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Du Venezuela au reste du monde | L’âge des dominations

06. Januar 2026 um 09:29

Imaginez un instant le fantôme de Simón Bolívar errant dans les rues de Caracas, témoin muet d’un renversement du sens de l’histoire, le libérateur de 1813 contemplant l’extraction du dirigeant qui se proclame son héritier, emporté par une puissance étrangère. La scène dépasse la provocation symbolique. Elle dit la dissonance d’une époque où l’indépendance, conquise au nom de la souveraineté des peuples, se voit réinterprétée à l’aune d’une doctrine de domination qui se dispense des formes. Ce n’est plus seulement une transgression ; c’est le retour d’un impérialisme qui se drape dans les habits du droit pour mieux fragiliser l’architecture normative qu’il prétend défendre. Comme l’avait pressenti Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme, la banalisation de l’exception finit par transformer la violence en routine administrative — et la routine en horizon politique.

Yahya Ould Amar *

L’extraction du président vénézuélien Nicolás Maduro décrite par Donald Trump, appartient à cette catégorie rare d’événements qui comptent moins par ce qu’ils font que par ce qu’ils autorisent à penser. En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d’agir, elles réécrivent la grammaire de l’ordre international. Ce texte interroge ainsi un monde qui apprend à vivre sans l’illusion de l’égalité souveraine, où les hiérarchies s’exercent à visage découvert, et où la puissance cesse de se contenir par les règles pour s’autoriser d’elles. Quand cette frontière se déplace, ce ne sont pas seulement des dirigeants qui tombent, ni des régimes qui changent, ce sont les cartes mentales du monde — et les limites du pensable — qui se redessinent.

Le basculement d’époque

Parler d’«arrestation» pour qualifier l’extraction de Nicolás Maduro hors du Venezuela par les États-Unis n’est pas une simple facilité de langage. Les mots tracent des frontières. Nommer «arrestation» une opération menée sans juridiction locale, sans coopération judiciaire, sans extradition, c’est brouiller la ligne entre police et armée, entre justice et stratégie, entre ordre public et ordre international. C’est ici que commence la gravité morale de l’époque, lorsque la puissance ne se contente plus d’agir, mais de requalifier son acte. Elle ne dit plus «nous avons frappé», elle affirme «nous avons fait respecter la loi». Dans ce glissement, la force perd sa honte — et le précédent naît.

Si l’on accepte qu’une opération coercitive extraterritoriale puisse devenir une opération de «justice», alors le monde entre dans un âge où la guerre se rebaptise police et où l’exception cesse d’être une transgression pour devenir une méthode de gouvernement. Hier les «cas» Noriega, Saddam, Gbagbo ou Kadhafi ; aujourd’hui le «cas Maduro» ; demain un «cas X».

L’acte importe, mais le message est plus lourd encore, la souveraineté n’est plus un droit, elle devient une tolérance conditionnelle. Et lorsque Washington évoque la possibilité de «gérer» le Venezuela, le basculement est total, de la sanction d’un homme à la tutelle d’un pays de 27 millions d’habitants. Quand la frontière entre droit et puissance se déplace, les cartes du monde, elles aussi, finissent toujours par bouger.

Le retour silencieux de la tutelle comme horizon

L’enlèvement de Nicolás Maduro réactive une idée que l’ordre international contemporain croyait avoir reléguée à l’histoire, celle selon laquelle certains États peuvent, au nom d’un bien supérieur qu’ils définissent seuls, suspendre la souveraineté des autres. Le glissement est subtil mais décisif. On ne parle plus de conquête ni même d’intervention, mais de «gestion», de «stabilisation», de «remise en ordre». Le vocabulaire est propre, technique, presque managérial ; il transforme l’État en problème à administrer. Dès lors, la violence cesse d’être tragique pour devenir instrumentale, et la morale se déplace, la responsabilité invoquée remplace la légitimité consentie.

Ainsi la tutelle devient acceptable. On affirme qu’un dirigeant ne représente plus son peuple, que le peuple doit être protégé, que l’économie doit être réparée, que l’État doit être réorganisé.

Chaque étape paraît raisonnable ; ensemble, elles recomposent une hiérarchie où certains décident pour d’autres. Le message envoyé, surtout aux États vulnérables, est limpide, la souveraineté n’est plus un principe égalitaire, mais une permission conditionnelle. Cette «bienveillance» stratégique, comme l’avait averti Amartya Sen dans ‘‘L’Idée de justice’’, risque moins de corriger les injustices que de les perpétuer, en parlant au nom des peuples tout en faisant taire leurs voix.

La doctrine Monroe : l’aveu d’un monde qui régresse

La doctrine Monroe appartient à un siècle prédateur (XIXe), celui où l’ordre international ne se fondait pas sur des règles communes, mais sur la capacité des puissants à réserver des espaces. Elle ne proclamait pas la liberté des peuples ; elle bornait un territoire d’influence. Ce n’était pas une doctrine de droit, mais un acte de possession : «ici, nous déciderons».

Si elle a été abandonnée, ce n’est pas par vertu, mais par intelligence stratégique. Après 1945, les États-Unis ont compris qu’une hégémonie durable se dissimule dans les règles. Le droit, les institutions, l’universalisme imparfait étaient plus efficaces que la tutelle assumée. Gouverner par la norme stabilisait ; gouverner par l’exception exposait. La doctrine Monroe devenait alors un archaïsme nuisible, incompatible avec la crédibilité morale nécessaire pour contenir les autres empires.

Son retour aujourd’hui sonne comme un aveu de déclin. Les puissances véritablement assurées n’ont pas besoin de sanctuariser ; ce sont les puissances inquiètes qui bornent, administrent et prétendent «gérer». La réactivation de la doctrine Monroe n’exprime pas une force retrouvée, mais une légitimité qui s’effrite. Lorsque les règles cessent de servir le plus fort, celui-ci revient à la géographie et à la contrainte. Le coût est immédiat, moralement, la souveraineté devient une permission conditionnelle ; géopolitiquement, la hiérarchie remplace l’ordre, et la stabilité cède la place à la domination assumée.

Le danger est systémique. Les sphères d’influence obéissent à une loi de conservation, ce qui est toléré ici est reproduit ailleurs. La logique qui s’affirme à Caracas trouve ses échos en mer de Chine méridionale comme en Ukraine. À force d’exceptions, l’universalisme se délite et l’ordre post-1945 se fragmente en un archipel de dominations. Le monde ne devient pas plus pacifique ; il devient plus pensable pour la force. Et dans un tel monde, la stabilité n’est plus garantie par les règles communes, mais par les rapports de puissance.

La tentation de l’urgence stratégique

Il faut pourtant accepter, ne serait-ce qu’un instant, de regarder l’épisode depuis la rationalité de la puissance. Du point de vue des États-Unis, la tentation de l’exception ne procède ni d’un cynisme gratuit ni d’un mépris abstrait du droit, mais d’un sentiment d’urgence stratégique : monde fragmenté, institutions multilatérales paralysées, adversaires qui testent les lignes rouges, alliés jugés hésitants, opinion publique fatiguée de l’impuissance. Dans cette lecture, agir vite, frapper fort et requalifier l’action en «justice» serait une manière de restaurer la dissuasion, de reprendre l’initiative, de montrer que la puissance sait encore décider quand les règles s’enlisent. Cette logique est intelligible — et c’est précisément ce qui la rend dangereuse. Car en substituant l’efficacité immédiate à la légitimité durable, elle confond capacité d’agir et capacité de structurer. L’histoire des grandes puissances est pourtant sans appel, celles qui gouvernent par l’exception finissent par multiplier les coups, mais perdent la maîtrise de l’époque. La rationalité de l’urgence est compréhensible ; son coût stratégique, lui, est systémique. À l’horizon 2030, des simulations du Rand Corporation prévoient une multiplication par trois des conflits hybrides si cette logique persiste.

Les risques s’ordonnent dans le temps

À court terme, la normalisation de l’exception abaisse le seuil d’acceptabilité de l’usage de la force, les crises deviennent plus fréquentes, moins encadrées. À moyen terme, elle fragilise les alliances, politise durablement l’économie mondiale et installe une méfiance structurelle entre partenaires qui ne savent plus si la règle protège encore. À long terme enfin, le risque est civilisationnel, un monde où la souveraineté est conditionnelle, où le droit est sélectif, devient un monde structurellement instable, condamné à gérer par la domination ce qu’il n’a plus la capacité de gouverner par des normes communes. Ce risque civilisationnel évoque la chute de Rome, non par invasion barbare, mais par érosion interne des normes. Dans un monde interconnecté, cette instabilité pourrait accélérer les migrations climatiques et les pandémies, transformant les exceptions en catastrophes globales.

La souveraineté redevient une variable du rapport de force

Pour le Sud global, l’enlèvement de Nicolás Maduro n’est p0as un fait divers géopolitique. Il dit, sans détour, que la souveraineté n’est pas un droit inaliénable garanti par des normes universelles, mais une fonction conditionnelle, elle vaut tant qu’elle ne contrarie pas l’utilité stratégique des puissants.

Pendant des décennies, l’intégration économique, la conformité réglementaire, la reconnaissance diplomatique ont été présentées comme des assurances implicites. L’épisode vénézuélien fissure cette croyance. Il suggère que l’alignement ne protège pas nécessairement, que la vertu normative n’est pas un bouclier, et que l’ordre mondial n’est pas injuste par accident mais hiérarchique par construction. À partir de là, la rationalité dominante change, la question n’est plus «comment être conforme ?», mais «comment survivre politiquement ?».

Les États du Sud global doivent diversifier leurs alliances par calcul existentiel. Ils doivent réduire les dépendances réversibles demain en leviers de contrainte : monnaies, systèmes de paiement, infrastructures critiques, données, approvisionnements stratégiques. Ils doivent durcir leur appareil sécuritaire au nom de la stabilité préventive — non par goût de l’autoritarisme, mais parce qu’un monde où la tutelle est pensable rend la fragilité interne dangereuse. La mondialisation, autrefois promesse de convergence, se reconfigure en espace de vulnérabilité.

L’universalisme occidental cesse d’être une promesse crédible pour devenir un récit parmi d’autres. Cela peut produire deux trajectoires opposées. La première est défensive : repli, fragmentation, cynisme, où la politique devient une gestion permanente du risque d’ingérence. La seconde est celle de l’émergence d’un Sud global plus conscient de lui-même, moins demandeur de reconnaissance, plus soucieux de bâtir des équilibres autonomes — régionaux, financiers, technologiques. Des pays comme le Brésil ou l’Inde, via les Brics+, accélèrent déjà leurs alliances alternatives, avec une augmentation de 25% des échanges intra-Sud en 2025 selon la Banque mondiale, signe d’une multipolarité émergente qui défie l’hégémonie occidentale.

Économie mondiale

Le premier effet de cet épisode vénézuélien est que les investisseurs ne se demandent plus seulement si un projet est rentable, mais s’il est exposable à une requalification juridique, à une sanction, à une tutelle soudaine, à une «gestion» externe. Les chaînes de valeur se régionalisent, la redondance remplace l’optimisation, et la liquidité se concentre dans les juridictions perçues comme«amies». Ce mouvement n’est pas idéologique ; il est prudentiel. Mais la prudence, à l’échelle globale, renchérit le capital et ralentit la productivité.

La finance internationale, elle, réagit par rétrécissement de l’horizon. Le temps long — celui des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la transformation productive — devient plus difficile à financer quand la souveraineté peut être suspendue et les actifs requalifiés. Les flux se raccourcissent, les garanties se multiplient, les conditions se durcissent. Les pays perçus comme «exposés» paient plus cher leur dette, voient leurs IDE se raréfier ou se politiser, et apprennent que la discipline macroéconomique ne suffit plus à compenser le risque d’exception.

Le Venezuela devient alors un laboratoire involontaire. Non pas pour ses fondamentaux — déjà fragiles — mais pour ce qu’il autorise à penser ailleurs : que des actifs stratégiques puissent être administrés au nom de la stabilité, que des contrats soient relus à l’aune d’une tutelle, que la gouvernance d’un pays devienne une variable de valorisation. À partir de là, les marchés internalisent un principe simple qui est que la géopolitique n’est plus un choc exogène, c’est une hypothèse permanente.

Ainsi, l’enjeu économique de cette séquence dépasse le cas vénézuélien. Il tient en une phrase : plus la puissance politise l’ordre international, plus le monde devient coûteux. Coûteux en capital, en temps, en croissance potentielle. La stabilité obtenue par l’exception se paie d’une instabilité diffuse, intégrée dans les prix, les contrats et les anticipations. Et cette facture, comme toujours, est d’abord réglée par ceux qui vivent loin du centre de décision — là où la règle était censée compenser l’absence de puissance. Selon le FMI, cette géopolitisation pourrait réduire la croissance mondiale de 1,5% par an, avec les pays émergents supportant 60% du fardeau, exacerbant les inégalités et risquant des soulèvements comme ceux vus en 2024 au Sri Lanka et au Pakistan.

Le droit subsiste, mais il n’arbitre plus l’exception

Face à l’enlèvement de Maduro, l’Onu apparaît dans sa vérité contemporaine structurellement impuissante lorsque l’exception est assumée par les puissants. Les textes existent, les principes sont clairs, l’indignation est possible ; pourtant, quand la coercition est requalifiée en «police» et la tutelle en «gestion», l’Onu ne tranche plus — elle consigne. Le Conseil de sécurité devient un théâtre de récits concurrents où le veto fige le droit au moment précis où il devrait agir. Cette scène n’est pas singulière, elle se répète de Ukraine à Gaza, partout où les intérêts vitaux des grandes puissances se heurtent. Là aussi, les résolutions s’empilent, les condamnations se répondent, mais l’arbitrage se dérobe. Ce n’est pas un effondrement spectaculaire ; c’est une neutralisation silencieuse du droit par saturation politique.

À horizon dix à quinze ans, le monde qui se dessine n’est ni celui du chaos pur, ni celui d’un ordre stabilisé. C’est un monde plus dur, plus cher, plus hiérarchique. Les conflits n’y seront pas nécessairement plus nombreux, mais plus localisés, plus ambigus, plus difficiles à contenir. Le droit continuera d’exister, mais comme ressource argumentative, non comme barrière. Les économies fonctionneront, mais sous prime géopolitique permanente. La paix, quand elle existera, sera moins le produit des règles que de la fatigue des puissants. Ce monde-là ne s’effondre pas, il s’use.

Pourtant, l’Onu pourrait renaître via une réforme élargissant son Conseil de Sécurité et supprimant le droit de véto au sein de celui-ci. Sans cela, elle risque de devenir un vestige, comme la Société des Nations post-1919.

Elections de mi-mandat, novembre 2026

Il faut enfin introduire une variable politique décisive, celle du temps électoral américain. La réactivation d’une doctrine Monroe opérationnelle repose sur une fenêtre politique étroite, fragile, et potentiellement réversible. À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, plus de deux cents sondages nationaux et locaux convergent vers un constat défavorable aux Parti républicain : perte de la Chambre, Sénat incertain, et surtout érosion du mandat politique nécessaire pour assumer une doctrine de puissance aussi coûteuse symboliquement. Or la doctrine Monroe n’est pas une politique de consensus ; c’est une doctrine clivante, qui exige continuité, crédibilité et acceptation durable des coûts normatifs. Une alternance — ou même une majorité divisée — suffirait à la fragiliser, car elle expose immédiatement ses contradictions : contradiction entre primauté régionale et alliances globales, entre discours de droit et pratiques d’exception, entre leadership moral revendiqué et tutelle assumée. À cela s’ajoutent d’autres forces de rappel, la fatigue stratégique de l’électorat, la priorité donnée aux enjeux domestiques (inflation, dette, immigration), et la pression des milieux économiques, peu enclins à soutenir une doctrine qui politise les marchés et renchérit durablement le coût du capital. Autrement dit, la doctrine Monroe réactivée pourrait bien être un pari de fin de cycle : spectaculaire à court terme, mais structurellement vulnérable à la sanction démocratique. Dans l’histoire américaine, les doctrines durables sont celles qui survivent aux alternances ; celles qui disparaissent avec les majorités révèlent moins une stratégie qu’un moment politique.

Ces élections pourraient marquer un tournant, similaire à 1974 post-Watergate, où l’Amérique réaffirme son attachement aux normes, ou au contraire accélérer le déclin, comme en 1930 avant l’isolationnisme.

Au terme de cet article, les risques de guerres ne sont pas seulement ceux liés à des enchaînements de crises, mais d’un glissement de civilisation. Un monde où la force se rebaptise droit, est un monde qui abaisse le seuil de la guerre, multiplie les rapports de sujétion et prépare des conflits d’autant plus violents qu’ils auront été longtemps normalisés.

L’enlèvement de Nicolás Maduro n’est pas en soi la cause de ces périls ; il en est le signal. Car lorsque la souveraineté devient conditionnelle, lorsque le droit cesse de contenir la puissance, lorsque les hiérarchies cessent d’être dissimulées, alors la rivalité stratégique se mue en lutte existentielle.

Les guerres ne naissent pas seulement de l’agression, mais de l’échec collectif à maintenir des limites crédibles; les dominations ne durent qu’au prix d’un ressentiment accumulé ; et les civilisations échouent moins par faiblesse que par excès de certitude.

En croyant sécuriser l’ordre international par l’exception, on fragilise ce qui rendait encore la coexistence possible. L’histoire nous enseigne qu’un monde qui accepte facilement la domination finit par découvrir que la paix sans règles n’est jamais qu’une guerre différée.

Sommes-nous prêts à vivre dans un monde où la paix dépend moins du droit que de la patience des puissants ?

* Economiste, banquier et financier.  

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Groenland sous tension après un tweet américain

05. Januar 2026 um 11:44

L’ambassadeur du Danemark aux États-Unis a appelé dimanche 4 janvier au « respect absolu » de l’intégrité territoriale du Groenland. Et ce, suite à un tweet de l’épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, qui avait publié une photo du Groenland aux couleurs du drapeau américain.

Katie Miller, épouse du chef d’état-major adjoint des États-Unis, a publié samedi sur son compte X une photo du Groenland peint aux couleurs du drapeau américain. La photo était accompagnée d’une légende en lettres capitales : « Bientôt disponible ».

Le président américain Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises au fil des ans que le Groenland, territoire danois doté d’une large autonomie, devrait devenir une partie des États-Unis. En invoquant des raisons de sécurité et l’intérêt porté aux ressources minérales de l’île.

D’ailleurs, les tensions entre les deux pays se sont exacerbées après la décision de Trump, fin décembre, de nommer le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, « envoyé spécial au Groenland ».

Lire aussi : Vance affirme que le Danemark n’a pas assuré la sécurité du Groenland

« Un rappel amical aux États-Unis et au Royaume du Danemark : nous sommes des alliés proches et devons continuer à travailler ensemble comme tels », a déclaré l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Miller Sorensen, en réponse au tweet de Katie Miller. « Et oui, nous exigeons le respect absolu de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ».

L’opération au Venezuela est perçue par les experts comme un avertissement aux alliés des États-Unis, inquiets des menaces de Trump de s’emparer de ressources stratégiques. A commencer par son intention déclarée d’annexer le Groenland où ils possèdent une importante base militaire (Base Spatiale de Pituffik, anciennement Thulé).

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L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude

05. Januar 2026 um 11:02

En 2003, Georges W. Bush a chassé du pouvoir Saddam Husseïn et croyait de facto dominer l’Irak. C’est l’Iran qui l’a dominé et l’Irak était devenu le tombeau des Américains. 23 ans plus tard, lors de la conférence de presse qu’il a donné dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, l’actuel président américain Donald Trump est apparu enivré par l’opération éclair Absolute Resolve qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un cocorico très prématuré ! (Ph. Delcy Rodríguez devant un portrait de Hugo Chavez).

Imed Bahri

Lors de sa conférence de presse, tenue dans sa résidence de Floride le 3 janvier, Trump s’est présenté comme le nouveau maître du pays et a parlé comme si tout ce qu’il souhaitait aller être exécuté. Il serait très prématuré et simpliste de croire que le Venezuela est désormais une colonie trumpienne comme le claironne urbi et orbi le président américain. La réalité est bien plus complexe. Il y a une grande différence entre déloger manu milatari un chef d’État par la Delta Force et mettre tout un pays à sa botte et s’emparer de ses richesses.

Le magazine britannique The Economist a publié un analyse sur les derniers développements au Venezuela, notamment l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse et leur transfert sur le territoire américain mais aussi sur les coulisses du pouvoir vénézuélien.  

The Economist rappelle que Maduro a tenté pendant des mois de donner l’impression que rien ne l’inquiétait. Sa dernière apparition à la télévision d’État a été une interprétation dans un mauvais anglais de la chanson ‘‘Imagine’’ de John Lennon. Il a aussi promis la paix, non la guerre et a affirmé que son unique appel téléphonique avec le président Donald Trump en novembre avait été «cordial».

Jusque-là, Maduro dormait comme un bébé

Le journal britannique indique que Maduro répétait sans cesse à ses proches qu’il dormait comme un bébé. Ce fut une erreur de jugement monumentale. Après son arrestation par les forces spéciales américaines à Caracas lors d’un raid nocturne exceptionnel aux premières heures du 3 janvier, il ne dormira peut-être plus jamais dans le pays qu’il dirige depuis plus de dix ans. À la fin de cette journée, Maduro était conduit devant les médias dans les bureaux de la DEA (Drug Enforcement Administration) à New York. Il encourt une peine de 20 ans de prison à la perpétuité.

The Economist rapporte que la chute de Maduro avait apporté la joie à des millions de Vénézuéliens, notamment ceux établis à l’étranger. Des célébrations spontanées ont éclaté dans les rues, de Santiago du Chili à Miami.

Cependant, à l’intérieur du pays, la confusion règne. L’avenir est incertain. Le départ de Maduro signifierait, du moins pour président Trump, la fin du régime. Lors de sa fameuse conférence de presse, Trump a minimisé la possibilité que María Corina Machado –figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix– prenne le pouvoir. Il est même allé jusqu’à affirmer, de façon assez surprenante, qu’elle «ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect dans le pays». Il n’a même pas mentionné Edmundo González, qui avait pourtant remporté la dernière élection présidentielle en 2024 grâce au soutien de Machado dont la candidature a été invalidée.

Les capitalistes américains lorgnent le pétrole du Venezuela

Au lieu de cela, Trump a promis que les États-Unis dirigeraient le Venezuela. Il a déclaré que la vice-présidente de Maduro et ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez, était fondamentalement prête à faire ce que les États-Unis jugent bon pour rendre sa grandeur au Venezuela et a faussement affirmé qu’elle avait déjà prêté serment comme présidente. Trump semblait davantage intéressé par les profits tirés du pétrole vénézuélien.

Le plan de Trump –très peu détaillé mais empreint de beaucoup d’optimisme– consistait à déchaîner le capitalisme américain sur les réserves pétrolières du Venezuela, avec l’aide d’un gouvernement vénézuélien docile. Il a déclaré que les compagnies pétrolières investiraient des «milliards et des milliards de dollars» pour relancer les gisements et que le pays serait reconstruit grâce aux revenus générés par le pétrole, jusqu’aux élections.

Cependant, cela dépend de la coopération de Rodríguez. Trump semblait considérer cela comme acquis. Mélangeant le miel et le fiel, il a déclaré: «Je pense qu’elle a été très gentille mais elle n’a pas vraiment le choix», tout en réitérant sa menace de nouvelles frappes si ses exigences n’étaient pas satisfaites.

«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire»

Cependant, Rodríguez, qui se présente comme une «militante de gauche», n’a pas présenté les faits de la même manière. Peu après les remarques de Trump, elle est apparue à la télévision d’État et a déclaré que Maduro restait le «seul président» du pays malgré son arrestation. «Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. Ce qui est fait au Venezuela est barbare», a-t-elle ajouté. L’administration Trump a semblé ignorer ces déclarations, les considérant comme des messages internes nécessaires au maintien de l’ordre.

Rodríguez, qui cumule les fonctions de vice-présidente et de ministre du Pétrole, est considérée comme plus compétente en économie que nombre de membres du régime. Elle a fait une partie de ses études en France et, en 2019, elle a contribué à faire adopter des réformes axées sur le marché et une dollarisation non officielle de l’économie, ce qui a apporté une certaine stabilité. Son frère dirige l’Assemblée nationale, institution qui était docile au pouvoir de Maduro. Leur père était un révolutionnaire de gauche torturé et probablement tué par les forces de sécurité vénézuéliennes en 1976. Dans les milieux d’affaires de Caracas, elle est décrite comme pragmatique mais on dit aussi qu’elle et son frère mènent une «mission de vengeance» contre l’ancienne élite, notamment Machado.

Même au cas où ses déclarations télévisées ne seraient qu’une simple manœuvre et qu’elle collabore secrètement avec Trump, elle doit immédiatement s’assurer le soutien d’autres personnalités influentes. Dès le 3 janvier, le ministre de l’Intérieur et homme fort imprévisible, Diosdado Cabello, appelait au calme, déclarant: «Nous avons appris à survivre à toutes ces circonstances».

Quant au ministre de la Défense, Vladimir Padrino, il a juré que les forces vénézuéliennes allaient résister à l’attaque américaine. La question principale demeure: l’armée vénézuélienne soutiendra-t-elle Rodríguez et, par conséquent, le plan de Trump? Déjà soumise à la puissance militaire américaine, elle craint peut-être de mettre à l’épreuve la détermination de Trump.

Nombre de généraux ont amassé des fortunes considérables grâce au trafic de drogue et à la corruption sous le régime de Maduro. Si Rodríguez leur offre l’opportunité de détourner encore plus d’argent, ou du moins de conserver ce qu’ils ont volé, ils pourraient bien se rallier à sa cause. Jusqu’à présent, les hauts gradés de l’armée sont restés relativement discrets.

Toutefois, le risque de scission est bien réel. Certaines factions pourraient soutenir Rodríguez, tandis que d’autres pourraient chercher à s’emparer du pouvoir, pour elles-mêmes ou pour Padrino. Quelques-unes -peut-être en coordination avec des militaires ayant fait défection et réfugiés dans les pays voisins- pourraient faire pression pour le retour de Machado. Une armée divisée viendrait aggraver le déséquilibre déjà dangereux des groupes armés au Venezuela et pourrait déstabiliser davantage le régime.

Le lendemain de l’opération américaine, des «colectivos», milices armées pro-régime, ont été aperçus patrouillant dans les rues de Caracas.

L’Armée de libération nationale colombienne (ELN) qui est un groupe rebelle marxiste-léniniste et des cartels de la drogue comme le Tren de Aragua sont également actifs au Venezuela.

Trump semble croire que la menace de nouvelles frappes dissuadera tous ces groupes. Mais si un conflit éclate, il pourrait être nécessaire d’envoyer des troupes américaines au sol pour rétablir l’ordre. Trump a déclaré qu’il n’avait pas peur d’envoyer des soldats.

Machado se retrouve en marge, alors même que son rêve d’un Venezuela sans Maduro est en train de se réaliser. Elle tentera probablement de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle change de cap, même si des mois de politique d’apaisement n’ont rien donné jusqu’à présent. Si cela échoue, elle pourrait essayer d’encourager des manifestations à l’intérieur du Venezuela pour exiger une transition rapide.

Toutefois, organiser un soulèvement populaire sera extrêmement difficile. Le pays est épuisé après des décennies de répression et de baisse des revenus. Quelque 8 millions de personnes ont émigré depuis 2015, réduisant encore le nombre de personnes en âge de manifester. La répression qui a suivi l’élection volée de 2024 –durant laquelle Maduro s’est vanté d’avoir emprisonné des milliers de personnes– a dissuadé la plupart des Vénézuéliens d’exprimer leur colère. Après les frappes aériennes américaines, nombre d’entre eux semblaient davantage préoccupés par leur survie que par les manifestations.

Les alliés traditionnels dans l’expectative

Le régime est également confronté à des crises existentielles. Ses alliés lui ont apporté un soutien limité. Les services de renseignement cubains, qui ont longtemps protégé Maduro et purgé l’armée des dissidents, n’ont pas réussi à protéger leur allié. Les autorités de La Havane, dépendantes du pétrole vénézuélien, pourraient désormais soutenir n’importe quel successeur au sein du régime. De plus, Cuba qui est un allié très faible lutte lui aussi pour sa survie.

Trump a promis de couper les approvisionnements en pétrole et a menacé d’une action directe contre l’île. Les relations des Cubains avec Rodríguez semblent également tendues. «Elle est agacée par les Cubains», confie un diplomate occidental à Caracas, soulignant que les autorités cubaines semblent ingrates face au pétrole bon marché.

La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, et la Russie, qui a fourni à plusieurs reprises des armes au régime, soutiennent Maduro depuis longtemps. Ils ont fermement condamné le raid, sans toutefois indiquer un quelconque soutien concret.

Maduro compte peu d’amis dans la région. Ses alliés les plus cléments ont été des dirigeants de gauche au Brésil, en Colombie et au Mexique mais même ces liens semblent désormais fragiles. Les trois gouvernements ont exprimé leur indignation face à l’attaque américaine et condamné la violation de la souveraineté vénézuélienne mais il est peu probable qu’ils soutiennent une quelconque résistance contre les États-Unis. Leurs préoccupations sont plus ciblées: ils craignent le chaos et un afflux potentiel de réfugiés vénézuéliens dans la région.

Le Mexique et la Colombie redoutent également des attaques américaines sur leur propre sol. Lors de sa conférence de presse, Trump a menacé le Mexique et a déclaré que le président colombien Gustavo Petro «devrait faire attention à ses fesses»

Face à un manque d’alliés extérieurs, à la position ambiguë de l’armée et aux menaces explicites de Trump, Rodriguez a peut-être déjà choisi –ou choisira bientôt– de conclure un accord. Le régime pour lequel elle travaille possède une remarquable capacité de survie et d’adaptation. Il a survécu à la mort de son fondateur Hugo Chávez. Un accord avec son prétendu «ennemi» pourrait lui offrir une nouvelle chance de survie.

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Venezuela | L’enlèvement du couple Maduro, ou le retour du Gringo

05. Januar 2026 um 10:07

On pensait que Trump bluffait dans l’affaire du Venezuela et que les Etats-Unis n’iraient pas jusqu’à intervenir militairement en dehors de l’embargo sur les exportations de pétrole et de quelques bateaux de pêcheurs ou de trafiquants de temps à autre bombardés et coulés pour les besoins de la cause. On se trompait.

Dr Mounir Hanablia *

Le moindre des paradoxes n’est pas de voir le président américain réduire son homologue venezuélien à affronter la même justice avec laquelle à la fin de son mandat il aura maille à partir. Ce qui importe c’est que la justice américaine dispose depuis quelques décennies et avec la complicité du Congrès Américain de l’arsenal législatif (Foreign Corrupt Practice Act) nécessaire pour juger, condamner, et détenir, tous ceux à travers le monde que l’administration américaine, ou les grands intérêts privés américains, considèrent comme étant susceptibles de leur nuire.

L’un des exemples les plus célèbres à ce sujet est la manière avec laquelle Général Electric s’était assuré le contrôle de la division ‘Energie’ du groupe français Alstom. Les Européens qui avaient les premiers le devoir de réagir contre cela se sont tus. Or depuis la mise en accusation d’Israël et de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale, le droit international a cessé d’être l’outil commode que la superpuissance américaine parfois soucieuse de s’assurer une caution universelle, utilise pour donner l’illusion d’un monde civilisé usant des rigueurs de la Loi contre les Etats ou les gouvernements parias.

Le passé explique le présent et éclaire l’avenir

Trujillo avait certes été assassiné en République Dominicaine en 1961. Diem l’a été au Sud Vietnam. Allende au Chili est mort lors d’un coup d’État militaire organisé par la CIA et cela s’est révélé politiquement coûteux. Saddam Hussein a été pris et livré à ses ennemis chiites. Kadhafi a été lynché de la manière que l’on sait par les milices islamistes soutenues par Sarkozy et Bernard-Henry Lévy. Bachar El Assad s’est enfui à Moscou pour échapper au sort semblable que Daech lui destinait.

Le précédent significatif par sa ressemblance avec l’enlèvement de Maduro est, cependant, celui de Noriega du Panama, un agent de la CIA qui avait fait assassiner son prédécesseur Torrijos avant de devenir président et d’être accusé d’être un trafiquant de drogue. Capturé à la fin des années 80 par l’armée américaine lors de l’invasion du Panama, il avait été jugé, condamné, et détenu aux Etats Unis.

L’administration américaine n’a pas agi différemment en s’emparant du président Maduro afin de s’assurer le contrôle de ce pays riche en pétrole. Le prétexte, le trafic de drogue et le terrorisme, importent peu; au Mexique, pays limitrophe par où transite la majeure partie de la drogue à destination des Etats-Unis et où les trafiquants circulent au grand jour et disposent d’une puissance de feu supérieure à la police qu’ils affrontent régulièrement dans des batailles rangées, Trump n’intervient pas.

En fait, la guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah avait démontré la capacité des Israéliens disposant de la technologie américaine à frapper à la tête de leurs ennemis grâce à une évidente supériorité de ses moyens informatiques.

Trump alimente l’hostilité contre les Etats-Unis

Nous sommes devant deux cas de figures. Le premier est que ce sont donc tous les dirigeants du monde qui peuvent, un jour, après une brève opération de police menée par les unités d’élite de l’armée américaine disposant de moyens d’information en temps réel, se retrouver – quand ils ne sont pas assassinés – devant un procureur américain pour des charges dont ils auront pu jusque-là ignorer l’existence.

Il est douteux sans être impossible que Trump désire inspirer cette crainte qui ne peut à court terme que susciter l’hostilité générale contre les Américains, même auprès de leurs propres alliés.

Le second cas de figure est que ces derniers, les Américains, les Gringos ainsi qu’on les appelle au Mexique, s’estiment chez eux en Amérique Latine au point d’en faire juger les dirigeants récalcitrants par leur propre justice. On aurait en effet pu éliminer Maduro, mais ce qui importait aux yeux de ce qu’il convient d’appeler ses ravisseurs était de démontrer le caractère immanent et transcendant, autrement dit quasiment divin, de la souveraineté américaine au moins en Amérique du Sud par rapport à toutes les autres.

C’est là une autre traduction de la «destinée manifeste de l’Amérique», et de sa traduction politique dans l’hémisphère occidental, dite «doctrine de Monroe». Mais un vieux dicton romain dit bien: «Si tu désires la paix, prépare la guerre !».

Comment résister à une domination américaine ?

Il ne faut pas compter sur la bonne volonté des puissances impériales pour se protéger. Que peuvent faire à cette fin les États en faillite ? D’aucuns estiment qu’il n’y a d’autre choix que de s’insérer dans le projet économique et politique dominant, celui de la vente du pays aux intérêts étrangers. D’autres, qu’il faut résister quitte à s’allier avec tous ceux qui le font contre cette domination globale. Encore faudrait-il en avoir les moyens. Toute la question est là.

Il serait illusoire de prétendre se protéger contre un débarquement d’une armée disposant de la panoplie technologique complète du XXIe siècle. Mais il vaut mieux l’astreindre à le faire pour éliminer un dirigeant qui ne leur siérait pas plutôt que le voir enlever d’une manière ignominieuse ou éliminer par un bombardement.

Il demeure donc prioritaire de se fixer des objectifs minimums, et le premier est de protéger ses propres dirigeants.

Depuis l’usage massif des nouvelles technologies de l’information, ceux qui nous observent lisent en nous comme dans un livre ouvert. La nécessité est donc de s’assurer une maîtrise minimale de l’information capable de sauvegarder une partie de nos secrets. Cela suppose une capacité dans le chiffrement informatique qu’une nation dont la population est éduquée peut raisonnablement acquérir, en attendant le développement des ordinateurs quantiques, par définition inviolables.

Avec la dessalaison de l’eau de mer et la maîtrise de l’énergie solaire, cela constituerait plus que le braiement de quelques excités dans les rues régulièrement réunis pour la circonstance ou de quelques politicards maniant la rhétorique anti impérialiste, les bases du respect effectif de la souveraineté.

Certes on en est loin, mais il faudrait déjà commencer par s’y préparer. Toute la question est de savoir si le peuple d’un pays a ou non la volonté de ne pas se laisser réduire en esclavage, sinon exterminer comme l’avaient été il n’y a pas si longtemps les Indiens.       

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Après le Venezuela, Trump brandit la menace d’une opération militaire contre la Colombie

05. Januar 2026 um 09:50

Le président américain Donald Trump a tenu des propos particulièrement virulents à l’encontre de la Colombie, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une intervention militaire américaine. Des déclarations qui s’inscrivent dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques.

S’exprimant dimanche devant des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, Donald Trump a qualifié la Colombie de pays « très malade », affirmant qu’elle était dirigée par « un homme malade ». Sans le nommer explicitement, le président américain semblait viser son homologue colombien Gustavo Petro, qu’il a accusé de fermer les yeux sur la production et l’exportation de cocaïne vers les États-Unis.

Selon Trump, cette situation ne pourrait pas durer, laissant entendre que Washington pourrait durcir sa réponse face à ce qu’il considère comme une menace directe pour la sécurité américaine.

Une option militaire ouvertement évoquée

Interrogé sur l’éventualité d’une opération militaire contre la Colombie, Donald Trump n’a pas écarté cette hypothèse. « Cela me paraît bien », a-t-il répondu, sans fournir davantage de détails sur la nature ou le calendrier d’une telle intervention.

Ces déclarations interviennent au lendemain d’une annonce fracassante de la Maison-Blanche concernant une opération menée à Caracas, au cours de laquelle les États-Unis affirment avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Ce dernier est accusé par l’administration Trump d’être impliqué dans un vaste réseau de narcotrafic et aurait été transféré à New York pour être présenté à la justice américaine.

Cuba jugée hors de portée d’une intervention

Dans le même temps, Donald Trump a estimé qu’une intervention militaire américaine à Cuba ne serait probablement pas nécessaire. Selon lui, l’île serait déjà engagée dans un processus d’effondrement interne, rendant toute action militaire superflue.

Ces déclarations, mêlant menaces explicites et jugements abrupts, risquent d’alimenter les tensions diplomatiques en Amérique latine, où plusieurs capitales observent avec inquiétude l’escalade verbale du président américain.

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Etats-Unis | La force au mépris du droit

05. Januar 2026 um 09:20

«Il ne faut pas être trop ambitieux , il faut être réaliste et ne pas considérer que le droit international peut et doit triompher partout sur la planète, mais d’abord dans les zones où il rejoint l’intérêt des principales puissances», déclarait Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat des États-Unis. Cette vieille doctrine américaine a encore été confirmée dans l’agression américaine contre le Venezuela, un Etat souverain, samedi 3 janvier 2026, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international.

Abderrahmane Cherfouh *

Le viol du droit international par Donald Trump échappe à toute sanction et ne suscite que des réactions timides et mitigées de la part du monde soi-disant libre.

Le viol du même droit international par Israël se poursuit depuis 77 ans et il échappe à toute sanction.

De nos jours, les États-Unis sont économiquement les plus forts et militairement les plus puissants. Ils dictent le droit. Ils imposent leur loi. Mais la dernière agression américaine contre un Etat indépendant et l’enlèvement de son président a mis à nu le monde irrationnel dans lequel nous vivons où règne la loi du plus fort, ouvrant la voie à toutes les dérives et tous les abus. Les pays du monde entier sont désormais avertis : le droit international est une vieille fiction qui a fait son temps. Le droit est désormais au bout des fusils.   

Dans sa préparation de l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse et de leur exfiltration, Trump a mis une impressionnante machine de propagande accusant Maduro d’être un narcotrafiquant inondant les Etats-Unis de cocaïne et faisant des milliers de victimes parmi les Américains, ce qui est, bien sûr, loin d’être prouvé.

La démocratie, Trump n’en a que faire

Maduro est, également, accusé d’être un dictateur qui a écrasé et affamé son peuple alors que lui et sa bande menait une vie de luxe. Cela est certes juste et prouvé, mais est-ce la raison pour laquelle on a été le chercher jusque dans sa chambre à coucher ?

Non, bien sûr. La démocratie, Trump n’en a que faire, et la liberté du peuple vénézuélien est le dernier de ses soucis. Seul le pétrole dont regorge le sol de ce pays latino-américain l’intéresse, et lui-même le crie sur tous les toits.     

Comment cette propagande américaine savamment orchestrée, utilisant des techniques ultrasophistiquées, ne fascinerait-elle pas le commun des mortels et le citoyen lambda de tous pays ? Les actes d’accusation portées contre Maduro ressemblent à s’y méprendre à ceux qui étaient formulés, il y a presque 23 ans, contre le régime de Saddam Hussein et ses soi-disant armes chimiques de destruction massive constituant une supposée menace pour la paix dans le monde.

Il n’y a aucun doute sur le fait que Maduro a toutes les caractéristiques d’un dictateur détesté par son peuple et qui exerçait un pouvoir absolu qui lui permettait de tenir le pays d’une main de fer, de museler la presse, d’emprisonner ses opposants et de s’enrichir illicitement. Débarrasser le Venezuela de ce dictateur est au cœur de la propagande de Trump pour justifier son intervention dans ce pays.

Pour des centaines de millions d’opprimés de la planète écrasés par des dictatures malveillantes et des régimes autoritaires, cela représente un fort message d’espoir qu’un jour, ils pourront se libérer, eux aussi, du joug de leurs oppresseurs. Et présentement, la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : à  qui le tour ? Sauf que, et cela est de notoriété publique, un grand nombre de dictateurs à travers le monde sont des alliés des Etats-Unis qui les protègent, y compris en dans cette Amérique Latine que les Américains considèrent comme leur «espace vital».   

Un homme dangereux que rien ne semble pouvoir arrêter

Par ailleurs, après sa rhétorique annexionniste voulant que le Canada devienne le 51e État des États-Unis, Trump a également réitéré sa volonté de conquérir le Groenland. «Nous avons besoin du Groenland absolument», a-t-il lancé, sans ciller. Mais pour le moment, son objectif affiché est clair : diriger le Venezuela, imposer sa mainmise sur ses richesses pétrolières, prélude au remodelage géostratégique de l’ensemble l’Amérique du Sud. Ce qui fait de la Colombie et du Cuba, les deux Etats qui résistent encore à ses élans impérialistes, des probables prochaines cibles.

On voit bien que cet homme est, dans l’incohérence même de sa démarche au regard du reste du monde, est conséquent avec lui même et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ses déboires passés et sa grande amitié avec le pédophile Jeffrey Epstein ne semblent pas l’affecter outre mesure. Pas plus que son soutien indéfectible au criminel de guerre et génocidaire recherché par la Cour pénale international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Cet homme est un danger pour l’humanité. Ses méthodes brutales révulsent, notamment la manière inhumaine avec laquelle il fait expulser les immigrés et les accusations racistes du genre de celles lancées contre les Haïtiens : «A Springfield, ils mangent les chiens, ils mangent les chats, ils mangent les animaux domestiques des gens qui habitent là. Voilà ce qui se passe dans notre pays et c’est une honte».

Tout indique désormais que Trump et la clique de ses conseillers restent inébranlables dans leur détermination à dominer le monde sur terre, sur mer et dans l’air. De grosses tempêtes pointent à l’horizon.

* Médecin, Canada.

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Le député Saïdani n’écarte pas un remake du scénario vénézuélien en Tunisie

04. Januar 2026 um 12:43

Dans une vidéo postée hier, samedi 3 janvier 2026, où il commentait la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité spéciale américaine, le député Ahmed Saïdani, n’a pas écarté un remake de ce scénario en Tunisie, si on n’arrive pas à régler nos problèmes entre nous. Vidéo.

«Le scénario vénézuélien pourrait se reproduire en Tunisie sous d’autres formes, et la jeunesse doit construire une alternative nationale tunisienne populaire, car nous risquons de nous retrouver face à des alternatives imposées de l’étranger ; les alternatives des ambassades ne seront pas dans l’intérêt du peuple», a-t-il écrit, en critiquant le culte de la personne en Tunisie qui réduit le destin du pays à celui d’un seul homme.

Le député, qui était un fervent partisan du président de la république Kaïs Saïed, avant de se mettre à critiquer certaines de ses politiques, effectue ici une comparaison un peu trop rapide entre deux Etats et deux régimes qui ont peu de choses en commun : le Venezuela, riche pays pétrolier allié des Russes et des Chinois, et la Tunisie, pays sans grandes ressources naturelles, mais qui a toujours appartenu, bon gré mal gré, à l’orbite américaine et occidentale en général. Les deux pays ont certes toujours été gouvernés d’une main de fer par des autocrates imperméables aux principes démocratiques, mais la comparaison s’arrête là.

Cependant, et malgré cette réserve qui devait être exprimée, les dirigeants politiques partout dans le sud global, y compris en Tunisie, doivent se méfier du retour en force de l’impérialisme américain, aujourd’hui incarné par Donald Trump, un président sans foi ni loi et pour qui seul compte les intérêts sonnants et trébuchants, les siens propres avant ceux de son pays.

I. B.

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Venezuela | Nicolas Maduro «capturé et exfiltré» par les Etats-Unis

03. Januar 2026 um 12:17

Le président américain, Donald Trump, a annoncé ce samedi 3 janvier 2026 que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain, dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu.

Le numéro deux du Département d’Etat américain, Christopher Landau, a proclamé une «nouvelle ère» pour le Venezuela, dont le gouvernement socialiste est accusé par Washington de jouer un rôle majeur dans le narcotrafic.

La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré à la télévision ignorer où se trouvait le président Maduro et exigé des Etats-Unis «une preuve de vie» du couple Maduro.

Caracas a dénoncé une «très grave agression militaire» après les frappes en pleine nuit autour de la capitale et sa région, que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque «de missiles».

De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l’AFP.

«Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les Etats de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas», a indiqué un communiqué du gouvernement.

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Donald Trump annonce la capture de Nicolás Maduro après des frappes américaines

03. Januar 2026 um 10:50

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Venezuela a basculé dans une séquence d’une gravité inédite. Après plusieurs heures d’explosions à Caracas et dans d’autres régions du pays, le président américain Donald Trump a affirmé que les forces américaines avaient capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro, confirmant ainsi une opération militaire directe menée sur le sol vénézuélien.

Selon des témoins cités par Reuters, des détonations, des survols d’aéronefs à basse altitude et d’épais panaches de fumée noire ont été observés à Caracas à partir de 2 heures du matin (06h00 GMT), pendant près de quatre-vingt-dix minutes. Des coupures d’électricité ont touché le sud de la capitale, à proximité d’une importante base militaire. Le gouvernement vénézuélien affirme que des frappes ont également visé les États de Miranda, Aragua et La Guaira.

Une annonce spectaculaire, encore sans confirmation indépendante

Dans une déclaration officielle, Donald Trump a assuré que Nicolás Maduro avait été « capturé et exfiltré » à l’issue de ces frappes, présentées comme une opération de grande ampleur. À ce stade, aucune confirmation indépendante n’est venue corroborer cette annonce, et les autorités vénézuéliennes n’ont pas reconnu la capture du chef de l’État.

Quelques heures plus tôt, Caracas avait pourtant décrété l’état d’urgence et annoncé la mobilisation des forces armées, dénonçant une « agression impérialiste » et accusant Washington de vouloir s’emparer des ressources stratégiques du pays, notamment le pétrole et les minerais. Le pouvoir chaviste a assuré que les États-Unis « n’atteindraient pas leurs objectifs », sans préciser la situation du président Maduro.

De la pression maximale à l’intervention directe

Si elle venait à être confirmée, la capture du président vénézuélien marquerait un tournant historique dans les relations entre Washington et Caracas. Depuis plusieurs mois, l’administration Trump multipliait sanctions économiques, menaces publiques et opérations militaires ciblées, principalement en mer, contre des navires accusés de trafic de drogue.

Les États-Unis contestent la légitimité de Nicolás Maduro, qu’ils accusent d’avoir truqué l’élection présidentielle de l’an dernier pour se maintenir au pouvoir. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche avec une ligne dure sur l’Amérique latine, avait récemment estimé qu’il serait « intelligent » pour le dirigeant vénézuélien de quitter le pouvoir.

Washington a parallèlement renforcé de manière significative son dispositif militaire dans la région, avec le déploiement d’un porte-avions, de navires de guerre et d’avions de combat dans les Caraïbes, tout en évoquant un possible blocus du pétrole vénézuélien.

Un choc régional aux conséquences incertaines

Dans les rues de Caracas, la stupeur domine. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des habitants filmant les explosions depuis leurs fenêtres, parfois entre cris de peur et silence incrédule. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade.

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L’administration Trump rappelle 15 ambassadeurs en Afrique, dont celui en Algérie

31. Dezember 2025 um 09:33

L’administration du président américain Donald Trump procède à un véritable remaniement de son réseau diplomatique, rappelant environ 30 ambassadeurs et hauts diplomates nommés sous la présidence précédente, en particulier en Afrique, où 15 pays sont concernés, dont l’Algérie.

L’ambassadrice des États-Unis en Algérie, Elizabeth Moore Aubin, fait partie des diplomates dont le mandat prendra fin dès janvier 2026, selon des informations concordantes. Ces rappels touchent aussi des postes en Égypte, au Sénégal, au Niger, au Nigeria, au Gabon, et d’autres capitales du continent.

Ce mouvement d’ampleur mondiale, qualifié par certains observateurs de changement stratégique, s’inscrit dans la volonté affichée de l’administration Trump de renforcer l’alignement de ses représentants à l’étranger sur les priorités de sa politique dite “America first”.

 

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Steve Witkoff est-il le véritable chef de la diplomatie américaine ?

26. Dezember 2025 um 08:46

Au début, son périmètre d’action devait être le Moyen-Orient, il s’est élargi à la guerre russo-ukrainienne, il est envoyé au chaudron partout et rencontre tous les chefs d’État. Steve Witkoff a complètement éclipsé le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Il faut dire que pour le président américain Donald Trump, la loyauté et la confiance priment sur tout. Entre le gamin du Queens (Trump) et le gamin du Bronx (Witkoff), c’est une très longue amitié new-yorkaise. Par contre, avec le descendant de migrants cubains anticastristes de Floride (Rubio), la défiance a toujours été de mise. Trump n’a pas oublié que Rubio a été son adversaire coriace lors de la primaire républicaine de 2016.

Imed Bahri

CNN a rapporté que le secrétaire d’État américain Marco Rubio est concurrencé de la part de Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président américain pour le Moyen-Orient et négociateur dans le dossier de la guerre russe-ukrainienne. La chaîne a affirmé que les activités des deux hommes au cours des deux derniers mois ont soulevé des questions quant à leur influence et leurs positions respectives au sein du cercle rapproché du président Donald Trump.

Selon les sources de CNN, Rubio était pleinement conscient des difficultés qui l’attendaient lorsqu’il a pris ses fonctions, sachant que travailler avec Trump ne serait pas chose aisée compte tenu de la propension du président à limoger de hauts fonctionnaires.

Rubio a eu le poste prestigieux de chef de la diplomatie américaine alors que Trump lui préféré J. D. Vance pour la vice-présidence. Cependant, il n’avait pas anticipé la possibilité d’être mis à l’écart au profit de l’un des plus proches amis de Trump, le promoteur immobilier et milliardaire Witkoff.

L’influence grandissante de Witkoff

Au cours des deux premiers mois de l’administration Trump, Rubio s’est, à certains égards, effacé de la scène internationale au profit de Witkoff, dont les responsabilités ont largement dépassé le cadre de son titre officiel d’envoyé spécial pour le Moyen-Orient.

Witkoff a joué un rôle déterminant dans les dossiers les plus importants traités par l’administration Trump, notamment l’accord de cessez-le-feu à Gaza, les négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine et le retour de l’Américain Mark Fogel de Russie après son déplacement à Moscou pour finaliser les négociations en vue de sa libération.

Selon une source de CNN, Witkoff parcourt le monde en exerçant de facto les fonctions de secrétaire d’État, bénéficiant d’un atout unique : la confiance absolue de Trump.

À l’inverse, Rubio s’est rendu en Amérique centrale pour discuter d’immigration, ainsi qu’au Moyen-Orient, en Europe et au Canada pour aborder les conflits à Gaza et en Ukraine et rencontrer les partenaires de son pays au sein du G7.

La frustration du secrétaire d’Etat

Face à l’influence grandissante de Witkoff, des questions se posent quant au pouvoir et à l’avenir de Rubio au sein de l’administration Trump. Un sénateur proche de Rubio a déclaré que le secrétaire était frustré, tandis que des sources bien informées ont confirmé que Rubio était mal à l’aise face à la manière dont la Maison-Blanche a réduit son influence.

D’après CNN, plusieurs signes du malaise de Rubio face aux actions récentes de l’administration Trump sont apparus. Ces sources ont cité, par exemple, son désaccord avec Elon Musk, président du Comité sur l’efficacité gouvernementale, lors d’une réunion du cabinet, et son attitude distante et réservée lors de la désormais célèbre rencontre entre le président américain et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche.

La chaîne américaine a rapporté que Rubio ne bénéficiait pas de la même notoriété et de la même influence que ses prédécesseurs et ne s’attendait pas à devoir faire face à la rude concurrence de Witkoff.

CNN explique que la confiance affichée par Trump envers Witkoff avait déjà alimenté les spéculations à Washington quant à la durée du mandat de Rubio. Des sources ont confirmé que Rubio avait accepté ce poste pour renforcer sa crédibilité et qu’il nourrissait toujours des ambitions présidentielles inassouvies après son échec face à Trump en 2016.

Ces mêmes sources ont indiqué que Rubio considérerait son mandat comme une réussite s’il durait entre 18 mois et deux ans, ce qui lui laisserait le temps de préparer une éventuelle campagne présidentielle en 2028.

Interrogé par CNN, Rubio a déclaré : «Witkoff était l’une des personnes avec lesquelles je travaille le plus étroitement au sein de notre équipe». Witkoff, de son côté, a affirmé entretenir d’excellentes relations de travail avec Rubio, le décrivant comme «un grand secrétaire d’État et qui restera dans l’histoire comme l’un des plus grands !».

Les louanges appuyées cachent mal le malaise

Steve Witkoff a insisté sur le fait qu’il n’y a absolument aucun conflit entre lui et Rubio. Il a encore renchéri : «C’est un secrétaire d’État exceptionnel et nous travaillons en parfaite harmonie. Ce que CNN a rapporté est totalement faux. Je ne sais pas d’où les médias tirent ces histoires ridicules. Tous les dossiers sur lesquels je travaille sont traités en collaboration avec Marco Rubio». Il n’y a peut-être pas de conflits mais M. Witkoff marche sur les plates-bandes de Rubio et c’est bel et bien lui l’homme fort de la diplomatie américaine. 

La porte-parole du département d’État Tammy Bruce, voulant lui aussi sauver les apparences, a déclaré à CNN : «Votre affirmation est fausse. Le secrétaire d’État Rubio et l’envoyé spécial Witkoff entretiennent d’excellentes relations et travaillent ensemble pour faire avancer le programme du président Trump».

Trump a fait l’éloge de l’éthique professionnelle de Rubio, déclarant spontanément aux journalistes dans le Bureau ovale : «Il a travaillé très dur. Il a déjà voyagé dans de nombreux pays. C’est un homme formidable. Je pense qu’il a toutes les chances d’être le meilleur secrétaire d’État que nous ayons jamais eu».

Sauf que ces louanges ne dissipent pas le malaise persistant dans la galaxie Trump où les rôles ne sont pas clairement délimités et les confusions assez fréquentes.

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Scandale Epstein : 16 fichiers disparaissent mystérieusement du site du ministère de la Justice américain

21. Dezember 2025 um 12:21

Seize fichiers liés à l’affaire Jeffrey Epstein ont disparu du site officiel du ministère de la Justice des États-Unis, dont une photo montrant l’ancien président Donald Trump, moins de 24 heures après leur mise en ligne. Le ministère n’a fourni aucune explication officielle sur cette disparition, provoquant un regain d’interrogations autour de la transparence du dossier.

Une disparition inexpliquée

Les fichiers concernés, rendus publics vendredi, n’étaient plus accessibles samedi matin. Leur disparition concerne notamment des images et documents relatifs à Jeffrey Epstein et à son entourage. Parmi ces fichiers figurait une photo montrant Donald Trump aux côtés d’Epstein, de Melania Trump et de Ghislaine Maxwell, ancienne collaboratrice proche d’Epstein.

D’autres fichiers incluaient des photos de tableaux représentant des femmes et des clichés montrant des photographies placées sur une commode et à l’intérieur de tiroirs, donnant un aperçu de l’environnement privé d’Epstein.

Vers une transparence sous contrôle

Interrogé sur la disparition de ces documents, le ministère de la Justice américain n’a pas fourni de justification détaillée. Sur le réseau X (anciennement Twitter), il a simplement indiqué que « les photos et autres matériaux feront l’objet d’une révision et d’une modification continues conformément à la loi, par mesure de précaution à la réception d’informations supplémentaires ».

Cette réponse laisse planer le doute sur les raisons exactes de la suppression, renforçant les théories autour d’une éventuelle manipulation des archives accessibles au public.

Cette disparition intervient dans un contexte où les documents relatifs à l’affaire Epstein ont été largement surveillés par le public et les médias, notamment en raison des personnalités impliquées. Les experts estiment que toute modification ou suppression de fichiers peut avoir des implications sur la perception de la transparence du ministère et sur le suivi judiciaire des affaires liées à Epstein.

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Susie Wiles tire à boulets rouges sur l’administration Trump

19. Dezember 2025 um 08:42

Vanity Fair a publié mardi une longue enquête de Chris Whipple basée sur une série d’entretiens avec Susie Wiles, la très puissante Chief of Staff de la Maison-Blanche (le chef de cabinet de la Maison-Blanche est le membre de plus haut rang du Bureau exécutif du président des États-Unis), révélant des détails inédits sur le cercle rapproché du président Donald Trump durant sa première année de second mandat.

Imed Bahri

Décrite comme la figure la plus influente de l’administration après le président lui-même,

Susan Summerall Wiles dite Susie Wiles et surnommée la Dame de glace a été l’architecte de la victoire de Trump et de son retour au pouvoir. Elle tient d’une main de fer la Maison-Blanche pour éviter le chaos et l’instabilité qui ont caractérisé l’administration Trump lors de son premier mandat et de ce fait, elle est capable d’imposer son style et d’orienter les décisions dans des moments de chaos et d’impulsivité. Cette femme de l’ombre a pour habitude de ne jamais parler mais cette fois-ci elle a dérogé à la règle et a été très prolixe. 

Regard sans fard sur les rouages ​​du pouvoir

Whipple a mené une série d’entretiens avec Wiles à chaque moment de crise durant la première année du second mandat de Trump, offrant un regard sans fard et intime sur les rouages ​​du pouvoir.

Wiles apparaît dans ce récit comme une force d’équilibre entre une faction intransigeante au sein de l’aile ouest et un président qui repousse les limites légales et politiques du pouvoir exécutif. 

L’enquête s’ouvre sur la description d’une scène marquante du matin du 4 novembre. Wiles se trouvait dans le Bureau ovale pour une réunion avec Trump et trois de ses plus proches conseillers, qu’elle considère comme son équipe de base : le vice-président J.-D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le chef de cabinet adjoint Stephen Miller. Selon Willes, l’ordre du jour comportait deux objectifs principaux : sortir de l’impasse au Congrès et obtenir la destitution du président vénézuélien Nicolás Maduro.

Au cours de la longue discussion avec Trump, Wiles se leva et se dirigea vers la sortie. Trump le remarqua et lui demanda sèchement : «Est-ce une urgence qui vous oblige à  partir?». Welles répondit que ce n’était pas une urgence, mais ajouta après : «C’est une urgence et cela ne vous regarde pas». Elle quitta ensuite le Bureau ovale, une scène qui, d’après l’enquête, témoigne de sa capacité à dialoguer avec le président d’une manière que peu de membres de l’administration oseraient adopter.

L’auteur souligne que la plupart des hauts responsables de la Maison-Blanche pèsent leurs mots et s’expriment de manière anonyme dans la presse. Cependant, Wiles a répondu à la plupart des questions qui lui étaient posées par le biais d’enregistrements, une pratique rare à ce niveau d’autorité.

Trump a une personnalité d’un alcoolique

Lors d’une conversation privée, Wiles a dressé un portrait choquant de Trump : «Il a une personnalité d’un alcoolique», faisant référence à un trait de caractère caractérisé par une confiance excessive en soi et un fort sentiment de droit à outrepasser les limites. Wiles affirme que le fait que son père Pat Summerall, ancien joueur puis commentateur de football américain, fut alcoolique lui permet aujourd’hui de gérer Donald Trump. Il est à indiquer que le président américain ne fume pas et ne boit d’alcool, choses qu’il a toujours interdit à ses enfants mais bien qu’il ne soit pas alcoolique, il en a les traits de personnalité selon sa Chief of Staff. 

Elle a également porté des jugements sévères sur certaines personnalités de l’administration ou de son entourage. Wiles a jugé «remarquable» le revirement de Vance, passé d’anti-Trump qui l’insultait à partisan exalté. Elle explique ce revirement par son opportunisme et son arrivisme. Elle le décrit aussi comme un adepte du complotisme depuis une décennie.

Wiles a qualifié Russell Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget, d’extrémiste de droite absolu. Interrogée sur le retweet par Elon Musk d’un message comparant les employés du secteur public à des criminels notoires, elle a répondu : «Je pense que ça arrive quand il consomme» , sous-entendant sa consommation de drogues, tout en soulignant qu’elle n’en avait pas connaissance directe. Elle le décrit comme très étrange, destructeur et drogué à la kétamine.

L’interview s’appuie sur des analyses au sein du camp républicain pour confirmer que Wiles est une figure clé du fonctionnement quotidien du pouvoir exécutif.

L’auteur cite un ancien chef de cabinet républicain : «Des décisions aux conséquences considérables sont prises au gré du président et la seule personne capable de contrôler ses caprices est Susie Wiles». Il ajoute qu’elle est la plus influente parmi ses pairs successifs qui se sont succédé à ce poste. 

Le secrétaire d’État Marco Rubio estime que «personne au monde n’est actuellement capable d’assumer cette fonction comme Wiles», décrivant sa relation avec Trump comme une relation de confiance acquise. Vance, quant à elle, présente sa philosophie de travail différemment. Au lieu de chercher à contrôler ou manipuler le président pour servir l’intérêt national, Wiles se considère comme une facilitatrice, et puisque l’Amérique a élu Trump, sa mission est de concrétiser sa vision.

Les entretiens la replacent dans un contexte plus large, mettant en lumière les décisions et les enjeux majeurs liés à l’administration Trump, tels que l’extension des pouvoirs présidentiels, la déclaration unilatérale de guerre aux cartels de la drogue, l’imposition de droits de douane arbitraires, la fermeture de la frontière sud, la négociation d’un cessez-le-feu et la libération des otages à Gaza ainsi que les pressions exercées sur les alliés de l’Otan pour qu’ils augmentent leurs dépenses de défense.

À l’inverse, l’enquête met en lumière un aspect intérieur plus conflictuel : la guerre menée par Trump contre ses opposants politiques, les grâces accordées aux condamnés et le limogeage de ceux impliqués dans des enquêtes et des poursuites, les accords à l’amiable de plusieurs millions de dollars imposés aux entreprises de médias, les poursuites contre des responsables gouvernementaux et les pressions exercées sur les universités pour qu’elles se conforment à son programme.

L’enquête aborde également le langage offensant utilisé contre les femmes, les minorités et divers opposants, notant que l’assassinat de Charlie Kirk en septembre a accéléré une campagne de représailles. Révélation de taille, Wiles affirme que Trump veut un accord pour mettre un terme à la guerre d’Ukraine afin de cultiver sa stature d’homme de paix mais il pense que Poutine veut avaler toute l’Ukraine. 

Concernant l’affaire Epstein, elle estime que Trump n’a rien à se reprocher sur le plan pénal mais qu’il en paiera politiquement le prix lors des élections de mi-mandat qui auront lieu en 2026.

Les entretiens évoquent le rôle historique du Wiles comme garant de l’information et défenseur des vérités difficiles, citant des exemples d’administrations précédentes, comme le rôle de James Baker auprès de Ronald Reagan sur la sécurité sociale. Ceci soulève la question centrale : dans quelle mesure Trump pourrait-il s’écarter des normes démocratiques ? Wiles fera-t-elle quelque chose pour le contenir ? Et, surtout, le souhaite-t-elle ?

Musk a engendré une crise humanitaire

Parmi les détails les plus sensibles des entretiens figure le récit de Wiles sur l’émergence d’un centre de pouvoir parallèle au sein de l’administration : Elon Musk. Wiles le décrit comme un acteur totalement isolé, expliquant avoir été choquée par la suppression de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) par Musk. Elle souligne que si un décret présidentiel de Trump exemptait les programmes vitaux du gel de l’aide étrangère, la réalité, selon son témoignage, a été la fermeture et la suspension de ces programmes.

Wiles révèle qu’elle n’avait pas initialement saisi l’ampleur des conséquences pour l’action humanitaire mais qu’elle a commencé à recevoir des appels paniqués de responsables d’agences d’aide et d’anciens fonctionnaires l’avertissant que des milliers de vies étaient en danger, notamment après l’arrêt des programmes de vaccination en Afrique.

L’enquête conclut implicitement que Wiles possède des qualités rares à Washington : la capacité d’évoluer dans un milieu profondément masculin, le talent pour gérer une équipe intransigeante et l’aptitude à être proche du président sans être sous les feux de la rampe.

De fait, selon Vanity Fair, le nom de Susie Wiles est devenu synonyme d’une force puissante agissant dans l’ombre, à un moment qui, selon les critiques, redéfinit la nature même de la gouvernance aux États-Unis.

Ces révélations de Vanity Fair ont provoqué une onde de choc à Washington mais le président Trump, interrogé sur les propos de Wiles, lui a renouvelé sa confiance indiquant ne pas avoir lu l’article et qu’elle était une «fantastique Chief of Staff». Ceci indique qu’il tient absolument à Wiles, architecte de son retour au pouvoir et dont le départ plongerait l’administration dans le chaos.

D’ailleurs, la Maison-Blanche par la voix de sa porte-parole a indiqué que Wiles a œuvré à tout ce qui a été accompli lors des onze premiers mois de ce mandat. Quant à la principale concernée, elle estime que la rédaction de Vanity Fair a publié ce qui lui convenait et n’a pas publié le reste. Une seconde salve de révélations est prévue.

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Donald Trump poursuit la BBC pour diffamation et réclame 5 milliards de dollars

16. Dezember 2025 um 11:41
Donald Trump poursuit la BBC pour diffamation et réclame 5 milliards de dollars

Le président américain Donald Trump a intenté une action en diffamation d’un montant de 5 milliards de dollars contre la BBC, l’accusant d’avoir déformé intentionnellement un extrait de son discours du 6 janvier 2021 dans un documentaire de l’émission Panorama. Selon les documents déposés devant un tribunal en Floride, Trump reproche à la chaîne publique […]

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Racisme : Trump qualifie des pays du tiers-monde de “trous à rats” lors d’un meeting

10. Dezember 2025 um 20:42
Racisme : Trump qualifie des pays du tiers-monde de “trous à rats” lors d’un meeting

Lors de son rassemblement en Pennsylvanie, Donald Trump a de nouveau laissé éclater son racisme ordinaire à travers une tirade particulièrement choquante sur l’immigration. S’adressant à son public, il a expliqué vouloir davantage de personnes venues de Norvège, de Suède ou du Danemark, qualifiées de « gens sympas », avant d’opposer à ces Européens les […]

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Trump transforme le Nobel de Machado en hommage personnel

11. Oktober 2025 um 09:12

Fidèle à son style, Donald Trump a trouvé le moyen de ramener à lui le prix Nobel de la paix attribué vendredi à Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne récompensée pour son combat démocratique contre le régime de Nicolás Maduro.

Lors d’une conférence de presse à Washington, le président américain a affirmé que la lauréate l’avait appelé “pour lui dédier” la distinction.

“Elle m’a dit qu’elle l’acceptait en mon honneur, parce que je le mérite vraiment”, a lancé Trump, avant d’ajouter, non sans humour : “Je ne lui ai pas demandé de me le donner, mais elle aurait pu.”

Maria Corina Machado a bien confirmé un entretien téléphonique avec le président américain dans un entretien à El País, mais sans mentionner de dédicace.

À la Maison-Blanche, ces déclarations font grincer des dents : plusieurs conseillers dénoncent une récupération politique, tandis que Trump assure qu’il “continuera à sauver des vies et à conclure des accords de paix”.

Trump: "The person who actually got the Nobel Prize called today, called me, and said 'I'm accepting this in honor of you, because you really deserved it.' A really nice thing to do. I didn't say 'Then give it to me, though.'" pic.twitter.com/NsMY97IP2J

— Aaron Rupar (@atrupar) October 10, 2025

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Accord sur Gaza et moment théâtral : Comment Trump a orchestré la trêve

09. Oktober 2025 um 10:42

Mercredi, Donald Trump a annoncé un accord historique entre Israël et le Hamas, marquant le début d’une trêve à Gaza. Derrière cette scène spectaculaire, le président américain a joué un rôle déterminant en combinant pressions diplomatiques, négociations secrètes et mises en scène médiatiques, pour faire accepter le plan et sécuriser la libération des otages.

Un moment théâtral à la Maison-Blanche

Mercredi, en pleine réunion télévisée à la Maison-Blanche, le secrétaire d’État a interrompu Donald Trump pour lui remettre une note confidentielle. Le président américain a alors levé les yeux vers les caméras avant d’annoncer sur son réseau Truth Social : « BÉNIS SOIENT LES FAISEURS DE PAIX ! ».

L’annonce tonitruante marquait l’aboutissement de plusieurs jours de tractations menées dans le plus grand secret, entre Washington, Doha, Le Caire et Jérusalem. Si Trump s’est empressé d’endosser le rôle de « faiseur de paix », ses équipes diplomatiques travaillaient depuis des semaines à convaincre les deux camps d’accepter la première phase du plan de paix de Gaza, centré sur un cessez-le-feu humanitaire et un échange d’otages.

Pression directe sur Benyamin Netanyahu

Officiellement allié indéfectible d’Israël, Donald Trump n’a pas offert de chèque en blanc à Benyamin Netanyahu. Lors de leur rencontre à la Maison-Blanche le 29 septembre, le président américain a surpris son hôte en lui présentant un plan de paix en 20 points, élaboré avec la participation de plusieurs dirigeants arabes et musulmans rencontrés à l’ONU quelques jours plus tôt.

Parmi les points qui ont irrité le Premier ministre israélien figure la mention explicite d’un État palestinien, une ligne rouge pour une partie de son gouvernement. Mais Trump a insisté : sans cette concession, aucun consensus régional n’était possible. En coulisses, il aurait dit à Netanyahu, selon Axios : « Bibi, c’est ta chance de victoire. Avec moi, tu n’as pas le choix. »

Une coalition arabe reconstituée

Trump a également tiré parti d’un épisode diplomatique tendu : une attaque israélienne au Qatar, survenue alors que les discussions approchaient d’un tournant. Furieux, le président américain a utilisé l’indignation des États arabes pour rallier un front commun autour de son initiative.

Il a même contraint Netanyahu à appeler l’émir du Qatar depuis le Bureau ovale pour présenter des excuses officielles. Une scène immortalisée par la Maison-Blanche : on y voit Trump tenant le combiné pendant que le chef du gouvernement israélien lit des excuses préparées à l’avance.

Peu après, Washington a signé un décret de garanties de sécurité en faveur du Qatar, preuve du rôle central que cet émirat joue dans la médiation. Ce geste illustre la nouvelle orientation de Trump, qui mise désormais sur ses alliances arabes tissées lors de ses deux mandats.

Une stratégie à double tranchant avec le Hamas

En parallèle, Trump a exercé une pression maximale sur le Hamas, lui fixant un ultimatum : accepter un accord avant le 5 octobre, sous peine de subir un « enfer total ». Le mouvement islamiste a toutefois su exploiter le désir du président américain de rapatrier les otages israéliens détenus à Gaza.

Plusieurs rencontres ont eu lieu à la Maison-Blanche entre Trump et les familles des otages, préparant une mise en scène politique à fort impact. L’annonce de leur libération prochaine, prévue pour lundi, constitue déjà une victoire symbolique pour le président.

Dans un geste inédit, il a même republié une déclaration officielle du Hamas, pourtant considéré par Washington comme une organisation terroriste, sans la commenter. Pour Trump, peu importe les nuances : ce qui compte, c’est le message d’efficacité et de puissance projeté vers l’opinion américaine.

Un calcul politique assumé

L’accord sur Gaza offre à Donald Trump une double opportunité : redorer son image internationale et imposer sa marque sur la diplomatie du Proche-Orient, à un an d’une possible nouvelle campagne électorale.

Après les Accords d’Abraham de 2020, cette percée pourrait asseoir son statut de négociateur pragmatique capable de forcer les adversaires à la table des discussions. Pour ses soutiens, c’est la démonstration que « seul Trump » pouvait briser le mur de méfiance entre Israël, le Hamas et leurs voisins arabes.

Mais pour ses détracteurs, il s’agit avant tout d’un coup politique, orchestré pour maximiser son image et peser sur les équilibres diplomatiques régionaux.

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