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Le Coran n’a pas totalement interdit la viande de porc

31. Mai 2026 um 11:15

Le Coran n’est pas aussi intransigeant sur la consommation de viande porcine, estime l’islamologue algérienne Razika Adnani dans une tribune publiée le 28 mai 2026 sur son blog personnel.

«Le Coran, le livre fondateur de l’islam, cité dans toutes les écoles juridiques islamiques comme première source de législation, n’est pas aussi intransigeant sur la question de la consommation de la viande de porc», affirme l’islamologue connue pour ses lectures à contre-courant du dogmatisme dominant la pensée religieuse dans les pays islamiques. Elle ajoute : «Les quatre versets qui l’évoquent explicitement affirment qu’elle est illicite, mais tous précisent qu’elle est autorisée en cas de nécessité. Ils ont la même position concernant la viande de l’animal qui n’est pas immolé au nom de Dieu, c’est-à-dire qui n’est pas halal en rappelant que Dieu est clément et miséricordieux avec ceux qui sont obligés d’en consommer.»

Les exégètes qui affirment que le Coran est intransigeant sur l’interdiction de consommation de viande porcine par les musulmans doivent donc relire le texte coranique. Idem pour ceux qui, pendant la pandémie du Covid-19, bien que leur vie fût en danger, se sont interrogés au sujet des vaccins pour savoir s’ils ne comportaient pas de la gélatine de porc. Ainsi que les musulmans qui vivent en Occident et chez qui la question du halal se pose d’une manière persistante. «Beaucoup sont hantés par la peur de consommer ce qui n’est pas autorisé par l’islam. Pour la grande majorité le fait de dire qu’un musulman ou une musulmane peut consommer la viande porcine est en lui-même un blasphème», fait remarquer Razika Adnani, en citant le verset 185 de la sourate 2, La Vache, qui rappelle aux musulmans que Dieu leur veut la facilité et non la difficulté. 

L’islamologue cite, également, dans ce contexte, le verset 5 de la sourate 5, La Table Servie, qui «permet aux musulmans de manger la nourriture des gens du Livre qui sont les juifs et les chrétiens et le porc fait partie de la nourriture de ces derniers.» 

Si le Coran n’a pas interdit totalement la consommation de la viande porcine c’est parce qu’il est difficile d’interdire aux gens de manger une bête qui n’a pas été tuée dans les règles de la religion ou le porc «quand trouver quoi manger était pour beaucoup en lui-même un problème.»

I. B.

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Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme

29. Mai 2026 um 09:23

Le Conseil de paix, la «machine à sous» de Donald Trump, est en hibernation par ces grandes chaleurs. La ferveur pacificatrice du «Père fondateur» est tombée aussi vite que son malin désir de laisser une trace dans l’Histoire. Son attachement à la paix s’est évaporé. Il est allé guerroyer loin de son pays natal, accompagné de son fidèle serviteur et son conseiller en stratégie militaire, Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien souffle le vent et la «Furie épique» en direction de son maître. Un tandem qui rappelle un autre, de si triste mémoire, Hitler et Mussolini.

Mohsen Redissi *

Le Conseil de paix est un subterfuge avec un vice caché. Le cynisme du président Trump n’a pas d’égal. L’année dernière, il a raté le Nobel de la Paix ; cette fois-ci, il va user de tout son poids pour la prochaine édition. Le Conseil de sécurité des Nations unies lui a décerné un blanc-seing, pourquoi pas une poignée d’académiciens ? Ses sbires vont lui orchestrer une campagnedigne de son rang et de son désir ardent de toucher le gros lot.

Vendredi, samedi ou dimanche

Ce ne sont ni les Journées du patrimoine, ni un long week-end, mais des journées d’ascension vers l’au-delà, spécialement choisies par le président américain, ci-devant président du Conseil de paix, qui promettait il y a peu de rayer l’Iran de la carte et d’en finir avec une civilisation vieille de 5000 ans. Ce n’est pas une diversion, son hésitation est le signe du doute sur les capacités militaires américaines à faire plier l’Iran et le pousser à accepter la Pax Americana.

L’Iran a choisi sa ligne de défense : la riposte du coup par coup sur le champ de bataille et par le verbe sur le tapis vert des pourparlers. La République islamique, qui respire toujours, malgré le déluge de feu qu’elle a essuyé ces derniers mois, reste ferme sur son programme nucléaire. Trump prend le monde entier en témoin pour nous faire croire qu’il offre aux Iraniens une échappatoire. Un temps pour la réflexion et un temps pour la reddition. 

Irrespectueux des trois religions monothéistes, mais conscient des exigences confessionnelles, le président américain propose une guerre à choix multiples : vendredi ou samedi ou dimanche. Les musulmans doivent cocher la case du vendredi. Par Allah, le ciel va leur tomber sur la tête, malédiction que Abraracourcix, le chef Gaulois, craignait le plus. Jour du seigneur, jour de prières et de piété chez les Mahométans. Prier dans le silence sans crier Allah Akbar, pour ne pas être pris pour un terroriste. 

Dans sa grande bonté, le président américain a laissé aux Iraniens deux autres cases à cocher, samedi et dimanche, libres à eux de choisir le jour pour se faire livrer par la voie des airs comme par mer et par terre toute sorte d’objets brûlants : bombes, missiles, explosifs… Ils ont l’embarras du choix.

Souviens-toi du jour du shabbat 

Mêmes minoritaires, entre dix mille et quinze mille individus, les Juifs iraniens font de la résistance. Ils ont préféré rester chez eux en Iran plutôt que d’émigrer vers les Etats-Unis ou Israël comme bon nombre de leurs congénères.

Dans un pays réputé pour son aversion pour Israël, les Juifs iraniens, yahudi, observent leurs traditions, possèdent leurs synagogues, leurs cimetières, leurs restaurants casher, et même une bibliothèque juive. Leurs enfants étudient dans des écoles hébraïques.

Les Juifs iraniens ont un siège à l’Assemblée consultative islamique d’Iran. Chose que beaucoup de gens ignorent, parce que l’information est occultée par des médias au service de l’obscurantisme.

Le shabbat est un jour d’abstinence chez les juifs, du vendredi soir jusqu’au samedi soir. Ils prennent ainsi le relais aux musulmans. Jour que probablement choisira Trump pour cracher son déluge de feux et de flammes sur l’Iran et gâcher leur quiétude. La mort ne fait pas dans la dentelle. Trump en a voulu autrement.

Pour qui sonne le glas

Entre huit cent mille à un million d’Iraniens chrétiens vivent encore sur les terres de leurs ancêtres. Minorité religieuse reconnue sur le plan de la constitution. Les chrétiens disposent de 3 sièges au Parlement iranien. Leur nombre ne cesse de croître dans le pays. Dimanche est le jour du Seigneur, mais ils doivent rester vigilants. Les assises des églises risquent de trembler. 

Le peuple iranien, avec toutes ses composantes ethniques, religieuses et linguistiques, ne sera épargné ni le vendredi, ni le samedi, ni le dimanche. A quel saint se vouer se demandent les Iraniens ? Le jour où le grand manitou yankee décide de reprendre les bombardements, c’est le peuple iranien tout entier qui est visé. L’attaque, annoncée d’avance, ne sera ni une attaque surprise, ni une attaque d’envergure. Les Iraniens ont eu assez de temps pour s’y préparer. Elle va perturber la vie des Iraniens indépendamment de leurs convictions religieuses. Quand les bombes explosent, ou quand les missiles touchent leurs cibles, c’est toute la population iranienne qui est agressée, quelle que soit leur confession ou leur jour de piété.

* Fonctionnaire à la retraite.

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Don d’organes en Tunisie | Potentiel énorme, mais besoin de confiance

22. Mai 2026 um 10:42

Le don d’organes sauve des vies, mais en Tunisie, il reste encore insuffisant par rapport aux besoins : à peine 1,5 donneur par million d’habitants. Pourtant, le pays dispose d’un acteur solide, le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO), reconnu en Afrique et dans le monde. Le problème n’est donc pas technique : il est humain, culturel, familial.

Une étude récente menée par le Dr Boutheina Zannad (CNPTO) et les économistes Dr Maleke Fourati (South Mediterranean University) et Dr Christina Sarah Hauser (Collegio Carlo Alberto) vient d’apporter des réponses concrètes. Menée auprès de plus de 1200 étudiants de la South Mediterranean University à Tunis, elle mesure pour la première fois dans le pays l’impact d’une séance d’information animée par des médecins experts sur la décision de s’inscrire comme donneur d’organes.

Le résultat est frappant : une seule session d’une demi-heure suffit à doubler le nombre d’étudiants inscrits comme donneurs, dans un pays où seulement 13 000 adultes sont aujourd’hui donneurs inscrits.
Pourquoi un tel effet ? Parce que les étudiants ressortent avec des réponses claires à des questions fondamentales : Que dit la loi ? Est-ce que l’islam le permet ? Comment fonctionne réellement la transplantation ? La confiance envers les institutions et particulièrement envers le CNPTO, progresse nettement. La crainte du trafic d’organes recule. Ces effets persistent six mois après l’intervention.

L’accord de la famille est souvent nécessaire et décisif  

Mais l’étude révèle aussi un point décisif : sans l’accord de la famille, les jeunes n’osent pas s’inscrire. En 2023, 58 % des familles tunisiennes sollicitées ont refusé le don d’organes de leur proche. Ce chiffre éclaire le résultat le plus surprenant de l’étude : les jeunes hommes répondent beaucoup plus fortement à la formation que les jeunes femmes, non pas parce que ces dernières sont moins convaincues ou moins altruistes (elles le sont davantage, en réalité), mais parce qu’elles semblent davantage contraintes par l’approbation familiale. Le don d’organes reste, en Tunisie comme dans l’ensemble de la région Mena, un acte collectif qui se décide rarement seul.

Cette recherche envoie un message simple mais puissant : Informer change les mentalités. Dialoguer en famille change les décisions.

Derrière chaque don, il y a un acte de courage

L’expérience tunisienne montre que, pour faire progresser le don d’organes, il ne suffit pas de changer la loi ou d’adopter des modèles étrangers. Il faut d’abord gagner la confiance du public et encourager les discussions au sein des foyers. C’est là que tout commence.

Pour la co-auteure Dr Maleke Fourati, ce sujet porte aussi une dimension personnelle : il s’inscrit dans l’héritage de son grand-père, le Professeur Mohamed Fourati, qui a réalisé le 15 janvier 1993 la première opération de transplantation cardiaque en Tunisie. et dans une grande partie du monde arabe. Un rappel que derrière chaque don, il y a un acte de courage — et souvent, une seconde vie offerte.

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