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La Tunisie est-elle prête à renégocier l’accord d’association avec Bruxelles ?

24. Oktober 2026 um 09:48

Dans ses relations avec la Tunisie, l’Union européenne (UE) a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même, a souligné Mohamed Sassi dans son ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire» paru en 2025 aux éditions Nirvana, à Tunis. Mais la Tunisie a-t-elle jamais fait preuve, vraiment de capacité de négociation pour la défense de ses intérêts vitaux ? Aujourd’hui, elle demande la révision des termes des accords passés avec l’UE, mais alors que Bruxelles se dit prêt à moderniser l’Accord d’association avec Tunis, Tunis s’est-il vraiment préparé à s’y engager avec des idées et des programmes clairs ?

Latif Belhedi  

L’UE se dit prête à entamer un dialogue avec la Tunisie en vue de moderniser l’Accord d’association de 1995, afin de l’adapter aux nouveaux défis économiques, technologiques et énergétiques, tout en renforçant les investissements et l’intégration industrielle entre les deux rives de la Méditerranée.

C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de l’UE à Tunis, Giuseppe Perrone, lors d’une intervention aujourd’hui sur les ondes d’Express FM, tout en soulignant que, trente ans après la signature de cet accord, il est devenu nécessaire de mettre à jour un cadre initialement conçu principalement pour les échanges commerciaux, en l’étendant à des domaines tels que l’intelligence artificielle, les services numériques, la transition énergétique et les nouvelles chaînes de valeur.

Mettre à jour le cadre du partenariat

Bruxelles a déjà noué des contacts préliminaires avec les autorités tunisiennes et confirme sa volonté d’engager des discussions, mais aucun calendrier de négociation ni aucune proposition formelle de révision n’ont encore été annoncés.

La position européenne s’inscrit dans le débat initié par les autorités tunisiennes, qui réclament un rééquilibrage de l’accord. Elles souhaitent favoriser un meilleur accès des produits agricoles au marché européen, attirer des investissements à haute valeur ajoutée et permettre une participation accrue des entreprises locales aux chaînes de production internationales.

En mai dernier, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, avait réaffirmé la nécessité d’un partenariat plus équitable, respectueux des priorités économiques nationales.

Perrone a rappelé que l’UE demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie. En 2025, les exportations tunisiennes vers les pays européens ont atteint environ 44 milliards de dinars, contre 37 milliards d’importations, soit un excédent commercial d’environ 7 milliards de dinars (équivalent à 2,1 milliards d’euros). On dénombre quelque 3 400 entreprises européennes présentes dans le pays, lesquelles assurent plus de 400 000 emplois directs.

Cap sur les énergies renouvelables

L’énergie figure parmi les priorités du partenariat, avec un soutien européen au développement des énergies renouvelables, à la modernisation de la Société nationale d’électricité (Steg) et au projet Elmed, une interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie.

Cette infrastructure, développée par Terna et la Steg, prévoit une liaison bidirectionnelle d’environ 220 kilomètres, dotée d’une capacité de 600 mégawatts. En juin dernier, un contrat d’environ 770 millions d’euros a été attribué à Hitachi Energy pour la réalisation des stations de conversion en Sicile et sur la péninsule tunisienne du cap Bon. Selon Perrone, ce projet permettra de renforcer la sécurité des approvisionnements et l’intégration des marchés électriques euro-méditerranéens, tout en facilitant le recours aux énergies renouvelables. Le diplomate a fait état d’avancées significatives dans la préparation financière et technique, laissant entrevoir un début des travaux, sans toutefois en préciser la date.

En matière d’investissements, Bruxelles vise à renforcer la coopération dans les secteurs de l’automobile, du textile, de l’agroalimentaire, du numérique et des technologies environnementales. Perrone a toutefois souligné la nécessité d’une plus grande prévisibilité réglementaire et d’une amélioration du climat des affaires en Tunisie.

L’ambassadeur a par ailleurs rappelé l’existence d’un soutien budgétaire européen de 80 millions d’euros, destiné aux mesures sociales en faveur des familles vulnérables, et a annoncé la préparation d’un forum euro-méditerranéen sur l’investissement et le développement durable, prévu au printemps 2027 dans le cadre du nouveau Pacte pour la Méditerranée. L’objectif affiché par Bruxelles est de transformer le partenariat avec Tunis en un levier d’intégration économique et industrielle accrue, dépassant ainsi une coopération fondée essentiellement sur les échanges commerciaux.

Bref, l’UE sait ce qu’elle peut tirer de sa coopération avec la Tunisie. Elle sait aussi ce qu’elle peut y apporter et semble prête à un nouveau round de négociation. On attend de la Tunisie qu’elle montre le même degré de préparation et la même capacité de proposition avant le démarrage des négociations, et n’y vienne pas seulement, comme souvent, avec de grandes idées et des récriminations.

A bon entendeur…

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Nova Green Volt (PGH) au Forum régional de l’investissement de Médenine

23. Oktober 2026 um 14:43

Après avoir réalisé plusieurs installations photovoltaïques au sein de ses unités industrielles en Tunisie, PGH a lancé sa nouvelle filiale Nova Green Volt, qui a pour objectif de faire bénéficier les industriels tunisiens de son expertise dans la réduction des factures énergétiques, tout en les accompagnant dans leur démarche environnementale.

Grâce à son expertise d’installation, de gestion et de maintenance des installations photovoltaïques, Nova Green Volt propose des solutions et un équipement de pointe ayant déjà fait ses preuves sur le terrain.

Et dans le cadre de sa stratégie de développement national et régional, Nova Green Volt participera à la troisième édition du Forum régional de l’investissement qui sera organisé par le gouvernorat de Médenine les 27 et 28 octobre 2026.

À cette occasion, Nova Green Volt confirmera son statut d’opérateur majeur dans son secteur – en étant en mesure de répondre à tous les besoins spécifiques – et fournira ses conseils et son expertise nécessaires pour optimiser le mix énergétique en fonction de la maîtrise de la consommation énergétique en réduisant les émissions CO2, contribuant ainsi à la transition vers les énergies renouvelables en Tunisie.

Avec communiqué.

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Géopolitique énergétique : Nidhal Ouerfelli alerte sur un choc d’offre historique en 2026   

22. Oktober 2026 um 10:17

À l’occasion de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée à la géopolitique énergétique, Nidhal Ouerfelli, ancien ministre et expert en transition énergétique au CEA, a dressé un tableau alarmant du paysage énergétique mondial. Il a notamment souligné la vulnérabilité des approvisionnements liée à leur concentration autour du détroit d’Ormuz.

L’expert n’a pas manqué de souligner que l’année 2026 est marquée par le plus grand choc d’offre de l’histoire énergétique. Pour en expliquer l’ampleur, il a rappelé qu’un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d’Ormuz. Ensuite, il a mis en avant la concentration des capacités de réserve de l’OPEP en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït, soulignant ainsi le poids stratégique de cette région dans l’équilibre énergétique mondial.

Alors quid de l’ énergie dans le bassin méditerranéen à l’horizon 2050 ?

Pour Nidhal Ouerfelli, l’objectif à l’horizon 2050 consiste à tripler la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la Méditerranée, avec une progression un peu plus marquée sur la rive sud que sur la rive nord. Et concernant la rive sud, le gaz reste présent dans le mix énergétique. Le stockage devrait jouer un rôle essentiel, car on ne peut pas s’appuyer sur une production électrique intermittente et variable sans disposer de capacités de gaz, de stockage et de pilotabilité en secours. Il faudrait donc une capacité de stockage d’électricité d’environ 10 %. Tout cela nécessite à l’échelle de la Méditerranée, estime-t-il, des investissements très importants. La mise en place de ce scénario (horizon 2050) requiert, selon le scénario plus bas, 3 700 milliards d’euros, tandis que les scénarios de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie évoquent jusqu’à 6 800 milliards d’euros d’investissements nécessaires pour atteindre cet objectif. C’est également un défi majeur.
D’ où la question : qu’est-ce qui nous conduit à cette transition énergétique, ou plutôt à cette nécessité de transition ? “Elle nous renvoie à une autre difficulté. L’objectif initial était de sortir du pétrole et du gaz, notamment pour éviter les conflits et les tensions géopolitiques liés à ces énergies. Or, on se retrouve aujourd’hui dans une configuration différente.
Ce schéma de l’AIE, publié en septembre dernier, montre les besoins énergétiques liés au transport et à la production. J’en ai retenu deux exemples. Pour répondre à cet objectif, la construction d’un véhicule électrique nécessite aujourd’hui, en moyenne, environ dix fois plus de ressources critiques et de métaux rares ou nouveaux matériaux ».
Il poursuit l’explication: « De même, en ce qui concerne les besoins en matières premières, exprimés en kilogrammes par mégawatt de capacité : pour une centrale à gaz, on se situe autour d’une centaine de kilos ; pour le pétrole et le nucléaire, un peu plus. Tandis que pour construire un parc éolien, il faut environ 5 000 kilos, soit 5 tonnes par mégawatt. Pour l’éolien, les besoins en matières premières sont donc environ quatre à six fois supérieurs, notamment en lithium, en manganèse, en cuivre, en cobalt et autres métaux”.
Cette réflexion sur la transition énergétique, avec la sortie progressive du pétrole, du charbon et du gaz au profit des énergies renouvelables et bas carbone, fait apparaître un autre constat : les ressources existent à l’échelle mondiale, mais les capacités de raffinage de ces minerais et matériaux critiques se concentrent essentiellement dans un seul pays, la Chine. Et d’ajouter : “Nous passons donc d’une dépendance géopolitique liée à la production et au transport des énergies fossiles à une nouvelle forme de dépendance, celle liée cette fois aux capacités de raffinage des matériaux indispensables à la production d’énergie et d’électricité. Il y a ainsi une nouvelle centralisation, de nature différente, autour d’un pays qui domine aujourd’hui le raffinage de ces matériaux critiques”.

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