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Cinéma amateur | Kélibia accueille la 39e édition du Fifak

19. August 2026 um 10:51

La Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA) organise la 39e édition du Festival international du film amateur de Kélibia (Fifak), du 23 au 29 août 2026, sous le thème «Cinéma et image… en temps de guerres et de crises». Cette nouvelle édition, placée sous le slogan «Défi et renouveau», témoigne de l’engagement du plus ancien festival de cinéma arabe et africain envers ses principes fondateurs et sa mission éducative et sensibilisatrice.

Le festival offre une plateforme aux expériences artistiques indépendantes et alternatives et sert de laboratoire pour la découverte de jeunes talents et de nouvelles voix dans le cinéma.

Avec le soutien du ministère des Affaires culturelles, en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), et grâce à la contribution de la municipalité de Kélibia, le Fifak va poursuivre son aventure.

Façonner la conscience par l’image et le cinéma, c’est la genèse que ce festival aborde et analyse face à un monde en proie à de profondes transformations et à des crises politiques, sociales et culturelles.

Son objectif est de favoriser la réflexion, le questionnement et l’esprit critique afin de développer une conscience cinématographique et culturelle responsable.

L’expérience accumulée par la FTCA, organisatrice de l’événement, la confronte à des défis majeurs face aux transformations mondiales qui les bouleversent dans leurs dimensions politiques, sociales et économiques, ainsi qu’au niveau de l’industrie du cinéma et de l’image.

Fort de cette expérience, le festival – sans pour autant renoncer à son esprit amateur ni à ses principes fondateurs – s’oriente vers une voie nouvelle et plus ouverte pour sa 39e édition.

Dans ce contexte, l’affiche officielle du festival, conçue par l’artiste Khalil Gobji, reflète le message de la Fédération internationale du film amateur (Fiac).

Il s’agit de considérer la connaissance visuelle et esthétique comme une boussole permettant aux cinéphiles d’apprendre à percevoir le monde dans une époque saturée d’images et régie par la logique du marché et les phénomènes de la consommation à outrance.

D’autre part, le Fifak présente un grand nombre d’expériences cinématographiques alternatives au sein d’une programmation diversifiée répartie sur plusieurs compétitions (internationale, nationale, photographie et scénario), en plus des projections spéciales et parallèles.

Dans le même esprit qui a toujours guidé ses orientations, la dimension formatrice occupe une place importante dans les choix du Fifak pour cette édition qui, rappelons-le, est placée sous le thème «Cinéma et image… en temps de guerres et de crises», où les ateliers aborderont la plupart des disciplines artistiques et offriront aux cinéastes amateurs la possibilité d’apprendre et découvrir différents univers esthétiques.

Leur formation est encadrée par des experts, des spécialistes et des universitaires en arts de l’audiovisuel.

Dans ce cadre, le festival propose 10 ateliers dont «Portrait d’une ville en transition», animé par l’universitaire Zakaria Chaïbi, «Film documentaire», animé par le réalisateur Abdelaziz Bouchmal, «Écriture de scénario», avec le professeur Tahar Ben Ghedifa, «Son», avec l’ingénieure du son Malika Chaâbane, et «Expressions au cœur du patrimoine», animé par le professeur Sadok Ben Turkia.

Le Fifak présente également un atelier sur la «Photographie des droits humains», en collaboration avec Amnesty International (section Tunisie) et l’association Kalam.

Cette 39e édition met également l’accent sur les technologies modernes et leurs développements par le biais d’un atelier intitulé «Intelligence artificielle et cinéma», animé par le formateur en cinéma Imed Radhouani et l’ingénieur du son Dhia Eddine Lamjed.

L’atelier «Critique et analyse de films» sera animé par le réalisateur Ghassan Amami, alors que le professeur Kamel Bellil animera un atelier intitulé «Langage visuel et narration par l’image ».

La professeure Nabila Gouider conduira quant à elle un atelier sur le thème «L’image : mémoire du patrimoine».

La 39e édition poursuivra plusieurs objectifs dont le principal est de raviver son prestige d’antan, comme pépinière de talents, tout en renouvelant son contenu et sa programmation et en valorisant son héritage dans la promotion des connaissances visuelles.

Cette démarche s’inscrit dans une vision stratégique qui promeut un cinéma libre et créatif dans ses choix artistiques tout en garantissant le bon déroulement logistique du festival.

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Le commerce mondial progresse de 1,9 % au premier trimestre, grâce à l’IA

19. August 2026 um 07:00

L’IA joue sur deux tableaux : moteur puissant des échanges mondiaux, elle constitue aussi un facteur de risque pour la croissance si les tensions géopolitiques et les perturbations commerciales s’intensifient.

Au 1er trimestre 2026, et selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le volume du commerce mondial a progressé de 1,9 % sur un trimestre et de 3,2 % sur un an, dépassant ainsi les attentes, porté notamment par l’explosion de la demande liée à l’IA.

Quant aux échanges de biens permettant le développement de l’IA, ils ont bondi de plus de 40 %, tandis que les équipements de bureau et de télécommunications ont progressé de 44 %. L’IA apparaît ainsi comme un puissant accélérateur du commerce mondial, mais dans un environnement où les chocs géopolitiques peuvent rapidement en limiter les effets. L’IA apparaît ainsi comme un puissant accélérateur du commerce mondial, mais dans un environnement où les chocs géopolitiques peuvent rapidement en limiter les effets.

Mais cette dynamique reste fragile. En effet, les exportations du Moyen-Orient ont chuté de 9,7 %, sur fond de tensions et de perturbations autour du détroit d’Ormuz. L’OMC prévient que l’impact du conflit pourrait s’accentuer dans les prochains trimestres. Les importations de pétrole brut de la région ont diminué d’environ 45 % en mars.

L’Asie a enregistré une forte progression, avec des exportations en hausse de 12,9 % et des importations de 14,6 % sur un an. Parmi les principaux exportateurs, la Corée du Sud affiche la plus forte croissance avec +38,4 %, devant Hong Kong, les États-Unis, la Chine et l’Union européenne.

L’Afrique n’est pas en reste, puisque ses exportations ont augmenté de 14 % en valeur alors que ses importations ont connu une évolution de 15 %, toujours selon les statistiques de la CNUCED.

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OpenAI recule dans la course à l’IA, Anthropic prend la main

18. August 2026 um 12:13

OpenAI, qui était historiquement la référence, n’est plus en tête de ce classement. Anthropic domine cette édition, mais surtout, la compétition est devenue plus ouverte.

Le classement d’août 2026 de la Text Arena dessine une nouvelle hiérarchie entre les principaux modèles d’intelligence artificielle. Anthropic occupe 7 des dix premières places avec différentes déclinaisons de Claude. 

Rang Modèle Entreprise
1 Claude Fable 5 Anthropic
2 Claude Opus 4.6 High Anthropic
3 Claude Opus 4.7 High Anthropic
4 Muse Spark 1.2 Meta
5 Claude Opus 4.6 Anthropic
6 Claude Opus 4.7 Anthropic
7 Claude Opus 5 High Anthropic
8 Qwen 3.8 Max Alibaba
9 Gemini 3.7 Flash High Google
10 Claude Opus 5 Max Anthropic

Pour OpenAI, le classement marque un recul important. GPT-5.5 High arrive à la 17e place et GPT-5.6 Sol xHigh à la 19e, ce qui place les deux modèles hors du top 15. Le résultat est notable pour une entreprise qui a longtemps occupé le sommet des classements d’IA. En face, Anthropic place sept modèles dans les dix premières positions, dont Claude Fable 5 en tête. Le classement montre ainsi que l’avance historique d’OpenAI n’est plus suffisante pour garantir une position dominante. Mais le changement ne se limite pas au duel entre OpenAI et Anthropic. Alibaba place Qwen 3.8 Max à la 8e position et Kimi K3 Max atteint la 12e place. Google et Meta figurent également dans le top 10. Autrement dit, les positions se multiplient autour des deux leaders historiques du marché américain. La hiérarchie devient plus disputée et laisse davantage de place aux acteurs chinois et aux nouveaux modèles.

Les autres classements de l’Arena vont dans le même sens. Anthropic arrive en tête de la Search Arena avec Claude Opus 4.6 Search et domine également la Document Arena, où ses modèles occupent les six premières places. Dans la Vision Arena, Claude Fable 5 arrive premier, mais Qwen 3.8 Max prend la deuxième place. Ces résultats montrent surtout qu’il n’existe plus un seul classement permettant de dire quel modèle est “le meilleur” dans tous les usages. La performance dépend désormais de la tâche évaluée.

C’est là que se situe le principal enseignement de cette étude. La Text Arena ne mesure pas seulement qui produit les meilleures réponses : elle permet d’observer comment la hiérarchie entre les modèles évolue lorsque ceux-ci sont confrontés directement par les utilisateurs. Les réponses sont comparées en aveugle, puis les résultats sont traduits dans un classement de type Elo. Une première place signifie donc qu’un modèle est davantage préféré dans ces confrontations et non qu’il est supérieur dans absolument tous les domaines.

Le classement d’août 2026 donne ainsi un signal précis. OpenAI n’occupe plus automatiquement le sommet de la hiérarchie, tandis qu’Anthropic s’impose comme le principal bénéficiaire de ce basculement. Mais l’étude montre également que la concurrence s’élargit. Alibaba, Google, Meta et les nouveaux acteurs chinois sont désormais capables de se positionner parmi les meilleurs selon les modèles et les usages évalués. La course à l’IA passe donc d’une logique dominée par quelques références à une compétition beaucoup plus ouverte.

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Inflation à 5,1% : pourquoi la vie ne semble-t-elle pas moins chère ?

Von: tmps
18. August 2026 um 10:11

L’inflation poursuit son ralentissement en Tunisie. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), elle s’est établie à 5,1% en juillet 2026, contre 5,3% en juin et 5,5% en mai. Une évolution qui pourrait, à première vue, être perçue comme une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat. Pourtant, dans le quotidien des ménages, le sentiment d’une vie toujours plus chère reste bien présent. Courses alimentaires, viande, fruits, poisson, sorties ou hébergement : plusieurs dépenses continuent de peser lourdement sur les budgets. Ce décalage apparent entre les statistiques et le ressenti des consommateurs s’explique en réalité assez simplement : lorsque l’inflation ralentit, cela ne signifie pas que les prix baissent, mais qu’ils augmentent moins rapidement.

En juillet, les prix à la consommation ont d’ailleurs encore progressé de 0,2% par rapport au mois précédent. Sur un an, l’augmentation reste particulièrement sensible pour certains produits de consommation courante. Le ralentissement de l’inflation constitue donc un signal économique encourageant, mais il ne suffit pas encore à effacer plusieurs années de hausse des prix ni à redonner immédiatement aux ménages le pouvoir d’achat perdu.

Une inflation qui ralentit ne signifie pas que les prix baissent

C’est probablement l’une des principales sources de confusion lorsqu’un nouveau chiffre de l’inflation est annoncé. Une inflation à 5,1% ne signifie pas que les prix ont diminué de 5,1%, pas plus que le passage de 5,5% en mai à 5,1% en juillet ne traduit un retour aux niveaux de prix observés auparavant. Cela signifie simplement que le rythme général de progression des prix ralentit. Prenons un exemple simple. Lorsqu’un produit passe de 10 à 12 dinars après plusieurs hausses successives, le ralentissement de l’inflation ne le fait pas automatiquement revenir à 10 dinars. Son prix peut continuer à augmenter, mais plus lentement. Pour le consommateur, la différence est fondamentale : le niveau atteint reste élevé et le budget nécessaire pour acheter le même panier qu’il y a quelques années demeure supérieur.

Les chiffres de juillet illustrent parfaitement ce phénomène. L’indice général des prix a progressé de 0,2% en un mois. Dans le même temps, certaines catégories ont enregistré des mouvements plus marqués. Les prix des restaurants et hôtels ont ainsi augmenté de 1,4% en juillet, notamment sous l’effet d’une progression de 7,2% des services d’hébergement. Les groupes santé ainsi que loisirs et culture ont chacun enregistré une hausse mensuelle de 0,7%. À l’inverse, les prix du groupe alimentation et boissons ont diminué de 0,6% par rapport à juin, notamment grâce au recul des légumes, de la viande ovine, de la volaille et des œufs. Ce mouvement mensuel reste toutefois insuffisant pour effacer les augmentations accumulées sur une période plus longue.

L’alimentation continue de peser lourd

C’est sans doute dans le panier alimentaire que le décalage entre le taux général d’inflation et le ressenti des ménages apparaît le plus clairement. Sur un an, les prix du groupe «Alimentation et boissons» ont augmenté de 6,6% en juillet, soit davantage que l’inflation générale. Certes, cette progression ralentit puisqu’elle atteignait encore 7,1% en juin, mais certaines hausses restent particulièrement importantes. La viande ovine affiche ainsi une augmentation de 16,7% sur un an, les fruits frais de 13,8%, la viande bovine de 13,7%, la volaille de 12,5% et les poissons frais de 11,6%. Quelques produits évoluent dans le sens inverse : les huiles alimentaires enregistrent une baisse de 4,9% et les œufs de 3,8%. Mais dans la perception du coût de la vie, tous les produits n’ont pas le même poids. Une augmentation importante de produits achetés régulièrement est immédiatement visible. Le consommateur ne raisonne pas en moyenne statistique lorsqu’il remplit son panier : il constate ce qu’il doit débourser à la caisse. Une famille qui achète régulièrement viande, volaille, poisson et fruits peut donc ressentir une hausse du coût de son alimentation nettement supérieure au chiffre général de 5,1%. La distinction entre produits libres et produits encadrés renforce également ce contraste. En juillet, les prix des produits libres ont progressé de 6,2% sur un an, contre seulement 1,1% pour les produits encadrés. Pour les seuls produits alimentaires, l’écart est encore plus spectaculaire : les produits alimentaires libres ont augmenté de 7,4%, contre 0,2% pour ceux dont les prix sont encadrés.

Quand le ralentissement se fera-t-il sentir dans les portefeuilles ?

La question centrale n’est donc plus seulement de savoir si l’inflation baisse, mais à quel moment cette amélioration statistique pourra être réellement ressentie par les ménages. Le ralentissement observé depuis mai est positif : l’inflation est passée de 5,5% en mai à 5,3% en juin puis à 5,1% en juillet. L’inflation sous-jacente, calculée hors alimentation et énergie, s’est également légèrement repliée, passant de 4,9% en juin à 4,8% en juillet. Mais le pouvoir d’achat dépend d’une équation plus complexe. Il ne suffit pas que les prix progressent moins vite, encore faut-il que les revenus puissent suivre leur évolution. Après plusieurs années de renchérissement, les ménages ont déjà adapté leurs habitudes, réduit certaines dépenses, modifié leurs achats ou renoncé à certains produits devenus trop chers. Même lorsque l’inflation ralentit, ces arbitrages ne disparaissent pas du jour au lendemain.

La baisse du rythme de l’inflation constitue donc une évolution favorable pour l’économie tunisienne, mais elle ne doit pas être confondue avec une baisse généralisée des prix. Pour que l’amélioration soit véritablement perceptible dans le quotidien, il faudra que la modération des prix s’inscrive dans la durée et que l’évolution des revenus permette progressivement aux ménages de retrouver des marges de manœuvre. Le chiffre de 5,1% raconte ainsi une partie de la réalité économique tunisienne. Le panier du consommateur en raconte une autre. Les deux ne sont pas contradictoires : l’inflation ralentit bel et bien, mais les prix restent à des niveaux élevés. Et pour les ménages, c’est encore le montant payé à la caisse, bien davantage que le taux d’inflation annoncé, qui mesure chaque jour la réalité du pouvoir d’achat.

Leila SELMI

 

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Souveraineté numérique : le flou de la stratégie IA tunisienne

17. August 2026 um 11:06

La Tunisie a présenté les grandes lignes de sa stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026-2030, lors d’un Conseil ministériel consacré à la transformation numérique du pays.

Portée par le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, cette stratégie vise à faire de l’IA un levier de transformation économique et sociale, tout en garantissant un usage respectueux de la vie privée et des droits constitutionnels des citoyens. L’objectif affiché : renforcer la souveraineté numérique et mieux protéger le cyberespace national face à des risques en constante évolution.

Pour appuyer cette ambition, les autorités mettent en avant trois atouts. D’abord, la production scientifique : la Tunisie occuperait la 29ᵉ place mondiale en matière de publications sur l’IA, entrant ainsi dans le top 30 mondial du secteur. Ensuite, les compétences humaines, avec un vivier reconnu à l’international en ingénierie et en recherche académique, renforcé par un cadre juridique favorable à l’innovation, notamment le Startup Act. Enfin, la position géographique du pays, au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe, perçue comme un avantage pour devenir un pôle régional d’exportation de solutions numériques.

Lire aussi : Startup Act : Perception, attentes et priorités des startupeurs

L’ambition dépasse le seul usage interne de l’IA par l’administration ou les entreprises tunisiennes : il s’agit aussi de permettre aux talents et sociétés du pays de se positionner sur les marchés extérieurs, faisant du numérique un secteur davantage tourné vers l’exportation.

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a pour sa part insisté, lors du conseil des ministres, sur la nécessité d’accompagner cette dynamique d’une approche préventive face aux risques liés à l’IA. L’enjeu est de permettre à la Tunisie d’en tirer pleinement profit, tout en garantissant la sécurité numérique et la protection des données des citoyens, plaçant ainsi innovation et sécurité sur un même plan.

Des annonces qui appellent des précisions

Si le cap affiché séduit sur le papier, plusieurs zones d’ombre subsistent cependant. Le chiffre de la “29ᵉ place mondiale en publications scientifiques“, mis en avant comme preuve du dynamisme tunisien, mérite d’être resitué : ce classement repose généralement sur le volume de publications, un indicateur qui ne dit rien de leur impact réel, de leur qualité, ni du nombre de chercheurs rapporté à la population du pays. Une performance en valeur absolue peut ainsi masquer un retard structurel en matière de financement de la recherche ou de rétention des talents, alors que la fuite des cerveaux tunisiens vers l’Europe et l’Amérique du Nord reste une réalité préoccupante.

La stratégie reste par ailleurs formulée à un niveau très général. Ni budget précis, ni calendrier détaillé, ni indicateurs de résultats n’ont pour l’instant été rendus publics, ce qui rend difficile toute évaluation concrète de sa faisabilité. Les plans numériques tunisiens des dernières années ont souvent souffert du même écueil : des ambitions affichées lors de conseils ministériels, suivies d’une mise en œuvre inégale faute de moyens ou de continuité administrative.

L’équilibre annoncé entre innovation et protection des droits numériques soulève aussi des questions. Le texte évoque un renforcement de la « souveraineté numérique » et une meilleure protection du cyberespace, des formulations qui, dans d’autres contextes, ont parfois servi à justifier un contrôle accru de l’État sur les données et les communications. Sans cadre juridique détaillé sur la gouvernance des données, la supervision indépendante ou les recours des citoyens, la portée réelle de ces garanties reste à démontrer.

Lire également: Identifiant unique: renforcement de la sécurité et de la souveraineté numérique

Enfin, le pari sur l’exportation de services numériques suppose des infrastructures fiables, à savoir la connectivité, l’énergie, la formation continue, mais aussi un climat des affaires stable, deux conditions que plusieurs acteurs du secteur tech tunisien jugent encore perfectibles.

Pour la Tunisie, l’enjeu est donc double : ne pas rester spectatrice de la révolution de l’IA, et en faire un véritable moteur de développement, sans compromettre sa souveraineté numérique ni les droits de ses citoyens. Reste à voir si les moyens suivront les intentions. Là, c’est une autre paire de manches.

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Prison de Mornag : Décès inexpliqué d’un ancien militaire italien détenu en Tunisie

17. August 2026 um 10:31

Un ressortissant italien de 78 ans, ancien sous-officier de l’armée ayant également exercé dans le renseignement, a été retrouvé mort dans sa cellule à la prison de Mornag. L’information, révélée par le quotidien italien La Nuova Sardegna et reprise en Tunisie par Mosaïque FM, n’a encore fait l’objet d’aucune explication officielle sur les causes du décès.

Antonino Urru, originaire d’Oristano, en Sardaigne, a été retrouvé sans vie vendredi 14 août 2026 dans sa cellule. Son décès aurait été confirmé dans les milieux diplomatiques, selon la presse italienne.

Aucune communication des autorités tunisiennes ou italiennes n’avait toutefois précisé, lundi matin, les circonstances exactes de sa mort. Aucun résultat d’examen médico-légal n’a également été rendu public.

Arrêté en vertu d’un mandat international

Ancien maréchal de l’armée italienne, Antonino Urru aurait exercé certaines fonctions au sein des services de renseignement pendant sa carrière militaire. Cet élément biographique n’apparaît toutefois pas lié aux raisons de son arrestation en Tunisie.

L’homme avait été interpellé une dizaine de jours avant son décès en exécution d’un mandat d’arrêt international délivré par la justice italienne. Installé depuis plusieurs années en Tunisie, il faisait l’objet d’une condamnation définitive dans une affaire de fraude fiscale.

Selon La Nuova Sardegna, la procédure portait sur des opérations immobilières et un montage de sociétés destiné à dissimuler certains mouvements financiers. Le montant de l’évasion fiscale contestée avait été évalué à environ 815.000 euros.

Son nom avait également été cité dans d’autres procédures relatives à des projets immobiliers à Oristano. Dans l’une de ces affaires portant sur de présumées infractions urbanistiques, il avait cependant été acquitté en 2014, le tribunal ayant conclu que les faits reprochés n’étaient pas constitués.

Une extradition qui n’aura pas lieu

Après son arrestation, Antonino Urru avait été placé en détention à la prison de Mornag dans l’attente de la suite de la procédure et d’une possible remise aux autorités italiennes. Son décès est intervenu quelques jours seulement après son incarcération.

À ce stade, aucun élément public ne permet d’établir s’il est mort de causes naturelles, à la suite d’un problème de santé ou dans d’autres circonstances. Aucune trace de violence n’a été officiellement signalée, mais les autorités n’ont pas davantage communiqué sur les premières constatations médicales.

La clarification des causes de sa mort dépend désormais des examens médico-légaux et des éventuelles investigations ordonnées en Tunisie. En l’absence de conclusions officielles, le caractère inexpliqué du décès ne permet pas, à lui seul, de retenir l’hypothèse d’un acte criminel.

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‘‘Inside DZ Mafia’’ | Au cœur d’un gang de narcobanditisme

17. August 2026 um 08:48

Dans son enquête ‘‘Inside DZ Mafia’’, Jean-Michel Verne ne signe pas un simple récit sur les règlements de comptes marseillais. Le journaliste, spécialiste des questions de police et de crime organisé, s’intéresse à ce qui se joue derrière les fusillades, les points de deal et les guerres de territoires : la transformation progressive du narcotrafic en une véritable économie clandestine.

Djamal Guettala

L’enquête plonge dans les rouages d’une organisation criminelle devenue l’un des symboles du nouveau narcobanditisme français. Violence, argent, recrutement, nouvelles technologies, contrôle territorial et connexions internationales composent un système qui ne ressemble plus à la bande de quartier traditionnelle. Le trafic de stupéfiants s’est professionnalisé, structuré et adapté aux mutations de la société.

L’intérêt du livre tient précisément à cette volonté de dépasser le fait divers. Jean-Michel Verne cherche à comprendre comment des réseaux nés dans les quartiers nord de Marseille ont pu acquérir une telle capacité d’organisation et pourquoi leur influence dépasse désormais largement la cité phocéenne.

Du vieux milieu marseillais au narcobanditisme

Pour comprendre la DZ Mafia, Jean-Michel Verne remonte le fil de l’histoire criminelle marseillaise. Il décrit la disparition progressive de l’ancien milieu, celui des figures traditionnelles du banditisme qui imposaient encore des codes, des hiérarchies et une certaine forme d’omerta.

À ce modèle succède une génération issue des cités, porteuse d’autres pratiques et d’autres rapports de force. La violence change alors de nature et d’échelle. La fusillade de Sainte-Marthe, en janvier 2009, apparaît dans le récit comme un moment symbolique de cette mutation, avec l’utilisation d’armes de guerre dans les affrontements.

La kalachnikov devient l’image d’un nouveau paysage criminel. La discrétion et les anciens codes du milieu cèdent progressivement la place à la conquête territoriale, à l’intimidation et à la démonstration de puissance.

Ce basculement permet à l’auteur de replacer la DZ Mafia dans une histoire plus large. Il ne s’agit pas d’un phénomène apparu soudainement, mais de l’aboutissement d’une évolution du crime organisé marseillais, désormais davantage fragmenté, violent et connecté aux circuits internationaux.

Quand le crime adopte les méthodes de l’entreprise

L’un des aspects les plus saisissants du livre concerne le recrutement des exécutants. Jean-Michel Verne décrit une génération de jeunes attirés par l’argent rapide, mais aussi par une forme de reconnaissance sociale construite sur les réseaux numériques.

Le cas d’E., âgé de 16 ans, illustre cette évolution. Recruté sur les réseaux sociaux et missionné pour quelques milliers d’euros, il devient l’exécutant d’une opération violente. L’auteur montre ainsi comment certains réseaux peuvent utiliser des jeunes, souvent sans expérience criminelle préalable, comme des exécutants interchangeables.

La logique est implacable : cloisonner les responsabilités afin de protéger les commanditaires. Celui qui exécute ne connaît pas nécessairement celui qui décide. Les différents niveaux de l’organisation sont séparés, tandis que les moyens de communication numériques facilitent les échanges et réduisent les distances.

Cette rationalisation du crime donne tout son sens à l’une des formules fortes du livre : «La came est une entreprise». Derrière cette phrase se dessine une véritable architecture économique : responsables, gérants, exécutants, circulation de l’argent, gestion des territoires et stratégie d’expansion.

Le trafic de cocaïne s’inscrit lui-même dans des circuits qui dépassent Marseille. Anvers, Rotterdam ou Le Havre apparaissent comme des points de passage d’une économie dont les ramifications sont européennes. Les communications cryptées et les mécanismes de blanchiment complètent cette organisation.

Mais cette apparente rationalité économique a un coût humain considérable. Jean-Michel Verne rappelle que la violence ne frappe plus seulement les membres des réseaux rivaux. Socayna, Lana ou Éléonore incarnent ces victimes collatérales qui paient le prix d’une guerre dont elles ne sont pas les protagonistes.

Le narcobanditisme devient alors une forme de pouvoir territorial. La violence n’est plus seulement la conséquence d’un conflit : elle devient un moyen de gouverner un territoire clandestin.

Une puissance criminelle difficile à contenir

L’enquête ne s’arrête pas aux quartiers marseillais. Elle montre comment le narcotrafic s’est inscrit dans une économie nationale et européenne, obligeant les services de l’État à affronter des organisations capables de se recomposer après les arrestations.

La prison elle-même ne constitue plus nécessairement une rupture. Les communications clandestines permettent à certains responsables présumés de continuer à exercer une influence depuis leur cellule. Le livre évoque également les affaires de corruption, révélatrices de la capacité de l’argent criminel à pénétrer certains rouages institutionnels.

Jean-Michel Verne s’appuie sur des procédures judiciaires, des documents et des témoignages d’enquêteurs. Cette matière donne à son récit une solide dimension documentaire. Il évite généralement les effets faciles et préfère démonter les mécanismes du système.

On pourra toutefois regretter que la dimension sociale soit moins approfondie. Pourquoi certains jeunes basculent-ils dans cette économie ? Que disent ces recrutements de l’état des quartiers concernés ? Quelles réponses sociales, économiques et politiques opposer à une organisation qui prospère sur les failles du territoire ? L’auteur privilégie clairement l’angle policier et judiciaire. C’est aussi ce qui fait la précision de son enquête, tout en laissant certaines questions en suspens.

Sa conclusion dépasse néanmoins le seul cas marseillais. Lorsque Verne écrit que «l’économie de la mafia est partie prenante de l’économie française» et voit dans la DZ Mafia «le symptôme le plus voyant d’une nécrose», il élargit son propos à une société confrontée à la banalisation progressive d’une économie criminelle.

Abdelatif Mehdi Laribi, l’un des chefs présumés de la DZ Mafia, arrêté en Algérie.

Quand l’actualité rejoint les pages du livre

L’actualité judiciaire récente donne une résonance particulière à ‘‘Inside DZ Mafia’’. Deux noms cités dans le livre sont revenus au premier plan dans des procédures en cours entre la France et l’Algérie.

Le 3 août 2026, les autorités algériennes ont arrêté Djamel Djeha, 46 ans, présenté comme un cadre présumé du réseau de la Castellane à Marseille. Il a été interpellé en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par les magistrats instructeurs marseillais dans le cadre de l’enquête «Empire». Son nom figure dans l’enquête de Jean-Michel Verne sur les réseaux criminels marseillais.

Deux semaines auparavant, le 20 juillet, Abdelatif Mehdi Laribi, 36 ans, alias «Tic», présenté comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, avait été arrêté en Algérie sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par deux juges d’instruction marseillais. Il est visé dans le vaste dossier «Octopus», consacré à des réseaux de narcotrafic.

Le 10 août, les deux hommes ont été placés en détention provisoire en Algérie, après avoir été initialement placés sous contrôle judiciaire. Cette actualité donne au travail de Jean-Michel Verne une résonance presque immédiate : les noms qu’il étudie dans son livre continuent d’apparaître dans des procédures qui illustrent l’extension géographique des réseaux et la nécessité d’une coopération judiciaire dépassant les frontières.

C’est finalement ce que révèle ‘‘Inside DZ Mafia’’ : derrière les règlements de comptes et les images spectaculaires du narcotrafic se déploie un système beaucoup plus complexe, capable de produire ses propres hiérarchies, ses circuits financiers et ses modes de recrutement. Un système qui, surtout, ne s’arrête ni aux frontières des quartiers ni à celles des États.

‘‘Inside DZ Mafia, au cœur du gang narco-mafieux’’, Jean-Michel Verne, Éditions Arthaud, 240 pages, paru le 5 novembre 2025.

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INSOLITE – Sommet mondial de l’IA en Suisse : désolé, on n’a pas le budget !

16. August 2026 um 09:04

Il fallait oser. La Suisse a passé trois ans à batailler diplomatiquement pour décrocher l’organisation du sommet mondial sur l’intelligence artificielle (IA). Trois ans de couloirs feutrés, de notes verbales et de sourires diplomatiques. Et quand le moment de sortir le chéquier est enfin arrivé, la réponse helvétique a laissé le monde bouche bée : désolé, on n’a pas le budget.

Oui. La Suisse. Ce pays où les montres coûtent plus cher que certains PIB africains. Ce pays où le coût de la vie donne des sueurs froides aux touristes les plus téméraires. Ce pays dont les banques ont longtemps accueilli les fortunes de la moitié de la planète. Ce pays-là n’aurait pas les moyens financiers, cela s’entend, d’inviter ses propres invités. Ceux qui croient à une blague, détrompez-vous. L’information est digne de foi !

Selon Le Temps, les 6 millions de francs débloqués par le Conseil fédéral permettront certes d’accueillir les représentants des pays organisateurs passés et futurs, mais pas les chefs d’État et de gouvernement. Les ministres devront faire l’affaire. On imagine la scène : « Votre Excellence, nous serions ravis de vous accueillir, mais pourriez-vous envoyer votre numéro deux ? Merci de votre compréhension ».

La Suisse invoque, avec le sérieux qui la caractérise, “la rigueur budgétaire“, le sacro-saint frein à l’endettement et le coût jugé exorbitant des précédents sommets, parfois évalués à plusieurs dizaines de millions, toujours selon Le Temps. Argument recevable. Argument même admirable. Et, quelque part, parfaitement cohérent : c’est peut-être précisément parce que les Suisses comptent leurs sous avec cette minutie horlogère qu’ils sont, justement, si richement à l’aise. Et comment ! En tout cas, les Helvètes nous démontre, une nouvelle fois, que si on sait compter ses sous, on est toujours à l’abri du besoin… en matière d’argent.

Une ambition mondiale, donc. Avec un budget de voisinage. L’intelligence artificielle, elle, n’a pas de commentaire. Elle calcule.

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Mahdia : A Borj Erras, après la colère, l’eau revient… deux heures par jour

15. August 2026 um 09:44

Après plusieurs jours de pénurie et une mobilisation qui a dégénéré en affrontements et en interpellations, les habitants de Borj Erras, à Mahdia, verront de nouveau l’eau couler dans leurs robinets à partir de ce samedi 15 août. Mais la solution annoncée par la SONEDE reste loin d’un retour à la normale : l’approvisionnement ne devrait durer qu’entre une heure et demie et deux heures par jour, pendant plus d’une semaine. Entre crise de l’eau, colère sociale et poursuites judiciaires, Borj Erras est devenu le symbole d’un problème qui dépasse désormais largement cette seule localité.

Après des semaines sans eau, un approvisionnement au compte-gouttes

À Borj Erras, la situation était devenue intenable. Depuis plusieurs jours, les habitants dénonçaient des coupures prolongées, laissant de nombreuses familles sans accès régulier à l’eau potable.

Les chiffres eux-mêmes traduisent l’ampleur du malaise. Les services du gouvernorat évoquent une interruption de l’approvisionnement ayant duré près de vingt jours, tandis que les habitants et les organisations locales de défense des droits humains parlent d’une crise remontant à plus d’un mois.

À partir de samedi matin, une solution temporaire doit être mise en place. La localité sera alimentée quotidiennement pendant environ deux heures, selon une source officielle citée par l’agence TAP. Ce dispositif exceptionnel devrait être maintenu pendant plus d’une semaine, en attendant le rétablissement d’une distribution présentée comme « normale et régulière ».

Pour les habitants, il ne s’agit donc pas encore d’un retour à la normale, mais plutôt d’une respiration après des semaines de robinets à sec.

La colère des habitants a fini par éclater

Cette crise de l’eau a pris une tout autre dimension jeudi soir lorsque des habitants sont descendus dans la rue pour réclamer le rétablissement de l’approvisionnement.

La mobilisation a donné lieu à des tensions et à plusieurs interpellations, y compris parmi des jeunes et des mineurs. L’affaire a ensuite pris une tournure judiciaire, avec des qualifications pénales évoquées dans le cadre des poursuites.

La section de Mahdia de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ainsi que le Conseil régional de l’Ordre des avocats se sont alors mobilisés pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une judiciarisation de la protestation.

La libération des jeunes arrêtés lors des manifestations a finalement été annoncée vendredi soir.

La séquence reste cependant saisissante : après une mobilisation née de l’absence d’eau, plusieurs habitants se sont retrouvés confrontés à des poursuites, tandis que la première réponse concrète apportée à leur revendication consiste désormais en un accès limité à une ou deux heures d’eau par jour.

Un problème qui touche aussi Sousse et Monastir

Borj Erras n’est pas un cas isolé. Depuis le 5 juillet, plusieurs zones des gouvernorats de Mahdia, Sousse et Monastir sont soumises à des coupures nocturnes, généralement entre minuit et 5 heures du matin.

Mais la remise en service du réseau ne signifie pas nécessairement le retour de l’eau dans tous les foyers. Dans certaines zones, notamment celles situées en hauteur, la faiblesse de la pression empêche l’eau d’atteindre les étages.

Borj Erras et Jebel Dar Wajeh figurent parmi les secteurs les plus touchés. Dans certains immeubles, seuls les appartements du rez-de-chaussée parviennent encore à être alimentés.

La crise locale s’inscrit ainsi dans une difficulté beaucoup plus large, liée à la pression exercée sur les capacités de production et de distribution d’eau potable durant la période estivale.

Plus de besoins, mais une dotation qui ne suit pas

À Mahdia, la situation est aggravée par l’afflux estival. La région, devenue une destination touristique et balnéaire importante, voit sa consommation d’eau augmenter fortement durant les mois d’été.

Or, selon les services régionaux, les volumes d’eau alloués au gouvernorat ne connaissent pas une évolution comparable. L’équation est donc simple : les besoins augmentent, mais les ressources disponibles restent limitées.

Pour répondre à cette situation, plusieurs réunions ont été organisées avec les autorités centrales afin d’identifier des solutions capables de renforcer l’approvisionnement de toute la région.

Parmi les réponses attendues figure la mise en exploitation de la station de dessalement de l’eau de mer de Sidi Abdelhamid, à Sousse. Cette infrastructure doit contribuer à améliorer l’alimentation en eau potable de plusieurs gouvernorats du Sahel, dont Mahdia, Sousse et Monastir.

Mais tant que cette capacité supplémentaire n’est pas pleinement disponible, certaines zones continuent de subir les conséquences d’un réseau soumis à une forte pression.

Pour l’heure, la crise n’a pas disparu. Elle est simplement passée d’une absence totale d’eau à une distribution au compte-gouttes.

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La Tunisie face au pari à haut risque de l’IA

15. August 2026 um 09:08

Dans un contexte électrique déjà tendu, avec les récents délestages qui se sont traduits par des coupures intempestives d’électricité en pleine canicule d’été, la Tunisie a-t-elle les moyens de suivre la cadence de développement des data centers à travers le monde… SANS production électrique à la hauteur de ses ambitions ? (Photo: DataXion).

Naamen Bouhamed *

La Tunisie vient de traverser, durant les 15 premiers jours de juillet 2026, un épisode de délestage électrique sans précédent dans son histoire. Bien que le pays affiche un taux d’électrification de 100 % à l’échelle nationale, ce qui le place parmi les nations les mieux équipées pour fournir une électricité fiable et sécurisée à l’ensemble de sa population, cette crise a révélé des fragilités structurelles insoupçonnées.

Ce délestage, provoqué par une combinaison de facteurs (vague de chaleur exceptionnelle, pic de consommation, et rupture de la connexion avec le fournisseur algérien) met en lumière les besoins actuels et futurs en production électrique. Ces besoins ne concernent pas seulement la vie quotidienne, mais aussi les exigences stratégiques du développement économique et industriel, alors que le pays ambitionne de devenir un acteur régional majeur de l’IA.

Production actuelle et défis à venir

La Tunisie produit actuellement 7 500 GWh (soit 7,5 TWh) par an, avec un déficit estimé à 1 500 MW en puissance installée pour répondre à la demande actuelle. Mais la question centrale est : que deviendront ces équilibres face à la montée en puissance des Data Centers ? 

Selon certaines projections, ces infrastructures pourraient absorber 30 à 50 % de la production nationale d’électricité, au détriment des besoins des populations et du tissu économique.

Comparaisons internationales : des signaux d’alerte

En Irlande, les data centers devraient représenter 30 % de la consommation électrique du pays d’ici 2028–2030, selon les projets en cours dans ce secteur.

La France, avec 264 data centers, consomme environ 8,5 TWh par an, soit 2 % de sa consommation totale, dont 90 % alimentés par le parc nucléaire.

La consommation électrique de Google est désormais proche de celle de la Grèce. En 2025, le moteur de recherche a signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée (12 GW), tout en investissant dans le nucléaire et la géothermie.

Amazon, le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables, investit également dans de petits réacteurs nucléaires (SMR) et revendique plus de 52 000 camions électriques.

Une demande mondiale en explosion

Selon le rapport thématique 2026 d’Omnegy, la consommation mondiale des data centers pourrait atteindre 950 TWh en 2030, contre 485 TWh en 2025 et 415 TWh en 2024, soit une hausse de 17 % par an.

La demande électrique des data centers progresse désormais quatre fois plus vite que la consommation mondiale d’électricité.

Le rapport du Capgemini Research Institute, “AI meets the grid: shaping the data center power play’’, mené auprès de dirigeants de l’énergie et des data centers dans 21 pays, souligne :

– l’augmentation rapide de la demande d’électricité ;

– les contraintes croissantes pour les gestionnaires de réseaux ;

– l’essor de la production d’énergie sur site ;

– l’évolution du mix énergétique (renouvelables, gaz, SMR) ;

– le potentiel de l’IA pour optimiser les réseaux électriques.

Moratoires et résistances aux États-Unis et en Europe

A New York, la gouverneure Kathy Hochul a décrété un moratoire sur les data centers de plus de 50 MW. On recense aujourd’hui 86 moratoires dans 35 États américains.

Au Texas, en août 2026, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un examen de tous les projets de data centers en attente de raccordement, et suspendu l’ensemble des nouveaux projets. La file d’attente pour le raccordement dépasse 474 GW, dont 90 % pour des data centers — soit plus de cinq fois la demande maximale jamais enregistrée par le réseau texan en plein été.

En France, deux décisions judiciaires récentes ont marqué les esprits : à Alixan (Drôme), suspension du permis de construire du projet Sesterce (1,5 milliard d’euros, 40 à 80 MW) par le tribunal administratif, en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental ; et au Bourget (Seine-Saint-Denis), annulation du permis de construire d’un projet similaire : Segro.

L’ Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), dans sa 5e enquête annuelle intitulée “Pour un numérique soutenable, alerte sur:

– une hausse de 38 % de la consommation électrique des data centers en trois ans, atteignant 2,7 TWh en 2024 (+12 % sur un an) ;

– des prélèvements d’eau de 575 000 m³ en 2024, en quasi-totalité potable, générant des conflits d’usage locaux.

La pollution provoquée par les géants du numérique

Selon une enquête du Monde (juillet 2026) :

– Google a vu ses émissions totales augmenter de 82 % depuis 2019, atteignant 18,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2025, malgré un engagement de réduction de moitié d’ici 2030 ;

– Amazon a enregistré une hausse de 58 % sur la même période, avec 80,85 millions de tonnes équivalent CO₂, malgré une promesse de neutralité carbone pour 2040.

Et la Tunisie dans cette course ?

Les investissements dans les data centers en Afrique sont estimés à plus de 9 milliards de dollars d’ici 2031.

La Tunisie ambitionne d’en capter une part significative pour devenir une porte d’entrée de l’IA en Afrique et dans le monde arabe. Mais à quel prix ?

Qu’en est-il de l’état des lieux des data centers (existants ou en projet) en Tunisie ?

Un data center de 1 MW équipé de refroidisseurs à eau peut consommer jusqu’à 68 000 litres d’eau douce par jour.

La Tunisie prévoit de porter la part de l’eau dessalée à 28 % d’ici 2028, puis 35 % d’ici 2030. Mais ces investissements publics posent question : Qui paiera ? À quel coût ? Les financements seraient-ils suffisants ?

Les data centers dédiés à l’IA redessinent toute la chaîne de valeur de l’électricité. La question stratégique est la suivante :

Faut-il investir massivement dans des infrastructures physiques (data centers) qui coûteront des milliards, avec un retour sur investissement risqué ? Ou faut-il plutôt miser sur le capital humain ? Ou faut-il miser sur un mix-hybride ?

La Tunisie dispose d’un vivier d’ingénieurs talentueux, reconnus dans le monde entier. Plutôt que de rivaliser sur les infrastructures lourdes, ne devrait-elle pas :

– renforcer ses besoins propres stratégiques en data centers ;

– renforcer ses écoles d’ingénieurs ;

– former une nouvelle génération d’experts en IA ;

– offrir des perspectives d’emploi à forte valeur ajoutée ;

– développer une filière d’énergies propres (solaire, nucléaire au thorium) ?

L’électricité est le facteur clé de cette course. Mais la valeur ajoutée ne réside-t-elle pas davantage dans les compétences que dans les bâtiments ?

Proposition de stratégie alternative : la Tunisie pourrait valoriser ses ingénieurs et ses centres de formation publics et privés. Elle pourrait également développer massivement l’énergie solaire et explorer une filière nucléaire innovante, notamment les réacteurs à sels fondus au thorium, sans déchets radioactifs à base d’uranium.

Ainsi, la Tunisie deviendrait un acteur majeur des énergies propres en Afrique, tout en offrant une expertise très recherchée. Elle préserverait ses ressources en eau et en électricité pour des usages prioritaires : agriculture, industrie, et besoins stratégiques nationaux en IA.

Talon d’Achille de la Tunisie : la fuite des talents

La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique, et notamment les plus compétents, quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.

Donc, aucune infrastructure nationale ne sera durable sans salaires compétitifs, incitations fiscales et parcours attractifs de carrière dans la fonction publique numérique.

Le paradoxe est saisissant : le pays mise sur le capital humain pour sa stratégie IA, mais ce capital fuit à l’étranger. Dans la course à l’IA, la Tunisie est déjà un vivier de talents pour les géants mondiaux, sans bénéficier de la valeur ajoutée sur le plan local.

A suivre…

* Expert en développement international, Ceo Alwen International – France.

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Mahdia | Libération des jeunes arrêtés lors des manifestations de Borj Erras

14. August 2026 um 22:59

Il a été décidé dans la soirée de ce vendredi 14 août 2026 de libérer toutes les personnes arrêtées (dont des mineurs) suite aux dernières manifestations à Borj Erras à Mahdia.

Cette décision apporte un soulagement collectif important au sein de la population locale et de la société civile, qui s’étaient mobilisées activement pour réclamer la remise en liberté des protestataires interpellés après des manifestations visant à dénoncer les coupures répétées et prolongées de l’approvisionnement en eau potable dans la région.

Plusieurs associations, et à leur tête la section régionale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, avaient fermement dénoncé l’arrestation des manifestants « qui s’étaient rassemblés pour une revendication sociale essentielle », rappelant que l’accès à l’eau potable est « un droit humain fondamental lié à la dignité et à la santé des citoyens ».

D’autre part, des sources font état d’arrestations liées à des actes de violence. Selon le chroniqueur Riadh Jrad, neuf personnes ont été interpellées après avoir notamment caillassé les forces de l’ordre, provoquant des blessés et des dégâts matériels.

De son côté le président de la LTDH a confirmé, ce soir via un post publié sur sa page Facebook, la libération de tous les manifestants.

Y. N.

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L’ANCS alerte sur une vague de piratages de comptes Facebook

14. August 2026 um 20:05

L’Agence nationale de la cybersécurité (ANCS) alerte sur une vague de tentatives de piratage ciblées sur les utilisateurs de Facebook.

Cette vague d’attaques vise à subtiliser les codes de sécurité des victimes qui sont contactées par les cybercriminels directement par appel téléphonique, SMS ou encore par mail. Ces derniers prétendent avoir envoyé un code de vérification à la victime « par erreur » et lui demandent de le leur communiquer d’urgence.

En réalité, le pirate a initié une procédure de réinitialisation du mot de passe sur le compte Facebook de la victime. Le code reçu par SMS ou e-mail est l’unique barrière protégeant le compte, prévient l’ANCS.

« Dès que la victime transmet ce code de vérification, le pirate s’empare immédiatement de son compte Facebook et modifie le mot de passe, verrouillant ainsi l’accès à son propriétaire légitime », lit-on encore dans le communiqué qui appelle à la prudence et à ne jamais communiquer ni partager un code de vérification

Et de souligner : « Un code reçu par SMS ou e-mail est strictement confidentiel. Aucun service légitime ne vous demandera de lui transmettre un tel code ».

Y. N.

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Tunisie | Hausse des prix des logements en Tunisie

13. August 2026 um 13:10

Selon l’Institut national de la statistique, l’indice des prix des logements a augmenté de 0,3 % au 4e trimestre 2025 par rapport au 3e trimestre de la même année. Cette évolution et attribuée à une hausse de 1,8 % des prix des maisons et à un recul de 0,3 % des prix des appartements.

La même source a fait état d’une hausse de 5,6 % de l’indice global des prix des logements au 4e trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024, sous l’effet d’une augmentation de 5,7 % de l’indice des prix des appartements et de 5,6 % de celui des maisons.

Les ventilations régionales de l’indice des prix des logements ont révélé une hausse de 2,9 % dans le Grand Tunis, ainsi qu’une augmentation de 6,9 ​​% dans la région du Sahel (Sousse, Mahdia et Monastir) et à Nabeul.

I. B.

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12. August 2026: Leichtes Erdbeben vor der Küste nahe Monastir/Mahdia [M2.8]

12. August 2026 um 20:54

Erdbeben-Überwachungsstationen haben am Mittwoch, 12. August 2026, um 00.07 Uhr Ortszeit ein leichtes Erdbeben der Stärke M3.0 auf der Richterskala

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Les opérateurs tunisiens de fruits et légumes au carrefour mondial des produits frais

12. August 2026 um 15:10

L’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) ouvre les candidatures pour la participation tunisienne au salon Fruit Attraction 2026, qui se tiendra du 6 au 8 octobre à Madrid. Un rendez-vous que les entreprises du secteur ont intérêt à ne pas rater : les places sont comptées, et attribuées dans l’ordre de réception des dossiers de participation.

L’annonce, publiée sur la page officielle de l’Agence, cible en priorité les entreprises tunisiennes de production, de transformation et d’exportation de fruits et légumes, ainsi que les prestataires de services rattachés à cette filière. L’objectif est double : donner de la visibilité aux produits agricoles tunisiens sur un marché européen déjà central pour les exportateurs du pays et permettre aux opérateurs de nouer de nouveaux contacts commerciaux.

Fruit Attraction compte parmi les rendez-vous les plus convoités du secteur des fruits et légumes à l’échelle mondiale. L’événement rassemble à chaque édition des représentants de plus d’une centaine de pays ; exposants, acheteurs, distributeurs, et fait aussi office de vitrine pour suivre de près les dernières innovations technologiques et commerciales de la filière.

Une porte d’entrée vers de nouveaux marchés pour les exportateurs tunisiens

Pour les entreprises agricoles tunisiennes, ce type de salon dépasse la simple opération de communication : c’est un accélérateur concret d’exportation. Rencontrer directement des importateurs et distributeurs étrangers permet souvent de décrocher des contrats qu’un démarchage classique n’aurait pas permis d’atteindre, et de tester la demande sur de nouveaux marchés au-delà de l’Europe.

En ce qui concerne les PME du secteur agroalimentaire, encore trop souvent absentes de ce type de plateforme faute de moyens ou de réseau, une participation collective organisée par l’APIA réduit le coût d’entrée et facilite l’accès à ces opportunités commerciales.

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Ghannouchi suspend sa grève de la faim, Ennahdha réclame sa libération

11. August 2026 um 20:29

​Le chef du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a mis fin à la grève de la faim et à la suspension de son traitement médical, ce mardi 10 août 2026.

​Dans un communiqué, son comité de défense affirme que la direction de la prison civile de Mornaguia a informé ses avocats que Rached Ghannouchi avait accepté de lever son mouvement de protestation entamé le 6 août courant, et ce, à la demande de l’équipe médicale assurant son suivi à l’hôpital.

De son côté, Ennahdha s’est félicité de la décision de son président de suivre les recommandations médicales afin de préserver sa santé, soulignant son âge avancé et l’existence de maladies chroniques.

Le parti a par ailleurs exigé la levée de ce qu’il qualifie « d’isolement imposé par la ministre de la Justice », tout en réaffirmant le droit de Rached Ghannouchi de recevoir les visites de ses avocats et de sa famille, conformément à la loi.

La même source a aussi réclamé la libération de Rached Ghnannouchi, estimant que sa détention est arbitraire, tout en imputant aux autorités la responsabilité de toute dégradation de son état de santé et en annoçant avoir engagé des démarches légales contre « tous les responsables de cette situation ».

Y. N.

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IA : pourquoi les entreprises tunisiennes peinent à franchir le cap

10. August 2026 um 13:31

Une récente étude nationale consacrée à la transformation numérique des entreprises tunisiennes met en évidence un important retard de préparation quant à la mise en place des outils technologiques relatifs à l’Intelligence Artificielle (IA).

Cette étude a débouché sur la note d’analyse n° 78 de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives, publiée en mai 2026.

Ce document s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 1 208 entreprises et d’près ses résultats, 92 % des entreprises tunisiennes n’ont pas encore atteint un niveau de maturité numérique suffisant pour mener seules une transformation avancée en termes d’IA.

Pour les entreprises tunisiennes, le problème ne se résume pas à l’achat ou à l’acquisition d’outils d’intelligence artificielle. L’utilisation de ces outils nécessite, en effet, des données exploitables, des processus digitalisés, des infrastructures adaptées et des collaborateurs disposant des compétences nécessaires. La transformation numérique devient ainsi un sujet directement lié à l’organisation et aux choix stratégiques de l’entreprise.

Un marché pour les entreprises spécialisées

Ce retard, aussi contraignant et pénalisant qu’il soit, peut, néanmoins, constituer une opportunité pour les acteurs capables d’accompagner les entreprises dans leur transformation : conseil, formation, développement de logiciels, automatisation ou intégration de solutions numériques.

Pour les entrepreneurs tunisiens, l’idée est d’identifier les besoins encore insuffisamment couverts et de proposer des solutions adaptées aux réalités des entreprises. Ces dernières doivent, ainsi, préparer leur organisation avant de multiplier les usages de l’intelligence artificielle et de les banaliser au sein de leurs structures.

L’enjeu dépasse le simple usage d’une nouveauté technologique : la maturité numérique devient progressivement un facteur de compétitivité et de performance managériale.

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Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !

09. August 2026 um 09:20

À la demande pressante d’amis chers et de confrères dont le patriotisme commande le respect, il convient aujourd’hui — à contre-cœur et en me pinçant très fort le nez — de descendre dans l’arène. L’objectif est de dissiper le tissu de contes de fées et de contre-vérités crasses que le soi-disant Dr Abderrahmane Cherfouh a commis dans les colonnes de Kapitalis pour tenter de faire taire la critique et de délégitimer mes analyses sur les relations tuniso-algériennes. **

Elyes Kasri *

Ce texte de la plume indigeste du Dr Cherfouh ne relève ni de la réflexion ni du débat d’idées, mais d’une tentative de voltige informationnelle assez pathétique.

Accuser un diplomate tunisien de «diaboliser» l’Algérie parce qu’il dissèque les leviers d’influence d’un pays voisin est un procédé d’intimidation intellectuelle usé jusqu’à la corde.

Passer au scalpel les impostures de ce censeur d’opérette permet de trancher dans le vif d’une relation bilatérale que certains tentent de faire avaler sous perfusion sentimentale.

1- L’imposture morale : avant d’ausculter la souveraineté tunisienne, Dr Chelfouh, en mal de reconnaissance, devrait interroger son effroyable désertion morale.

Voilà un clinicien qui a choisi de s’installer confortablement au Canada, fuyant la misère politique et économique de son propre pays pour aller soigner les rhumes à Montréal.

En s’exilant pour son confort personnel, il a délibérément choisi de priver ses concitoyens de ses prétendus talents, foulant aux pieds le serment d’Hippocrate avec un cynisme consommé.

C’est depuis son exil doré, bien au chaud à des milliers de kilomètres, que Dr Cherfouh s’improvise général en chef du patriotisme maghrébin.

Son indignation sélective et sa sémantique, si lourdement calquée sur les communiqués de presse des officines de la Mouradia, trahissent sa véritable fonction : celle de prête-nom pour la propagande d’un régime militaire aux abois.

La plume du Dr Cherfouh n’est pas guidée par la fraternité, elle est simplement téléguidée. Le public tunisien refuse de recevoir des ordonnances géopolitiques d’un expatrié qui a troqué son stéthoscope contre les basses œuvres de la guerre psychologique régionale.

2- La nature prédatrice de la junte d’Alger :  Dr Cherfouh tente de draper la junte d’Alger dans les vertus de la fraternité maghrébine. La réalité politique est une insulte à ce concept.

L’Algérie est gouvernée par une oligarchie militaire prédatrice, une gérontocratie de généraux à médailles qui maintient son propre peuple sous une chape de plomb d’un autre âge, étouffe l’expression populaire, embastille les journalistes au moindre mot et a totalement assassiné l’élan démocratique du Hirak.

Ce paternalisme de caserne, où un régime despotique, liberticide et corrompu se pique de donner des leçons de morale et de bon voisinage par l’intermédiaire du soi-disant Dr Chelfouh, est d’un comique absolu.

Au-delà de la farce rhétorique, il faut appeler les choses par leur nom : le régime militaire d’Alger s’est érigé en principale menace contre les aspirations démocratiques, de justice sociale et de progrès du peuple tunisien.

En exportant son modèle autocratique et liberticide par un chantage permanent, la Mouradia cherche activement à étouffer le pluralisme tunisien.

Ce pouvoir gérontocratique ne peut tolérer l’émergence d’une véritable démocratie moderne et progressiste à ses portes, de peur qu’elle ne serve d’exemple à une jeunesse algérienne opprimée.

Saboter le progrès institutionnel et social de la Tunisie est une stratégie de survie pour cette junte kleptocrate.

Un régime qui traite ses propres citoyens en sujets terrorisés n’a aucune légitimité pour venir dicter les frontières de la liberté d’expression ou des analyses diplomatiques en Tunisie.

Que ces messieurs les généraux balaient d’abord les cours de leurs propres prisons avant de vouloir régenter l’esprit critique tunisien.

De plus, de la «décennie noire» aux maquis du GSPC et d’Aqmi, Alger a toujours utilisé la porosité terroriste transfrontalière comme un bouton de pression politique pour forcer Tunis à l’alignement.

3- Le chantage au Transmed ou le paradoxe d’un cordon ombilical vital : l’arrogance d’Alger atteint son paroxysme lorsque, par la voix du Dr Cherfouh, elle présente le transit du gaz comme une «faveur» ou une obole charitable accordée à la Tunisie. C’est un contresens économique absolu.

Le régime algérien est en situation de faillite systémique sur tous les plans. Il ne survit artificiellement que grâce à la rente des hydrocarbures, dont une part majeure transite par le gazoduc Transmed via le sol tunisien pour alimenter l’Italie.

Le Transmed n’est pas une fleur faite à la Tunisie ; c’est le ballon d’oxygène vital de la Mouradia, la laisse énergétique sans laquelle le budget de l’État algérien s’effondrerait instantanément.

Et pourtant, par un renversement burlesque des réalités, Alger utilise ce tuyau indispensable à sa propre survie comme une arme de chantage pour vassaliser la Tunisie.

Ce piratage commercial s’appuie sur une spoliation tarifaire évidente :

1 – une redevance tunisienne dérisoire de 5,25 %. Pour 400 kilomètres d’infrastructures lourdes qui hypothèquent le territoire national, la Tunisie ne perçoit qu’une maigre redevance, un taux dérisoire bloqué par les menaces d’Alger depuis des décennies;

2- le modèle souverain du Maroc : à titre de comparaison, sur l’ancien gazoduc GME, le Maroc avait imposé un taux de 7 % à 10 % des volumes, assorti du transfert de la propriété intégrale des installations à l’État marocain après 25 ans.

Autant dire qu’à Alger, on sait compter quand il s’agit d’exploiter les voisins à vil prix, tout en se permettant de menacer de fermer les vannes à la moindre velléité d’indépendance diplomatique et d’expression des aspirations démocratiques de la Tunisie.

La diplomatie n’est pas une affaire de sensiblerie mémorielle ni de slogans lénifiants comme le «khawa-khawa» bon pour les naïfs.

La Tunisie n’a besoin ni de la protection étouffante ni des conseils d’un pays en faillite systémique qui ne produit rien d’autre que du ressentiment.

En analysant lucidement les risques de cette dépendance structurelle, les observateurs indépendants font leur strict devoir d’expertise et de patriotisme.

Les valets d’influence de la Mouradia, qu’ils écrivent masqués derrière la fausse identité du soi-disant Dr Cherfouh depuis son exil doré et pantouflard au Canada ou à découvert, doivent comprendre que la Tunisie n’est pas et ne sera jamais la 70e wilaya algérienne. Surtout qu’elle a toujours, tout au long de son histoire plusieurs fois millénaire, gouverné ce territoire voisin à partir de Carthage, Dougga, Kairouan, Mahdia et Tunis.

Le droit à la liberté d’opinion et d’analyse géopolitique restera libre, souverain et totalement imperméable aux intimidations des censeurs d’Alger ou d’ailleurs.

Un vieux proverbe tunisien dit :.ما دواء الفم الابخر كان السواك الحار

* Ancien ambassadeur.

** La rédaction : avec cette réponse, on clos ce débat qui ne saurait s’éterniser.

Les précédents éléments de ce débat tuniso-algérien sur Kapitalis :

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Longtemps imaginés au cinéma, les robots humanoïdes attirent aujourd’hui de lourds investissements. L’exemple de cette entreprise!

07. August 2026 um 15:02

Pendant des décennies, les films de science-fiction ont imaginé un futur où les robots côtoieraient les humains, apprendraient de leur environnement et participeraient aux activités quotidiennes.

Longtemps considérée comme une projection lointaine, cette vision prend aujourd’hui forme, rapidement, et avec l’arrivée de robots humanoïdes dotés d’IA. A dire vrai, la startup chinoise spécialisée dans l’IA , “DeepSeek”, a investi 140,8 millions de yuans (environ 20,8 millions de dollars soit 61,6 Mtnd) dans le fabricant chinois de robots “Unitree Robotics”, à l’occasion de l’introduction en Bourse (Initial Public Offering. IPO) de ce dernier sur le marché “STAR” de la Bourse de Shanghai. L’opération s’accompagne d’un partenariat stratégique visant à développer des modèles d’intelligence artificielle destinés aux robots humanoïdes.

Selon un document déposé auprès de la Bourse de Shanghai, DeepSeek a acquis 933 399 actions, correspondant à 2,3% des actions réservées au placement stratégique de l’IPO. Les deux entreprises, basées à Hangzhou, prévoient de combiner les modèles d’IA développés par DeepSeek avec l’expertise de Unitree en ingénierie mécanique, contrôle des mouvements et intelligence incarnée (embodied intelligence). Dans le cadre de cet accord, Unitree donnera la priorité à DeepSeek pour ses besoins en services d’entraînement de modèles et en solutions d’intelligence artificielle. En retour, DeepSeek privilégiera Unitree pour l’acquisition de robots et le développement d’applications d’IA incarnée.

Cette collaboration vise à relever l’un des principaux défis de la robotique humanoïde. C’est de concevoir un “cerveau” capable de comprendre son environnement et de transformer des instructions en actions physiques de manière autonome. Si les robots humanoïdes savent aujourd’hui marcher, courir ou réaliser des mouvements complexes, leur déploiement dans des environnements réels reste limité par le manque de données d’apprentissage issues du monde physique.

Pour DeepSeek, reconnue pour les performances de ses modèles de langage en programmation, mathématiques et raisonnement, ce partenariat constitue une opportunité d’étendre ses capacités vers l’intelligence artificielle multimodale et la robotique. Les données collectées par les robots de Unitree pourraient notamment contribuer au développement de systèmes capables d’interagir avec le monde réel.

Cette annonce intervient alors que Unitree poursuit son introduction en Bourse à Shanghai. L’entreprise, fondée en 2016, considérée comme l’un des principaux acteurs chinois de la robotique humanoïde, est valorisée à environ 9 milliards de dollars et prévoit d’utiliser les fonds levés pour développer de nouveaux robots, renforcer ses capacités de production et accélérer ses investissements en recherche et développement. 

Cette évolution permet de poser une question plus large! A mesure que l’IA s’intègre dans les PME ainsi que dans la vie quotidienne, comment garantir la transparence des systèmes utilisés? Un prochain article reviendra sur l’enjeu de l’étiquetage de l’IA, devenu un sujet central de confiance numérique et de gouvernance technologique.

 

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ONE: 100 entrepreneures tunisiennes formées aux nouveaux leviers du numérique

07. August 2026 um 09:13

L’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) a annoncé, le 6 août 2026, le lancement d’un programme de formation gratuit destiné à 100 femmes entrepreneures tunisiennes. Cette initiative porte sur le commerce électronique et les applications de l’intelligence artificielle. La présentation officielle du programme est prévue lors d’un événement virtuel le 14 août 2026.

Ce programme s’adresse aux porteuses de projets et aux cheffes d’entreprise souhaitant développer leurs compétences dans les outils numériques. La formation abordera les pratiques liées au commerce électronique ainsi que les usages de l’intelligence artificielle appliqués aux activités entrepreneuriales.

Au-delà de la formation, le développement du commerce électronique et l’émergence des outils d’intelligence artificielle constituent aujourd’hui de nouveaux leviers pour les entrepreneurs. Ces technologies peuvent permettre aux petites entreprises de renforcer leur présence numérique, de mieux valoriser leurs produits et services, d’améliorer leur relation avec les clients ou encore d’optimiser certaines tâches opérationnelles. Elles concernent un large éventail d’activités, notamment le commerce, l’artisanat, les services, la mode, les métiers créatifs ou encore l’agroalimentaire.

Accompagner la transformation numérique des entreprises portées par des femmes

L’objectif de cette initiative est de permettre aux femmes entrepreneures de mieux appréhender les évolutions du commerce en ligne et les possibilités offertes par les technologies d’intelligence artificielle dans le cadre de leurs activités.

La présentation du 14 août permettra de détailler les objectifs de la formation, son contenu ainsi que les modalités de participation. Les organisateurs y exposeront également les différentes étapes du parcours proposé aux bénéficiaires.

 

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