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Heute — 29. Mai 2026Französischsprachig

Nouveau choc mondial | Argent rare pour les pays en développement

29. Mai 2026 um 10:26

Depuis plusieurs mois, un signal majeur traverse le marché obligataire américain — c’est-à-dire le marché de la dette des États-Unis — sans être encore pleinement déchiffré par les capitales du Sud global. Elles auraient pourtant tort de le considérer comme une affaire lointaine de banquiers centraux, de traders ou d’économistes spécialisés. Ce signal engage leur avenir financier plus directement, et plus durablement, que celui des États-Unis eux-mêmes.

Yahya Ould Amar *

Pour comprendre ce signal, il faut accepter d’entrer dans le langage technique des marchés parce que c’est précisément dans ces indicateurs, souvent réservés aux salles de marché, que se lit désormais la géopolitique réelle du développement.

Il existe d’abord une courbe des taux classique, qui indique le coût de l’argent selon la durée de l’emprunt — deux ans, cinq ans, dix ans ou plus. Mais les marchés construisent aussi une courbe des taux «forward», qui exprime non pas seulement les taux d’aujourd’hui, mais les taux implicites attendus pour des périodes futures.

Le taux réel forward à «dix ans dans dix ans» des bons du Trésor américain correspond ainsi au taux d’intérêt réel que les marchés anticipent pour un prêt de dix ans commençant dans dix ans. Parce qu’il regarde au-delà des turbulences immédiates ou passagères, il est souvent lu comme un indicateur du niveau auquel les taux réels de long terme pourraient durablement se stabiliser.

Or ce taux réel vient d’atteindre son plus haut niveau depuis plus de vingt ans. Cela signifie que le mouvement actuel ne peut être réduit au choc pétrolier provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz, puisque l’effet de l’inflation est corrigé – le signal est plus profond. Il révèle une transformation structurelle du prix mondial du capital, dans un monde où les grandes puissances financent simultanément leur réindustrialisation, leur réarmement, leur transition énergétique et leur révolution technologique, tandis que l’épargne disponible demeure limitée.

Pour le Sud global, l’enjeu est immense, car il risque de payer, par un argent plus rare et plus cher, la nouvelle puissance productive du Nord.

La grande ruée vers le capital

Pour saisir l’ampleur de ce qui se joue, il faut d’abord comprendre ce que les économistes appellent le taux d’intérêt réel neutre. Ce concept désigne le taux d’intérêt réel compatible avec une économie à son plein potentiel, sans surchauffe ni récession. C’est, en quelque sorte, le taux d’équilibre naturel du capital, ni trop cher pour décourager l’investissement, ni trop bas pour alimenter une bulle.

Pendant trente ans — des années 1990 jusqu’à la pandémie — ce taux neutre mondial a chuté inexorablement. Les banquiers centraux, les fonds de pension et les trésoriers d’État du monde entier s’y sont adaptés, construisant leurs modèles budgétaires, leurs stratégies de dette et leurs projets d’investissement dans un monde structurellement à taux bas. Ce monde est terminé.

Le taux réel forward à dix ans dans dix ans des bonds du Trésor constitue la meilleure approximation en temps réel, du taux d’intérêt réel neutre de long terme que les marchés anticipent. Quand il monte fortement — comme c’est le cas aujourd’hui — cela signifie que les investisseurs collectivement jugent que le taux neutre mondial s’est durablement réinstallé à un niveau structurellement plus élevé.

Il est donc important de comprendre, pourquoi les forces profondes qui déterminent le coût à long terme du capital dans le monde ont changé de régime — et qui paiera le prix de ce changement ?

Quand le Nord aspire l’épargne du monde

La réponse tient à une réalité simple que les grandes puissances financent simultanément leur réindustrialisation, leur réarmement, leur transition énergétique et leur révolution technologique. Toutes ces priorités consomment l’épargne mondiale.

Aux États-Unis, les grands plans industriels, les dépenses de défense et les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) mobilisent des centaines de milliards de dollars. En Europe, la guerre en Ukraine a réveillé l’urgence énergétique et militaire. Partout, le rapatriement des chaînes de valeur — relocalisation industrielle de capacités autrefois transférées vers l’Asie — exige de reconstruire usines, infrastructures et compétences.

Le choc de demande de capital est donc immense. Mais il est capté d’abord par les économies qui attirent déjà l’essentiel de l’épargne institutionnelle mondiale.

Le Sud global entre dans cette compétition avec des monnaies plus fragiles, des marchés financiers moins profonds, des notations d’agences dégradées et des primes de risque plus lourdes. Il emprunte plus cher au moment même où le Nord aspire davantage de capital.

Quand la demande de capital augmente plus vite que l’épargne disponible, son prix monte. Ce prix, c’est le taux d’intérêt réel. Et pour les pays en développement, cette hausse survient au pire moment, lorsqu’ils doivent financer à la fois leur industrialisation, leur transition énergétique et leur souveraineté économique.

Le taux neutre, révélateur d’une fracture de croissance potentielle

La hausse du taux réel neutre révèle une fracture plus durable, celle de la croissance potentielle. Ce taux est lié à la capacité d’une économie à croître durablement sans inflation, grâce à sa démographie, son capital et sa productivité. Lorsqu’il augmente, les marchés anticipent donc, implicitement, une économie plus productive demain.

C’est là que l’IA change l’équation. Si elle produit ne serait-ce qu’une partie des gains annoncés, les pays qui en maîtrisent les infrastructures — puissance de calcul, semi-conducteurs, modèles de fondation, données, applications industrielles — verront leur croissance potentielle s’élever.

Mais le problème est géographique. L’essentiel des investissements de l’IA se concentre aux États-Unis, en Chine et dans quelques économies avancées. L’Afrique, l’Asie du Sud et l’Amérique latine risquent fortement de rester à la périphérie – non productrices de cette révolution, mais clientes de technologies conçues ailleurs.

Le Sud global pourrait ainsi subir la hausse du coût mondial du capital sans bénéficier des gains de productivité qui la justifient. Il achèterait l’IA des autres, en paierait le prix financier, mais n’en capterait pas les dividendes.

Quand la dette devient une mécanique de dépendance

La soutenabilité budgétaire obéit à une règle simple, formulée par Evsey Domar qui indique que lorsque le taux d’intérêt réel payé sur la dette publique dépasse durablement le taux de croissance réelle de l’économie, le ratio dette/PIB augmente mécaniquement, sauf à dégager des excédents budgétaires politiquement difficiles à maintenir (fiscalité…).

Cette contrainte pèse déjà sur les États-Unis eux-mêmes. Un taux réel forward à dix ans dans dix ans de trois et demi pour cent est difficilement compatible avec une économie dont la croissance réelle de long terme est estimée autour de deux et demi pour cent.

C’est précisément pour cette raison que les marchés commencent à émettre des signaux sur la solvabilité américaine — dont le plus troublant est que les obligations souveraines chinoises libellées en dollars se négocient désormais quarante points de base en dessous des bons du Trésor américain de maturité comparable. Le marché dollar lui-même juge implicitement la Chine plus solvable que les États-Unis dans leur propre monnaie.

Mais pour le Sud global, l’équation est autrement plus insupportable. Une économie africaine qui croit à un taux réel de 4 %, mais empruntant en dollars à 6 ou 8 % en termes réels, voit sa dette diverger par simple mécanique financière. Ce n’est pas nécessairement une faute de gestion, c’est l’arithmétique.

La contradiction fondamentale du financement climatique

Ici réside une hypocrisie structurelle que la diplomatie internationale préfère ne pas formuler trop clairement, mais qui devient chaque année plus intenable.

Les engagements de financement climatique du G7 — cent milliards de dollars par an dans un premier temps, trois cents milliards dans les engagements plus récents — ont été conçus dans un monde à taux zéro ou négatifs, où les institutions multilatérales pouvaient lever des fonds à très faible coût et les recycler en financements concessionnels (prêts à taux inférieurs aux taux de marché). Ce monde n’existe plus. Les institutions de Bretton Woods — FMI, Banque mondiale et banques régionales de développement — opèrent sur des bilans et des mandats conçus dans l’ère de l’abondance monétaire post-2008. Leur capacité de prêt concessionnel est structurellement insuffisante face à l’ampleur des besoins dans un environnement de taux réels durablement élevés.

La transition énergétique que les pays du G7 demandent au Sud global — abandonner les énergies fossiles, sauter directement vers les renouvelables, atteindre la neutralité carbone selon des calendriers négociés dans des salles climatisées de Paris, Londres ou New York — coûtera, selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 2000 milliards de dollars par an dans les économies en développement d’ici 2030. À un taux réel de financement de six à huit pour cent, le coût actualisé de cet effort devient mathématiquement insoutenable pour la majorité des budgets souverains concernés.

Pendant ce temps, le capital privé institutionnel — fonds de pension, compagnies d’assurance, véhicules d’infrastructure — qui était censé être mobilisé par effet de levier observe que le taux réel sans risque de référence américain est à trois et demi pour cent. Pour qu’il investisse dans une centrale solaire au Sahel, avec son risque de change (la perte potentielle liée aux fluctuations de la monnaie locale face au dollar), son risque politique, ses incertitudes réglementaires et son risque de construction, il faudra lui offrir un rendement ajusté du risque significativement supérieur. Ce rendement implique des tarifs d’électricité que les économies concernées ne peuvent pas absorber. Le bouclage financier est brisé — structurellement, pas accidentellement.

La géographie du taux neutre comme nouvelle carte de la vulnérabilité

Il faut insister sur un point que les économistes des institutions internationales tendent à oublier, le taux neutre mondial n’est pas une réalité unique que tous les pays subissent également.

Le taux réel américain est le plancher implicite du système. Au-dessus, les marchés empilent des primes de risque (des majorations de taux exigées pour compenser le risque supplémentaire perçu) qui varient selon la solidité institutionnelle, la profondeur des marchés locaux, la liquidité des actifs, la crédibilité de la politique monétaire et la dynamique de la dette.

Ce que la hausse actuelle du taux neutre américain fait, concrètement, c’est déplacer vers le haut toute cette architecture de primes. Un pays qui empruntait à quatre pour cent en réel emprunte désormais à six pour cent en réel, voire plus. La différence, sur un horizon de dix à vingt ans, est la différence entre une trajectoire de développement soutenable et une décennie perdue consacrée à rembourser — ou à renégocier — une dette excessive.

Ce sont, ironiquement, les pays qui ont le mieux géré leur politique économique — ceux qui ont accédé aux marchés internationaux, réduit leur dépendance aux dons et aux prêts bilatéraux, développé leurs marchés obligataires domestiques — qui sont les plus directement exposés à cette transmission. Ils avaient joué selon les règles du système libéral. Le système vient de changer les règles.

Quatre réponses pour ne pas subir le nouvel ordre du capital

Face à cette nouvelle géographie du capital, le Sud global ne peut se contenter de demander de meilleures conditions. Il doit imposer une autre architecture financière.

Le premier impératif est d’exiger une recapitalisation massive des banques multilatérales de développement, assortie d’une réforme réelle de leur gouvernance. Le G7 ne peut mobiliser des milliers de milliards pour sa réindustrialisation et son réarmement tout en laissant sous-financées les institutions censées porter le développement, ni conserver des droits de vote hérités d’un ordre conçu avant la décolonisation d’une grande partie du Sud global.

Le second est une indexation rigoureuse et contraignante des conditionnalités climatiques imposées au Sud global sur la réalité des conditions de financement. L’injonction d’abandonner le charbon d’ici 2030 formulée dans un monde à taux zéro n’a plus le même sens dans un monde à taux réel de plus de six pour cent. Les délais, les montants et les instruments doivent être recalibrés en conséquence — pas dans les discours, dans les engagements contractuels.

Le troisième, relève de la souveraineté économique des pays concernés eux-mêmes. Le développement systématique des marchés obligataires en monnaie locale (permettant à un État d’emprunter auprès d’investisseurs dans sa propre devise, éliminant le risque de change), la réduction de l’exposition au financement externe en dollars, la construction de partenariats financiers diversifiés — incluant, avec discernement, les nouvelles institutions multilatérales non occidentales — ne sont plus des options idéologiques. Elles sont des nécessités prudentielles dans un monde où le coût de financement de référence vient d’être durablement réévalué à la hausse.

Le quatrième impératif est de distinguer radicalement la dette qui entretient la dépendance de la dette qui construit la puissance. Dans un monde de taux réels élevés, chaque dollar emprunté doit être orienté vers des actifs capables d’accroître la productivité future : énergie, ports, logistique, irrigation, éducation technique, infrastructures numériques…

Enfin, le Sud global doit comprendre que la hausse des taux réels américains n’est pas un simple accident de marché, c’est le signal d’un monde où le capital devient plus rare, plus cher et plus capté par les priorités du Nord — réindustrialisation, défense, IA, transition énergétique. Si rien ne change, les pays du Sud financeront indirectement la puissance des autres tout en voyant se refermer l’espace financier nécessaire à leur propre développement. La souveraineté économique se jouera dans la capacité à accéder à un capital long, stable et soutenable.

Le Sud global doit dès lors cesser de subir le prix mondial de l’argent, il lui faut réformer l’ordre financier multilatéral, bâtir ses propres marchés de capitaux et refuser que l’accès au capital devienne le nouveau visage de l’inégalité mondiale.

* Economiste, banquier et financier.

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La Banque africaine de l’énergie sera lancée fin juillet 2026

29. Mai 2026 um 10:13

Le continent africain aura prochainement une banque dédiée à l’énergie. Et si l’on en croit l’APPO (African Petroleum Producers’ Organization ou Organisation des producteurs de pétrole africains en français) qui pilote ce projet stratégique en partenariat avec Afreximbank, la Banque africaine de l’énergie (AEB) sera lancée fin juillet 2026. Et sera basée à Abuja au Nigeria.

L’état d’avancement de cette future institution financière panafricaine a été examiné lundi 25 mai au Caire lors d’une réunion entre le secrétaire général de l’APPO, l’Algérien Farid Ghezali, et le président d’Afreximbank, George Elombi. En effet, dans un communiqué, l’APPO assure que les travaux préparatoires « vont bon train », confirmant la volonté des deux partenaires d’accélérer le déploiement opérationnel de la banque.

Basée à Abuja, au Nigeria, la Banque africaine de l’énergie ambitionne de devenir un levier majeur de financement des projets pétroliers et gaziers africains. Dotée d’une capitalisation initiale de 5 milliards de dollars, elle vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars lors de sa première phase de déploiement.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par le retrait progressif des institutions financières occidentales du financement des hydrocarbures, sous l’effet des politiques de transition énergétique et des pressions climatiques. Face à ce désengagement, plusieurs pays africains cherchent à sécuriser leurs investissements énergétiques à travers des mécanismes de financement continentaux.

A l’horizon 2030, l’AEB prévoit de lever jusqu’à 15 milliards de dollars pour soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique africaine : exploration, production, infrastructures de transport et distribution.

A rappeler que le Nigeria avait officiellement remis, en février dernier, le siège de la banque à Abuja à l’APPO et à Afreximbank, marquant une étape clé vers le lancement effectif de cette institution appelée à renforcer l’autonomie financière énergétique du continent.

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Croissance, IDE, transferts : l’espoir d’une Afrique résiliente

12 des 20 économies les plus dynamiques au monde se situent désormais en Afrique, un signal fort du repositionnement économique du continent dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement des échanges et la contraction de l’aide internationale.

C’est le constat que vient de dresser à Brazzaville par le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, à l’occasion de la présentation des Perspectives économiques africaines 2026 dans le cadre de la tenue des Assemblées annuelles de l’institution financière panafricaine.

Selon la BAD, la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) africain devrait s’établie à 4,3 % en 2026 et pourrait atteindre 4,5 % en 2027. Une performance qui confirme la capacité de résilience des économies africaines malgré un contexte international instable et une pression persistante sur les finances publiques.

L’amélioration des indicateurs macroéconomiques se reflète également dans la progression du PIB par habitant, passé de 0,9 % en 2023 à 1,9 % en 2025, traduisant une reprise graduelle de la création de richesse individuelle sur le continent.

Les flux financiers ne sont pas en reste

La dynamique est également soutenue par une forte progression des flux financiers extérieurs. Les investissements directs étrangers (IDE) ont bondi de 75 % en 2024 pour atteindre 97 milliards de dollars. Tandis que les transferts de fonds de la diaspora ont augmenté de 14 %, à 186 milliards de dollars. Ces transferts deviennent désormais la première source de financement externe de l’Afrique, devant plusieurs mécanismes traditionnels d’aide au développement. Cependant, compte tenu des différents conflits dans le monde, notamment russo-ukrainien et américano-iranien, il y a fort à parier que les transferts de la diaspora vont nettement diminué en 2026 par rapport à leur niveau de 2025.

Autre indicateur encourageant : le recul de l’inflation. Celle-ci est passée de 21,8 % en 2024 à 13,6 % en 2025, sous l’effet du resserrement des politiques monétaires et d’une relative stabilisation des marchés. Toutefois, la BAD avertit que les risques inflationnistes demeurent élevés, notamment en raison de la hausse des coûts de l’énergie et des importations.

Malgré cette trajectoire positive, le continent reste confronté à des fragilités structurelles majeures, notamment un déficit chronique de financement des infrastructures, une faible industrialisation et des besoins croissants en capital humain. Et pour consolider la croissance, Sidi Ould Tah a appelé les États africains à intensifier les investissements productifs et à renforcer leurs capacités de financement interne.

Le président de la BAD a également plaidé pour une réforme plus ambitieuse de l’architecture financière africaine afin de réduire la dépendance à l’aide extérieure et de renforcer la souveraineté économique du continent. Selon lui, les perspectives démographiques, combinées à l’afflux de nouveaux investissements, constituent un levier stratégique pour inscrire l’Afrique dans une trajectoire de croissance durable et inclusive.

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Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme

29. Mai 2026 um 09:23

Le Conseil de paix, la «machine à sous» de Donald Trump, est en hibernation par ces grandes chaleurs. La ferveur pacificatrice du «Père fondateur» est tombée aussi vite que son malin désir de laisser une trace dans l’Histoire. Son attachement à la paix s’est évaporé. Il est allé guerroyer loin de son pays natal, accompagné de son fidèle serviteur et son conseiller en stratégie militaire, Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien souffle le vent et la «Furie épique» en direction de son maître. Un tandem qui rappelle un autre, de si triste mémoire, Hitler et Mussolini.

Mohsen Redissi *

Le Conseil de paix est un subterfuge avec un vice caché. Le cynisme du président Trump n’a pas d’égal. L’année dernière, il a raté le Nobel de la Paix ; cette fois-ci, il va user de tout son poids pour la prochaine édition. Le Conseil de sécurité des Nations unies lui a décerné un blanc-seing, pourquoi pas une poignée d’académiciens ? Ses sbires vont lui orchestrer une campagnedigne de son rang et de son désir ardent de toucher le gros lot.

Vendredi, samedi ou dimanche

Ce ne sont ni les Journées du patrimoine, ni un long week-end, mais des journées d’ascension vers l’au-delà, spécialement choisies par le président américain, ci-devant président du Conseil de paix, qui promettait il y a peu de rayer l’Iran de la carte et d’en finir avec une civilisation vieille de 5000 ans. Ce n’est pas une diversion, son hésitation est le signe du doute sur les capacités militaires américaines à faire plier l’Iran et le pousser à accepter la Pax Americana.

L’Iran a choisi sa ligne de défense : la riposte du coup par coup sur le champ de bataille et par le verbe sur le tapis vert des pourparlers. La République islamique, qui respire toujours, malgré le déluge de feu qu’elle a essuyé ces derniers mois, reste ferme sur son programme nucléaire. Trump prend le monde entier en témoin pour nous faire croire qu’il offre aux Iraniens une échappatoire. Un temps pour la réflexion et un temps pour la reddition. 

Irrespectueux des trois religions monothéistes, mais conscient des exigences confessionnelles, le président américain propose une guerre à choix multiples : vendredi ou samedi ou dimanche. Les musulmans doivent cocher la case du vendredi. Par Allah, le ciel va leur tomber sur la tête, malédiction que Abraracourcix, le chef Gaulois, craignait le plus. Jour du seigneur, jour de prières et de piété chez les Mahométans. Prier dans le silence sans crier Allah Akbar, pour ne pas être pris pour un terroriste. 

Dans sa grande bonté, le président américain a laissé aux Iraniens deux autres cases à cocher, samedi et dimanche, libres à eux de choisir le jour pour se faire livrer par la voie des airs comme par mer et par terre toute sorte d’objets brûlants : bombes, missiles, explosifs… Ils ont l’embarras du choix.

Souviens-toi du jour du shabbat 

Mêmes minoritaires, entre dix mille et quinze mille individus, les Juifs iraniens font de la résistance. Ils ont préféré rester chez eux en Iran plutôt que d’émigrer vers les Etats-Unis ou Israël comme bon nombre de leurs congénères.

Dans un pays réputé pour son aversion pour Israël, les Juifs iraniens, yahudi, observent leurs traditions, possèdent leurs synagogues, leurs cimetières, leurs restaurants casher, et même une bibliothèque juive. Leurs enfants étudient dans des écoles hébraïques.

Les Juifs iraniens ont un siège à l’Assemblée consultative islamique d’Iran. Chose que beaucoup de gens ignorent, parce que l’information est occultée par des médias au service de l’obscurantisme.

Le shabbat est un jour d’abstinence chez les juifs, du vendredi soir jusqu’au samedi soir. Ils prennent ainsi le relais aux musulmans. Jour que probablement choisira Trump pour cracher son déluge de feux et de flammes sur l’Iran et gâcher leur quiétude. La mort ne fait pas dans la dentelle. Trump en a voulu autrement.

Pour qui sonne le glas

Entre huit cent mille à un million d’Iraniens chrétiens vivent encore sur les terres de leurs ancêtres. Minorité religieuse reconnue sur le plan de la constitution. Les chrétiens disposent de 3 sièges au Parlement iranien. Leur nombre ne cesse de croître dans le pays. Dimanche est le jour du Seigneur, mais ils doivent rester vigilants. Les assises des églises risquent de trembler. 

Le peuple iranien, avec toutes ses composantes ethniques, religieuses et linguistiques, ne sera épargné ni le vendredi, ni le samedi, ni le dimanche. A quel saint se vouer se demandent les Iraniens ? Le jour où le grand manitou yankee décide de reprendre les bombardements, c’est le peuple iranien tout entier qui est visé. L’attaque, annoncée d’avance, ne sera ni une attaque surprise, ni une attaque d’envergure. Les Iraniens ont eu assez de temps pour s’y préparer. Elle va perturber la vie des Iraniens indépendamment de leurs convictions religieuses. Quand les bombes explosent, ou quand les missiles touchent leurs cibles, c’est toute la population iranienne qui est agressée, quelle que soit leur confession ou leur jour de piété.

* Fonctionnaire à la retraite.

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Advani, ou le chauvinisme hindou à l’épreuve de l’Histoire

29. Mai 2026 um 08:23

Si l’Inde se targue aujourd’hui d’être une puissance nucléaire garantissant son indépendance, un objectif que l’Iran s’efforce d’atteindre avec toutes les difficultés que l’on sait, il n’en demeure pas moins que l’idéologie chauvine qui y prédomine actuellement ne la préserve pas des revendications particularistes menaçant son intégrité territoriale.

Dr Mounir Hanablia *

Il est toujours ardu de faire la part du vrai dans un récit autobiographique, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un d’homme d’État. En Inde Advani, l’auteur de ‘‘Ma vie, mon pays’’, en fut indubitablement l’un des plus grands, et son parcours est là pour le confirmer, même s’il s’est fait en dehors du Parti du Congrès que le récit occidental à travers Gandhi et la famille Nehru, a encore tendance à privilégier en tant que représentant légitime de la destinée du pays.

Il est vrai qu’Advani soit issu du courant idéologique traditionaliste faisant de la culture hindoue le substrat nécessaire commun à tout Indien. Dans quelle mesure, cela demeure matière à débat entre les «sécularistes authentiques» auxquels il se rattache qui estiment que l’Autre, le musulman, ne peut que l’accepter afin de donner un gage à son patriotisme, et ceux de son Parti, le Bharatiya Janata, pour qui l’étranger venu par la conquête du pays est exclu de la nation de jure comme de facto ; particulièrement après la Partition et la création du Pakistan. Mais même en faisant la part belle au «sécularisme» affiché par le Parti du Congrès et qualifié de «faux» par l’auteur du livre, on en reviendra toujours aux commentaires du journaliste Sikh Khushwant Singh, pour qui en Inde il n’existe aucune raison valable d’imposer aux minorités de toujours démontrer leur patriotisme. En effet, faudrait-il exiger d’un musulman de pratiquer dans un cadre public un rituel directement inspiré par des manifestations de la foi hindoue pour ne pas s’exposer à l’ire de ses concitoyens ?

Naturellement Advani, chassé de son pays, le Sindh, incorporé au Pakistan lors de la partition, et réfugié en Inde, ne pouvait que nourrir une hostilité envers qui il voyait une menace pour la sécurité et l’intégrité territoriale de son pays.

Devenu ministre de l’Intérieur en 1998 Advani a certes entamé des pourparlers avec les indépendantistes du Kashmir mais il s’agissait évidemment de conclure un accord politique définitif imposé à une population brisée par le contre-terrorisme systémique pratiqué sur une grande échelle par l’armée et la police.

En effet, selon les vues de l’Etat indien, le problème du Kashmir, un territoire n’ayant aucun statut constitutionnel particulier si ce n’est un article provisoire qui a perduré plus de 40 ans, n’était qu’une sédition soutenue de l’extérieur et usant du terrorisme pour arriver à ses fins.

Il y eut par ailleurs durant son mandat la guerre de Kargil, puis l’attaque terroriste du parlement de New Delhi, deux évènements qui imposèrent la médiation américaine afin d’éviter une nouvelle guerre indo pakistanaise. Mais c’est indubitablement le massacre du Gujarat en 2002 dont furent victimes des milliers de musulmans qui a constitué l’un des faits les plus marquants de son mandat ministériel et qui remet en question jusqu’à un certain point la sincérité de sa vision pragmatique de la politique.

Les massacres des musulmans

Certes le responsable direct, le Chef Ministre de l’Etat, en fut Modi, appelé des années plus tard à occuper le poste de Premier ministre. Néanmoins Advani en tant que ministre de tutelle le soutint et s’opposa à une démission que la majorité de la classe politique exigeait, à commencer par le Premier ministre Vajpayee. D’autant que beaucoup de témoignages impliquaient directement dans les émeutes autant le gouvernement du Gujarat, autrement dit le chef ministre Modi, que la police obéissant directement à ses ordres, ainsi que ses complices, les soutiens politiques hindous du parti de la majorité.

Advani a justifié son soutien à Modi par le triomphe électoral remporté ultérieurement par ce dernier dans son État. Mais le massacre n’a-t-il pas grandement contribué à ce triomphe ?

D’autre part l’argument, celui du succès électoral ultérieur, utilisé par un homme se prévalant toujours de faire passer l’intérêt général du pays avant celui de son propre parti politique, ne saurait faire oublier la violation de la Constitution par un gouvernement incapable d’assurer sa mission première, la protection des vies et des biens de tous les habitants.

Complice du massacre, Advani ne l’a vraisemblablement pas été, et rien en tout cas ne le prouve, pas plus que nul ne lui en a fait grief. Mais en couvrant son subordonné, et en confiant l’enquête aux services de son choix, le ministre de l’Intérieur du Centre n’a certainement pas contribué à faire toute la vérité sur l’affaire. Et l’assassinat un mois après de Hiren Pandiya, un ancien ministre de l’Intérieur du Gujarat et rival de Modi dans son propre parti, ne l’a rendue que plus ténébreuse selon la célèbre journaliste Rana Ayyub.

Mais Advani a-t-il fait réellement une entorse à ses principes plus qu’à la Constitution ? Si on en croit le rôle qu’il a joué en 1992 en tant que Président de son Parti, en déclenchant la marche sur la mosquée Babri d’Ayodhya, il est permis d’en douter. Après avoir mobilisé et conduit des foules en transe, il a prétendu que le résultat final, sa destruction, avait été un fait imprévu et honteux détournant le mouvement de sa finalité première en signant son échec. Quelle finalité ? Peut-être la réconciliation entre hindous et musulmans. Mais on ne voit pas comment celle-ci aurait pu avoir lieu dans l’ambiance d’exacerbation des passions qui prévalait.

Advani a prétendu que si le Comité de Défense de la mosquée Babri en avait accepté le démantèlement et le transfert ailleurs, il aurait demandé à ses coreligionnaires de le considérer comme un solde de tout compte relativement à des revendications futures sur d’autres mosquées.

On ignore combien d’églises ont été détruites ou pillées lors de la conquête de la Grande Bretagne par les Vikings entre le VIIIe et le XIe siècles mais ces derniers n’avaient pas l’habitude de les comptabiliser ni de s’en prévaloir. Qui plus est ils ont eu la bonne idée de se convertir à la foi du pays conquis. Il n’est venu à l’idée jusqu’à ce jour d’aucun homme politique anglais de demander des comptes sur le sujet aux Scandinaves afin de leur faire rendre gorge. On peut dire la même chose des Gallo-romains relativement à leurs conquérants francs.

La fibre nationaliste hindoue

Question de fierté, selon elle, la fibre nationaliste hindoue prétend rétablir l’intégrité territoriale de son pays en en reconstruisant les temples qui s’y élevaient il y a 1000 ans en lieu et place des moquées bâties plus tard par les conquérants venus d’Asie Centrale.

A propos de réconciliation, comment ignorer le voyage de l’auteur après la fin de son mandat ministériel, au Pakistan en 2005 en tant que chef de son Parti, le BJP ? Après y avoir visité un site de restauration de temples hindous, il s’était recueilli sur la tombe du fondateur de l’état Med Ali Jinnah qu’il avait qualifié de grand chef d’État séculariste qui avait promis de concéder à tous ses citoyens des droits égaux indépendamment de leurs convictions religieuses et de préserver les minorités.

Ce commentaire avait suscité des réactions parmi les Pakistanais pour qui leur pays étant musulman ne pouvait être qualifié de séculier. Il avait surtout provoqué la colère de ses propres partisans en Inde pour qui le Pakistan n’était qu’un Etat terroriste qui avait chassé ses habitants hindous et qui cherchait à démembrer l’Inde avant de la conquérir pour y propager l’Islam.

Malgré le soutien apporté par les plus hautes instances de son parti il avait en rentrant démissionné de son poste de Président. On peut se demander si tout cela n’avait pas été une kabbale l’obligeant à laisser le champ libre à Modi, celui qui quelques années plus tard allait accéder au pinacle du pouvoir après avoir fait du Gujarat son fief personnel.

En effet, il est douteux que Advani ait entrepris son voyage dans un pays aussi problématique pour l’Inde, sans l’avoir préparé minutieusement dans tous ses détails, particulièrement ceux dotés d’une forte valeur symbolique.

Néanmoins, si son ambition de conclure la paix avec le Pakistan a été indéniable, il n’en a pas moins affirmé clairement que ce pays indépendant de l’Inde fait partie selon lui de la sphère culturelle hindoue, de l’Hindutva.

Autrement dit, la réconciliation ne serait qu’un processus qui progressivement aboutirait à une réunification politique des deux pays.

Il est douteux que cette vision des choses n’annonce pas des conflits futurs. Dans un pays qui a toujours fait peu de cas de l’Histoire, le réveil brutal à la conscience nationale au XIXe siècle sous le joug colonial prétend conférer à son peuple des caractéristiques immuables qui nient la légitimité de tous les apports qui n’y seraient pas conformes. C’est au nom d’une telle vision des choses que l’apport de l’islam dans l’Histoire du sous-continent est nié en étant réduite à une destruction ininterrompue de temples.

Eu égard à cela Advani prouve qu’en Inde, entre vrais et faux laïcs, la différence n’est que de degrés et qu’on peut très bien se rendre au Pakistan au nom de la paix tout en cautionnant le massacre de ses propres concitoyens.

Ainsi que le prouvera plus tard l’actuel gouvernement Modi, la vision d’Advani lorsqu’elle sera menée à son terme aboutira au démembrement et à l’ouverture du Kashmir à la colonisation hindoue, à l’emprisonnement de millions de personnes qualifiées d’étrangères dans des camps de concentration, et au lynchage par des comités de vigilance de tous ceux dont la fouille révèlera le transport de pièces de bœufs.

Si l’Inde se targue aujourd’hui d’être une puissance nucléaire garantissant son indépendance, un objectif que l’Iran s’efforce d’atteindre avec toutes les difficultés que l’on sait, il n’en demeure pas moins que l’idéologie chauvine qui y prédomine actuellement ne la préserve pas des revendications particularistes menaçant son intégrité territoriale.

Par-delà son passé de militant et d’homme politique de premier plan rescapé des prisons en ayant été emprisonné à quatre reprises, particulièrement lors de la lutte contre l’«état d’urgence» imposé par Indira Gandhi entre 1975 et 1977, c’est d’ailleurs cette inquiétude sur la disparition des deux grands partis politiques indiens au bénéfice des partis régionalistes, qu’Advani avouera avoir confiée à l’un de ses rivaux politiques lors d’une rencontre fortuite dans un aéroport. 

* Médecin de libre pratique.

‘‘My Country My Life’’,  L.K. Advani, éd. Rupa & Co., 1er janvier 2008, 986 pages.

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Gestern — 28. Mai 2026Französischsprachig

Tunisie | Message de soutien du personnel d’Unimed à Ridha Charfeddine

Von: Yusra NY
28. Mai 2026 um 22:51

Dans un communiqué publié à l’occasion de l’Aïd al-Adha, l’ensemble des employés d’Unimed ont tenu à adresser leurs vœux de paix et de santé au fondateur de l’entreprise, le Dr Ridha Charfeddine.

Au-delà du chef d’entreprise, les équipes ont tenu à manifester leur confiance en la justice tout en affirmant que l’absence de Ridha Charfeddine « laisse un vide immense, humainement et professionnellement ».

Ci-dessous le communiqué tel qu’il a été publié :

« A l’occasion de l’Aïd El-Kebir, l’ensemble des employés d’UNIMED adresse à Dr. Ridha Charfeddine, fondateur de leur industrie pharmaceutique, ses vœux les plus sincères de santé, de paix et d’espoir.

En ces jours de fête, de partage et de retrouvailles familiales, l’absence, bien que provisoire, de Dr Ridha Charfeddine, est douloureusement ressentie par tous.

Plus que jamais, sa présence humaine, son énergie et sa vision qui occupent une place essentielle dans la vie quotidienne d’UNIMED est fortement ressentie. Cette fête reste incomplète, sans lui parmi l’ensemble des employés.

Au-delà du dirigeant, c’est un homme profondément engagé pour son entreprise, pour ses employés et pour le rayonnement du pays. Les projets ambitieux qu’il avait initiés pour renforcer le positionnement international d’UNIMED, au service de la santé du citoyen et de la sécurité des employés, demeurent aujourd’hui plus urgents que jamais.

Son absence laisse un vide immense, humainement et professionnellement. Chaque jour, nous continuons à avancer avec l’espoir de le voir retrouver rapidement sa place parmi les siens et parmi ses collaborateurs qui lui restent profondément attachés.
Nous exprimons également le souhait sincère que les procédures judiciaires en cours puissent évoluer avec célérité et équité, dans l’intérêt de tous : du pays, de l’entreprise et de ses employés.

À notre cher Dr.Ridha Charfeddine, nous voulons dire avec émotion : tu nous manques énormément. En cette fête, nos pensées vont vers toi et ta famille. Notre confiance en la justice nous permet de garder espoir et d’attendre des jours meilleurs.

Aid Mabrouk à Dr.Ridha Charfeddine ainsi qu’à sa famille.

Tous les employés d’UNIMED »

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Aux Assemblées de la BAD 2026, la Tunisie vend son concept « compter sur soi » aux Africains

La Tunisie a plaidé, mercredi à Brazzaville, pour une action africaine coordonnée et ambitieuse afin de financer le développement du continent, à l’occasion des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026.

Intervenant lors du dialogue du Conseil des gouverneurs, Tarek Bouhlel, directeur général de la coopération africaine au ministère de l’Économie et de la Planification et gouverneur temporaire de la Tunisie auprès de la BAD, a appelé à « un changement de paradigme », basé sur le passage d’interventions fragmentées à une alliance africaine structurée et à grande échelle.

Selon lui, cette transformation nécessite un engagement politique clair des gouverneurs de la Banque ainsi qu’une réforme profonde de l’institution, notamment à travers une décentralisation accrue et un renforcement des effectifs opérationnels afin d’accélérer la préparation et l’exécution des projets.

La Tunisie a également insisté sur la nécessité de placer la jeunesse et la transformation démographique au cœur des priorités de la BAD. Selon Bouhlel, l’investissement dans la formation, l’entrepreneuriat, la digitalisation et le financement des micro, petites et moyennes entreprises permettrait de transformer le potentiel démographique africain en moteur de croissance.

Tunis considère par ailleurs que la souveraineté financière de l’Afrique constitue « un choix inéluctable ». Pour y parvenir, trois leviers sont jugés essentiels : le recours accru aux mécanismes de partage des risques, la création de plateformes d’investissement de grande envergure et une meilleure mobilisation des capitaux domestiques, régionaux et des transferts de la diaspora africaine.

La Tunisie estime enfin que la BAD dispose des moyens nécessaires pour piloter une nouvelle architecture africaine du développement, alignée sur les priorités nationales et régionales du continent.

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L’OTIC lance la Déclaration de Tunis pour dénoncer les abus dans les services de visas

L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) annonce le lancement de la « Déclaration de Tunis sur les droits du consommateur dans les services de visas et de mobilité internationale », une initiative portée par une coalition d’associations arabes et africaines visant à réformer un système jugé opaque, complexe et coûteux pour les citoyens.

Selon le président de l’OTIC, Lotfi Riahi, cette déclaration constitue la première référence civile commune destinée à transformer les plaintes individuelles des demandeurs de visas en un mouvement organisé de revendication. L’objectif affiché est d’imposer davantage de transparence et d’équité dans les prestations liées aux visas et à la mobilité internationale.

Lotfi Riahi a dénoncé les conséquences de l’externalisation d’une partie des services consulaires à des sociétés intermédiaires privées. Il estime que cette pratique a multiplié les frais imposés aux usagers, allongé les délais d’attente et compliqué les démarches administratives à travers plusieurs plateformes numériques.

Le responsable a particulièrement critiqué le fait que les demandeurs perdent l’intégralité des frais engagés en cas de refus de visa, malgré l’absence de prestation effective. Face à cette situation, la coalition associative réclame une révision profonde du système actuel.

Parmi les principales revendications figurent le remboursement total ou partiel des frais en cas de refus, la séparation claire entre les frais administratifs obligatoires et les services optionnels, ainsi qu’une meilleure transparence concernant les motifs de rejet des demandes.

Les organisations signataires demandent également un encadrement plus strict des sociétés intermédiaires privées, avec des critères renforcés de contrôle et de responsabilité. Elles plaident aussi pour une meilleure protection des données personnelles et numériques des demandeurs.

Tout en rappelant le droit souverain des États à contrôler l’entrée des étrangers sur leur territoire, Lotfi Riahi a affirmé que cette mobilisation transfrontalière vise avant tout à construire un système « plus juste et plus humain ».

Dans ce cadre, des démarches sont déjà engagées pour créer un Observatoire africain des services de visas et de la mobilité. Cette structure indépendante aura pour mission de documenter les conditions réelles d’accès à ces services et de produire des indicateurs comparables entre les différents pays.

Cette initiative intervient après un communiqué publié par l’OTIC le 12 mai 2026, dans lequel l’organisation dénonçait déjà les abus des sociétés intermédiaires privées chargées du traitement des demandes de visa. L’OTIC y évoquait notamment des frais excessifs, une faible qualité de service et l’absence de concurrence effective, qualifiant la situation de « monopole déguisé » aux tarifs déraisonnables.

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Hajer Chekir : « La mobilité électrique est à la croisée de l’enjeu climatique, économique et de la modernisation du réseau »

28. Mai 2026 um 12:00

Le véhicule électrique ne se limite plus à une mobilité décarbonée : il devient progressivement un maillon du système énergétique. C’est le constat présenté par Hajer Chekir, directrice commerciale de BYD Tunisie, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, dans le cadre du panel intitulé « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Pour la responsable de BYD, premier constructeur mondial de véhicules électriques devant Tesla, la mobilité électrique dépasse largement le simple remplacement de la voiture thermique. Elle représente une nouvelle approche de l’énergie. Un véhicule électrique permet de réduire les émissions de CO₂ de 2 à 3 tonnes par an par rapport à un modèle thermique équivalent, tout en diminuant les subventions publiques et la dépendance aux énergies fossiles, dans un contexte marqué par la hausse des prix du pétrole.

Hajer Chekir rappelle surtout qu’un véhicule électrique est avant tout une batterie mobile. Avec le développement massif des énergies renouvelables intermittentes, comme le solaire et l’éolien, la Tunisie aura besoin de capacités de stockage importantes. Les véhicules électriques peuvent ainsi stocker l’électricité lorsqu’elle est abondante puis la restituer au réseau afin d’équilibrer la demande lors des périodes de pointe. Cette technologie n’a plus rien de théorique : des projets pilotes sont déjà en cours en Australie et les expérimentations se multiplient à travers le monde.

Lire aussi : 27e Forum de L’Économiste maghrébin : Le «Dialogue Tunisie-UE n’est jamais clos»

Selon elle, la mobilité électrique répond à trois défis majeurs. Le premier est climatique, avec la décarbonation des transports. Le deuxième est économique, grâce à la réduction de la dépendance aux hydrocarbures importés. Le troisième concerne la modernisation du réseau électrique tunisien. Le véhicule électrique ne servira plus uniquement à se déplacer, il deviendra aussi un outil actif au service du système énergétique.

La fiabilité des véhicules électriques n’est plus ç démontrer

Interrogée sur les difficultés liées à la réglementation et à la tarification, la directrice commerciale a estimé que la technologie ne constituait plus un frein. Les véhicules électriques ont désormais démontré leur fiabilité, leurs performances et leur rentabilité à l’usage. Les principaux défis concernent désormais la sensibilisation et l’accompagnement des consommateurs. Les clients doivent disposer d’informations claires sur les garanties des batteries, BYD propose des garanties dépassant 2 millions de kilomètres, sur l’autonomie et sur le coût total d’utilisation. Il s’agit de démontrer qu’il s’agit d’une solution fiable, simple, ეკონომique, écologique et de plus en plus accessible.

Lire également : Hajer Chekir: « La Tunisie pourrait devenir une vitrine internationale de la transition verte »

Le deuxième défi porte sur l’infrastructure de recharge. Les utilisateurs doivent pouvoir recharger leur véhicule à domicile, ce qui représente 80 % des usages, mais aussi sur les lieux de travail, les grands axes routiers, les centres commerciaux et dans les cafés. Avec la recharge rapide, certains véhicules peuvent désormais récupérer leur autonomie en cinq minutes, soit plus rapidement qu’un plein d’essence classique. La technologie ne constitue donc plus un obstacle.

Le troisième défi, sur lequel Hajer Chekir a salué les avancées de l’État tunisien, concerne le cadre réglementaire. Des incitations fiscales importantes ont déjà été instaurées : exonération des droits de douane et des droits de consommation, TVA réduite à 7 %, identique à celle des véhicules hybrides rechargeables, ainsi qu’exonération de la carte grise.

Ces mesures commencent à produire des résultats concrets. La Tunisie comptait 200 véhicules 100 % électriques en 2024, puis 500 en 2025. Le parc dépasse désormais 750 véhicules électriques. Les parts de marché des véhicules électrifiés ont franchi les 15 % durant les quatre premiers mois de 2026, contre seulement 5 % sur l’ensemble de l’année précédente.

En conclusion, Hajer Chekir appellera à une mobilisation collective pour réussir la transition énergétique. État, banques, constructeurs et entreprises énergétiques doivent agir conjointement afin d’accompagner l’essor de la mobilité électrique. Selon elle, celle-ci entre désormais dans une phase d’adoption de masse : ce n’est plus une perspective lointaine, mais une réalité déjà engagée, porteuse d’un modèle à la fois écologique et économiquement soutenable pour la Tunisie.

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Foire internationale de Sfax | Place de choix pour l’artisanat  

28. Mai 2026 um 12:01

Le Palais des Expositions de Sfax se prépare à accueillir la 60e édition de la Foire internationale de Sfax, du 9 au 23 juin 2026, sous le thème, pour le moins curieux, de «l’Émerveillement».

Selon Issam Ben Abdallah, directeur commercial et responsable des relations extérieures de l’Association des foires et conférences internationales de Sfax, le comité d’organisation s’emploie à créer une esthétique unique, notamment en embellissant les espaces extérieurs et en proposant un nouveau concept d’exposition dans le but d’enrichir l’expérience des visiteurs et des exposants. Espérons que ces derniers seront agréablement surpris, voire «émerveillés», comme promis par les organisateurs !   

M. Ben Abdallah explique qu’en coordination avec les délégations régionales de l’artisanat, des espaces dédiés ont été prévus pour les artisans spécialisés des différents gouvernorats, a expliqué M. Ben Abdallah, ajoutant que la foire s’attend également à une forte participation des principales entreprises tunisiennes de céramique, et prévoit un pavillon entièrement consacré à la poterie.

Outre son aspect commercial, l’exposition accorde un grand intérêt pour le divertissement, en consacrant plus de 4 000 mètres carrés d’espace extérieur à la création d’un parcours de jeux complet destiné à tous les groupes d’âge, des enfants et des jeunes aux personnes âgées, faisant de l’exposition une destination familiale de premier plan, a encore indiqué le directeur commercial de la Foire international de Sfax dans une déclaration faite à Diwan FM.

I. B.

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Le Maroc, 1er pôle industriel en Afrique  

28. Mai 2026 um 10:00

Selon l’Indice d’industrialisation de l’Afrique 2025, publié par la Banque africaine de développement, le Maroc est désormais le premier pôle industriel du continent, suivi par l’Afrique du Sud, l’Égypte et la Tunisie.

Cette position s’est consolidée grâce à la croissance du secteur des exportations, à l’intégration des infrastructures logistiques et à la diversification progressive des capacités de production.

Le rapport de la BAD souligne que le Maroc figure parmi les rares économies africaines à avoir su conjuguer avec succès politique industrielle, logistique portuaire, intégration commerciale et attractivité internationale. Cette convergence permet au pays de s’imposer comme l’un des principaux pôles manufacturiers africains dans les secteurs de l’automobile, de l’aérospatiale, des phosphates transformés et dans de nombreux autres secteurs industriels liés aux marchés européens.

L’industrie automobile est le principal moteur de cette croissance industrielle, notamment grâce aux pôles de Tanger et de Kénitra.

Par ailleurs, le port de Tanger-Med permet au Maroc de connecter rapidement ses pôles industriels aux marchés européens, africains et méditerranéens, réduisant ainsi les délais de transport et renforçant l’attractivité des sites industriels marocains.

Le rapport met également en lumière la croissance continue de l’industrie aérospatiale marocaine, devenue l’un des secteurs les plus avancés du continent. Casablanca, Nouaceur et de nombreux pôles industriels spécialisés accueillent des activités liées au câblage, à l’assemblage de composants, à la maintenance et aux systèmes aérospatiaux de précision.

La BAD estime que cette trajectoire distingue le Maroc des autres économies africaines, qui restent fortement dépendantes des exportations de matières premières.

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Le nouveau Parti populaire des Cafards secoue l’Inde

28. Mai 2026 um 08:46

Dans un article intitulé «Les demandes explosives du nouveau Parti populaire des Cafards secouent l’Inde», publié le 22 mai 2026, Eurasia Review raconte la naissance virale du Cockroach Janta Party (CJP), littéralement Parti populaire des cafards, un mouvement de jeunes chômeurs indiens qui, en cinq jours, a fédéré quinze millions de personnes sur Instagram après qu’un juge de la Cour suprême a comparé les diplômés sans emploi à des cafards.

Ce mouvement, qui défie l’establishment indien, revendique la fin des privilèges judiciaires, le vote sécurisé, des quotas féminins, des médias libres, et l’interdiction des défections politiques.

Ce qui aurait pu rester une tempête médiatique éphémère est devenu un révélateur : la «voix des paresseux et des chômeurs» est en réalité celle d’une génération qui a étudié, respecté les règles et vu le système les trahir. Avec plus de 70 % de ses membres âgés de 19 à 25 ans, le CJP est moins une blague qu’un verdict social.

Cette colère ne surgit pas du vide. Elle prolonge, en les incarnant, les trois dimensions d’une crise latente. La première était sociale et énergétique : la flambée du gaz de cuisson chassant les ouvriers pauvres des usines. La deuxième, agricole et climatique : El Niño et la pénurie d’engrais menaçant les récoltes et les prix alimentaires. La troisième, technologique et matérielle : l’automatisation par l’IA et la dépendance aux composants chinois fragilisant l’emploi qualifié et l’appareil productif.

Ces fractures se rejoignent dans le quotidien des 20‑24 ans, dont le taux de chômage a oscillé autour de 44‑45 % en 2025.

La croissance indienne, célébrée pour son PIB à 6,8 %, n’a pas créé d’emplois pour eux. L’éducation, censée être l’ascenseur social, ne protège plus : 6,5 % des diplômés du secondaire et du supérieur sont sans travail, et les femmes diplômées frôlent les 40‑44 % de chômage dans certains États. La corruption des examens (scandale NEET) ajoute l’insulte à la blessure : les places promises par le mérite sont volées avant même l’épreuve. Abhijeet Dipke, le fondateur du CJP installé à Boston, incarne la fuite des cerveaux que ces chiffres résument.

Ce mouvement relie cette révolte à l’état de la démocratie indienne : un pays classé 157e sur 180 pour la liberté de la presse, où les médias préfèrent commenter les projections de PIB que donner la parole aux familles qui vendent leurs terres pour payer des cours préparatoires. Le mouvement Cafard ne comble pas seulement un vide politique ; il rend audible ce qu’une partie de l’écosystème médiatique et institutionnel s’efforce d’étouffer.

L’émergence du CJP signale que la gestion à vue ne suffit plus : les crises se muent en une contestation structurée, portée par une génération qui a appris à survivre à tout — comme le cafard qu’on leur a jeté au visage. Les quinze millions d’abonnés Instagram ne sont peut-être pas une révolution. Mais ils sont la preuve que la société indienne, minée par les inégalités et le manque d’opportunités, a désormais trouvé un nom, un emblème et un volume qui ne peut plus être ignoré.

Si nous évoquons ici ce sujet c’est parce que la ressemblance entre la situation générale en Inde ressemble à plusieurs égards à celle qui prévaut en Tunisie, et notamment en ce qui concerne les horizons bouchés devant les jeunes qui n’ont qu’une seule idée en tête : partir le plus loin possible d’un pays où ils se sentent négligés et où même le rêve n’est plus permis.

I. B.      

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Afef Jaafar: « La transition énergétique n’est plus un choix, c’est un impératif de résilience nationale »

28. Mai 2026 um 06:00

La Tunisie n’a plus le temps d’attendre. C’est en substance le message de Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle s’exprimait, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste maghrébin dans le cadre du panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ». Elle a dressé un état des lieux exhaustif et alarmant de la situation énergétique nationale.

Face à une forte dépendance aux hydrocarbures, à un déficit énergétique persistant, à des subventions devenues difficilement soutenables et à un environnement géopolitique instable, elle a présenté la stratégie nationale engagée par le ministère de l’Industrie tout en appelant à accélérer les réformes et les investissements afin de renforcer la souveraineté et la résilience énergétiques du pays.

La responsable a, dans ce cadre, souligné l’ampleur des défis auxquels la Tunisie est confrontée. Le mix électrique national dépend du gaz naturel à hauteur de 93 %, dont plus de la moitié est importée, tandis qu’un peu plus de 20 % seulement est produite localement. Les subventions énergétiques ont dépassé 7 000 milliards de dinars en 2025, soit environ 12 % du budget de l’État.

Lire aussi : Subventions énergétiques : la bombe à retardement que la guerre a réarmée

À cette pression budgétaire s’ajoute un contexte international défavorable. Alors que les hypothèses retenues par les institutions financières internationales reposaient sur un baril à 63 dollars, les prix du pétrole repartent à la hausse. Or, chaque dollar supplémentaire par baril représente près de 160 millions de dollars additionnels en subventions et charges de compensation.

Afef Jaafar a également rappelé les exigences environnementales et climatiques croissantes auxquelles la Tunisie doit répondre sur la scène internationale, un point également évoqué par le modérateur du panel, Serge Degallaix.

Face à cette situation, elle a insisté sur l’urgence de la transition énergétique et climatique : « Il est impératif aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un choix, de passer vers la transition énergétique et climatique ». Dans cette perspective, le ministère a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers principaux.

Lire également : Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

Le premier concerne la maîtrise de la demande énergétique afin d’éviter que la consommation n’augmente mécaniquement au même rythme que la croissance économique. L’objectif est d’améliorer significativement l’intensité énergétique. Le deuxième pilier porte sur le déploiement massif des énergies renouvelables, avec une cible de 35 % dans le mix électrique à l’horizon 2030 et de 50 % à l’horizon 2050. Le troisième vise à accompagner ces efforts par l’électrification des usages afin d’avancer vers la décarbonation et la neutralité carbone.

Quid du cadre réglementaire ?

Afef Jaafar a ensuite présenté le cadre juridique et réglementaire en vigueur. Elle a rappelé qu’une loi adoptée en 2015 encadre la production d’électricité renouvelable à travers trois régimes : l’autoproduction, les appels d’offres et les concessions.

Concernant l’autoproduction, plusieurs programmes d’efficacité énergétique ont déjà permis de stabiliser la demande. En basse tension, la puissance installée atteint 455 MW, principalement grâce au programme destiné aux ménages du secteur résidentiel. En moyenne tension, les capacités avoisinent 110 MW, portant le total de l’autoproduction à plus de 550 MW.

S’agissant des appels à projets, plusieurs initiatives ont permis d’installer environ 52 MW à ce jour. Ces projets restent toutefois de taille modeste, avec des capacités inférieures à 10 MW pour le photovoltaïque et à 30 MW pour l’éolien.

Le régime de concession concerne, quant à lui, les grands projets dépassant ces seuils. Sur ce segment, la Tunisie dispose actuellement de 200 MW installés. Un premier projet de 100 MW à Métlaoui est entré en service en décembre 2025. Deux autres projets de 50 MW chacun ont suivi en janvier puis en mars 2026, portant les capacités totales à 200 MW dans le cadre des concessions.

Par ailleurs, 200 MW supplémentaires dans le photovoltaïque ont déjà été attribués et attendent encore l’approbation du Parlement. Un projet éolien d’environ 77 MW se trouve dans la même situation.

La conseillère a souligné les efforts engagés par l’État, tant dans la maîtrise de la consommation énergétique que dans le développement des renouvelables, tout en estimant que le rythme actuel reste insuffisant. « Il va falloir que ça s’accélère », a-t-elle averti, au regard des contraintes structurelles du pays et des chocs liés au contexte géopolitique régional et international.

L’enjeu, a-t-elle insisté, est de renforcer durablement la résilience de la Tunisie et de réduire sa vulnérabilité énergétique. En conclusion, Afef Jaafar a rappelé que la transition énergétique constitue désormais un impératif stratégique pour la souveraineté nationale et nécessite une mobilisation conjointe de l’État, du secteur privé, des banques et des partenaires internationaux.

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Echange de voeux entre Kaïs Saïed et Abdelfettah Sissi à l’occasion de l’Aïd el‑Idha

Cet après‑midi, mercredi 27 mai, le président de la République  Kaïs Saïed a eu un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Abdelfattah Sissi ; les deux chefs d’État se sont adressé des vœux à l’occasion de l’Aïd el‑Idha.

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Kaïs Saïed et Abdelmadjid Tebboune s’entretiennent à l’occasion de l’Aïd el‑Idha

Cet après‑midi, mercredi 27 mai, le président de la République  Kaïs Saïed a eu un entretien téléphonique avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune ; les deux chefs d’État se sont adressé des vœux à l’occasion de l’Aïd el Idha. Telle est l’annonce du communiqué de la présidence de la République.

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RNE lance le « coffre-fort électronique » pour les entreprises

À partir du 1er septembre 2026, le Registre national des entreprises (RNE) met à la disposition de toutes les entreprises immatriculées au registre un service de compte dédié à l’entreprise sous l’appellation «coffre-fort électronique». Ce service donnera la possibilité au représentant légal de consulter gratuitement, de manière sécurisée et à tout moment, l’ensemble des contrats et documents déposés par l’entreprise.

Le coffre électronique de l’entreprise est perçu comme étant un compte numérique unique et sécurisé, ouvert automatiquement pour chaque entreprise inscrite au Registre national des entreprises sur la base de l’identifiant unique de l’entreprise (la patente). La plateforme permet notamment un accès permanent et gratuit (24h/24 et 7j/7), avec la possibilité d’accéder instantanément et continuellement à toutes les données et dossiers de l’entreprise, en plus de l’extraction de copies numériques à tout moment.

Elle permet également le dépôt et la mise à jour numériques ainsi que l’accomplissement de toutes les opérations administratives à distance, dont  la mise à jour des données, le dépôt des contrats et le dépôt des procès-verbaux de réunions, via le mécanisme de l’identité numérique. D’après le RNE, la plateforme est actuellement accessible pour une activation facultative, avant de devenir officiellement obligatoire à partir du 1er septembre 2026.

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En Afrique du Nord, la croissance ralentira à 4% en 2026 (Rapport)

La croissance en Afrique du Nord, estimée à 4,4 % en 2025, devrait ralentir à 4 % en 2026, selon le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2026 » (PEA 2026), présenté mardi 26 mai à Brazzaville au Congo, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (du 25 au 29 mai 2026).

Le PEA, rapport annuel phare du Groupe de la BAD, souligne que la croissance devrait s’établir à 4,2 % en 2027, sous réserve d’un apaisement des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz devraient affecter les exportations de la région vers le Moyen-Orient, augmenter le coût des intrants pour les engrais et faire grimper les coûts de l’énergie pour les importateurs nets de produits pétroliers tels que l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, selon les explications du PEA.

Et d’ajouter que le secteur touristique de la sous-région pourrait également subir l’impact négatif de la guerre au Moyen-Orient en raison de la baisse des arrivées de touristes en provenance des pays du Golfe.

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Appareil secret d’Ennahdha | Les plaidoyers fixés au 26 mai   

27. Mai 2026 um 12:50

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis a achevé, mardi 26 mai 2026, l’interrogatoire de l’ensemble des accusés dans l’affaire dite de l’appareil secret du mouvement Ennahdha, le parti islamiste qui avait été directement associé au pouvoir entre 2011 et 2021.

Parmi les personnes entendues figurent d’anciens responsables sécuritaires ainsi que le membre du mouvement Abdelaziz Daghsni. En revanche, le président du mouvement et ancien président de l’Assemblée Rached Ghannouchi et l’ancien cadre sécuritaire Fathi Beldi ont refusé de comparaître, rapporte Mosaïque FM.

Le tribunal a fixé au vendredi 29 mai la prochaine audience consacrée aux plaidoiries des avocats.

L’affaire concerne 35 accusés, dont 5 placés en détention provisoire et 7 autres détenus dans le cadre d’autres affaires, notamment l’ancien chef du gouvernement Ali Laârayedh et Fathi Beldi, son conseiller lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.

Tout ce beau monde est poursuivi dans le cadre des investigations ouvertes après une plainte déposée par le comité de défense des dirigeants de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinés respectivement le 6 février et le 25 juillet 2012 par des éléments issus de la mouvance islamiste.

I. B.

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Industrie en Afrique : la Tunisie dans le top 5 manufacturier

La Tunisie a figuré dans le top cinq des principaux pays africains manufacturiers en occupant le quatrième rang de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IAA), dans sa deuxième édition publiée, lundi, par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) à l’occasion de ses Assemblées annuelles qui se tiennent du 25 au 29 mai 2026, à Brazzaville, en République du Congo.

Selon ce rapport, le Maroc occupe le premier rang, tandis que l’Egypte occupe la troisième place, suivi de la Tunisie et de l’île de Maurice successivement aux quatrième et cinquième places.

L’Afrique du Sud est le seul pays subsaharien à rivaliser avec les pays d’Afrique du Nord, en occupant la deuxième place, a fait ressortir le même rapport.

L’IIA 2025 a fait ressortir que quelque 41 des 54 pays africains ont amélioré leurs scores en matière d’industrialisation et que 26 des 54 pays se situent au-dessus de la moyenne calculée pour l’ensemble du continent. La plupart des pays de la région du Nord de l’Afrique figurent parmi les pays les mieux classés (avec un score supérieur à la moyenne africaine), à l’exception de la Libye et de la Mauritanie.

En effet, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est accusent encore un retard par rapport à l’Afrique du Nord et à l’Afrique australe, où se trouvent les principaux pôles industriels du continent, à savoir l’Afrique du Sud, l’Égypte et les pays du Maghreb.

D’après le rapport, l’industrialisation reste la voie la plus prometteuse pour permettre à l’Afrique de mener à bien sa transformation structurelle, de créer des emplois productifs à grande échelle, de diversifier ses exportations, de renforcer sa résilience économique et d’assurer sa prospérité à long terme.

Et d’ajouter que dans un environnement économique mondial en rapide évolution, marqué par un réalignement géopolitique, des bouleversements technologiques, une transition climatique ainsi qu’une restructuration des chaînes d’approvisionnement, l’urgence pour l’Afrique de s’industrialiser n’a jamais été aussi grande.

Malgré l’intérêt croissant des décideurs politiques et le regain d’intérêt pour la politique industrielle à l’échelle du continent, la transformation industrielle de l’Afrique reste incomplète, a fait remarquer la même source.

Bien que la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière ait augmenté régulièrement en termes absolus, passant de 285 milliards de dollars en 2020 à 351 milliards de dollars en 2025, le continent continue de représenter moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés.

La valeur ajoutée de l’industrie manufacturière par habitant de l’Afrique reste inférieure aux niveaux d’avant 2014, ce qui montre que la croissance industrielle ne s’est pas encore traduite par une transformation structurelle généralisé, selon le rapport.

Le défi de l’industrialisation de l’Afrique ne réside plus dans la conception de stratégies, mais dans leur mise en œuvre efficace à plus grande échelle. Le continent recèle des fondements démographiques, géographiques et institutionnels ainsi que des ressources nécessaires à l’industrialisation.

Toutefois, la réalisation de son potentiel dépendra d’une meilleure coordination des politiques, des institutions plus efficaces, d’une coopération régionale plus étroite et des investissements soutenus à long terme.

Le rapport a recommandé de favoriser la transition d’initiatives de production isolées à des écosystèmes industriels intégrés, ancrés dans des chaînes de valeur régionales, des plateformes industrielles stratégiques, des infrastructures de production et une compétitivité fondée sur l’innovation afin de parvenir à l’industrialisation en Afrique.

Cette transition exige une coordination plus forte des politiques, une intégration régionale plus poussée, une participation accrue du secteur privé et des investissements nettement plus importants dans les secteurs productifs, selon la même source.

Publié pour la première fois en novembre 2022, l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA) vise à suivre les tendances de l’industrialisation à travers l’Afrique.

Cette deuxième édition de l’Indice 2025 de l’IIA fournit une évaluation exhaustive du développement industriel dans les 54 pays africains sur la période 2010-2024.

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