part mercredi, à la réunion ministérielle des ministres africains de l’économie, placée sous le signe « l’impulsion de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de l’Agenda 2036 de l’Union africaine à travers des actions transformatrices et coordonnées », avec la participation de l’ONU, de l’Union africaine, de la Commission économique pour l’Afrique et du Programme des Nations Unies pour le développement.

Le ministre a, dans son intervention, exposé l’expérience tunisienne en matière de planification et de réalisation des objectifs de développement durable, notamment à l’échelle locale, évoquant également les efforts déployés pour renforcer la résilience à travers l’élaboration de politiques publiques intégrées dans les domaines de l’eau, de l’énergie et du climat, tout en plaçant l’inclusion sociale au cœur du processus de développement.

En marge des travaux de ce forum, Samir Abdelhafidh a eu une série d’entretiens bilatéraux, notamment avec le ministre saoudien de l’Économie et de la Planification, Fayçal Al-Ibrahim, avec qui il a examiné les opportunités de renforcer la coopération bilatérale, particulièrement dans les secteurs du commerce, de l’investissement et de l’échange d’expertises.

Il s’est également entretenu avec le ministre égyptien de la Planification et du Développement économique, Ahmed Rostom, en abordant plusieurs questions d’intérêt commun et des moyens de développer la coopération tuniso-égyptienne, notamment en matière de planification et de développement des compétences institutionnelles.

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L’ATUGE présente la 3e édition de «Tunisia Global Forum» : l’intelligence collective pour bâtir la Tunisie de demain

Von: farhat
16. Juli 2026 um 09:16

L’Association des Tunisiens des Grandes écoles (ATUGE) a organisé hier une conférence de presse pour présenter la 3e édition du Tunisia Global Forum (TBF) qui se tiendra mardi prochain, ainsi que les évènements corollaires. « Bâtir l’avenir à l’ère de l’IA » est le leitmotiv choisi pour cette nouvelle édition qui réunira la diaspora tunisienne avec tous les acteurs économiques autour d’un objectif commun, celui de bâtir une Tunisie qui repose sur l’intelligence collective.

Le TBF qui s’affirme comme étant un rendez-vous annuel incontournable pour la diaspora vise à mobiliser les talents tunisiens du monde et les écosystèmes d’entreprises et d’innovation pour accélérer la transformation du pays et renforcer son rayonnement à l’international à l’ère de l’intelligence artificielle.
Amine Aloulou, président de l’ATUGE, a affirmé que l’objectif suprême de l’association, qui travaille de concert avec l’Alliance mondiale des talents tunisiens (World Alliance of Tunisian Talents-WATT) et d’autres partenaires dont la CONECT, le CJD, expertise France et des structures institutionnelles, est de connecter les réseaux de compétences tunisiennes établies à l’étranger aux talents présents en Tunisie, aux acteurs économiques, aux startups, aux institutions publiques et aux organismes de coopération internationale. 
Et d’ajouter : «L’année 2026 coïncide avec le centenaire de la naissance de Mokhtar Latiri, une figure majeure de la génération des Bâtisseurs qui constituent pour nous un message et un exemple frappant de la volonté commune et de l’intelligence commune qui ont fait la force de la Tunisie postindépendance. «D’où notre défi est de faire de l’intelligence collective un tremplin pour bâtir la Tunisie de demain dans un monde de transmutation effervescente où chaque instant est une invitation à renouveler sa vision des choses. L’enjeu pour la Tunisie ne consiste pas seulement à suivre l’évolution de l’intelligence artificielle, mais à construire une capacité collective permettant de transformer cette révolution en opportunités concrètes».

Présentant le programme du TGF, Tarak Bouacida, le Commissaire du forum, a passé en revue plusieurs thématiques qui seront débattues dont : «L’intelligence collective pour bâtir l’avenir de l’IA», «Bâtir aujourd’hui les fondations d’une IA créatrice de valeur» et «Comment réussir le virage de l’IA », une première plénière dédiée aux infrastructures, à l’éthique et à la maîtrise des fondations de l’IA et une seconde plénière qui abordera l’impact de l’IA sur la transformation des métiers, les compétences et l’éducation. Il s’agit de pousser la réflexion autour de la manière d’épouser l’ère du changement, notamment en matière d’éducation et d’emploi.

En parallèle de ces sessions principales, des espaces thématiques interactifs permettront d’approfondir les échanges sur l’open-innovation dans l’industrie, la valorisation de la recherche en IA (notamment dans la santé et les biotechs), ainsi que l’écosystème des startups à l’ère de l’IA, outre les sessions de partage d’expériences animées par des leaders du secteur (AI Founders & Leaders Insights).

La Diaspora régionale Networking du 15 juillet au 15 août
Le forum sera marqué par la publication d’un Livre Blanc dédié à l’intelligence artificielle, a fait savoir le président de l’ATUGE. Le livre en question est le fruit de la réflexion de plus de 20 experts et universitaires en la matière. Lesquels ont présenté une série de recommandations, des clés directrices pour jeter les bases d’un début d’une dynamique autour de l’IA et passer à la concrétisation des stratégies ambitieuses. «L’avenir se bâtit aujourd’hui», a affirmé Amine Aloulou.
La dimension régionale sera présente au cours de ce «Diaspora Month» à travers l’organisation de la Diaspora regional Networking du 15 juillet au 15 août et ce, dans plusieurs régions du pays, à savoir Sfax, Sousse, Hammamet, Bizerte, Gabès, Béja et Djerba.

Le TGF IA Awards pour réduire le gap entre la recherche et l’innovation
Par ailleurs, une autre nouveauté pour le TGF cette année, c’est l’organisation du AI Hackathon (Automate et Reinvent) et ce, du 17 au 19 juillet courant en partenariat avec CJD Horizon. Le hackathon s’articulera autour de trois thèmes, à savoir Finance et assurance, santé, pharma et industrie.
Mouna Marrakchi, SG de l’ATUGE, a affirmé que l’objectif consiste à réduire le gap entre la recherche et l’innovation, en tirant profit de l’IA. D’où l’intérêt du lancement de l’IA Awards qui se projette de mettre en lumière des compétences tunisiennes en Tunisie et/ou à l’étranger. Elle a affirmé que sur une cinquantaine de candidatures, 12 startups ont été retenues. Par ailleurs, 12 projets novateurs pour la valorisation de la recherche et la création de la valeur et de l’impact sont également en course, outre les projets d’intégration de l’IA en entreprise (AI Business).
Ce hackathon qui se positionne comme un laboratoire d’innovation collaborative d’excellence sera marqué par la mobilisation de 42 groupes et plus de 150 étudiants et jeunes talents de Tunisie et de la diaspora, a indiqué la présidente de CJD Tunis Horizon, Nouha Younes. Ils seront encadrés par 50 mentors de haut niveau, comprenant des professionnels de l’écosystème entrepreneurial, des experts en IA et des spécialistes métiers issus des entreprises partenaires. Leur mission consistera à relever des défis opérationnels complexes, avec pour priorité le déploiement de solutions applicables à des secteurs stratégiques de l’économie nationale.
L’événement réunira plus de 2.500 participants, 150 entreprises et startups, ainsi que 80 intervenants et experts de Tunisie et de l’étranger.

Yosr GUERFEL AKKARI

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ZLECAF : Le ministre du Commerce appelle à une étude d’évaluation pour booster le partenariat africain

Von: farhat
14. Juli 2026 um 19:43

Le ministre du Commerce et du Développement des Exportations, Samir Abid, a souligné que l’étude d’évaluation de la mise en œuvre de l’accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) en Tunisie est un choix s’inscrivant dans le cadre de la vision du président de la République, qui fait du soutien et du développement du partenariat avec les pays africains l’une des priorités nationales.
A l’ouverture, mardi, d’un atelier consacré à la présentation de cette étude d’évaluation, marqué par la présence de représentants du secrétariat général de la ZLECAf, des ministères, des structures administratives, des organisations professionnelles, du secteur privé et de femmes entrepreneures, le ministre a précisé que cette étude constitue un outil stratégique pour évaluer les progrès réalisés, identifier les obstacles existants et formuler des recommandations pratiques susceptibles de renforcer la participation de la Tunisie à cet espace économique continental et de mieux tirer profit des opportunités offertes.
Cette étude permettra, selon un communiqué du ministère, d’évaluer la disposition du tissu économique tunisien, de définir les secteurs prioritaires et de proposer des mesures permettant d’accompagner les entreprises tunisiennes dans leur intégration sur les marchés africains.
Le ministre a ajouté que la ZLECAF concrétise une vision stratégique pour édifier un marché africain unifié et intégré, capable d’attirer les investissements, de développer les chaînes de valeur continentales, de soutenir l’industrie et de créer des emplois. L’avenir économique de l’Afrique repose sur une plus grande intégration de ses économies et un renforcement de la coopération, en faisant participer le secteur privé dans ce processus, a notamment ajouté Abid.

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La généralisation de la facturation électronique en marche : impact attendu sur le renforcement du pouvoir d’achat

Von: tmps
12. Juli 2026 um 10:55

«Le projet de généralisation de la facturation électronique s’inscrit dans les orientations nationales visant à accélérer la transformation numérique et à moderniser les services publics. Il constitue également un levier important pour renforcer le contrôle des circuits de distribution, lutter contre les pratiques de monopole et de spéculation, réduire le nombre d’intermédiaires et contribuer de la sorte à la stabilité des marchés ainsi qu’à la préservation du pouvoir d’achat des citoyens», a déclaré le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid.

Lors d’une séance de travail consacrée au suivi de la généralisation de ce dispositif dans les marchés de gros, le ministre a souligné que la facturation électronique permettra d’assurer une meilleure traçabilité des produits agricoles tout au long de la chaîne de distribution, d’améliorer les performances des différents intervenants et de disposer d’une base de données fiable et précise au service de la régulation des marchés.

Selon un communiqué publié par le ministère du Commerce à l’issue de cette réunion, les résultats de l’expérience pilote menée par la Société tunisienne des marchés de gros (SOTUMAG) à Bir El Kassaâ, relative à la facturation électronique, ont été examinés. Les aspects techniques, organisationnels et financiers du dispositif ont été évalués, tandis que les modalités de son déploiement à l’ensemble des marchés de gros ont été arrêtées. «La généralisation du système concernera, à terme, les marchés municipaux ainsi que les marchés des ports de pêche», a annoncé le ministère.

Dans le même esprit, le ministre a insisté sur le rôle de la facturation électronique dans le renforcement de la transparence des transactions, la modernisation des marchés de gros et la maîtrise des prix, avec un impact attendu sur le renforcement du pouvoir d’achat des ménages.

Il a, en outre, souligné que «l’extension de cette expérience à l’échelle nationale, notamment aux marchés municipaux, ainsi que l’accélération de sa mise en œuvre nécessitent une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes et leur adhésion totale à cette démarche». Le ministre a rappelé, à cet égard, les résultats positifs déjà enregistrés grâce au déploiement de la facturation électronique dans les marchés de gros de Bizerte, Sousse et Sfax.

 

Un dispositif instauré par le Code de la TVA

Il convient de rappeler que la facturation électronique n’est pas une mesure nouvelle. Le Code de la TVA prévoit déjà son application pour les entreprises relevant de la Direction des grandes entreprises, au titre des opérations réalisées avec l’État, les collectivités locales, les établissements publics et les entreprises publiques.

Dans ce même cadre, le paragraphe II ter de l’article 18 du Code de la TVA autorise les assujettis à la TVA à émettre des factures électroniques comportant l’ensemble des mentions obligatoires. «Ces factures doivent être établies sous un format électronique composé d’un ensemble de lettres et de chiffres intelligibles, puis archivées sur un support garantissant leur conservation, leur lecture et leur consultation en cas de besoin», explique le document.

L’article 53 de la loi de Finances pour 2026 constitue une nouvelle étape dans le processus de généralisation de la facturation électronique. Cette disposition modifie le cinquième alinéa du paragraphe II ter de l’article 18 du Code de la TVA afin d’élargir le champ des opérations concernées par cette mesure.

Concrètement, cette réforme rend le recours à la facturation électronique obligatoire à compter du 1er janvier 2026 et étend son application aux opérations de prestations de services.

À cet effet, le ministère des Finances a publié un communiqué dans lequel il rappelle que l’article 53 de la loi n°17-2025 du 12 décembre 2025 portant loi de finances pour l’année 2026 prévoit la soumission de certaines opérations à la facturation électronique.

Toutefois, afin d’éviter les difficultés susceptibles d’être rencontrées par plusieurs entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, ainsi que par certains secteurs d’activité, dans l’accès aux plateformes électroniques, le ministère a indiqué que la mise en œuvre de cette mesure se fera de manière progressive et adaptée.

«Cette mise en œuvre progressive vise à prévenir toute perturbation ou désorganisation pouvant résulter de la mise en œuvre de cette mesure et à limiter ses éventuelles répercussions négatives sur l’activité économique dans son ensemble», précise le communiqué.

Nouha MAINSI



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Tunisie : L’inflation recule à 5,3 % en juin

Von: tmps
06. Juli 2026 um 09:18

Le taux d’inflation en Tunisie a ralenti à 5,3% en glissement annuel au mois de juin, contre 5,5% en mai, sous l’effet principalement d’un ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires, selon les données publiées dimanche par l’Institut national de la statistique (INS).

La progression des prix du groupe « Alimentation et boissons » s’est établie à 7,1% en juin, contre 8,2% le mois précédent. En revanche, les prix du tabac et ceux des loisirs et de la culture ont légèrement accéléré.

Sur un an, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 7,1%, tirés notamment par la hausse de la viande ovine (+18,3%), de la viande bovine (+13,6%), de la volaille (+13,5%), des poissons frais (+11,7%) et des fruits frais (+11%). Les prix des huiles alimentaires (-5,5%) et des œufs (-3,1%) ont, en revanche, reculé.

Les prix des produits manufacturés ont progressé de 4,7% sur un an, soutenus par la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+9,2%), tandis que ceux des services ont augmenté de 4,3%, notamment en raison du renchérissement des services d’hébergement (+15,4%).

L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et l’énergie, est ressortie à 4,9% en juin, contre 4,8% en mai.

Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,2%, après une hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+1,7%) et des restaurants, cafés et hôtels (+1%).

Les prix des produits alimentaires ont, en revanche, reculé de 0,9%, sous l’effet notamment de la baisse des prix de la volaille, des légumes frais, des œufs, des fruits frais et de la viande ovine.

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Le ministre de l’Économie vise une croissance d’environ 4,2 % avec le plan 2026-2030

Von: farhat
30. Juni 2026 um 18:58

Le plan de développement 2026-2030 vise à atteindre un taux de croissance d’environ 4,2 % à prix constants, à réduire le taux de pauvreté à moins de 15 % et à hisser l’indice de développement humain (IDH) au niveau des pays à très haut développement humain, a indiqué le ministre de l’Economie et de la planification, Samir Abdelhafidh .
Intervenant au cours d’une séance d’audition conjointe des commissions permanentes des députés, tenue mardi, le ministre a ajouté que le plan vise également à porter l’indice de développement régional à 0,6 point d’ici 2030, tout en réduisant de 0,1 point l’écart entre les limites minimale et maximale de cet indice selon les gouvernorats.
Il a souligné que le plan de développement 2026-2030 repose sur de grandes orientations, notamment la modernisation du tissu économique, le développement des infrastructures, la garantie de la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, la préservation d’un environnement sain, la modernisation du cadre institutionnel, l’amélioration de l’efficacité des services publics et la garantie d’un développement social équitable et inclusif.
Dans le secteur de l’énergie, le plan vise à porter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à 35 % d’ici 2030, à améliorer l’efficacité énergétique en réduisant la consommation nationale d’énergie primaire de 30 %, outre la modernisation des réseaux électriques et l’augmentation du taux d’exploitation des eaux usées.
Le plan prévoit également la mise en place d’un système efficace et flexible de gestion des affaires publiques, afin de favoriser le développement économique et social et renforcer les droits des citoyens et des acteurs économiques.
Et de rappeler que le ministère a reçu 40 748 propositions de projets dans le cadre de l’élaboration du plan de développement, dont 34 715 projets soumis par les conseils locaux (85 % du total), 5 375 projets proposés par les conseils régionaux (13 %) et 658 projets soumis par les conseils provinciaux (2 %).

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Le textile tunisien :  laboratoire méditerranéen de la mode intelligente

Von: farhat
30. Juni 2026 um 08:26

Par Jamel BENJEMIA

Il est des industries qui ne fabriquent pas seulement des produits, elles façonnent des territoires, structurent des vies et tissent silencieusement la mémoire collective d’une nation. Le textile appartient à cette catégorie rare. Derrière chaque atelier, chaque métier à tisser, chaque bobine de fil, se cachent des générations de femmes et d’hommes, des savoir-faire transmis, des destins familiaux et une certaine idée du travail.

Pendant plus d’un demi-siècle, le textile tunisien a incarné l’une des plus grandes aventures industrielles et sociales du pays. Porté par la loi 70 et par la vision modernisatrice impulsée sous Hédi Nouira, il a permis l’émergence d’un tissu industriel dense, créateur de centaines de milliers d’emplois et profondément arrimé aux marchés européens. La Tunisie est ainsi devenue l’un des ateliers privilégiés de l’Europe, forgeant sa réputation sur la qualité de sa main-d’œuvre, sa proximité géographique et sa remarquable capacité d’adaptation.

Mais l’histoire économique ressemble à la mer Méditerranée : elle n’accorde aucun mouillage définitif. Les courants changent, les routes commerciales se déplacent, les certitudes d’hier deviennent parfois les fragilités de demain.

La mondialisation a profondément redessiné la géographie industrielle. Le Bangladesh, le Vietnam ou l’Éthiopie disputent désormais aux pays méditerranéens le terrain des coûts salariaux. Dans le même temps, les consommateurs réclament davantage de rapidité, de personnalisation, de durabilité, mais aussi d’authenticité et de sens.

Le vêtement n’est plus un simple assemblage de tissus. Il devient une expérience, une affirmation identitaire, parfois même un engagement éthique.

Dès lors, une interrogation majeure s’impose : la Tunisie doit-elle demeurer un atelier performant au service des marques étrangères ou ambitionner de devenir un laboratoire méditerranéen de la mode intelligente ?

La réponse dépasse largement le destin d’un secteur industriel. Elle engage la capacité de la Tunisie à passer du statut d’atelier performant à celui de créateur de valeur, d’idées et d’imaginaires.

Sortir du piège du bas coût

Le principal risque auquel est confronté le textile tunisien consiste à poursuivre une bataille déjà perdue, celle des coûts.

Aucune économie méditerranéenne ne pourra durablement rivaliser avec les salaires pratiqués dans certaines régions d’Asie ou d’Afrique subsaharienne. Chercher à préserver la compétitivité uniquement par la compression des coûts reviendrait à engager une course vers le moins-disant social dont personne ne sortirait vainqueur.

L’expérience asiatique mérite à cet égard d’être méditée avec attention.

La Chine, la Corée du Sud ou Taïwan ont certes débuté par la sous-traitance intensive. Mais elles ont rapidement compris qu’une nation ne s’enrichit pas durablement en cousant pour les autres ou en vendant exclusivement des heures de travail. Elles ont investi massivement dans le design, la recherche, les marques, la logistique, la technologie et la propriété intellectuelle.

La véritable richesse ne réside plus dans l’assemblage du vêtement, mais dans sa conception, son récit, son image et sa capacité à susciter le désir.

Plus encore, la maîtrise des marques, du design et de l’innovation constitue désormais un enjeu de souveraineté économique. Les pays qui abandonnent la conception aux autres finissent souvent par dépendre des décisions prises ailleurs. Or, dans un monde fragmenté par les tensions commerciales et les rivalités technologiques, produire sans concevoir revient à naviguer sans gouvernail.

Faire émerger une signature méditerranéenne

L’une des grandes faiblesses du textile tunisien demeure son invisibilité.

Chaque année, des millions de pièces confectionnées en Tunisie sont vendues en Europe sans que le consommateur final en ait conscience. Le pays produit, mais ne signe pas.

Or, dans l’économie contemporaine, la marque constitue un actif stratégique majeur.

La Tunisie dispose pourtant d’atouts singuliers : héritage andalou, artisanat séculaire, diversité des influences méditerranéennes, maîtrise de la broderie, du tissage et des fibres naturelles.

Pourquoi ne pas faire émerger un label international associant élégance méditerranéenne, qualité européenne et production responsable ?

Cette ambition n’a rien d’utopique. Feu Ezzedine Alaïa, génie absolu de la haute couture, avait démontré qu’un créateur tunisien pouvait puiser dans sa mémoire intime pour élaborer un langage esthétique universel. Son célèbre col Alaïa demeure l’illustration éclatante de cette alchimie entre enracinement local et rayonnement mondial.

Le textile tunisien gagnerait ainsi à renouer avec sa géographie et son climat. Depuis des siècles, les peuples méditerranéens ont appris à vivre sous un soleil exigeant, à composer avec la chaleur, la sécheresse et l’intensité lumineuse.

Cette expérience pourrait devenir un formidable laboratoire d’innovation.

Pourquoi ne pas développer des vêtements spécialement conçus pour les régions soumises aux fortes chaleurs, capables de réguler la température corporelle, d’évacuer rapidement l’humidité ou de sécher en quelques minutes ? Pourquoi ne pas imaginer des tissus infroissables réduisant les besoins en repassage et, par conséquent, la consommation énergétique domestique ?

À l’heure où le réchauffement climatique redessine les modes de vie à l’échelle planétaire, la Tunisie pourrait devenir pionnière d’une nouvelle génération de vêtements adaptés aux climats extrêmes.

Demain, l’innovation textile ne consistera peut-être plus à suivre la mode, mais à aider l’humanité à mieux habiter une planète plus chaude.

Construire la mode intelligente

L’industrie textile mondiale entre dans une nouvelle révolution industrielle.

L’intelligence artificielle, l’analyse des données massives, la robotisation et la numérisation bouleversent déjà l’ensemble de la chaîne de valeur.

Demain, les algorithmes prédiront les tendances avant même qu’elles n’apparaissent sur les réseaux sociaux. Les logiciels anticiperont les ventes, réduiront les invendus et permettront la personnalisation des collections.

Le couturier de demain travaillera autant avec des stylistes qu’avec des data scientists.

Grâce à la qualité de ses ingénieurs, à ses compétences numériques et à la vitalité de sa jeunesse, la Tunisie dispose ici d’une opportunité historique.

Cela suppose toutefois la création d’écosystèmes associant universités, écoles de mode, centres de recherche, startups technologiques et industrielles.

Des pôles spécialisés pourraient émerger autour des textiles connectés, des fibres intelligentes, des tissus médicaux, des matériaux recyclés ou encore des vêtements destinés aux industries automobile et aéronautique.

Demain, l’aiguille dialoguera avec l’algorithme, le métier à tisser avec la donnée et l’inspiration créatrice avec l’intelligence artificielle.

Miser sur la proximité et la durabilité

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les ruptures logistiques et l’urgence climatique, la proximité redevient un avantage compétitif majeur.

L’Europe découvre aujourd’hui les limites d’une dépendance excessive à des chaînes d’approvisionnement lointaines.

La Méditerranée retrouve ainsi une centralité économique inattendue.

À quelques jours seulement des principaux marchés européens, la Tunisie dispose d’un atout géographique exceptionnel. Elle peut répondre rapidement aux commandes, produire en séries limitées et réduire considérablement les délais de livraison.

Parallèlement, les exigences environnementales remodèlent déjà l’industrie mondiale.

Les consommateurs européens ne recherchent plus seulement un vêtement, ils veulent connaître son histoire, son empreinte environnementale et les conditions humaines de sa fabrication.

En investissant massivement dans l’économie circulaire, les énergies renouvelables, le recyclage des fibres et la gestion durable de l’eau, la Tunisie pourrait devenir l’une des premières plateformes méditerranéennes de production textile décarbonée.

Coudre sa propre destinée

L’histoire économique enseigne qu’aucune nation ne progresse durablement en demeurant l’exécutante du génie des autres.

Durant plusieurs décennies, la Tunisie a admirablement rempli son rôle d’atelier manufacturier aux portes de l’Europe. Cette époque ne doit ni être reniée ni abandonnée aux poussières de l’histoire : elle a légué à la Tunisie bien davantage que des usines et des statistiques. Elle lui a transmis des gestes, des savoir-faire et cette intelligence de la main qui constitue souvent le premier visage du génie d’une nation.

Mais les grandes nations économiques sont celles qui savent transformer leurs héritages en tremplins plutôt qu’en refuges.

Le textile tunisien ne doit plus seulement confectionner des vêtements, il doit concevoir des idées, créer des marques, inventer des matières, produire de l’intelligence et exporter une vision méditerranéenne du monde.

Le véritable enjeu n’est plus de savoir combien de pièces la Tunisie peut fabriquer, mais combien d’innovation, de créativité et de sens elle peut incorporer dans chacune d’elles.

Car, au XXIᵉ siècle, les nations qui prospèrent ne sont plus nécessairement celles qui disposent des bras les moins coûteux, mais celles qui savent métamorphoser leur mémoire, leur culture et leur intelligence collective en richesse durable.

La Tunisie porte en elle cet héritage, cette intelligence de la main et cette créativité qui distinguent les peuples bâtisseurs. Il lui reste désormais à les convertir en vision industrielle, en innovation et en rayonnement international.

Pendant des décennies, elle a habillé l’Europe. Le siècle qui s’ouvre lui offre peut-être une destinée plus vaste : ne plus seulement confectionner des vêtements, mais imaginer les usages de demain, vêtir l’avenir et, fil après fil, tisser sa propre renaissance.

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