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Indice mondial de la faim 2026: le Maroc se classe 8e à l’échelle régionale

19. Oktober 2026 um 12:06
L’Indice mondial de la faim 2026 a classé le Maroc au 47e rang mondial, le plaçant dans la catégorie des pays à faible niveau de faim et au huitième rang parmi les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, selon yabiladi. Le Maroc s’est classé au 47e rang mondial dans l’Indice mondial de la faim […]

Manifestations du 17 octobre : plus de 2 000 personnes placées en garde à vue

19. Oktober 2026 um 11:47
Selon les derniers chiffres du gouvernement, plus de 2 000 personnes ont été placées en garde à vue durant ce week-end de manifestations, puis de pillages. En bref 2 331 gardes à vue ont été enregistrées durant le week-end, selon…

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Toutes les dispositions prises pour lancer l’assemblage de camions  »SOKON Algérie »

19. Oktober 2026 um 11:45
Le directeur-général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a affirmé samedi à Batna que toutes les dispositions ont été prises pour lancer l’assemblage de camions au complexe  »SOKON Algérie », situé dans la zone des activités de la commune de Zana El Beida dans la wilaya de Batna. Dans une déclaration à […]

Bourguiba | Une autre idée de la gauche en terre arabo-musulmane

19. Oktober 2026 um 11:09

Il est des hommes politiques que l’on comprend mal lorsqu’on les enferme dans les catégories qui ont façonné les débats idéologiques d’autres sociétés. Habib Bourguiba est de ceux-là. Vouloir déterminer s’il fut un homme de gauche en le comparant exclusivement aux traditions marxistes européennes, aux expériences bolcheviques ou aux modèles classiques de la social-démocratie risque de nous éloigner de l’essentiel.

Zouhaïr Ben Amor *

Bourguiba a vécu et agi dans un contexte historique particulier : celui d’une Tunisie qui sortait du protectorat, d’une société profondément marquée par les traditions, d’un pays où l’instruction demeurait insuffisamment répandue et où les inégalités sociales, régionales et entre les hommes et les femmes pesaient lourdement sur les possibilités de chacun. C’est à partir de cette réalité qu’il faut juger son projet.

La question n’est donc pas de savoir s’il fut un disciple de Marx, s’il partageait les conceptions révolutionnaires des partis communistes ou s’il aurait trouvé sa place dans les classifications politiques de l’Europe industrielle. La véritable question est ailleurs : quelle société voulait-il construire, quels privilèges entendait-il remettre en cause, quelle place accordait-il à l’éducation, à la femme, à la religion, à la mobilité sociale et à la dignité humaine ? Et surtout, quelle idée de l’avenir portait-il dans une région du monde où le poids de la tradition était souvent invoqué pour justifier l’immobilisme ?

À mes yeux, c’est d’abord par cette volonté de transformer la société, de combattre les inégalités héritées et de refuser que les individus soient enfermés dans leur condition de naissance que Bourguiba peut être considéré comme un homme de gauche. Une gauche qui ne se définit pas prioritairement par la propriété collective des moyens de production, mais par une certaine conception de la justice sociale, par la conviction que les sociétés peuvent progresser et par le refus d’accepter la fatalité comme une réponse aux difficultés humaines.

Cette lecture ne suppose ni d’ignorer les contradictions de son régime ni de transformer son parcours en récit sans défaut. Elle exige simplement que nous replacions l’homme dans son temps, dans sa culture et dans les défis auxquels il entendait répondre. L’histoire tunisienne mérite mieux que des jugements importés, appliqués mécaniquement à une expérience qui possédait sa propre logique.

Une gauche de l’émancipation des dogmes

La gauche n’a jamais été une réalité uniforme. Elle a pris des formes différentes selon les pays, les périodes historiques et les sociétés dans lesquelles elle s’est développée. En Europe, elle s’est notamment construite autour de la question ouvrière, de la lutte contre les privilèges économiques, de la protection des travailleurs et de la remise en cause de l’ordre social. Dans les pays anciennement colonisés, les priorités pouvaient être différentes. L’indépendance politique, l’accès à l’école, la construction d’institutions nationales, l’émancipation des femmes et la réduction des inégalités héritées du colonialisme constituaient souvent des urgences aussi fondamentales que les débats sur la propriété ou la lutte des classes.

La Tunisie de 1956 ne pouvait pas être abordée comme une société européenne déjà industrialisée, dotée d’institutions anciennes et d’une longue tradition de participation politique. Elle devait construire son État, former ses cadres, généraliser l’instruction, organiser ses services publics et modifier des structures sociales qui limitaient les possibilités de larges catégories de la population. Dans ce contexte, l’égalité ne pouvait pas se réduire à une formule économique. Elle devait signifier que l’enfant né dans une famille modeste aurait, autant que possible, accès à l’école ; que la femme ne serait pas condamnée à la dépendance juridique ; que l’origine géographique ne déterminerait pas définitivement le destin d’un individu ; que la société ne considérerait pas la pauvreté comme une condition naturelle dont il serait vain de vouloir sortir.

C’est sur ce terrain que se situe une part essentielle de l’action de Bourguiba. Son ambition consistait à substituer progressivement à une société dominée par les héritages familiaux, les hiérarchies traditionnelles et les inégalités d’accès au savoir un ordre social dans lequel l’État pourrait ouvrir de nouvelles possibilités. Il ne voulait pas seulement administrer la Tunisie indépendante. Il voulait transformer les mentalités, les comportements et les rapports entre les individus.

Cette démarche correspond à une conception profondément sociale de la gauche. Elle repose sur l’idée que l’être humain n’est pas prisonnier de son milieu, de sa famille ou de son passé. La société peut intervenir pour lui donner les moyens de changer de condition. L’éducation, la santé, la formation et l’égalité devant la loi deviennent alors des instruments d’émancipation.

Il faut également tenir compte de la place qu’occupait la religion dans la société tunisienne. Bourguiba n’a pas agi dans un environnement où l’islam aurait été une référence secondaire. Il savait que la religion appartenait à l’histoire, à la culture et à la vie quotidienne de la population. Son ambition consistait cependant à contester les interprétations qui transformaient certaines pratiques héritées en obligations immuables et qui présentaient l’ordre social existant comme une réalité qu’il serait dangereux de remettre en question.

Une telle attitude ne correspond pas à une gauche nécessairement antireligieuse. Elle relève plutôt d’une conception non fataliste de la société : les croyances peuvent demeurer vivantes sans que toutes les coutumes deviennent intouchables. La fidélité à une civilisation ne signifie pas l’interdiction de la réformer. Une tradition qui ne permet aucune évolution finit par confondre sa propre histoire avec une vérité éternelle.

Bourguiba voulait précisément ouvrir cet espace. Son rapport à la religion fut complexe, parfois autoritaire et souvent contesté, mais il reposait sur une conviction fondamentale : la société tunisienne pouvait évoluer sans devoir renoncer à son identité arabo-musulmane. C’est une dimension déterminante de son parcours, trop souvent négligée lorsque l’on cherche à le faire entrer dans une opposition simpliste entre religion et modernité.

La femme tunisienne, une révolution au cœur du projet social

S’il est un domaine dans lequel l’orientation progressiste de Bourguiba apparaît avec une force particulière, c’est bien celui de la condition féminine. Le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance, la promulgation du Code du statut personnel engage la Tunisie dans une transformation juridique et sociale d’une portée exceptionnelle. L’interdiction de la polygamie, l’encadrement du mariage par le consentement et le remplacement de la répudiation unilatérale par le divorce judiciaire constituent des ruptures majeures avec des pratiques qui plaçaient les femmes dans une situation d’inégalité.

Il faut mesurer ce que représentait une telle décision dans son contexte historique. Dans une grande partie du monde arabo-musulman, la condition féminine restait profondément liée à des structures familiales patriarcales et à des interprétations religieuses qui limitaient l’autonomie des femmes. Bourguiba choisit de faire de leur émancipation un axe central de la construction nationale. Il ne considérait pas cette question comme un sujet secondaire, destiné à être traité après les problèmes économiques ou une fois que le pays aurait atteint un certain niveau de développement. Il en fit une priorité dès les premiers mois de l’indépendance.

L’originalité tunisienne fut précisément de considérer que la transformation de la société ne pouvait pas attendre. Il ne suffisait pas de proclamer la souveraineté nationale si la moitié de la population demeurait enfermée dans des rapports juridiques inégalitaires. L’indépendance devait aussi modifier la vie au sein des familles, la place des femmes dans l’espace public et les possibilités offertes aux nouvelles générations.

Rayed Khedher (2017) montre que cette réforme s’inscrit dans une trajectoire historique particulière, nourrie par les débats intellectuels tunisiens, les réformateurs qui avaient précédé l’indépendance et la volonté de modernisation portée par le nouvel État. Il rappelle également l’importance du Code du statut personnel dans la singularité de l’expérience tunisienne au sein du monde arabo-musulman. La politique de Bourguiba ne fut donc pas une décision isolée, surgie de nulle part. Elle s’appuyait sur un héritage intellectuel national, mais elle eut besoin d’une volonté politique capable de transformer ces idées en droit.

C’est ici que son rapport à la religion prend tout son sens. Bourguiba refusait que des interprétations figées de l’islam servent à interdire toute réforme du droit familial. Il mobilisait une lecture réformatrice, faisant place à l’interprétation et à la raison, pour défendre la possibilité d’une société musulmane moderne. Cette démarche permettait de poser autrement une question souvent présentée comme insoluble : fallait-il choisir entre l’identité religieuse et l’égalité des femmes ? Pour Bourguiba, ce choix n’avait rien d’inévitable.

On peut discuter sa méthode, son intervention dans les pratiques sociales et le caractère parfois paternaliste de sa politique. On peut aussi rappeler que l’émancipation des femmes fut portée par des intellectuelles, des militantes et des réformatrices qui ne doivent pas disparaître derrière la seule figure présidentielle. Il serait injuste de faire de Bourguiba l’unique auteur d’une évolution à laquelle d’autres femmes et hommes avaient contribué bien avant lui.

Mais il serait tout aussi injuste de minimiser son rôle politique. Il eut le courage d’engager une réforme qui touchait à des structures profondément enracinées et dont les conséquences dépassaient largement le cadre juridique. Emma C. Murphy (1996) souligne l’importance de la trajectoire tunisienne dans l’histoire des droits des femmes, en mettant en évidence le rôle joué par Bourguiba et par les réformateurs qui l’avaient précédé.

La portée de cette orientation dépasse les frontières tunisiennes. L’émancipation féminine constitue l’un des éléments les plus originaux de l’expérience bourguibienne dans le monde arabe. Elle donne à son héritage une dimension qui ne peut être appréciée uniquement à travers les politiques économiques ou les relations entretenues avec les grandes puissances.

Une société qui reconnaît aux femmes une capacité juridique plus grande, favorise leur accès à l’éducation et leur permet de participer progressivement à la vie professionnelle et publique modifie en profondeur ses propres équilibres. Elle élargit le champ des libertés individuelles et remet en question la transmission automatique des rapports de domination d’une génération à l’autre.

Voilà pourquoi la question féminine est centrale lorsqu’on cherche à situer Bourguiba à gauche. L’égalité sociale ne se limite pas au partage des revenus. Elle concerne aussi la liberté de disposer de sa vie, de participer à la société et de ne pas être assigné à une place par sa naissance ou son sexe.

L’éducation, ou la volonté de briser la fatalité sociale

Bourguiba avait compris qu’une réforme juridique, aussi audacieuse soit-elle, ne pouvait transformer durablement la société si elle n’était pas accompagnée d’une politique éducative ambitieuse. Le droit ouvre une possibilité ; l’éducation donne aux individus les moyens de s’en saisir. Il fallait donc construire des écoles, former des enseignants, développer l’enseignement secondaire et supérieur, élargir l’accès au savoir et préparer une génération capable de faire fonctionner les institutions d’un État moderne.

Dans la Tunisie indépendante, l’école publique représentait bien davantage qu’un service administratif. Elle constituait une promesse de mobilité sociale. Un enfant issu d’une famille modeste pouvait espérer devenir enseignant, médecin, ingénieur, magistrat ou haut fonctionnaire. Il pouvait envisager une vie différente de celle que son environnement semblait lui réserver.

Cette transformation fut considérable dans un pays qui devait former rapidement ses propres cadres après le départ d’une partie des responsables de l’administration coloniale. L’éducation devait répondre à une nécessité nationale, mais elle portait également une ambition égalitaire. Le savoir ne devait pas demeurer l’apanage d’une minorité. Il fallait le diffuser afin que la naissance, les ressources familiales ou l’appartenance à un milieu privilégié ne constituent plus les seules voies d’accès aux responsabilités.

On comprend mieux, dans cette perspective, la place accordée aux compétences issues de milieux modestes dans la construction de l’État. Des responsables politiques et des ministres venus de familles qui ne possédaient ni fortune considérable ni réseaux anciens ont pu accéder à des fonctions importantes grâce à leur formation, leur parcours et leur engagement. Cette mobilité n’a pas supprimé les privilèges, et elle ne signifie pas que toutes les régions ou toutes les catégories sociales aient bénéficié des mêmes possibilités. Elle indique néanmoins qu’un renouvellement des élites était possible.

Pour un pays qui cherchait à se construire, cette question avait une importance particulière. Il ne suffisait pas de remplacer les anciens dirigeants par une nouvelle aristocratie nationale. Il fallait former des compétences, faire émerger des responsables et permettre à des individus issus de milieux différents de participer à la direction du pays.

L’école constituait ainsi l’un des instruments essentiels du projet bourguibien. Elle devait former des citoyens capables de comprendre leur environnement, de participer au développement national et de s’affranchir progressivement des déterminismes sociaux. L’éducation ne pouvait pas garantir à elle seule l’égalité, mais elle en représentait une condition fondamentale.

Cette ambition explique aussi pourquoi Bourguiba accordait une telle importance à la formation des femmes. L’accès à l’école ne devait pas être réservé aux garçons ni dépendre exclusivement des ressources d’une famille. La transformation des mentalités exigeait que les nouvelles générations, filles et garçons, puissent acquérir les connaissances nécessaires à leur autonomie.

Il faut reconnaître les limites de cette politique. L’expansion scolaire n’a pas effacé les disparités régionales, les difficultés économiques ou les inégalités de départ. Les diplômes n’ont pas toujours débouché sur les emplois espérés, et la mobilité sociale est demeurée incomplète. Mais juger une politique éducative à l’aune de ses limites ne doit pas nous conduire à oublier l’ambition qui la portait.

Bourguiba voulait faire de l’instruction une responsabilité majeure de l’État. Dans un pays où la pauvreté et l’analphabétisme limitaient encore les possibilités d’une partie de la population, cette orientation représentait un choix social de première importance. Elle correspondait à une conviction qui demeure profondément actuelle : la société n’est pas condamnée à reproduire indéfiniment ses propres inégalités.

Le développement régional confronté aux limites du réel

La justice sociale ne concerne pas uniquement les rapports entre les classes ou entre les sexes. Elle se mesure également à la manière dont un pays traite ses territoires. Peut-on parler d’égalité lorsque les possibilités d’emploi, les services publics, les infrastructures et les établissements de formation sont concentrés dans quelques villes, tandis que d’autres régions voient leurs jeunes partir faute de perspectives ?

Bourguiba connaissait ce problème. La Tunisie indépendante héritait de déséquilibres territoriaux accentués par l’histoire coloniale, qui avait favorisé certains espaces littoraux et certaines activités économiques. La construction de l’État devait donc s’accompagner d’un effort de rééquilibrage. Il fallait créer des activités dans l’intérieur du pays, développer l’agriculture, moderniser les infrastructures et limiter l’exode rural en donnant aux populations des raisons de rester dans leurs régions.

Les politiques de planification des années 1960 témoignent de cette préoccupation. Hafedh Sethom (1979), dans son étude sur les transformations de l’espace tunisien depuis l’indépendance, décrit les efforts engagés pour créer des pôles industriels à l’intérieur du pays et réduire les disparités héritées du protectorat. L’État investit dans de grandes unités industrielles et tenta de faire du développement économique un instrument de transformation territoriale.

Les résultats furent cependant inégaux. Certains projets n’atteignirent pas les objectifs espérés en matière d’emploi et de rentabilité. Les investissements industriels ne suffirent pas à modifier profondément la répartition des activités et des possibilités économiques. Les régions de l’intérieur continuèrent à rencontrer des difficultés structurelles, tandis que les espaces les mieux intégrés aux circuits économiques conservaient des avantages importants.

Il faut donc éviter deux erreurs. La première serait de prétendre que Bourguiba a résolu le problème régional tunisien. Il ne l’a pas fait. La seconde consisterait à affirmer qu’il n’a pas compris l’importance de ce problème. Les orientations de développement et les investissements publics montrent qu’il existait une volonté de modifier la géographie économique du pays, même si cette volonté n’a pas produit tous les effets attendus.

Cette distinction est essentielle. Une ambition politique peut être réelle sans que sa mise en œuvre soit pleinement réussie. L’histoire du développement régional tunisien montre précisément la difficulté de transformer des déséquilibres anciens par la seule intervention de l’État, surtout lorsque les ressources sont limitées et que les projets industriels ne créent pas suffisamment d’emplois.

Mais l’existence de ces limites ne retire rien à la dimension sociale de la préoccupation. Le développement régional pose une question d’égalité : un jeune né à Kasserine, à Gafsa, au Kef ou dans une localité rurale doit-il avoir moins de possibilités qu’un jeune né dans une grande ville côtière ? La réponse ne peut être acceptable si elle transforme l’inégalité territoriale en fatalité.

Bourguiba avait fait du développement national une responsabilité publique. Il voulait que l’État intervienne pour transformer les conditions de vie et créer de nouvelles possibilités. Ce choix relève d’une conception de la justice sociale qui ne se confond pas avec le marxisme, mais qui partage avec les traditions progressistes le refus de laisser les inégalités se reproduire sans intervention collective.

L’autorité, l’éducation et la question démocratique

C’est sur la question démocratique que les jugements portés sur Bourguiba deviennent les plus difficiles. On ne peut nier le caractère autoritaire de son régime, la concentration du pouvoir, les restrictions imposées aux oppositions et les périodes de répression. Il faut les reconnaître sans détour. Mais les comprendre exige aussi de replacer les choix politiques dans le contexte de la Tunisie qui accédait à l’indépendance.

Le pays devait construire rapidement un État moderne, former ses responsables, généraliser l’éducation et transformer des structures sociales anciennes. Les institutions étaient jeunes, les ressources limitées et la culture de participation politique demeurait inégalement développée. Bourguiba estimait que la modernisation de la société devait précéder, ou du moins accompagner étroitement, l’élargissement de la participation politique. Il accordait à l’éducation et à la formation du citoyen une place prioritaire, convaincu qu’une démocratie durable ne pouvait reposer uniquement sur des textes juridiques si les conditions sociales nécessaires à son fonctionnement n’étaient pas réunies.

Cette conception mérite d’être examinée dans son contexte. Elle ne doit pas être confondue avec l’idée que les Tunisiens auraient été, par nature ou par culture, incapables de démocratie. Une telle affirmation serait injuste et historiquement réductrice. Elle ne tient pas compte des traditions de mobilisation nationale, des organisations syndicales, des associations et des courants politiques qui existaient déjà dans le pays. Elle néglige aussi les aspirations à la liberté exprimées par des générations de Tunisiens.

Il est cependant possible de soutenir que Bourguiba estimait que la priorité devait aller à la construction d’un État, à l’instruction et à la transformation des structures sociales avant de permettre une compétition politique pleinement ouverte. Dans sa vision, la modernisation devait créer les conditions d’une société nouvelle. Le problème est que cette transition, présentée comme nécessaire, n’a pas débouché sur une démocratisation progressive et durable de son régime. L’autorité destinée à préparer l’avenir a fini par se maintenir elle-même.

C’est là une limite importante de son projet. En concentrant les décisions entre les mains du pouvoir, le régime a réduit la possibilité pour les citoyens de participer librement à la définition de cet avenir. Il a parfois confondu la nécessité de construire l’État avec le droit de décider seul au nom de la société.

La question mérite néanmoins d’être abordée sans anachronisme. La démocratie n’est pas une institution qui fonctionne automatiquement dès lors que l’on proclame des élections. Elle demande des règles acceptées, des institutions solides, une culture du pluralisme, une administration impartiale, des contre-pouvoirs et une capacité à distinguer l’État des intérêts d’un parti. Elle suppose aussi que les désaccords politiques ne deviennent pas des conflits irréconciliables sur l’identité même de la nation.

Les événements qui ont suivi 2011 ont montré combien cette construction était difficile. La chute de Ben Ali a ouvert une possibilité historique considérable, mais elle n’a pas suffi à installer immédiatement une démocratie consolidée. Les tensions sociales, les attentes économiques, la fragilité des institutions et les affrontements idéologiques ont pesé sur la transition.

La place de la religion dans l’espace public est devenue l’un des principaux terrains de confrontation. Les débats sur l’identité, les libertés individuelles, la place de l’islam dans la Constitution et les rapports entre religion et politique ont parfois pris le pas sur les questions sociales qui avaient nourri les mobilisations populaires. Mohamed Nachi (2016) a analysé cette transformation du religieux en enjeu central de l’espace public tunisien durant la période de transition.

Dans cette perspective, je considère que les partis islamistes et la politisation de la religion ont contribué à brouiller le sens de l’événement de 2011. Une révolution portée par des aspirations à la dignité, à l’emploi, à la justice et à la liberté s’est trouvée confrontée à des conflits identitaires qui ont détourné une partie du débat public des urgences sociales. Il ne s’agit pas de nier le droit des citoyens croyants à participer à la vie politique, ni de réduire tous les échecs de la transition à une seule famille politique. Les difficultés économiques, les rivalités partisanes, les faiblesses institutionnelles et les choix de l’ensemble des acteurs ont également pesé.

Mais le problème apparaît lorsque la religion devient un instrument de compétition pour imposer une définition exclusive de la société. Une démocratie ne peut durablement fonctionner si les adversaires politiques sont présentés comme des ennemis de la foi, de l’identité ou de la nation. Elle exige que les convictions religieuses puissent s’exprimer librement, sans que l’autorité politique soit soustraite à la discussion au nom d’une légitimité supérieure.

Alfred Stepan (2012), en étudiant la transition tunisienne, insiste justement sur la nécessité d’établir un équilibre entre la liberté de participation des citoyens religieux et l’autonomie des institutions démocratiques. Cette exigence demeure centrale : ni l’exclusion des croyants de la vie publique ni la soumission de l’État à une autorité religieuse ne permettent de construire un espace politique commun.

L’expérience postérieure à 2011 invite donc à reconsidérer la question de la préparation démocratique, non pour justifier indéfiniment l’autoritarisme, mais pour comprendre les conditions nécessaires à l’enracinement des institutions. La société tunisienne avait besoin d’éducation, de culture civique, de justice sociale et d’institutions capables de protéger le pluralisme. Ces besoins ne disparaissent pas avec la chute d’un régime.

Bourguiba et l’héritage d’une gauche tunisienne

Alors, Bourguiba fut-il un homme de gauche ? Je réponds par l’affirmative, à condition de préciser le sens que je donne à cette expression. Il ne fut pas un homme de gauche au sens d’une fidélité constante au marxisme ou d’une adhésion aux traditions bolcheviques. Il ne fut pas davantage un démocrate libéral au sens plein du terme. Son parcours est celui d’un dirigeant nationaliste qui a voulu transformer la société tunisienne par l’éducation, la réforme du droit, la modernisation de l’État et la remise en cause de certaines hiérarchies traditionnelles.

Son orientation progressiste apparaît d’abord dans sa volonté de faire reculer les déterminismes sociaux. L’enfant d’une famille modeste devait pouvoir accéder à l’école et aux responsabilités. La femme devait disposer de droits qui lui permettent de ne plus dépendre entièrement de la volonté masculine. Les régions de l’intérieur devaient bénéficier d’investissements capables de créer des possibilités nouvelles. La religion ne devait pas être utilisée pour interdire toute réforme ou présenter les inégalités comme une fatalité.

Ce projet n’a pas tout réussi. Les disparités régionales ont persisté, l’égalité des femmes n’a pas été achevée et le pouvoir a refusé à la société une liberté politique suffisante. Mais les limites d’une expérience ne doivent pas conduire à en nier les ambitions. L’histoire exige que l’on distingue les réformes accomplies, les résultats obtenus, les échecs et les contradictions.

La singularité de Bourguiba tient justement à cette articulation entre la construction nationale et l’émancipation sociale. Il a voulu faire de l’État un instrument de transformation, non simplement une administration chargée de maintenir l’ordre. Il a considéré que l’avenir de la Tunisie dépendait de sa capacité à former ses citoyens, à réformer ses institutions et à modifier les rapports sociaux. Sa politique de la femme constitue, à cet égard, l’une des expériences les plus marquantes du monde arabo-musulman contemporain.

Il serait pourtant dangereux de transformer cette lecture en justification générale de l’autoritarisme. L’éducation peut préparer la démocratie, mais elle ne doit pas devenir le prétexte à reporter indéfiniment les libertés. La modernisation peut corriger les inégalités, mais elle perd une partie de sa portée lorsque les citoyens ne peuvent pas discuter les décisions prises en leur nom. L’État peut protéger la société, mais il ne doit pas se confondre avec un chef ou un parti.

Bourguiba nous laisse donc un héritage qui doit être interrogé plutôt que simplement célébré ou condamné. Il rappelle qu’une société peut accomplir des réformes sociales profondes sans suivre le modèle marxiste classique. Il montre aussi qu’un projet d’émancipation demeure incomplet lorsqu’il ne reconnaît pas pleinement aux citoyens la capacité de participer aux décisions collectives.

Au fond, le véritable apport de Bourguiba à une réflexion sur la gauche réside dans cette conviction que les sociétés ne sont pas condamnées à répéter leur passé. L’égalité n’est pas un état que l’on atteint une fois pour toutes ; c’est un travail de transformation qui concerne l’école, la famille, les territoires, les institutions et les mentalités. La modernité ne consiste pas à imiter mécaniquement un modèle étranger, mais à trouver, dans sa propre histoire et sa propre culture, les ressources nécessaires pour construire une société plus juste.

C’est à cette condition que l’héritage bourguibien conserve son intérêt. Non comme un modèle à reproduire sans critique, mais comme une expérience qui nous oblige à penser ensemble l’égalité, la liberté, la religion, l’éducation et la dignité humaine. Car une société véritablement progressiste n’est pas celle qui prétend avoir achevé sa transformation. C’est celle qui refuse de considérer les injustices comme une fatalité et qui donne à chaque génération les moyens de poursuivre le travail commencé.

* Universitaire.

Bibliographie

Khedher, Rayed (2017). « Tracing the Development of the Tunisian 1956 Code of Personal Status ». Journal of International Women’s Studies, 18(4), article 3.

Murphy, Emma C. (1996). « Women in Tunisia: A Survey of Achievements and Challenges ». The Journal of North African Studies, 1(2), p. 138-156.

Sethom, Hafedh (1979). « Les tentatives de remodelage de l’espace tunisien depuis l’indépendance ». Méditerranée, 35(1-2), p. 119-125.

Stepan, Alfred (2012). « Tunisia’s Transition and the Twin Tolerations ». Journal of Democracy, 23(2), p. 89-103.

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Imen Bakhti, fondatrice de La Seine: “Nous plaçons la barre très haut”

19. Oktober 2026 um 10:53

En dix ans, La Seine a transformé une niche que l’on disait sans avenir, la pâtisserie sans gluten, sans sucre ou sans lactose, en une affaire de méthode. Sa fondatrice, lauréate du Prix agroalimentaire des Trophées Femmes Entrepreneures de Tunisie 2025, mise désormais sur le B2B inclusif et prépare le passage à l’échelle, de la Tunisie aux marchés africains.

Au bout de chaque buffet, il y a quelqu’un qui ne mange pas. Il se sert un café, sourit devant les plateaux de mignardises et laisse passer son tour. Personne n’y prête attention. Il est cœliaque, diabétique, intolérant au lactose, vegan, ou il a simplement décidé que son corps méritait mieux qu’une viennoiserie industrielle à dix heures du matin. Dans une salle de séminaire, ils sont plus nombreux qu’on ne l’imagine. C’est pour ce convive silencieux, celui que la fête oublie, qu’Imen Bakhti a créé La Seine il y a dix ans. L’idée avait tout d’un pari. Le rayon «sans» se résumait alors, en Tunisie, à quelques produits importés, industriels, chers et rarement bons. Proposer une pâtisserie locale capable de réconcilier gourmandise et contraintes alimentaires relevait, pour beaucoup, de l’oxymore. On le lui a fait savoir. «Le “ça ne va pas marcher”, c’est ce qui m’a toujours motivée», dit-elle aujourd’hui. La spécialité était neuve, la demande existait déjà: elle se cachait dans les habitudes de ceux qui avaient fini par renoncer. Ce qui passait pour une coquetterie de clientèle aisée est devenu une question de santé publique autant que de mode de vie. L’Organisation mondiale de la santé recommande de ramener les sucres libres sous la barre de 10% de l’apport énergétique quotidien. La maladie cœliaque, longtemps sous-diagnostiquée, toucherait environ 1% de la population mondiale. Il faut y ajouter les intolérances, les choix vegan et une génération de consommateurs qui lit une étiquette comme on relit un contrat. Le vocabulaire a changé: on ne parle plus de régime, on parle de choix. Pouvoir décider de ce que l’on mange selon ses besoins, sans en faire une punition, c’est précisément la conviction qui a présidé à la naissance de l’entreprise. «C’était un challenge, une conviction », résume sa fondatrice. Dans la bouche d’Imen Bakhti, pourtant, le mot qui revient le plus souvent, c’est plaisir gustatif. Son métier, tel qu’elle le conçoit, consiste à rendre ce plaisir à ceux qui l’ont perdu, sans leur demander de choisir entre leur santé et la joie d’un dessert partagé. Dans ce métier, pourtant, la bonne intention ne pèse rien sans la rigueur. Un gâteau sans gluten effleuré par une pincée de farine n’est pas un gâteau «presque» sans gluten: c’est un produit dangereux pour celui qui le mange. Ingénieure de formation, passée par le génie biologique, Imen Bakhti a intégré très tôt ce que l’hygiène, les process et la recherche-développement imposent. La Seine s’est dotée de deux unités de production séparées: l’une entièrement dédiée au sans-gluten, l’autre aux recettes contenant des sources de gluten. La frontière est physique, et elle n’est pas négociable. Environ 90% des matières premières sont d’origine locale, et la chaîne entière, du choix des fournisseurs à la livraison, obéit à la même exigence. «Nos produits sont safe, la logistique est sécurisée pour offrir des produits dignes du sans-gluten», insiste-t-elle. La maison pousse la logique jusqu’à communiquer à ses clients et partenaires la liste complète des ingrédients utilisés, et réinjecte leurs retours dans l’évolution de la gamme.

Le B2B, un bien-être à partager

C’est cette rigueur qui a ouvert à La Seine la porte des entreprises. Début 2017, une première commande B2B, particulièrement technique et entièrement sur mesure, lui donne l’occasion de faire ses preuves en tant que référence dans le savoir-faire diététique. Les demandes n’ont plus cessé depuis: restaurants, hôtels, épiceries fines, ambassades, sociétés savantes et même des pâtisseries traditionnelles qui lui confient certains produits plutôt que de les fabriquer elles-mêmes. Le raisonnement de ces clients est celui de tout gestionnaire face à un risque qu’il ne maîtrise pas: faire ou faire faire. Produire du sans-gluten sécurisé suppose des lignes dédiées, des procédures de nettoyage, une traçabilité fine, bref un savoir-faire que peu d’établissements possèdent. Un hôtel qui improvise le dessert d’un client cœliaque joue sa réputation sur une assiette. Il préfère s’adosser à un spécialiste qui en porte la garantie. L’événementiel d’entreprise pousse la logique plus loin. Un séminaire, un conseil d’administration, une réception de partenaires ou une journée clients sont autant de moments où l’hospitalité dit quelque chose de la maison qui reçoit. Prévoir, à côté des douceurs classiques, une offre sans gluten, sans sucre ajouté ou vegan, c’est rendre visible une attention que les collaborateurs remarquent: personne n’est plus assigné à un dessert pendant que les autres se servent. Pour les partenaires et les invités, le message est celui d’une organisation qui connaît ses convives. Pour l’entreprise cliente, la proposition de valeur se lit à trois niveaux. Elle rend d’abord ses événements réellement inclusifs, puisque chaque convive, quelles que soient ses contraintes, partage le même moment que les autres. Elle envoie ensuite un signal: mettre une offre saine sur la table, c’est dire sans discours que la santé de ceux que l’on reçoit compte, et faire du soin de soi une part de la culture maison. Elle offre enfin un bien-être très concret à ses collaborateurs comme à ses invités. Une pause gourmande qui ne se solde pas par un coup de fatigue une heure plus tard renvoie en réunion des équipes plus disponibles, plus concentrées et, au bout du compte, plus productives. La qualité de vie et le bien-être au travail se jouent aussi dans ces détails, plus sûrement que dans bien des chartes. «Nous sommes flexibles et La Seine s’adapte à ses clients grâce à ses solutions sur mesure», explique Imen Bakhti.

Grandir sans rien lâcher

La croissance a imposé sa propre discipline. Avec le volume, la gestion du planning, des stocks, des priorités et de la logistique est devenue le nerf de la guerre. «Ce qui a fait toute la différence, c’est le planning, la gestion, les process, la gestion des priorités, la gestion de nos stocks et la logistique», estime la fondatrice. Les points de vente ont été pensés chacun selon sa clientèle, avec une offre et un fonctionnement adaptés. Celui de La Marsa, préparé en pleine crise sanitaire et ouvert en 2022, a été maintenu contre vents et marées, entre inflation et pénuries. L’entreprise a ensuite choisi de bien préparer son expansion pour consolider ses fondations, un réflexe que bien des PME en croissance négligent. La prochaine étape est celle du changement d’échelle. L’unité de production va s’agrandir, les équipes et le réseau de points de vente aussi. En Tunisie, La Seine vise Sousse, Sfax et Bizerte, pour répondre à une demande qui déborde désormais du Grand Tunis. À l’international, des marchés africains sont à l’étude, et les pays du Golfe figurent dans la ligne de mire. Exporter du sans-gluten ne se résume pas à expédier des cartons: emballages, conservation et logistique doivent être repensés, et les recettes ajustées aux attentes de chaque partenaire. «Nous avons placé la barre très haut pour concurrencer les grandes marques, en dépit du fait que nous n’avons pas vraiment de concurrent direct», observe Imen Bakhti. Elle pose toutefois une condition à cette ambition: une production et une distribution restructurées assez solidement, pour ne rien céder sur la sécurité, et des partenaires qui partagent sa vision du sain et sont prêts à s’engager dans la durée. Avec 19 salariés, La Seine veut aussi grandir autrement, en ouvrant davantage ses recrutements aux personnes à mobilité réduite, aux femmes et aux jeunes. Cette démarche s’inscrit pleinement dans notre volonté de contribuer à une économie plus inclusive, fondée sur l’égalité des chances, la diversité et la valorisation des talents. La fondatrice revendique une démarche d’amélioration continue, quitte à ralentir lorsque les standards l’exigent. «Nous sommes très réalistes et nous essayons de nous conformer à des standards très techniques», dit-elle. Dix ans après ses débuts, le convive silencieux du buffet a trouvé une place à table. Reste à en dresser d’autres, à Sfax ou à Bizerte, au sud du Sahara ou sur les rives du Golfe.

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Opposition tunisienne : un regain de mobilisation qui bute sur ses limites

19. Oktober 2026 um 10:41
Portée par l’appui de l’UGTT, la marche organisée samedi à Tunis a réuni davantage de participants que les précédentes initiatives de l’opposition contre le pouvoir de Kaïs Saïed. Numériquement, elle reste cependant sous plafond. Si cette affluence témoigne d’une capacité…

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Jendouba : un séisme de magnitude 2,9 enregistré à Balta Bou Aouane

Von: tmps
19. Oktober 2026 um 10:22

Une secousse tellurique de magnitude 2,9 sur l’échelle de Richter, a été enregistrée, par les stations de surveillance sismique relevant de l’Institut national de la météorologie (INM), à Balta Bou Aouane, lundi, 19 octobre 2026, à 00h45 (heure locale), dans le gouvernorat de Jendouba (nord-ouest de la Tunisie), indique l’institut dans un communiqué.

Selon les premières analyses, l’épicentre de la secousse a été localisé à 36,65 degrés de latitude et 8,87 degrés de longitude, dans la zone située au sud-ouest de Balta Bou Aouane. D’après l’INM, la secousse a été ressentie par les habitants de la région.

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Tunisie – Guinée-Bissau : vers une coopération renforcée dans le commerce et l’éducation

19. Oktober 2026 um 10:20

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, et la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Communautés de Guinée-Bissau ont souligné l’importance de consolider la coopération bilatérale dans plusieurs domaines, notamment l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la formation professionnelle.

Cette volonté a été exprimée lors d’une rencontre tenue en marge de la 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), organisée à Bagdad, en Irak, les 17 et 18 octobre 2026.

Renforcer la coopération universitaire

Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de multiplier les échanges d’expertise et d’expériences entre les établissements d’enseignement des deux pays, de soutenir la mobilité étudiante et de faciliter l’accès des étudiants bissau-guinéens aux universités tunisiennes.

Ils ont également évoqué les possibilités offertes par les programmes de bourses d’études disponibles, afin de favoriser les parcours universitaires des étudiants de Guinée-Bissau en Tunisie.

Dynamiser les échanges commerciaux et les investissements

Sur le plan économique, les deux ministres sont convenus d’encourager les échanges commerciaux et de développer les investissements conjoints. Ils ont notamment souligné l’importance de mettre en œuvre les accords bilatéraux existants et de renforcer la participation des opérateurs économiques des deux pays aux forums, rencontres et salons commerciaux et d’investissement.

Ces initiatives doivent permettre de mieux faire connaître les opportunités disponibles et de faciliter les contacts directs entre investisseurs tunisiens et bissau-guinéens.

Dans ce contexte, Mohamed Ali Nafti a mis en avant les efforts déployés par la Tunisie pour attirer les investissements africains et favoriser la mise en place de partenariats entre les entreprises du continent.

Il a également souligné l’importance de renforcer l’intégration économique africaine et les investissements entre pays africains, ainsi que de poursuivre la concertation et la coordination dans le cadre de l’Union africaine, au service du développement durable.

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Catastrophes naturelles: voici le plan de la Tunisie inscrit au Budget 2027

19. Oktober 2026 um 08:39

L’environnement est l’affaire de tous. En Tunisie, les fortes chaleurs de l’été 2026 ont remis cette question au premier plan. Entre les délestages électriques, les difficultés d’approvisionnement en eau et les pertes agricoles signalées par les professionnels, les répercussions se font sentir bien au-delà de l’environnement : elles touchent les récoltes, les revenus des agriculteurs et, à terme, la production.

Dans ce contexte, le projet de budget économique pour 2027 prévoit plusieurs mesures pour mieux couvrir les risques liés aux catastrophes naturelles et préparer la mise en place d’une assurance agricole. Qui plus est, le document prévoit également plusieurs réformes du système financier. Et ce, en vue de faciliter le financement des PME, consolider le secteur bancaire et donner davantage de place à la Bourse dans le financement de l’économie tunisienne

Transmis le 16 octobre 2026 à la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le document s’inscrit dans le cadre du Plan de développement 2026-2030. Parmi les mesures phares figure l’élaboration d’un projet de loi sur la couverture des catastrophes naturelles, tandis que les travaux préparatoires à la mise en place d’une assurance agricole se poursuivront. Un enjeu de taille pour un pays où les aléas climatiques mettent régulièrement les activités agricoles à rude épreuve.

Du côté des banques, l’heure est à la consolidation. Le programme prévoit de poursuivre le traitement des créances classées, d’accélérer la restructuration de certains établissements et de renforcer les services de la Société tunisienne de garantie (Sotugar). L’objectif est notamment de faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) aux financements, un passage souvent délicat pour les structures qui cherchent à investir ou à se développer.

Mais le crédit bancaire ne saurait être l’unique porte d’entrée vers les capitaux. Le projet entend ainsi donner davantage de place au marché financier, en encourageant les introductions en Bourse, en élargissant la base des investisseurs et en développant de nouveaux produits d’épargne. Une plateforme numérique dédiée à l’éducation financière est également envisagée pour aider les épargnants à mieux s’orienter. Le marché financier pourrait, en outre, contribuer davantage au financement des grands projets, notamment dans le cadre de partenariats public-privé. Autre piste avancée? La finance durable, avec la création envisagée d’un système national de labellisation des entreprises vertes ou durables et d’un indice de durabilité à la Bourse de Tunis.

Reste à transformer l’essai. Car au-delà des annonces, le véritable enjeu sera de faire passer ces réformes du papier à la pratique et de diversifier réellement les ressources disponibles pour les entreprises et les investisseurs tunisiens.

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Présidentielles 2027 : cinq choses à savoir sur Marine Tondelier

19. Oktober 2026 um 08:34
Elle est probablement l’une des premières candidates déclarées. C’était il y a presque un an, le 22 octobre 2025, la secrétaire nationale des Écologistes a déclaré sa candidature à la présidentielle. En bref Marine Tondelier défend une réforme du maintien…

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Budget économique 2027 : La Tunisie vise 160 brevets d’invention

18. Oktober 2026 um 16:52

Dans le Budget économique 2027, le gouvernement ambitionne de porter le nombre de brevets d’invention délivrés à l’échelle nationale aux structures et établissements publics de recherche relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de 100 en 2026 à 160 en 2027, selon le document du projet de budget économique pour 2027.

D’après le document, les principales orientations de la politique de la recherche scientifique au titre de l’annee 2027 s’articulent autour de la prise en charge des frais de dépôt des demandes de brevets d’invention à l’échelle internationale et de la contribution à l’élaboration et à la coordination de politiques institutionnelles en matière de propriété intellectuelle au sein de plusieurs établissements publics de recherche.

Pour une résilience du système national de la recherche et de l’innovation

En 2027, les efforts seront axés sur la mise à niveau du système de recherche et d’innovation, dans le cadre d’une vision globale visant à stimuler la croissance économique et sociale et à créer de la richesse. Cette démarche reposera sur le renforcement de la résilience du système, l’amélioration de ses performances et une meilleure adéquation entre la recherche scientifique et les besoins économiques et sociaux nationaux, tout en consolidant le positionnement de la Tunisie à l’échelle internationale.

Dans ce contexte, il s’agira de définir une vision du cadre institutionnel du système de recherche et d’innovation, fondée sur l’optimisation des ressources, la coordination entre les différents intervenants et la valorisation des résultats de la recherche, afin de garantir une meilleure gouvernance. Il sera également question de promouvoir la veille juridique et de poursuivre la révision des textes législatifs encadrant le secteur.

Le programme de réforme du secteur prévoit également la poursuite de l’élaboration de la stratégie nationale de recherche et d’innovation, la réalisation du recensement des activités de recherche et d’innovation, le développement des infrastructures technologiques et numériques au sein des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que des centres de recherche, outre la mise en place d’un système informatique intégré dédié à la recherche scientifique. Il s’agit aussi de poursuivre le soutien au financement compétitif fondé sur la performance et reposant sur des critères de qualité et d’impact sur le développement. Il vise aussi à mettre en place un système incitatif pour renforcer le financement de la recherche et de l’innovation, notamment à travers l’étude de la possibilité d’instaurer un mécanisme de « déduction fiscale au profit de la recherche scientifique » et la révision des critères d’évaluation des structures de recherche afin de les encourager à mobiliser des financements dans le cadre de projets de recherche collaborative ou de programmes de coopération internationale.

A l’échelle internationale, le projet de budget économique pour 2027 prévoit la poursuite du financement des projets relevant du Programme d’encouragement à l’excellence scientifique et du Programme de soutien aux jeunes chercheurs.

Il prévoit également de soutenir la qualité de la formation par la recherche, à travers la poursuite du financement des contrats d’excellence et des écoles doctorales, tout en réexaminant et en développant les partenariats scientifiques afin de permettre aux chercheurs tunisiens d’améliorer leur production scientifique, notamment par la mise en place de nouveaux programmes de partenariat visant à renforcer la dynamique de la recherche en Tunisie.

Selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le nombre des publications scientifiques devrait devrait atteindre 11 611 en 2027. D’autre part, le programme prévoit également de renforcer les équipements scientifiques et les infrastructures, à travers l’acquisition et la maintenance du matériel ainsi que le développement des unités communes de services de recherche.

Ces mesures visent à améliorer les capacités des structures de recherche, la qualité des services scientifiques et leur ouverture sur les milieux économique et social. Il prévoit aussi la création, la restructuration et le financement des structures de recherche en privilégiant l’excellence, ainsi que la poursuite du financement des projets menés dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale et le lancement de dix nouveaux projets de recherche.

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La Tunisie et le fardeau du non-Maghreb

18. Oktober 2026 um 13:22

Alors que la Tunisie traverse une phase critique de restructuration institutionnelle et macroéconomique, sa vulnérabilité stratégique est exacerbée par les pressions multidirectionnelles de ses voisins terrestres. De l’Uti Possidetis Juris à l’asymétrie prétorienne : pourquoi le paradigme militaro-rentier condamne l’intégration de l’espace maghrébins de Casablanca à Tobrouk.

Elyes Kasri *

La Tunisie est prise en étau entre deux faillites structurelles distinctes mais tout aussi corrosives : à l’est, la déliquescence d’un modèle de non-État libyen miné par les factions, et à l’ouest, un État militaro-sécuritaire algérien rigidifié, dont la survie systémique dépend de l’invocation permanente du mythe de l’ennemi extérieur pour masquer la confiscation des libertés publiques et la spoliation des richesses de son propre peuple.

Dans cette configuration, la principale menace pour Tunis n’est pas uniquement d’ordre conventionnel, mais idéologique. C’est la pénétration de cet anti-modèle, de part et d’autre des frontières terrestres, qui vient chahuter le discours politique national et obscurcir la rationalité des arbitrages macroéconomiques et démocratiques que la Tunisie doit impérativement opérer pour préserver son autonomie et sa survie.

Privée par le découpage territorial colonial de richesses naturelles assurant sa résilience face à la tempête qui pointe à l’horizon, la Tunisie est dans l’obligation vitale de neutraliser ces influences afin de maintenir une gouvernance civile ouverte et une flexibilité économique, seules variables d’ajustement et de survie viables.

En science politique, la paralysie de l’Afrique du Nord répond au concept de «Non-Maghreb», un cas d’école où les choix souverains des régimes bloquent l’émergence d’un marché commun.

Cette intégration régionale est aujourd’hui une impossibilité systémique, car la direction militaro-politique algérienne, à l’instar des structures de pouvoir libyennes, a érigé le dilemme de sécurité, l’hégémonisme et l’opacité frontalière en vecteurs de survie systémique.

Ce verrouillage institutionnel condamne à l’immobilité un espace géographique prédisposé à former un continuum d’intégration transnationale, s’étendant de Casablanca jusqu’à Tobrouk, l’avant-poste oriental de la Cyrénaïque.

La mise en commun des ressources face à la captation de la rente

En théorie des relations internationales, le succès de l’Union européenne valide les thèses du libéralisme institutionnel. En 1951, la création de la Ceca par la France et l’Allemagne a transféré la souveraineté du charbon et de l’acier à une autorité supranationale, neutralisant le potentiel belligène de ces ressources pour en faire des biens publics régionaux.

À l’opposé, les élites militaro-politiques issues des découpages coloniaux en Afrique du Nord appréhendent leurs territoires et les gisements du Sahara comme un «butin de guerre» exclusif. La nomenclature militaire refuse toute délégation de souveraineté ou synergie multilatérale qui introduirait de la transparence douanière. La rente énergétique doit demeurer centralisée afin de consolider les circuits de redistribution clientélistes, de financer l’appareil de coercition et d’assurer le contrôle social.

L’autoritarisme rentier d’Alger et de Tripoli

L’examen en politique comparée de l’Algérie et de la Libye révèle des homologies structurales frappantes, nées d’une même culture institutionnelle.

Des constructions territoriales ex nihilo : les deux entités ont été unifiées administrativement par les puissances coloniales (la France pour l’Algérie, l’Italie pour la Libye), agglomérant des régions historiques dotées de dynamiques propres.

Le syndrome hollandais et la déliquescence institutionnelle : sous le régime militaire de Mouammar Kadhafi, la Libye a poussé à l’extrême la logique de l’État rentier. L’afflux des capitaux pétroliers a servi à financer des réseaux d’allégeance tribaux et des interventions subversives extérieures, au détriment de l’édification d’institutions étatiques pérennes ou d’un tissu économique diversifié.

La doctrine de l’hégémonisme asymétrique : pour Tripoli comme pour Alger, l’intégration régionale n’a jamais été conçue sous l’angle de la coopération horizontale, mais comme un instrument de projection de puissance. Cette vision conflictuelle a systématiquement torpillé les mécanismes multilatéraux de l’Union du Maghreb Arabe (Uma) dès lors que les décisions échappaient aux impératifs de ces deux régimes.

La Tunisie, victime de spoliation territoriale et d’actes de déstabilisation

Dans cette configuration géopolitique, la Tunisie subit de plein fouet les externalités négatives de ce voisinage rentier. Historiquement, le pays a été privé de territoires stratégiques riches en ressources hydriques et en hydrocarbures par des voisins agissant en conservateurs stricts des tracés coloniaux les plus avantageux.

Au-delà de ce préjudice territorial, la Tunisie a fait l’objet de manœuvres récurrentes de déstabilisation visant à entraver l’émergence d’un modèle politique civil et autonome. Le complot terroriste de Gafsa en janvier 1980 illustre parfaitement cette hostilité structurelle. Pour les oligarchies prétoriennes environnantes, la stabilité et l’ancrage institutionnel de l’État tunisien ont régulièrement été perçus comme une menace pour leur propre monopole narratif.

L’émergence des «zones de non-État»

La détérioration sécuritaire des confins sahariens dresse un réquisitoire contre le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation (uti possidetis juris), adopté par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1964. Conçu pour figer les tracés coloniaux et prévenir les conflits, ce dogme juridique sert aujourd’hui, en plus du blanchiment du pillage colonial, de couverture à une faillite de la souveraineté empirique.

D’un côté, les périphéries frontalières avec la Libye et l’Algerie se sont muées en «zones de non-État», caractérisées par une absence de gouvernance civile et de services publics. Ce vide institutionnel favorise le développement d’une contrebande systémique (carburants, substances psychotropes) qui altère les équilibres douaniers et économiques des pays limitrophes.

Pour sa part, la Libye post-2011 expose la phase terminale de cette déliquescence : l’effondrement du pouvoir centralisé a conduit à une implosion systémique, morcelant le territoire en fiefs contrôlés par des milices et des seigneurs de guerre rivalisant pour la captation de la rente. Les frontières coloniales y ont perdu leur fonction de filtrage, devenant des espaces de transit pour la criminalité transnationale et la prolifération d’armements vers le Sahel et le Maghreb central.

L’externalisation des flux migratoires comme arme géopolitique

Cette absence de coopération se manifeste également dans la gestion des flux migratoires. En l’absence de structures multilatérales de régulation, la Libye des factions et l’Algérie rentière appréhendent les dynamiques migratoires subsahariennes à travers le prisme du fait accompli et de la contrainte asymétrique.

L’expulsion systématique et unilatérale de contingents de migrants par l’appareil sécuritaire algérien vers les frontières tunisiennes, couplée aux réseaux de traite humaine tolérés en territoire libyen, s’apparente à une stratégie d’externalisation des tensions d’infrastructure. Ces pratiques saturent les capacités d’accueil de la Tunisie et importent artificiellement des crises humanitaires et sécuritaires exogènes dans son espace domestique.

La variable démocratique comme condition de l’intégration

Après un demi-siècle d’échecs et de revers qui font du Maghreb la région la plus dysfonctionnelle du continent africain et du monde, force est d’admettre que l’intégration régionale requiert comme une condition sine qua non une homogénéité des régimes politiques, fondée sur l’État de droit, la séparation des pouvoirs et la responsabilité des gouvernants devant le souverain populaire.

Ainsi, le blocage du Maghreb relève plutôt d’une incompatibilité systémique. Qu’il s’agisse de l’autoritarisme prétorien à Alger ou du vide institutionnel milicien à Tripoli, ces régimes dépendent du maintien d’un état de tension permanent et de l’invocation d’un péril extérieur pour légitimer leur contrôle sur l’allocation des ressources.

Pour la Tunisie, s’aligner sur des mécanismes de repli autoritaire sous l’influence de cet anti-modèle environnant serait une erreur stratégique majeure.

L’avenir de Tunis dépend de sa capacité à préserver son capital institutionnel et sa connectivité internationale, afin de se positionner comme le pivot d’une future refondation multilatérale, le jour où les conditions d’une transition démocratique seront réunies de Casablanca à Tobrouk.

Tunis comme vigie du continuum maghrébin

La paralysie de l’axe Casablanca-Tobrouk démontre ainsi que le «Non-Maghreb» n’est pas une fatalité géographique, mais le produit d’un verrouillage doctrinaire. Elle valide un axiome fondamental de la science politique contemporaine : l’homogénéité démocratique est le préalable absolu à tout édifice régional durable.

Sans institutions transparentes, sans reddition de comptes et sans une souveraineté rendue aux citoyens, les traités interétatiques ne sont que des chiffons de papier condamnés à être déchirés par les paranoïas sécuritaires et les calculs des oligarchies rentières. L’histoire européenne l’a prouvé ; le drame maghrébin le confirme.

Céder à la tentation de cet anti-modèle — qu’il prenne les traits du chaos milicien ou de la rigidité despotique et kleptocrate militaro-sécuritaire — reviendrait pour la Tunisie à importer une faillite annoncée.

En dépit des contingences inhérentes à son parcours, des turbulences de sa transition et des complexités de sa quête démocratique actuelle, la Tunisie ne doit pas abdiquer. Elle conserve, de par sa profondeur historique et ses acquis sociétaux, un rôle naturel de vigie civilisationnelle et démocratique en Afrique du Nord.

Face à cet étau rentier et autoritaire, la Tunisie doit opposer l’asymétrie de sa propre force : celle d’un État civil résolu, d’un capital humain agile et d’une connectivité internationale assumée.

C’est en prédisposant son exception institutionnelle et en refusant la contagion du repli que Tunis se positionnera non pas comme une victime passive de son voisinage, mais comme le phare intellectuel et le pivot incontournable de la future refondation du Maghreb. Le jour où les peuples briseront enfin leurs chaînes autoritaires, c’est vers cette vigie qu’ils se tourneront pour réinventer l’union tant rêvée par plusieurs générations maghrébines.

* Ancien ambassadeur.

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Retour en images sur la marche de Tunis : « Tunisie d’abord »

18. Oktober 2026 um 11:37

Mobilisation d’ampleur à Tunis. Samedi 17 octobre, entre 3 000 et 6 000 manifestants, selon les estimations, ont répondu à l’appel de neuf organisations, dont l’UGTT, la LTDH et l’Ordre des avocats, pour une marche nationale placée sous le slogan « Tunisie d’abord… le peuple au-dessus de toute considération ».

📸 Retour en images sur les temps forts de la marche.

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TRIBUNE – Assurance-crédit export dans le PLF 2027 : de la subvention financière à l’ingénierie d’exécution africaine

18. Oktober 2026 um 10:00

Le Projet de loi de finances 2027 introduit une mesure ciblée et bienvenue : la prise en charge par l’État de 50% des primes d’assurance-crédit pour les exportations destinées aux marchés africains. Dans un contexte où le risque d’impayé et la volatilité financière constituent le principal frein pour les PME tunisiennes, ce geste incitatif envoie un signal politique clair en faveur de l’ancrage continental. Reste une question que les commentateurs n’ont pas encore posée : peut-on construire une politique d’exportation sur une subvention de prime sans traiter les blocages qui rendent cette prime souvent inutilisable ?

 

Subventionner 50% de la prime d’assurance suppose que le risque soit d’abord assurable. Or, sur de nombreux marchés d’Afrique subsaharienne, le blocage majeur rencontré par les organismes d’assurance-crédit, dont la COTUNACE, réside dans le manque d’information financière fiable, d’historique de solvabilité et de données certifiées sur les acheteurs continentaux.

Sans une infrastructure numérique de renseignement commercial et une gouvernance de la donnée transfrontalière, la couverture d’assurance reste plafonnée ou refusée, rendant l’avantage fiscal inopérant. Une PME tunisienne qui veut exporter vers Abidjan ou Dakar ne bute pas d’abord sur le coût de la prime, elle bute sur l’impossibilité d’obtenir une couverture faute d’informations vérifiables sur son acheteur. Réduire le coût d’une prime qu’on ne peut pas émettre ne résout rien.

L’urgence ne réside donc pas seulement dans l’aide budgétaire, mais dans la création d’écosystèmes d’intelligence économique capables d’évaluer le risque réel à la source, en partenariat avec les chambres de commerce africaines, les institutions financières continentales et les plateformes de données commerciales émergentes sur le continent.

 

Du mécanisme budgétaire à l’interopérabilité des chaînes opérationnelles

Comme nous l’avons documenté dans nos tribunes précédentes sur la ZLECAf, les BRICS et le MACF, la compétitivité d’un exportateur se joue dans la continuité de la chaîne opérationnelle, pas dans un seul maillon. L’allègement de la prime d’assurance doit s’insérer dans un triptyque fluide que la mesure actuelle ne couvre pas.

La fluidité administrative et monétaire est le premier maillon. Un mécanisme numérique et automatique d’imputation de la prise en charge est indispensable pour éviter que l’entreprise n’avance les fonds ou ne subisse des retards de remboursement qui asphyxient sa trésorerie. Si la PME doit avancer l’intégralité de la prime puis attendre plusieurs mois pour récupérer 50%, le dispositif perd l’essentiel de son utilité opérationnelle.

L’interopérabilité des systèmes de paiement est le deuxième maillon. Sécuriser la couverture d’assurance est stérile si le règlement bancaire transfrontalier bloque faute de canaux financiers directs ou de correspondants bancaires adaptés entre Tunis et les capitales africaines. Nos banques publiques ne disposent pas encore d’architectures de paiement qui permettent des transactions fluides et traçables avec les principales places financières africaines.

La fluidité logistique est le troisième maillon. Le coût de la prime n’est qu’une fraction des coûts globaux d’accès au marché. Sans fluidité aux postes frontaliers et sans lignes logistiques régulières, les délais d’acheminement annulent le bénéfice de l’incitation financière. L’exportateur tunisien qui a obtenu sa couverture et sécurisé son paiement reste bloqué si sa marchandise met trois semaines à franchir une frontière terrestre.

 

Trois priorités pour transformer la mesure en levier structurant

Pour que la disposition du PLF 2027 devienne un véritable accélérateur de valeur, trois priorités s’imposent. La première est de concentrer l’effort sur des corridors et filières prioritaires. Plutôt que de disperser l’avantage budgétaire de manière uniforme, il convient de l’adosser aux accords-cadres de la ZLECAf et aux secteurs où la Tunisie dispose d’un avantage comparatif immédiat, agroalimentaire, pharmacie, ingénierie, composants électriques et services numériques. Une politique d’exportation qui traite tous les marchés et tous les produits de manière identique ne construit pas de positions durables.

La deuxième est d’adosser l’assurance-crédit aux outils de finance numérique. Relier les mécanismes de garantie aux nouvelles architectures de paiement régionales et aux plateformes de numérisation du commerce continental permettrait de réduire les coûts d’intermédiation et d’accélérer les cycles de règlement, transformant la couverture d’assurance en accélérateur de trésorerie plutôt qu’en charge administrative.

La troisième est de passer du contrôle a priori à la mesure d’impact réel. L’efficacité de cette mesure ne devrait pas s’évaluer au volume de primes subventionnées – elle devrait se mesurer au volume de nouveaux marchés conquis, au taux de pénétration des PME tunisiennes en Afrique et à la valeur ajoutée effectivement rapatriée. Ces indicateurs existent. Ils ne sont pas encore au cœur du dispositif de suivi.

 

La géographie et la budgétisation ne créent pas de flux commerciaux

L’initiative prise dans le cadre du PLF 2027 témoigne d’une volonté politique réelle de soutenir l’exportation vers le continent. Mais la géographie et les subventions d’État ne créent pas à elles seules des flux commerciaux pérennes, elles créent des conditions favorables que l’ingénierie d’exécution doit transformer en réalités économiques mesurables.

La Tunisie a signé la ZLECAf. Elle a annoncé son ambition africaine dans le Plan 2026-2030. Elle introduit maintenant un mécanisme d’incitation dans son PLF 2027. Ces trois étapes sont cohérentes. Ce qui leur manque encore, c’est l’architecture opérationnelle qui les relie, données sur le risque, interopérabilité bancaire, fluidité logistique, indicateurs d’impact.

Une subvention sans infrastructure de données est une intention sans instrument. Et une politique d’exportation sans mesure d’impact est un budget sans résultat.

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Mohsen Marzouk n’assistera pas aux obsèques de sa mère

18. Oktober 2026 um 09:06

Mohsen Marzouk a annoncé hier, samedi 17 octobre 2026, dans un poste Facebook, le décès de sa mère, Salha El Abdi, «le grand olivier qui nous a nourris de son huile, nous a protégés des loups de la nuit, nous a appris le principe et la connaissance et nous a hissés sur la colline pour qu’on ne perde pas la voie du soleil», a-t-il écrit sur le ton de la poésie, l‘affaire de sa vie à côté de la politique.  

«Elle est décédée paisiblement dans son sommeil au terme d’une vie entièrement vouée au combat qu’elle a mené seule, entourée de ses trois enfants, après le décès de son époux alors qu’elle n’avait pas atteint ses trente ans», écrit encore l’ancien ministre-conseiller politique au cabinet du président Béji Caïd Essebsi, fondateur et président du parti Machrou Tounes. «Je ne serais pas à ses côtés pour creuser la terre avec mes mains et la livrer à la poussière et à l’obscurité, mais elle ne sera pas seule, puisqu’elle sera entourée de Rakia et Sarhane», son frère et sa sœur qui accompagneront la défunte à sa dernière demeure.

Marzouk a voulu rappeler ainsi qu’il a quitté la Tunisie au lendemain de la prise de pouvoir de Kaïs Saïed et le début des procès politiques et qu’il vit aujourd’hui en exil, à l’instar de nombreux anciens responsables politiques tunisiens.

I. B.    

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Le droit des peuples, socle de la diplomatie tunisienne : une position constante face à l’épreuve du Moyen-Orient

Von: farhat
18. Oktober 2026 um 08:33

Par Ahmed NEMLAGHI

La déclaration de l’ambassadeur et représentant permanent de la Tunisie auprès de l’Organisation des Nations unies à New York, Nabil Ammar, devant le Conseil de sécurité s’inscrit dans une ligne diplomatique régulièrement réaffirmée par le président de la république, Kaïs Saïed : le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même ne peut être effacé par la force, le temps ou les rapports de puissance. La Tunisie défend l’établissement d’un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods pour capitale. Cette position a été réitérée à plusieurs reprises par le chef de l’État et par les représentants de la diplomatie tunisienne.

Pour Kaïs Saïed, la question palestinienne ne saurait être réduite à une succession de négociations, de cessez-le-feu provisoires ou d’arrangements sécuritaires. Elle renvoie à une exigence de justice : reconnaître au peuple palestinien ses droits nationaux et mettre fin aux conditions qui empêchent leur exercice effectif.

Cette approche explique la place accordée, dans le discours tunisien, à la condamnation des violences contre les civils, aux déplacements forcés et à l’appropriation des terres palestiniennes. Elle s’accompagne du refus de toute solution qui conduirait à faire supporter aux Palestiniens le prix d’un règlement élaboré sans garantie de leurs droits.

La portée politique de cette position réside dans la distinction qu’elle établit entre une accalmie militaire et une paix durable. Un cessez-le-feu peut réduire les pertes humaines et permettre l’acheminement de l’aide, mais il ne résout pas, à lui seul, la question des droits nationaux, du territoire et de l’autodétermination. Pour Tunis, la recherche de la paix doit donc s’accompagner d’une réponse politique à ces questions fondamentales.

L’intervention de Nabil Ammar insiste sur la contradiction entre la poursuite des opérations militaires et les principes du droit international ainsi que de la Charte des Nations unies. Elle met en cause l’incapacité de la communauté internationale à garantir les droits du peuple palestinien, malgré les appels répétés à la cessation des violences.

Cette critique rejoint l’un des axes de la diplomatie défendue par Kaïs Saïed : les règles internationales ne peuvent avoir de véritable portée si leur application dépend de la puissance des États concernés ou de leurs alliances. La crédibilité du système multilatéral repose sur la cohérence entre les principes proclamés et les actes accomplis.

La question palestinienne devient ainsi un test pour les Nations unies. Si la protection des civils, le respect de la souveraineté des peuples et le règlement pacifique des différends constituent des principes fondamentaux, leur efficacité dépend de la capacité des institutions internationales à agir lorsqu’ils sont gravement mis à l’épreuve.

Dans cette perspective, l’appel tunisien à révéler les crimes commis, à les condamner et à assurer réparation aux victimes ne relève pas uniquement d’une démarche mémorielle ou morale. Il renvoie également à la nécessité de préserver les mécanismes de responsabilité et de justice. La reconnaissance des souffrances ne saurait remplacer l’établissement des faits, pas plus que la condamnation politique ne peut se substituer aux procédures juridiques compétentes.

La position tunisienne souligne ainsi que la paix ne peut être durable si elle repose sur l’effacement des victimes ou sur l’absence de responsabilité. Elle suppose que les violations soient examinées conformément au droit applicable et que les victimes puissent obtenir justice.

L’expérience tunisienne du colonialisme comme référence

Nabil Ammar a également rappelé que l’histoire tunisienne, marquée par le colonialisme, la violence et l’humiliation, renforce la détermination du pays à défendre les droits des Palestiniens. Cette référence historique constitue un élément important de la lecture que Kaïs Saïed fait des relations internationales.

L’expérience de la lutte pour l’indépendance nourrit une conception selon laquelle aucun peuple ne devrait être privé de son droit à choisir librement son avenir. Elle confère à la solidarité avec les Palestiniens une dimension historique et politique, tout en inscrivant la position tunisienne dans une réflexion plus large sur la liberté des peuples et le refus de la domination.

Cette référence ne signifie pas que les situations historiques soient identiques. Elle exprime plutôt une conviction : l’indépendance territoriale et politique ne peut être considérée comme pleinement accomplie tant que d’autres peuples restent privés de leurs droits fondamentaux.

Le discours présidentiel relie également cette question à la souveraineté nationale. Dans cette perspective, la Tunisie entend défendre ses choix diplomatiques sans se soumettre aux pressions extérieures, tout en maintenant sa participation aux institutions internationales et en plaidant pour le respect des principes qui les fondent.

La souveraineté ne signifie donc pas le retrait de la scène internationale. Elle suppose, au contraire, la capacité de prendre part aux débats mondiaux, de défendre une position nationale et de rechercher des convergences avec d’autres États sans renoncer à ses principes.

 

Arrêter les opérations militaires et construire une paix durable

En appelant à l’arrêt de toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, la Tunisie inscrit la question palestinienne dans une préoccupation régionale plus large. La multiplication des fronts et l’escalade des tensions exposent les populations civiles à des risques supplémentaires et font peser la menace d’une extension des conflits.

Cette position souligne la nécessité de privilégier les voies politiques et diplomatiques. Elle ne dissocie toutefois pas la désescalade régionale du règlement de la question palestinienne. Une paix qui ignorerait les droits du peuple palestinien risquerait de laisser intactes les causes profondes de l’instabilité.

Les chiffres évoqués par Nabil Ammar donnent la mesure de l’urgence humanitaire. Selon son intervention, 1.394 Palestiniens auraient été tués depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025, tandis que le bilan total dépasserait 73.900 morts depuis le début de la guerre. Ces chiffres, attribués au diplomate tunisien, illustrent la gravité de la situation telle que la Tunisie la présente devant le Conseil de sécurité.

L’arrêt des opérations militaires doit, dans ce contexte, aller de pair avec la protection des civils, l’accès durable à l’aide humanitaire et la reconstruction des territoires dévastés. Il doit également ouvrir la voie à un processus politique qui ne réduise pas la paix à une simple suspension des combats.

La diplomatie tunisienne affirme ainsi son soutien aux initiatives susceptibles de mettre fin aux violences et de contribuer au rétablissement de la sécurité régionale. La difficulté reste celle de leur traduction en résultats concrets, dans un contexte où les divergences internationales et les rapports de force entravent la recherche d’un règlement.

 

De la solidarité politique à l’efficacité diplomatique

La constance de la position tunisienne constitue un marqueur de la politique étrangère de Kaïs Saïed. Mais la défense d’une cause sur la scène internationale pose également la question des moyens diplomatiques permettant de faire progresser les objectifs annoncés.

La Tunisie peut contribuer à cette dynamique en poursuivant son action au sein des Nations unies, en renforçant la coordination avec les pays arabes et africains et en soutenant les initiatives conformes au droit international. La diversification des partenariats et le dialogue avec les acteurs internationaux peuvent également servir la recherche d’un consensus en faveur de la protection des civils et de l’exercice des droits palestiniens.

L’enjeu est de transformer la fermeté du discours en capacité d’action : mobiliser les soutiens, favoriser les démarches multilatérales, défendre l’accès humanitaire et maintenir au centre des négociations la question des droits nationaux palestiniens.

Cette exigence ne dépend pas de la seule Tunisie. Elle engage l’ensemble des États qui affirment leur attachement au droit international et à la paix. Elle implique aussi de distinguer les déclarations de principe des résultats effectivement obtenus.

En définitive, l’intervention de Nabil Ammar traduit la volonté de Tunis de maintenir la Palestine au cœur de son action diplomatique et de rappeler que la paix ne saurait être durable sans justice. La ligne défendue par Kaïs Saïed repose sur une idée centrale : les droits d’un peuple ne peuvent être annulés par la force ni devenir une variable d’ajustement des équilibres géopolitiques.

La portée de cette politique se mesurera à sa capacité à contribuer, avec les autres acteurs internationaux, à la cessation des violences, à la protection des populations et à l’émergence d’une solution garantissant aux Palestiniens leurs droits nationaux. Car la crédibilité du droit international, tout comme la perspective d’une paix durable au Moyen-Orient, dépend de la possibilité de faire de ces principes une réalité.

 

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Tunisie | L’agrégation des frustrations et des colères

18. Oktober 2026 um 08:12

Des milliers de Tunisiens ont défilé dans la capitale, samedi 17 octobre 2025, pour protester contre le président Kaïs Saïed, dénonçant la dégradation des conditions de vie et les restrictions imposées aux libertés politiques. Au-delà du nombre de manifestants, qui était tout de même assez important et aurait même pu l’être davantage si les forces de sécurité n’ont pas bouclé certaines artères menant au centre-ville de Tunis, le pouvoir ne peut faire comme si rien ne s’était passé et poursuivre dans sa politique de fermeté et de fermeture qui ont mené à la situation de blocage actuelle où se trouve le pays sur fond de crise économique et sociale et de colère touchant désormais pratiquement toutes les couches de la société.   

Ridha Kefi

On notera d’abord que la marche de protestation a drainé militants et citoyens de toutes obédiences politiques pour une fois unis dans un même élan de protestation contre le pouvoir en place.

On notera aussi que cette marche s’est déroulée dans le calme et la discipline, les manifestants comme les agents de l’ordre, qui étaient très nombreux, ont évité les contacts physiques et les heurts, contrairement aux manifestations qui eurent lieu, le même jour, dans plusieurs villes de France, et qui ont été marquées par des violences, des pillages, des destructions, des incendies, des blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre et plus de 1200 arrestations.

Autre leçon : les neuf organisations de la société civile ayant appelé à manifester – soutenues par les partis politiques, lesquels ont su mobiliser leurs militants et faire taire leurs divergences doctrinales et leurs différends politiques –, ont prouvé une grande capacité de mobilisation. Pour une fois, libéraux, nationalistes, islamistes et progressistes de gauche ont défilé ensemble, côte à côte, estimant peut-être que le blocage actuel dans le pays ne sert les intérêts d’aucune frange de la population.

Un sphinx nommé UGTT

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la puissante centrale syndicale que le pouvoir issu du coup de force du 25 juillet 2021 avait cru avoir muselé et définitivement réduit à l’impuissance, a été hier au four et au moulin, prouvant par la même occasion sa capacité à rassembler les oppositions et agréger les forces sociales dans un même élan de protestation politique et de revendication sociale.

Tunis et les autres villes de l’intérieur ont certes connu ces derniers mois plusieurs marches de protestation, mais la mobilisation d’hier a été de loin la plus importante, en nombre et en portée, les divergences politiques habituelles n’ayant pas empêché les forces d’opposition d’agréger leurs forces et de scander les mêmes slogans réclamant la libération des détenus politiques et d’opinion et la levée des restrictions pesant sur les droits syndicaux. Les pancartes portant des slogans tels que «Pas de démocratie sans libertés» et «Pas de dignité avec la pauvreté» illustraient les revendications politiques et économiques au cœur de cette manifestation où des avocats, des médecins, des journalistes et des chômeurs se sont côtoyés en exprimant les mêmes revendications.

Desserrer la vis qui enserre la vie publique

Dans un contexte de blocage politique et de difficultés économiques durables, marquées par une croissance atone ne dépassant guère 2,5%, une inflation dépassant 5%, un endettement autour de 83%, un déficit budgétaire de 5,2%, un chômage persistant autour de 15%, une érosion du pouvoir d’achat, et surtout une absence de visibilité et de perspective d’avenir, la succession des mouvements de protestation et l’agrégation des colères ne présage rien de bon. Ce qui apelle la responsabilité du pouvoir exécutif (dans toutes ses composantes) et requiert un début d’ouverture de sa part ou, tout au moins, un desserrage de la vis qui enserre la vie publique et la maintient dans un étau étouffant.

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Tunis | Une nouvelle peine de prison confirmée en appel contre Khayam Turki

17. Oktober 2026 um 20:27

L’activiste politique et homme d’affaires Khayam Turki, cumule désormais plusieurs condamnations assorties de lourdes peines de prison et d’importantes sanctions financières.

La Cour d’appel de Tunis a ainsi confirmé une condamnation à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars à l’encontre de Khayam Turki, et ce, dans le cadre d’affaires de fraude et de contentieux fiscaux, selon une source citée par Mosaïque FM, ce samedi 17 octobre 2026.

Cette décision intervient parallèlement à un autre jugement prononcé par la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis, qui l’a condamné à 14 ans de prison ferme, accompagnés d’une amende, pour des accusations de blanchiment d’argent, d’escroquerie et d’exploitation illégale de ses activités professionnelles et sociales.

Ce verdict prévoit également une surveillance administrative pour une durée de cinq ans à l’issue de sa peine ainsi qu’une confiscation de l’ensemble de ses avoirs déposés auprès des établissements financiers tunisiens.

Y. N.

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Lutte contre le trafic de drogue | La DGSN annonce un important coup de filet

17. Oktober 2026 um 18:11

Les unités de la sûreté nationale ont mené des opérations ayant permis d’arrêter des dealers en saisissant une importante quantité de substances illicites.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) précise que dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues, des informations et des investigations ont permis de faire des descentes distinctes à Tunis et à permis, ce qui a abouti à la saisie d’une grande quantité de comprimés psychotropes ainsi que des plaquettes de cannabis.

La police a également saisi une importante somme d’argent et l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et faire la lumière sur l’ensemble des ramifications de ce réseau.

Y. N.

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Justice, services publics, souveraineté : le réquisitoire de l’UGTT

17. Oktober 2026 um 15:45

« La Tunisie vous appelle aujourd’hui. » C’est par ces mots que le secrétaire général de l’UGTT, Salah Eddine Salmi, a ouvert son allocution lors de la marche de la société civile dans la capitale, samedi 17 octobre. Son message : le silence n’est plus acceptable, et l’objectif n’est pas un retour au passé.

Le cadre de coordination, qui réunit des organisations nationales, civiles, professionnelles et de défense des droits humains, « ne sera pas un cadre conjoncturel qui prendrait fin avec cette marche », a déclaré le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). La coordination entend l’élargir et le développer « en s’ouvrant aux forces nationales vives », a ajouté M. Salmi.

L’allocution s’ouvrait sur un appel à « unifier les rangs » et à « élever la voix pour défendre la patrie, le peuple, les droits et les libertés ». La marche a lieu, selon M. Salmi, « parce que le silence n’est plus acceptable, parce que l’intimidation ne saurait tenir lieu de politique de gouvernement, et parce que la patrie ne se gouverne pas par l’exclusion ». Pour le responsable syndical, l’expérience a prouvé que « la concentration des pouvoirs ne produit pas un gouvernement efficace, que l’éviction des compétences et des forces sociales et politiques ne résout pas les problèmes mais les accumule, et que l’absence de reddition de comptes n’éradique pas la corruption mais affaiblit la capacité à la mettre au jour ».

Justice, barreau et services publics

Le service judiciaire est, selon M. Salmi, victime d’un « détournement des procédures » et utilisé « pour écarter des adversaires ». La détention préventive est devenue, a-t-il jugé, « l’une des principales manifestations de l’usage abusif de la loi », dans un contexte marqué par « la vacance du Conseil supérieur de la magistrature, l’accaparement de ses attributions par le ministère de la Justice et l’absence de mise en place de la Cour constitutionnelle ».

Sur le plan social, M. Salmi a déploré « l’érosion du pouvoir d’achat, l’aggravation du chômage, la pénurie de médicaments, l’accumulation des dettes des hôpitaux et la faillite des caisses sociales ». Mise en garde également contre « les risques qui menacent l’école publique et l’université, la propagation des stupéfiants parmi les élèves et la dégradation des institutions du secteur public, qu’il s’agisse du transport, de l’électricité, de l’eau, de l’énergie ou des mines ».

Souveraineté et dialogue national

« Les problèmes de la Tunisie doivent être résolus par les Tunisiens, par leur volonté, leur dialogue et leurs compétences, dans le cadre de leur souveraineté nationale », a insisté M. Salmi. La souveraineté, a-t-il précisé, « n’est pas un slogan brandi dans les discours, ni un chèque en blanc remis au pouvoir pour agir au nom du peuple sans contrôle ».

Au nom de la coordination, le secrétaire général a appelé à la transparence dans les accords touchant aux intérêts stratégiques du pays, en particulier les dossiers de migration. Autre annonce : « le refus de la coordination de voir la Tunisie se transformer en gardien des frontières des autres ».

La mobilisation ne vise ni « le retour au passé », ni « l’absolution de quiconque de ses responsabilités », ni « la reproduction des mêmes erreurs », a assuré M. Salmi. Et le secrétaire général d’ajouter : « Nous n’acceptons pas que notre peuple ait à choisir entre un ancien système de gouvernance et un nouveau, car il mérite bien mieux que cela : une liberté que ne menace aucune poursuite, une dignité qui ne se mesure pas à l’aune de l’allégeance. »

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