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Après les délestages : Zaafrana, Bou Argoub… où en est le renforcement du réseau électrique ?

21. August 2026 um 20:32

Les délestages de juillet ont brutalement rappelé la fragilité du système électrique tunisien face aux pics de consommation. Depuis, deux nouvelles infrastructures majeures ont été mises en service : la station de Zaafrana, à Kairouan, le 13 juillet, puis le poste de transformation de Bou Argoub, à Nabeul, ce 21 août. Deux projets distincts, mais qui témoignent d’un même impératif : renforcer un réseau soumis à une pression croissante.

Zaafrana, première pièce d’un programme de 17 postes

Le 13 juillet, la STEG mettait officiellement en service la station de transformation haute et moyenne tension de Zaafrana, dans le gouvernorat de Kairouan, pour un investissement proche de 25 millions de dinars.

Le projet constitue la première réalisation officiellement annoncée d’un programme national portant sur 17 postes de transformation. La station, raccordée au poste de Msaken II, doit notamment améliorer l’alimentation électrique de plusieurs délégations du sud de Kairouan et renforcer la stabilité du réseau pendant les périodes de forte consommation.

Mais cette mise en service ne constitue pas une réponse conçue en quelques semaines après les délestages. Le contrat de Zaafrana avait été signé en 2020 et le chantier avait accumulé les retards en raison de la pandémie de Covid-19 et des difficultés d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine.

La prochaine étape annoncée concerne Ben Guerdane, dans le gouvernorat de Médenine, suivie de Bir Chaâbane, à Kasserine.

Bou Argoub, un autre chantier stratégique

Un peu plus d’un mois après Zaafrana, c’est au Cap Bon qu’une autre infrastructure importante a été mise en service, a annoncé aujourd’hui la Radio nationale.

Le nouveau poste de Bou Argoub, d’une valeur de 47,094 millions de dinars, fonctionne à des niveaux de tension de 225/33 kV et dispose de deux transformateurs. Il est relié à Grombalia, Jebel Ressas et Bouficha par trois lignes aériennes doubles.

Son rôle est différent de celui d’une centrale électrique : le poste ne produit pas d’électricité. Il renforce la capacité du réseau à transporter, transformer et répartir l’énergie entre plusieurs zones.

Ce projet est particulièrement intéressant dans le contexte actuel car il contribue à consolider les échanges électriques entre le Cap Bon, le Grand Tunis et le Sahel.

Le problème n’est donc pas seulement de produire davantage

L’été 2026 a mis en évidence une réalité souvent moins visible : la sécurité électrique ne dépend pas uniquement des mégawatts produits par les centrales.

Lorsque la demande grimpe brutalement, notamment sous l’effet de la climatisation, il faut également disposer d’un réseau suffisamment robuste pour acheminer cette énergie vers les zones de consommation et absorber les variations de charge.

Les délestages de juillet ont justement illustré cette pression sur le système. La STEG avait alors programmé plusieurs opérations de coupure tournante afin de préserver la sécurité et la continuité du réseau.

Dans ce contexte, chaque nouveau poste de transformation constitue une pièce supplémentaire du dispositif.

Et les 15 autres postes ?

C’est désormais la question qui mérite d’être suivie.

Les sources disponibles confirment que Zaafrana est la première réalisation du programme des 17 postes et que Ben Guerdane et Bir Chaâbane figurent parmi les prochaines étapes annoncées.

Les documents techniques de la STEG permettent par ailleurs d’identifier plusieurs autres infrastructures prévues dans le cadre du développement du réseau, notamment à Skhira, Jemmal, Noyel, Sanhaja et Bir Chaâbane, avec différents niveaux de tension et raccordements.

Mais leur état d’avancement en août 2026 n’est pas suffisamment documenté dans les sources publiques consultées pour affirmer qu’elles sont déjà opérationnelles.

C’est donc moins le nombre de postes inaugurés que leur rythme réel de mise en service qui constitue désormais l’indicateur à surveiller.

Après les délestages, la question n’est plus seulement de savoir combien de projets électriques sont annoncés. Elle est de savoir combien sont effectivement entrés en exploitation, combien restent en chantier et combien attendent encore leur mise en service.

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Huile d’olive : En Afrique, la Tunisie dépend presque entièrement du marché égyptien

21. August 2026 um 19:19

La Tunisie affiche des ambitions croissantes sur les marchés africains, mais la géographie de ses exportations d’huile d’olive révèle une réalité beaucoup plus concentrée. Si l’Afrique ne reçoit que 3,8 % des volumes tunisiens exportés, l’Égypte à elle seule en absorbe 3,3 %. Autrement dit, près de 87 % de l’huile d’olive tunisienne destinée au continent africain prend le chemin du marché égyptien, selon un calcul effectué à partir de la ventilation géographique des volumes exportés.

L’Égypte, presque à elle seule

Le constat est saisissant. Sur les 3,8 % des volumes d’huile d’olive tunisienne exportés vers l’Afrique, 3,3 points correspondent à la seule Égypte, rapporte l’Observatoire national de l’Agriculture (ONAGRI).

Le calcul est simple : 3,3 % rapportés aux 3,8 % destinés au continent représentent environ 86,8 %, soit près de 87 % du débouché africain.

Derrière l’Égypte, la présence tunisienne apparaît beaucoup plus limitée et fragmentée. Le continent africain, pourtant régulièrement présenté comme un espace stratégique pour le développement des exportations tunisiennes, reste donc un marché encore marginal pour l’huile d’olive.

Une présence africaine encore très concentrée

Ce chiffre ne signifie pas que l’Égypte absorbe 87 % de l’ensemble des exportations tunisiennes d’huile d’olive. Il s’agit bien de 87 % des volumes destinés au continent africain.

La nuance est importante : l’Afrique elle-même ne représente qu’une part réduite des débouchés de l’huile d’olive tunisienne. Et, à l’intérieur de cette faible part, un seul marché concentre l’essentiel des expéditions.

Cette dépendance géographique contraste avec l’objectif de diversification des marchés et pose la question de la capacité de la Tunisie à élargir réellement ses débouchés africains au-delà de l’Égypte.

L’Arabie saoudite et la Jordanie, des marchés secondaires

La ventilation des exportations montre également que l’Arabie saoudite et la Jordanie représentent ensemble 7,7 % des volumes exportés.

Ces deux marchés occupent donc une place plus importante, à eux seuls, que l’ensemble du continent africain hors Égypte.

Le contraste souligne la concentration des débouchés tunisiens selon les zones géographiques : alors que l’Afrique ne capte qu’une faible proportion des volumes, le marché égyptien domine presque totalement cette présence continentale.

Le défi de la diversification

La forte progression récente des exportations tunisiennes d’huile d’olive masque ainsi une autre réalité : celle de la concentration géographique des marchés.

Pour la Tunisie, l’enjeu ne se limite plus à augmenter les volumes exportés. Il consiste également à diversifier les destinations, notamment sur un continent africain où la présence de l’huile d’olive tunisienne demeure, pour l’instant, largement dépendante d’un seul pays.

L’Égypte apparaît ainsi comme la porte d’entrée principale de l’huile d’olive tunisienne en Afrique. Mais au-delà de ce marché, le potentiel de diversification sur le continent reste encore largement à conquérir.

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Tunisie–Inde : Une chambre d’affaires en projet et un forum tous les six mois

21. August 2026 um 18:45

La coopération économique entre la Tunisie et l’Inde pourrait bientôt s’appuyer sur deux nouveaux mécanismes destinés à renforcer les échanges entre les entreprises des deux pays. Au lendemain du Forum tuniso-indien organisé le 20 août, l’ambassadrice de l’Inde en Tunisie a évoqué la poursuite des démarches en vue de créer une chambre d’affaires bilatérale et d’instaurer un rendez-vous économique semestriel, organisé alternativement en Tunisie et en Inde. À ce stade, aucune annonce ne fait toutefois état de contrats d’investissement précis conclus à l’issue de cette rencontre.

Une présence permanente au-delà des forums

L’idée d’une chambre d’affaires tuniso-indienne constitue l’un des principaux prolongements envisagés après le forum. L’objectif serait de disposer d’une structure permanente capable de rapprocher les entreprises, de faciliter les contacts et d’accompagner le développement de projets communs.

Contrairement à un forum ponctuel, une telle structure permettrait d’inscrire les relations économiques dans la durée. Elle pourrait notamment jouer un rôle d’interface entre les opérateurs privés, identifier des opportunités de partenariat et favoriser une meilleure connaissance des marchés tunisien et indien.

Les secteurs évoqués dans le cadre du rapprochement entre les deux pays couvrent notamment la pharmacie, le numérique, l’agroalimentaire, la mécanique, l’électronique ainsi que les composants automobiles.

Un forum tous les six mois

Le second mécanisme envisagé repose sur l’organisation régulière d’un forum économique tuniso-indien tous les six mois, alternativement dans les deux pays.

L’enjeu est d’éviter que les rencontres entre opérateurs économiques ne restent limitées à des événements isolés. Ce rythme semestriel permettrait d’assurer un suivi des discussions engagées, de présenter régulièrement de nouvelles opportunités et, surtout, de transformer progressivement les intentions de coopération en projets concrets.

Lors de la rencontre avec une délégation d’hommes d’affaires, le ministre du Commerce a d’ailleurs souligné l’importance de l’Inde en tant que partenaire économique pour la Tunisie et la nécessité de développer davantage les échanges entre les deux pays.

Des intentions institutionnelles, mais pas encore de contrats annoncés

C’est précisément sur ce point que la distinction reste importante. Les annonces intervenues après le Forum tuniso-indien du 20 août concernent, pour l’heure, la mise en place d’outils destinés à structurer et intensifier la coopération économique.

La création d’une chambre d’affaires et l’instauration d’un forum semestriel constituent donc des perspectives institutionnelles et organisationnelles, et non l’annonce d’investissements ou de contrats déjà conclus.

La prochaine étape consistera ainsi à mesurer la capacité de ces nouveaux mécanismes à déboucher sur des partenariats concrets dans les secteurs ciblés. Car entre la volonté de rapprocher les milieux d’affaires et la signature effective de projets industriels ou d’investissements, il reste encore une étape essentielle à franchir.

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Ukraine | L’entourage de Zelnsky visé par des enquêtes anticorruption

21. August 2026 um 13:58

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé mercredi 19 août 2026 sa cheffe adjointe de cabinet, Iryna Mudra, alors que les enquêteurs anticorruption lançaient une vaste enquête visant une organisation criminelle présumée impliquant de hauts responsables liés à la présidence.

Habib Glenza, à Lodz.

Outre Mudra, les suspects comprennent un député en fonction, un ex-parlementaire ainsi que le directeur général et le président du conseil de surveillance d’une banque publique, indique le Bureau national de lutte contre la corruption (Nabu). La description de ces responsables bancaires semble renvoyer à Sense Bank.

Les enquêteurs affirment que le groupe a contribué au blanchiment d’environ 3 millions d’euros (150 millions de hryvnias ukrainiennes) déposés comme caution pour un suspect dans une affaire de corruption.

Il s’agit de l’opération «Midas», une enquête sur des soupçons de corruption au sein de Energoatom, l’entreprise publique ukrainienne de l’énergie nucléaire, devenue la plus vaste affaire de corruption du mandat de Zelensky.

La nouvelle affaire n’est donc pas isolée : elle semble découler directement d’une enquête qui met déjà en cause d’anciens hauts responsables gouvernementaux et des personnes entretenant de longue date des liens personnels et politiques avec Zelensky.

De «Midas» à «Forest Gump»

Le Nabu et le Parquet spécialisé anticorruption (Sapo) ont dévoilé l’opération «Midas» en novembre 2025, au terme de plus d’un an d’enquête.

Ils affirment que les membres d’une organisation criminelle exerçaient une influence sur Energoatom sans y occuper de fonctions officielles, prélevant des pots-de-vin représentant 10 à 15 % des contrats auprès des fournisseurs en échange du déblocage des paiements.

Le Nabu estime qu’environ 85 millions d’euros ont été blanchis via ce système présumé.

L’ancien ministre de la Justice et de l’Énergie Herman Halouchtchenko a été accusé de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle.

En février, le Nabu a indiqué que plus de 7,4 millions de dollars, 2,4 millions d’euros et 1,3 million de francs suisses liés au système présumé avaient été transférés ou mis à la disposition de sa famille.

Les 3 millions d’euros au cœur de la dernière enquête, baptisée opération «Forest Gump», auraient été déposés comme caution pour Halouchtchenko

Selon des mandats de perquisition divulgués par des parlementaires ukrainiens, Sense Bank aurait été utilisée pour transférer une partie des fonds de caution. Le Nabu a également rendu publics des enregistrements audios dans lesquels on entend Mudra évoquer Sense Bank et des tentatives présumées d’influencer les décisions la concernant.

Dans une conversation enregistrée en juin, Mudra indique qu’on lui a dit que le directeur général de la banque et le président de son conseil de surveillance viendraient la voir.

Elle évoque aussi une personne prénommée «David» et le président d’une commission parlementaire, qui chercheraient à offrir une protection politique à la banque. On ignore si David fait référence à David Arakhamia, chef du groupe Serviteur du peuple de Zelenskiy au Parlement.

« Ils ne s’en prendront pas à Sense Bank et Sense Bank doit les payer», déclare Mudra sur cet enregistrement. Dans une autre conversation, Mudra affirme que «Timur», qu’elle décrit comme «un réfugié israélien», l’a appelée pour lui demander de prendre en charge le dossier de Sense Bank.

Cette description semble renvoyer à Timur Mindich, ami de longue date et ancien partenaire commercial de Zelensky, présenté comme l’un des cerveaux du système de corruption «Midas» évalué à 100 millions de dollars (85 millions d’euros).

D’un ami de longue date à un ancien chef de cabinet

Mindich faisait partie du premier cercle de Zelensky bien avant son entrée en politique et est copropriétaire de Kvartal 95, la société de production cofondée par le président.

Suspect dans l’opération «Midas», Mindich a quitté l’Ukraine pour Israël en novembre 2025. Son nom apparaît aussi dans l’enquête «Dynasty», dans laquelle le Nabu et le Sapo affirment que plus de 8,8 millions d’euros ont été blanchis via un complexe résidentiel de luxe en périphérie de Kyiv, à partir de fonds provenant en partie de systèmes de corruption, notamment chez Energoatom.

Mais le nom le plus en vue cité dans l’affaire «Dynasty» est celui d’Andriy Iermak, ancien chef de cabinet de Zelensky et pendant des années l’une des figures les plus puissantes d’Ukraine.

Iermak a dirigé le cabinet du président de 2020 jusqu’à son départ en 2025, devenant le plus proche confident politique de Zelensky et jouant un rôle central dans la politique intérieure, la diplomatie et la conduite de la guerre.

En mai 2026, le Nabu et le Sapo ont désigné Iermak comme suspect dans l’affaire de blanchiment d’argent «Dynasty». Un tribunal a ordonné son placement en détention avec la possibilité d’une libération sous caution de 2,7 millions d’euros, somme qui a ensuite été versée. Iermak nie les accusations.

La même enquête met également en cause l’ancien vice-Premier ministre Oleksiy Chernyshov, qui a occupé plusieurs hautes fonctions gouvernementales sous Zelensky et est présenté comme un ami de longue date de la famille présidentielle.

D’autres enquêtes ont rattrapé d’anciens membres de l’administration présidentielle. Rostyslav Shurma, ex-chef adjoint chargé de la politique économique, a été désigné comme suspect en janvier dans une affaire distincte portant sur des abus présumés dans le système de subventions aux énergies renouvelables en Ukraine.

Le Nabu et le Sapo soupçonnent Shurma, son frère Oleg et d’autres personnes d’avoir détourné environ 2,7 millions d’euros. Les deux frères ont été placés sur une liste de recherche en février, et un tribunal a ordonné leur détention par contumace en avril. Shurma, actuellement à l’étranger, nie tout acte répréhensible.

Une proximité douteuse et dérangeante

Ces enquêtes surviennent à un moment particulièrement sensible pour les ambitions européennes de l’Ukraine.

Kiev et Bruxelles ont ouvert en juin le cluster Fondamentaux des négociations d’adhésion de l’Ukraine, qui couvre notamment l’État de droit, la justice, les marchés publics et le contrôle financier. Un deuxième cluster, consacré aux relations extérieures a suivi en juillet.

L’UE a souligné que les progrès réalisés sur le cluster Fondamentaux détermineront le rythme global des négociations d’adhésion de l’Ukraine, plaçant l’indépendance et l’efficacité des institutions anticorruption du pays sous un examen particulier.

La série d’enquêtes dresse pour Zelensky un tableau politique de plus en plus délicat.

Son ancien chef de cabinet a été désigné comme suspect. D’anciens chefs adjoints de cabinet également. Son ami de longue date et ancien partenaire commercial est impliqué dans plusieurs grandes affaires. D’anciens ministres et d’autres hauts responsables de son administration sont eux aussi devenus suspects.

Chacune des enquêtes menées par le Nabu et le Sapo suscite aussi une forte mobilisation de l’opinion. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens sont descendus dans la rue en 2025 pour défendre l’indépendance du Nabu et du Sapo après la décision du Parlement de restreindre les pouvoirs de ces autorités anticorruption.

La société civile a aussi réclamé des investigations supplémentaires sur des soupçons de corruption au plus haut niveau de l’État. 

Pour un président arrivé au pouvoir en 2019 en promettant de rompre avec l’establishment politique corrompu du pays, la proximité de tant d’affaires visant son entourage a un coût politique de plus en plus lourd.

Source : The Kyiv Independent 

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Commémoration 30 ans après l’expulsion de l’église Saint-Bernard

21. August 2026 um 11:15
Une plaque commémorative sera dévoilée le 26 août. Il y a 30 ans, des sans-papiers avaient été expulsés de cette église parisienne, provoquant une forte mobilisation citoyenne. En bref Une plaque commémorative doit être dévoilée le 26 août devant l’église…

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Samir Dilou | «L’état de santé de Rached Ghannouchi est stable»

21. August 2026 um 10:27

L’état de santé de Rached Ghannouchi (85 ans), ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha, incarcéré depuis plus de trois ans et condamné à de lourdes peines de prison dans différentes affaires, est jugée stable après sa sortie de l’hôpital, le 18 août 2026, et ses avocats ont été autorisés à lui rendre visite.

Samir Dilou, membre de son collectif de défense, a déclaré à The New Arab qu’il lui avait rendu visite, le 19 août, et que son état de santé était stable, malgré la faiblesse dont il souffre à la suite de problèmes de santé récents.

M. Ghannouchi avait été privé de visites et totalement isolé du monde extérieur, sans pouvoir suivre l’actualité pendant 23 jours, ce qui l’avait conduit à entamer une grève de la faim pour protester, a expliqué Me Dilou. Il a ajouté que M. Ghannouchi gardait le moral malgré tout ce qu’il a traversé, soulignant qu’il bénéficiait de soins au sein de la prison.

Le collectif de défense de M. Ghannouchi a indiqué, dans un communiqué publié le 19 août, que ce dernier avait été ramené lundi soir à la prison civile de Mornaguia, près de la capitale, après avoir séjourné à l’hôpital depuis le 29 juillet.

Le collectif a précisé que, durant son hospitalisation, M. Ghannouchi avait été maintenu en «isolement total», se voyant refuser les visites de ses avocats et de sa famille, et empêché de suivre l’actualité par les moyens accessibles aux autres détenus.

Cela s’est produit malgré les demandes répétées de la défense pour lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé, selon le communiqué.

M. Ghannouchi est incarcéré depuis le 17 avril 2023 et a été condamné à plusieurs peines de prison, dont certaines à perpétuité, dans des affaires liées à un complot contre la sûreté de l’État.

I. B.

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Ahmed Nejib Chebbi garde le moral en prison malgré son état de santé fragile

21. August 2026 um 10:07

Haifa Chebbi, avocate membre du collectif de défense des détenus politiques en Tunisie et fille d’Ahmed Nejib Chebbi (82 ans)— dirigeant du Front de salut national actuellement en détention, condamné dans l’affaire dite de complot contre l’Etat, avec son frère, Issam Chebbi, secrétaire général du Parti Républicain, a déclaré à The New Arab que son père garde le moral malgré son état de santé fragile.

Me Chebbi a expliqué que son père, lui-même avocat, avait récemment rencontré des problèmes de santé, aggravés notamment par les fortes chaleurs régnant en prison.

Elle a précisé que l’administration pénitentiaire «ne néglige rien et met tout en œuvre pour surveiller son état de santé, mais elle atteint les limites de ses capacités», ajoutant que son père préfère ne pas se focaliser sur sa santé, estimant qu’il existe des questions plus urgentes.

Haifa Chebbi a indiqué que son père a suivi les informations concernant la marche organisée le 25 juillet 2026, marquant le 69e anniversaire de la proclamation de la République tunisienne et le cinquième anniversaire du coup de force constitutionnel du 25 juillet 2021 ayant permis au président de la république Kaïs Saïed d’accaparer la totalité des pouvoirs.

Il s’est montré optimiste quant à la participation de divers groupes d’opposition et forces de la société civile, estimant que «c’est précisément pour cette cause qu’ils sont actuellement emprisonnés», a-t-elle souligné, ajoutant que cette mobilisation a grandement contribué à remonter le moral de l’ensemble des détenus politiques.

Me Chebbi a affirmé que son père est pleinement conscient que «tant que le coup de force perdurera, il ne sortira pas de prison» et qu’il paie le prix de son opposition aux autorités et de son refus de la situation actuelle.

I. B.

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Afrique: le marché des smartphones à moins de 100 dollars vacille

21. August 2026 um 10:03

L’Afrique demeure la seule région du globe où les téléphones à moins de 100 dollars pèsent encore lourd dans les importations: 30% des expéditions au deuxième trimestre 2026, contre à peine 1% en Chine continentale, 2% en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord, et 8% au Moyen-Orient. Un chiffre qui isole totalement le continent, mais qui, en raison de la conjoncture internationale, commence à montrer des signes de faiblesse.

Ce segment d’entrée de gamme s’est effondré de 34% en Afrique sur un an au deuxième trimestre, un recul cinq fois plus marqué que celui de l’ensemble du marché continental de smartphones, limité à 7% sur la même période. En cause: l’explosion des prix des puces mémoire DRAM et NAND, portée par l’appétit des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Sur un appareil vendu sous les 99 dollars, la mémoire absorbe désormais 64% du coût des composants, elle n’en pesait qu’un tiers un an auparavant.

Sous cette pression, le continent avance en ordre dispersé. Certains pays prennent leurs distances avec le low cost: l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc et la Tunisie voient leurs consommateurs se tourner vers le renouvellement d’appareil, la 5G et des gammes plus onéreuses, portés par un pouvoir d’achat moins sensible aux variations de prix. À l’inverse, au Mozambique, au Malawi ou au Liberia, la moindre hausse tarifaire referme un peu plus l’accès au smartphone. Les fabricants, eux, ont changé de tactique: plutôt que de baisser le prix affiché, ils misent sur le crédit, l’abonnement et les partenariats avec les opérateurs pour préserver leurs marges sans perdre leurs clients.

Un marché en recomposition qui offre des opportunités

Cette recomposition du marché du smartphone constitue une opportunité concrète pour les acteurs tunisiens du financement d’appareils et des services numériques. À mesure que la Tunisie glisse vers le segment moyen-haut de gamme, les opportunités se déplacent vers les solutions de paiement échelonné, les partenariats opérateurs-fabricants et les services d’écosystème comme le stockage cloud, plutôt que vers la simple distribution de terminaux à bas coût.

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Italie/Albanie : un accord migratoire incompatible avec le droit européen ?

21. August 2026 um 09:06
Un rapport d’Amnesty International révèle des atteintes aux droits des demandeurs d’asile dans le cadre de l’accord entre l’Italie et l’Albanie. L’ONG fustige l’externalisation de la gestion migratoire.     En bref L’Italie et l’Albanie ont conclu un accord prévoyant…

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Les opposants à Kaïs Saïed défilent à nouveau à Tunis

21. August 2026 um 09:05

Ce n’est pas (ou pas encore) un remake de la révolution du 14 janvier 2011, même si certains slogans scandés par les opposants au président Kaïs Saïed, qui sont descendus nombreux, une nouvelle fois, jeudi 20 août 2026, dans les artères du centre-ville de Tunis, cherchent à le rappeler, en criant leur ras-le-bol et en appelant le locataire du Palais de Carthage, jusque-là imperturbable, à «dégager» (sic !).

Latif Belhedi     

Les manifestants, qui étaient quelques centaines, des milliers disent le organisateurs, appartenant à des horizons politiques divers, ont défilé dans le calme pour réclamer le départ de Kaïs Saïed, en poste depuis 2029, et le rétablissement de la démocratie, qu’ils accusent ce dernier d’en avoir fermé la parenthèse par la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021. C’était une énième manifestation contre sa gestion du pouvoir, sur fond de mécontentement politique et économique croissant, avec des coupures d’électricité et d’eau potable en pleine canicule, et des pénuries de médicaments, d’eau en bouteille et de carburants.   

Les manifestants ont exprimé leur rejet d’un «pouvoir personnel» et d’une «dérive vers la dictature», tout en appelant à la libération des dizaines d’opposants, de militants et de journalistes emprisonnés.

Par dérive dictatoriale, les manifestants font référence aux mesures prises par Kaïs Saïed le 25 juillet 2021 en limogeant le gouvernement, en gelant le Parlement élu, avant de le dissoudre, et en commençant à gouverner par décret.

Ils reprochent aussi à Kaïs Saïed d’avoir ensuite dissous le Conseil supérieur de la magistrature et révoqué des dizaines de juges, affirmant lutter contre la corruption au sein de l’appareil judiciaire. Cette décision a suscité une large condamnation, des organisations internationales de défense des droits humains y voyant une atteinte à l’indépendance de la justice.

Les manifestants brandissaient des pancartes dénonçant la «soif» et l’«obscurité», en référence à la pénurie d’eau potable et aux coupures d’électricité. «Aujourd’hui, le peuple tunisien vit dans l’humiliation. Il n’y a ni eau, ni électricité, ni liberté», a déclaré à l’AFP l’avocat Samir Ben Amor, proche du parti islamiste Ennahdha.

«Nous nous opposons à la situation catastrophique dans laquelle la Tunisie se trouve désormais», a déclaré Ezzeddine Hazgui, figure historique de l’opposition de gauche, dont le fils, Jawher Ben Mbarek, professeur de droit constitutionnel et activiste politique est en prion depuis trois ans, accusé dans l’affaire dite de complot contre l’Etat dans laquelle ont été condamnés des dizaines de figures majeures de l’opposition. Sa fille, Dalila Ben Mbarek Msaddek, une avocate et militante, accusée dans la même affaire, est en fuite en France. «Il ne reste plus d’État ni d’institutions, juste un homme qui ignore tout et qui dirige le pays», a ajouté Hazgui.

Ces manifestations ne signalent pas, en soi, un basculement politique imminent, mais elles reflètent la pression croissante qui pèse sur le président et soulignent la capacité des opposants à se mobiliser dans la rue, malgré leurs divisions habituelles. Pour une fois, islamistes et destouriens, gauchistes et libéraux, conservateurs et progressistes défilaient ensemble dans les rues, scandaient les mêmes slogans et brandissaient des banderoles réclamant le rétablissement des libertés tout en dénonçant la détérioration de la situation économique et sociale du pays.

«Assez d’échecs, assez d’injustice et assez d’absurdité. Le pays connaît un effondrement total», a déclaré à Reuters Wissem Sghaier, un militant.

Les Tunisiens font face à des pressions économiques et à une hausse du coût de la vie, aggravées par la dégradation des services publics et des pénuries de certains produits de première nécessité et de médicaments.

Face à la frustration grandissante, des manifestations ont éclaté ces dernières semaines dans plusieurs régions du pays pour protester contre des coupures d’eau et d’électricité ainsi que des problèmes environnementaux ; cela suggère que la colère populaire dépasse le cadre des différends politiques avec Kaïs Saïed pour s’étendre aux difficultés croissantes du quotidien.

Des organisations de défense des droits humains accusent le gouvernement de Kaïs Saïed de mener une vaste campagne de répression visant les dirigeants de l’opposition, les groupes indépendants de la société civile, les journalistes et les militants. Elles affirment que le président utilise l’appareil judiciaire et les forces de sécurité pour museler ses opposants.

Kaïs Saïed, qui mène sa propre révolution, se considérant à la tête d’une nouvelle lutte de libération nationale, rejette les accusations de répression politique, affirmant qu’il ne fait qu’appliquer la loi et poursuivre des personnes soupçonnées de corruption financière ou de complot contre l’État.

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Startups africaines : la dette prend le pas sur le capital-risque

20. August 2026 um 14:59

Un plancher inédit depuis mars 2025 ! Les startups africaines n’ont mobilisé que 102 millions de dollars en juillet 2026, selon les chiffres de la plateforme spécialisée The Big Deal, bien en deçà des 258 millions de dollars mensuels enregistrés en moyenne sur l’année écoulée.

Au total, 44 jeunes pousses ont tout de même annoncé des opérations d’au moins 100 000 dollars, un volume proche de la normale : le problème n’est donc pas le nombre de deals, mais leur taille.

Sur les 102 millions levés, seulement 25 proviennent de fonds propres, un niveau inédit depuis avril 2019 ! La dette, elle, capte 75 millions, soit près des trois quarts du total, portée par les grosses opérations qui ont été réalisées.

Un ralentissement qui dure depuis janvier

Sur les sept premiers mois de 2026, le continent a mobilisé 1,46 milliard de dollars, en repli de 27 % sur un an. Le nombre de startups financées recule à 241, contre 302 en 2025, et les investisseurs actifs tombent à 256, contre 328.

Ce basculement vers la dette traduit une prudence accrue des investisseurs en capital, plus regardants sur la rentabilité que sur la croissance pure. Pour les startups africaines, l’enjeu devient donc de démontrer des modèles économiques solides avant de lever, la dette servant de relais en attendant un retour de l’appétit pour le capital-risque.

 

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Etude sur l’échec de la réforme économique en Tunisie

20. August 2026 um 13:51

Sabina Henneberg, chercheuse au Washington Institute, spécialiste de la Tunisie, vient de publier un ouvrage intitulé ‘‘Why Economic Reform Failed in Tunisia’’ (Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie), une sorte de bilan de l’action des quatre principaux bailleurs de fonds dans un pays en transition depuis la «révolution» du 14 janvier 2026.

Dans cette étude approfondie, Sabina Henneberg retrace les efforts déployés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les États-Unis et l’Union européenne pour soutenir les réformes économiques en Tunisie au cours de la décennie ayant suivi la révolution.

Au cours de la décennie ayant suivi les soulèvements du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s’est imposée comme le pays de la région offrant les meilleures perspectives de transition démocratique, fort de réalisations telles qu’une nouvelle Constitution, des élections libres et équitables, ainsi que la mise en place de commissions traitant de la corruption, de la liberté des médias et des droits des femmes. En réponse, les acteurs internationaux ont apporté un soutien politique marqué à ce pays d’Afrique du Nord, assorti d’importantes promesses d’aide financière.

Toutefois, tout en reconnaissant que la réussite politique de la Tunisie devait s’appuyer sur des réformes économiques, ces acteurs ne sont pas parvenus à s’adapter à des évolutions préoccupantes, notamment la résistance au changement du syndicat national, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux effets déstabilisateurs du terrorisme et aux ingérences d’acteurs extérieurs, analyse la chercheuse.

Si la porte peut sembler fermée aujourd’hui, alors que le président Kaïs Saïed consolide son pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, l’étude explique comment de futures initiatives pourraient rencontrer un succès accru en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme, en conditionnant l’aide à la mise en œuvre de réformes et en privilégiant un dialogue soutenu avec le public tunisien.

I. B.

Lire l’étude en anglais.

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Flotille Sumud | Wael Nawar poursuit sa grève de la faim en prison

20. August 2026 um 13:16

La «Global Sumud Flotilla» (GSF) a exprimé «sa profonde indignation et sa vive inquiétude» après que le Tunisien Wael Nawar, membre de son comité de pilotage, a entamé une grève de la faim pour dénoncer sa détention préventive en Tunisie, ainsi que celle de trois autres membres de l’organisation.

«La Global Sumud Flotilla exprime sa profonde indignation et sa vive inquiétude suite à l’annonce que Wael Nawar, membre du comité de pilotage, a officiellement entamé la ‘‘grève de la faim Sumud’’ le dimanche 16 août», a déclaré la plateforme dans un communiqué publié jeudi 20 août 2026. Elle a lié cette initiative aux protestations du militant contre son arrestation sur le territoire tunisien, ainsi que contre celles de ses collègues organisateurs Ghassen Henchiri, Ghassen Bougdiri et Nabil Channoufi.

La GSF a rappelé que les quatre hommes «ont été arrêtés en mars 2026, peu après que les autorités tunisiennes ont bloqué le départ prévu de la Global Sumud Flotilla depuis le port de Sidi Bou Saïd». Elle a souligné qu’ils demeurent emprisonnés pour des infractions financières présumées que l’organisation qualifie de «fabriquées de toutes pièces et à motivation politique, constituant une tentative de criminaliser l’action humanitaire et la solidarité organisée avec la Palestine en Tunisie».

Selon la Flottille, «alors que trois co-organisateurs ont été libérés sous des conditions restrictives entravant leur liberté de mouvement, les ‘‘Quatre de Sumud’’ demeurent derrière les barreaux dans des conditions de surpeuplement et de dégradation, avec un accès limité à des soins médicaux vitaux», une situation qui suscite une inquiétude croissante quant à leur état.

Face à cette situation, l’organisation a souligné qu’elle «tient les autorités tunisiennes pour pleinement responsables de l’intégrité physique et de la vie de Wael Nawar et de ses compagnons détenus» et a exigé leur «libération immédiate et inconditionnelle (…), l’abandon de toutes les charges pesant sur eux ainsi que la levée de toutes les restrictions imposées aux organisateurs libérés».

Parallèlement, elle a demandé que, tant qu’ils restent privés de liberté, «les autorités garantissent immédiatement une prise en charge médicale complète et des conditions de détention respectueuses de leurs droits fondamentaux».

Dans son message, la GSF insiste sur le fait que «le harcèlement étatique n’effacera jamais l’impératif moral de mettre fin au génocide à Gaza ni ne dissuadera ceux qui sont solidaires du peuple palestinien», et conclut en réaffirmant qu’elle «soutient fermement Wael Nawar, sa famille et nos camarades emprisonnés, et exhorte la société civile mondiale à exiger leur libération immédiate».

I. B.

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La Cour pénale internationale sous le feu de nouvelles sanctions américaines

20. August 2026 um 11:25
Suite à de nouvelles sanctions à son encontre annoncées par les États-Unis, la CPI a réaffirmé sa détermination à travailler « de façon impartiale et en toute indépendance ». En bref Les États-Unis ont annoncé le 18 août de nouvelles…

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L’eau potable dessalée peut nuire à la santé

20. August 2026 um 11:21

Hamza El-Fil, professeur et chercheur au Centre de recherches et des technologies des eaux (Certe), a mis en garde contre la consommation excessive d’eau de robinet filtrée et dessalée à domicile par des osmoseurs domestiques auxquels recourent certaines familles.  

M. El-Fil, dont les propos ont été rapporté par Diwan FM, a expliqué que ce processus de dessalement peut produire une eau dépourvue de sels minéraux ou n’en contenant qu’une très faible quantité, soulignant qu’une consommation prolongée de ce type d’eau pourrait nuire à la santé des citoyens à moyen ou à long terme.

L’eau potable doit contenir une teneur en sels minéraux d’au moins 0,2 gramme par litre, a-t-il expliqué, exhortant les citoyens à éviter de consommer de l’eau dessalée.

Les sels minéraux sont essentiels à la vie car ils assurent la structure des os, régulent l’hydratation, transmettent les influx nerveux et permettent la contraction musculaire.

Le chercheur a suggéré de mélanger trois quarts d’eau dessalée avec un quart d’eau du robinet filtrée afin d’obtenir une eau contenant des sels, tout en soulignant la nécessité de s’assurer de la salubrité de l’eau du robinet et de la qualité des filtres utilisés.

Cet appel intervient dans un contexte de recours croissant aux appareils de dessalement domestiques, en particulier chez les familles cherchant des solutions pour améliorer la qualité de l’eau de robinet en en réduisant les impuretés et la salinité. Et pour ne pas devoir recourir à l’eau en bouteille dont la consommation alourdit les dépenses du foyer.  

L’osmoseur domestique est un appareil pour traiter l’eau du robinet lorsqu’elle est trop chargée en sels minéraux ou saumâtre. Il utilise la technique de l’osmose inverse pour filtrer très finement les minéraux, le calcaire et les impuretés afin de rendre l’eau agréable à boire.

I. B.

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L’Italie veut changer sa relation avec l’Afrique par la culture

20. August 2026 um 11:08
Avec le nouveau Prix Mattei pour la coopération culturelle, Rome veut faire de la création, du patrimoine et de la formation de nouveaux instruments de rapprochement avec l’Afrique. Le Maroc figure déjà parmi les partenaires de cette stratégie qui entend…

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Sebta et Melilla : l’OMDH pointe le désengagement européen

20. August 2026 um 10:09
Dans un rapport sur les récentes tentatives de passage vers Sebta et Melilla, l’Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH) pointe notamment le désengagement des États européens face à leurs obligations internationales en matière de gestion migratoire. En bref L’OMDH consacre…

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«Lettre à Ayachi Hammami, prisonnier politique à Mornaguia»

20. August 2026 um 09:12

Dans une «Lettre à Ayachi Hammami, prisonnier politique à Mornaguia», à l’occasion de l’appel à manifester à Tunis, ce jeudi 20 août 2026, à partir de 18 heures, ses «ami.e.s de Paris et d’ailleurs» appellent à sa libération ainsi qu’à celle de «toutes et tous les prisonnier·es politiques et d’opinion». Nous reproduisons ci-dessous des extraits de cette lettre ouverte.  

Cher Ayachi,

Nous pensons à toi. Chaque jour, ta voix depuis Mornaguia nous rappelle ce que veut dire rester debout.

Tu n’as jamais été un homme de compromis avec l’injustice. Sous Ben Ali déjà, quand tant d’autres se taisaient ou se résignaient, tu travaillais à rassembler ce qui pouvait l’être — à faire converger une opposition démocratique éclatée autour d’une candidature unique, en 2004 avec Mohamed Ali Halouani, puis en 2009 avec Ahmed Brahim. Tu savais que ces candidatures n’avaient aucune chance dans des élections truquées d’avance, verrouillées par un pouvoir qui s’octroyait 90 % des voix. Mais tu le faisais quand même, parce que pour toi la démocratie n’était pas une tactique, c’était une conviction. Tu semais alors ce que d’autres récolteront plus tard.

Après la révolution, tu n’as pas rangé ce combat au tiroir des souvenirs. Tu as continué, avec la même exigence, à défendre l’État de droit, les libertés, la justice indépendante — convaincu, comme tu l’écris toi-même, que «la démocratie se corrige par la démocratie, non par un coup de force contre elle».

Aujourd’hui, c’est cette intégrité même qu’on te fait payer. Te voilà en prison pour tes idées, accusé dans une affaire montée de toutes pièces — et tu as fait de ta cellule, une fois de plus, un espace de résistance : ta grève de la faim, ta lettre ouverte, ta lucidité intacte malgré tout. Tu n’as rien perdu de ta clarté ni de ton courage.

(…)

Mais sache que ton amitié compte pour nous, et que notre fidélité ne faiblit pas. On n’oublie pas, on n’oublierait pas. Nous sommes nombreux à te porter dans nos pensées et à continuer, chacun à sa place, ce que tu as toujours défendu : la liberté, la dignité, le droit du peuple tunisien à choisir son destin.

Le 20 août, tes ami.e.s seront dans la rue à Tunis, à l’appel de Nafas, pour crier ton nom aux côtés de tous les autres — Chaïma, Néjib, Mourad, Jawhar, Issam, Ghazi, Abdelhamid, Ridha, Abir, Zied, Borhen, Chawki… et tant d’autres, connus ou anonymes, que ce pouvoir a choisi de faire taire plutôt que d’écouter.

Nous exigerons ce qui devrait aller de soi : la libération immédiate et sans condition de toutes les prisonnières et de tous les prisonniers politiques et d’opinion.

Tiens bon, Ayachi. On pense à toi, on parle de toi, on se bat pour toi.

Avec toute notre amitié et notre indéfectible solidarité. 

Tes ami.e.s de Paris et d’ailleurs.

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Coupures d’électricité : Au-delà de la canicule, le spectre d’une crise structurelle du système énergétique tunisien

20. August 2026 um 08:26

Les coupures d’électricité qui se multiplient en Tunisie ne seraient pas seulement la conséquence des vagues de chaleur et de l’explosion de la consommation durant l’été. Elles traduiraient surtout une fragilité plus profonde du système énergétique national, marquée par l’absence de marges de sécurité suffisantes et un déficit d’investissement dans les capacités de production.

C’est le diagnostic dressé jeudi 20 août 2026 par l’ingénieur et expert en énergie Fouad Ali, lors d’une intervention sur Jawhara FM.

Selon lui, les épisodes de délestage et les interruptions périodiques de l’alimentation électrique constituent le symptôme d’une « crise structurelle continue » de la filière énergétique tunisienne.

Un système sans véritable marge de sécurité

Fouad Ali estime que le système tunisien de production d’électricité fonctionne durant l’été avec des marges de manœuvre particulièrement réduites. La Tunisie reste ainsi dépendante des importations d’énergie et de gaz en provenance d’Algérie pour répondre aux pics de demande.

Or, cette dépendance devient problématique lorsque l’Algérie connaît elle-même une forte hausse de sa consommation électrique. Les deux pays étant confrontés à des conditions climatiques similaires, notamment à de fortes températures et à des taux d’humidité élevés, la capacité d’assistance disponible du côté algérien peut se réduire au moment même où la demande tunisienne atteint ses niveaux les plus élevés.

Dans ces conditions, la Tunisie peut être contrainte de recourir au délestage, c’est-à-dire à des coupures temporaires et ciblées destinées à éviter une surcharge générale du réseau.

Pourquoi la fin août est particulièrement sensible

L’expert souligne également que la capacité effective de production du réseau électrique tend généralement à être plus faible à la fin du mois d’août qu’en juillet.

Plusieurs facteurs techniques et physiques expliqueraient cette situation. L’augmentation de l’humidité maritime peut notamment réduire l’efficacité du refroidissement de certaines unités de production. Parallèlement, les climatiseurs domestiques perdent eux aussi une partie de leur efficacité lorsque les conditions de chaleur et d’humidité deviennent extrêmes, poussant les ménages à augmenter davantage leur consommation.

À cela s’ajoute le retour estival de nombreux Tunisiens résidant à l’étranger, qui contribue à accroître la demande nationale en électricité. Le réseau subit également les effets de plusieurs semaines de fortes sollicitations durant les vagues de chaleur successives.

Cette combinaison de facteurs place ainsi le système électrique sous une pression maximale à une période où ses capacités disponibles peuvent, paradoxalement, être plus limitées.

Des températures attendues à plus de 40 degrés

Fouad Ali a par ailleurs mis en garde contre la possibilité d’une aggravation des perturbations au cours de la période à venir, avec des températures qui pourraient dépasser les 40 degrés et atteindre localement entre 45 et 47 degrés.

Pour l’expert, la réponse à cette situation ne peut pas se limiter à une gestion ponctuelle des crises ou à des mesures prises dans l’urgence à chaque nouvel épisode de canicule.

Lire aussi : Canicule et délestages : Les Tunisiens redoutent un week-end difficile

« Le problème fondamental est celui du manque d’investissement », a-t-il en substance souligné.

Selon ses estimations, les investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) auraient enregistré une baisse de 87 % au cours des cinq dernières années. Un recul qui aurait privé le réseau du développement de nouvelles capacités de production et accentué l’écart entre l’évolution de la demande et les moyens disponibles pour y répondre.

L’urgence de nouveaux investissements

Face à cette situation, l’expert appelle les autorités à revoir leurs orientations et à accélérer les investissements dans le secteur énergétique.

Il plaide notamment pour la recherche de solutions concernant le dossier des autorisations et des procédures qui freinent le lancement de nouveaux projets, ainsi que pour l’accélération de la construction de nouvelles centrales de production conventionnelles.

Au-delà des épisodes de chaleur, la question des coupures d’électricité renvoie donc à un défi plus large : celui de la capacité de la Tunisie à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. Car si les températures extrêmes agissent comme un accélérateur de la crise, elles ne seraient, selon Fouad Ali, que le révélateur d’un déséquilibre installé depuis plusieurs années entre la croissance des besoins et le rythme des investissements dans les infrastructures énergétiques.

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L’extrême droite mondiale, grande amie d’Israël !

20. August 2026 um 08:00

Israël est devenu une entité sulfureuse au sein de la communauté internationale et c’est pour cette raison que le gouvernement du Premier ministre génocidaire Benjamin Netanyahu s’est tourné vers l’extrême droite mondiale où il semble trouver de bons amis surtout parmi les nouveaux dirigeants latino-américains qui sont issus de cette tendance. (Photo : Le président argentin Javier Milei devant le Mur des Lamentations à Jérusalem, le 6 février 2026).

Imed Bahri

Jadis, continent de l’anti-impérialisme et de la libération des peuples, l’Amérique latine est devenue celui du trumpisme et du soutien au sionisme. Avec les nouveaux présidents en place, le continent de Simon Bolivar est devenu celui du soutien à l’idéologie criminelle de Theodor Herzl. Concernant l’Europe, le ministre israélien des Affaires étrangères a chargé les diplomates israéliens d’établir des contacts avec le Rassemblement national français, le parti d’extrême droite espagnol Vox et le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède.

Dans le magazine américain The New Yorker, Ishaan Tharoor affirme que le déclin de l’influence internationale d’Israël l’a conduit à rechercher des alliés au sein de l’extrême droite mondiale. Il évoque l’investiture du nouveau président d’extrême droite colombien Abelardo de la Espriella qui a réuni un parterre de ses alliés idéologiques venus de toute la région. Étaient présents à la cérémonie, qui s’est tenue le vendredi 7 août 2026 à Cali, dans le sud-ouest du pays, les présidents argentin Javier Milei, équatorien Daniel Noboa et chilien José Antonio Kast. Leurs victoires électorales, conjuguées au succès de de la Espriella en juin et aux triomphes de la droite au Pérou et en Bolivie, semblent confirmer un changement plus profond dans la politique latino-américaine.

La délégation américaine était dirigée par Todd Blanche, ancien avocat personnel du président Donald Trump, qui attendait encore sa confirmation au poste de procureur général des États-Unis.

Âge d’or dans les relations entre la Colombie et Israël

Parmi les autres personnalités présentes figurait le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, venu en Colombie dans le cadre d’une mission plus large visant à consolider le soutien à son pays. Ses espoirs n’ont pas été déçus, puisque, le lundi 10 août, de la Espriella s’est engagé à transférer l’ambassade de Colombie à Jérusalem et a reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan.

Cette dernière décision, l’un des premiers actes du nouveau président colombien dès son entrée en fonction, a fait de la Colombie le seul pays au monde, outre les États-Unis, à considérer ce territoire annexé comme faisant partie d’Israël. Le nouveau gouvernement colombien prévoit également de retirer son soutien à la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice.

Cette politique pro-israélienne de Abelardo de la Espriella est aux antipodes de celle de son prédécesseur Gustavo Petro dit Aureliano qui avait rompu les relations diplomatiques avec Israël le 2 mai 2024 et qui avait accusé Netanyahu de perpétrer un génocide à Gaza. Les positions de Petro étaient plus affirmées que celles de plusieurs États du Moyen-Orient ce qui a fait de lui une personnalité très appréciée par les peuples des pays arabes.

Dans une déclaration du 10 août, Sa’ar a qualifié la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan d’acte de soutien «historique» à Israël. Après avoir rencontré de la Espriella la veille de l’investiture, Saar a salué un «nouvel âge d’or dans les relations entre la Colombie et Israël».

Pour Sa’ar, il s’agissait d’un changement bienvenu pour Israël, qui menait une campagne diplomatique publique sur plusieurs fronts, notamment auprès des États-Unis. Ishaan Tharoor considère qu’une grande partie de la bienveillance et de la sympathie manifestées envers Israël après le 7 octobre 2023 s’est dissipée. Le mécontentement envers le gouvernement Netanyahu et le bilan dévastateur de sa guerre à Gaza ainsi que la poursuite des attaques de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie ont également influencé les résultats de certaines primaires américaines.

Deux Américains sur trois ont une opinion négative du gouvernement Netanyahu

Plusieurs sondages réalisés au début de l’été ont révélé que près des deux tiers des Américains interrogés ont une opinion négative du gouvernement Netanyahu, tandis qu’un autre sondage a montré qu’une majorité d’Américains souhaitent réduire, voire supprimer, l’aide militaire à Israël. Certains candidats démocrates aux prochaines élections de mi-mandat ont ouvertement qualifié les actions d’Israël de génocide, reflétant une opinion désormais partagée par une part importante de l’électorat démocrate.

Les tensions ne se limitent pas aux Démocrates, même les Républicains sont divisés. Le mois dernier, le vice-président J.D. Vance a critiqué des personnalités de l’establishment israélien, les accusant de «manipuler et de tenter d’influencer l’opinion publique américaine en faveur de la poursuite de la guerre contre l’Iran».

Déclin de l’image d’Israël auprès de l’opinion internationale

L’ambassadeur d’Israël à Washington Yechiel Leiter a balayé d’un revers de main les allégations de tensions dans les relations américano-israéliennes lorsqu’il a été interrogé en juillet lors d’un événement organisé par le Council on Foreign Relations à Washington. Il a affirmé n’avoir constaté «pas la moindre hostilité envers Israël» après «des dizaines de rencontres avec M. Vance». Il a attribué le déclin de l’image d’Israël auprès de l’opinion publique internationale à une jeune génération trop influencée par les réseaux sociaux, réfutant l’idée qu’Israël soit seul dans cette situation. Il a souligné le renforcement des liens de défense avec l’Inde et l’étroite coopération avec les Émirats arabes unis et l’Azerbaïdjan, déclarant : «Nous avons beaucoup d’amis».

Cependant, le nombre de détracteurs d’Israël a indéniablement augmenté. Une enquête du Pew Research Center sur l’opinion publique concernant Israël dans 35 autres pays a révélé une attitude largement négative à l’égard du pays. Si divers gouvernements ont tenté d’imposer des sanctions à Israël, notamment par des mesures symboliques, des pays comme le Brésil et l’Afrique du Sud ont rappelé leurs ambassadeurs, et l’Espagne et la Norvège ont reconnu l’État palestinien exhortant leurs partenaires européens à renforcer les sanctions contre les entités de colonisation israéliennes et à reconsidérer les accords existants avec Israël.

D’autres, notamment la coalition du Sud global connue sous le nom de Groupe de La Haye, ont appelé à un embargo immédiat sur les armes et à l’application des décisions de la Cour pénale internationale. Ils ont également condamné, à chaque occasion, les violations du droit international commises par Israël ainsi que l’hypocrisie des États-Unis qui protègent Israël de toute responsabilité et lui fournissent une aide militaire.

Alors que Netanyahu et ses alliés rejettent les critiques comme une manifestation d’antisémitisme profondément enraciné et présentent des institutions telles que les Nations Unies comme irrémédiablement partiales, ils ont lancé des attaques virulentes sur les réseaux sociaux contre plusieurs dirigeants étrangers, y compris des centristes prétendument pro-israéliens comme le président français Emmanuel Macron, qui a irrité Netanyahu en tentant de relancer l’intérêt international pour la solution à deux États, actuellement au point mort, entre Israéliens et Palestiniens.

Traditionnellement, Israël a évité tout dialogue formel avec les partis d’extrême droite européens, dont beaucoup puisent leurs racines dans les mouvements néofascistes apparus après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, l’année dernière, Sa’ar a chargé les diplomates israéliens d’établir des contacts avec le Rassemblement national français, le parti d’extrême droite espagnol Vox et le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède, tous porteurs de positions fortement antimusulmanes.

Ainsi, la plus grande solidarité affichée par les dirigeants israéliens actuels avec les nationalistes européens plutôt qu’avec l’establishment politique du continent constitue un étrange paradoxe. Le mois dernier, des membres du Likoud de Netanyahu dont Sa’ar et le ministre de la Défense Israel Katz ont reçu le leader d’extrême droite néerlandais Geert Wilders. Ce dernier avait publié une photo de lui en train de manger des falafels à Jérusalem et visité une colonie illégale de Cisjordanie en compagnie d’un important responsable d’une colonie contre lequel le Parlement néerlandais avait adopté une résolution demandant des sanctions de l’Union européenne (UE). Sa’ar a décrit Wilders comme «un leader courageux et un véritable ami d’Israël».

Selon Tharoor, Israël est devenu une source de profonde polarisation politique en Amérique latine. La gauche continue d’invoquer le passé de la Guerre froide et le soutien apporté par Israël à plusieurs dictatures militaires alliées aux États-Unis, tandis que la droite perçoit la question palestinienne et les groupes armés comme le Hamas et le Hezbollah –liés aux attentats terroristes meurtriers en Argentine– de la même manière qu’elle perçoit les anarchistes d’extrême gauche qu’elle a longtemps cherché à réprimer.

Cette divergence engendre des politiques étrangères contradictoires. En décembre dernier, le nouveau gouvernement de droite bolivien a rétabli les relations diplomatiques avec Israël, rompues par les précédents gouvernements de gauche. Le président chilien José Antonio Kast, entré en fonction en mars et admirateur de l’ancien dictateur Augusto Pinochet, a nommé l’ambassadeur de son pays en Israël, remplaçant celui rappelé deux ans plus tôt par son prédécesseur de centre-gauche.

Milei «fier d’être le président le plus sioniste au monde»

Le président argentin Javier Milei s’est rendu en Israël à trois reprises depuis son entrée en fonction en 2023 et, plus tôt cette année, il a reçu à Jérusalem la Médaille présidentielle d’honneur, la plus haute distinction civile du pays. En mars, lors d’un discours prononcé à l’université Yeshiva de New York, Milei a déclaré être «fier d’être le président le plus sioniste au monde». Un mois plus tard, lui et Netanyahu ont annoncé le lancement des «Accords d’Isaac», un cadre d’accords aux contours flous visant à renforcer les liens entre Israël et l’Amérique latine, inspiré des Accords d’Abraham conclus sous l’égide de Trump entre Israël et quelques États arabes. 

Ces deux dernières années, plusieurs personnalités politiques latino-américaines de droite se sont rendues au Mur des Lamentations à Jérusalem, notamment Javier Milei mais aussi Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président brésilien emprisonné Jair Bolsonaro.

Le sénateur Flavio Bolsonaro est candidat à la présidentielle d’octobre. S’il bat le président sortant de gauche Luiz Inácio Ferreira da Silva dit Lula qui a provoqué la colère des autorités israéliennes en comparant la guerre à Gaza à l’Holocauste, il s’est engagé à suivre l’exemple de certains de ses voisins et à transférer l’ambassade du Brésil à Jérusalem.

L’auteur estime que plusieurs facteurs sous-tendent ces agendas, notamment la montée du christianisme évangélique en Amérique latine, qui a renforcé l’engagement de la droite envers Israël. Jair et Flavio Bolsonaro sont de confession évangélique quant à Javier Milei, il ne l’est pas, il est officiellement catholique mais exprime une fascination marquée pour le judaïsme et déclarant «spirituellement juif». Il a été très critique du défunt Pape François, argentin, et de son pontificat. Les positions humanistes du Pape François ont souvent agacé les dirigeants populistes et nationalistes.

Un autre élément rapproche Israël et les nouveaux dirigeants populistes de l’Amérique latine. Oliver Stuenkel, chercheur principal brésilien-allemand au Carnegie Endowment for International Peace, souligne que le rejet par Israël des Nations Unies, de la Cour pénale internationale et d’autres composantes de l’ordre international s’inscrit dans la politique de la nouvelle droite latino-américaine. Il a déclaré : «Le soutien à Israël est un élément important d’une critique plus large du multilatéralisme. Et puis, bien sûr, il y a Donald Trump!»

«Si vous êtes président d’un pays d’Amérique latine et que vous souhaitez que les États-Unis vous soutiennent dans la lutte contre le crime organisé, le développement de la coopération en matière de sécurité et l’accès aux renseignements et aux armes américaines, ou si vous souhaitez avoir davantage de poids pour faire annuler certains des droits de douane imposés par les États-Unis aux pays d’Amérique latine alors adopter une rhétorique pro-israélienne pourrait être un moyen relativement peu coûteux d’être perçu comme un allié par l’administration Trump», a expliqué Stuenkel.

Netanyahu lui-même doit affronter des élections en octobre. Les responsables de l’opposition soutiennent que le renversement de son gouvernement est indispensable pour restaurer l’image d’Israël et qu’une politique étrangère post-Netanyahu ne s’impliquera pas dans les querelles partisanes d’autres pays. «Les relations extérieures d’Israël n’ont jamais été à un niveau aussi bas», a déclaré le mois dernier l’ancien Premier ministre Yaïr Lapid lors d’un sommet sur la sécurité en Israël. Il a toutefois exprimé l’espoir que «le monde comprenne que le problème d’Israël ne vient pas du pays lui-même mais de son gouvernement»

Alon Pinkas, ancien diplomate israélien et conseiller en politique étrangère de Shimon Peres et de l’ancien Premier ministre Ehud Barak, se montre plus sceptique. «Depuis plus de quinze ans, Netanyahu a détruit l’image de marque et la valeur intrinsèque d’Israël. Sa politique, sa démagogie et sa servilité envers tous les autocrates ont non seulement dévalorisé Israël mais constituent une mutation toxique du sionisme. Les dommages et la dégradation qu’ils ont infligés à l’image d’Israël pourraient être irréparables», a-t-il déclaré.

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