Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 27. Mai 2026Haupt-Feeds

Olfa Chammari: Financer la transition exige une ingénierie de confiance

27. Mai 2026 um 11:08

En abordant les thèmes de la Transition énergétique, mais aussi la  manière d’accélérer le passage vers une économie bas-carbone , la question qui se pose est la suivante : quels sont les enjeux liés à la sécurité énergétique, à la diversification du mix énergétique et à la réduction de l’empreinte carbone. C’est le ton du  troisième panel de la 27e édition du forum de L’Économiste Maghrébin, qui a mis l’accent sur les défis énergétiques et aux perspectives de transition écologique en Tunisie.  Le thème de ce panel : « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone », ce débat a examiné les enjeux liés à la sécurité énergétique, à la diversification du mix énergétique et à la réduction de l’empreinte carbone.

Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC), a abordé la transition climatique sous l’angle du financement. Son message est clair : les besoins sont trop importants pour qu’une seule source de financement puisse suffire. La transformation énergétique, l’adaptation au changement climatique et la modernisation des infrastructures agricoles exigent des montages complexes, combinant crédit, garantie, assurance, subvention et accompagnement technique.

Elle insiste sur un point central : la transition ne sera possible que si les investisseurs, les banques et les bénéficiaires ont confiance dans les dispositifs proposés. Il ne suffit pas de créer des enveloppes financières ; il faut aussi construire une ingénierie capable de sécuriser les projets, de réduire les risques et de rendre les financements accessibles à ceux qui en ont le plus besoin.

Olfa Chammari voit dans la Caisse des dépôts et consignations un acteur potentiel d’impulsion et de structuration. Pour elle, ce type d’institution peut jouer un rôle d’agrégateur, en aidant à mobiliser des ressources publiques et privées autour de projets à fort impact. L’enjeu n’est pas seulement de financer, mais de catalyser un écosystème.

Elle a mis l’accent sur l’accompagnement technique. Beaucoup de projets échouent non par manque d’intention, mais parce qu’ils sont insuffisamment préparés ou mal structurés. La finance climatique doit donc aller de pair avec du conseil, de l’expertise et un suivi dans la durée. C’est cette combinaison qui permet de transformer une ambition environnementale en projet viable.

En somme, Olfa Chammari défend une vision très pragmatique de la transition : pour qu’elle fonctionne, il faut des outils financiers adaptés, des institutions solides et une architecture de confiance capable de relier les besoins du terrain.

L’article Olfa Chammari: Financer la transition exige une ingénierie de confiance est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

27. Mai 2026 um 09:19

En abordant les thèmes de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du climat, la question qui se pose est la suivante : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? C’est le ton du deuxième panel de la 27e édition du forum de L’Économiste Maghrébin, qui a mis l’accent sur les enjeux stratégiques liés à la sécurité alimentaire et à l’adaptation climatique. Sous le thème « Sécurité alimentaire, chaîne de valeur agricole et adaptation climatique : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? », les discussions ont porté sur la capacité du secteur agricole tunisien à se transformer face aux défis environnementaux, hydriques et économiques.

Le  Directeur scientifique de la Fondation Farm Matthieu Brun, défend une idée simple mais décisive : face au changement climatique, aucun agriculteur ne peut s’adapter seul. Dans son intervention, il insiste sur la nécessité de sortir d’une logique strictement individuelle pour penser des réponses collectives, territoriales et solidaires. À ses yeux, l’enjeu n’est pas seulement de préserver les rendements, mais de construire des systèmes agricoles capables d’absorber les chocs climatiques de façon durable.

Ainsi lors de son intervention, il met en avant le rôle des coopératives, des groupements d’agriculteurs et des dispositifs partagés. Dans un contexte de sécheresse, de tension sur l’eau et de hausse des coûts, mutualiser les équipements, partager les informations et organiser les filières devient un levier essentiel de résilience. L’adaptation climatique ne se joue donc pas uniquement dans les champs, mais aussi dans la manière dont les producteurs s’organisent entre eux.

Matthieu Brun insiste également sur la nécessité d’une approche territoriale. Les effets du climat ne sont pas homogènes : ils varient selon les zones, les cultures, les sols et les pratiques. Il faut donc des réponses ancrées dans les réalités locales, capables de tenir compte des spécificités de chaque bassin de production.  Cela signifie que cela  permet de mieux cibler les investissements, les formations et les politiques publiques.

Il rappelle enfin que la transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs. Les agriculteurs ont besoin de solutions concrètes, mais aussi de visibilité et d’accompagnement. C’est en structurant des collectifs solides, capables de partager les risques et les innovations, que le secteur pourra faire face à l’instabilité climatique.

L’article Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Karim Jouini: « Il est nécessaire de revoir le code des changes »

24. Mai 2026 um 13:24

Karim Jouini, Franco‑Tunisien cofondateur de la fintech Expensya, se hisse à la 4e position du classement 2025 des business angels les plus influents de France établi par Angelsquare et Challenges, avec 2,5 millions d’euros injectés dans une vingtaine de startups. »

Invité à la 27e édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, Karim Jouini  qui précise qu’il « n’est ni économiste ni homme politique, mais simplement un entrepreneur tunisien travaillant dans l’intelligence artificielle » a livré son point de vue personnel sur les 70 ans d’indépendance de la Tunisie. À 40 ans, il confie qu’il avait d’abord pensé parler « au nom de la jeunesse », puis s’est rappelé qu’il avait  » dépassé cette catégorie depuis longtemps ». Il a donc choisi d’exposer « le point de vue d’un entrepreneur, avec le moins de filtres possible « 

Sa thèse est simple : « La Tunisie a connu cinquante belles années de développement humain, notamment en matière d’éducation et de constitution d’un capital humain de qualité. » Mais, ajoute‑t‑il, « le système s’est grippé depuis une vingtaine d’années ». On le perçoit clairement à travers l’évolution du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat : après un décollage prometteur, la croissance est devenue trop faible pour rattraper le retard accumulé.

Aujourd’hui, selon Karim Jouini, la Tunisie fait face à six problèmes majeurs, concomitants et auto‑alimentés.

Les six défis structurels

Énergie.  » Nous importons aujourd’hui 62% de notre énergie (et jusqu’à 71% si l’on considère le gaz algérien comme importé). » C’est, selon lui, « le principal facteur de déséquilibre de notre balance des paiements ».  Sans ce déficit énergétique, la Tunisie n’aurait pas, d’après lui, de problème structurel de balance commerciale.

Eau.  » Nous sommes un pays structurellement pauvre en eau, et pourtant notre modèle économique tourisme et certains types d’agriculture continue de fonctionner comme si nous disposions d’une ressource abondante. ». Exporter des oranges dans ces conditions, souligne‑t‑il, « revient à exporter de l’eau à un prix inférieur à son coût réel de production « .

Fuite des cerveaux. La Tunisie forme un nombre très élevé d’ingénieurs par habitant, notamment en informatique. Pour Karim Jouini, « nous en perdons environ 20 par jour, soit près de 7 000 par an « .Ces compétences, financées par le contribuable tunisien, profitent majoritairement à d’autres économies.

Nature de l’économie tertiaire. « Notre économie repose largement sur un modèle low cost et sur la sous‑traitance pour l’Europe.  » Ce modèle se trouve « particulièrement vulnérable à l’irruption de l’intelligence artificielle, qui va d’abord remplacer les métiers intellectuels intermédiaires « .

Dette publique. Le service de la dette représente désormais  » près d’un tiers des dépenses de l’État « . Ce qui limite fortement les marges de manœuvre budgétaires.

Relation avec l’Union européenne. Au‑delà des tensions politiques, il existe une asymétrie structurelle :  » nous disposons d’un accord de libre‑échange sans libre circulation des personnes. Un entrepreneur européen peut venir faire du business en Tunisie en quelques heures, alors qu’un Tunisien doit souvent attendre plusieurs semaines pour se rendre en Europe.  » Pour Karim  Jouini, cette situation constitue  » une violation de l’esprit même des accords de libre‑échange ».

Des raisons d’espérer, mais des choix à faire. Malgré ces défis, Karim Jouini reste optimiste et identifie plusieurs leviers puissants.

Solaire et énergie

La Tunisie a installé « 650 MW de capacité photovoltaïque en un an, soit l’équivalent de 12% de sa capacité électrique totale installée ». « Si cette dynamique se poursuit, nous pourrons doubler notre capacité énergétique en cinq à six ans avec une énergie à très faible coût marginal », affirme‑t‑il.

Dessalement et agriculture

Cette avancée énergétique peut créer un « effet domino » favorable au dessalement de l’eau. « Nous dessalons déjà 15% de nos besoins en eau, ce qui prouve que les compétences et l’industrie existent ». Il appelle à « aller plus loin  et à  transformer notre modèle agricole vers des productions moins consommatrices d’eau « .

 

Marché africain

Le marché africain représente un levier majeur. « Alors que le continent affiche la croissance la plus élevée au monde, nos échanges avec l’Afrique restent très faibles.  » Selon lui, il manque en particulier  des liaisons aériennes, de la logistique, des ambassades économiques actives et des banques capables d’accompagner les entreprises « .Tant que ces infrastructures de base ne seront pas renforcées, le potentiel africain restera largement inexploité.

Talents et mobilité

Sur la question des talents,  Karim Jouini prône une approche pragmatique : « Il est nécessaire de revoir le code des changes  sans forcément aller jusqu’à la convertibilité du dinar afin de permettre aux Tunisiens de voyager, consommer et investir plus librement.  » Il juge également indispensable de réformer le système des visas pour attirer des compétences étrangères.

 

Intelligence artificielle

L’IA est à la fois  » un risque et une opportunité ». Risque pour le modèle de sous‑traitance low cost, mais opportunité pour un pays qui forme beaucoup d’ingénieurs. Il cite des signaux positifs : « L’une des plus importantes acquisitions dans l’IA en Afrique concerne une société tunisienne, Instadeep, et plusieurs startups tunisiennes ont été sélectionnées cette année par Y Combinator. »

Il précise comme suit: “ La Tunisie a réussi, au cours des cinquante premières années de son indépendance, une transition difficile mais remarquable en matière d’éducation et de développement humain.”.  Depuis une vingtaine d’années, ce modèle s’est essoufflé. Pourtant, “ nous disposons aujourd’hui de vrais atouts : le soleil, l’intelligence artificielle et la proximité avec le marché africain “ La question, conclut Karim Jouini, est de savoir “ si nous saurons transformer ces atouts en leviers de croissance, ou si nous allons continuer à subir les transformations du monde”.

 

L’article Karim Jouini: « Il est nécessaire de revoir le code des changes » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ferid Belhaj : “ La souveraineté du XXIe siècle se mesure à la capacité d’un pays à organiser ses interdépendances”

24. Mai 2026 um 12:53

Invité au Forum de L’Économiste Maghrébin, pour sa 27 ème édition, l’ancien vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord Ferid Belhaj a livré une analyse lucide des défis tunisiens face aux recompositions mondiales. Face à la polycrise, il a appelé à repenser la souveraineté autour de quatre piliers : humaine, alimentaire, financière et énergétique-technologique.

 » Nous vivons dans une polycrise où les vulnérabilités économiques, climatiques, énergétiques et géopolitiques ne se succèdent plus, mais se cumulent et se renforcent mutuellement « , a-t-il averti. Citant la pandémie, la guerre en Ukraine et les tensions en mer Rouge, il a souligné que  » le prix du pain à Tunis dépendait du blé ukrainien » et que « l’intelligence artificielle redessine déjà les hiérarchies économiques mondiales « .

Selon Ferid Belhaj, la souveraineté au XXIe siècle ne se résume plus à l’indépendance politique. Elle consiste  » à organiser intelligemment ses interdépendances, à réduire ses vulnérabilités critiques et à préserver une capacité de résilience ». La Tunisie, a-t-il rappelé, célèbre cette année ses 70 ans d’indépendance. Si ces décennies ont permis de réelles avancées en matière d’éducation, de santé et de construction d’un capital humain de qualité, elles n’ont pas suffi à bâtir un modèle économique résilient.

L’ancien vice-président de la Banque mondiale a insisté sur le fait que les équilibres implicites sur lesquels reposait le modèle tunisien — énergie accessible, mondialisation stable, État redistributeur sont désormais fissurés.  » Le monde change trop vite pour que nous continuions à raisonner avec les outils des années 1980 ou 2000″, a-t-il affirmé.

Il a particulièrement insisté sur la nouvelle géopolitique des réseaux. Située au cœur du détroit de Sicile, la Tunisie pourrait, selon lui, devenir un point d’ancrage stratégique entre l’Europe, l’Afrique et la Méditerranée. Le projet Elmed d’interconnexion électrique avec l’Italie illustre cette opportunité :  » Demain, les câbles électriques auront une importance stratégique comparable à celle qu’avaient hier les pipelines.  »

Le même raisonnement s’applique à l’agriculture et à l’eau. Face au stress hydrique, Ferid Belhaj insiste sur  une souveraineté alimentaire fondée sur la résilience plutôt que sur l’autarcie : irrigation intelligente, modernisation des chaînes de valeur et montée en gamme des exportations.

Sur le capital humain, il a pointé un paradoxe douloureux :  » Nous formons des talents brillants et nous les perdons. Le chômage des jeunes diplômés dépasse parfois 35 %. Former des ingénieurs, des spécialistes de l’énergie ou de l’intelligence artificielle sans leur offrir de perspectives, c’est financer indirectement la compétitivité des autres pays.  »

Enfin, sur le plan financier, il a mis en garde contre une dette publique dépassant 80 % du PIB et une masse salariale publique parmi les plus élevées au monde. « Une nation trop endettée voit ses marges de décision se réduire. La dette devient alors une question de souveraineté », a-t-il souligné.

Pour Ferid Belhaj, la question centrale reste la même : la Tunisie veut-elle simplement regarder passer les flux énergétiques, numériques et logistiques du XXIe siècle, ou devenir un véritable point d’ancrage de la Méditerranée ? La réponse, a-t-il conclu, déterminera la nature de la souveraineté tunisienne à l’horizon 2056.

Et de conclure: « Les nations qui réussiront dans le monde qui vient ne seront pas nécessairement les plus riches en ressources naturelles, ni les plus peuplées. Ce seront celles qui sauront organiser intelligemment leurs infrastructures, leurs flux, leurs talents, leurs réseaux et leur capacité d’adaptation. Après 70 ans d’indépendance, la Tunisie entre peut-être dans une nouvelle phase de son histoire : une phase où la véritable souveraineté ne se mesurera plus seulement au symbole de l’État, mais à la capacité du pays à produire, innover, connecter, transformer et projeter sa propre vision du futur.”

L’article Ferid Belhaj : “ La souveraineté du XXIe siècle se mesure à la capacité d’un pays à organiser ses interdépendances” est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Brigit Lamm: « La Tunisie s’est imposée comme un modèle de modernité »

24. Mai 2026 um 11:44

L’Économiste Maghrébin a organisé la 27e édition de son Forum annuel, un rendez-vous de référence qui réunit responsables institutionnels, chefs d’entreprise, experts, universitaires et acteurs de l’innovation autour des grands enjeux économiques et sociétaux de la Tunisie. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les mutations technologiques, les défis climatiques et les transitions énergétiques, cette nouvelle édition entend ouvrir un espace de dialogue concret sur les transformations nécessaires pour renforcer la résilience et la compétitivité de l’économie du pays.

Comme le veut la tradition, le forum s’est tenu avec l’appui de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, partenaire de longue date de l’événement depuis plus de 25 ans. Dans son discours d’ouverture, sa directrice pays pour la Tunisie et la Libye, Birgit Lamm, a rappelé que l’indépendance tunisienne demeure un repère majeur, au moment où le pays célèbre le 70e anniversaire de sa souveraineté.

« Il est tout à fait naturel d’évoquer cet héritage, notamment dans le cadre de ce forum consacré à la souveraineté« , a-t-elle souligné, en saluant le parcours de la Tunisie au cours des sept dernières décennies. Selon elle, le pays s’est imposé comme  » un modèle de modernité  » et comme « une référence dans la région « , grâce au développement d’une société dynamique, d’une économie performante et d’une industrie intégrée dans des chaînes de valeur, notamment avec l’Europe, mais aussi avec les marchés mondiaux.

Mais pour Brigit Lamm, ce bilan s’inscrit désormais dans un monde en profonde recomposition.  » Nous vivons aujourd’hui une période de profondes mutations, à l’échelle mondiale, sur le plan économique comme sur le plan politique « , a-t-elle expliqué, estimant que ces évolutions imposent de « redéfinir la notion même de souveraineté ». Dans un contexte d’interdépendances accrues, a-t-elle ajouté, « il n’existe, je crois, aucun pays réellement autarcique ou totalement indépendant ».

Pour Birgit Lamm, l’enjeu n’est donc pas de défendre une souveraineté figée, mais de penser une souveraineté active, adaptée aux réalités du temps présent. « Il faut disposer de véritables marges de décision pour choisir son modèle économique, ses acteurs économiques, ainsi que le rôle de l’État et de la société », a-t-elle affirmé, appelant à la capacité d’ »agir dans un contexte incertain » plutôt qu’à simplement y réagir.

La directrice de la Fondation Friedrich Naumann a également insisté sur la nécessité d’une projection stratégique. « Nous avons besoin d’une vision positive : où voulons-nous aller pour notre pays dans dix ans, dans vingt ans ? « , a-t-elle lancé, plaçant au cœur de cette réflexion le dialogue entre les acteurs politiques, économiques et sociaux. Elle a aussi mis en avant le choix des thématiques du forum, évoquant des secteurs transversaux essentiels tels que l’énergie, la sécurité alimentaire, les finances et les infrastructures de communication.

La Tunisie, a-t-elle poursuivi, occupe une position géopolitique et économique singulière. « Elle est au cœur de la Méditerranée », a-t-elle rappelé, tout en soulignant qu’elle se trouve aussi « au croisement entre l’Afrique et l’Europe, ainsi que sur les routes commerciales entre l’Est et l’Ouest ». Une situation qui constitue, selon elle,  » une opportunité immense », à condition de savoir la saisir et la développer.

Enfin, Birgit Lamm a replacé la souveraineté dans une logique de construction politique et stratégique.  » Il s’agit avant tout pour un pays de construire sa propre capacité à se définir, à se positionner, et à déterminer les options qu’il souhaite défendre dans les négociations permanentes entre les acteurs du marché, ceux de la société et les partenaires internationaux », a-t-elle conclu, en souhaitant aux participants Édes échanges, des idées et des inspirations très fructueux « .

L’article Brigit Lamm: « La Tunisie s’est imposée comme un modèle de modernité » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Hajer Chekir: « La Tunisie pourrait devenir une vitrine internationale de la transition verte »

22. Mai 2026 um 14:13

L’Economiste Maghrébin a organisé la 27ème édition de son Forum, un rendez-vous de référence réunissant, annuellement, responsables institutionnels, chefs d’entreprise, experts, universitaires et acteurs de l’innovation autour des grands enjeux économiques et sociétaux de la Tunisie.

Pour cette édition, le Forum a proposé trois panels, dont l’un était consacré aux défis énergétiques et aux perspectives de transition écologique en Tunisie. Intitulé « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone », ce dernier panel a examiné les enjeux liés à la sécurité énergétique, à la diversification du mix énergétique et à la réduction de l’empreinte carbone.

En effet, Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie, a fait savoir lors de talk de L’Economiste maghrébin que la mobilité électrique n’est pas seulement une nouvelle manière de conduire, c’est une nouvelle façon de penser l’énergie.

Sur le plan environnemental, une batterie de véhicule électrique permet de réduire les émissions de CO2 et de diminuer la dépendance aux énergies fossiles. Toutefois, elle estime que le rôle du véhicule électrique va bien au-delà. Avec le développement massif du solaire et de l’éolien.

 

Lire aussi: Forum de l’Économiste Maghrébin – « Tunisie : 70 ans d’indépendance, l’heure du cap, l’heure du choix »

 

Au-delà de ce constat, la Tunisie aura besoin de solutions de stockage ; les véhicules électriques en feront partie. Hajer Chekir insiste à dire qu’ils pourront stocker l’électricité produite de manière intermittente et, à terme, contribuer à l’équilibrage du réseau électrique — une réalité déjà observable dans certains pays comme l’Australie.

Selon elle, la mobilité électrique ne sera donc pas seulement un moyen de transport : elle deviendra un outil au service de la transition énergétique.

Parallèlement, la digitalisation, l’intelligence artificielle et la croissance des data centers augmenteront la demande d’électricité, rendant indispensable la modernisation des infrastructures. Trois enjeux structurent la mobilité électrique, souligne Mme Chekir: un enjeu climatique : la décarbonation et la réduction des émissions de CO2 ; un enjeu économique : la réduction de la dépendance aux énergies fossiles ; un enjeu énergétique : la modernisation et la flexibilité du réseau électrique.

Interrogée sur la durée de vie des batteries, Hajer Chekir cite l’exemple de la « Blade Battery » (LFP, lithium fer phosphate), réputée pour sa sécurité et sa longévité : sa durée de vie peut atteindre l’équivalent de 2 millions de kilomètres, soit environ 5 000 cycles de recharge, chaque cycle correspondant à 400–500 km d’autonomie.

 

Lire également: Tesla perd sa place de leader dans l’industrie des voitures électriques au profit du chinois BYD

 

Quant au marché tunisien, le principal défi n’est plus la technologie mais la démocratisation : convaincre les consommateurs par la sensibilisation sur la durée de vie des batteries, l’autonomie et le coût d’usage. Les signes sont toutefois encourageants : l’adoption des véhicules électriques progresse. Les immatriculations récentes témoignent d’une accélération, 750 véhicules en quatre mois, contre 500 sur l’ensemble de 2025 et 200 en 2024.

Trois défis restent à relever pour accompagner cette transition. A savoir, la sensibilisation et information des consommateurs sur la fiabilité, l’autonomie et le coût total de possession. Le déploiement d’une infrastructure de recharge accessible, incluant la recharge à domicile (qui représente environ 80% des recharges), des bornes sur les grands axes, sur les lieux de travail et dans les lieux publics. Des progrès technologiques, comme la recharge ultra-rapide capable de fournir 400 km en quelques minutes, repoussent les limites actuelles.

Un cadre réglementaire incitatif. Le dispositif tunisien, exonération des droits de douane et des droits de consommation, et TVA à 7% sur les véhicules électriques soutient déjà la transition.

Pour réussir, Hajer Chekir appelle à une action collective et coordonnée : « L’État, les banques, les organisations énergétiques et les constructeurs doivent travailler en synergie pour accélérer la transition énergétique ».

Elle délivre un message optimiste : la Tunisie pourrait devenir une vitrine internationale de la transition verte.

L’article Hajer Chekir: « La Tunisie pourrait devenir une vitrine internationale de la transition verte » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Tarek Cherif : « L’Europe reste une opportunité, mais l’effort doit venir d’abord de nous »

22. Mai 2026 um 09:03

À l’occasion du dîner-débat de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, organisé sur le thème des « Soixante-dix ans après l’indépendance de la Tunisie », Tarek Cherif, président de la CONECT International, revient sur l’état du tissu industriel tunisien.

Il rappelle d’emblée que, pour avancer, il faut tenir compte de la réalité quotidienne: “Si l’on ne prend pas en compte cette réalité, je ne vois pas comment nous pourrons progresser ». Tarek Cherif souligne que la Tunisie connaît depuis quelques années un excédent commercial avec ses trois principaux partenaires européens que sont l’Allemagne, la France et l’Italie. C’est le résultat d’efforts soutenus et d’opportunités qu’il convient de garder en mémoire.

Pour autant, beaucoup reste à faire avec l’Europe. S’opposant à ceux qui misent davantage sur la Chine, il estime que le Vieux Continent offre encore d’importantes perspectives. Mais la responsabilité incombe aussi aux acteurs tunisiens : “Il est facile de reprocher aux autres de ne pas faire assez. Chaque opérateur économique doit se demander ‘que puis‑je améliorer pour être plus attractif ?’”. Il se souvient d’un classement de compétitivité suivi il y a vingt‑cinq ans et insiste sur la nécessité de fixer des objectifs annuels gagner dix, quinze ou vingt places en corrigeant chaque année ses points faibles. “Il nous faut un effort continu d’auto‑questionnement pour résoudre les problèmes qui freinent l’investissement et l’emploi”, ajoute‑t‑il.

Quid du secteur l’industriel

Sur l’industrie, domaine auquel il consacre son engagement, Tarek Cherif souligne que celle‑ci crée des richesses et des emplois durables. La Tunisie a le potentiel d’attirer de nombreux acteurs, à condition de remplir des prérequis essentiels. Certaines réformes sont urgentes : l’administration doit se remettre en question, les ports doivent respecter les normes internationales et le système de formation doit mieux répondre aux besoins des entreprises. Autant d’éléments cruciaux pour la compétitivité.

Le patron de la Il estime aussi que le code d’investissement doit rester un outil vivant, régulièrement révisable pour s’adapter à l’évolution du contexte et de la concurrence. “Il n’y a aucune honte à adapter les incitations, y compris en ciblant des régions défavorisées pour attirer des investissements tunisiens et étrangers. C’est du bon sens économique et social”.

Parmi les autres freins majeurs figurent le coût du financement : des taux bancaires souvent compris entre 12 et 15% pour des signatures solides rendent la rentabilité des projets industriels difficile. Il s’agit d’un obstacle pour les investisseurs étrangers comme pour les entrepreneurs tunisiens.

Enfin, M. Cherif plaide pour un recours plus volontaire aux partenariats public‑privé “Pourquoi hésiter ? Le PPP est un instrument utile pour mobiliser des capitaux, partager les risques et accélérer des projets d’infrastructure ou industriels.”

L’article Tarek Cherif : « L’Europe reste une opportunité, mais l’effort doit venir d’abord de nous » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Anne Guéguen: « Les progrès sont visibles, mais il faut accélérer »

20. Mai 2026 um 21:36

À l’occasion du Forum 2026 de l’Économiste maghrébin, organisé sur les « 70 ans après l’indépendance de la Tunisie », l’ambassadrice de France, Anne Guéguen, a souligné la solidité des relations tuniso‑françaises et l’importance du partenariat avec l’Union européenne.

Elle a rappelé les liens historiques et économiques profonds qui unissent la Tunisie à l’UE, les échanges représentant 45 % du PIB et des investissements massifs. De même qu’elle a pointé trois priorités pour renforcer ce partenariat : capital humain, transition énergétique et connectivité.

Anne Guéguen a souligné l’importance des relations tuniso‑françaises, qu’elle a qualifiées de solides, denses et fondées sur la confiance. “Je voudrais surtout évoquer l’Union européenne, puisque c’est notre sujet de discussion. Permettez‑moi de commencer par un peu d’histoire. La Tunisie célèbre cette année ses 70 ans d’indépendance, et l’idée d’une « Union européenne »a presque le même âge : le Traité de Rome date de mars 1957, nous en sommes à 69 ans, bientôt 70. J’évoque cela parce que la Tunisie et l’Union européenne se sont construites en parallèle. Les pays fondateurs ont fait le choix souverain de transférer une partie de leur souveraineté à Bruxelles en confiant à l’Union une compétence commerciale exclusive. Ce choix a contribué à consolider entre Européens un espace de paix et de prospérité dont nos voisins du pourtour méditerranéen, et en particulier la Tunisie, ont également bénéficié. L’Union européenne a toujours oscillé entre ouverture vers l’Est et attention au Sud”.

Elle a rappelé que la France, aux côtés d’autres États européens comme l’Italie, n’a cessé de plaider pour que l’UE n’oublie pas son versant méditerranéen, précisant : “La France, pays méditerranéen, contribue à construire ces ponts solides avec les voisins de la rive sud.”

Cette construction parallèle, Union européenne et Tunisie indépendante, s’est révélée mutuellement bénéfique, comme l’illustrent les chiffres. En 1980, les échanges bilatéraux s’élevaient à environ 2 milliards d’euros. Ils ont fortement augmenté après l’Accord d’association de 1995 et dépassent aujourd’hui les 25 milliards d’euros. Cette montée en puissance s’est accompagnée d’une intégration poussée des chaînes de valeur industrielles au niveau euro‑méditerranéen.

Sur le plan économique, les échanges entre la Tunisie et l’Union européenne représentent l’équivalent de 45 % du PIB tunisien. À titre de comparaison, la part des échanges de la Suisse avec l’UE est d’environ 40 %. Les investissements européens en Tunisie sont nombreux : l’an dernier, plus de 73 % des flux d’investissements directs étrangers provenaient d’Europe, avec plus de 800 projets. Ces investissements ont généré une large part des créations d’emplois liées aux IDE. Exemple parlant : en valeur, Malte (petit État membre de l’UE)) réalise des investissements directs en Tunisie trois fois supérieurs à ceux de la Chine. Ce qui illustre la force de la logique de proximité.

Cette logique repose sur une rationalité économique et commerciale solide : gains de compétitivité, relocalisations partielles et diversification des chaînes d’approvisionnement. Ces dynamiques se sont encore accélérées après les chocs externes récents que sont la pandémie de Covid‑19, la guerre en Ukraine et les tensions actuelles au Moyen‑Orient.

Pour conclure, Anne Guéguen a identifié trois priorités pour renforcer ce partenariat. A savoir :

Capital humain : renforcer l’ensemble de la chaîne éducation‑formation, enseignement scolaire, enseignement supérieur, recherche et formation professionnelle.

Transition énergétique et écologique : un véritable « game changer » pour la Tunisie, positif pour les finances publiques, la souveraineté économique, la compétitivité et l’attractivité des investissements, et susceptible de favoriser la cohésion sociale ; des progrès sont visibles, mais il faut accélérer.

Connectivité : numérique, maritime et aérienne, à renforcer pour tirer parti des logiques de proximité, de de-risking et de nearshoring. Il faudra concevoir des projets à la hauteur des ambitions tunisiennes en matière de développement.

L’article Anne Guéguen: « Les progrès sont visibles, mais il faut accélérer » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Giuseppe Perrone: « La Tunisie dispose de toutes les cartes qu’il faut »

20. Mai 2026 um 20:35

Lors de l’édition 2026 du Forum de L’Économiste maghrébin, qui se tient sous le thème « 70 ans après la proclamation d’indépendance de la Tunisie… » et met l’accent sur un partenariat gagnant‑gagnant, le chef de la délégation de l’Union européenne, Giuseppe Perrone, a affirmé que la Tunisie est, en Afrique du Nord, le seul pays qui réunit tous les atouts pour passer du statut de pays en développement à celui de pays développé. Selon lui, c’est sur cette base que doivent véritablement s’appuyer les relations tuniso‑européennes.

Il estime qu’il faut envisager la Tunisie comme un pays développé industriellement, socialement et démocratiquement.

Evoquant sa vision pour la Tunisie en cinq, dix ou vingt ans, Giuseppe Perrone a indiqué qu’il souhaite voir les relations entre la rive sud de la Méditerranée et l’Union européenne prendre ce virage. “Nous avons pris un peu de retard sur le plan législatif et pour certains échanges, mais nous déployons actuellement de grands efforts pour rattraper ce retard. Il faut changer de logiciel afin que le partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne s’inscrive entre pays développés et reflète pleinement le potentiel tunisien”, a‑t‑il expliqué.

Il a conclu en ces termes : “Avec tout le respect que je porte aux autres pays, la Tunisie, selon moi, dispose de toutes les cartes qu’il faut…. C’est la vision que j’ai pour son avenir. On dira que c’est très ambitieux, mais sans ambition on n’accomplit rien. Je suis optimiste pour la Tunisie et j’y crois”.

L’article Giuseppe Perrone: « La Tunisie dispose de toutes les cartes qu’il faut » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

27e Forum de l’Économiste maghrébin : Le «Dialogue Tunisie-UE n’est jamais clos»

20. Mai 2026 um 19:40

L’édition 2026 du Forum de l’Économiste maghrébin se focalise sur un thème majeur 70 ans après la proclamation d’indépendance du voisinage au partenariat gagnant-gagnant.  Lors de son intervention, Hédi Mechri, directeur des publications de Promedia, a souligné que le « Dialogue Tunisie-UE » n’est jamais clos, au regard des liens qui nous unissent, des changements et basculements géopolitiques et de la rapidité des transformations, des mutations technologiques, scientifiques et industrielles. 

Heureux de vous accueillir en compagnie de Son Excellence M. Giuseppe Perrone, chef de la délégation de l’UE à Tunis. Notre partenaire de 30 ans. Preuve que ce partenariat, au-delà de l’intérêt qu’il suscite, est à la fois utile et nécessaire.

Merci, monsieur l’ambassadeur, de prendre part à ce dîner-débat d’un genre nouveau.

Comme vous avez pu le constater, nous avons adopté cette année, à l’occasion de la 27e édition du Forum de l’Économiste maghrébin, un format plus restreint, dans l’espoir de mieux discuter, dialoguer et échanger.

Et s’agissant du « Dialogue Tunisie-UE », il n’est jamais clos, au regard des liens qui nous unissent, des changements et basculements géopolitiques et de la rapidité des transformations, des mutations technologiques, scientifiques et industrielles.

Il y a donc besoin, il y a nécessité, de reculer en permanence les frontières et les limites d’un partenariat que les deux parties disent vouloir élever au rang de relation stratégique.

Pour l’anecdote, le hasard a voulu que le débat de ce soir, à l’idée d’impulser une nouvelle dynamique à la coopération Tunisie-UE, a démarré au cours de la cérémonie de commémoration de la Journée de l’Europe le 8 mai, à l’occasion de l’échange des discours entre Son Excellence Giuseppe Perrone, et notre ministre des Affaires étrangères et de la Migration, M. Mohamed Ali Nafti, que je salue à distance.

Deux discours qui se rejoignent à bien des égards. Deux discours aux fins de célébrer le partenariat Tunisie-UE, deux discours pour faire bouger les lignes et peut-être même changer les choses, du moins certaines d’entre elle.

Un échange d’amabilités et d’engagement pour un éco-développement, une prospérité partagée – diplomatie oblige -, mais qui ne saurait masquer une « bienveillante » passe d’armes où l’on voit défiler en filigrane les désidératas des deux parties. Avec au final une convergence de vues et d’intérêts. L’un et l’autre plaidaient pour une association qui consacre la souveraineté de la Tunisie et sa volonté tout autant que celle de l’UE de renforcer les liens à tous les niveaux, notamment à travers un maillage dense, stratégique et prometteur de chaînes d’approvisionnement et de valeur en cohérence avec la nouvelle architecture d’une mondialisation régionalisée.

On en connaît les raisons, on voudrait ce soir savoir comment y parvenir ?

C’est tout l’objet et l’intérêt de cette rencontre.

Merci de votre attention.

 

L’article 27e Forum de l’Économiste maghrébin : Le «Dialogue Tunisie-UE n’est jamais clos» est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌